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Université de Lille II Année 2007
Institut dorthophonie « Gabriel Decroix »
Mémoire présenté pour lobtention
du certificat de Capacité en Orthophonie
ROLE DE LORTHOPHONISTE DANS LA SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE
Création dun outil DVD
Anne COU
Emeline LAMBRE
Maître de mémoire : Mme Crystel DHALLUIN-TETAERT
Nous tenons à remercier :
Madame Crystel Dhalluin-Tetaert, notre Maître de mémoire
De nous avoir accompagnées, aidées et soutenues tout au long de ce travail.
Mesdames Nathalie Lévêque et Christine Pointon
De nous avoir accordé un témoignage.
Madame le Docteur Danel-Brunaud, Neurologue au centre SLA, hôpital Salengro, CHR de Lille.
Monsieur le Docteur Pollez, chef du service Synergie, La Bassée.
Madame le Docteur Mallart.
Les orthophonistes Mesdames Annie Leforestier et Héléna Guillaume.
Monsieur le Docteur Demory, médecin généraliste à Armentières et responsable dune association dans laccompagnement des malades en soins palliatifs.
Les professionnels de santé :
Delphine Guelleton, ergothérapeute à La Bassée ;
Marie-Laure Duléon, ergothérapeute à La Bassée ;
Isabel Tonnerre, kinésithérapeute au centre SLA de Roger Salengro ;
et Mme Chombart, diététicienne au centre SLA de Lille.
Madame Gimomprez., psychologue au CHR.
Les orthophonistes
Davoir participé à ce mémoire en répondant aux questionnaires.
Les patients et familles de patients pour leurs témoignages et leur implication dans la réalisation de cet outil DVD.
Monsieur Jean-Pierre Delattre du service I-Care de lUniversité de Lille 2.
Brigitte Hennart
De son aide précieuse.
Jean-Luc Boussekey
De sa relecture et ses précieux conseils.
Nos maîtres de stage, pour leur soutien et leur intérêt tout au long de cette année.
Nos familles et proches pour leur soutien.
Jean et Thomas pour leur patience.
RESUME
Lorthophonie est actuellement de plus en plus sollicitée, notamment dans le cadre de pathologies neurodégénératives de ladulte.
Il est donc indispensable que les orthophonistes connaissent ce genre de pathologies afin dadapter au mieux leur travail.
Nous nous sommes intéressées dans ce mémoire à la prise en charge orthophonique de la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA).
Nous sommes parties dun constat : la SLA est peu connue des orthophonistes et sa prise en charge, particulièrement lourde, fait souvent peur.
La dimension humaine, laccompagnement de ces patients et le suivi orthophonique à effectuer aux différents stades de la maladie sont autant de points abordés dans ce mémoire, au travers notamment dun outil DVD.
Prendre en charge des patients atteints de SLA est éprouvant pour les orthophonistes et pour lensemble des soignants, mais représente toutefois une expérience professionnelle et humaine très enrichissante.
Bien que la prise en charge de la SLA soit maintenant abordée dans la formation des orthophonistes, il nous semblait important de leur permettre dappréhender de façon plus « assurée, sereine » et de réaliser dans les meilleures conditions possibles cette prise en charge.
Mots clés : neurologie, handicap moteur, thérapie, adulte, accompagnement.
ABSTRACT
Speech therapy is at present increasingly required, especially within the framework of neurodegenerative diseases in adults.
It is therefore essential for speech therapists to be aware of this type of pathologies in order to best adapt their work.
In this thesis we focused on the treatment of the Amyotrophic Lateral Sclerosis (ALS) from the speech-language pathologists perspective.
As a starting point, we acknowledged one fact: ALS is hardly known among speech therapists and its, particularly heavy, treatment can often be scary.
The human dimension, the support to these patients and the speech therapists care to be given at the various stages of the disease are some of the issues tackled throughout this thesis and particularly via a DVD tool.
Treatment to patients with ALS is affecting for speech therapists and for all healthcare providers, however this represents a very enriching professional and human experience.
Although treatment of ALS is now a topic included in the speech therapists training, it appeared important to us to allow them to comprehend in a more confident, serene way and to achieve in the best possible conditions this treatment.
Keywords:, neurology, motor handicap, therapy, adult, accompaniment.
SOMMAIRE
INTRODUCTION
PARTIE THEORIQUE
TOC \t "Titre 1;2;Titre 2;3;Titre 3;4;Titre;1"
1. / HISTORIQUE PAGEREF _Toc164867107 \h 13
1.1. / J.M CHARCOT PAGEREF _Toc164867108 \h 13
1.2. / Recherches actuelles PAGEREF _Toc164867109 \h 14
2. / EPIDEMIOLOGIE PAGEREF _Toc164867110 \h 15
2.1. / Généralités PAGEREF _Toc164867111 \h 15
2.2. / Incidence et prévalence PAGEREF _Toc164867112 \h 15
2.3. / Les différentes formes PAGEREF _Toc164867113 \h 15
2.4. / Age et sex ratio PAGEREF _Toc164867114 \h 16
2.5. / Evolutions PAGEREF _Toc164867115 \h 16
3. / DESCRIPTION CLINIQUE PAGEREF _Toc164867116 \h 18
3.1. / Rappels anatomiques et physiologiques PAGEREF _Toc164867117 \h 18
3.2. / Physiopathologie* de la SLA PAGEREF _Toc164867118 \h 18
3.3. / Signes cliniques et diagnostic PAGEREF _Toc164867119 \h 19
3.3.1. / Signes positifs PAGEREF _Toc164867120 \h 19
3.3.2. / Signes négatifs PAGEREF _Toc164867121 \h 20
3.3.3. / Critères diagnostiques PAGEREF _Toc164867122 \h 21
3.3.3.1. / Examens complémentaires PAGEREF _Toc164867123 \h 23
3.3.3.2. / Les troubles associés PAGEREF _Toc164867124 \h 24
3.4. / Les formes cliniques PAGEREF _Toc164867125 \h 25
3.4.1. / Forme classique à début brachial PAGEREF _Toc164867126 \h 26
3.4.2. / Forme débutant aux membres inférieurs PAGEREF _Toc164867127 \h 26
3.4.3. / Forme bulbaire PAGEREF _Toc164867128 \h 26
3.4.4. / Forme spinale de Vulpian PAGEREF _Toc164867129 \h 27
3.4.5. / Forme pseudo-polynévritique PAGEREF _Toc164867130 \h 27
3.4.6. / Forme pyramidale PAGEREF _Toc164867131 \h 28
3.4.7. / Formes dites « SLA plus » PAGEREF _Toc164867132 \h 28
4. / LES DIFFERENTES PRISES EN CHARGE PAGEREF _Toc164867133 \h 29
4.1. / La kinésithérapie PAGEREF _Toc164867134 \h 29
4.1.1. / Le rôle de la kinésithérapie respiratoire dans la SLA PAGEREF _Toc164867135 \h 30
4.1.2. / Les principes de la rééducation* PAGEREF _Toc164867136 \h 31
4.1.3. / Les buts de la rééducation* PAGEREF _Toc164867137 \h 31
4.2. / Linfirmier, laide soignant PAGEREF _Toc164867138 \h 31
4.3. / Lergothérapie PAGEREF _Toc164867139 \h 32
4.4. / Lorthophonie PAGEREF _Toc164867140 \h 34
4.5. / Le pneumologue PAGEREF _Toc164867141 \h 35
4.6. / Le neurologue PAGEREF _Toc164867142 \h 35
4.7. / La médecine de réadaptation PAGEREF _Toc164867143 \h 37
5. / LES DIFFERENTS TEMPS DE LA PRISE EN CHARGE ORTHOPHONIQUE PAGEREF _Toc164867144 \h 38
5.1. / Stade 1 : atteinte modérée PAGEREF _Toc164867145 \h 39
5.1.1. / Les différents domaines travaillés PAGEREF _Toc164867146 \h 39
5.1.1.1. / Relaxation PAGEREF _Toc164867147 \h 39
5.1.1.2. / Motricité bucco-linguo-faciale PAGEREF _Toc164867148 \h 39
5.1.1.3. / Déglutition PAGEREF _Toc164867149 \h 40
Aspect psychologique PAGEREF _Toc164867150 \h 40
Aspect informatif PAGEREF _Toc164867151 \h 40
5.1.1.4. / Respiration PAGEREF _Toc164867152 \h 40
5.1.1.5. / Parole PAGEREF _Toc164867153 \h 40
5.1.1.6. / Voix PAGEREF _Toc164867154 \h 41
5.1.2. / Soutien-réponse à langoisse PAGEREF _Toc164867155 \h 41
5.1.3. / Surveillance PAGEREF _Toc164867156 \h 41
5.2. / Stade 2 : atteinte moyenne PAGEREF _Toc164867157 \h 42
5.2.1. / Déglutition PAGEREF _Toc164867158 \h 42
5.2.1.1. / Compensations motrices PAGEREF _Toc164867159 \h 42
5.2.1.2. / Compensations extérieures PAGEREF _Toc164867160 \h 42
5.2.2. / Respiration PAGEREF _Toc164867161 \h 43
5.2.3. / Toux PAGEREF _Toc164867162 \h 43
5.2.4. / Parole PAGEREF _Toc164867163 \h 43
5.2.5. / Voix PAGEREF _Toc164867164 \h 43
5.2.6. / Soutien psychologique PAGEREF _Toc164867165 \h 43
5.3. / Stade 3 : atteinte sévère PAGEREF _Toc164867166 \h 43
5.3.1. / Déglutition PAGEREF _Toc164867167 \h 43
5.3.2. / Respiration PAGEREF _Toc164867168 \h 43
5.3.3. / Communication alternative PAGEREF _Toc164867169 \h 44
5.4. / Liaison PAGEREF _Toc164867170 \h 44
5.5. / Conclusion de la partie PAGEREF _Toc164867171 \h 45
6. / RESPIRATION PAGEREF _Toc164867172 \h 46
6.1. / Introduction PAGEREF _Toc164867173 \h 46
6.2. / Caractéristiques de latteinte respiratoire PAGEREF _Toc164867174 \h 46
6.2.1. / Physiologie PAGEREF _Toc164867175 \h 46
6.2.2. / Dans la SLA PAGEREF _Toc164867176 \h 46
6.3. / Evaluation respiratoire PAGEREF _Toc164867177 \h 47
6.3.1. / Evaluation clinique PAGEREF _Toc164867178 \h 47
6.3.2. / Explorations fonctionnelles respiratoires PAGEREF _Toc164867179 \h 48
6.3.2.1. / La spirométrie PAGEREF _Toc164867180 \h 48
6.3.2.2. / La gazométrie artérielle PAGEREF _Toc164867181 \h 49
6.3.3. / Lévaluation spécifique des muscles respiratoires PAGEREF _Toc164867182 \h 49
6.3.3.1. / Etude de la force musculaire en manuvre volontaire PAGEREF _Toc164867183 \h 49
6.3.3.2. / Pression transdiaphragmatique (Pdi) PAGEREF _Toc164867184 \h 49
6.3.3.3. / Loxymétrie nocturne PAGEREF _Toc164867185 \h 50
6.3.4. / Traitement des troubles respiratoires PAGEREF _Toc164867186 \h 50
6.3.4.1. / La Ventilation Non Invasive (VNI) PAGEREF _Toc164867187 \h 50
6.3.4.2. / La ventilation mécanique par voie endotrachéale PAGEREF _Toc164867188 \h 51
6.3.5. / Conclusion PAGEREF _Toc164867189 \h 51
7. / DEGLUTITION PAGEREF _Toc164867190 \h 52
7.1. / Introduction PAGEREF _Toc164867191 \h 52
7.2. / Anatomie et physiologie de la déglutition PAGEREF _Toc164867192 \h 52
7.2.1. / Le temps labio-buccal PAGEREF _Toc164867193 \h 52
7.2.2. / Le temps pharyngé PAGEREF _Toc164867194 \h 53
7.2.3. / Le temps oesophagien PAGEREF _Toc164867195 \h 53
7.3. / Description des atteintes bulbaire et pseudo-bulbaire PAGEREF _Toc164867196 \h 53
7.3.1. / Atteinte pseudo-bulbaire PAGEREF _Toc164867197 \h 53
7.3.2. / Atteinte bulbaire PAGEREF _Toc164867198 \h 54
7.4. / Clinique des troubles de la déglutition dans la SLA PAGEREF _Toc164867199 \h 54
7.4.1. / Les symptômes dune dysphagie* PAGEREF _Toc164867200 \h 55
7.4.2. / Clinique des troubles pendant les trois temps de la déglutition PAGEREF _Toc164867201 \h 55
7.4.2.1. / Temps préparatoire buccal PAGEREF _Toc164867202 \h 55
7.4.2.2. / Temps buccal PAGEREF _Toc164867203 \h 56
7.4.2.3. / Temps pharyngé PAGEREF _Toc164867204 \h 56
7.5. / Exploration des troubles de la déglutition dans la SLA PAGEREF _Toc164867205 \h 57
7.5.1. / Linterrogatoire PAGEREF _Toc164867206 \h 57
7.5.2. / Examen de la prise alimentaire « de lextérieur » PAGEREF _Toc164867207 \h 58
7.5.3. / Examen au nasofibroscope* PAGEREF _Toc164867208 \h 58
7.5.4. / Examen de la déglutition en vidéoradioscopie PAGEREF _Toc164867209 \h 59
7.5.5. / Lélectromyographie* PAGEREF _Toc164867210 \h 60
7.6. / Evaluation des troubles de la déglutition dans la SLA PAGEREF _Toc164867211 \h 60
7.7. / Rééducation* des troubles de la déglutition dans la SLA PAGEREF _Toc164867212 \h 63
7.7.1. / Information au patient PAGEREF _Toc164867213 \h 63
7.7.2. / Mise en bouche PAGEREF _Toc164867214 \h 64
7.7.3. / Mastication PAGEREF _Toc164867215 \h 64
7.7.4. / Salivation PAGEREF _Toc164867216 \h 64
7.7.5. / Respiration PAGEREF _Toc164867217 \h 65
7.7.6. / Techniques de facilitation PAGEREF _Toc164867218 \h 65
7.8. / Conclusion PAGEREF _Toc164867219 \h 66
8. / ALIMENTATION PAGEREF _Toc164867220 \h 67
8.1. / Physiopathologie de la dénutrition PAGEREF _Toc164867221 \h 67
8.1.1. / Evolution du poids PAGEREF _Toc164867222 \h 68
8.1.2. / Laugmentation des besoins énergétiques PAGEREF _Toc164867223 \h 69
8.2. / Les conséquences de la dénutrition* PAGEREF _Toc164867224 \h 69
8.3. / La prise en charge nutritionnelle PAGEREF _Toc164867225 \h 70
8.4. / La gastrostomie* PAGEREF _Toc164867226 \h 71
8.4.1. / Les bénéfices attendus de la gastrostomie* PAGEREF _Toc164867227 \h 72
8.4.2. / Quand débuter la nutrition entérale* ? PAGEREF _Toc164867228 \h 72
9. / PAROLE, VOIX ET DEGLUTITION : DYSARTHRIE*, DYSPHONIE* ET DYSPHAGIE* PAGEREF _Toc164867229 \h 73
9.1. / La dysarthrie* PAGEREF _Toc164867230 \h 73
9.1.1. / La dysarthrie* flasque PAGEREF _Toc164867231 \h 73
9.1.2. / La dysarthrie* spastique PAGEREF _Toc164867232 \h 75
9.2. / La dysphonie* PAGEREF _Toc164867233 \h 76
9.3. / La dysphagie* PAGEREF _Toc164867234 \h 77
10. / LANGAGE ET COMMUNICATION PAGEREF _Toc164867235 \h 78
10.1. / Introduction PAGEREF _Toc164867236 \h 78
10.2. / Le problème de la communication dans la SLA PAGEREF _Toc164867237 \h 78
10.3. / Les moyens de communication PAGEREF _Toc164867238 \h 79
10.4. / Les outils de communication PAGEREF _Toc164867239 \h 80
10.4.1. / Les synthèses vocales PAGEREF _Toc164867240 \h 80
10.4.1.1. / Le DIALO PAGEREF _Toc164867241 \h 80
10.4.1.2. / Le SYNTHE 4 PAGEREF _Toc164867242 \h 81
10.4.1.3. / Le SYNTHE 4 E PAGEREF _Toc164867243 \h 81
10.4.1.4. / Le LIGHTWRITER PAGEREF _Toc164867244 \h 82
10.4.2. / Les contacteurs PAGEREF _Toc164867245 \h 82
10.4.3. / Les tableaux PAGEREF _Toc164867246 \h 83
10.4.3.1. / Le tableau de lettres (annexe n°8) PAGEREF _Toc164867247 \h 83
10.4.3.2. / Le picto cadre (annexe n°9) PAGEREF _Toc164867248 \h 83
10.4.4. / Loutil informatique PAGEREF _Toc164867249 \h 84
11. / ASPECT PSYCHOLOGIQUE ET QUESTIONS ETHIQUES PAGEREF _Toc164867251 \h 85
11.1. / Introduction PAGEREF _Toc164867252 \h 85
11.2. / Lannonce du diagnostic PAGEREF _Toc164867253 \h 85
11.3. / Le soutien psychologique PAGEREF _Toc164867254 \h 86
11.3.1. / Intervention auprès du patient PAGEREF _Toc164867255 \h 87
11.3.2. / Intervention auprès de lentourage PAGEREF _Toc164867256 \h 87
11.3.3. / Intervention auprès de léquipe médicale et soignante PAGEREF _Toc164867257 \h 88
11.4. / La problématique de la fin de la vie PAGEREF _Toc164867258 \h 88
PARTIE EXPERIMENTALE
1. / PRESENTATION PAGEREF _Toc164867259 \h 93
1.1. / Problématique et hypothèses de départ PAGEREF _Toc164867260 \h 93
1.2. / Objectifs PAGEREF _Toc164867261 \h 93
1.3. / Méthodologie de lenquête PAGEREF _Toc164867262 \h 94
1.3.1. / Mode denvoi PAGEREF _Toc164867263 \h 94
1.3.2. / Les questionnaires PAGEREF _Toc164867264 \h 94
2. / PRESENTATION DES RESULTATS PAGEREF _Toc164867265 \h 97
2.1. / Analyse globale des questionnaires renvoyés PAGEREF _Toc164867266 \h 97
2.2. / Analyse détaillée des résultats PAGEREF _Toc164867267 \h 97
3. / ANALYSE DES ELEMENTS RELEVES AU COURS DES ENTRETIENS PAGEREF _Toc164867268 \h 107
3.1. / Les orthophonistes PAGEREF _Toc164867269 \h 107
3.1.1. / Entretien avec Annie Leforestier le 14 octobre 2006 PAGEREF _Toc164867270 \h 107
3.1.2. / Entretiens avec Héléna Guillaume les 23 novembre et 21 décembre 2006 PAGEREF _Toc164867271 \h 108
3.1.3. / Entretiens du 05 avril avec Madame Leforestier et Monsieur L. PAGEREF _Toc164867272 \h 109
3.1.4. / Entretiens du 19 avril avec Mesdames Nathalie Lévêque et Christine Pointon PAGEREF _Toc164867273 \h 110
3.2. / Les patients et familles de patients PAGEREF _Toc164867274 \h 110
3.2.1. / Rencontres avec Monsieur D. PAGEREF _Toc164867275 \h 110
3.2.2. / Rencontres avec Monsieur D.D PAGEREF _Toc164867276 \h 111
3.2.3. / Rencontre avec Mme M. PAGEREF _Toc164867277 \h 111
3.2.4. / Rencontre avec Magalie. et Annie. PAGEREF _Toc164867278 \h 112
4. / REALISATION DE NOTRE OUTIL DVD PAGEREF _Toc164867279 \h 114
4.1. / Préalables PAGEREF _Toc164867280 \h 114
4.2. / Films et tournages PAGEREF _Toc164867281 \h 115
4.3. / Sélection des séquences filmées PAGEREF _Toc164867282 \h 116
4.4. / Films et montage PAGEREF _Toc164867283 \h 116
4.5. / Plan détaillé du DVD PAGEREF _Toc164867284 \h 116
4.6. / Fiches pratiques déglutition PAGEREF _Toc164867286 \h 122
4.7. / Fiches pratiques respiration PAGEREF _Toc164867287 \h 133
4.8. / Fiches pratiques massages PAGEREF _Toc164867288 \h 149
4.9. / Fiches pratiques praxies PAGEREF _Toc164867289 \h 161
DISCUSSION
1. / INTRODUCTION PAGEREF _Toc164867293 \h 174
2. / NOS PRINCIPAUX RESULTATS. PAGEREF _Toc164867294 \h 174
3. / Biais méthodologiques PAGEREF _Toc164867295 \h 175
3.1. / Critiques des questionnaires PAGEREF _Toc164867296 \h 175
3.2. / Critiques des résultats PAGEREF _Toc164867297 \h 176
3.3. / Critiques des entretiens PAGEREF _Toc164867298 \h 177
3.4. / Critiques de loutil DVD PAGEREF _Toc164867299 \h 177
3.5. / Critiques des fiches pratiques PAGEREF _Toc164867300 \h 179
3.6. / Problèmes liés au montage PAGEREF _Toc164867301 \h 179
4. / SYNTHESE PAGEREF _Toc164867302 \h 180
5. / perspectives PAGEREF _Toc164867303 \h 181
CONCLUSION
GLOSSAIRE
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
INTRODUCTION
En 2OO2, les compétences des orthophonistes en France ont été réévaluées dans la nouvelle nomenclature. Désormais, la mention « maintien et adaptation des fonctions dans les maladies neurodégénératives et de la communication » y figure. La formation initiale a donc changé, abordant une nouvelle approche, celle des prises en charge de pathologies incurables. Les progrès de la médecine permettent aujourdhui de prolonger la vie des patients atteints de maladies neurodégénératives graves. Parallèlement, les notions de qualité de fin de vie se sont développées. La loi n° 99-477 du 9 juin 1999 stipule que « toute personne dont létat le requiert a le droit daccéder à des soins palliatifs et à un accompagnement ».
Pourtant, dans notre société, les soins palliatifs et laccompagnement sont encore souvent ignorés. La médecine est surtout connue comme étant loutil de lutte contre les maladies, cest-à-dire dans sa dimension curative. Elle est moins considérée comme un accompagnement des malades inguérissables.
La prise en charge de la Sclérose Latérale Amyotrophique fait partie des prises en charge lourdes, difficiles émotionnellement et nécessitant présence et investissement. Le rôle de lorthophoniste dans cette prise en charge est nécessaire, dautant plus quun suivi psychologique est loin dêtre systématique. Ecoute, soutien, conseils sont autant de qualités dont lorthophoniste doit savoir faire preuve. Cet accompagnement peut se poursuivre jusquau terme de la maladie, la fin de vie, qui est bien souvent une extraordinaire faim de vie malgré les handicaps, les incapacités et la douleur.
Dans un premier temps, ce mémoire se propose de présenter la sclérose latérale amyotrophique, de citer ses différentes prises en charge, en insistant plus particulièrement sur le suivi orthophonique, et de traiter de laspect psychologique et des questions éthiques suscités par cette pathologie incurable.
Dans un second temps, nous avons élaboré, à partir dune enquête traitée de manière qualitative, un outil DVD destiné aux orthophonistes et autres professionnels désirant se documenter.
Ce DVD contient de brefs rappels théoriques, des fiches pratiques dexercices orthophoniques illustrées par des films ainsi que des témoignages de patients, de proches et de professionnels.
HISTORIQUE
J.M CHARCOT
La SLA, Sclérose Latérale Amyotrophique, est une maladie neurodégénérative à lorigine de handicaps moteurs sévères et évolutifs. Elle est également appelée maladie de Charcot, maladie du motoneurone* ou encore maladie de Lou Gehrig, célèbre athlète américain qui en fut atteint.
Lhistoire de cette maladie est en étroite relation avec une des préoccupations importantes du docteur Jean-Martin Charcot au milieu du XIXème siècle : la recherche de la lésion anatomo-clinique responsable de lhystérie. Jean-Martin Charcot (Paris, 1825 ; Montsauche, 1893) est lun des plus illustres médecins français du XIXème siècle. Il commence à enseigner à lUniversité de Paris en 1860, dans le quartier « Vieillissement-femmes », service quil avait déjà parcouru en tant quinterne et dont il disait « il faudrait y revenir et y rester ». Professeur réputé, il attira des étudiants de toutes les parties du monde. Le plus célèbre dentre eux fut, en 1885, Sigmund Freud, dont lintérêt pour les origines de la névrose fut stimulé par lemploi que faisait Charcot de lhypnose, en vue de découvrir une base organique à lhystérie. A ce sujet, il publie en 1865 son mémoire (Charcot, 1865), et lintitule : « Sclérose des cordons latéraux de la moelle épinière, chez une femme hystérique, atteinte de contracture permanente des membres inférieurs ». Il souligne dans ce mémoire deux points essentiels : la notion de contractures musculaires, phénomène quil rapproche alors des contractures paroxystiques observées chez les hystériques, et la notion de sclérose fasciculaire, quil décrit pour la première fois, sur laquelle il va insister à de nombreuses reprises et quil va distinguer de la sclérose en plaques (Charcot, 1874 ; Charcot et Gombault, 1875).
Charcot associe alors très vite latrophie* musculaire observée chez ces patients, à latteinte des motoneurones* de la corne antérieure de la moelle épinière, notamment grâce au remarquable travail de M.Cruveilhier (médecin et anatomiste français, 1791-1874 ; Cruveilhier, 1853) et à celui du docteur Duchenne de Boulogne (médecin français 1806-1875 qui décrivit latrophie* musculaire progressive ou myopathie de Duchenne). En 1869, il publie avec Joffroy (Charcot et Joffroy, 1869) deux cas datrophie* musculaire progressive qui conduisent en fait à la formalisation de la SLA. En 1870, (Charcot, 1870), il rattache à la SLA une entité anatomo-clinique reconnue dès 1859 par Duménil (Duménil, 1859), la « paralysie musculaire progressive de la langue, du voile du palais et des lèvres » qui deviendra la paralysie labio-glosso-pharyngée.
Recherches actuelles
La SLA provoque donc une dégénérescence systématisée des cellules nerveuses qui commandent les muscles volontaires, les motoneurones*. Latteinte concerne à la fois les motoneurones* périphériques (en relation directe avec les muscles) et les motoneurones* centraux (situés dans le cortex moteur). De nombreuses hypothèses sur lorigine ou les origines de cette maladie sont avancées. La recherche fondamentale dans la SLA est très active. Laccroissement des connaissances sur la maladie repose sur de nouvelles hypothèses physiopathologiques mais également sur lapprofondissement de mécanismes déjà connus. Ainsi, aujourd'hui, de très nombreux champs de recherche font lobjet détudes approfondies afin de comprendre les mécanismes de la SLA et délaborer de nouveaux traitements.
En annexe n°1 figurent les étiologies de la SLA. Cette liste nest pas exhaustive mais les principales hypothèses actuelles sont développées.
Actuellement, seul le Riluzole a prouvé son efficacité dans le traitement de la SLA. Toutes les études faites montrent quil prolonge, en moyenne, dun à deux ans la durée de vie. Ce médicament est aujourdhui le seul à posséder une autorisation de mise sur le marché (AMM depuis le 10/06/1996) dans la SLA. Mais de nombreux chercheurs travaillent en laboratoire, sur dautres hypothèses, et tentent, à partir des modèles animaux puis humains, de mettre au point dautres traitements efficaces pour la SLA.
EPIDEMIOLOGIE
Généralités
Sur le plan épidémiologique, la SLA a fait lobjet de nombreuses études depuis plusieurs dizaines dannées. Elles ont permis de mieux connaître la maladie par létude de sa distribution en termes de fréquence, de sex-ratio, de taux de mortalité, mais aussi son histoire naturelle par lanalyse des facteurs influençant son expression clinique (Munsat et al., 1991 ; Brooks et al., 1995). Les résultats de ces travaux sont relativement concordants et sont considérés comme robustes dun point de vue épidémiologique. Par contre, la recherche de facteurs de risque (génétique, environnemental ou toxique) est plus difficile et les résultats des études de cohorte et de cas témoins sont souvent contradictoires. Une des limites de la recherche épidémiologique sur la SLA est liée à la difficulté didentifier des cas de façon certaine, du fait dune grande hétérogénéité clinique.
Incidence et prévalence
La SLA est une maladie neurodégénérative peu connue par la population et est reconnue comme étant rare. Pourtant, près de 120.000 personnes sont diagnostiquées chaque année à travers le monde, ce qui correspond à 328 nouveaux cas par jour. Actuellement en France, on compte environ 8.000 malades. Lincidence de cette maladie oscille, selon les études, entre 0,96 pour 100.000 habitants (Bettoni et al, 1994) et 2,25 pour 100.000 habitants (Scottish group, 1992), avec une moyenne estimée à 1,5 pour 100.000, soit de 800 à 1.000 nouveaux cas par an. Certaines études avancent que lincidence de la SLA tend à augmenter dans les pays industrialisés, notamment occidentaux. Dautres études nont pas confirmé de réelle augmentation. Ces résultats discordants pourraient, en fait, dépendre de la méthodologie utilisée. On estime la prévalence de la SLA en moyenne à 4 pour 100.000 habitants. Toutefois, la maladie de Charcot est la plus fréquente des maladies du motoneurone*.
Les différentes formes
Avant de rendre compte des données statistiques de la maladie, il est nécessaire de connaître certaines distinctions. Tout dabord, on différencie les formes héréditaires des formes sporadiques (Aran, 1850). Par la suite, de nombreux travaux ont présenté des cas de SLA dans une même famille, mais ce nest quen 1955 que Kurland et Mulder formaliseront leur analyse en montrant lexistence de cas autosomiques dominants de SLA. On parle de SLA familiale dès lors quil y a deux cas au sein dune même famille. On compte environ 10 à 20 % de cas familiaux, daprès Mulder et al, 1986. Un seul gène est clairement identifié, cest le gène codant pour la SOD1, situé sur le chromosome 21.
Certaines mutations de ce gène sont reconnues comme étant indiscutablement liées à la SLA héréditaire (Rosen et al, 1993). Ces mutations sont le plus souvent dominantes bien quune mutation récessive relativement fréquente ait été décrite par Anderson et al. en 1995. Sur le plan du phénotype clinique, cette forme familiale diffère des formes sporadiques. On sait que la maladie débute en moyenne plus tôt, vers 46 ans, avec les membres inférieurs initialement atteints, sans démence associée, et sa durée est souvent plus longue (jusquà 5 ans) que dans les formes sporadiques (Jafari-Schluep et al., 2004). Ces dernières sont bien plus fréquentes (90 %) et se présentent sous des formes extrêmement variées. La seconde distinction à faire concerne la forme de début de la maladie : il peut en effet sagir dune forme bulbaire ou spinale. Les formes spinales touchent initialement un membre avec atteintes initiales proximales ou distales, uni ou bilatérales, et les formes bulbaires débutent le plus souvent par un trouble de la phonation et/ou de la déglutition. Nous reviendrons plus précisément sur ces différentes formes dans le chapitre « description clinique ».
Age et sex ratio
Concernant lâge de début de la maladie, il varie selon les études autour de 60 ans. Il diffère selon le siège initial de latteinte. Ainsi, les formes spinales se déclarent en moyenne entre 50 et 55 ans et les formes bulbaires débutent entre 60 et 65 ans. Des formes à début précoce (30 ans), voire juvénile, sont possibles, imposant alors la recherche dun facteur familial. Les formes tardives, après 80 ans, sont considérées comme rares, mais pourraient être sous-diagnostiquées, du fait de pathologies cérébrales concomitantes. Il existe une prépondérance masculine, définie par un sex-ratio de 1,5 pour 1. Cette différence selon le sexe pourrait résulter de plusieurs facteurs, tel quun facteur hormonal, une activité physique plus intense, voire le rôle de lexposition professionnelle à des toxiques, mais il ne sagit là que dhypothèses. Dautre part, les femmes seraient plus affectées par les formes bulbaires de lordre de 2 pour 1.
Evolutions
Lévolution temporelle de la maladie est progressive, dans des délais extrêmement variables. Toutefois, dans la majorité des travaux, la médiane de survie est proche de 36 mois, avec un pourcentage de formes lentes de plus de 60 mois compris entre 10 et 30 %. Elle diffère en fonction de lâge de début.
De plus, le siège initial des lésions serait un facteur pronostique indépendant de lâge de début.
Sil est vrai que la mort par défaillance respiratoire est considérée comme inéluctable, un certain nombre de patients voit leur évolution spontanée dépasser 10 ans, même parfois se stabiliser.
A propos de lévolution spatiale, dans la plupart des cas, le déficit sétend aux trois territoires : membres supérieurs, membres inférieurs et étage bulbaire. Mais 70 % des patients à début bulbaire nauront quune atteinte modérée des membres au moment de leur décès, et environ 30 % des patients à début spinal nauront pas ou peu de signes datteinte bulbaire. Environ 35 % des patients sont de grands grabataires au moment du décès.
Lévolution de latteinte respiratoire est presque constante. Elle survient dans environ 95% des cas, avec installation dun syndrome restrictif marqué par une baisse progressive de la capacité vitale*. Dautre part, les morts par asphyxie aiguë, liées à un trouble de la déglutition, sont rares et exceptionnelles (moins de 1/1.000), y compris dans les atteintes bulbaires. Dans une étude de Richard et Meininger en 1999, il apparaît que plus de 60 % des décès surviennent sans asphyxie aiguë. Dans environ 35 % des cas, sinstalle une asphyxie rapidement progressive en rapport avec une surinfection bronchique conduisant au décès en labsence (volontaire ou non) dune ventilation invasive. Dans 5 % des cas environ, la mort est brutale, par embolie pulmonaire massive ou infarctus du myocarde.
Il reste cependant difficile de généraliser et détablir des données précises étant donné, comme nous lavons déjà dit une grande hétérogénéité clinique.
DESCRIPTION CLINIQUE
Rappels anatomiques et physiologiques
Dans le cadre de la motricité volontaire, qui nous préoccupe dans la SLA, plusieurs motoneurones* sont en jeu. Le geste à effectuer est décidé par la personne grâce à ses neurones moteurs cérébraux appelés motoneurones* centraux. Cette demande dexécution du geste sera véhiculée par lintermédiaire des longs axones du système pyramidal. Ces neurones « décisionnaires » se connecteront dans la corne antérieure de la moelle épinière avec des motoneurones* périphériques qui achemineront le message, ordonnant aux muscles de se contracter ou de se relâcher.
