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Après un examen du Traité de l'OMPI sur le droit d'auteur et du Traité de l'OMPI
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WIPO/ACE/6/5
OriGINAL : anglais
DATE : 6 septembre 2010
Comité consultatif sur lapplication des droits
Sixième session
Genève, 1er et 2 décembre 2010
LE PIRATAGE DES SUPPORTS DINFORMATION DANS LES ÉCONOMIESDES PAYS ÉMERGENTS : PRIX, STRUCTURE DU MARCHÉ ET COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR
Document établi par Joe Karaganis, Program Director, Social Science Research Council, Vice President, the American Assembly, New York*
TABLE DES MATIèRES
INTRODUCTION I
SENSIBILISER LES CONSOMMATEURS II
QUEST-CE QUE LA CONSOMMATION? III
FIXATION DES PRIX IV
DISTRIBUTION V
TOURNÉS VERS LAVENIR VI
BIBLIOGRAPHIE VII
i. Introduction
AUTONUM Le présent document contient des éléments dun rapport à venir intitulé Media Piracy in Emerging Economies, qui clôt plus de quatre années de travail effectué par une trentaine de chercheurs dans 10 pays. Ce rapport est laboutissement dune enquête sur le piratage de la musique, des films et des logiciels dans les pays en développement ainsi que sur les efforts aux niveaux multinational, national et local pour faire appliquer les droits dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. Il a pour fondement des études nationales réalisées au Brésil, en Inde, en Russie et en Afrique du Sud derniers maillons stratégiques de type revenu moyen dans la guerre sur lapplication des droits et des études plus succinctes effectuées au Mexique et en Bolivie.
AUTONUM Dans son sens le plus large, le rapport donne une idée de la convergence numérique dans les pays émergents, processus pour lequel le piratage, avec lutilisation du téléphone mobile, est devenu, dans une certaine mesure, lapplication principale. Il étudie le piratage du disque optique sur 15 années au cours desquelles le disque a remplacé la cassette et, plus tard, lentreprise artisanale à petite échelle la production industrielle à grande échelle. Il remonte jusquau premier défi réel auquel ce réseau de distribution a été confronté, à savoir les services sur lInternet et autres formes de partage de données à grande échelle. Il étudie la question de lorganisation et de la mise en pratique de lapplication des droits, depuis les descentes de police dans la rue jusquà la dénonciation par le secteur industriel et la formation aux politiques internationales en passant par des partenariats entre le secteur industriel et le gouvernement. Et il étudie la demande des consommateurs et les pratiques fluctuantes de ceuxci, dont lindifférence ou lhostilité persistante devant les efforts déployés par une grande partie de la population locale aux fins de lapplication des droits.
RÉORIENTER LE DÉBAT
AUTONUM Le présent document sefforce de donner un éclairage nouveau à certaines questions façonnant le comportement des consommateurs sur les marchés des supports dinformation pirates ou licites 1) dans le cadre des efforts dapplication des droits visant à façonner ce comportement et 2) compte tenu de facteurs clés tels que le prix et la disponibilité.
AUTONUM Le piratage des supports dinformation a été qualifié de fléau mondial, de plaie internationale et de nirvana des criminels mais il est probablement plus approprié de le décrire comme un problème mondial de fixation des prix. Le prix élevé des supports dinformation, la faiblesse des revenus et les techniques numériques bon marché sont les principaux ingrédients du piratage de ces supports au niveau mondial. Si le piratage est omniprésent dans la plupart des régions du monde, cest parce que ses conditions dexistence sont omniprésentes. Par rapport aux revenus locaux au Brésil, en Russie ou en Afrique du Sud, le prix de détail moyen dun CD, dun DVD ou dune copie de MS Office est cinq à dix fois supérieur à celui qui est pratiqué aux États-Unis dAmérique ou en Europe. Les supports dinformation licites sont des articles de luxe dans la plupart des régions du monde, et les marchés licites des produits dinformation sont, par ricochet, minuscules. Les estimations de lInternational Intellectual Property Alliance (IIPA), qui révèlent des taux élevés de piratage sur les marchés émergents (68% pour les logiciels en Russie, 82% pour la musique au Mexique et 80% pour les films en Inde) reflètent cette disparité et minimisent même peutêtre la prévalence des produits pirates.
AUTONUM Reconnaître cette conséquence de la fixation des prix, cest considérer le piratage sous langle de la consommation et non sous langle de la production dans léconomie mondiale des supports dinformation. Le piratage impose tout une série de coûts aux producteurs et aux distributeurs, aussi bien au niveau national quau niveau international. Mais il fournit aussi la principale forme daccès, dans les pays en développement, à un large éventail de supports dinformation, depuis la musique enregistrée jusquaux logiciels en passant par les films.
AUTONUM Ce dernier point est essentiel pour bien comprendre les compromis soustendant le piratage et lapplication des droits sur les marchés des pays émergents. Le déferlement de supports dinformation dans les pays à revenu élevé au cours des deux dernières décennies correspond à très peu de choses dans la plupart des régions du monde. Les marchés du film, de la musique et du logiciel sont entre les mains de quelques entreprises internationales qui, à quelques exceptions près, maintiennent des prix se situant au même niveau que les niveaux américain et européen, ou sen approchant, voire, occasionnellement, se situant audessus de ces niveaux. Les producteurs et distributeurs locaux ont manifestement intérêt à approvisionner des publics plus vastes à des prix inférieurs aux prix occidentaux. Mais seules quelques entreprises locales exercent une mainmise suffisante sur la production et la distribution pour pouvoir le faire. La plupart des entreprises culturelles locales se sont révélées fragiles, voire vulnérables, devant linstabilité économique des marchés émergents et, surtout, devant la concurrence des multinationales.
AUTONUM Le développement du piratage numérique depuis mi1990 a ébranlé un grand nombre des modèles commerciaux applicables aux supports dinformation mais est aussi à lorigine, dans la plupart des cas pour la première fois, dun accès à un coût abordable aux logiciels et aux supports dinformation enregistrés. À notre avis, la question la plus importante nest pas de savoir si une application des droits renforcée peut endiguer ce flot et préserver la structure actuelle des prix et des marchés nos études noffrent aucune garantie à cet égard mais plutôt si des modèles culturels et commerciaux stables peuvent émerger sur
ces marchés des supports dinformation bas de gamme, afin de satisfaire les milliards de futurs consommateurs dans ce domaine. Le présent document donne un aperçu de cette réinvention au fur et à mesure que les coûts de production et de distribution diminuent et que les producteurs et les distributeurs se font concurrence et innovent.
AUTONUM Le facteur commun de ces nouveaux modèles, ainsi que le laissent penser nos travaux, ne consiste ni en une application sévère des droits ni en une utilisation novatrice de la distribution numérique, mais plutôt en la présence dentreprises sur des marchés nationaux qui se font fortement concurrence en matière de prix et de services auprès du public local. Cette concurrence est endémique dans certains secteurs des médias aux États-Unis dAmérique et en Europe où la diffusion numérique est en train de remodeler laccès aux supports dinformation en fonction de niveaux de prix moins élevés. Ce phénomène est largement répandu en Inde où les grandes entreprises nationales de la cinématographie et de la musique dominent le marché national, fixent les prix pour attirer le grand public et, dans certains cas, font directement concurrence à la distribution de produits pirates.
