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republique du benin - Inter-réseaux Développement rural

C'est la Commune d'Abomey-Calavi qui détient le plus grand effectif .... la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), et du ..... Au sujet des importations des ?ufs, les pourparlers avec la société CAJAF ...




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omique de l’Afrique de l’Ouest
CPAM Comité de Pilotage de l’étude « Aviculture Moderne »
CPU Complexe Polytechnique Universitaire
FSA Faculté des Sciences Agronomiques
CTMV Commission Technique des Médicaments Vétérinaires
DPP Direction de la Programmation et de la Prospective
DAPP Directeur Adjoint de la Programmation et de la Prospective
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
DANA Direction de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée
DCVP  Direction du Contrôle Vétérinaire et Phytosanitaire
DGDDI Direction Générale des Douanes et Droits Indirects
GAPD Groupement des Aviculteurs pour une Promotion Durable
GAI Groupe Afriturible International
INRAB Institut National des Recherches Agricoles du Bénin
LPDR Lettre de Déclaration de Politique de Développement Rural
MAEP Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (ex MDR)
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
OP Organisation Paysanne
OPA Organisation Professionnelle Agricole
PAS Programme d’Ajustement Structurel
PAGER  Projet d’Activités Génératrices de Revenu
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PAC Port Autonome de Cotonou
PRSA Projet de Restructuration des Services Agricole
PTAA  Programme de Technologies Agro-alimentaires (MAEP)
SDDAR Schéma Directeur du Développement Agricole et Rural
SAPS Service d’Analyse Prospective et de la Statistique
PADAV Projet d'Appui au Développement de l'Aviculture Villageoise
PADFA Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles
PADSA Programme d'Appui au Développement du Secteur Agricole
PAMR Projet d’Appui au Développement du Monde Rural
PRAIVAP Programme de Réforme de l’Approvisionnement en Intrants Vétérinaires et d’Appui à la Privatisation
PDE 3 Projet de Développement de l’Elevage Phase 3
RDR Responsable de Développement Rural
TS Zoo  Technicien Spécialisé en Zootechnie
TS Santé Technicien Spécialisé en Santé Animale
UEMOA Union Economique Monétaire Ouest Africaine
UDP Union Départementale des Producteurs
USPP Union Sous-préfectorale des Producteurs
VVV Vaccinateurs Villageois de Volailles
1. INTRODUCTION
1.1. Contexte et justification de l’étude

Au Bénin, comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, il y a deux types d’élevages avicoles qui cohabitent : l’élevage avicole traditionnel et l’aviculture moderne qui est récente (1980) et prend de plus en plus d’importance. Comme dans la plupart des pays du l’UEMOA, elle s’est positionnée au sud du pays ; dans les périphéries de Cotonou et de Porto-Novo de même que les communes limitrophes telles que Abomey-Calavi, Zè, Sèmè-Kpodji, Akpro-Missérété, etc. et dans les villes secondaires : Ouidah, Allada, Avrankou, Adjohoun, Comé, Zogbodomey, Bohicon et Abomey etc... On note une incursion légère de cet élevage moderne dans le nord du Pays (Parakou, Djougou, Natitingou). Contrairement à l’aviculture traditionnelle moins exigeante, l’implantation de l’aviculture moderne est sujette à des investissements non moins négligeables, à la création d’emplois et, demande une conduite rigoureuse. Bien conduite, l’aviculture moderne constitue une source de fortune certaine pour les Aviculteurs.

D’après les statistiques de la Direction de l’Elevage, au Bénin, la volaille constitue la deuxième source de viande, après les bovins (21% contre 58% pour les bovins, 13% pour les ovins/caprins et 7% pour le porc). Et selon les données de l’UEMOA, le poulet béninois contribuerait à 2,4% dans la formation du chiffre d’affaire agricole du Bénin. Les œufs participeraient à 1,4% à la formation du chiffre d’affaire de l’agriculture béninoise.

Mais en dehors des perturbations technico-financières, il convient de signaler que l’euphorie de développement qu’a connu le sous-secteur de l’aviculture moderne béninoise dans les années 1990 à 2000 s’est émoussée face aux importations croissantes de volailles et parties de volailles qui proviennent des Pays de l’Union Européenne, le Brésil etc. Cette situation s’est aggravée par deux situations clés :

à partir de 2003, par l’importation des œufs congelés (à bas prix) des pays tels que les Pays-Bas, la France et l’Afrique du sud ;
la crise du maïs en 2004 caractérisée par la hausse du prix de cette denrée.

Cette étude s’est déroulée pendant cette période de morosité ou de découragement des aviculteurs béninois. En effet certains sont amenés à cesser carrément l’aviculture et d’autres ont baissé de façon drastique leurs effectifs pour attendre une éventuelle stabilisation de la situation avicole béninoise avant de reprendre.

1.2 Objectifs et questions centrales de l’étude
1.2.1 Objectifs

L’étude envisagée a pour objet de fournir une situation aussi complète que possible de la sous-filière « aviculture moderne » sur l’ensemble du territoire béninois. Cette aviculture moderne, qui est actuellement celle directement confrontée aux importations, afin d’alimenter cette réflexion. Elle alimentera celle-ci selon trois axes essentiels de préoccupations :

Le positionnement de la filière avicole béninoise : contexte actuel et perspectives face aux marchés, sous-régionaux, régionaux et internationaux, prise en compte des besoins du marché national et de son évolution ;

Le développement de la production nationale, d’un point de vue technique, socio-économique, financier et commercial ; situation actuelle, perspectives d’amélioration des performances à toutes les étapes (production, transformation, commercialisation) et capacités futures nécessaires pour répondre aux besoins nationaux présents et futurs ;

Le contexte institutionnel et juridique: la structuration et l’organisation de la filière par catégories socioprofessionnelles, rapports entre celles-ci, défense des intérêts des acteurs et promotion de la filière ; le rôle de l’Etat, les textes en vigueur et leur application, le nouveau dispositif technico-juridique à promouvoir.

1.2.2 Questions centrales

Cette étude est un état des lieux ou une analyse-diagnostic complète de la sous-filière de aviculture moderne au Bénin à travers ses principaux aspects :

productions avicoles : aspects technique, économique et socio-organisationnel ;
la sous-filière avicole dans l’environnement régional et international ;
cadre institutionnel et juridique régissant l’activité avicole.

Elle apporte des réponses concrètes aux principales questions qui se posent régulièrement sur l’ensemble de cette sous-filière, à savoir :

le potentiel de production ;
les normes de production locales ;
les différents acteurs de la sous-filière et leur niveau de structuration et d’organisation ;
l’impact social de la sous-filière dans le tissu socio-économique du Bénin ;
l’importance de la filière aviculture moderne dans la sous-région ;
les impacts des accords régionaux et internationaux sur la filière avicole locale ;
l’inventaire de l’arsenal juridico-institutionnel régissant la sous-filière.

1.3.3 Méthodologie

L’esprit qui a guidé la conduite de cette étude est fondé sur les principes de l’approche participative. En effet, un Comité de Pilotage de l’étude sur l’Aviculture Moderne (CPAM), constitué de tous les acteurs de sous-filière (Aviculteurs, Accouveurs, Distributeurs d’intrants vétérinaires, Fournisseurs de matières premières, Importateurs de volailles et de parties de volailles, Organisations Paysannes, les Cadres du MAEP et du MICPE) a été mis en place pour veiller sur les aspects méthodologiques et apporter un appui sur la conduite de l’étude sur le terrain.

L’implication des acteurs des filières, du secteur Public (MAEP) et du secteur Privé (producteurs, fournisseurs d’intrants, commerçants de produits d’élevage) et de ses organisations professionnelles à toutes les étapes. Ceux-ci seront impliqués dans les études dont ils seront en même temps l’objet; l’étude doit constituer une opportunité de concertation pérennisée entre les deux secteurs.
Au niveau du document final, le prestataire devra rendre compte de la diversité des positions exprimées par les différentes catégories socioprofessionnelles de la sous-filière ;
L’étroite prise en compte des actions et autres travaux éventuellement en cours dans le domaine.
2. ETAT DES LIEUX DE LA SOUS-FILIERE AVICULTURE MODERNE AU BENIN
2.1 Bref aperçu de la sous-filière avicole

Le Bénin est un pays de l’Afrique occidentale avec une superficie de 112 622 km2 et peuplé de 6 800 000 hbts (RGPH 2002). Il est limité au sud par l’Océan Atlantique, à l’ouest par le Togo, au Nord par le Burkina-faso et le Niger et à l’est par la Nigeria. C’est un pays dont l’économie est à dominance agricole. Les 70% de sa population active sont agricoles. L’agriculture participe à hauteur de 37% au PIB et pour plus de 85% des recettes de l’exportation.
La production animale quant elle contribue à hauteur de 6% du PIB national. La filière avicole moderne, quoique jeune est la seconde spéculation après les bovins du point de vue de l’offre de la viande. La filière avicole moderne béninoise repose sur la filière maïs (voir tableau n°22, annexe 10).

Selon les statistiques de la Direction de l’Elevage, le Bénin dispose aujourd'hui d'un cheptel filière avicole non négligeable, forte de 13 millions de poulets locaux (traditionnels). La politique avicole serait marquée par trois temps à savoir :

de 1908 à 1972 : Les efforts étaient consacrés à :
la lutte contre les maladies enzootiques, notamment la pseudopeste et le choléra aviaire qui occasionnaient des hécatombes réguliers au sein des cheptels ;
l’amélioration de la race locale à travers l'opération coq « améliorateur » avec la coopération israélienne
la formation spécialisée de cadres techniques

La période de 1972 à 1990 (époque de révolution béninoise marquée par la politique d’étatisation soutenue par l’idéologie marxiste-léniniste) se caractérise par la création des sociétés et la mise en œuvre des projets :
la Société de Développement des Ressources Animales-SODERA/Projet BAD-Aviculture moderne ;
la Société Arabe Bénino-Libyenne/Projet de Promotion Avicole avec un couvoir ; le couvoir de Pahou ;
l'Office Béninois des Produits d'Elevage et de Pêche ;
les volets avicoles des projets de développement rural intégré des différents départements;
les Sociétés provinciales de production végétale et animale (SOPROVA) avec de nombreuses stations avicoles ;
la formation de cadres spécialisés en alimentation et reproduction aviaires ;
la création de l'Office National de Pharmacie dont un département vétérinaire pour assurer un meilleur approvisionnement des producteurs en intrants divers ;
la création des plusieurs banques et caisses agricoles ayant appuyé le développement avicole ;
la promulgation de plusieurs textes réglementaires pour protéger la production locale et les consommateurs nationaux.

Pendant cette période la filière avicole comme toutes les autres filières n’a pas échappé à l’effondrement du fait de la crise économique.

La période de 1990 à ce jour est marquée par des réformes politiques libérales et en particulier la politique d'ajustement structurel (PAS) et le désengagement de l’Etat des activités de production et de commercialisation des produits. Ces dernières ont redonné confiance aux partenaires au développement et permis de relancer les activités économiques dont l'aviculture. Des initiatives et entreprises privées avicoles sont nombreuses à naître. On peut citer, entre autres, les fermes de la Roche, de SAAB, le Projet d'Appui au Développement de l'Aviculture Villageoise, le projet d'Appui au Monde Rural/Volet avicole, le Projet d'Insertion des Sans-emploi dans l'Agriculture (PISEA) ayant financé de nombreuses micro-entreprises avicoles, le Projet de Développement de l'Elevage, Phase III. La dévaluation du FCFA en 1994 est aussi intervenue comme un catalyseur de cette relance de la filière avicole locale.
2.2 Les acteurs et la sous-filière
2.2.1 Inventaire et typologie des différentes catégories d’acteurs

Les principaux acteurs de la sous-filière sont :
les Aviculteurs modernes ;
les Fournisseurs de sujets d’élevage ou Accouveurs ;
les Distributeurs d’intrants zootechniques (aliments de bétail) ;
les Distributeurs d’intrants vétérinaires (Vétérinaires privés) ;
On note la présence d’autres acteurs indirects tels que les Importateurs des produits de volailles qui influencent la filière par le développement de la filière d’importation. Ce chapitre parle aussi des Consommateurs qui sont aval des segments de la sous-filière. Des institutions de l’Etat et les organisations paysannes intervenants dans la filière sont décrites dans le chapitre 3.
2.2.1.1 Les Aviculteurs modernes

Le terme moderne utilisé pour qualifier ces Aviculteurs tient compte du caractère intensif de leur élevage basé sur les souches importées ; ceci par opposition aux Aviculteurs traditionnels qui pratiquent un élevage traditionnel avec des souches locales. Les résultats de l’inventaire des Aviculteurs modernes béninois lors de cette étude porte leur nombre actuel à 488 dont 425 encore en activité (Cf. tableau 1) et 63 ayant abandonné l’activité avicole pour le moment (Cf. tableau 2). Ils sont surtout concentrés dans les Départements de L’Atlantique et du Littoral (47,32 %), de l’Ouémé-Plateau 15 % et du Mono-Couffo (12,42 %). C’est la Commune d’Abomey-Calavi qui détient le plus grand effectif d’Aviculteurs dans les Départements de l’Atlantique et du Littoral (Cf. annexes 4, 5, 6,7). L’étude a révélé trois catégories d’Aviculteurs suivant l’effectif des poules de pontes : les petits et les grands Aviculteurs, et, les Aviculteurs intermédiaires. Les petits Aviculteurs sont les plus nombreux 76%, les intermédiaire 18% et les plus grands 6%. Les petits Aviculteurs ont des effectifs de poules pondeuses inférieur à 1000, les intermédiaires, un effectif de poules pondeuses entre 1000 et 5000 têtes et les grands Aviculteurs, un effectif de poules pondeuses supérieurs à 5000. Les Aviculteurs modernes sont répartis dans le Pays comme le montre la Carte 1.

Tableau 1 : Répartition géographique des Aviculteurs

DépartementCommunesEffectifPourcentage (%)Atlantique / LittoralAllada367,71Abomey-Calavi11023,55Cotonou143Kpomassè40,86Ouidah306,42Toffo81,71Zê194,0722147,32Atacora DongaDjougou30,64Natitingou51,0781,71 Tableau 1 : Répartition géographique des Aviculteurs (suite et fin)

DépartementCommunesEffectifPourcentage (%)Borgou / AliboriParakou61,28Mono / CouffoAthiémé20,43Comè102,14Bopa91,93Dogbo10,22Grand-Popo163,43Houéyogbé81,71Klouékanmè30,64Lokossa81,71Lalo10,225812,42 Ouémé / PlateauAdjara122,57Akpro- Missérété112,36Avrankou81,71Dangbo5812,2Ifangni30,64Kétou20,43Sèmè-Kpodji30,64Pobè20,43Porto-Novo214,5Sakété30,647015Zou / CollinesAbomey122,57Agbangnizoun163,43Bantè20,43Bohicon143Savalou51,07Savè71,5Zogbodomey61,296213,28TOTAL425100Source : (GAI enquête 2005)


Tableau 2 : Répartition des Aviculteurs ayant abandonné l’activité avicole

Département EffectifPourcentageAtlantique/Littoral2540Atacora/Donga11,5Borgou/Alibori11,5Mono/Couffo1727Ouémé/Plateau1219Zou/Collines711Total 63100Source : Enquête, GAI 2005

2.2.1.2 Les Fournisseurs de sujets d’élevage

On rencontre deux catégories de fournisseurs de sujets d’élevage : les Accouveurs locaux et les Importateurs de sujets d’élevage. Il existe actuellement au Bénin deux couvoirs qui approvisionnent les éleveurs. Il s’agit du Couvoir « les Poussins du Roi » situé à Pahou dans le Département de l’Atlantique et le « Couvoir du Mono » situé à Lokossa dans le Département du Mono. Ces deux structures se sont spécialisées dans la fourniture des poussins pontes, des coquelets et des chairs. En dehors de ces centres de productions dont les produits sont entièrement commercialisés, il existe quelques écloseries qui assurent l’autofourniture de certains sujets d’un jour, en l’occurrence les pintadeaux, les cailleteaux, les oisons et dans une moindre mesure des chairs. Il s’agit notamment du Centre Songhaï de Porto-Novo, la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), et du Centre CASA de Bohicon.

L’autre principale source d’approvisionnement des éleveurs est constituée par l’importation des sujets d’un jour. Cette dernière est soutenue par les aviculteurs eux-mêmes sous prétexte d’obtenir les produits de meilleure qualité et de disposer également des autres espèces aviaires qui ne sont pas produites sur place (pintadeaux, dindonneaux, oisons, cailleteaux et cannetons de chair). Les plus importants importateurs des sujets d’un jour sont les deux plus gros fournisseurs d’intrants vétérinaires et zootechniques de la place : la Société VETO SERVICES (S.A), basé au quartier Sainte Rita de Cotonou et la Société TERRES et ASSOCIES (SARL), installée à Abomey-Calavi.
2.2.1.3 Les Distributeurs d’intrants zootechniques (aliments de volailles)

En amont de la distribution des aliments de bétail on a les Grossistes Fournisseurs, représentés par les industries agro-alimentaires à Savoir le Grand Moulin du Bénin (GMB), l’Industrie Béninoise des Corps Gras (IBCG), la Société des Huileries du Bénin (SHB), la Société Fludor Bénin et la Société SOCIA Bénin (Maïserie de Bohicon). Les intrants fournis par ces société sont le son de blé, le tourteau de soja, le tourteau de coton, le tourteau de palmiste et le son de maïs. Parmi ces produits, ce sont les tourteaux de coton et de soja et le son de blé qui sont les plus recherchés par les Aviculteurs dans l’alimentation de leurs animaux.
Les Sociétés TERRES ET ASSOCIES et VETO SERVICES sont les 2 principaux Grossistes Intermédiaires qui achètent ces aliments auprès des Grossistes Fournisseurs et se chargent de la distribution auprès des Semi-grossistes/Détaillants (les plus nombreux), représentés souvent par des Provendiers. Ceux-ci desservent des détaillants ou directement les Aviculteurs.
En dehors des ingrédients alimentaires de volaille tels que le tourteau de coton, le son de blé, le son du maïs, le tourteau de soja, les coquilles qui sont achetés sur place ; les autres ingrédients tels que la farine du poisson, les CMV, les prémix, lysine, méthionine etc. sont importés de l’Europe ou du Sénégal surtout par les deux Grossistes intermédiaires cités ci-dessus. Le tableau ci-dessous présente la répartition de ces différents acteurs dans le pays.



2.2.1.4 Les Distributeurs de produits vétérinaires de volaille

La distribution des produits vétérinaires est détenue par les Vétérinaires privés depuis la libéralisation de la fonction vétérinaire au Bénin. C’est la DE à travers son service de Santé Animale et le Programme de Réforme de l’Approvisionnement en Intrants Vétérinaires et d’Appui à la Privatisation (PRAIVAP) qui joue le rôle de grossiste dans la distribution des vaccins. Le PRAIVAP vend des vaccins aux Docteurs Vétérinaires Privés installés. Ces derniers les revendent soit directement aux Aviculteurs ou aux agents vétérinaires (Ingénieurs des Travaux d’Elevage, Assistants d’Elevage ou les Préposé d’Elevage) qui suivent les élevages.
Les autres produits vétérinaires aviaires, sont commandés par les cabinets vétérinaires grossistes et qui les revendent soit aux autres vétérinaires ou directement aux Aviculteurs.
Quant aux produits vétérinaires curatifs ; la distribution est assurée par des cabinets vétérinaires grossistes (VETO SERVICES, CODVETO, Phamarcie Vétérinaire de Kouhounou, Pharmacie vétérinaire bon Pasteur etc.) qui sont en partenariat avec des Laboratoires étrangers (Europe ou ailleurs) ou qui représentent ces derniers au Bénin. Ces Grossistes se chargent de la vente en gros aux autres cabinets vétérinaires (semi-grossistes) qui les revendent en détail aux Aviculteurs.
2.2.1.5 La Distribution de produits avicoles (viandes et œufs de volailles)

Le système de distribution des produits avicoles est développé dans le chapitre 2.6.6 sur la commercialisation des produits avicoles. On distingue deux catégories de distributeurs dans la sous-filière aviculture moderne. Il s’agit :
des Commerçants des produits avicoles locaux, représentés surtout par les bonnes dames vendeuses et revendeuses d’œufs de tables issus des fermes avicoles modernes. et ceux qui commercialisent les poulets, pintades, dindons vifs ou prêts à cuire. Le nombre de ces femmes et des ces commerçants est difficile à maîtriser. Ces commerçants sont répartis en grossistes, demi-grossistes et détaillants représentés par les supermarchés, hôtels, rôtisseries superettes ou magasins (communément appelés ; alimentation et divers), etc. Les grossistes font leurs achats directement dans les exploitations agricoles et les distribuent aux semi-grossistes et détaillants qui les vendent aux consommateurs (individus, familles, bars, restaurants, cafétérias, ménages, hôpitaux, garnisons, centres de formation, universités, services traiteurs etc.).
des Commerçants, importateurs des produits de volailles de l’Europe et d’ailleurs. On en dénombre 8 Sociétés  importatrices dont les plus importantes sont CAJAF COMON (50% des importations), CDPA (20% des importations), SACOGIE et AFRICA GELL (ensemble 10% des importations). Ces grossistes disposent de grandes chambres et des camions frigorifiques. et desservent des grossistes et demi-grossistes ayant des magasins ou boutiques (équipés de réfrigérateurs ou congélateurs), communément appelés « Poissonnerie ». Ceux-ci les revendent aux détaillants (des bonnes dames) ou directement aux consommateurs. Ces poissonneries sont présentent pratiquement dans les grandes villes du pays. Mais une bonne partie de ces produits est réexportée vers le Nigeria.
2.2.1.6 Les Consommateurs

Les consommateurs sont les populations, restaurants, hôtels, bars, rôtisseries etc. La consommation de ces produits est active pendant les périodes de fête, les cérémonies funéraires ou rituelles, et les cérémonies religieuses. Cette étude s’est appesantie sur une classification préférentielle des consommateurs de la viande de volailles moderne à la viande du poisson, de bovin, de porcin, de caprin et d’ovin sur les critères : coût, goût, qualité, risques sanitaires et disponibilité.

Selon les Consommateurs interrogés, la viande des ovins et du bœuf coûtent plus chers que les autres viandes. Les viandes qui sont appréciées par leur goût sont celles de la volaille, du poisson et du porc. L’appréciation des viandes par rapport à la qualité positionne la volaille et le poisson au premier plan puis après l’ovin. Mais, la volaille et le poisson sont plus disponibles que les autres viandes. Toutefois, les consommateurs interrogés perçoivent qu’il y a des risques sanitaires que l’on court en consommant les viandes de poulets et de poissons congelés. Ils ne mesurent souvent pas l’ampleur de ces risques. En fait ceux-ci sont liés au mode de vente des produits avicoles par des petites revendeuses sur les marchés. En effet les produits initialement mis au frais (dans des chambres froides, congélateurs) chez les grossistes et semi-grossistes, sont vendus aux femmes revendeuses qui les transportent à l’air libre vers leurs lieux de travail ou dans leur village. Ce rythme de congelation-décongelation provoque un fort degré de contamination par les salmonella, staphilococus auerus etc. Ces bactéries sont souvent causes de maladies comme la fièvre typhoïde courante au Bénin.
Les consommateurs prennent ces risques à cause de leur pouvoir d’achat bas compatible aux prix bas pratiqué sur des produits de volailles congelées.

2.2.2 Schéma de fonctionnement de la sous-filière aviculture moderne au Bénin

Schéma 1 : Fonctionnement de la sous-filière aviculture moderne au Bénin



Source : Enquête GAI, 2005

Le schéma ci-dessus décrit le fonctionnement de la sous-filière aviculture moderne au Bénin. Ce fonctionnement est structuré autour des principaux acteurs tels que les institutions régionales et internationales, les acteurs publics, les acteurs privés, les Aviculteurs, les importateurs, les grossistes, demi-grossistes, les détaillants et les consommateurs. En amont de la filière, plusieurs accords régionaux et internationaux (UEMOA, CEDEAO, UE/ACP, OMC etc.) et le cadre législatif et réglementaire national confèrent aux services ministériels de l’Etat (MAEP, MFE MICPE etc.) des pouvoirs qu’ils exercent sur les acteurs privés de la filière (les fournisseurs d’intrants, les vétérinaires privés), à travers les intrants avicoles importés, le contrôle de qualité, les agréments etc.

Toutes ces décisions influencent les deux acteurs clés de cette filière : les Aviculteurs locaux et les Importateurs de viandes et œufs de volailles. Les aviculteurs qui en dépit des appuis qu’ils reçoivent de leurs propres organisations (informations, plaidoirie, lobbying, formation) des institutions de microfinances (crédits) et des structures de l’Etat (MAEP), subissent les conséquences de décisions prises en amont (niveau international et national). Les prix de revient des produits avicoles locaux (œufs et viande de poulets) sont étroitement liés à ces décisions prises en amont. Par exemple ; la non exonération des intrants avicoles (farine de poisson, CMV et autres) entraîne la cherté de ces derniers, ce qui agit sur les prix de revient des produits avicoles locaux. L’exonération dont jouit le PRAIVAP (DE) sur les vaccins fait qu’ils sont moins chers, accessibles aux aviculteurs. Les importateurs fixent les prix de vente de leurs produits sur la base des taxes et droits de douanes.

Entre les Aviculteurs, les Importateurs et les Consommateurs en Aval de filière, il y a une panoplie d’acteurs intermédiaires : les grossistes, demi-grossistes, les revendeuses et les détaillants. Les Consommateurs Béninois, à travers ces acteurs intermédiaires ont le choix entre les produits de volailles locaux et ceux importés à bon marché comparativement aux produits locaux. C’est donc à ce niveau que se pose le problème de concurrence entre les produits avicoles locaux et ceux importés. Il faut signaler le circuit d’exportation et de réexportation des produits avicoles surtout vers le Nigeria.
2.2.3 Production et consommation
2.2.3.1 La production avicole moderne

La production avicole moderne actuelle est principalement composé de :
Poulet de chair ;
Poule pondeuse ;
Pintade ;
Dindon et ;
d’autres spéculations telles que les canards, les cailles et les autruches.
L’élevage des poules pondeuses constitue le cheptel de base des exploitations avicoles béninoises. Les poulets de chair, les pintades, les dindons et les canards sont des spéculations complémentaires destinées pour la production de la viande. Les cailles sont produites surtout pour l’utilité thérapeutique de leurs œufs. L’élevage d’autruches est assez récent au Bénin et se trouve pour le moment en phase expérimentale. Le tableau 4 et le graphique 2 présentent l’évolution du cheptel avicole moderne béninois.

Tableau 4 : Evolution des productions avicoles modernes béninoises


20012002200320042005Poulets de chairs*500 014650 7103 150 5501 293 1072 272 884Poules pondeuses650 902654 560757 351683 145635 054Pintades117 130113 473143 100129 781145 448Dindons12 88613 2 869 9938 3136 905 Source : Enquête GAI, 2005
(*) Chairs à viande précoce et chair à viande tardive (coquelets)

L’effectif des poulets de chair (y compris les coquelets) a connu une hausse en 2003. Ceci s’explique selon les aviculteurs par une demande du marché liée aux grandes manifestations (Fora, conférences et rencontres internationales, sans oublier les fêtes de fin d’année) qui ont eu lieu dans le Pays. Tous les éleveurs de pondeuses, produisent généralement des poulets de chairs pour saisir des opportunités des marchés de fin d’année, et des vacances scolaires. Mais, les grands producteurs de poulets de chairs sont : la Société libanaise AGRO-ROCHE, et la Société Agro-alimentaire du Bénin (SAAB), le Centre SONGHAI, JEFO Afrique Nutrition. Les deux premières Sociétés ont réussi à mettre en place le système de transformation et de vente de poulet béninois « prêt à cuire ». La Société AGRO-ROCHE qui faisait de l’élevage des poulets de chairs une activité principale, pouvait en mettre sur le marché au moins 5000 têtes par quinzaine. Sa clientèle est orientée vers la Communauté Libanaise au Bénin, et vers les grands supermarchés de Cotonou.
On constate une chute de l’effectif des chairs de plus de la moitié en 2004, qui serait due non seulement à la persistance des importations de la viande de volailles, mais aussi à la cherté du maïs, et aux effets de la crise de Gumboro qui a fait des dégâts dans les élevages en 2003. La tendance à l’évolution en 2005 de cette spéculation serait due aux efforts entrepris par l’ANAB dans la lutte contre les importations des produits de volailles congelées. Toutefois, ce chiffre va certainement baissée en 2006 puisque les grandes sociétés productrices des poulets de chair ci-dessus mentionnée ont fermé à cause des importations des poulets congelés. Aussi, l’enquête a montré que 63 Aviculteurs (soit 13%) ont abandonné leur activité avicole en 2005, et, d’autres ont dû réajuster leurs élevages en réduisant les effectifs. Ils vendent une partie des poulets pour se procurer du maïs et nourrir les volailles restantes.

