Programme de BTS2 - CREG
... données (data-warehouse), et aider à la prise de décision, des logiciels (data-
mining) ...... aujourd'hui, d'autres acteurs que l'entreprise s'expriment à son sujet.
...... de l'examen de questions vues précédemment, en particulier « L'entreprise ...
part of the document
Corrigé
4-2 : Laccroissement des risques
Laugmentation des risques et le déclenchement des crises financières
Identification des risques
Doc 1
Questions :
Repérez les deux types de risques pris par les banques.
Risques de crédit (ou de contrepartie ou de solvabilité) : si lemprunteur ne rembourse pas son crédit, la banque perd de largent.
Risques de marché : la banque peut perdre de largent lors dinvestissements financiers si les taux de change, les taux dintérêt, les cours des titres varient.
Compléments :
Deux autres risques spécifiques aux banques existent également :
-Le risque dexécution correspondant à un incident qui peut survenir dans lexécution dune prestation bancaire.(sorte d « accident industriel »)
-Le risque de réputation qui apparaît quand une banque se trouve avoir reçu un dépôt aux origines douteuses, avoir fait crédit à une entreprise qui a des activités peu recommandables, ou avoir vendu un produit manifestement inadapté aux besoins dun client
Comment les banques peuvent-elles minimiser le risque de crédit ?
Pour minimiser les risques de crédits, la banque peut prendre des garanties sur la capacité de remboursement des emprunteurs.
Compléments :
La banque doit minimiser une double asymétrie de linformation : linformation sur le client (Qui êtes-vous ?) et linformation sur les raisons de son crédit (Quallez-vous faire ?)
Les banques constituent ainsi des banques de données (datawarehouse) pour engranger des données sur les clients, comme les ressources, lâge, la situation familiale, la fidélité, le comportement etc
pour les particuliers ou la situation financière, le niveau dendettement, les fonds propres, le chiffre daffaires, le plan dactivité etc
pour les entreprises. La banque va combiner toutes ces informations afin dapprécier le risque encouru, de définir le taux et les conditions de crédit aux clients : cest la base du CRM, Consumer Relationship Management.
Ces informations constituent une garantie pour la banque (un collatéral) mais cela est souvent insuffisant. Pour minimiser les risques, la banque peut demander des garanties supplémentaires comme la domiciliation des revenus du client à la banque, une caution dun tiers, un hypothèque sur un bien immobilier ou encore un nantissement, contrat par lequel un débiteur affecte à son créancier des marchandises, des actions, des obligations, des assurances vie ou des créances, en garantie du paiement de sa dette
Remarque : Les autorités monétaires internationales (banque des règlements internationaux et banques centrales) ont établi, à partir de 1974, des règles de ratios prudentiels afin de minimiser les risques bancaires. Ainsi les accords dits « Bâle II » (2005) ont exigé des banques quelles détiennent un minimum de fonds propres (8% de leurs actifs pondérés de risques), quelles estiment les risques liés aux entreprises en fonction de modèle de notations internes, quelles élaborent et suivent les meilleures techniques de surveillance et de gestion des risques, quelles communiquent au marché les informations liées à leurs fonds propres et à leur mode de surveillance.
La crise de 2008 fait apparaître les limites des accords de Bâle II et la nécessité dune évolution de la règlementation bancaire. (voir les accords du G20 du 2 avril 2009)
Doc 2 : Les risques liés aux marchés financiers
Questions :
Pourquoi les placements en obligations sur le marché financier sont-ils risqués ?
Le document fait apparaître deux risques, le risque lié à une éventuelle défaillance de lémetteur et le risque lié à lévolution des taux dintérêt.
Dautre part, comme tout titre échangé sur un marché financier, sa valeur évolue au gré de loffre et de la demande, ce qui rend incertain la rentabilité de linvestissement financier.
Linvestissement en obligations est-il plus risqué que linvestissement en actions ?
Les obligations sont un placement peu risqué si linvestisseur les gardent jusquau remboursement du capital par lemprunteur, en effet la rémunération est connue et si lémetteur de lobligation est fiable, linvestisseur est sûr de retrouver votre son capital au terme prévu. Cependant, en cas de revente avant le terme, le risque est plus important car le prix des obligations varie en bourse : leur valeur augmente si les taux dintérêt baissent mais baisse en cas de montée des taux dintérêt.