Physiopathologie* de la SLA
La SLA provoque une dégénérescence systématisée des cellules nerveuses qui commandent les muscles volontaires, les motoneurones*. Latteinte concerne à la fois les motoneurones* périphériques et les motoneurones* centraux.
La SLA touche exclusivement le système moteur, dont la corne antérieure de la moelle et les voies de contrôle de la motricité.
Ces voies constituent la voie pyramidale (ou faisceau pyramidal), située dans les cordons latéraux de la moelle épinière, soulignée ci-contre.
Il sagit donc dune sclérose des cordons latéraux de la moelle, secondaire à latteinte des motoneurones* corticaux (centraux). Les faisceaux pyramidaux sont des faisceaux nerveux primordiaux pour la motricité volontaire et dont les fibres proviennent de la zone motrice du cortex cérébral. Ils sont situés dans les cordons latéraux de la moelle, doù le nom de « sclérose latérale ».
Les motoneurones* périphériques sont situés à plusieurs endroits :
dans la moelle épinière où ils commandent les muscles des membres. Latteinte de ces motoneurones entraîne des troubles de la motricité des muscles du tronc et des membres, et est à lorigine de la forme dite spinale ;
dans le tronc cérébral qui innerve les muscles faciaux et ceux de la phonation et de la déglutition. Latteinte de ces motoneurones* engendre donc des troubles de la déglutition, de la phonation et de la respiration et est à lorigine de la forme dite bulbaire
Signes cliniques et diagnostic
Le diagnostic de la sclérose latérale amyotrophique repose sur lassociation de signes cliniques (positifs et négatifs) et électromyographiques classiques témoignant dune atteinte des deux motoneurones*.
Signes positifs
Ils attestent latteinte périphérique et latteinte centrale.
Les signes datteinte du motoneurone* périphérique (MNP) se traduisent notamment par :
A létage spinal
une faiblesse et un déficit moteur ;
des fasciculations* : elles apparaissent au niveau des muscles atrophiés mais aussi dans dautres muscles apparemment sains ;
une atrophie* musculaire, surtout distale, aux mains et/ou aux pieds : cest un signe précoce qui peut précéder le déficit moteur ;
une diminution voire une abolition des réflexes ostéo-tendineux ;
et des crampes.
A létage bulbaire
des troubles de la déglutition ;
une dysphonie* ;
une dysarthrie* ;
une amyotrophie* linguale avec fasciculations* ;
un voile flasque et aéractif ;
des stases salivaires ;
Quelque soit le niveau lésionnel, latteinte du MNP est remarquable par deux caractères évocateurs : les fasciculations* et labsence de troubles sensitifs objectifs.
Les signes datteinte du motoneurone* central (MNC) constituant le syndrome pyramidal se manifestent par :
une hypertonie spastique ;
des anomalies du tonus ;
linversion du réflexe cutané plantaire (signe de babinski) ;
la vivacité des réflexes médiaux (massétérin et palpébral) ;
une conservation voire lexagération des réflexes ostéo-tendineux ;
et des signes pseudo-bulbaires :
rire et pleurer spasmodique*,
troubles de la phonation,
troubles de la déglutition,
exagération des réflexes nauséeux et massétérins,
bâillements fréquents,
clonus du menton,
et dissociation automatico-volontaire du voile du palais.
Signes négatifs
Les signes négatifs de la SLA sont labsence dautres signes notamment sensitifs, cérébelleux, sensoriels, oculomoteurs et labsence de signes extrapyramidaux francs. En principe, il ny a pas de troubles sphinctériens, mais il est fréquent de rencontrer un certain degré durgence urinaire, notamment dans les formes « raides » de la maladie. Il est également possible dobserver des incontinences anales, qui ne sont pas seulement en relation avec les troubles du transit rencontrés par les patients.
A priori, les troubles cognitifs ne semblent pas non plus exister. Toutefois, cette notion doit être révisée car depuis la description initiale de Van Bogaert en 1925, de nombreuses observations de manifestations démentielles associées à des SLA ont été rapportées, notamment des tableaux de démence fronto-temporale. De même, classiquement les mouvements oculaires sont considérés comme normaux. Cependant, il nest pas rare de rencontrer chez des patients ayant des signes datteinte frontale, des troubles de la motricité oculaire de type frontal avec un ralentissement des mouvements de verticalité.
Critères diagnostiques
Le diagnostic de la SLA est essentiellement clinique et repose sur lassociation conjointe dune atteinte du neurone moteur périphérique et du neurone moteur central, et sur une évolutivité de cette atteinte.
Il ny a pas de marqueurs diagnostiques. Le diagnostic au stade de début de la maladie est souvent difficile à réaliser car il manque ce critère dévolutivité. Cest la distribution et lassociation des signes cliniques qui permettent de poser un diagnostic.
Il faudrait donc savoir reconnaître la maladie, non pas tant les symptômes très évocateurs (fasciculations*, crampes) mais les troubles dapparence anodine, comme une grande fatigue et/ou une perte de poids inexpliquée, des troubles de la statique avec une instabilité, notamment à la descente des escaliers, une émotionnalité ou une sensibilité anormalement exagérée et une hypersalivation.
Le diagnostic de la SLA nécessite donc la combinaison dune atteinte du MNP, du MNC et dune diffusion progressive des symptômes.
Lévolution de ceux-ci peut se faire au sein dune région ou dans une autre région.
Elle repose sur linterrogatoire ou sur le suivi clinique.
Quatre régions sont définies :
le tronc cérébral (extrémité céphalique) avec la face, le masséter, le pharynx, le larynx et la langue ;
la région cervicale (membre supérieur) avec le cou, les épaules, les bras, les avant-bras, les mains et le diaphragme* ;
la région thoracique (tronc) avec le thorax, labdomen et le dos ;
la région lombo-sacrée (membre inférieur) avec la partie inférieure de labdomen et du dos, les cuisses, les jambes et les pieds.
Pour les membres, une région est considérée comme atteinte si des signes sont observés indifféremment dun côté ou de lautre. Par contre, la diffusion des signes peut ne concerner quun nouveau segment anatomique et non pas forcément une nouvelle région.
Les critères de diagnostic ont été définis en 1994, dans le cadre dune conférence de consensus et sont maintenant connus sous le vocable : critères « El Escorial » (Brooks, 1994), ou encore « Critères dEl Escorial et dAirlie House », 1998, (El Escorial révisés). (Cf. annexe n°2 : Critères diagnostiques de SLA (critères dAirlie House, 1998).
Ce tableau répertorie les différentes combinaisons des signes dans les régions qui vont permettre détablir un diagnostic avec plusieurs degrés de certitude : SLA « définie» « probable » ou « possible ».
Par ailleurs, le diagnostic nécessite aussi labsence de signes électrophysiologiques, histopathologiques ou radiologiques dune autre maladie qui pourraient expliquer les signes datteinte du MNP et/ ou du MNC.
Cependant, le diagnostic de SLA nest pas toujours aisé à identifier car le début de la maladie peut être marqué par des signes inhabituels et parfois trompeurs tels que :
des formes évoquant une neuropathie ou formes pseudo-polynévritiques, caractérisées par une atteinte bilatérale. Lévolution est classiquement lente avec apparition secondaire dune atteinte des membres supérieurs et dun syndrome pyramidal ;
des formes douloureuses ;
une expression clinique témoignant de latteinte du premier motoneurone* uniquement ;
la SLA du sujet très âgé ;
des troubles cognitifs ;
une révélation de SLA faite sur un mode aigu ;
des formes à début bulbaire peuvent parfois être trompeuses si les stases salivaires, la dysarthrie*, la dysphonie* sont isolées. Il en est de même pour les syndromes pseudo-bulbaires ;
et des signes fonctionnels tels que lasthénie, une fatigabilité* à la marche, une altération de létat général, signes isolés ou associés.
Le diagnostic positif repose donc sur :
la mise en évidence de signes cliniques et éléctromygraphiques dune atteinte du MNP et du MNC, au niveau encéphalique et médullaire (cervical et lombo-sacré) ;
le caractère évolutif des signes qui est un argument important pour laffirmation du diagnostic ;
et labsence déléments en faveur dune autre pathologie pouvant expliquer les signes observés.
Examens complémentaires
Lélectro-neuromyogramme : ENMG
Lexamen électrophysiologique joue un rôle capital dans le diagnostic de la SLA car il représente une des rares explorations complémentaires qui participe à la fois au diagnostic positif et différentiel de cette affection.
Lélectromyographie* est une technique permettant denregistrer les potentiels daction se propageant le long des membranes des éléments musculaires. LENMG a ici un triple objectif :
confirmer latteinte du MNP dans les régions cliniquement atteintes ;
faire la preuve dune atteinte du MNP dans des régions cliniquement non atteintes ;
exclure dautres affections.
En ce qui concerne le MNC, son atteinte tient une place importante dans le diagnostic dune SLA et on connaît le manque fréquent darguments cliniques pour étayer le syndrome pyramidal dans la SLA. Létude électrophysiologique peut apporter des éléments utiles grâce à létude des potentiels évoqués moteurs (PEM).
Les PEM
LENMG étudiant les MNP, il peut être complété par une technique visant à explorer des voies motrices centrales par stimulation magnétique transcrânienne. Cette technique non invasive et peu douloureuse, permet létude du MNC. Elle est utile pour le diagnostic différentiel et également pour le diagnostic positif car il met en évidence les signes datteintes centrales.
Limagerie
Il sagit de lIRM conventionnelle comprenant lIRM cérébrale et médullaire. Elle aide essentiellement au diagnostic différentiel et est principalement indiquée dans les formes bulbaires ou pseudo-bulbaires.
Létude du liquide cérébro-spinal
Lexamen du LCS est normal dans la SLA : la présence dune anomalie est donc un élément dorientation vers une autre affection.
Les troubles associés
Il sagit des symptômes liés directement à la SLA, et plus spécifiquement à latteinte de la voie cortico-spinale et de la corne antérieure, mais également des troubles secondaires à la maladie.
Les douleurs
Les douleurs sont pratiquement constantes. Elles sont de natures diverses et doivent donc être identifiées et expliquées pour être correctement traitées. Ce sont des douleurs musculaires de type courbatures, aggravées par les manipulations intempestives surtout chez des patients déjà très atrophiques. Les crampes sont violentes et fréquentes et parfois trompeuses notamment les crampes de la paroi thoracique et abdominale qui peuvent simuler des syndromes douloureux cardiaques, pulmonaires ou abdominaux.
La spasticité*
Elle est à lorigine de douleurs, aggrave le handicap moteur et réduit la qualité de vie. Elle doit faire lobjet dun traitement.
Labilité* émotionnelle : le rire et le pleurer spasmodiques
La perte du contrôle émotionnel sintègre dans le cadre du syndrome pseudo-bulbaire et touche environ 50 % des patients. Elle doit être différenciée des états dépressifs. Elle retentit non seulement sur le patient mais également sur les proches. Son traitement est donc important à considérer afin daméliorer la qualité de vie du patient et de lentourage.
Les troubles salivaires
Dans la SLA, ils sont dus aux modifications de la consistance de la salive, aux troubles de la posture céphalique, à un défaut docclusion labiale et surtout à des troubles de la déglutition. Lhypersalivation* est constante dans les atteintes bulbaires et survient souvent précocement, pouvant annoncer une atteinte de ce territoire.
Dépression, anxiété, troubles de lhumeur
Une fois le diagnostic reconnu et expliqué, une période dassimilation suit avec souvent, des phases dangoisse et de dépression. La dépression et lanxiété sont fréquemment associées et peuvent se rencontrer à tous les stades de la maladie. Elles font lobjet avant tout dune proposition de prise en charge psychothérapeutique, mais sont également traitées par des médicaments spécifiques.
Fatigue et troubles du sommeil
La fatigue est un symptôme complexe, plurifactoriel, mais généralement intriquée avec des troubles de lhumeur. Elle retentit défavorablement sur la qualité de vie du patient. Elle est souvent de mauvais pronostic et doit faire suspecter des troubles de la saturation nocturne en oxygène.
Symptômes digestifs
Ils doivent être identifiés et pris en compte rapidement pour éviter la survenue de complications plus importantes. La constipation est quasi constante, liée à limmobilité, aux modifications des apports nutritionnels et est parfois dorigine iatrogène. Sa prise en charge repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques, les massages et la verticalisation tant quelle est possible.
Les troubles articulaires
Ils sont très fréquents, surtout aux membres inférieurs, avec des pieds violacés et froids, et des dèmes des pieds. Rarement, le trouble sétend aux membres supérieurs. On considère que les phlébites sont rares, cependant dans les observations qua pu faire le Professeur Meininger, « au contraire, celles-ci sont fréquentes, notamment dans les atteintes des membres inférieurs. Il faut signaler aussi la fréquence des embolies pulmonaires, avec ou sans phlébite, qui touchent plus de 30 % des patients ».
Sensibilité au froid et céphalées
Il est aussi fréquent de rencontrer une relative sensibilité au froid. Par ailleurs, dans 15 % des cas, on observe des céphalées durant la journée, avec soit des céphalées migraineuses, soit des cervicalgies, témoin général de la raideur des muscles cervicaux.
Perte de poids
Elle nest en rien en parallèle à latteinte musculaire et à latrophie*. Elle est souvent associée, en labsence de troubles de la déglutition, à une « tristesse », et elle est un des éléments de mauvais pronostic.
Les formes cliniques
Les présentations cliniques sont variées. Certaines sont très évocatrices, dautres plus inhabituelles et peuvent contribuer au retard diagnostique. Elles nécessitent le plus souvent une stratégie dexamens complémentaires.
Forme classique à début brachial
Il sagit dans les deux tiers des cas dune atteinte unilatérale distale de la main avec un déficit moteur se traduisant par une faiblesse de la pince pouce/index, une maladresse gestuelle, une diminution de lopposition conduisant à une main plate. Lexamen retrouve une diminution de la force prédominante sur la pince, puis plus globale à la main. Latteinte des interosseux et le respect des extenseurs aboutissent alors à une griffe. Lamyotrophie* est parfois constatée par le patient et cest ce qui motive la consultation. Elle est dailleurs plus marquée que le déficit moteur lui-même.
Elle évolue sur le tiers inférieur de lavant-bras réalisant une atrophie* « en manchette » avant même que napparaisse un déficit dans les muscles extenseurs. Les réflexes ostéo-tendineux sont diminués ou abolis. La conservation des réflexes dans les territoires cliniquement déficitaires et/ou amyotrophiques est particulièrement évocatrice de lassociation à une atteinte du MNC et est caractéristique du diagnostic.
Lexamen de la sensibilité est normal à tous les modes et cette absence de troubles sensitifs confirme dautant plus le diagnostic.
Les fasciculations* sont précoces et parfois ressenties par le patient. Elles sont suggestives si elles débordent dans le territoire déficitaire et sont retrouvées dans les autres régions (thorax, langue). Cependant, latteinte peut rester très longtemps limitée à un membre (atteinte monomélique).
Forme débutant aux membres inférieurs
Dans le cas des formes débutant aux membres inférieurs, latteinte est habituellement distale et unilatérale sous forme dun pied tombant ou dun steppage*. La conservation voire lexagération des réflexes rotuliens et achiléens est évocatrice. Les fasciculations* sont alors à rechercher dans dautres territoires radiculaires ou tronculaires. Le caractère progressif et labsence de troubles sensitifs corroborent également le diagnostic dune SLA.
Forme bulbaire
Elle représente entre 25 % (Hillemacher et al., 2004) et 30 % des cas (Couratier et al., 2000a ; Traynor et al., 2000). Comme nous lavons précédemment évoqué, elle est plus fréquente, comme mode de révélation, chez la femme âgée. Lâge de début est donc plus tardif et son évolution est souvent plus rapide. Il sagit à la fois dune atteinte bulbaire directe due à la dégénérescence des motoneurones* situés dans le tronc cérébral, plus particulièrement dans le bulbe, et dune paralysie pseudo-bulbaire due au syndrome pyramidal (atteinte des faisceaux cortico-géniculés). Nous reviendrons plus précisément sur ces notions dans le chapitre : « Voix, parole et déglutition : dysarthrie*, dysphonie* et dysphagie* ».
Ce tableau évocateur présente une paralysie labio-glosso-pharyngo-laryngée, des troubles de la phonation et délocution* dans deux tiers des cas, qui se traduisent par une dysarthrie* maximale en fin de phrase avec, au début, une voix mal articulée qui devient nasonnée puis incompréhensible. La SLA associe une dysarthrie* mixte (paralysie spastique et flasque) à une dysphonie*. Les troubles de déglutition (dysphagie*) représentent un tiers des cas et sont prédominants pour les liquides. Les troubles respiratoires, exceptionnellement inauguraux (1 %), sont habituels mais leur moment dapparition et leur intensité varient dun patient à lautre. Lors de lexamen clinique, on note la présence de fasciculations* visibles au repos sur la langue (bouche ouverte, langue non protractée), puis latrophie* des bords latéraux. Progressivement la mobilité de la langue et du voile du palais diminue. Le réflexe du voile reste cependant longtemps présent. Les fasciculations* peuvent ensuite être observées sur la houppe du menton. En cas datteinte pseudo-bulbaire, les réflexes naso-palpébral et massétérin sont vifs et peuvent sassocier à un rire et à un pleurer spasmodiques, à un clonus du menton et à une dissociation automatico-volontaire du voile. Lassociation dune atteinte bulbaire et dune atteinte pseudo-bulbaire est très révélatrice dune SLA.
Forme spinale de Vulpian
Elle est retrouvée dans 2 à 10 % des cas. Cette forme est plus fréquente chez lhomme (neuf hommes pour une femme). Lamyotrophie* et le déficit moteur touchent les épaules (muscles sus et sous épineux et les deltoïdes). Les réflexes ostéo-tendineux sont abolis et il ny pas datteinte du MNC au début. Lexamen de la sensibilité est normal.
Lévolution est marquée par la progression du déficit aux bras puis aux avant-bras et tardivement aux muscles intrinsèques des mains aboutissant à un tableau de diplégie* brachiale (Katz et al, 1999 ; Couratier et al, 2000b). Son évolution est plus lente (57 mois) mais laisse progressivement apparaître des signes datteinte du MNC aux membres inférieurs (dans trois quarts des cas) et des signes datteinte bulbaire (près de la moitié des cas).
Forme pseudo-polynévritique
Elle se caractérise par des symptômes initiaux de type engourdissements ou fourmillements. Ceux-ci précèdent le déficit moteur des releveurs du pied et le steppage*. Latteinte nest pas symétrique demblée. Limportance de latrophie*, lévolutivité, la présence de fasciculations*, labsence de troubles sensitifs déficitaires malgré laréflexie, évoquent là aussi le diagnostic dune SLA. Lévolution dure plusieurs mois et peut se faire vers une atteinte des membres supérieurs et dun syndrome pyramidal.
Forme pyramidale
Elle correspond à la SLA primitive qui est une forme frontière de la SLA. Cette forme a la particularité de voir son processus dégénératif confiné aux voies cortico-spinale et cortico-bulbaire.
Elle est pour le moins rare car la plupart des patients qui présentent initialement une atteinte pure du neurone moteur supérieur développent par la suite des signes datteinte du neurone moteur inférieur. La SLA primitive comporte un syndrome pyramidal et pseudo-bulbaire. Son évolution est très progressive et elle se distingue de la maladie de Charcot par une survie considérablement plus prolongée (jusquà trois ans) et par la survenue dune atteinte vésicale.
Formes dites « SLA plus »
Elles renvoient aux formes de SLA associées à des troubles cognitifs, des signes extra pyramidaux, des signes cérébelleux, une démence, une atteinte du SNV, des anomalies sensitives objectives et une atteinte oculomotrice.
La SLA se décline ainsi sous plusieurs formes, dévolution variable. Un diagnostic précis et clair nécessite donc de nombreuses investigations, de lobservation et bien sûr du temps. On comprend alors, devant ce panel de formes cliniques diverses, quil nest pas aisé détablir un diagnostic et donc une prise en charge adaptée dès les premières consultations.
LES DIFFERENTES PRISES EN CHARGE
La prise en charge de la SLA sarticule autour de nombreux médicaux et paramédicaux, soit au sein dun service hospitalier (pour un séjour de répit ou des examens), soit à domicile.
En effet, les patients nécessitent de nombreux soins et attentions que ce soit pour respirer, boire, manger, éliminer, se mouvoir, communiquer etc
Les différents acteurs de cette prise en charge sont :
Le neurologue
Le pneumologue
La médecine de réadaptation
Lorthophoniste
Le kinésithérapeute
Lergothérapeute
Linfirmier, laide-soignant
Le diététicien (développé dans un chapitre ultérieur)
La kinésithérapie
La SLA, par latteinte progressive des motoneurones*, entraîne un déficit de la force musculaire qui engendre lui-même des rétractions musculaires, des enraidissements articulaires et une insuffisance respiratoire. Le kinésithérapeute intervient donc précocement et régulièrement chez les patients atteints de cette pathologie. De manière générale, il intervient entre trois et cinq fois par semaine (selon létat de fatigue du patient).
Dans la SLA, la kinésithérapie est employée à visée articulaire, dentretien fonctionnel et musculaire.
Un travail passif et actif doit être effectué, sans résistance, sans électrothérapie* qui est contre-indiquée.
Afin déviter la fatigabilité* du patient, il est important dinstaurer des temps de repos entre les exercices.
Différentes techniques peuvent être employées par le kinésithérapeute :
Le massage : afin de favoriser un bien-être complet du patient et déviter toute fatigue supplémentaire, le massage doit être décontracturant, antalgique et doux.
La chaleur : par application de packs chauds ou dune lampe infrarouge, elle permet dobtenir une détente des muscles.
La mobilisation articulaire : on lutilise afin de lutter contre les douleurs dimmobilisation. Elle se fera en passif. Il faudra surtout lutter contre lapparition de limitations articulaires.
Les étirements musculo-tendineux : on les utilise principalement pour combattre les rétractions. Ils seront lents et dosés de façon à éviter lapparition de douleurs ou dune augmentation de la raideur.
Lutte contre la raideur (spasticité*) : la raideur est majorée par les efforts et devient souvent responsable de rétractions et de limitations articulaires. Létirement doux et progressif des muscles spastiques permet dobtenir une mobilisation de larticulation concernée. Si elle est supportée, lapplication de glace est une bonne aide dans ce cas.
Les exercices actifs : il est important de signaler au patient quil peut poursuivre ses activités quotidiennes ainsi que son activité physique tout en respectant son seuil de fatigabilité*. Les activités nécessitant des efforts plus intenses sont à déconseiller car elles entraînent fatigue et douleurs musculaires.
La balnéothérapie* : elle se développe de plus en plus, elle permet au patient de réaliser des gestes et des mouvements devenus quasi impossibles sur le sol. Elle est donc bénéfique pour lentretien articulaire et musculaire, à condition de ne pas entraîner de fatigue excessive.
(Isabel Tonnerre, pour revue).
Enfin, la kinésithérapie est employée à visée respiratoire et nous allons maintenant voir quel est son rôle dans la SLA.
Le rôle de la kinésithérapie respiratoire dans la SLA
Les patients atteints de la SLA présentent souvent des problèmes respiratoires engageant le pronostic vital. Généralement, les troubles respiratoires sont dapparition progressive mais linsuffisance respiratoire peut être décompensée de façon soudaine par une infection ou une pneumopathie dinhalation. A un certain moment de lévolution, une ventilation assistée sera préconisée.
La faiblesse des muscles inspiratoires (comme le diaphragme*) entraîne une diminution de la capacité vitale* et lhypoventilation* alvéolaire entraînant une hypercapnie*. De plus, la diminution de la capacité vitale*, associée à un trouble de lapnée du sommeil*, accentue linsuffisance respiratoire.
La faiblesse des muscles expiratoires (muscles abdominaux) entraîne une diminution de lefficacité de la toux et, lorsque le patient fait en plus des fausses routes*, on assiste à un encombrement des voies respiratoires. Le syndrome bulbaire provoque un encombrement pharyngé.
Le travail respiratoire en kinésithérapie et en orthophonie est donc tout à fait complémentaire.
Les principes de la rééducation*
Tenir compte de la fatigabilité* du patient (très important), des douleurs musculaires, des crampes et de la spasticité*
Prise en charge régulière afin de gérer laggravation
Prise en charge personnalisée et adaptée à chaque patient
Les buts de la rééducation*
Entretien articulaire pour avoir des articulations les plus souples possibles (mobilisation passive). En effet, le fait de moins bouger entraîne un enraidissement articulaire.
Entretien musculaire dans un but fonctionnel : on travaille la marche tant que cela a un but pour le patient, lélévation du bras pour attraper quelque chose etc. On essaie de garder au maximum la fonction.
Maintenir la verticalisation ne serait-ce quun quart dheure par jour, même avec des aides techniques.
La kinésithérapie respiratoire : on travaille la mobilisation pour lextension de la cage thoracique. Il faut également surveiller lencombrement bronchique (sil y a encombrement, le kinésithérapeute utilise des techniques de désencombrement).
Veiller au confort du patient.
Linfirmier, laide soignant
Linfirmier (ou laide-soignant en service hospitalier) a un rapport privilégié avec le malade. En effet, cest quotidiennement voire pluri quotidiennement que la personne se rend au domicile du patient pour laider dans tous les gestes de la vie quotidienne.
Dune part, pour boire et manger, quand le patient est en nutrition entérale* continue, linfirmier assure les soins et changements de sonde, vérifie le fonctionnement de la nutripompe* et surveille les effets secondaires (nausées, vomissements, reflux gastro-oesophagiens) nécessitant dadapter les doses ou le débit.
Quand le patient salimente oralement, linfirmier (ou aide-soignant) aide aux repas et surveille la déglutition tout en sadaptant au rythme du malade (un repas peut durer une heure voire plus).
En ce qui concerne la respiration, linfirmier observe les signes de dyspnée* et de désaturation en oxygène afin de pouvoir en alerter le médecin le cas échéant. Il apportera aussi les soins au patient ventilé (aspirations trachéales, réglage des appareils
) et éduquera lentourage à ces différents soins.
Dautre part, en ce qui concerne les fonctions délimination, la personne aide aux levers, elle assure les soins de sonde urinaire le cas échéant et surveille le transit et les selles (couches si incontinence).
Ensuite, le soignant assisté dune ou deux personnes et parfois dun lève malade électrique aide aux levers et aux couchers. Pour la toilette, le bain et la douche sont à favoriser lorsque cela est possible. En effet, beaucoup de patients se plaignent dune grande raideur musculaire. Or, une douche ou un bain chaud ont lavantage dassouplir le patient et favoriser ainsi son bien-être.
Un autre aspect du travail de linfirmier est de prévenir les escarres* (et, éventuellement, faire les soins descarres*), les phlébites et les mycoses buccales par soins de bouche réguliers. Lhygiène doit donc être rigoureuse.
Linfirmier est également présent au stade des soins palliatifs* et doit alors travailler en partenariat avec les différents intervenants, médicaux et paramédicaux. Il est important de préciser le rôle prépondérant de linfirmier concernant linformation, léducation du patient, de lentourage et des soignants intervenant à domicile.
Linfirmier a donc un champ daction assez vaste et contribue à donner au patient une qualité de vie la meilleure possible. Patience, écoute, qualités humaines et investissement sont autant de qualités requises dans laccompagnement de cette pathologie si lourde.
Lergothérapie
Lergothérapie ne consiste pas en une rééducation* mais plutôt en une réadaptation palliative de lenvironnement et en un accompagnement des proches.
En phase de début, lhygiène de vie à enseigner au patient répond aux principes de léconomie neuromusculaire afin de préserver les capacités musculaires du patient (exemple : éviter les ports de charge donc utiliser des sacs à dos, intégrer des temps de pause dans les activités etc.).
Il nest pas facile de prodiguer ces conseils car les patients veulent souvent sactiver pour se prouver que la maladie ne les atteint pas et quils vont se battre contre elle. Le but nest pas, bien entendu, de les amener à tout arrêter mais à procéder différemment. La « façon » damener ces principes déconomie neuromusculaire est de valoriser les points positifs. Lergothérapeute intervient donc dans ce contexte, afin de proposer une meilleure adaptation du quotidien au handicap.
Les aides pouvant être apportées sont (liste non exhaustive) :
Canne, déambulateur
Releveur de pieds (sur moulage si possible)
Orthèses* de repos ou dynamiques pour les mains et/ou les pieds afin déviter les mauvaises positions
Collier cervical (pas trop rigide, à changer régulièrement car tendance à saffaisser)
Fauteuil roulant : il permet de maintenir une certaine autonomie. A proposer assez tôt pour une habituation de la part du patient.
Lergothérapeute peut aussi proposer une adaptation du logement : plans inclinés, monte escalier, extension de logement etc. Certains adaptent leur véhicule et, dans des cas plus rares, on adapte le poste de travail.
Enfin, le rôle de lergothérapeute est dadapter les loisirs du patient : handisport, accès aux transports, aux vacances etc.
Généralement, il essaye de se déplacer à domicile où il peut, progressivement, cheminer avec le patient et la famille pour de nouveaux aménagements.
Il tient évidemment compte des contingences financières et travaille donc en partenariat avec le service social.
Tous ces aménagements sont à apporter avec diplomatie, délicatesse et psychologie. En effet, la spécificité de lergothérapie est « damener du concret » doù la symbolique du handicap qui entre au domicile, ce qui est parfois difficile à accepter pour le patient.
A la phase de milieu, cest-à-dire quand le patient devient paraplégique, ce qui prime est son confort. En anglais, on parle de « total pain » : douleurs physique, psychologique, sociale/familiale et spirituelle (religion, questions existentielles) contre lesquelles les différents professionnels de la santé vont essayer de lutter, selon leur spécificité.
Quand la paraplégie apparaît, lergothérapeute commence à prodiguer des conseils quant à lacquisition dun fauteuil roulant : il profite dune parole du patient (« il y a la communion de mon neveu dimanche prochain, mais je ne pourrais pas y aller, je chute trop souvent ») pour profiter de loccasion et proposer dabord un fauteuil en location « juste pour le week-end » en sachant pertinemment quil ne sen séparera plus. Il valorise donc ce point positif ; son rôle est également danticiper. Cependant, il existe trois temporalités :
Celle du patient et de lépouse (travail de deuil)
Temps de lergothérapeute
Temps administratif
Lergothérapeute connaît malheureusement lévolution et les réadaptations futures quil faudra mettre en place, mais il faut le temps au patient et à lentourage de faire le deuil des capacités perdues et enfin, quand les demandes sont faites, ladministration est parfois tellement longue que, quand il a laccord pour laménagement prévu, le patient est déjà passé à un stade supérieur de lévolution de sa maladie.
Doù la question éthique qui se pose : « Est-il vraiment intéressant dinstaller tel ou tel matériel alors quune évolution sera perceptible quelque temps après et quil faudra investir autre chose ? ». Il est essentiel alors dinstaurer une véritable coordination et une réflexion en équipe.
Au stade palliatif*, cest une fois de plus le confort du patient qui prime avec la lutte contre la douleur physique. Lergothérapeute essaie de trouver les supports adéquats pour le malade qui est désormais continuellement alité : il prend le temps de trouver le matelas qui lui sera le plus confortable possible, les coussins de positionnement au lit et les coussins anti-escarres*. Linstallation du patient dans cette dernière phase de la maladie peut prendre un temps considérable pour un minimum de confort.
En dernier point, nous aborderons les moyens de communication mis en place quand la communication orale nest plus possible ou très difficile. Il sagit ici dun travail en partenariat entre lergothérapeute et lorthophoniste. Nous en reparlerons plus précisément dans le chapitre « langage et communication ».
Lergothérapeute est un acteur essentiel dans laccompagnement dune pathologie telle que la SLA. Il privilégie lécoute du patient dans ses difficultés quotidiennes afin de lui offrir un confort de vie le meilleur possible.
Lorthophonie
Dans environ 30% des cas, le premier signe de la maladie est une atteinte bulbaire qui se manifeste par une dysphonie* puis petit à petit, une paralysie labio-glosso-pharyngée. Dans les autres cas, latteinte bulbaire surviendra quand même à un stade ultérieur.
La prise en charge orthophonique aura donc pour but de maintenir certaines fonctions, déduquer le patient et déviter les complications. Elle débutera le plus précocement possible, quatre séances hebdomadaires sont utiles (selon létat de fatigue du patient) au domicile du patient. Cela permet à lorthophoniste davoir un aperçu des conditions de vie, de létat psychologique du patient et de lentourage, déchanger avec celui-ci et dassister au repas afin de se rendre compte de la réelle gêne du patient.
Un bilan préalable à la prise en charge est nécessaire (cf annexe 15).
Dans un premier temps, le suivi portera sur les troubles de la parole puis la recherche dautres moyens de communication quand celle-ci nest plus possible oralement (cf chapitre « langage et communication » et chapitre « voix et parole »). Ces aides permettront de poursuivre les échanges avec lentourage. Il travaillera également la coordination pneumo phonique et la relaxation savère généralement utile.
Un autre aspect de la prise en charge orthophonique concerne les troubles de la déglutition. Le thérapeute essayera dinculquer à son patient les différentes postures facilitatrices pour la déglutition, ladaptation des textures et des volumes afin déviter le plus longtemps possible les fausses routes*. Il abordera assez vite léventualité dune gastrostomie* (cf chapitres « déglutition » et « alimentation »).
Lorthophoniste entraînera également le malade à garder une respiration costo-abdominale le plus longtemps possible (cf chapitre « respiration »).
Lorthophoniste, dans la prise en charge de ces différents troubles, exerce en complémentarité du kinésithérapeute (qui travaille sur la musculature cervicale et le souffle), des nutritionnistes et du neurologue.
Le pneumologue
Nous savons maintenant que la SLA évolue vers une insuffisance respiratoire liée à la perte progressive des différents muscles respiratoires et notamment le diaphragme*. Lors du diagnostic le pneumologue intervient afin deffectuer des examens pour voir où le patient en est dans lévolution de sa maladie. Puis une surveillance des fonctions respiratoires est nécessaire. Cette surveillance est également réalisée par le pneumologue qui, tous les 3 mois, réalise différentes explorations respiratoires (cf chapitre « respiration »). Le pneumologue a aussi un rôle de prévention et dinformation notamment dans le choix de la pose dune trachéotomie. Il est indispensable de travailler en partenariat avec le neurologue afin de ne pas être seul face à ce patient qui doit prendre une décision quant à sa fin de vie. Le travail en équipe permet une solidarité et un soutien psychologique lors des moments difficiles.
