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28 déc. 2009 ... TD. Trousse de déploiement. Une trousse de déploiement est un ... 4.3.1 Cycle
de vie du processus modélisé de conduite de l'audit .... Fournisseur de services :
Organisation ayant pour objectif d'obtenir la certification ISO/CEI 20000. .... Elle
permet de corriger les dysfonctionnements détectés et de les ...
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DOCPROPERTY "_Série" \* MERGEFORMAT Série 06
TOC \t "BIB,1,FA,1,TS,8,TP,1,T1,1,T2,2,T3,3" Qualité des soins dans le secteur sanitaire PAGEREF _Toc184189429 \h 254
I bibliographie PAGEREF _Toc184189430 \h 254
Introduction PAGEREF _Toc184189431 \h 255
I. La démarche qualité DANS LE SECTEUR SANITAIRE PAGEREF _Toc184189432 \h 256
A. Définitions PAGEREF _Toc184189433 \h 256
1. La démarche qualité : définition générale PAGEREF _Toc184189434 \h 256
2. Lhôpital et la qualité : le contexte PAGEREF _Toc184189435 \h 256
3. La qualité des soins PAGEREF _Toc184189436 \h 259
B. Les facteurs de réussite dune démarche de qualité PAGEREF _Toc184189437 \h 263
La démarche qualité à lépreuve de la réalité PAGEREF _Toc184189438 \h 263
II. LE cadre législatif de la démarche qualité PAGEREF _Toc184189439 \h 268
A. La procédure de certification PAGEREF _Toc184189440 \h 271
1. Définition officielle de la HAS PAGEREF _Toc184189441 \h 271
2. Fondements et principes selon le manuel daccréditation de la HAS PAGEREF _Toc184189442 \h 272
3. Comment se déroule la procédure de certification ? PAGEREF _Toc184189443 \h 274
4. V1et V2 et version 2010 : quelles évolutions ? PAGEREF _Toc184189444 \h 276
5. Un exemple de démarche qualité dans le cadre dune procédure de certification PAGEREF _Toc184189445 \h 277
B. Deux axes centraux dans la démarche de qualité PAGEREF _Toc184189446 \h 280
1. La gestion des risques PAGEREF _Toc184189447 \h 280
2. Lanalyse des pratiques professionnelles PAGEREF _Toc184189448 \h 285
C. Les perspectives PAGEREF _Toc184189449 \h 292
Conclusion PAGEREF _Toc184189450 \h 293
E corrigé des exercices dentraînement PAGEREF _Toc184189451 \h 297
Qualité des soins dans le secteur sanitaire
I bibliographie
Ouvrages
GRIMALDI André
Réinventer lhôpital public, éd. Textuel, 2005.
Lhôpital malade de la rentabilité, Réinventer lhôpital public, éd. Fayard.
MESNARDS Paul-Hubert des, Réussir lanalyse des besoins, éditions dOrganisation, 2007.
MICHEL Michel et THIRION Jean-François, Faire face à la violence dans les institutions de santé, éd. Lamarre, « Gestion des risques et de la qualité », 2004.
MONCET Marie-Claude, Lévaluation des pratiques professionnelles : une qualité des soins à construire ensemble, éditions Lamarre, 2011.
SFEZ Michel et TRIADOU Patrick, Qualité et gestion des risques en établissement de santé, éd. Lamarre, « Gestion des risques et de la qualité », 2005.
Revues
« Qualité et performances sont indéfectiblement liées », Revue hospitalière de France, février 2010.
« Qualité et performance hospitalière : atouts de la chirurgie ambulatoire », Revue hospitalière de France, septembre 2009.
« Du rapport Larcher à la loi HPST. La réforme de la gouvernance ? », Gestions hospitalières, janvier 2010.
« Les avancées de la certification et de laccréditation », Décision santé, n° 236, juin-juillet 2007, p. 18 à 19.
Lettre HAS, numéro spécial, décembre 2008-janvier 2009, « Ensemble, améliorons la qualité en santé », Projet 2009-2011.
« Évaluation des pratiques (EPP), sensibilisation de la direction et de la CME », Gestion hospitalière, mars 2007, p. 200 à 208.
« Où en est-on de la certification et lEPP en établissement de santé ? », Soins cadres, n° 60, novembre 2006, p. 10 à 17.
« Qualité et performance hospitalière, Les enjeux. Qualité partagée et accréditation des formations », Revue hospitalière de France, n° 517, juillet-août 2007, p. 29 à 32.
« Quand lhôpital fait violence », Emmanuelle Debelleix, Linfirmière magazine, n° 249, mai 2009.
Documents non publiés
HAS, Le guide « Préparer et conduire votre démarche de certification 2010 », février 2010.
HAS, Manuel de certification des établissements de santé V2010, juin 2009.
Mémoire ENSP, Marie-Christine DORE, La démarche de qualité : un enjeu pour les instituts de formation en soins infirmiers, 2005.
Ministère de la Santé et de la Solidarité, Usagers, vos droits. Charte de la personne hospitalisée.
Législation
Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.
Introduction
La qualité est un thème à lordre du jour : qualité des produits et des services, qualité de lair ou de leau, qualité de lenvironnement, qualité de la vie
Les médias en parlent, la publicité la met en vedette, les entreprises lui consacrent des budgets colossaux, des soins attentifs
Les services publics et les administrations en sont venus, eux aussi, à viser la « qualité totale ». Les années 1980 développent, au plan mondial, un mouvement lancé depuis plusieurs décennies, qui tend à insuffler dans toutes les activités de production ou de service, des comportements et des méthodes propres à obtenir et garantir la qualité de manière régulière.
Cette évolution a de nombreux effets bénéfiques. Elle suscite cependant des questions et des réactions.
La qualité promise nest pas toujours au rendez-vous. Parfois le contraste, voire la contradiction, entre le discours, les moyens et le service réel irrite ou prête à sourire.
Le sens et lintérêt de certaines démarches axées sur la qualité ne sont pas toujours bien compris.
De fait il faut, sous lécume des discours, des slogans et des « phénomènes de mode », percevoir les nécessités concrètes et découvrir les balises des progrès réels et /ou à réaliser.
Un peu dhistoire
Née récemment dans lindustrie, la démarche de qualité est devenue un mode de management inévitable et performant.
Le concept qualité est apparu avec le développement de la production industrielle de masse, au cours des années 1920. Ce travail de type taylorien est fondé sur une parcellisation des tâches de production en opérations simplifiées à lextrême. Lobjectif est la productivité mais sous contrôle. En effet, un service indépendant intervient au terme des étapes jugées déterminantes pour vérifier la conformité du produit fabriqué : est-ce le début des normes de qualité ? Rappelons seulement que, dans ce contexte de productivisme quantitatif, jusquau milieu des années 1960, les mises au rebut pour imperfection étaient nombreuses.
Lutilisation des cartes de contrôle va permettre lamélioration du produit et lintégration de la qualité le plus en amont possible de la production. Au-delà du seul contrôle, on crée une norme de fabrication à respecter. En 1926, lAssociation française de normalisation (Afnor) fut créée, ainsi que la Fédération internationale des associations de normalisation (ISA), ancêtre de lISO. Notons que, pour des raisons purement militaires, lindustrie darmement américaine avait contribué au développement dune forme de qualité par lutilisation dabaques statistiques appelés « Military Standards » encore utilisés de nos jours.
Au lendemain de la guerre, Deming démontra que lobtention de la qualité est dépendante de limplication de tous les acteurs de lentreprise : les clients, les fournisseurs, les actionnaires et les salariés. Il avance que lopérateur (ouvrier) de la chaîne nintervient que pour 6 % dans la qualité finale alors que le système organisationnel y contribue à hauteur de 94 %.
Il faut donc passer par une réforme globale de système, incluant processus et management. Deming est envoyé au Japon, pays dévasté par la guerre, pour proposer ses théories que les industriels adoptent aussitôt. Dix ans plus tard, les produits japonais commencent à déferler sur lAmérique : ils sont moins chers que les produits américains ; sont-ils de meilleure qualité ?
Il faudra attendre 1980 pour que ces théories traversent locéan. Les premières normes officielles dassurance qualité datent de 1959 et viennent de larmée américaine (MIL-Q-9858). En 1962, Karou Ishikawa (1915-1989) édite un manuel sur la maîtrise de la qualité. Il travaille sur les méthodes de résolutions de problèmes et, plus particulièrement, sur loutil qualité quest le diagramme cause-effet appelé diagramme dIshikawa.
En 1979, lISO lance une étude de normes internationales dassurance de la qualité, connue sous le nom de normes ISO 9000 (version 1987, 1994 et revue en 2000).
La qualité est passée, au cours du xxe siècle, dun simple contrôle a posteriori au management de lentreprise par la qualité : la démarche qualité.
La démarche qualité est donc un concept issu de lindustrie, dont lobjectif premier est la réduction des coûts, lamélioration de lefficience, donc des gains de productivité, dans le cadre dun marché mondialisé. La qualité est aujourdhui lun des facteurs concurrentiels dans la production de biens de consommation.
La notion a pénétré progressivement, dans les années 80, et surtout 90, le domaine des services, puis le domaine sanitaire et social, sous linfluence conjuguée dune volonté de maîtrise financière accrue de la part des pouvoirs publics, de laffirmation du modèle entrepreneurial, des injonctions européennes (libéralisation des services
) et également de la pression des usagers, dans un contexte de montée en puissance du modèle libéral.
Lordonnance n° 96-346 du 24 avril 1996 portant réforme hospitalière, précisée par le décret n° 97-311 du 7 avril 1997, officialise la démarche de qualité dans le système de santé français.
I. La démarche qualité DANS LE SECTEUR SANITAIRE
A. Définitions
1. La démarche qualité : définition générale
En règle générale, on appelle politique-qualité les orientations et objectifs généraux de qualité exprimés par la direction et et formalisés dans un document écrit. La « politique-qualité » définit ainsi les orientations et les enjeux poursuivis en termes de satisfaction des patients.
Le terme « démarche-qualité », quant à lui, désigne lapproche et lorganisation opérationnelles permettant datteindre les objectifs fixés par la politique-qualité.
Les démarches de qualité ont comme but lamélioration continue des résultats par une utilisation plus efficace des moyens humains et matériels et une amélioration des processus. Elles permettent de faire progresser les équipes autour dobjectifs communs et de créer « lesprit qualité ». Elles motivent et responsabilisent tous les acteurs.
La qualité est un outil de management des ressources humaines :
la mise à plat des activités, lidentification des compétences et la répartition transversale des responsabilités reconnaissent à chacun sa valeur et sa place dans le processus (= niveau collectif) ;
ces éléments sont utilisés pour mettre en place des objectifs personnels opérationnels au cours de lentretien professionnel (= niveau individuel).
K Exercice 1 : intégrer la démarche qualité dans son contexte général
Insérer article : HYPERLINK "http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-415.pdf" http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-415.pdf « Démarche qualité des associations en promotion de la santé », pages 44 et 45
SHAPE \* MERGEFORMAT
SHAPE \* MERGEFORMAT
Publication INPES, La Santé de Lhomme, N°415, septembre/octobre 2011 Texte pages 44 et 45
Questions
Quels sont les éléments constitutifs de toute démarche qualité présents dans lexpérience présentée dans cet article ?
Les outils sont importants dans la mise en uvre dune démarche qualité. Quels sont les enjeux dun guide tel que celui proposé dans cet article ?
2. Lhôpital et la qualité : le contexte
Lélaboration dune définition opérationnelle de la qualité à lhôpital est rendue difficile par la nature hétérogène de la prise en charge. Elle mobilise, certes, des activités non soignantes (administratives, logistiques et sociales) auxquelles, pour certaines, peuvent sappliquer les préceptes de la qualité « industrielle ». En revanche, les activités soignantes, qui sont la mission et le cur même de lhôpital, réclament, compte tenu de leur singularité, une approche spécifique de la qualité.
Dans le domaine sanitaire, la notion de qualité des soins offerts à la population a une acuité particulière, et ce pour plusieurs raisons :
de la qualité et de la sécurité des soins dépendent la santé et la vie même des patients. Cest dire si le soin nest pas un banal « bien de consommation » de la sphère marchande ;
les connaissances médicales de la population ont augmenté grâce à lélévation du niveau général, à linformation sur la santé diffusée par les pouvoirs publics (campagnes de prévention
), les médias et Internet ;
un nouveau rapport à la santé se fait jour, se manifestant par une exigence des meilleurs soins et une aspiration fondamentale à léquité. Marc Blondel (ancien dirigeant de FO) lavait résumé à sa façon : « Jaccepte de gagner moins que le baron Seillière, mais pas dêtre moins bien soigné que lui. » ;
de ce fait, les usagers sortent (encore timidement) dune position passive pour exprimer des demandes mais aussi leur désaccord, leur mécontentement ou leur volonté dobtenir réparation en cas de préjudice. Les médias se font volontiers lécho des préoccupations individuelles et collectives, et dénoncent à leur manière les lacunes, les dysfonctionnements, voire les erreurs ou les fautes imputables aux structures et professionnels ;
les moyens dévolus à ce secteur et les coûts supportés par la collectivité progressent inéluctablement, ce qui donne lieu depuis deux décennies à des débats publics et à des arbitrages politiques dont lambition se limite souvent à une maîtrise comptable des dépenses dites de santé.
Afin de mieux situer la problématique mais aussi les enjeux de la démarche qualité dans le secteur sanitaire, il apparaît indispensable de procéder à un examen détaillé du contexte hospitalier :
Le 1er constat est celui dune médecine de plus en plus performante et audacieuse, efficace dans la « réparation » du corps ou la « modification » de celui-ci, au détriment quelquefois du « faire des soins », du « prendre soin » de la personne malade. Il ne sagit pas dopposer la technicité à une démarche fondamentalement soignante, mais bien de chercher à relier lune à lautre pour un plus grand respect de la personne et pour une plus grande efficacité. Des soins de qualité exigent, selon les textes réglementaires, « une prise en charge globale de la personne ».
Le 2e constat est relatif à lorganisation des structures de soins. Celles-ci sont largement dominées par les tâches à effectuer, les actes techniques. La diminution de la durée moyenne des séjours (DMS), pour partie imposée par le mode de financement (T2A), laugmentation de la rotation des malades et, donc, lintensification de la charge de travail des soignants accentuent cette évolution de la profession infirmière. En abordant la pratique soignante uniquement en termes de tâche à effectuer, dactes techniques, on la dévalorise car on ne retient que la seule partie visible plus ou moins compliquée, mais aisément maîtrisable par un apprentissage approprié. Or, le « prendre soin » dune personne dans la situation particulière de vie qui est la sienne, cest-à-dire dans la singularité de son existence, ne se limite pas à une mesure de tâches à effectuer : la spécificité infirmière se définit dans larticulation entre la dimension technique et la dimension relationnelle du soin.