AUTONUM Mais, à quelques rares autres exceptions près, ce phénomène est marginal dans tous les autres pays en développement où des multinationales dominent les marchés nationaux. À cet égard, nos travaux nous laissent penser que ce qui compte au niveau local, cest la propriété. Les entreprises locales ont beaucoup plus de risques dêtre fortement en concurrence auprès du public sur le plan des prix et des services le marché national est leur marché. Les stratégies de fixation des prix et dapplication des droits des multinationales dans les pays en développement, à linverse, laissent entrevoir deux objectifs assez différents : 1) protéger la structure de fixation des prix sur les marchés à valeur élevée, qui génèrent la plupart de leurs bénéfices et 2) maintenir une position dominante sur les marchés des pays en développement au fur et à mesure que les recettes augmentent lentement au niveau local. En dépit du fait que ces expériences de fixation de prix plus faibles pour les DVD et de pratiques de concession de licences institutionnelles pour les logiciels aient été courtes, cette généralisation est valable pour tous les pays dont il est question dans le présent rapport.
AUTONUM Principal défaut de cette stratégie, constaté au cours de la décennie écoulée : le prix des techniques a baissé beaucoup plus rapidement que les recettes nont augmenté, ce qui a fait naître une infrastructure diversifiée pour la consommation de supports dinformation numériques, consommation que les entreprises dominantes nont pas vraiment cherché à satisfaire. La diffusion rapide des techniques en lieu et place dune augmentation lente des recettes demeurera, à notre avis, le cadre de référence approprié de la conception du lien entre marchés mondiaux des supports dinformation et piratage mondial des supports dinformation. Selon nous, les entreprises de supports dinformation soit apprendront à faire baisser les prix sur le marché par le jeu de la concurrence, soit continueront à saccommoder de clivages très fortement prononcés entre les grands marchés de produits pirates à bas prix et les petits marchés de produits licites à prix élevé. Il est important de relever que ce statu quo semble viable dans la plupart des secteurs du commerce des supports dinformation dominés par les multinationales. Les recettes provenant des logiciels et des salles de cinéma ont notablement augmenté dans la plupart des pays à revenu moyen durant la décennie écoulée, dans certains cas dune manière spectaculaire.
AUTONUM Il est évident que les problèmes de fixation des prix et de distribution dans les pays en développement jouent un rôle central tout en étant étonnamment absents de la plupart des débats politiques. La structure de léconomie des supports dinformation licites ne fait presque jamais lobjet dun examen. Au lieu de cela, les délibérations politiques sont axées sur lapplication des droits, cest-à-dire sur le renforcement des pouvoirs de la police, la rationalisation des procédures judiciaires, lalourdissement des sanctions pénales ainsi que sur lextension des mesures de surveillance et des mesures punitives à lInternet. Bien que les prémisses dune nouvelle façon de penser soient visibles à de nombreux égards dans le secteur des médias, les entreprises sadaptant aux réalités de lenvironnement numérique des médias, il est difficile de constater un quelconque impact de cette évolution sur les politiques de propriété intellectuelle, en particulier sur la politique commerciale des pays développés qui constitue lélément moteur du dialogue international sur lapplication des droits.
AUTONUM À notre avis, cette limitation est toujours plus contreproductive pour toutes les parties, depuis les gouvernements des pays en développement jusquaux milieux des droits dauteur dirigeant le débat international sur lapplication des droits en passant par les consommateurs. Le fait de ne pas se poser de questions plus diversifiées sur les causes structurelles du piratage et les objectifs plus vastes de lapplication des droits a un coût intellectuel, politique et, en fin de compte, social. Ce coût est particulièrement élevé, dirionsnous, compte tenu des nouvelles propositions ambitieuses pour lapplication des droits aux niveaux national et international, en particulier la proposition daccord commercial anti-contrefaçon (ACTA).
AUTONUM Pour être plus explicite à cet égard, nous navons trouvé aucune preuve et assurément aucune prétention selon laquelle les efforts déployés jusquà présent pour faire appliquer les droits ont eu une quelconque répercussion sur loffre globale en produits pirates. Nos travaux nous laissent plutôt penser, à laune de la plupart des critères, que le piratage sest considérablement développé durant la décennie écoulée, stimulé par les facteurs exogènes susmentionnés : prix élevé des supports dinformation, revenus locaux bas, diffusion technologique ainsi que mutation rapide des pratiques des consommateurs et des pratiques culturelles.
AUTONUM Le débat se distingue aussi par son absence déchange de vues sur lissue, cest-à-dire la façon dont une application élargie des droits, que ce soit en sattaquant à lInternet sous la forme de propositions de textes législatifs de la troisième faute (« three-strikes ») ou à la vie de tous les jours sous la forme de sanctions pénales plus lourdes, changera sensiblement cette dynamique sousjacente. Une bonne partie de ce qui représente une façon de raisonner à long terme dans ce contexte se base sur lespoir que la sensibilisation permettra de construire une culture de la propriété intellectuelle plus forte au fil du temps. Nous navons trouvé aucune preuve de cela dans nos propres travaux, ni dans le large éventail denquêtes dopinion menées auprès de consommateurs durant la décennie écoulée. Nous navons pas non plus constaté une quelconque tentative de la part de protagonistes du secteur étatique ou industriel dénoncer des critères crédibles permettant de mesurer la réussite ou les limites souhaitables de lexpansion des compétences en matière dapplication des droits ou dinvestissements publics. Le côté fortement moralisateur du débat rend ces compromis difficiles.
AUTONUM Mais ce qui est peutêtre le plus important, cest que nous avons constaté quil nexistait quun faible lien entre ces efforts et le problème plus vaste des moyens à mettre en uvre pour promouvoir des marchés culturels riches, accessibles et licites dans les pays en développement, problème qui a inspiré une grande partie de nos travaux. La question essentielle de laccès aux supports dinformation et de la licéité des marchés concernés a, selon nous, moins à voir avec lapplication des droits quavec lencouragement de la concurrence sur les marchés de supports dinformation bas de gamme, qui constituent
euxmêmes un vaste marché créé par le piratage auquel il a été en grande partie laissé. À
ce stade, nous sommes partis du principe que des DVD à 15 dollars des ÉtatsUnis dAmérique pièce, des CD à 12 dollars et des copies de MS Office à 150 dollars nallaient pas faire partie de solutions légales diversifiées.
