Collection PRÉVENTION ? SANTÉ ? SÉCURITÉ - securite au travail
Pour Schein les attentes et ambitions des employés sont le reflet des ..... sur la
bonne voie et sa réussite ne dépend que de sa capacité à pouvoir surmonter ses
.... financiers donnent une bonne image de la qualité de gestion de l'entreprise,
...... et donc réfuter, donc corriger dans le but, de progresser et non de disqualifier
.
part of the document
1991 portant transposition de la directive cadre européenne n° 89/391 du 12 juin 1989, larticle L. 230-2 du Code du Travail stipule que :
« Le chef détablissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de létablissement, y compris les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, dinformation et de formation, ainsi que la mise en place dune organisation et de moyens adaptés. Il veille à ladaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à lamélioration des situations existantes. »
Lobligation porte donc bien sur la mise en place dune organisation de la prévention dans lentreprise. Lapproche que nous développons dans ce guide propose de partir dune évaluation des risques dans lentreprise, puis dengager un programme dactions. La démarche demande à être régulièrement réitérée pour une amélioration continue de la prévention dans lentreprise.
Par ailleurs, le système de management de la prévention des risques professionnels doit pouvoir sarticuler facilement avec les autres démarches dorganisation qui peuvent déjà exister. Par exemple, les normes Qualité ISO 9000 ou Environnement ISO 14000.
Quel intérêt dintégrer la prévention des risques professionnels à la stratégie des PME/PMI ?
La santé dans lentreprise, cest la santé de lentreprise !
Le fait dintégrer la prévention des risques professionnels à la stratégie dentreprise permet non seulement daméliorer les performances de santé et de sécurité, mais aussi davoir un impact sur les conditions de travail et les relations sociales dans lentreprise, de jouer à terme sur un ensemble de facteurs moins visibles comme la satisfaction des salariés, la qualité de la production, limage de marque, etc.
Mais pour observer une amélioration de lefficacité globale de lentreprise, il est nécessaire que les mesures de prévention mises en uvre entrent dans le cadre dun programme dactions cohérent qui soit lobjet dune approche concertée avec lensemble des acteurs concernés.
Le coût des accidents et maladies professionnelles
Au-delà des enjeux humains de la prévention des risques professionnels, il nest plus à démontrer que les accidents du travail et les maladies professionnelles correspondent à des enjeux financiers importants.
Les coûts directs sont généralement bien connus car ils correspondent aux cotisations payées par lentreprise à la Sécurité sociale au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles. Au contraire, les coûts indirects sont moins bien perçus si bien que Heinrich du Bureau international du travail a proposé une « théorie de liceberg » pour illustrer cet aspect des accidents du travail. Selon lui, en moyenne, les coûts indirects représentent le quadruple des coûts directs.
Quels sont ces coûts indirects ?
Frais médicaux de premiers soins, de transport, salaire du premier jour de laccidenté à la charge de lentreprise, indemnités complémentaires du salaire versées par lentreprise, dommages matériels et frais de remise en ordre, temps perdus par les autres salariés, augmentation des frais de gestion du personnel (heures supplémentaires, remplaçant
), pertes de production et de rendement, retards de livraison, visites de reprise, frais administratifs, etc.
Coûts des
cotisations à la
Sécurité sociale
Le management de la santé et de la sécurité au travail
est un facteur de compétitivité de lentreprise.
Le management de la prévention des risques professionnels
La boucle damélioration continue de la prévention
Les principes fondamentaux du management sont décrits à travers de nombreux modèles. Un modèle bien connu est le cycle damélioration continue fonctionnant déjà dans le cadre des démarches qualité et environnement. Un schéma possible de cette boucle damélioration continue est le suivant :
( Engagement de la Direction ( Correction et évolution
Politique Santé Sécurité du programme dactions
Réunion des acteurs (bilan, revue de Direction)
Equipe de pilotage (objectifs, méthode)
Diagnostic initial (état des lieux)
( Evaluation des risques (Mise en uvre
(réalisation et suivi)
et évaluation du programme
dactions (mesure des
performances)
( Définition du programme dactions
(planification)
Ce schéma positionne et relie entre elles les différentes phases constitutives dune boucle damélioration continue de la prévention des risques.
Après une phase initiale de mobilisation des acteurs et détat des lieux dans lentreprise, la programmation des actions de prévention des risques professionnels et la mesure des performances santé sécurité réalisées permettent daffiner les objectifs et de progresser vers lamélioration de la santé et de la sécurité au travail.
Reprenons une à une les différentes étapes de la démarche damélioration continue de la prévention des risques professionnels.
Engagement de la Direction Réunion des acteurs Diagnostic initial
Les employeurs ou chefs détablissement sont responsables de la santé et de la sécurité de leurs salariés dans lentreprise. Pour assumer cette responsabilité, la Direction doit se doter dune organisation adaptée.
Dans lentreprise, cette organisation définie par la politique santé et sécurité au travail se doit dêtre en cohérence avec les démarches de management, de la qualité et de lenvironnement qui peuvent être déjà en application. En particulier, certains documents ont intérêt à être communs : par exemple lengagement de la Direction qui se présente généralement comme une charte Santé Sécurité Environnement Qualité, les fiches de dysfonctionnements, les fiches dactions correctives, etc.
La Direction, qui a le pouvoir de décision, doit définir et annoncer clairement la politique santé-sécurité et lengagement de lentreprise.
La politique prend en compte le respect des exigences réglementaires et normatives, ainsi que des prescriptions auxquelles létablissement souscrit. Cette politique sera construite en concertation avec les représentants des salariés.
Pour une plus grande efficacité, la Direction pourra valablement mettre en place une équipe composée de salariés venant de différents secteurs de lentreprise (production, maintenance
) et à différents niveaux hiérarchiques (encadrement, maîtrise, opérateurs
).
Des acteurs externes apportant leurs connaissances peuvent être associés autant que possible : médecin du travail, services extérieurs, ingénieur conseil, ergonomes, etc.
