Thème 3 : Economie du développement durable - Apses
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Thème 3 : Economie du développement durable
3.1. La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de lenvironnement ?
INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES : Après avoir souligné que le développement et le bien-être ne se résument pas à la croissance économique, on montrera, en illustrant par des exemples, que le bien-être des populations résulte de linteraction de quatre types de capital (naturel, physique produit, humain, social et institutionnel). On expliquera pourquoi lanalyse économique du développement durable, qui se fonde sur la préservation des possibilités de développement pour les générations futures, sintéresse au niveau et à lévolution des stocks de chaque type de capital (accumulation et destruction) ainsi quà la question décisive du degré de substitution entre ces différents capitaux. On évoquera, à laide dexemples, les limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique (épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, etc.). On soulignera à ce propos que le PIB na pas été conçu pour évaluer la soutenabilité de la croissance.
Acquis de première : externalités, biens collectifs, capital social.
NOTIONS : Capital naturel, physique, humain, social et institutionnel, biens communs, soutenabilité.
TOC \o "1-4" \n \h \z \u HYPERLINK \l "_Toc330391406" Introduction
HYPERLINK \l "_Toc330391407" I- Quel lien entre croissance économique et bien-être ?
HYPERLINK \l "_Toc330391408" A- Plus riche, plus heureux ?
HYPERLINK \l "_Toc330391409" B- De quoi dépend alors le bien-être ?
HYPERLINK \l "_Toc330391410" C- Mesurer le bien-être
HYPERLINK \l "_Toc330391411" 1- Les limites du PIB
HYPERLINK \l "_Toc330391412" 2- une amélioration à la marge : le bien-être économique
HYPERLINK \l "_Toc330391413" 3- Des indicateurs composites tels lIDH
HYPERLINK \l "_Toc330391414" 4- Des enquêtes de satisfaction
HYPERLINK \l "_Toc330391415" II- Les effets de la croissance économique sur lenvironnement
HYPERLINK \l "_Toc330391416" A- La croissance : une chance pour lenvironnement ?
HYPERLINK \l "_Toc330391417" B- La croissance économique : une menace pour lenvironnement ?
HYPERLINK \l "_Toc330391418" 1- les dégâts écologiques de la croissance
HYPERLINK \l "_Toc330391419" 2- les explications : pourquoi le marché ne permet-il pas de réguler lexploitation des ressources naturelles ?
HYPERLINK \l "_Toc330391420" III- Pour un développement soutenable
HYPERLINK \l "_Toc330391421" A- Les limites écologiques de la croissance
HYPERLINK \l "_Toc330391422" B- Quest-ce que la soutenabilité ?
HYPERLINK \l "_Toc330391423" 1- Définir le développement durable
HYPERLINK \l "_Toc330391424" 2- Mesurer la soutenabilité
HYPERLINK \l "_Toc330391425" 3- Soutenabilité forte ou faible ?
HYPERLINK \l "_Toc330391426" a- La soutenabilité faible
HYPERLINK \l "_Toc330391427" b- La soutenabilité forte
HYPERLINK \l "_Toc330391428" Conclusion : lexigence de régulation
Introduction : bien-être et soutenabilité
Le marché est myope et quantitatif.
Lanalyse économique permet dexpliquer comment on fait des arbitrages. La vraie question est la question du choix du mode daugmentation du bien être, sous contrainte de substituabilité du capital naturel aux autres types de capitaux. On est dans une logique darbitrage intertemporel : tout prélèvement sur lenvironnement a un avantage présent en termes de bien-être mais aussi un coût futur en termes de dégradation, inversement la lutte contre le réchauffement climatique a un coût présent mais augmentera lutilité des générations futures. Exemple : on découvre seulement aujourdhui que le coût des centrales nucléaire doit intégrer le coût de leur démantèlement, ce qui va augmenter le prix de lélectricité. Mais entre temps, le bas prix de lélectricité permis par le nucléaire a créé des irréversibilités et il va falloir du temps pour changer nos modes de chauffage. Le rapport Stern sur le changement climatique donne une illustration de lapplication du calcul coût-avantage à lenvironnement. Il a été critiqué (notamment par William Nordhaus) en raison du poids trop important quil donnait aux coûts futurs de lémission de gaz à effet de serre, traduit dans le choix dun taux dactualisation extrêmement bas. Pour N. Stern, cest un choix qui résulte de lapplication du principe de précaution. Plus lincertitude est grande, plus la valeur actuelle des dommages climatiques futurs doit être élevée.
Le marché a une fonction dallocation qui fonctionne assez bien mais qui produit de linstabilité, des inégalités et qui a tendance à être myope. Par exemple, on nobtient pas les mêmes résultats si on prend en compte le coût social, en plus des coûts privés, dans les calculs de délocalisation. LEtat doit donc intervenir pour que lobjectif de durabilité soit atteint et la réponse doit être de type démocratique (Etat pas toujours bienveillant, rôle de groupes de pression
). Le choix à opérer a un caractère éthique et politique. Certains écologistes défendent une approche plus radicale (la décroissance
), mais cette problématique ne fait pas partie du débat des économistes qui pensent que lamélioration du bien être des générations actuelles et futures est possible si on fait les bons choix.
Le développement durable est lun des enjeux majeurs des économies contemporaines. La préoccupation nest plus seulement éthique (Lhomme peut-il détruire la nature ?) mais aussi économique (peut-on continuer à avoir une activité économique sans ressource naturelle ?) et sociale (quelle société voulons-nous et quelle société laisserons-nous aux générations futures?).
En effet, la croissance nest pas tant un objectif en soi quun moyen pour permettre à chacun dêtre heureux. Lintroduction du bonheur ou du bien-être en économie nécessite délargir la notion de richesse ou de capital et de ne pas en rester au seul capital matériel. Nous verrons donc que certains éléments sont primordiaux pour notre bien-être, tel que lharmonie sociale, la santé, léducation, la liberté politique, mais aussi lenvironnement. Il est donc temps de ne plus raisonner seulement en terme de croissance, qui est un objectif quantitatif, mais en terme de développement, voire de développement durable qui sont des objectifs qualitatifs.
Quels sont donc les principaux facteurs à prendre en compte pour mesurer le bien-être ?
La croissance est-elle compatible avec la protection de lenvironnement ? Autrement dit, peut-on concilier croissance et écologie ?
Quelles sont les limites écologiques de la croissance ?
Quels sont les aspects du développement durable ?
I- Quel lien entre croissance économique et bien-être ?
A- Plus riche, plus heureux ?
En bonne logique économique, une augmentation du revenu devrait se traduire par une augmentation de la satisfaction des individus.
Paradoxe dEasterlin : pourtant sur une longue période, Richard Easterlin montre que le niveau moyen de satisfaction déclaré par les individus reste à peu près constant, malgré laugmentation spectaculaire des niveaux de vie et des dépenses de consommation.
En effet, il ne faut pas seulement parler de croissance mais de développement.
Pour définir le développement, citons François PERROUX, un grand économiste français du 20ème siècle : " le développement est la combinaison des changements sociaux et mentaux d'une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement, son produit réel global " (in L'économie du XXè siècle, PUG, 1991). Autrement dit, le développement, c'est l'ensemble des changements sociaux et culturels qui rendent possible l'accroissement des quantités produites sur le long terme (c'est-à -dire la croissance économique).
Le développement est donc une notion moins quantifiable que la croissance économique. Parler de développement, c'est se poser des questions sur ce que l'on fait des richesses produites grâce à la croissance : la santé de la population s'accroît-elle, par exemple (ce qui permettra à long terme d'avoir une main d'uvre plus productive, ce qui contribuera à renforcer la croissance) ?
Les deux termes ne sont évidemment pas équivalents. Avec " croissance économique ", nous sommes dans le quantitatif, on mesure ce que les hommes ont réussi à produire au cours d'une année et on observe l'augmentation de ces quantités produites. Le " développement " inclut la réflexion sur ce que l'on fait de ce qui est produit et sur les transformations des structures économiques et sociales que la poursuite de la croissance entraîne et implique.