AUTONUM Pour nous, ces questions semblent au cur du Plan daction pour le développement et, plus tangiblement, des efforts déployés par les États membres de lOMPI pour définir une position commune sur la question de lapplication des droits qui soit en harmonie avec ce plan daction. Le projet du SSCR intitulé Media Piracy Project a été conçu pour donner un éclairage nouveau à ces questions.
ii. SENSIBILISER LES CONSOMMATEURs
AUTONUM Presque tous les projets officiels de protection de la propriété intellectuelle, quil sagisse de celui de la Chambre de commerce des États-Unis dAmérique intitulé Campaign to Protect America, du National Plan to Combat Piracy du Gouvernement brésilien ou du Plan daction pour le développement de lOMPI, soulignent que les mesures répressives visant à lutter contre le piratage ne suffisent pas, que lapplication de droits appelle aussi la mise en place dune culture de la propriété intellectuelle plus solide par des campagnes éducatives et de sensibilisation du public. Les efforts de sensibilisation sont donc légion, allant de programmes sur la lutte contre le piratage mis en uvre dans les écoles publiques à des séminaires techniques bien circonscrits conçus pour sensibiliser les juges et les fonctionnaires chargés de lapplication du droit à limportance des délits de propriété intellectuelle en passant par des campagnes de sensibilisation. Parce que la sensibilisation du public est un domaine où la coordination entre groupes dentreprises est relativement simple, les campagnes locales tendent à beaucoup se ressembler dun pays à lautre et véhiculent avec insistance les mêmes messages simples : respect de la propriété intellectuelle, peur de se faire prendre et crainte dacheter des produits dangereux ou socialement préjudiciables. La distinction entre le piratage et la contrefaçon disparaît presque toujours dans ce contexte. Par contre, laccent est presque toujours mis sur les associations inquiétantes avec le crime organisé, limmoralité et les coûts pour la personne. Cest ainsi que lon peut lire dans le manuel denseignement utilisé dans le cadre du cours intitulé Projeto Escola Legal dans les écoles élémentaires brésiliennes ce qui suit : Ce nest pas une exagération que de dire quen achetant un produit pirate, une personne réduit ses propres chances de trouver un emploi ou même provoque le licenciement dun parent ou dun ami (PEL 2010: 10). Dans un spot vidéo largement diffusé au Brésil, des malfaiteurs sadressent à la consommatrice de DVD pirates en ces termes : Merci, mdame, de nous aider à acheter des armes!
AUTONUM Les efforts visant à façonner le discours public sur le piratage touchent lorganisation des nouvelles écrites ou radiodiffusées. Plusieurs de nos études nationales nous ont permis de rassembler des informations sur la mesure dans laquelle les messages de lindustrie du droit dauteur dominent la place accordée au piratage par la presse écrite et les médias de la radiodiffusion. Notre équipe de lAfrique du Sud a répertorié environ 800 affaires imprimées ou radiodiffusées en quatre ans dans un pays comportant trois grands marchés de supports dinformation. Un exercice analogue au Brésil a permis de rassembler grosso modo 500 affaires en trois ans. La grande partie des informations ainsi rassemblées présentait quelques traits communs : descentes ou arrestations extraordinaires, nouveau rapport sur le piratage, artistes lésés. La plupart dentre eux sont des extraits de communiqués de presse du secteur industriel ou de rapports sur des événements relatés dans la presse industrielle.
AUTONUM Malgré le caractère omniprésent du piratage des supports dinformation, les perspectives de contraste ou danalyse dans cette couverture médiatique sont rares. En particulier lorsque le sujet consiste en les mesures dapplication des droits ou la recherche, il y a peu dautres points de vue alimentant le réflexe journalistique de léquilibre. Un ensemble de facteurs contribue à cette prépondérance discursive depuis la gestion de la presse professionnelle par des groupes dentreprises jusquà labsence dengagement de la part de la société civile dans lapplication des droits en passant par des journalistes débordés, à laffût dhistoires facilement ficelées. Cette homogénéité offre un contraste marqué avec les nombreux sites en ligne abritant un large éventail davis sur le piratage et lapplication des droits, offrant collectivement une approximation beaucoup plus affinée, à notre avis, de la diversité actuelle des attitudes des consommateurs.
AUTONUM Quel est le résultat de ces efforts déployés pour façonner le discours public? Si dissuader les consommateurs est lobjectif premier, la réponse à la question semble être pas grand-chose. Il est ressorti de nos enquêtes (qui associaient des études, des groupes de travail thématiques et des méthodes dentretien) quil existe un ensemble remarquablement cohérent dattitudes à propos du piratage : 1) celuici est souvent considéré dune manière ambivalente par les consommateurs; 2) les questions pratiques de prix et de disponibilité lemportent presque toujours sur les considérations morales et 3) les consommateurs savent ce quils achètent. La scène traditionnelle du piratage dans les pays en développement une personne vendant des DVD dans un kiosque ou dans la rue ne laisse que très peu de doutes au consommateur quant à la nature de la transaction. Les consommateurs établissent un équilibre entre le prix et la qualité escomptée, à la différence près que cela a lieu dans le cadre de négociations explicites sur le marché noir où les notions de fraude ou de tromperie souvent empruntées au discours sur la lutte contre la contrefaçon ne sappliquent pas en général. Lécart de prix entre le produit licite et le produit pirate constitue une indication claire de lorigine du produit.
AUTONUM La lisibilité de cette scène pour les consommateurs, à notre avis, constitue un critère pour dautres scènes de copie ou datteinte, dont le statut juridique est plus souvent incertain ou confus en particulier lorsquil sagit des pratiques numériques de copie, partage ou téléchargement de matériel protégé par les droits dauteur. Il semble tout à fait possible, par exemple, dexpliquer aux étudiants que le partage de fichiers de musique protégée par les droits dauteur est du piratage, mais rien ne nous a permis de constater que cette prise de conscience aurait une quelconque répercussion sur les pratiques. Nous ne voyons pas la nécessité dune sensibilisation réelle du consommateur.
AUTONUM Cette constatation sinscrit, selon nous, dans le droit fil de ce qui ressort avant tout des enquêtes dopinion menées auprès de consommateurs dans ce domaine, y compris celles qui ont été effectuées par Pew aux ÉtatsUnis dAmérique, par BPI au Royaume-Uni, par PROFECO au Mexique, par IBOPE et Ipsos au Brésil et par bien dautres. Lanalyse comparative la plus fouillée sur ces questions demeure une étude réalisée à la demande de la Chambre de commerce internationale en 2009, intitulée 2009 Strategy One. Dans le cadre de cette étude, 176 enquêtes de consommateurs ont été passées au crible auxquelles se sont ajoutées celles qui ont été conduites à ce titre en Russie, en Inde, au Mexique, en Corée du Sud et au Royaume-Uni. Comme dans presque toutes les autres études, les travaux de Strategy One ont mis en évidence de hauts niveaux dacceptation du piratage physique et numérique, les pratiques des jeunes adultes en ce qui concerne les supports dinformation numériques se situant toujours au niveau le plus élevé de la distribution. Le groupe en a conclu que lexpression je nai rien entendu, ni vu et je ne dirai rien était devenue la norme ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/K6SZAZEU"]}]} (ICC/BASCAP 2009). À ce stade, ce type de conclusion ne devrait pas être une surprise. Compte tenu du contexte dans lequel nous avons travaillé, nous pouvons dire avec une certaine certitude que les efforts visant à stigmatiser le piratage ont échoué.