Le neurologue
Dans la SLA, le neurologue a un triple rôle : il annonce le diagnostic, oriente (rôle de coordinateur) et suit le patient tout au long de lévolution de la maladie.
Dans les centres SLA de chaque région, un suivi clinique précis des patients est organisé.
Lors de la première consultation (après les examens nécessaires au diagnostic), le neurologue nomme et explique la maladie. Il se doit dinformer le patient et sa famille des limites curatives actuelles. Ensuite, il explique le traitement médical qui sera mis en place et décrit les spécificités des programmes de rééducation* fonctionnelle et orthophonique. Enfin, il met en place la prise en charge médico-administrative et donne les coordonnées de lassociation (ARS) et des différents centres SLA de France.
Parfois, tout ceci est difficile à exprimer lors de la première consultation. Le patient et le conjoint, sous le choc de lannonce du diagnostic, ne sont plus réceptifs et il est préférable de les revoir quelques jours plus tard pour clarifier ces différents points.
Puis léquipe multidisciplinaire du centre SLA reçoit tous les trois mois le patient avec son conjoint afin de noter les évolutions éventuelles.
Durant cette consultation, on recherche les symptômes tels que :
Douleurs
Crampes
Fatigue
Constipation etc.
Ensuite, on réévalue la justesse du diagnostic et on analyse les signes suivants :
Handicap et degrés de dépendance
Statique
Atrophie* musculaire
Tonus
Rétractions tendineuses
Etat trophique (dème, peau, phlébite)
Mycoses
Syndrome frontal
Troubles de la mémoire
Apraxie*
Existence de respiration paradoxale abdominale ou de respiration cervicale
Puis des mesures et scores sont établis : score bulbaire, testing musculaire, sniff test, durée des repas, poids, gaz du sang etc.
Enfin, le neurologue reprend point par point les traitements médicamenteux et fonctionnels, la gestion à domicile du handicap, ladaptation à une oxygénothérapie ou à une ventilation non invasive.
Parfois, une hospitalisation est nécessaire pour un bilan respiratoire complet, un répit familial, des problèmes intercurrents graves (infections, embolie pulmonaire) ou la pose dune sonde dalimentation.
Le neurologue est donc un interlocuteur important pour le patient SLA. Il doit veiller à ce que linformation donnée soit délicate et progressive, à ce que la discussion reste ouverte, les craintes discutées. Enfin, lanticipation doit être pour lui un souci constant.
(N. Le Forestier, 2005, pour revue)
La médecine de réadaptation
Les objectifs de la médecine physique et de réadaptation (MPR) sont la lutte et la prévention contre le handicap vécu. Il sagit dune réadaptation palliative et dun accompagnement continu à domicile de la personne et de ses proches.
Différents professionnels sont impliqués dans la médecine de réadaptation : kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, assistante sociale etc.
Quatre dimensions interpellent ces différents professionnels :
SLA= handicap
SLA= domicile
SLA= évolution continue
SLA= vie quotidienne familiale
Daprès les concepts de lOMS, la lutte contre le handicap sorganise en trois niveaux : analytique, fonctionnel et situationnel.
La CIH (Classification Internationale du Handicap, OMS, 1980) organisait ces différents points en termes de « déficiences », « incapacités » et « désavantages de situation ».
La CIF (Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé ; OMS, 2001) parle plutôt des « structures anatomiques », « activités/participation » et d « environnement, participation ».
En effet, dun point de vue analytique, on luttera contre les déficiences, les troubles intellectuels et cognitifs en faisant appel aux disciplines chirurgicales, médicamenteuses et de rééducation* (kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, etc.).
Dun point de vue fonctionnel, on essaie de contourner la difficulté afin que le patient connaisse le moins dincapacité possible à laide daides techniques : cest la « réadaptation ».
Enfin, dun point de vue situationnel, il sagit doffrir un confort de vie le plus agréable possible en travaillant sur lenvironnement humain, technique etc. On lutte contre les désavantages de situation afin que le patient se sente le moins handicapé possible en situation.
Tout ceci implique une concertation « médico-paramédico-technico-psycho-sociale ».
Propos tirés de la conférence de consensus SLA, 23/06/06, B.Pollez, G.Viet, S.Deleforge-Carranza, D.Guelton, I.Vermès et léquipe synergie SLA.
LES DIFFERENTS TEMPS DE LA PRISE EN CHARGE ORTHOPHONIQUE
Dans les formes à début bulbaire, lorthophoniste intervient précocement. Cette prise en charge aura plusieurs objectifs tels que :
Maintien de la déglutition (tant que possible)
Maintien de lintelligibilité* (tant que la communication orale est encore possible)
Maintien de la communication
Ces objectifs seront adaptés en fonction du stade de lévolution de la maladie. En effet, trois principaux stades sont décrits dans la SLA :
Atteinte modérée
Atteinte moyenne
Atteinte sévère
Lévolution peut être très rapide et laggravation est parfois telle que le patient na pas le temps de shabituer à un nouvel aménagement quil faut déjà faire face à un autre handicap. Cette « ré-adaptation » est très difficile à gérer pour le thérapeute mais surtout pour le malade qui se trouve impuissant face à cette perte dautonomie évolutive.
En général, 2 à 4 séances hebdomadaires sont prescrites et lorthophoniste se rend au domicile du patient lorsque celui-ci devient dans limpossibilité de se déplacer.
Une spécificité de la prise en charge de la SLA est le fait que nous ne développerons pas de stratégies de restauration mais bien des stratégies palliatives et de facilitation afin daménager lenvironnement du patient. Ceci est à préciser au malade et à lentourage dès le début de la prise en charge pour ne pas les emmener dans des espoirs vains.
Le terme de rééducation* est donc employé à mauvais escient quand on parle de prise en charge orthophonique de la SLA.
Le but est de préserver les motoneurones* sains en sachant que les paralysies acquises sont définitives. Nous sommes dans un maintien des fonctions.
Nous allons maintenant détailler les différents stades de lévolution de la maladie. Chaque domaine sera cependant repris plus en détail dans des chapitres ultérieurs. Nous ne nous attacherons ici quà une description brève des 3 stades de la SLA.
Stade 1 : atteinte modérée
Le diagnostic vient dêtre posé. Le patient et la famille sont encore sous le choc. Le rôle de lorthophoniste est, à ce stade, un rôle dinformation sur la maladie et son évolution.
Linformation doit être claire, précise et adaptée à chaque malade. Ce dernier aura déjà eu les renseignements par le médecin mais il faut savoir que lorthophoniste sera sollicité à maintes reprises sur le sujet, surtout suite à une consultation ou lors dune phase daggravation. En effet, le patient repense lentretien quil a eu avec le médecin et de nouvelles interrogations simposent à lui.
Lorthophoniste, qui vient très régulièrement et à domicile, sera donc souvent la personne à qui le patient va se confier sur lévolution de sa maladie et la peur engendrée devant le pronostic inévitable.
En tant quorthophoniste, on expliquera au patient la physiologie des différentes fonctions impliquées dans la rééducation* : déglutition, articulation, respiration et phonation.
Des précisions sur les troubles et les moyens de compensation seront données au patient au moment propice afin dobtenir une véritable coopération de sa part. En effet, en rendant volontaires et conscientes les fonctions automatiques, il pourra reprendre des exercices en dehors des séances (sans toutefois trop se fatiguer) et il se sentira donc impliqué dans la prise en charge de sa maladie.
Les différents domaines travaillés
Relaxation
La spasticité* est un phénomène récurrent dans la SLA. Il paraît donc important denvisager une relaxation pour détendre (et non mobiliser) la musculature. On utilise une relaxation passive et on bannit les contractions et les tensions en actif.
Motricité bucco-linguo-faciale
Les exercices seront à choisir avec soin afin de ne pas fatiguer le patient et de préserver les motoneurones* sains.
Déglutition
Aspect psychologique
Lalimentation relève de lintimité des gens et renvoie parfois à une organisation psychologique de la petite enfance.
La prise en charge de la déglutition va donc dépendre de lattitude du patient face à ses troubles. Certains vont nier les problèmes, dautres vont avoir tellement peur de fausses routes* quils ne vont plus salimenter entraînant une perte de poids ou une déshydratation* excessive.
Lorthophoniste se doit donc de prendre en compte tous ces facteurs et dadapter en fonction de lévolution un équilibre entre lalimentation par voie orale, le risque de fausses routes* et une qualité de vie au patient.
Il faut assurer un apport nutritif et hydrique satisfaisant en prenant en compte laspect social et culturel des repas.
Aspect informatif
Le rôle de lorthophoniste est déterminant dans la prise en charge de la déglutition. Dune part, il faut sensibiliser rapidement le patient aux problèmes de nutrition et dhydratation liés aux troubles de la déglutition.
Dautre part, le thérapeute explique la physiologie de la déglutition et les mécanismes de protection des voies aériennes.
Il faut continuellement souligner un des buts de la prise en charge qui est de remplacer la déglutition automatique par une déglutition contrôlée et consciente.
Il paraît important de reprendre régulièrement ces informations afin que le patient simplique totalement.
Enfin, il ny a pas véritablement de plan de « rééducation* » à suivre étant donné la variabilité dun individu à un autre.
Respiration
Le travail de la respiration doit débuter le plus tôt possible afin de permettre une prise de conscience et un contrôle de la respiration avant que les troubles napparaissent. Il sagira ici « détablir un mode respiratoire ample, rythmé, contrôlé » (Bianco-Blache, Robert, 2002).
Parole
Cest la base de la prise en charge orthophonique. Le rôle de lorthophoniste est ici dexpliquer au patient les différents modes articulatoires, les points darticulation pour les phonèmes* car le malade perdra petit à petit de sa précision articulatoire et des moyens de compensation devront être mis en place.
Un travail de la prosodie* sera nécessaire afin de faciliter la communication dans différentes situations (accentuation de sons, syllabes, mots). On gérera aussi le débit de parole et la fatigue engendrée par une vitesse trop rapide de celui-ci.
Voix
Lorthophoniste va commencer par évaluer le niveau de performance du sujet. Il va analyser la plainte du patient et tenter de lui faire accepter les modifications engendrées par la SLA (hauteur, timbre*) et la diminution de ses possibilités vocales.
Laccent sera mis sur lintelligibilité*. Il faut également informer le patient que les troubles de lémotion aggravent les troubles vocaux.
Les exercices vocaux auront alors pour objectifs de garder le plus longtemps possible une intelligibilité* correcte liée à la dysphonie* (les exercices habituels de rééducation* de la dysphonie* peuvent être utilisés) et de travailler la motricité laryngée (fermeture glottique). Cependant, il faut toujours tenir compte de la spasticité* et de la fatigabilité*. Un travail au niveau du geste vocal sera également à faire : équilibre pneumo-glottique, détente du larynx, musculature du cou.
Enfin, lorthophoniste travaillera les paramètres acoustiques de la voix : hauteur, timbre*, intensité.
Soutien-réponse à langoisse
La gestion de langoisse est difficile pour le patient. Ce dernier a besoin de se sentir utile au sein de sa propre famille mais aussi dans son environnement social. Cest pourquoi une explication régulière des mécanismes de la maladie face à une interrogation du patient peut laider à désangoisser. Il est nécessaire de faire sentir au patient quon laccompagne dans cette épreuve douloureuse. Il faut quil garde une bonne image de lui-même.
Surveillance
Lorthophoniste est placé dans un rôle de « surveillant » de laggravation de la maladie. En effet, en tant que thérapeute quotidien au côté du malade, il a une place particulière au niveau de lobservation de :
Létat général du patient (déshydratation*, sommeil)
Lévolution de latteinte bulbaire (augmentation des troubles de la déglutition, diminution de lintelligibilité*, perte de lefficacité de la toux)
Lévolution respiratoire (essoufflement, encombrement respiratoire)
Lévolution pondérale (perte de poids)
Lévolution de la motricité (difficultés dans la vie quotidienne, tenue de la tête)
Lévolution psychique (états dépressifs, contrôle des émotions)
Stade 2 : atteinte moyenne
A ce stade, on aura une augmentation des fausses routes*, des troubles de la propulsion linguale et/ou pharyngée et une hypersialorrhée*.
Déglutition
On passe ici dun inconfort à des difficultés majeures (paralysie des muscles bucco-faciaux). Latteinte des muscles de la nuque va aggraver latteinte bulbaire, la perte de la motricité des membres va aggraver les problèmes de préhension des aliments et lapparition dune atteinte respiratoire va majorer les troubles de la déglutition.
Lorthophoniste va alors accompagner le patient dans létablissement de stratégies compensatrices et facilitatrices dues à cette perte dautonomie. Il y aura des compensations motrices qui vont utiliser les fonctions préservées et des compensations extérieures qui vont agir sur des variables influençant le déroulement de la déglutition.
Compensations motrices
On va ici essayer damener le patient à une déglutition volontaire en la rendant consciente et en insistant sur la coordination entre respiration et déglutition.
En ce qui concerne la déglutition salivaire, notamment en cas dhypersialorrhée*, il est nécessaire de demander au patient daugmenter la fréquence des déglutitions.
Il peut y avoir à ce stade une atteinte du temps buccal.
Nous décrirons ultérieurement les différentes déglutitions sécuritaires telles que le raclement de gorge, la double déglutition et la déglutition supra-glottique*.
Enfin, nous noublierons pas la manuvre de Heimlich qui pourra savérer utile en cas de fausse route* dun aliment solide et en labsence de toux efficace.
Compensations extérieures
Les objectifs de ces compensations extérieures sont :
De faciliter la déglutition en modifiant les paramètres de la situation dalimentation
De réduire le risque de fausses routes*
De diminuer les stases buccales et pharyngées
De permettre une alimentation complète
Des modifications et ajustements au niveau de lenvironnement, de linstallation, des caractéristiques du bol alimentaire, de la température, des aliments, de la viscosité, des aides techniques et enfin des consignes à donner aux proches seront nécessaires pour faciliter la déglutition.
Respiration
A ce stade, la respiration est généralement thoracique haute avec un temps expiratoire très bref.
« On peut aider à réaliser des mouvements volontaires plus amples, à conserver un rythme régulier » (Bianco-Blache, Robert, 2002).
Toux
On observera ici une faiblesse de la toux et de lexpectoration accompagnée de fausses routes*.
Parole
A ce stade, on passe dune dysarthrie* légère à un « anarthrie* ». Il est temps de préparer la communication alternative.
Voix
On observe une hypophonie* majeure qui altère lintelligibilité*. Cette hypophonie* est due à une diminution de la pression sous-glottique, elle-même liée à une diminution du débit dair et/ou de la résistance glottique.
Soutien psychologique
Cf chapitre « aspect psychologique ».
Stade 3 : atteinte sévère
Nous sommes ici dans un stade palliatif*.
Déglutition
La dénutrition* et laccumulation des fausses routes* peut amener le médecin (et avec laccord du patient) à proposer la gastrostomie*. Cest une véritable étape dans la maladie du patient, une expérience douloureuse qui permet toutefois un soulagement de la part de lentourage et du malade lui-même. Cependant, un deuil de lalimentation orale devra être effectué. Reste à gérer le problème de la déglutition salivaire.
Respiration
A ce stade de la maladie, linsuffisance respiratoire devient grave et le patient a besoin dune aide pour être ventilé. La ventilation assistée non invasive (VNI) permet de propulser de lair et/ou de loxygène dans les poumons du malade via un masque placé autour du nez.
Le rôle de lorthophoniste sera daider le patient à parler tout en étant ventilé, la base étant la prise de conscience du rythme respiratoire.
Communication alternative
Plusieurs techniques de communication peuvent être envisagées, selon létat du patient et selon son choix :
Les mimiques
La communication écrite
Les prothèses linguistiques (tableau de communication, tableaux phonétiques, Synthé 4 ® etc).
Liaison
Lorthophoniste, dans son rapport privilégié au malade, pourra laider à rédiger des observations que le patient veut signaler au médecin.
Aussi, en labsence de « réseau formalisé », lorthophoniste devra entre en contact régulièrement avec :
Le médecin traitant (comptes-rendus de prise en charge)
Des médecins spécialisés :
Le phoniatre (quand cela est possible, selon la structure hospitalière)
Le réadaptateur (comptes-rendus de la prise en charge, troubles du tonus musculaire)
Le neurologue
Le pneumologue (en cas dinsuffisance respiratoire)
Le psychiatre (surveillance de létat dépressif)
Les paramédicaux :
Linfirmier (observations journalières)
Le kinésithérapeute (tonus musculaire, respiration, expectorations)
Lergothérapeute (matériels adaptés)
Le diététicien (compléments alimentaires, gestion de la prise des repas et de lalimentation)
Le patient et sa famille. Lorthophoniste connaît et comprend le mieux le nouveau langage du patient. Il se doit donc d « éduquer » lentourage à ce nouveau langage :
Laisser le temps au malade de sexprimer
Ne pas finir ses phrases à sa place sil ne le souhaite pas
Poser des questions qui induisent une réponse par oui ou par non
Létablissement de résidence (le cas échéant) :
Le chef détablissement (évolution globale de la prise en charge, réajustement des régimes alimentaires à transmettre au cuisinier)
Le personnel de nursing (information sur la déglutition, la communication, les postures et les moyens de compensation mis en place)
Léquipe danimation (pour la connaissance des goûts et des centres dintérêt du patient, les possibilités du résident dans la pratique des animations)
Les associations : lorthophoniste peut proposer au malade dadhérer dans les différentes associations afin de ne pas sombrer dans lisolement. De plus, ces associations peuvent guider et conseiller pour les demandes daides sociales.
Conclusion de la partie
Nous avons vu ici la spécificité de la prise en charge orthophonique dans la SLA. Lorthophoniste intervient dès le début et ce, tout au long des 3 stades dévolution.
Il ne faut pas perdre de vue que le maintien à domicile est possible grâce à la famille. Celle-ci souffre également beaucoup de cette épreuve imposée par la vie, le thérapeute se doit donc dinformer, daccompagner et de rassurer lors de moments difficiles.
Nous savons dans cette pathologie que nous ne pourrons pas stopper lévolution mais plutôt aider à trouver des solutions, et ce en faisant corps avec les autres partenaires médicaux, paramédicaux et sociaux.
RESPIRATION
Introduction
Linsuffisance respiratoire est la cause principale de décès (Haverkamp et al, 1995). Cest pourquoi une prise en charge pneumologique est systématique dans la prise en charge globale du patient atteint de SLA. Nous nous trouvons ici dans une triple problématique :
Faiblesse musculaire inspiratoire qui peut entraîner une hypoventilation alvéolaire
Atteinte des muscles expiratoires qui engendre une faiblesse à la toux donc un encombrement bronchique pouvant également se répercuter sur la parole. Cette atteinte des muscles expiratoires va alors favoriser lhypoventilation alvéolaire.
Les troubles du sommeil soit secondaires aux événements respiratoires soit secondaires aux douleurs de positionnement.
Une surveillance étroite est donc nécessaire pour proposer au moment le plus opportun la ventilation assistée et éviter une ventilation invasive en urgence.
Dans ce chapitre, nous déterminerons les caractéristiques de latteinte respiratoire puis nous détaillerons les évaluations respiratoires et enfin, nous étudierons les différents traitements des troubles respiratoires.
Caractéristiques de latteinte respiratoire
Physiologie
Les muscles respiratoires comprennent le diaphragme (dont le rôle est essentiel) et les muscles respiratoires accessoires (les intercostaux etc
)
Se référer aux schémas en annexe n°3 (www.http://pst.chez-alice.frr/svtiufm/respire.htm).
Lors de linspiration, lO2 entre dans les poumons, ces derniers se gonflent, le diaphragme sabaisse pour le laisser entrer librement. Les bronchioles transmettent alors de l02 aux vaisseaux qui le transmettent au cur. Celui-ci redonne du C02, cest ce gaz qui est « rejeté » lors de lexpiration. Le diaphragme remonte.
Dans la SLA
La SLA se caractérise par une dégénérescence des motoneurones* qui gouvernent la contraction des muscles ventilatoires. Le diaphragme, peu à peu ne remplit plus très bien son rôle. Loxygène passe moins facilement dans les vaisseaux et le CO2 nest plus rejeté en quantité suffisante. Ceci peut provoquer une hypoxémie (diminution de lO2 dans le sang) et une hypercapnie (augmentation du CO2 dans le sang). On parle alors dhypoventilation alvéolaire [vérifiée lorsque la saturation en oxygène (SaO2) est inférieure à 90 %, avis dexperts, 2005].
On estime en général une perte de la capacité vitale* denviron 3,5 à 4% par mois ; avec des variations interindividuelles (Schiffman et Belsh, 1993 ; Fitting et al, 1999).
Pendant le sommeil, on peut observer des événements respiratoires tels que des apnées ou hypopnies responsables de désaturations artérielles et de troubles du sommeil. Ces désaturations entraînent lhypoventilation* alvéolaire.
Enfin, latteinte des motoneurones* entraîne une mauvaise commande des muscles abdominaux qui ont un rôle dans lexpiration active et dans la toux.
Lévaluation pneumologique consiste donc en une détection précoce de la défaillance ventilatoire, dévénements respiratoires du sommeil, de risque dencombrement bronchique et dinfections telles que pneumopathies dinhalation, maladie thrombo-embolique etc.
Evaluation respiratoire
Généralement, les patients viennent en consultation trimestrielle ; toutefois, on adapte le rythme des consultations en fonction de la progression de latteinte respiratoire.
Evaluation clinique
Lors de lexamen clinique, le pneumologue recherche les symptômes tels que :
La dyspnée* : elle apparaît quand la capacité vitale* est inférieure à 50% de la valeur théorique (Schiffman et Belsh, 1993). Laggravation est donc progressive. La dyspnée* deffort est souvent non évaluable en raison du handicap physique (Fallat et al, 1979) mais elle fait place plus tardivement à une dyspnée* de repos et à une orthopnée qui signe la paralysie diaphragmatique (Maître et al, 1995). La dyspnée* est un élément péjoratif quant au pronostic (Similowski et al, 2000) ; le risque de décompensation est alors important et lespérance de vie sans traitement sélève à 9 mois (Fallat et al, 1979).
Lorthopnée : elle est tardive et traduit une atteinte diaphragmatique.
Les céphalées matinales : cest un signe spécifique mais peu sensible dhypercapnie* nocturne.
La somnolence diurne est un signe dévénements respiratoires nocturnes. Léchelle dEpworth évalue la somnolence diurne.
Les réveils nocturnes avec sensation détouffement : il faut vérifier si lorigine est respiratoire. La réduction et la fragmentation du sommeil entraînent une fatigabilité* des muscles respiratoires (Chen et Tang, 1989).
Une détérioration cognitive peut traduire lexistence dévénements respiratoires nocturnes.
Les cauchemars
Un sommeil peu réparateur
Une fatigue inhabituelle
Une pollakiurie* nocturne*
Un syndrome dépressif
Une diminution de la libido
Des sueurs nocturnes
Il faut savoir que les facteurs nutritionnels, posturaux, infectieux et médicamenteux peuvent aggraver létat respiratoire. En effet, la dénutrition entraîne une diminution de la force musculaire et lencombrement bronchique engendre une fatigue musculaire respiratoire et donc une surinfection.
Le pneumologue recherche ensuite des signes de dysfonctionnement diaphragmatique :
Polypnée* superficielle
Utilisation des muscles du cou à linspiration
Pouls respiratoire
Respiration paradoxale en position allongée
Puis il recherche des signes dencombrement bronchique :
Palpations abdominales (le tonus des muscles abdominaux à la toux montre lefficacité des muscles expiratoires).
Palpations thoraciques (permettent également didentifier une dysfonction diaphragmatique).
Auscultation.
Après lévaluation clinique, un bilan fonctionnel respiratoire est nécessaire.
Explorations fonctionnelles respiratoires
Les explorations fonctionnelles respiratoires sont indispensables en base et en surveillance. Un suivi trimestriel est idéal dans le cadre de la SLA.
La spirométrie
« Une spirométrie avec mesure de la capacité vitale (CV) et du débit expiratoire de pointe à la toux est indispensable dans le suivi fonctionnel » (Perez, 2005). En effet, la mesure du débit expiratoire de pointe à la toux (DEP) évalue globalement lefficacité de celle-ci (Tzeng et Bach, 2000).
En cas datteinte diaphragmatique, la mesure de la CV en décubitus diminue significativement. Doù lintérêt de mesurer la capacité vitale lente (CVL) et la capacité vitale forcée (CVF). « Cet examen reste le plus simple et le plus facilement disponible pour surveiller ou suspecter un syndrome restrictif » (Miller, 1999 ; ATS, 2002).
Un autre avantage de la spirométrie demeure en la valeur pronostique de la CV. Linconvénient majeur est la faible sensibilité pour détecter une faiblesse inspiratoire modérée (ATS, ERS, 2000).
La gazométrie artérielle
On pratique cet examen pour rechercher une hypoventilation* alvéolaire ou une hypoxémie. Le groupe SLA recommande une gazométrie de contrôle en cas de signes dalertes cliniques, fonctionnels ou de désaturations nocturnes significatives.
Lévaluation spécifique des muscles respiratoires
Etude de la force musculaire en manuvre volontaire
Pressions inspiratoire et expiratoire maximales (PI max et PE max)
Ces mesures permettent dévaluer la force inspiratoire et expiratoire globale lors dun effort maximal à un volume pulmonaire défini. Elles aident à déceler un dysfonctionnement des muscles respiratoires et sont beaucoup plus sensibles que la spirométrie.
Pression inspiratoire par sniff nasal ou Sniff Nasal Inspiratory Pressure (SNIP)
Le pic inspiratoire est ici obtenu lors dun reniflement maximal bref. Cette mesure est plus physiologique que la PI max : en effet, il y a un meilleur recrutement musculaire doù une pression en général supérieure à la PImax. Il est cependant utile dassocier PImax et SNIP, en retenant la meilleure des deux valeurs.
Le SNIP est réalisable jusquà un stade tardif dans lévolution de la maladie et est le paramètre non invasif le plus pertinent pour évaluer la force globale des muscles inspiratoires. Enfin, la valeur pronostique des pressions inspiratoires maximales a été largement confirmée (Gay et al, 1991 ; Vitacca et al., 1997 ; Morgan et al., 2005).
Pression transdiaphragmatique (Pdi)
Il sagit ici de lexploration spécifique de la fonction diaphragmatique. « Une Pdi basse est corrélée à la dyssomnie avec diminution du temps total de sommeil et du sommeil paradoxal » (Arnulf et al., 2000). « La dyspnée* est également beaucoup plus corrélée à la Pdi quà la CV ou aux pressions statiques » (Similowski et al, 2000).
Cependant, cette technique est invasive et difficilement utilisable dans le cadre dune SLA.
Loxymétrie nocturne
Elle permet la quantification du nombre de désaturations artérielles (temps écoulé avec une SaO2 inférieure à 90%, avis dexperts). Dans le cadre de la SLA, les performances diagnostiques de loxymétrie nont pas été démontrées.
Traitement des troubles respiratoires
Les troubles respiratoires altèrent considérablement la qualité de vie du patient (hospitalisations, sommeil agité, dépenses énergétiques plus importantes, fatigue, dépression
). Le traitement de ces troubles est déterminant pour le pronostic vital (Haverkamp et al, 1995 ; Arnulf et al, 2000 ; Ferguson et al, 1993 ; Desport et al, 1999 ; Silari et al, 1998 ; Lou et al, 2003).
Deux possibilités de traitement des troubles respiratoires nous sont proposés : la VNI puis, à un stade ultérieur, la ventilation mécanique par voie endotrachéale.
La Ventilation Non Invasive (VNI)
Dans un premier temps, des critères (encore mal précisés) sont définis pour mettre en place cette assistance ventilatoire :
Capacité vitale* comprise entre 20 et 50 % de la valeur théorique
PImax< 30 %
PaCO2 compris entre 45 et 55 mmHg (lhypercapnie diurne est le critère gazométrique essentiel pour proposer une VNI (Consensus, 1999).
Désaturations* artérielles nocturnes et/ou SAS associé
La VNI peut être utilisée au départ que la nuit puis quelques heures par jour. Elle entraîne un bénéfice sur la qualité de vie et une efficacité sur la survie :
Risque de décès 3,1 fois supérieur chez des patients non ventilés (Abassouan et al, 1997)
Bénéfice sur la survie denviron 15 mois quand la VNI est en place au moins 4 heures toutes les 24 heures (Bach, 2002 ; Abassouan et al,2001 ; Kléopa et al, 1999)
Les buts et effets de la VNI sont :
De prévenir les hypoventilations* nocturnes (Kleopa et al, 1999)
De corriger la fatigabilité* musculaires respiratoire (Similowski et al, 1999 ; Pinto et al, 1999 et 1995)
De diminuer la fatigue, la fréquence des hospitalisations
Daméliorer la qualité et la durée de vie.
Un problème se pose chez les patients qui souffrent dun encombrement des voies respiratoires, ceci limite lacceptation du masque (Abassouan et al, 1997).
Quand létat du patient se dégrade, on discute avec lui de la possibilité dune ventilation invasive définitive ou dun accompagnement en phase terminale avec sédation* (cf chapitre aspect psychologique et questions éthiques). Il faut savoir que si le patient refuse la trachéotomie*, la VNI restera une aide palliative.
La ventilation mécanique par voie endotrachéale
On donne au patient atteint de SLA la possibilité dune survie prolongée par ventilation invasive définitive, ce qui naméliore pas la maladie mais peut augmenter la durée de vie. 10% des patients sont trachéotomisés (Moss et al, 1993) pour sauver leur vie mais le pronostic immédiat nest pas bon : 50% de décès à un mois, 20% à un an (Cellerin et al, 1994). Sinon, leur durée de vie peut être augmentée de plus de dix ans parfois (Cazzolli et Oppenheimer, 1996).
La charge de soins est très importante pour la famille et aucune institution ne prend en charge ce type de pathologie à longue durée. Se pose alors la question de la qualité de la vie dans ces conditions.
Conclusion
On se rend bien compte que la respiration est au centre et dépend de nombreux facteurs. Un suivi respiratoire est essentiel chez les patients atteints de SLA et ce, dès lannonce du diagnostic ; dautant plus que les troubles respiratoires sont plus précoces dans les formes bulbaires.
Une évaluation clinique exhaustive, une spirométrie, une gazométrie, une oxymétrie nocturne sont autant dexamens nécessaires pour améliorer le pronostic et la qualité de vie du patient.
DEGLUTITION
Introduction
Les troubles de la déglutition peuvent être de gravité variable (dune simple déglutition atypique à une incapacité à salimenter par voie orale), dorigines diverses (isolés, associés à une pathologie
) et peuvent entraîner des conséquences multiples (orthodontiques, phonatoires, respiratoires, psychologiques, affectives, sociales et parfois vitales).
Les troubles de la déglutition se situent dans une perspective globale de la personne. En effet, il est nécessaire de prendre en compte la motricité globale et périphérique du patient, les composantes physiologiques et relationnelles mais aussi la personne dans son environnement et son histoire. Il ne faut pas perdre de vue également les notions de plaisir, de confort, de culture que véhicule lalimentation.
Les dysphagies* apparaissent dans un grand nombre de pathologies neuro-dégénératives. La rééducation* de ces troubles fait partie de la prise en charge orthophonique même si la prescription initiale est faite pour une rééducation* du langage, de la parole ou de la voix.
Nous allons dans un premier temps retracer lanatomie et la physiologie de la déglutition puis nous verrons dans un second temps les atteintes bulbaire, pseudo-bulbaire et la clinique des troubles de la déglutition dans la SLA. Ensuite, nous étudierons les explorations des troubles de la déglutition, leur évaluation et enfin la rééducation* de ces troubles.
Anatomie et physiologie de la déglutition
La déglutition représente lensemble des mécanismes permettant le transport des aliments de la cavité buccale vers lestomac. Elle est nécessaire mais pas indispensable au contraire de la nutrition.
On observe 3 temps principaux dans la déglutition :
Le temps labio-buccal
Le temps pharyngé (le plus court et le plus complexe)
Le temps oesophagien (le plus long)
Le temps labio-buccal
Cest le temps de préparation du bol alimentaire : préhension des aliments par ouverture et fermeture des lèvres, abaissement mandibulaire et du voile du palais, mastication par mouvements rythmiques de la mandibule, de la langue et des joues puis insalivation. Le temps labio-buccal est aussi un temps de propulsion des aliments de la cavité buccale vers le pharynx.
Dun point de vue anatomique, voici les étapes de la propulsion du bol alimentaire :
Le bol alimentaire est amené sur le dos de la langue qui se « creuse »
Occlusion des dents, des lèvres et de la mandibule
Stabilisation de los hyoïde, contraction des muscles sus-hyoïdiens
Ascension du larynx
La langue prend appui en avant
Mouvements davant vers larrière de la langue
Elévation des 2/3 antérieurs de la langue, le bol alimentaire est plaqué contre la voûte palatine
Les muscles stylo, palato, pharyngoglosse tirent la base de langue vers le bas
Le temps pharyngé
Ce deuxième temps de la déglutition correspond aux événements qui se déroulent entre « listhme du gosier » et le sphincter supérieur de lsophage (SSO). Il sagit du temps majeur de la déglutition qui se situe au carrefour des voies aériennes digestives supérieures. On observe locclusion du sphincter vélopharyngé, locclusion du sphincter laryngé puis la propulsion du bol alimentaire et enfin louverture du SSO.
Le temps oesophagien
Cest le temps de transport des aliments du SSO vers le cardia par une onde péristaltique. (cf annexe n°4).
Le contrôle de la déglutition est capital. Une bonne connaissance des mécanismes est importante pour tous ceux qui sintéressent à la déglutition.
Description des atteintes bulbaire et pseudo-bulbaire
Atteinte pseudo-bulbaire
Le syndrome pseudo-bulbaire correspond à une atteinte des corps cellulaires du premier motoneurone* et par conséquent de la voie pyramidale qui sétend du cortex frontal jusquaux noyaux bulbaires.
Il entraîne une paralysie des muscles dinnervation* bulbaire résultant dune atteinte supra-nucléaire. Ce syndrome implique des lésions bilatérales des voies cortico-nucléaires (faisceau géniculé).
