fiches management ? dcg7 - Les ressources Intranet du Lycée
Henry Fayol (1916) - fondateur français du concept de management (alors ..... L'
adhésion au système de valeurs fondateur de l'association est fondamentale .....
physiques (santé, vigueur), intellectuelles, morales (responsabilité, initiative, tact,
..... des normes, puis en en agissant sur ses entrées pour en corriger les dérives.
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Centre de ressources comptabilité finance
Lycée Emmanuel Mounier
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MANAGEMENT DCG7
Jacques Sornet (2010 2011)
Académie de Limoges
Remerciements à Pierre Lecocq pour sa lecture attentive.
Avertissement.
Ce document présente sous la forme de fiches séquentielles un résumé succinct des principes du management qui fondent lenseignement de lUE7, ainsi quun index des auteurs et des notions.
En toute hypothèse, ce support ne se substitue ni au référentiel ni aux recommandations officielles. Il aborde dailleurs certains thèmes qui vont au-delà du programme de lUE7.
Légende
Les principaux auteurs sont cités en gras souligné.
SOMMAIRE
HYPERLINK \l "orgcon11" 1.1 LES ORGANISATIONS ET LEUR CONTEXTE 3
HYPERLINK \l "managt12" 1.2 LE MANAGEMENT 5
HYPERLINK \l "contman13" 1.3 LES CONTEXTES DE MANAGEMENT 8
HYPERLINK \l "analorg31" 2.1 LANALYSE DES ORGANISATIONS 10
HYPERLINK \l "class32" 2.2 LES CLASSIQUES 14
HYPERLINK \l "rh33" 2.3 LECOLE DES RELATIONS HUMAINES 18
HYPERLINK \l "neoclass34" 2.4 LES NEO CLASSIQUES 23
HYPERLINK \l "syscomp35" 2.5 LORGANISATION, SYSTEME COMPLEXE 27
HYPERLINK \l "socio36" 2.6 LANALYSE SOCIOLOGIQUE DES ORGANISATIONS 33
HYPERLINK \l "conting37" 2.7 LES THEORIES DE LA CONTINGENCE STRUCTURELLE 36
HYPERLINK \l "firme38" 2.8 LES THEORIES DE LA FIRME 40
HYPERLINK \l "evol39" 2.9 LES APPROCHES DE LEVOLUTION DES ORGANISATIONS 44
HYPERLINK \l "chaval21" 3.1 LA CHAINE DE VALEUR 49
HYPERLINK \l "parpren22" 3.2 LES PARTIES PRENANTES 52
HYPERLINK \l "deficont23" 3.3 LES DEFIS CONTEMPORAINS DU MANAGEMENT 55
HYPERLINK \l "rse24" 3.4 LA RESPONSABILITE SOCIETALE DE LENTREPRISE 59
HYPERLINK \l "struct41" 4.1 LES STRUCTURES TYPES DE LORGANISATION 61
HYPERLINK \l "transvers42" 4.2 LES STRUCTURES TRANSVERSALES 66
HYPERLINK \l "config43" 4.3 LES CONFIGURATIONS ORGANISATIONNELLES 71
HYPERLINK \l "fcomm51" 5.1 LA FONCTION COMMERCIALE 74
HYPERLINK \l "fprod52" 5.2 LA FONCTION DE PRODUCTION 81
HYPERLINK \l "logis53" 5.3 LA LOGISTIQUE ET LA LOCALISATION DES ACTIVITES 88
HYPERLINK \l "rechinoov54" 5.4 LA RECHERCHE ET LINNOVATION 92
HYPERLINK \l "fcompt55" 5.5 - La fonction comptable 99
HYPERLINK \l "SI56" 5.6 LE SYSTEME DINFORMATION 113
HYPERLINK \l "qualité"5.7 LA MAITRISE DE LA QUALITE 119
HYPERLINK \l "frh58"5.8 - LA FONCTION RESSOURCES HUMAINES 125
HYPERLINK \l "compin61" 6.1 - Les comportements INDIVIDUELS 138
HYPERLINK \l "motiv62" 6.2 - LA MOTIVATION 144
HYPERLINK \l "group63" 6.3 - LES GROUPES ET LORGANISATION 152
HYPERLINK \l "contrav64" 6.4 LES CONFLITS AU TRAVAIL 161
HYPERLINK \l "reunion65" 6.5 LA CONDUITE DE REUNION 168
HYPERLINK \l "tabrh66" 6.6 LES principales théories du comportement HUMAIN 171
HYPERLINK \l "dirpouv71" 7.1 DIRECTION, POUVOIR ET GOUVERNANCE 172
HYPERLINK \l "leadgouv72" 7.2 LE LEADERSHIP 178
HYPERLINK \l "anim73" 7.3 LANIMATION ET LA COORDINATION 182
HYPERLINK \l "decis74" 7.4 LA PRISE DE DECISION 185
HYPERLINK \l "cultur75" 7.5 LA CULTURE ET LIDENTITE DE LORGANISATION 194
HYPERLINK \l "strat81" 8.1 STRATEGIE : PRINCIPES 199
HYPERLINK \l "apprst82" 8.2 LES APPROCHES STRATEGIQUES 204
HYPERLINK \l "diagext83" 8.3 LE DIAGNOSTIC EXTERNE 208
HYPERLINK \l "diagint84" 8.4 LE DIAGNOSTIC INTERNE 212
HYPERLINK \l "syntst85" 8.5 LA REPRESENTATION SYNTHETIQUE DES ANAL. STRATEGIQUES 216
HYPERLINK \l "stcorp86" 8.6 LES STRATEGIES CORPORATE 220
HYPERLINK \l "StratBus" 8.7 LES STRATEGIES BUSINESS 225
HYPERLINK \l "stdev88" 8.8 LES MODALITES ET LES CONTRAINTES STRATEGIQUES 228 HYPERLINK \l "stmisoeu89" 8.9 LA MISE EN UVRE DES STRATEGIES 232
HYPERLINK \l "comm91" 9.1 LA COMMUNICATION 235
HYPERLINK \l "comint92" 9.2 LA COMMUNICATION INTERNE 240
HYPERLINK \l "commex93" 9.3 LA COMMUNICATION EXTERNE 244
9.4 HYPERLINK \l "OrgComm" LORGANISATION DE LA COMMUNICATION 250
HYPERLINK \l "NotionAut"NOTIONS PAR AUTEUR 254
1.1 LES ORGANISATIONS ET LEUR CONTEXTE
1 Les organisations
( Une organisation est un ensemble de moyens structurés en fonction dobjectifs, qui regroupe notamment des personnes.
( Lorganisation suppose une stabilité, la répartition des tâches, une coordination.
Remarque : « Organisation » = objet (groupe organisé dans un but) OU structure de fonctionnement OU procédé
( Les organisations sont multiformes, elles peuvent être privées ou publiques et marchandes (vente des produits, de services) ou non marchandes (financées par des cotisations ou limpôt).
( Organisations marchandes :
- entreprises privées (variables par leur forme juridique, leur taille
), coopératives, mutuelles, certaines associations :
- entreprises publiques.
( Organisations non marchandes :
- privées (associations, syndicats, ONG
) ;
- publiques (administrations centrales, collectivités territoriales, hôpitaux,
).
Remarques :
- les organisations publiques non marchandes représentent environ 30% des emplois en France ;
- les associations loi de 1901 sont des structures privées sans but lucratif (leurs bénéfices ne sont pas distribués). Elles peuvent avoir une activité commerciale et leur poids économique est important (elles emploient environ 1 600 000 salariés) ;
- une institution est une structure établie par la loi, la coutume, visant un intérêt collectif ;
- les mutuelles et les sociétés coopératives sont des sociétés de personnes qui ont comme objectif de servir leurs sociétaires.
( Il y a correspondance entre type dorganisation et objectifs, structure ou méthodes et la grande diversité des situations peut se schématiser ainsi :
Entreprise privée l Société nationale ou mixte l Mutuelle l Association 1901 l Administration
Commercial lucratif Commercial Service à la collectivité
Complément : en sociologie, le terme institution a un sens particulier. Il désigne un ensemble de règles sociales instituées en mécanismes de socialisation (éducation, famille, mariage, politique, religion
) et non pas une organisation.
2 Lentreprise
( Lentreprise est une organisation particulière, qui vise la réalisation et le partage de bénéfices (contrairement aux administrations publiques et aux associations sans but lucratif).
( Elle créé une valeur ajoutée (différence entre la valeur de la production et les consommations dune période) et plus largement une valeur répartie entre les propriétaires de lentreprise et ses partenaires.
( La société est une des forme juridique de lentreprise (société anonyme, SARL,
).
( Le terme firme, dorigine anglo-saxonne, désigne lentreprise sur le marché dans les théories économiques.
( Lentreprise évolue dans un environnement complexe, changeant, aux effets multiples auquel elle doit sadapter.
( Le marché (clients et concurrents) est primordial pour les organisations marchandes, car il conditionne leur capacité à vendre des produits et donc à survivre.
( Micro environnement : fournisseurs, clients, collectivités, concurrents,
( Macro environnement : économique, social, juridique, politique,
3 Contextes historiques
- Antiquité :
- 3000 AJC
- Période gréco romaine
- Transition féodale
- 12ème siècle
- 15ème 17ème siècles
19ème siècle
1900-1945
1945-1975
(30 glorieuses)
1975-2009- Agriculture prédominante, industrie limitée aux besoins dun individu ou dun clan (outils, vêtements, poterie). Force motrice animale ou humaine pour lessentiel.
- Grands travaux détat en Egypte, première organisation planifiée.
- Développement des communications, essor industriel limité, peu de progrès technique (lesclavage dispense dinnovations industrielles).
- Développement progressif des échanges commerciaux.
- La consommation indirecte atteint un bon niveau (surplus agricoles et développement des villes). Apparition de nouveaux commerçants.
- Etat fort. Evolutions technologiques (imprimerie, bateaux performants, instruments de navigation). Extension géographique de léconomie. Apparition des corporations dartisans. Marchands donneurs dordres.
Economies « modernes »
Machine à vapeur, chemin de fer, urbanisation, passage de lartisanat au capitalisme entrepreneurial (« fabriques »), organisation des entreprises.
Krach boursier en 1873 puis 20 ans de ralentissement économique.
PRODUCTION POUSSEE VERS LE MARCHE
Electricité, pétrole, développement du capitalisme managérial, grandes entreprises industrielles. Apparition de préoccupations (et charges) sociales.
Crises de surproduction (1910, 1920) puis 1929 (krach boursier, récession, protectionnisme #10 ans).
PRODUCTION COMMANDEE PAR LE MARCHE - CONSOMMATION DE MASSE
Essor américain, standardisation des produits de consommation, concurrence, marketing (différenciation des produits), stratégies dinternationalisation, de diversification et dintégration, développement de grands groupes.
Japon appauvri : logique de production au plus juste.
Management humain, protection sociale, premières préoccupations environnementales.