AUTONUM Il y a peu de marge de manuvre ici, dirionsnous, car lattitude des consommateurs nest pas, dans la plupart des cas, informe elle nattend pas une définition donnée par un message clair de lutte contre le piratage. Au contraire, nous avons invariablement constaté que les avis étaient solides. Lexcédent budgétaire engendré chez le consommateur par le piratage dans les pays à revenu moyen nest pas simplement très populaire; il est aussi très largement compris comme une forme de justice économique, analysée selon la perception quont les consommateurs des ÉtatsUnis dAmérique et des multinationales gloutons ainsi que des inégalités structurelles plus vastes quengendre la mondialisation à laquelle les consommateurs de la plupart des pays en développement sont confrontés. Les efforts déployés pour faire appliquer les droits sont, à leur tour, largement associés aux pressions quexercent les ÉtatsUnis dAmérique sur les gouvernements nationaux et laissent la plupart des sondés indifférents ou hostiles. La répugnance de bon nombre de gouvernements à opter pour des mesures dapplication des droits plus strictes doit être comprise à la lumière de ces coûts politiques nationaux potentiellement élevés.
AUTONUM Bien que la sensibilisation soit en général présentée comme un investissement à long terme pour lutter contre ces comportements, labsence de preuves de leur efficacité est frappante. Après tout, il y en a eu beaucoup durant la décennie écoulée Strategy One en a répertorié 333 rien que dans des pays développés en 2009. On pourrait raisonnablement escompter pouvoir en tirer quelques critères et conclusions provisoires. Mais un tel suivi semble être exclu presque universellement. Nous navons pas eu connaissance de campagnes comprenant une évaluation ultérieure (il semble aussi que ce soit la conclusion à laquelle soient parvenus les auteurs de Strategy One après analyse de 202 campagnes).
AUTONUM La prolifération des campagnes et lévitement des mauvaises nouvelles, dans ce contexte, laissent vivement penser que dautres motifs jouent un rôle. Les investissements continus dans laction éducative et la sensibilisation du public sexpliquent, en grande partie, selon nous, par des vux pour lavenir qui, bien que réellement formulés, se révèlent être des vux pieux; cest ce que Strategy One décrit comme léchec des efforts de sensibilisation parce que, malgré leur réalité, ils sont simplement inacceptables pour nous en tant quindividus, pour les entreprises et compagnies dans lesquelles nous travaillons et pour la société dans son ensemble (ICC/BASCAP 2010). Dans dautres contextes, il est évident que les initiatives de sensibilisation fournissent des explications politiques fallacieuses utiles aux gouvernements publiquement engagés dans lapplication des droits mais sur leurs gardes quant à dautres mesures répressives et aux groupes industriels sefforçant dadoucir leurs projets au fur et à mesure quils se tournent vers des façons plus directes de pénaliser le comportement des consommateurs. Ainsi quil ressort du chapitre un peu plus détaillé consacré au Brésil dans notre rapport, les campagnes de sensibilisation peuvent ouvrir la voie à moins de résistance entre ces intérêts contraires et aboutir à un attachement important, de la part de fonctionnaires, aux versions les plus naïves de ces programmes. Ce sont des compromis de ce type qui expliquent pourquoi 22 000 écoliers brésiliens sont désormais engagés dans le Projeto Escola Legal, projet éducatif phare du Brésil en matière de lutte contre le piratage, qui, dans un passage caractéristique, conseille aux enseignants de répondre aux préoccupations de leurs étudiants en ce qui concerne un accès à un coût abordable aux produits culturels en ces termes : Il existe une vaste production de films, musique, livres, etc.; par conséquent, lorsque nous ne pouvons pas acheter un billet pour aller voir un film, nous ne pouvons pas dire que nous navons pas accès à la culture mais uniquement que nous navons pas accès à ce film précis, en ce lieu précis et en ce moment précis. Nous pensons quil est tout à fait improbable quune culture de la propriété intellectuelle puisse se construire sur de telles inadéquations avec les réalités auxquelles sont confrontés les consommateurs.
III. questceque la consommation?
AUTONUM Traditionnellement, le coût élevé de la production et de la diffusion des supports dinformation est à lorigine de distinctions assez pointues entre producteurs, distributeurs et consommateurs de supports dinformation. Le consommateur se trouve à la fin dune chaîne de marchandises qui fournit des produits finis et des expériences structurées disques à placer dans des chaînes stéréo, films à voir dans les cinémas, etc. Loptique des consommateurs constitue un élément utile très recherché mais les possibilités dun attachement créatif à luvre ou dune appropriation créative de luvre sont en général négligeables. Ce modèle a, bien entendu, été mis à rude épreuve au fur et à mesure que la baisse des coûts de production et de distribution a démocratisé ces fonctions essentielles de léconomie des supports dinformation et que lapparition de nouvelles techniques a privilégié toutes formes de commentaire, appropriation et réutilisation. Ces pratiques sont, dans une certaine mesure, devenues les principaux tropes de la perception des supports dinformation numériques.
AUTONUM Dune manière générale, nos travaux valident et développent cette conception. À preuve, lémergence de nouvelles chaînes de production et de distribution sur les marchés des supports dinformation très bas de gamme marchés presque toujours illicites à leurs débuts, qui se transforment en marchés mixtes comprenant des formes de concurrence nouvelles et légales. À preuve aussi, cet éventail dappropriations créatives de produits éprouvant la frontière entre une utilisation autorisée et une utilisation non autorisée, ce faisant alimentant systématiquement des accusations de piratage.
AUTONUM Toutefois, en ce qui concerne les supports dinformation enregistrés, nos travaux ont mis en évidence une évolution plus spécifique de lorganisation de la consommation : la perte de vitesse du collectionneur ou de la collectionneuse, et de lacquisition intentionnelle et planifiée qui définit traditionnellement son lien avec les supports dinformation. À notre avis, ce consommateur fictif structure toujours une grande partie du domaine culturel et une partie importante des modèles commerciaux et des chaînes dapprovisionnement pour les supports dinformation audiovisuels. Mais il sagit aussi sans aucun doute dun rôle culturel qui recule, défini par limpact des revenus et les pratiques culturelles du passé.
AUTONUM Le collectionneur cest ce que nous laissent penser nos travaux fait des concessions aux deux extrémités de léventail de son revenu. Pour les consommateurs privilégiés techniquement compétents, le sujet de préoccupation est celui du volume gérable : la taille croissante des bibliothèques personnelles de supports dinformation est en train de dissocier les supports enregistrés des notions traditionnelles de collection, voire même dhypothèses bien établies dintention dacquisition. Il est ressorti dune enquête menée en 2009 auprès de 1800 jeunes du RoyaumeUni que la bibliothèque numérique moyenne contenait 8000 chansons, dont 1800 sur un iPod moyen ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/3WTICCQ9"]}]} (Bahanovich et Collopy 2009). La plupart de ces chansons jusquà deux tiers selon une autre étude récente ne sont jamais écoutées ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/2J677AT6"]}]} (Lamer 2006). À en croire les chiffres de lIFPI, il y a piratage à un niveau allant jusquà 95% des cas ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/WTQXF4JC"]}]} (IFPI 2006).