Il peut y avoir croissance sans développement : dans ce cas, les quantités produites augmentent, mais sans qu'il y ait une amélioration du niveau de vie de la majorité de la population, sans que les structures se transforment de manière à ce que le fonctionnement de l'économie satisfasse de plus en plus de citoyens du pays. Comment est-ce possible ? Il suffit que la production supplémentaire soit accaparée par une petite minorité (par exemple, grande bourgeoisie ou classe politique au pouvoir) et gaspillée ou consommée en produits de luxe, souvent importés. Mais remarquons que ce type de croissance ne peut durer indéfiniment : à long terme, la croissance nécessite un changement des structures économiques et sociales sous peine de se bloquer.
Il peut y avoir développement sans croissance : dans ce cas, les quantités produites sont stables, mais une répartition différente des richesses produites permet à plus d'habitants de satisfaire leurs besoins vitaux ou à l'Etat d'augmenter les consommations collectives profitant à tous (infrastructures de transport ou de télécommunication, instruction, santé, par exemple).
Mais, souvent, il y a croissance et développement à la fois : les quantités produites augmentent et la société parvient à utiliser ces richesses pour améliorer le bien-être du plus grand nombre, réduire les inégalités, transformer ses structures de manière à ce que la croissance économique puisse se poursuivre. Il est évidemment plus facile pour un pays de se développer quand les quantités produites augmentent que quand elles sont stables ou, encore pire, diminuent.
B- De quoi dépend alors le bien-être ?
Le paradoxe dEasterlin sexplique par des facteurs non monétaires qui auraient un effet plus important sur le bien-être que laugmentation des revenus :
le capital social et institutionnel : la qualité de son environnement social et politique
Les institutions sont lensemble des contraintes humaines qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales. Appareil législatif, autres normes, formelles ou informelles, valeurs, peuvent contribuer au bien-être des populations comme à la croissance économique. Le capital institutionnel regroupe ces institutions.
Déf : le capital institutionnel : ensemble des institutions, plus ou moins formelles , qui constituent le cadre des relations entre les individus
Déf : le capital social : niveau de cohésion social dune société et de liens sociaux quentretient un individus. Il englobe donc lensemble des réseaux mais aussi des normes et des valeurs communément admises par tous et qui facilitent lentente et la coopération au sein des groupes. Limportance de ce capital social dans les sociétés et limportance de laccès à ce capital par les individus sont mesurées souvent
par le taux de participation à des associations, clubs, réseaux sociaux, etc.
par les niveaux déclarés de confiance
par le nombre damis ou de membres de sa famille à qui lon parle (une fois par jour, par semaine, par mois
)
Le but est ici de passer d'une « économie de biens » à une « économie de liens ».
le capital humain : le niveau de formation de la population
Le capital humain peut aussi faire lobjet dune accumulation par lhomme et regroupe les capacités physiques, intellectuelles dun individu ou dun groupe dindividus
le capital naturel : la qualité de son environnement naturel
Le capital naturel regroupe les ressources diverses de la nature susceptibles dengendrer un service productif (richesses de la mer, du sol, du sous-sol...).
A distinguer donc du capital physique est un bien produit dans le passé par lhomme et utilisé comme moyen de production (bâtiment, machine, matériel
).
Ainsi on comprend que le niveau du PIB peut ne pas refléter, voire même influencer négativement, dautres éléments primordiaux pour le bonheur des individus : la qualité et lintensité de la vie sociale, la santé, le sentiment de sécurité, la parité homme/femme, les inégalités, etc.
Ainsi il est intéressant de prendre en compte bien dautres facteurs pour mesurer le bien-être de la population.
C- Mesurer le bien-être
Le bien-être, notion qualitative qui comporte une dimension subjective, ne peut être quantifié par le biais du PIB qui mesure la richesse dans un sens quantitatif.
1- Les limites du PIB
On inclut dans le P.I.B. tout ce qui est produit mais on ne se demande pas pourquoi on a dû fabriquer cette production. Résultat : plus les gens fument, par exemple, plus le P.I.B. augmente. En effet, d'une part, on produit plus de tabac ; d'autre part, la quantité de médicaments et d'appareils d'examen qu'il faut produire et le nombre de consultations médicales augmentent (le tabagisme augmentant, le nombre de cancers du poumon aussi). Au total, la production augmente donc beaucoup. Est-ce un progrès ? Ce raisonnement peut être fait sur pas mal d'exemples (les accidents de la route, la pollution, etc.) car il faut réparer les dégâts et donc produire davantage. D'autre part, on vient de le voir, la croissance épuise les ressources non renouvelables de la planète.
Croissance ou développement ?Le P.I.B. est un indicateur économique, mais il n'inclut pas un certain nombre d'activités essentielles pour le maintien des solidarités entre les membres d'une société, en particulier des services. La richesse d'une nation, est-ce seulement les richesses matérielles qu'elle réussit à produire ? C'est un peu ce que laisse croire le calcul de la croissance à partir du P.I.B. Mais n'est-ce pas aussi l'état de santé (y compris mentale) de la population, son niveau d'instruction, la qualité des rapports sociaux entre les membres de la société, ou d'autres éléments ? Le problème est que ces éléments ne se laissent pas facilement mesurer. Pourtant on sait bien que la qualité de la vie est aussi importante que la quantité de biens dont on dispose (mais les deux ne sont pas indépendants l'un de l'autre, évidemment). Le P.I.B. n'est pas un indicateur de bien-être. [Revoyez la notion PIB si vous n'êtes pas convaincu]
2- une amélioration à la marge : le bien-être économique
William Nordhaus et James Tobin, en 1973 dans leur article « Is growth Obsolete ? », ont mené des travaux pionniers dans ce sens. Ils ont établi une mesure du bien-être économique qui cherche à évaluer le bien-être à un moment donné, comprend les dépenses de consommation finale des ménages auxquelles sont enlevés certains éléments et ajoutés dautres, respectivement réputés nuire ou contribuer au bien-être. Par exemple, ils prennent en compte en négatif certains déplacements contraints ou certains achats de biens durables et ajoutent, en positif, une valeur estimée associée au temps de loisirs, aux services rendus par le travail domestique, aux services publics.
3- Des indicateurs composites tels lIDH
La croissance économique n'est donc pas forcément le développement et si l'on veut parler de développement, sans doute vaut-il mieux utiliser l'I.D.H. comme indicateur ainsi que le fait le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.).
L'Indicateur de Développement Humain, ou I.D.H., a comme objectif d'essayer de mesurer le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique mesuré par le PIB ou le PIB par habitant. Il intègre donc des données plus qualitatives. C'est un indicateur qui fait la synthèse (on l'appelle indicateur composite ou synthétique) de trois séries de données :
l'espérance de vie à la naissance (qui donne une idée de l'état sanitaire de la population du pays),
le niveau d'instruction mesuré par deux indicateurs : le taux brut de scolarisation (nombre d'élèves dans le primaire, le secondaire et le supérieur / effectifs des classes d'âge concernées) et le taux d'alphabétisation des adultes,
le PIB réel (c'est-à -dire corrigé de l'inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat (c'est-à -dire en montant assurant le même pouvoir d'achat dans tous les pays) ; le PIB par habitant donne une indication sur le niveau de vie moyen du pays.
L'IDH est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Il se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l'IDH se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l'IDH permet l'établissement d'un classement annuel des pays.
L'IDH, s'il est sans doute un meilleur indicateur du niveau de développement d'un pays que le PIB par habitant, n'est cependant pas exempt de faiblesses, en particulier parce qu'il inclut celui-ci et on sait que la mesure du PIB pose de nombreux problèmes [reportez-vous à la notion "PIB"]. D'autre part, il faudrait sans doute prendre en compte davantage de critères qualitatifs, en particulier en ce qui concerne les inégalités.