L’élevage des pondeuses occupe la quasi-totalité des Aviculteurs Béninois. L’évolution des pondeuses montre une stagnation de leurs effectifs voir une diminution pendant les trois dernières années, à cause des importations d’œufs de table et de la cherté du maïs en 2005.

Les autres spéculations ; pintades et dindons sont en petit nombre. Les pintades ont gardé un effectif quasiment constant durant les 5 dernières années, tandis que l’effectif des dindons a progressivement diminué de moitié, entre 2002 et 2005.
2.2.3.2 Produits avicoles : Œufs et viandes de volailles

Les œufs frais de table et la viande de volailles constituent les deux importants produits de l’aviculture moderne au Bénin.

Production des œufs de table
Les œufs de table constituent le principal produit des Aviculteurs modernes béninois. Les estimations de la production d’œufs de table se basent sur les pondeuses, avec un taux de ponte moyen annuel de 260 œufs par poule et sur la base de poids moyen d’un œuf (60g).

Tableau 5: Production d’œufs de table

 Année
Production2001
2002
2003
2004
2005
Œuf unité
169 234 520
170 185 600
196 911 260
177 617 700
165 114 040
Quantité (tonne)10 15410 21111 81410 6579 906Prix unitaire de vente de l’œuf *
47
49
46
45
50
Source : Enquête GAI, 2005
(*) Prix bord champ (F CFA).
Au regard des chiffres contenus dans ce tableau, la production moyenne d’œuf pendant ces cinq dernières années (2001 à 2005) est de 10 960 tonnes l’an. Ce tonnage dépasse largement celui obtenu chaque année (5000 tonnes d’œuf, l’an) de 1975 à 1999, d’après les statistiques de l’UEMOA (Cf. Graphique 7). Depuis ces cinq dernières années, la production moyenne actuelle est quasiment la même qu’en 1985. On peut dire qu’à partir de 2001, la production d’œuf au Bénin a retrouvé son niveau florissant de 1985 et a amorcé une évolution. Mais elle connaît une régression ou diminution en 2004 et 2005 (respectivement 10% et 16% comparativement à 2003).

Toute la quantité d’œufs produits en 2005 n’a pas pu être placé entièrement sur le marché. Plusieurs éleveurs ont déclaré avoir bradé ou enfoui une partie de leur production à cause des méventes, du fait de la concurrence avec les œufs importés au Bénin. Les prix de vente de l’œuf au niveau des fermes avicoles sont de 50 F CFA/ œuf pendant la période de l’enquête (Octobre – Novembre 2005) à cause de le cherté de l’aliment des volailles liée au coûts élevé du maïs.

Au sujet des importations des œufs, les pourparlers avec la société CAJAF COMON (le plus gros importateur d’œufs de table au Bénin), initiés par l’ANAB et soutenus par la DE, ont permis de signer un accord d’arrêt des importations des œufs congelés à partir du mois d’Octobre 2005. La plupart des éleveurs enquêtés ont reconnu que cet accord est respecté par la Société CAJAF COMON. Ainsi, s’il est maintenu, la relance de la production d’œufs sera observée, ce qui donnera la chance aux producteurs qui ont abandonné cette activité de la reprendre. Toutefois, on note encore quelques craintes et réticences de la part de certains éleveurs qui pensent observer une période de trêve pour réellement vérifier l’arrêt effectif des importations des œufs vers le Bénin avant de relancer leur production d’œufs.

Production de viandes de volailles (sous-filière moderne)

En matière de viandes de volailles ; les principaux produits offerts par la sous-filière avicole moderne sont :
le poulet vif (poule réformée, les poulets de chair et les coquelets) ;
le poulet prêt à cuire (chairs et dans la moindre mesure les réformées) ; c’est l’apanage des gros producteurs et de quelques micro-opérateurs. Ce produit dérive essentiellement des poulets de chair qui sont vidés et ensachés ;
les autres volailles sur pieds (dindons, pintades, oies, canards, cailles).
L’estimation de la production de viandes de volailles est obtenue sur la base de poids moyen vif des poulets (soit 1,7 kg) et de son rendement de la carcasse estimé à 60% (Cf. MEDENOU et MANIGUI, 1984). Pour ce qui concerne les dindons, le poids vif estimé à 10 fois celui des poulets. Le tableau 6 présente les productions de viandes sur la base des chiffres de productions collectés pendant l’enquête.

Tableau 6 : Production totale de viandes de volailles dans les élevages modernes

Année
Viandes (en tonnes)2001
2002
2003
2004
2005
Poulets de chairs et coquelets510
664
3 780
1 318
2 318
Poules réformées664668772697648Pintades119116146132148Dindons1311351028570Total (viande mod.)14241 5834 8002 2323184Source : Enquête GAI, 2005

Ce tableau montre que la production de viande de volailles a connu un pic en 2003 grâce à la forte demande de poulets de chair, liée aux grandes manifestations internationales qui ont eu lieu au Bénin pendant cette année. A cette production s’ajoute celle de la volaille traditionnelle et le gibier (francolin).

Production de viandes de volailles traditionnelles
L’estimation de la production de viande de la volaille traditionnelle est faite sur la base de poids moyen vif des poulets (soit 0,8 kg) et de son rendement de la carcasse estimé à 50%. Les statistiques du cheptel qui sont considérées sont celles de la Direction de l’Elevage (Cf. Annexe 11)

Tableau 7 : Production totale de viandes de volaille traditionnelle

Année
Viande (tonne)2001
2002
2003
2004
2005
Cheptel (* 1000)12 00012 40012 80013 20013 629Total (viande trad.) 4 8004 9605 1205 2805 452Source : Enquête GAI, 2005

Le tableau ci-dessous donne les prix moyens des animaux produits selon les données avancées par les éleveurs de l’enquête de terrain.

Tableau 8 : Prix moyen de l’animal vif (Bord champ)

Année
Viande 20012002200320042005Chairs12961240125512771278Coquelet2276237523512444-Poules réformées19361915192018931938Source : Enquête GAI, 2005

2.2.3.3 Consommation des produits de volailles
Consommation d’œufs de table
L’estimation de la consommation d’œufs au Bénin est faite sur la base d’une moyenne de 1 kg d’œufs (soit 17 œufs) par habitant et par an (Cf. MEDENOU et MANIGUI, 1984), et sur la base d’une moyenne de 1,5 kg (soit 25 œufs) par habitant et par an (Cf. UEMOA). Le tableau 9 présente l’estimation de la consommation d’œufs de table entre 2001 et 2005, sur la base de l’effectif de population : 6 769 914 en 2002 et son taux d’accroissement de 3,25%.

Tableau 9 : Estimation de la consommation d’œufs de table

Année
Consommation2001
2002
2003
2004
2005
Population Totale6 556 8176 769 9146 989 9367 217 1097 451 665Total consommation (tonne) ; Base 1984*6 5576 7706 9907 2177 452Total consommation (tonne) ; Base 2004**9 83510 15510 48510 82611 177Source : Enquête GAI, 2005
(*) MEDENOU et MANIGUI (annexe, bibliographie n°23)
(**) UEMOA, 2004, Etude sur la compétitivité des produits agricoles annexe bibliographique n°15)

Consommation de la viande de volailles

La consommation totale de la viande de volailles (locale, moderne ou importée) est calculée sur la base de l’estimation de la consommation d’un béninois en volaille qui est de 2,5 kg par habitant par an (cf. Proximité 2004). Le Tableau 10 suivant présente ces estimations.

Tableau 10 : Estimation de la consommation de la viande de volailles au Bénin

Année
Consommation 2001
2002
2003
2004
2005
Population du Bénin6 556 8176 769 9146 989 9367 217 1097 451 665Estimation de la consommation (= Pop x 2,5 kg)16 392 042
16 924 785
17 474 840
18 042 772
18 629 162
Total consommation (tonne)16 392
16 925
17 475
18 043
18 629
 Source : Enquête GAI, 2005
2.3 Investissement et accès aux crédits

L’étude a révélé que la majorité des grands Aviculteurs, des Commerçants ou distributeurs d’intrants (Importateurs d’Aliments de Bétail et de produits vétérinaires, sujets d’élevage d’un jour) financent leurs activités sur fonds propres, sur la base des relations familiales et commerciales (négociations). En effet, les Grands Aviculteurs sont en général des personnes nanties. Aussi les distributeurs de sujets d’élevage d’un jour se font prépayer les commandes avant les livraisons. Ce sont les Petits Eleveurs qui sont surtout concernés par les crédits d’investissement et de campagne. Mais seulement 36% des éleveurs (les petits) ont eu accès aux crédits en 2005.
2.3.1 Accès aux crédits d’investissement par les Aviculteurs

Le tableau n° 11 ci-dessous fait le point des crédits mis en place au sein des Aviculteurs. Il y a quatre structures de financement qui donnent des crédits d’investissement aux aviculteurs. Il s’agit de :

PADME dont la couverture des emprunteurs est 28,23% et offrant des crédits d’investissement (Matériels et équipements) à hauteur de 400 000FCFA par individu. Cette banque a octroyé 13 700 000 FCFA de fonds d’investissement aux éleveurs. Le taux d’intérêt est 14 ou 14,5 % l’an pour une durée deux ans.

CLCAM couvre 20,16% des emprunteurs et offre des crédits d’investissement de l’ordre de 200 000 FCFA aux éleveurs à un taux d’intérêt de 12 à 13 % sur un an. Le montant des crédits CLCAM aux éleveurs est de 4 400 000 F CFA.

ONG Borne Fonden fait aussi des crédits d’investissement aux éleveurs au taux de 12% l’an sur deux ans remboursable de l’ordre de 600 000 FCFA. Elle a pu mettre en place dans la sous-filière 3 000 000 de FCFA de crédits d’investissement. Elle couvre 4,03% des emprunteurs en aviculture moderne.

PAPME est la structure qui octroie des montants plus ou moins consistants (2 153 846 en moyenne) en équipements et achat de matériels au taux de 12 ou 12,5% l’an sur une période de deux ans. Il a fait .plus de crédit d’investissement que de campagne. Au total 26 000 000 F CFA sont placés dans la sous-filière par PAPME.

Ces montants d’investissement octroyés par les structures de financement aux éleveurs sont encore faibles (2000 000 F CFA), comparativement à la valeur des investissements dont ont besoin les petits éleveurs (au moins 7000 000 F CFA (Cf. Tableau 27).

Tableau 11 : Les structures de financement aux Eleveurs

Sources de financement

Effectif emprunteur

% emprunteur

Fonds de roulement (campagne)
 
 
 Fonds d'investissement
 
 
  Total (FCFA)Taux d'intérêt l'anDurée (mois)FR moyenMontant FCFATaux d'intérêtDurée (mois)FE moyenBORNE FONDEN54,033 400 0002412680 0003 000 0001224600 000BOA21,613 500 0001212 à 601 750 000///BUPDOS10,81300 00015/300 000///CARDER (CeRPA)21,61800 0002424400 000///CENTRE SOCIAL64,841 800 0005%/300 000///CEPEPE10,812 600 00020362 600 000///CIPEN10,81/56///CLCAM2520,168 800 0002412352 0004 400 00012 à 1312176 000PADME3528,2340 630 00018 à 2512 à 241 160 85713 700 00014 à 14,512 à 24391 429PAPME1310,4821 500 00024 à 2512 à 241 653 84628 000 00012 à 12,512 à 18 mois2 153 846PISEA1713,7136 946 000518 à 602 173 294///SONGHAI86,4518 040 00010 à 14

18 à 36 avec 8 mois de différé2 255 000///Source : Enquête GAI, 2005
FE = Fonds d’Equipement
FR = Fonds de Roulement
2.3.2 Accès aux crédits de campagnes de production (fonds de roulement)

Les principales structures de financement du sous-secteur sont le PADME, le PAPME, la CLCAM et le Centre Songhaï. Les montants octroyés varient entre 200 000 et 3000 000 F CFA. La plupart de ces agences de financements exigent des taux d’intérêts élevés (de 18 à 24% l’an). Les conditions de crédits sont contraignantes et inadaptées pour l’activité avicole. Seule le Centre Songhaï qui s’investit lui-même dans cette activité a compris qu’il faut 8 mois de différé pour permettre aux éleveurs de faire des entrées (recettes) avant de commencer à rembourser les montants dûs. En effet, il est mieux placé pour comprendre les risques et la rentabilité de l’activité avicole au Bénin ; étant lui-même un grand producteur de volailles (poulets, cailles etc. et d’œufs de table).
Environ douze structures de financement (cf. tableau 11) font des crédits à des taux variés : 5% à 25 % généralement sur deux ans exception faite de la BOA qui en fait pour trois (03) ans.
Au total 108 316 000 sont placés comme fonds de campagne par ces structures avec comme grands bailleurs par ordre décroissant le PADME (40 630 000), le PISEA (36 946 000) le PAPME (21 500 000) et la CLCAM (8 800 000).
Les délais de remboursement sont jugés courts et les intérêts élevés par les éleveurs.
L’étude a révélé que la majorité des acteurs des aviculteurs sont installés sur fonds propres et privés et sont celles qui ont les effectifs les plus élevés. Les besoins exprimés en crédit concernent plus de 65% des aviculteurs mais à des conditions favorables à l’activité. En prenant le risque de financer eux-mêmes leurs propres activités, les Aviculteurs prouvent bien qu’elles sont rentables. Les fonctionnaires de l’Etat et surtout les personnes de fonctions libérales, détiennent à eux seuls plus des 30% des cheptels. Toutefois, dans l’ensemble l’aviculture moderne n’est pas encore professionnalisée au regard des niveaux de formation et d’instruction évoquées plus haut.
2.2.3.1 Un système de « crédits intrants » développés au sein du circuit de distribution des aliments avicoles

Au niveau du circuit de distribution des intrants avicoles, il existe un système de vente à crédit des aliments (son de Blé, tourteaux de soja, tourteau de coton etc.) organisé par les deux principaux grossistes TERRES et ASSOCIES et VETO SERVICES. Dans ce système, les aviculteurs, les Fabricants de provendes ont la possibilité d’acheter à crédit (en gros) ces aliments. Ils paieront ce montant dû au prochain achat. Ce système a aidé les aviculteurs et les Fabricants de provendes à résister à la crise du maïs qui a sévi ces derniers temps la plupart des aviculteurs dans le pays.
Mais selon ces deux sociétés fournisseurs grossistes des aliments, c’est un système qui se solde souvent par des impayés massifs qui s’élèvent à environ 70 millions et plus de 165 millions, respectivement chez TERRES et ASSOCIES et VETO SERVICES.
Cette dynamique selon les responsables, sera désormais revue et faire l’objet des dossiers formels de prêts avec des garanties à fournir par les clients (aviculteurs, Fabricants de provendes et vétérinaires privés).
VETO SERVICES vient de créer VETO SERVICES SA qui regroupe pour le moment 64 adhérents qui devront libérer ensemble un capital de 344 millions F CFA environ, dont 86 millions (soit le ¼) déjà mobilisés à ce jour.

Malgré toutes ses opportunités offertes par le Centre Songhaï, et ses fournisseurs d’intrants, le problème du financement de la sous- filière demeure. Lors de l’atelier de Porto-Novo en Octobre passé, Les Responsables de la Banque Régionale de Solidarité ont présenté leur système d’octroi de crédit qui semble être prometteur pour les aviculteurs car, il envisage à la fois des accompagnements techniques et financiers avec des taux d’intérêts modérés (8%) et la possibilité de différés raisonnables. Mais l’essentiel réside dans le renforcement des capacités techniques et de gestion des aviculteurs, afin qu’ils puissent fournir des référentiels techniques et financiers prouvant le sérieux et la rentabilité financière de leurs activités pour mieux convaincre les banquiers.

L’aviculture est un créneau porteur mais dans un environnement ou des facteurs exogènes ne sont pas maîtrisables par les acteurs. Les intrants avicoles, les importations de partie de volailles et de volailles, la peste aviaire, sont autant de facteurs auxquels tous les acteurs doivent collaborer pour proposer des solutions adaptées. La grippe aviaire qui vient de faire surface constitue aujourd’hui des thématiques de réflexions nouvelles.
La disponibilité du maïs constitue à l’heure actuelle l’un des défis majeurs pour lequel les acteurs devraient apporter des solutions rapides et adaptées.
2.4 L’approvisionnement en intrants
2.4.1 L’approvisionnement en sujet d’un jour

Il y a deux sources d’approvisionnement en sujets d’élevage : la source locale représentée par les couvoirs locaux et les importations.
2.4.1.1 Production locale : l’accouvage

Il existe actuellement au Bénin deux couvoirs qui approvisionnent les éleveurs. Il s’agit du couvoir « les Poussins du Roi » situé à Pahou dans le Département de l’Atlantique et le « Couvoir du Mono » situé à Lokossa dans le Département du Mono. Ces deux structures se sont spécialisées dans la fourniture des poussins pontes, des coquelets et des chairs.
Pour donc s’approvisionner en sujets d’un jour pour les autres espèces aviaires, les éleveurs se trouvent dans l’obligation de les importer d’ailleurs notamment de l’Europe. Il s’agit des pintadeaux, des dindonneaux, des oisons, les cailleteaux et les cannetons de chair. Ces deux Couvoirs disposent des parentaux importés eux aussi de l’Europe. Le tableau suivant montre la capacité de production de ces deux Couvoirs.

Tableau 12 : Production locale des sujets d’un jour par an

Couvoirs LocauxParentaux Chair Parentaux pondeuses
Capacités de production Chair Pondeuse
Coquelets*Couvoir du Mono 15002000326 872280 320Poussin du Roi20002000467 200429 824TOTAL35004000794 072710 144Source : Enquête GAI, 2005
* à l’éclosion des œufs des parentaux fournissant des pontes et des coquelets ; le sexe ratio est étant 1/1 soit 50% de mâles et 50% de femelles

D’après ce tableau, la capacité de production nationale annuelle en poussins d’un jour par les couvoirs béninois est estimée à : 794 072 pour les chairs et 710 114 poussins ponte (identique pour les coquelets). Mais en réalité d’après les informations reçues lors de l’étude, ces deux Couvoirs ne fonctionnement qu’à 30% environ de leur capacité de production.

En dehors de ces centres de productions dont les produits sont entièrement commercialisés, il existe quelques écloseries qui assurent l’autofourniture de certains sujets d’un jour, en l’occurrence les pintadeaux, les cailleteaux, les oisons et dans Une moindre mesure des chairs. Il s’agit notamment du Centre Songhaï de Porto-Novo, la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), et du Centre CASA de Bohicon.
Il a été identifié également deux autres écloseries qui importent des œufs à éclore depuis l’Europe. Il s’agit des unités qui n’ont pu poursuivre longuement leurs activités à cause des mauvais résultats obtenus, aussi bien au niveau de ces unités qu’au niveau des éleveurs qui ont reçu des poussins auprès d’elles. Ces écloseries avaient parfois des taux d’éclosion de 10%. On peut citer : l’écloserie « les Acacia » d’Abomey-Calavi, et l’écloserie GL située à Allada.
2.4.1.2 Les importations des sujets d’un Jour

En dehors de la production locale, l’autre principale source d’approvisionnement des éleveurs serait les importations. Cette dernière est soutenue par les aviculteurs eux-mêmes sous prétexte d’obtenir les produits de meilleure qualité et de disposer également des autres espèces aviaires qui ne sont pas produites sur place. Les origines sources de ces sujets d’élevage restent l’Europe (France, Belgique, et la Hollande), l’Afrique occidentale (Nigeria et Ghana). Les principaux acteurs les plus importants distributeurs d’intrants vétérinaires et zootechniques de la place : VETO SERVICES et TERRES et ASSOCIES.
Il faut cependant remarquer que certains centres avicoles importent directement et de façon individuelles leurs sujets d’un jour de ces différents pays cités ci-dessus. Pour ceux-ci, il est difficile de disposer des statistiques fiables. Le tableau ci-après fournit quelques statistiques relatives aux importations de ces deux grandes sociétés.

Tableau 13 : Sujets d’un jour importés

Sujets d’un jourTERRES ET ASSOCIESVETO SERVICESAnnée20032004200520042005Poussins pontes 170 170223 87290 09820 000100 000Poussins chair 2750290074 409Dindonneaux4221 095Pintadeaux4 6201 7006 652Source : Enquête GAI, 2005

Ce tableau montre que les importations des poussins pontes de ces gros fournisseurs a connu une baisse d’environ 22% entre 2004 et 2005.

Tableau 14 : Prix d’achat des poussins d’un jour au Bénin (en F CFA)

Poussin pontePoussin chairCoqueletProduction locale590500 – 550200-250Sujets importés d’Europe 600 – 900575-Sujets importés d’Afrique 600 – 650550175
Les autres espèces sont vendues à : Pintadeaux : 500 F CFA, Dindonneaux 2500 F CFA, Canetons : 2500 F CFA, Oisons : 5000 F CFA
2.4.2 La pathologie avicole au Bénin et les circuits d’achat et de revente des produits vétérinaires avicoles ; les vaccinations
2.4.2.1 Les pathologies avicoles au Bénin

Le tableau pathologique de l’aviculture moderne au Bénin comprend :

les pathologies virales : la Pseudo-peste aviaire ou la maladie de Newcastle, le Gumboro, la bronchite infectieuse et le syndrome de la chute de ponte (Egg Drop Syndrom EDS).
les pathologies bactériennes : la salmonellose et la colibacillose
les pathologie parasitaire : la coccidiose, la strongylose et l’ascaridiose

Il n’existe pas encore une étude d’envergure nationale sur la prévalence des maladies des poulets d’élevage moderne, mais les résultats d’une étude réalisée par Jacques T. DOUGNON dans 18 fermes avicoles modernes au sud du Bénin, ont permis de constater qu’il existe dans ces élevages :
la pullorose avec un taux de prévalence de 19,35% et une forte incidence de 54,55% pour le mode d’élevage en batterie contre 45,45% pour l’élevage au sol ;
l’encéphalomyélite aviaire, avec un taux de 69,10% et 95,7% pour la réovirose ;
la maladie de Gumboro en 2003 est apparue avec des titres élevés (supérieurs à 2000) dans le Sud-Bénin avec des épidémies déclarées et des dégâts non moins négligeables au niveau de certaines fermes ;
la maladie de Newcastle, la bronchite infectieuse n’apparaissent pas avec des titres élevés chez les poulets âgés et, régulièrement vaccinés. Il n’y a pas d’épidémies signalées par les éleveurs pour ces deux maladies.
Mais dans les élevages avicoles traditionnels la maladie de Newcastle continue par faire des ravages malgré les efforts de vaccination par les Vaccinateurs Villageois de Volaille et les divers projets d’élevage. D’après les statistique de la DE, en 2004, 58,2% du cheptel national seraient morts, à cause de la maladie de Newcastle. Cette dernière constitue alors un danger permanent pour la volaille moderne. En effet, le taux de couverture vaccinale contre cette maladie est faible et est en régression (cf. tableau 15), du fait de la fin des Programmes d’élevage ou de développement (PAMR, PASSA, PADEB, PDE etc.)
Tableau 15 : Taux de couverture vaccinale contre la maladie de Newcastle
DépartementsTaux de couverture
vaccinale en 2003 (%)Taux de couverture
vaccinale 2004 (%)ObservationAtacora-Donga19,316,9En baisseAtlantique-Littoral--En baisseBorgou-Alibori8,51,6En baisseMono-Couffo755,77En baisseOuémé-Plateau9,89,9StationnaireZou-Collines5,43,3En baisseSource : CeRPA et DE
2.4.2.2 Programme de vaccination pour l’aviculture moderne béninoise

Après le ravage par la maladie de Gumboro en 2003, les acteurs (ANAB, DE, Vétérinaires privés) ont sentit le besoin de proposer aux aviculteurs modernes un programme indicatif de vaccination officiel qui tient compte des vaccins disponibles sur place (PRAIVAP). Ce programme n’est pas obligatoire, chaque aviculteur est libre de l’utiliser selon ces besoins. Ainsi dans la pratique ce programme de vaccination fait l’objet de plusieurs adaptations, suivant les conseils reçus par les aviculteurs auprès de leurs Vétérinaires privés..

Un autre programme de prophylaxie proposé par la Société VETO SERVICES (Cf. annexe 12) est aussi utilisé par plusieurs aviculteurs enquêtés. Ce dernier s’inspire du programme ci-dessus, mais a le mérite de le compléter par un programme annexe de déparasitage (interne et externe) et d’anti-stress.
Il faut dire que d’une manière générale, chaque éleveur détient un itinéraire sanitaire pour son exploitation qui s’inspire des programmes ci-dessus évoqués et de ses propres expériences. Malgré qu’ils n’observent pas tout ce qui est indiqué dans ces programmes pour des raisons économiques, il faut signaler tout de même qu’ils veillent scrupuleusement sur l’essentiel à savoir les vaccins à bonne date contre la maladie de Newcastle, le Gumboro, et la Bronchite infectieuse. Ils déparasitent régulièrement les poulets et utilisent régulièrement des antibiotiques et des vitamines contre les stress.
Mais la prophylaxie sanitaire (utilisation de pédiluve, respect des vides sanitaires de 3 à 6 mois pour le renouvellement des bandes des pondeuses) n’est toujours pas respectée par des éleveurs et constitue donc une source d’infestation permanente par les parasitoses internes. Le taux de mortalité tourne autour de 10%. Peu d’éleveurs prennent des précautions contre la grippe aviaire. Ils sont encore sous-informés par rapport à cette maladie.
2.4.2.3 Circuits d’achat et de revente des produits vétérinaires avicoles

L’achat et la revente des produits vétérinaires suivent deux circuits différents. Il y a le circuit d’achat et de revente des vaccins aviaire, monopolisé par la DE à travers son service de santé et son Programme de Réforme de l’Approvisionnement en Intrants Vétérinaires et d’Appui à la Privatisation (PRAIVAP).
Les vaccins commercialisés sont ceux contre la maladie de Newcastle, la bronchite infectieuse, la variole aviaire, la maladie du Gumboro, la salmonellose et le choléra (cf. tableau 18). Les deux grands pays fournisseurs des vaccins au PARIVAP sont la France et l’Espagne à travers les Laboratoires tels que : LAPROVET (Tours en France), MERIAL (Lyon en France) et HIPRA (Giron/Barcelone).
Le vaccin contre la maladie de Marek, destiné aux poussins d’un jour dans les couvoirs locaux a été disponible seulement en 2004. Selon le Responsable du Service de la Santé Animale (Responsable de PRAIVAP), ce vaccin n’est plus demandé en 2005 du fait de sa cherté au Bénin comparativement au Ghana où les couvoirs locaux vont pour s’en approvisionner actuellement.
Ce commerce des vaccins par le PRAIVAP bénéficie d’un acompte forfaitaire au cordon douanier (Décret N° 592 DGDDI/DAR du 03 Novembre 2003). Il facilite la réduction des taxes douanières (à 2,5% au lieu de 7,5% précédemment) sur les vaccins, ce qui rend ces produits moins chers à l’achat pour les éleveurs.
Le PRAIVAP revend ces vaccins aux Vétérinaires privés qui se chargent à leur tour de les distribuer auprès des éleveurs.
Les autres médicaments vétérinaires sont importés par des Docteurs Vétérinaires grossistes (Représentants ou partenaires des firmes, laboratoires étrangers), agréés par la DE
Ils se chargent de la distribution de ces produits auprès de leurs collègues Vétérinaires détaillants ayant des dépôts pharmaceutiques (ou pharmacies vétérinaires). Ces derniers se chargent de la vente de ces produits vétérinaires aux Aviculteurs.