AUTONUM Ces chiffres sappliquent aux communautés de la musique et, de plus en plus, de la vidéo qui partagent des dizaines, voire des centaines de mégaoctets de contenu, ce qui diminue la capacité des consommateurs dorganiser, voire de maîtriser, la totalité de leur collection. Les bibliothèques fondées sur le principe de la communauté, telles que celles qui sont constituées par lintermédiaire de sites P2P sur invitation seulement, poussent encore plus loin cette reformulation de la norme, en étant structurées en fonction de principes de propriété et dorganisation encore plus diffus. À cette échelle, bon nombre des fonctions classiques de la collection deviennent impersonnelles, celleci nétant plus ou ne pouvant plus être gérée individuellement. Un effet connexe est que la propriété privée devient encore plus difficile à préciser et mesurer : les enquêtes de consommation ne sont pas vraiment appropriées pour analyser un domaine où le savoir concerné nest pas fiable. Les études fondées sur des instruments ou le service des médias (telles que la poignée détudes utilisant les données iTunes) peuvent tenir compte uniquement dune partie des ressources que les consommateurs consacrent aux supports dinformation. De plus en plus, nous vivons dans un océan de supports dinformation sans provenance ou frontières claires.
AUTONUM Plusieurs de nos études décrivent la tension entre le modèle de collection, qui suppose encore des liens pratiques et affectifs avec les disques physiques, et le modèle numérique dorigine, qui en général nen suppose pas. Inévitablement, cette tension permet détablir un lien avec limpact des revenus, la disponibilité de la large bande et lâge, et, par conséquent, a une incidence sur une partie relativement restreinte de la population des pays à revenu moyen ou faible revenu. Les produits authentiques continuent à occuper une place sociale élevée dans ce contexte, en tant que signes extérieurs de richesse ou, comme le suggère notre étude russe, forme de politesse pour un cadeau. Durant les quelques années de réalisation de cette étude, lévolution de ces pratiques a été visible et frappante. La fourchette moyenne dans les pays à revenu moyen nest pas la lente croissance du revenu moyen mais la chute rapide du prix des techniques.
AUTONUM Le deuxième changement de comportement des consommateurs plus important dans de nombreux pays est le développement, parmi les couches sociales très pauvres, de marchés de masse pour les supports dinformation enregistrés et dans de nombreux cas la production de masse de supports dinformation enregistrés par ces couches sociales. Les prémisses de cette révolution remontent aux techniques utilisées pour les supports dinformation enregistrés dans les années 80, profondément démocratisatrices et favorisant le piratage à savoir laudiocassette et lenregistreur (Manuel 1993). La flambée actuelle, beaucoup plus importante, de la production de supports dinformation numériques sappuie sur la prolifération dune infrastructure de VCD et de DVD bon marché durant la décennie écoulée, qui comprenait des lecteurs multiformats, des ordinateurs, des graveurs et des disques à la fois alimentant la disponibilité dun contenu pirate bon marché et alimentée par cette même disponibilité. Les pratiques des consommateurs à ce niveau sorganisent aussi différemment, avec moins dattachement aux CD et aux DVD en tant quéléments dune collection privée quen tant que produits partagés avec des familles et des communautés élargies. La consommation collective visualisation et écoute est plus fréquente dans ce contexte, illustrant le fait quil y a peu de téléviseurs, ordinateurs et lecteurs de DVD dans les foyers pauvres.
AUTONUM Ni la version du revenu élevé, ni celle du revenu faible pour expliquer ce changement ne sont très en vogue dans les débats sur lapplication des droits, qui continue à être modelé, à notre avis, par une conception nostalgique du consommateur en tant que collectionneur, de personnes choisissant délibérément dacheter ou de pirater des produits spécifiques pour une utilisation personnelle. Et malgré lexistence déléments prouvant une diminution de lacquisition dhabitudes culturelles numériques, nous ne pensons pas que cela changera : réel ou non, le collectionneur est une notion importante qui ancre la responsabilité personnelle et lengagement dans léconomie des droits dauteur. Au fur et à mesure que les efforts déployés pour faire appliquer les droits visent moins les intermédiaires commerciaux que les consommateurs, cet anachronisme revêt une importance plus grande, non moindre.
IV. FIXATION DES PRIX
AUTONUM Les comparaisons de prix entre produits pirates et produits licites dans différents pays offrent une vue densemble simple mais révélatrice de lorganisation des marchés des supports dinformation. Pour illustrer ces différences, nous avons comparé les prix légaux les plus fréquents dun éventail de produits dinformation et les prix pirates les plus fréquents, et nous avons converti ces chiffres en un prix pouvoir dachat comparatif (PAC), qui montre si le produit serait cher pour les Américains lorsque son prix correspond à un pourcentage équivalent au PIB par tête des ÉtatsUnis dAmérique.
AUTONUM Les prix, recueillis fin 2008 et 2009, doivent être considérés comme des estimations. Le prix des produits pirates et des produits licites varie en fonction dun grand nombre de facteurs, dont le lieu de vente et la perception de la demande. Les fluctuations monétaires ont aussi de nombreuses répercussions sur les comparaisons de prix. Mais, surtout, les produits pirates sont disponibles en lots de toutes sortes, à des prix variables, qui reflètent les différences de qualité, demballage, du nombre de films ou dalbums sur un disque et dautres éléments permettant de les distinguer sur le marché. Pour faciliter les comparaisons, toutefois, nous nous sommes limités aux CD et DVD de haute qualité comportant un seul titre, équivalents de produits licites.
Coldplay: Viva la Vida (CD)
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC Prix pirate PAC pirate
États-Unis dAmérique 17---------n.d.--------Russie1159526Brésil14802,514Afrique du Sud20,51642,722Inde8,53851,254Mexique13,775(0,4) 15,75
The Dark Knight (DVD)
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC Prix pirate PAC pirate
États-Unis dAmérique 24-------5------Russie1579526Brésil15853.520Afrique du Sud14129(0,4) 2,822Inde14635(0,3) 1,254Mexique27154 (0,4) 0,754Les parenthèses indiquent le prix le plus bas observé
AUTONUM Lalbum Viva la Vida (2008) de Coldplay et le film The Dark Knight (2008) de la Warner Brothers ont été des succès internationaux. Coldplay a vendu plus de 9 millions de CD de Viva la Vida depuis 2008 et lalbum figure au hitparade des téléchargements numériques. The Dark Knight brought a rapporté plus de 1 milliard de dollars des ÉtatsUnis dAmérique et a battu tous les records de ventes de DVD après avoir été mis dans les bacs vers la fin 2008.
AUTONUM Bien quil sagisse de produits mondiaux typiques à de nombreux égards, les albums et les films font lobjet de licences distinctes dans chaque pays où ils sont vendus. La licence autorise en général la reproduction dun nombre précis dexemplaires qui sont presque tous fabriqués localement. Limportation parallèle de produits protégés par les droits dauteur est rigoureusement restreinte dans la plupart des pays, ce qui permet de faire en sorte que les différences de prix ne puissent pas facilement être soumises à un arbitrage.
AUTONUM Les coûts des licences dexploitation sont contrôlés par les titulaires de droits qui sont presque toujours de grandes maisons de disques, des éditeurs de logiciels ou des studios. Dans le cas de la concession de licences dexploitation de musique, le prix de détail final est souvent le résultat daccords entre les maisons de disques et dautres protagonistes de la chaîne de distribution (distributeurs, détaillants ou stations radio). Cela introduit une variation dans la fixation des prix. Le prix dun même album peut grandement varier dun pays à lautre.