TURBULENCES ET MONDIALISATION
Croissance ralentie, déréglementation, montée des services, pays émergents, redistribution mondiale des activités et nouvelle économie (TIC). Crises récurrentes (Japon 1990, Brésil 1999
2008). Affaiblissement du lien salarial, RSE.1.2 LE MANAGEMENT
1 Définition du management
( Direction = fixation des objectifs, mise en mouvement des hommes, prise de décision, développement de la valeur économique dune entreprise en tenant compte des contraintes et des opportunités.
( Gestion = organisation et optimisation des moyens disponibles pour atteindre les objectifs, application de règles et de techniques.
( Le Management englobe direction et gestion, il conduit une organisation vers ses buts par la réalisation dobjectifs prédéfinis.
( Il trouve son origine dans lorganisation des armées (voir le vocabulaire du management qui emprunte des termes militaires : cadre, stratégie, tactique,
).
( Cest une notion ancienne chez les anglo-saxons, qui emprunte une démarche pragmatique : action en fonction des circonstances, maîtrise rapide de situations complexes.
( Il organise le travail collectif (en résumant Hervé Chomienne : le management vise lefficacité à plusieurs, à travailler avec les autres et à faire travailler les autres si lon est en position dautorité).
( Il gère la ressource humaine.
( Le management a été défini par de nombreux auteurs, parmi lesquels :
( Henry Fayol (1916) - fondateur français du concept de management (alors « administration de lentreprise »), pour qui il repose sur une séquence de cinq actions : prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler (« PO3C »).
( Peter Drucker (1954), pour qui le management fixe des objectifs, organise le travail, motive, communique, forme et se forme.
( Henry Mintzberg (1986), pour qui le management unit les efforts.
( Le management est une activité de synthèse à trois dimensions, fondée sur linformation (sur un système dinformation):
( Le manager est celui qui a une responsabilité dencadrement.
Remarque : en France cadre = statut, parfois ( encadrement.
2 Laction du management
2.1 Objectif et étendue
( Le management concerne toutes les formes dorganisation, et particulièrement lentreprise.
( Il recherche la performance de lorganisation en rapport avec ses objectifs :
- par lefficacité (réalisation des objectifs) ;
- par lefficience (utilisation optimale des moyens disponibles, rendement).
( Il a un périmètre daction dampleur variable : groupe, entreprise, filiale, projet, atelier, lieu de vente,
( Il peut être situé à trois niveaux décisionnels (voir Igor ANSOFF, § 7.4) :
( Il recouvre la totalité des actes de conduite de lorganisation, dans tous les domaines (technique, commercial, financier,
), mais ne correspond à aucune cellule isolée de lorganigramme.
2.2 Le processus de management
( Nous adapterons ponctuellement la séquence administrative de Fayol en distinguant cinq activités de management, chacune nécessitant des décisions :
la conception (finalité, but général de lorganisation, métiers, dimension,
) ;
la planification (définition des objectifs, échéances) ;
lorganisation (répartition du travail, choix des modes de coordination) ;
le pilotage de laction (motivation, animation, encadrement, assistance) ;
lévaluation (contrôle des résultats obtenus, ajustements).
( Ces activités sinscrivent dans des cycles de contrôle ( ) de durée croissante quand ils se rapprochent de la conception :
( Les cycles permettent lajustement des choix et des prévisions aux réalités.
( Les choix sont contraints par la disponibilité des ressources, la réglementation, ...
Remarque : les choix de planification et dorganisation peuvent mettre lorganisation sous tension. Cette tension doit être pertinente, car excessive elle peut désorganiser laction.
3 La science du management
( Le management est une science sociale, une science humaine expérimentale (ce nest pas une science exacte).
( Il y a complémentarité des approches théorique et pratique, ou psychologique, sociologique et économique du management dans une perspective unique et concrète : la bonne marche des organisations.
( On peut notamment citer :
- la vision académique du management = raisonnements essentiels et stables ;
- sa vision pratique = vécu des praticiens, apport de techniques concrètes, vulgarisation favorisant la diffusion des concepts, mais parfois vision à court terme.
( Cette science rassemble des méthodes et des théories parfois regroupées en écoles ou en courants (une théorie = une époque, un contexte, des modèles simplificateurs) :
( Les théories sont nuancées, généralement complémentaires.
( Elles se nourrissent de la pratique et, en retour, apportent des explications, des pistes daction, des méthodes.
( Elles guident le raisonnement, aident à laction, à lanticipation.
( Leur application doit être pertinente (Adaptation au contexte, à lépoque ? Informations disponibles ? Effets de mode ? Coût ?).
( Le management utilise diverses techniques (psychologie appliquée, gestion, techniques de « management »
) :
( Les techniques sont rassurantes, mais ne sont pas suffisantes. Elles doivent être éclairées par les théories et la réflexion
( La qualité du management résulte dune application pertinente des techniques et théories, de la capacité à innover, et relève pour partie dun « art » qui sacquiert par la pratique (doù lutilité pédagogique de la réflexion sur des cas dentreprise).
( Le terme managérial fait référence à la vision et aux préoccupations des managers et du management (voir § 2.8).
1.3 LES CONTEXTES DE MANAGEMENT
1 La relativité du management
( Les activités du management sont influencées par leur nature et leur contexte : forme juridique de lorganisation, degré de contrôle par létat (entreprises publiques), dépendance des administrations de létat ou dassemblées locales,
.
( Les théories de la contingence (voir § 2.7) montrent quil nexiste pas de solution de management universelle, mais que le management, en particulier le structure organisationnelle, doit sadapter à des facteurs contingents (non contrôlables à brève échéance), et en particulier :
- à lâge de lorganisation (lentreprise ancienne a tendance à répéter des comportements éprouvés) ;
- à sa taille (la grande entreprise a une composante administrative plus développée) ;
- à son type de production ;
- à son environnement.
2 La taille des organisations
( La taille dune organisation se mesure par son effectif, son chiffre daffaires, ou son budget dans le cas des administrations.
( LUnion Européenne distingue les micro entreprises (jusquà 9 salariés), les TPE très petites entreprises (moins de 20 salariés), les petites entreprises (moins de 50) et les moyennes entreprises (de 50 à 250).
( Il ny a toutefois pas de frontière de taille absolue conditionnant le fonctionnement de lentreprise, mais sa dimension influence sa direction, son style de management ou son activité.
( Les PME sont souvent entrepreneuriales (les dirigeants sont aussi apporteurs de capitaux et totalement engagés dans la marche de lentreprise)
( Gestion flexible, peu formalisée, plus qualitative que quantitative, souvent focalisation sur un type dactivité.
( Sous-traitance des activités ne correspondant pas au métier de base.
( Les grandes entreprises sont managériales (les dirigeants salariés sont nommés par les actionnaires, voir § 2.8).
( Structures plus lourdes, activités souvent diversifiées.
( Globalement moins de réactivité.
3 Le type généraux de production
( Lindustrie produit des biens matériels tangibles, pour le moins visibles ou audibles.
( Investissement important, organisation productive stable.
( Technologie (le terme technologie est souvent utilisé au sens large : outil de production, processus de production, façon daccomplir le travail).
( Capacité de réaliser plusieurs fois des produits identiques ou similaires (processus répétitifs, production unitaire, de masse ou en continu, voir § 2.7).
( Consommation de matières et distribution physique jusquau client.
( Les services fournissent des prestations, des produits intangibles et non stockables (ils représentent les ¾ de lactivité économique française) :
( Le résultat du service peut cependant être visible ;
( Investissement réduit dans le cas général, mais contact régulier avec le client.
( La production de services est parfois désignée par « servuction » (voir § 5.2).
( La standardisation des services et le développement des réseaux informatiques rapprochent la production de certains services immatériels de celle des biens industriels :
( Production dun service répétitif et technique pouvant imposer une structure lourde et une organisation formalisée.
( Fourniture de services à distance sans contact direct avec le client (distribution par réseau informatique).
Remarque : lartisanat produit des biens matériels à lunité ou en série très limitée. Il a des caractéristiques similaires à lindustrie mais avec un investissement et une structure réduits et une organisation du travail différente qui repose sur des compétences métier étendues.
4 La nature de lorganisation
( La nature de lorganisation en influence le management.
( Les organisations publiques (administrations centrales, collectivités territoriales, hôpitaux,
) empruntent aux entreprises des méthodes de management pour :
- contrôler les coûts et assurer la qualité des services ;
- communiquer avec les administrés ou les usagers ;
- motiver les personnels et gérer les ressources humaines.
( Mais la transposition directe des méthodes et des techniques est parfois problématique :
- la comptabilité publique obéit à des règles spéciales (procédure budgétaire notamment) ;
- le « client » ne paye pas toujours directement la prestation ;
- la concurrence est parfois inexistante ;
- les administrations centralisées sont de très grande taille et soumises à des choix politiques et budgétaires parfois sans connexion évidente avec les besoins opérationnels ;
- le statut des personnels limitent les possibilités de gestion des ressources humaines.
( Lappréciation de la performance ou de lefficience peut poser un problème particulier car les résultats ne sont pas monétairement quantifiables et la notion de service public existe.
( Les associations loi de 1901, sans but lucratif, sont très diverses (voir § 1.2).
( Les plus grandes ont un besoin de management comparable aux entreprises.
( Ladhésion au système de valeurs fondateur de lassociation est fondamentale :
- renforcement des objectifs sociétaux ;
- modalités particulières de recrutement et de motivation des dirigeants.
( Le bénévolat (qui intervient plus ou moins selon les associations) induit une gestion particulière des ressources humaines :
- faiblesse des relations hiérarchiques, limitation de lautorité ;
- intégration des contraintes de gestion du temps des bénévoles.
5 Management et expertise comptable
( Lexpert comptable doit manager ses propres équipes.
( Il doit, selon lordre des experts comptables (OEC) «
conseiller et accompagner le chef dentreprise dans toutes ses décisions
», donc intervenir dans le management des petites structures.
( Des problèmes peuvent être posés par lintervention de lexpert dans le management dorganisations extérieures :
conflit dintérêts entre activités de certification des comptes et de conseil en management (lexpert atteste ou sanctionne ses propres conseils);
le conseil nécessite des compétences parfois très spécifiques (conseil fiscal, conseil en RH, conseil en systèmes dinformation, en management
) ;
le conseil est une activité différente, par sa forme, de lexpertise comptable (interventions longues, peu répétitives, peu codifiées, mises en concurrence), qui nécessite une organisation particulière du cabinet lorsquelle dépasse lintervention occasionnelle.
2.1 LANALYSE DES ORGANISATIONS
1 Définition et méthodes
( Lanalyse ou la théorie des organisations est une science de gestion dont les objectifs sont de :
- comprendre, expliquer, améliorer les organisations ;
- se repérer dans le cadre de laction.
( « Le cadre théorique en effet nous influence, souvent sans que nous ne le sachions, il conditionne notre vision du monde » (Jacques ROJOT Théorie des organisations - 2005).