La valeur et la rentabilité de laction est plus incertaine car liées en bonne partie à la réussite économique et financière de lentreprise, à sa capacité à dégager des profits.
Le risque pour une action comporte deux composantes :
-Les variations de cours dune valeur peuvent être liées aux fluctuations du marché qui dépendent de phénomènes globaux comme des changements politiques, des évolutions économiques, des variations de taux etc
Ce risque de marché explique environ 30 à 50% des variations de cours de chaque titre.
-Une action peut également varier du fait de changements propres à la société comme lévolution de son chiffre daffaires, de son résultat ou un changement de dirigeant.., mais aussi de modification de conditions spécifiques à son secteur dactivité (augmentation du prix du blé pour une entreprise de biscuiterie, par exemple) : cest le risque spécifique.
Complément :
Pour limiter les risques, linvestisseur peut recourir aux produits dérivés. Le produit dérivé est un contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur qui fixe des conditions financières sappliquant dans le futur pour un actif sous-jacent (telles que les actions, les obligations..).Un produit dérivé sur une action, par exemple, peut donner le droit dacheter ce titre à un prix fixé à une date future donnée. Cet instrument financier permet de se protéger contre une évolution défavorable du cours de laction.
Il existe une très grande variété de produits dérivés (sur actions, taux dintérêt, devises, crédits, matières premières) qui permettent de couvrir des risques très variés. Les marchés dérivés se sont fortement développés, ainsi en 2007, les transactions sur les marchés dérivés sélevaient à 1 400 000 mds de dollars, soit 30 fois le montant du commerce mondial de marchandises. La très forte expansion de ces produits a contribué à linstabilité des marchés financiers.
Innovations financières et augmentation des risques
Doc 3 :
Questions :
Rappeler ce quest un « titre négociable ».
Cest un titre comme une obligation quon peut vendre ou acheter sur le marché financier.
Quel est lintérêt pour une banque de titriser ses crédits ?
La titrisation permet aux banques de transférer les risques de crédit au marché puisquelles vendent les titres de créances ; dautre part, cela leur permet dobtenir des liquidités.
Compléments :
Par exemple, lorsquune banque accorde des prêts immobiliers, au lieu de conserver ce crédit à son bilan, elle le vend à un organisme financier qui, après avoir formé un pool de crédit, émet en contrepartie des titres qui seront vendus à des investisseurs (dautres banques, des assureurs, des fonds de pension, de grandes entreprises, des hedge funds
). Tous les types de crédits peuvent être titrisés : les prêts hypothécaires, les prêts aux entreprises, les prêts à la consommation
Tous ces titres forment la grande famille des ABS (Assed Backed Securities). Dans le cas particulier des crédits hypothécaires, on parle de MBS (Mortgage backed securities). »
Le nombre de prêts titrisés a doublé entre 1990 et 2006, passant de 20% à 40% du total des prêts.
Quel est le principal risque de la titrisation ?
Comme les crédits sont revendus, sous forme de titres, les prêteurs comme les banques ou les courtiers immobiliers sont moins exigeants sur les conditions doctroi de ces crédits à leurs clients. De ce fait, des ménages américains ont pu emprunter pour financer leur achat immobilier malgré leur faible niveau de revenu.
vidéo Aglietta sur la crise financière de 2008
Questions :
Quelle est la principale conséquence de la titrisation ?
La titrisation entraîne une sous-évaluation des risques et par les sociétés de crédits immobiliers et par les banques. On assiste alors à un développement des crédits risqués sans garantie : les crédits « subprime ». Ces crédits immobiliers ont en effet été accordés à des ménages américains peu solvables risquant donc de ne pas rembourser.
La titrisation permet aux banques daugmenter le levier du crédit c'est-à-dire la capacité de faire crédit avec un montant donné de capital.
Compléments sur les crédits « subprime »
Le terme de subprime correspond à des prêts dits « en dessous du premier choix » c'est-à-dire à des prêts consentis à des ménages modestes qui ne présentent pas assez de garanties pour accéder à un prêt normal, dit « prime », parce que leurs revenus sont faibles et aléatoires, ou parce quils ont déjà eu des difficultés financières par le passé. Les prêts prime sont généralement des prêts standards à taux fixe sur trente ans, alors que les prêts subprime sont souvent à taux variables, à remboursement différé les premières années.