Ceci débouche sur un 3e constat, paradoxal, dune population qui, tout en faisant largement confiance à la médecine scientifique, déplore de plus en plus un manque dattention particulière, découte et dhumanité reflétant une forme de déshumanisation de la personne qui tend à disparaître derrière la maladie à traiter, le « cas ».
Le 4e constat est celui de lappauvrissement des représentations de la santé. Essentiellement assimilée à la non-maladie, la santé peut sembler inaccessible à ceux dont le corps est atteint durablement par la maladie ou une infirmité. Cette représentation réductrice peut priver la population dune démarche plus ambitieuse, quoique complexe, mais plus propice au déploiement de moyens pour la prise en charge de la santé de chacun.
Le 5e constat concerne les mesures de prévention et déducation à la santé. La place centrale accordée à la maladie explique (pour certains) la faiblesse des moyens préventifs mis en uvre.
Le 6e constat concerne la faiblesse et parfois labsence de lien entre tous les éléments du système. La séparation entre le sanitaire et le social, lapproche morcelée de la santé de la population, conduit à un gaspillage de ressources et dénergie et à une moindre efficacité des politiques de santé publique.
Ces constats mettent en lumière la complexité de la mise en uvre et de lévaluation dun soin de qualité.
Nous voyons bien là toutes les difficultés à formuler une définition concise, et largement applicable de la qualité des soins. Elle mobilise depuis plusieurs dizaines dannées nombre dexperts. Cette complexité traduit bien la confusion qui règne encore aujourdhui autour de ce concept pourtant au centre de tous les débats et de toutes les réformes.
Lisez lextrait ci-après de larticle « Quand lhôpital fait violence » de LInfirmière magazine (mai 2009).
LInfirmière magazine, mai 2009
pistes de réflexion
Amélioration de la qualité des soins, prise en charge globale de la personne et manque de soignants : est-ce conciliable ?
3. La qualité des soins
Les définitions de la qualité des soins sont nombreuses car ce concept dépend de lentité évaluée, de la qualité du professionnel et la qualité globale du système de santé.
4 domaines dévaluation de la qualité des soins peuvent être retenus :
les soins fournis par les médecins et les autres producteurs de soins et leurs niveaux de compétences dans leurs pratiques professionnelles ; le résultat des soins ;
le niveau technologique des installations et équipements ;
la place accordée à la personne soignée ;
laccessibilité des soins au sein de la communauté.
Ainsi, lévaluation de la qualité des soins peut être conduite selon une triple approche reprise dailleurs dans les référentiels qualité :
les structures,
les procédures,
les résultats.
Propositions de définitions :
« Les soins de haute qualité sont les soins visant à maximiser le bien-être des patients après avoir pris en compte le rapport bénéfices/risques à chaque étape du processus de soins. » (Avedis Donabedian, 1980)
« Lévaluation de la qualité des soins est une démarche qui doit permettre de garantir à chaque patient lassortiment dactes diagnostiques et thérapeutiques lui assurant le meilleur résultat en termes de santé, conformément à létat actuel de la science médicale, au meilleur coût pour le même résultat, au moindre risque iatrogénique, pour sa plus grande satisfaction en termes de procédure, résultats, contacts humains à lintérieur du système de soins. » (Organisation mondiale de la santé, 1982)
« Les soins de haute qualité contribuent fortement à augmenter ou maintenir la qualité de vie et/ou la durée de vie. » (American Medical/Association,1984)
« Capacité des services de santé destinés aux individus et aux populations daugmenter la probabilité datteindre les résultats de santé souhaités, en conformité avec les connaissances professionnelles du moment. » (Institute of Medicine, 1990)
La qualité est parfois présentée comme lexcellence ou encore ce quil y a de mieux. Elle comporte une connotation de perfection qui sénonce dans lexpression « le service rendu était parfait ». Mais de quel point de vue sagit-il ? Celui des professionnels, des malades, des proches, de ladministration, des organismes payeurs ?...
Laure Giacometti, directrice des soins, nous rappelle quexcellence et perfection sont des notions qui peuvent savérer redoutables dès quelles deviennent normatives et didactiques. Elles sont dangereuses car elles figent. Noublions pas que la qualité est une notion difficile à définir et qui varie dans le temps, dans lespace.
Ainsi se pose la question de ladéquation réelle des moyens mis en uvre ainsi que celle de leur coût, mais elle interroge également lorientation privilégiée des professionnel : ceux qui font les soins sont-ils des « soignants » ?
Osons cet essai de définition :
Une pratique soignante de qualité est celle qui prend du sens dans la situation de vie de la personne soignée et qui a pour perspective le déploiement de la santé de la personne et de son entourage. Elle relève dune attention particulière aux personnes et est animée par le souci du respect de celle-ci. Elle procède de la mise en uvre cohérente et complémentaire des ressources diverses dont dispose une équipe de professionnels et témoigne des compétences de ceux-ci. Elle sinscrit dans un contexte politique, économique et organisationnel aux orientations, moyens et limites pertinents et clairement identifiés.
C Exemple
Prenons le cas dune victime dun accident de la voie publique. Quels seront les déterminants de la qualité de la pratique soignante ?
Accident de la circulation avec lésions corporelles
! ðappel des secours
ð! ðarrivée des secours
ð! ðpremiers soins sur place
ð! ðtransport à l hôpital
ð! ðaccueil au service d urgences, appel de la famille
ð! ðinvestigation et diagnostic
ð! ðdécision d intervention chirurgicale
ð! ðanesthésie
ð! ðintervention
ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð ð! ðréveil et suivi post-opératoire
! ðinformations et explications données au malade et à la famille
! ðtransfert en unité de soins
ð! ðaccueil dans l unité de soins et installation en chambre
! ðdécours du séjour avec l ensemble des interventions de soins
! ðretour à domicile
! ðsoins à domicile ou ambulatoires
! ðreprise de l activité professionnelle
! ðsuivi régulier si utile
! ðfin de l intervention des professionnels
Cette illustration montre bien la nécessité, pour les professionnels, de cheminer avec la personne tout au long de sa prise en charge. La qualité de cette prise en charge dépend du travail darticulation des interventions des multiples acteurs du début à la fin des soins.
Nous pouvons rapidement dire que la qualité est sous-tendue par un ensemble de déterminants : organisation concrète des structures, aspects économiques et politiques, formation des personnels, comportement, méthode daccueil
qui auront tous, à des degrés divers, de limportance.
De fait, définir la qualité demande un inventaire complet de la situation.
Des objectifs primordiaux damélioration de la qualité sont :
lhygiène : (cf. paragraphe C : exemple dun Clin),
lamélioration de laccueil et de linformation du patient,
la lutte contre la douleur,
la lutte contre la dénutrition, lamélioration de la qualité de lalimentation.
pour aller plus loin
( La prise en charge de la douleur : les Clud (Comités de lutte contre la douleur)
Cest avec la Charte du patient hospitalisé, en 1995, quapparaît la notion de prise en charge globale du patient et du soulagement de la douleur. Ainsi, la lutte contre la douleur devient un enjeu de santé publique, critère de qualité et dévolution dun système de santé. Elle répond, avant tout, à un objectif humaniste et éthique. Reconnu comme un droit fondamental pour toute personne, le soulagement de la douleur sinscrit parmi les buts à atteindre dans la prise en charge des patients.
Dans le recueil des actes IDE, lévaluation et le soulagement de la douleur sont inscrits dans la définition des objectifs généraux des soins infirmiers. Lévaluation fait partie du rôle propre et des éléments qui doivent être recherchés lors de toute surveillance dun malade. Linfirmier est tenu de simpliquer dans cette prise en charge. Lensemble des textes ont été modifiés au fil du temps ; ils permettent de mieux prendre en charge la douleur et la souffrance des patients.
Depuis 1998, 3 plans de lutte contre la douleur (avec chacun dentre eux, un volet destiné à la formation des professionnels de santé) ont été formalisés.
Les Clud, organes de réflexion et de débat, se sont mis en place dans les établissements de santé. Les infirmiers ont une position importante au sein de ces comités, leur représentativité est de 30 % au minimum et de 50 % au maximum.
Le plan 2006-2010 a insisté sur la formation pratique initiale et continue des professionnels de santé. Dans lavenir, cette prise en charge de la douleur devrait être évaluée dans le volet des « pratiques professionnelles ». Notons 4 axes prioritaires :
améliorer la prise en charge des personnes les plus vulnérables,
renforcer la formation des personnels avec la création de référents,
améliorer lutilisation des traitements médicamenteux et des méthodes non pharmacologiques,
restructurer la filière de soins, en particulier la prise en charge des douleurs chroniques rebelles.
Au quotidien, la prise en charge de la douleur est dabord réalisée par lévaluation. Elle est concrétisée par une observation rigoureuse et répétée. La relation entre les soignants et le patient qui souffre est parfois complexe car la douleur est subjective, cest-à-dire relative au sujet. Dans cet échange, cest le patient qui est le seul habilité à décrire ce quil ressent.
Quand cette observation est objective et précise, la réponse théorique est rapide et efficace.
Selon le niveau de compréhension du patient, le soignant utilise une échelle adaptée : échelle visuelle analogique, échelle dhétéro-évaluation : échelle Doloplus, échelle comportementale dévaluation pour la personne âgée, lAlgoplus
Lutilisation des échelles permet la traçabilité des relevés et lappréciation de lefficacité des thérapeutiques mises en place.
La prise en charge de la douleur ne sarrête pas à lévaluation et aux traitements médicamenteux. La détresse, langoisse, le sentiment profond dinjustice, engendrés par la douleur, demandent à être pris en compte. Une écoute réelle, une compréhension de la souffrance, des entretiens sont indispensables.
Ainsi le Clud prend tout son sens : véritable observatoire de la prise en charge du patient au sein de létablissement, il peut accompagner les équipes soignantes dans celle-ci.
Depuis 2008, la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs deviennent une spécialité à part entière, avec la création du Diplôme détudes spécialisées complémentaires : DECS. Le nombre restreint de personnel possédant ce diplôme réduit leur action, mais ouvre des opportunités pour une amélioration de la prise en charge des patients.
Le cadre a un rôle important dans la mise en uvre de cette politique de lutte contre la douleur. Son action cible 3 dimensions :
Au niveau institutionnel, il est le lien hiérarchique, porte-parole local de la politique du service de soins de létablissement. Il planifie et organise les actions de prise en charge de la douleur.
En partenariat avec les médecins, il instaure la mise en place des protocoles en favorisant lintégration de lIDE.
Auprès des équipes de soins, il organise des temps de réflexions pour fixer une ligne de conduite commune : explication des protocoles, présentation de cas Cliniques et de problèmes de prise en charge. Il se fait aider par les instances : référent, équipe mobile, Clud
Il agit sur la formation du personnel dans la formalisation du plan de formation.
Lanalyse systématique des questionnaires de sortie donne une orientation sur la perception des soignés sur leur prise en charge de la douleur. Le cadre organise une évaluation spécifique des actions entreprises en proposant une fois par an un questionnaire simplifié aux patients. Ce croisement des résultats donne une mesure plus précise de cet aspect du soin.
Lensemble de ces dispositions, quelles soient réglementaires, techniques ou relationnelles, permet désormais de changer les attitudes vis-à-vis de la douleur et de la souffrance. Lintroduction dune « culture antidouleur » au sein des pratiques a débuté. Elle doit concourir aux changements de comportements de lensemble des professionnels de santé mais aussi des malades et de leurs proches.
( Lamélioration de la qualité de lalimentation, la lutte contre la dénutrition : les Clan
En 1997, un rapport sur lalimentation en milieu hospitalier soulignait :
une médicalisation insuffisante des problèmes nutritionnels notamment face à la dénutrition fréquente des patients hospitalisés,
des failles dans la qualité de lalimentation hospitalière,
une insuffisance dans la formation initiale et continue des personnels hospitaliers,
une insuffisance dans le nombre de diététiciens.
Ce rapport préconisait notamment la création de Comités de liaison en alimentation et nutrition (Clan) et une augmentation des effectifs de diététiciens.
À lissue de ces recommandations, un bilan est réalisé en 2002 : on constate peu daméliorations.
Dans ce contexte et au niveau local, la mise en place dun Clan dans chaque établissement de santé est recommandée. (Référence : Circulaire DHOS du 29 mars 2002 relative à lalimentation et à la nutrition dans les établissements de santé.)
À défaut, dans les plus petites structures, la fonction alimentaire et nutrition doit faire lobjet dune organisation adaptée et spécifique.
À léchelon national, larrêté du 29 mars 2002 crée le Comité national de lalimentation et de la nutrition des établissements de santé (CNANES). Cette structure-ressource est destinée à mettre en place une base nationale de données épidémiologiques, de pratiques professionnelles (référentiels et protocoles), et de contenu pédagogique des formations.
Le Clan, en lien avec la CME, est une structure consultative participant par ses avis ou propositions à une triple mission :
de conseil pour :
( lamélioration de la prise en charge nutritionnelle des malades,
( lamélioration de la qualité de lensemble de la prestation alimentation-nutrition ;
dimpulsion dactions adaptées à létablissement, destinées à résoudre des problèmes concernant lalimentation ou la nutrition ;
de formation des personnels impliqués.
Lalimentation et la restauration dans les établissements de santé doivent répondre aux critères de sécurité maximum, conformes aux connaissances scientifiques actuelles et à la réglementation, ainsi quà des critères de qualité identiques à ceux proposés par les professionnels de lhôtellerie et de la restauration. Lobjectif prioritaire est dassurer aux patients la qualité de la prestation, de la commande des repas jusquà la distribution, en sappuyant sur une charte de qualité et une grille dévaluation.
Quelle est la place des Clan dans lévolution de loffre de soins ?
Il savère nécessaire que la politique en matière dalimentation-nutrition figure dans les priorités des Schémas régionaux dorganisation sanitaire et sociale (SROSS) dans un objectif de santé publique, car lalimentation-nutrition dépasse largement le cadre de lhospitalisation.
La nutrition étant un facteur essentiel de prévention de lapparition ou de laggravation de certaines pathologies, une alimentation équilibrée et adaptée permet un vieillissement réussi et le maintien de la qualité de vie. (Noublions pas les facteurs démographiques de notre pays et laugmentation du nombre de personnes âgées dans les services MCO.)