Attention : depuis le rapport sur le développement humain de 2010, le calcul de l'indicateur a changé. Précisons les deux principaux changements
l'indice du niveau d'instruction est dorénavant basé sur la durée moyenne de scolarisation, qui remplace le taux d'alphabétisation, et sur la durée attendue de la scolarisation, qui remplace le taux brut de scolarisation
le RNB (revenu national brut) qui remplace le PIB pour tenir compte des effets de la mondialisation (la production réalisée dans un pays peut être distribuée sous forme de revenus dans un autre pays) : le RNB est donc un meilleur indicateur du revenu national que le PIB.
Or, le classement des pays selon l'I.D.H. ne donne pas le même résultat que celui selon le P.I.B. par habitant : Cela montre qu'avec une certaine quantité de biens et services produits, on peut faire des choix de développement différents et obtenir des résultats différents. Si le PIB par habitant est relativement élevé mais que l'IDH est relativement faible, cela signifie probablement que les inégalités économiques et sociales sont grandes : certains accaparent une grande partie des ressources et le plus grand nombre ne peuvent pas se soigner et s'instruire correctement.
Titre : Rang de certains pays pour l'I.D.H. et P.I.B. par habitant (en dollar en parité de pouvoir d'achat), en 2000.
NorvègeSuèdeU.S.A.FranceChineAfrique du SudRang pour l'I.D.H.1261296107P.I.B. / hbt ($ PPA)29 91824 27734 14224 2233 9769 401Source : P.N.U.D. , Rapport sur le développement humain, De Boeck, 2002
Que voyons-nous ? Suède et Norvège sont pratiquement à égalité pour l'I.D.H. (au premier rang mondial) puisque l'I.D.H. de la Norvège atteint 0.942 et celui de la Suède 0.941. Pourtant il y a un écart de plus de 5000 dollars par habitant entre les deux pays pour le P.I.B. par habitant, ce qui est loin d'être négligeable. De même, les Etats-Unis, avec un P.I.B. par habitant élevé, le plus élevé du tableau, ne sont qu'au 6ème rang pour l'I.D.H.. A l'autre bout de l'échelle, on observe que la Chine avec un P.I.B. par habitant inférieur à la moitié de celui de l'Afrique du Sud est mieux placée qu'elle pour l'I.D.H. (cela s'explique en particulier par une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevée en Chine, 70.2 ans, qu'en Afrique du Sud, 52.1 ans). Le niveau des richesses matérielles produites et sa croissance ne sont donc pas le seul indicateur pertinent de l'amélioration des conditions de vie dans un pays.
Mais lIDH nest pas non plus parfait. Il oublie de nombreux aspects du bonheur. LIDH apparait lui-même comme insuffisant pour rendre compte du bien-être, dautres indicateurs ont été construits pour mesurer notamment la pauvreté ou la situation spécifique des femmes. :
le capital social et institutionnel : les inégalités (que le PIB par habitant ne prend pas non plus en compte), la parité H/F, la corruption, la liberté dexpression
le capital naturel et la préservation de la nature
le capital humain nest pas réduit à la seule éducation
4- Des enquêtes de satisfaction
La seule solution est donc de demander aux individus eux-mêmes.
Richard Easterlin (né en 1926), économiste américain, a travaillé sur la relation entre richesse et bonheur déclaré au début des années 1970.
La satisfaction de vie (SV) se mesure à partir dune question unique annuellement posée à un échantillon représentatif de la population : « êtes-vous globalement satisfait de la vie que vous menez ? ».
Les individus doivent répondre sur la base dune échelle conventionnelle, étalonnées par exemple de 1 à 4 (de très satisfait, plutôt satisfait, plutôt insatisfait, très insatisfait).
Remarque : on observe que plus le revenu est élevé, plus les individus sont satisfaits. Comment lexpliquer avec le paradoxe dEasterlin ? Par lhypothèse de rivalité : « ce que désirent les hommes, ce nest pas être riches, maus être plus riches que les autres hommes » selon John Stuart Mill
II- Les effets de la croissance économique sur lenvironnement
Parmi les éléments qui contribuent au bien-être de la population, la qualité de lenvironnement apparaît incontournable. Il est donc légitime de se demander quelle relation existe entre la croissance et la préservation de lenvironnement. Problématique : la croissance est-elle compatible avec la préservation de lenvironnement ? Autrement dit, la croissance permet-elle la préservation de lenvironnement ou menace-t-elle lenvironnement ?
A- La croissance : une chance pour lenvironnement ?
Plusieurs économistes montrent que la croissance pouvait avoir un impact positif sur la qualité de lenvironnement. Les thèses de l'économiste américain HYPERLINK "http://courses.nus.edu.sg/course/ecshua/eca5374/Economics%20growth%20and%20income%20inequality_Kuznets_AER55.pdf" \t "_blank" Simon Kuznets suggèrent que la dégradation de l'environnement n'est qu'une phase primaire du développement économique. Passé un certain stade, la pression sur l'environnement naturel serait obligatoirement amenée à diminuer, si bien qu'à terme la croissance économique pourrait être le meilleur allié de l'environnement.
En effet, ceci sexplique par le statut de biens de luxe de lenvironnement : plus les individus sont riches, plus ils accordent dimportance à la qualité de lair quils respirent par exemple. Autrement dit, la question de lenvironnement est une question de riches. Ceci confirme le fait que les pays riches aujourdhui sen préoccupent en imposant des normes environnementales, qui sont contestées par les pays en développement.
Par ailleurs, les économistes libéraux montrent que lactivité économique dominée par le marché nest pas incompatible avec la préservation de lenvironnement : le marché est capable de réguler par lui-même la raréfaction de certaines ressources naturelles. En effet, si le marché fonctionne correctement, une raréfaction dune ressource doit entraîner une augmentation de son prix qui doit conduire « naturellement », par une main invisible, les agents à réduire leur consommation et encourager la mise sur le marché de substituts. Ex : hausse du prix du pétrole ; mise en place dénergie renouvelable et de biocarburants
Les nouvelles technologies permettent de toute évidence une croissance propre. "Investir dans une usine qui fabrique des fenêtres super isolantes coûte 1000 fois moins cher que de produire toujours plus d'electricité en construisant de nouvelles centrales". Les grandes firmes le comprennent parfaitement d'autant plus que le rendement de l'investissement est très important. Par exemple en investissant 1 milliard dans les économies d'énergie, Dow Chemical a économisé 9 milliards en quelques années (DOC3). Comme l'indique l'économiste américain Sala-i-Martin, "les pauvres ne s'intéressent pas aux baleines". La protection de l'environnement et la croissance propre (croissance verte) suppose d'avoir les moyens de le faire. D'où une réflexion menée par les grosses firmes => Courbe de Kuznets de lenvironnement.
On voit par ailleurs que le réchauffement climatique touche inégalement les pays et dépend largement de leur développement initial, le Japon étant moins touché que l'Inde ou l'Afrique ou l'Inde alors qu'il s'agit d'une île CAD une entité géographique avec des côtes susceptibles d'être inondées sur tout le pays. D'une manière générale il existe une corrélation négative entre chance de perdre des points de croissance (points de PIB) suite à une hausse des température et niveau atteint de PIB/tête (DOC6).
Mais si la croissance améliore certains aspects de l'environnement « local », elle augmente les pressions sur les ressources « globales »il semble que les diminutions portent essentiellement sur des paramètres locaux. Par exemple, la part des surfaces d'aires naturelles protégées augmente généralement à partir d'un certain niveau de revenus et d'éducation, des réductions d'émissions de certains gaz polluants sont enregistrées dans les pays riches en raison de la mise en place de normes ou de la délocalisation des industries vers d'autres pays. Quant aux impacts globaux (émissions de CO2, consommations d'énergie), ils restent étroitement corrélés au niveau de richesse puisque l'empreinte écologique d'une nation est proportionnelle à son PIB.
B- La croissance économique : une menace pour lenvironnement ?
La lecture optimiste des relations croissance-environnement est néanmoins contredite par les faits qui prouvent que la très forte croissance économique de ces deux derniers siècles (XIXème siècle et la Révolution industrielle et XXème siècle dont les Trente Glorieuses) représente une menace pour lenvironnement.
