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MENAGES ET CONSOMMATION - Apses

TD : Etude des différences de consommation avec le site de l'INSEE ..... Elasticité -revenu = Taux de variation de la demande / Taux de variation du revenu .... avoir plus de difficultés à comprendre les informations de prévention au sujet du ...




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THEME 1 : MENAGES ET CONSOMMATION (maximum 8 heures ou 6h + 2h TD)

1. Quels sont les revenus dont disposent les ménages ?
2. Comment les ménages arbitrent-ils entre consommation et épargne ?
3. Quels sont les effets des variations de prix et de revenu sur la consommation ?
4. Les différences de consommation dépendent-elles uniquement du budget ? à faire en TD avec le site INSEE
5. Dis-moi ce que tu consommes et je te dirai qui tu es ?
6. Le consommateur est-il sous influence ? à faire en TD avec le rôle de la publicité

TD : Etude des différences de consommation avec le site de l’INSEE
Le rôle de la publicité – analyse de documents et débat
THEME 1 : MENAGES ET CONSOMMATION

Chapitre 1 : Comment les revenus et les prix influencent-ils les choix des consommateurs ?

1. Quels sont les revenus dont disposent les ménages ?
Les revenus primaires
Découvrir p 184. Revenus primaires : revenus perçus par les ménages en contrepartie de leur participation à la production.

Revenus de l’activité salariée / Revenus du travail
Salaire : rémunération des personnes travaillant pour le compte d’un employeur.
Les salaires représentent plus de 70% des revenus primaires car près de 9 travailleurs sur 10 sont des salariés. On prend en compte le salaire net mais aussi le salaire indirect que sont les cotisations sociales.
Salaire net + cotisations salariales = salaire brut
Salaire brut + cotisations patronales = Coût salarial total

Revenus de l’activité non salariée càd des travailleurs indépendants / Revenus mixtes Doc 2 p 185
Revenus issus à la fois du travail fourni par un individu et de son patrimoine. C’est le cas du bénéfice perçu par un artisan ou d’un commerçant travaillant pour son propre compte et propriétaire de son entreprise ou commerce.

Revenus du capital / de la propriété / du patrimoine Doc 3 p 185
Revenus provenant de la propriété de biens immobiliers (loyers, fermages) ou de placements financiers (dividendes des actions, intérêts…)

Tous les individus ne perçoivent pas de revenus primaires, et ceux-ci sont inégalement répartis
Des inégalités de salaire Doc 5 p 187 ou actualisation site INSEE :
 HYPERLINK "http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATFPS04101" http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATFPS04101

Des inégalités de patrimoine (et donc de revenus du patrimoine) Doc 5 p 203
En 2004, le patrimoine d’un gros indépendant est 50 fois plus élevé que celui d’un ouvrier non qualifié, celui d’un cadre est 21 fois plus élevé. Ceux qui ont les plus hauts revenus sont logiquement ceux qui peuvent se constituer un patrimoine.

Le résultat de la redistribution : le revenu disponible
Quels sont les objectifs de la redistribution des revenus ?
Lutte contre les inégalités, permettre à chacun d’avoir des conditions de vie décente grâce à un revenu minimum, protéger contre les risques sociaux, soutenir la demande des ménages en augmentant le pouvoir d’achat des plus défavorisés.

Pourquoi payer des impôts ? Doc 7 p 204 1er paragraphe
Quelles différences entre impôts et cotisations sociales ? Encadré p 204
- impôts : au profit du budget de l’Etat pour financer ses dépenses
- cotisations sociales : au profit de la sécurité sociale + assurance chômage. Concernent seulement les revenus du travail

Revenus de transferts : définition sur le site de l’INSEE
 HYPERLINK "http://www.statapprendre.education.fr/insee/revenus/trans/accueiltrans.htm" http://www.statapprendre.education.fr/insee/revenus/trans/accueiltrans.htm

Financés par les prélèvements, ces revenus (aussi appelés revenus sociaux) sont perçus par les ménages en contrepartie de droits reconnus par la société et pour les couvrir contre certains risques. (Maladie, accidents, invalidité, Vieillesse, Maternité, Chômage) Doc 10 p 189 pr le poids des R de transfert ds le R des ménages.