Tableau 17 : Vente des vaccins aviaires (2001-2005)





Affections
2001
2002
2003
2004
2005
Qté
(dose)
Montant
(F CFA)
Qté
(dose)
Montant
(F CFA)
Qté
(dose)
Montant
(F CFA)
Qté
(dose)
Montant
(F CFA)
Qté
(dose)
Montant
(F CFA)
1

Maladie de Gumboro


2 445 000

6 385 209
3 500 000
9 372 412
1300000
3 069 189
2
Maladie de Newcastle50 000
1 000 000
150 00

2 625 000
 4 859 500
11 272 627
5 150 000

18 598 394
2 700 000

11 714 115
3

Bronchite infectieuse
1 720 000
2 237 219
2 500 000
2 588 020
2 400 000
2 423 041
4

Variole aviaire
1 025 000
2 679 371
1 500 000
3 776 130
1 200 000
3 022 111
5

Maladie de Marek


280 000
2 458 088
6

Vaccins associés
185 000

7 781 301
700 000
16 702 435
450 000
15 072 326
TOTAL


1 000 000
2 625 000

30 355 727
53 495 479
35 300 782Source : PRAIVAP

Ce tableau montre que les doses des principaux vaccins contre la maladie de Newcastle et le Gumboro ont connu augmentation respective de 6% et de 43% en 2004. Le vaccin contre le Gumboro a connu une chute de 86% entre 2004 ; et 2005, et, Celui de la maladie de Newcastle a chuté de 48%. Cette évolution des doses suit l’évolution du cheptel dans la même période. La chute des doses observées en 2005 appelle les autorités de la DE à rechercher s’il n’y a pas le développement des circuits parallèles de commercialisation des vaccins au Bénin.
2.4.2.4 Alimentation des volailles : fabrication et vente de provendes

Fourniture des matières premières

La fourniture des tourteaux de coton, tourteaux de soja, farines de poissons, CMV, coquilles d’huître, son de blé et le maïs (dans une moindre mesure) est assurée par les principaux Grossistes distributeurs d’aliments de volaille tels que VETO SERVICES, TERRES ET ASSOICES etc. Toutefois, ces dernières n’ont le monopole de cette activité. Certains Grands Eleveurs achètent directement ces aliments auprès des usines (fournisseurs) et font des commandes des CMV et farines de poissons à l’extérieur. Il est donc difficile pour le moment de maîtriser la totalité de volumes de matières distribuées. Les chiffres contenus dans le tableau 18 sont partiels et représentent les volumes des matières premières vendus par les principaux grossistes distributeurs d’aliments de bétail.

Tableau 18 : Volume des matières premières (tonne) distribuées par les grossistes (distributeurs de matières premières) : 2001-2005

Maïs
Tourteau de soja
Tourteau coton
Farine de poisson
CMV
CoquillesSon de blé2001360310711688021688952002425328320701322521001282003256137402555832889095200414381027173912230587116420052105409728032145221514103
Source : Enquête GAI, 2005

La consommation du maïs dans l’alimentation des volailles est estimée à 51 000 tonnes en 2005 (soit 6% de la production du maïs national) ; sur la base de sa part (55%) dans la composition de la provende et de production nationale de l’aviculture moderne. Contrairement aux autres matières (tourteaux de coton, soja) disponibles toute l’année, le maïs en 2005 a connu une pénurie due à la famine qui a sévi au Niger. C’est cette pénurie qui explique sa cherté en 2005 et qui a contribuée à la réduction du cheptel ou la fermeture de certaines exploitations avicoles.

Production de provendes

Les provendes de volailles sont produites soit par les professionnels en la matière, soit par les aviculteurs eux-mêmes.
Les professionnels encore appelés provendiers, disposent des machines pour broyer et mélanger les aliments (matières premières). Ils vendent des provendes qu’ils font conditionnés dans des emballages de 50 kg. Ils font aussi de la prestation de services pour les éleveurs qui apportent leurs propres matières premières pour la mouture et le mélange.
Certains éleveurs possèdent eux aussi ces machines et font leurs provendes (sur la ferme) destinée à l’autoconsommation. Les productions et les demandes de provendes chez ces provendiers (effectif des enquêtés : 13) sont présentées dans les tableaux 19 et 20, ci-dessous.

Tableau 19 : Volumes de productions de provendes (tonne) chez 13 provendiers entre 2001et 2005

Provendes 20012002200320042005Aliments de démarrage200 230 223 210 148Aliments de croissance220 235211 259 135Aliments de ponte749 685 679 1 085 1 105 Aliments de finition-1042411  Source : Enquête, GAI, 2005

Tableau 20 : Volumes des demandes enregistrées de provendes (tonnes) chez 13 provendiers entre 2001et 2005

Provendes 20012002200320042005Aliments de démarrage25027026315564Aliments de croissance260308231123105Aliments de ponte495514513309169Aliments de finition-10436 Source : Enquête GAI, 2005

Ces chiffres ne sont exhaustifs et concernent seulement 13 provendiers approchés lors de cette étude. On note que les aliments de ponte sont plus demandés chez les provendiers comparativement aux autres types d’aliments (démarrage et croissance), certainement à cause de sa délicatesse. En effet, une petite erreur dans l’alimentation des pondeuses pendant la période de ponte, fait chuter les pontes et remonter la pente est parfois très difficiles. Certains éleveurs préfèrent ainsi s’adresser directement aux provendiers pour l’achat de ces aliments de ponte en vue de minimiser les risques de chute de ponte et s’assurer d’une bonne production d’œufs dans leur exploitation. Aussi, on note que la demande en aliments de démarrage, de croissance et de ponte a diminué en 2004 et 2005. Ceci s’explique par les mêmes raisons liées aux importations des œufs congelés et à la cherté des aliments (maïs) en 2005.
Si les provendiers ont fabriqué des quantité importantes d’aliments de ponte malgré la demande et la cherté du maïs, c’est parce qu’ils arrivent à les écouler facilement jusqu’ici. En effet, les demandes enregistrées diffèrent de la demande réelle : en dehors de ceux qui ont des commandes fermes (clients habituels), il existe encore d’autres clients ponctuels qui achètent des provendes.

Coûts et prix de vente des aliments

Tableau 21 : Coûts moyens des aliments et prix de vente

Aliments de démarrageAliments de croissanceAliments de ponteAliments de finitionCoût moyen de production
(F CFA/kg)155157,5201,07187,5Prix de vente (F CFA/Kg)171,88159,5206,43192,5 Source : Enquête GAI, 2005

Il ressort de ce tableau que les aliments de ponte et de finition sont plus chers.

Formulation des aliments

Les formules généralement utilisées pour l’alimentation de la volaille se présentent comme l’indique le tableau 22 ci-après ; Elles sont aux Aviculteurs par les Vétérinaires ou les provendiers.

Tableau 22: Formule des aliments

Matières premièresAliment de
démarrage
%
Aliment de
croissance
%Aliment de ponte et
de finition
%Maïs62,605955Tourteau de soja18,001216Tourteau de coton8,2386Coquille1410Sel0,10//CMV chair51,5/Farine de poisson5,0085Choline0,07//Son de blé/82,7CMV ponte//5Lysine/0,50,10Méthionine/0,50,10Phosphate/0,5/Fer/0,5/Total100100100Sources Enquête GAI, 2005

Le maïs occupe une place de choix dans ces différentes formules alimentaires (55 à 62%).

Coûts de l’alimentation d’une poule pondeuse (pendant sa carrière)
Tableau 23 : Valeur de l’alimentation d’une pondeuse

DémarrageCroissancePonte et finitionTotalDurée (jour)4570342457Ration (g/j)1013,2120/Quantité d’aliment en gramme4509244112542499Quantité d’aliment en kilogramme0,450,92441,1342,5Prix moyen à la production155157,5194,29/Prix moyen à l’achat171,88159,5199,47/Valeur au prix de production69,75145,537 989,978 205Valeur au prix d’achat (F CFA)77,346147,3788 2038 428Source : Enquête GAI, 2005

L’alimentation d’une pondeuse est de 8205 FCFA quand l’éleveur fait le mélange de ses matières premières chez le fabricant de provende et de 8 428 FCFA quand il achète les provendes. La différence de prix (222 F CFA) sur le coût de l’alimentation des pondeuses détermine la motivation de certains éleveurs à mélanger les matières premières au lieu d’acheter des provendes toutes prêtes.
2.5 Les éleveurs et les exploitations avicoles

Ce chapitre traite dans un premier temps de la caractérisation générale des éleveurs, puis de leur typologie.
2.5.1 Caractérisation générale des éleveurs

Les données présentées dans ce sous-chapitre, proviennent des résultats de l’enquête réalisée auprès des Aviculteurs qui sont largement représentés par des hommes (environ 90% contre 10% de femmes). Elles se rapportent:

au niveau d’instruction des Promoteurs ou propriétaires des fermes avicoles ;
au niveau d’instruction des Répondants (employés, représentant des promoteurs des fermes avicoles);
au niveau de formation promotionnelle des aviculteurs ;
à la répartition selon les types de poulaillers existants ;
à la répartition des Aviculteurs par rapport à la densité des animaux dans les poulaillers ;
à la répartition des Aviculteurs selon leur localisation en rapport avec les centres urbains ;
aux modes d’accès des Aviculteurs à la terre.
2.5.1.1 Niveau d’instruction des Promoteurs ou propriétaires des fermes avicoles

La figure 1 permet d’apprécier le niveau d’instruction actuel des Aviculteurs/promoteurs ou propriétaires des fermes avicoles.
63% des Aviculteurs sont illettrés à l’heure actuelle. C’est la classe des sans emploi et des praticiens de petits métiers qui se convertissent dans l’exercice de l’activité avicole
5% des Aviculteurs ont juste fait l’école primaire
13% des Aviculteurs ont fait le premier cycle de collège
10% des Aviculteurs ont le niveau de deuxième cycle de collège
9% des Aviculteurs ont le niveau supérieur (universitaire)
2.5.1.2 Niveau d’instruction des Répondants

Les Répondants sont des employés, représentants des Promoteurs des fermes avicoles. Ils sont Responsables du suivi zootechnique et vétérinaire et, de l’exécution des travaux sur les fermes.

La figure 2 permet d’apprécier leurs niveaux d’instruction. Au total :
43% des Répondants sont illettrés
10% des Répondants ont fait le cours primaire
20% des Répondants ont fait le premier cycle du collège
19% des Répondants ont fait le second cycle du collège
8% des Répondants ont le niveau universitaire

2.5.1.3 Niveau de formation professionnelle des Aviculteurs

En dehors des « Sans-emploi » (élèves ou étudiants sortis des collèges techniques agricoles ou de l’université) qui s’investissement dans l’aviculture, le métier de l’aviculteur est généralement pratiqué par des individus ayant une autre profession. On rencontre donc au sein des Aviculteurs des commerçants, fonctionnaires, maçons, tailleurs, peintres, cuisiniers et des personnes retraitées de la fonction publique. Très peu d’Aviculteurs ont reçu des formations pratiques en aviculture. Il s’agit surtout des Aviculteurs ayant fait les Collèges Techniques Agricoles (CTA), le Centre SONGHAI, les Centres de Promotion Agricole (CPA), l’Ex-Collège Polytechnique Universitaire (CPU), la Faculté des Sciences Agronomique (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi et les Ecoles Vétérinaires. La grande majorité des Aviculteurs exerce le métier d’aviculteur grâce à l’accompagnement technique et les conseils de routine que leur apportent les Vétérinaires Privés et les fabricants de provendes.

Au cours de l’enquête sur le terrain, 43% des Aviculteurs ont déclaré avoir reçu des formations en techniques de gestion dans leur domaine d’activité hors aviculture. Malgré cela, la gestion constitue l’un des problèmes visibles des exploitations avicoles. 38% ont exprimé le besoin de recevoir des formations non seulement en technique de production avicole mais aussi dans les techniques de gestion des exploitations avicoles.

2.5.1.4 Répartition des Aviculteurs selon leur localisation en rapport avec les centres urbains

La majorité des exploitations avicoles sont situées soit à la périphérie des villes (45%) ou soit en campagne (53%). Les 2% qui sont l’intérieur des villes (Cf. Figure 3). A ces derniers se posent déjà des problèmes d’ordre environnemental (pollution environnementale ; odeurs des fientes de volailles qui gênent les populations environnantes, stress des animaux à cause des bruits). Ces éleveurs sont tenus de changer de site dans le temps pour éviter le stress des animaux surtout les pondeuses et d’éviter aux populations des odeurs issues des fientes de volailles.

2.5.1.5 Répartition selon les types de poulaillers

Les poulaillers sont en général des bâtiments rectangulaires faits de mur (1 mètre de hauteur) en brique, en terre de barre, surmonté de poteaux en bois ou en béton (couverts de grillages ou de claies). Ils ont des toitures en tôle ou en paille.
La figure 4 présente les types de poulaillers rencontrés chez les Aviculteurs. Il y a

des poulaillers en matériaux locaux (bois, paille, claies, sol non cimenté, mur en terre de barre, etc.), soit 11%.
des poulaillers en matériaux intermédiaires (une partie en matériaux locaux et une partie en matériaux définitifs : tôle, cimentage des sols, grillage,) soit 44% et,
des poulaillers en matériaux définitifs (mur en brique, cimentage des sols, toiture en tôle, porte et fenêtre en bois ou métallique etc. (soit 45%).

Quelque soit leur niveau ou la taille de leur cheptel, les éleveurs ont tendance à construire des habitats en matériaux définitifs ou semi-définitifs. C’est ce qui confère le concept moderne à cet élevage en comparaison avec l’aviculture traditionnelle qui se pratique presque sans abri.


2.5.1.6 Répartition des Aviculteurs par rapport à la densité des animaux dans les poulaillers

La figure 5 présente la répartition des Aviculteurs selon les densités des animaux dans les poulaillers.
53 % des Aviculteurs pratiquent une densité normale (5 poulets/m2) de l’ordre de 4 à 6 poulets par m2.
17% des Aviculteurs pratiquent une densité en dessous de la normale (0 à 4 poulets /m2)
21% et 9% des Aviculteurs pratiquent une densité au-delà de la normale (respectivement entre 6-10 poulets/ m2 et supérieur à 10 poulets/m2. ll s’agit à ce niveau des densités pratiquées dans des poulaillers de production de poulet de chair à l’âge de 10 semaines. En effet, les éleveurs savent que le surpeuplement est une erreur grave qui leurs coûte cher (chute de ponte).

2.5.1.7 Modes d’accès des Aviculteurs à la terre

Le tableau 24 ci-après décrit les modes d’accès à la terre ou domaine d’implantation des fermes avicoles. L’achat est le mode le plus pratiqué par les Aviculteurs pour accéder au domaine d’implantation de leurs fermes. Il permet de « sécuriser » les investissements et de bénéficier des facilités de crédits. Les autres modes d’accès à la terre ; héritage, location, prêt et don sont souvent des sources de conflits dans le contexte béninois.

Tableau 24 : Modes d’accès à la terre

Modes d’accès% AviculteursAchat67Héritage18Location4Prêt3Don8Total100Source : Enquête GAI, 2005

2.5.1.8 Emplois directs créés par les exploitations avicoles modernes

Deux types d’emplois directs sont créés par les exploitations avicoles. Il s’agit des emplois directs permanents liés à l’élevage des poules pondeuses et des emplois directs occasionnels liés à l’élevage des sujets de chairs (poulet de chair, coquelet, pintade, dindons etc.). Ce deuxième type d’emploi peut durer 2 à 6 mois selon qu’il s’agit des chairs à cycle court (2 mois) ou des chairs à cycle long (6 mois).
Sur la base du cheptel avicole moderne recensé et à raison d’un emploi direct pour 1000 sujets, le tableau suivant donne les estimations du nombre de ces emplois de 2001 à 2005.

Tableau 25 : Estimation du nombre d’emplois directs créés par les exploitations avicoles

Année20012002200320042005Emplois permanents651625757683635Emplois occasionnels 6307763 3031 4312 425Source : Enquête GAI, 2005
2.5.2 Typologie des aviculteurs

La typologie des aviculteurs est réalisée sur la base de l’élevage des poules pondeuses ; principale spéculation des élevages modernes du Bénin. Elle se fonde sur la taille du cheptel de poules pondeuses. On distingue donc trois classes d’éleveurs à savoir les Petits Aviculteurs, les Aviculteurs de type intermédiaire et les Grands Aviculteurs. Ce chapitre décrit par catégorie d’Aviculteurs ; le niveau d’instruction et les formations techniques de l’exploitant (Promoteur), ses moyens (équipements), sa technique de conduite des élevages, sa gestion économique et financière de l’exploitation, son compte d’exploitation, et les performances techniques et économiques, et, ses stratégies d’actions.

Tableau 26: Typologie selon la taille du cheptel

Taille du cheptel< 10001000< effectif 5000TotalNombre2967022388Pourcentages (%)76186100Source : Enquête GAI, 2005
2.5.3 Les Petits Aviculteurs

Ce sont des éleveurs dont la taille du cheptel est inférieure à 1000. Ils sont majoritaires : 76% avec une taille moyenne de cheptel de 395. Ils s’installent généralement dans les campagnes où ils accèdent à la terre surtout par héritage, don, prêt, location, et quelques uns par achats.

Stratégie
Comme tous les Aviculteurs, les Petits Aviculteurs ont choisi l’activité avicole moderne pour faire des gains financiers et améliorer leurs conditions de vie. Ainsi toutes les activités du début à la fin de la conduite d’une bande de pondeuses ou de poulets de chair visent le marché. Les éleveurs vont donc adopter pour toutes les productions (viandes et œufs) un rythme qui tient compte des grandes périodes de demandes au cours de l’année. Les poulets de chair étant commercialisés entre 8 à 12 semaines, l’éleveur achète ses poussins deux mois avant la date du démarrage de la commercialisation. La grande période de commercialisation des productions est celle des fêtes de Noël en Décembre et du 1er Janvier. Les Aviculteurs dans ce cas s’approvisionnent en poussins à partir du 1er Octobre pour pouvoir être présent dans ce marché. S’agissant des poules pondeuses, l’éleveur développe une conduite qui lui permet de vendre les poules réformées pendant les fêtes de fin d’année. Et, comme la carrière d’une pondeuse est de 18 mois, le moment propice d’achat des poussins ponte est le mois de juin de l’année en cours.

Niveau d’instruction et de formation technique des petits éleveurs
La classe des Petits Eleveurs est caractérisée par une diversité de niveaux d’instruction : des illettrés (les plus nombreux) qui n’ont presque pas de formation technique en aviculture, des sans-emploi représentés par des jeunes ayant fait leurs études dans les Collèges Techniques Agricoles (CTA), Centres de Promotion Agricole (CPA), Centre SONGHAÏ et ceux ayant fait l’Université (CPU, FSA, Ecoles Vétérinaires). Ces derniers ont un niveau technique de base en aviculture.

Moyens (équipements) d’élevage
Les Petits Eleveurs ont généralement des poulaillers en matériaux locaux, intermédiaires ou définitifs (avec des murs, d’une hauteur de 0,80 à 1,80 m fait en banco ou en ciment). Quelque soit le type du poulailler, sa valeur n’excède pas 5 000 000 F CFA chez les petits éleveurs. Le sol est en terre battue ou cimenté. Il est couvert d’une litière (de 10 à 15 cm) faite de coque d’arachide ou de paille hachée. Ils ont des magasins en matériaux locaux ou définitifs d’une valeur de 50 000 et 1 000 000 FCFA, des bureaux en matériaux locaux ou définitifs d’une valeur de 12 000 à 500 000 FCFA et des puits dont les valeurs sont comprises entre 20 000 et 500 000 F CFA. Les mangeoires sont en bois ou en tôle galvanisée et l’on rencontre des abreuvoirs syphoïdes de 3 à 5 litres (pour poussins) et de 10 à 20 litres (pour adulte). On estime le coût de l’ensemble des mangeoires et abreuvoirs utilisés à 200 000 F CFA chacun. Ils utilisent aussi des pondoirs dont les coûts varient entre 1500 à 100 000 FCFA. Certains ont des motos de courses (400 000 FCFA).

Conduite technique des élevages
Plusieurs Petits Aviculteurs pratiquent un élevage « au sol », d’abord dans des poussinières (4 à 6 semaines pour les chairs et 6 à 20 semaines chez les poussins ponte), puis dans des poulaillers en matériaux locaux ou intermédiaires, avec une densité qui se situe entre 4 et 6 sujets par m2 (donc autour de la norme 5 par m2). L’alimentation passe par des aliments de démarrage (poussin chair), des aliments de finition (poulet de chair) et des aliments de ponte (poussin ponte); que les éleveurs essaient de préparer eux-mêmes sur la base des formules alimentaires conseillées par des Vétérinaires, des Provendiers ou des Aviculteurs expérimentés. Les éleveurs évitent le passage brusque de l’aliment de démarrage à l’aliment de finition. L’eau est généralement distribuée à volonté dans les abreuvoirs.

Pour ce qui concerne la prophylaxie, tous les éleveurs observent les vaccinations indispensables contre la maladie de Newcastle (pseudo-peste aviaire), la maladie de Gumboro, et, préviennent contre le stress, la coccidiose, les carences et déséquilibres alimentaires (chez les chairs et les poussins pontes jusqu’à 8 à 10mois). Ils complètent cette prévention chez les poulettes par la vaccination contre la variole, des traitements anti-parasitaires, ant-stress, et vitaminiques et le rappel de la vaccination contre la maladie de Newcastle à partir du 18ème mois. Mais les éleveurs n’arrivent souvent pas tous à respecter le vide sanitaire de 6 mois après la réforme des pondeuses. Ils pratiquent la méthode d’hygiène basée sur la désinfection des poulaillers grâce au crésyl, ce qui peut favoriser l’entretien des cycles des parasites dans les poulaillers.

Gestion économique et financière
Plusieurs des petits éleveurs financent eux-mêmes leur activité du fait des conditions peu favorables des services financiers de la place. Toutefois, on en rencontre qui ont accès aux crédits d’investissement ou de fonds de roulement, de l’ordre de 3000 000 F CFA. La tenue des documents de gestion n’est pas de règle. Ceci ne permet pas de suivre les exploitations dans le temps et de faire des prévisions. Ceux qui tiennent des documents de gestion le font sans le suivi des règles comptables. Cette tenue de document de gestion concerne les cahiers de caisse, les fiches de stocks et de livraisons. Les outils de prévisions en gestion sont aussi rares et donne place à une gestion hasardeuse des exploitations.

Compte d’exploitation
Le compte d’exploitation des petits éleveurs est réalisé pour 1000 sujets de pondeuses et se présente comme suit :

Tableau 27 : Amortissement chez les Petits Eleveurs

ImmobiliersValeur FCFADurée de vie (an)AmortissementPoulailler3000 00010300 000Puits500 0001050 000Bureau 500 0001050 000Logement personnel 500 0001050 000Matériels et équipementsMangeoire125 000262 500Abreuvoir100 000250 000Motos400 0003133 333Pondoir100 000250 000Autres matériels et équipements (sceau pelle, râteau, peson etc.)100 000250 000TOTAL795 833 Source : Enquête GAI, 2005
(*) Equipements construits en matériaux semi-définitifs

Les caractéristiques de cette classe d’éleveurs ont permis de prendre les valeurs des investissements réalisés pour calculer la dotation aux amortissements.

Tableau 28 : Compte d'exploitation du Petit éleveur

Charges TotalQuantitécharge unitaire11 038 833Charges variables10 243 000Alimentation1 0008 4288 428 000Poussin d'un jour1 000650650 000Conditionnement des poussins1 0002020 000Transport1 0001010 000Chauffage1 0002525 000Produits vétérinaires1 000150150 000Salaire1 000240240 000Charge financière720 000Dotation aux amortissements795 833 Source : Enquête GAI, 2005

Produits TotalQuantitéProduit unitaire13 171 600Œufs88413 00011 492 000Poules réformées8841 9001 679 600Résultat d'exploitation2 132 767Taux de rentabilité19,32% Source : Enquête GAI, 2005

La valeur de l’aliment est obtenue en tenant compte des différents stades de croissance de l’animal. Les charges financières sont calculées sur un crédit de 3 000 000 pour les frais de fonctionnement compte tenu du niveau des emprunts des petits éleveurs auprès des structures de financement. Les poules ont un taux de mortalité de 5% au démarrage et de 7% à la croissance et finition. Le résultat d’exploitation est de 2 132 767 F CFA avec un taux de rentabilité de 19,32%.
Le coût de production de l’œuf est obtenu par le rapport entre la charge totale et la quantité d’œufs produits. En tenant compte d’un taux de ponte moyen de 260 œufs par an, par poule, ce coût de production d’un œuf est : 48 F CFA = 11 138 833/ 884x260. En tenant compte du sous-produit qu’est la poule réformée, ce coût devient : 41 F CFA = [(11 138 833 - 1 679 600) / 884x260)]. Ces éleveurs arrivent à placer les œufs 50 FCFA l’unité soit 1500 FCFA le plateau de 30 œufs. En effet, ils sont situés dans les campagnes et subissent moins les effets de concurrence avec les œufs importés.

Performances techniques et économiques : production commercialisée
La production commercialisée est relative à la production d’œufs et de viandes. On rappelle que la taille moyenne des effectifs des cheptels des petits éleveurs est de 395 pour un effectif de 296 éleveurs.

Production commercialisée d’œufs (A)
= 395 poules x 296 éleveurs x 260 œufs/poule x 50 F CFA
= 1 523 808 000 F CFAProduction commercialisée Poules réformées
(B)
= 395 poules x 296 x 1 900 F CFA = 22 148 000 FCFAProduction totale commercialisée
(A) + (B)-= 1 745 956 000 FCFA

2.5.4 Les Eleveurs de type intermédiaire

Ils sont des éleveurs dont la taille du cheptel est comprise entre 1000 et 5000. Ils ne sont pas nombreux : (18%) et la taille moyenne du cheptel est de 2017. Leurs fermes sont caractérisées par des types d’habitats en matériaux intermédiaires ou définitifs. La plupart de ceux-ci ont l’activité avicole comme activité secondaire et se font représenter sur la ferme par des agents salariés (parfois jeunes techniciens formés dans les CPA ou au Centre Songhaï) dénommés « répondants » dans cette enquête.

Stratégie
Parmi les Aviculteurs de type intermédiaire, le 1/3 a choisi l’activité avicole comme principale, tandis que les 2/3, représentés par des personnes de fonction libérale, de l’administration et des retraités pour qui l’aviculture est au second plan. Les Eleveurs de type intermédiaire utilisent une main-d’œuvre familiale et salariale dont le montant est compris entre 1 000 000 et 2 000 000 FCFA La spéculation principale est la pondeuse. La production des chairs ou des coquelets est entreprise dans l’objectif de conquérir des marchés de fêtes de fin d’années ou de satisfaire des commandes. Ceux-ci disposent de mélangeurs et font la mouture des aliments pour leur cheptel et souvent aux petits éleveurs

Niveau scolaire et formation technique des Eleveurs du type intermédiaire.
On retrouve parmi les Eleveurs de type intermédiaire des sans niveau d’instruction, de même que des lettrées du primaire, du secondaire et universitaire avec des moyens de production améliorés mais non gigantesques. Dans cette classe, on retrouve moins les sans emplois et les praticiens de petits métiers. Les retraités et les commerçants détiennent une part considérable des exploitations de cette classe. Les éleveurs ou leur répondants ont bénéficié de formation de base en aviculture moderne mais expriment le besoin de se faire recycler pour demeurer à la pointe des nouvelles technologies de production.