A ce stade, il est utile de prévoir une structure documentaire accessible à tous : encyclopédie Hygiène et Sécurité, monographies, revues, etc.
Une revue initiale est conduite afin de faire le point sur les exigences réglementaires applicables au site en matière de santé et de sécurité. Toutes les autres exigences auxquelles lentreprise souscrit sont identifiées.
Cette revue initiale vise aussi à connaître précisément les dispositions santé sécurité déjà en place dans lentreprise. Cest létat des pratiques dans lentreprise. Il est important dappréhender aussi les connaissances, les représentations ou encore les attitudes à légard des risques pour la sécurité et la santé des salariés (par exemple faire remplir une fiche dexpression à chacun des salariés).
Enfin, il faut dresser un état comparatif du niveau daccidentabilité qui représente linformation non nécessairement la plus accessible, mais la moins sujette à controverse.
Les sources dinformation suivantes pourront être analysées : les accidents du travail et les maladies professionnelles, les incidents et les dysfonctionnements, la fiche dentreprise du médecin du travail, les constats de non-respect de la réglementation, les audits de sécurité, les analyses de lactivité de travail, les rapports dorganismes agréés, les consignes, bilans et rapports divers.
Évaluation des risques
Lobligation dévaluation des risques et de programmation des actions de prévention a vu sa nécessité renforcée par certaines évolutions :
lapparition de nouvelles technologies ;
lapparition de nouveaux produits ;
lapparition de nouvelles organisations du travail ou des entreprises (flux tendu
) ;
laugmentation de la gravité des accidents du travail et du nombre des maladies professionnelles (troubles musculo-squelettiques, etc.) ;
le développement de laccidentabilité liée au statut (CDD, intérim
), à lexpérience, à la qualification, à lorganisation du travail ;
laugmentation des rythmes de travail, de la pression psychologique, du stress, du travail sous contrainte de temps ;
la durée excessive du travail et des trajets.
Le diagnostic initial (ou état des lieux) permet de cerner les postes de travail ou les risques qui feront lobjet dune évaluation prioritaire. Lévaluation des risques de lactivité de travail (poste, atelier
) sera effectuée selon lorganisation de lentreprise et comprendra : lidentification et le recensement des dangers, lanalyse des modalités dexposition des salariés à ces dangers.
Il importe davoir présentes à lesprit certaines notions fondamentales dans le cadre dune démarche de prévention, notamment la position quoccupe le risque entre le danger et laccident dans le processus accidentogène.
Le dangerLe risque et son évaluationAccidents du travail/Maladie professionnelleLe danger est la propriété, ou capacité intrinsèque, par laquelle une chose (par exemple matières, matériel, mais aussi méthodes et pratiques de travail) est susceptible de causer un dommage.Le risque est constitué par lexposition dun salarié à un danger
Lévaluation des risques est létude de tous les aspects du travail afin de détecter les risques encourus par le personnel à travers lidentification des dangers et lanalyse des modalités dexposition des salariés à ces dangers.Laccident du travail, la maladie professionnelle et, par extension, lincident sont des faits concrets qui permettent par leur étude déviter quils ne se repro-duisent à lidentique : cest le retour dexpérience.
Lévaluation des risques repose sur la compréhension de lactivité du salarié, éventuellement complétée par des mesures physiques des nuisances. Elle prend en compte :
les conditions techniques (matériel, technologie, flux, matières et produits, locaux et installations, environnement
) ;
les aspects organisationnels (management, gestion financière, organisation du travail, politique et service de prévention, gestion des entreprises intervenantes, effectifs, durée du travail
) ;
les caractéristiques du personnel (qualification, statuts, compétences, aptitude médicale, formation, information et instruction, concertation, relations sociales
).
Lassociation directe du ou des salariés concernés sera, dans la plupart des cas, nécessaire. Elle se combinera à une observation des situations concrètes de travail. De la même manière, lanalyse des modalités dexposition appelle la participation de chacun : opérateurs, maîtrise, encadrement, représentants du personnel.
Lanalyse de lactivité de travail est indispensable pour recueillir les informations nécessaires à lévaluation du risque encouru. Car dans létude du travail tel quil est prescrit, on ne voit pas apparaître les dysfonctionnements et les situations inhabituelles qui sont pourtant le quotidien de toute activité de travail.
Définition du programme dactions
La connaissance des risques nest pas une fin en soi et la transformation de cette connaissance en action, cest-à-dire la modification des situations de travail, reste parfois un maillon faible du processus de prévention. La réussite dans le passage à laction suppose un choix judicieux des mesures à appliquer, un suivi suffisamment rigoureux et des évaluations pertinentes.
Une bonne évaluation des risques permet aisément de se fixer des objectifs et de prendre les mesures de prévention appropriées pour atteindre ces objectifs. Il faudra néanmoins veiller à viser des cibles et des objectifs réalistes, autrement dit, agir dabord sur ce qui peut changer rapidement et apporter immédiatement une amélioration à la situation de risque. De petites améliorations ponctuelles dans les conditions de travail et lélimination de facteurs potentiels de risque ne saccompagnent pas toujours de coûts importants ni sur le plan financier, ni dans la gêne quun changement dhabitude peut générer pour le travailleur.
Léventail des mesures disponibles est large et extrêmement diversifié. Le choix devra être fait en concertation avec les salariés concernés. Un choix judicieux des mesures à appliquer constitue le premier facteur qui conditionne la réussite dun plan de prévention. La qualité dune mesure de prévention peut être appréciée à laide de différents critères.
Cest à partir de lensemble de ces critères quil est possible de comparer chacune des mesures proposées. Les choix définitifs sont alors le terme dun compromis. Il ne faut pas perdre de vue que le plan de prévention doit pouvoir se fonder sur :
la faisabilité pour la hiérarchie,
la crédibilité pour les salariés concernés dans leurs situations de travail,
lefficacité pour lensemble de lentreprise, en harmonie avec les autres objectifs mis en uvre.