1- les dégâts écologiques de la croissance
Cf relation croissante entre le PIB/hab et le volume des émissions de CO2/hab : plus on est riche, plus on émet du CO2. Cf Hatier p. 148
lémission massive de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique
le pic dexploitation du pétrole
surexploitation des réserves halieutiques
surexploitation des réserves forestières
biodiversité
Depuis 1972 et la publication, sous légide du Club de Rome, du rapport « Halte à la croissance », dit rapport « Meadows », plusieurs événements ont favorisé la prise de conscience de lexistence de limites à la croissance économique. Les chocs pétroliers des années 1970 révèlent la fragilité de cette ressource naturelle. Il en va de même pour les craintes sur la diminution de la biodiversité, lextinction de certaines espèces animales ou la déforestation. Des accidents industriels majeurs comme celui de lusine de Bhopal en Inde en 1984, de Tchernobyl en 1986, de Fukushima en 2011, les nombreuses marées noires, montrent les dégâts dune production intensive sur lenvironnement. Les conséquences induites par le réchauffement climatique (fonte des glaces, progression des zones arides, catastrophes climatiques destructrices
) semblent aller dans le même sens.
2- les explications : pourquoi le marché ne permet-il pas de réguler lexploitation des ressources naturelles ?
ExclusionNon exclusionRivalitéBiens privatifs
Exemple : VêtementsBiens communs
Exemple : ressources
halieutique (poisson)Non rivalitéBiens de club
Exemple : la télévision à
péageBiens collectifs
Exemple : éclairage public
La science économique défini un bien collectif comme un bien non rival et non excluable : la
consommation du bien par un consommateur nempêche pas la consommation de ce bien par un autre consommateur et il est impossible dexclure par les prix un consommateur de lusage du bien (exemple de la lumière fournie par un réverbère dans une rue).
Rappel : un bien collectif ne peut être produit par le marché (défaillance du marché) et doit souvent être pris en charge par lEtat ; il devient alors u bien public.
Au sens strict, en science économique, les biens communs sont les biens qui sont caractérisés à la fois par la rivalité et par la non exclusion. Ce ne sont donc pas des biens collectifs et ils ne sont pas forcément des biens publics. Les pâturages communs (commons) dans lAngleterre préindustrielle ne faisaient pas lobjet dune exclusion par les prix (jusquaux enclosures1), mais lherbe mangée par un troupeau ne pouvait pas être mangée par un autre (rivalité).
Les ressources halieutiques, les nappes deau souterraines, le climat, la biodiversité, etc. sont des biens communs
Pendant longtemps, on a mis en avant la « tragédie des biens communs » à partir de lexemple de pâturages librement utilisables. Chaque bénéficiaire du « droit de vaine pâture » va chercher à maximiser son avantage individuel en augmentant autant quil le peut la taille du troupeau quil conduit sur ces pâturages. Le résultat est bien évidemment la disparition de la ressource. On est confronté aujourdhui à ce problème avec la surpêche qui conduit à ce que des espèces sont menacées de disparition (thons rouges de Méditerranée).
Si donc lenvironnement est menacé par la croissance économique, cest en raison de sa nature économique particulière : cest un bien commun. Il est donc rival, à la différence des biens collectifs : lutilisation par un individu supplémentaires des ressources environnementales est coûteuse.
Mais il nest pas excluable, car on ne peut pas empêcher un individu dutiliser lenvironnement qui est gratuit. Même des accords internationaux peuvent être contourner :
Ex : le Japon et la pêche à la baleine ; lUE et le lobby des pêcheurs (problème social et de chômage) et la disparition du thon rouge en Méditerranée.
Lenvironnement est donc menacé de surexploitation. En effet, face à une ressource commune, lagent rationnel sapproprie lensemble des bénéfices de son utilisation, mais sans payer les coûts de la raréfaction ou de la pollution qui pèsent sur lensemble de la collectivité. On appelle ceci une externalité négative :
Lindividu ne paye pas les conséquences négatives de sa décision.
Déf : externalité :
Les solutions : En réponse à cette tragédie des biens communs, on met souvent laccent sur
la nécessité de définir des droits de propriété (donc de rendre la ressource excluable) afin que les titulaires de ces droits aient intérêt à protéger la ressource. Une autre solution consiste à
faire appel à lEtat qui use de son pouvoir réglementaire (création de réserves et de parcs naturels par exemple, interdiction de la chasse ou de la cueillette, quotas de pêche, etc.).
Elinor Ostrom met laccent sur une « troisième voie » : la gestion communautaire ou coopérative des ressources communes. Ses études comparatives des nombreux exemples de tels modes de gestion montrent limportance des institutions et de la confiance pour créer les conditions de ladoption de comportements coopératifs permettant de gérer ces ressources dans lintérêt commun (y compris dans lintérêt des générations futures).
III- Pour un développement soutenable
A- Les limites écologiques de la croissance
En retour, la dégradation de la qualité de lenvironnement et lépuisement de certaines ressources naturelles dont craindre un ralentissement de la croissance. En effet, la croissance repose sur du capital naturel : ainsi la Révolution industrielle a reposé au XIXème siècle sur le charbon ; aujourdhui, notre croissance est dépendante du pétrole.
Exemple : la pollution de lair et létat de santé des salariés
Exemple : la croissance nécessite certains minerais
Etc
Au contraire aujourdhui il est admis que la préservation de lenvironnement est un moteur de la croissance.
Selon Beitone : En effet le domaine de lenvironnement est loccasion dactivités économiques qui sont créatrices de richesses et demplois. La distribution et le traitement de leau, la gestion des déchets, la production dénergies solaire ou éolienne, lisolation des bâtiments, etc. sont des activités importantes et sans doute destinées à un grand avenir. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour lEnvironnement réalisée en 2007, lactivité de ces éco-entreprises représente 2,5% du PIB mondial et connait une croissance de 10% par an. Cependant, le concept déco-entreprise nest pas assez clairement défini et les instruments de mesure ne sont pas assez harmonisés. Lenjeu est pourtant considérable, un marché mondial de lenvironnement est en train de se construire, les mesures de « relance verte » prises à loccasion de la crise financière de 2007-2010 vont sans doute amplifier le mouvement. Il faut donc, dune part, souligner que la défense de lenvironnement nest pas seulement un coût et une contrainte, mais que cest aussi une activité économique prometteuse.
La préservation de l'environnement est aujourd'hui admise comme l'un des moteurs de la croissance
Le débat, même s'il a rapidement évolué, demeure conflictuel, mais inéluctable. Économie et écologie sont-elles compatibles ? Gestion de l'environnement et développement économique ne sont-ils pas un des grands enjeux de notre époque ? Quelles sont les implications des politiques de l'environnement sur l'emploi ?
Il ne s'agit plus uniquement " d'internaliser " les effets externes, mais d'intégrer de nouveaux concepts comme les modèles de la croissance endogène et du développement durable, c'est-à-dire une gestion plus rationnelle des ressources renouvelables, la satisfaction de la demande sociale, sans compromettre la capacité des générations à venir à assurer leurs besoins en intégrant le capital naturel au capital productif et en permettant l'accès au progrès de l'ensemble des populations mondiales.
A. La définitions de nouveaux rapports entre croissance et environnement
1. Théorie de la croissance endogène :
o Les modèles théoriques de la croissance endogène s'inscrivent dans ce courant. Ils prennent en compte les rendements d'échelle constants ou croissants et traitent le progrès technique de façon endogène . Les processus d'externalisation sont fortement pris en compte (économies externes engendrées par les infrastructures, effets d'apprentissage, trajectoire d'innovation résultant des agents investissant dans la recherche-développement). Ces théories tendent à élargir les liens entre croissance et environnement, voire à déterminer des situations dans lesquelles les contraintes d'environnement peuvent produire des effets bénéfiques sur la croissance. Ainsi, l'objectif est de régler la croissance pour la rendre durable ou supportable, et donc de prendre des options incitatives allant dans ce sens ; la question des orientations de la croissance dans ses liens avec le progrès des techniques du point de vue de l'environnement et des dégradations pose le problème des instruments les plus adaptés. La "direction" du progrès technique est, pour, d'aucuns, de nature à découpler le lien entre croissance et environnement, d'autant plus que les nouvelles théories se situent dans la perspective d'un rendement croissant. Enfin, une large part est faite aux innovations de " produits propres ", de process " industrie propre ", ce qui doit créer des situations concurrentielles, et donc accélérer les mutations. On peut ainsi imaginer que la position concurrentielle de certains pays ou de certaines branches soit renforcée, y compris au plan international.