Equipements d’élevage
Les habitats sont en matériaux intermédiaires, des équipements et matériels en nombre convenable selon la taille du cheptel. Ils rencontrent comme les autres éleveurs des difficultés d’accès aux sources de financement à cause des conditions contraignantes et ont beaucoup souffert des effets des importations d’œufs.
La valeur de leur poulailler est comprise entre 5 000 000 et 10 000 000 pendant que le coût de leur magasin se situe entre 1 000 000 et 3 000 000 FCFA. Les Eleveurs de type intermédiaire, surtout ceux qui sont en périphérie des centres villes disposent des adductions d’eau ou des puits de valeur comprise entre 500 000 et 1 000 000 selon l’effectif du cheptel pour l’alimentation en eau des animaux. Ils disposent de bureau de 500 000 à 1 000 000 FCFA pour l’accueil des clients et salle du personnel à l’entrée des exploitations. Les mangeoires et abreuvoirs utilisés coûtent entre 200 000 et 500 000 FCFA chacun. Certains éleveurs disposent de voiture et de moto d’environs 400 000 FCFA. La valeur des pondoirs varie entre 100 000 à 200 000 FCFA et quelques uns disposent de batteries. Certains disposent également de mélangeurs d’aliments pour une valeur comprise entre 150 000 et 500 000 FCFA. Leurs modes principaux d’accès à la terre sont l’achat, le prêt et la location et ne rencontrent pas de problèmes environnementaux. Ils sont situés pour la majorité en périphérie des centres villes, et ne rencontrent presque pas des problèmes environnementaux.

Conduite technique des élevages
La densité des animaux dans les poulaillers est souvent normale autour de 5 sujets par m2 comme la majorité des éleveurs. L’alimentation en eau est permanente et la qualité de l’eau est meilleure que celle utilisée par les petits éleveurs. Les formules alimentaires respectent mieux les quantités des aliments. Les plans prophylactiques sont pratiqués pour prévenir les différentes et courantes maladies Cette pratique influe positivement sur la croissance et la ponte des animaux. Les mesures de préventions sont faites avec du crésyl ou par le feu pour la désinfection des locaux après le déstockage d’une bande et l’usage des vaccins. Ces Aviculteurs respectent mieux que les petits éleveurs les plans de prophylaxie, le rationnement de l’alimentation, maîtrisent et appliquent un peu mieux les techniques d’élevage.

Gestion économique et financière
Ces éleveurs de type intermédiaires financent eux-mêmes leur activité du fait des conditions peu favorables des services financiers de la place. La tenue des documents de gestion n’est pas de règle. Ceci ne permet pas de suivre les exploitations dans le temps et de faire des prévisions. Ceux qui tiennent des documents de gestion le font sans le suivi des règles comptables. Cette tenue de document de gestion concerne les cahiers de caisse, les fiches de stocks et de livraisons. Les outils de prévisions en gestion sont aussi rares et donne place à une gestion à vue dans ces exploitations. Vu l’effectif du cheptel, des plans de campagne devraient être élaborés, appliqués et suivis. On note une quasi-absence des outils de prévision, de gestion et de suivi de l’exploitation.

Compte d’exploitation
Le compte d’exploitation des Eleveurs de type intermédiaire est réalisé pour 10 000 pondeuses et se présente comme suit :

Tableau 29 : Amortissement chez les Eleveurs de type intermédiaire

ImmobiliersValeur FCFADurée de vie (an)AmortissementPoulailler15 000 00030500 000Magasin500 0001050 000Bureau500 0001050 000Puits2 000 00010200 000Matériels et équipements   Mangeoire625 0002312 500Abreuvoir500 0002250 000Matériel roulant3 500 0005700 000Pondoir500 0002250 000Autres matériels et équipements (sceau pelle râteau peson etc.)500 0002250 000TOTAL2 812 500Source : Enquête GAI, 2005

Le tableau d’amortissement est élaboré sur les mêmes bases que chez les Petits Eleveurs

Tableau 30 Compte d'exploitation des Eleveurs de type intermédiaire

Charges TotalesQuantitécharge unitaire48 140 000Charges variables  44 577 500Alimentation5 0008 20341 015 000Poussin d'un jour5 0006503 250 000Conditionnement5 00020100 000Transport5 0001050 000Chauffage5 00025125 000Produits vétérinaires5 000150750 000Salaire5 0002401 200 000Charge financière  1 440 000Dotation aux amortissements  3 562 500Source : Enquête GAI, 2005

Produits Total
 Quantité
Produit unitaire  60 084 800
Œufs4 41811 70051 690 600Poules réformées4 4181 9008 394 200Résultat d'exploitation  11 944 800Taux de rentabilité  25 %Source : Enquête GAI, 2005

Parmi les éleveurs de type intermédiaire certains achètent de la provende toute faite. Leur crédit est de l’ordre de 6 000 000 et les œufs sont vendus bord champ à 45 francs l’unité. Le taux de mortalité est de 5% au démarrage et de 7% à la ponte et finition. Le coût de production de œuf est = Charges totales / quantité totale d’œufs produits = 48 140 000/ 4 418 x 260 = 42 F CFA. En tenant compte de la valeur des poules réformées (sous produit) ce coût de production de l’œuf devient  = (48 140 000 – 7 952 400) / 4 418 x 260 = 35 FCFA. Cette classe arrive à placer ses produits à 45 FCFA soit 1 350 F CFA le plateau de 30 œufs de table.

Performances techniques et économiques : production commercialisée

La production commercialisée est relative à la production d’œufs et de viandes. La taille moyenne des effectifs des cheptels des Eleveurs de type intermédiaire est de 2017 pour un effectif de 70 éleveurs. La production commercialisée par les Eleveurs de type intermédiaire est de :

Production commercialisée d’œufs (A)
= 2017poules x 70 éleveurs x 260/poule x 45 F CFA= 1 651 923 000 F CFA Production commercialisée Poules réformées
(B)
= 2017 poules x 70 éleveurs x 1900 F CFA= 268 261 000 FCFAProduction totale commercialisée
(A) + (B)-= 1 920 184 000 FCFA
2.5.5 Les Grands Eleveurs

Ils sont des éleveurs dont la taille du cheptel est supérieure à 5000. Ils sont peu nombreux ; 6% et sont des personnes nanties : commerçants, douaniers, retraités et autres privés. L’aviculture est souvent pratiquée par ces derniers comme une activité secondaire. Ils embauchent des agents salariés (jeunes techniciens formés au Complexe Polytechnique Universitaire CPU, à la Faculté des Sciences Agronomiques FSA, dans les CPA ou au Centre Songhaï) dénommés « répondants » pour assurer la conduite zootechnique et sanitaire du cheptel. On retrouve parmi les grands éleveurs des sociétés telles que SAAB, JEFFO Afrique Nutrition et le Centre Songhaï. La taille moyenne des gros éleveurs est de 12 025 pondeuses. Une des caractéristiques importantes de ces grandes fermes se retrouve au niveau des grands poulaillers faits en matériaux définitifs (béton), munis d’équipements modernes tels que les batteries et le matériel d’alimentation en eau automatique.

Stratégie
Généralement, étant nantis, ces promoteurs financent, par eux-mêmes les investissements et les fonds de roulement de l’entreprise. D’autres sont financés par des projets ou des financements extérieurs. Ils sont donc peu soumis aux prêts dans les banques et ne subissent pas de charges financières. Ils emploient surtout de la main d’œuvre salariale.

Niveau scolaire et formation technique des Grands Eleveurs.
On retrouve parmi ces éleveurs des gens du niveau d’instruction primaire, secondaire et universitaire avec des moyens de production améliorés et gigantesques Dans cette classe, on retrouve les promoteurs dont la capacité d’autofinancement est d’environ 100 000 000 FCFA. Les commerçants, les Douaniers et des personnes ayant assumées de hautes fonctions internationales ou de l’administration publique détiennent une part considérable des exploitations de cette classe. Les répondants ont bénéficié de formation de base en aviculture moderne mais expriment le besoin de se faire recycler pour demeurer à la pointe des nouvelles technologies de production.


Equipements d’élevage
Les habitats sont en matériaux définitifs, des équipements et matériels en nombre convenable selon la taille du cheptel et quelques fois sous exploités. Ils rencontrent comme les autres éleveurs des difficultés d’accès aux sources de financement à cause des conditions contraignantes et ont beaucoup souffert des effets des importations d’œufs.
La valeur de leur poulailler est supérieure à 10 000 000 avec un maximum de 176 000 000 FCFA pendant que le coût de leur magasin est compris entre 3 000 000 et 9 000 000 FCFA. Les Grands Eleveurs disposent des adductions d’eau de valeur comprise entre 1 000 000 et 2 000 000 FCFA en fonction de l’effectif du cheptel et ce pour l’alimentation en eau des animaux. Ils disposent de bureau de valeur comprise entre 1 000 000 et 5 000 000 FCFA pour l’accueil des clients et de salle du personnel. Les mangeoires et les abreuvoirs sont respectivement évalués à 1 050 000 et 1 500 000. Ces éleveurs disposent de matériels roulants de l’ordre de 3 000 000 à 12 000 000 FCFA et de moto d’environs 1 750 000 FCFA. Ils élèvent avec des batteries de valeur comprise entre 500 000 à 18 000 000 FCFA. Ils disposent également de mélangeurs d’aliments pour une valeur supérieure à 500 000 FCFA. Les incubateurs et les écloseries font partie des équipements des Grands Eleveurs. Leur mode principal d’accès à la terre est l’achat. Ils rencontrent des problèmes environnementaux du fait de la grandeur de l’effectif ce qui engendre des quantités énormes de fientes. Ils sont situés pour la majorité en périphérie des centres villes.

Conduite technique des élevages
La densité des animaux dans les poulaillers est souvent normale autour de 5 par m2 comme la majorité des éleveurs. L’alimentation en eau est permanente et la qualité de l’eau est meilleure. Les formules alimentaires respectent mieux les quantités des aliments. Les plans prophylactiques sont suivis avec rigueur et permettent de prévenir les maladies courantes Cette pratique influe positivement sur la croissance et la ponte des animaux. Les mesures de préventions sont faites avec du crésyl ou par le feu pour la désinfection des locaux après le déstockage d’une bande et l’usage des vaccins. Ces Aviculteurs respectent mieux les plans de prophylaxie, le rationnement de l’alimentation, maîtrisent et appliquent mieux les techniques d’élevage.

Gestion économique et financière
Ces éleveurs financent eux-mêmes leur activité du fait des conditions peu favorables des services financiers de la place et de la grandeur des montants investis. La tenue des documents de gestion s’applique par le personnel commis à la tâche. La gestion est informatisée et des outils de planification et d’évaluation sont maîtrisés.

Compte d’exploitation
Le compte d’exploitation des Grands Eleveurs est réalisé pour 10 000 sujets de pondeuses et se présente comme suit :

Tableau 31 : Amortissement chez les Grands Eleveurs

ImmobiliersValeur FCFADurée de vie (an)AmortissementPoulailler30 000 000301 000 000Magasin3 000 00010300 000Puits (ou château d’adduction d’eau)2 000 00010200 000Bureau1 000 00010100 000Autres immobiliers2 000 00010200 000Matériels et équipementsMangeoire1 250 0002625 000Abreuvoir1 000 0002500 000Matériel roulant5 000 00051 000 000Batterie30 000 000103 000 000Autres matériels et équipements (sceau pelle râteau peson etc.)2 000 000

2

1 000 000

TOTAL7 925 000Source : Enquête GAI, 2005
N.B le tableau d’amortissement est élaboré sur les mêmes bases que les précédents.

Tableau 32: Compte d'exploitation des Grands Eleveurs

Charges TotalesQuantitécharge unitaire100 905 000Charges variables92 980 000Alimentation10 0008 20382 030 000Poussin d'un jour10 0006506 500 000Conditionnement10 00020200 000Transport10 00010100 000Chauffage10 00025250 000Produits vétérinaires10 0001501 500 000Salaire10 0002402 400 000Charge financière-Dotation aux amortissements7 925 000 Source : Enquête GAI, 2005

Produits TotalQuantitéProduit unitaire 120 156 000Œufs8 83511700103 369 500Poules réformées8 8351 90016 786 500Résultat d'exploitation19 251 000Taux de rentabilité19%Source : Enquête GAI, 2005

Les grands éleveurs rencontrés sont pour la plupart des nantis qui autofinancent leurs activités. D’autres sont financés par des organismes religieux ou internationaux. Dans ce cas ils n’ont pas charges financière et le taux de rentabilité de leurs exploitations est de 19%. Mais au cas ils font des emprunts, ce taux de rentabilité est réduit et tourne autour de 16%. Ce taux est bas comparativement aux précédents pour des raisons d’investissements immobiliers. Toutefois ce taux de rentabilité pourrait s’améliorer dans le temps par le développement d’une politique alimentaire moins coûteuse et après l’amortissement des immobiliers.

Le coût de production de l’œuf chez ces gros producteurs est calculé en considérant un taux de 5% au démarrage et de 7% à la ponte et finition.

Le coût de production de œuf est = Charges totales / quantité totale d’œufs produits = 100 905 000/ 8 835 x 260 = 44 F CFA.

En tenant compte de la valeur des poules réformées (sous-produit vendu à 1900 F CFA) ce coût de production devient :
Coût de production de l’œuf = (100 905 000– 16 786 500) / 8835 x 260 = 37 FCFA
Cette classe arrive à placer ses oeufs à 45 FCFA l’unité.

Performances techniques et économiques ; production commercialisée
La production commercialisée est relative à la production d’œufs et de viandes.
La taille moyenne des effectifs des cheptels des Grands Eleveurs est de 12 025 pour un effectif de 22 éleveurs.

Production commercialisée d’œufs (A)
= 12 025 poules x22 éleveurs x 260/poule x 45 F CFA= 3 095 235 000 F CFA Production commercialisée Poules réformées
(B)
= 12 025 poules x 22éleveurs x 1900 F CFA= 502 264 500 F CFAProduction totale commercialisée
(A) + (B)-= 3 597 880 000 F CFA

Au total on estime le chiffre d’affaire annuel de tous les éleveurs de pondeuses à 7 264 020 000 F CFA. Les grands éleveurs, malgré leur petit nombre (6%) détiennent quasiment la moitié de ce chiffre d’affaire. La rentabilité de ces élevages semble être plus intéressante avec les éleveurs intermédiaires qui arrivent à produire l’œuf à 35 F CFA l’unité comparativement aux grands et petits éleveurs qui le produisent respectivement à 37 F CFA et 41 F CFA. Cette différence s’explique par les charges investies surtout au niveau de l’alimentation des animaux et des immobiliers.
2.6 Les consommateurs et la commercialisation

Ce chapitre traite de l’offre et de la demande de produits avicoles locaux et importés. Toutefois, il présentera les données sur les importations, exportation et réexportations dans un premier temps avant de passer sur le sujet même (de l’offre et de la demande). En effet, l’offre des œufs de table et des viandes de volailles est composée à la fois des productions locales (traditionnelle et moderne) et des importations d’œufs et de viandes de volailles. Cette offre dépend aussi des quantités exportées et réexportées.

2.6.1 Importations des produits avicoles congelés
2.6.1.1. Importations des œufs de table

Selon les statistiques de la douane, les Importateurs des produits avicoles au Bénin ont déversé sur le marché béninois en 2005, 3 408 tonnes d’œufs de table congelés. La figure 6 présente les origines de ces œufs congelés, importés vers le Bénin depuis ces cinq dernières années. La majorité de ces œufs de table congelés importés proviennent surtout des Pays-Bas (87%), puis de la France (12%). Les quantités qui proviennent des autres pays tels que l’Afrique du Sud et le Nigeria sont très infirmes (Cf. annexe 23).

Le prix de revient d’œuf de table congelé, importé varie entre 12 et 16 F CFA et celui du plateau de trente œufs entre 360 et 480 F CFA (Cf. Tableau 36). Le plateau de trente œufs est livré aux consommateurs à 900, 1000 F CFA avec emballage perdu, comparativement aux œufs de table locaux dont le plateau de trente œufs est acheté par les consommateurs à 1300, 1500, 1800 F CFA (sans emballage). Il s’en suit donc une concurrence évidente entre les deux catégories d’œufs et c’est celui importé qui l’emporte puisqu’il coûte moins cher.

Tableau 33: Formation des prix de œufs congelés importés

Années20012002200320042005Valeur CAF/Kg-177139-173Valeur CAF d’un œuf-118-10DD (48,8% de la valeur CAF)-54-5Prix de revient d’un œuf (CFA)-1612-15Prix de revient d’un plateau de 30 œufs (CFA)-480360-450Source : Enquête GAI, 2005

Mais ce qui semble paradoxal est que ces prix sont largement au-dessous des prix moyens de production d’un œuf en France ou au Pays-Bas qui tourne autour de 35 F CFA. Les Aviculteurs de l’ANAB pensent que ces œufs importés au Bénin seraient certainement destinés à la destruction parce que prohibés en Europe.
2.6.1.2. Importations des viandes de volailles congelées

Les annexes 15, 16 donnent les statistiques d’importations des viandes de volailles congelées au Bénin. La figure 7 et le graphique 3 présentent l’évolution des volumes et des valeurs de ces importations entre 1998 et 2004. Les quantités de viandes de volailles importées chaque année varient entre 40 000 et 70 000 tonnes. La bonne évolution des volumes des importations constatées depuis 1998 connaît une chute en 2004. Celle-ci fait suite à l’embargo imposé par le gouvernement du Président Nigérian Olusegun Obasandjo, contre les importations européennes depuis Mai 2003.

Figure 7 : Evolution des importations de viandes de volailles


Graphique 3 : Evolution des valeurs (CAF) des viandes de volailles importées


Les valeurs CAF des viandes importées au Bénin depuis 2001 fluctuent entre 20 à 30 milliards francs CFA l’an, ce qui rapporte à l’Etat une somme non négligeable de 14 640 000 000 F CFA comme taxes et droits de douanes (en 2004).
Selon les statistiques de la Douane de 1998 à 2004, ces viandes congelées proviennent surtout des Pays de l’Union Européenne pour 94%. Le Brésil contribue pour 5% seulement.

Figure 8 : Origines des importations de volailles congelées au Bénin (2003-2005)


La France est le principal Pays de l’Union Européenne qui exporte des viandes de volailles congelées vers le Bénin (53%).

Figure 9 : Pays de l’Union Européenne exportateurs de viandes de volailles vers le Bénin

Source : Enquête GAI, 2005

Il y a deux types de viandes de volailles importées au Bénin : La viande de volailles entières (non découpées) constituées surtout de poulets et de dindes. Cette catégorie représente 6% des volumes de viandes importées de 1998- 2004 (Cf. annexe 15.

Le deuxième type de viandes est celui des morceaux de poulets, dindes et autres volailles (cuisses, ailerons, abats etc.). Ce sont ces morceaux qui sont importés surtout au Bénin. Ils représentent 94% des volumes de viandes importées de 1998- 2004. Ce sont les bas morceaux de volailles (non consommés par les occidentaux) qui sont importés vers le Bénin.



Tableau 34 : Types et volumes de viandes de volailles importés au Bénin (1998-2004)

Années
Types de viandes de volailles1998199920002001200220032004TOTAL
(%)
Viandes de volailles (entière) importées 1 6214 2542 7762 0433 3932 9263 97420 987
6
Morceaux et découpes de viandes de volailles importées 19 02437 96455 60551 47768 90868 17851 730352 886
94TOTAL des viandes de volailles importées 20 64542 21858 38153 52072 30171 10455 704373 873
100
Source : Enquête GAI, 2005

Tableau 35: Formation des prix des viandes congelées importées au Bénin

Années200320042005Valeur CAF/Kg (moyenne)502516443DD (48,8% de la valeur CAF)225252216Prix de revient moyen d’un Kg (CFA)727768659Source : Enquête, GAI 2005


2.6.4 Exportation et réexportation des viandes de volailles congelées

Les notions d’exportation et de réexportation méritent d’être comprises pour mieux cerner le système d’exportation et de réexportation des produits congelés. En effet, le Bénin ne produit pas de viandes de volailles congelées (cuisses, abats, viandes entières), mais en exporte et en réexporte.
Les exportations de viandes de volailles concernent en fait, les viandes importées mises en consommation au Bénin, pour lesquelles les taxes douanières sont régulièrement payées et pour lesquelles, les Importateurs présentent un certificat d’origine : Bénin. Ces produits sont entreposés au Bénin avant d’être exportés surtout vers le Nigeria. Cette stratégie est utilisée par les Importateurs béninois pour contourner les réticences des Douaniers nigérians à faire rentrer les produits de volailles congelés dans leur Pays. En effet ces produits portent désormais une nouvelle origine ; le Bénin, ce qui leur permet de faire des arrangements avec les Douaniers nigérians. Toutefois, le Nigeria est devenu assez rigoureux contre ce commerce depuis 2003. D’après les statistiques de l’INSAE, les exportations officielles des produits de volailles congelés ont chuté et sont presque nulles en 2003. Ce qui confirme que le Nigeria tient ferme et applique sa décision d’interdiction des importations des produits de volailles congelées en provenance d’Europe.

Les réexportations des viandes de volailles au contraire concernent les produits importés mais qui ne font pas l’objet de mise en consommation au Bénin. Ils sont supposés être en transit vers d’autres pays. Ils ne sont pas, par conséquent pris en compte dans les quantités importées.
L’évolution des réexportations est semblable à celle des exportations. L’analyse faite sur les exportations est la même que sur les réexportations. Ces dernières sont quasiment nulles en 2003 compte tenu de la décision du Nigeria d’arrêter les importations des produits importés d’Europe.

2.6.5 Offre et demande des œufs et des viandes de volailles
2.6.5.1 Offre et demande des œufs

L’offre totale d’œufs de table est composée par l’offre locale (production nationale) d’œufs de table et des œufs de table importés. Les quantités d’œufs de table importés sont données par les statistique de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects DGDDI). Ces dernières ne font pas état de réexportation officielle d’œufs de table vers d’autres pays. On considère donc que toute la quantité d’œufs importés est mise sur le marché béninois et donc supposée consommée par ces derniers. Le tableau 39 suivant présente l’offre d’œufs sur les cinq dernières années.

Tableau 36: Offre d’œufs de table

 Année
Offre (tonne)2001
2002
2003
2004
2005
Offre locale 10 15410 21111 81410 6579 906(% offre locale)-(97)--(74)Œufs importés-295--3 408 (% œufs importés)-(03)--(26)Offre totale
-
10 506
-
-
13 314
Source : Enquête GAI, 2005

En 2005 où l’on a des données fournies sur l’importation des œufs, la production locale a fourni plus des ¾ de l’offre totale d’œufs. Les importations ont donné le ¼ restant.
La demande des œufs de table est composée par la consommation d’œufs de table. L’estimation de la demande d’œufs de table est donc faite sur la base de la consommation de 1,5kg d’œufs de table par habitant et par an.

Tableau 37 : Estimation de la demande d’œufs de table

Année
Demande2001
2002
2003
2004
2005
Population Totale6 556 8176 769 9146 989 9367 217 1097 451 665Total demande (tonne) ; Base 2004*9 83510 15510 48510 82611 177Source : Enquête GAI, 2005
(*) UEMOA, 2004, Etude sur la compétitivité des produits agricoles

En se basant sur l’offre et la demande d’œufs de table telles que présentées ci-dessus, l’étude s’est intéressée à l’analyse du degré de satisfaction de la demande en œufs de table pendant les cinq dernières années (Cf. Tableau 38). Le taux de couverture individuelle des besoins en œufs de table est obtenu en faisant le ratio de l’offre par l’effectif de la population au cours d’une année. Il est calculé en tenant compte premièrement de l’offre locale d’œufs et deuxièmement de l’offre totale d’œufs (locale + importée). On en déduit que l’offre locale d’œufs est suffisante pour satisfaire le besoin actuel de chaque béninois en œufs. En 2003 elle a même dépassé la quantité requise de 1,5 Kg/hab/an. Ainsi lorsque les importations d’œufs s’ajoutent à l’offre locale, il y a un excédent d’œufs qui se dégage et qui hypothèque l’écoulement normal des œufs de table locaux.


Tableau 38 : Taux de couverture individuelle des besoins en œufs de table

AnnéeOffre locale d’œufsOffre totale d’œufs (locale + importée)Kg/hab/anEcart (kg) (a)Kg/hab/anEcart (k) (b)20011,5 (100%)0,0--20021,5 (100%)0,01,6 (107%) +0,120031,7 (113 %)+ 0,2--20041,4 (93 %)- 0,1--20051,3 (87 %)- 0,21,8 (120%)+ 0,3 Source : Enquête GAI, 2005
différence entre l’offre locale d’œufs (au Kg/ hab/an) et le niveau actuel de consommation d’œuf par béninois et par an (1,5 kg/hab/an)
différence entre l’offre totale d’œufs (locale + importée) au Kg/ hab/an et le niveau actuel de consommation d’œuf par béninois et par an (1,5 kg/hab/an)

Le tableau 39 ci-dessous met en relief la comparaison d’une part entre l’offre locale et la demande nationale et d’autre part entre l’offre totale (œufs locaux + œufs importés) et la demande nationale.

Tableau 39 : Comparaison de l’offre et de la demande d’œufs

Année
Quantité (tonnes)20012002200320042005Offre locale 10 15410 21111 81410 6579 906Demande nationale 9 83510 15510 48510 82611 177Offre locale - demande nationale + 319+ 56+1329- 169- 1271Œufs importés -2 95--3 408Offre totale -
10 915
-
-
13728
Offre totale – demande nationale-+ 704--+ 2 551 Source : Enquête GAI, 2005

De 2001 à 2003 la production locale d’œufs de table a couvert les besoins actuels en œufs avec des excédents. Mais en 2004 et 2005, elle a été insuffisante. Cela est dû au fait qu’en 2003, les éleveurs ont souffert cruellement à cause des œufs importés (au cours des années 2002 et 2003). En effet comme la production locale en 2003 est excédentaire de 1329 tonnes, une offre extérieure viendrait à coup sûre perturber le système d’écoulement normal d’œufs ; d’où les méventes d’œufs dont se plaignent les aviculteurs. Mieux les œufs importés coûtent moins chers que ceux produits localement. En 2004, les éleveurs ont donc réduit les effectifs des pondeuses pour éviter les méventes. Ils ont même organisé une vive réaction pour protester contre les importations des œufs et des viandes de volailles (Cf. Photo 1).
En 2005, en dehors de la présence des œufs importés sur le marché (3408 tonnes), le maïs qui occupe une place prépondérante (50 à 60%) dans l’alimentation de la volaille a presque doublé de prix (Cf. annexe 11). L’année 2005 est celle des dures épreuves pour l’activité avicole au Bénin. Les éleveurs ont été soumis à la mévente de leurs œufs. Plusieurs ont déclaré avoir vendu à vil prix des œufs, d’autres ont enfouilli des plateaux d’œufs, ou donné gratuitement des œufs aux tierces personnes. Pour traverser cette crise, plusieurs éleveurs ont fait des ajustements dans leurs cheptels à travers des ventes précoces partielles ou totales des pondeuses. 13% des Eleveurs recensés ont raccroché leur production avicole en 2005 (Cf. Tableau 2). Plusieurs de ceux qui ont résisté jusqu’ici sont endettés auprès des fournisseurs d’aliments. Il y a un ras-le-bol difficile à supporter par les aviculteurs. En tout cas si les importation des œufs importés ne s’arrêtent pas, plusieurs aviculteurs vont emboîtés les pas des aviculteurs démissionnaires. Mais selon les résultats d’enquête, les œufs importés ne sont plus sur le marché comme prévu dans le contrat entre CAJAF COMON et les Aviculteurs (à partir du mois d’octobre 2005). Il y a regain d’espoir qui est né au sein de la classe avicole, mais certains aviculteurs sont encore réticents. Ils voudraient attendre pour vérifier l’effectivité de cet arrêt.