Au niveau du tableau clinique, on observe des troubles de la phonation, de la déglutition en relation avec un déficit bilatéral de la commande des muscles de la langue, du voile du palais, du pharynx et du larynx. Le réflexe du voile du palais est aboli, le patient ne présente pas damyotrophie* mais des fasciculations* linguales. On observe également une diplégie* faciale et un déficit des masticateurs. Enfin, on parle de labilité* de lhumeur avec un rire et un pleurer spasmodique (libération de la mimique automatique).
Atteinte bulbaire
Latteinte bulbaire correspond à une dégénérescence des corps cellulaires des neurones qui sont le contingent moteur des nerfs destinés aux muscles qui permettent parole et déglutition (muscles de la face, de la langue, du voile du palais, du pharynx, du larynx).
Cest donc ici le deuxième motoneurone* qui est touché.
Au niveau du tableau clinique, on observe une atrophie* musculaire avec une perte de la force et de la vitesse du mouvement et des fasciculations*. Sinstalle progressivement une paralysie labio-glosso-vélo-pharyngo-laryngée. Le patient finit par ne plus savoir communiquer oralement et présente des troubles sévères de la déglutition.
Un bilan de latteinte bulbaire est nécessaire tous les trois mois environ afin de relever les différents muscles atteints et ceux qui sont préservés.
Selon les patients, lordre datteinte des nerfs est différent. Souvent, latteinte va dans le sens antéro-postérieurs (Strand, 1995). Cependant, quand il sagit dun début spinal, latteinte bulbaire initiale sera plutôt laryngée (Pouget, 1996).
Clinique des troubles de la déglutition dans la SLA
Les troubles de la déglutition surviennent très précocement dans lévolution de la maladie, notamment lors dune atteinte bulbaire. Au début, le patient se plaint de fausses routes* aux liquides. Les troubles de la déglutition sont un élément péjoratif de laffection : ils entraînent une dénutrition* qui majore la fonte musculaire et aggravent latteinte respiratoire par fausses routes* répétitives. Il faut donc les prendre en charge le plus tôt possible. Leur évolution est parallèle à la dysarthrie* et à la dysphonie*.
Enfin, il est important de souligner que ces troubles de la déglutition sont souvent vécus de façon dramatique par le patient et la famille.
Nous allons voir dans un premier temps quels sont les signes qui doivent nous alerter quant à la présence dune dysphagie* puis nous étudierons les difficultés des patients atteints de la SLA lors des trois temps de la déglutition.
Les symptômes dune dysphagie*
Nous devons suspecter une dysphagie* lorsque le patient se plaint dun ou plusieurs de ces symptômes :
Bavage (mauvaise occlusion labiale ou diminution de réflexe de déglutition)
Stases (à différents endroits)
Allongement du temps des repas (supérieur à 20 minutes)
Reflux par le nez
Gêne dans la gorge (comme une boule)
Impression de blocage (hemmages)
Encombrement bronchique
Amaigrissement
Altération de létat général (fatigue, ralentissement, faiblesse)
Fausses routes* (=passage daliments dans les voies aériennes. Soit le patient tousse, soit cest silencieux : dans ce cas, il existe une gêne respiratoire après le repas, à lécoute impression dune voix mouillée)
Les raisons des fausses routes* sont :
Trouble de la sensibilité
Absence de réflexe de déglutition
Mauvaise motricité de la langue
Difficulté douverture du SSO
Clinique des troubles pendant les trois temps de la déglutition
Temps préparatoire buccal
Les troubles surviennent tôt au temps buccal. Chaque paralysie dun muscle va entraîner des conséquences sur la déglutition :
Muscles paralysésConséquences sur le temps préparatoire buccalOrbiculaire des lèvresDifficultés pour contenir les aliments surtout liquides dans la cavité buccaleLangueDifficultés masticatoiresMouvements antéro-supérieursStase daliments au niveau du palais durMuscles des jouesMorsures à lintérieur des joues et accumulation daliments dans le sillon gingivo-jugal : passage à lalimentation mixée
La paralysie des muscles diducteurs de la mandibule arrive plus tardivement, ce qui permet de pallier le déficit des muscles linguaux.
Temps buccal
A ce stade, les mouvements antéro-supérieurs sont limités, la pointe de la langue na plus de point dappui antérieur, les mouvements de rétropulsion* de la cavité buccale vers loropharynx deviennent moins efficaces et on observe une stase alimentaire dans la cavité buccale et loropharynx.
Le patient se plaint de fausses routes* avant la déglutition. Cest surtout aux liquides quil en fait. En effet, le passage vers le pharynx est très bref donc nécessite une coordination rapide des muscles de la langue, du pharynx et du larynx (Bish, 1994).
Enfin, on observe des rejets alimentaires hors de la bouche, par exacerbation du réflexe nauséeux.
Temps pharyngé
Les troubles apparaissent plus tardivement à ce stade. Globalement, on observe une dysphagie* aux solides, à la salive et aux sécrétions rhino-pharyngées en raison dune paralysie du voile, du pharynx, du larynx due à une atteinte des motoneurones* des IX° et X° paires crâniennes.
Voici le tableau relatant les différentes paralysies et leurs conséquences :
ParalysiesConséquences sur le temps pharyngéMuscles constricteursDiminution du péristaltisme* pharyngéMuscles pharyngo-staphylin et constricteurs supérieursStase alimentaire dans loropharynxMuscles élévateurs du voile du palaisReflux pharyngo-nasalMuscles constricteurs moyen et inférieurStase alimentaire dans lhypopharynxMuscles sus-hyoïdiens innervés par le VII, XII et VDiminution de lascension du larynx donc larynx moins protégé par la base de langue et exposition aux fausses routes* directesNerf XDéfaut dadduction des cordes vocales : fausses routes* (directes) aux liquides
Les patients se plaignent fréquemment dhypersialorrhée* : il sagit dune accumulation de salive et de sécrétions plutôt quun excès de production. Le patient fait également des fausses routes* secondaires (ou indirectes : après la déglutition) par débordement des sinus piriformes*. La toux nest plus efficace et on observe un trouble de la coordination entre les mouvements respiratoires et les mouvements de déglutition ce qui entraîne une reprise inspiratoire alors que le temps pharyngé nest pas fini (Martin, 1994).
Exploration des troubles de la déglutition dans la SLA
Nous savons maintenant que les troubles de la déglutition dans la SLA vont évoluer et, de la dysphagie*, le patient passera rapidement à une aphagie* avec ses risques vitaux majeurs de dénutrition* et de pneumopathie de déglutition.
Cest pourquoi il est essentiel que lorthophoniste ainsi que les autres thérapeutes procèdent à une exploration complète des troubles de la déglutition.
Différents moyens dexploration seront étudiés dans cette partie :
Linterrogatoire
Lexamen de la prise alimentaire de « lextérieur »
Lexamen au nasofibroscope*
Lexamen de la déglutition en vidéofluoroscopie*
Lélectromyographie*
Linterrogatoire
Le thérapeute pose ici toute une série de questions au patient et à la famille, afin de pouvoir comparer les réponses :
Eprouvez-vous des difficultés pour vous alimenter ? Par exemple, ressentez-vous un blocage des aliments au niveau pharyngé qui vous oblige à vous racler la gorge ? Vous étranglez-vous quand vous buvez ? Toussez-vous après avoir dégluti ? Avez-vous un bavage ? Les liquides repassent-ils par le nez ?
Quel est le type dalimentation actuel ? Evitez-vous certains aliments ? Modifiez-vous la texture des aliments ? Adoptez-vous une posture qui vous semble plus confortable pour manger (posture facilitatrice) ? Combien de repas faîtes-vous dans la journée ? On voit sil « sadapte » à ses troubles.
Combien de temps durent les repas ?
Retentissement clinique des troubles de la déglutition : avez-vous perdu du poids ? (indice de gravité : perte de poids supérieure à 10% du poids habituel ou plus de 5 kg en 3 mois)
Retentissement familial et social : mangez-vous avec les autres ? Mangez-vous avant eux ? Avez-vous besoin dune tierce personne pour manger ? Allez-vous au restaurant ? Dînez-vous chez des amis ? Dans la famille ?
Troubles associés : souffrez-vous dune insuffisance respiratoire ? Avez-vous des difficultés pour communiquer ?
Cette première approche permet déjà de situer le patient face à ses troubles et dorienter les explorations futures.
Examen de la prise alimentaire « de lextérieur »
Cet examen place le patient dans les conditions écologiques. Il évalue dune part la qualité du temps préparatoire buccal :
Les possibilités masticatoires
Une incompétence labiale
Une stase buccale résiduelle
Dautre part, il évalue de façon indirecte le temps pharyngé :
Diminution de lascension laryngée
Déglutition bruyante
Apparition de la toux
Enfin, cet examen permet de rendre compte des difficultés motrices engendrées par latteinte des membres supérieurs :
Découpage des aliments
Préhension des aliments
Mise en bouche des aliments
Examen au nasofibroscope*
Cet examen renseigne sur :
Lefficacité des mécanismes de propulsion alimentaire
Lefficacité de protection des voies aériennes
(Langmore, 1988).
Il examine :
La déglutition salivaire :
Mouvement de recul de la base de langue
Contraction de lentonnoir pharyngé
Stase résiduelle salivaire après déglutition dans les vallécules* ou sinus piriformes* : fausses routes* salivaires
Déglutition dun aliment (de texture facile pour le patient) :
Degré détanchéité de listhme oro-pharyngé durant le temps préparatoire buccal
Vérification dabsence de fausses routes* avant la déglutition
Stase résiduelle dans les vallécules* ou sinus piriformes*
Fausses routes* après la déglutition
Les avantages du nasofibroscope* sont :
Examen non invasif*
Réalisable au lit
Teste différentes textures, différentes postures
Enregistrement vidéo pour un feed-back visuel
Les désavantages :
Le temps pharyngé nest pas visualisé directement : la base de langue masque le plan cordal quand elle recule contre la paroi pharyngé postérieur
Lexamen est de plus en plus pénible avec lévolution de la maladie car il y a exacerbation du réflexe nauséeux et déclenchement de spasmes laryngés
Les fausses routes* pendant le temps pharyngé ne sont pas visualisées
Si on nobserve pas de fausses routes* ni de stases trop importantes, on adopte une texture plus épaisse et plus liquide.
Examen de la déglutition en vidéoradioscopie
Cest lexamen le plus complet de la déglutition et le mieux toléré. En fait, il sagit de lenregistrement vidéo dune déglutition barytée* à 25 images par seconde.
On visualise alors :
Le temps buccal
Le temps pharyngé
Le début du temps oesophagien
La fermeture du plan cordal (grâce aux incidences de face centrées sur les vallécules* et les sinus piriformes*)
Il permet :
Une analyse qualitative des mécanismes élémentaires de la déglutition :
Formation du bolus*
Etanchéité de listhme oro-pharyngé
Efficacité de la rétropulsion* linguale qui vide la cavité buccale
Fermeture du voile du palais
Contact de la base de langue contre la paroi pharyngée postérieure
Amplitude de londe péristaltique pharyngée
Ascension de los hyoïde
Mouvement de bascule postérieure de lépiglotte
Qualité de louverture du SSO
Faire le diagnostic de fausses routes* (avant, pendant et après la déglutition) et les quantifier
Tester les effets de modifications du volume, de la texture et de la posture sur la déglutition (Lazarus, 1993 ; Rasley, 1993)
Vérifier lefficacité des manuvres facilitatrices (Logemann, 1999)
Montrer les anomalies de la déglutition chez des patients dont latteinte bulbaire est infraclinique (Leighton, 1994 ; Briani, 1998)
Ce test est réalisable au lit ou au fauteuil, il nécessite cependant le transport du patient en service radio. Il est peu irradiant et lindication doit être bien posée : le nasofibroscope* doit toujours le précéder et il doit être discuté en cas de fausses routes* importantes ou dinsuffisance respiratoire. De plus, la toux doit être efficace en cas dinhalation de la baryté* (qui adhère aux parois trachéales).
La limite de ce test est quil ne détecte pas les fausses routes* après le repas. En effet, sa durée est limitée (étant donné lexposition aux rayons X).
Lélectromyographie*
Lélectromyographie* a un rôle dexplication des mécanismes physiopathologiques de la dysphagie* au niveau du fonctionnement du couple pharynx/SSO.
Les examens les plus réalisés sont le nasofibroscope* et la vidéoradioscopie. En effet, ils permettent de guider la prise en charge orthophonique. De plus, ils sont des éléments essentiels à lindication dune gastrostomie*.
Evaluation des troubles de la déglutition dans la SLA
Lexamen des troubles de la déglutition se doit dêtre précis. En effet, de cet examen dépendra lorientation de la prise en charge, suivi du patient. Ce chapitre est étroitement lié au précédent sur lexploration de la déglutition dans la SLA. Lexamen commence donc par un interrogatoire (cf point sur lexploration de la déglutition dans la SLA).
Lintérêt de celui-ci est de voir lattitude du patient face à son trouble de déglutition : certains minimisent les troubles, parfois ils les nient ; dautres sont très anxieux et ne veulent plus ni manger ni boire. Il est difficile daborder les difficultés de déglutition, linterrogatoire permet donc une approche de cette fonction.
On teste ensuite les réflexes oro-pharyngés :
Le réflexe nauséeux
Le réflexe de toux
Le réflexe de déglutition
Le réflexe nauséeux est déclenché par une stimulation davant en arrière sur le dos de la langue. Il se manifeste par une élévation du voile du palais et une contraction vers la ligne médiane des piliers et des parois latérales du pharynx.
On note alors sil est exacerbé (quand il est déclenché par une stimulation sur la moitié antérieure de la langue). Cette exacerbation du réflexe nauséeux doit être prise en compte dans le choix des exercices praxiques (un simple recul de la langue pourrait le déclencher) et dans la mise en bouche des aliments.
Le réflexe de toux est déclenché par une légère pression sur les premiers anneaux trachéaux. Lobservation de ce réflexe permet de le comparer à la toux volontaire. Un examen complet de la toux savère donc nécessaire. En effet, si la toux nest pas ou peu efficace, le patient va avoir des difficultés ou être dans limpossibilité de désobstruer les voies respiratoires en cas de fausse route* ou dencombrement pulmonaire.
On note donc si elle est normale, affaiblie ou inefficace. Si tel est le cas, il faudra absolument favoriser les stratégies de protection des voies respiratoires (flexion de la tête, déglutition supra-glottique*).
Linefficacité de la toux est un argument pour proposer une alimentation différente (surtout si la mastication est déficiente).
La manuvre de Heimlich est alors une manuvre à enseigner à lentourage notamment en cas de toux inefficace.
Le réflexe de déglutition sévalue de façon subjective : lorthophoniste observe la déglutition salivaire ou alimentaire (cest lascension laryngée qui nous permet de repérer le déclenchement du réflexe).
Le retard de déclenchement de ce réflexe peut être le signe dune atteinte du temps pharyngé de la déglutition.
Lobjectif de lexamen des réflexes oro-pharyngés est de mettre en avant une hyperréflexie et une éventuelle dissociation automatico-volontaire, signe datteinte centrale.
Ensuite, on procède à un examen fonctionnel de :
La déglutition salivaire
La déglutition des liquides
La déglutition des solides
La déglutition des semi-solides
Le but est dévaluer les troubles des mécanismes oro-pharyngés de la déglutition avec des aliments de différentes textures et de préciser la phase perturbée.
Remarques :
Troubles du temps préparatoire buccal : troubles de la préhension (bavage, mauvaise fermeture des lèvres), troubles de la mastication (lenteur à constituer le bol alimentaire) et insalivation (qui contribue au fractionnement du bol alimentaire). Ceci entraîne un problème de formation du bol alimentaire.
Troubles du temps buccal : difficulté de propulsion du bol alimentaire de la cavité buccale vers le pharynx.
Troubles du temps pharyngé (évaluation indirecte) : lélévation du larynx nous indique si les voies aériennes sont protégées.
Voici ce quon doit observer :
La mise en bouche
La continence labiale : la bouche se ferme et reste fermée pour éviter de perdre la nourriture
La mastication
Les possibilités dinitiation de la déglutition : le thérapeute sent les mouvements de la mandibule et de la langue
La qualité de la phase orale : la langue ne sort pas, le bol est bien rassemblé
Les stases résiduelles et leurs localisations
Le déclenchement possible et la vitesse de déclenchement du réflexe de déglutition, en sentant lascension laryngée
Un éventuel reflux nasal
La présence de fausses routes* : directes, retardées, voix mouillée signant une fausse route* silencieuse
Des stases, blocages nécessitant plusieurs déglutitions.
Dans certains cas, on sera amené à faire un examen plus précis des productions salivaires. On note alors si la salive est abondante, peu abondante, très abondante, épaisse etc.
On remarque également sil existe un bavage et les moments où celui-ci se produit (tout le temps, pendant les repas
).
Enfin, dans un tableau, on établit un récapitulatif de tous ces éléments afin davoir bien en vue toutes les difficultés du patient et détablir un plan de prise en charge adapté, précis et complet (cf annexe n°5).
Nous tenons à insister sur le fait quil faut toujours veiller au vocabulaire employé avec le patient et sadapter en fonction de lâge, de la nationalité, du niveau social etc.
Il faut également tenir compte de la fatigabilité* du patient. Si une douleur, des crispations ou des syncinésies apparaissent au cours de lévaluation, il est préférable de linterrompre momentanément.
Une évaluation doit être faite régulièrement afin dapprécier lévolution et den adapter le suivi.
Rééducation* des troubles de la déglutition dans la SLA
Limportance des troubles de la déglutition dans la SLA nécessite une prise en charge orthophonique précoce, régulière et adaptée. Cette prise en charge est indispensable pour le pronostic vital.
Les buts de la rééducation* des troubles de la déglutition sont :
Améliorer ou maintenir les capacités de déglutition du patient
Surveiller laggravation des troubles
Eduquer lentourage et léquipe hospitalière
Participer à la gestion de lalimentation
Bien entendu, la prise en charge est multidisciplinaire.
Au préalable, il est nécessaire de procéder à un bilan orthophonique de la déglutition et des autres fonctions si besoin, de voir les résultats des explorations effectuées (vidéoradioscpie, nasofibroscopie*) ; si elles nont pas été faites, lorthophoniste peut les demander au médecin. Ensuite, le thérapeute explique au patient et à la famille le fonctionnement normal de la déglutition, les troubles présentés et les buts de la prise en charge.
La prise en charge va porter sur :
Linformation au patient
La mise en bouche
La mastication
La salivation
La respiration
Le travail des praxies* buccales, jugales, vélaires, linguales
Les postures du patient et les positions du thérapeute
Les moyens de compensation
Lalimentation et lapport de stimulations proprioceptives
Information au patient
Cette information sur le mécanisme normal de la déglutition, sur la dysphagie* et sur les moyens de compensation a lieu en début de prise en charge et doit être reprise tout au long du suivi.
Il est également important de verbaliser les consignes.
Mise en bouche
Elle comprend :
La fermeture des lèvres et des mâchoires
La montée de lapex et bascule du bol alimentaire vers larrière
La descente dans lsophage
Les exercices préliminaires vont être le travail des praxies* labiales, les massages des lèvres et les stimulations vibratoires. On espère alors obtenir une détente mais aussi une précision et une efficacité du mouvement (le patient doit être capable de monter la langue vers le palais pour décoller les aliments). Le patient apprend ainsi à gérer le bol alimentaire.
Mastication
Il sagit du temps buccal, temps conscient de la déglutition. Physiologiquement, les lèvres happent la bouchée et les mâchoires se serrent. La nourriture est placée sur le dos de la langue ; la base de la langue saffaisse, lapex se lève et bascule le bol alimentaire vers larrière. Le voile horizontal protège les fosses nasales et le pharynx se contracte.
Elle requiert une mobilité normale de la mâchoire inférieure et des dents saines et nombreuses pour assurer le broyage et la salivation.
Les causes pouvant altérer ce temps buccal sont :
Un trouble dentaire
Des douleurs
Un mauvais affrontement des mâchoires
Un trouble de la mobilité linguale
Un trouble de la motricité vélaire
Un trouble de sécrétion salivaire
Lorthophoniste travaille le temps buccal en fonction du degré datteinte des muscles labiaux, linguaux, vélaires et jugaux. Elle fait donc faire des praxies* au patient et masse le plancher de la langue.
Salivation
La salive a un triple rôle :
Fonction enzymatique
Fonction dhumidification de la muqueuse bucco-pharyngée
Fonction lubrifiante du bol alimentaire pendant la déglutition
Dans la SLA, on assiste à un épaississement de la salive qui ne remplit pas son rôle de fluidifiant du bol alimentaire.
On demande alors au malade davaler régulièrement, dessayer de maintenir la bouche fermée et déviter de pencher la tête en avant. Ces conseils paraissent difficiles à accomplir à un certain stade de la maladie.
Actuellement, le collyre atropine est utilisé pour tenter de résoudre ce problème. Cependant, deux méthodes récentes nont pas encore été validées : lirradiation des parotides (qui entraînerait peut-être une asialie totale) et linjection de toxine botulique dans les glandes salivaires (qui entraînerait une diffusion locale donc une majoration de la dysphagie*).
Respiration
La respiration est étroitement liée à lacte de déglutition. Elle intervient juste avant la mise en bouche, se poursuit quand le bol est dans la cavité buccale pendant la mastication. Au deuxième temps de la déglutition, pendant la bascule du bol alimentaire, il existe un temps dapnée puis la respiration reprend au troisième temps de la déglutition.
Toute erreur de programmation va entraîner des fausses routes*.
Lorthophoniste travaille ici avec le patient le souffle abdominal, lapnée, la toux, la respiration buccale, la respiration nasale etc.
Latteinte de la musculature cervicale rend la déglutition encore plus difficile. En effet, la paralysie des muscles extenseurs de la nuque entraîne une chute de la tête en avant. Bien sûr, cette posture est préconisée durant la déglutition pour protéger les voies respiratoires. Toutefois, elle nest pas agréable pour le patient de façon continue : elle aggrave le bavage, augmente les difficultés de transport des aliments vers larrière de la cavité buccale et diminue le diamètre de la filière respiratoire au niveau laryngé par le recul passif de la base de langue.
Enfin, latteinte des muscles respiratoires a des conséquences sur la déglutition, notamment au niveau de la toux qui devient inefficace (diminution de la pression et des volumes expiratoires).
Techniques de facilitation
Lintérêt déduquer le patient (et même la famille) à des postures de facilitation est essentiel. En effet, il pourra lui-même pallier à ses difficultés en trouvant la position qui lui convient le mieux.
Des techniques de facilitation peuvent être enseignées au patient (détaillées en annexe n°6).
Il ne faut surtout pas oublier de dire au patient dadapter son environnement quand il mange (environnement calme).
Lorthophoniste essayera de participer à un repas afin de corriger les habitudes inadéquates et de se rendre compte de la réelle gêne du patient (car il sous-estime souvent ses troubles). Le thérapeute verra également le mode dalimentation, les méthodes dalimentation et la durée de la prise alimentaire.
Dans la SLA, le réflexe de déglutition est conservé, cependant le plaisir de manger est affecté par les difficultés du temps buccal. Lorthophoniste aide à pallier ce déficit du premier temps, à éviter les fausses routes* et à évacuer la peur de salimenter.
Conclusion
La prise en charge de la déglutition dans cette maladie nécessite donc une attention toute particulière étant donné lenjeu vital. Il sagit du champ daction de lorthophoniste, peut-être le plus important.
ALIMENTATION
« La dénutrition* est présente chez 16 à 50 % des patients atteints de SLA » (Desport, 2000). Elle est donc fréquente mais encore souvent négligée et nest prise en charge que très tardivement. Elle représente un facteur pronostique indépendant dans lévolution de la maladie. Ce chapitre est étroitement lié à celui concernant les troubles de la déglutition.
Nous verrons donc dans un premier temps la physiopathologie* de la dénutrition* puis nous étudierons ses conséquences et enfin nous nous pencherons sur la prise en charge nutritionnelle des patients atteints de SLA.
Physiopathologie de la dénutrition
Quel que soit le type de début de la maladie (bulbaire ou spinal), le patient présentera des problèmes nutritionnels. Dans les formes à début bulbaire, la dénutrition* est précoce alors que dans les formes à début spinal, elle peut survenir à un stade avancé de la maladie.
Dans la SLA, différents mécanismes peuvent expliquer la survenue dune dénutrition* :
DIMINUTION DES APPORTSAUGMENTATION DE LA DEPENSE ENERGETIQUETroubles de la déglutition
Incapacité motrice des membres supé-rieurs
Trouble de la motricité oesophagienne ou de la vidange gastrique
Anorexie* :Syndrome anxio-dépressif
Constipation
Augmentation du travail musculaire respiratoire
Augmentation du travail musculaire lié à lalimentation
Selon le Docteur Seguy, gastroentérologue au CHR de Lille, voici la physiopathologie* de la dénutrition* :
SHAPE \* MERGEFORMAT
Evolution du poids
La surveillance du poids et de lindex de masse corporelle (IMC= poids (kg)/taille² (m²)) est essentielle pour suivre létat de dénutrition* du patient. En effet, selon Kasarskis (1996), il existerait une corrélation entre la diminution progressive de lIMC et lapproche du décès.
Daprès Desport (1999) : « La dénutrition* apparaît être un facteur pronostique indépendant, le risque de décès étant multiplié par 7 pour les patients ayant un IMC inférieur à 18,5 kg/m² ».
LIMC diminue donc tout au long de lévolution de la maladie.
Ces éléments sont importants à connaître pour assurer un suivi nutritionnel correct du patient. Ils permettront dorienter lintervention nutritionnelle.
Laugmentation des besoins énergétiques
Dans la SLA, la dépense énergétique de repos (DER) est augmentée. Nous avons vu précédemment que ceci pouvait être expliqué essentiellement par le coût respiratoire (augmentation du travail musculaire respiratoire). Tout au long de lévolution de la maladie, la paralysie progressive des muscles respiratoires entraîne une augmentation de ce coût respiratoire.
En 1996, Kasarskis et al ont proposé une séquence métabolique et nutritionnelle qui résume ces aspects physiopathologiques de la dénutrition* :
Présence dun cycle de dénervation musculaire, de catabolisme musculaire, datrophie*, de réinnervation et de synthèse protéique musculaireDéficit progressif de la musculature respiratoire et bulbaireAugmentation de la dépense énergétique liée à la respirationRéduction chronique de lapport caloriqueCatabolisme des réserves de graisse à visée énergétiqueAugmentation du catabolisme musculaire à visée énergétique (cette dernière étape nétant quhypothétique)
Les conséquences de la dénutrition*
Les conséquences de la dénutrition* sont importantes. Elle entraîne une diminution de la force musculaire qui touche :
Les muscles squelettiques (on parle de fatigabilité* musculaire)
Les muscles respiratoires et notamment diaphragmatiques (diminution des capacités pulmonaires)
Les muscles cardiaques et digestifs
(Rigaud, 1997).
On entre donc dans un cercle vicieux : fonte musculaire liée à la maladie ( troubles nutritionnels ( perte musculaire( fragilité, diminution de la force.
La dénutrition* fragilise les réponses immunitaires donc augmente les risques dinfection, ce qui est dautant plus vrai chez une personne déjà atteinte dune maladie grave. Enfin, cette dénutrition* retentit sur la qualité de vie du patient (Rigaud, 1997).
La prise en charge nutritionnelle
Au vu de tous les éléments précédents, il apparaît indispensable quune prise en charge nutritionnelle soit mise en place, et ce précocement.
Les buts de cette prise en charge nutritionnelle sont :
De sensibiliser le patient à ses problèmes nutritionnels
De déceler les difficultés alimentaires
De sadapter aux spécificités propres de chacun sans vouloir donner de règles trop rigides
De diminuer langoisse
Daméliorer la qualité de vie
De limiter la dénutrition*
De suppléer une fonction vitale défaillante
Le patient sera pris en charge par un(e) diététicien(ne) et/ou un médecin nutritionniste, qui fixera les rendez-vous une fois par trimestre, selon le schéma des consultations neurologiques.
Leur rôle consiste ici en :
Lévaluation de létat nutritionnel
La sensibilisation du patient et de sa famille à laspect nutritionnel
Linformation et les conseils
Une relation de confiance sinstallera avec le patient et la famille. Le diététicien (ou le nutritionniste) les accompagnera tout au long de la maladie et trouvera des solutions pour chaque problème posé aux différents stades dévolution.
Dans un premier temps, le patient maigrit donc la diététicienne intervient pour donner des conseils denrichissement des repas.
Puis, peu à peu, même lenrichissement des repas ne suffira plus, il sera alors nécessaire de prescrire des compléments oraux afin de conserver un apport calorique satisfaisant et qui seront adaptés aux troubles de la déglutition. En effet, au fur et à mesure que la maladie chemine dans le corps du patient, certains aliments « ne passent plus » et les fausses routes* augmentent. Ceci influe sur la durée des prises alimentaires et par conséquent sur la qualité de celles-ci. A ce stade, il est important dapporter des informations sur les positions favorables à une bonne déglutition, les aliments à éviter, les modifications alimentaires éventuelles notamment la texture des aliments. On peut également proposer les eaux gélifiées afin de faciliter lhydratation. Mais ces produits, que lon achète en pharmacie, ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
La poudre épaississante permet aussi dépaissir les liquides, quels quils soient.
Dans ces conditions, on remarque souvent que les nectars et boissons gazeuses facilitent la déglutition.
Cependant, très vite, malgré ces nouvelles mesures, les fausses routes* augmentent, le patient continue de maigrir, les apports caloriques deviennent insuffisants et la durée des repas sallonge encore. Il devient alors indispensable de proposer une nutrition entérale*, qui peut se faire par sonde nasogastrique ou, le plus souvent, par sonde de gastrostomie.
La gastrostomie*
La mise en place de la gastrostomie* est souvent vécue comme un échec, une évolution négative, une exclusion, une impossibilité de maintenir un état à la norme.
La décision, qui revient au patient, est très difficile à prendre. Cest pourquoi limplication précoce du diététicien ou du nutritionniste est nécessaire afin de faciliter lacceptation de cette étape douloureuse. Il est donc important de bien expliquer les objectifs et les modalités de la gastrostomie*.
La gastrostomie* est indiquée en cas de troubles graves de la déglutition ou de troubles nutritionnels sévères. Elle est préférable à la sonde nasogastrique quand la nutrition entérale* est prévue pour une longue durée (Hébuterne, 2001 ; Silani, 1998). Elle a alors un caractère plus définitif pour le patient. Cependant, on peut lui expliquer que ce nest pas irréversible.
La gastrostomie* consiste en ladministration de mélanges nutritifs directement dans lestomac ; elle libère donc les voies aéro-digestives. Il ny a pas de contre-indication liée à la SLA. On ne pose pas de gastrostomie lorsque létat respiratoire est trop dégradé : cela pourrait entraîner une décompensation et donc le décès dans les jours consécutifs à lintervention.
Dans le cadre de larrêté du 20 septembre 2000, la nutrition entérale* peut être réalisée à domicile. Dans ce cas, le diététicien éduque lentourage à ce nouveau mode dalimentation (cf annexe 16) (la surveillance de la nutrition et des sondes est simple) et donne un savoir, un savoir-faire, un savoir-être et des indications claires concernant :
Le type de sonde et son intérêt
Le type daliments utilisables, leur coût, les adresses où les obtenir. Ce sont des poches stériles prêtes à lemploi. Les poches peuvent être de compositions protéino-énergétiques différentes.
Les mesures dhygiène (lavage des mains avant et après la mise en place de la nutrition).
Le mode dutilisation pour les repas (le passage des aliments est privilégié la nuit, en poche de 1 litre, quand ils peuvent encore manger le jour, sinon, on ajoute une poche de 500 ml la journée).
Ladministration des médicaments ainsi quune procédure de surveillance de létat du patient et quelques solutions pratiques aux problèmes possibles (constipation, diarrhée, nausées, vomissements etc).
Le rôle des rééducateurs est daider le patient et/ou la famille à accepter lalimentation non orale et de veiller à ce que la prise orale daliments se déroule avec le moins de risques possible. En effet, lorsque cela est possible, le patient peut garder une alimentation orale plaisir. Ceci lui permet de conserver ce moment privilégié du repas qui est un acte social. Enfin, la nutrition peut être réalisée en continu (la nuit) ou en discontinu. La vitesse est également déterminée par léquipe médicale.
Les bénéfices attendus de la gastrostomie*
Au préalable, les buts de la gastrostomie* sont :
Dassurer la sécurité de la personne en évitant les fausses routes* alimentaires
Daugmenter lapport nutritionnel
Daméliorer la qualité de vie de la personne et de la famille
Les bénéfices attendus sont :
Optimiser les apports hydriques et protéino-énergétiques
Diminuer le risque dinhalation, dépendant de la persistance ou non dun apport par voie orale et de lexistence dun reflux.
Améliorer la qualité de vie : le patient garde une alimentation plaisir sil le souhaite (sans fatigue) mais ne doit plus salimenter par voie orale par nécessité.
Améliorer la survie (critère discuté). La correction des troubles nutritionnels peut diminuer la fatigue et retarder laggravation du handicap (Mazzini, 1995).
Quand débuter la nutrition entérale* ?
Il ny a pas de moment précis pour débuter une nutrition entérale*. Aucun critère objectif ne permet de décider si cest le moment ou non. Bien entendu, cette décision nécessite une discussion entre le médecin et/ou le rééducateur, le patient et la famille.
On peut tout de même ajouter que la nutrition entérale* est indiquée dès lors quil existe une perte de poids de 10% (voire 5% en tenant compte de la rapidité dinstallation) par rapport au « poids de forme ». De plus, la fréquence des fausses routes*, lallongement notable du temps des repas et le risque de déshydratation* sont autant de facteurs qui nous incitent à indiquer le passage à une nutrition entérale*.
La dénutrition* est un problème fréquent dans la SLA. Limplication précoce du diététicien et/ou du nutritionniste permet une évaluation précise de létat nutritionnel du patient et permet une adaptation du support nutritionnel.
PAROLE, VOIX ET DEGLUTITION : DYSARTHRIE*, DYSPHONIE* ET DYSPHAGIE*
Les troubles de la voix, de la parole et de la déglutition dans la SLA peuvent être initiaux, venir compliquer une atteinte de la motricité des membres ou peuvent ne jamais survenir. A plus ou moins long terme, ils vont entraîner une perte de la communication orale et une dysphagie* sévère. Ils sont dus à latteinte bulbaire et pseudo-bulbaire. Les troubles sont aggravés par latteinte des muscles respiratoires et des muscles cervicaux.