( Lanalyse des organisations est une science sociale, qui apporte peu de certitudes, car :
- lobservation influence les comportements ;
- chaque sujet interprète les apports scientifiques selon sa propre vision causale, imparfaite et qui conditionne ses actions ;
- le théoricien est lui même subjectif (personnalité, système de valeurs, idéologie,
) ;
- il y a influence de la pensée commune, des modes, du contexte historique.
=> Lanalyse a une issue descriptive, rarement prédictive ou normative (propositions dactions).
( Lanalyse des organisations intègre plusieurs disciplines scientifiques : philosophie, sociologie, psychologie, anthropologie, économie.
( Une situation peut être analysée selon plusieurs axes, selon des systèmes différents.
( Chaque analyse traite un aspect du problème de lorganisation.
( Les analyses se complètent, convergent généralement.
Illustration (paradoxe du « porte commandes », PORTER, WHITE, ROJOT et diverses adaptations) :
Constat de mauvaises relations entre gérant, cuisiniers et serveuses dun restaurant (absentéisme, rotation, conflits malgré de bons salaires et des conditions de travail convenables). Les serveurs donnent oralement les commandes aux cuisiniers.
Conseil - observateurAnalyse de lorigine des problèmesSolution proposéeSociologueLe statut des serveuses, inférieur à celui des cuisiniers, est contredit par les ordres hurlés aux cuisines.
La structure sociale est remise en cause.Remplacer lordre oral par un transfert écrit anonyme (porte commandes).PsychologueGérant = père, cuisiniers = fils, serveuses = filles.
Structures des personnalités perturbées par le fait que les filles donnent des ordres à leurs frères.Dépersonnaliser les rapports en passant par un document (porte commandes)AnthropologueLe système de valeurs du gérant et des cuisiniers est axé sur la croissance dont ils tirent bénéfice (salaire, prestige), alors que les serveuses cherchent juste à compléter le revenu familial.Introduire un intermédiaire entre les groupes sociaux (porte commandes)EconomisteConfrontation dune demande de commandes (cuisiniers) et dune offre (serveuses).
Lalternance de périodes calmes et de périodes de pointe rompt léquilibre en permanence.Créer un porte commandes pour agréger loffre et stabiliser la structure du marché.
Remarque : le sens pratique du manager synthétise intuitivement ces approches. Relevant le problème, quelques entretiens avec son personnel et éventuellement une réunion des intéressés le conduiront probablement à créer un porte commande.
2 Lorganisation des concepts
2.1 Terminologie
( Une théorie (terme générique) est un ensemble dopinions vérifiées expérimentalement ou par lobservation sur un sujet particulier.
( La validité dune théorie de lorganisation sapprécie en fonction de la rigueur de sa vérification.
( Les théories reposent le plus souvent sur létude de grandes entreprises (notamment US) :
- par des praticiens, ayant des responsabilités de direction ou en cabinet de conseil (Taylor, Fayol, Sloan, Drucker, Mintzberg,
) ;
- par des théoriciens, parfois impliqués concrètement dans des entreprises (Weber, Mayo, Maslow, Lickert, Crozier,
).
( Les théories reconnues et validées permettent de comprendre le fonctionnement des organisations sur des bases fiables :
- elles guident le raisonnement (notamment lors de létude de cas dexamen) ;
- elles sont souvent de « bon sens », mais le bon sens ne suffit pas (validation) ;
- doù lutilité de connaître les sources (auteurs, chercheurs, praticiens).
( La fusion des théories (syncrétisme) est souvent trompeuse (confusion) et appauvrissante (perte didentité) => rares essais de synthèse.
Remarque (autres termes courants) :
- approche = méthode permettant daborder un sujet, basée sur des postulats vérifiés a posteriori. Lapproche précède lécole ou le courant ;
- courant ou mouvement = regroupement de plusieurs travaux relevant des mêmes hypothèses ;
- école = regroupement de disciples ou de contenus validés susceptibles de fonder de nouvelles recherches ;
- modèle = structure formelle représentant des phénomènes ou une théorie.
2.2 Evolution des visions de lentreprise
( Les façons de voir lentreprise ont évolué, et elles ont influencé les concepts et les théories du management.
( Cette évolution est résumée dans les images de lorganisation de G. MORGAN (1989) dont un extrait simplifié suit :
Machine (1910-1940)Organisme vivant (1950)Cerveau (1950-1970)Prison mentale (1950-1970)Système politique (1960-1970)Lieu de culture (1985)
BUTHuiler le mécanisme, chacun à sa placeAdapter le système à son environnementTraiter linformation, commander les organesIntégrer le psychisme, passions, plaisirs, angoissesGouverner des alliances aux intérêts opposésExploiter les valeurs communes, les liens dappartenance
Exemples dauteursTaylor, Fayol, WeberBertalanffySimon, BeerJacques, Pages, EnriquezMarch, Simon, Crozier, FriedbergSchein
2.3 Essai de classification.
( Le tableau suivant présente des auteurs et des théories significatifs placés dans le temps (les catégories ont été choisies par commodité (présentation, pédagogie) et ne constituent pas une référence universelle).
QUELQUES AUTEURS DE LA THEORIE DES ORGANISATIONS
AxesRationalité productiveFacteur humainIncertitudes et complexitéInfluence du contexteVie de lorganisationThéoriesClassique, néo (managérial) et postRelations humainesSystèmes, interactions complexes, approches sociologiquesSociotechniqueContingence structurelleThéories de la firme, contractualiste, des ressources, évolutionnistes.1910
1920
1940
1960
1980
Taylor (10) OST, autorité fonctionnelle
Fayol (16) Administration, autorité hiérarchique
Ford (20) Chaîne
Weber (22) Bureaucratie
Sloan (30) Divisions autonomes
Deming (50) Qualité, Plan Do Check - Act
Drucker (54) Décentralisation, DPO, innovation
Shingo, Ohno (~60) Flexibilité, flux tendu, toyotisme
Gélinier (65, 68) Innovation, DPPO
Peters, Waterman (83) Modèle de lexcellence (7 clés, 8 attributs)
Archier, Sérieyx (84) Modèle du futur (6 points)
( Mary P. Follet (30) Participation aux objectifs, compétences
Mayo (33) Humain, relations dans lindustrie
Maslow (43) Pyr. besoins
Lewin (43) Groupes, leadership
Argyris (57) Conflit individu - organisation
Herzberg (59) Motivation
Mc Gregor (60) XY
Likert (61) Styles de commandement
Barnard (38) Système social coopératif, part informelle
Von Neumann, Morgenstern (44) Théorie des jeux
Simon (47) Décision et rationalité limitée, IA et heuristique (55)
Bertalanffy (50) Théorie des systèmes
March, Simon (58) Incitations / contributions
Lindblom (59) Incrémentalisme
Cyert, March (63) Décisions : coalitions, conflits, slack
Parson (64) Système social
Katz, Kahn (66) Rôles, interactions
Crozier, Friedberg (70) Stratégies dacteurs (AS)
Mélèze (71) Analyse des systèmes
March, Cohen, Olsen (72) Modèle de la poubelle
Sainsaulieu (77) Culture et identité au travail
Reynaud (79) Régulation sociétale
Schein (85) Culture dentreprise
Thévenet (86) Audit culturel
Thévenot (86, 91) Conventions
Favereau (89, 94) Conventions
Ouchi (93) Culture de clan ( structure (Japon)
Tavistock Inst. (50) Alliance social et technique
Emery, Trist (60) Equipes autonomes
( Woodward (58) Structures et modes de production
Burns, Stalker (60) Mécaniciste ( organiciste
Chandler (62) Marché ( stratégie ( structure
Emery, Trist (65) Environnement et structure
Lawrence, Lorsch (67) Intégration, différenciation
Mintzberg (79) SYNTHESE : contingences, configurations, coordinationsSchumpeter (11) Entrepreneur, innovation
Berle, Means (32) Propriété et managers (théorie managériale)
Coase (37) Transactions
Alchian (59) Propriété
Penrose (59) Compétences, ressources
Williamson (63) Coûts de transactions, opportunisme, arrangements institutionnels
Demsetz (66) Propriété, contrats
Alchian, Demsetz (72) Propriété et transactions
Jensen, Meckling (76) Agence
Hannan, Freeman (77) Ecologie des populations
Argyris, Schön (78) Apprentissage organisationnel
Freeman (80) Parties prenantes
Nelson, Winter (82) Evolution
Prahalad, Hamel (90) Compétences, ressources
Gélinier (91) Ethique des affaires
Nonaka, Takeuchi (95) Spirale de la connaissance
2.2 LES CLASSIQUES
1 Caractéristiques
( Les fondements classiques du management sont nés en période dindustrialisation :
- ils répondent à des méthodes de travail empiriques (chacun fait à sa manière) ;
- ils recherchent la rationalisation et lefficience de la production ;
- leur objectif est le profit par laccroissement de la production.
( Les théories classiques de lorganisation se fondent sur 4 postulats :
- il existe une bonne façon dorganiser pouvant résoudre les problèmes (one best way ou OBW) ;
- la rigueur scientifique, la rationalité permet de trouver cette organisation ;
- le salarié nest sensible quà son salaire (ou du moins lentreprise ne doit se soucier que du salaire) ;
- lindividu est un rouage de la machine productive (approche mécaniste).
( Lapproche est cartésienne et analytique (décomposition du problème à résoudre) et elle conduit à la division du travail.
( Les précurseurs :
- Adam SMITH (économiste - 1776 qui a étudié le rendement des ouvriers, multiplié par 200 grâce à la spécialisation des tâches dans une fabrique dépingles).
- Charles BABBAGE (mathématicien inventeur de la machine à calculer - 1851 pour qui les ouvriers ont une capacité limitée et qui prône spécialisation du travail intellectuel).
2 Théories et auteurs
( Postulat : propension des hommes à limiter leur effort, motivation essentiellement par le salaire (équitable mais fonction de la cadence de travail).
( Rationalisation de la production = OST (organisation scientifique du travail).
( Etude des gestes de 10-15 ouvriers qualifiés, chronométrage et standardisation.
( Parcellisation des tâches.
( Sélection des hommes en fonction des tâches et formation
( Système rigide ou les ouvriers nont aucune initiative.
( Taylor préconise un contrôle étroit du travail et un commandement éclaté :
- division verticale du travail (séparation de la conception et de lexécution) ;
- division horizontale du travail (tâches réparties, ouvriers spécialisés OS) ;
- autorité fonctionnelle.
( Création dun département dorganisation (administration, gestion).
( Séparation des fonctions commerciale et financière.
( Préconisation dun encadrement par 8 contremaîtres spécialisés (organisation simplifiée en pratique et jamais mise en uvre sous cette forme).
( Critique du taylorisme :
- grande efficacité (apprentissage rapide des tâches élémentaires, contrôle aisé), cette méthode a permis le développement de la société de consommation et inspire encore les industries actuelles ;
- déshumanisation du travail (OS), tâches monotones, motivation ramenée à largent.
Remarque : la chaîne (1913) est linvention dHenry FORD (1863 1947), qui appliqua lOST.
( Rationalisation des structures.