En tout cas, le constat auquel on est abouti lors de cette étude est que malgré son niveau actuel de performance, l’aviculture béninoise peut satisfaire les besoins actuels (estimés à 1,5 Kg/habitant/an) des béninois en œufs de table. Et, une autre quantité d’œufs importés, minime soit elle va certainement perturber le système local actuel. C’est pourquoi, l’hypothèse qui prône la non satisfaction des besoins en œufs de table par l’aviculture moderne locale est dépassée depuis 2001. Elle était vraie entre 1984 et 1999 (Cf. graphique 8).
2.6.5.2 Offre et la demande des viandes de volailles

L’offre de viandes de volailles est calculée sur la base des productions de viandes avicoles modernes et traditionnelles, et des viandes de volailles importées. L’offre des viandes de volailles importées a été évaluée avec les statistiques de l’INSAE. En effet sur les trois sources statistiques investiguées lors de l’étude à savoir l’INSAE, la DE et la DGDDI, les chiffres de l’INSAE paraissent les plus fournis par rapport aux produits de volailles importés, exportés ou réexportés.
L’estimation de l’offre de viandes de volailles importées est faite en tenant d’une part compte des quantités exportées officiellement et des quantités exportées frauduleusement. L’offre officielle de viandes de volailles serait donc la différence entre les quantités importées officiellement et les quantités exportées officiellement. Mais dans le cas du Bénin, cette offre officielle de viande de volailles importées n’est pas la réelle. Elle subit les effets de la fraude surtout vers le Nigeria. En effet, en 2002, on a estimé à environ 52 000 tonnes, la quantité de viandes de volailles exportées par fraude sur le Nigeria (soit 77% de l’offre officielle des viandes de volailles importées au Bénin). On peut donc estimer à au moins 80% les quantités de viandes de volailles importées, qui sont exportées frauduleusement vers le Nigeria et vers les pays de l’hinterland. Le tableau 41 ci-dessus donne la quantification de cette offre.

Tableau 40 : Offre des viandes de volailles importées

Année
Quantités (tonnes)199920002001
2002
2003
Quantités importées (1)44 21858 38153 52072 30071 104Quantités réexportées officiellement (2)1491 11820 6129 505150Quantités exportées officiellement (3)7689510 3054 69591Offre officielle de viandes de volailles (4) = (1) – (3) 44 14257 48643 21567 60571 013Estimation des quantités exportées
frauduleusement (5) = 80%(4)35 31445 98934 572
54 084
56 883
Estimation de l’offre réelle des viandes de volailles
importées au Bénin (6) = (4) – (5) ou 20%(4)8 82811 4978 643
13 521
14 130
Source : Enquête GAI, 2005 (sur la base des statistiques de l’INSAE)

Le tableau 41 quant à lui quantifie l’offre totale de viandes de volailles à la fois traditionnelle, moderne et importée. L’offre en viandes de volaille traditionnelle et moderne étant les productions desdites spéculations estimées dans les tableaux 6 et 7.

Tableau 41 : Offre totale des viandes de volailles (traditionnelle, moderne et importées) au Bénin

Année
Offre de viande (tonne)2001
2002
2003
Offre de viande de volaille moderne 14241 5834 800Offre de viande de volaille traditionnelle 4 8004 9605 120Offre locale de viandes de volailles6 2246 5439 920Offre de viandes de volailles importées
8 643
13 521
14 130
Totale offre de viandes de volailles14 86720 06424 050Source : Enquête GAI, 2005

Ces chiffres sur la production des viandes de volailles sont différents de ceux proposés par la CEDEAO ou ceux de la DE qui considèrent un taux annuel de productivité par tête de 0,80% toutes espèces confondues, ce qui ne paraît pas réaliste. Les chiffres de production de viandes de volailles sont obtenus en considérant les effectifs par espèce, les poids vifs et les rendements de carcasse qui sont de 60% pour les poulets de chair et de 50% pour les poulets traditionnels.
L’estimation de demande de viandes de volailles n’est rien d’autre que la consommation de viande de volailles estimée dans le tableau 10.

Tableau 42: Estimation de la demande de viandes de volailles au Bénin

Année
demande (tonnes)2001
2002
2003
2004
2005
Population du Bénin6 556 8176 769 9146 989 9367 217 1097 451 665Estimation de la demande (= Pop x 2,5 kg)16 392 042
16 924 785
17 474 840
18 042 772
18 629 162
Total demande (tonne)16 39216 92517 47518 04318 629Source : Enquête GAI, 2005

Le degré de satisfaction de la demande nationale en viandes de volailles est aussi apprécié ici et se calcule de la même manière que dans le cas des œufs, mais en tenant compte de la quantité moyenne de viande consommée par un béninois par an (2,5 kg/hab/an).

Tableau 43 : Taux de couverture individuelle des besoins en viandes de volailles

AnnéesOffre locale de viandes de volaille Offre totale (locale + importée)Kg/hab/anEcart (kg) CKg/hab/anEcart (kg) d20010,9 (36%)-1,62,26 (90%)- 0,2420021 (40%)-1,53 (120%)+ 0,520031,4 (56%)-1,13,33 (133%)+ 0,83Source : Enquête GAI, 2005
différence entre l’offre locale en viandes de volailles et le niveau actuel de consommation de viandes (2,5 kg/hab/an)
différence entre l’offre totale en viandes de volailles et le niveau actuel de consommation de viandes (2,5 kg/hab/an)

Ce tableau 43 montre que la seule production locale de viandes de volailles ne couvre pas la demande. Mais lorsqu’on fait intervenir les importations, la demande est largement couverte et des excédents sont dégagés.
Tableau 44: Comparaison de l’offre et de la demande de viandes de volailles (tonne)

Années
Quantité (tonnes)200120022003Offre locale (1)6 2246 5439 920Demande nationale (2)16 39216 92517 475Offre locale - demande nationale
[(1)-(2)] = (3)- 10 168- 10 382- 7 555Offre de viandes de volailles importées (4)8 643
13 521
14 130
Offre totale – demande nationale
[(4)- (3)]- 1 525+ 3 139+ 6 575 Source : Enquête GAI, 2005
Le tableau 44 ci-dessus montre que théoriquement la demande dépasse largement l’offre locale en viandes de volailles. Mais les importations apportent plus de viandes qu’il n’en fallait. En réalité, la population qui a réellement les moyens pour s’offrir 2,5 Kg de viandes de volailles par an est d’environ 1/3 de la population nationale (soit la population vivant au-dessus du seuil de pauvreté). Ainsi donc la demande réelle serait le 1/3 de l’estimation faite. Ceci démontre que les productions locales actuelles devraient couvrir les demandes locales et que toute autre introduction de produits semblables ou similaires sur le territoire perturberait le système local en place. On comprend alors aisément pourquoi les importations de viandes perturbent la sous-filière, même si une grande quantité est exportée vers les pays limitrophes.
2.6.6 Commercialisation des produits avicoles

Cette rubrique traite de la commercialisation des œufs de table et des viandes de volailles. Elle présente et analyse la commercialisation des œufs de table produits localement, la commercialisation de viandes de volailles modernes produites localement et les œufs et viandes de volailles importés.
2.6.6.1 Commercialisation des œufs de table (production locale)

Schéma 2 : Circuit de distribution des œufs de table

Source : Enquête GAI, 2005

L’organisation de la distribution des œufs de table fonctionne suivant quatre axes (Cf. schéma 2).
Dans l’axe 1 : l’aviculteur vend les plateaux d’œufs aux Grossistes qui achètent en général plus de 100 plateaux d’œufs à prix réduit d’environ 300 F CFA par plateau. Ils ont des entrepôts ou magasins où ils exposent les œufs. Ils les revendent d’une part à distributeurs (Demi-grossistes et détaillants) et d’autres part aux hôtels et superettes. Ce sont ces deux derniers acteurs qui livrent les œufs aux consommateurs dans ce cas de figure.
Le deuxième axe consiste en la vente des œufs aux Demi-grossistes qui achètent des quantités inférieures à 100 plateaux à des prix réduits de 100 F CFA par plateau. Ces derniers entreposent le produits dans leurs boutiques de ventes de divers et les revendent directement en détail aux consommateurs.
Le troisième axe est la vente directe des œufs aux hôtels, restaurants, pâtisseries par les Aviculteurs eux-mêmes. Cette vente profite généralement à l’Aviculteur, puisqu’il arrive à placer ses œufs à aux prix du plateau augmentés de 100 à 200 F CFA. Ces clients préfèrent acheter directement chez les Aviculteurs, car ils considèrent que ce sont des œufs effectivement frais non altérés par des conditionnements douteux. Ils transforment les œufs (omelettes, œufs cuits etc.) aux consommateurs.
Le quatrième axe est celui de la vente directe des œufs aux consommateurs par les Aviculteurs.
Les vrais tenants de la commercialisation des œufs de table ici sont des femmes. Dans ce circuit de distribution des œufs de table, les grossistes et démi-grossites sont des femmes.
Généralement un éleveur qui a 1000 pondeuses traite avec une grossiste et 3 à 4 semi-grossistes (toutes des femmes).
2.6.6.2 Commercialisation de viandes de volailles (productions locales)

Contrairement aux œufs de table et aux viandes de volailles importées qui sont commercialisés toute l’année, la commercialisation des viandes de volailles locales est saisonnière. Les périodes de pointes de vente des volailles locales demeurent celles des fêtes de fin d’année, de pâques et pendant les vacances (lors des cérémonies religieuses de baptêmes et de communion).
Schéma 3 : Circuit de distribution de viandes de volailles (productions locales des élevages modernes)

Source : Enquête GAI, 2005

La distribution des viandes de volailles produites par les Aviculteurs s’organise suivant trois principaux axes.
Le premier axe concerne les grossistes représentés par les grandes sociétés de productions de poulets de chairs telles que AGRO ROCH et SAAB qui en dehors de leur propre production achètent en plus des poulets (chair, coquelet et poules de réformes) auprès des éleveurs pour satisfaire leur demande. Elles achètent la moitié ou toute la production de l’éleveur, mais à un prix réduit de 300 à 500 F CFA par animal vif. Elles ont développé un système d’abattage des volailles qui consiste en l’éviscération, et l’ensachage de la viande (poulet entier) qu’ils font conserver au frais grâce à système de chaîne de froid entretenu. La viande ainsi obtenue est vendue dans les supermarchés, hôtels, restaurants, services traiteurs qui les servent aux consommateurs fraîches ou cuites. Cette vente se faisait de façon permanente, mais à l’heure actuelle elle est en difficulté puisque les deux grandes Sociétés qui s’investissent dans cette activité ont fermé, ne pouvant pas supporter la concurrence livrée par les viandes de volailles importées d’Europe et vendues sur place à des coûts moins chers (pratiquement la moitié des prix proposés par les grossistes).

Le deuxième axe est celui des demi-grossistes qui achètent environ la moitié du cheptel de l’Aviculteur (poulets de chair, coquelets et poules de réformes) sur les fermes et les revendent aux consommateurs. Ils achètent ces animaux à un prix réduit de 100 à 300 F CFA par sujet vif. Cette vente se mène surtout pendant les fêtes de fin d’année (au mois de décembre et janvier) dans les grandes villes, dans les marchés ou le long des grandes voies. Les animaux en vente sont donc exposés dans des cages (fabriquées pour la circonstance) munies de mangeoires et d’abreuvoirs car on continue de nourrir l’animal jusqu’à ce que le consommateur vienne l’acheter. Ces demi-grossistes sont parfois des Aviculteurs eux-mêmes ou tout au moins des personnes averties de l’élevage des poulets. Ils arrivent à vendre les poulets entre 2 500 à 3000 F CFA les veilles ou les jours des fêtes. Mais après les fêtes ce prix de vente chute de moitié. Il y a donc un grand risque de perte, dès qu’il y a mévente pendant cette période de pointe des ventes. Ceci explique pourquoi, certains éleveurs choissent de produire des coquelets qui ressemblent aux poulets (coqs) locaux capables de maintenir son prix de vente dans le temps, contrairement aux poulets chair dont les prix chutent après les fêtes.

Le troisième axe est la vente directe de 5 à 20 poulets directement aux consommateurs par les Aviculteurs à prix réduit de 50 F CFA. Il s’agit des achats faits dans le cadre des manifestations (cérémonies mortuaires, religieuses, anniversaires, mariages etc.).

2.6.6.3 Commercialisation des produits de volailles importés

Le circuit de distribution des produits importés au Bénin est très structuré autour de trois axes clés desservis régulièrement toute l’année. Les Importateurs ont de grands entrepôts ou magasins frigorifiques de même que des camions frigorifiques. Le circuit de distribution au plan national est constitué des intermédiaires communément appelés « poissonneries » traditionnellement reconnues dans la vente des poissons congelés. Ils associent actuellement à cette vente de poissons, la vente de la viande de poulets.

L’axe central consiste à l’achat (chez les Importateurs) des viandes de volailles par de revendeurs/détaillants (grandes poissonneries) qui achètent en gros. Ils les revendent aux rôtisseurs de rue (les Nigériens qui font des brochettes « tchatchanga ») et aux détaillants (demi-gros) ou en détail directement aux consommateurs. Ces détaillants sont de petites poissonneries installées aux bords des grandes voies des grandes villes béninoises, et qui revendent au kilogramme des viandes de volailles aux consommateurs. Ces derniers desservent aussi les revendeuses des marchés locaux qui s’investissent dans la transformation (rôtisseries, restaurations etc.).
Le deuxième axe est celui qui concerne à la fois les œufs et les viandes congelés. Il consiste dans la vente de ces produits aux superettes et revendeuses des marchés locaux. Ces dernières ont un réseau de petites revendeuses qui promènent surtout les œufs vers les consommateurs. C’est à ce niveau que se pose le problème de la qualité de tels œufs soumis aux phénomènes de congelation-décongelation.

Le troisième axe traite de l’exportation et de la réexportation des viandes de volailles congelées par les Importateurs vers les marchés nigérians en passant par des grossistes nigérians. Ces derniers louent sur place des camionnettes (« Peugeot 404 bâchées ») auprès des conducteurs béninois pour acheminer frauduleusement leurs marchandises vers le Nigeria

Schéma 4 : Circuit de distribution des produits de volailles congelées (œufs et viandes)


Source : Enquête GAI, 2005

2.6.6.4 Prix des produits de volailles aux grossistes et consommateurs

Les produits congelés importés coûtent moins chers que les produits locaux et sont mieux conditionnés. Le plateau d’œufs importés coûte 500 à 700 F CFA moins cher que le plateau d’œufs produits sur place au Bénin. Les œufs importés présentent d’autre avantage ; ils sont vendus avec emballage perdu.
La viande de poulet congelé coûte 300 à 500 F CFA moins cher que le poulet vif produit dans les par les fermes avicoles modernes. Lorsque ce poulet moderne subit l’abattage et la congélation, il est vendu autour de 2500 soit deux fois plus chers que la viande du poulet congelé importé au Bénin.


Tableau 45: Prix aux grossistes et consommateurs des produits de volailles (F CFA)

Prix
Produits GrossistesConsommateursObservations Œuf local (plateau de 30)1200 – 13001500 – 1800Œuf importé (plateau de 30)8001000 -1100Vente avec emballage perduPoulets Bicyclette adulte (vif)-1500 -2500Poulets de chairs (vif)1100 – 13001800 – 2500Coquelets (vif)2500-3000Poules réformées (vif)1500 -17001800-2500Poulets importés (viande)1000 – 12001500 – 1800Source : Enquête GAI, 2005
3 CONTEXTE ORGANISATIONNEL, STRUCTUREL ET JURIDIQUE

L’enquête de terrain a relevé une faible structuration des acteurs sur le terrain. On note néanmoins un début d’organisation au sein des producteurs (aviculteurs) par la naissance de l’ANAB et de GAPD qui sont des organisation récentes mais ayant à leurs actifs des actions parfois fortes qui laissent croire à un avenir structuré de la filière avicole au Bénin.
3.1 Principales structures organisationnelles de la sous-filière
3.1.1 L’Association Nationale des Aviculteurs du Bénin (ANAB)

L’ANAB est une organisation professionnelle récente, crée en Novembre 2002, mais elle constitue le plus grand regroupement officiel actuel des aviculteurs de la filière aviculture moderne au Bénin. Elle est affiliée à la FUPRO (Fédération de l’Union des Producteurs du Bénin). Selon les Responsables de l’ANAB et les documents de pré-recensement des Aviculteurs adhérents de l’ANAB, cette association compte 400 membres environ. Elle est dotée d’un bureau national avec un niveau actuel de décentralisation départementale. La décentralisation vers le niveau communal n’étant pas encore effective, mais constitue un projet de l’ANAB.

Les grands objectifs de l’ANAB sont de trois ordres :
promouvoir le système de production locale ;
contribuer à la mise en place d’une filière avicole nationale complète, bien structurée et fonctionnelle ;
lutter pour un commerce équitable et juste des produits avicoles au Bénin ainsi que dans la Sous-région.
3.1.2 Le Groupement des Aviculteurs pour une Promotion Durale (GAPD)

Le GAPD est une association de 11 aviculteurs née officiellement dans la même année que l’ANAB (en Juillet 2002). Il est basé à Porto-Novo et a pour objectifs de :
promouvoir l’aviculture au Bénin ;
contribuer à l’autosuffisance alimentaire ;
fournir aux populations de la protéine animale de qualité, et à moindre coût ;
défendre les intérêts des Aviculteurs béninois.
On estime à 30 500 têtes la quantité totale de poulets (pondeuses, poulette et poussins) élevés par les promoteurs du GAPD en 2004, et une consommation de provende qui plafonne autour de 100 millions de francs CFA.
Le GAPD détient comme acquis :
la capacité de faire des commandes groupées en poussins d’un jour ;
la mise en place d’une équipe technique de 04 techniciens capables d’apporter des appuis aux membres dans les domaines de la prophylaxie, la formulation des aliments en fonction des âges des animaux, et la proposition des soins sanitaires rapides en cas de maladie signalée dans une exploitation avicole. Cette équipe technique est aussi appelée à veiller aux contrôles zoo-sanitaires des cheptels des membres de l’association. ils font donc des sorties mensuelles vers les exploitations des différents membres de l’association pour des contrôles et font un compte rendu mensuel techniques de l’état sanitaire et zootechnique des cheptels.
le GAPD a participé aux côtés de l’ANAB à l’opération « anti-importation » des œufs et des viandes congelés au Bénin en 2004.

3.1.3. Les autres organisations de la sous-filière moderne

l’Union Départementales de Producteurs de L’Ouémé/Plateau. Au nombre des Unions Départementales de producteurs, celle de l’Ouémé/Plateau cherche à structurer la sous-filière de l’aviculture moderne. Elle a procédé déjà à un début de recensement des aviculteurs notamment dans les communes d’Avrankou, Adjara, Ifangni, et Porto-Novo. Elle nourrit des ambitions d’appui-conseils en leur direction.

l’AJED ou l’Association des Jeunes Exploitants Diplômés du Collège d’Enseignement Technique Agricole (CETA Adjaouèrè). C’est une association jeune qui est née en 2003 (et reconnu officiellement en 2005). Elle est constituée pour le moment de 50 jeunes élèves finaliste du CETA Adjaouèrè. Son objectif est de promouvoir des échanges entre les membres en matière d’entreprenariat agricole.

En dehors des organisations formelles ci-dessus décrites on observe sur le terrain d’autres formes d’organisations liées aux circuits de distribution des intrants ci-dessus mentionnées, il se développe sur le terrain d’autres formes de relations entre différents acteurs qui pourraient être exploitées dans la mise en place de l’interprofession du monde avicole. On peut citer :
les relations technico-commerciales entre aviculteurs et fournisseurs d’intrants avicoles ;
les relations commerciales entre aviculteurs et les femmes revendeuses d’œufs.
3.2 Les services de l’Etat concernés par l’aviculture moderne
3.2.1 Les services d’appui à la sous-filière
3.2.1.1 La Direction du Conseil Agricole et de la Formation Opérationnelle (DICAF)

Ancienne DIFOV ou Direction de la Formation Opérationnelle et de la Vulgarisation Agricole, la DICAF a pour objectif de concevoir et définir les politiques et stratégies nationales en matière de vulgarisation agricole et de formation opérationnelle. Elle est chargée de susciter, en relation avec les producteurs et les structures spécialisées du MAEP, des solutions pratiques aux problèmes des paysans et autres exploitants agricoles et de les traduire sous des formes permettant leur diffusion et leur adoption. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie de la DICAF consiste à animer des ateliers de revue de technologie qui réunissent les producteurs, vulgarisateurs, chercheurs pour réfléchir sur un problème spécifique qui se pose aux producteurs. Les résultats de ces réflexions permettent d’élaborer des fiches techniques et de former les agents des CeRPA ou CeCPA (TS Santé, TS Zoo et Agent Polyvalent de Vulgarisation : APV) qui sont chargés à leur tour d’apporter des appui-conseils et des formations aux producteurs. Ce système a permis de mettre en place une fiche technique sur le suivi sanitaire et l’alimentation des poulets de chair et des pondeuses, au profit des aviculteurs modernes. Mais actuellement ces ateliers se font rares, faute de moyens financiers et ceci du fait de la réforme des services agricoles au Bénin. Toutefois, la DICAF se prépare pour lancer un Projet d’Appui aux Conseils Agricoles. Il est prévu dans ce Projet, la mise à disposition des CeRPA de 227 Conseillers Agricoles (à recruter sur fonds publics) pour apporter des conseils de gestion aux producteurs (y compris les aviculteurs). La mise en œuvre effective d’un tel Projet pourrait être une opportunité à saisir par l’ANAB et les autres associations d’aviculteurs pour corriger les insuffisances en matière de gestion de l’exploitation avicole notée au cours de cette étude.

3.2.1.2 Direction de l’Elevage

La Direction de l'Elevage a pour mission de définir la politique de l'Etat en matière de productions animales et de veiller à son application. Elle a à sa disposition 12 Vétérinaires Inspecteurs (annexe) positionnés dans des fonctions technico-adminstratives. Ces appuis en faveur de la sous-filière aviculture moderne se font à travers ses principaux Services à savoir :

Service d’Appui au Développement des Productions et des Filières Animales  (SADPFA);
Service de Contrôle des Denrées Alimentaires (SCDAAB) ;
Service de Santé Animale
Laboratoires vétérinaires

Le Service d’Appui au Développement des Productions et des Filières Animales  (SADPFA);
A travers ce service, la Direction de l’Elevage (DE) a organisé un atelier de réflexion sur la filière avicole béninoise (18, 19 et 20 Octobre 2005) à Porto-Novo. Ce dernier a eu le mérite de mettre ensemble, les acteurs directs (aviculteurs, accouveurs, distributeurs d’intrants zootechniques, vétérinaires etc.), indirects (structures de l’Etat : MAEP, DE, FSA, etc.) et les deux principales sociétés importatrices de viandes de volailles ou parties de volaille (CDPA et CAJAF COMON) pour réfléchir sur l’Etat des sous-filières avicoles traditionnelle et moderne du Bénin. A l’issue de cet atelier un plan d’action opérationnel est prévu pour 2006 et 2007, et concerne :

Pour la sous-filière aviculture moderne
l’amélioration et l’organisation de la filière avicole moderne ;
l’augmentation et la sécurisation les productions avicoles ;
l’amélioration la compétitivité et la commercialisation des produits avicoles.

Pour la sous-filière aviculture traditionnelle, il vise :
l’amélioration des revenus des producteurs agricoles notamment les aviculteurs ;
la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations ;
l’amélioration de la part de la sous-filière aviculture traditionnelle dans la formation du PIB.

Un Projet d’Appui au Développement de l’Aviculture moderne est né sous le financement de l’Etat béninois pour un montant de 416 millions F CFA /l’an. Ces actions d’appuis sont concentrés autour de deux axes clés à savoir : le renforcement de la capacité des aviculteurs en techniques de gestion de leurs exploitation et l’appui à la facilitation de l’accès des aviculteurs aux crédits, par le biais d’un fonds de garantie (à déposer dans une Institution de Microfinance).

Un second plus important Programme d’Appui au Développement de l’Aviculture Moderne (PADAM) a été aussi élaboré pour un montant de 4,8 milliards F CFA à rechercher auprès des partenaires au développement.

Le Service de Contrôle des Denrées Alimentaires d’Origine Animales et Aliments de Bétail (SCDAAB)

C’est ce service de la DE qui s’occupe de :

l’inspection et du contrôle des denrées animales et d’origine animale, notamment les viandes et parties de volailles, et, les poussins d’un jour ; au Port et à l’Aéroport de Cotonou (aussi bien à l’importation qu’à l’exportation), dans les entrepôts frigorifiques et les supermarchés. C’est en Novembre 2004 que son poste de contrôle vétérinaire de l’Aéroport a été mis en service. En 2004 le SCDAAB a réussi à saisir au total 24,2 tonnes d’ailerons de dindes pour motif d’insalubrité.
Il valide les documents officiels : certificats d’origine, attestation de salubrité et de non radioactivité des produits de volailles importés au Bénin.
Mais les inspections et contrôles réalisés par le SCDAAB sont sommaires et d’ordre organoleptique (au niveau des containers et des entrepôts frigorifiques) pour le moment. C’est lorsqu’il y a une suspicion que le SCDAAB a recours à des analyses de laboratoires par la DANA ou le Laboratoire National au Ministère de la santé Publique (MSP). Dès que le SCDAAB juge la denrée salubre, il autorise sa mise à la consommation.
Il est clair que ce contrôle sommaire est insuffisant et qu’il faut certainement évoluer vers la systématisation des analyses de laboratoire avant la mise en consommation des denrées alimentaires d’origines animales, notamment les viandes et parties de volailles et les œufs.

l’élaboration d’un projet de norme sur l’œuf de poule (œuf de table) en collaboration avec le CEBENOR et d’autres acteurs importants tels que l’ANAB. Ces normes concernent à la fois les œufs produits localement et les œufs importés. Mais elles ne sont pas encore validées.

Le Service de Santé Animale ; PRAIVAP et CTMV

Les champs d’action du Service de Santé Animale (SA) de la DE pour ce qui concerne l’aviculture moderne portent sur la prévention des maladies et le contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires.

Par rapport à la prévention des maladies ce service en collaboration avec d’autres et surtout l’ANAB a coordonné l’élaboration et la mise en place d’un Programme de prophylaxie pour l’aviculture moderne au Bénin. C’est un programme non obligatoire. Il est à titre indicatif et tient compte des vaccins existants au Bénin.

Comme dit plus haut c’est le Service de Santé Animale à travers le Programme de Réforme de l’Approvisionnement en Intrants Vétérinaires et d’Appui à la Privatisation (PRAIVAP) qui détient le monopole de la commercialisation des vaccins au Bénin.
Pour ce qui concerne le contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires, le travail se limitait aux contrôles des dates de péremption, aux modifications physico-chimiques (organoleptiques) et des emballages. Mais, le Service de Santé Animale (SA) a réfléchi un système de contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires basé sur des analyses de laboratoire. Un partenariat est développé entre la DE et le Laboratoire National de Contrôle de la Qualité du Ministère de la Santé Publique (MSP) pour l’exécution de ces analyses. Des laboratoires extérieurs (Grande Bretagne) sont aussi mis à contribution pour une meilleure garantie de la qualité des résultats.
La stratégie de prélèvements adoptée pour ces analyses consistera à faire des prélèvements dès la réception des médicaments au Port ou à l’Aéroport de Cotonou et des prélèvements inopinés dans les magasins de vente ou les pharmacies vétérinaires. C’est en cette année 2006 que cette stratégie de contrôle sera vraiment mise en vigueur.
Les analyses des produits vétérinaires visent à contrôler:
la stérilité des produits ;
le dosage des principes actifs (pour éviter la chimiorésistance) ;
la vérification des isomères.
Par ailleurs, le Chef de Service de la Santé Animale joue le rôle de Secrétaire Permanent de la Commission Technique du Médicament Vétérinaire (CTMV) qui est l’organe qui procède à l’étude des dossiers « d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) » relatifs aux spécialités pharmaceutiques ou aux médicaments vétérinaires.