Avec la circulaire de la DHOS, les soignants ont pris conscience de la nécessité que lalimentation soit reconnue comme un facteur de qualité de soins. Un état nutritionnel correct assure autant le maintien que le retour à un état de santé satisfaisant. Lefficacité des actions damélioration du statut nutritionnel des patients est conditionnée par une collaboration étroite entre les différents acteurs nutritionnels, larticulation entre lensemble des instances et surtout la sensibilisation de lensemble des acteurs de terrain.
Le cadre de proximité a un rôle prépondérant dans cette prise de conscience et dans la mise en place des actions dictées par le Clan.
K Exercice 2 : comprendre la démarche des C.LA.N.
Source : HYPERLINK "http://www.anap.fr/uploads/tx_sabasedocu/BPO_restauration_CLAN_v2.pdf" http://www.anap.fr/uploads/tx_sabasedocu/BPO_restauration_CLAN_v2.pdf
Question
Ci-dessus, une lettre du Centre Hospitalier de Béthune diffusée à lensemble du personnel de létablissement. Analyser la démarche de cette communication. Pourquoi est-il indispensable que cette communication soit convaincante ?
B. Les facteurs de réussite dune démarche de qualité
Se lancer dans une démarche de qualité est devenu incontournable pour toute entreprise et obligatoire pour toute structure hospitalière et ce, pour plusieurs raisons : les exigences des usagers, la nécessité daméliorer en continu lorganisation interne, lobligation de répondre à des exigences réglementaires et la pression des concurrents.
Toutefois, il y a des conditions clés pour réussir :
Limplication de la direction
Les dirigeants doivent être pleinement engagés et convaincus de lintérêt, pour leur structure, de la mise en route dune démarche de qualité. La direction doit définir la politique qualité, les objectifs, les plans dactions, délivrer les moyens nécessaires humains et techniques. Cest à elle de donner limpulsion à tous ses collaborateurs en informant du projet et en exprimant un investissement fort de sa part. Enfin, elle doit être persévérante afin que la démarche soit durable.
Lassociation étroite de lencadrement au projet
Lencadrement exerce une fonction essentielle dans la capacité quauront les soignants à « entrer » dans la démarche qualité. Le cadre est le relais indispensable entre la direction et lensemble des personnels sur le terrain. Il assure linformation descendante et ascendante nécessaire à la démarche. Il est élément dynamique et pivot central pour une démarche efficace. Il questionne le sens des pratiques pour concilier, autant que faire se peut, les exigences dune logique soignante riche, complexe et subtile et les impératifs dune logique gestionnaire.
Limplication du personnel
La mise en place de la qualité ne peut réussir sans une participation active du personnel. Ce sont les collaborateurs qui connaissent le terrain et savent apprécier le réalisme des solutions proposées et seule leur motivation permet de les appliquer. Cette implication passe par le travail en groupe, la formation, linformation sur lavancée des résultats de la démarche. Mais elle dépend aussi des moyens mis à la disposition des soignants, des conditions réelles de travail et de facteurs comme la reconnaissance et la considération, cest-à-dire de ce que les uns et les autres vivent ensemble quotidiennement.
Des améliorations progressives
La mise en place dune démarche de qualité est un projet de longue durée. Le risque est la démotivation progressive des collaborateurs si rien ne change et si aucune amélioration nest observée concrètement sur le terrain. Ainsi, chaque axe damélioration doit être apporté progressivement afin de satisfaire lensemble du personnel, tout en tenant compte des difficultés quentraîne tout changement.
La gestion du temps
Comme dans tout projet denvergure, le temps doit être canalisé. Il est donc indispensable de fixer un échéancier, de définir une organisation et un suivi pour amener le projet à terme.
La communication
Elle est au cur de la démarche de qualité. La direction et lencadrement doivent assurer une circulation de linformation, expliciter chaque nouvelle étape et les résultats obtenus. La qualité nest pas uniquement laffaire du responsable qualité ou du groupe de pilotage qualité mais laffaire de tous. Il faut créer un climat de confiance et de respect mutuel afin que chaque membre se sente concerné et investi du projet.
La démarche qualité à lépreuve de la réalité
« Depuis les années 2002-2003, les choses ont changé. On a arrêté de parler de malades, pour ne plus penser quen termes dactivité, dobjectifs, defficience, dindices de performance.
Avec le nouveau projet Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) et le regroupement des hôpitaux, il nest question que de maîtrise des coûts de production et de positionnement face à la concurrence, comme si la santé pouvait se négocier en parts de marché. Il nest plus jamais question des malades ni de la qualité des soins. »
Les propos de ce praticien hospitalier de lAP-HP expriment linquiétude et la désapprobation de nombreux professionnels de la santé face à une succession de réformes traduisant une vision essentiellement gestionnaire et productiviste de la santé. Lobjectif prioritaire des politiques publiques de ces dernières années est incontestablement le retour à léquilibre financier (80 % des hôpitaux sont en déficit, dont 29 des 31 CHU) : 20 000 emplois doivent être supprimés dans les 3 ans à venir, et ce dans un contexte de pénurie de personnels dans de nombreux services, dont les urgences.
Lenquête publiée par le journal Le Monde fait lécho des souffrances des soignants face à cette contradiction : assurer des soins de qualité dans un contexte de dégradation des conditions de travail.
Les possibilités de bien soigner à lhôpital nont fait que se dégrader
Interrogés sur leurs conditions de travail, infirmiers, médecins, personnels administratifs des hôpitaux et des Cliniques témoignent sur Le Monde.fr.
« (...) Le passage aux 35 heures a mis en danger lhôpital public » par Karine Descamp
« Ce qui a mis lhôpital public en danger, cest clairement le passage aux 35 heures. Ayant été embauchée quelques années auparavant, jai pu constater la différence. Cette mesure (que je soutiens malgré tout) aurait dû saccompagner de créations de postes. Cétait du moins ce qui était prévu or, en réalité, elle sest accompagnée dune volonté manifeste du gouvernement de diminuer le nombre de fonctionnaires. Résultat : plus de travail (les Français se tournant de plus en plus vers lhôpital en première intention), moins de temps et de personnel pour le faire. Le service de pédiatrie de mon établissement a augmenté son activité de 40 % par rapport à lan dernier, la direction (suivant les ordres du ministère) a donc décidé logiquement de supprimer encore des postes dans ce service. Car dans lhôpital public, on ne parle plus désormais de qualité de soins ou de prise en charge individualisée lors des réunions de pôle, mais de bénéfice et de comment y arriver. Nous navons pas attendu la tragédie du petit Illiès pour venir travailler la peur au ventre, car nous ne travaillons pas sur des machines, mais avec des êtres humains qui remettent parfois leur vie entre nos mains, sans se douter un seul instant de ce qui se passe en coulisse. Je ne travaille que depuis 12 ans, et je nen peux déjà plus. »
« Lhumain disparaît des soins » par Jean-Marie Feydel, infirmier en psychiatrie
« Infirmier en psychiatrie depuis plus de 10 ans, je constate une réduction de la qualité des soins de ce secteur public. De nombreux psychiatres se dirigent vers le privé très lucratif. Baisse des effectifs médicaux et paramédicaux, restriction au niveau des salaires, des formations, des perspectives pour une population en souffrance psychique et/ou sociale : ce secteur travaillant avec une partie de la population défavorisée. Je ne parle pas de la prise en charge des patients les plus difficiles ou avec une dangerosité, cest hélas pire. Beaucoup de collègues travaillent avec la peur. Bien sûr il y a eu des abus : hiérarchie pléthorique, projet mal abouti et mal conçu, mais lorsquil y a des économies à réaliser, cest uniquement sur le dos des soignants. Et les soins dans tout cela ? Si ce nest pas quantifiable, alors ce nest pas pris en compte. Au bout du compte, lhumain disparaît des soins. »
« Des conditions dégradées » par Frédéric Lombard, praticien hospitalier
« Depuis 1990, les conditions de travail, les possibilités de bien soigner à lhôpital nont fait que se dégrader. Les médecins quittent en masse lhôpital public à cause de cela (et pas pour des questions de salaire car la différence de rémunération pour les médecins, entre médecine privée et publique, existe depuis bien longtemps). Les médecins à diplômes étrangers envahissent lhôpital public souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. Cela fait 20 ans que la réputation de lhôpital public ne tient que sur les acquis des année 50-60, lorsquune volonté politique avait voulu faire de lhôpital un lieu dexcellence avant que la nécessité déconomie entraîne lidée lumineusement simple : moins de prescripteurs, moins de dépenses de santé et fasse réduire de façon drastique le nombre détudiants de médecine et futurs médecins. Les médias, la population ne commencent quà comprendre le drame. La santé à deux vitesses sest déjà installée. »
« Un seul mot : couloir » par Jeanne Gonnin, infirmière aux urgences
« Mes conditions de travail actuelles ? Je vais les résumer en un seul mot : couloir. Définition dun couloir : patient nayant pas de box de libre aux urgences, quon installe donc sur un brancard derrière un paravent (quand il en reste), dans tous les recoins possibles du service. On peut en caser comme ceci une bonne vingtaine sans que cela ne fasse vraiment réagir les hiérarchies. Ensuite quon nous parle derreurs humaines, derreurs médicales... Une chose est certaine, je ne me sens pas en confiance, en sécurité quand, tous les jours, je vois installer des patients en phase aigüe dun problème de santé parfois grave, sans matériel ni personnel suffisant pour les surveiller, dans un couloir entre poubelles et sacs de linge. Cest un stress de chaque instant que de savoir quà tout moment ça peut « merder » et que dans ce cas, qui sera en faute ? Le gouvernement qui fait fermer sans cesse des lits ? Qui ne renouvelle pas les postes de départ à la retraite ? Qui ne donne pas de budget suffisant aux hôpitaux pour au moins avoir du matériel en quantité suffisante ? Non, les fautifs seront toujours le personnel, et les victimes irrémédiablement les patients, qui peuvent être chacun dentre nous. »
« Aucune considération » par Marc D., aide-soignant
« Je travaille dans une clinique privée dans le sud de la France en tant quaide-soignant, et remplis surtout la fonction dinfirmier pour un salaire de misère (1 100 euros nets pour 35 heures) pour travailler en sous-effectif, navoir aucune considération ni de la direction, ni de la plupart des chirurgiens, avoir énormement de responsabilités, de stress, aucune prime alors que je travaille avec des produits dangereux, des fluides contaminés ; je tiens des salles dopérations, dendoscopie, de consultation durologie ou autres, jinstalle en salle, je remplace en salle de réveil, je suis polyvalent à lextrême, et je ne suis rien... Jassume mon travail du mieux que je peux, avec bonne humeur, par respect pour les patients dont jai la charge. »
« Difficile de voir le bout du tunnel » par Pierre Szymezak, médecin urgentiste
« Je découvre avec horreur mon premier hiver de jeune assistant dans un petit hôpital. Notre salle de pause est exposée aux patients et sans chauffage, la secrétaire est en plein courant dair avec un radiateur dappoint sur les genoux, nous navons que 4 salles pour voir la soixantaine de patients qui afflue chaque jour. Notre hospitalisation de courte durée de 10 lits fonctionne à 150 voire 200 % selon les jours, et notre directeur nenvisage pas de réouvrir des lits fermés depuis cet été. Nous sommes un bon groupe de jeunes médecins à faire tourner ce service et notre profonde amitié nous empêche de nous décourager, nous nous mettons en quatre quels que soient les malades et les pathologies : jaime profondément mon métier et jai la chance dexercer dans une structure familiale et très compétente... mais il est difficile de voir le bout du tunnel. »
« Un problème dorganisation ? » par Romain Kerbrat, médecin assistant
« Je suis actuellement médecin assistant dans un service durgences. Je perçois dans mon entourage professionnel une grande lassitude, voire du découragement chez les personnes ayant plus dexpérience, que je ressens également depuis les grèves dil y a un an et les engagements du gouvernement qui nont pas été respectés, voire qui ont été violemment attaqués avec la menace de passer à un temps officiel de travail de plus de 60 heures hebdomadaires. Je nous sens condamnés à la débrouillardise permanente pour trouver des pseudo-solutions aux patients quon soigne, isolés face à ladministration qui fuit les problèmes, fatigués par les temps dattente et les situations agressives qui en découlent, désertés par mes collègues spécialistes qui préfèrent le privé... Je gagne actuellement avec mes indemnités de garde 2 600 euros par mois pour faire 48 heures hebdomadaires avec 1/3 de travail de nuit et 2 week-ends par mois. Jai de gros doutes sur la possibilité dexercer ma profession de manière durable, avec des moyens suffisants et une rémunération motivante. » (
)
Le Monde.fr, 3 mars 2009
K Exercice 1 exercice 3 : prendre en compte les différentes logiques constitutives de la pratique professionnelle
Soins cadre de santé, n° 63, août 2007
Question
Vous dégagerez les idées principales de ce texte et, en vous appuyant sur votre expérience personnelle, commenterez lidée suivante : « Comment allier rigueur économique et valeurs humanistes ? »
II. LE cadre législatif de la démarche qualité
Lordonnance du 24 avril 1996 relative à lhospitalisation publique et privée.
Cette ordonnance, associée à la réforme hospitalière de juillet 1991, met laccent sur la qualité. Pour la première fois, la démarche de qualité devient une obligation pour tous les établissements publics comme privés ; il sagit de laccréditation (version 1). Laccent est mis sur la qualité des soins et la responsabilité des professionnels.
Laccréditation est une procédure externe visant à porter une appréciation indépendante sur la qualité des établissements hospitaliers.
Cette procédure a été rendue obligatoire dans un délai de 5 ans à compter de la publication de lordonnance.
3 objectifs étaient visés :
assurer la mise en valeur de la qualité des soins par la mesure des résultats et par lévaluation de procédures ;
apprécier la capacité de létablissement à prodiguer des soins de façon régulière, à réviser et à améliorer son fonctionnement pour préjuger de ladministration de soins de qualité ;
améliorer la qualité des soins en continu.
LAgence nationale daccréditation et dévaluation en santé (Anaes) a été mise en place. Elle a été chargée de définir les référentiels dévaluation et daccréditer les établissements.
Lagence régionale de lhospitalisation dispose des bilans daccréditation et peut en tenir compte dans lexercice de ses missions et dans les allocations budgétaires.
a. LAnaes
Cette structure a mis en uvre la procédure daccréditation. Elle a conduit des études dévaluation des connaissances en matière de stratégies diagnostiques et thérapeutiques en médecine, en sappuyant sur lanalyse rigoureuse de la littérature scientifique et lavis des professionnels de santé.
Elle a organisé et labellisé des recommandations pour la pratique Clinique et des conférences de consensus sur des grands thèmes Cliniques, diagnostiques et thérapeutiques. Elle a développé des méthodologies pour évaluer les pratiques professionnelles, former à laudit Clinique et élaborer des programmes damélioration de la qualité dans les établissements de santé et dans le secteur libéral.