L'environnement s'impose donc comme une stratégie de croissance et d'investissement à long terme.
2. La notion d' " éco-développement "
o La notion d'éco-développement, apparu au sommet de Kyoto, se veut " un outil de prospective et d'exploration d'options de développement remettant en question les tendances lourdes qui prédominent actuellement ". Le but est de trouver une forme de compatibilité entre progrès économique et social et gestion saine des ressources et des milieux
o L'objectif est de montrer qu'il n'y a pas opposition entre environnement et développement économique et social, mais conciliation. C'est la stratégie des trois E, stratégie à " somme positive ". Partant des besoins humains et répondant à un principe d'équité sociale, elle doit éviter toute ségrégation sociale de la prise en compte de l'environnement. Elle tend ainsi vers une efficacité économique pour minimiser le coût des mesures environnementales et préserver et améliorer l'environnement et les ressources pour le long terme.
o La régulation et les acteurs, en particulier les entreprises. D'autres recherches sont menées pour rapprocher compétitivité et environnement qui concernent les entreprises dépendant des marchés liés à la gestion des ressources naturelles ou au développement de nouvelles normes juridiques, techniques ou sociales à caractère écologique, susceptibles de modifier les conditions de concurrence entre firmes. Les industriels sont incités à entreprendre des programmes volontaires d'internalisation dans leurs activités préventives des risques et des coûts environnementaux.
o De même, les mesures agri-environnementales ont pour objet de susciter des méthodes de production agricole compatibles avec les exigences de la protection de l'environnement et de l'entretien des espaces naturels
B- Quest-ce que la soutenabilité ?
1- Définir le développement durable
La prise en compte du caractère épuisable des ressources naturelles et de leur nécessité pour la croissance fait craindre que les générations futures ne puissent disposer des mêmes possibilités de croissance que celles dont les générations antérieures ont bénéficié.
Ceci a donc mené à compléter la notion de développement par celle de soutenabilité ou de durabilité.
Autrement dit, un développement nest soutenable que si la capacité de la société à produire du bien-être reste constante dans le temps.
A linitiative du Programme des Nations Unies pour lenvironnement (PNUE) créé en 1972, la commission dite « Brundtland » (du nom de Gro Harlem Brundtland, premier ministre norvégien) a publié un rapport, titré Notre avenir à tous, appelant de ses voeux un développement durable ou soutenable (en anglais sustainable). Celui-ci y est défini comme répondant « aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Laccent est mis sur « les besoins essentiels des plus démunis auxquels il convient de donner la plus grande priorité » et sur les « limitations que létat de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de lenvironnement à répondre aux besoins actuels et à venir ». Cette définition sera popularisée et fera lobjet de propositions dactions pour les gouvernements dans l « Agenda 21 », adopté par les 178 pays participants au premier sommet de la terre à Rio en 1992. Ces propositions seront confirmées en 2000 par les Nations Unies sous la dénomination d« Objectifs du millénaire pour le développement ». Le développement durable est désormais lobjectif à suivre pour les institutions internationales (PNUE, Banque Mondiale
), les pouvoirs publics et les agents économiques, en particulier les entreprises, qui entendent concilier les 3 « P », people, planet, profit, dans le cadre des démarches dites de « responsabilité sociale et environnementale » (RSE).
2- Mesurer la soutenabilité
a- les difficultés
Le capital naturel, contrairement au capital physique, est difficilement mesurable. Si lon prend lexemple dune ressource naturelle telle que la forêt, celle-ci peut constituer un capital productif mesurable (exploitation des essences darbres, bois de chauffage
) mais aussi absorber une partie de la production de gaz à effet de serre (service productif non mesuré), être propice à la randonnée (service productif le plus souvent non marchand) ou encore susciter le bien-être pur ou lémerveillement de ceux qui la traversent.
Par ailleurs, lévaluation de la soutenabilité suppose en outre la projection dans le temps qui suscite aussi de nombreux débats dexperts. Il sagit dabord dévaluer lévolution des stocks de ces différents capitaux, leur diminution, leur dégradation, puis dactualiser ce chiffrage.
Rappel : Lactualisation est la technique qui permet de ramener à une même base, des valeurs à des moments différents du temps. Elle repose, rappelons-le, sur deux principes : la préférence pour le présent et laversion pour le risque. Autrement dit, un montant certain et présent est préférable à un montant futur et incertain, ce qui conduit à déprécier le futur par rapport au présent.
Mais un tel raisonnement est-il applicable lorsque lavenir considéré est lointain - celui des futures générations et les incertitudes considérables ? Parmi ces incertitudes à prendre en compte, les besoins des générations futures seront-ils les mêmes que les nôtres ? Leurs modes de production seront-ils aussi énergivores ou aussi polluants ? Quelles seront leurs techniques de production et leurs sources dénergie ? Cest à ce niveau quintervient également la plus ou moins grande substituabilité des différents types de capital.
a- Lempreinte écologique
lempreinte écologique : on mesure en hectare la superficie nécessaire pour assurer la
subsistance dun individu (ou dune population) compte tenu de lampleur des prélèvements sur la
nature et de limportance des rejets. Ce type dapproche conduit à considérer que lempreinte
écologique de la population est supérieure à la surface du globe et que la croissance actuelle nest donc
pas soutenable. Cette approche permet aussi de mettre en évidence les inégalités. Si tous les habitants
de la planète avaient le mode de vie des américains, lempreinte écologique serait de 5 fois la surface du globe. Cette approche est toutefois critiquée en raison de sa complexité et des problèmes
méthodologiques quelle pose. Certains spécialistes proposent de sen tenir à lempreinte carbone,
cest-à-dire au calcul du volume de CO2 (ou déquivalent CO2) produit par lactivité dun individu,
dune population, dune entreprise, etc. Mais si cette mesure à lavantage de la simplicité et si elle
concerne directement lenjeu majeur que constitue le réchauffement climatique, elle ne prend pas en
compte tous les aspects de limpact de lactivité économique sur lenvironnement.
b- Dautres indicateurs
de nombreux autres indicateurs comme le PIB vert, lindicateur de bien-être économique durable (IBED) ont tenté de mieux intégrer laspect environnemental ou cherché à appréhender la soutenabilité.
A la suite de la Banque mondiale, la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi propose dévaluer la soutenabilité du développement à laide dun indicateur patrimonial du stock total de richesse. Mais cette mesure, construite à partir de lévaluation des stocks de chaque type de capital, sources de développement et de bien-être, soulève des difficultés. Si la mesure du capital physique peut être considérée comme étant la plus aisée, celle des autres capitaux pose de nombreux problèmes. Ainsi, la mesure du capital naturel, qui peut apparaître comme plus facilement quantifiable que les autres en ce quil apporte des services de production, pose pourtant de nombreuses questions. Peut-on, de façon fiable, estimer les ressources disponibles en poissons, en pétrole, en charbon, en bois, etc ? Quid des autres apports, en termes de bien-être, de ces ressources naturelles : est-il possible de chiffrer lémerveillement associé à la contemplation de la nature ? Quapporte réellement la biodiversité ? Le capital humain présente lui aussi de nombreuses difficultés dévaluation : si lon peut estimer le coût dune formation, initiale ou professionnelle, il semble bien plus délicat dévaluer des compétences, savoir-être ou savoir-faire. Il en va de même du capital social ou du capital institutionnel.
3- Soutenabilité forte ou faible ?
2 conceptions de la soutenabilité
a- La soutenabilité faible
la soutenabilité faible est mesurée par le volume global de capital que lèguent les générations présentes aux générations futures.