( Weber pose la question des raisons de lobéissance et distingue 3 modèles dautorité qui légitiment les ordres de 3 façons distinctes (voir § 7.1) :
- lautorité charismatique (basé sur les qualités personnelles, le « dévouement à un héros ») ;
- lautorité traditionnelle (soumission aux usages, aux croyances, le pouvoir existe car on persuade que la tradition est vénérable) ;
- lautorité légale ou bureaucratique (basée sur des règles écrites, des critères objectifs comme le diplôme ou la fonction occupée).
( Le modèle charismatique sépuise dans la durée, le modèle traditionnel nécessite des conditions stables.
( Le modèle bureaucratique est préférable aux deux autres. La bureaucratie idéale dépersonnalise lautorité et la rend plus stable, plus rigoureuse et plus efficace :
- le modèle est le plus performant (il repose sur des règles facilement admises car fonction des buts de lorganisation) ;
- il élimine les facteurs personnels (lautorité est liée à une fonction, on élimine en principe larbitraire du chef) ;
- il laisse une liberté au personnel dans la limite des règles ;
- il établit une hiérarchie demplois claire et il est applicable au travail administratif ;
- il permet de recruter selon les qualifications et de contrôler carrières et promotions (le salarié nest pas propriétaire de son poste).
( Critique du modèle bureaucratique :
- ce modèle est incontournable dans les grandes organisations, il assure prédictibilité et efficacité ;
- mais il peut évoluer défavorablement (lourdeur, prévalence des procédures) ;
- la dépersonnalisation de lautorité peut déresponsabiliser et nuire à lefficience ;
( Les formes couramment critiquées de la bureaucratie sont généralement dues à une déformation du modèle idéal de Weber.
( Fayol a mené des travaux sur la façon de diriger les entreprises.
Cest le fondateur du management (administration de lentreprise).
( Tardivement reconnu en France.
( Fayol analyse lactivité de lentreprise en 6 fonctions ou groupes dopérations : technique, commerciale, financière, de sécurité, comptable, administrative.
( Une fonction correspond à une capacité :
- chaque agent doit mettre en uvre certaines des 6 capacités à des degrés divers, selon son travail ;
- les capacités reposent à leur tour sur 6 qualités (notamment celles du chef) : physiques (santé, vigueur), intellectuelles, morales (responsabilité, initiative, tact,
), culture, connaissances spéciales (fonction), expérience.
( Ladministration (au sens de direction ou de management) dresse le programme général daction et coordonne les efforts : administrer = prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler (PO3C).
( Fayol distingue 14 principes dadministration, à adapter aux circonstances, dont :
- la division du travail ;
- lautorité, « pouvoir de se faire obéir », statutaire et personnelle, indissociable de la responsabilité ;
- la discipline ;
- lunité de commandement (un agent ne reçoit ses ordres que dun seul chef), lautorité est hiérarchique ;
- la subordination des intérêts particuliers à lintérêt général ;
- lordre (« Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place ») ;
- léquité, facteur de dévouement ;
- la stabilité du personnel ;
- linitiative (satisfaction de lhomme par linitiative et la réussite) ;
- lunion du personnel (Intérêt des bonnes relations avec les syndicats).
( Pour Fayol, gouverner cest conduire lentreprise vers son but en tirant le meilleur parti des ressources : le gouvernement est distinct de ladministration, il doit assurer la marche des 6 fonctions.
( Fayol soppose à Taylor (commandement unique), à Weber (personnalisation de lautorité). Il est en avance sur son temps et reste encore de nos jours une référence :
- pour lui aucune règle nest absolue, il reconnaît la motivation par linitiative, limportance de léquité,
- il préconise lapprentissage de ladministration des entreprises dans les écoles dingénieurs et la réduction du poids des mathématiques dans les études supérieures.
3 Bilan des approches classiques
( Ces approches (avec une nuance concernant Fayol) nient les conflits (la bonne organisation doit y remédier) et ignorent les facteurs externes à lorganisation. Elles supposent un « One best way » et déshumanisent le travail, les individus interchangeables (à poste et qualification équivalents). Le management y est assimilé à une science exacte.
( Elles constituent une base dorganisation nécessaire mais présentent de nombreuses limites opérationnelles face aux réalités humaines.
Complément concernant la bureaucratie :
( Merton a étudié (1957) la dégradation de performance dans les bureaucraties.
( Déplacement des buts = excès de conformité aux règles, disparition de la souplesse. Les règles prévalent sur les objectifs initiaux.
Exemple : refus dindemnisation « aveugles » à un enfant né sans yeux.
( Sous optimisation = poursuite de buts propres aux composants de lorganisation et déconnectés des buts généraux. Blocage des changements.
( Lécole dAston (années 70) a distingué 4 configurations dorganisation bureaucratique.
Structuration des activitésBasseHaute
Concentration de lautorité
HauteBureaucratie personnalisée
Forte concentration de lautorité et faible structuration des activités (employés très professionnels avec contrôle hiérarchique personnel)Bureaucratie complète
Forte structuration, autorité concentrée, unités peu autonomes.
BasseBureaucratie implicite
Petites entreprises.
Faible structuration, faible concentration, contrôle hiérarchique personnalisé.
Bureaucratie de flot de travail
Industrie, grande taille
Faible centralisation, autonomie de décision des unités opérationnelles
2.3 LECOLE DES RELATIONS HUMAINES
1 Caractéristiquesde lécole RH
( Les travaux de lécole des relations humaines ont été impulsés par les dysfonctionnements constatés dans les entreprises tayloriennes.
( Cette école est foisonnante et dominée par les psycho sociologues dentreprise ayant, souvent, eu un rôle de consultant :
- lindividu est placé au centre des organisations ;
- limportance des relations sociales au travail est reconnue ;
- les besoins des salariés sont pris en compte ;
- on y admet lexistence dorganisations informelles et de conflits ;
- on y analyse la motivations et les modalités dexercice de lautorité et de conduite des groupes.
( Toutefois le profit reste le fondement de lentreprise et le « one best way » un objectif.
( Le précurseur :
( MP Follett étudie le pouvoir et les conflits dans lorganisation (le conflit est une réalité inévitable) :
- elle remet en cause lidée dune soumission à une autorité absolue, privilégiant lautorité partagée confiée à des spécialistes et elle esquisse le concept de décentralisation organisationnelle. Le pouvoir résulte dinfluences réciproques ;
- elle étudie la psychologie des groupes en situation de travail et privilégie la cohésion des équipes avec 5 grands principes : coordination, synchronisation, approche globale multidimensionnelle, management de proximité et résolution précoce des conflits. Linterdépendance (les relations) supplante lindividu dans le management.
2 Théories et auteurs significatifs
2.1 Le fondateur
( Mayo a fondé la psychosociologie industrielle en rupture avec les thèses classiques : prise en compte de leffet du moral sur la productivité des employés, des relations de groupe et des façons de diriger.
( Les travaux de Mayo sont basés sur une série dexpériences à Hawthorne (Western Electrics 1924 à 1930) concernant leffet dune variation des conditions de travail dans des groupes expérimentaux :
- la productivité dépend de lattention portée aux ouvriers, et non des conditions de travail (éclairage, pauses,
) ;
- les relations interpersonnelles dans le groupe influencent la productivité, le leader du groupe a un rôle clé ;
- un leader informel et des normes de groupe (niveau de production accepté par le groupe) peuvent apparaître.
( Ainsi les travaux de lécole des relations humaines se sont orientés vers la conduite des groupes, les styles de management et la motivation.
2.2 La conduite des groupes et les styles de management
( Lewin est un des fondateurs de la psychologie sociale.
( Il a étudié linfluence du groupe et de sa cohésion sur lindividu, ses comportements et leurs changements (1943).
( Il a introduit la notion de dynamique des groupes.
( Lewin identifie 3 styles de leadership à partir détudes sur des groupes denfants :
- démocratique (délibération des directives) = meilleure ambiance de travail, autonomie.
- autoritaire = fort rendement, mais mauvaise ambiance, efficace en temps de crise, dépendance du leader.
- laisser-faire = mauvaise ambiance et mauvais résultats.
( Une expérience sur le changement des habitudes de consommation des ménagères en 1943 lui ont permis de montrer que le groupe influence le comportement et le changement des individus : le débat entre ménagères sur les moyens de favoriser la consommation dabats donne des changements plus durables quune conférence explicative.
( Etablissement de normes de groupe respectées par les membres.
( La décision prise par délibération autonome du groupe favorise le changement.
( A la suite des travaux de Lewin, Lickert (1963) étudie les styles de direction dans plusieurs compagnies dassurance et distingue 4 styles de management :
- exploiteur autoritaire = crainte des sanctions ;
- autoritaire bienveillant (paternaliste) = sanctions et récompenses ;
- consultatif = subordonnés consultés, ne décident pas ;
- participatif (( démocratique de LEWIN) = objectifs fixés au sein des groupes.
Autoritaire
Faible communication, éloignement chef subordonnés, centralisation des décisions.Consultatif
Implication des subordonnés, bonne communication, travail en équipe, faible délégation.Paternaliste
Soumission des subordonnés, communication filtrée, émergence de structures informelles, travail en équipe peu favorisé.Participatif
Excellente communication, décentralisation des décisions et du règlement des conflits, autocontrôle.
Cohésion de lorganisation, autonomie.
( Le style participatif favorise les coopérations, réduit les conflits.
( Il peut abaisser les coûts (mais son efficacité nest pas toujours évidente : perte de temps en réunions, délais de décision,
).
( Lickert constate quun mélange des styles paternaliste et consultatif est principalement utilisé dans les entreprises.
( Lauteur critique la vision des dirigeants américains des années 60. Il pose le problème du style de management des personnes en énonçant deux théories :
- théorie X (Taylorienne) = lhomme cherche à éviter le travail, il a une aversion pour les responsabilités et le travail et il doit y être contraint par des méthodes coercitives, la relation hiérarchique et le contrôle sont indispensables à la bonne exécution des tâches. Il a peu dambition et préfère la sécurité ;
- théorie Y = la dépense dans le travail est naturelle comme le jeu, lhomme peut sautogérer et cherche à exercer ses talents. Lhomme a un potentiel et il cherche, dans son travail, à relever des défis, à démontrer ses aptitudes créatives, à faire preuve dinitiative et à exercer des responsabilités. Ses capacités sont souvent inexploitées par lorganisation.
( Mac Gregor considère Y comme plus efficace, même si X peut sembler plus facile.
( Il faut permettre à chacun dexprimer son potentiel.
( Une hypothèse est indirectement posée sur la motivation des salariés en comparant les deux modes de management.
( Mac Gregor lie structure (regroupement des tâches, décentralisation des responsabilités) et mode de management à la motivation du personnel (ces deux dimensions doivent être mises en phase).
( Il en résulte que le management doit sadapter au personnel, favoriser lexpression de son potentiel et va dans le sens de la direction par objectifs en tant que levier de la motivation.
( La théorie Y (critiquée notamment par Maslow) nest cependant pas généralisable, car certains salariés préfèrent suivre des directives détaillées et ne pas subir le stress des responsabilités.