Elle a assuré un important travail dinformation. Elle a établi les référentiels avec tous les acteurs du système de santé, a créé et fourni les outils danalyse, a organisé la démarche et la mise en uvre.
b. La HAS
Avec la loi du 13 août 2004, lAnaes fait place à la Haute Autorité de santé (HAS) ; laccréditation des établissements de santé devient certification.
Depuis fin 2006, tous les établissements de santé se sont soumis à la première procédure daccréditation dite V1.
La version 2 (V2) a débuté en 2005.
La version 3 (V2010) a débuté en 2010 et a été révisée en avril 2011.
Parmi les missions de la HAS (www.has-sante.fr), certaines participent à la mise en uvre et au contrôle de la démarche qualité :
Promouvoir les bonnes pratiques et le bon usage des soins auprès des professionnels de santé et des usagers de santé
Recommandations professionnelles
Les recommandations professionnelles sont destinées aux professionnels de santé en exercice ; elles couvrent tout le champ de la santé. Elles décrivent les soins les plus adaptés à un patient donné, compte tenu de létat actuel des connaissances et des pratiques médicales.
Guides de prise en charge des affections de longue durée
La HAS élabore des guides destinés aux médecins, afin de les aider à bien prendre en charge les patients atteints daffections de longue durée (ALD), comme le diabète, lhépatite C, lasthme, etc. Ces guides décrivent, pour chaque ALD, le parcours de soins du patient (les étapes clés, les professionnels impliqués, etc.) ainsi que les actes et prestations nécessaires au suivi et au traitement de la pathologie. Des versions destinées aux patients sont également disponibles.
Améliorer la qualité des soins en établissements de santé et en médecine de ville
La HAS coordonne la mise en uvre de trois dispositifs dévaluation et damélioration de la qualité des pratiques et des soins, en établissements de santé et en médecine de ville : la certification des établissements de santé, laccréditation des médecins et des équipes médicales et lévaluation des pratiques professionnelles.
Certification des établissements de santé
Le dispositif de certification vise à améliorer la qualité des soins fournis par les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, etc.) et à mettre à disposition du public une information sur la qualité des prestations délivrées par ces établissements.
Évaluation des pratiques professionnelles
Lévaluation des pratiques professionnelles est une démarche organisée damélioration des pratiques, obligatoire pour tous les médecins. Elle se traduit par un double engagement des médecins. Ces derniers sengagent, dune part, à fonder leur exercice Clinique sur des recommandations et, dautre part, à mesurer et à analyser leurs pratiques par rapport à celles-ci. Cette démarche sera progressivement étendue aux autres professions de santé.
Informer les professionnels de santé et le grand public et améliorer la qualité de linformation médicale
Diffusion doutils et de méthodes damélioration de la qualité des soins
La HAS diffuse aux professionnels de santé en exercice, libéraux ou hospitaliers, des outils et des méthodes afin de les aider au quotidien à prendre la décision la plus adaptée à des situations Cliniques singulières et souvent complexes.
Information sur les infections nosocomiales
Une mission nationale dinformation et de développement de la médiation sur les infections nosocomiales (Idmin) a été confiée à la HAS. Via un numéro azur (0 810 455 455) et un site web, la HAS informe le public sur les infections nosocomiales et les moyens de les prévenir, recueille les réclamations des victimes, les renseigne sur leurs droits et les oriente, si besoin, vers les autorités sanitaires compétentes. Lobjectif est de renforcer le dialogue et la confiance entre les usagers, les professionnels de santé et les pouvoirs publics.
Un site Internet dédié a été créé : www.infonosocomiale.com
Amélioration de la qualité de linformation médicale
La HAS est chargée de proposer des dispositifs permettant daméliorer et de certifier la qualité de linformation médicale, notamment celle diffusée par le biais des logiciels daide à la prescription ainsi que celle accessible à tous sur les sites Internet santé. La HAS doit également traduire la « charte de la visite médicale » que doivent respecter les visiteurs médicaux des firmes pharmaceutiques en un référentiel de certification.
Développer la concertation et la collaboration avec les acteurs du système de santé en France et à létranger
Programme de recherche
Afin denrichir ses activités, la HAS a besoin de connaissances nouvelles. Pour cela, elle lance chaque année des appels à projet de recherche et des appels doffres dans différents domaines de son activité : les démarches qualité, lorganisation des soins, limpact des recommandations professionnelles sur les pratiques, les méthodologies dévaluation des produits et des actes, etc.
Relations internationales
La HAS entretient des liens étroits avec ses partenaires étrangers, dune part pour tirer profit des expériences réussies et enrichir son activité, dautre part pour élargir son influence dans le domaine de lévaluation et de la qualité en santé. La HAS participe à de nombreuses manifestations internationales et groupes de travail et accueille régulièrement des délégations étrangères officielles.
Relations avec les collèges de professionnels et les sociétés savantes
De nombreux experts issus de collèges professionnels et de sociétés savantes contribuent régulièrement à lélaboration des travaux de linstitution. La HAS est également en contact étroit avec les doyens et enseignants des facultés de médecine afin dintégrer lenseignement de la démarche de qualité au cours des études de médecine.
Relations avec les associations de patients et les usagers de santé
Les attentes des associations de patients et des usagers sont prises en compte dans les décisions de linstitution. La HAS développe ses relations avec les représentants dusagers et dassociations, qui enrichissent de leurs expériences et de leurs connaissances les travaux des commissions et des groupes de travail de la HAS.
La qualité et la sécurité des soins est lun des 4 axes de la réforme Hôpital 2007. Mais elle préconise aussi lextension de la tarification à lactivité, mode de financement peu adapté à la prise en charge de nombreuses pathologies, comme les affections de longue durée.
Cest ce que souligne le professeur André Grimaldi, dans Réinventer lhôpital public.
André GRIMALDI, Réinventer lhôpital public, Éditions Textuel, 2005
Certification, missions des instances et nouvelle gouvernance affichent un même objectif : qualité optimale de prise en charge de lusager.
c. LANAP (Agence Nationale dAppui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux)
LANAP a été instituée par la loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de lhôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires. lANAP « a pour objet daider les établissements de santé et médico sociaux à améliorer le service rendu aux patients et aux usagers, en élaborant et en diffusant des recommandations et des outils dont elle assure le suivi de la mise en Suvre, leur permettant de moderniser leur gestion, d optimiser leur patrimoine immobilier et de suivre et daccroître leur performance, afin de maîtriser leurs dépenses » (extrait de la LOI n°2009-879 du 21 juillet 2009 - art. 18 (V).
En décembre 2009, une convention de partenariat signée entre la HAS et LANAP, prévoit lorganisation croisée déchanges pour tout ce qui concerne les travaux conduits par lune et lautre institution, afin doptimiser la coordination de leurs interventions auprès des établissements de santé.
En décembre 2011, La HAS et lANAP ont lancé un programme dactions communes pour le développement de la chirurgie ambulatoire. Elles sengagent à travers un programme dactions communes à produire des éléments de référence susceptibles de guider les travaux à conduire au sein des établissements de santé et auprès des professionnels pour augmenter significativement la part de lactivité chirurgicale réalisée en ambulatoire. Les travaux déjà réalisés par chacune des deux institutions sont mis à profit pour développer un socle commun et nécessairement limité dindicateurs. Une évolution des référentiels de certification sera alors envisagée pour sadapter aux exigences de la chirurgie ambulatoire et favoriser sa reconnaissance.
La gazette Santé Social, n°82, février 2012, page 11
A. La procédure de certification
1. Définition officielle de la HAS
La certification est une procédure dévaluation externe à un établissement de santé, effectuée par des professionnels, indépendante de létablissement de santé et de ses organismes de tutelle, concernant lensemble de son fonctionnement et de ses pratiques.
Elle vise à sassurer de lamélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins délivrés aux patients dans les établissements de santé (article L. 6113-3 du Code de la santé publique). Elle sinscrit dans un double courant international prônant, dune part, une démarche professionnelle de promotion de lamélioration continue de la qualité, fondée sur un référentiel de métier et sur une évaluation externe par les pairs et, dautre part, lappréciation du niveau de qualité atteint dans un contexte de renforcement de lobligation de rendre compte au public de la qualité des services.
Cette procédure permet :
de sassurer de la qualité et de la sécurité des soins donnés au patient ;
dapprécier la dynamique des démarches dévaluation et damélioration mises en uvre ;
dimpliquer les professionnels dans ces démarches ;
de valoriser les actions dévaluation et damélioration ;
de renforcer la confiance du public par la communication des résultats ;
de formuler des recommandations explicites aux établissements.
2. Fondements et principes selon le manuel daccréditation de la HAS
a. La place centrale du patient
Il sagit dapprécier la capacité de létablissement à sorganiser en fonction des besoins et des attentes du patient. Cette appréciation doit prendre en compte les observations et les niveaux de satisfaction du patient et de ses représentants. Lensemble des références et des étapes de la procédure est centré sur lappréciation de la prise en charge du patient tout au long de son parcours dans létablissement et en lien avec les prestations complémentaires offertes dans son territoire de santé.
Les résultats des procédures de certification sont rendus publics sur le site Internet de la HAS, la certification se donnant pour objectif dinformer les patients et le public sur la qualité et la sécurité des établissements de santé comme sur les dynamiques damélioration mises en uvre par les professionnels de santé.
b. Limplication des professionnels
Lamélioration de la qualité est le résultat de démarches internes, conduites par les professionnels de santé. La participation de lensemble des professionnels est indispensable à la conduite du changement. Le succès de la démarche dépend aussi du rôle de manager et de leader joué par les professionnels à tous les niveaux de responsabilité. Cet engagement des professionnels va de pair avec la reconnaissance dune responsabilité accrue dans le domaine de lévaluation et de lobligation de rendre compte au public et aux tutelles de la qualité des soins donnés.
c. Lamélioration du service médical rendu au patient. Lamélioration continue de la qualité des soins
Elle repose sur lexistence dun système reconnu de gestion de la qualité. Elle est obtenue grâce à lamélioration systématique des processus, la réduction des dysfonctionnements et lengagement des personnes. Elle concerne toutes les dimensions de la qualité et, notamment, lefficacité (pratiques fondées sur la preuve) et lefficience. Elle porte une attention particulière aux résultats obtenus et intègre lévaluation des pratiques professionnelles. Il sagit dune démarche pragmatique qui procède par améliorations successives objectivées par des mesures.
d. La sécurité
Cest une dimension majeure de la qualité des soins qui correspond à lune des attentes principales des patients vis-à-vis du système de santé. En effet, les soins hospitaliers, dont lefficacité et la complexité ont crû lors des dernières décennies, saccompagnent, en contrepartie, de risques pour les personnes. Pour y répondre, la mise en place du système de gestion des risques repose sur plusieurs éléments, dont le respect de la réglementation en matière de sécurité, mais aussi sur le respect des bonnes pratiques et la mise en place dun système dévaluation et damélioration, fondé sur lidentification des risques et la mise en uvre dactions de prévention.
e. Une démarche pérenne
Lobtention de résultats durables en matière de démarche de qualité suppose un engagement de létablissement de santé sur le long terme. Laccréditation incite, par son caractère répété, à la mise en place de démarches pérennes damélioration de la qualité. Pour favoriser cet engagement dans le temps, la HAS formule des recommandations et en assure le suivi.
f. Une démarche évolutive
Laccréditation prend en considération les attentes de lenvironnement et renforce lexigence dans les domaines où des sujets damélioration ont été identifiés. La HAS adapte et améliore sa démarche selon les résultats dexpérimentation et dévaluation, les retours des professionnels des établissements de santé visités et les diverses informations recueillies.
pour aller plus loin
La prise en compte des besoins et des attentes des patients est fondamentale dans la démarche damélioration de la qualité des prises en charges à lhôpital. Néanmoins, il ne sagit pas de faire du patient un client- consommateur et du soin un commerce.
Lisez lextrait suivant de louvrage du professeur Laurent Sedel : Chirurgien au bord de la crise de nerf.
Laurent SEDEL, Chirurgien au bord de la crise de nerf, Albin Michel, 2008pistes de réflexion
« La qualité de la médecine est en réalité difficile à évaluer pour le malade. » Résumez la démonstration qui étaye cette affirmation. Quen pensez-vous ?
Répondre aux attentes du patient, mais jusquoù ?
Quand le patient devient client : les dérives du consumérisme médical.
Quelle définition de la bonne médecine le professeur Sedel propose-t-il ? Quen pensez-vous ?
3. Comment se déroule la procédure de certification ?
La certification se déroule en 4 étapes, sur une durée de plusieurs mois :
1. lauto-évaluation
Létablissement réalise un « diagnostic » de son organisation, de son fonctionnement et de ses pratiques, en se comparant à des éléments de référence fournis pas la HAS (les référentiels). Cette étape permet à létablissement de repérer les points faibles qui peuvent pénaliser le patient. Létablissement dispose alors de plusieurs mois pour les corriger.
2. la visite des experts visiteurs de la HAS
Quelques mois plus tard, une équipe dexperts visiteurs mandatés par la HAS se rend sur place et réalise lévaluation de lorganisation, du fonctionnement et des pratiques de soins de létablissement par rapport aux référentiels HAS.
3. lattribution dun niveau de certification
Au vu des observations des experts visiteurs, la HAS établit un rapport et attribue un niveau de certification. Ce rapport est adressé à létablissement, qui a la possibilité de contester certains résultats.
4. la diffusion des résultats
Après analyse des éventuelles contestations, le rapport complet est diffusé à lAgence régionale de lhospitalisation (ARH) et rendu public sur le site de la HAS (voir Les résultats de la certification p. 14).
La certification est renouvelée tous les 4 ans. Le 1er cycle sest terminé début 2007. Le 2e cycle (certification 2e version) a débuté en mai 2005 et sest terminé courant 2010. La V3 (V2010) est en cours.
Qui organise la certification ?
La HAS organise et pilote les procédures de certification sur lensemble du territoire. La visite des établissements est réalisée par des experts-visiteurs qui sont des professionnels de santé en exercice, indépendants de létablissement évalué. Ils sont recrutés et formés par la HAS.
Pour mieux comprendre, voyez le schéma ci-après.
Quels sont les niveaux de certification et les conséquences pour létablissement ?
Il existe 5 niveaux de certification :
1. La certification. Létablissement de soins est encouragé à maintenir le niveau de qualité constaté.
2. La certification avec recommandations. Létablissement doit mettre en uvre les mesures préconisées par la HAS.
3. La certification avec suivi. Létablissement doit remettre à la HAS un rapport détaillé prouvant que les mesures damélioration ont été réalisées. Il peut également faire lobjet dune visite dexperts visiteurs ciblée sur un aspect particulier.