Les Laboratoires Vétérinaires de la DE

La Direction de l’Elevage possède 4 Laboratoires Vétérinaires :

le Laboratoire Vétérinaire de Bohicon fait des appui-diagnostics en pathologies animales diverses (petits et gros ruminants et aviaires) et peut apporter des conseils dans la formulation des rations alimentaires des volailles. Il est prévu pour desservir les 4 Départements du Centres : Zou-Collines, Mono-Couffo. Mais il est jusqu’à présent très peu sollicité par les aviculteurs pour des raisons d’éloignement et de sous-information ;
le Laboratoire Vétérinaire de Porto-Novo est le plus spécialisé dans des pathologies aviaires. Il est établi depuis 1990, mais n’est plus fonctionnel actuellement à cause d’un manque de personnel qualifié et de ses équipements dépassés ;
le Laboratoire Vétérinaire de Parakou est aussi équipé pour des pathologies aviaires, mais se trouve très peu sollicité à cause de son éloignement des points de concentration des aviculteurs modernes ;
le Laboratoire vétérinaire de Natitingou. comme celui de Parakou est peu sollicité par les aviculteurs modernes à cause de son éloignement des zones de concentration de ces derniers. Il a tourné pendant longtemps grâce au Projet de Promotion de l’Elevage dans l’Atacora (PPEA). Et depuis la fin de ce projet, le Laboratoire de Natitingou est hypothéqué. Il est d’ailleurs fermé en 2000 par manque de personnel.
3.2.1.3 Les Centres Régionaux de Promotion Agricole (CeRPA)
En dehors des CeRPA (Ex CARDER) Atacora/Donga et Borgou/Alibori qui ont chacun 3 Vétérinaires Inspecteurs, les autres CeRPA n’ont chacun qu’un seul Vétérinaire Inspecteur, sauf le Mono-Couffo qui n’en possède plus. Dans leur traditionnelle mission d’encadrement et d’appuis techniques aux paysans (y compris les éleveurs), les CeRPA ont favorisé surtout le développement de la sous-filière aviculture traditionnelle, à travers des programmes (PADFA, PAMR-Mono, PADAV /PADSA, PSSA, PISEA, PDE 3, PADEB) de promotion agricole, d’élevage, et d’aviculture villageoise.
Les Défis prévus à être relevés par ces programmes en direction de l’aviculture traditionnelle concernent :
la réduction des mortalités chez les volailles villageoises grâce à une amélioration de la couverture vaccinale contre les maladies de Newcastle et de Gumboro ;
l’amélioration de l’alimentation et de l’habitat des volailles en milieu villageois ;
l’amélioration du format des poules locales grâce à l’introduction de coqs améliorateurs (opération coq).
Les actions développées en direction du sous-secteur de l’aviculture traditionnelle sont capitalisées dans des documents ou fiches techniques pédagogiques, pour des formations en milieu paysan. Ces dernières sont axées sur l’habitat (modèle de construction), l’alimentation (aliments énergétiques, protéiniques, et vitaminiques, minéraux, composition d’une ration) et la santé (identification des différentes pathologies et leurs traitements). Elles sont menées avec les Directions de Réglementation et de Contrôle (DRC ex DCVP) des CeRPA. Mais l’accent est surtout mis sur les aspects santé (vaccination et déparasitage interne des poulets) à travers la formation des Vaccinateurs Villageois de Volailles (VVV) pour lutter surtout contre la maladie de Newcastle ; première cause de mortalité de la volaille traditionnelle en milieu paysan. Les nombres de formateurs et Vaccinateurs Villageois de Volailles formés, s’élèvent respectivement 60 à 1226 repartis dans 26 communes des 12 Départements du Pays. Ce qui a permis d’introduire 2500 coqs améliorateurs, d’immuniser 115 989 poulets et de déparasiter 63 282 poulets.
3.2.2. Les Services de contrôle
3.2.2.1 La Direction de l'Alimentation et de la Nutrition Appliquée (DANA)

La DANA a pour mission de définir la politique de l'Etat en matière d'alimentation et de nutrition et de veiller à son application. C’est le Service de la Qualité des Analyses et de la Législation Alimentaire (SQALA) de la DANA qui est surtout concerné par les questions de contrôle des viandes, morceaux et œufs de volailles. Il opère à travers deux divisions : la Division de l’Inspection et la Division du Laboratoire.
Comme nous l’avions mentionné plus haut l’exercice actuel du contrôle de la qualité sur les viandes et œufs de volailles importées au PAC se fait par le SCDAAB de la DE. La Division de l’Inspection de la DANA intervient sur demande du SCDAAB, lorsqu’il y a une suspicion (mauvaises odeurs ou couleurs etc.), pour une analyse de laboratoire. Elle fait des prélèvements à partir des containers que la Division Laboratoire de la DANA analyse pour confirmer ou infirmer les soupçons émises par SCDAAB/ DE.
Les éléments recherchés au cours de ces analyses de laboratoire à la DANA sont :
Coliformes totaux ;
Coliformes fécaux ;
E. Colli ;
Streptocoques fécaux ;
Staphylocoques pathogènes ;
Anaérobie sulphyto-réducteurs ;
Salmonelles ;
Autres germes.
Les germes déterminant la qualité de ces produits sont les coliformes focaux, E. Colli, Streptocoques fécaux, et les salmonelles.
Le nombre de ces analyses réalisées par la DANA à la demande de la DE s’élèvent à 04 en 2003 et 03 en 2004. Elles concernent des ailerons de volailles. Au cours de l’année 2004, la DE en collaboration avec l’ANAB, a demandé des analyses sur la qualité des œufs de poulet importés. Mais en 2005, la DANA n’a pas été sollicitée par la DE pour de pareilles analyses.
Pour assumer cette fonction d’analyse des denrées alimentaires, la DANA dispose de 3 laboratoires : un laboratoire de biochimie, un laboratoire de microbiologie, et un laboratoire de microtoxine (pour la recherche de l’aflatoxine). C’est le laboratoire de microbiologie qui surtout sollicité dans l’analyse des viandes, parties et œufs de volailles.

On note quelques conflits d’attribution entre la DE et la DANA au sujet du contrôle de ces denrées animales. En effet, pour le personnel de la DANA, au-delà des contrôles visuels préconisés par la DE, les analyses de laboratoires devraient être systématiques, ce qui donnerait un sérieux au travail de contrôle qui se fait. La DANA devrait avoir un mot à dire chaque fois qu’il y a un container de viandes, œufs et lait etc.

3.2.2.2. La Direction de la Promotion de la Qualité et du conditionnement des produits agricoles

La Direction de la Promotion de la Qualité et du Conditionnement des Produits Agricoles a pour missions de définir la politique de l'Etat en matière de promotion de la qualité et du conditionnement des produits agricoles et de veiller à son application. La DPQC, s’occupe exclusivement des produits agricoles d’origines végétales. Elle contrôle les semences, emballages des produits, la qualité physico-chimiques des produits (couleur, forme, acidité, teneur en huile etc.). Elle intervient dans les marchés communaux, au Port et dans les sociétés agro-industries telles que les huileries, la maïserie.
La DPQC a implanté des services au sein des CeRPA et possède un agent de conditionnement dans chaque Communes du Bénin. Pour ces analyses la DPQC possède un Laboratoire d’analyse à Cotonou et deux petits laboratoires : un dans l’Ouémé à Porto-Novo et un autre dans le Borgou à Parakou.

3.2.3 La recherche

C’est le Laboratoire de Recherche Zootechnique, Vétérinaire et Halieutique (LRZH) de l’INRAB qui conduit les travaux de recherche sur l’élevage en général et l’aviculture en particulier. Contrairement à l’aviculture traditionnelle qui a connu plusieurs travaux de recherche, les activités de recherche sur aviculture moderne sont récentes et sont surtout confrontées selon les Responsables aux problèmes de moyens financiers et humains. Actuellement le Laboratoire compte 2 Vétérinaires Inspecteurs et 2 Ingénieurs de Développement Rural. Il est équipé du matériel ELISA qui leur permet de faire des diagnostics en matière de parasitologie et de sérologie. Selon les responsables, ce laboratoire pourra (dans avenir proche) faire des examens microbiologiques avec l’appui en équipements de l’Agence Internationale d’Energie Atomique (AIEA) de Vienne en Autriche. Les travaux de recherche disponibles actuellement sur l’aviculture moderne sont des mémoires de fin d’étude ou ceux issus des protocoles de recherche initiés par l’INRAB à travers son Laboratoire. Ce sont des travaux récents qui concernent surtout les aspects sanitaires, alimentation des volailles, et le contrôle de la qualité.

3.2.4. Situation des contrôles au niveau des frontières terrestres et au PAC

Le contrôle des produits avicoles (viandes, œufs congelés) importés au niveau des frontières terrestres et au Port Autonome de Cotonou (PAC) se fait par les services de la Douane et le SCDAB/DE et la DANA lorsque cela s’avère nécessaire. Ce contrôle se fait suivant trois étapes :

Validation des documents officiels d’importations des produits
Il s’agit d’un certificat d’origine du produit et son attestation de salubrité et de non radioactivité. C’est la Direction de l’Elevage (DE) qui étudie ces dossiers et délivre une autorisation de dépotage qui permet d’enclencher le dédouanement de la marchandise.

Contrôle de la qualité des produits par la DE
Comme dit plus haut, il s’agit d’un contrôle macroscopique, basée sur les caractéristiques organoleptiques. Ce contrôle se fait en présence des Services de la Douane. Une Analyse plus approfondie est faite au besoin (à la DANA), en cas de suspicion, pour vérifier l’intégrité de la qualité de ce produit et éviter qu’il soit un danger pour les populations.

délivrance du certificat de mise à la consommation, certificat d’insalubrité et de saisie ou du certificat de destruction
Ils sont délivrés par le Service de Contrôle des Denrées Alimentaires du Bétail (DE). Lorsque le produit est jugé apte pour la consommation, il est délivré à l’importateur le certificat de mise en consommation, mais lorsque des analyses approfondies révèle son caractère insalubre, alors il est délivré à l’importateur, un certificat d’insalubrité et de saisie. En cas de saisie, il est procédé à destruction des produits en question et un certificat de destruction est délivré à l’importateur.
Cette procédure permet d’avoir des statistiques des produits avicoles importés dans tous les postes douaniers concernés.

Mais contrairement aux efforts de contrôles sur les viandes et œufs de volailles importés, les sujets d’un jour en provenance des pays voisins tels que le Nigeria et le Ghana, ne subissent pratiquement pas de contrôles ni par les services de la DE, ni par les services de la Douane. Ils ne font pas objet de frais douaniers. Ils traversent les frontières à la faveur d’un « arrangement » qui se fait entre les douaniers et les commerçants, importateurs des sujets d’un jour. Ces derniers déclarent aux douaniers une quantité de poussins d’un jour en-dessous de ce qu’il transitent effectivement et paient une somme forfaitaire qui reste une discrétion entre eux et les Douaniers.

Aussi depuis que le Nigeria a interdit la réexportation des viandes de volailles chez lui en Août 2003, officiellement cette activité n’existe plus et donc ne s’enregistre plus dans les anales des services des Douanes. Mais elle continue d’exister et se fait par voie de fraude. Il en est de même pour les croupions dindes, interdites par la loi mais qui continuent par entrée dans la pays par la frontière du Togo et du Bénin (Hilacondji).

Système tarifaire de la Douane sur les produits avicoles (viandes de volailles)
Les droits et taxes de douanes perçus par les douanes se présentent comme suit (tableau 47) :

Tableau 47 : Système tarifaire de la Douane

Droits et taxes de douanes Calcul des Taux pratiqués)Observations Redevance Statistique (RS)1 (% de la valeur CAF)Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS)1 (% de la valeur CAF)Prélèvement Communautaire (PC)0,5 (% de la valeur CAF)Droit de Douane (DD)20 (% de la valeur CAF)Taxe sur Valeur Ajoutée (TVA)18 [% de la valeur (CAF + RS +PCS + DD)]Acompte sur Impôt assis sur les Bénéfices (AIB)3 [% de la valeur de la (TVA + PCS + PC + DD)]Sources : DGDDI

Les droits et taxes de Douanes sur ces produits tournent aujourd’hui autour de 48,8% de la valeur CAF, ce qui leur confère un prix de revient de 640 F CFA/kg.
3.2.5 Niveau de mise en œuvre effective de la législation et de la réglementation

La mise en application de la législation et de la réglementation sur le contrôle des produits avicoles pose encore quelques conflits d’attribution entre la DE et la DANA. Chacune de ces institutions essaie de lire et de comprendre à sa façon, la LOI N° 84-009 du 15 Mars 1984 relative au contrôle des denrées alimentaires. Il existe un besoin de prise d’arrêtés pour définir clairement les rôles de chacune de institutions concernées par le contrôle des produits avicoles (DANA, DE, DPQC, MSP, CBENOR etc.).
Les fraudes et la contrebande caractérisent encore les activités d’import et export (réexportation) de cette filière. Elles sont difficiles à estimer.
3.3 Autres Institutions de la filière
3.3.1 La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB)

La mission de la CCIB en direction des acteurs de la sous-filière avicole (installés légalement) est de créer des conditions favorables pour les aider à être plus compétitifs, ceci au travers de la facilitation de leur accès aux formations, conseils à l’élaboration des projets et la recherche de financement et de marché.
Les actions de la CCIB en direction de l’aviculture béninoise sont encore très limitées. Mais elle a réussi à faire former 2 aviculteurs à Reines (France) en 2005.

3.3.2 Le Centre Béninois de Normalisation et de Gestion de Qualité

Le CBENOR a pour fonction la détermination des normes, la garantie de la qualité des produits et les conseils d’ordre hygiénique. Il ne contrôle pas la qualité, mais met à la disposition des structures de contrôle (DANA, DPQC, DE) des outils de travail sur les normes à respecter.
La seule action du CBENOR en direction du secteur de l’aviculture moderne béninoise a été favorisé par l’ANAB suite à sa demande appuyée par la DE sur l’élaboration des normes par rapport aux œufs dans l’objectif de limiter les importations des œufs au Bénin. Ce travail de normalisation a démarré, mais reste à finaliser ensemble avec les aviculteurs.
3.3.3 La Chambre Nationale de l’Agriculture du Bénin
La Chambre Nationale de l’Agriculture du Bénin (CNAB) est une structure qui facilite la diffusion de l’information au sein de la classe paysanne, de même que les formations. Elle joue un rôle d’intermédiaire entre l’Etat et les producteurs. Pour le moment la CNAB n’a pas développé un programme en direction de la sous-filière aviculture moderne.
3.3.4 Service vétérinaire privé libéral et autres fournisseurs d’intrants avicoles
La libéralisation de la fonction vétérinaire soutenue par la DE à travers son programme de Réforme de l’Approvisionnement en Intrants Vétérinaires et d’Appui à la Privatisation (PRAIVAP) a favorisé l’installation de 47 Docteurs Vétérinaires et de 67 agents techniques d’élevage répartis comme l’indique le tableau 48 ci-dessous. Ils sont concentrés dans les Départements de l’Atlantique/Littoral et dans le Borgou/Alibori où ils s’occupent respectivement et surtout des volailles et des bovins. Ils sont agréés par la Direction de l’Elevage et s’investissent dans la clinique et la vente des produits vétérinaires et des matériels d’élevage (abreuvoirs, mangeoires etc.). La plupart de ceux qui sont installés à l’intérieur du Pays (Zou/Collines, Mono-Couffo etc.) essayent de coupler aux services clinique et de vente des produits ; la vente des aliments du bétail (provendes pour la volaille, et le lapin). Ils s’approvisionnent en vaccins aviaires auprès de PRAIVAP et sont en partenariat avec les laboratoires étrangers ou des grossistes locales pour l’approvisionnement en produits vétérinaires curatifs.
Les Grossistes/fournisseurs de matières premières pour la fabrication des aliments des volailles sont les grandes sociétés agroalimentaires telles que les Huileries Fludor et SHB, le GMB, la Maïserie de Bohicon. Ils fournissent le son de blé, les tourteaux de coton, les tourteaux de soja aux grandes sociétés intermédiaires de distribution telles VETO SERVICES TERRES ET ASSOCIES, CANIB, etc. Les quantités distribuées couvrent les besoins des aviculteurs. La problématique des matières premières concerne pour le moment le maïs dont la rareté ces derniers temps a entraîné sa cherté, obligeant certains aviculteurs à cesser leurs activités avicoles.
Tableau 48 : Répartition des Professionnels Privés d’élevage au Bénin

DépartementsDocteurs VétérinairesITEAEPETotalAtacora-Donga030060615Atlantique Littoral2012110346Borgou-Alibori1405090735Mono-Couffo0200002Oueme-Plateau06020009Zou-Collines0202020107TOTAL47212917114Source : PRAIVAP
ITE : Ingénieur des Travaux d’Elevage (CPU)
AE : Assistant d’Elevage (Diplôme d’Etudes agronomiques Tropicales)
PE : Préposé d’Elevage (Brevet d’Etudes Agronomiques Tropicales)
4 CONTEXTE INTERNATIONAL ET REGIONAL
4.1 Le marché international des produits avicoles
4.1.1 Evolution de la production mondiale

La production mondiale de la viande de volaille est estimée à 75,8 millions de tonnes (dont 85% sont constitués par la viande de poulet). Les Etats Unis sont les premiers producteurs mondiaux avec 17,4 millions de tonnes, suivis de la Chine : 13,7 millions de tonnes, puis l’Union Européenne : 10,6 millions de tonnes. Les Etats Unis sont les premiers exportateurs (46% des exportations), et, l’Union Européenne et le Brésil respectivement deuxième et troisième exportateurs mondiaux. On estime qu’en 2003, 9,6 millions de tonnes (soit 11 milliards de dollars sont commercialisés, exportés) dans le monde. On constate que cette production de poulet à l’échelle du globe est en constante croissance depuis le début des années 1990. Cette dernière est de 0,3% entre 2002 et 2003.

Une des conséquences de cette production croissante mondiale est l’exportation de la viande de volaille des grands producteurs vers les autres pays notamment ceux du sud (CEDEAO, UEMOA etc.). En effet, depuis ces dernières années, on constate une augmentation croissante des volumes de viande de poulets exportés vers les petits producteurs (voir la figure n°2 ci-dessous). Elle a été possible grâce à la libéralisation économique des états africains (en 90) et du fait des bas prix du poulet en provenance des pays de l’Europe (moins d’un Euro ou moins de 500 F. CFA par kilogramme) et se vend sur le marché entre 1000 à 1200 F CFA par kilogramme (2 Euros), contre les poules de réformes ou des chairs locaux qui se vendent deux fois plus chers. Le faible pouvoir d’achat des Africains les oblige à acheter cette viande congelée même si elle est moins succulente que la viande du poulet bicyclette ou la viande des poulets modernes élevés sur place, et que sa qualité pause encore des interrogations. En réalité, il s’agit de la viande de volailles et des bas morceaux de volailles (croupions, aillerons, cuisses etc.) qui ont peu de débouchers en Europe. Aussi, en Europe, la production de la volaille est soutenue indirectement par l’Etat à travers les subventions que reçoivent les producteurs de céréales, ce qui permet d’abaisser le l’alimentation de la volaille de l’élevage aviaire. Il faut aussi préciser que ce sont les coûts bas de production des volailles au Brésil et en Thaïlande du fait des économies d’échelle pratiquées dans ces pays favorisent l’émergence de leurs productions et ainsi, l’exportation des poulets entiers, congelés vers les pays du sud.

Figure 10: Evolution des importations de viandes de poulet de l'ensemble des pays de la CEDEAO (en milliers de Kg)

Source: FAO

Les figures 7 et 10 montrent une nette croissance des importations de la viande de volaille dans l’espace CEDEAO et au Bénin jusqu’ en 2003 (le taux de croissance moyen sur 5 ans, c’est-à-dire de 1999 à 2003 est de 18,5% l’an dans l’espace CEDEAO. Ce taux est de 15,5% au Bénin). Mais en réalité, dans ce système d’importation massive de la viande de volaille, notre pays joue sont traditionnel d’état-entrepôt ; accueillant de la viande de volaille pour sa réexportation vers le Nigeria. En 2002, les commerçants béninois avaient réexporté sur le marché nigérian environ 52 000 tonnes de viandes de volailles congelées. En effet au moins 60 % des importations de volaille du Nigeria transiteraient par le Bénin. par des circuits officiels ou par contrebande. Mais depuis Mai 2003, le Nigeria a interdit chez lui, l’importation de la viande congelée, ce qui met en difficultés cette activité d’importation à travers le Bénin. Selon Syfia International, cet embargo imposé sur les importations européennes de la viande de volaille vers le Nigeria, a permis aux producteurs nigérians de volaille d’avoir secteur aviculture en plein essor. La production industrielle de volaille est passée de 50 000 tonnes en 2003 à pus de 84 000 tonnes en 2005 ; soit une augmentation de 68% en deux ans.

Cette forte tendance à la hausse des importations de la viande de volailles dans nos différents pays à pour conséquence directe la baisse de la production locale des exploitations avicoles modernes. Au Bénin, ces deux dernières années ont systématiquement réduit l’activité avicole moderne à la production d’œufs. En effet, désormais les poulets de chairs produits localement sont confrontés à une rude concurrence face aux poulets congelés de bas prix qui viennent de l’extérieur. Cette épreuve du monde des aviculteurs béninois s’est aggravée courrant 2004 avec l’importation des œufs de table congelés de l’Afrique du sud sur le marché béninois à un prix assez bas (900 à 1000 F CFA le plateau de 30 œufs avec emballage perdu contre un prix moyen de 1300 F CFA le plateau de 30 œufs dans les exploitations locales). Cette ‘double crises’ sur l’aviculture béninoise ; caractérisées par des méventes et des pertes sur les productions (chairs et œufs) ont obligé la plupart des aviculteurs à réduire leurs cheptels de pondeuses et d’autres ont abandonné carrément leurs élevages.

Les autres impacts liés à cette invasion des marchés du sud par la viande et œufs de volailles importés se situent au niveau de la santé des consommateurs. En effet, les pays africains (notamment le Bénin) n’ont pas souvent la possibilité de contrôler la qualité de ces produits dès leur départ des pays d’origine ou de provenance, mais ils n’arrivent pas à faire un contrôle adéquat sur place, faute de laboratoire outillé. On peut dire qu’il y a un risque sanitaire permanent lié à la consommation des œufs et de la viande de poulets congelés. On peut aussi noter que ce phénomène d’importation crée de fait un problème d’équité entre les aviculteurs du sud et du nord. Les rapports de forces de productions n’étant pas les mêmes entre les deux catégories de producteurs, et les réglementations du commerce international et régionales ne semblent pas tenir compte de ces subtilité d’équité et de rapport de forces.

4.1.2 Quelques menaces sur le marché international du poulet

La dynamique de ce marché international de volaille telle que décrite plus haut se trouve quand menacée ces derniers temps par des actions de plaidoyer et de lobbying et par l’émergence de la grippe aviaire qui a fait surface dans les région du nord.

4.1.2.1 Les campagnes de plaidoyers et de lobbying contre les exportations

Plus d’une vingtaine d’ONG internationales (dont Oxfam Grande Bretagne, SOS-faim Belgique et SOS-faim Luxembourg, ACDIC, SAILD etc.) se sont mis ensemble pour faire reconnaître le droit des pays à protéger leur marché des importations déstructurant leurs filières agricoles locales, afin de mener à bien des politiques en faveur du développement et d’une agriculture durable et solidaire. Elles mènent des campagnes de plaidoyer en direction des institutions clés concernées par le commerce international de volailles à savoir : la France, l’UE, l’OMC, les parlements du sud et comme ceux du nord etc.

Les résultats de telles actions sont déjà perceptibles au Cameroun où les éleveurs ont commencé par relancer progressivement leurs activités avicoles qui avaient été presque détruites par les importations massives de poulets. Les campagnes de plaidoyers menées au Cameroun ont permis de limiter la quantité de poulets congelés arrivant au Cameroun à 5 000 tonnes entre septembre 2004 et mars 2005 (contre
10 000 tonnes auparavant) et imposée la taxation de 1 000 FCFA par kg de poulet congelé importé arrivant au port de Douala.
4.1.2.2 La grippe aviaire

La peur de la grippe aviaire a fait réfléchir les autorités gouvernementales, les organisations multilatérales et les acteurs concernés par la filière avicole ces derniers temps. Certains pays du sud ont interdit momentanément les viandes et œufs de volailles chez eux. La grippe aviaire sévit depuis 2004 et a pris d’ampleur en 2005, et, le virus le plus représenté dans cette zoonose est celui dénommé : H5N1. La plupart des foyers sont en Asie (80% des pays atteints) et les 20% autres sont en Europe de l’Est. La Thaïlande, un des grands pays exportateurs de la viande de poulets vers les pays du sud est fortement touchée par cette maladie. L’OIE fait un suivi des rigoureux sur l’évolution de la maladie, mais les états du sud devraient veiller pour éviter l’invasion des élevages Africains par cette maladie.


4.2 La production régionale et son marché
4.2.1 La production dans l’espace CEDEAO

En 2004, on estime la production totale en viandes de volaille dans l’ensemble des pays de la CEDAO à 523 500 tonnes. Les plus grands pays producteurs sont le Nigeria, la Côte-d’Ivoire et le Sénégal qui produisent respectivement 40%, 13% et 12 % de la production totale. Et, celle du Bénin représente 3%.


On constate que depuis les 5 dernières années (depuis 2000), qu’en dehors du Nigeria qui a connu une évolution normale de sa production avicole (traditionnelle et moderne), les autres pays ont quasiment stagné du fait des importations de la viande de volailles. Dans ce contexte d’importation des produits agro-alimentaires des pays européens vers l’Afrique, d’insécurité alimentaire et de faible productivité de notre agriculture que la CEDEAO a proposé d’élaborer et de mettre en œuvre l’ECOWAP ou la politique agricole de la CEDEAO.
4.2.2 La production avicole dans l’espace UEMOA

Au sein de l’UEMOA, il existe deux types d’aviculture : l’aviculture traditionnelle pratiquée dans tous les villages et L’aviculture moderne qui est récente (’80) et pratiquée dans les centres urbains et périurbains. C’est surtout dans les pays côtiers de l’UEMOA que se développe rapidement cette aviculture moderne avec un marché important : il s’agit de la Côte d’ivoire, du Sénégal, le Bénin, la Guinée etc. Son taux de croissance est estimé entre 8 à 10% par an.
Les principaux producteurs de l’UEMOA sont la Côte d’Ivoire et le Sénégal avec respectivement : 65 300 tonnes et 64 100 tonnes en moyenne triennale (2000 à 2002). Le poids économique de la filière au niveau régional est estimé à 100 milliards de F CFA. Et son poids dans l’économie agricole (chiffre d’affaire agricole) est de 9% au Sénégal et de 5% dans les autres pays. Le poulet béninois contribuerait à 2,4% dans la formation du chiffre d’affaire agricole du Bénin. Les œufs participeraient à 1,4% à la formation du chiffre d’affaire de l’agriculture béninoise.