Réalisation et suivi du programme dactions Mesures des performances
Le choix des mesures de prévention resterait évidemment lettre morte sil nétait accompagné dun processus décisionnel autorisant sa mise en application. La négociation est ici importante car différents intérêts sont en jeu.
Pour aboutir avec efficacité à la réalisation du programme daction, la hiérarchie doit animer et gérer la sécurité dans lentreprise comme elle le fait pour ses autres responsabilités. Elle doit sappuyer sur la participation active des personnels concernés, en veillant à encourager linitiative et à préserver un espace de liberté pour les individus en situation de travail. A tous les niveaux de lorganisation, le personnel est responsabilisé et sensibilisé aux risques professionnels. Pour cela, les compétences sont définies et les formations correspondantes sont dispensées.
La communication est un des aspects essentiels pour la bonne marche du programme dactions de prévention au sein de lentreprise. La communication recouvre notamment la circulation des informations en matière de santé et de sécurité au travail (affiches, documents
), la possibilité deffectuer des échanges internes (réunions, discussions
) ou avec les conseils et services extérieurs à lentreprise, la concertation et limplication des salariés. En particulier, la documentation doit être disponible, tenue à jour et adaptée au sujet auquel elle est destinée.
Le suivi de la réalisation est indispensable pour contrôler la mise en application des choix décidés. La notion de suivi varie en fonction de la mesure concernée qui peut être très ponctuelle pour une modification technique ou plus évolutive pour une campagne dinformation. Le fait que laction de prévention sinscrive en marge des activités quotidiennes doit inciter les responsables à mettre en place un suivi rigoureux des actions de prévention.
Mettre en place des mesures de prévention ne suffit pas. Il faut encore contrôler quelles sont réellement applicables et quelles atteignent bien le but souhaité. Une mesure de prévention introduit généralement une modification dans la situation de travail, un temps dadaptation est donc nécessaire. La mise en place de mesure de prévention se fera dautant mieux que le personnel concerné aura été bien informé des raisons de celle-ci et en comprendra lintérêt.
La planification des mesures retenues devra indiquer pour chacune des mesures : la nature exacte de la mesure envisagée (information, consigne, mise en place dun dispositif technique, étude, etc.), les acteurs concernés, le responsable de sa réalisation (ou porteur de projet), les moyens alloués, léchéancier de réalisation (délais dexécution
), le responsable du contrôle de létat davancement du projet, etc. Un tel suivi peut ensuite servir de base à lélaboration périodique dun bilan de laction préventive dans lentreprise (nombre, nature des mesures prises
).
La mesure des performances permet de valider les actions engagées (il faut sassurer de lutilité des mesures de prévention réalisées), de mesurer le niveau datteinte des objectifs. En outre, la mesure des performances sattache à suivre des indicateurs danticipation (inspections
), statistiques (accidents, incidents, maladies
), etc.
La sélection de ces indicateurs de performance permet une mesure des résultats en matière de santé et sécurité au travail. Pour autant, il ne sagit pas simplement douvrir et de tenir à jour un registre des accidents survenus, mais bien davantage de constituer un tableau de bord des indicateurs de performances santé sécurité, et notamment pour tout ce qui concerne les troubles, difficultés ou affections qui, habituellement, passeraient inaperçues.
Aboutir à une déclaration pertinente et exhaustive des presque accidents, suivre labsentéisme, détecter les tensions et conflits au travail et dune manière générale sintéresser à toutes les sources dinformation qui traduisent un malaise au travail, un manque de dialogue, une motivation déficiente, une mauvaise ambiance
sont autant de critères de performance possibles en la matière.
Correction et évolution du programme dactions
Périodiquement, par exemple une fois par semestre ou par an, la Direction se réunit pour une revue de Direction ou un bilan. La revue de Direction permet un bouclage qui rappelle le caractère permanent du processus. Des risques nouveaux peuvent apparaître, dautres devenir obsolètes, les mesures de prévention sépuisent, etc. Rappelons à ce propos quune mesure de prévention est souvent limitée dans le temps alors quun système de gestion est conçu pour durer.
La revue de Direction sappuie sur les enregistrements permettant de démontrer la conformité réglementaire et le suivi du programme dactions. Elle se fonde sur les résultats des audits internes du système de management de la santé et de la sécurité au travail, dont lobjectif est de vérifier que lensemble des mesures prises pour manager la santé sécurité dans lentreprise sont connues et appliquées, et enfin suffisantes, cest-à-dire efficaces pour atteindre les objectifs.
Les acteurs de la prévention des risques professionnels
Afin de pouvoir maîtriser et contrôler lapplication des dispositions législatives élaborées dans le cadre de la prévention des risques du travail, les Pouvoirs publics ont mis en place, progressivement, une série dinstitutions, internes et externes à lentreprise. Chacune dans un domaine strictement spécifique, avec des prérogatives, des moyens et des pouvoirs limités à leur spécificité, couvre une partie du champ global de la prévention.
Les acteurs internes : le chef dentreprise, les salariés, les institutions représentatives du personnel (CHSCT, délégués du personnel, CE
), le médecin du travail, le service de sécurité.
Les acteurs externes : linspection du travail, la CRAM, lOPPBTP, lANACT, les fédérations syndicales, les autres intervenants extérieurs à lentreprise (organismes agréés, consultants, universitaires
).
Le chef dentreprise
Le chef dentreprise est responsable de lapplication de la réglementation et de la sécurité du travail :
pénalement, pour les infractions au Code pénal et au Code du travail ;
civilement, en particulier en cas de faute intentionnelle ou inexcusable de sa part ou de son préposé.
Il faut rappeler que la loi du 31 décembre 1991 a traduit lexigence européenne dune obligation dévaluation des risques dans lentreprise, ainsi que dune programmation des actions de prévention.
En matière de sécurité et dhygiène au travail, la politique de lentreprise doit tout mettre en uvre pour affirmer la volonté du chef dentreprise de développer et de maintenir un état desprit de prévention.