( Pour Argyris, un conflit existe entre les exigences de développement de lorganisation et celles de lindividu :
- les individus ont besoin de croître, de sépanouir, aspirent à lautonomie ;
- les organisations classiques brident cet épanouissement (tâches spécialisées et prédéterminées dans le détail, subordination de lemployé, encadrement des comportements, initiative réduite) => Situation individuelle déchec psychologique
( Lindividu réagit alors : effort pour monter dans la hiérarchie, mais aussi départ, agressivité, culpabilité, perte dimplication dans le travail,
Il faut donc :
- utiliser le potentiel, lénergie psychologique des personnes ;
- permettre à chacun daffronter des défis à sa mesure ;
- faire évoluer les structures traditionnelles pyramidales.
( La performance nécessite de mobiliser lénergie psychologique en créant la confiance interpersonnelle, en favorisant lexpression des émotions et les relations interpersonnelles.
( Aborder les sujets délicats.
( Ne pas négliger les rapports humains étrangers aux objectifs de lorganisation.
( Robert Rogers Blake et Jane Srygley Mouton (voir § 7.2) ont élaboré une grille permettant de positionner le style de leadership en fonction de lintérêt porté aux hommes et aux tâches de production.
( Waren BENNIS (1985) recense quatre qualités essentielles du manager : une vision (projection dans lavenir), la capacité de communiquer, savoir générer la confiance et savoir se gérer soi-même (voir § 7.2).
2.3 Les théories des besoins
( Ces théories (voir §6.2) portent sur des facteurs qui incitent à laction pour la satisfaction de besoins ressentis.
( Explications de déterminants internes de la motivation.
( Recherche des conditions de déclenchement de la motivation et de son intensité.
( Théorie des besoins (1943), hiérarchisés en 5 niveaux :
( Lhomme cherche à satisfaire ses besoins du bas vers le haut de cette « pyramide ».
( La satisfaction dun besoin permet de rechercher la satisfaction du besoin de niveau juste supérieur (le besoin satisfait cesse dêtre important pour lindividu).
( Modèle très répandu et populaire car simple (et ne considérant pas laugmentation des salaires au-delà du « vital » comme essentielle).
( Les catégories de besoins sont judicieuses, mais leur hiérarchie est discutable (cf. artiste peintre miséreux).
( Aucun lien na été véritablement prouvé entre besoin et motivation.
( Théorie bi-factorielle (1959), distinguant deux natures de facteurs de satisfactions au travail :
- les facteurs motivants, apportant une satisfaction intrinsèque par le travail ;
- les facteurs dhygiène ou dinsatisfaction, non motivants mais pouvant provoquer le départ du salarié.
Facteurs dhygièneFacteurs de motivationNatureConditions de travail, salaire, sécurité, statut, relations avec la hiérarchie et les collègues, procédures, politique dentrepriseRéalisation de soi, reconnaissance, autonomie, intérêt du travail, responsabilités, avancement, augmentationsEffetEventuelle insatisfaction, cause de démissionMotivation pour le travail ou démotivation (travail alimentaire)
( Cette théorie conduit à lenrichissement du travail (enrichissement des tâches, rotation des postes), mais elle est parfois contestée en raison de son manque de base scientifique.
3 Bilan de lécole des relations humaines
( Lécole RH prend en compte du facteur humain et regroupe de très nombreux développements (voir notamment les § 6.1 à 6.6).
( On suppose toutefois que le contexte organisationnel est important pour lindividu :
- la réalisation et lépanouissement au travail sont implicitement admis (que deviennent ceux qui pensent autrement ?) ;
- les intérêts de la direction et des employés sont supposés confondus et indissociables ;
- on ignore lextérieur de lorganisation et des syndicats.
( Ces théories sont par ailleurs souvent difficiles à mettre en uvre pratiquement ou peuvent être détournées.
( Concepts parfois vagues, peu propices aux prescriptions pratiques, coûteux.
( Des applications concrètes cependant (autogestion, participation financière, gestion participative, gestion des carrières, techniques de motivation).
( Risques de manipulations de lindividu (investissement sans rapport avec le salaire, promesses de promotion,
).
( Aucun effet direct sur la performance na pu être prouvé.
2.4 LES NEO CLASSIQUES
1 Caractéristiques
( Cette école est celle des « praticiens », elle relève dune approche managériale ou « empirique ».
( Les auteurs sont des dirigeants dentreprises et des consultants.
( Les théories sont basées sur lexpérimentation réelle.
( Les théories sont normatives, elles fournissent des recommandations pratiques.
( On y recherche la rationalisation économique en intégrant le facteur humain.
( Les nèo-classiques ont introduit des méthodes efficaces, mais aussi des modes.
2 Théories et auteurs
2.1 La décentralisation
( Sloan a introduit la décentralisation coordonnée par divisions (années 20):
- en réponse à une stratégie de diversification
- la direction générale définit la stratégie densemble ;
- un comité exécutif débat des grandes idées ;
- les divisions sont autonomes pour leur gestion et la création de produits ;
- ce sont des centres de profit et elles sont évaluées par la rentabilité du capital investi (sanctions éventuelles) en fonction dobjectifs prédéfinis (voir DPO décrite plus tard par P. Drucker).
( Sloan introduit des éléments de coordination :
- comités de coordination regroupant tous les services ;
- uniformisation des méthodes de gestion et centralisation des décisions financières et de la comptabilité ;
- méthode unique de prévision de la demande (démarche marketing) ;
- uniformisation des calculs de prix, standards, budgets, rentabilité (contrôle de gestion).
( Le dirigeant fixe les objectifs, définit les structures, motive et communique, mesure la performance, forme le personnel et se forme lui-même.
( Drucker est notamment connu pour avoir développé la notion de direction par objectifs (DPO) :
- responsabilisation à tout niveau ;
- autonomie relative pour atteindre les objectifs, autocontrôle ;
- les objectifs doivent être clairement vérifiables.
( Drucker a cependant une vison très élargie du management « qualité de la vie,
et paix mondiale, sont alors le produit dun bon management ».
( Pour Gélinier, la motivation est essentielle. Il introduit la direction participative par objectifs (DPPO) :
- lobjectif à atteindre et les moyens doivent être négociés avec lintéressé dans le cadre des contraintes de lorganisation (politique générale, ressources) ;
- « La pyramide des objectifs doit être superposable à la pyramide hiérarchique »
( Lauteur préconise le développement de lintéressement collectif aux résultats et les groupes autonomes.
2.2 Elimination des gaspillages
( Le toyotisme consiste à « Utiliser moins pour faire plus ».
( Optimisation des processus de production (seule la fabrication créé de la valeur).
( 5 zéros (stocks, défauts, papiers, pannes, délais)
( SMED (single minute exchange of die), ou changement doutil « en quelques minutes ».
( Flux tirés (pas de stock de produits finis, en-cours réduit), flux tendus (sans stocks, version extrême des flux tirés).
( Autonomation = néologisme obtenu par contraction dautonomie et automatisation. Lautonomation nécessite des ouvriers autonomes, capables de tirer parti de lautomatisation des moyens de production, notamment du poka-yoké, alerte automatique sur incident (réduction des opérateurs de contrôle).
( Ohno a introduit la méthode des 5 pourquoi (questionnements successifs), pour trouver la vraie origine des problèmes.
( Le toyotisme repose sur des ouvriers polyvalents et soppose au taylorisme qui décompose les tâches et restreint les savoirs. Il développe la coopération, source de qualité.
2.3 Adhésion et partage des valeurs
( Pour ces auteurs, la recherche de lexcellence doit sappuyer sur lexemple japonais (Waterman a travaillé au Japon).
( Importance de ladhésion du personnel, « faire-ensemble » (la compétitivité, la qualité totale ne peuvent sobtenir par lautorité).
( Culture dentreprise.
( 7 facteurs clés de lefficacité sont liés entre eux (« 7S » de Mac Kinsey) :
- la stratégie (affectation des ressources rares) ;
- la structure (alignée sur la stratégie) ;
- le système (procédures, routines, processus);
- les « shared values » ou valeurs partagées (ce que lorganisation représente) ;
- le staff (personnel) ;
- le style culturel (style de management) ;
- le savoir faire (compétences).
( 8 attributs ou pratiques de direction conduisant à la performance :
- être tourné vers laction (faire, tester, adapter) ;
- écouter le client ;
- favoriser autonomie et innovation ;
- motiver ;
- mobiliser autour de valeurs clés partagées ;
- sen tenir à ce que lon sait faire (externaliser) ;
- structure simple et légère ;
- rigueur et souplesse de gestion.
( Cette approche de Peters et Waterman a été critiquée dans ses détails et ses fondements, notamment suite à léchec dentreprises « excellentes », mais le partage de valeurs reste dactualité.
( Les auteurs considèrent que les organisations tayloriennes sont inadaptées aux besoins actuels, notamment en raison de 7 contradictions. Par exemple opposition :
- entre attente des salariés et qualité de vie au travail (lentreprise taylorienne provoque le désintéressement du travail et la recherche dun salaire garanti) ;
- entre activité économique, recherche de résultat et préoccupations sociales ;
- entre la recherche de flexibilité et la rigidité des structures ;
- entre la recherche dun rôle citoyen et limage donnée par lentreprise et ses réalités internes.
( Ils imaginent une entreprise du 3ème type :
- attentive à lextérieur (marché, veille, benchmarking) ;
- sans sous utilisation (chacun contribue selon ses capacités) ;
- ayant un projet partagé ;
- conciliant rapidité et qualité ;
- valorisant son personnel par un travail intéressant et utile ;
- motivant, reconnaissant la valeur du travail.
( Mobilisation des salariés autour dun projet partagé, « 0 » mépris (en plus des 5 « 0 » japonais).
( Ecoute, humilité, professionnalisme, formation des autres.
3 Bilan des néo classiques
( Les néo-classiques prennent en compte le besoin de décentraliser et reconnaissent le personnel comme facteur de performance.
( Autonomie, initiative, responsabilité.
( Approche pragmatique.
( Lidée des bonnes pratiques persiste (méthodes transposables quel que soit le contexte).
( Cette école est à lorigine du développement des cabinets de consultants (et de leurs excès : exploitation de phénomènes de « mode »).
2.5 LORGANISATION, SYSTEME COMPLEXE
( Nous abordons désormais les principales théories qui remettent en cause le déterminisme des approches précédentes.
( A partir de cette étape du cours, les théories sont nombreuses et souvent imbriquées, ce qui nous conduit à un classement et un choix parfois simplificateurs.
1 Le précurseur
( Lorganisation est un système dinteractions complexes.
Cest un système de coopération entre des personnes orientées par un but commun.
( Les capacités du groupe dépassent celles des individus.
( Le fonctionnement de lorganisation est une combinaison dynamique qui repose sur la communication.
( Prendre en compte le comportement des acteurs et les organisations informelles est essentiel.
( Pour Barnard, le dirigeant doit formuler les buts et entretenir la communication.
2 Lapproche systémique
2.1 La notion de système
( Théoricien fondateur : « ...il y a des systèmes partout ».