Les atteintes bulbaire et pseudo-bulbaire co-existent dans des proportions variables chez les patients et névoluent probablement pas à la même vitesse.
Ces atteintes sont donc à lorigine dune dysarthrie*, dune dysphonie* et dune dysphagie*.
La dysarthrie*
La dysarthrie* se définit comme lensemble des troubles de larticulation résultant dune atteinte du système nerveux central ou périphérique. Elle correspond à un trouble de la parole dû à des perturbations du contrôle moteur et musculaire. Elle est dite mixte dans la SLA car dune part on trouve une dysarthrie* flasque et de lautre une dysarthrie* spastique. Son évolution ne sera pas la même selon les patients. Elle commence souvent par un ralentissement de la parole et une imprécision articulatoire évoquant une parole « ébrieuse ». La dysarthrie* peut évoluer jusquà laphémie ou le mutisme paralytique.
La dysarthrie* flasque
Elle est également appelée dysarthrie* paralytique. La principale caractéristique physiopathologique de la dysarthrie* flasque est lhypotonie et la paralysie des organes effecteurs de la parole.
Le premier signe clinique le plus fréquent est lexistence de fasciculations* linguales apparaissant sur les bords latéraux de la langue après un effort, témoignant de la dénervation du nerf XII, le grand hypoglosse. Ces fasciculations* sont parfois difficiles à distinguer dune instabilité linguale. Pour cela, la langue doit être observée au repos, sans lavoir tirée exagérément.
Les signes cliniques périphériques sont :
une paralysie labio-glosso-vélo-pharyngo-laryngée avec une atteinte des muscles péribuccaux et masticateurs. Cette paralysie est due à latteinte du XII, du VII et du X ;
des fasciculations* au niveau des muscles faciaux ;
une hypotonie des muscles orbiculaires des lèvres et une atteinte des muscles des joues, par lésion du VII ;
des fasciculations* linguales avec amyotrophie*, fatigabilité* et mobilité réduite par atteinte du XII ;
une paralysie du voile, des muscles du pharynx, des muscles intrinsèques du larynx et du cricothyroïdien (responsable de la perte des possibilités de tension des cordes vocales) dues à latteinte du nerf X, le pneumogastrique.
Leurs manifestations cliniques et leurs répercussions sur larticulation sont les suivantes :
Au niveau de la langue
les mouvements antéro-postérieurs permettant la réalisation des consonnes alvéo-dentales ( t/d/n) et des alvéolaires (s/z) sont perturbés ;
les mouvements postéro-supérieurs de la langue qui permettent la réalisation des consonnes palatales et vélaires (k/g/r) sont altérés ;
lémission de toutes les voyelles dépendant du dôme lingual (é/è/i/ /() est perturbée ;
impossibilité de claquer la langue ;
les consonnes sifflantes sont réalisées en interdental provoquant un sigmatisme interdental ;
une fatigabilité* dans la réalisation praxique.
Au niveau des lèvres, des joues et des mâchoires
difficulté praxique avec fatigabilité*, mobilité réduite des lèvres pour souffler et siffler ;
occlusion labiale défectueuse entraînant un bavage au niveau des commissures ;
mâchoire tombante impliquant des troubles comme lhypersalivation*;
perte des points darticulation avec insuffisance articulatoire voire dédifférenciation articulatoire. Larticulation est ralentie, imprécise et réduite : la force dexplosion des consonnes bilabiales (p/b/m) est diminuée ; les consonnes labiodentales (f/v) sont altérées ; on note une perte du caractère arrondi des voyelles o/u/y.
Au niveau du voile et de létage pharyngo-laryngé
anomalies de la phonation et/ou de la résonance ;
rhinolalie ouverte ;
nasalisation des phonèmes* oraux ;
perte de la netteté des occlusives par la diminution de la pression intra-buccale ;
sensation dessoufflement lors de la phonation prolongée ;
stases salivaires sur le plan cordal donnant à la voix un timbre* grésillant, humide ;
tremblements laryngés en phonation ;
perte des possibilités de tension des cordes vocales entraînant une perte des aigus.
Au niveau de la voix
paralysie des cordes vocales avec une perte des mouvements dabduction et dadduction ; le voile du palais ne sélevant plus, cela peut aboutir à une dysphonie* ;
phrases courtes en raison dun essoufflement plus rapide ainsi quune baisse du volume et du timbre* vocal ; les pauses sont longues et inadaptées ;
monotonie du timbre* et du volume ;
débit lent ;
fuite dair nasale ;
perte dexplosion lors de la production des consonnes occlusives ;
difficulté à moduler la voix en hauteur lors de la parole (cela constitue une plainte fréquente des patients).
La dysarthrie* spastique
Elle témoigne de latteinte des motoneurones* centraux, plus particulièrement de latteinte de la voie cortico-bulbaire (faisceaux géniculés).
Au niveau moteur, on trouve :
une atteinte des membres de type spastique ;
une hypertonie pyramidale : spasticité* des muscles bucco-faciaux et pharyngo-laryngés, raideur des masséters, spasmes crico-pharyngés, désorganisation motrice ;
un réflexe massétérin exagéré témoignant de latteinte du nerf trijumeau ;
une labilité* émotionnelle avec des rires et des pleurs spasmodiques ;
à un stade avancé de la maladie, faciès figé et amimie motrice dus à lhypertonie des muscles de la face et du cou ayant pour conséquence la chute de la tête vers lavant ;
atteinte des muscles cervicaux avec crampes.
Au niveau respiratoire
La respiration est altérée avec une réduction de la capacité pulmonaire, une incompétence à maintenir un flux expiratoire constant et à moduler lintensité de la voix. Le souffle est donc court et les respirations profondes sont impossibles. La désynchronisation entre les muscles respiratoires conduit à une respiration superficielle et irrégulière.
Au niveau laryngé
On observe une hypertonie des adducteurs et un serrage pharyngo-laryngé ainsi que des spasmes crico-pharyngés entraînant des attaques vocaliques dures.
Au niveau du voile du palais
Le voile du palais subit une parésie impliquant une hypernasalité.
Au niveau articulatoire
Les mouvements bucco-faciaux sont lents et limités en amplitude. Larticulation est imprécise en particulier sur les consonnes et les groupes pluriconsonantiques complexes. Latteinte peut parfois entraîner un mutisme complet.
Au niveau de la voix
La voix est décrite comme rauque et étranglée avec une hypophonie*. La spasticité* des cordes vocales en hyper adduction explique les caractéristiques de cette voix. On peut entendre des signes de lutte, une voix forcée ; lintensité est monotone et globalement faible et la hauteur nest plus modulée. La parole est alors lente, laborieuse et dysprosodique.
La dysphonie*
La dysphonie* se définit comme un trouble de la voix parlée, cest-à-dire, latteinte de la fonction vocale qui se manifeste par une altération dun ou plusieurs paramètres de la voix. Dans le cas de la SLA, les caractéristiques de la voix sont liées à la dysarthrie*. Latteinte de larticulation et des résonateurs a en effet pour conséquence inévitable la modification de la voix. Tout comme dans la dysarthrie*, on observe des manifestations cliniques correspondant à des signes périphériques et à des signes centraux (pseudo-bulbaires).
Les signes périphériques sont les suivants :
un ralentissement du débit
des troubles de la hauteur : voix monotone, monocorde due à la difficulté de réglage de la tension du muscle crico-thyroïdien, tenseur des cordes vocales ;
une prosodie* diminuée (corrélée à labaissement de la fréquence fondamentale) pouvant aller jusquà une dysprosodie* ou une aprosodie* ;
une hypophonie* : le timbre* est voilé, sourd, avec une baisse dintensité. Cette hypophonie* est liée à un défaut daccolement des cordes vocales par atteinte des muscles intrinsèques du larynx ;
une hypotonie* du voile du palais entraînant une rhinolalie ouverte, un nasonnement. Celui-ci raccourcit le temps de phonation et accentue limpression de fatigue ;
une sonorisation des occlusives (p/t/k) par la baisse de pression dans la cavité buccale ;
la voix est soufflée, instable ;
parfois, un dévoisement reflétant la quantité de souffle surajouté au signal acoustique et étant en rapport avec lincompétence glottique (Aronson).
Les signes pseudo-bulbaires sont :
une grande variation dintensité, de fréquence (notamment laggravation de la fréquence fondamentale) et du débit ;
un timbre* éraillé, rauque ;
une voix serrée, forcée, instable et chevrotante (conséquence du tremblement laryngé) ;
des attaques vocaliques dures (par compensation) ;
parfois une gêne respiratoire due à la paralysie des dilatateurs de la glotte se traduisant par une limitation de labduction des cordes vocales. Cette gêne est accentuée par latteinte diaphragmatique ;
des variations de débit dair buccal.
Ces signes sont forcément proches de ceux observés dans les deux types de dysarthrie*. Ils témoignent de latteinte globale et largement handicapante du langage oral.
La dysphagie*
Les troubles de la déglutition peuvent être très précoces et être révélateurs de latteinte bulbaire en particulier les fausses routes* aux liquides. Leur évolution est relativement parallèle à la dysarthrie* et à la dysphonie* (Strand, 1996). Daprès Anick Bianco-Blache et Danièle Robert, les troubles de la déglutition sont un élément péjoratif de cette affection car ils entraînent une dénutrition* qui majore la fonte musculaire et ils aggravent latteinte respiratoire par la présence de fausses routes*. Ils doivent donc être diagnostiqués, quantifiés et pris en charge le plus tôt possible dans lévolution de la maladie.
La dysarthrie*, la dysphonie*, la dysphagie* et les troubles respiratoires sont étroitement liés. Ils varient en fonction des patients, de latteinte et sont dintensité différente selon le degré dévolution de la maladie.
LANGAGE ET COMMUNICATION
Introduction
La communication pose un véritable problème dans la SLA notamment à un stade évolué de la maladie. Plus que nous ne limaginons, la perte de la parole a des conséquences effroyables pour les patients mais aussi pour les proches et les soignants qui sont réduits à une incommunicabilité. Le choix des systèmes de communication savère donc important afin de préserver une communication, même la plus réduite, jusquà la fin de la vie.
Tous les jours, pour des choses aussi banales quimportantes, de façon volontaire mais plus ou moins inconsciente, nous utilisons le langage pour nous exprimer. Au même titre, nous nous exprimons aussi beaucoup avec les mains, les mimiques, le regard. Les intonations, accentuations révèlent aussi parfois notre pensée. Toutes ces facultés sont « innées » pour nous et ce nest que lorsque lon est privé de lusage de la parole ou encore de lusage de nos membres que lon se rend compte à quel point ceci nous est devenu indispensable pour nous faire comprendre, pour nous exprimer de manière générale.
Quelles sont les conséquences entraînées par ce trouble grave de la communication dans la SLA ?
Le problème de la communication dans la SLA
Au début de la maladie, le patient éprouve quelques difficultés à articuler (dysarthrie*) mais arrive encore à se faire comprendre et communique malgré tout.
A un stade plus avancé de la maladie, on se retrouve face à un patient ventilé, parfois trachéotomisé, qui porte une sonde gastrique et dont ses mouvements sont rendus impossibles de par la tétraplégie qui lui paralyse le corps. Il sagit alors dune personne qui est murée dans son propre corps. Le patient ne peut plus émettre de décisions le concernant. Dans le cadre plus précis de la SLA, le patient ne pourra même plus extérioriser son angoisse par rapport à la maladie et à la mort.
De plus, si lon se place du côté du récepteur, cette perte de la parole entraîne une incapacité (pour le récepteur) de comprendre le malade, elle entraîne de nombreuses erreurs dinterprétation, des malentendus.
Le patient a alors limpression de perdre son identité et peut se replier sur lui-même.
Il est donc indispensable dadapter, au fur et à mesure de lévolution de la maladie, des moyens de communication.
Les moyens de communication
Dans la SLA, on assiste à un désinvestissement des relations verbales car elles demandent trop defforts et se révèlent souvent inefficaces. Au vu de ces problèmes, des outils de communication ont été pensés et sont actuellement de plus en plus nombreux sur le marché. Ce nest donc pas par manque de choix que les démarches pour acquérir un de ces outils sont longues mais de nombreux critères sont à prendre en compte.
Un des critères les plus importants est le mode daccès. En effet, au départ, la dextérité manuelle du patient est conservée, mais, dans le cadre de cette pathologie évolutive, le patient ne pourra bientôt plus utiliser ses membres supérieurs ou de façon très réduite.
Le code écrit convient donc pour le début mais doit être très vite remplacé par un autre moyen de communication. Or, il ne faut pas attendre que le patient ne puisse plus utiliser ses mains pour envisager un autre moyen de communication car il est indispensable quil puisse linvestir et même auparavant, quil laccepte.
Le mode de sortie est tout aussi important : si le patient a un conjoint sourd par exemple, il ne faudra pas choisir un outil dont la sortie est verbale.
Un autre critère important est la réadaptation possible de loutil suivant lévolution de la maladie (ajout de contacteurs
). A ce propos, il faut noter que les contacteurs ne doivent pas être placés sur la peau à cause des fasciculations*.
Il semble important de savoir quen général, à la fin de la maladie, le clignement des paupières est le seul mouvement que le patient soit encore capable de réaliser.
Ensuite, un critère à prendre en compte est laspect technique et financier. On ne se lance pas dans un projet si lon ne sest pas assuré avant quil pourra aboutir. Lergothérapeute et lorthophoniste travailleront en binôme sur ce nouvel outil de communication, il faudra trouver le bon moment pour le proposer : ni trop tôt car on risque d « effrayer » le patient et la famille, ni trop tard car il faut leur laisser le temps de laccepter et de se lapproprier.
La décision finale revient bien sûr au patient et à lentourage.
Afin de répondre au mieux aux besoins du patient et de sa famille, lergothérapeute et lorthophoniste font un bilan, un cahier des charges de ce moyen de communication à mettre en place :
Voulez-vous une communication immédiate ou différée ?
Avez-vous une appétence à linformatique ?
Désirez-vous une aide technique fixe ou mobile ?
Doit-elle être imperméable ? (en effet, limperméabilité de laide technique est nécessaire en cas dhypersialorrhée).
Il ne faut pas hésiter à rappeler au patient et à la famille que la communication non verbale peut être utilisée pour exprimer des besoins élémentaires et même des sentiments, elle a dailleurs lavantage dêtre immédiate.
Les systèmes dappel (clochettes, sonnettes
) sont aussi beaucoup utilisés. Cest une communication restreinte mais elle a lavantage dêtre claire, immédiate et permet déviter les situations ambiguës.
Les qualités du récepteur sont à prendre en compte : si celui-ci est quelquun dimpatient, on préférera un moyen de communication immédiat, même sil est restreint (code oui/non).
Généralement, on demande systématiquement au patient sil a une appétence à linformatique : en effet, lordinateur est adaptable presque à tous les stades, il existe des logiciels clavier écran, on peut y ajouter des contacteurs, des logiciels par commande vocale (VIAVOICE, IBM), des accoudoirs de bras mobiles et il a le net avantage doffrir laccès à Internet.
Bien entendu, au début de la maladie, des moyens très simples peuvent être utilisés : le papier/crayon, lardoise, le SMS, les agendas électroniques et même ensuite : lépellation de lettres, labécédaire, les pictogrammes. Une éducation des proches est indispensable afin de faciliter la mise en place de ce nouvel outil. Enfin, quand un nouveau système de communication mis en place nest pas investi, on analyse les causes déchec.
Les outils de communication
Les synthèses vocales
Les appareils de synthèse vocale viennent suppléer la parole lorsque cette dernière nest plus possible, mais également la communication écrite chez les personnes qui ont définitivement perdu le geste graphique en raison dune paralysie trop importante des membres supérieurs.
Les appareils de synthèse vocale émettent une voix artificielle, qui peut parfois ne pas convenir aux patients, car ils ont limpression que cette voix, qui nest pas la leur, trahit leurs intentions de communication.
Le DIALO
Le DIALO est un appareil de communication équipé de deux écrans :
lun, face à lutilisateur, de quatre lignes et quarante caractères
lautre, face à linterlocuteur.
Il est accessible par clavier ou par sélection dune lettre en agissant sur un contacteur adapté (cf partie sur les contacteurs).
Une prédiction de mots est possible, la mémoire est de dix mille caractères. Il est également possible denregistrer des phrases. Le patient a le choix dune voix féminine ou masculine. Il existe une dimension réduite de cet appareil. De plus, DIALO propose différents modèles de claviers, selon les besoins de lutilisateur :
AZERTY pour les habitués des claviers informatiques.
ABCDEF pour trouver plus facilement les lettres pour les novices de linformatique
PHONIQUE pour gagner du temps en utilisant les sons et non les lettres.
EJARIN : les lettres sont classées par fréquence dutilisation de la langue française. Cette présentation est particulièrement intéressante pour une personne qui ne peut pas taper sur le clavier. Lutilisation sélectionnera les lettres qui défilent grâce à un contacteur.
Enfin, de nombreux réglages sont possibles pour faciliter lusage de DIALO :
Temps dappui sur les touches
Vitesse de défilement
Volume de la voix
Vitesse et tonalité de la voix
Renseignements techniques :
Dimensions : 21 x 16,5 x 6 cm
Poids : 1,200 kg
Connexion : transformateur, contacteur, port parallèle, port série
Autonomie sur batterie : 6 à 12 heures selon utilisation.
Le prix de DIALO s élève à 2.900 ¬ . Il est commercialisé chez CIMIS, FRANCS, PROTEOR, VOCALISIS.
Le SYNTHE 4
Muni d un clavier phonétique, le SYNTHE 4 nécessite l acquisition du système phonétique par le patient. Il prononce le message à haute voix, le transmet au téléphone ou le conserve en mémoire. Les touches sont assez rapprochées, ce qui nécessite un minimum de précision manuelle pour l utiliser. Enfin, de part sa petite taille, il peut être transporté facilement.
Prix : 1.200 ¬ . Il est commercialisé chez ARIA et FRANCS.
Le SYNTHE 4 E
Son utilisation est la même que le SYNTHE 4. Toutefois, son ergonomie permet, grâce à des touches en relief et plus espacées, dêtre utilisé par des personnes ayant une mobilité réduite de la main. Il est possible dy adjoindre un module de défilement lumineux, et ce, pour des personnes dont la motricité manuelle est extrêmement restreinte, limitée à une unique possibilité de pression, quelle soit digitale ou du pied (lutilisateur choisit le contacteur le mieux adapté à son handicap). Une simple pression sur le contacteur permet de mettre en marche lappareil, puis de le commander. Des voyants, situés au dessus de chaque phonèmes, sallument alternativement selon quatre modules de défilement, dont la ligne et la colonne. Cest le contacteur qui permet de sélectionner le phonème voulu. En enchaînant ainsi les phonèmes, on construit des mots et des phrases.
Prix : 1.700 ¬ . Il est commercialisé chez ARIA et FRANCS.
Le LIGHTWRITER
Il s agit d une aide à la communication conçue pour le dialogue. Elle convient pour les personnes dépourvues de la parole et maîtrisant l alphabet. Il est muni d un afficheur orienté vers lutilisateur et un autre afficheur orienté vers linterlocuteur. Il existe différents moyens daccès et comporte une sortie imprimante. Le LIGHTWRITER possède également un signal dappel.
Les avantages de cet outil sont multiples:
existe en différentes versions
de petite taille
transportable
clavier très sensible, réglable avec guide doigts, modifiable en mode AZERTY, QWERTY ou ALPHABETIQUE
liaison avec un ordinateur PC ou MAC pour sauvegarder des données ou utiliser lécran dun ordinateur.
Dimension : 210 x 140 x 50 mm
Poids : 900 grs
Prix : 4.000 ¬ . Il est commercialisé chez PROTEOR et FRANCS
Les contacteurs
Un contacteur est une interface entre la personne et le moyen de communication. Il permet d accéder plus facilement à l utilisation de l outil de communication. Il existe différents types de contacteurs :
Click contact : surface d appui de 25 x 55 mm - épaisseur de 8 mm sensibilité réglable de 50 à 300 grs prix 70 ¬ . Il est commercialisé chez CIMIS et PROTEOR.
Contacteur au souffle : flexible orientable, de diamètre 8 mm et de longueur 650 mm, avec étau de fixation. Il fonctionne en inspiration ou en expiration avec sensibilité réglable. Prix 200 ¬ . Il est commercialisé chez CIMIS et PROTEOR.
Big, jelly : selon le principe de l interrupteur, on appuie et on relâche. Un petit rappel sonore nous informe si c est validé ou pas. Prix 70 ¬ . Il est commercialisé chez CIMIS et PROTEOR.
Contacteur musculaire : composé d une pastille de diamètre 15 mm à placer sur la peau (poignet, front, mâchoire & ). Un boîtier électronique avec sensibilité réglable réagit aux contractions musculaires. La temporisation est réglable. Prix 350 ¬ . Il est commercialisé chez CIMIS et PROTEOR.
WISP 2000 : il s agit d un contacteur au souffle, sans fil, permettant la commande à distance de tout équipement fonctionnant par contacteur. WISP 2000 fonctionne à la fois à lexpiration et à linspiration pour remplacer deux contacteurs. Il peut par exemple : remplacer à distance le clic gauche de la souris dun ordinateur (par une inspiration) et le clic droit (par une expiration).
Les photos des synthèses vocales et des contacteurs se trouvent en annexe n°7.
Les tableaux
Lorsque le patient na plus aucune possibilité de mouvement, on utilise des tableaux de communication. Il en existe de différentes sortes :
Le tableau de lettres (annexe n°8)
Le support est transparent, lutilisateur et son interlocuteur sont donc assis en vis à vis afin de ce dernier puisse aisément suivre le regard. Lutilisateur communique :
En désignant par le regard la couleur située dans un angle du support puis la lettre de cette même couleur dans un groupe de lettres.
A nouveau, choix de couleur et groupe de lettres et ainsi de suite afin de former un mot.
Linterlocuteur devra se munir dun bloc notes afin de noter lénumération, de sorte quaprès quelques lettres « épelées » il puisse faire des propositions de mots afin daccélérer la communication et éviter ainsi fatigue et découragement de lutilisateur.
Le picto cadre (annexe n°9)
Cet outil de communication fonctionne sur le même principe que le tableau de lettres. De la même manière, le patient et son interlocuteur sont face à face afin que ce dernier puisse aisément suivre le regard. L'utilisateur communique en désignant par le regard le cadre ou se situe la demande désirée. Linterlocuteur propose alors, en énumérant un à un et dans lordre, les options inscrites dans le cadre sélectionné en observant chez le patient soit un clignement de paupière, soit un marmonnement, soit un faible mouvement de tête etc
Le picto cadre requiert donc la participation active de linterlocuteur.
Loutil informatique
Le clavier virtuel
Disponible dans lordinateur, on peut le disposer sur lécran, et en réglant les paramètres de durée, le patient place de curseur de la souris sur la lettre désirée et celle-ci sinscrit sur lécran de lordinateur. Quand le clavier disponible directement sur lordinateur du patient nest pas suffisamment adapté aux capacités de lutilisateur, on peut en télécharger dautres sur Internet ou encore en acheter.
ASPECT PSYCHOLOGIQUE ET QUESTIONS ETHIQUES
Introduction
Lannonce dune maladie neurodégénérative telle que la SLA entraîne, pour un être humain, une rupture dans son existence. En effet, la maladie atteint lêtre dans ce quil est, brise la trajectoire de sa vie et loblige ainsi à tout repenser en fonction delle.
De plus, la particularité de la SLA se caractérise, malgré un traitement médicamenteux qui « ralentit » le processus, par une évolution inexorable vers le décès. Ceci entraîne dautant plus une désorganisation psychique, une déstabilisation de lindividu. Cest pourquoi laspect psychologique prend une place essentielle dans la prise en charge du patient atteint de SLA.
Nous verrons dans un premier temps toute la difficulté quengendre lannonce du diagnostic puis le soutien psychologique parfois utile et enfin la problématique de la fin de la vie avec ses questions éthiques.
Lannonce du diagnostic
Lannonce du diagnostic et surtout la qualité de lannonce sont capitaux dans la prise en charge des patients. Souvent, le délai du diagnostic est long car il sagit dune maladie peu fréquente et par conséquent encore peu connue. Celui-ci est souvent retardé de plus dun an, ce qui correspond aux délais successifs de la première consultation auprès du généraliste (2 mois), puis du neurologue (9 mois) et de celui qui aboutit au diagnostic (3 à 6 mois).
Après plusieurs mois derrance diagnostique, mettre un mot sur les symptômes est parfois un soulagement. Toutefois, lannonce brutale peut entraîner de leffroi chez le patient puis une errance cette fois thérapeutique ce qui retarde encore le début de la prise en charge.
Lors de lannonce du diagnostic, on assiste à un choc psychologique, à une impossibilité de faire face, à sadapter au diagnostic et à ce quil engendre. Le patient comprend alors que rien ne sera jamais plus comme avant, il y aura un avant et un après dans sa vie et dans celle de son entourage. Langoisse et la peur sont présentes dès ce moment : ce qui effraie le plus est le caractère définitif, évolutif de la maladie et labsence de traitement curatif.
Des mécanismes intrapsychiques de défense se mettent alors en place pour atténuer la douleur psychique et langoisse.
Ces mécanismes peuvent être :
Lactivisme : il sagit de loubli de la douleur psychique, la personne német pas de réflexions sur elle-même et ne se manifeste pas affectivement.
Laffiliation : le patient demande de laide et du soutien à autrui (demande de soins).
Laffirmation de soi : elle correspond à lexistence de sentiments et de pensées ni manipulatrices ni agressives. Les personnes donnent leur souffrance telle quelle et déposent les sentiments associés.
Lanticipation des conséquences, prévoyance. Tout ce qui va arriver de façon impromptue ne sera pas géré.
Lagression passive vers le système social mais aussi vers le monde médical.
Le contrôle : le patient tente de gérer, de diriger exagérément les événements et objets de lenvironnement.
Lisolation : leur affect est déplacé sur autre chose (mort dun chien par exemple).
La dénégation : « ne me dites pas que
».
Le déni : cest le refus de la réalité. Il peut exister un déni de la maladie, de lévolution ou encore un déni des symptômes redoutés (atteinte de fonctions vitales).
Cette liste nest bien sûr pas exhaustive. Tout cela vaut pour des patients nayant pas de troubles cognitifs. On observe parfois chez les patients une alternance de phases « adaptatives » dans lesquelles les mécanismes de conjuration* de langoisse sont efficaces et de « chaos » durant lesquelles il y a une résurgence de langoisse.
En tant que thérapeute, il est important de respecter ces mécanismes de défense (sopposer à la dénégation ne sert à rien). Cependant, les respecter nempêche pas dindiquer un antidépresseur qui apaisera la douleur morale (lantidépresseur ne manipule pas). Selon Freud, ce qui est difficile à gérer, cest que nous navons pas de représentation psychique de la mort dans linconscient. De plus, nous savons tous que nous allons mourir un jour, mais regarder la mort en face pour soi est plus difficile.
Un dialogue avec le médecin est important à ce moment-là, une véritable relation de confiance doit sinstaurer entre le patient et le soignant. En effet, cette relation constitue la « pierre angulaire » de la prise en charge quotidienne de la SLA.
Le soutien psychologique
A la suite de ce premier moment douloureux quest lannonce, le malade cherche à se renseigner, à sinformer afin de vérifier lexactitude des propos entretenus par le neurologue. Or, nous assistons à une évolution sociétale où le savoir est partagé par le biais dInternet. On doit maintenant, dans notre annonce diagnostique, tenir compte de cet état de fait. Les patients surfent, demandent ce quil en est pour eux et le net leur renvoie des réponses brutes et sans nuances.
Il est donc important de leur expliquer, de les informer et de répondre franchement à toutes leurs interrogations afin quils ne se laissent pas gagner par la panique en lisant certains articles parfois même contradictoires à ce qui leur a été dit.
Cependant, le neurologue, lors du diagnostic, nannonce pas de but en blanc tous les aspects négatifs de la maladie, il laisse le temps à ses patients dassimiler lannonce. Il attend de voir où le patient en est dans son processus psychologique et son évolution physique pour alors en parler et trouver les adaptations nécessaires. Il est certain quil faut anticiper certaines évolutions, mais donner trop de détails risque deffrayer le patient et lentourage.
Ensuite, les malades sinquiètent de leur devenir, de celui de leur conjoint, de leurs enfants et même parfois du risque de transmission à leur descendance. Il faut alors les aider à passer les étapes. Un soutien psychologique peut leur être proposé. Toutefois, cest une démarche personnelle et en aucun cas, on ne peut la leur imposer.
Quels sont le positionnement et le rôle du psychologue ?
Dun point de vue général, son rôle est détablir un contact empathique avec le malade et la famille afin de créer un climat de confiance. Il accompagne et soutient le malade qui est en souffrance, est attentif et à lécoute de lentourage puis il écoute les soignants dans leur vécu quotidien.
Intervention auprès du patient
Tout au long de la maladie, le patient devra faire face à lapparition de nouveaux troubles et mettre en place des moyens de compensation ce qui peut engendrer des phases de découragement. Lintervention du psychologue est souhaitée dès lannonce diagnostique. Il intervient dans lécoute, favorise la mise en mots et a aussi un rôle important au moment des grandes décisions thérapeutiques (VNI, gastrostomie, trachéotomie*
). Le psychologue est donc présent pour réagir et intervenir devant les plaintes du patient en orientant si besoin vers dautres thérapeutes (neuropsychologue, psychothérapeute pour thérapie cognitivo-comportementale etc). Il apprécie également limportance des mécanismes psychiques et respecte son cheminement de pensée et ses rythmes au cours de lévolution de la maladie. Le psychologue est sensibilisé, formé et spécialisé dans ce type dapproche.
Intervention auprès de lentourage
La SLA touche tout un foyer. La famille subit le choc de lannonce du diagnostic et sinquiète quotidiennement de laggravation des troubles. Cest pourquoi parfois, quand cela devient trop dur à supporter, lintervention dun psychologue est utile.
Celui-ci accompagne les proches afin déviter quils ne sépuisent dans ce long parcours, en prenant en compte leur vécu de la maladie, pour améliorer leur qualité de vie. Il explique les modifications comportementales du malade et les aide à surmonter les frustrations, la détresse, les changements psycho-comportementaux et psycho-affectifs inhérents à la maladie. Il aide aussi à la déculpabilisation des proches qui sépuisent et ne se laccordent pas.
Laccompagnement dun malade SLA est extrêmement exigent. Un jour, le conjoint peut rêver dune autre vie ou tout simplement avoir envie dun « break », un moment de repos pour lui. En effet, il arrive fréquemment que le conjoint cesse son activité professionnelle pour soccuper du malade, prenne en main laménagement de la maison etc. Cependant, il ne faut pas oublier de prendre en compte leur état dépuisement ; une « hospitalisation de répit » du malade peut parfois leur être proposé. Seulement, certains culpabilisent d « abandonner » leur conjoint ou parent et refusent cette hospitalisation qui pourrait pourtant les soulager.
Intervention auprès de léquipe médicale et soignante
Léquipe est ici confrontée à la mort, la souffrance et cela peut faire resurgir des angoisses. Sans une gestion adéquate, ceci peut entraîner des troubles divers allant jusquau burn-out (syndrome dépuisement émotionnel et de cynisme survenant chez des personnes exerçant une profession sociale). Le psychologue peut donc intervenir auprès de ces équipes afin découter, de soutenir et dinformer ; il favorise la parole et ouvre un échange entre les différents professionnels. En effet, ceux-ci peuvent se sentir inutiles face à lévolution inexorable de la maladie ; or, tous les acteurs ont un rôle essentiel dans la prise en charge de cette affection : nous savons quune prise en charge globale du patient lui offre une meilleure qualité de vie.
La problématique de la fin de la vie
Selon les propos du Docteur Karine Parent, lors de la conférence de consensus et de prise en charge régionale sur la SLA à Saint André le 23 juin 2006, la SLA recouvre un univers de violence pour les patients, pour lentourage et aussi pour les soignants. Si nous réfléchissons à la définition de la violence, nous comprendrons pourquoi nous pouvons rapprocher ces deux termes : SLA et violence.
Daprès le Larousse (1999), la violence est un caractère de ce qui se manifeste, se produit ou produit ses effets avec une force intense, extrême, brutale.
Nous pouvons parler de violence des « pertes », des techniques dassistance, violence des discussions sur le « choix » de la fin de vie, le suivi.
Cette question sur le « choix » concernant la fin de la vie se pose chez chaque malade atteint de SLA. Cest une situation difficile à laquelle il faut faire face et qui nécessite une véritable réflexion éthique préalable.
En effet, nous savons quà un stade avancé, les complications respiratoires sont fréquentes. Des décisions sont alors à prendre, et si possible avant la situation de détresse qui nécessite une décision en urgence, afin de pouvoir penser le choix : trachéotomie* ou non. A ce moment-là, il est primordial que les patients et la famille reçoivent une attention et des informations de qualité.
Le sujet du choix de la fin de la vie est abordé par le neurologue quand le patient commence à en parler, à poser des questions. Il est indispensable que le médecin présente alors de façon la plus objective possible les avantages et les inconvénients de chaque solution proposée.
En ce qui concerne la trachéotomie*, elle représente une charge très importante pour la famille, un accompagnement continuel du malade est nécessaire. Il faut donc pouvoir sassurer que tout sera mis en place à la maison pour accueillir le patient. En effet, ce nest pas lhôpital qui pourra prendre en charge ce type de dépendance. La trachéotomie* doit donc sinscrire dans un projet de vie porté par le malade et son entourage.
Le problème posé actuellement est lié à la trachéotomie* en urgence chez des patients (et des familles) qui, dans la panique, appellent le SMUR ou SAMU qui vont pratiquer la trachéotomie* en urgence. A priori, le patient doit être stabilisé avant de subir cette intervention donc on ne devrait pas en voir en situation durgence. Cependant, les techniques palliatives sont peu connues des médecins urgentistes qui pratiquent plus facilement la trachéotomie*. Actuellement, lorsque les directives avancées ont été exprimées par le patient, un courrier est adressé aux équipes de SAMU.
Il est donc essentiel de rappeler au patient et à la famille les conséquences importantes de la trachéotomie* pour la qualité de leur vie.
Si le patient décide de ne pas mettre en place de trachéotomie*, il a toutefois peur de mourir en sétouffant. On lui explique alors que lon peut mettre en place une prise en charge palliative de linsuffisance respiratoire terminale. Il est en effet possible de pratiquer une sédation* en soins palliatifs*. Le terme de sédation* vient du latin « sedare » : apaiser, calmer.