Les salariés
La prévention se fait dabord au niveau des services opérationnels. Chacun dans lentreprise doit connaître le rôle quil doit remplir dans les actions de prévention de tous les jours (détection, signalement et élimination des risques) et les consignes quil doit appliquer en cas durgence.
Pour que cette organisation de prévention puisse fonctionner de façon efficace, il convient détablir clairement ses règles de fonctionnement : définition de fonctions, responsabilités, délégations de pouvoirs, procédures dachat et de réception du matériel, etc.
Dans beaucoup dentreprises, les règles de prévention sont incluses dans les règles dorganisation et les principes de gestion mêmes de lentreprise ; cest ainsi que, dans certaines entreprises lordre du jour des réunions dexploitation comprend toujours un point consacré à la sécurité ; ces exemples dintégration de la prévention dans les activités de lentreprise méritent dêtre généralisés.
Les Institutions représentatives du personnel
Le Comité dhygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)
Le personnel de lentreprise contribue à la protection de la santé et de la sécurité dans lentreprise par chacune de ses actions mais aussi par lintermédiaire de ses représentants au Comité dhygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Un CHSCT est obligatoirement constitué dans tous les établissements assujettis au Code du travail et occupant habituellement au moins 50 salariés.
Le CHSCT est composé du chef détablissement, président, et dune délégation du personnel, dont lun des membres est désigné comme secrétaire. Il se réunit au moins tous les trimestres.
Linspecteur du travail et les agents des services de prévention de la CRAM sont membres de droit du CHSCT. Le chef du service de sécurité et le médecin du travail participent, à titre consultatif, aux travaux du Comité.
Celui-ci est obligatoirement consulté avant toute décision daménagement important et donne son avis, en particulier sur :
le règlement intérieur et les règles générales et permanentes pour les prescriptions relatives à la prévention et à lorganisation des premiers secours et de la lutte contre lincendie ;
le bilan annuel et le programme annuel de prévention qui lui sont présentés au moins une fois par an par le chef détablissement.
Le CHSCT a aussi pour mission de veiller à lobservation des règles dhygiène et de sécurité. Il procède, à intervalles réguliers, à des inspections et effectue des enquêtes en matière daccidents du travail ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel.
Le Comité contribue à la promotion de la prévention, peut susciter toute initiative quil estime utile dans cette perspective, faire appel à une personne qui lui paraîtrait qualifiée dans létablissement ou à un expert (cette possibilité de recours à un expert est une voie de progrès pour lentreprise), intervenir si une cause de danger grave et imminent est constatée.
Le CHSCT reçoit du chef détablissement les informations qui lui sont nécessaires pour lexercice de ses missions, ainsi que les moyens nécessaires à la préparation et à lorganisation des réunions et aux déplacements imposés par les enquêtes ou inspections. Les représentants du personnel au CHSCT bénéficient de la formation nécessaire à lexercice de leurs missions.
Les délégués du personnel
Dans les établissements où leffectif est inférieur à 50 salariés, les délégués du personnel sont investis des missions dévolues aux membres du CHSCT. Cela concerne donc les entreprises dont leffectif est compris entre 11 et 49 salariés. Par le biais des cahiers de revendications, les Délégués du personnel peuvent aborder toutes questions relatives à la prévention.
Le Comité dentreprise
Les pouvoirs et les moyens du Comité dentreprise ont été étendus par la loi du 28 octobre 1982 (loi Auroux), en particulier il traite des problèmes généraux concernant les conditions de vie et de travail des salariés. Par contre, il nest de rigueur quà partir de 50 salariés et ne concerne donc pas les plus petites entreprises. Parmi ses prérogatives en terme de prévention des risques professionnels, on retiendra quil est obligatoirement informé et consulté avant lintroduction de nouvelles méthodes dorganisation ou de technologies nouvelles, avant une transformation importante des postes de travail ou avant la modification des normes de productivité (cadences). En collaboration avec le CHSCT, il étudie lincidence de tels projets. Il formule ensuite ses propositions.
Les délégués syndicaux
Les délégués syndicaux sont désignés par les organisations syndicales et représentent celles-ci auprès du chef dentreprise. Lévolution des dispositions législatives ou conventionnelles donne aujourdhui aux délégués syndicaux, au delà de leur action revendicative, un rôle de participation à la vie de lentreprise en imposant leur information et leur consultation, simultanément à celle des autres institutions représentatives du personnel, y compris en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail.
Les Groupes dexpression directe et collective
Les Groupes dexpression directe et collective ont été institués par la loi du 4 août 1982 (loi Auroux). Ils permettent aux salariés daborder, directement et collectivement, les questions relatives au contenu, à lorganisation et aux conditions dexercice de leur travail ainsi quà la qualité de ses résultats (cercles de qualité, cercles de progrès
). Les questions concernant la prévention peuvent donc être débattues au sein de ces groupes.
Le médecin du travail
Le médecin du travail est le conseiller du chef dentreprise et des salariés, notamment en ce qui concerne lamélioration des conditions de vie et de travail dans lentreprise, ladaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie humaine, la protection des salariés contre lensemble des nuisances professionnelles, lhygiène, la prévention et léducation sanitaire.
Il est soumis au secret médical et au secret de fabrication.
Indépendant dans lexercice de ses fonctions, il mène des actions sur le milieu de travail et procède à des examens médicaux.
Action sur le milieu de travailExamens médicauxLe médecin du travail a libre accès aux lieux de travail, il se rend dans les entreprises dont il a la charge soit à son initiative, soit à la demande de lemployeur, du CHSCT ou des délégués du personnel.
Pour létude des postes de travail et lévaluation des risques, il peut effectuer ou faire effectuer :
des mesures de métrologie (bruit, lumière, température
),
des prélèvements (atmosphère, produits toxiques
), etc.