Pourquoi peut-on parler de bulle immobilière ?(diapo 1)
Laugmentation déraisonnable des prix de limmobilier entre 100 et 200% en 10 ans a conduit à une grande instabilité du marché immobilier. Le tableau des indicateurs de variation des prix dans limmobilier résidentiel (diapositive 1) donne des informations précises sur ces variations excessives : par exemple, entre 1997 et 2008, les prix de limmobilier ont augmenté de 202 % au Royaume Uni, de 195 % en Espagne, de 138% aux Etats-Unis
3- Pourquoi le crédit « subprime » est-il dangereux ?(diapo 2)
-Il sous-évalue les risques : ce qui pousse les organismes de crédits à ne pas demander de garantie aux emprunteurs : pas dapports personnels, pas dinformations sur les revenus
-Les crédits « subprime » sont à 80% des crédits à taux variables (reset) : en conséquence, suite aux révisions des taux dintérêt (entre 2003 et 2006, la Réserve fédérale américaine a augmenté ses taux dintérêt de1 à 5%), les ménages ont été dans lincapacité de rembourser leurs crédits. Le tableau « Impact du reset sur le paiement mensuel dun prêt subprime montre ainsi que la hausse des taux dintérêt a entraîné une augmentation du paiement comprise entre +23 % et + 40%.
2. Propagation des crises sur les différents marchés et interdépendance de la sphère financière et réelle.
De la crise hypothécaire à la crise bancaire et financière.
1) Expliquez la crise de liquidité du système bancaire décrite par M. Aglietta.
La crise de liquidité du système bancaire résulte du refus des banques de se prêter entre elles. Elle naît de la défiance (perte de confiance) quelles ont les unes vis-à-vis des autres. Ne sachant pas comment chacune était affectée par la crise, elles ont préféré conserver et thésauriser leurs liquidités pour se prémunir, elles-mêmes, contre déventuelles difficultés. Pour faire face à leur besoin de trésorerie (le marché monétaire ne pouvant fournir les liquidités) les banques se sont donc massivement tournées vers les banques centrales.
Compléments :
Globalement, la liquidité désigne les actifs disponibles ou facilement mobilisables, sans risque de perte en capital, pour effectuer des dépenses. La monnaie est, par définition, un actif parfaitement liquide, puisquon est obligé de laccepter comme moyen de paiement.
La liquidité dune banque est sa capacité à mobiliser rapidement des ressources (sans les brader) pour faire face à des besoins immédiats. La banque peut disposer au préalable de ces fonds (placements à vue ou à échéance très courte
) ou les emprunter sur le marché monétaire.
La crise de liquidité survient lorsquune banque ou une institution financière ne peut plus avoir accès à de telles ressources alors quelle doit faire face à des sorties de trésorerie qui ne peuvent pas être retardées. Cest ce qui sest produit dès le mois daoût 2007 et qui sest prolongé de manière exceptionnellement persistante tout au long de lannée 2008.
Les banques paniquées : Ecart entre le taux d'intérêt à un mois des eurodollars et celui des bons du Trésor américains, données quotidiennes, en points de pourcentage
INCLUDEPICTURE "http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/article_options_visuel/A838055A.gif" \* MERGEFORMATINET
Lecture: l'évolution de l'écart entre le taux d'intérêt des eurodollars (le prix auquel les banques se prêtent des dollars) et celui des bons du Trésor américains (considérés comme un placement sans risque) permet de suivre les soubresauts de la crise. Plus les banques estiment que la situation est risquée, plus elles sont réticentes à se prêter de l'argent, et plus l'écart augmente. On peut ainsi relire le début de la crise: la petite panique de décembre, celle de mars liée à Bear Stearns, celle de juillet avec la faillite d'Indymac (l'un des premiers prêteurs hypothécaires américains), celle de début septembre avec la nationalisation de Fannie Mae et de Freddie Mac. Et, enfin, la tempête de la semaine folle de la mi-septembre. Chacune suivie d'interventions publiques. Copyright © Source : Alternatives économiques Hors série-poche n°38 avril 2009
HYPERLINK "http://www.alternatives-economiques.fr/"http://www.alternatives-economiques.fr/
2) Comment la crise immobilière sest-elle propagée à lensemble du système financier ?