Revenu disponible = revenu primaire + revenus de transfert – impôts – cotisations sociales
C’est la part du revenu primaire qui reste à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne. L’épargne est la partie non consommée du revenu : placement sur un compte ou thésaurisation (argent liquide conservé chez soi) ou achat d’un logement
Ce R est plus important si l’on ajoute les services gratuits ou remboursés.
Si le R disponible n’est pas suffisant pour consommer, le ménage peut vendre une partie de son patrimoine (s’il en a un) ou bien recourir au crédit. Le crédit n’est qu’une ressource provisoire qu’il faudra rembourser, avec les intérêts.

Schéma de synthèse p 195 (ou doc 8 p 188 ms moins clair)
2. Comment les ménages arbitrent-ils entre consommation et épargne ?
A quoi sert l’épargne ?
Les motifs de l’épargne : La Cigale et la Fourmi
La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Jean de La Fontaine

1. A partir de cette fable, montrez à quoi sert l’épargne.
2. Que représente l’ « intérêt » dont parle la cigale ?

Synthèse :
L’épargne des ménages est la part du revenu disponible qui n’est pas consommée. En renonçant aujourd’hui à consommer, les ménages obtiennent dans le futur une « récompense » : le loyer de l’argent prêté, c’est-à-dire les intérêts.
Prenons le cas de Yasmine qui a perçu un revenu de 3000 euros en travaillant tout l’été dans un restaurant. Contrairement à son amie Sophie qui a préféré dépenser l’intégralité de son salaire, Yasmine a réussi à économiser pendant cette période 1000 euros. En plaçant ses économies sur un compte d’épargne rémunéré à 5%, elle touchera un an plus tard 50 euros d’intérêts en plus de son capital de mille euros. Pour Yasmine, ces 50 euros représentent la « récompense » d’avoir renoncé pendant un an à utiliser ses mille euros pour consommer.
O. Leblanc, Nathan 2010
L’épargne répond à trois motifs :
- précaution : se constituer une réserve en cas de difficultés (maladie, perte d’emploi ...) et faire face à des dépenses aléatoires
- consommation différée : mettre de l’argent de côté pour financer de gros achats (voiture, maison ...)
- patrimoine : constitution d’un patrimoine pour avoir des revenus supplémentaires et transmettre ce patrimoine à ses proches

Quels sont les différents types d’épargne ?

Taux d’épargne des ménages en France de 1959 à 2008

Epargne financière = placements financiers (livrets d’épargne, actions, assurances-vie, épargne logement, épargne retraite, épargne salariale).
Epargne non financière = épargne investie dans l’acquisition de biens immobiliers et investissement des entrepreneurs individuels.

1. Comment calcule-t-on un taux d’épargne ?
2. En 2008, quelle est la composante principale de l’épargne des ménages ?
3. Quelle est celle qui a le plus augmenté entre 1987 et 2002 ?

Quels sont les facteurs qui vont influencer le choix entre consommation et épargne ?
Le rôle du taux d’intérêt
L’exemple de Yasmine et Sophie (vu plus haut))nous permet de comprendre pourquoi, quand le taux d’intérêt augmente, le taux d’épargne va aussi avoir intérêt à croître. En effet, plus le taux d’intérêt est fort, plus l’épargne va générer des revenus importants, ce qui va inciter Sophie à économiser elle aussi. Inversement, si ce taux est proche de 0%, les intérêts serons très faibles, et l’effort d’épargne ne sera pas récompemsé. Dans ce cas de figure, c’est Yasmine qui risque de s’inspirer de Sophie.
O. Leblanc, Nathan 2010
Quelles différences selon la catégorie sociale ? Doc 6 p 203
Comment varie le taux d’épargne en fonction de l’âge ?

Taux d'épargne avant et après transferts privés selon l'âge de la personne de référence en 2003 (données INSEE) 


Les transferts privés sont des aides financières entre ménages (pensions alimentaires, aide des parents à un enfant parti vivre seul...)

Des différences selon les pays

Taux d’épargne des ménages en 2007 en % du revenu disponible.