Le chef dentreprise ou son représentant doit consulter et/ou associer le médecin du travail aux actions suivantes : organisation des premiers secours et formation des secouristes, formation dans le domaine de la sécurité et de la santé, nouvelle technique de production, projets daménagement et de constructions, modifications apportées aux équipements, nature et composition des produits, etc.
Le médecin du travail conseille chef dentreprise et salariés en ce qui concerne par exemple :
l'aménagement des postes de travail sur écran,
les protections contre le bruit,
linformation sur les produits cancérigènes,
les maladies infectieuses et les vaccinations.
Dans les entreprises de plus de dix salariés, le médecin du travail collecte toutes ces informations sur une fiche dentreprise. Dans ce document, il fait état :
de son appréciation des risques,
du nombre de salariés exposés,
des surveillances médicales spéciales,
des actions de prévention engagées ou conseillées.Le médecin du travail exerce un suivi médical dans le cadre de visites obligatoires et facultatives.
Au cours de ces visites, le médecin du travail peut demander des examens complémentaires nécessaires :
à la détermination de laptitude médicale au poste de travail,
au dépistage des maladies professionnelles ou à caractère professionnel,
au dépistage de toute autre pathologie,
au suivi de létat de santé des salariés exposés à un risque (plomb, benzène, radiations ionisantes
).
Les examens médicaux permettent de rechercher un retentissement des conditions de travail sur la santé tant au plan individuel que collectif, de sensibiliser le salarié aux risques professionnels et aux moyens de prévention.
Pour remplir lensemble de ses missions, le médecin du travail, dans le cadre de lorganisation mise en place dans lentreprise, peut être assisté par différents préventeurs : techniciens en métrologie, animateurs secourisme (SST), animateurs gestes et postures, ergonomes, infirmiers (obligatoires dans les entreprises de plus de 200 salariés en milieu industriel ou de plus de 500 salariés en milieu commercial). Il peut faire appel à des experts extérieurs : Instituts de Médecine du Travail, CRAM, ANACT, organismes agréés
Le service sécurité interne ou externe (interentreprises)
Le principe du service sécurité apparaît dans laccord-cadre du 17 mars 1975 sur lamélioration des conditions de travail :
« Il appartient à lemployeur, chaque fois que les effectifs et la nature des travaux le justifient, de créer un service de sécurité dont la participation aux actions de prévention ne peut ni décharger la hiérarchie de ses responsabilités en la matière, ni empiéter sur les prérogatives du CHSCT. »
En raison de la diversité des entreprises et des risques quelles engendrent, compte tenu de leur taille et de leur activité, la fonction peut être assurée de manière très différente.
Le titulaire de cette fonction, agent de sécurité, chef du service sécurité, directeur de la sécurité ou risk manager chargé de la globalité des risques de lentreprise, ne peut quêtre rattaché directement à la direction de lentreprise. Dans les petites entreprises, sil ny a pas de service sécurité, il peut y avoir un chargé de mission ou un salarié à temps partiel. Cest le chef dentreprise qui définit la politique santé-sécurité et lencadrement qui est chargé de la mettre en application.
Attributions des charges de la fonction sécurité
Les fonctionnels sécurité doivent promouvoir lobtention dun niveau élevé de sécurité dans toute lentreprise en éliminant ou en réduisant par la prévention les risques pour la vie ou la santé auxquels les travailleurs de lentreprise ou le public peuvent être exposés. Leurs efforts visent également les installations de lentreprise, lamélioration des procédures de travail et la qualité de lenvironnement du travail.
Pour atteindre ces objectifs, ils effectuent les tâches suivantes :
conseiller la direction de lentreprise (définition dune politique de prévention, évaluation des risques de lentreprise, établissement dun programme de prévention et dune organisation de premiers secours et de lutte contre lincendie), la hiérarchie (conseils concernant des procédures ou des techniques de sécurité) et les salariés ;
fournir de lexpertise et un appui technique aux différents services ;
coordonner la sécurité dans lentreprise et y effectuer des inspections et des audits de sécurité ;
agir sur la politique de sécurité, les lignes directrices et les procédures, puis contrôler lapplication et lefficacité des réglementations et des procédures de sécurité ;
procurer ou coordonner les connaissances ou lexpertise dans des domaines spécifiques (analyses de risque, enquêtes et audits de sécurité
) ;
animer le CHSCT et laider à remplir ses missions, notamment en assurant la promotion denquêtes de sécurité dans les services et en proposant des mesures préventives ;
analyser les statistiques daccidents et les événements survenus dans lentreprise ;
sengager dans la formation à la sécurité et létablissement de sessions de formation à la sécurité pour tous les membres du personnel ;
connaître les lois et réglementations locales, nationales et internationales applicables à lentreprise ;
interpréter et appliquer la réglementation en matière de sécurité ;
assurer un niveau satisfaisant dinformation en matière de sécurité dans lentreprise, notamment en informant les services des nouvelles réglementations et de leur évolution ;
coordonner les contacts avec des organismes extérieurs en matière de sécurité, ainsi quavec dautres entreprises et leurs fonctionnels sécurité ;
représenter lentreprise en matière de sécurité.
Source : « Le chargé de la fonction sécurité dans lindustrie chimique », Bulletin N°14, UIC 1986.
Linspection du travail
Linspection du travail est composée dagents de contrôle ayant pour mission de faire appliquer la législation du travail dans les entreprises privées et ce quels que soient leur effectif salarié et leur activité. Dans ce cadre elle exerce une fonction de contrôle.
Ces agents disposent à ce titre dun droit de visite dans les entreprises et un droit daccès à différents documents leur permettant dexercer leur mission de contrôle. A titre dexemple : bulletins de paye, horaires de travail, registre unique du personnel, contrats de travail, etc.
Ces contrôles sexercent sans délai et sans obligation de prévenance vis-à-vis du chef dentreprise.
Dautres missions sont dévolues à lInspection du travail : information et conseil sur la législation du travail, intervention dans les conflits collectifs du travail, etc.