« La sédation* en phase terminale pour détresse est la recherche, par des moyens médicamenteux, dune diminution de la vigilance pouvant aller jusquà la perte de conscience. Son but est de diminuer ou de faire disparaître la perception dune situation vécue comme insupportable par le patient » (Véronique Blanchet, 2002).
Ceci implique bien entendu un soutien de lenvironnement familial et des discussions préalables (en présence du malade).
« Un certain nombre de questions à se poser en préalable est la garantie dune démarche éthique. Dautant que la mise en uvre de la sédation* au domicile peut être mal comprise ou interprétée comme un geste deuthanasie avec des conséquences sur le travail de deuil de lentourage. » (Véronique Blanchet, 2002).
Il va donc falloir que léquipe ait la capacité de clarifier la situation, de sorganiser quant à la prise de décisions et danticiper les situations pour lesquelles une sédation* serait à envisager. Une information du patient et de son entourage doit également être réalisée sur la technique, lobjectif visé et sur les risques éventuels (non soulagement
).
Quel que soit le choix du patient, le médecin le respectera. Dailleurs, daprès la loi du 22/04/05 pour les droits des malades en fin de vie, Art.L.1111-10 : « Lorsquune personne, en phase avancée ou terminale dune affection grave et incurable, quelle que soit la cause, décide de limiter ou darrêter le traitement, le médecin respecte sa volonté après lavoir informé des conséquences de son choix. La décision du malade est inscrite dans son dossier médical ».
« Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins » visés à larticle L.1110-10.
Il est en effet nécessaire daccepter que pour certains, la mort sera une délivrance. En effet, il sagit dune personne qui se trouve murée dans son propre corps, en proie à une solitude inévitable. On ne peut alors pas juger un choix qui nappartient quà elle.
Souvent, le décès survient pendant le sommeil ou par épuisement progressif.
Des équipes mobiles de soins palliatifs* peuvent venir au domicile du patient pour accompagner celui-ci dans ses décisions et sa fin de vie et également pour soutenir les proches.
Daprès la loi de 1999 concernant les droits de la personne malade et des usagers du système de santé, « les soins palliatifs* sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. » (Art. L.1er B).
En définitive, on agit dans une optique de « moindre mal ». Il faut être attentif à la demande du malade et y répondre de manière prudente et juste : respecter son désir est important afin que le décès se passe dans des conditions décentes. Mais il faut aussi englober lentourage qui a toute sa place dans cette douloureuse question de la fin de la vie. Une écoute, des gestes, des paroles, un échange, être là tout simplement, pour accompagner le malade et les proches dans ce cheminement si difficile.
Pour terminer, il faut envisager léventualité que le patient, lorsquune décision de non-intubation a été prise à froid, change davis lorsquune dyspnée* aiguë apparaît. Il est alors bien sûr nécessaire de prendre en compte la dernière décision du patient.
Dun autre côté, se pose parfois la question dun renoncement chez des patients trachéotomisés mais dont limage corporelle est dégradée ou qui subissent douleurs et hallucinations corporelles. Le médecin se doit alors de vérifier la constante de la demande, labsence dune dépression, lefficacité dun traitement anti-dépresseur, et une qualité de vie relativement correcte. Cependant, interrompre la ventilation dans un contexte sédatif est, à ce jour, inenvisageable pour certains médecins.
En conclusion, nous retiendrons ces phrases: « Bien souvent, la fin de vie est aussi une période dextraordinaire faim de vie (
) Jusquau bout, chacun garde des projets qui sont parfois dune simplicité étonnante ». Et enfin, « les derniers moments des personnes « condamnées par la médecine » sont parfois des histoires de vie intense » (SFAP, extraits de la revue messager n° 44).
PRESENTATION
Problématique et hypothèses de départ
Lenseignement qui nous a été donné sur la SLA, la lecture de différents articles à ce sujet et nos propres réflexions nous ont amenées à nous interroger sur la façon dont les orthophonistes appréhendent la prise en charge de la SLA.
En effet, bien quayant officiellement les compétences requises, beaucoup dorthophonistes semblent avoir des réticences quant à ce type de prise en charge. De nombreuses questions se posent alors : est-ce le caractère peu gratifiant et inexorable de la prise en charge qui rebute et/ou encore le manque dinformation concernant la maladie et les moyens de prise en charge ?
Les orthophonistes récemment diplômés sont normalement formés pour mener à bien ces prises en charge mais sont-ils assez préparés ?
Il y a quelques années, la formation initiale en orthophonie ne comprenait pas les cours actuellement dispensés sur la SLA et sa prise en charge.
Le rôle de lorthophoniste est à ne pas négliger dans la prise en charge des patients atteints de SLA car, bien quil soit difficile, les richesses humaines quil apporte devraient le rendre plus valorisant.
Nous avons constaté que ce genre de suivi engendre beaucoup dappréhension, de questionnements et de remises en cause. La prise en charge de cette pathologie fait donc peur. De plus, la prise en charge orthophonique des patients atteints de SLA en cabinet libéral nest pas systématique. La réflexion de certains orthophonistes est alors de se dire « pourquoi sinvestir pour de rares cas que lon rencontrera dans sa carrière ? »
Objectifs
Nous avons décidé denvoyer des questionnaires à des orthophonistes par le biais dInternet. Ces derniers nont pas été choisis pour une étude statistique, mais pour un constat concernant la connaissance de cette maladie et des attentes quant à cette prise en charge. Dans ce mémoire, nous cherchons à familiariser les orthophonistes avec la prise en charge de cette pathologie incurable et à la rendre de ce fait plus accessible.
Nous voulons donner des points de repère et des pistes aidantes pour le thérapeute qui rencontre avant tout une personne, et non seulement un cas de SLA.
Au final, lobjectif serait damener un maximum dorthophonistes à faire ce type de prise en charge, en ne mettant pas en doute leurs propres compétences.
Méthodologie de lenquête
Mode denvoi
Nous avons réalisé cette étude par le biais dInternet : nous avons créé un site dans lequel nous avons expliqué le sujet de notre mémoire, nos objectifs ainsi que ce que nous attendons des orthophonistes pour aboutir et affiner notre projet.
Ensuite, une page consacrée à notre questionnaire apparaît en cliquant sur licône « répondre au questionnaire ». Les orthophonistes peuvent ainsi répondre directement aux questions posées et renvoyer les réponses en cliquant sur « envoyer ».
Nous les recevons sur une page de ce site qui nous est consacrée et nest accessible quà nous.
Nous avons opté pour cette présentation pour plusieurs raisons : dune part, cest plus attrayant, moins rébarbatif donc les personnes y répondent plus facilement. Dautre part, les réponses nous parviennent directement sur outil informatique. Enfin, laspect financier nest pas à négliger.
En ce qui concerne les personnes sélectionnées, nous ne les avons pas triées puisque notre but nétait pas den faire une étude statistique ; nous avons donc procédé par « mailing list » fournie par notre Maître de mémoire.
Les questionnaires
Le questionnaire est composé de 9 questions dont 4 fermées, une divisée en 2 parties (1 ouverte et 1 fermée) et 4 questions ouvertes dans lesquelles lorthophoniste peut sexprimer librement.
Nous allons maintenant détailler chaque question et les raisons pour lesquelles nous les avons posées.
Question n° 1
Connaissez-vous la S.L.A. ?
Nous avons commencé notre enquête par cette question étant donné la récence des cours dispensés sur ce sujet dans les Instituts dOrthophonie.
Question n° 2
Comment ? définition ?
Cette question complète la première. Nous voulons ici savoir si cest la formation initiale qui les a informés sur la maladie ou si cest dans lactivité professionnelle quils ont été confrontés à cette pathologie, sans y avoir été formés au départ.
La définition permet de vérifier lexactitude des connaissances, non pas dans un but de jugement mais plutôt dans un souci de précision, afin daffiner notre travail compte tenu des réponses.
Question n° 3
Avez-vous déjà eu une demande de prise en charge pour la S.L.A. ?
Nous nous rendons compte ici de la fréquence à laquelle les orthophonistes rencontrent un cas de S.L.A. dans le cadre de leur exercice.
Question n° 4
Avez-vous accepté de prendre en charge ce type de pathologie ?
Cette question permet de voir si les orthophonistes refusent par manque dinformation, dexpérience etc
Leurs réponses constitueraient lobjectif principal de notre outil DVD.
Question n° 5
Vous avez accepté de prendre en charge un patient de la S.L.A. Cela sest - il bien passé ?
Referiez-vous ce type de prise en charge ?
Nous souhaitons par cette question, connaître lattitude du thérapeute face à la maladie, sil se sent prêt à entreprendre un tel suivi.
Question n° 6
Dans le cas où vous avez déjà réalisé une prise en charge dun patient atteint de S.L.A., pouvez-vous donner brièvement les quelques exercices que vous jugez pertinents ?
Cette question permet de voir où en sont les thérapeutes dans leur recherche de prise en charge de la S.L.A., si ce quils proposent est adapté à la pathologie et, dans le cas contraire, pouvoir alors les guider par le biais de notre outil DVD.
Question n° 7
Quest ce qui vous fait le plus peur dans la prise en charge de la S.L.A. ?
Nous voulons ainsi comprendre la raison pour laquelle si peu dorthophonistes acceptent de prendre en charge ces patients et « dédramatiser » cette appréhension en leur proposant des exercices précis et variés qui guideront leur prise en charge.
Question n° 8
Si nous créions un outil destiné à la prise en charge de la S.L.A., quen attendez-vous précisément ?
Ceci de permet de répondre aux besoins des orthophonistes et daffiner ainsi notre travail.
Question n° 9
Si une réunion dinformation sur cette pathologie sorganisait dans votre région, seriez-vous intéressé(e) dy participer ?
Grâce à cette question, nous pouvons nous rendre compte du nombre de personnes susceptibles dassister à une éventuelle réunion dinformation, sachant que nous ne pourrions lorganiser dans toutes les régions.
PRESENTATION DES RESULTATS
Analyse globale des questionnaires renvoyés
Initialement, nous avions envoyé 220 questionnaires, tous par le biais dInternet HYPERLINK http://sgdf.quimper.free.fr/sla/slaintro.php http://sgdf.quimper.free.fr/SLA/SLAintro.php
Nous avons reçu 65 réponses soit 29,55 %. Nous nous attendions à plus de résultat surtout grâce à la facilité de renvoi et le gain de temps ainsi obtenu.
Nous avons ensuite repris les réponses, question par question, afin de bien cibler les problèmes rencontrés et les attentes des orthophonistes contactés.
Analyse détaillée des résultats
En premier lieu, il nous semble important de repréciser que nous navons obtenu que 30 % de réponses sur tous les questionnaires envoyés. Nous vous demandons donc de bien prendre en compte ce critère dans les résultats qui vont suivre. En effet, léchantillon ne révèle pas tout à fait lampleur de la méconnaissance de la SLA et les demandes quant aux prises en charge qui en découlent. Comme dans tout questionnaire, ne répondent que ceux qui se sentent concernés, nous ne pouvons donc bien entendu affirmer que nos résultats sont représentatifs de la réalité.
Voici maintenant les résultats détaillés de chaque item de notre questionnaire.
Dans la population ciblée par nos questionnaires, il en ressort que la majorité des orthophonistes a déjà entendu parler de cette pathologie (86 %). Les prochaines questions permettront de savoir dans quelles circonstances ils en ont entendu parler et quelle définition en donnent-ils.
Nous ne pouvons pas conclure sur la première partie de cette question (beaucoup ny ont pas répondu.) Cependant, elle révèle une certaine connaissance de la maladie de par la formation initiale ainsi que quelques cas dans la patientèle.
En ce qui concerne les définitions, la majorité fait part dune dégénérescence musculaire (75%) et 30% parlent de troubles moteurs, de la voix, de la parole, de la déglutition.
Ce qui nous interpelle est le nombre restreint de personnes à avoir noté lévolution rapide de la SLA : est-ce une méconnaissance de cet aspect de la maladie ou un simple oubli ?
Enfin, 5,3% des orthophonistes interrogés nont pu donner de définition, ce qui tend à montrer que beaucoup de personnes en ont déjà entendu parler sans pour autant savoir ce dont il sagit plus précisément dun point de vue clinique.
Cette question montre que plus de la moitié des personnes ayant répondu ont déjà eu une demande de prise en charge pour la SLA, or, il est quand même peu fréquent de rencontrer ce type de pathologie. Il est donc fort probable, comme nous lavons souligné précédemment, que les personnes sétant intéressées à ce questionnaire étaient déjà sensibilisées à ce type de problème.
Ce graphe montre quune grande majorité des personnes ont accepté de suivre ce type de pathologie, ce qui confirme lhypothèse émise ci-dessus, soit que la majorité des personnes ayant répondu ont été interpellées par ce sujet.
Nous voyons ici que les quelques personnes qui nont pas accepté de prendre en charge cette pathologie lont fait pour des raisons diverses mais plus nettement par manque dinformations, ce qui justifie en partie notre motivation dans la création dun outil DVD.
Nous remarquons ici quune grande partie des prises en charge se sont bien passées. Pourtant, les questions suivantes montreront quil existe une réelle demande de complément dinformations quant à ce type de prise en charge.
Beaucoup dorthophonistes referont ce type de suivi, nous avons toutefois été surprises par la proportion de personnes qui affirment ne pas savoir si elles reprendront des cas similaires. Leurs arguments sont tout à fait notables notamment le rôle difficile du soignant dans laccompagnement vers la mort. Notre DVD se veut sur ce point source dinformations et de conseils afin de « dédramatiser » ou du moins dappréhender de façon la plus « sereine » possible ce genre de suivi.
Cette question a été une source dinformations très riches pour nous : nous avons repéré les domaines travaillés principalement et ainsi pu préciser le type dexercices à insérer dans notre outil DVD.
Laccompagnement vers la mort est laspect le plus rebutant dans la prise en charge de la SLA. Nous avions vu précédemment que la majorité des prises en charges sétaient déroulées correctement mais langoisse quengendrent la mort et le long tunnel des souffrances qui la précède reste très difficile pour le soignant. La SLA est donc, avec lappui de ce diagramme assez révélateur, une maladie qui entraîne une résurgence de langoisse de la part du thérapeute.
Cette question avait une importance extrême pour laboutissement de notre projet car nous voulions savoir quels sont les demandes et les besoins quant à la prise en charge orthophonique de la SLA. Nous pouvons alors remarquer daprès le graphe ci-dessus que les attentes sont nombreuses, ce qui est encourageant.
Le point le plus important est la demande dexercices pratiques, concrets, détaillés et progressifs, selon le stade de la maladie.
Ensuite, il y a une demande relativement importante de rappels théoriques ce qui nous amène à penser que, même si les orthophonistes connaissent globalement la maladie, ils aimeraient approfondir leurs connaissances afin daffiner leurs prises en charges.
Enfin, les outils de communication, les aspects psychologiques et sociaux et les films, schémas sont autant de choses à développer dans le DVD. Ce sont en effet des choses très pratiques et concrètes qui ont toute leur importance dans la prise en charge des patients.
Ce qui ressort principalement de cette question sont des demandes pratiques et concrètes pour la « rééducation » orthophonique de la SLA.
Une grande majorité des orthophonistes serait partante pour participer à une réunion dinformations. Cette réponse est positive car cela montre que la SLA interpelle et intéresse les professionnels de santé. Il existe donc une réelle demande à ce niveau ; nous sommes alors bien dans nos objectifs de mémoire à savoir apporter une information la plus complète et détaillée possible sur la SLA et sa prise en charge orthophonique.
ANALYSE DES ELEMENTS RELEVES AU COURS DES ENTRETIENS
Afin davoir une approche plus globale du suivi dun patient atteint de SLA, il nous semblait essentiel de rencontrer des professionnels de santé tels que neurologue, pneumologue, médecin en médecine physique et de réadaptation, ergothérapeute, kinésithérapeute, diététicienne et orthophoniste (cf annexe 10).
Par ces échanges, nous avions pour but de savoir comment ces soignants interviennent auprès des patients atteints de SLA. En effet, la prise en charge de la SLA se réalise dans la multidisciplinarité et la transdisciplinarité. Rien nest plus important quune réelle coordination entre les différents intervenants.
Les orthophonistes
Avant de réaliser les films pour notre DVD, nous avons contacté des orthophonistes travaillant dans le domaine de la SLA. Nous souhaitions alors avoir des conseils et obtenir les coordonnées de patients qui accepteraient de nous rencontrer.
Pour cela, nous avons divisé nos recherches dune part dans le département du Nord, et de lautre, dans la région Bretagne. A Lille, cest notre Maître de mémoire, Madame Dhalluin-Tétaert, qui a suivi nos démarches et qui nous a permis de rencontrer des patients et leur famille. En Bretagne, nous avons pris contact avec Annie Leforestier, lorthophoniste chargée des examens diagnostiques et du suivi des patients atteints de SLA à lhôpital de Saint-Brieuc, dans le département des Côtes dArmor (22). Cette orthophoniste nous a alors communiqué le nom dune autre professionnelle exerçant en libéral, Madame Guillaume, qui a accepté de nous rencontrer, de nous livrer un témoignage et de nous présenter à un de ses patients atteint de SLA.
Nous avons, dans un premier temps, rencontré Madame Leforestier au mois doctobre 2006 et, dans un second temps, nous sommes allées interroger et filmer Madame Guillaume, ainsi que son patient, Monsieur D.D., au mois de novembre et de décembre.
Entretien avec Annie Leforestier le 14 octobre 2006
Nous avons rencontré Madame Leforestier près de Brest (29), alors quelle revenait dune conférence donnée par le Professeur Auzou sur la déglutition. Madame Leforestier participe activement au développement de la prise en charge, du bilan et des moyens de communication dans le domaine de la SLA. Bien que nayant pas le statut officiel de « Centre SLA », lhôpital de Saint-Brieuc en est la référence en Bretagne nord.
Les objectifs de cette rencontre étaient multiples. Nous souhaitions tout dabord informer Madame Leforestier, ainsi que lensemble des personnes travaillant dans le domaine de la SLA à Saint-Brieuc, de notre souhait de réaliser un DVD sur le rôle de lorthophoniste dans la prise en charge des patients atteints de cette maladie. Nous avons ensuite exposé les buts et objectifs de notre outil et enfin, nous lui avons demandé si elle accepterait de nous apporter son expérience pour lélaboration de ce projet.
Après son accord, nous avons longuement discuté de sa vision de la prise en charge orthophonique dans la SLA, de sa participation à la création du Bilan Minimum Commun sur le plan national, et de son engagement dans le projet de recherche et de création dune synthèse vocale en partenariat avec le laboratoire de recherches de France Télécom.
Enfin, nous avons prévu une prochaine entrevue avec, cette fois, un de ses patients qui serait daccord et disponible pour nous rencontrer et être filmé.
Cet entretien nous a permis de nous rendre compte des nombreux projets et actions mis en place tant sur un plan national que régional. Linvestissement et le grand intérêt pour cette pathologie dont fait preuve Madame Leforestier nous ont confortées dans notre projet et dans notre volonté de réaliser un outil complet, pratique et simple.
De plus, cette entrevue nous a ouvert des portes sur de nouvelles rencontres, tout aussi enrichissantes et pertinentes pour la création de notre DVD.
Entretiens avec Héléna Guillaume les 23 novembre et 21 décembre 2006
Le 23 novembre, nous nous sommes rendues à Plouagat (22), près de Saint-Brieuc, afin de rencontrer Héléna Guillaume, ainsi quun de ses patients, Monsieur D.D. Ce premier rendez-vous nous a permis de faire connaissance, dexposer les objectifs de notre mémoire et de notre DVD, et de faire part à une orthophoniste « sur le terrain », de nos fiches pratiques. Durant cet entretien, Héléna Guillaume nous a présenté sa façon daborder lorthophonie dans le cadre de la SLA et nous a donné son avis quant à lintérêt de la création dun outil DVD dans la prise en charge orthophonique de la SLA.
Madame Guillaume travaille également à lhôpital de Guingamp (22) où elle intervient essentiellement auprès des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, et notamment dans les troubles de la déglutition entraînés par cette pathologie. Ses conseils nous ont donc été utiles en ce qui concerne les fiches pratiques sur la déglutition.
Ce rendez-vous du 23 novembre nous a amenées à faire quelques rectifications sur les fiches pratiques inclues dans notre DVD, à réaliser limportance des exercices de déglutition et à lintérêt de les filmer. Par ailleurs, son patient, Monsieur D.D., a accepté de se faire filmer lors dun second entretien. Nous avons conclu notre rencontre en fixant une deuxième date lors de laquelle il était prévu que nous filmions Monsieur D.D. pour des exercices de déglutition ainsi que les témoignages de lui-même et de Madame Guillaume.
Le 21 décembre, nous sommes donc retournées à Plouagat pour une deuxième rencontre. Quelques temps auparavant, nous avions envoyé par mail la liste des questions que nous souhaitions leur poser (cf annexe 11). Ainsi, chacun dentre eux pouvait se préparer et réfléchir aux réponses quil désirait nous donner devant la caméra.
Héléna Guillaume intervient sur les films de deux manières : elle fait réaliser des exercices de déglutition à Monsieur D.D. dans un premier temps (essais alimentaires, massages
), et dans un second temps, elle nous livre son témoignage quant au rôle de lorthophoniste au cours de cette prise en charge. Elle soulève également que le rôle de lorthophoniste ne sarrête pas à un suivi purement technique, mais quil sert également daccompagnement, découte et de soutien.
Entretiens du 05 avril avec Madame Leforestier et Monsieur L.
Nous avons rencontré Madame Leforestier et Monsieur L. au centre régional SLA, à lHôpital Yves Le Foll de Saint-Brieuc (22). Monsieur L. venait de LIle et Vilaine (35) pour réaliser un bilan orthophonique mais également pour différentes consultations (neurologue, ergothérapeute). Monsieur L. est suivi par Madame Leforestier depuis plusieurs mois et ils travaillent ensemble (ainsi quavec de nombreux autres partenaires) à la création dun outil de communication alternative ; lobjectif étant délaborer une nouvelle technique de synthèse de parole à partir de la voix propre du patient dans le but daméliorer ladhésion à ce mode de communication. Ils se connaissent donc bien et sapprécient mutuellement.
Monsieur L. en est à un stade modéré de la maladie. Il se déplace en fauteuil roulant électrique malgré une marche encore possible sur de très courtes distances. De légers troubles bulbaires commencent à apparaître mais sa parole est tout à fait intelligible.
Dans un premier temps, nous avons pris le temps de faire connaissance avec Monsieur L. que nous voyions pour la première fois. Nous avons discuté de la vision de sa maladie mais surtout de son implication dans le projet de voix de synthèse.
Puis nous avons échangé nos idées sur le déroulement du film à réaliser et nous leur avons exposé nos attentes.
Ensuite, nous avons débuté la passation du bilan, créé à Saint-Brieuc, dans leur service. Elle a duré près dune heure et il a été nécessaire de faire une pause car Monsieur L. fatiguait et ressentait quelques douleurs.
A la fin du bilan, Monsieur L. sest mis à lordinateur pour nous présenter loutil de communication en cours de réalisation. Madame Leforestier est également intervenue pour donner quelques précisions dun point de vue plus orthophonique.
Enfin, Monsieur L. nous a livré un témoignage très touchant sur sa prise en charge et son vécu de la maladie.
Entretiens du 19 avril avec Mesdames Nathalie Lévêque et Christine Pointon
Nous avons rencontré Nathalie Lévêque et Christine Pointon à lhôpital de la Pitié Salpêtrière de Paris dans le service des maladies du système nerveux des professeurs Y.Agid, O. Lyon-Caen et V. Meininger.
Lentretien a commencé par une discussion autour de la SLA et de leur travail au sein du centre référent. Puis nous leur avons exposé les objectifs de notre mémoire et nos attentes quant à cette rencontre. Nous avions auparavant envoyé par mail les questions que nous souhaitions leur poser (cf annexe 11). Ces dames ont été surprises que nous ne les avions pas contactées plus tôt. Il est vrai quelles nous semblaient inaccessibles de par leur statut et leurs emplois du temps certainement très chargés. Et pourtant, nous avons été très bien accueillies. Nathalie Lévêque et Christine Pointon ont été très accessibles et disponibles, elle nous ont consacré tout un après-midi et nous les en remercions vivement.
Au départ, il nétait pas prévu de filmer Madame Pointon mais celle-ci a bien voulu nous délivrer son témoignage.
Beaucoup de thèmes ont été abordés lors de cet entretien : les centres SLA de France, la fin de vie et sa problématique, le bilan, le diagnostic etc.
Cette rencontre fut donc très enrichissante, motivante et nous avons eu un retour positif sur notre travail.
Peut-être aurions-nous loccasion de nous revoir pour un projet dans la continuité de celui-ci
Les patients et familles de patients
Il était nécessaire daller à la rencontre de patients et de leur famille afin de recueillir leurs témoignages et de nous rendre compte du vécu de la maladie au quotidien.
Rencontres avec Monsieur D.
Nous avons rencontré Monsieur D. à plusieurs reprises, avec son épouse. Il est suivi par Madame Dhalluin-Tétaert depuis plusieurs années et a accepté de nous recevoir et dêtre filmé. Nous nous sommes donc rendues à leur domicile à plusieurs reprises.
Au cours du premier entretien, nous avons fait connaissance, nous avons parlé de la maladie et de son vécu au quotidien puis nous avons discuté de notre projet de mémoire, du DVD que nous voulions créer et de laide quils pourraient nous apporter. Monsieur D. sest montré intéressé et a formulé sa volonté de participer à notre projet.
Lors dune deuxième rencontre, nous lavons filmé pour la réalisation dexercices moteurs bucco-faciaux et dexercices de respiration.
Puis, lors du troisième rendez-vous, son épouse était présente afin de nous expliquer le principe de la gastrostomie. Monsieur D. a accepté de recevoir une poche alimentaire et ils nous ont montré les gestes techniques à réaliser pour la poser.
Enfin, au cours dun dernier entretien, nous avons pu filmer la pose dun bouton Mic-key réalisée par Madame D. elle-même.
Ces quatre entretiens nous ont été très utiles et nous ont beaucoup appris tant sur un plan relationnel que technique et orthophonique. Cela nous a permis denrichir nos films avec des explications précises, soutenues par des images concrètes. De plus, la rencontre avec Monsieur et Madame D. a été très enrichissante et leur disponibilité nous a été dune grande aide.
Rencontres avec Monsieur D.D
Comme nous lavons évoqué précédemment, nous avons rencontré Monsieur D.D dans le cabinet libéral de Madame Guillaume, à Plouagat (22). La première entrevue nous a permis de faire connaissance et de discuter des objectifs de notre mémoire. Puis nous avons parlé de sa maladie, de la survenue de celle-ci et de son vécu. Il nous a exprimé sa volonté de participer à notre projet, en souhaitant, tout comme Monsieur D., avoir un retour sur sa collaboration à notre mémoire.
Au second rendez-vous, Monsieur D.D. a accepté dêtre filmé durant des exercices de déglutition (essais alimentaires, massages, stimulations tactiles) et il nous a également livré un témoignage sur sa maladie, son vécu et sur lintérêt et limportance de lorthophonie pour lui.
Sa participation à notre DVD, et notamment son témoignage, nous permettent de nous approcher un peu plus des objectifs que nous nous étions fixés au début de ce projet : faire de ce DVD un outil pratique, simple et contenant des exercices concrets mais également de lui donner une dimension plus « humaine » grâce à des témoignages de patients, de leur famille et de leur orthophoniste.
Rencontre avec Mme M.
Madame M. est une femme, une belle femme, âgée de 50 ans. En décembre 2004, elle apprend quelle a une Sclérose Latérale Amyotrophique. Cest le choc dautant plus quelle connaît la maladie : son ancien médecin traitant est mort il y a quelques années dune SLA. Madame M. sait donc à quoi sattendre. Mais elle ne baisse pas les bras, nous sommes en 2005, la recherche avance, on trouvera certainement un traitement ou quelque chose
. Les mois défilent et Madame M. se voit « diminuer » de jour en jour. Ses troubles sont au début essentiellement bulbaires : en juin 2005, elle ne parle quasiment plus, ou de façon quasi inintelligible. Cest une véritable descente aux enfers : elle doit accepter petit à petit de ne plus se servir que de sa main gauche puis dutiliser une canne, un déambulateur, un déambulateur à roulettes jusquau jour où elle se lavoue : elle ne marchera plus.
Peu à peu la main gauche commence elle aussi à faire des siennes ; sa fille Magalie. lui dénichera alors un petit appareil de communication sur lequel elle tape avec un doigt.
Mai 2006 : Cest ma première rencontre avec cette dame. Cela fait exactement 1 an et 5 mois quelle a été diagnostiquée. Je vois une femme, jolie, dans un fauteuil roulant électrique, le visage souriant, attablée devant un petit appareil, celui dont elle se sert pour communiquer. Elle ne peut dire bonjour, mais lécrit sur son écran. Je lui parle alors de notre projet de mémoire sur la SLA, et lui demande si elle accepterait dy participer pour lélaboration de notre outil DVD. Elle accepte immédiatement : « si ça peut faire changer certaines choses
». Même si la communication avec Madame M. est restreinte, cest une véritable rencontre, qui nous a apporté énormément tant sur un plan humain, relationnel quorthophonique. Cest une véritable leçon de vie.
Après létape de lordinateur pour communiquer ; actuellement, Madame M. ne communique plus quavec le regard et quelques mouvements de tête. Elle ne peut plus utiliser sa main gauche et na presque plus de tenue de tête.
Elle a participé activement à lélaboration de notre outil DVD en acceptant de se faire filmer.
Malheureusement, de par le stade très évolué de sa maladie, nous navons pu la filmer que pour des activités passives et pourtant, cest son image, son courage, sa foi en la vie qui nous ont poursuivis tout au long de lélaboration de notre DVD : et si on pouvait faire changer les choses ?
.
Rencontre avec Magalie et Annie.
Dans le cadre de la création de notre outil DVD, nous souhaitions avoir des témoignages de famille de patients. En effet, les personnes atteintes de SLA souffrent beaucoup tant sur un plan physique que psychologique mais il est également important de tenir compte de la souffrance psychologique des proches occasionnée par lannonce du diagnostic et le vécu au quotidien.
Cest pourquoi nous avons rencontré Magalie et Annie, qui ont bien voulu nous rapporter leur propre vécu. Magalie est la fille de Madame M., citée auparavant, et Annie est sa belle-sur. Nous avons donc pu recueillir deux points de vue différents.
La fille de Madame M. a retracé les étapes suivant lannonce du diagnostic avec les premiers symptômes, les réactions suite à cette annonce et les étapes difficiles dévolution de la maladie. Elle a également parlé de lapport de lorthophonie et de la cohésion dun travail en équipe entre les différents soignants.
Enfin, nous avons abordé le choix difficile à faire concernant la fin de la vie de sa mère.
Ce qui ressort tout au long de lentretien est le « manque » : le manque de la voix, du rire, de la personne tout entière qui nest plus exactement limage delle-même, valide, mais une personne malade, consciente de son état, et qui se trouve emmurée dans son propre corps. Ceci est insupportable pour lentourage.
Quant à Annie, elle a appuyé les propos de Magalie tout au long de lentretien et a fait ressortir une souffrance énorme. Elle parle dinjustice, de révolte et se replonge régulièrement dans ses souvenirs, dans les moments inoubliables quelle a passés avec sa belle-sur qui était pour elle bien plus quune sur.
Pour conclure, nous pouvons dire que ces différentes rencontres ont été déterminantes pour la création de notre outil DVD.
Dune part, les entretiens avec les orthophonistes nous ont confortées dans lidée de notre projet en y portant une grande attention. Elles nous ont aussi donné de précieux conseils et nous ont encouragées par leur expérience, à développer certains domaines restés peut être trop superficiels.
Dautre part, nos films nauraient pu voir le jour sans la participation active des patients et de leur famille. Grâce à eux, le DVD propose à la fois une approche technique, concrète et humaine.
Il était donc essentiel daller à la rencontre de personnes directement concernées afin dêtre le plus proche possible de la réalité et de donner alors plus dimportance à la dimension humaine.
REALISATION DE NOTRE OUTIL DVD
Préalables
Avant de se lancer dans la réalisation de nos films et de notre DVD nous avions élaboré un axe de travail.
En premier lieu, nous avons imaginé page par page ce que nous souhaitions voir apparaître pour chaque partie : déglutition, respiration, praxies oro-faciales, massages, bilan, témoignages et rappels théoriques.
Dans chacun de ces chapitres, nous avons essayé de détailler chaque sous-partie pouvant y être intégrée. Nous avons également noté notre souhait dy associer ou non, une voix off, un ou des films et une présentation power point.
Exemple : Chapitre déglutition
1) Rappels théoriques : schémas, voix off, texte
2) Adaptations et conseils pratiques
( Adaptation de lenvironnement
( Adaptation des postures
( Adaptation des ustensiles
( Adaptations alimentaires
( Adaptation de la prise des repas
3) Exercices non spécifiques
( Détente (lien chapitre « massages »)
( Respiration (lien chapitre « respiration »)
( Exercices moteurs (lien chapitre « praxies »)
( Exercices vocaux (power point)
4) Exercices spécifiques
( Matériel nécessaire (photos)
( Stimulations thermiques (films + voix off)
( Stimulations tactiles (idem)
( Stimulations sensorielles (idem)
( Stimulations vibratoires (photo + voix off)
( Stimulations des récepteurs gustatifs (idem)
( Manuvres et postures de facilitation
( Logemann (film + voix off)
( Mendelsohn (idem)
( Positions de tête :
( Flexion antérieure (film + voix off)
( Rotation (idem)
( Rotation et flexion antérieure (idem)
( Extension de tête (idem)
( Position en décubitus dorsal et latéral (power point)
En second lieu, nous avons pensé à la page de menu : sur une même page, on voulait voir safficher les titres de chaque chapitre dans des bulles, au centre desquels figurait le titre du DVD (cf annexe 12).
Enfin, la musique et les fonds décran faisaient partie de nos préoccupations mais nétant pas la priorité, nous avons reporté cette tâche à plus tard.
Films et tournages
Suite à notre travail délaboration du plan, nous avons sélectionné des séquences précises à filmer. Toutes les fiches pratiques nont pas pu être illustrées en film pour plusieurs raisons : deux patients seulement étaient aptes à répondre à nos attentes quant à la réalisation dexercices actifs et aussi le caractère nocif defforts prolongés dans la SLA.