AUTONUM Les studios cinématographiques font preuve dune plus grande collusion en matière de fixation des prix. Un DVD diffusé récemment par une grande maison de disques commence à se vendre entre 14 et 15 dollars des États-Unis dAmérique sur la plupart des marchés, un prix plus élevé étant la norme dans certains pays. À lexception de certaines expériences brèves avec des DVD bon marché, notamment en Chine et en Europe orientale, les principaux studios nont déployé que très peu defforts pour faire face aux différences de revenus locaux ou pour fixer le prix de leurs produits de sorte à faire concurrence aux produits pirates. Ce nest ni sur le marché des films, ni sur celui de la musique que les prix des produits sont fixés à des niveaux qui rapportent davantage quun créneau. Les CD et les DVD demeurent des articles de luxe dans la plupart des pays à revenu moyen ou à faible revenu. On trouve des rapports prixrevenus grosso modo comparables à ceux des marchés de supports dinformation des ÉtatsUnis dAmérique et de lEurope uniquement sur les marchés de produits pirates de ces pays.
AUTONUM Cette dynamique sétend à la musique et aux films produits localement. Les maisons de disques locales ne sont pas freinées plus que cela par les règles de retour sur investissement des grandes maisons de disques et, en général, ont davantage intérêt à ce que les prestations en direct locales fassent lobjet de promotions. Par conséquent, la fixation des prix des CD au niveau local varie davantage en fonction des perceptions du marché. Toutefois, cette souplesse ne sapplique pas à la plupart des films produits au niveau national qui, en général, sont bon an mal an alignés sur le niveau élevé fixé par les distributeurs. Contrairement aux maisons de disques locales, les studios cinématographiques locaux font déjà partie réellement intégrante des réseaux internationaux de production et de distribution de films et dapplication des droits antipiratage, et appliquent leurs propres conventions de fixation des prix.
Albums de tubes produits au niveau national
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC
Krematorium: Amsterdam (Russie)6,5035Thermal and a Quarter: First Album (Inde)7317Victor and Leo: Borboletas (Brésil)9,5054Thalia: Primera Fila (Mexique)1586
Films à succès réalisés au niveau national
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC
Tropa de Elite (Brésil)1057Obitaemiy Ostrov (Russie)1581Mr. Bones 2 (Afrique du Sud)18144Arrancame la Vida (Mexique)17,6100Jaane Tu Ya Jaane Na (Inde)3,8172Oye Lucky Lucky Oye (Inde Moser)290Mission to Nowhere (Nigéria)3123
AUTONUM Les exceptions les plus intéressantes à cette règle sont lInde, le Nigéria et la Chine, qui tous se sont dotés de grandes entreprises cinématographiques nationales qui approvisionnent le public local. En 2007, Moser Baer, plus grand distributeur indien de DVD, a brusquement cessé dappliquer les conventions de concession de licences sur le marché des DVD. La guerre des prix qui sen est suivie entre les grands distributeurs a transformé la fixation des prix des DVD nationaux, créant un marché de masse faisant concurrence au marché de produits pirates haut de gamme. Le marché nigérian des vidéos nationales en grande partie construit sur le piratage de vidéos de Bollywood et toujours très dépendant des réseaux officieux de vendeurs pour la distribution et les ventes propose aussi des prix faisant concurrence aux DVD pirates. Les studios chinois, protégés par des quotas dimportation, ont aussi considérablement diminué leurs prix mi2000 pour essayer de réduire lécart entre les marchés licites minuscules et les grands marchés illicites. Les grands studios occidentaux leur ont emboîté le pas.
AUTONUM La principale leçon à tirer de cette comparaison des prix est relativement simple : dans les pays où les entreprises nationales dominent la production et la distribution, ces entreprises se font concurrence, au niveau des prix, auprès du public local. Dans les pays où la production et la distribution nationales sont contrôlées par des multinationales, cela nest généralement pas le cas.
AUTONUM La fixation des prix des CD et des DVD pirates illustre aussi indirectement les différentes structures de marchés de produits pirates dans ces pays. Au début des années 2000, le prix de détail dun DVD pirate dans tous ces pays était de lordre de 5 dollars des ÉtatsUnis dAmérique. En 2009, ce prix avait chuté à 1 dollar dans de nombreux pays, les disques vendus en gros ou au détail mais de qualité moindre étant souvent moins chers. Daprès nos travaux, 1 dollar constitue le prix de détail plancher pour un DVD de qualité décente sur des marchés concurrentiels, cest-à-dire avec la concurrence dautres vendeurs et, toujours plus, de lInternet. Tout ce qui se situe audessus de 1 dollar traduit un frein au commerce, que celuici soit dû à lapplication des droits, à des facteurs de production plus coûteux ou à une collusion entre vendeurs. On trouvera des exemples de ces trois cas dans les études nationales figurant dans notre rapport plus étoffé.
AUTONUM Dans ce contexte, le prix élevé des produits pirates en Russie et aux ÉtatsUnis dAmérique tranche. Aux ÉtatsUnis dAmérique, le marché des disques optiques pirates a pour ainsi dire disparu, supplanté par le marché du P2P et autres services numériques. Les produits pirates dans le commerce de détail structuré sont quasiment inexistants. On trouve encore dans les principales villes des ÉtatsUnis dAmérique des vendeurs des rues qui travaillent uniquement dans des créneaux tels que le marché des copies de caméscopes pour les derniers films sortis ou les films de spécialité (p.ex. : les films reggae). Les prix élevés aux ÉtatsUnis dAmérique sont la conséquence de ces marchés à créneaux et, dune manière plus générale, de capacités de paiement plus importantes.
AUTONUM Le prix élevé des produits pirates russes, par ailleurs, semble être le résultat dune production toujours plus entre les mains de contrefacteurs travaillant à grande échelle, à de nombreux égards protégés par lÉtat et ayant acquis suffisamment de pouvoir commercial pour soutenir les prix. Un élément clé de ce renforcement a consisté dans les mesures énergiques prises à lencontre des petits producteurs locaux et vendeurs au détail en 2006, qui ont balayé le niveau intermédiaire responsable, dans dautres pays, dune concurrence plus forte en matière de prix et de production de volume.
Microsoft Office 2007 (version destinée au foyer et à létudiant, prix de 2009)
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC Prix pirate PAC pirate
États-Unis dAmérique 149------n.d.-------Russie150795n.d.--Brésil109879n.d.--Afrique du Sud114985n.d.--Mexique1558490,754Inde1005400290
Halo 3 (Xbox 360)
Prix légal ($ É.-U.) Prix PAC Prix pirate PAC pirate
États-Unis dAmérique 40-------n.d.-------Russie101545n.d.--Brésil60342n.d.--Afrique du Sud5342430240Mexique54310222Inde361634n.d.--
AUTONUM Les logiciels offrent peu de surprises dans ce contexte. Le prix au détail de la plupart des logiciels de productivité dans les pays en développement correspond à celui que lon trouve dans le monde occidental ou sen approche, les versions linguistiques locales dont la valeur dexploitation est moindre étant un peu moins chères. Ces prix illustrent le côté sans intérêt du commerce de détail des logiciels dans ces pays où il existe de nombreuses autres façons légales, pour les utilisateurs, de payer beaucoup moins. Microsoft, par exemple, propose de fortes réductions aux fabricants déquipement original qui installent Windows, Office et dautres produits Microsoft sur de nouvelles machines. La concession de licences dexploitation, à moindre coût, à des institutions publiques et à des petites et grandes entreprises est aussi fréquente. Ces nombreuses transactions sont la preuve des pratiques discriminatoires en matière de prix qui caractérisent le marché des logiciels. Pour la vaste majorité des consommateurs qui nont pas accès à ces transactions, le marché des produits pirates constitue la seule autre solution.