4. La certification conditionnelle. Des réserves majeures ont été adressées à létablissement qui doit apporter des solutions dans un délai fixé par la HAS.
5. La non-certification. Elle nest attribuée que pour les établissements ayant reçu une certification conditionnelle et qui nont pas réalisé les améliorations demandées au bout de 6 à 12 mois.
Document de la Haute Autorité de Santé, disponible sur le site www.has-sante.fr
4. V1 et V2, et version 2010 et la V3 (version 2010 révisée en 2011) : quelles évolutions ?
Avec la version 2 (V2) de certification, une vitesse supérieure a été prise.
Laccréditation V1 a permis une prise de conscience. La qualité est devenue mode de pensée dans les établissements de santé aujourdhui. Lamélioration des processus, lorsquun dysfonctionnement est mis en évidence, est désormais un fait acquis.
La V1 permettait une vérification globale du niveau de qualité dun établissement au travers des différents référentiels portant sur :
le patient et sa prise en charge (droits et information du patient, dossier du patient, organisation de la prise en charge des patients),
le management et la gestion au service du patient (management de létablissement et des secteurs dactivité, gestion des ressources humaines, gestion des fonctions logistiques, gestion du système dinformation),
la qualité et la prévention (gestion de la qualité et prévention des risques, vigilances sanitaires et sécurité transfusionnelle, surveillance, prévention et contrôle du risque infectieux).
Le passage à la V2 avait pour objectif dapporter un réel effort de précision dans les descriptions du niveau de qualité dun établissement. Pour cela, la HAS avait mis à disposition des experts-visiteurs un guide critérié daide à la cotation pour évaluer le niveau de conformité des établissements. De plus, le temps consacré à la rencontre avec les groupes dautoévaluation était diminué au profit du temps dobservation directe.
Tous les axes de la V1 ont été repris par la V2 mais la certification était étroitement liée à lévaluation des pratiques professionnelles, exigence rarement satisfaite en V1 qui devint obligatoire dans la V2.
De plus, la certification des médecins est devenue obligatoire depuis la loi du 13 août 2004.
Autre élément fortement pris en compte dans la V2 : la gestion des risques, afin de rapprocher qualité et gestion des risques qui étaient trop souvent différenciées de la démarche globale de qualité (instances différentes, procédures particulières
).
Un point phare de la V2 : les pratiques de management.
Enfin, linformation aux usagers est aussi une amélioration apportée par la V2. Avec la V1, le rapport de certification nétait communiqué dans son intégralité quà létablissement et lARH. Seule une version allégée était mise en ligne sur le site Internet de lAnaes. Maintenant, lintégralité sera publiée sur le site de la HAS afin dassurer une parfaite transparence. En effet, les usagers sont réellement sollicités avec la V2 qui rend obligatoire leur participation au groupe de réflexion alors que la V1 ne faisait que la conseiller.
Après quelques mois dutilisation de la V2, une version V2 bis a été élaborée, réajustant certains critères, améliorant les règles de cotation et simplifiant les procédures. Elle a été mise en uvre à partir du premier semestre 2007.
La version 2010
La version 2010 dans le manuel de novembre 2008 précise limportante évolution du dispositif de certification.
Elle est à consulter sur le site de la Has ( HYPERLINK "http://www.has-sante.fr" www.has-sante.fr). En voici 2 extraits significatifs :
Avant-propos
« (
) Lobjectif est doffrir au système de santé un dispositif qui apporte une réponse pertinente et équilibrée aux attentes des usagers, des professionnels de santé et des pouvoirs publics :
la certification doit délivrer une information accessible et claire à destination des usagers ;
elle doit renforcer sa place en tant quoutil de management interne aux établissements ;
elle doit créer les conditions dun intérêt à agir des professionnels de santé ;
elle doit enfin assurer son rôle dans la régulation des établissements de santé par la qualité. Les résultats de certification doivent devenir lélément incontournable pour appréhender la qualité des établissements.
Si la V1 de la certification avait vocation à initier la démarche, si la V2 avait privilégié une médicalisation de la démarche, le nouveau dispositif a été pensé et développé pour mettre en uvre une certification à la fois continue et efficiente. »
Laurent DEGOS, Président de la Haute Autorité de santé
« 1. Lévolution du dispositif de certification portée par la V2010.
La démarche de certification, désormais installée dans le paysage sanitaire français, est lobjet de nombreuses attentes de son environnement. La HAS a souhaité, dans le cadre du développement de la 3e version, entreprendre un important travail de refonte avec un triple souci :
tirer les enseignements du retour Clinique observé dans le déroulement effectif de la procédure lors de la 2e version ;
adapter la démarche à un environnement qui lui-même a évolué de façon significative ;
prendre en compte les processus à luvre dans les dispositifs daccréditation à létranger. »
« (
) La certification poursuit deux objectifs complémentaires : elle évalue à la fois :
la mise en place dun système de pilotage de létablissement incluant lexistence dun processus damélioration de la qualité et de la sécurité des soins ;
latteinte dun niveau de qualité sur des critères thématiques jugés essentiels. La HAS sest attachée pour cette raison à renforcer ses méthodes dévaluation afin de permettre des mesures reproductibles de la qualité sur des points primordiaux, les pratiques exigibles prioritaires. » (
)
La version V2010 révisée en 2011 (V 3)
En avril 2011, la V2010 a été légèrement modifiée. Cette révision a introduit des adaptations liées aux spécificités de lhospitalisation à domicile, de la santé mentale et de la biologie, et tient compte de lévolution législative (loi HPST, décrets sur la gestion des risques
) ainsi que du retour dexpérience de la V2010.
Les modifications concernent trois axes essentiels : le management des établissements, les droits des patients et leur prise en charge.
Le management des établissements
- renforcement des exigences relatives à la mise en place dun système de management de la sécurité,
- développement dexigences sur des mécanismes dévaluation et damélioration des pratiques organisationnelles et professionnelles ; il sagit de poursuivre les démarches engagées en V2 en les consolidant par leur institutionnalisation, leur déploiement adapté et intégré dans la pratique dans tous les secteurs dactivité, dans le cadre dune interrogation élargie aux notions déquité daccès aux soins et danalyse de la pertinence des soins,
- sensibilisation aux évolutions du pilotage des établissements, à travers dune part la promotion de modalités de décision et de pilotage par la communication de tableaux de bord et par le suivi des activités dévaluation et damélioration donnant une place primordiale à la concertation et dautre part lintégration dexigences relatives au développement durable.
les droits des patients
- nouveau positionnement des exigences relatives aux démarches éthiques,
- sensibilisation à la notion de bientraitance. Dans le prolongement dun mouvement qui a vu le jour au sein du secteur médico-social, il a paru nécessaire, dans le cadre des travaux sur la V2010, daller au-delà dexigences en matière de prévention de la maltraitance, limitées aux faits délictuels et individuels, en incitant les établissements à mettre en place des démarches permettant de rendre les organisations plus respectueuses des besoins et des attentes des personnes,
- renforcement des exigences relatives au respect des droits des patients en fin de vie et aux soins palliatifs.
la prise en charge du patient
- affichage dobjectifs prioritaires damélioration de la sécurité des soins,
- renforcement de lévaluation du fonctionnement des blocs opératoires,
- valorisation de la prise en compte des maladies chroniques et de léducationthérapeutique des patients,
- renforcement de lévaluation des activités à risque.
5. Un exemple de démarche qualité dans le cadre dune procédure de certification
La charte Qualité du Centre hospitalier intercommunal de PoissySaintGermain-en-Laye est à consulter en intégralité à ladresse : http://www.chi-poissy-st-germain.fr/site/Qualite_et_Certification-11.html
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www.chi-poissy-st-germain.fr
B. Deux axes centraux dans la démarche de qualité
1. La gestion des risques
Lhôpital, lieu de soulagement des maux, voire de guérison, nest pas sans risques pour les personnes malades. Celles-ci encourent trop souvent des risques au-delà de ceux qui sont tolérables, cest-à-dire de ceux qui sont générés par leur maladie ou par les soins apportés. XE "dessin 0610"
a. Le risque à lhôpital : définition
Le risque peut être défini comme la probabilité de survenue dun événement indésirable causant préjudice au patient (mais aussi au soignant ou au visiteur). Le risque zéro nexistant pas, il convient de ne pas atteindre le stade du danger qui peut être défini comme un seuil de risque jugé arbitrairement ou subjectivement inacceptable.
b. Les types de risques
Il existe 2 types de risques dans les établissements de santé :
les risques « réglementés » comme ceux liés à lincendie, la construction, lanesthésie, lutilisation des produits sanguins, le risque infectieux, le risque médicamenteux
Ces risques sont théoriquement gérés par les établissements dans le cadre dune sécurité réglementaire organisée (ex. : sécurité anesthésique, hémovigilance, Clin, pharmaco-vigilance, matério-vigilance
) ;
les risques « non réglementés » comme : oubli, maladresse, qualification incertaine, erreur, accident (chute), transcription verbale, malveillance, non encadrement des juniors, non relecture des clichés radiographiques, absence de protocole, procédures non respectées, charge de travail augmentée, médicaments périmés
Dans une circulaire de novembre 2011, le secrétariat dEtat à la santé, se base sur une enquête conduite par la DGOS (direction générale de loffre des soins) en 2009 auprès de 1575 établissements de santé, des Agences régionales de lhospitalisation, des structures déconcentrées de lEtat et des structures dappui à la qualité et à la sécurité des soins, pour conclure à une mise en uvre souvent plus formaliste quapprofondie des démarches de gestion des risques dans les établissements de santé. Lenquête met également en évidence une moindre implication dans la sphère des risques associés aux soins que dans celle des autres risques présents dans létablissement de santé. Lenquête nationale sur les évènements indésirables graves associés aux soins (ENEIS) diffusée en 2010 estime de son côté les évènements indésirables graves évitables à près de la moitié du total des évènements indésirables graves associés aux soins (48,1 %).
Pour lire la circulaire : HYPERLINK "http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-01/cir_11_11_application_decret_ei_11_10_es.pdf7" http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-01/cir_11_11_application_decret_ei_11_10_es.pdf7
c. Pourquoi gérer des risques à lhôpital ?
La gestion des risques sest mise en place sous pression des usagers, victimes, médias mais aussi comme point central dans la certification.
La maîtrise des risques, démarche à la fois managériale et technique (médicale), permet donc de réduire :
les risques liés aux patients : cest une étape essentielle de lamélioration de la qualité des soins dans les établissements,
mais aussi les risques juridiques et financiers, lassurabilité des hôpitaux étant désormais remise en question par la SHAM : bouleversement de la jurisprudence (de la condamnation pour faute lourde, elle est passée à la « responsabilité pour faute » ou à la « présomption de faute »), augmentation du nombre et du coût des sinistres et, par conséquent, des primes dassurance des établissements.
Cette approche sinscrit dans la continuité des démarches promues par la HAS visant à accroître la sécurité, la démarche de qualité, les vigilances sanitaires, laccréditation et lévaluation.
Ainsi, selon la circulaire de novembre 2011 précédemment citée, les enjeux de lutte contre les évènements indésirables associés aux soins sont de trois ordres :
- aboutir à une implication conjointe des managers et des soignants,
- garantir leffectivité dune organisation coordonnée, experte et lisible, animée par le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins,
- mettre en uvre un programme dactions pour lamélioration de la qualité et de la sécurité des soins.
d. Comment gérer les risques ?
La gestion des risques est : « leffort organisé pour identifier, évaluer et réduire, chaque fois que cela est possible, les risques encourus par le patient, les visiteurs et les personnels ».
Elle requiert de développer une culture de la sécurité chez les professionnels grâce à lappropriation de la méthodologie présentée.
Il sagit dune démarche globale inscrite dans la politique de létablissement à lidentique de toute démarche qualité (cf. chapitre I).
Aujourdhui, la gestion des risques ne se restreint plus aux uniques risques connus comme lhémovigilance, les infections nosocomiales
Une approche nouvelle est mise en place en prenant en compte la globalité et la complexité de lactivité de production de soins ainsi que lenvironnement de létablissement de santé dans toutes ses dimensions. Il faut développer une approche systémique intégrant les facteurs humains, techniques et organisationnels. La gestion des risques est devenue transversale, pluridisciplinaire et concerne lensemble des acteurs à tous les niveaux du système de santé. Lobjectif est daméliorer les performances et de garantir une sécurité optimale aux usagers et au personnel.
pour aller plus loin
Vous trouverez ci-après 2 exemples de démarche de gestion des risques.
1. La lutte contre les infections nosocomiales
Cest une mission de tous les établissements de santé depuis 1998 (loi n° 98-535). Le décret du 6 décembre 1999 rend obligatoire la présence dun Clin et dune équipe opérationnelle dhygiène hospitalière dans chaque établissement.
Le document suivant présente la démarche du Clin de lHôpital PoissySaint-Germain-en-Laye. Il est consultable dans son intégralité à ladresse suivante :
http://chi-poissy-st-germain.fr/site/Plan_de_Lutte_contre_les_Infections_Nosocomiales
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XE "dessin 0612" www.chi-poissy-st-germain.fr
2. La réduction des risques chirurgicaux
Afin de réduire les erreurs chirurgicales, le Conseil national de la chirurgie, suivant une recommandation de lOMS, va proposer au ministère de la santé une liste de contrôle (ou check-list) à destination de tous les chirurgiens. Avant dopérer et pendant lopération, ils devront suivre une liste précise de vérifications de base. Selon lOMS, cette méthode devrait réduire de moitié les cas de complications chirurgicales en France (estimées à 42 000 sur 140 0000 opérations).
Nouvelles normes OMS pour réduire les risques chirurgicaux
25 juin 2008 Genève/Washington - Avec 234 millions dinterventions chirurgicales majeures pratiquées chaque année, soit une pour 25 personnes, et des études indiquant des complications, voire des décès, pour une proportion non négligeable dentre elles, lOMS publie une nouvelle liste de contrôle dans le cadre de son action pour rendre la chirurgie plus sûre partout dans le monde.
« Les traumatismes et les décès évitables dus à la chirurgie sont une source croissante de préoccupation, déclare le Directeur général de lOMS, Dr Margaret Chan. Lutilisation de cette liste de contrôle est le meilleur moyen de réduire les erreurs chirurgicales et daméliorer la sécurité des patients. »
Plusieurs études ont montré que, dans les pays industrialisés, de graves complications surviennent dans 3 à 16 % des interventions sur les patients hospitalisés, avec des taux dincapacité définitive et de mortalité denviron 0,4 à 0,8 %. Dans les pays en développement, les taux de mortalité seraient de 5 à 10 % pour les interventions majeures. On signale que la mortalité imputable à la seule anesthésie générale serait de 1 sur 150 dans certaines régions dAfrique subsaharienne. Les infections et les autres complications postopératoires posent aussi un grave problème dans le monde. Selon ces études, la moitié dentre elles pourraient être évitées.