1. Quel est l’écart entre le taux d’épargne de la France et celui des Etats-Unis ?


Source : Alternatives économiques, HS, octobre 2009 Pourquoi les Français épargnent-ils autant ?
Au 3e trimestre, le taux d'épargne des ménages a atteint des sommet (17%). Son niveau le plus élevé depuis 2002, une particularité très française, par comparaison avec la Frande-Bretagne (environ 4%) ou du Canada (2%). les explications de David Thesmar, économiste français, membre du Conseil d'analyse écoomique (CAE) et professeur à HEC.
Pourquoi les Français sont-ils de grands épargnants?
En France, l’héritage historique est déterminant. Depuis le 19e siècle, nous vivons dans un pays de petits propriétaires. Dans les romans d’Honoré de Balzac ou d’Emile Zola, l’acquisition d’une rente est d’ailleurs l’une des préoccupations prédominantes. En France, l’épargne fait partie des vertus cardinales de la petite-bourgeoisie. Aux Etats-Unis, c’est tout à fait différent. Le taux d’épargne stagne aux alentours des 4%. Les Américains consomment en s’endettant. Ici, on considère qu’il est préférable d’économiser avant d’acheter.
Pourquoi le taux d’épargne des Français a-t-il encore augmenté en 2009?
D’abord à cause de la crise économique! C’est ce que l’on appelle l’épargne de précaution ou l’instinct de survie… Quand vous sentez que le chômage vous pend au nez, vous avez tendance à vous constituer un petit matelas, pour y faire face au cas où. C’est mécanique. Dans des moments de forte incertitude, on constate une poussée des comportements conservateurs. En 2009, les enquêtes de confiance ont été très mauvaises.
Les Français ont aussi profité d’une augmentation de leur pouvoir d’achat pour remplir leur bas de laine.
Oui. Cette année, l’Etat a distribué des revenus supplémentaires (aides et transferts sociaux). Ce surplus a été stocké en partie. D’autres facteurs ont joué. L’épargne a été particulièrement rémunératrice. En début d’année, comme les banques ne se faisaient plus confiance entre elles, les Français ont bénéficié de taux d’intérêt sans risques très élevés. Enfin, il ne faut pas négliger le mécanisme selon lequel, quand l’Etat s’endette beaucoup, les gens anticipent une augmentation d’impôt future et s’y préparent. La dette explose, les Français ont conscience qu’il faudra un jour payer la facture.
Propos recueillis par Nolwenn Le Blevennec, Le Journal du diamche, 2 janvier 2010
Vivre à crédit : Le cas des Etats-Unis
Pendant le dernier quart de siècle, les ménages américains ont bénéficié d’une forte croissance de la consommation, à peine perturbée par quelques récessions modérées. C’est ici qu’apparaît le fil rouge : une telle augmentation soutenue de la consommation n’aurait pas été possible ( et de ce fait ne s’est pas matérialisée ailleurs dans le monde) sans le recours croissant au crédit (emprunt immobilier, cartes de crédit, etc.). De nombreux indicateurs le suggèrent : alors que les dépenses des ménages américains sont passées de 90% à près de 100% de leur revenu disponible entre 1980 et 2006, dans le même temps le taux d’endettement de ces mêmes ménages, en proportion du PIB, a crû de 50% à près de 100% !
D’après « La crise économique née du mariage entre consommation effrénée et crédit débrid »é, Le Nouvel Observateur, 17 novembre 2008
3. Quels sont les effets des variations de prix et de revenus  sur la consommation ?
Comment a évolué la consommation des ménages depuis deux siècles ?
Doc Découvrir question b et doc 4 p 216 question 7 + définir la loi d’Engel.
Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et de services qu’un individu peut se procurer avec son revenu disponible. Pour le mesurer, il faut tenir compte du revenu disponible mais aussi de l’évolution des prix à la consommation. A revenu constant, une hausse du niveau général des prix (inflation) fait baisser le pouvoir d’achat.
La hausse du pouvoir d’achat a permis aux ménages : - alimentation de meilleure qualité et plus variée
- hausse du budget logement et vêtements
- équipement en biens durables (électroménager, voiture ...)
- hausse de la consommation de services (santé, éducation, loisirs ...)
Loi d’Engel : plus le revenu d’un ménage est élevé et plus la part de l’alimentation dans son budget est faible.
Coefficient budgétaire : Poste de dépenses donné / budget total des ménages
Doc 6 p 217. Question + Loi d’Engel est-elle vérifiée ?
Rq : Hausse du pouvoir d’achat grâce aux gains de productivité qui ont permis de baisser les prix et d’augmenter les salaires.
Comment la consommation réagit-elle aux variations du revenu ?
Les petites voitures, nouvelles stars du marché automobile en France
Ce n'était pas un poisson d'avril. Les ventes automobiles ont progressé de 8,1% en France en mars par rapport à mars 2008, portées par la reprise des marques des constructeurs français. 65% des ventes appartenaient à la catégorie de carrosserie « berline ». Mais le rebond est justifié surtout par l'engouement pour les petits modèles. « 30 à 40% des immatriculations sont liées à la prime à la casse », selon le président du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).
Cette mesure incite à l'achat d'un véhicule neuf émettant moins de 160g/km de CO2 en proposant 1 000 euros en échange de la mise au rebut d'une voiture ou d'un utilitaire léger de plus de dix ans. En type de carrosseries, les cabriolets, monospaces et coupés présentent généralement des émissions supérieures à 160g/km. Tout comme les modèles de la gamme moyenne supérieure (Laguna, 407...), supérieure luxe et les 4X4, en termes de segment.