( La théorie des systèmes remet en cause le cartésianisme.
( Le système est un ensemble déléments ou de sous-systèmes en interaction. Le tout ne peut se résumer à la somme des parties du fait des interactions (émergence de propriétés non déductibles de celles des éléments).
( Lagencement du système (organisation) lui confère des propriétés.
( Le système est complexe (il est impossible den analyser tous les éléments et toutes leurs interactions), cest une « boîte noire ».
( Quelques définitions dun système :
- pour Joël de ROSNAY (Le macroscope 1975) : « un système est un ensemble déléments en interaction dynamique organisés en fonction dun but » ;
- pour Jacques MELEZE (1971) : « Des finalités et des buts étant exprimés sur un environnement, un système finalisé est un ensemble organisé de moyens, méthodes, règles et procédures qui permet d'obtenir des réponses satisfaisantes de l'environnement ».
2.2 Le fonctionnement des systèmes
( Létude des systèmes physiques conduit à la notion dentropie, qui est une mesure de lénergie consommée par le système (elle mesure sa désorganisation) :
- dans un système fermé (sans échange avec son environnement), lentropie croit jusquà une limite correspondant à un état déquilibre où plus rien ne se passe ;
- dans un système ouvert, qui échange avec son environnement, les apports extérieurs (la néguentropie) maintiennent lactivité du système.
( Un système ouvert réagit à des entrées ou entrants et fournit des sorties ou extrants.
( Le système se pilote en comparant régulièrement les sorties obtenues à des prévisions ou des normes, puis en en agissant sur ses entrées pour en corriger les dérives.
( Lanticipation des sorties permet naturellement un pilotage plus efficace.
( Sauf en cas de dysfonctionnement, il est inutile de connaître ou de modifier les rouages dun système (boîte noire).
EMBED MSDraw \* MERGEFORMAT
2.3 Lapproche systémique de lorganisation
( Lorganisation humaine est un système et lorganisation est un système ouvert
( Lapproche systémique est un outil de raisonnement puissant, qui sappuie sur lanalyse systémique (décomposition de lobjet détude en parties ou sous-systèmes et exploration de leurs interactions) et sur labstraction.
( Vision multidimensionnelle des réalités.
( Approche globale, différente et complémentaire de lapproche analytique (cartésienne, qui entre dans le détail des composants pour en comprendre le fonctionnement).
( Le contenu des systèmes est vu comme un tout dont on observe le comportement.
( Non linéaire (de multiples systèmes coexistent et interagissent).
(Exemple tiré dune étude pédagogique de lIUFM de Grenoble)
Approche analytiqueApproche systémiqueIsole: se concentre sur les élémentsRelie: se concentre sur les interactions entre les éléments.Considère la nature des interactions.Considère les effets des interactionsS'appuie sur la précision des détails.S'appuie sur la perception globale.Modifie une variable à la fois.Modifie des groupes de variables simultanément.Les phénomènes sont réversibles.Intègre l'irréversibilité.La validation des faits se réalise par la preuve expérimentale dans le cadre d'une théorie.La validation des faits se réalise par comparaison du fonctionnement du modèle avec la réalité.Modèles précis et détaillés, mais difficilement utilisables dans l'action.Modèles insuffisamment rigoureux pour servir de base de connaissances, mais utilisables dans la décision et l'action.Approche efficace lorsque les interactions sont linéaires et faibles.Approche efficace lorsque les interactions sont non linéaires et fortes.Conduit à un enseignement par discipline.Conduit à un enseignement pluridisciplinaire.Conduit à une action programmée dans son détail.Conduit à une action par objectifs.Connaissance des détails, buts mal définis.Connaissance des buts, détails flous.
Remarque : le découpage dune organisation en sous-systèmes ne coïncide pas avec son organigramme.
( Le système « organisation » a un projet identifiable et peut être décrit par sa structure.
( Cette structure est influencée par lévolution de lorganisation, par son activité, son environnement et ses finalités.
(Schéma de J.L. Lemoigne, cité dans « La méthode Merise 1983)
( La cybernétique est une branche spécifique de la systémique fondée par Robert WIENER en 1948 et qui étudie les communications et la régulation des systèmes, notamment les phénomènes intelligents.
( Jay W. FORRESTER (1961 Industrial dynamics), ingénieur et professeur, a été linitiateur de la dynamique des systèmes qui permet notamment de comprendre, par la simulation, le comportement dune organisation et danticiper (« Que se passerait-il si ? »).
( La dynamique des systèmes repose sur une modélisation mettant en évidence les boucles de rétroaction négatives (stabilisatrices) ou positives (explosive) qui régulent le système, le rendent instable, induisent des comportements cycliques
( Lapproche système est présente dans de nombreux raisonnements contemporains :
( Elle sest développée avec les techniques informatiques.
( Elle permet de comprendre les comportements de lorganisation, et de les reproduire dans des modèles de simulation.
( Mais elle présente deux dangers :
- construction de modèles abusivement simplificateurs (les réalités humaines sont complexes) ;
- lobservateur peut, par sa présence, modifier le comportement du système.
3 Les théories de la décision (courant behavioriste)
Remarque : ne sont abordés ici que quelques fondements théoriques qui montrent la complexité des systèmes de décision dans une organisation. La prise de décision est développée dans le §7.4.
( Le behaviorisme est un courant psychologique basé sur lobservation scientifique des faits (approche comportementaliste) :
- prise en compte du rôle de lenvironnement du sujet (renforcements) ;
- refus de lintrospection.
( Diverses recherches sen sont inspirées (notamment concernant la prise de décision).
( Pour Simon, étudier la prise de décision triviale est sans intérêt : il sest intéressé à la rationalité des décisions complexes.
( Une décision est rationnelle si le choix conduit au meilleur résultat en fonction dun système de valeurs :
- elle est objectivement ou substantiellement rationnelle si elle conduit à maximiser le résultat dans la situation donnée (il y a alors rationalité absolue);
- elle est subjectivement rationnelle si elle est adaptée, compte tenu des connaissances de lacteur.
( La décision complexe ne peut être dune rationalité absolue, car il y a :
- anticipation incomplète ;
- méconnaissance de toutes les conséquences possibles ;
- absence de critère de choix objectif.
( Il y a rationalité limitée, conduisant à une solution non optimale mais acceptable.
( Le processus de choix et lorganisation influencent par ailleurs la décision :
- il peut y avoir rationalité procédurale ;
- les prises de décision sont fiabilisées par lorganisation (procédures ou routines, dissémination du risque derreur).
Complément :
Simon est lun des fondateurs de lintelligence artificielle. Supposant que lordinateur peut reproduire lintelligence humaine, il a analysé les caractéristiques de lintelligence :
- les décisions ne reposent pas sur une exploration combinatoire de toutes les possibilités ;
- des heuristiques permettent lélimination des branches de possibilités jugées a priori sans intérêt et de sarrêter sur une solution jugée satisfaisante ;
- lapprentissage par lexpérience est une des caractéristiques de lintelligence.
( MARCH et SIMON (1958, 1969, 1991) admettent la pluralité des buts des acteurs de lorganisation et la possibilité de conflits dintérêts lors des prises de décision :
- le conflit vient du blocage des mécanismes de décision normaux, de la diversité de perception des situations et de la division du travail (concurrence entre individus) ;
- chacun veut maximiser son rapport rétribution (incitation) / contribution.
( Il y a opposition au taylorisme (les buts de lorganisation et de ses membres nont pas à être similaires).
( Les auteurs considèrent que les conflits peuvent être limités :
- par la sélection du personnel (notamment grâce à une image forte de lorganisation, attractive ou dissuasive) ;
- par des sanctions et des récompenses qui canalisent les employés ;
- par la DPO.
( Les réactions managériales face au conflit peuvent être les suivantes :
- résolution de problème (lancer la recherche de nouvelles solutions) ;
- persuasion du bien fondé des positions du management ;
- marchandage (compromis)
- alliances (rapport de forces).
( Poursuivent les réflexions de Simon.
( Les groupes et individus de lorganisation ont leurs propres buts (caractère politique de lorganisation).
( Lorganisation est un champ daffrontement de rationalités diverses, un jeu dalliances et de coalitions (regroupements formels ou informels par affinités et par intérêt).
( Les décisions résultent dun compromis entre divers objectifs.
( Le compromis est favorisé par des règles (routines ou procédures) qui sont privilégiées au détriment de solutions innovantes.
( Pour Cyert et March, la recherche de compromis conduit à la quasi résolution des conflits et à une prise de décisions satisfaisante mais non optimale :
- les problèmes sont résolus au plus proche de leur apparition, dans les unités (rationalité locale), sans vue densemble ;
- les problèmes sont traités séquentiellement, les uns à la suite des autres (choix de la première solution satisfaisante à un moment donné).
4 Lécole sociotechnique
( Lécole sociotechnique se situe dans le courant systémique, elle se distingue par deux principes :
( Coexistence dans lorganisation de deux systèmes, ouverts sur lenvironnement, qui interagissent et ne peuvent être considérés isolément :
- système technique (axé sur loptimisation, la réduction des coûts) ;
- système social (axé sur la motivation des salariés).
( Association personnel / chercheurs (méthode de recherche action) : on nanalyse pas une organisation de lextérieur.
( Groupe de chercheurs en sciences sociales issu déquipes de recherche militaire et inséré dans un projet de démocratie industrielle :
- substitution de structures démocratiques aux structures autoritaires traditionnelles ;
- développement de petits groupes de travail autonomes et autorégulés.
( Théorie fondée sur une expérience dintroduction de machines dextraction dans des mines de charbon (Trist - 1956) :
- les équipes étaient autonomes (abattage, transport, préparation des galeries), soudées, rémunérées collectivement :
- la spécialisation des équipes (abattage, transport, préparation) a été décidée suite à lintroduction de labattage par machine => baisse constatée de productivité, absentéisme, conflits.
- en conservant la polyvalence (équipes auto organisées), lautonomie et la rémunération collective, on a rétabli la productivité.
( Principes de lanalyse sociotechnique :
- la technologie influence lorganisation du travail, mais des choix dorganisations subsistent toujours ;
- lorganisation sociale du travail a un effet indépendant de la technologie ;
- lefficacité suppose un équilibre contraintes technologiques / organisation sociale.
( Emery a posé six principes dorganisation des postes de travail :
- regroupement des postes en groupes de responsabilité ;
- polyvalence des employés et enrichissement des tâches ;
- allongement volontaire des cycles de travail ;
- intégration des tâches dentretien et maintenance ;
- autonomie du groupe (organisation) ;
- part de rémunération collective (prime).
( Apports et limites de lapproche sociotechnique :
- mise en évidence des choix dorganisation accompagnant une nouvelle technologie (alternative entre néo-taylorisme ou autonomie) ;
- organisation centrée sur le groupe et non lindividu ;
- notion de groupes autonomes ;
- chaque organisation est unique (résultat dune expérimentation chercheurs / usagers).