Une chirurgie sûre sauve des vies
« Depuis plus dun siècle, la chirurgie est devenue un élément essentiel des systèmes de santé dans le monde entier, explique le Dr Atul Gawande, chirurgien et professeur à Harvard. Bien quon ait fait de grands progrès au cours des dernières décennies, il est consternant de constater à quel point la qualité et la sécurité des soins chirurgicaux varient dans le monde. Linitiative « une chirurgie sûre sauve des vies » vise à changer la situation en améliorant les normes auxquelles les patients peuvent sattendre partout dans le monde. »
Cette initiative dirigée par lÉcole de Santé publique de Harvard réunit plus de 200 associations médicales nationales et internationales et des ministères de santé dans lobjectif de réduire le nombre de décès et de complications évitables en chirurgie. Désormais, la liste de contrôle OMS pour la sécurité en chirurgie, mise au point sous la direction du Dr Gawande, fixe un ensemble de normes de sécurité applicables dans tous les pays et dans toutes les situations sanitaires.
Les premiers résultats obtenus lors de tests conduits auprès dun millier de patients sur 8 sites pilotes dans le monde montrent que lutilisation de cette liste a fait progresser le respect des normes de soins de 36 à 68 % et, dans certains hôpitaux, à des niveaux proches de 100 %. On a ainsi obtenu une diminution sensible du nombre des complications et des décès dans ce groupe. Les résultats définitifs sur les effets de cette liste de contrôle devraient être connus au cours des prochains mois.
Cette liste de contrôle définit 3 phases lors des interventions chirurgicales : avant linduction de lanesthésie, avant lincision et avant la sortie du patient du bloc opératoire. Au cours de chacune de ces phases, un coordonnateur de la liste doit être autorisé à confirmer que léquipe a fait toutes les tâches nécessaires avant de pouvoir continuer. Il vérifie par exemple avant linduction de lanesthésie, que le site de lintervention a été marqué et que les allergies connues du patient ont été notées ou, avant la sortie du bloc opératoire, que les instruments, les éponges et les aiguilles ont été comptés.
Les lignes directrices et la liste de contrôle publiées aujourdhui sont une première édition. Elles seront finalisées avant leur diffusion fin 2008, quand lévaluation mondiale des 8 sites pilotes sera terminée.
Organisation mondiale pour la santé
pour aller plus loin
1. Guide de lAnaes « Principes méthodologiques pour la gestion des risques en établissement de santé » à consulter sur le site de la HAS. Fondé sur lexpérience existante en santé et hors santé, ce guide détaille et explique :
la notion de risque et les objectifs de la gestion des risques, ceux-ci variant selon le contexte et le domaine dactivité ;
la complexité des systèmes et les défaillances qui en découlent : humaines, techniques, organisationnelles ;
la maîtrise des risques, reposant sur lutilisation de méthodes spécifiques didentification, danalyse et de traitement des risques.
2. Circulaire DHOS/E2/E4 n° 2004-176 du 29 mars 2004 relative aux recommandations pour la mise en uvre dun programme de gestion des risques dans les établissements de santé.
3. Le site http://midi-pyrenees.sante.gouv.fr
2. Lanalyse des pratiques professionnelles
Insérer schéma sur le site HYPERLINK "http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_456117/evaluation-et-amelioration-des-pratiques-professionnelles-en-etablissement-de-sante" http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_456117/evaluation-et-amelioration-des-pratiques-professionnelles-en-etablissement-de-sante
« Lévaluation des pratiques professionnelles est définie comme lanalyse de la pratique professionnelle en référence à des recommandations et selon une méthode validée comportant la mise en uvre et le suivi dactions damélioration des pratiques. Les pratiques professionnelles sont constituées à la fois de pratiques individuelles et collectives ; elles comportent une dimension organisationnelle. Ces pratiques concernent les activités diagnostiques, thérapeutiques ou préventives. »
Selon le Code de la santé publique, lÉvaluation des pratiques professionnelles (EPP) est « lanalyse de la pratique professionnelle en référence à des recommandations et selon une méthode élaborée ou validée par la HAS, qui inclut la mise en uvre et le suivi dactions damélioration des pratiques » (loi du 13 août 2004). Elle a donc pour but « lamélioration continue de la qualité des soins et du service rendu aux patients par les professionnels de santé. Elle vise à promouvoir la qualité, la sécurité, lefficacité et lefficience des soins et de la prévention et, plus généralement, la santé publique, dans le respect des règles déontologiques » (décret n° 2005-346 du 14 avril 2005).
Divers concepts sous-tendent cette définition :
la notion de recommandations professionnelles : il sagit de recommandations de bonnes pratiques travaillées à partir de preuves scientifiques publiées.
Selon le guide de la HAS, « les recommandations professionnelles sont définies comme des propositions développées selon une méthode explicite pour aider le professionnel de santé et le patient à rechercher les soins les plus appropriés dans les circonstances Cliniques données » ;
lévaluation de la qualité des soins (cf. accréditation) ;
la « médecine fondée sur des preuves » définie, daprès le guide de la HAS, comme « lintégration des meilleures données de la recherche, des préférences des patients et de la compétence Clinique du soignant ».
lamélioration continue de la qualité ;
la gestion des risques.
Toutes ces démarches se complètent dans une visée commune : la qualité des soins.
Pour mettre en place les analyses de pratiques professionnelles, il est essentiel didentifier la méthode dévaluation la plus appropriée à la pratique professionnelle évaluée.
Diverses méthodes existent : audit Clinique, audit Clinique ciblé, revue de pertinence, enquête de pratique, analyse de processus, chemin Clinique, AMDEC (Analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité), méthodes de résolution de problème, méthodes danalyse des causes, mise en place dindicateurs, approche par comparaison à un référentiel.
a. Les référentiels
Les référentiels qualité sont des outils au service des démarches damélioration de la qualité ; ils forment un cadre qui détermine, pour une structure, les exigences et objectifs à atteindre. Ils sont utilisés dans des activités dévaluation permettant à la structure de se situer par rapport à ces exigences et de poursuivre ou mettre en uvre des actions damélioration de la qualité.
Selon les cas, les éléments constitutifs du référentiel peuvent être des points réglementaires à respecter, des objectifs de qualité à atteindre ou encore des étapes techniques à réaliser.
Typologie des référentiels : comprendre
Devant la multiplicité des référentiels, il devient parfois difficile de se repérer. En se fondant sur 3 critères simples, il est possible de classifier les différents référentiels rencontrés :
Le niveau danalyse du référentiel : il peut porte porter sur le fonctionnement, lorganisation de la structure. Dans ce cas il décrit un modèle dorganisation ; il est libellé comme une suite dobjectifs à atteindre ; ou bien il porte sur des éléments plus spécifiques et techniques correspondant à une pratique professionnelle ;
C Exemples
Éléments relatifs à la qualité de lorganisation :
( lintimité du patient est respectée lors de la toilette, des soins ;
( la prise en charge pré et post-interventionnelle est organisée conjointement par les opérateurs : anesthésie, chirurgien, chirurgie.
Le champ du référentiel : il peut concerner un thème spécifique portant sur une activité particulière (ex. : lactivité dun laboratoire), un thème transversal au niveau dun établissement (ex. : linformation des usagers), un ensemble de domaines (ex. : le plateau médicotechnique) ou bien plus largement, lensemble des secteurs de létablissement (ex. : le référentiel de lHAS).
Lorigine du référentiel : lélaboration dun référentiel est toujours décidée à la suite dun besoin exprimé, soit par les futurs utilisateurs, soit par une tierce partie qui peut être lautorité de tutelle ou un organisme national, voire international. On peut ainsi considérer plusieurs origines pour les référentiels selon les structures qui les ont commandités et réalisés :
( Les référentiels réglementaires : documents établis par les autorités administratives après avis des experts ; ils constituent des exigences obligatoires, quil convient de respecter absolument (ex. : le Guide de bonne exécution des analyses de laboratoire-GBEA ; les exigences réglementaires concernant les salles postinterventionnelles
) ;
( Les référentiels normatifs : les normes sont un ensemble de dispositions écrites, définies par consensus par un groupe dexperts dorigines différentes et approuvées par un organisme reconnu. Ces dispositions correspondent à des critères avec lesquels il sagit dêtre en conformité. Elles peuvent concerner les caractéristiques dun produit, les aspects dun procédé de fabrication, les prestations offertes par un service ou encore la mise en place dun système (ex. : les normes internationales de la série ISO, les normes européennes
).
( Les référentiels professionnels : ce sont des référentiels spécifiques dun métier donné ou dun secteur dactivité donné. Ils sont développés par les professionnels concernés par leur mise en uvre et sappuient le plus souvent sur létat de la science à travers la littérature scientifique, les avis des experts, la réglementation (ex. : les référentiels des services de réanimation).
Ainsi, un référentiel peut être un texte réglementaire, une norme, une recommandation ou un consensus professionnel correspondant à un objectif de qualité et/ou de sécurité.
Il peut être une référence pour lorganisation dun secteur ou un guide de conduite professionnelle à tenir.
Selon les cas, il est construit sur la base de lexpérience des experts, sur lanalyse de la littérature scientifique, sur lanalyse de processus.Méthodes dutilisation dun référentiel
Un référentiel est exploité dans le cadre dune activité dévaluation. En effet, les 3 étapes clés dune évaluation sont :
la mesure de ce qui est fait,
la comparaison avec un référentiel,
le jugement dans le but daider à la prise de décision.
Si les modalités dévaluation peuvent varier, un programme dévaluation et amélioration des pratiques comportent des éléments obligatoires :
- le choix du thème est précisé ainsi que les objectifs à atteindre,
- la méthode retenue est précisée ainsi que les recommandations professionnelles utilisées,
- la confidentialité est garantie,
- le programme comporte 3 phases : lélaboration des actions, la mise en uvre et le suivi,
- la qualité du programme associe : acceptabilité/faisabilité et validité/efficacité.
- limpact des interventions destinées à améliorer la qualité et la sécurité des soins doit être évalué.
A côté de ces invariants, il existe différentes modalités dutilisation dun référentiel qui sintègrent ensuite dans des démarches globales. Les principales modalités sont :
lautoévaluation : cest une démarche qui permet à une équipe multiprofessionnelle et pluridisciplinaire de réaliser elle-même son propre diagnostic par rapport à un référentiel déterminé. Elle permet la mise en évidence décarts par rapport à des pratiques de référence ou des objectifs à atteindre. Lévaluation est collective et chaque membre de léquipe doit sexprimer. Ensuite, léquipe choisit la cotation qui est consensuelle. À partir de la mise en évidence de ses points forts et à améliorer, léquipe identifie les thèmes prioritaires sur lesquels elle veut faire porter ses efforts. Lautoévaluation est une étape essentielle des démarches damélioration continue de la qualité.
laudit : cest un examen méthodique et indépendant qui permet dévaluer si ce qui est fait correspond aux attentes et aux exigences exprimées dans un référentiel. Lanalyse des observations effectuées au cours de cette évaluation permet de constater si les dispositions mises en place sont efficaces et permettent datteindre les objectifs prévus. Elle peut donner lieu aussi à des propositions ou des recommandations en termes dobjectifs damélioration à atteindre. Il prend en compte les suggestions des audités. Laudit conduit à des propositions positives.
Il existe plusieurs types daudits :
( laudit Clinique qui est une évaluation des pratiques. Cette méthode d'évaluation permet de comparer les pratiques de soins à des références admises, à l'aide de critères dévaluation de la qualité de ces pratiques et des résultats de soins, avec l'objectif de les améliorer. Laudit clinique distingue 6 étapes : choix du thème, choix des critères, choix du protocole de mesure, recueil des données, analyse des résultats et plan dactions damélioration avec suivi de son impact.
( laudit interne effectué à la demande dun établissement, à usage interne,
( laudit externe peut être effectué par un client qui voudrait sassurer de la qualité de son fournisseur.
linspection constitue une démarche de vérification de la conformité à des normes ou exigences éditées par voie réglementaire et destinées à assurer la sécurité ou le bon fonctionnement. Ce contrôle de conformité peut parfois occasionner des sanctions.
Ainsi, lensemble des méthodes dutilisation dun référentiel conduit à mettre en place des actions induisant lamélioration continue de la qualité.
b. Lamélioration continue de la qualité
La démarche damélioration continue de la qualité est fondée sur un cycle dont les 4 phases essentielles sont :
planifier : définir lobjectif à atteindre à partir dun état des lieux ainsi que les moyens et les responsables des actions,
réaliser : mettre en uvre des actions damélioration,
vérifier : suivre la mise en uvre des actions et vérifier leur efficacité en évaluant si les objectifs sont atteints,
réagir : corriger les actions et les adapter si elle nont pas permis datteindre les objectifs prédéfinis (selon la roue de DEMING).
Sengager dans une démarche qualité implique nécessairement un management. Celui de la qualité peut être défini comme : « ensemble dactivités coordonnées permettant détablir la politique qualité et les objectifs qualité et datteindre ces objectifs » (ISO 9000/ISO 2000).
c. Les indicateurs de suivi
Lévaluation des démarches qualité nécessite lutilisation doutils de mesure à toutes les étapes de la démarche. Ces principaux outils sont les indicateurs.
Un indicateur est une variable qui permet de suivre les évolutions dune donnée étudiée. Il permet ainsi de mettre en évidence les progrès, mais également, les non-conformités ou les dysfonctionnements internes. Lanalyse dun indicateur ne sera jamais isolée du contexte dans lequel il est produit. Dans le domaine de la santé, plusieurs types dindicateurs sont identifiables et peuvent être des :
indicateurs qui évaluent les structures : moyens humains, matériels, financiers,
indicateurs qui évaluent les résultats : état de santé, de satisfaction, de qualité de vie.
d. Organisation à mettre en place
Il est indispensable pour élaborer une démarche qualité de travailler en équipe de façon structurée selon des règles de fonctionnement précises et en suivant un échéancier préétabli.
Cette organisation comprend :
un comité de pilotage : composé de personnes ayant un rôle stratégique et décisionnel,
des groupes de travail : composés dun chef de projet et de membres volontaires.
Le fonctionnement de cette équipe ne peut se faire quà partir de règles de fonctionnement :
travailler en équipe,
reconnaître le travail effectué par chacun des groupes,
établir un échéancier,
définir les étapes du projet,
formaliser le planning de Gantt.