Au sein des pays de l’UEMOA, il n’existe pas d’exportation de la viande de volaille, sauf le cas du Bénin qui pratique en fait de la réexportation vers le Nigeria. Il existe néanmoins des flux régionaux limités. La sous-filière aviculture moderne est aussi en crise dans l’espace UEMOA pour des raisons liées aux importations de la viande de volailles congelées.
Notre pays (le Bénin) est le plus grand importateur de la viande de volailles de l’espace UEMOA, pour des motifs de réexportation vers le Nigeria comme déjà spécifié plus haut. En 2003 par exemple, le Bénin a importé plus de la moitié des 120 559 tonnes de viande de volailles importées dans l’espace UEMOA (soit 67%).
4.3.Le Mémorandum d’entente entre l’Association Avicole du Nigeria (PAN) et l’Association Nationale des Aviculteurs du Bénin (ANAB)

Les Conventions régulièrement formées tenant lieu de loi, ce Mémorandum d’entente dispose : Pour assurer le développement durable des activités avicoles dans les deux pays, il devra s’instaurer un environnement économique incitatif et une volonté politique pour mettre fin à l’importation de produits avicoles (œufs, poulets morts ou vivants…) des pays non membres de la CEDEAO (cf. annexe 28)

5. PROBLEMES MAJEURS, OPPORTUNITES ET RECOMMANDATIONS
5.1 Problèmes majeurs

Les données de base issues de l’état des lieux de la sous-filière Aviculture moderne, les données de la documentation et celles issues des récentes réflexions sur l’activité avicole au Bénin, ont permis de situer et de caractériser la situation actuelle que traverse cette sous-filière. Les principaux problèmes que traverse cette sous-filière actuellement sont :

Diminution de la production d’œufs de table et baisse du cheptel des pondeuses depuis 2003
Diminution de la production des viandes de volailles depuis 2003
Une production nationale des poussins d’un jour insuffisante
Faible accompagnement financier du sous-secteur aviculture moderne
Faible niveau de structuration des acteurs de la sous- filière
Insuffisance du contrôle et du suivi zoo-sanitaire de la sous-filière
Faible niveau d’équipements, de formation technique et en gestion chez l’aviculteur

5.1.1. Récapitulatif et analyse des problèmes majeurs

Le présent chapitre récapitule l’analyse des principaux problèmes ci-dessus cités. Il rappelle la caractérisation de chacun de ces problèmes sur la base des indicateurs ou des chiffres obtenus lors de l’état des lieux de la sous-filière. Il précise les impacts de ces problèmes sur les groupes sociaux concernés par le problème, puis structure l’analyse autour des éléments ci-après :

principales causes du problème
acteurs primaires concernés par le problème
facteurs déterminants
acteurs secondaires concernés et les facteurs de blocage
atouts et initiatives développées par les acteurs




















Problème 1 : Diminution de la production d’œufs de table et baisse du cheptel des pondeuses depuis 2003

Caractérisation et causes du problème
L’amorce de l’évolution de la production d’œufs de poules constatée à partir de 2001 et qui a atteint un niveau intéressant en 2003 est soumise à une baisse de 10% et 16% respectivement en 2004 et 2005 (comparativement à 2003). Cette tendance est interliée à la baisse du cheptel des poules pondeuses dans les mêmes proportions. Les principales causes de cette baisse de production d’œufs de table sont :
la concurrence avec les œufs de table congelés importés de l’Europe
la hausse des coûts du maïs (en 2005) qui est passé pratiquement du simple au double (de 150 ou 175 F CFA le Kg à 350 F CFA le Kg).
Or l’analyse a montré que la production locale d’œufs de table est suffisante pour satisfaire la consommation actuelle des béninois. Ainsi, toute autre quantité d’œufs importés sur le marché provoque des méventes des œufs dans les exploitations avicoles locales. Un autre impact est celui de la fermeture de certaines fermes avicoles suite aux effets couplés des deux causes ci-dessus indiquées. Il est à craindre les risques sanitaires liés à la consommation des œufs congelés puisque le circuit de distribution de ce produit subit encore le phénomène de congelation-décongelation (rupture de chaîne de froid) source de dégradation de ces œufs ; ce qui peut les rendre impropres à la consommation. Cette situation de mévente pose un autre problème d’équité : celui de la survie des familles des aviculteurs béninois en général et des aviculteurs démissionnaires en particulier. En effet, la question est de savoir si la survie est réservée aux producteurs d’œufs les plus compétitifs (ceux des pays d’importation d’œufs de table). Le risque de conflits ouverts entre aviculteurs locaux et importateurs d’œufs de table congelés serait désormais permis si rien n’était fait pour arrêter les importations des ces derniers.

Acteurs concernés
Les principaux acteurs de la sous-filière concernés par ce problème sont les aviculteurs toutes catégories confondues de même que les importateurs d’œufs congelés.

Facteurs déterminants
absence d’une politique d’approvisionnement en maïs ;
méconnaissance des produits de substitutions locales du maïs dans la ration des animaux ;
non diversification des sources de matières énergétiques locales dans l’alimentation aviaire ;
cherté des aliments de volaille ;
Faible proposition des Provendiers dans le domaine des formules alimentaires substituant le maïs par d’autres produits ;
faible niveau d’organisation et de formation des aviculteurs ;
faible niveau d’information des consommateurs sur les risques liés à la consommation des œufs congelés importés;
faible régulation des importations d’œufs congelés ;
faible appui zootechnique des aviculteurs ;
inexistence de dispositions juridiques de protection des productions nationales d’œufs ;
inexistence d’un cadre juridico-institutionnel de régulation des importations d’œufs congelés ;
faible implication des aviculteurs dans les essais de substitution du maïs par la râpure de manioc dans l’alimentation des pondeuses.
Atouts ou initiatives
essais de l’INRAB sur la substitution du maïs par la râpure de manioc séchée dans l’alimentation des poulets ;
existence des grands fournisseurs d’aliments de volailles (y compris le maïs). On peut citer les sociétés (VETO SERVICES et TERRES ET ASSOCIES) ;
possibilités d’avoir du son de maïs à la maïserie de Bohicon (SOCIA-BENIN) ;
vision actuelle des importateurs des viandes et d’œufs de volailles congelées qui commencent par s’investir dans la production locale de volaille et d’œufs de table ;
accord entre l’ANAB et la société CAJAV COMON sur la cessation des importations des œufs congelés ;
l’embargo du Nigeria contre les importations des produits avicoles congelés vers ce pays.
Problème majeur n° 2 : Diminution de la production des viandes de volailles depuis 2003

Caractérisation et causes du problème
Les tendances au niveau des productions de viandes de poulets de chair, coquelets, dindons et pintades sont semblables à celles décrites des œufs ci-dessus. Elles sont donc à la baisse depuis 2003. En générale, depuis 2001, les effectifs des spéculations avicoles « modernes » béninoises ont connu une croissance qui s’est fortement démarquées en 2003. Mais entre 2003 et 2004, on note une chute brutale et drastique des effectifs des poulets de chair, coquelets, poules pondeuses réformées et des dindons. L’effectif des pintades est resté stagnant pendant les 5 dernières années.
La production de viandes de volailles estimée à 4 800 tonnes en 2003 a chuté de plus de moitié en 2004 et semble décollée en 2005. Mais ce décollement semble être virtuel et ne saurait s’exprimer l’année prochaine (2006) puisque les grosses sociétés productrices de poulets de chairs ont fermé et les petits producteurs sont confrontés au problème de mévente de leurs produits pendant les périodes habituelles de ventes (fêtes de fin d’année, vacances scolaires etc.).

La principale cause de cette baisse des productions locales de viandes de volailles est la concurrence imposée par les viandes de volailles congelées importées de l’Europe. A cela s’ajoute aussi la hausse des coûts du maïs en 2005, qui est passé pratiquement du simple au double (de 150 ou 175 F le Kg à 350 F le Kg). Mais cette question du maïs est certainement conjoncturelle.
L’analyse montre qu’en réalité, les productions en viandes de volailles sont suffisantes pour satisfaire les demandes actuelles des béninois et, toute autre quantité de viandes de volailles congelées importées vient en surplus. Et puisque ces dernières sont moins chères et surtout découpées en petits morceaux accessibles aux consommateurs, elles livrent une concurrence sans merci aux productions locales qui sont des produits vifs vendus sur pied. Les conséquences engendrées par cette situation concernent les méventes des viandes de volailles locales, et un risque de paupérisation des aviculteurs locaux si rien n’est fait pour réguler les importations.

Acteurs concernés
Tous les aviculteurs béninois, surtout les gros producteurs (grands éleveurs) sont concernés par ce problème de même que les importateurs de volailles congelées.

Facteurs déterminants

augmentation des quantités de viandes de volailles importées depuis 2001 de près de 20 000 tonnes chaque année
absence d’une stratégie de régulation des importations de viandes congelées importées
faible niveau d’information sur les risques de consommation des viandes congelées importées
faible rigueur de absence d’information politique d’approvisionnement en maïs ;
non diversification des sources de matières énergétiques locales dans l’alimentation aviaire ;
cherté des aliments de volaille ;
méconnaissance des produits de substitutions locales du maïs dans la ration des animaux ;
manque de moyens financiers pour faire des stocks de maïs pendant les périodes où il coûte moins chers ;
faible niveau d’organisation et de formation des aviculteurs;
faible appui zootechnique des aviculteurs ;

Atouts ou initiatives

essais de l’INRAB sur la substitution du maïs par la râpure de manioc séchée dans l’alimentation des poulets ;
existence des grands fournisseurs d’aliments de volailles (y compris le maïs). On peut citer les sociétés SOCIA-BENIN, VETO SERVICES et TERRES ET ASSOCIES ;
possibilités d’avoir du son de maïs à la maïserie de Bohicon (SOCIA-BENIN).
existence de l’ANAB et autres institutions (GAPD) qui défendent les intérêts des éleveurs ;
l’embargo du Nigeria contre les importations des produits avicoles congelés vers ce pays.
Problèmes majeurs n° 3 : Une production nationale des poussins d’un jour insuffisante

Jusqu’à présent les deux couvoirs existants n’empêchent pas les aviculteurs béninois de se tourner vers l’extérieur pour l’approvisionnement en sujets d’un jour (poussins, dindonneaux, oisons, cannetons, etc.). On estime à plus de 70% les sujets d’un jour qui proviennent de l’importation de l’Europe ou du Ghana et du Nigeria.
La cause principale de ce problème est que les aviculteurs béninois font peu confiance aux couvoirs locaux compte tenu de la qualité des poussins d’un jour fournis par ces derniers. Selon plusieurs aviculteurs appro-chés, les poussins d’un jour fournis par les couvoirs locaux sont plus fragiles que ceux qui proviennent des couvoirs voisins (Ghana, Nigeria) ou de ceux de l’Europe. Ainsi, il se développe un réseau complexe d’importateurs de poussins d’un jour surtout des couvoirs voisins, sans un contrôle sérieux par les services compétents. Les risques sanitaires d’un tel système sont très élevés et méritent une attention particulière dans le futur afin d’assurer la sécurité sanitaire des exploitations avicoles nationales.

Acteurs concernés : tous les aviculteurs sont concernés par ce problème

Facteurs déterminants

- début d’expérience pour le couvoir du mono nouvellement installé ;
- faible technicité dans le sexage des animaux et dans la planification des productions et livraisons des poussins d’un jour ;
- non respect de livraisons des poussins d’un jour à bonne date ;
- peur des éleveurs à se faire livrer des coquelets en lieu et place des poussins de ponte ;
- inexistence d’un programme d’information et des formations des aviculteurs sur l’accouvage ou la production de poussins d’un jour afin de susciter d’autres couvoirs locaux;
- inexistence d’appui-accompagnement technique et de suivi des accouveurs locaux ;
- faible accompagnement financier des couvoirs locaux ;
- inexistence d’un dispositif juridique pour la protection des productions locales de poussins d’un jour contre les importations incontrôlées de sujets d’un jour ;
- faible collaboration entre les deux couvoirs nationaux existants actuellement ;
- non maîtrise des importations des poussins d’un jour par les accouveurs locaux ;
- inexistence dune politique de marketing développée par les accouveurs locaux ;

Atouts ou initiatives

Développement des partenariats avec les couvoirs étrangers (européens) pour la fourniture des parentaux et pour des conseils ;
les motivations actuelles de la l’ANAB et des pouvoirs publics à mieux organiser la sous-filière avicole au Bénin ;
existence d’un grand marché local de poussins d’un jour non encore satisfait
existence de marchés voisins (Togo, Niger) de poussins d’un jour à pourvoir ;
possibilités actuelles de monter un couvoir sans trop de tracasseries juridiques.
Problèmes majeurs n° 4 : Faible accompagnement financier du sous-secteur aviculture moderne

Caractérisation du problème et causes

Le visage actuel des investissements dans la filière de l’élevage avicole moderne est largement dominé par des investissements propres des grands et petits acteurs privés de la sous-filière. Le circuit de distribution des intrants zoo-sanitaires est tenu par des privés qui sont des grossistes, semi-grossistes, détaillants, des provendiers et des Docteurs Vétérinaires privés. Le Bénin compte à ce jour environ une soixantaine de provendiers (avec des moulins-mélangeurs) qui font des prestations en faveur des aviculteurs : mouture, mélange et la transformation des matières premières en provendes. Certains aviculteurs possèdent ces moulins et font eux-mêmes leurs propres mélanges sur leurs fermes. Cet effort des aviculteurs et des autres acteurs ne jouit pas d’un accompagnement financier adapté.
Cette situation serait due à la méconnaissance de la sous-filière par les banques et autres acteurs financiers. Ces derniers ne savent pas que les spéculations avicoles notamment les pondeuses présentent des taux de rentabilité intéressants (19 à 25%), et que les éleveurs béninois de pondeuses ont développé de nos jours une certaine maîtrise dans la conduite de leurs élevages. Il faut aussi ajouter que malgré les investissements importants au niveau des fermes avicoles, elles demeurent non assurée. Les exploitations avicoles ne jouissent pas d’une protection pour qu’en cas  de cas de « sinistre » (mortalité brusque et massive), elles soient couvertes.

Acteurs concernés : tous les aviculteurs sont concernés par ce problème, mais surtout les petits et les aviculteurs intermédiaires

Facteurs déterminants

- absence d’une bonne tenue des documents comptables pour rassurer les financiers ;
- les différés prévus par les institutions financière ne sont pas adéquats avec l’activité avicole ;
- qualité des dossiers technico-financiers soumis par des aviculteurs ;
- absence d’institutions de micro-finance spécialisée dans les questions agricoles et avicoles

Atouts ou initiatives

des « crédits aliments » de bétail octroyés par VETO SERVICES et TERRES et ASSOCIES aux aviculteurs clients ;
les éleveurs essaient souvent de négocier deux crédits ; le premier sert à financer l’activité avicole et le second sert à payer le crédit.
les crédits octroyés par le Centre SONGHAI avec 8 mois de différés,
la présence de la Banque Régionale de Solidarité (BRS) au Bénin. La BRS a propose des produits à la fois financiers et techniques, et pratique des taux d’intérêt réduit entre 8 et 12% contrairement aux autres institutions de microfinances qui pratiquent 2% le mois soit 24% l’an.













Problème n° 5 : Faible niveau de structuration des acteurs de la sous- filière

Caractérisation du problème et causes

Les deux associations les plus reconnues au plan national sont l’ANAB et le GAPD. Le dernier apparaît comme un GIE, mais toutes deux se positionnent comme des associations de défense des intérêts des aviculteurs de part les manifestations qu’elle a pu organiser ces derniers temps pour lutter contre les importations des œufs de table au Bénin. Le 26 Février 2005, l’ANAB a signé un mémorandum, d’entente avec l’Association Avicole du Nigeria (PAN) devant des autorités importantes des deux pays, pour coopérer ensemble dans le cadre du commerce bilatéral et d’investissement. Les Nigérians sont prêts à apporter des appuis pour aider le Bénin à mieux produire. Il existe aussi d’autre formes d’organisations récentes telles que ; la centrale d’achat des intrants zootechniques mise place par la société VETO SERVICES et qui réuni en son sein environ 65 actionnaires (vétérinaires, provendiers, aviculteurs etc.).
Malgré toutes ses actions, les enquêtes ont revelé sur le terrain que beaucoup d’éleveurs n’arrivent pas à définir clairement l’ANAB et les autres acteurs n’ont presque rien de formel ensemble pour défendre leurs propres intérêts.

Les causes principales de cette faible structuration sont le manque d’échange et le faible niveau de dialogue fructueux entre les différents acteurs de la sous-filière sur leurs problèmes communs ou divergents

Acteurs concernés

Tous les acteurs de la filière à différents niveaux sont concernés par la question de la structuration de la filière en vue d’avoir les mêmes points de vue pour défendre les intérêts de tous les acteurs de la filière et régler les problèmes qui se pose à elle.

Facteurs déterminants

faible circulation des informations entre Aviculteurs et avec les autres acteurs de la sous-filière
manque d’un cadre de concertation entre les différents acteurs de la sous-filière ;
absence de plan stratégique pour l’ANAB ;
faible réponse technique apportée par l’ANAB face à la récente crise du maïs et de l’alimentation du bétail en général.

Atouts et initiatives

le circuit actuel de distribution d’intrants avicoles met ensemble les différents acteurs autour des grossistes ; fournisseurs de matières premières ou de produits vétérinaires (VETO SERVICES ou de TERRES et ASSOCIES) pour l’achat des aliments et des produits vétérinaires. En effet ces deux sociétés détiennent le « tissu avicole » du pays. Plusieurs aviculteurs sont tournés vers ces sociétés pour leurs approvisionnements en matières premières et en produits vétérinaires. Elles peuvent être approchées par les Responsables de l’ANAB pour propulser un dialogue inter et intra acteurs de la sous-filière avicole au Bénin. En effet, elles constituent des points stratégiques pour informer largement les producteurs et autres acteurs privés de la sous-filière par rapport à une situation spécifique donnée.
la mise en commun des aviculteurs par l’ANAB et autres associations (GAPD) et la maturité de ces leaders aviculteurs pour le développement une lutte commune et affronter le système d’importations des produits avicoles congelés vers le Bénin ;
l’objectif clairement afficher de l’ANAB à contribuer à la mise en place d’une filière avicole nationale complète, bien structurée et fonctionnelle ;
l’implication de l’ANAB dans les commissions sous-régionales de lutte pour un commerce équitable des produits avicoles ;
les relations de l’ANAB avec l’association sœur des aviculteurs nigérians.


Problèmes majeurs n° 6 : Insuffisance du contrôle et du suivi zoo-sanitaire de la sous-filière

Caractérisation du problème et causes
La qualité des poussins d’un jour des couvoirs locaux ou ceux importés des couvoirs étrangers (Ghana et Nigeria) n’est pas connue. Plusieurs éleveurs se plaignent des problèmes de fragilité et du sexage au niveau des sujets d’un jour. Tout le monde peut être importateur de poussins d’un jour au Bénin sans être inquiété par la loi, ce qui soumet l’élevage béninois à risque permanent de contamination. La qualité des provendes fabriquées et distribuées n’est toujours pas connue. Plusieurs aviculteurs fabriquent eux-mêmes leurs propres provendes, sans savoir les normes en la matière. C’est parfois à l’âge d’entrée en ponte qu’ils s’aperçoivent des erreurs alimentaires commises et cherchent à les rectifier, ce qui engendre ainsi des pertes en aliments et des retards en matière de production d’œufs de table. Il n’y a pas non plus un système de contrôle périodique des élevages existants.
Cette situation fait planer sur le consommateur un risque permanent de contamination des hommes par les maladies de volaille non maîtrisée.
La cause d’une telle insuffisance est due à l’absence d’un cadre législatif réglementant le contrôle des élevages avicoles notamment sur les questions d’aliments de la volaille et l’importation des poussins des sujets d’un jour dans le pays.

Acteurs concernés
Les acteurs concernés sont surtout les aviculteurs et les accouveurs

Facteurs déterminants
absence d’informations fiables sur les sujets d’un jour importés ;
absence de contrôle de qualité des sujets d’un jour importés ;
faible accès aux couvoirs Locaux ;
absence de contrôle des aliments de volaille ;
appuis financiers et techniques limités aux services de l’Etat pour jouer vraiment leurs rôles dans le sous-secteur ;
conflits d’attribution des différents services de l’Etat sur le contrôle des produits avicoles (la DANA, la DE).

Atouts ou initiatives
existence des laboratoires pour analyser (Laboratoire national de contrôle de qualité ; Laboratoires Vétérinaires de Bohicon, Laboratoire de l’ITTA, de la FSA, la DANA, et de l’INRAB) ;
possibilités pour la Direction de l’Elevage et/ou l’ANAB de proposer des textes de loi pour un meilleur contrôle des sujets d’un jour et pour le contrôle de la qualité des provendes fabriquées par les Aviculteurs et les Provendiers (fabricants professionnels d’aliments) ;

Problèmes majeurs n° 7 : Faible niveau d’équipements, de formation technique et en gestion chez l’aviculteur

Caractérisation du problème et causes
Plus de 50% des aviculteurs ne sont pas instruits et manquent des formations de base essentielles en techniques d’élevage avicoles et en gestion des entreprises pour mieux réussir dans leurs exploitations avicoles. Ce manque de formation peut agir sur le niveau de rentabilité des exploitations avicoles. Le niveau d’équipements des exploitations avicoles demeure encore faible. Très peu d’aviculteurs possèdent de distributeurs automatiques d’eau, la plupart des élevages installés distribuent l’eau manuellement. De même dans les zones rurales, le mélange des provendes se fait encore manuellement. Ce faible niveau d’équipement freine par exemple un bon mélange des aliments, ce qui peut agir sur le taux de ponte et la prise du poids chez les poulets de chair.

Acteurs concernés
La plupart des petits et les aviculteurs intermédiaires

Facteurs déterminants
faible niveau d’organisation des aviculteurs ;
absence d’un appui-conseils ;
manque de moyens financiers ;
sous-information sur l’aviculture moderne ;
non prise en compte des équipements avicoles par les lois des finances au Bénin

Atouts ou initiatives
existence des centres de formations techniques agricoles ;
le Centre songhaï continue par donner des formations aux aviculteurs ;
possibilité d’intégrer ou de spécifier les matériels et équipements avicoles dans les textes de lois des finances ;
détermination des acteurs privés et publics à lutter pour l’exonération des matériels et équipements avicoles des taxes de douanes comme cela se fait pour l’agriculture.

5.2 Les opportunités et potentialités de la sous-filière

Malgré les problèmes ci-dessus énumérés, la sous-filière de l’aviculture moderne au Bénin constitue une filière porteuse.
L’aviculture béninoise détient un investissement très important. Pour la seule production des œufs de table, l’aviculture moderne fait un chiffre d’affaire de plus de 7 milliards en 2005. Elle a mis sur le marché béninois environ 600 emplois permanents et 2500 emplois occasionnels par an.
Il existe au Bénin des sources sous-produits agroalimentaires ; son de blé, tourteaux de coton, coquilles d’huître etc. qui accompagnent efficacement la sous-filière avicole dans l’alimentation des poulets.
Tous les acteurs de la sous-filière savent que l’on peut faire de l’agrobusiness avec l’aviculture et chacun est motivé à rendre son exploitation ou son activité performante et rentable. Elle dispose d’un circuit de fabrication et distribution d’aliments et de produits vétérinaires établit et qui prend de l’ampleur. On peut parler d’un début d’industrialisation et de professionnalisation qui se met en place progressivement en matière de fabrication des aliments.
La loi des finances sur les produits agricoles une fois amandée constituera un grande opportunité pour le développement de l’activité avicole au Bénin; puisqu’elle permettra de d’exonérer des équipements et matériels avicoles. Cette opportunité donnerait aux aviculteurs d’être plus compétitifs. On peut aussi dire que la sous-filière est entrain de connaître un début d’organisation (qui a besoin d’être promue) avec la naissance de l’ANAB, l’installation des vétérinaires privés qui s’investissent dans l’appui-accompagnement des éleveurs dans la santé et l’alimentation des animaux.
Du fait de l’importance du maïs dans l’alimentation avicole au Bénin, une bonne organisation de la filière avicole entraînera certainement un meilleur développement de la filière maïs au Bénin.
On note un début d’implication des importateurs dans l’élevage des pondeuses. Ces derniers ont un réseau expérimenté de distribution des viandes de volailles. Ils sont équipés en chaînes de froid qui pourraient servir dans le cadre de la transformation (abattages, conservation) et commercialisation des viandes de volailles locales. La cessation effective des importations des œufs de table par la société CAJAV COMON constitue Une grande opportunité pour les aviculteurs locaux. Elle leur apporte un regain d’espoir par rapport à leur activité et permettra aux producteurs qui ont raccroché de reprendre leurs élevages.
5.3 Recommandations : orientations stratégiques
5.3.1 Défis majeurs

Sur la base des résultats de l’analyse des données de l’enquête de terrain sur l’étude de la sous-filière Aviculture Moderne au Bénin des défis ou orientations sectorielles prioritaires ont été formulés à savoir :

Maîtrise des coûts des intrants avicoles surtout ceux du maïs pour avoir une réduction du prix des provendes

Diversification des sources d’énergie dans l’alimentation de la volaille pour suppléer le maïs (On pourrait essayer le manioc, le maïs jaune etc.)

Développement des mesures de protection de la production locale par un meilleur contrôle des importations de viandes et d’œufs congelés de volailles en utilisant des mesures tarifaires et la mise en place d’un système de « quotas ».

Valorisation rapide de l’accord entre l’Association Nigériane des Aviculteurs et celle du Bénin (ANAB) pour saisir des opportunités d’exportation de la volaille béninoise sur le marché nigérian

Meilleure présentation de l’aviculteur béninois au travers de plan de renforcement de ces capacités techniques, en gestion ; ce qui lui permettrait de convaincre désormais les financiers

Appui des acteurs de la sous-filière à la modernisation de « l’Aviculture moderne » au Bénin par la valorisation des acquis de la loi des finances 2005. Cela aiderait à mieux équiper les exploitations et les provenderies à moindre coût.

Accompagnement des importateurs de volailles ou parties de volailles à traduire en acte leur projet d’élevage de pondeuses.

Professionnalisation de la sous-filière puis après mise en place de l’interprofession en s’appuyant sur les acquis structurel actuel de la filière

Meilleur contrôle de la qualité des sujets d’un jour produits sur place ou importés et, des provendes produites sur place

Meilleur contrôle des vaccins utilisés sur le territoire national
5.3.2 Orientations stratégiques

Les recommandations proprement dites se présentent sous forme d’orientations stratégiques qui constituent des liens entre les défis majeurs issus de l’analyse des problèmes majeurs et des facteurs déterminants présentés ci-dessus.

Orientation stratégique 1 : Professionnalisation de l’élevage avicole moderne au Bénin

En dépit de son investissement non négligeable, l’aviculture moderne au Bénin reste encore peu performante. Elle est caractérisée par un faible niveau d’organisation des acteurs, un faible niveau d’équipements et de matériels avicoles, et faible niveau de formation des acteurs, et, l’accès au financement constitue un élément de blocage. Pour promouvoir l’aviculture moderne béninoise, il faut la professionnaliser à travers :

Une dynamique organisationnelle des acteurs de la sous-filière (l’interprofession)
L’ANAB et le GAPD existent au niveau des aviculteurs et sont à dynamiser par un développement de son système de communication, de sa formalisation, de son lobbying, de la défense des intérêts de ses membres etc. Les autres acteurs tels que les accouveurs, les fabricants d’aliments, les distributeurs de matières premières et matériels avicoles, les distributeurs de produits vétérinaires, les importateurs des produits de volailles, doivent se structurer pour constituer des groupes d’acteurs afin de constituer des cautions morales pour leurs membres. L’avantage d’une telle structuration est le soutien des différentes catégories d’acteurs par leur collectif, et la pression du groupe pour défendre de leurs intérêts. Le fonctionnement de ces différents groupes doit aboutir à une interprofession des différents acteurs pour un développement de la sous-filière selon les conditions de la traçabilité et d’assurance qualité de la production avicole béninoise.