En matière de prévention des risques professionnels, lInspection du travail est amenée à effectuer des enquêtes suite aux accidents du travail ou déclarations de maladies professionnelles, à participer à des réunions du CHSCT, à effectuer des visites afin de contrôler la conformité des équipements de travail, les conditions dhygiène et de sécurité à légard des salariés.
Au cours de ces enquêtes, lInspection du travail recueille lavis des représentants du personnel (délégués du personnel, membres du CE et du CHSCT).
Les objectifs poursuivis par ce corps de contrôle en matière dévaluation des risques sont la prévention des risques professionnels, la protection de la santé des salariés et lamélioration des conditions de travail.
Ils disposent de différents moyens juridiques en cas de constatation de manquements en matière dhygiène et sécurité : recours à des organismes agréés, mises en demeure, procès verbaux, référés, etc.
La Caisse régionale dassurance maladie du Sud-Est
La CRAMSE a notamment pour rôle détablir les statistiques daccidents du travail et de maladies professionnelles survenues dans sa circonscription, de calculer et notifier aux entreprises leur taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles, et de mener des actions spécifiques en matière de prévention, en y associant les représentants des employeurs et des salariés dans les Comités techniques régionaux (CTR) constitués auprès des Conseils dadministration de la CRAMSE.
Pour mener à bien ces actions, chaque CRAMSE dispose dun service de prévention, composé notamment dingénieurs-conseils et de contrôleurs de sécurité chargés du contact direct avec les entreprises.
Les agents de la CRAMSE peuvent intervenir dans toutes les entreprises relevant du Régime général de la Sécurité sociale en matière daccidents du travail et de maladies professionnelles.
Les ingénieurs-conseils et les contrôleurs de sécurité dispose :
du droit dentrée et de visite dans toutes les entreprises dépendant de leur circonscription ;
dun droit de communication de tous les documents relatifs à lhygiène et à la sécurité (registre des contrôles techniques, registre des mises en demeure de linspecteur du travail, registre du CHSCT, etc.) ;
du droit dinvestigation en procédant à toutes mesures, contrôles, analyses relatives aux produits et ambiances de travail, en se faisant aider par leur laboratoire inter-régional de chimie et de mesure physique ;
dun droit denquête lorsquils le jugent utile.
Les agents du service de prévention nont pas pour rôle de sanctionner les manquements aux dispositions réglementaires. En cas de manquements constatés au cours dune visite, ils peuvent demander lintervention de linspecteur du travail.
Leurs moyens daction sont essentiellement incitatifs et se concrétisent par des conseils techniques (étude dun poste de travail, dune machine, aménagement dun atelier, etc.), des actions de sensibilisation, dinformation (journées détudes, campagnes, en direction des employeurs et des salariés), des stages de formation et des incitations financières (minoration du taux de cotisation, avances ou subventions).
LOrganisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP)
Lindustrie du bâtiment et des travaux publics est caractérisée par son importante part de main duvre, le nombre dentreprises à faible effectif, la diversité des techniques employées, la courte durée de réalisation des ouvrages et la co-activité des intervenants.
Les dispositions spécifiques en matière de prévention des risques professionnels visent à intégrer lhygiène et la sécurité dans la réalisation et la maintenance des ouvrages, ceci dès leur phase de conception.
Lindustrie du BTP dispose dun organisme de branche : lOrganisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics.
LOPPBTP est partenaire des entreprises dans sa mission de conseil en prévention. Cet organisme est membre de droit dans les Comités Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, a voix consultative.
Parallèlement à laction de terrain, des outils dévaluation des risques ont été élaborés :
la « Démarche diagnostic de sécurité », analysant les risques potentiels et concrétisés ;
la « Méthode danalyse et dévaluation des conditions de travail ».
Ces études permettent, à partir dun constat partagé, de mettre en uvre une politique de prévention adaptée à lentreprise.
Laction régionale de lANACT, Act-Méditerranée
LAgence Nationale pour lAmélioration des Conditions de Travail et ses actions régionales (gérées paritairement) ont été créées pour aider les entreprises à conduire leur transformation en sappuyant sur la concertation et la négociation sociale.
Améliorer les conditions de travail, cest agir sur le contenu du travail des salariés, les machines ou les systèmes techniques quils utilisent, lorganisation du travail, le temps de travail, les compétences et les qualifications, la conduite des projets, le dialogue social, la santé des salariés et la sécurité dans lentreprise, et toutes les autres composantes dune situation de travail.
Pour ce faire, laction du réseau ANACT se décompose en trois axes :
la construction doutils et de méthodes ;
linformation, la communication et le transfert de ces méthodes aux entreprises et aux consultants qui interviennent dans les entreprises ;
lintervention dans lentreprise à la demande du responsable sur les thèmes qui le préoccupent.
Le diagnostic court, proposé aux entreprises, est une intervention gratuite qui tient compte de la demande de la direction et au cours duquel les agents du réseau ANACT rencontrent la hiérarchie, les représentants du personnel et les salariés. A partir dentretiens et dobservations, ils analysent le fonctionnement de lentreprise pour mieux connaître les enjeux du point de vue de lefficacité économique et des implications humaines et sociales. Ces agents ne donnent pas de solutions mais des pistes de réflexion pour éclairer les décisions qui seront prises par la direction.
Ces missions dinformations et de transferts prennent la forme de rencontres et déchanges sur des thèmes liés aux conditions de travail pour les responsables dentreprises, les consultants et les partenaires sociaux. A loccasion de ces rencontres, le réseau ANACT diffuse des expériences innovantes conduites en région.
Son expérience permet également de conduire des actions plus collectives comme sur laménagement du temps de travail ou sur lévaluation des risques où les actions régionales du réseau ANACT participent activement à la construction dune dynamique régionale avec un grand nombre dacteurs, institutionnels et les partenaires sociaux.
Autres intervenants extérieurs à lentreprise : fédérations syndicales demployeurs et de salariés, organismes agréés, consultants, universitaires, etc.