La mutualisation des bonnes pratiques est une démarche intéressante qui permet de prendre le meilleur de lorganisation des différents services hospitaliers.
La Gazette Santé-Social, décembre 2009
pour aller plus loin
Lisez les documents de la HAS
sur « Lévaluation des pratiques professionnelles dans le cadre de laccréditation des établissements de santé », juin 2005. Il présente en détail les principales méthodes disponibles et les modalités de lEPP prévues dans le manuel de la V2 daccréditation ;
sur les critères dEPP pour lorganisation des soins Dossier du patient (2009).
LEPP touche en priorité les médecins car elle est obligatoire depuis le 1er juillet 2005 (loi du 13 août 2004). LEPP est étroitement liée à lobligation de formation continue des médecins (décret du 14 avril 2005).
Toutefois, lEPP se prépare pour tous les professionnels de santé pour progressivement se généraliser à toutes les pratiques professionnelles de santé, libérales ou salariées.
Ainsi, garant de la qualité, le cadre a un rôle prépondérant à jouer dans lévaluation des EPP et doit sassurer de lapplication de bonnes pratiques dans son service. Le cadre doit accompagner ce changement car lévaluation des pratiques professionnelles paramédicales sinscrit dans une démarche récente. Il faudra que lensemble des soignants sapproprie les modèles, les référentiels, les outils dévaluation, et développe une fonction critique pour lamélioration de ses pratiques professionnelles.
une piste de réflexion
La nouvelle gouvernance (Plan hôpital 2007 et loi HPST) préconise une meilleure utilisation des ressources et un accroissement de lefficience.
Cette notion defficience est à interroger :
dans quelle mesure une meilleure efficience et une productivité accrue favorisent-elles la qualité des soins ?
lobjectif affiché dune meilleure efficience ne pallie-t-il pas le manque de personnel, dû aux politiques publiques, avec pour conséquence lintensification de la charge de travail et des risques de dégradation de la qualité des soins ?
Lisez le texte ci-dessous du sociologue Nicolas Belorgey. Il rend compte de lenquête quil a menée dans un service durgence dans le cadre de létude des réformes hospitalières.
Ce que signifie la « réforme » des services publics : le cas des urgences
Les pouvoirs publics ont aujourdhui de plus en plus recours, pour gérer les services publics, aux outils du Nouveau management public (NMP), cette doctrine dorigine entrepreneuriale visant à importer dans le secteur public les outils du secteur privé : indicateurs de « performance », benchmarking, « responsabilisation » des professionnels, incitations financières au rendement, recours à des consultants privés, sous-traitance, dédifférenciation entre les secteurs public et privé (notamment par la mise en cause des statuts de la fonction publique), recours à des agences spécialisées et présentées comme purement techniques, etc. Lemploi de ces instruments sest récemment systématisé sous le terme de « réforme générale des politiques publiques » (RGPP). Au-delà de leur théorie, en quoi consistent en pratique ces « réformes » managériales et quels sont leurs effets sociaux ?
Avant tout, il faut préciser le sens du terme « réformes ». Allègrement utilisé par les promoteurs de celles-ci, puisque connoté très positivement une réforme est, nous dit le dictionnaire, une amélioration apportée dans le domaine moral ou social , il faut plutôt les considérer ici comme un ensemble de normes quune coalition dintérêts cherche à imposer au niveau collectif, sans se prononcer a priori sur leur caractère bon ou mauvais.
Dans les hôpitaux, ce mouvement réformateur prolonge celui qui a débuté dans les années 1980, de « maîtrise » des dépenses de santé. En particulier, les pouvoirs publics ont lancé en 1982 un « programme de médicalisation des systèmes dinformation » (PMSI), qui semble porter ce nom notamment en réaction à la dénonciation par les médecins de la « logique comptable » qui leur serait imposée par son biais. Ainsi, bien que ce programme pose les bases dune comptabilité analytique hospitalière, son nom met en avant la « médicalisation » des systèmes dinformation, cest-à-dire dune comptabilité, plutôt que la « comptabilisation » dactes médicaux, alors quil sagit en fait de la même chose.
Un pas supplémentaire dans cette direction est franchi avec la mise en place dune tarification « à lactivité » (T2A), installée progressivement à partir de 2005. Alors quauparavant, le budget dun hôpital dépendait essentiellement de celui de lannée précédente, désormais une partie croissante de ses ressources est fonction de son « activité », définie essentiellement en termes de nombre dactes médicaux, plus que par exemple de temps passé par les infirmières auprès des patients. De plus, alors que les tutelles couvraient fréquemment a posteriori les dépenses imprévues, cet instrument de régulation se met en place en même temps quun changement de politique en la matière. Aujourdhui, un nombre croissant détablissements se retrouvent en déficit. Ce système doit inciter les producteurs de soin à une plus grande efficience, au risque dune baisse de leur qualité ou de la sélection des malades. En effet, il met en place un financement de lhôpital en fonction du coût non plus réel mais supposé du séjour, déterminé par une Enquête nationale des coûts (ENC), effectuée sur un échantillon détablissements dits représentatifs. Tous les dépassements du coût officiel, quils soient dus à des malades plus lourds, à une plus grande qualité des soins, ou à une moindre productivité de létablissement, demeurent donc dans cette logique à la charge de celui-ci.
Ces mesures saccompagnent de discours virulents, du côté de leurs promoteurs, qui vitupèrent des résistances quils qualifient dirrationnelles ou au mieux de corporatistes, comme du côté de leurs opposants, selon qui elles creuseraient la tombe de notre système de protection sociale. Dans le domaine académique, deux grandes écoles se disputent linterprétation de ces mesures, en même temps quelles en retracent la genèse. La première est ancienne, puisquelle plonge ses racines dans les travaux de la sociologie des organisations. Elle est aujourdhui encore reprise par certains acteurs du système de santé, comme des hauts fonctionnaires, et se prolonge par des réflexions globales sur la « rationalisation » du système de santé. En gardant à lesprit son caractère composite, on peut nommer ce premier ensemble dinterprétations celui de la « politique de rationalisation ». La deuxième grande interprétation de ces mesures dénonce la « politique des caisses vides », qui consisterait à mettre en scène les déficits publics dans lintention de créer un climat daustérité budgétaire propice à la réduction des dépenses sociales.
Chacune de ces deux grandes interprétations forme pour lautre une zone dombre. De plus, elles ont en commun certaines limites. Leurs auteurs ne pénètrent ainsi que rarement dans lenceinte des établissements de soin. Inversement, on trouve des études qui ont lhôpital pour siège, mais qui sintéressent essentiellement aux professions de santé, et nétudient pas pour elles-mêmes les mesures gouvernementales.
Lenquête que jai menée tente de dépasser ces limitations théoriques et empiriques en adoptant une double voie dentrée dans lunivers hospitalier, à la fois descendante et ascendante. La première part dune agence proche des pouvoirs publics. Elle se prolonge par les consultants privés qui interviennent pour son compte dans les hôpitaux, pour enfin aboutir dans les services administratifs de ceux-ci et dans leurs services de soin. La voie ascendante, de son côté, est partie de patients et de services de soin pour remonter vers lagence. La combinaison de ces sources permet de voir lensemble dune politique publique en actes : dabord ses intentions, ensuite ses instruments (T2A ou acteurs intermédiaires), enfin ses effets sur les cibles de laction, cest-à-dire sur les patients et sur ceux que je nomme les soignants les médecins, les infirmières, et tous ceux qui travaillent directement au contact des patients.
Lagence se présente comme purement technique, prétendant simplement « aider » les hospitaliers soignants et administratifs à résoudre leurs problèmes, leur apporter un « appui ». En cela, elle préfigure largement l« Agence nationale dappui à la performance des établissements de santé et médicosociaux » (ANAP) créée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009. Elle anticipe également largement sur le rapport Larcher (du nom du président UMP du Sénat), qui a préludé au projet de loi déposé par R. Bachelot, actuellement en discussion au Parlement. En fait, elle est bien linstrument dun programme politiquement contesté, le plan Hôpital 2007 (lancé en 2003), qui se propose dintroduire dans les hôpitaux de nouvelles normes, plus productivistes. Si cette agence renouvelle les techniques de gouvernement, en faisant davantage appel au marché et à lincitation que ne le faisait jusque-là lÉtat, elle ne fait en rien disparaître lexercice du pouvoir par celui-ci. Au fond, elle tente de convertir des problèmes de moyens en problèmes dorganisation, autrement dit de rendre les hospitaliers responsables des problèmes quils rencontrent.
Cette proposition générale trouve particulièrement à sillustrer à propos des services durgence, qui occupent une position charnière dans les établissements. Placés à la porte de ceux-ci ils ont longtemps été appelés « services-porte » , ils vivent avec une acuité particulière la rencontre entre les demandes du public, qui peuvent être de nature médicale mais aussi sociale, et les logiques de linstitution : offre de soins médicaux fortement spécialisés par sous-disciplines et limitation des ressources disponibles. Cette position fait deux des lieux où se concentrent, par rapport aux autres services, les patients les plus démunis, puisquy sont surreprésentés les catégories défavorisées dans léchelle sociale ou des populations précaires : ouvriers, employés, chômeurs, femmes au foyer, étudiants. En outre, à partir des années 1980 environ, un certain nombre de facteurs se conjuguent pour renforcer les tensions qui sexpriment à leur niveau et leur donner une visibilité particulière. On assiste tout dabord à la montée lente mais continue du chômage puis des situations de précarité. Ensuite, ces services font lobjet dune médiatisation croissante : par le biais de séries télévisées ou, plus spécialement en France, par celui de P. Pelloux, président de lAssociation des médecins urgentistes de France (AMUF), notamment à loccasion de la canicule de 2003. Enfin, certains patients recourent de plus en plus aux services durgence, moins chers, donnant potentiellement un accès rapide à toutes les spécialités hospitalières et plus disponibles quune médecine de ville de plus en plus onéreuse, éclatée entre de multiples officines et qui délaisse certains segments horaires comme la nuit et le week-end.
Cette demande importante adressée aux services durgence, non complètement suivie par une offre de soins correspondante, se traduit par un encombrement de ces services, et pour les patients par des temps dattente élevés. Lagence étudiée par lenquête sintéresse précisément à ces temps dattente, mais dune manière particulière. En sappuyant sur le mouvement dindignation causé par cette attente auprès des patients et des soignants, elle tente, à laide dune rhétorique statistique, dinverser la perception de ses causes en affirmant quelle serait due avant tout à une mauvaise organisation des soignants. Le temps dattente des soignants est ainsi pour elle un indicateur à même de « faire bouger » ou de « faire se bouger » les soignants, dans une optique damélioration conjointe de la qualité et de « lefficience » des soins, autrement dit de leur productivité. Mais lexamen précis de son travail montre que, derrière un objectif affiché de baisse des délais dattente, lagence recherche surtout à faire réaliser aux établissements des gains de productivité, à augmenter le nombre de patients traités par soignant, plutôt que daccroître loffre pour répondre à la demande.
Lutilisation de cet indicateur favorise donc plutôt une intensification du travail des soignants et la « maîtrise » des dépenses de santé, que laccroissement de la qualité des soins dispensés, qui apparaît largement comme une justification a posteriori. Au cours de leur travail, les réformateurs ne suivent quexceptionnellement des indicateurs de qualité des soins.
De plus, dans un des services les plus « avancés » sur la voie des réformes, lamélioration de « lefficience » ainsi obtenue va de pair avec une dégradation de la qualité, approchée par le taux de retour des patients. Plus le temps dattente et de passage des patients est bref, toutes choses égales par ailleurs, plus leur taux de retour dans le service est élevé. Autrement dit, dans lespace des pratiques médicales possibles, les patients examinés le plus rapidement sont aussi ceux qui doivent revenir le plus fréquemment. Lexamen de ces réformes en train de se faire montre donc que les soignants y sont incités à mettre en place des soins standardisés et bas de gamme, autrement dit des soins low cost. Dans son analyse du Nouveau management public (NMP), Christopher Pollitt, spécialiste de la question, montre que celui-ci peut servir aux gouvernants à reconfigurer leurs relations avec les gouvernés. Dans une situation initiale, ceux-ci imputeraient à ceux-là la responsabilité des dysfonctionnements des services publics, comme les hôpitaux. Le NMP permettrait au contraire au gouvernement de « responsabiliser » ladministration, au sens où désormais ce nest plus lui mais elle que les usagers tiendraient pour responsable de leurs problèmes. La version observée ici fait un pas de plus : non seulement les soignants sont ainsi « responsabilisés » dun temps dattente élevé, mais de plus lincitation à soigner plus vite reporte les risques de cette opération sur les patients, qui attendent moins, voire sont « réorientés » à lentrée du service (la volonté des pouvoirs publics rejoint ici la vieille hantise des urgentistes davoir « des journées remplies » de fausses urgences), mais doivent revenir plus souvent.
Enfin, le durcissement des conditions de la négociation que les patients doivent mener pour accéder aux soins pénalise surtout les moins favorisés dentre eux, ce qui renforce les inégalités sociales de santé.
Nicolas BELORGEY, « Ce que signifie la réforme des services publics : le cas des urgences », www.contretemps.eu, 9 mars 2009
C. Les perspectives
La certification des instituts de formation en soins infirmiers
Aucun dispositif de certification nest officiellement mis en place pour les Ifsi mais on constate que la démarche appliquée aux établissements de santé est totalement transférable à notre système de formation. Seul manque un référentiel.
Ceux qui existent sont la résultante de groupes de travail ayant réfléchi sur cette nécessité de démarche de qualité. Un Guide pour autodiagnostic de la qualité de formation en Ifsi a été écrit par le CEFIEC en 1999 et plus récemment, en juin 2004, lENSP a élaboré un référentiel qualité intitulé Accréditation des dispositifs de formation supérieure tout à fait exploitable pour nos formations initiales.
Ce document reprend 3 grands pôles : lorganisme avec ses missions, ses organisations et ses ressources, la formation avec les orientations, lingénierie de formation pédagogique et les effets en termes de résultats, impacts et assurance qualité.
Malgré labsence dune législation obligeant chaque Ifsi à rentrer dans une procédure de certification, le secteur de la formation ne peut se soustraire à cette évolution quest lassurance qualité.
Les nouvelles réformes, la certification V2 ont placé la qualité des soins au cur de leurs préoccupations. Comment envisager une démarche de qualité globale si laspect formation nest pas pris en compte ? Le futur employeur quest lhôpital est un bénéficiaire direct des ressources que le futur professionnel aura tirées de la formation.
La formation doit répondre à un besoin defficacité au regard des compétences attendues sur le terrain en situation de travail.