Cependant, nous avons tenu à nous filmer mutuellement pour illustrer la plupart des autres fiches pratiques. De plus, certains exercices ont été réalisés par un patient et par nous-mêmes, non pas dans un esprit de jugement mais pour donner une idée des limites du patient occasionnées par la SLA.
Dun point de vue pratique, certains films ont été tournés au domicile des patients pour des raisons daccessibilité et/ou dinvalidité, pour dautres au cabinet de leur orthophoniste et enfin, à lhôpital pour lun dentre eux.
Les tournages se sont bien déroulés et les patients étaient satisfaits de laide quils ont pu nous apporter. Enfin, nous avons bien entendu obtenu toutes les autorisations dutilisation de limage (cf annexe 14).
Sélection des séquences filmées
Une fois les films tournés, nous avons transmis les cassettes à Monsieur Delattre du service ICARE de la faculté de médecine de Lille 2. Celui-ci a transféré les vidéos sur des cassettes VHS comportant un time code. Ainsi, nous avons pu « dérusher » c'est-à-dire sélectionner précisément les passages voulus, les reporter dans un tableau destiné à Monsieur Delattre (cf annexe 15).
Ce fut un travail long et fastidieux mais qui toutefois nous permit de visualiser lensemble des séquences dont nous disposions et délaborer le plan détaillé du DVD.
Films et montage
A partir du 26 mars 2007, nous avons commencé à « monter ». La première séance fut fastidieuse car il a fallu repenser entièrement notre façon dappréhender le DVD. En effet, nous voulions pouvoir cliquer sur chaque exercice séparément pour pouvoir y accéder or, ce type de présentation est plutôt caractéristique dun CD-Rom. Monsieur Delattre nous a donc orientées vers un film regroupant tous les exercices dans chaque domaine différent. Lutilisateur viendra donc cliquer sur le domaine quil veut visualiser et un film contenant le rappel théorique, les exercices et les informations utiles défilera. A la fin de ce film, lutilisateur sera rebasculé vers la page de menu.
Les séances suivantes se sont bien déroulées, nous avons toutefois été surprises par la patience, le perfectionnisme et la précision dont il faut faire preuve pour créer ce genre doutil.
Plan détaillé du DVD
Suite à toutes ces étapes étudiées en amont, nous avons abouti à un plan détaillé de loutil DVD :
MENU:
Déglutition
Respiration
Praxies
Massages
Rappels théoriques
Témoignages
Bilan
Adresses et renseignements utiles
Page « Déglutition »
Rappels théoriques
Adaptations et conseils pratiques
Adaptations de lenvironnement
Adaptations des postures
Adaptations des ustensiles
Adaptations alimentaires
Adaptations de la prise des repas
Exercices non spécifiques
Détente
Respiration
Exercices moteurs
Exercices vocaux
Exercices spécifiques
Matériel nécessaire
Stimulations thermiques
Stimulations tactiles
Intérieur des joues
Extérieur : joues et menton
Stimulations sensorielles
Bâtonnet
Stimulations vibratoires
Stimulations des récepteurs gustatifs
Essais alimentaires
Eau plate
Eau pétillante
Fromage blanc
Manuvres et positions de facilitation
Logemann
Mendelsohn
Les positions de tête
Flexion antérieure
Rotation
Rotation et flexion antérieure
Extension de tête
Inclinaison
Position en décubitus dorsal ou latéral
La gastrostomie
Pose de la sonde dalimentation
Changement du bouton Mic-key
Page « Respiration » :
Rappels théoriques
Exercices de respiration
Souffle expiratoire sur un /s/
Souffle expiratoire sur un /s/ avec arrêts du souffle
Souffle expiratoire sur un /f/ puis un /ch/
Exercice des soupirs
Durée phonatoire
Comptage des nombres par 2 de 0 à 12
Comptage des nombres par 3 de 0 à 15
Comptage des nombres par 4 de 0 à 16
Comptage des nombres de 0 à 12 sur une expiration
Jours de la semaine
Strophes de Verlaine
Travail de lintonation
Comptage jusquà 6 sur 2 notes
Comptage jusquà 12 sur 3 notes
Sirène ascendante
Sirène descendante
Sirène complète
Coordination pneumo-phonique
Exercice du 3/5/f et du 3/5/v
Page « Praxies » :
Mâchoires et articulation temporo-mandibulaire
Ouverture et fermeture de la bouche
Propulsion de la mâchoire vers lavant
Mouvements de diduction
Lèvres
Etirement et projection des lèvres
Lèvres rentrées
Recouvrement de la lèvre supérieure par la lèvre inférieure puis inversement
Bruit du baiser
Chantonnement bouche fermée sur un /m/
Lèvres relevées (le « chuut »)
Bruit du poisson
Bruit du cheval
Exercice du spaghetti
Exercice du fil
Souffle sur un /f/ (exercice de la bougie)
Sifflement
Joues
Gonfler les joues
Gonfler une joue puis lautre
Gonfler une joue puis passer lair dans lautre
Rentrer les joues
Langue
Balayage du palais
Tour extérieur puis intérieur des dents
Toucher alternativement une dent de la mâchoire supérieure puis une dent de la mâchoire inférieure
Tapoter lapex sur les incisives inférieures et supérieures
Contour des lèvres
Va-et-vient de lapex aux commissures
Langue vers le nez puis vers le menton
Claquements de la langue contre le palais
Clics : claquements de la langue contre les dents
Clics sur les incisives : bruit de la désapprobation
Exercice de la langue de rat/langue de chat
Exercice du tiroir
Répétition du mot tranquillité
Tenue dun /i/
Répétition de sons (/k/g/, /kr/gr/, /clonc/clanc/
)
Travail de la base de langue
Voile du palais
Gonfler les joues en bouchant le nez
Simulation dun mouchage
Répétition des phonèmes a/an, o/on, è/ein, a/é et /r/ puis des dissyllabiques /bra/, /bre/, /bri/, /bro/, /bru/, /brou/
Tenue dun /a/
Répétition du mot /papa/
Tête
Flexion
Extension
Inclinaison droite/gauche
Rotation droite/gauche
Exercice de lhorloge
Motricité faciale : entretien des mimiques faciales
Lever les sourcils
Froncer les sourcils
Fermer les yeux puis les ouvrir à mi-clos
Clins dil
Sentir le parfum dune fleur
Mimes : joie, peur, surprise, énervement et moue
Réalisations phonétiques
Page « Massages » :
Recommandations
Massage du front
Massage de lil
Paupière et globe oculaire
Massage du nez
Haut de larête du nez, bas des ailes du nez et narines
Massage de la zone joues/lèvres et du menton
Extérieur : joues, lèvres et menton
Intérieur : joues et lèvres
Sans glaçon
Avec glaçon
Massage du peaucier du cou
Massage des mains et des avant-bras (pour une détente générale)
Page « Bilan »:
La dysarthrie
Analyse motrice
Expressivité de la face
Motricité bucco-faciale
Motricité vélo-pharyngée
Motricité laryngée
Respiration
Analyse perceptive
Mesure de lintelligibilité
Analyse de la réalisation phonémique
Caractéristiques vocales
Caractéristiques prosodiques
La dysphagie
Interrogatoire
Bilan fonctionnel
Conseils -Proposition et avis du patient
La communication
Conclusion Propositions
Page « Témoignages » :
Photos des personnes interrogées:
Magalie et Annie, Monsieur D.D et Madame Guillaume, Mesdames Lévêque et Pointon, Monsieur L.
Page « Rappels théoriques » :
Intervention du Pr Meininger
Page « Adresses et renseignements utiles » :
Page « Bilan »
Avec Annie Leforestier et Monsieur L.
Fiches pratiques déglutition
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
DEGLUTITION
Type dexercice
Les différentes positions de tête
Objectifs
Adapter le trajet du bol alimentaire au mécanisme du troubleStade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Les différentes positions de tête ont pour but de faire varier le volume pharyngo-laryngé et de modifier les effets de la gravité sur le bol alimentaire et les stases. Le trajet du bol peut ainsi être adapté au mécanisme du trouble, la position de la tête assurant une meilleure protection laryngée, soit une propulsion adéquate.Intérêts et consigne :
La flexion antérieure
Cette position entraîne la diminution de lentrée du larynx. La projection vers le mur pharyngé de la base de langue et de lépiglotte provoque un élargissement de lespace valléculaire, un renforcement de la protection et une meilleure orientation vers les sinus piriformes.
Consigne à donner : projeter le menton vers le sternum.
La rotation
Cette position est utilisée pour exclure le côté non fonctionnel.
Consigne à donner : tourner la tête vers la droite ou vers la gauche.
La rotation associée à la flexion antérieure
On augmente la fermeture laryngée en diminuant la lumière laryngée tout en favorisant le passage du bolus dans le pharynx controlatéral à la rotation.
Consigne à donner : amener le menton le plus près de lépaule droite ou gauche.
Lextension de la tête
Elle facilite le drainage du bolus vers larrière de la cavité buccale et améliore la vitesse de transit oral, mais les risques de fausses routes sont plus importantes car lespace ainsi créé entre le larynx et le pharynx est augmenté et lascension du larynx est difficile.
Consigne à donner : mettre en bouche et pencher la tête en arrière.
La position en décubitus dorsal ou latéral
Ces utilisations sont plus restreintes et diminuent leffet de gravité sur la stase pharyngée. Les résidus restent sur la paroi et cela évite les débordements dans le pharynx.
Consigne à donner : le patient est allongé sur le dos ou sur le côté.
Linclinaison
Cette position consiste à incliner la tête du côté sain afin damener le bol alimentaire ou le bol salivaire du côté fonctionnel.
Consigne à donner : incliner votre tête du coté le plus fonctionnel.
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FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
DEGLUTITION
Type dexercice
Stimulations des récepteurs gustatifs
Objectifs
Obtention dun réflexe de déglutition par lintroduction de goûts agréables dans la bouche
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Cotons-tiges, à manche long imbibés de différentes saveurs
Description:
On introduit des cotons-tiges genre badigeons ou « pic-touch », imbibés de goûts particuliers dans la bouche du patient, et plus particulièrement à larrière de la langue, sur les papilles. Il sagit de caresser suffisamment le dos de la langue afin que le goût puisse être perçu par le patient. Le but est de montrer quun réflexe de déglutition peut se produire grâce à lintroduction de goûts agréables dans la bouche.
Consigne :
« Je vais introduire ces cotons-tige aux différentes saveurs dans votre bouche, et surtout sur larrière de votre langue, près des papilles. Certains goûts vous seront peut-être agréables et pourront alors provoquer un réflexe de déglutition. »Remarques :
Afin de ne pas provoquer de réflexe nauséeux, il ne faut pas introduire le coton-tige trop loin dans la bouche. Pour certains, il sera nécessaire de se cantonner au premier tiers de la langue.
De plus, il est préférable déviter le goût citron car il entraîne une hypersalivation.
Le cas du citron mis à part (et des goûts acides en général), on parlera davantage dune hypodéglutition plutôt que dune hypersialorrhée.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
DEGLUTITION
Type dexercice
Manuvre de désobstruction
Manuvre dHeimlich
Objectifs
Libération des voies aériennes
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
La méthode d'Heimlich est une méthode de désobstruction des voies aériennes. Elle sert à déloger un objet coincé dans la gorge et qui empêche une personne de respirer. Elle se pratique lorsque la personne ne peut ni crier, ni parler, ni tousser, et qu'elle présente des signes de suffocation par inhalation d'un corps étranger, et/ou dont la ventilation spontanée ou artificielle est impossible.
Consigne :
Dans un premier temps donner cinq grandes claques dans le dos. Le but est de stimuler la toux qui va éjecter le corps étranger. On penche la personne en avant (pour faciliter l'éjection), on met sa main sur la poitrine de la victime (pour éviter qu'elle ne tombe lorsque l'on donne les coups), et on tape avec le plat de la main entre les omoplates.
Si cette technique est inefficace, il faut alors remplacer la toux. On va venir comprimer les poumons pour provoquer une surpression qui va déloger l'objet. Pour cela, on se place derrière la personne, contre son dos, le pied droit entre ses 2 pieds. On met un poing fermé, dos vers le haut, dans le creux de l'estomac, au-dessus du nombril et sous les côtes. On place son autre main par-dessus le poing et on écarte bien les avant-bras. Puis, on exerce des tractions violentes vers soi et vers le haut. Ainsi, on pousse les viscères sous les poumons ce qui crée la surpression.
Si la méthode ne marche pas, on recommence (5 claques dans le dos puis 5 fois la méthode d'Heimlich) jusqu'à la réussite.
Remarques :
Il est utile de bien connaître cette manuvre pour quelle soit effectuée de façon réflexe en présence dune personne suspecte d'inhalation d'un corps étranger, et/ou dont la ventilation spontanée ou artificielle est impossible. C'est la rapidité de réalisation de cette manuvre qui conditionne son succès.
Il semble important également de lapprendre à la famille du patient afin quen labsence de tout soignant, et avant larrivée des secours, elle soit capable deffectuer ce geste durgence.
Fiches pratiques respiration
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Relaxation
Objectifs
Détente du patient
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée, moyenne et sévère
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Cet exercice de relaxation a un impact sur la respiration.
Le patient est allongé (si cela lui est possible) ou assis, dans une position confortable pour lui.
Le rééducateur fait faire un « passage en revue » des cinq sens selon le protocole suivant :
Trois respirations amples et profondes (et on se laisse aller aux sensations engendrées)
Louïe : écoute de tous les bruits extérieurs à la pièce (environ 3 minutes)
Le toucher : sans bouger, prise de conscience du sol sous la voûte plantaire puis de la sensation du tissu sous les mains (environ 4 minutes)
Lodorat : exploration des odeurs de la pièce (environ 2 minutes)
Le goût : prise de conscience de lintérieur de la bouche, du palais, de la langue. On avale la salive (si possible) et on essaye de suivre son trajet dans le corps jusque lestomac comme si lon se goûtait soi-même (environ 3 minutes)
La vue : les yeux toujours fermés, on laisse défiler mentalement images, impressions, scènes diverses comme si lon assistait à un film, sans sinvestir émotionnellement, on reste spectateur.
Puis on demande au patient de reprendre 2 à 3 respirations amples et profondes avant le retour au réel. Consigne :
« Vous allez observer ce qui se passe lorsque vous laissez aller spontanément votre respiration après une inspiration la plus complète possible. Nous allons alors passer en revue les cinq sens. Vous verrez, laissez-vous aller et vous allez vous détendre. »
Remarques :
Les durées sont données à titre indicatif, elles peuvent varier en fonction du ressenti du patient.
Il est préférable de ne pas utiliser de musique afin que la personne puisse rester centrée sur elle-même.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Relaxation
Objectifs
Détente du corps et du mental
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée, moyenne et sévère
Matériel nécessaire
Musique douce
Description:
Lorsque le patient est bien installé, vous lui demandez deffectuer trois respirations profondes sur un rythme calme et fluide. Puis il ferme les yeux et un rapport différent à soi-même se met en place : calme et confiant.
Vous devez amener le patient à détendre chaque partie de son corps, depuis le front jusquaux pieds. La voix doit être douce et caressante. Le patient ne doit pas faire « leffort » de se détendre mais doit laisser son corps effectuer le travail avec la nécessaire expérimentation du « lâcher-prise » propre à ce genre dexercice.
Après cette détente du corps entier, on revient à trois respirations amples et profondes.
Ensuite, vous utilisez un texte similaire à celui-ci : « Prenez conscience que vous êtes dans cette pièce, dans une position confortable. Cette pièce se situe dans la ville de X. Imaginez que vous volez. Vous sortez de cette pièce et voyez les environs. Survolez ces lieux comme un oiseau et voyez maintenant la ville, lagitation, les voitures, les gens, la vie de cette ville. Continuez à monter dans le ciel, voyez la région, puis la France et, comme si vous alliez quitter la Terre, en volant avec délice et bien-être, voyez lEurope, puis le Monde, puis la Planète
et quittez-la. Laissez-vous dériver dans les nuages qui se raréfient de plus en plus sattachant encore à vous comme des lambeaux doux et partez dans lespace, allez à la rencontre des étoiles et des autres planètes. Sentez-vous libre, merveilleusement libre, lâchez définitivement contraintes et soucis, laissez-vous mener par le vent. Vous êtes dans le Cosmos
».
Laissez un temps ici pour permettre au patient de vivre ce voyage avant de faire refaire le même chemin en sens inverse jusquà la conscience du corps.
Ensuite, refaire circuler lénergie dans chacune des parties du corps, des pieds à la tête, avant douvrir les yeux pour retrouver le point de fixité au plafond. Effectuer alors trois respirations amples et profondes, signaux du retour à la réalité.
Consigne :
« Mettez-vous dans la position la plus confortable pour vous (allongé ou assis), les bras le long du corps si possible. Les yeux sont ouverts dans un premier temps et fixent un point quelconque. Suivez ce que je vais vous dire et laissez-vous aller
»
Remarque :
Lutilisation dune musique douce est plus que souhaitable.
Noubliez pas de vérifier que la pièce soit suffisamment chauffée afin que le patient soit à laise pendant la durée de la séance (environ 15 minutes).
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Entraînement à la respiration
Objectifs
Contrôle du mouvement expiratoire
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
On demande au patient dinspirer et de souffler sur un « s » le plus doucement possible.
Ensuite faire la même chose sur « ch » puis « f ».
Enfin, on procède de la même façon en faisant de petits arrêts du souffle pendant lexpiration.
Si besoin est, le patient peut garder une main sur le ventre pour contrôler son mouvement.
Consigne :
« Inspirez puis soufflez le plus doucement possible en faisant « s ».
Maintenant, on va faire de la même façon avec des petits arrêts de souffle pendant lexpiration : vous soufflez pendant 3 secondes, arrêt pendant 1 seconde, soufflez pendant 3 secondes etc. ».
Remarque :
Penser à détendre la tête, le cou et la mâchoire avant de commencer cet exercice.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Entraînement à la respiration
Objectifs
Gestion du souffle
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Il sagit dun exercice de Mr. F. Le Huche : le « 3-5-8 ».Consigne :
« Prenez votre inspiration sur 3 secondes (silencieuse, par le nez et la bouche) puis bloquez sur 5 secondes (bouche ouverte ou fermée) et enfin, expirez bruyamment sur 8 secondes ».
Remarque :
On peut faire le même exercice mais en « 2-8-4 ».
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FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Entraînement à la respiration
Objectifs
Gestion de lexpiration
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Il sagit de lexercice des soupirs. On invite le patient à faire 5 inspi/expi consécutives puis la même chose sauf quon bloque une fois lors de lexpiration et enfin, 5 inspi/expi en coupant 2 fois lors de lexpiration.
Puis on revient en sens inverse : couper une fois et ne plus couper du tout.
Ceci toujours 5 fois daffilée.
Consigne :
« Vous inspirez et expirez cinq fois de suite. Maintenant, vous allez faire la même chose mais vous allez bloquer une fois lair pendant lexpiration (5 fois de suite). Maintenant, on procède toujours de la même façon mais vous allez bloquer lair deux fois pendant lexpiration (5 fois de suite).
Maintenant, on refait la même chose mais en sens inverse : vous ne coupez plus quune fois puis plus du tout ».
Remarque :
Il faut se méfier : on peut assister à des réactions de tête qui tourne car le cerveau est sur-oxygéné. Il est essentiel de rassurer le patient et de lui expliquer le phénomène.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Durée phonatoire
Objectifs
Contrôle de la respiration
Stade(s) de la maladie
Tant que la parole est possible
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Comptage des nombres : on demande au patient, sur une expiration, de dénombrer.
On commence par devoir dire 2 nombres sur une expiration, soit un comptage par 2 de 0 à 12.
Ensuite, on poursuit de la même manière :
Comptage par 3, de 0 à 15 (1,2,3/4,5,6/7,8,9 etc.)
Comptage par 4, de 0 à 16
Comptage par 5 de 0 à 15 etc.
Au fur et à mesure de lexercice, le patient apprend à gérer son expiration pour tenir jusquà la fin de la série.
Consigne :
« Prenez une inspiration profonde et, sur lexpiration, sans reprendre dair, vous allez compter par 2 en partant de 0 jusque 12. Cest à vous
»
Remarque :
De la même façon, on peut demander au patient de compter jusque 6 en variant la voix sur deux notes (do, ré) et/ou jusque 12 sur trois notes (do, ré, mi). Selon les capacités du patient, on peut lui demander de compter jusque 12.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Durée phonatoire
Objectifs
Contrôle de la respiration
Stade(s) de la maladie
Tant que la parole est possible
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Comptage des jours de la semaine : on demande au patient, sur une expiration, de nommer les jours de la semaine.
On commence par devoir dire 2 jours sur une expiration, soit lundi,mardi/mercredi, jeudi etc.
Ensuite, on poursuit de la même manière :
par 3
par 4
par 5 etc.
Au fur et à mesure de lexercice, le patient apprend à gérer son expiration pour tenir jusquà la fin de la série.
Consigne :
« Prenez une inspiration profonde et, sur lexpiration, sans reprendre dair, vous allez dénommer les jours de la semaine, de 2 en 2. Cest à vous
»
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Durée phonatoire
Objectifs
Contrôle de la respiration
Stade(s) de la maladie
Tant que la parole reste possible
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Comptage des mois de lannée : on demande au patient, sur une expiration, de nommer les mois de lannée.
On commence par devoir dire 2 mois sur une expiration, soit janvier, février/mars, avril etc.
Ensuite, on poursuit de la même manière :
par 3
par 4
par 5 etc.
Au fur et à mesure de lexercice, le patient apprend à gérer son expiration pour tenir jusquà la fin de la série.
Consigne :
« Prenez une inspiration profonde et, sur lexpiration, sans reprendre dair, vous allez dénommer les mois de lannée, de 2 en 2. Cest à vous
»
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Durée phonatoire
Objectifs
Contrôle de la respiration
Stade(s) de la maladie
Tant que la parole reste possible
Matériel nécessaire
Fiche avec les textes à lire
Description:
Lecture de strophes : on demande au patient, sur une expiration, de lire les strophes qui lui sont présentées.
Le patient doit lire une strophe sur une expiration, sans reprendre son souffle entre temps.
Au fur et à mesure de lexercice, le patient apprend à gérer son expiration pour tenir jusquà la fin de la strophe.
Consigne :
« Prenez une inspiration profonde et, sur lexpiration, sans reprendre dair, vous allez lire ces différentes strophes. Cest à vous
»
Remarque :
Les textes se trouvent en annexe de cette fiche pratique.
On peut demander au patient de varier lintonation pendant la lecture des strophes.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Coordination pneumo-phonique
Objectifs
Gestion de la parole sur la respiration
Vibration des cordes vocales
Stade(s) de la maladie
Tant quil existe une mobilité labiale
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Selon le même principe de lexercice de Le Huche, on procède à un « 3-5-8 » mais en « 3-5-f » (pas « fe » mais le bruit du vent).
De la même manière, on fait :
3-5-f / 3-5-v (avion)
3-5-ch (train) / 3-5-j (sirène du bateau)
3-5-s (serpent) / 3-5-z (abeille)
On explique quon les travaille par 2 car une fois on fait vibrer les cordes vocales et pas pour lautre.
Si le patient est en échec, on compte plus vite. Sil en est capable, on compte moins vite.
Consigne :
« Vous allez prendre votre inspiration pendant 3 secondes, puis vous restez en apnée pendant 5 secondes et enfin, vous allez expirer en faisant un « f » (par exemple). Cest à vous
»
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Coordination pneumo-phonique
Objectifs
Accolement des cordes vocales
Gestion de la parole sur la respiration
Stade(s) de la maladie
Tant que locclusion labiale autour dune paille reste possible
Matériel nécessaire
Paille
Description:
A laide dune paille, on souffle et, au milieu du geste, après une ou deux secondes de souffle sans son, on sonorise.
Ceci permet un accolement des cordes, sans à-coup et non par réflexe.
Peu importe la hauteur du son émis, limportant est laccolement des cordes vocales sur un coussin dair.
Consigne :
« Vous allez prendre la paille et la placer comme si vous alliez boire à laide de cette paille, vous prenez une inspiration puis vous soufflez. Au bout de 2 secondes, vous émettez le son « m » tout en soufflant dans la paille, jusquà ce que vous nayez plus dair ».
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
RESPIRATION
Type dexercice
Durée phonatoire
Objectifs
Contrôle de la respiration
Travail de lintonation
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
La sirène : on demande au patient de faire une sirène ascendante sur une expiration puis descendante et enfin les deux.
Consigne :
« Sur une expiration profonde, sans reprendre dair, vous allez faire la sirène sur un ton ascendant. Cest à vous
»
Fiches pratiques massages
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
MASSAGES
Type dexercice
Massage du menton
Objectifs
Détente locale et globale
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée, moyenne et sévère
Matériel nécessaire
Crème hydratante pour les mainsDescription:
Le thérapeute place lindex et le majeur de chaque main sur le menton du patient et lisse de lintérieur vers lextérieur du visage.
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Fiches pratiques praxies
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Exercices moteurs des mâchoires et de larticulation temporo-mandibulaire
Objectifs
Entretien de larticulation temporo-mandibulaire
Stade(s) de la maladie
Atteinte modérée
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Les mouvements des mâchoires et de larticulation temporo-mandibulaire sont utiles pour larticulation de certains phonèmes : /a/, /è/, /ain/, pour la mastication des aliments, pour la mise en bouche et pour le premier temps de la déglutition.
Consigne :
« Ouvrez et fermez la bouche, sans exagérer, plusieurs fois consécutivement. »
« Pour les mouvements de propulsion de la mâchoire, essayez damener votre mâchoire le plus possible, mais sans forcer, vers lavant. »
« Pour les mouvements de diduction, cest-à-dire de mastication, réalisez des mouvements vers la droite et vers la gauche avec la mâchoire inférieure, tout en exerçant un mouvement de rotation, en faisant un petit cercle.»
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Entretien de la tonicité des lèvres
Objectifs
Conserver la tonicité des lèvres pour la déglutition et larticulation
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Une bougie
Un abaisse-langue
Des boutons ou des petites pièces
Description:
Lentretien de la tonicité des lèvres permettra une déglutition plus efficace, préviendra et limitera le bavage dû à une mauvaise occlusion labiale et améliorera la réalisation phonétique de certains phonèmes : /m/, /p/, /b/, /v/, /f/, /ch/, /j/, /u/, /ou/, /i/, /eu/.
Consigne :
« Faites un petit rond avec vos lèvres, comme pour dire « ou », puis étirez-les au maximum, comme pour le « i » ».
« Rentrez les lèvres ».
« Recouvrez votre lèvre inférieure par celle supérieure, puis faites linverse ».
« Réalisez le bruit du baiser ».
« Chantonnez, si cela vous est possible, les lèvres lune contre lautre, sur un /m/ ».
« Soulevez vos lèvres, comme pour dire « chut », en maintenant les dents serrées ».
« Faites le bruit du poisson, cest-à-dire en décollant bruyamment vos lèvres lune de lautre ».
« En envoyant de lair dans votre bouche, faites vibrez vos lèvres comme pour imiter le bruit du cheval ».
« Essayez déteindre cette bougie en soufflant sur un /f/ ».
« Sifflez ».
« Inspirez doucement les lèvres serrées en ne laissant passer lair que par un toute petite ouverture en arrondi, comme si vous vouliez aspirer un spaghetti ».
Imaginez que vous désirez faire rentrer un fil dans votre bouche. Pour cela, les lèvres doivent tenir le fil et le faire rentrer progressivement dans la bouche. Réalisez alors un mouvement de va-et-vient avec vos lèvres tantôt serrées en arrondi vers lavant pour prendre le fil, tantôt étirées vers larrière mais toujours collées lune contre lautre pour le faire rentrer dans la bouche. »
« Tenez labaisse-langue entre vos lèvres et essayez de résister si je tente de le retirer. Puis, lorsque je rajouterai un bouton à lextrémité du bâtonnet, essayez de retenir et dempêcher quil ne tombe ».
Remarques :
Les exercices présentés ci-dessus ne sont pas rangés par ordre de difficulté croissante. Il conviendra de travailler plus particulièrement certains dentre eux en fonction des capacités de réalisation motrice du patient et de lavancée de la paralysie.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Mobilisation des jouesObjectifs
Entretenir la tonicité des joues pour optimiser la déglutition et pour améliorer locclusion labiale
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Il est utile dexécuter des mouvements des joues essentiellement pour la déglutition et pour laide à locclusion labiale.Consigne :
« Gonflez les joues ».
« Gonflez une joue puis lautre ».
« Gonflez une joue et passez lair dans lautre joue ».
« Rentrez les joues au maximum ».
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Entretien de la tonicité de la langue
Objectifs
Préserver le plus longtemps possible les mouvements linguaux
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
(en fonction du type datteinte)
Matériel nécessaire
Petit élastique
Sucre en poudre
Description:
Le travail de la tonicité de la langue est essentiel. En effet, la langue va progressivement satrophier et se paralyser. Il paraît donc important dentretenir le plus longtemps possible les mouvements permettant une bonne mise bouche, une déglutition facilitée, et une articulation intelligible.
Consigne :
« Balayez votre palais le plus loin possible en arrière avec votre langue ».
« Réalisez le tour extérieur des dents avec votre langue, puis le tour intérieur ».
« Touchez alternativement une dent de la mâchoire supérieure puis une dent de la mâchoire inférieure en démarrant par les molaires» ;
« Suivez le contour extérieur des lèvres dans un sens puis dans lautre ».
« Bouche fermée, placez votre langue entre les incisives supérieures et les incisives inférieures puis remettez dans sa position de repos. Réalisez ce mouvement plusieurs fois ».
« Tapez sans forcer la pointe des incisives avec le bout de la langue ».
« Amenez la pointe de la langue dune commissure à lautre. Essayez de faire ce mouvement le plus rapidement possible ».
« Montez la pointe de la langue alternativement vers le nez puis vers le menton. Répétez plusieurs fois ce mouvement. »
« Claquez la langue contre le palais ».
« Réalisez des clics, cest-à-dire des claquements de langue sur le tiers antérieur du palais, avec la pointe de la langue ».
« Claquez la langue « sur le coté » à lintérieur des joues, comme pour appeler un cheval ».
« Avec la pointe de la langue contre les incisives supérieures, faites des clics, bruit connu de la désapprobation ».
« Imaginez une glace ou une sucette et réalisez le mouvement de léchage avec la langue ».
« Lexercice « langue de rat, langue de chat » consiste à sortir la langue de la bouche de façon plate et arrondie (langue de chat), la rentrer, puis la ressortir mais cette fois rétrécie et pointue (langue de rat). Essayez de réaliser ces mouvements plusieurs fois à la suite ».
« Lexercice du tiroir consiste à tirer la langue puis la rentrer, fermer la bouche et la ressortir, en enchaînant ces mouvements le plus rapidement possible ».
« Lexercice du grattage consiste à effectuer des mouvements davant en arrière avec la langue, bouche fermée, après avoir au préalable placé un petit élastique sur le bout de la langue ou après y avoir déposé un peu de sucre».
« Répétez le mot « tranquillité » plusieurs fois , les lèvres légèrement étirées ».
« Tenez un /i/ prolongé en étirant les lèvres ».
« Afin de faire travailler la base de langue, répétez ces sons: /k/, /g/, /kr/, /gr/ ».
« Répétez ces sons : clac, cloc, clic, cleuc, clèc, clouc, cluc, clanc, clonc, cleinc ».
« Répétez ces sons : ak, euk, ik, ok, uk, ouk, onk, ank, eink».
Remarques :
Bien entendu, tout comme dans tous les exercices réalisés dans la prise en charge orthophonique de la SLA, il ne sagit pas de muscler ou de forcer : les exercices de contre-résistance sont à proscrire car cela accélère la dégradation musculaire.
De plus, il est utile de rappeler au patient quil ne doit pas pratiquer ces mouvements en dehors des séances dorthophonie afin de ne pas accélérer la dégradation musculaire.
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Entraînement à la mobilisation active et volontaire du voile du palais
Objectifs
Amélioration de larticulation de phonèmes, de la respiration nasale et de la déglutition
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Paille
Verre
Eau
Description:
Il est important de travailler le voile du palais dans la mesure où il est impliqué dans la respiration, dans larticulation et dans la déglutition. En effet, cest grâce à son abaissement que sont effectués les phonèmes tels que [n], [m], [gn], [an], [on], [ein], quest possible la respiration nasale, et que la déglutition est réalisée.
Consigne :
« Devant ce miroir, bâillez et observez alors le mouvement dascension du voile » ;
« Ebauchez un mouvement de déglutition : il sagit de commencer les geste qui initie la déglutition. Il est identique au mouvement qui débute le bâillement. Le voile se lève pour éviter les reflux vers le nez ».
« Gonflez les joues en bouchant le nez puis soufflez par le nez pour prolonger labaissement du voile ».
« Inspirez à la paille en pinçant légèrement son extrémité ».
« Essayez de simuler un mouchage. Cest-à-dire que, bouche fermée, vous soufflez par le nez ».
« Répétez ces oppositions de sons : a/an, o/on, è/ein, a/é plusieurs fois à la suite ».
« Avec la paille, soufflez dans le verre deau en réalisant des bulles, ce qui permet de travailler le redressement du voile ».
« Tenez une note sur un /a/ si cela vous est possible, pour solliciter lélévation du voile ainsi que sa tenue ».
« Répétez le mot « papa » plusieurs fois à la suite, cela permettra de consolider la fermeture vélaire ».
« Répétez ces sons en accentuant le « r » : brrr, brra, brreu, brri, brro, brru, brrou, brrè, brré brrein, brran, brron ».
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Mobilisation et détente des muscles du cou et de la nuque
Objectifs
Entretenir les mouvements de la tête
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
(en fonction du type datteinte)
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Il est également intéressant de travailler, toujours sans forcer, les mouvements de la tête.
Consigne :
On peut proposer au patient des mouvements de la tête de type :
flexion,
extension
inclinaison droite/gauche,
rotation droite/gauche,
et linclinaison associée à une rotation entraînant lexercice de lhorloge. »
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Entretien des mimiques faciales
Objectifs
Préserver et entretenir la communication non verbale véhiculée par les mimiques faciales
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée, moyenne et sévère
Matériel nécessaire
Aucun
Description:
Il sagit dentretenir les mimiques faciales qui sont nécessaires pour une meilleure communication. De plus, cet entretien peut permettre de les préserver le plus longtemps possible, surtout lorsque la communication orale est défectueuse ou nest plus possible.