Au sein des organisations syndicales existent et fonctionnent des commissions spécifiques. Ces commissions informent et forment leurs représentants dans les entreprises et notamment ceux membres des CHSCT.
Des organismes techniques, qui sont en général des associations ou des groupements privés de prévention, apportent leur concours aux employeurs pour les aider à appliquer les dispositions réglementaires en matière dhygiène et de sécurité. Ils fournissent à leurs abonnés de la documentation et des conseils techniques, assurent les contrôles techniques périodiques obligatoires et effectuent des contrôles datmosphère et des mesures de bruit.
Des consultants universitaires ou praticiens peuvent intervenir auprès des entreprises pour des actions de prévention : ingénieurs conseils en sécurité, ergonomes, psychologues du travail, sociologues, etc. Chacun dans leur domaine de spécialité, ils peuvent éclairer employeurs et salariés avec une perspective propre à leur compétence.
Dans la 3e partie de ce guide nous allons présenter, à titre dexemple, des outils utilisables en matière de prévention des risques professionnels.
Quelques outils de la prévention des risques professionnels
Fiche « Critères de choix des mesures de prévention »
Afin de ne pas déterminer le choix dune mesure de prévention uniquement à partir de son prix de revient, nous avons établi une liste de critères utilisables lors de la phase de sélection des mesures à appliquer (tiré de travaux de lINRS : ED 1338) :
La conformité à la réglementation
Les mesures retenues ne doivent pas être contradictoires avec les dispositions réglementaires en vigueur.
Le coût pour lentreprise
Il ne faut pas se cacher que les considérations économiques lemportent souvent in fine. La difficulté réside dans le chiffrage forcément subjectif que lon opère quand on fait la comparaison coût/bénéfice.
La stabilité de la mesure ou le choix dune mesure durable dans le temps
Les effets dune mesure de prévention peuvent disparaître rapidement avec le temps : par exemple, le rappel des consignes est une mesure peu stable, car ses effets sont souvent fugitifs.
La portée de la mesure
Ce critère reflète le souci quune même action de prévention puisse concerner un maximum de postes de travail. Aussi doit-on sefforcer de dépasser le cas particulier qui a donné lieu à lanalyse ; par exemple, ne pas se contenter de protéger lélément de la machine qui sest révélé dangereux, mais envisager le problème plus général de tous les éléments mobiles et accessibles existant dans latelier, qui doivent également faire lobjet dune protection.
Laction sur les causes profondes
Laccident est le plus souvent le résultat dune situation de travail qui se dégrade, dabord très progressivement, ensuite plus rapidement, pour se terminer soudainement par la blessure. Par conséquent, la prévention de facteurs daccidents proches de la blessure supprime certains effets des situations dangereuses, la prévention qui agit très en amont tend à supprimer lexistence même de telles situations. Pour agir ainsi en amont, il faut élargir le champ dinvestigation, en tenant compte des aspects techniques, organisationnels et humains. Nous développerons ce point dans la deuxième partie.
La possibilité dintégrer la sécurité à lactivité
Beaucoup de mesures de prévention sont des opérations surajoutées à la production, cest-à-dire non intégrées à la production. Dans ce cas, le risque dabandon de la mesure devient non négligeable.
Le délai dapplication en phase avec lampleur du problème
Il faut évidemment agir le plus rapidement possible, notamment après la survenue dun accident pour en éviter le retour. Cet impératif se traduit souvent par lapplication dune mesure de prévention simple (une consigne, par exemple) qui ne doit pas dispenser dautres actions plus ambitieuses. Des mesures exigeant des délais notables dexécution peuvent présenter une portée plus grande que des mesures qui peuvent être mises en uvre à court terme. Il est donc important de ne pas écarter a priori des actions de prévention qui ne sont envisageables quà moyen et long terme. De telles actions doivent sinscrire dans un planning concerté.
Prendre des mesures compatibles avec lactivité de travail
Il convient de voir si la mesure envisagée est compatible avec lactivité de lopérateur. Une mesure trop exigeante constitue toujours une incitation à renoncer à la mesure.
Ne pas déplacer le risque
Certaines mesures de prévention peuvent avoir des effets indirects préjudiciables à la sécurité. Il faut donc toujours envisager les répercussions dune mesure de prévention, prise localement, sur lentreprise dans son ensemble (poste de travail, équipe de travail, atelier).
Lanalyse des accidents du travail
par la méthode de larbre des causes
Cette méthode permet de rechercher lensemble des causes des accidents et incidents, de ne pas en rester au constat premier. Appliquer cette méthode, cest déjà sengager en matière de prévention, mais attention sa bonne mise en pratique nécessite une formation.
Démarche
Analyser un accident cest avant tout rechercher ce qui a entraîné laccident. Pour cela il faut recueillir les données relatives à laccident, en ne se limitant pas aux circonstances immédiates de la blessure, mais en remontant aussi loin que possible toutes les pistes qui se présentent à partir de faits vérifiés.
Recueil des faits
Faits objectifs : sans jugement de valeur, ni interprétation, donc incontestable.
Faits positifs : qui se sont réellement passés, et non qui auraient pu ou du se passer.
Concis : une seule idée par fait, on doit pouvoir distinguer les faits les uns des autres.
Le recueil doit être le plus complet possible en analysant les composantes du système « Homme/machine » :
I : les individus concernés : état civil, caractéristiques physiques, ancienneté, lieu
Ta : les tâches de chaque individu concerné : la succession des actions observables accomplies
Ma : le matériel, les produits, les machines utilisés par chaque individu : caractéristiques, lieu
Mi : le milieu où sest déroulé laccident : caractéristiques physiques (bruit, poussière, température, humidité
), chimiques (gaz, vapeurs
), socio-psychologiques (production, urgence, pression de la hiérarchie, du client
)
Représentation des causes
Construire larbre des antécédents de laccident en situant chaque fait par rapport aux autres à partir du fait ultime (la blessure ou lincident) et en posant systématiquement les questions suivantes :
Qua-t-il fallu pour que le fait X apparaisse ?