Nous pouvons aisément percevoir que la complexité des situations de vie rencontrées et la subtilité qui caractérise toute la pratique professionnelle ne facilitent ni la conception, ni lévaluation de la qualité dune telle pratique.
Dire ce quest un soin de qualité par lintermédiaire de définitions, de grilles dévaluation et de démarches nest pas un acte anodin car il oriente le sens de la pratique et la représentation que lon a de celle-ci.
La qualité est sous-tendue par un ensemble de déterminants : organisation concrète des structures, aspects économiques et politiques, formation des personnels, comportements, méthodes daccueil
qui auront tous, à des degrés divers, de limportance.
De fait, définir la qualité demande un inventaire complet de la situation dans tous ses aspects et toutes ses dimensions.
Conclusion
La nouvelle gouvernance sarticule autour de 4 grands objectifs qui se veulent complémentaires : garantir laccès aux soins pour tous, améliorer la qualité et la sécurité des soins, mieux utiliser les ressources et accroître lefficience de la prise en charge. Elle sinscrit totalement dans les axes de la certification V2 et la gestion des risques. Toutefois, le chantier est conséquent et les cadres devront être au cur du changement pour que tous ces projets convergent vers la même cible : lusager et la qualité optimale de sa prise en charge.
K Exercice 2 Exercice 4 : appréhender lévolution du statut du patient
XE "dessin 0614"
XE "dessin 0615" Décision Santé, n° 212, février 2005
Question
Vous dégagerez les idées principales de ce texte.
À retenirEn tant que cadre de santé, vous êtes garant de la qualité.
Les hôpitaux sont actuellement en certification version 3 (V 2010, révisée en avril 2011) et il est essentiel pour vous de connaître parfaitement le contenu des référentiels (le manuel HAS se trouve sur le site Internet de la HAS).
Ce document est, en effet, un outil de travail très intéressant vous permettant dêtre dans une démarche dévaluation des pratiques professionnelles et de vous situer dans un continuum de qualité de la prise en charge des personnes hospitalisées.E corrigé des exercices dentraînement
Exercice 1
1. La démarche qualité est un processus global, systématique et continu qui permet daccroître la confiance dans la qualité du service rendu. Elle consiste à examiner régulièrement des points clefs du fonctionnement de lorganisation et des actions pour anticiper les dysfonctionnements.
Le document proposé présente la mise en place dune démarche qualité dans le cadre des associations en promotion de la santé. Même sil sagit toujours du domaine sanitaire cette démarche sinscrit dans un cadre spécifique. Toutefois, il est possible de relever des éléments invariants qui sont constitutifs dune démarche qualité générale.
Dans son objectif, une démarche qualité vise toujours à lamélioration de la qualité par la compréhension des dysfonctionnements et la proposition de mesures effectives et efficaces. Cest ce que nous retrouvons dans larticle qui stipule quil sagit de « construire la meilleure réponse possible aux besoins de santé des populations ».
Une démarche qualité est forcément participative. Elle implique tout létablissement et sappuie sur un engagement fort des responsables et sur une réflexion collective. Dans cette expérience, neuf associations ont été mobilisées.
Les référentiels sont également indispensables. Ce sont des outils au service des démarches damélioration de la qualité. Ils forment un cadre qui détermine, pour un établissement ou une structure, les exigences et objectifs à atteindre. Ces référentiels sont utilisés dans des activités dévaluation qui permettent de se situer par rapport à ces exigences et objectifs. Dans le cadre de la démarche qualité des associations, cest le guide dautoévaluation de la qualité qui peut être envisagé comme un outil référentiel constituant un socle de référence collective pour une terminologie commune. Il permet de conduire un questionnement sur les pratiques de façon structurée et méthodique.
La mise en place dune démarche qualité à partir dune référence de départ, tel loutil présenté dans larticle, constitue un choix méthodologique qui permet dévaluer des écarts dans le cadre dune auto-évaluation. Cette autoévaluation constitue une aide à la définition des actions damélioration, car la mise en uvre des exigences de qualité du référentiel nécessite, entre autres, la définition des tâches et responsabilités, la formation de certaines activités essentielles au fonctionnement de létablissement, de la structure ou de lassociation sous forme de procédures.
Ainsi, dans un cadre général, la démarche qualité vise à améliorer en permanence la qualité du service rendu aux personnes par les actions mises en uvre. Elle contribue également à un meilleur travail déquipe et de communication interne par la mise en évidence et le développement des compétences acquises.
2. Les enjeux désignant à la fois les avantages mais aussi les risques, nous allons envisager loutil mis en place sous ces deux aspects.
Au niveau des limites, elles se situent essentiellement dans la gestion de loutil dans le sens où à première vue le guide peut sembler difficile à exploiter et surtout source dun travail supplémentaire. De ce fait les équipes peuvent se montrer méfiantes au départ, doù la nécessité de les impliquer et de bien mettre en valeur les intérêts collectifs et individuels à entrer dans une telle démarche.
De ce fait, il est très important daccompagner la première utilisation de ce guide. Une personne préalablement formée doit servir de référent afin de resituer la mise en uvre de ce guide dans le processus global de la démarche qualité.
Au niveau des apports dun tel guide, ils sinscrivent surtout dans le fait dactions mises en uvre dans une démarche communautaire en santé définie dans un objectif bien précis : élaborer un plan damélioration de la qualité des actions. Il permet un questionnement sur toutes les pratiques dans le cadre dune réflexion collective. Indirectement, un autre avantage se situe dans le fait de permettre à toutes les associations de mieux se connaître et donc de se faire confiance.
Enfin, ce guide peut aussi être un outil offrant la possibilité de diffuser progressivement la démarche qualité dans toutes les associations intervenant en promotion de la santé. Il peut être un vecteur permettant de constituer un réseau de formateurs capables dassurer des actions de sensibilisation et de formation auprès des acteurs de terrains dans le but quils sapproprient la démarche dautoévaluation et quils la mettent en place dans leur propre structure.
Exercice 2
Cette lettre est adressée à lensemble du personnel du centre hospitalier. Son objectif est dapporter une information complète mais simple sur son C.L.A.N., ainsi que sur les actions quil mène sur la nutrition et la restauration. La construction de cette information sarticule sur trois axes : des informations générales, les actions concrètes de létablissement et le développement dune problématique spécifique propre à impliquer lensemble du personnel.
La première partie de cette communication présente le C.L.A.N. dans ses axes généraux. Elle légitime les actions du comité en les contextualisant par rapport à la circulaire de 2002 et en mettant en évidence les besoins en termes de personnels, de qualité et de formation pour une prise en charge nutritionnelle optimale (Cest quoi le CLAN ?). Elle rappelle alors les missions du C.L.A.N. et sa composition multi professionnelle (Quelles sont ses missions ? Qui y participe ?).
Dans un deuxième temps, la communication expose les mises en uvre du C.L.A.N. (Qua déjà fait le CLAN ?) et présente un axe de travail (Le projet MEAH restauration). Il sagit dexposer des actions concrètes afin de faciliter ladhésion du personnel.
Enfin dans un troisième temps (La dénutrition à lhôpital : un fléau), pour faciliter son acceptation, cette communication repositionne la problématique de la dénutrition par nature de patient et secteur de létablissement et met en avance la responsabilité de lhôpital et la nécessaire prise en charge de la dénutrition. Pour conclure, elle précise quune action simple, toiser et peser, permet dapporter des informations importantes et insiste sur limplication de lensemble du personnel.
Ainsi, il est indispensable que cette communication implique le personnel car le fonctionnement du C.L.A.N. ne peut être assuré que par une politique volontariste de la direction de létablissement et de la direction des soins qui sinscrit respectivement dans le projet détablissement et dans le projet de soins. Limplication doit être présente à tous les niveaux de létablissement de santé.
Exercice 1 Exercice 3
Lidée principale
La question centrale est de savoir quelles stratégies trouver pour associer logique de performance et maintien des valeurs humanistes qui fondent le cur des soins.
Contexte
3 logiques doivent actuellement cohabiter : logique des sentiments, logique des coûts et logique de lefficacité.
De nouvelles contraintes sont à intégrer : une augmentation des dépenses de santé liées au vieillissement, une exigence de santé de la population, une forte demande de respect dautonomie des usagers, des exigences de qualité, une forte judiciarisation des soins, la nécessaire maîtrise des coûts, les conditions de travail
À tout cela sajoutent les contraintes des réformes comme la T2A et la mise en place de la nouvelle gouvernance.
Comment redéfinir la place des soignants face à toutes ces contraintes ?
La problématique centrale
Le paradoxe à gérer se trouve à la fois au niveau de la société : limiter les coûts et augmenter le bien-être de la population, et au niveau des services de soins : fonctionner au moindre coût et atteindre dans le même temps des objectifs de plus en plus ambitieux.
Dans ce contexte et face à cette problématique, les valeurs premières à défendre sont les valeurs humanistes : la défense du service public, laccessibilité des soins pour tous, la prise en charge de la santé publique, la solidarité, léquité, léthique et le professionnalisme. Il est donc nécessaire denvisager un mode managérial différent.
La mission du cadre est donc essentielle, sa mission principale étant de mettre en place les outils de la performance pour garantir la qualité des prestations dans la maîtrise des coûts.
Bien utilisé, le chemin Clinique permet de concentrer les efforts de linstitution hospitalière sur les activités de soins prioritaires sans nuire à la qualité.
Pour cela, le contrôle des indicateurs permet une évaluation efficace et oriente les réajustements à apporter : indicateurs Cliniques, indicateurs de processus, indicateurs déquipe, indicateurs de service, indicateurs financiers. Les personnels se sentent investis et les usagers garantis par de bonnes pratiques.
Pistes de réflexion pour le commentaire
Il faut sappuyer sur les textes législatifs pour connaître le contexte quest la nouvelle gouvernance (cf. fascicule « Méthodologie des épreuves écrite et orale », série 03).
Rappel : lordonnance n° 2005-406 du 2 mai 2005, simplifiant le régime juridique des établissements de santé, et celle du 1er septembre 2005, qui la modifie, sont toutes deux prises en vertu de la loi du 9 décembre 2004 constituant le 4e volet de cette réforme. Les 3 autres volets concernent la simplification de lorganisation et du fonctionnement du système de santé (ordonnance du 4 septembre 2003), la réforme du financement des établissements de santé par une tarification à lactivité, et la relance de linvestissement hospitalier.
Les dispositions des 2 ordonnances de mai et septembre 2005 peuvent être regroupées autour de 5 thèmes :
la réforme de lorganisation et du fonctionnement des établissements publics de santé ;
lorganisation hospitalo-universitaire en ce qui concerne, essentiellement, la promotion de la recherche dans les centres hospitaliers universitaires ;
lorganisation financière : ces dispositions ont pour objet dadapter les règles budgétaires et comptables à la réforme que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2004 a opérée en prévoyant que les établissements dont les dépenses étaient jusque-là couvertes par une dotation globale seraient dorénavant financés à lactivité ;
la gestion des personnels de direction et des praticiens hospitaliers des établissements publics de santé et, notamment, la création dun centre national de gestion ;
la gestion des établissements de santé privés et, en particulier, la réforme du statut juridique des centres de lutte contre le cancer.
La charte de la personne hospitalisée : la loi n° 2202-303 du 4 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, poursuit la mise en uvre dune démocratie sanitaire, loi complétée par la circulaire du 2 mars 2006.
Vous pouvez aussi vous appuyer sur les référentiels du manuel de certification version 2.
Ensuite, définissez ce que sont pour vous les valeurs humanistes.
Lisez Walter HESBEEN, Bernard HONORÉ, Marie-Françoise COLLIÈRE
Précisez ce que sont pour vous des soins de qualité.
Comment pouvez-vous concilier cette qualité des soins avec un nécessaire contrôle des coûts ?
Inscrivez votre commentaire dans votre expérience professionnelle et projetez-vous dans votre future fonction de cadre de santé. Limportant, cest de se positionner en sinscrivant dans les réformes et en gardant les valeurs de soignant.
Concluez par des perspectives : solutions possibles, type de management, idées stratégiques
Exercice 2 Exercice 4
Quen est-il de la place de lusager à lhôpital depuis la loi du 4 mars 2002 ? Est-il devenu plus responsable de sa prise en charge ?
Client ? Usager ? Consommateur de soins ? Personne malade ?
Selon Didier Tabuteau (conseiller dÉtat), cest une personne vivant une situation particulière (la maladie) avec des droits et des devoirs.
Selon Christophe Debout (président de lANFIIDE), le soignant avait auparavant une position de quasi-monopole de linformation et de la décision médicale, alors quaujourdhui la quasi-responsabilité revient au patient.
Selon Michèle Guillaume Hofnung (vice-présidente du Comité des droits de lhomme et des questions éthiques), le patient a « droit à lautonomie, droit au secret, droit à la transparence ».
Toujours selon Michèle Guillaume Hofnung, auteur de louvrage Droits des malades. Vers une démocratie sanitaire'(012347ab©ª«®¯°±²¿ÀÁÛÜÝà÷ó÷ó÷óæÞÙÞæÐÂбÂÐÂjZÐÂÐIÂÐ j}h0UmHnHuhTh0\aJmHnHu.h¿*Àh0;CJPJ_HaJmHnHtH u&hTh0OJQJ\aJmHnHu4h¿*Àh056;CJPJ_HaJmHnHtH u jh0UmHnHujh0UmHnHuh0mHnHu h0;hó:Üh0;jhó:Üh0;Uh0jh0U2°â d ä /
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Ainsi, avec la loi du 4 mars 2002, le patient devient collaborateur, acteur de sa prise en charge et, donc, coresponsable dans les dépenses de santé.
Abaque (du latin abacus : planche à calcul) : diagramme, graphique donnant par simple lecture la solution approchée dun problème numérique.
Christophe TRIVALLE, « Hippocrate, réveille-toi, lhôpital est devenu fou ! », Le Monde, 13 février 2009.
André Grimaldi, Réinventer lhôpital public, éd. Textuel, 2005. André Grimaldi est professeur des universités, praticien hospitalier et chef du service de diabétologie de lhôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Laurent Sedel est chef de service dorthopédie-traumatologie à lhôpital Lariboisière, professeur à luniversité Paris VII et directeur de recherche au CNRS.
HAS, « Lévaluation des pratiques professionnelles dans le cadre de laccréditation des établissements de santé », juin 2005.
L. DE GAILLANDE et J.-P. REGLAT, « Évaluation des pratiques professionnelles (EPP). Sensibilisation de la direction et de la CME », Gestions hospitalières, mars 2007, p. 201-208.
Nicolas BELORGEY, Réformer lhôpital, soigner les patients. Une sociologie ethnographique du nouveau management public, Thèse de sociologie sous la direction de Florence Weber, Paris, EHESS, 2009.
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