Selon les données du CCFA, au premier trimestre 2009, 57% des véhicules vendus appartenaient à la gamme économique et inférieure, contre 50,4% au premier trimestre 2008 et 45% pour l'année 2007. Dans les dix premières ventes du premier trimestre, la moitié des modèles appartient à la gamme inférieure ou économique. (...)
En temps de crise économique et écologique, la baisse du pouvoir d'achat incite les consommateurs à se détourner des voitures coûteuses. Les ventes dans cette catégorie ont chuté à 10% sur le début de l'année 2009, contre 11% au premier trimestre 2008 et 13% sur l'année 2007.
Barbara Leblanc, L’Usine Nouvelle, 2 avril 2009
1. Pourquoi les Français se tournent-ils davantage vers les petites voitures ?

Consommation moyenne par personne de quelques produits alimentaires en France. Source : Insee, comptes nationaux-base 2000.
19802007Taux de variation en %Elasticité-revenuPain (en kg)70,653,5- 24,2- 0,7Pommes de terre (en kg)89,071,1- 20,1- 0,5Volailles (en kg)19,319,7+ 2,10,1Fromage (en kg)15,318,3+ 19,60,5Yaourts (en kg)8,722,2+ 155,24,3Sucre (en kg)15,06,5- 56,7- 1,6Vins courants (en litres)77,123,5- 69,5- 1,9Vins A.O.C. (en litres)14,923,7+ 59,11,6Eaux minérales et de source (en litres)54,7161,1+ 194,55,4Niveau de vie individuel moyen (en euros 2006/an)12 91017 600+ 36,3
1. Complétez la troisième colonne. Faites une phrase avec le premier résultat obtenu.
2. L’élasticité-revenu est un outil permettant de mesurer le degré de sensibilité de la demande d’un bien par rapport aux variations du revenu :
Elasticité-revenu = Taux de variation de la demande / Taux de variation du revenu
A l’aide de cette formule, complétez la dernière colonne.

3. Lecture de l’élasticité-revenu : complétez les phrases suivantes :
- l’élasticité-revenu de la consommation de pain est de – 0,7. Cela signifie que quand le revenu augmente de 1%, la consommation de pain diminue de 0,7%.
- quand le revenu augmente de 1%, la consommation de fromage augmente de 0,5%.
- quand le revenu augmente de 1%, la consommation de yaourts augmente de 4,3%.

Synthèse sur l’élasticité :
On peut distinguer 3 catégories de biens selon le sens et l’intensité de l’effet du revenu sur leur consommation :
Les biens dont l'élasticité-revenu est négative sont appelés des biens inférieurs : ce sont des biens dont la consommation décline quand le revenu s'accroît. Il s'agit de produits de qualité médiocre ou considérés par les consommateurs comme inférieurs à d'autres produits correspondant au même besoin. Ex tableau : pain, pommes de terre, vins courants.
Les biens dont l'élasticité-revenu est comprise entre 0 et 1 sont des biens normaux ou nécessaires : leur consommation augmente mais moins fortement que le revenu. Exemples : alimentation (volaille, fromage), habillement, équipements ménagers
Les biens dont l'élasticité-revenu est supérieure à 1 sont des biens supérieurs. Ici, quand le revenu disponible augmente, la dépense augmente plus que proportionnellement au revenu. Exemples : (yaourts, vins AOC, eau minérale), produits de luxe, services de santé, d'éducation, de transport, de communication, de loisirs

Comment la consommation réagit-elle aux variations de prix ?
Exemple introductif : la hausse des prix du tabac permet-elle de lutter efficacement contre le tabagisme ?