( Cette approche est applicable à des situations particulières (ex : assemblage automobile), nécessitant une culture est compatible, ladhésion, la motivation, une formation.
( Il faut toutefois intégrer les contraintes économiques (coût relatif des organisations).
( Quelques applications et prolongements :
- marine marchande norvégienne (63-66) ;
- Volvo en Suède (1975) ;
- démarches japonaises de qualité totale, structures en réseaux
2.6 LANALYSE SOCIOLOGIQUE DES ORGANISATIONS
1 Lapproche sociologique des organisations
( Les théories résultant de cette approche analysent la contradiction, le conflit et le rôle des groupes sociaux dans le fonctionnement des organisations.
( Daniel KATZ et Robert L. KAHN (1966 The social psychologie of organizations) voient lorganisation comme un système de rôles (activités ou comportements attendus dans une position déterminée).
( Les rôles relient les niveaux organisationnel et individuel.
( Lorganisation (système social) définit et organise les rôles.
( Chaque individu subit (reçoit) et émet des attentes de rôles.
( Lindividu interprète les attentes qui le concernent et en déduit un rôle reçu.
( Le conflit de rôle est « loccurrence simultanée de deux (ou plus) transmissions de rôles tels que la prise de lun rend difficile la prise de lautre ».
=> Dysfonctionnements et utilisation non optimale des ressources humaines.
( Les auteurs introduisent une analyse stratégique de lorganisation :
- lorganisation se confond avec des jeux dacteurs dont les rôles évolutifs sont définis par lorganisation et ses interactions ;
- les acteurs agissent selon leur intérêt ;
- les acteurs concernés par une situation peuvent ne pas lêtre dans une autre ;
- leurs objectifs sont diffus, peu explicites, opportunistes et peuvent se former durant laction et non a priori;
- ils peuvent être rationalisés pour le long terme, mais les objectifs à long terme ne sont pas les plus pertinents pour expliquer les comportements.
( Pour Crozier et Friedberg, la stratégie de lacteur est déterminée par des objectifs, mais elle nest pas toujours consciente ou reconnue.
( Les individus ne sont pas totalement prévisibles.
( Ils agissent en fonction de leur perception des situations et de déterminants parfois inconscients.
( Ils gardent une marge de liberté pour appliquer leur stratégie malgré la contrainte de lorganisation.
( La survie de lorganisation est toutefois nécessaire pour que les acteurs puissent continuer à jouer, ils se régulent donc pour assurer la survie de lorganisation.
( Les jeux dacteurs coopèrent, ce qui forme lobjectif de lorganisation et sa façon daffronter les problèmes.
( La direction intervient pour faire durer les jeux, les orienter vers ses buts et réguler.
( Les zones dincertitude de lorganisation (inévitables car tout nest pas défini par avance) sont des opportunités de prise de pouvoir par des acteurs selon :
- leur compétence technique ;
- leur capacité à maîtriser la relation avec lenvironnement ;
- leur maîtrise de linformation ;
- lapplication de règles organisationnelles.
( Le pouvoir est relatif, subjectif, et napparaît que quand des acteurs sont en relation (voir § 7.1).
( Pour Reynaud la règle est un phénomène social fondamental, elle est construite par des acteurs autonomes.
( Elle permet les échanges, la communication, les contrats, les conflits.
( Elle est respectée par adhésion, ou par crainte de la sanction (exclusion).
( Reynaud a élaboré une théorie de la régulation sociale (TRS) :
- le renouvellement des règles constitue une régulation à sources multiples ;
- il ny a pas de différence entre négociation et conflit, qui sont échange social, échange de règles, rapport de pouvoir ;
- chaque négociation se place dans une suite de négociations et change les règles du jeu ;
- la négociation comprend 3 phases (définition du problème et des acteurs, fixation des enjeux, marchandage).
( Dautres auteurs (Renaud SAINSAULIEU, Edgar SCHEIN, William OUCHI, Maurice THEVENET) ont étudié linfluence de la culture et de lidentité au travail sur les organisations (voir § 7.5).
2 La théorie des conventions.
( Les théories sociologiques vues jusquà présent mettent laccent sur la confrontation des objectifs individuels ou de ceux des groupes.
( La théorie (économie) des conventions introduit des facteurs de cohésion essentiels au fonctionnement de lorganisation : loyauté, sens de lengagement, solidarité, respect de valeurs communes.
( Théorie développée depuis les années 80 (France), notamment par :
( Une convention est un « Système dattentes réciproques sur les compétences et les comportements » (Favereau).
( Cest une règle de comportement tacite ou explicite qui simpose naturellement.
( Un ensemble de conventions régule les relations de travail (coordination).
( Les conventions forment un cadre dans lequel les acteurs scellent des accords (Boltanski, Thévenot).
( Lentreprise est une convention defforts fondée sur des convictions partagées (Gomez) :
- prescription résultant de références culturelles, règles, discours,
;
- ensemble de procédures de résolution collective de problème adoptées par mimétisme.
( La convention est mise en uvre quand existe une zone dincertitude.
( Il doit y avoir consensus des salariés
( Le système informationnel renseigne les acteurs sur le comportement des autres.
( Les gestionnaires cherchent à rendre la convention defforts cohérente avec les comportements souhaités.
2.7 LES THEORIES DE LA CONTINGENCE STRUCTURELLE
Contingence : « événements qui peuvent se produire ou non, circonstances fortuites » (Larousse).
1 - Caractéristiques
( Les théories de la contingence mettent en rapport la structure de lorganisation et le contexte où elle évolue.
( Considération de facteurs de contingence ou facteurs denvironnement.
( Considération de caractéristiques internes faisant la nature de lorganisation et ne pouvant être changées rapidement.
=> Les structures dépendent de variables internes et externes.
2 Principaux auteurs et théories
2.1 Considération des facteurs internes
( 4 variables interviennent : taille, âge, technologie, stratégie.
( Blau a étudié la taille des organisations et leur différenciation.
( Taille = nombre de membres.
( Différenciation = nombre de structures distinguées par des critères matériels (succursales, divisions, services, qualifications, niveaux hiérarchiques).
( Une taille croissante implique la division des responsabilités et la différenciation horizontale ou verticale (postes, sections, divisions, niveaux hiérarchiques).
( La différenciation favorise lhomogénéité de chaque composant, mais provoque une hétérogénéité inter composant et des difficultés de communication.
( Des problèmes de coordination limitent ainsi lextension de la différenciation, le taux marginal de différenciation décroît quand la taille augmente.
( Idem pour les économies déchelle et dencadrement (le taux dencadrement peut cependant augmenter au-delà dun certain niveau de différenciation).
( Divers auteurs ont étudié linfluence de lâge de lorganisation (corrélé à sa taille).
( STARBUCK (1965) :
- un âge élevé entraîne une résistance aux changements dans les relations sociales, mais facilite lacceptation des changements dobjectifs ;
- une jeune organisation présente des résistances aux changements dobjectifs, mais accepte les changements sociaux.
( STINCHCOMBE (1965) :
- la période où est née lorganisation peut influencer sa structure (part de laide familiale, proportion de salariés, proportion de cadres, modes de management).
( Woodward a établi une relation entre technologie (processus de production) et structure à partir de létude dune centaine de firmes manufacturières anglaises (années 50) :
- elle explique les différences de structure par la technologie mise en oeuvre ;
- elle introduit une complexité variable du contrôle de la production (indépendamment de la taille de lorganisation).
TechnologieCaractéristiques liéesProduction unitaire ou petite sérieStructure souple
Faible contrôle administratif
Décisions décentraliséesHiérarchie réduite
Collaboration des fonctions, structure organiqueProduction de masse ou en grandes sériesStructure rigide
Effectif productif > effectif administratif
Décisions centraliséesHiérarchie marquée
Exécutants peu qualifiés, organisation mécaniste formaliséeProduction en continuStructure organique
Effectif administratif > effectif productif
Décisions décentralisées Hiérarchie longue (fort encadrement)
Automatisation, main duvre qualifiée peu nombreuse (contrôle, maintenance)
( Lanalyse de Woodward nest pas généralisable, mais sa typologie des modes de production reste incontournable.
( Chandler constate que la stratégie entraîne des changements de structure :
- les changements viennent de la complexité des décisions plus que de la taille de lorganisation ;
- le manager doit choisir les structures renforçant la stratégie ;
- généralement, lévolution de structure suit de mauvais résultats et un changement de direction (Voir §8.9).
2.2 Considération des facteurs externes (environnementaux)
( Observation de 20 entreprises.
( Le croisement des technologies (processus de production) et du marché (produit) donne 5 types denvironnement en fonction de la stabilité de chacun de ces facteurs :
- très stable (fabrique de rayonne) ;
- nécessite de petits ajustements (fabrique dappareillage électrique) ;
- technologie changeante mais marché stable (firme de radiotélévision) ;
- technologie et marché instables (électronique) ;
- technologie et marché instables et incertitude totale (nouvelle électronique).
( On observe un continuum de structures adaptées aux environnements via la stratégie (voir Chandler) :
- du très stable = structure mécaniste (complexe, formalisée, centralisée, basée sur des routines)
- au très changeant = structure organique (flexibles, basée sur léchange dinformation, la connaissance, lengagement des individus).
Structure mécanisteDifférenciée, division des tâches = bureaucratie de Weber.
Hiérarchisée, communication verticale.
Formalisée (règles contraignantes), activité programmée, rôles définis.Structure organiqueDécentralisée, place à linitiative, flexibilité, continuelle redéfinition des tâches.
Communications sans contrainte hiérarchique, latérales.
Engagement sur un programme dactivité.
( Il ny a pas de supériorité dun système : la structure doit être adaptée aux circonstances.
( Les auteurs ont analysé 10 entreprises dans 3 industries (plastique, emballage, conserverie). Ils ont étudié la différenciation interne et lintégration en fonction de lincertitude de lenvironnement :
- incertitude = changement des conditions, incertitude de linformation et délai pour connaître le résultat des décisions ;
- différenciation = « les différences dattitudes et de comportements et non uniquement le simple fait du fractionnement et de la spécialisation » ;
- intégration = « la qualité de la collaboration qui existe entre des départements qui doivent unir leurs efforts pour satisfaire aux demandes de lenvironnement » => coordination.
( Lawrence et Lorsch considèrent que lorganisation doit sadapter à lenvironnement pour être efficace.
( Par son degré de différenciation (qui croît avec lincertitude de lenvironnement).
( Mais seule une intégration adaptée permet la performance : la différenciation interne rendue nécessaire par lenvironnement impose des mécanismes dintégration pour assurer la cohésion de lorganisation.
2.3 Les tentatives de synthèse
( Un groupe de chercheurs anglais de luniversité dASTON (voir §2.2) a étudié les facteurs de contingence sur 46 entreprises.
( Les facteurs retenus sont les suivants (voir tableau ci-dessous).
( Il ressort de létude que la taille et la dépendance de lorganisation par rapport à dautres sont des facteurs contingents de sa structure.
( Linfluence de la technologie avancée par Woodward est relativisée.