Comme le précise Michel Aglietta, la crise est à la fois une crise de liquidité des banques, auxquelles, notamment, les investisseurs institutionnels ne veulent plus prêter, et une crise profonde de solvabilité qui trouve son origine dans la crise des « subprimes ».
Lorsque le prix de limmobilier sest retourné, une masse énorme de crédit est devenue douteuse, et donc impossible à vendre ou à titriser, parce que « les pertes nétaient pas totalement révélées ». Dès lors, les banques ont dû assumer et enregistrer de lourdes pertes, au travers notamment des structures ad hoc quelles ont été crées dans le cadre du processus de titrisation.
Prix de limmobilier => ménages en difficultés => saisie => perte des banques => revente des
biens
immobiliers
De plus, les agences de notations, devant laugmentation massive des défauts de paiements, sont contraintes de dégrader les notes des produits quelles avaient cautionnées. Ce qui crée une énorme perte de confiance qui se propage à lensemble du système bancaire et du système financier par lintermédiaire notamment des hedge funds particulièrement investis et présents dans la chaîne de la titrisation, véhicule cette fois-ci non pas de transfert des risques mais de propagation de la crise. Pour faire face à leurs pertes, dans un contexte de crise de liquidité où les banques daffaire refusent de prêter, les hedge funds se trouvent dans lobligation de vendre leurs actifs, parmi lesquels des actions, provoquant par là même une crise financière et boursière.
Compléments :
Hedge funds : Contrairement à ce que laisserait pressentir leur nom (to hedge veut dire en anglais « couvrir », donc cela supposerait labsence de prise de risque), les hedge funds sont des fonds dinvestissement spéculatifs ayant en général des politiques très agressives dinvestissement. Ils se caractérisent notamment par les points :
recherche dune performance absolue ;
absence de réglementation par une autorité de marché ;
utilisation, en général, dun fort effet de levier (emprunt) pour investir largent qui leur est confié, dans nimporte quelle classe dactifs cotés ou non cotés.
Agences de notation : Trois grandes agences de notation (rating), représentent plus de 80% du marché mondial du rating : Standard & Poor's, Moody's Investor Service et Fitch Rating. Elles émettent un avis en donnant une note sur la capacité d'un emprunteur à faire face aux échéances de remboursement du capital emprunté (intérêts et principal).
La capacité de l'emprunteur à faire face à ses engagements s'exprime selon une échelle de notation qui comprend pour chacune des trois agences une gamme de 21 à 23 notes, de la plus élevée (aaa pour Standard & Poor's et Fitch Rating et Aaa pour Moody's) à la plus basse (D pour les deux premières et C pour la dernière). Les emprunteurs les plus mal notés, donc les plus risqués, supportent des taux dintérêts plus élevés.
Plus récemment, les agences de notation ont procédé au rating des véhicules de titrisation des financements structurés par les banques (prêts hypothécaires, cartes de crédit, crédit automobile, etc.), activité qui représentait une part de plus en plus prépondérante de leur chiffre d'affaires. Lors de la crise des subprimes, elles furent accuser de manquer de neutralité car elles ont noté des produits financiers quelles avaient structurés en étroite collaboration avec leurs clients banquiers.
3°) Donnez une définition du « risque systémique ».
Le risque systémique est le risque que des défauts de paiement massifs, comme ceux des ménages qui ont contracté des subprimes, provoquent la faillite de banques de taille importante, obligeant les pouvoirs publics à intervenir pour empêcher les faillites en chaîne et le blocage du système bancaire et financier, avec des conséquences désastreuses pour léconomie réelle.
Compléments :
Les principales questions concernant lexistence et la limitation du risque systémique dans la finance dun marché globalisée sont nombreuses : Faut-il renforcer les réglementations ? Faut-il réglementer lensemble des acteurs financiers, hedge funds compris, et pas seulement les banques commerciales ? Comment accroître la « transparence » des marchés et réduire lasymétrie dinformation ? Faut-il encadrer le développement des marchés dérivés ? etc.
Plusieurs pistes de réformes ont donc été proposées : durcir la réglementation bancaire en létendant au hors bilan et en lélargissant aux autres acteurs susceptibles dengendrer un risque systémique ; réglementer certains marchés de produits dérivés ; contrôler les flux de capitaux avec les « paradis fiscaux »
A titre dillustration, citons deux mesures destinées à limiter le risque systémique.