Consigne :
« Levez les sourcils comme si vous étiez très étonné(e). Puis froncez-les pour mimer la colère ou lagacement ».
« Fermez les yeux, puis ouvrez-les à mi-clos, comme si vous veniez de vous réveiller ».
« Faites des clins dil » ;
« Imaginez-vous sentir le parfum dune fleur très odorante et inspirez alors longtemps par le nez».
« Mimez maintenant la joie, la peur, la surprise, lénervement et la moue ».
FICHE PRATIQUE
DOMAINE TRAVAILLE
PRAXIES ORO-FACIALES
Type dexercice
Répétition de phonèmes, de syllabes de mots et de phrases
Objectifs
Conservation de larticulation
Stade(s) de la maladie
Atteintes modérée et moyenne
Matériel nécessaire
Liste de phonèmes, de syllabes, de mots et de phrases
Description:
Ces exercices sont très importants pour conserver le plus longtemps possible une articulation compréhensible. En effet, les points darticulation tendront à devenir de plus en plus flous, alors il semble nécessaire de les travailler très régulièrement, dans la limite des possibilités du patient. On effectue pour cela des répétitions de phonèmes, de syllabes, de mots et de phrases.
Consigne :
« Dans un premier temps, vous allez répéter ces voyelles et ces consonnes :
/a/, /é/, /è/, /i/, /u/, /an/, /on/, /o/, /ou/, /e/, /eu/, /in/, /un/.
/p/, /t/, /k/, /f/, /s/, /ch/, /l/, /m/, /n/, /gn/, /b/, /d/, /g/, /v/, /z/, /j/, /r/. »
« Vous allez ensuite répétez ces syllabes et ces mots »:
* TA ATA AT tapis auto boîte
* DA ADA AD dans idée salade
* NA ANA AN nez lunette cabane
* SA ASSA AS citron tissu grimace
* ZA AZA AZ zorro trésor douze
* JA AJA AJ jeton manger page
* YA AYA AY yacht voyage travail
* KA AKA AK coup école sac
* GA AGA AG gâteau muguet bague
* PA APA AP pelle sapin jupe
* BA ABA AB balle hibou cube
* FA AFA AF famille parfum uf
* VA AVA AV vélo lavabo mauve
* MA AMA AM matin tomate pomme
* LA ALA AL lundi chocolat noël
* RA ARA AR robe oreille poire
* GNA AGNA AGN gnon araignée ligne
* CHA ACHA ACH chou hochet pêche.
Introduire ensuite les autres voyelles dans les syllabes
Terminer par des répétitions de phrases.
INTRODUCTION
Le travail entrepris pour la réalisation de ce mémoire a été très conséquent. De ce fait, les nombreuses informations le composant sont sujettes aux critiques. Cette discussion nous permet ici danalyser au mieux notre travail, ses conséquences, ses erreurs et danticiper les remarques.
Dans un premier temps, nous rappellerons brièvement les principaux résultats de notre travail. En seconde partie, nous exposerons les critiques méthodologiques et les problèmes rencontrés lors de nos démarches et de la rédaction de ce mémoire. Enfin, nous terminerons cette partie par un point sur lintérêt de notre travail par rapport à lorthophonie.
NOS PRINCIPAUX RESULTATS.
Notre première entreprise a été de réaliser un questionnaire envoyé aux orthophonistes par le biais dun site Internet. Nous allons exposer succinctement les résultats de ce questionnaire. Au préalable, nous précisons quil ne nous est revenu que 30 % de réponses. Nous ne pouvons donc dire que nos résultats sont représentatifs de la réalité. En effet, comme dans de nombreux questionnaires, ne répondent que ceux qui se sentent concernés.
Dans ces 30%, il en ressort que la majorité connaît la SLA (85%), mais 55% ne nous ont pas renseignées quant à lorigine de leurs connaissances (formation initiale, cas dans la patientèle, cas familiaux etc.).
Globalement (75%), la définition que les orthophonistes en donnent est « dégénérescence musculaire » et 30% parlent de « troubles moteurs, de la voix, de la parole et de la déglutition ».
Plus de la moitié des personnes interrogées ont déjà eu une demande de prise en charge pour la SLA et 83,7% ont accepté de suivre ces patients.
Cette pathologie étant considérée comme rare, il est donc vraisemblable que les orthophonistes qui ont répondu à ce questionnaire se sentaient intéressés car étaient ou avaient déjà été confrontés à cette maladie.
Dans le cas où les orthophonistes ont refusé de prendre en charge, les raisons sont diverses mais cest principalement par manque dinformations.
Il ressort que 34% des orthophonistes considèrent le rôle des soignants difficile dans cette maladie du fait de laccompagnement vers la mort.
Les attentes principales quant à ce DVD sont « des exercices concrets, pratiques, détaillés et adaptés aux différents stades de la maladie », « des rappels théoriques », « des exemples doutils de communication et leur coût », « des films et schémas » et « le détail des aspects psychologiques et sociaux ».
Biais méthodologiques
Nos critiques méthodologiques ainsi que les problèmes rencontrés lors de notre travail porteront sur différents points : les questionnaires, les résultats, les entretiens réalisés, les fiches pratiques, la réalisation de loutil DVD. La majorité des questions et critiques soulevées sera développée mais certaines resteront sans réponse.
Critiques des questionnaires
Lanalyse des résultats obtenus nous a permis de dégager certains biais au sein du questionnaire et de sa construction.
Tout dabord, les questions ne sont pas facilement exploitables. En effet, certaines dentre elles exigeant une réponse binaire sont moins sensibles quune échelle de degrés (jamais, régulièrement, souvent, tout le temps
).
De plus certaines autres étaient doubles : par exemple dans la question 5 « Vous avez accepté de prendre en charge un patient atteint de SLA. Cela sest-il bien passé ? Referiez-vous ce type de prise en charge ? » Les personnes interrogées nous ayant répondu nont pas toujours différencié leurs réponses. Lanalyse nen a alors été que plus difficile et la conclusion plus délicate à poser voire impossible.
La raison de ces erreurs est probablement le manque de recul et danticipation lors de la rédaction de ces questions. Nous les avons réalisées au tout début de notre travail sur ce mémoire et la projection de lanalyse de ces questionnaires na pas été pensée au préalable.
Par ailleurs, nous trouvons que nous navons pas assez exploité notre site. Nous nous en sommes servies pour y inclure le questionnaire, un espace privé (sorte de forum) et une page de consultation des réponses.
Avec le recul, nous estimons que lon aurait pu intégrer à ce site un programme permettant de réaliser des statistiques directement à partir des questionnaires renvoyés. Cela aurait été plus rapide, moins fastidieux et nous aurait permis un gain de temps.
Nous convenons toutefois que lutilisation dun tel moyen pour envoyer et recevoir des questionnaires est vraiment simple, peu coûteuse et pratique.
Malgré ces remarques négatives, un point est, pour nous, positif. Ce questionnaire a été envoyé à des orthophonistes à partir de la « mailing list » de notre Maître de mémoire, ainsi quà partir de nos différents Maîtres de stage et autres connaissances.
Grâce à cela, nous avons obtenu des réponses dorthophonistes exerçant dans la France entière. Nous avons pu alors constater les réseaux mis en place notamment le réseau SLA Breizh à St Brieuc et réunissant plusieurs dizaines de professionnels.
Enfin, concernant les questionnaires, une critique négative reste toutefois à être soulignée. Nous en avons envoyés environ 220 et seulement 65 nous sont revenus. Ce chiffre nous déçoit mais peut-être aurions-nous dû en envoyer davantage ou relancer ceux qui navaient pas répondu.
Critiques des résultats
Nous pouvons émettre deux critiques quant à nos résultats. Dune part, si lon sen tenait aux résultats obtenus, étant donné que seules les personnes intéressées par le sujet nous ont répondu, aurions-nous créé un DVD ? A contrario, il est clairement exprimé, dans les réponses, que la création dun matériel concret et pratique est souhaitée.
La seconde critique concerne les statistiques. Nous avons toujours désiré réaliser une étude qualitative et non quantitative. Une étude purement statistique ne faisait pas partie des objectifs que nous nous étions fixés pour ce mémoire cependant, on peut nous le reprocher car cela aurait été plus fiable.
Cette étude qualitative nous a permis de poser au départ des constats qui sappuyaient également sur ce que lon a vu ou entendu sur nos lieux de stages, par nos Maîtres de stage, par nos lectures, dans les centres SLA, par les patients, par des orthophonistes
Ainsi, parce que lon naccordait pas aux chiffres la seule raison ou motivation pour créer notre outil DVD nous avons été plus à lécoute autour de nous quant à ce sujet. Cela nous convient dans la mesure où, daprès nos constats et observations, une véritable demande existe.
Critiques des entretiens
Après analyse des entretiens réalisés, nous avons émis un certain nombre de critiques. Tout dabord, nous sommes relativement satisfaites de nos entretiens car ils témoignent de la diversité de la population rencontrée. Effectivement, nous avons pris contact et réalisé des entrevues avec des orthophonistes, des patients, des familles de patients, des professionnels des milieux médical et paramédical et des bénévoles de lARS.
Grâce à toutes ces personnes, nous avons essayé de donner à notre mémoire un caractère humain en prenant en compte les points de vue, les avis et les conseils de chacun. De plus, ces rencontres ont été pour nous dune très grande richesse tant dun point de vue professionnel que relationnel.
Par ailleurs, ces entretiens nous ont donné lopportunité de développer certaines idées restées trop superficielles. Certains professionnels de santé nous ont, par exemple, aidées pour la partie théorique. Leur relecture, avec un il averti, nous a permis de cibler les éléments importants, de mettre de côté ceux qui ne létaient pas et de développer certaines idées simplement évoquées.
La troisième et dernière critique que nous pouvons émettre est plutôt négative. Du fait de la distance géographique qui nous séparait, nous navons pu réaliser la totalité des rencontres ensemble. Dun côté, cela nous a permis de rencontrer davantage de personnes mais dun autre, nous navons eu que le compte rendu, ce qui ne remplace pas le rapport humain.
Critiques de loutil DVD
La création dun outil DVD a sans doute été le plus gros challenge que nous nous étions donné. Sa réalisation sest faite en plusieurs temps. Nous avions les films à réaliser, après avoir choisi et créé ce que nous désirions y voir. Ensuite, après avoir visionné nos cassettes, nous avons dû sélectionner les séquences à garder pour le DVD. Enfin venait le temps du montage. Nous avons connu, à ces différents stades, des moments où nous doutions beaucoup de notre travail.
En effet, plus nous emmagasinions de films, plus nous étions sceptiques quant à leur perspicacité. De ce fait, nous avons également douté de loriginalité, linnovation et lutilité de ce DVD.
Nous estimons que cet outil comporte peu de créations novatrices personnelles quant aux exercices proposés. Cependant, nous avons compensé ce manque par lintégration de témoignages donnant à notre DVD la dimension humaine qui était pour nous essentielle.
De plus, nous avons tenté de regrouper en un outil lensemble des demandes formulées dans les questionnaires renvoyés mais aussi par les orthophonistes à qui nous en avons parlé.
Nos doutes quant à la qualité de nos films se sont également dissipés lorsque nous les avons visionnés avec notre Maître de mémoire qui nous a assurées de la matière à exploiter. Ses encouragements nous ont permis denvisager notre outil sous un angle plus positif.
La seconde critique que nous pouvons faire quant à cet outil concerne une de nos attentes pas totalement satisfaite. Nous avions pour but de créer un DVD avec des exercices spécifiques dans chaque domaine (déglutition, respiration, praxies, massages) adaptés à chaque stade de la maladie (modéré, moyen et sévère).
Nos fiches pratiques contenues dans le CD-Rom attenant au DVD, comportent ces exercices détaillés. Par contre, les films ne montrent pas chaque épreuve. Mais ceci sexplique aisément. Il nest pas simple de rencontrer des patients atteints de SLA qui acceptent dêtre filmés et de figurer dans un DVD, même à un usage professionnel. Cest pourquoi, avec les patients que nous avons rencontrés, nous ne pouvions leur demander de réaliser lensemble des exercices dans un domaine spécifique. Dune part, leur fatigue serait trop grande voire nocive et dautre part, le degré de leur atteinte ne le leur permettait pas toujours.
Pour obvier à ce manque dexhaustivité de nos films, nous nous sommes filmées nous-mêmes pour un grand nombre dexercices restés sans support vidéo, et pour certains déjà en film mais non complets.
Nous avons également rencontré un autre problème, celui de la réalisation du film en lui-même. Filmer, cest entrer dans lintimité des gens. Nous nous rendons chez eux, dans leur environnement, chargé affectivement. Cest relativement intrusif, malgré leur accord.
De plus, à cause de la maladie, on se situe sur un terrain douloureux, on met en exergue des zones sensibles, à savoir les incapacités.
De fait, nous ne nous sentions pas toujours à laise pour poser certaines questions que nous avions prévues ou pour proposer certains exercices. Cest en effet très délicat de se trouver face à la souffrance des gens avec une caméra. On préfère alors léteindre et continuer la conversation ou lentretien sans la gêne que provoque la vidéo.
Enfin, nous considérons que nous navons pas assez développé les outils de communication dans le DVD. Ce point fera lobjet dun prochain mémoire.
Critiques des fiches pratiques
Les fiches pratiques que nous avons créées pour les praxies, la respiration, la déglutition (ainsi que les manuvres et positions facilitatrices) et les massages nous semblent utiles et concrètes.
Cependant, nous avons un certain nombre de critiques à émettre. Nous pensons ne pas y avoir inclus suffisamment dexercices innovants. Il est vrai que certains dentre eux proviennent de nos cours ou douvrages. Nous en avons créés quelques-uns et certains autres encore sont issus dun mélange entre nos idées et nos cours. Mais nous trouvons quil aurait fallu innover davantage.
Par ailleurs, ces fiches ont le mérite de synthétiser et de regrouper en un outil une grande partie des exercices pouvant être proposés aux patients atteints de SLA. Nous répondons donc à la demande des orthophonistes, apparue majoritairement dans les questionnaires renvoyés, qui souhaitaient voir exister un support réunissant tous ces exercices.
Enfin, lavantage de ces fiches pratiques est le fait de pouvoir aisément les imprimer. Nous voulions ainsi simplifier et faciliter laccès à des exercices concrets et précis.
Nous regrettons cependant de ne pas avoir pu, par manque de temps, tester nos fiches pratiques auprès des patients.
Problèmes liés au montage
Le montage de loutil DVD dure depuis plusieurs semaines. Il est en effet encore en cours. Cest une tâche minutieuse qui nécessite de la patience et une quantité de travail en amont très conséquente. Pour le réaliser, nous rencontrons dailleurs quelques problèmes.
Tout dabord, il nous est particulièrement difficile dêtre présentes toutes les deux avec M. Delattre aux rendez-vous fixés préalablement du fait de la distance géographique qui nous sépare.
Dautre part, à la première rencontre pour débuter le montage, nous nous sommes rendues compte que ce que nous désirions créer ne correspondait pas exactement à la réalisation dun DVD. Nous avons donc dû remettre en question notre façon de présenter cet outil et remanier de ce fait quelques points.
Ce travail de montage nétant pas encore terminé, nous ne pouvons actuellement conclure sur les critiques.
SYNTHESE
Durant lélaboration de ce projet « DVD », nous avons dû faire face à un certain nombre de difficultés, citées auparavant. Bien quy étant préparées, nous navons réellement pris conscience du caractère très délicat et sensible de notre sujet lorsque nous avons rencontré les personnes concernées. Il est en effet difficile de témoigner de son vécu de la maladie ou de latteinte dun proche. Nous souhaitions pourtant, dès le début de notre travail, inclure à ce DVD le rôle de lorthophoniste, des témoignages de patients, de proches et de soignants afin que la prise en charge puisse être envisagée dans son ensemble et dans sa réalité.
Quelques travaux existent sur la SLA. Cependant, étant considérée comme maladie rare, il nest pas toujours facile de se procurer des documents récents, notamment pour la prise en charge orthophonique. Cest pourquoi nous désirions être relativement exhaustives. Dailleurs, une des remarques que nous sommes susceptibles de recevoir est limportante taille de notre partie théorique. Nous avons, il est vrai, recensé un grand nombre dinformations concernant les étiologies, la recherche actuelle, lépidémiologie et les différentes prises en charge car à Lille, aucun mémoire ayant pour sujet la SLA na été réalisé depuis 1996.
Notre ambition nous a amenées à réaliser, en réalité, deux outils. Le DVD et un CD-Rom qui contient des fiches pratiques imprimables dont les exercices sont illustrés en films dans le DVD. On pourrait peut-être nous reprocher de ne pas être suffisamment rentrées dans les détails et davoir délaissé certains points comme les moyens de communication.
En plus doutils concrets pour la prise en charge, lorthophoniste bénéficie déléments pratiques pour renseigner le patient et la famille. Etant donné que lorthophoniste est un interlocuteur privilégié pour le patient et ses proches, il nous semblait important que cet outil comporte un maximum dinformations.
On espère quil permettra à des orthophonistes qui nauraient pas osé prendre en charge des patients atteints de SLA de se sentir plus guidés, plus cadrés. Mais bien entendu, nous navons pas la prétention denlever les réticences et langoisse parfois liées à ce genre de prise en charge.
De plus, par leurs témoignages et leur implication dans notre projet, les patients et leur famille nous ont confié avoir apprécié contribuer à la création dun outil qui sera, nous lespérons, utile aux professionnels et profitable aux patients et à leur entourage.
perspectives
Notre but principal lorsque nous avons entamé la réalisation de ce mémoire sur le rôle de lorthophoniste dans la SLA était de créer un DVD qui permettrait de répondre aux attentes des orthophonistes quant à cette prise en charge particulière. Nous avions également le désir de concevoir des fiches dexercices pratiques que les praticiens puissent imprimer en vue dune séance.
Par ce travail, nous voulions évoquer et développer une prise en charge « spéciale », dans laquelle se créée une relation différente entre thérapeute, patient et proches. Il nous semblait important de parler de cette maladie car nous pensons que bon nombre dorthophonistes refusent ce type de suivi par manque dinformations et doutils concrets.
Toutefois, nous avons conscience que « prendre soin » des patients atteints de SLA nécessite de lhumilité et un investissement personnel qui passent par un « travail sur soi ».
Mais tout individu ne dispose pas de ce genre de « qualités humaines » et il est nécessaire que les orthophonistes désirant prendre soin de ces patients connaissent leurs capacités et leurs limites.
Dans le domaine de la SLA, des congrès, conférences de consensus et autres manifestations sont organisées régulièrement pour actualiser les connaissances, parler de la recherche et envisager les différentes prises en charge en prenant en compte toutes ces données.
Dans le cadre plus particulier de la prise en charge orthophonique, il semblerait bénéfique quil existe, en France, une orthophoniste référente pour la SLA dans chaque région. Certaines dentre elles possèdent des centres référents où une équipe pluridisciplinaire accueille et prend en charge les patients atteints de SLA. Lidéal serait que chaque région puisse en bénéficier.
De même, le travail des orthophonistes de ces centres et de celles exerçant en libéral serait « facilité » et peut-être plus cohérent sil existait un bilan national commun.
Actuellement, certaines orthophonistes se réunissent à Paris et travaillent autour du projet du Bilan Minimum Commun correspondant à une épreuve commune à insérer dans les différents bilans. Ce projet est coordonné au niveau national par Nathalie Lévêque.
De plus, des réseaux se créent et se développent comme le réseau « SLA Breizh ». Il est certain quune coordination au niveau national concernant le bilan et la prise en charge orthophonique de la SLA serait un apport précieux pour le travail des orthophonistes.
Nous avons tenté, avec ce travail, de relater tout ce qui attrait à la SLA dans le domaine orthophonique.
Cependant, nous soulignons que le mémoire en cours de Florence Martin, actuellement en troisième année à linstitut dorthophonie de Lille, sur les outils de communication utilisés dans la SLA est complémentaire à notre propre mémoire.
CONCLUSION
Nous avons, à lissue de ce travail, réussi à atteindre nos objectifs en créant loutil que nous désirions et qui peut-être permettra aux orthophonistes en libéral de « prendre soin » dadultes atteints de cette pathologie évolutive grave quest la SLA. Il serait souhaitable que tous bénéficient de plus dinformations voire dune formation à ce sujet et quune réelle coordination se concrétise grâce aux réseaux.
La peur devant lévolutivité de la maladie, laccompagnement vers la mort, la question tout à fait légitime de lefficacité de lorthophonie dans une pathologie de toute façon incurable sont autant de freins à la décision du suivi orthophonique de ces patients.
Or, ces derniers et leur famille ont besoin de nous en tant que professionnel de santé et en tant que personne : au-delà dune relation professionnelle, cest une véritable rencontre qui se créée.
Nous ne devons pas perdre de vue que la qualité des soins prodigués a toujours été et réside toujours dans les qualités humaines de chacun.
Nous espérons que ce mémoire permettra aux orthophonistes dappréhender au mieux la prise en charge de la SLA et/ou de réaliser limportance du travail de lorthophoniste dans cette pathologie.
Dautre part, nous espérons quil permettra de concrétiser au maximum ce suivi à laide dexercices pratiques et concrets qui sont, avant tout, le reflet de la demande des orthophonistes.
Un réseau SLA dans la France entière organisé en régions déploierait toute limportance de la prise en charge de la SLA et notamment du rôle de lorthophoniste et ce, dans son champ de compétence actuel.
Nous aspirons à ce que ce travail soit un point de départ au développement des prises en charge et des informations des maladies neurodégénératives de plus en plus fréquentes.
GLOSSAIRE
Amyotrophie : réduction physiologique ou pathologique dun muscle en poids ou en volume (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Anarthrie : trouble portant sur la réalisation motrice du langage, alors que la compréhension orale et écrite est conservée (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Anorexie : diminution importante de lappétit (Dictionnaire médicale, Larousse thématique, 1976).
Apex lingual : extrémité mobile de la langue (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Aphagie : Impossibilité totale de progression des aliments dans lsophage.
Apnée du sommeil : arrêt temporaire de la respiration conditionné par la fermeture de la glotte (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Apraxie : perte de la compréhension de l'usage des objets et incapacité d'exécuter des mouvements coordonnés, provoquée par une lésion du cerveau.
Atélectasie : aplatissement des alvéoles pulmonaires par absence de ventilation, alors que la circulation sanguine y est normale (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Atrophie : diminution de poids et de volume dun tissu, dun organe ou dun membre, par suite dune nutrition insuffisante (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Balnéothérapie : traitement médical par les bains (Larousse, 1998).
Baryté : hydroxyde de baryum
Bolus (= bol alimentaire) : masse alimentaire mastiquée, imprégnée de salive, et réunie sous forme de boule allant être déglutie (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Capacité vitale : volume maximal dair qui peut être expulsé des poumons par une expiration forcée succédant à une inspiration forcée, soit 4 litres en moyenne. Elle se mesure par spirométrie. Linsuffisance respiratoire, quelle que soit la cause, diminue la capacité vitale (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Conjuration : action de conjurer, décarter les effets dune influence maléfique à laide de rites et de formules magiques (Larousse, 1998).
Déglutition supra-glottique : Elle correspond à une inspiration volontaire, un blocage glottique pré-déglutition et une toux post-déglutition. Elle participe à lamélioration du contrôle respiratoire.
Dénutrition : état pathologique dun tissu ou dun organisme vivant chez lequel les apports nutritifs extérieurs ne couvrent pas les besoins (Larousse, 1998).
Déshydratation : affection provoquée par un déficit en eau de lorganisme (Larousse, 1999).
Diaphragme : cloison musculo-tendineuse séparant les deux cavités thoracique et abdominale, en forme de voûte concave vers le bas, servant à linspiration (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Diplégie : paralysie des parties correspondantes des deux moitiés du corps (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Dysarthrie : ensemble de troubles de larticulation résultant dune atteinte du système nerveux central ou périphérique (paralysie) ou dune ataxie des muscles des organes de la phonation (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Dysphagie : difficulté à déglutir dorigine organique ou fonctionnelle, pouvant comporter un phénomène inflammatoire, une compression, une paralysie, une faiblesse ou une hypertonicité de lsophage. Elle peut occasionner une douleur en avalant (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Dysphonie : trouble de la voix parlée. Dysphonie dysfonctionnelle : altération du timbre de la voix consécutive à une perturbation de la fonction vocale (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Dyspnée : difficulté à respirer, essoufflement. Lorsque la dyspnée est soulagée par la position assise, on parle dorthopnée. Lapnée est larrêt complet de la respiration (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Dyspnée deffort : cest lessoufflement consécutif à tout effort violent, mais qui survient chez un malade cardiaque pour un effort minime, telle la montée dun étage (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Electromyographie : enregistrement et mesure de lactivité électrique dans les muscles au repos ou en mouvement (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Electrothérapie : traitement par les courants électriques (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Elocution : Manière de sexprimer oralement, darticuler les phrases.
Endoscopie : ensemble des méthodes dexamen qui consistent à introduire un tube optique muni dun système déclairage dans les cavités naturelles, pour les examiner. Ces examens sont pratiqués sous anesthésie locale ou générale, suivant la sensibilité des sujets. Ils ne sont pas dangereux et les désagréments qui peuvent sensuivre sont passagers (irritation de lorgane en cause) (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Escarre : croûte noirâtre et dure résultant de la nécrose dun revêtement cutané ou muqueux. Très sensible à linfection, de cicatrisation très longue, lescarre peut survenir à la suite dune brûlure, dun traumatisme, mais aussi, en apparence spontanément, aux points dappui, lorsque des causes locales sajoutent à une altération de létat général. Cela est particulièrement fréquent chez les sujets âgés contraints à un alitement prolongé (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Fasciculation : contracture involontaire et rapide (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Fatigabilité : état de faiblesse, de fatigue se manifestant plus rapidement quà lordinaire, lors de lexécution dune tâche, chez n patient porteur dune maladie ou dun syndrome qui en est à lorigine. Cette fatigabilité peut sobserver plus particulièrement au cours dune séance de rééducation, lorsque le patient nest plus en mesure de poursuivre lactivité commencée avec le rééducateur (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Fausse route (alimentaire) : phénomènes de déglutition anormale durant lesquels le bol alimentaire est conduit en partie ou non dans les voies supérieures aériennes au lieu de poursuivre sa course vers lsophage (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Gastrostomie : elle permet une alimentation entérale à travers la paroi abdominale et directement dans lestomac, en raison dune impossibilité de déglutir et de salimenter per os (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Hauteur (tonale) : fréquence du son fondamental laryngée exprimée en hertz, ou par la note correspondante, qui dépend de la fréquence du mouvement vibratoire des cordes vocales (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Hypercapnie : augmentation de la pression partielle du gaz carbonique du sang artériel. On lobserve principalement au cours des insuffisances respiratoires chroniques évoluées (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Hypersalivation= hypersialorrhée : augmentation de la salivation, de façon trop importante (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Hypophonie : Affaiblissement de lintensité de la voix.
Hypoventilation : Inspiration insuffisante dair par les poumons provoquant une diminution de la quantité doxygène dans le sang, une augmentation de la quantité de CO2 et donc une acidification du sang.
Innervation : ensemble des nerfs dun organe, dune région du corps (Larousse, 1998).
Insuffisance hépatique : elle se caractérise par un déficit, dans des proportions variables, des différentes fonctions du foie (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Intelligibilité : caractère de ce qui peut être facilement compris dans le sens à la fois de la forme (parler à haute et intelligible voix) et du contenu (discours intelligible, que lon peut comprendre car sappuyant sur des liens logiques et explicites) (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Invasif : Se dit dun procédé dexploration qui risque daffecter lorganisme exploré.
Ipsilatéral : qui se situe du même côté (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Ionogramme : formule représentant les concentrations des différents ions contenus dans un liquide organique (plasma ou urines). Les ionogrammes sanguins et urinaires donnent de précieux renseignements sur létat hydrique de lorganisme et permettent dauster les traitements en fonction de son état dhydratation (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Labilité : forme dinstabilité, de mobilité excessive, quand cela sapplique à certaines composantes de la personnalité, comme laffectivité ou lattention (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Manuvre de Heimlich : désobstruction de la trachée, en ceinturant le patient par larrière et en appuyant dun coup sec sur laxe diaphragmatique (Les fonctions de la face, Couture, Eyoum, Martin, page 192).
Mode articulatoire (ou mode darticulation) : mode de production dun phonème, décrit suivant les caractéristiques des mouvements articulatoires qui concourent à sa production. Le mode darticulation est surtout utilisé pour la classification des consonnes (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Motoneurone : cellule nerveuse qui commande et contrôle les muscles de la motricité grâce à un axone qui établit une connexion avec un tissu effecteur (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Nasofibroscope : Instrument composé dun tube optique muni dun système déclairage, que lon introduit à lintérieur du nez pour lexploration du pharynx et du larynx (cordes vocales).
Nutripompe : Pompe à nutrition entérale. Elle sert à réguler le débit de lalimentation entérale par sonde.
Nutrition entérale : qui seffectue par lintroduction directe dans la voie digestive, exemple par sonde nasogastrique ou gastrostomie (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Orthèse : appareillage permettant de suppléer à une atteinte morphologique, et daider à faire fonctionner un organe, un membre ou une partie de membre (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Palliatif : ensemble des soins et de laccompagnement psychologique apportés à un malade en fin de vie (Larousse, 1999).
Péristaltisme : ensemble de contractions dun organe creux qui provoque la progression de son contenu (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Phonème : unité de deuxième articulation (A. Martinet), son ou bruit de la chaîne parlée, résultant de la combinaison de plusieurs traits articulaoires. Chaque langue a ses propres phonèmes, répertoriés, classés suivant leurs traits distinctifs, et pouvant être transcrits phonétiquement (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Physiopathologie : Ou physiologie pathologique. Etude des troubles du fonctionnement de lorganisme lorquil est affecté par une maladie
Pneumopathie alimentaire : affection des voies aériennes consécutive à un trouble de la déglutition donnant suite à des fausses routes (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Point darticulation = lieu darticulation : lors de larticulation dun phonème, désigne la ou les parties du canal vocal à lendroit où il est le plus rétréci (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Pollakiurie nocturne : augmentation exagérée du nombre des mictions (émission durine) diurnes, avec apparition de mictions nocturnes (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Polypnée : augmentation de la fréquence respiratoire, manifestation habituelle de la dyspnée (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Praxie : coordination normale des mouvements (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Prosodie : ensemble des faits suprasegmentaux qui accompagnent la parole : intonation, accentuation, rythme, mélodie, tons (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Rééducation : action de rétablir le cours normal de certaines fonctions chez des infirmes ou dapprendre à des convalescents à recouvrer lusage de leurs facultés (Dictionnaire dorthophonie, Larousse thématique, 1976).
Respiration thoracique haute = respiration costale supérieure : respiration non adaptée à la phonation, avec blocage du ventre et de lampliation diaphragmatique (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Rétropulsion : mouvement de la mandibule vers larrière assuré synergiquement par les muscles temporaux et digastriques (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Scopie= radioscopie (Larousse, 1998).
Sédation : atténuation ou disparition des manifestations pathologiques (Larousse, 1998).
Sensibilité proprioceptive(= épicritique) : sensibilité tactile profonde, sous la dépendance du cortex cérébral, permettant lanalyse fine et la discrimination entre les informations reçues provenant de récepteurs situés dans les muscles, les tendons ou les articulations. Elle renseigne la personne sur les différentes positions de ses divers segments corporels et participe à certains apprentissages praxiques (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Sinus piriformes : situés dans lhypopharynx, lui-même placé de part et dautre en arrière du larynx, ils sont le lieu de passage des aliments avant leur transit dans lsophage (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Spasmodique : Relatif à des spasmes, contractions musculaires anormales et involontaires.
Spasticité : hypertonie marquée des muscles du squelette avec rigidité et exagération des réflexes ostéo-tendineux, ou caractère de ce qui est spastique ou spasmodique (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Stase pharyngée : terme décrivant lamas de salive ou daliments dans les divers replis muqueux du pharynx, en raison dune mauvaise progression du bol alimentaire lors de la déglutition, et qui peuvent repasser dans les conduits menant aux voies aériennes supérieures, même plusieurs minutes après la fin du repas, et entraîner des fausses routes et un risque de pneumopathie (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Steppage : Anomalie de la marche obligeant le sujet à relever fortement le genou à chaque pas, du fait dune paralysie des muscles releveurs du pied (la pointe de clui-ci étant constamment abaissée).
Structurel : relatif à une structure (Larousse, 1998).
Syndrome néphrotique : il se caractérise par des oedèmes blancs et mous, une protéinurie (albuminurie) abondante, une augmentation du cholestérol et des lipides totaux, une diminution des protéines du sang (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Timbre : est constitué par les caractéristiques particulières propres à chaque voix. Celles-ci peuvent être classées en fonction de la couleur (selon la position du larynx, les voix sont dites claires : larynx en position haute, ou sombres : larynx en position basse), en fonction du volume (selon la pression sous-glottique utilisée et le volume de la cavité pharyngée, les voix sont dites petites, énormes), en fonction de lépaisseur (selon les caractéristiques anatomiques du larynx : tonus, longueur, épaisseur des cordes vocales, les voix sont dites minces ou épaisses), en fonction du mordant ou de léclat (selon le tonus daccolement des cordes vocales, les voix sont dites lisses : elles sont peu timbrées, ou rugueuses, cordées : bien timbrées) (Dictionnaire dorthophonie, 1997).
Trachéotomie : ouverture de la trachée au niveau du cou, pour la mettre directement en communication avec lextérieur au moyen dune canule. Elle est indiquée chaque fois quil existe un obstacle respiratoire laryngé (mécanique ou réflexe) ; elle permet, de plus, la désobstruction bronchique par aspiration et la respiration assistée. Louverture faite dans la trachée est maintenue béante par une canule spéciale, permettant laspiration des mucosités et linsufflation dair ou doxygène. Si lobstacle peut être levé, on enlève la canule, et la trachée se cicatrise ainsi que la peau (Dictionnaire médical, Larousse thématique, 1976).
Vidéofluoroscopie : Elle permet d'évaluer les phases orale, pharyngée et sophagienne de la déglutition grâce à un produit radio opaque, en l'occurrence le sulfate de baryum, dont on peut suivre la progression depuis la cavité orale jusqu'à l'estomac.
BIBLIOGRAPHIE
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