En effet, le capital naturel nest pas primordial en soi, il nest quun capital parmi dautres car il peut être remplacé par du capital technique ou humain. Ainsi il suffit que les générations présentes compensent les atteintes au stock de ressources naturelles par une accumulation des autres sortes de capitaux pour les générations futures.
Les partisans de la « soutenabilité faible » estiment que la nature est un capital productif comme les autres. Par conséquent, on peut lenvisager substituable. Sil se raréfie, son prix deviendra plus élevé et les agents économiques sefforceront de trouver les technologies productives qui utiliseront davantage des autres facteurs de production devenus relativement moins coûteux. Le progrès technique peut alors repousser les limites posées à la croissance économique. La liberté des agents, qui les pousse à rechercher la technologie optimale pour produire, peut donc suffire à assurer la soutenabilité de la croissance de la production et de notre développement. Lhomme a pu sauvegarder et même réintroduire des espèces animales, reconstruire des milieux naturels menacés. Un fleuve pollué peut être dépollué, une forêt détruite replantée, la biodiversité reconstituée. Il suffit de maintenir une capacité à produire du bien-être économique au moins égale à celle des générations présentes. Pour lassurer, le niveau de capital total (naturel et construit) doit être maintenu constant.
La « courbe de Kuznets environnementale », en U inversé, est une représentation possible de cet espoir : comme les inégalités sociales, les émissions polluantes augmenteraient dans un premier temps à mesure que le revenu moyen saccroît. Dans un second temps, les technologies nouvelles plus « propres » inverseraient la tendance. Si on considère la courbe de Kuznets environnementale comme une représentation satisfaisante des rapports entre croissance économique et environnement, alors, non seulement la croissance nest pas contradictoire avec la préservation de lenvironnement, mais, correctement orientée, elle est une condition de cette préservation.
Ex : le pétrole substitué par le biocarburant
Ex : le recyclage !!
Ex : aujourdhui le fer, lor ou les métaux non ferreux, le diamant, etc, sont realtivement substituable grâce à la chimie.
b- La soutenabilité forte
la soutenabilité forte est mesurée par le volume du seul capital naturel que lèguent les générations présentes aux générations futures.
Le capital naturel est irremplaçable, il convient donc de laisser aux générations futures un environnement préservé.
les atteintes au capital naturel sont, dans une certaine mesure au moins, irréversibles : les dommages causés à lenvironnement restent en parties irréparables et certaines ressources épuisables sont irremplaçables. Dans cette hypothèse, il ne peut suffire de maintenir le capital global constant. Le capital naturel doit faire lobjet dune conservation spécifique. Les facteurs de production ne sont pas tous substituables. Les innovations technologiques seules ne peuvent repousser les limites de la croissance économique.
Ex : la biodiversité et les espèces en voie dextinction irremplaçables
Une telle définition de la soutenabilité est alors plus contraignante que la précédente : elle exige par exemple daccepter de restreindre le taux de croissance de léconomie pour préserver lenvironnement.
Conclusion : lexigence de régulation
Ces constats alarmants ont conduits plusieurs auteurs à questionner la notion de croissance : est-elle nécessaire et dans quelle mesure ? Passé un certain seuil de richesses, la croissance n'augmente plus le bien-être : pourquoi dans ce cas, continuer à la rechercher dans les pays riches ? Vers quels modèles économiques se tourner ?La décroissance est défendue par certains auteurs mais elle pourrait générer des instabilités profondes dans nos économies et nos sociétés, très attachées au travail, à la consommation, etc. Quant au découplage, c'est-à-dire le fait d'allier une croissance économique et la diminution de l'impact écologique, il implique pour les pays riches de diviser par 2 ou 3 leur empreinte écologique... Plusieurs auteurs proposent d'inventer une forme d'économie de prospérité post-croissance. Il s'agit de viser la stabilité et le bien-être et de rejeter le consumérisme en privilégiant l'épanouissement des personnes dans le respect des limites écologiques, l'investissement dans des actifs écologiques (investir pour absorber du carbone et non en expulser) et une politique de temps de travail adapté. Localement, HYPERLINK "http://www.millenaire3.com/uploads/tx_ressm3/modele_eco_dd_02.pdf" \t "_top" des modèles de développement économique durable peuvent s'appliquer et faire système afin de passer d'une « économie de biens » à une « économie de liens ».
Mais comment imposer les exigences du développement durable aux pays et aux entreprises (et même aux consommateurs, en particulier dans les pays développés) ? C'est une question éminemment politique. Des conférences internationales se réunissent périodiquement pour essayer de traiter ces questions. Mais leur succès est tout relatif. Le protocole de Kyoto (1997), par exemple, qui a été signé par bon nombre de pays et qui vise à limiter l'émission de gaz à effet de serre est encore à peine mis en vigueur. Pourtant, " pour stabiliser les perturbations apportées à l'atmosphère, il faudrait diviser par 2 ou 3 les émissions mondiales de gaz. Or celles-ci continuent d'augmenter ! " (D. Plihon, " Le développement durable : le défi du XXIè siècle ", Ecoflash n°176, mars 2003). Les Etats-Unis, qui polluent beaucoup, ont refusé de l'appliquer en ce qui les concerne. Cela signifie que, pour le moment, il n'y a pas d'autorité mondiale capable d'imposer que soient prises en compte les nécessités du développement durable.
La mondialisation de l'économie pose donc la question de l'Etat : aux 19ème et 20ème siècles, la croissance s'est faite dans un cadre national et elle était encadrée et soutenue par l'intervention de l'Etat qui a joué un rôle essentiel. Aujourd'hui, les frontières sont perméables, pour les capitaux comme pour les marchandises, moins pour les hommes. Cela change très nettement la donne. De nouvelles questions apparaissent, dont la solution devrait souvent être trouvée au niveau international. C'est donc la question de la régulation qui est posée ici. Pour le moment, on a encore des Etats nationaux et un embryon de pouvoir supra-national, alors que la mondialisation se joue complètement à l'échelon international.
Source :
Brises
Eduscol
Manuels Hatier et Hachette
HYPERLINK "http://www.millenaire3.com/La-croissance-economique-est-elle-compatible-avec.1225.0.html" http://www.millenaire3.com/La-croissance-economique-est-elle-compatible-avec.1225.0.html
Wikipedia
Ressouces :
HYPERLINK "http://www.palissy47.info/IMG/pdf/Corr-DS1-Dissert_Croissance-DD.pdf" http://www.palissy47.info/IMG/pdf/Corr-DS1-Dissert_Croissance-DD.pdf
HYPERLINK "http://www.memoireonline.com/02/09/1938/m_croissance-economique-et-protection-de-lenvironnement--le-cas-du-CO2-au-Senegal0.html" http://www.memoireonline.com/02/09/1938/m_croissance-economique-et-protection-de-lenvironnement--le-cas-du-CO2-au-Senegal0.html
http://membres.multimania.fr/cyberbobline/26.html
HYPERLINK "http://student.unifr.ch/les4vents/assets/files/Les_4_Vents_13032012.pdf" http://student.unifr.ch/les4vents/assets/files/Les_4_Vents_13032012.pdf
où on apprend que lactivité des insectes pollinisateurs est évaluée à 240 milliards de francsCroissance économique et développement durable
http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/croissance-economique-et-developpement-durable_t-serde77.html
Énoncé
À quelles conditions la croissance économique est-elle compatible avec le développement durable ?
Document 1
Émission de CO2 due à la combustion d'énergie
Part en %Évolution 2004-2005 en %Évolution 1990-2005 en %Amérique du Nord26,3+ 0,6+ 21,2dont : États-Unis22,8+ 0,4+ 19,9Amérique latine3,5+ 2,5+ 55,6Europe et pays de l'ex-URSS24,5" 0,2" 16,7dont UE à 2714,7" 1,1" 3,1Afrique3,1+ 3,3+ 51,9Moyen-Orient4,6+ 5,5+ 111,4Extrême-Orient36,5+ 6,9+ 94,6dont : Chine20,8+ 11,2+ 127,3Inde4,2+ 3,3+ 95,5Océanie1,5+ 5,8+ 46,4dont Australie1,4+ 6,2+ 45,1Monde100+ 3,1+ 29,1
Source : Direction générale de l'énergie et des matières premières, « Les émissions de CO2 liées à la combustion d'énergie dans le monde en 2005 », Énergies et matières premières, novembre 2007.