De nombreuses mesures ont été prises en France afin de limiter les effets de la consommation de tabac sur la santé, en protégeant notamment les non-fumeurs contre les risques du tabagisme passif : les lois « Veil » en 1976 puis « Évin » en 1991, et plus récemment la loi de 2003 interdisant la vente de tabac aux mineurs. Dès 1991, une politique de hausse des prix a aussi été mise en place. Ainsi, le prix du tabac a progressé de façon identique à celui des boissons alcoolisées jusqu’en 1992. Il a été ensuite relevé à un rythme nettement plus soutenu.
Consommation et prix relatif du tabac (Source : INSEE)




Prix relatif = prix du tabac par rapport aux autres biens
Un indice est un outil statistique qui permet de mesurer facilement l’évolution d’une variable (ici, le prix du tabac). Le prix du tabac en 1970 est pris comme référence ; on lui donne arbitrairement la valeur 100. On convertit ensuite le prix des autres années en indices par une règle de trois. En 2000, l’indice est de 150, ce qui signifie qu’entre 1970 et 2000, le prix relatif du tabac a augmenté de 50% ou a été multiplié par 1,5

Comment a évolué le prix du tabac depuis 1960 ? (Utilisez des chiffres et distinguez des périodes) ?
L’évolution des prix a-t-elle eu un effet sur l’évolution de la consommation de cigarettes ? (Justifiez avec des chiffres) ?
Comment les fumeurs peuvent-ils contourner l’augmentation du prix du paquet de cigarettes ?

Synthèse : Les prix sont un des déterminants de nos choix de consommation. L’élasticité-prix est un outil qui permet de mesurer la sensibilité de la demande d’un bien ou d’un service aux variations de prix.
Elasticité-prix = Taux de variation de la demande / Taux de variation du prix
Par exemple, si la consommation de tabac baisse de 20% quand son prix augmente de 40%, alors l’élasticité-prix du tabac est de – 0,5 (- 20% / 40% = - 0,5)

1) En général, l’élasticité-prix est négative : la demande et le prix varient en sens contraire. Quand la demande d’un bien ou d’un service augmente, sa consommation diminue, et inversement, quand le prix diminue la consommation augmente.
Cependant, cette relation n’est pas toujours vraie. Il peut arriver que quand le prix d’un produit augmente, sa consommation augmente aussi, l’élasticité-prix étant alors positive. Cette situation correspond à deux types de biens (source : Wikipedia) :
Un bien de Giffen (d'après  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Giffen" \o "Robert Giffen" Robert Giffen) est un type de bien de première nécessité (exemple : le pain) ; lorsque son prix augmente, cela réduit assez fortement le  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_d%27achat" \o "Pouvoir d'achat" pouvoir d'achat des consommateurs pour les forcer, pour équilibrer leur budget, à renoncer à d'autres biens de substitution plus coûteux (ex : la viande) et à reporter leur demande sur le premier produit.
Un bien de Veblen (d'après  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Thorstein_Veblen" \o "Thorstein Veblen" Thorstein Veblen) est un type de bien de luxe (ex : parfum, œuvre d’art) ; lorsqu'il n'est « pas assez cher » (c’est-à-dire que son prix ne reflète pas son  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Positionnement" \o "Positionnement" positionnement haut de gamme) sa demande est faible (soit car la  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Qualit%C3%A9_per%C3%A7ue&action=edit&redlink=1" \o "Qualité perçue (page inexistante)" qualité perçue est inférieure, soit parce qu'il n'est plus un  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbole" \o "Symbole" symbole de statut social élevé). Lorsque son prix augmente, sa demande augmente aussi et on parle alors d'effet Veblen ou d'effet de démonstration.
2) L’élasticité-prix peut être plus ou moins forte : la demande n’est pas forcément très sensible aux variations de prix.
Une élasticité-prix proche de zéro signifie que la demande réagit très peu aux variations de prix. On dit qu’elle est inélastique. C’est le cas des biens jugés indispensables (carburant, vaccins, électricité, alimentation) et / ou pour lesquels il n’existe pas de produits de remplacement (qu’on appelle biens substituables).
Inversement, une élasticité-prix très inférieure à – 1 signifie que la moindre augmentation de prix entraîne une baisse de la demande, et inversement. Il s’agit des biens et services considérés comme moins essentiels (sortie au cinéma, voyage, vêtement de marque).
Bien entendu, le caractère superflu ou essentiel d’un bien ou d’un service dépend en partie des préférences et de la position sociale de chaque individu. La réaction du consommateur face à l’évolution du prix d’un bien/service dépend ainsi de multiples facteurs (évolution des autres prix, revenu, goûts, profession …)

A quoi sert l’élasticité-prix ?
Cet outil va permettre à une entreprise de savoir quel prix fixer pour avoir le maximum de recettes (par exemple elle peut savoir si elle a intérêt à augmenter son prix de vente ou bien si cette hausse du prix va faire diminuer les ventes au point que la recette globale (le chiffre d’affaires) sera plus faible).