Y était-il nécessaire pour que X apparaisse ?
Y était-il suffisant pour que X apparaisse ?
Trois types de liaisons entre antécédents en découlent :
Les enchaînements : un fait a une cause
Les conjonctions : plusieurs causes entraînent un fait
Les disjonctions : une cause entraîne plusieurs faits
La représentation graphique ainsi établie est constituée de faits (antécédents) indispensables à la production de laccident analysé : se sont les causes de laccident.
Détermination des mesures de prévention
Sélection des cibles de prévention : en reprenant lune après lautre les causes, repérer celles sur lesquelles on va pouvoir agir. Plus la cause ciblée a un niveau dantériorité élevé (plus elle est en amont de laccident), plus elle permet de détruire larborescence située en aval.
Définition des buts à atteindre : il sagit dans cette étape de définir le but à atteindre pour supprimer chaque cause ciblée.
Détermination des mesures de prévention :
Etablir de façon concrète les mesures qui permettront datteindre chacun des buts (Attention ! Ne pas confondre but à atteindre et mesures de prévention).
Tenir compte des critères defficacité dune mesure : stabilité, portée, non déplacement du risque, coût de la mesure, etc.
Fiche « Suivi des mesures de prévention »
1er temps : Mise en uvre2e temps : ContrôleDateAction de préventionDéjà proposée
(oui / non)Concernant
poste, atelier, risque
personnel, équipe, service
Nature de la mesure de prévention (technique, organisationnel, personnel)Visa du responsable de la mise en uvreDélais prévus de réalisation (échéancier)
Indiquer les différentes phasesMoyens alloués (ventilés par phase
)DateApplication (oui / non)Coût effectifEffets observés ou raisons dinapplicationVisa du responsable de la mise en uvre et du contrôleur
Source : Larbre des causes, Marion CHESNAIS (CNRS), Enseigner la prévention des risques professionnels, INRS 1993.
Date : Visa du chef détablissement :
Fiche « Indicateurs de performance pour tableau de bord »
Indicateurs de risques
Nature, nombre et fréquence des dysfonctionnements prévisibles et effectifs
Nombre de machines sans protection adéquate
Nombre et fréquence des arrêts déclenchés par des automatismes de sécuritéIndicateurs de moyens
Dépenses consacrées à la prévention
Dépenses dexploitation : coût des articles et vêtements de protection, frais de gestion des services de sécurité générale et de sécurité incendie, frais liés aux vérifications, aux épreuves, aux formations à la sécurité, aux réunions de CHSCT, frais de fonctionnement des services médicaux et des infirmeries
Dépenses de correction : modification des équipements, aménagement des accès, lutte contre le bruit, signalisation
Dépenses de création de matériel ou déquipements liés à lhygiène, à la sécurité ou aux conditions de travail : vestiaires et sanitaires, équipements médicaux
Réalisation de mesures de prévention
Organisation des secours : secouristes du travail (effectif formé, répartition par atelier), plan dévacuation, exercices dentraînement (nature, nombre, taux de participation), contrôle technique du matériel de lutte contre lincendie (existence, suivi).
Formation et information : formation à la sécurité (stages organisés et réalisés au niveau de lentreprise, réunion dans les ateliers), campagnes de sécurité réalisées (nombre, thème, durée).
Préoccupations et expression du personnel : suggestions concernant la sécurité (nombre didées déposées, retenues et réalisées), expression des salariés (nature et fréquence des questions relatives à la sécurité), attitude des salariés à légard de la sécurité (enquêtes dopinions), évaluation du personnel dencadrement (introduction du critère sécurité dans lentretien annuel).
Existence et fonctionnement des instances de sécurité : service de sécurité (rattachement hiérarchique, responsabilités, moyens), CHSCT (nombre de réunions ordinaires et extraordinaires, nombre de situations dangereuses relevées sur le registre).
Application des procédures : définition des tâches du personnel et intégration de la sécurité dans les consignes, vérification de la connaissance des consignes, diagnostic des risques par poste.
Contrôle technique des matériels et des équipements : état général des installations et du matériel (ordre, propreté), état des équipements de protection collectifs et individuels.Indicateurs de résultats
Accidents corporels : accidents mortels, accidents avec séquelles (incapacité permanente), accidents avec arrêt (incapacité temporaire), accidents sans arrêt déclarés, accidents de trajet, accidents soignés à linfirmerie.
Taux de fréquence des différents types daccidents (Tf = [nombre daccidents avec arrêt / nombre dheures travaillées] x 106), taux de gravité des incapacités temporaires (Tg = [nombre de journées perdues pour incapacité temporaire / nombre dheures travaillées] x 103), durée moyenne dun accident avec arrêt, indice de gravité des incapacités permanentes (Ig = [total des taux dincapacité permanente / nombre dheures travaillées] x 106).
Incidents et presque accidents.
Dégâts matériels : montant des dépenses, nombre dincidents matériels, nombre dintervention des services de secours à la suite dun début de sinistre (feu, pollution
).
Coût des accidents : coût direct et indirect.
Répartition des accidents : localisation des lésions (yeux, tête
), activité de la victime (manutention manuelle, déplacement de plain-pied
), élément matériel en cause (outils à main, machine
).
Ce guide a été élaboré avec le concours :
de chefs dentreprises
de représentants des salariés
dinspecteurs et contrôleurs du travail
de médecins du travail
de consultants
dergonomes
duniversitaires
dingénieurs de prévention
dingénieurs de production
dingénieurs de sécurité en entreprise
de médecins inspecteur du travail
Ce document sappuie également sur plusieurs ouvrages de référence.
Ce titre de la collection « PRÉVENTION SANTÉ SÉCURITÉ » éditée par la DRTEFP PACA vient compléter le dernier guide paru « Evaluer les risques et programmer les actions de prévention Mode demploi », 2000 (2e version).
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Coûts supportés par lentreprise
Boucle damélioration continue de la prévention