Document 2
L'analyse économique considère la pollution comme un effet externe HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/croissance-economique-et-developpement-durable_t-serde77.html" \l "n1" \o "Effet externe (ou extemalité) : expression utilisée pour désigner toute situation où les activités d'un agent économique ont des conséquences sur le bien-être d'autres agents, sans qu'il y ait des échanges ou des transactions entre eux." (1) négatif lié à l'utilisation gratuite d'un bien d'environnement. Cette gratuité va conduire à son gaspillage, sa dégradation ou pire, son épuisement. En effet, pour que l'allocation efficace des ressources rares puisse se réaliser dans une économie de marché, il faut que les agents économiques supportent les conséquences de leurs actes, qu'ils en paient le prix [
].Si la dégradation de l'environnement est considérée comme une défaillance du marché, l'État peut soit se substituer à celui-ci, soit le corriger. L'État assure la réalisation d'actions de protection et de restauration de l'environnement qui donnent lieu à des dépenses publiques (gestion des déchets, épuration des eaux). Mais il agit aussi comme un régulateur du marché, obligeant ou incitant les agents économiques à modifier leurs comportements dans un sens favorable à l'environnement. La typologie (d'actions) la plus simple oppose les instruments réglementaires aux instruments économiques. Les premiers imposent des contraintes, les normes par exemple ; les seconds agissent sur le système de prix afin de fournir aux agents les incitations monétaires destinées à modifier leurs comportements. Ce sont les taxes, les subventions et les marchés de permis d'émission.
Source : Annie Vallée, « Développement et environnement : les solutions économiques aux problèmes environnementaux », Cahiers français, n° 337, mars-avril 2007.
Document 3
La part d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables en Europe : comparaison entre les résultats de 2004 et les objectifs pour 2010
HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i01.html" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77i01.png" \* MERGEFORMATINET HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i01.html" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/pictos/zoom.png" \* MERGEFORMATINET HYPERLINK "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/zip/evenementiel/bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i01.zip" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/pictos/download.png" \* MERGEFORMATINET
© Source : Observatoire de l'énergie et directive du Parlement européen du 27 septembre 2001 pour les objectifs en 2010.
Document 4
Face à de nombreux problèmes d'environnement d'ampleur mondiale, les pays doivent unir leurs efforts pour relever les défis les plus urgents de la planète et uvrer en faveur du développement durable.Les pays en développement ont la possibilité de tirer des enseignements de l'expérience des autres pays et de « sauter des étapes » pour s'engager directement sur des voies de développement plus économes en énergie et en ressources et plus respectueuses de l'environnement Les pays doivent uvrer de concert pour diffuser connaissances, pratiques exemplaires et technologies afin de tirer mutuellement profit de modes de production et de consommation plus durables à l'échelle mondiale [
].En ce qui concerne le changement climatique, plus les pays participant aux mesures d'atténuation seront nombreux, et moins il sera coûteux de réduire les émissions à l'échelle mondiale. La mise en place en 2008, par les seuls pays de l'OCDE, d'une taxe sur le carbone de 25 USD HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/croissance-economique-et-developpement-durable_t-serde77.html" \l "n2" \o "USD : dollars américains." (2)/ tonne de CO2, aboutirait en 2030 à une réduction de 43 % des émissions de gaz à effet de serre dans ces pays. Il est nécessaire de renforcer la gouvernance internationale de l'environnement afin d'assurer la mise en uvre d'accords internationaux permettant de faire face aux problèmes environnementaux.
Source : Docs. de l'OCDE, « Perspectives de l'environnement de l'OCDE à l'horizon de 2030 », 2008.
Document 5
Évolution des consommations d'énergie, de l'intensité énergétique* et de la valeur ajoutée dans l'industrie en France
HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i02.html" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77i02.png" \* MERGEFORMATINET HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i02.html" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/pictos/zoom.png" \* MERGEFORMATINET HYPERLINK "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/zip/evenementiel/bac/sciences-economiques-terminale-es/t_serde77-t_serde77i02.zip" INCLUDEPICTURE "http://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.594/img/evenementiel/bac/pictos/download.png" \* MERGEFORMATINET
© Sources : Benoît de Lapasse et Thomas Renaud « Face à la hausse des prix des énergies fossiles puis de l'électricité », SESSI, Le 4 pages des statistiques industrielles, n° 204, décembre 2007.
*L'intensité énergétique est la quantité d'énergie consommée par unité de PIB. La baisse de l'intensité énergétique correspond à une meilleure efficacité énergétique.(Indices, base 100 en 1996)
Document 6
Pauvreté peut signifier dégradation accrue de l'environnement. D'une part, pour couvrir leurs besoins vitaux, les populations pauvres sont contraintes à une destruction irréversible de leurs ressources ; la déforestation et l'érosion qui en découle en sont un exemple. D'autre part, quand la survie est en jeu, les préoccupations quant à la préservation de l'écosystème local à long terme sont reléguées au second plan.La nature constituant la base productive des populations pauvres, elles sont donc les premières concernées et affectées par une dégradation de l'environnement. Face à des catastrophes naturelles qui affectent leurs principales sources de revenus, les populations pauvres ne disposent pas d'un soutien conséquent des pouvoirs publics et de possibilités d'indemnisation. De même les conséquences les plus dommageables du réchauffement climatique porteront davantage sur les pays pauvres que sur les zones tempérées des pays riches. De surcroît, la maîtrise technologique, qui permet en général d'utiliser plus efficacement les ressources disponibles, leur fait défaut et entraîne souvent une consommation destructrice pour leur milieu. Le développement durable reconnaît le principe d'une double solidarité : entre les pays du nord et ceux du sud d'abord, et intergénérationnelle ensuite.
Source : Benoît Ferrandon, « Développement durable : la prise en compte de l'environnement ? », Cahiers français, n° 317, novembre-décembre 2003.
HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/croissance-economique-et-developpement-durable_t-serde77.html" \l "nc1" 1. Effet externe (ou extemalité) : expression utilisée pour désigner toute situation où les activités d'un agent économique ont des conséquences sur le bien-être d'autres agents, sans qu'il y ait des échanges ou des transactions entre eux. HYPERLINK "http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/sciences-economiques-terminale-es/croissance-economique-et-developpement-durable_t-serde77.html" \l "nc2" 2. USD : dollars américains.
Corrigé
Introduction
Les réserves mondiales de pétrole seront quasiment épuisées vers 2050, celles d'uranium vers la fin du siècle, les gaz à effets de serre commencent à faire sentir leurs effets sur le réchauffement climatique. L'activité économique est aujourd'hui une menace pour l'équilibre naturel de la planète. La recherche de la croissance économique a des conséquences visibles, pour certaines prévisibles, sur l'environnement écologique et sur les conditions de vie des habitants actuels de la Terre dont certains vivent dans l'extrême pauvreté, mais aussi, à plus long terme, sur celles des générations futures.Après avoir rappelé, dans une première partie, en quoi la croissance économique peut entrer en contradiction avec les exigences d'une stratégie de développement durable, nous examinerons, dans une deuxième partie, les conditions économiques et politiques qui permettraient d'inscrire la croissance économique dans le cadre d'un développement préservant les chances du futur.
I. Croissance économique et développement durable : des éléments de contradiction
1. Le concept de développement durable
La notion de développement durable est apparue en 1987 dans le rapport Brundtland et elle semble, dans une première approche, entrer en contradiction, au moins partielle, avec la recherche d'une croissance économique soutenue.Le développement durable peut se définir comme le mode de développement qui permet de répondre aux besoins essentiels des êtres humains d'aujourd'hui, notamment des plus démunis, sans compromettre la possibilité pour les générations futures de faire face à leurs propres besoins.Cette définition assez large a, depuis son apparition, été précisée : elle fait référence, d'une part, à la question de l'épuisement des ressources naturelles et, d'autre part, à la dégradation de l'environnement à laquelle l'activité humaine donne lieu. Sur ces deux points, les exigences du développement durable entrent en collision avec nos modes de production et de consommation, avec notre modèle de croissance.