Formations en techniques d’élevage et de production d’aliments
Des formations de base en techniques modernes d’élevage et de production d’aliments de volailles sont nécessaires. Elles devront néanmoins être adaptées aux conditions locales et donner à l’éleveur plusieurs possibilités des choix pour résoudre des problèmes zootechniques et de santé animale qui se posent a lui. Un accent devrait accorder aux dispositifs de prophylaxie sanitaires pour les aider à prévenir les cas de contamination par l’extérieur. Il serait bon d’associer les accouveurs dans ces formations pour les aider à résoudre leurs problèmes techniques. L’organisation de ces formations devrait être faite aussi dans le sens des échanges entre les aviculteurs, car il existe toute une kyrielle d’expériences qui méritent d’être mis à jour et valorisées.

Formations en tenue des documents de gestion et dans l’élaboration de plan d’affaire
Cet aspect est comme un terrain vierge. Il faudra d’abord aider ou sensibiliser les aviculteurs à comprendre l’importance de la tenue d’une comptabilité de son exploitation pour qu’ils puissent en faire véritable outil de gestion et de décision. Cela va dans l’intérêt même de la compétitivité de leurs élevages. Il serait pertinent de développer en même temps le conseil de gestion des exploitations avicoles pour amener l’éleveur à faire le bilan de ses activités en fin d’année et prendre des décisions adéquates pour une meilleure professionnalisation de son élevage. Ces éléments de gestion permettront aux financiers de décider des prêts bancaires à leurs octroyés.

Facilitation de l’accès aux financements adaptés
Comme cela a été développé plus haut, le déficit d’un accompagnement financier adapté à leur système d’élevage a été fortement dénoncé par les aviculteurs tout au long de cette étude ou lors des réunions sur l’aviculture moderne.
Il amener les financiers à une meilleure connaissance de cette sous-filière notamment sa rentabilité et la rigueur des éleveurs dans la conduite de leur élevage. Il faut les convaincre à pratiquer un différé d’au moins 8 mois et un taux d’intérêt moins élevé. L’opportunité que peuvent saisir les éleveurs dans ce domaine est celle de la Banque Régionale de Solidarité (BRS) qui a exhorté les Aviculteurs en octobre 2005 à Porto-Novo à s’approcher d’elle pour des crédits étudiés. Il est aussi intéressant d’encourager le Centre SONGHAI à persévérer dans l’octroi de ces crédits comme il le fait jusqu’à présent.

Orientation stratégique 2 : Application des mesures tarifaires progressives pour limiter les importations et répondre à la demande en produits avicoles

Au regard du volume des importations des produits avicoles au Bénin et de leur concurrence déloyale vis-à-vis des produits locaux, il est important de trouver des mesures pour inciter la production locale. Le Cameroun et la Côte-d’Ivoire face au même problème appliquent des mesures tarifaires qui permettent une augmentation de la production locale. Le Bénin, à l’instar de ces pays, peut appliquer des mesures tarifaires de façon progressive pour amener la production locale au niveau de la demande.

Orientation stratégique 3 : Actualisation du cadre législatif avicole et sa mise en application effective
Il y a un besoin de clarification ou d’actualisation de certains décrets par le MAEP en vue d’éviter des conflits d’attribution aux différentes directions ayant à charge le sous-secteur de l’aviculture. Ensuite le MAEP et les différents acteurs devront réfléchir et proposer des textes de lois qui visent une meilleure organisation de la sous-filière.

Orientation stratégique 4 : Mise en place d’un système favorisant l’appui –accompagnement des services de l’Etat et des structures privées

initier et mettre en œuvre des projets de promotion des aviculteurs et accouveurs ;
capitaliser les acquis actuels du système (au plan des techniques de conduite des élevages, du suivi sanitaire) pour élaborer des fiches techniques et des plans de formation ;
identifier les besoins en formation par catégorie d’acteurs et apporter la formation nécessaire.

Orientation stratégique 5 : Valorisation des opportunités offertes par la demande avicole nigériane

augmentation et sécurisation de la production avicole
encourager les Importateurs de volailles à produire de volailles et à s’investir dans l’abattage des poulets (création des abattoirs).
mener des recherches pour la diversification des sources d’énergies en alimentations avicoles

6 ANNEXES
Annexe 9: Evolution des prix des matières premières avicoles



Source : Enquête, GAI 2500

Annexe 10 : Estimation de la consommation annuelle du maïs par les volailles modernes

Années2001200220032004Production nationale du maïs * (tonnes)682 470786853788133853949Consommations cumulées du maïs par cheptel avicole moderne national (tonnes)25 62528 52577 97541 300Pourcentage par rapport à la production nationale de la consommation avicole (%)3,753,629,894,83Source : enquête, GAI, 2005
* source ONASA




Annexe 11 : Evolution de la production de poulet traditionnel en milliers de tonnes de 1999 à 2005

AnnéeProduction 199911 260 200011 625200112 000200212 400200312 800200413 200200513 629
Source : Direction de l’Elevage
Annexe 12 : Fiche de conduite sanitaire de poules pondeuses (VETO SERVICE)

AGEMESURES SANITAIRES PRODUITS CONSEILLES1er jourPrévention contre ND ; IB
-Eau sucrée pd 1j + vitamine pd 2j ou vigosine ou heparenol
Prévention contre MRC pd 5j
NB : les 2 premiers jours dans l’aliment
Les 3 autres jours dans l’eauHbl+H120 (gouttes dans l’eau ou trempage,
Alphaceryl, Oxy 50%, Tylosine, * dans l’aliment : 1g/kg de provende
* dans l’eau : 1g/2litres d’eaux3ème jourPrévention contre la coccidiose pendant 5 joursAprolium 20% :5g /4litres d’eau6ème jourPrévention contre NEW CASTLE et GUMBORO
Prévention contre SALMONELLOSES et COLIBACILOSES pendant 5 joursGUMBOPEST demi dose (0,15ml/sujet),
IMEQUYL colivet + VITAPEROS ou SUPRAVITAMINOL14ème jour Prévention Gumboro
Traitement régulier contre la coccidiose jusqu’à la 12ème semaineBur 706 ou Hipragumboro
Amprolium 20%, coccontrol
Vetacox17ème jourDéparasitage internePIPERAZINE ou LEVAMISOL21ème jourPrévention contre GumboroBur70627ème jourPrévention contre NEW CASTLE et INFECTAVINEW + TAD IB ou BIORAL H1204éme semainePrévention contre Variole aviaireHYPRAPOX, DIFTOSEC5ème semainePrévention contre M.R.CNORFLAXACINE, ENROFLOXACINE6ème semaineDéparasitage
DébecquageLEVAMISOL, PROMECTINE
(Voir le praticien)10ème semainePrévention contre NEW CASTLE + TYPHOS+CHOLERA HYPRATYPHUS11ème semainePrévention contre BRONCHITE INFECTIEUSEBRONIPRA OU BIORAL13èmePrévention contre Variole aviaireHIPRAPOX OU DIFTOSEC18ème semainePrévention contre NEW CASTLE, BRONCHITE INFECTUEUSE et CHUTE DE PONTE
Prévention contre M.R.C
DEPARASITAGE INTERNE
INSTALLATION DES PONDOIRS-ADENIPRAVAC
BINEWVIXIDROP
ALFACERYL, OXY 50%, Tylosine, Doxyvi
V.PV, PROMECTINE
NB : Avant toute vaccination orale, asseoir les sujets pendant 1h30 mn de temps seulement pas plus.
Cas de vaccination ou tout genre de stress, donner un antibiotique vitaminé pendant trois jours : NORFLAXINE ou ONROFLOXACINE + VITAMINE, ALFACERYL, ALFAVITACYCLINE FORTE, TETRACOLIVIT.
Pas d’utilisation anarchique d’antibiotique en période de ponte.
Dilution de vaccin buvable (1000 doses) : 1ère SEM d’âge 6 litres d’eau, *2ème SEM d’âge 8 litres d’eau *3ème et 4ème SEM 10 litres d’eau * 5è, 6ème SEM 1015 litres d’eau * 7ème à 4mois d’âge 20 litres d’eau * Plus de 4 mois d’âge 25 litres d’eau ( soit 1l d’eau pour 1000 poussins /nbre de jours)
Pour toute vaccination orale : utiliser l’eau minérale, l’eau de pluie traitée avec du LAIT ECREME LIQUIDE (20ML /L) OU POUDRE (2,5 G/ L) 10 A 30 MN AVANT LA DILUTION DU VACCIN

Annexe 13 : Evolution de la production de la volaille toutes espèces confondues dans l’espace CEDEAO (y compris la Mauritanie) de 1986 à 2004

Poulet Année(en milliers)198619891992199619971998199920002001200220032004  Benin17 00011 0008 2249 1949 4519 71610 00010 00010 00010 00010 00013 000  Burkina Faso15 73716 70017 78519 92020 51821 13321 76722 42023 00023 00024 00024 000  Cape Vert483510510421430435417480480460417450  Côte d'Ivoire23 11023 74025 27022 91023 30322 79030 81029 40031 06032 62533 00033 000  Gambie380506673521639512582600586591600620  Ghana6 4198 78711 23214 58915 88817 30218 81020 47222 03224 25126 39529 500  Guinée7 0007 4288 1699 59810 06510 59111 18411 85512 56013 30013 50014 000  Guinée-Bissau7127708509281 2061 2001 3001 3001 4001 5001 5001 550  Liberia3 7004 0003 5003 5003 5003 5003 5004 0004 3004 5004 8005 000  Mali22 00022 00022 30023 25024 00024 50025 00025 00023 36428 00029 00030 000  Mauritanie3 5003 7003 8003 9003 9004 0004 1004 1004 1004 2004 2004 200  Niger14 00017 00019 70021 50022 00022 50023 00023 50024 00024 50025 00025 000  Nigeria104 560120 270118 000125 000126 000126 000126 000113 200124 620131 125137 680140 000  Sénégal12 30015 90328 04942 00044 10045 00045 00045 00045 00045 00045 00046 000  Sierra Leone4 9005 7006 0006 0006 0006 0006 0006 0007 0007 0007 5007 500  Togo4 9775 8915 7428 6236 4487 5008 2627 7148 5008 5008 5009 000Source FAO
Annexe 14 : Evolution de la production de la viande de volaille toutes espèces confondues dans l’espace CEDEAO (y compris la Mauritanie) de 1986 à 2004

Production de la viande de volaille Année(milliers de tonnes)198619891992199619971998199920002001200220032004  Benin19 20012 0009 20010 96011 20011 44011 60011 60011 60011 60011 60015 200  Burkina Faso14 40017 84019 84022 00023 04024 00025 60026 40027 04027 04028 24028 240  Cape Vert463490500560570570534420420405365395  Côte d'Ivoire35 42041 80044 99048 84050 60049 50064 90062 70064 90069 30069 30069 300  Gambie5707601 0108001 0008009009309001 100920920  Ghana5 7608 19010 35011 88014 49016 03817 10019 50020 96323 40025 54528 275  Guinée1 9802 1602 3403 0973 2453 6943 9554 1764 2004 4004 5004 700  Guinée-Bissau5606447358401 1201 1201 1901 1901 2601 3651 3651 400  Liberia4 0004 5604 5605 2005 3605 6005 6006 4006 8807 2007 6808 000  Mali22 40023 36024 40025 68026 00028 80029 20029 20027 20032 48033 60034 800  Mauritanie3 5203 7603 8404 0004 0004 0964 0004 0804 8004 1604 3204 320  Niger16 80020 40022 88024 96025 52026 08026 72027 20027 76028 40028 96028 960  Nigeria141 000169 000162 000170 000171 000172 000172 000160 000183 500190 000201 000211 000  Sénégal19 50023 50043 30060 00062 00064 10064 10064 10064 10064 10064 10065 300  Sierra Leone6 8408 1008 5959 0009 0009 0009 0009 00010 53010 44011 25011 250  Togo5 5206 6007 4807 4808 4809 36010 00010 40010 40010 40010 40011 200Source FAO












Annexe 15 : Statistiques des quantités des viandes de volailles congelées importées (1998 à 2004)

PRODUITS1998199920002001200220032004 Poids NetPoids NetPoids NetPoids NetPoids NetPoids NetPoids Net (Kg)(Kg)(Kg)(Kg)(Kg)(Kg)(Kg)DE COQS ET DE POULES: NON DECOUPES EN MORCEAUX, FRAIS OU REFRGERES0010337610027270484583066COQS ET POULES NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGELES753095189327723298191869229298882928006733 971 026MORCEAUX ET ABATS DE COQS ET DE POULES, FRAIS OU REFRIGERES1306266581054197974577 307541371103599572140MORCEAUX ET ABATS DE COQS ET DE POULES, CONGELES7 154 750179372883132073928201916393516213889109226712320DINDES ET DINDONS NON DECOUPES EN MORCEAUX, FRAIS OU REFRIGERES002400043675000DINDES ET DINDONS NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGELES867444236073431854413050037693176961176MORCEAUX ET ABATS DE DINDES ET DINDONS, FRAIS OU REFRIGERES256519931340363565001081609623073117627MORCEAUX ET ABATS DE DINDES ET DE DINDONS, CONGELES7 571 722158588522298118421427248283107552678668224891341CANARDS, OIES OU PINTADES NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGELES0480000502FOIES GRAS, FRAIS OU REFRIGERES13916846191142306117482AUTRES VIANDES ET ABATS DE CANARDS, OIES OU PINTADES, FRAIS OU REFRIGERES00001113550AUTRES VIANDES ET ABATS DE CANARDS, OIES OU DE PINTADES, CONGELES425752447404746635115200659114671033429413TOTAL20 644 36742 217 89658 381 35253 520 46072 300 74971 104 21855 704 287Source : INSAE

Annexe 16 : Statistiques d'importations de produits avicoles congelés (valeurs CAF)
PRODUITS1998199920002001200220032004 Valeur CAFValeur CAFValeur CAFValeur CAFValeur CAFValeur CAFValeur CAF (FCFA)(FCFA)(FCFA)(FCFA)(FCFA)(FCFA)(FCFA)COQS ET POULES000014 437 10000DE COQS ET DE POULES: NON DECOUPES EN MORCEAUX, FRAIS OU REF0043 848 80043 00014 849 62324 605 059919 001COQS ET POULES NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGELES326 894 400950 633 5001 028 745 400806 378 1001 211 194 3051 039 051 9121 950 044 014MORCEAUX ET ABATS DE COQS ET DE POULES, FRAIS OU REFRIGERES526 543 600287 726 90088 346 600257 111 000177 714 407356 230 01628 486 833MORCEAUX ET ABATS DE COQS ET DE POULES, CONGELES3 041 750 4009 213 032 98413 816 503 31512 249 499 22014 666 861 39214 116 595 05613 707 641 237DINDES ET DINDONS NON DECOUPES EN MORCEAUX, FRAIS OU REFRIG0010 320 00018 787 100000DINDES ET DINDONS NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGELES385 773 9001 190 830 800147 191 60056 115 000145 109 30424 885 250251 888MORCEAUX ET ABATS DE DINDES ET DINDONS, FRAIS OU REFRIGERES957 147 3001 558 534 693177 741 82243 309 71938 861 400226 894 796107 577MORCEAUX ET ABATS DE DINDES ET DE DINDONS, CONGELES3 226 718 6008 103 210 50110 234 517 7749 271 899 94010 534 297 95510 061 810 01413 905 869 049CANARDS, OIES OU PINTADES NON DECOUPES EN MORCEAUX, CONGEL0132 6000000387 016FOIES GRAS, FRAIS OU REFRIGERES184 6006 452 0001 653 4005 109 4002 033 498266 318290 590AUTRES VIANDES ET ABATS DE CANARDS, OIES OU PINTADES, FRAIS OL0000368 400441 4610AUTRES VIANDES ET ABATS DE CANARDS, OIES OU DE PINTADES, GONG189 310 341232 991 746331 868 500505 972 406225 246 637201 436 08515 148 086TOTAL8 654 323 14121 543 545 72425 880 737 21123 214 224 88527 030 974 02126 052 215 96729 609 145 291Source : INSAE

Annexe 17 : Origines des grandes importations des produits avicoles du Bénin

 Grands pays exportateurs vers le Bénin

  Grands pays africains de transit
des exportations vers le Bénin
 AnnéePaysValeur FCFAQuantité KgPUPaysValeur FCFAQuantitéPU1999
 
 
 
 
 
 
 Belgique494 857 700989 725500Côte d'ivoire6 634 642 53612 845 711516Espagne2 012 503 2483 982 115505Sierra-Léonne1 108 695 3923 389 309327France2 773 865 4935 543 770500Togo9 249 083 03011 587 306798Iran6 715 464 90013 101 098513    Irlande729 598 6011 441 460506    Nigéria460 814 5001 652 136279    Iran6 715 464 90013 101 098513    Pays Bas1 340 512 1004 860 037276    2000
 
 
 
 Pays Bas4 166 406 54115 069 625276Sierra-Léonne1 441 866 5014 496 136321Iran1 363 313 9243 076 404443Côte d'ivoire9 152 229 96020 805 500440Hongrie7 306 145 15016 447 54425 559    France467 070 000992 114471    Espagne3 544 583 7558 004 574443    2001
 
 
 
 
 
 Belgique462 175 6001 070 859432Côte d'ivoire8 134 545 62018 709 233435Brésil494 966 1001 129 600438R, D, Congo626 376 4711 773 860353Espagne3 238 731 9007 461 733434Sierra-Léonne1 107 896 2343 235 210342Iran6 002 462 10013 892 841432Togo1 083 412 4992 806 974386Irlande1 679 520 0403 901 860430    Italie620 287 6001 354 714458    Pays Bas1 303 851 2135 198 084251    2002
 
 
 
 
 Pays Bas1 766 496 5617 128 687248Togo13 738 067 36718 312 218750Iran7 233 598 63619 815 880303Sierra-Léonne694 842 9673 232 622215Irlande2 150 682 4125 490 103392Côte d'ivoire8 583 808 18025 517 695336France700 064 0321 864 686375    Espagne3 767 130 6519 716 253388    Belgique682 665 8301 694 739403    2003
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Belgique587 123 9561 653 399355Côte d'ivoire6 025 926 66219 034 639317Chine506 310 7751 700 733298    Danemark713 122 9031 622 280440    Djibouti678 203 0891 849 224367    France1 238 089 5543 655 945339    Espagne5 990 236 61114 227 470421    Iran7 162 476 11318 790 576381    Irlande1 612 604 9204 304 077375    Pays Bas684 265 1203 842 552178    Royaume Unis532 915 9412 832 300188    Sierra-Léonne2 040 669 92210 799 624189    Source INSAE

Annexe 19: Statistiques des exportations de viandes congelées

 1 9992 0002 0012 002Paysvaleur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)         Allemagne    11 395 00026 500  Australie    10 727 60024 948  Belgique    33 320 29975 35762 574 890150 613Canada 12 849 40026 000  824 051 5491 893 620224 175 100483 035Chili    10 320 00024 000  Cuba     64 306 500127 05023 252 20840 000Danemark    102 666 406213 200  Espagne13 480 80027 000290 831 973639 4001 912 311 9854 125 3811 066 751 7572 188 693France  38 549 91783 00081 638 100189 85659 972 100139 470Ghana    16 508 02538 390  Italie  12 021 07028 000143 209 400333 04534 921 60081 213Niger  34 351 22079 995634 401 3581 398 311368 192 333733 584Nigéria  10 724 20025 000768 602 8751 735 388371 303 067828 409Pays-Bas  9 292 15139 21047 432 23499 28521 536 91649 500Portugal    877 500285  Royaume Unis15 673 70023 076      USA25 00060  1 838 400370  Source : INSAE

Annexe  20: Statistiques des Réexportations officielles des productions de volailles

 1 9992 0002 0012 002Paysvaleur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)valeur CAF (FCFA)Poids Net (kg)Allemagne    11 395 00026 500  Australie    10 727 60024 948  Belgique    33 320 29975 35762 574 890150 613Brésil      10 965 00025 500Canada12 849 40026 000  824 051 5491 893 620213 210 100457 535Chili    10 320 00024 000  Cuba    64 306 500127 05023 252 20840 000Danemark    102 666 406213 200  Espagne13 480 80027 000290 831 973639 4001 912 311 9854 125 3811 066 751 7572 188 693France  38 549 91783 00081 638 100189 856105 133 515223 058Ghana    16 508 02538 39014 000 00050 000Italie    9 122 00021 214  Nigeria  57 096 490132 995817 762 3801 822 756411 572 033834 467Pays-Bas    734 278 9871 648 274362 844 967808 739Portugal    10 750 00025 00010 320 00024 000Royaume Unis  15 106 62464 65024 651 50050 00411 216 91625 500USA60 576 90096 40872 203 114197 6454 669 325 53110 306 6602 229 266 4964 677 492Source : INSAE

Annexe 21 : Statistiques de la douane sur les importations des viandes de volailles (2001 à 2004)
2001200220032004DésignationsPoids netValeur CAFPoids netValeur CAFPoids netValeur CAFPoids netValeur CAFDe coqs et de poules:non découpés en morceaux, frais 10043 0002727014 849 6231638545 103  coqs et poules non découpés en morceaux, congelés2 011 306867 471 4002 888 3271 169 792 9051 557 138425 417 894  Morceaux et abats de coqs et de poules,frais ou réfrigérés 577 307257 111 000541 371177 714 406617 745179 878 501  Morceaux et abats de coqs et de poules, congelés30 112 79713 060 729 72037 698 29414 142 050 16521 999 1805 913 773 402  Dindes et dindons non découpés en morceaux frais 43 67518 787 100      Dindes et dindons non découpés en morceaux congelés 130 50056 115 000376 931145 109 30474 00021 000 000  Morceaux et abats de dindes et dindons, frais ou réfrigérés 108 16043 309 71996 23038 861 400648 380188 440 000  Morceaux et abats de dindes et dindons congelés22 283 6329 640 145 34027 633 65510 321 287 93314 392 7173 926 045 063  Foie gras, frais ou réfrigérés1 1425 109 4002 9921 275 198174266 31827107 577Autres viandes et abats de canards, oies ou de pintades 1 150 706505 413 4062 9921 275 198663 41019 577 29380292 558TOTAL GENERAL56 419 32524 454 235 08569 268 06226 012 216 13239 954 38210 674 943 574107400 135Source : DGDDI

Annexe 22 : Réexportation de la viande de volaille
Désignations
2001Poids netPoids brutValeur CAFcoqs et poules non découpés en morceaux, congelés774760848 494350 627 326Morceaux et abats de coqs et de poules, frais ou réfrigérés 426 212545 742178 017 949Morceaux et abats de coqs et de poules, congelés14 539 90815 363 0156 588 512 233Dindes et dindons non découpés en morceaux congelés 1 743 1331 818 25581 907 098Morceaux et abats de dindes et dindons, frais ou réfrigérés 59 60479 56025 630 025Morceaux et abats de dindes et dindons congelés11 625 41212 265 5515 087 243 291Autres viandes et abats de canards, oies ou de pintades 182 000189 85179 043 916TOTAL GENERAL29 351 02931 110 46812 390 981 838Source : DGDDI


Annexe 23 : Statistiques de la douane sur les importations des œufs de poules
IMPORTATION DE PRODUITS DE VOLAILLE: OEUFS 20012002200320042005Poids Net Val. CAFPoids NetVal CAFPoids NetVal. CAFPoids NetVal CAFPoids NetVal. CAFPays-bas3 257 412563 354 734France90544 400267 86743 348 69727 0203 502 1002001 010 834150 34825 606 056Afrique du sud26 3807 176 202Nigeria 1 58284 0008180 00017 5001030 000Côte d'Ivoire 7001 654 2506501 418 206Togo450249 9005 5401 019 500580199 460465142 200Cameroun418613 398Total Général2 3722 282 650295 35552 375 00732 5614 529 1001 1981 823 6923 408 235589 132 990Source : DGDDI


Annexe 24 : Statistiques de la Direction de l’Elevage sur l’évolution des importations des produits carnés congelés au PAC, Période de 2000 – 2004 (tonnes)ORIGINEANNEE 20002001200220032004TOTALFrance27209,4328102,7831465,2931484,9123849,136142111,546Gde Bretagne7760,259163,718254,4811261,338378,23844818,008Hollande7856,346662,846274,346103,28232829224,8Irlande4235,874753,773061,874389,064214,8620655,43Espagne7236,959232,718353,977872,775242,19237938,592Italie12844,758022,4110795,669844,414560,4246067,65Belgique1148,572892,43166,332324,162909821,46Allemagne 3179,923486,164725,063383,352331,44717105,937Danemark605,45834,78695,75622,21122770,19Hongrie251,0891,44211,91240578,43Suède48000048Autriche48,2249,0426,7500124,01Grèce238,944,922424,10331,92Portugal044,77108,5893,660247,01Tunisie473,47563,65371,3413,627,551849,57Canada 1210,854788,483421,151289,15389,911099,53USA215,272464,48832,54271,1293,2844076,674Brésil01340,393513,794514,913145,93312515,023Chili194,94620,41788,124120,071747,52Argentine 07500075Australie0138,69000138,69Turquie077,44217,527,5521,75344,24Israël00140,8200140,82Mexique0023,690023,69Pologne00524,482425573,48Finlande0025,060025,06Uruguay25,02000025,02TOTAL74783,2883450,2787022,4283991,5555229,78384477,3Source: DE Annexe 25 : Statistiques de la douane sur les importations des viandes de volailles (Poids net au Kg)Années 200320042005 Poids NetValeur CAFPoids NetValeur CAFPoids Net Valeur CAFFrance 11 973 4045 818 860 081151 663 41683 013 184 321100 375 43351 395 413 726Royaume-Uni3 573 0011 890 202 78538 116 89819 478 396 85240 137 61918 505 748 561Pays Bas2 923 3201 578 209 57515 267 9708 155 247 56712 152 9256 939 604 689Espagne2 708 7601 383 812 13830 711 30316 293 457 05327 645 37113 540 919 122Italie 2 362 4851 205 115 41721 826 22010 863 430 12810 552 8305 445 168 816Brésil2 065 485905 394 68016 199 1957 686 387 2449 219 0874 689 611 534Irlande1 455 400798 959 78318 779 3059 853 265 14212 564 3906 437 541 850Allemagne828 349477 738 28910 436 7505 892 358 2256 541 0003 730 964 676Etats-Unis198 38683 800 9511 889 722756 568 404  Canada198 14088 925 0601 015 600490 585 928  Belgique186 20387 743 8972 320 8961 158 252 4353 621 8801 794 599 414Ukraine177 63991 440 528250 000131 270 715  Iran131 04060 322 082    Chili120 12655762504704 262331 304 395  Autres 376 640184 965 239612 900349 000 182655 799383 190 145TOTAL29 278 37814 711 253 009309 794 437164 452 708 591223 466 334112 862 762 533Source : DGDDI
Annexe 26 : Répartition des agents de l’élevage au 31 Décembre 2004

Services utilisateurs PERSONNEL TECHNIQUE PERMANENTVétérinaires Inspecteurs Ingénieurs Développement Rural Inspecteurs du Développement Rural Contrôleurs Développement Rural ATDRADRAttachés de Recherche AutresDirection Elevage 1204010700000000CeRPA Atacora Donga03000715160800CeRPA Atlantique/Littoral0100050405CeRPA Borgou/Alibori0302070909CeRPA Mono/Couffo0-010501CeRPA Ouémé/Plateau010107050504CeRPA Zou/Collines 01-04120700MAEP04-00000000DPLR010200000000PDE0807030204000100PADEB04020602ABATTOIRE0001-PDEBE0101-01CPCA00-0101STATION AULACODE000101INRAB03-01CPU06EISMV/DAKAR02OMS00FAO01LAMS/SEKOU02ECOLE VETE/LYON01TOTAUX 20045421446149120100TOTAUX 20036021467149110100Source : PRAIVAP /DE









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