- En ce qui concerne, par exemple, le rôle joué par les agences de notation pour limiter lasymétrie dinformation entre les acteurs financiers : Afin déviter les conflits dintérêts, il faudrait leur interdire de donner des conseils de conception des instruments financiers quelles sont ensuite appelées à noter. Rappelons quil est nécessaire de pouvoir préciser en toute transparence et en toute neutralité les caractéristiques et les risques des instruments financiers.
- La généralisation des normes comptables qui conduisent à valoriser les actifs à leur valeur de marché instantanée (mark to market) a eu une part de responsabilité dans la transmission du risque systémique. Avec ces normes comptables, la baisse du prix de certains actifs oblige immédiatement les institutions financières à provisionner des pertes et à restructurer leur bilan en réduisant leur endettement. Elle provoque ainsi des ventes bradées dactifs de qualité, ce qui fait baisser leur prix
Pour autant le retour à lévaluation des actifs à leur valeur dacquisition nest pas non plus la panacée. Elle ne permet pas non plus une évaluation « plausible » des institutions financières, selon Pierre-Noël Giraud. Il propose de « faire certifier et publier les actifs et les passifs dune entreprise de toutes les façons pertinentes : mark to market, valeur dans les livres, valeur finale actualisée, évaluation par des modèles, etc. Aux analystes de se débrouiller pour évaluer les risques et la « vraie » valeur de lentreprise à partir de toutes ces informations et de prendre la responsabilité de leur propre modèle dévaluation ».(P-N Giraud « Le commerce des promesses : Petit traité sur la finance moderne » Points Seuil octobre 2009
De la crise financière à la crise économique
Comment la crise économique se manifeste-t-elle ?
La crise financière se propage à léconomie réelle. Au plus fort de la crise bancaire et financière, au quatrième trimestre de lannée 2008, lAngleterre a enregistré une baisse de son activité économique de 5 % . Les principaux pays des grandes zones économiques rentrent alors dans une période de forte récession. Suivant les pays, on prévoit une croissance négative de 2 à 4 % du PIB pour lannée 2009. La France traverse sa plus grave crise économique depuis laprès guerre.
Compléments :
On parle de récession quand une économie fait face à deux trimestres consécutifs de croissance négative en volume. Le concept traduit donc un état passager d'au moins six mois d'affilée pendant lesquels il y a eu destruction de valeur. Il ne faut pas confondre cette notion avec deux autres :- un ralentissement, qui correspond à une période où la croissance du PIB est inférieure à la période précédente, mais il y a quand même croissance et donc création de valeur ;- une dépression, qui correspond à une diminution durable du PIB, c'est-à-dire une récession qui dure plus d'une année.
De quelle manière cette crise, qui est née aux Etats-Unis, touchent-elles les pays émergents ?
La crise économique se propage à lensemble de la planète et touche, dans un premier temps, les pays émergents pour deux raisons principales :
Les banques occidentales qui se trouvent dans une situation difficile, pour répondre à leurs besoins de liquidités, rapatrient leurs capitaux et refusent de renouveler leurs prêts aux pays qui se sont fortement endettés auprès delles. Cest le cas des pays de lEurope de lest comme la Hongrie, la Bulgarie ou lUkraine.
La contraction du commerce international provoque une chute de lactivité dans les pays émergents. M. Aglietta apporte deux explications à ce phénomène. Il évoque, tout dabord, le mécanisme classique du ralentissement des exportations consécutif à la baisse des importations des pays développés, confrontés à la récession économique. Et il insiste, par ailleurs, sur la crise du système des paiements internationaux pour expliquer leffondrement brutal des échanges transfrontaliers. Les entreprises ne peuvent plus régler leurs achats à létranger et leurs clients sont dans limpossibilité concrète de les payer.