V. Distribution
AUTONUM Dans les pays à revenu moyen et à revenu faible, la contrepartie de ces prix élevés est une distribution peu développée. Les détaillants de films, de DVD ou de CD, les librairies et les vendeurs de logiciels sont rares et, typiquement, se regroupent dans les capitales, à proximité des élites aisées. Les plus petites villes et les provinces sont systématiquement mal approvisionnées, parfois pas du tout. Au Brésil, les villes de Sao Paolo et de Rio de Janeiro comprennent approximativement 9% de la population, mais 41% des salles de cinéma ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/PHKN7SXG"]}]} (Funarte 2009). En Russie, Moscou et SaintPétersbourg abritent environ 11% de la population nationale mais ont un tiers des salles de cinéma ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/872CK7RT"]}]} (Berezin et Leontieva 2009). En Afrique du Sud, le premier multiplexe dans une ville noire a ouvert ses portes en 2007. La qualité des exemplaires et de linfrastructure diminue aussi avec la distance. Malgré une tendance à mettre les produits en circulation en même temps pour lutter contre le piratage, les nouvelles sorties en province ont lieu après avoir fait attendre les gens pendant des semaines.
AUTONUM Il en va largement de même du marché des disques optiques dont le prix permet en général de sassurer quils ne sont présents que dans une poignée de chaînes de vente au détail. Cette situation a commencé à changer sur plusieurs des marchés que nous avons étudiés lorsque les distributeurs ont essayé de lutter contre lavantage de proximité énorme procuré par les vendeurs de produits pirates qui, simplement, vendent là où les gens se rassemblent. En Inde, la société de production TSeries a fait uvre de pionnier avec les cassettes dans les années 80, à lorigine dune distribution auprès dun bien plus large éventail de vendeurs et de points de vente que les concurrents, dont les épiceries. Nous avons réuni des informations sur un éventail de cas en Afrique du Sud, au Brésil, en Inde, en Russie et en Bolivie où la supériorité des réseaux de distribution officieux ont conduit les distributeurs légaux à essayer de vendre, par lintermédiaire de ces réseaux, des produits en gros, sappropriant les réseaux pirates pour distribuer des produits licites à des prix compétitifs. Lindustrie nigériane de la vidéo qui occupe la deuxième place de lindustrie cinématographique mondiale a été constituée à laide de ces pratiques quelle a étendues à toute lAfrique ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/TKBAG9H4"]}]} (Larkin 2004).
AUTONUM Dans les régions où il ny a pas de distribution légale logique, on ne peut pas dire que le marché des produits pirates fasse concurrence aux ventes légales, ni quil engendre des pertes pour le secteur industriel. Tout en bas de léchelle socioéconomique où ces écarts de distribution sont fréquents, le piratage est le marché, purement et simplement, et la notion de choix moral entre produits pirates et produits licites qui se trouve au cur des campagnes de lutte contre le piratage devient un texte irréaliste dautonégation, englouti par les campagnes de commercialisation du secteur industriel pour les mêmes produits.
VI. TOURNé VERS LAVENIR
AUTONUM Malgré le développement rapide de la connectivité à bande large, le marché des disques optiques pirates demeure la principale forme daccès à la musique enregistrée et aux films sur les marchés des pays émergents. Par conséquent, les efforts dapplication des droits sur ces marchés continuent dêtre axés sur les liens constituant cette chaîne des marchandises, depuis les producteurs de disques optiques jusquaux vendeurs des rues en passant par les distributeurs et les détaillants. En dautres termes, lapplication des droits vise toujours le contexte commercial ou institutionnel de latteinte où les contrôles et les règlements privés donnent des résultats relativement bons.
AUTONUM Toutefois, au fur et à mesure que les connexions à large bande et le stockage numérique bon marché se multiplient, lapplication des droits soriente vers lactivité non commerciale et lespace des consommateurs. Léviction de la chaîne entreprises commerce de détail en matière de disques pirates par le piratage numérique non commercial est largement réalisée dans les pays à revenu élevé, mais en cours dans la plupart des pays à revenu moyen pris en considération dans notre étude. Le ciblage des sites BitTorrent et autres services P2P fait partie de cette évolution, et les tribunaux sont généralement sensibles aux arguments des entreprises sur la responsabilité des tiers dans ce contexte, même lorsque ces sites vont quelque peu audelà dune simple réplication des fonctions des moteurs de recherche. Des textes plus fermes sur ce sujet constituent lune des caractéristiques systématiques des projets de lACTA.
AUTONUM Mais les pays en développement sont mal équipés et, jusquà présent, se sont montrés peu enclins à faire appliquer les droits notamment dans le cadre de procédures pénales plus importantes à lencontre des consommateurs ayant ce type de comportement. Malgré les pressions importantes exercées par le secteur industriel et quelques vains efforts de calque des modèles américain ou européen de règlements en série, aucun gouvernement des pays étudiés ici na essayé. Les incitations en faveur de régulations de type "trois fautes (« three-strikes ») permettront déprouver cette position dune manière révélatrice dans les années à venir.
AUTONUM Toutefois, dune manière générale, nous constatons que les tendances du secteur industriel ne vont pas toutes vers une application renforcée des droits. La position des entreprises évolue au fur et à mesure que la sagesse usuelle commence à assimiler leffondrement des chaînes de marchandises plus anciennes et que les entreprises constituées en réponse à cet effondrement deviennent des protagonistes à part entière par leurs propres mérites. Les perspectives du piratage ont évolué en conséquence. Lévolution au fil du temps du style des entreprises constitue un bon critère. Du début des années 1980 jusquau début des années 2000, Jack Valenti, de la MPAA, a sans doute donné le ton dans le secteur industriel en ce qui concerne la mainmise sur les nouvelles techniques applicables aux supports dinformation de consommation avis sans concession particulièrement célèbre depuis sa comparaison, en 1983, du magnétoscope à cassettes à un tueur en série. Vingt ans plus tard, les propos de Jamie Kellner de la Turner Broadcasting laissait entrevoir la même rigueur lorsquil déclarait que à chaque fois que vous sautez une publicité
en réalité, vous volez la programmation (Kellner 2002).
AUTONUM En 2009, toutefois, il était possible de trouver des représentants de la MPA ayant un avis moins manichéen sur lutilisation non autorisée et une explication complètement différente du lien entre le piratage et le marché licite. Lors dentretiens, Robert Bauer, directeur des projets spéciaux à la MPAA, a formulé un dessin très différent pour le groupe industriel, relevant que notre travail consiste à isoler les formes de piratage qui font concurrence aux
ventes légitimes, à les traiter comme un indicateur de cette demande des consommateurs qui est insatisfaite, puis à trouver un moyen de satisfaire à cette demande (entretien de 2009).