Ex : Les compagnies aériennes ont intérêt à pratiquer des politiques tarifaires différentes selon le type de vol et de client.
Une étude menée en 2002 par le ministère des finances canadien (« Air Travel Demand Elasticities ») nous donne les informations suivantes :
Elasticité-prix médianeVoyage d’affaires long courrier à l’étranger- 0,26Voyage d’agrément long courrier à l’étranger- 1,04Voyage d’affaires court courrier- 0,7Voyage d’agrément court courrier- 1,52
1. Faites une phrase donnant la signification du chiffre de la première ligne :
- Pour un voyage d’affaires long courrier, si le prix du billet d’avion augmente de 10%, la demande diminuera de 2,6%.
- En revanche, pour un voyage d’agrément court-courrier, si le prix du billet augmente de 10%, la demande baissera de 15,2%.
2. Comment expliquer ces différences d’élasticité ?

« Les vols long-courriers où les possibilités de substitution sont limitées ont une demande plutôt inélastique. Les vols court-courriers où il y a des possibilités de substitution (ex: voiture, bus, train) ont une demande plutôt élastique. Clairement, les voyages d’affaires, souvent payés par l’entreprise et où le temps de transit est un facteur de choix important, ont une élasticité faible. Les voyages d’agrément où les possibilités de substitution sont présentes sont élastiques. La médiane des valeurs d’élasticité de la demande donnée par l’étude, tous rapports confondus, est de -1.12. »
Source : Quel avenir pour le transport aérien ?, A. de Bosset, J. Fenner, G. Matthey, O. Thommen, Projet SHS de 1ère année Master, encadré par Philippe Thalmann, branche « économie politique », accepté le 16.05.2007

L’élasticité-prix va permettre à un gouvernement de savoir quelle sera l’efficacité d’une mesure politique visant à modifier le prix d’un bien ou d’un service pour agir sur sa consommation. Cf l’exemple précédent du tabac. Des études ont également été faites pour savoir si taxer les aliments gras et sucrés permettrait de freiner leur consommation et de faire ainsi reculer l’obésité. On peut aussi citer la taxe carbone : est-ce que le fait de taxer les consommations polluantes inciterait les consommateurs à limiter leur usage (ex : prendre les transports en commun plutôt que la voiture) ?





1. Quelles sont les catégories qui devraient être le plus sensible à la hausse du prix du tabac ?
2. Quelles sont les catégories où le pourcentage de fumeurs a le plus baissé ?
3. Quelles conclusions en tirer ?

Pourquoi les plus défavorisés persistent-ils davantage à fumer ?
Les plus démunis, qui sont aussi souvent les moins diplômés, pourraient avoir plus de difficultés à comprendre les informations de prévention au sujet du tabagisme et à sous-estimer les risques.
Selon les économistes, un cadre serait plus incité à s’inquiéter des effets du tabagisme sur sa santé qu’un ouvrier parce qu’il vivra a priori plus longtemps et disposera d’une retraite plus confortable. Il a donc « plus à perdre » en cas de maladie liée au tabac qu’un ouvrier.
Les personnes démunies ont l’habitude de vivre au temps présent, avec une vision à court terme : le risque d’avoir un cancer dû au tabac ne pèse pas forcément très lourd pour les personnes qui ne savent pas de quoi demain sera fait.
Enfin, la cigarette est fréquemment utilisée pour gérer le stress et l’anxiété et ce type d’usage semble plus répandu dans les milieux défavorisés.
Conséquence :
En France comme dans beaucoup de pays développés, on assiste aujourd’hui à une différenciation sociale croissante du tabagisme. Les pauvres fument plus souvent et les fumeurs pauvres fument plus, alors même qu’ils peuvent moins se le permettre. Si la hausse du prix du tabac ne freine pas la consommation des plus pauvres, ils se retrouvent alors pénalisés par ce type d’action de prévention : en 2005, les fumeurs les plus pauvres consacrent 1/3 de leur budget à l’achat de cigarettes, les fumeurs les plus aisés seulement 2%. La lutte antitabac doit donc également passer par d’autres actions d’incitation à l’arrêt ciblant les fumeurs des milieux les plus défavorisés.
D’après RegardSanté n°20, La lettre de valorisation de l’Observatoire Régional de la Santé PACA, octobre 2009


Cet exemple nous permet de comprendre que la consommation des ménages ne dépend pas que de variables économiques mais aussi de facteurs sociaux. C’est ce que nous allons étudier dans le prochain thème.