Compléments :
« La propagation de la crise a donc infirmé l'espoir de découplage des pays émergents. Les dirigeants politiques et les organisations internationales ont longtemps cru, c'est-à-dire jusqu'à juillet 2008, qu'il était possible de dissocier la situation des pays émergents et notamment des pays asiatiques de celle des États-Unis et des pays européens. Les premiers bénéficiaient d'une croissance vigoureuse. Il semblait qu'ils n'étaient pas directement impliqués dans les opérations financières risquées auxquelles s'étaient livrées les banques américaines et leurs homologues européennes. Les banques chinoises, notamment, s'étaient peu aventurées en direct sur le terrain des crédits hypothécaires à risque. On estimait donc que la crise financière était, pour l'essentiel, occidentale, et qu'elle aurait peu de répercussions à l'Est de la planète. On pensait même que la Chine et certains pays émergents, du fait de leur croissance préservée, auraient un rôle stabilisateur susceptible de contrecarrer ces désordres financiers. Or, on s'est aperçu, au fur et à mesure que la crise s'amplifiait, qu'il n'en était rien. Il n'y avait pas découplage des situations. » Source : M. Aglietta « La crise » Michalon novembre 2008.
Terminez la dernière phrase de Michel Aglietta
« Ce que vous avez, cest une baisse énorme de la richesse suivie dune forte augmentation du taux dépargne »
Quelles sont les conséquences de la réaction des ménages à la crise pour lensemble de léconomie mondiale ?
La crise immobilière a provoqué une chute de la richesse des ménages. Pour faire face à leur « appauvrissement relatif », les ménages ont donc décidé de se désendetter et de reconstituer leur taux dépargne. Aux Etats-Unis, il devrait remonter à environ 5 % dans un premier temps (cf. graphique). Mais le problème cest quils le font à une vitesse beaucoup trop rapide. Cela a pour conséquence de déprimer la consommation, principal moteur de la croissance économique. Léconomie réelle sinstalle dans la récession. Les entreprises font faillites, le chômage saccroît.
Compléments :
Comme la crise hypothécaire a engendré une crise bancaire, leffet de richesse est redoublé par la restriction du crédit bancaire (le credit crunch ), avec la même conséquence : une baisse supplémentaire de la consommation et des investissements.
En raison des problèmes de liquidité, de leur besoin accru de fonds propres à un moment où leurs résultats baissent et des difficultés de procéder à des augmentations de capital auprès dun public échaudé par la crise, les banques commerciales ont été contraintes de réduire les crédits, soit par un accroissement des taux dintérêts soit par un refus des demandes faites par les emprunteurs, quils soient bons ou mauvais.
Ce resserrement du crédit agit beaucoup plus rapidement sur lactivité économique que leffet de richesse, les banques répondant instantanément à la détérioration de leur bilan, là où les ménages, en règle générale, mettent un certain temps avant de rétablir leur niveau de richesse et dépargne souhaités.
Selon B. Jacquillat et V. Lévy-Garboua, durant la crise financière, ce phénomène est intervenu à partir de la mi-2008, cest-à-dire quand les banques ont pris conscience de la crise et de limpossibilité pour elles de procéder à de nouvelles augmentations de capital. Les plans gouvernementaux, comme le plan Paulson aux Etats-Unis ont cherché à amortir cette contraction du crédit par des injections de capital, pour renforcer les capitaux propres des banques et restaurer leur rentabilité.
Définissez l « effet de richesse ».
La variation du prix de limmobilier ou des cours des actions, par exemple, modifie la valeur du patrimoine détenue par les agents économiques, ce qui se répercute sur leur niveau de consommation ou dinvestissement. Leffet richesse joue à la hausse comme à la baisse.
Complément documentaire
La technique de la titrisation et les produits structurés
- Source : http://www.lafinancepourtous.com
« La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par une banque en titres de créances (obligations) quun investisseur peut acheter et vendre à tout moment. On dit que ces obligations sont adossées à un portefeuille dactifs. Les banques émettrices des crédits créent des sociétés intermédiaires dans lesquelles ces crédits constituent les actifs et qui émettent en contrepartie des obligations qui constituent le passif. Les intérêts et les remboursements des crédits servent au paiement des intérêts des obligations émises et à leur remboursement. Ces sociétés sont appelées SPV pour « Special Purpose Vehicule » ou « Véhicule spécial », car elles nont pas dautre objet social et sont créées au cas par cas
Lavantage pour la banque est quelle na pas à porter les crédits. Elle les sort de son bilan. Elle na pas à constituer un capital en réserve pour le cas où des difficultés de remboursement se présenteraient, et peut plus facilement consentir de nouveaux crédits. Avantage pour les investisseurs : ils peuvent espérer un très bon couplage rendement / risque sur les obligations
Mais pourquoi le système a-t-il grippé et pourquoi le choc, au lieu dêtre amorti, a-t-il été amplifié ?