AUTONUM Lécart conceptuel entre les attaques de Valenti à propos des copies réalisées par les consommateurs et la conception qua Bauer du piratage, qui y voit une indication de la demande non satisfaite des consommateurs, est considérable et, à notre avis, lexpression dune dichotomie entre le débat actuel sur le piratage et la propriété intellectuelle au sein des principales industries des droits dauteur. Lors de la demi-décennie écoulée, les débats du secteur industriel ont pris une tournure de plus en plus schizophrène avec, dun côté, un débat sur lapplication des droits structuré en fonction de la rigueur dhommes tels que Valenti et, de lautre, un débat sur les modèles commerciaux organisé autour de la conception plus souple de Bauer.
AUTONUM Dune manière générale, nos travaux valident cette dernière conception comme la seule solution réellement pratique pour que lindustrie des médias puisse aller de lavant et comme lune déjà bien répandue dans les pays disposant dun secteur des médias compétitif. Mais il ne sagit pas de la seule option possible à court terme, et nos études ont mis en évidence certaines préoccupations quant au fait quil puisse sécouler beaucoup de temps avant que ces adaptations à la réalité atteignent la scène politique internationale. Les positions strictes en ce qui concerne lapplication des droits peuvent être vouées à léchec dès lors quil sagit dendiguer la vague de piratage, mais les ÉtatsUnis dAmérique et dautres pays à revenu élevé ne supportent pas beaucoup les coûts de ces efforts tandis quune poignée de multinationales, qui se cachent derrière ces efforts, récoltent la plupart de ces modestes avantages. Il sagit dune recette pour exercer sans cesse des pressions sur les pays en développement, notamment, très probablement longtemps après que les modèles commerciaux des ÉtatsUnis dAmérique et dautres pays à revenu élevé auront changé. Ce paysage international de lélaboration des politiques qui conduira à une impasse fait lobjet du chapitre 2 de notre rapport.
AUTONUM Globalement, notre conclusion est relativement simple : le choix auquel se trouvent confrontés les gouvernements nationaux ne se résume pas, dun côté, à des taux élevés de piratage et, de lautre, à des taux faibles de piratage. Il sagit dun choix entre des marchés à prix élevés avec piratage élevé et des marchés à prix bas avec piratage élevé. Selon nous, la question politique est la suivante : comment passer efficacement dun marché à un autre? Toujours selon nous, la question de lapplication des droits est la suivante : comment apporter un soutien aux marchés licites des biens culturels sans porter atteinte à cette transition?
VII. BIBLIOGRAPHIE
ADDIN ZOTERO_BIBL Bahanovich, David, and Dennis Collopy. 2009. Music Experience and Behaviour in Young People.
Berezin, Oleg, and Ksenia Leontieva. 2009. Russian Cinema Market. Results for 2008. Nevafilm Research.
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Funarte. 2009. Cultura em Numeros. Brazilian Ministry of Culture.
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IFPI. 2006. The Recording Industry 2006 Piracy Report: Protecting Creativity in Music.
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Valenti, Jack. 2004. Evaluating International Intellectual Property.
Wang, Shujen. 2003. Framing Piracy : Globalization and Film Distribution in Greater China. Lanham, Md.: Rowman & Littlefield.
[Fin du document]
* Les opinions exprimées dans le présent document sont celles de leur auteur et ne sont pas nécessairement celles du Secrétariat, ni des États membres de lOMPI.
Les études nationales, au lieu de faire fond sur une méthode uniforme, reposaient sur les quatre grandes questions suivantes : 1) lorganisation du piratage, 2) lorganisation de lapplication des droits, 3) les coûts et avantages de chacun dentre eux et 4) lorganisation de la production du savoir. Dans ce contexte, les équipes nationales ont mis au point leurs propres voies dapproche, en fonction de leur savoirfaire et du contexte local. Cela comprenait des enquêtes et des groupes de travail thématiques; des entretiens avec des pirateurs, des agents chargés de lapplication des droits et des responsables politiques; des études sur la couverture médiatique ainsi que des analyses de documents essentiels ou secondaires dans le domaine. Les principaux partenaires institutionnels du projet étaient le SSRC (États-Unis d'Amérique), Sarai et lAlternative Law Forum (Inde), lInstituto Overmundo et le Center for Technology and Society de la HYPERLINK "http://www.fgv.br/"Fundação Getulio Vargas (Brésil) ainsi que lAssociation for Progressive Communication (Afrique du Sud). Létude, qui sera publiée début décembre 2010, pourra être consultée à ladresse HYPERLINK "http://www.ssrc.org" http://www.ssrc.org.
Par lUSTR ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"suppressAuthor":true,"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/S7J3B7SM"]}]} (2005), Dan Glickman du MPAA ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/HI7UTN8V"]}]} (Boliek 2004) et Jack Valenti du MPAA ADDIN ZOTERO_ITEM {"citationItems":[{"suppressAuthor":true,"uri":["http://zotero.org/users/38384/items/SAXU79WT"]}]} (2004), respectivement.
Les journalistes de la presse écrite ont largement appuyé ces quatre facteurs. Un cinquième facteur plausible, bien que non documenté dans le présent document, serait le contrôle exercé sur la presse écrite et les médias de la radiodiffusion par bon nombre des mêmes conglomérats de médias impliqués dans la défense des droits et la crainte connexe au sein de ces associations de médias de perdre la mainmise sur leurs produits intellectuels.
Létude ICC/BASCAP apporte une contribution importante mais très controversée à ces travaux. En toute logique, elle dépeint léchec presque total des messages du secteur industriel sur le piratage dans les pays en développement. Elle constate que les principaux éléments moteurs du piratage sont le prix et la disponibilité, et établit un lien entre ces facteurs et lappui généralisé dont bénéficie le piratage des supports dinformation et le mécontentement général que suscitent les efforts de lutte contre le piratage, notamment dans les pays en développement. Et elle décompose les résultats pour les médicaments et les supports dinformation ce qui constitue un contraste notable par rapport à la pratique usuelle du secteur industriel damalgamer les risques sanitaires et les risques pour la sécurité découlant de certaines catégories de produits contrefaisants aux pratiques pour lessentiel sans répercussions de la consommation de supports dinformation. Toutefois, Strategy One semble déterminée à considérer que ces facteurs structurels sont en réalité des problèmes de communication, et que les efforts de sensibilisation peuvent (ou, plus précisément, doivent) porter leurs fruits sils véhiculent des messages plus appropriés.
Voir aussi Wang (2003) à propos de ces distinctions.
On a utilisé ici les estimations de 2009 du FMI pour le PIB avec rajustement du taux de change plutôt que les chiffres plus courants de parité du pouvoir dachat. ÉtatsUnis d'Amérique : 46 857 $ É.U; Russie : 8 694 $ É.U; Brésil : 8 200 $ É.U; Mexique : 8 135 $ É.U; Afrique du Sud : 5 824 $ É.U; Inde : 1 031 $ É.U
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