2. La question des ressources naturelles
La question de la disponibilité des ressources naturelles suppose qu'on distingue les ressources non renouvelables et les ressources renouvelables. L'épuisement des ressources non renouvelables (énergies fossiles, minerais
) en prive définitivement les générations futures et exige que peu à peu, nous apprenions à nous en passer. À plus ou moins long terme, par exemple, les réserves de pétrole sont vouées à l'épuisement. Si les évaluations de la date des échéances varient, c'est en raison du fait que les prix de ces ressources ont une influence sur les quantités mobilisables : si les prix de l'énergie augmentent durablement, certains gisements deviennent rentables, et « l'échéance fatale » en est reculée d'autant. Cependant, les prévisions les plus optimistes tablent aujourd'hui sur un demi-siècle pour le pétrole, moins d'un siècle pour le gaz naturel et l'uranium.Les ressources renouvelables (forêts,réserves de poissons,eau) posent, elles, la question du rapport entre leur rythme d'exploitation et celui de leur reconstitution, donc la question de la gestion du stock de la ressource. Dans le domaine de la pêche, par exemple, certaines espèces sont aujourd'hui « protégées » par une limitation des captures.
3. Les atteintes à l'environnement
La prise en compte des dégradations de l'environnement est aussi une des dimensions majeures du développement durable. L'activité humaine, par exemple la production industrielle, l'agriculture productiviste des pays développés et émergents ou l'urbanisation, donne lieu à des rejets dans l'environnement qui polluent l'air, les sols, les cours d'eau, les espaces maritimes. Ainsi, les rejets chimiques, les pluies acides, les poussières urbaines, les fumées industrielles soumettent le « capital naturel » à des contraintes qui dépassent souvent le seuil de tolérance et de régénération de ces espaces.Par ailleurs, les modes de production standardisés utilisant les ressources des biotechnologies constituent, dans le règne animal et végétal, une menace pour la biodiversité. Des centaines d'espèces animales et végétales sont menacées de disparition et la perte de cette richesse biologique représente, pour les générations futures, un préjudice à la fois écologique, sanitaire et culturel.Enfin, la question du réchauffement climatique est devenue, pour la majorité des scientifiques comme pour l'opinion publique, un des enjeux majeurs de notre avenir. Les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de CO2, commencent à avoir des effets perceptibles qui risquent de prendre une ampleur catastrophique : désertification de certaines zones, fonte des glaciers terrestres, montée du niveau des océans et inondation des bandes côtières (document 1). Le processus semble déjà en partie irréversible et devrait bouleverser les équilibres écologiques et humains dans de nombreuses régions du monde, conduisant des millions d'hommes à devoir migrer des zones menacées vers des terres d'accueil. On imagine sans peine les bouleversements politiques que de tels mouvements de population risquent d'engendrer.Le bilan qui vient d'être dressé est sans appel : le mode de croissance que le monde a adopté est devenu « insoutenable » à long terme, d'autant que, pour l'instant, seule une partie minoritaire de l'humanité en a profité.« L'empreinte écologique » (surface utilisée par un individu pour subvenir à ses besoins en résorbant la pollution qui en résulte) est aujourd'hui de 2,3 ha par être humain. Elle dépasse largement celle qui correspondrait au développement durable (1,9 ha). Mais elle atteint 9,6 ha aux États-Unis, alors qu'elle n'est que de 1,4 ha dans les pays en développement. Les besoins des pays du Sud étant loin d'être couverts de manière satisfaisante, on peut comprendre que la préoccupation écologique leur apparaisse comme un luxe de pays riches (document 6).
II. Refonder la croissance dans le cadre du développement durable
La solution est donc d'inscrire la croissance économique dans une stratégie de développement durable. Diverses voies s'ouvrent et le choix entre elles n'est évidemment pas idéologiquement neutre. On peut imaginer des réponses sur le terrain économique en faisant confiance au marché et à l'innovation. Mais l'intervention politique de la puissance publique semble également nécessaire pour faire face à l'urgence de l'enjeu.
1. Les instruments économiques
Le progrès technique peut en effet apporter sa pierre à la résolution des problèmes. Sous l'effet des innovations dans les modes de production, par exemple, la consommation d'énergie par unité de valeur ajoutée produite (intensité énergétique) a diminué dans des proportions sensibles en France (document 5).Sur 10 ans (1996-2006), l'intensité énergétique a baissé de 25 % environ. L'accroissement de la production (+ 30 %) s'est réalisé avec une légère diminution de la consommation d'énergie (" 5 %). Dans le domaine des transports, les progrès sur les « moteurs propres » permettent une baisse de la consommation de carburant et des rejets polluants. Dans le domaine des énergies renouvelables, les cas de l'Autriche et de la Suède (document 3) prouvent que les technologies progressent. L'utilisation de techniques agronomiques moins agressives, issues de la recherche, commence à se vulgariser.L'idéal, mais c'est encore un vu pieux, serait que les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) bénéficient sans délai de ces technologies. Ces transferts leur feraient franchir rapidement des étapes vers des modes de production plus écologiques et limiteraient l'impact de leur croissance rapide sur l'environnement. Cela supposerait une coopération internationale pour l'instant irréaliste (documents 4 et 6).L'autre instrument économique est ce que les économistes appellent « l'internalisation des externalités négatives » (document 2). En clair, il s'agit d'intégrer dans le calcul économique de l'entreprise le coût des conséquences externes négatives que son activité génère. Cela suppose d'attribuer un « coût » à la pollution, à la gestion des déchets, à l'épuisement des ressources, et de faire entrer ce coût (auparavant non pris en compte) dans les charges de l'entreprise. Cela l'amène à chercher à réduire ces externalités. Les éco-taxes, les droits limités d'émission de CO2, font partie de ces instruments qui peuvent aussi s'appliquer au consommateur et se transformer en incitations positives (primes écologiques pour certains modèles automobiles ou pour les panneaux solaires, etc.).
2. La nécessaire intervention de la puissance publique
Ces pratiques, qui intègrent les préoccupations du développement durable au calcul économique, ne peuvent évidemment exister que par l'intervention de la puissance publique.L'État, garant de l'intérêt collectif, doit en effet pallier les insuffisances du marché, qui, laissé à lui-même, n'est pas capable de concilier les intérêts économiques privés et la préservation de l'environnement collectif. Il peut articuler son action autour de deux axes, la contrainte réglementaire et l'incitation/ dissuasion. Des mesures d'interdiction de l'usage de certaines substances ont été prises ces dernières années (amiante, mercure, plomb
), accompagnées d'un système de sanctions financières ou pénales. Des pénalisations financières viennent rendre coûteuses certaines pratiques polluantes. La question cruciale est, sur un marché donné, de soumettre à ces contraintes l'ensemble des partenaires, y compris ceux qui ne relèvent pas de la souveraineté des États régulateurs. De ce point de vue, la vigilance à l'égard des pratiques productives de certains pays émergents reste indispensable.À la suite du protocole de Kyoto, la logique de l'incitation/ dissuasion a conduit certains États à instaurer une « taxe-carbone » sur les énergies fossiles dans le but de limiter les émissions de CO2 (document 4), mais une telle mesure n'a évidemment de sens que si elle est adoptée de manière suffisamment large pour ne pas créer de distorsions de concurrence. On voit donc combien la nécessaire intervention publique doit s'inscrire dans le cadre des contraintes du marché.
Conclusion
La difficulté de concilier croissance économique et développement durable s'exprime chaque jour un peu plus. Cela conduit certains courants de pensée à prôner la décroissance. Cette situation rend urgente une prise de conscience à l'échelle planétaire. La nécessité d'une transformation radicale de notre rapport à l'environ-.3ª£¤éêO
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