- 1ère raison : avec la HYPERLINK "http://www.lafinancepourtous.com/Titrisation.html" titrisation la vigilance des banques et des courtiers immobiliers qui ont initié les crédits aux ménages a été moins importante sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leur emprunt. Les banques qui « titrisent » portent moins les crédits. Elles se rémunèrent à la commission, puis revendent le crédit. Elles font de la quantité et peuvent être moins regardantes sur la qualité. Ce quon appelle laléa moral a joué à plein
2ème série de raisons : la façon dont la titrisation a été opérée, avec une démultiplication opaque et spéculative du système.
Les banques daffaires qui organisent la titrisation regroupent des « paquets » de crédits quelles mettent à lactif des véhicules. Elles ont constitué des « paquets de crédits » « subprime », mais aussi des paquets mixtes, mélangeant des crédits subprime avec dautres crédits hypothécaires, ou avec des crédits destinés à dautres financements (par exemple des opérations LBO des fonds dinvestissement).
Les risques de défaillance de ces « paquets » étaient supposés être inférieurs à ceux des crédits pris un par un. Cest ce qui permet dobtenir une très bonne notation de la part des agences de notation sur les obligations émises en contrepartie. Mais cela nest vrai que si les risques pris sur chaque crédit mis dans le paquet sont indépendants les uns des autres. Or, les risques mis en paquets nétaient pas indépendants, (on appelle cela « granulaires ») mais interdépendants car tous liés au marché immobilier américain. La baisse des prix de limmobilier américain a entraîné un effondrement de la valeur des actifs des véhicules.
La contagion et lamplification ont alors tenu à la façon dont ont été construites les obligations souscrites par les investisseurs en contrepartie des paquets dactifs. Celles-ci ont également été découpées en « tranches ». Certaines tranches comportaient des rendements plus élevés, mais aussi plus de risques, en ce sens quelles étaient les premières à être pénalisées si intervenaient des accidents de paiement sur les actifs. Ces obligations ont été en principe souscrites par des fonds dinvestissement à risque (hedge funds). Des tranches intermédiaires venaient ensuite et des tranches plus sécurisées (dites « senior ») nétaient pénalisées quen cas de dévalorisation générale des actifs, ce qui était supposé ne jamais intervenir. Elles étaient souscrites notamment par des investisseurs plus prudents (fonds de pension ..). Mais leffondrement des actifs a entrainé même ces obligations dans la débâcle à la surprise de leurs souscripteurs puisquil ny a pas eu dalerte progressive par une détérioration de la notation.
Facteur supplémentaire, les investisseurs qui ont acheté les obligations nont pas tous acheté en payant comptant, mais en sendettant à leur tour pour bénéficier de leffet de levier dun endettement à bas taux dintérêt. Ces investisseurs, banques et hedge funds notamment ont opéré en quelque sorte une titrisation au second degré en créant de nouveaux véhicules (appelés cette fois-ci SIV ou « conduits ») dont lactif a été constitué par des obligations des véhicules de premier niveau et dont le passif a été constitué par du papier commercial à court terme (appelés « Asset Backed Commercial Paper » ou ABCP). Il en a été émis plus de 1000 milliards de $. »
-Source : Banque de France-Documents et débats-février 2009
Documents et débats N°2, chapitre2, P26
« La technique de la titrisation se caractérise par la combinaison de trois mécanismes :
Le pooling : lassemblage par une institution financière dun portefeuille composé de créances bancaires et / ou dinstruments financiers négociables (obligations, autres titres de créances..) et / ou dérivés de crédit. Ce portefeuille provient soit de lactivité doctroi de crédit de la banque, soit de lachat par la banque de ces actifs sur les marchés financiers.
La déconnexion entre le risque de crédit de portefeuille et celui de la banque initiatrice du montage via le recours à un véhicule ad hoc (un special purpose vehicle-SPV) émettant des titres et portant les actifs sous-jacents.
Le découpage en tranches de lémission de titres, selon une hiérachie précise quant aux droits des différentes tranches émises sur les revenus tirés des actifs ou des dérivés de crédit sous-jacents. Les tranches-senior, mezzanine, equity-bénéficient ainsi dun rang de priorité décroissant sur les revenus des actifs et présentent symétriquement des niveaux de risque (et donc de rendement) croissants. La tranche equity est la première à absorber des pertes dans léventualité dun ou plusieurs défauts au sein du portefeuille. Si les pertes excédent le montant de cette tranche, cest au tour de la branche mezzanine dêtre affectée. Enfin, ce nest que si les défauts se révèlent nombreux et importants, que la tranche senior sera affectée et subira des pertes. »
« La titrisation comporte souvent plusieurs étages :
Les prêts sont dabord assemblés dans des RMBS (residential mortage-backed securities) ou des ABS (asset-backed securities). Certaines tranches de RMBS sont ensuite assemblées dans des CDO (collateral debt obligations) ; enfin, un « conduit », véhicule se finançant par lémission de titres à court terme-via des ABCP (asset-baked commercila paper)-, achète à son tour des tranches de CDO et de RMBS.
En bout de course, des investisseurs (fonds mutuels dont OPCVM monétaires, compagnies dassurance) achètent ces produits structurés. Ils les achètent dautant plus volontiers quils sont bien notés par les agences de notation et quils procurent un rendement attractif par rapport aux titres dentreprises de même notation.
Par le biais des mécanismes de titrisation, les expositions risquées se trouvent largement dispersées auprès de nombreux investisseurs, et dans plusieurs zones géographiques. Même des investisseurs perçus comme présentant une aversion au risque (OPCVM « monétaires dynamiques » en France par exemple) peuvent en détenir à titre de diversification ou damélioration du rendement. »
Les grandes étapes de la crise :
Copyright © Source : « Les grandes étapes de la crise » HYPERLINK "http://www.alternatives-economiques.fr/la-crise_fr_pub_830.html" \l "42442"Alternatives Economiques - Pratique n°38 - Avril 2009"HYPERLINK "http://www.alternatives-economiques.fr/"http://www.alternatives-economiques.fr/
Juin-septembre 2007: le début de la crise et la propagation aux marchés financiers
- Juin: première vague de déclassements d'actifs adossés à des crédits subprime par les agences de notation.
- Juillet: alerte sur deux fonds spéculatifs de la banque d'investissement américaine Bear Stearns.
- 9 août: première injection massive de liquidités par les banques centrales face au blocage des marchés interbancaires.
- Septembre: sauvetage de la banque anglaise Northern Rock.
Octobre 2007-février 2008: la montée des inquiétudes sur le secteur bancaire et les assureurs de crédit
- Pertes annoncées par des établissements financiers majeurs.
- Prises de participation par les fonds souverains des pays émergents.
- Coordination des banques centrales qui décident de financer les banques en acceptant en contrepartie des titres de qualité plus incertaine.
- Forte baisse des taux de la Fed. La Banque centrale européenne (BCE) maintient une politique de taux élevés.
Mars-août 2008: l'intensification de la crise
- Mars: le rachat de la banque d'affaires Bear Stearns, en quasi-faillite, par JP Morgan Chase, révèle l'extrême fragilité des banques d'investissement.
- Lourdes pertes pour les banques commerciales européennes et américaines.
- Les banques centrales élargissent leurs instruments d'intervention. Mais la BCE maintient ses taux inchangés en raison des pressions inflationnistes entraînées par la hausse des prix de l'énergie et des matières premières.
- L'activité ralentit fortement aux Etats-Unis et en Europe.
Septembre-novembre 2008: le paroxysme de la crise bancaire et l'extension au reste du monde
- Début septembre: mise sous tutelle des organismes de refinancement du crédit hypothécaire américains Fannie Mae et Freddie Mac, en difficulté.
- Mi-septembre: faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers et sauvetage du premier assureur américain, AIG.
- Le marché monétaire est totalement paralysé.
- Début octobre: le plan de sauvetage du système financier américain est finalement voté.
- Crainte d'un effet domino sur les banques européennes. Face à la menace, les gouvernements de l'Union européenne annoncent des plans de soutien nationaux de manière coordonnée. Les banques sont recapitalisées et certaines pratiquement nationalisées.
- Les économies américaine et européenne plongent dans la récession. L'investissement chute, les prix de l'immobilier baissent, les ventes d'automobile s'effondrent.
- Début novembre: Sommet du G20 pour soutenir l'économie mondiale et réformer le système financier.
PAGE 9- Corrigé-Séquence pédagogique vidéo Aglietta
PAGE
PAGE 9