( Lauteur réalise une synthèse des approches contingentes dans le cadre dune typologie des configurations organisationnelles (voir §4.2). Il distingue 4 facteurs contingents :
Age et taillePlus âgée ou plus grande = plus formalisée
Grande taille => spécialisation, différenciation
Structure dépendant de lépoque de création.Système techniqueRégulé (travail des opérateurs contrôlé) => formalisation
Technique et complexe => fonctions supports élaborées
Automatisé => spécialistes concentrés sur les machines, développement de structures organiquesEnvironnement (marché, politique,
)Dynamique => structure organique
Complexe => structure décentralisée
Marchés diversifiés => divisions
Hostile => centralisation du pouvoirPouvoirExterne fort => structure centralisée et formalisée
Coalition externe => coalition interne
Mode => influence parfois inadaptée
3 Les limites des théories de la contingence
( Ces théories marquent une évolution par rapport au principe du « one best way ».
( Elles admettent plusieurs solutions dorganisation.
( Mais un lien reste établi entre facteurs de contingence et organisation adaptée («one best way » diversifié, adapté à chaque contexte, mais pas totalement absent).
( Ces théories basées sur des études de terrain.
( Elles sont nombreuses et difficiles à comparer (variables explicatives similaires mais différentes, mal définies, échantillons non comparables,
).
( Elles sont souvent normatives (prescriptions).
( Elles souffrent dempirisme et de faiblesse conceptuelle.
( Peu de considération du pouvoir de lorganisation sur lenvironnement.
2.8 LES THEORIES DE LA FIRME
1 Caractéristiques
( En économie, lentreprise est un agent économique (une « boîte noire ») agissant dans un marché.
( Lorganisation nest cependant pas absente des préoccupations des économistes.
( Dès le 18ème siècle, Adam SMITH étudie la productivité dune fabrique dépingles par la division du travail (et montre un intérêt pour les phénomènes sociaux dans la « Théorie des sentiments moraux »).
( Les théories de la firme tentent dexpliquer le comportement économique de la firme.
( Au-delà de lhypothèse du marché pur et parfait.
( En étudiant les relations économiques entre les principaux acteurs de la firme ou du marché.
2 Les théories contractualistes
( Les théories contractualistes considèrent que les comportements de la firme et de ses partenaires sont encadrés par des contrats sous diverses formes.
( Les auteurs introduisent une théorie du contrôle managérial (théorie managériale), traitant de la séparation entre propriétaires et managers.
( Evolution : lentrepreneur fondateur se retire ou ouvre le capital (besoin de financement), confie lentreprise à des managers (compétences spécifiques).
( Les managers détiennent le pouvoir et peuvent viser leur propre intérêt.
( Les actionnaires peuvent changer (manuvres boursières, OPA) et démettre les managers.
( Nécessité de mécanismes de régulation externes (marchés) et internes (conseil dadministration, actionnaires
).
( R. MARRIS a proposé (1963) un modèle montrant la divergence dintérêts entre managers et actionnaires par lopposition entre augmentation de la valeur de laction et croissance de lentreprise.
( La croissance est un symbole de réussite pour le manager (valorisation personnelle, accroissement du pouvoir, accès à un statut social plus élevé, plus si la rémunération du dirigeant en dépend).
( Elle peut conduire à une chute de la valeur boursière du capital au détriment des actionnaires si elle se fait en 2 temps :
- augmentation de la valeur de laction et développement ;
- contraintes de financement et baisse de laction.
Nota : voir effet de lactionnariat managérial.
Remarque : paradigme = ensemble de faits, de valeurs, de croyances formant une vision du monde.
( La propriété sur un actif a 3 attributs : pouvoir lutiliser (usus), en tirer un revenu (fructus), pouvoir le céder (abusus).
( Les auteurs développent une théorie des droits de propriété fondée sur un idéal de bonne gouvernance et lhypothèse de la recherche dun enrichissement individuel rationnel.
( Tout système économique repose sur le droit de propriété.
( Les auteurs rappellent la séparation entre propriétaires et dirigeant (manager), qui nont pas toujours les mêmes objectifs ni les mêmes informations.
( Il y a délégation contractuelle, par mandat, de la gestion des droits de propriété aux dirigeants.
( La délégation génère des contrôles, des conflits, des jeux de pouvoir (notamment via les marchés financiers).
( La qualité de gestion des managers dépend des droits qui leurs sont conférés (notamment du fructus, qui les assure de profiter des fruits de leurs efforts).
( Les auteurs en déduisent que la qualité des droits de propriété conditionne lefficacité économique.
( Le droit exclusif (seul le propriétaire en profite) est jugé de meilleure qualité.
( La propriété privée est la plus efficace car les droits sont bien définis.
( Lentreprise publique ou la propriété collective sont moins performantes.
( Les auteurs définissent la relation dagence comme un contrat par lequel le principal (1 à n personnes) engage un agent pour exécuter une tâche = mandat (délégation à un mandataire).
( Il y a relation dautorité.
( Mais linformation passe par le mandataire, qui peut la retenir => asymétrie dinformation.
( Des coûts dagence sont générés (établissement dun accord, surveillance,
).
( Il y a problème dagence en cas de divergence dintérêts.
( La théorie de lagence considère lorganisation comme un ensemble de relations dagence (contrats écrits ou non).
( Cest un prolongement de la théorie des droits de propriété.
( Un contrat central définit lautorité et détermine qui bénéficie des fonds résiduels, après exécution des autres contrats.
( Jensen et Meckling montrent que la relation dagence génère, en particulier, un comportement opportuniste de la part des dirigeants, qui sopposent à la volonté des actionnaires en voulant :
- favoriser la croissance, réinvestir les bénéfices ;
- diversifier pour élargir le champ daction ;
- accéder aux exigences des salariés (facilité de fonctionnement) ;
- profiter de dépenses de prestige ou de confort ;
- accroître leur autonomie (réseau personnel, image, projets complexes rendant le remplacement difficile, ...
( Il y a nécessité de contrôler le management, ce qui génère des coûts (incitations financières, conseils, comités, dispositifs de contrôle de gestion).
( Lobjectif est la minimisation des coûts dagence et de lasymétrie dinformation.
( La relation dagence, lasymétrie dinformation et les comportements opportunistes quelle génère, peut être généralisée à diverses situations, comme les relations établies par des contrats entre entreprises.
( Freeman a étendu la notion dagence aux parties prenantes (voir §3.2).
( Modèle « shareholders » = maximisation de la valeur actionnariale.
( Modèle « stakeholders » = servir lintérêt de lensemble des parties (salariés, clients, fournisseurs, état,
et actionnaires).
( Coase remet en cause lhypothèse dun marché parfait formé par un équilibre offre / demande pour justifier lexistence des firmes.
( Le recours au marché est générateur de coûts = prospection, négociation, rédaction et modification des contrats, livraison ...
( La formation des firmes sur le marché sexplique car elles permettent de réduire les coûts (lorganisation remplace en partie le marché par des échanges internes).
( Williamson (successeur de Coase) a développé la théorie des coûts de transaction.
( Les coûts de transaction proviennent notamment des comportements opportunistes (qui perturbent laccès à linformation).
( Lanalyse des coûts de transactions sur le marché peut se résumer ainsi :
Coûts précédant le contrat (ex ante)Recherche de partenaire.
Négociation, rédaction du contrat.Coûts suivant le contrat (ex post)Suivi administratif, contrôle et surveillance.
Modifications de contrat.
Rupture de contrat.
( Lalternative au marché est la production en interne (« par la hiérarchie ») qui génère des coûts de coordination (préparation, contrôle du travail).
( Le rapport coûts de transaction (marché) / coûts de coordination (interne) justifie de produire en interne ou de chercher un produit sur le marché.
( Linformation a un coût en général.
( La taille de lorganisation y augmente les coûts de coordination.
( Les transactions externes subissent quatre facteurs de coût qui peuvent se cumuler :
- la complexité et lincertitude de lenvironnement (nécessité de relations fréquentes entre partenaires);
- le petit nombre de participants au marché (absence de concurrence) ;
- la rationalité limitée des décisions (incapacité à dominer les situations) ;
- la capacité dopportunisme des acteurs (conditions favorisant ruse et dissimulation, asymétrie de linformation, possibilité de tricherie ex ante, ex post = fuite face aux engagements car incomplétude des contrats ...).
Nota : paradoxe de la sélection adverse (G. Akerlof) = lacheteur sait ne pas disposer de toute linformation et négocie le prix au plus bas, éliminant ainsi de bons fournisseurs.
( La firme est finalement vue comme un nud de contrats internes et externes.
( Loptimisation des coûts peut être obtenue par la décentralisation, la divisionnalisation, lexternalisation, linternalisation, la sous-traitance, la concession, le réseau dentreprises
( Voir les arrangements institutionnels, réseaux dentreprises, alliances et partenariats (§ 8.8).
2.9 LES APPROCHES DE LEVOLUTION DES ORGANISATIONS
( Les organisations sont des entités évolutives, qui se transforment sous la contrainte du milieu :
- elles naissent, changent leur comportement et disparaissent ;
- elles exploitent leurs ressources pour se développer et survivre.
( Similitude avec lévolution des espèces (biologie).
1 Les théories évolutionnistes
1.1 Les origines de lévolutionnisme.
( Jean Baptiste LAMARCK (1744 1829), naturaliste, note que lenvironnement pousse les individus à faire évoluer leurs capacités.
( Thomas MALTHUS (1766 1834), économiste - Essai sur le principe de population (1798) considère que les populations saccroissent plus vite que les ressources, ce qui provoque obligatoirement la disparition des plus faibles.
( Charles DARWIN (1809 1882), biologiste De lorigine des espèces par voie de sélection naturelle (1859) introduit une théorie évolutionniste.
( Les populations se transmettent des caractéristiques héréditaires.
( Seules perdurent les populations les plus adaptées à leur environnement.
Remarque : lévolutionnisme soppose au créationnisme (intervention divine).
1.2 La transposition aux organisations.
( Les organisations qui survivent sont celles qui évoluent. Lorganisation adopte de nouveaux comportements, abandonne des caractéristiques obsolètes face à lenvironnement ou disparaît (faillite, rachat).
( Lentrepreneur (notion distincte de celle de chef dentreprise et dactionnaire) est lacteur fondamental de lévolution économique.
( Il incarne linnovation.
( Linnovation est une destruction créatrice (source de croissance et facteur de crise) en faisant disparaître les anciennes façons de faire.
( Schumpeter est fondateur de lévolutionnisme économique (évolution et transformation des entités économiques).
1.3 Les principales thèses évolutionnistes
( Les auteurs introduisent un modèle écologique des populations dorganisations, comparables aux populations humaines.
( Dans ce modèle, les organisations ne peuvent pas sadapter volontairement aux évolutions de lenvironnement (adaptation non cognitive) en raison de contraintes.
( Contraintes internes (inertie structurelle) :
- investissements existants (coûts enfouis) ;
- information restreinte ou déformée ;
- coût des réorganisations et contraintes politiques ;
- accords existants.
( Contraintes externes :
- barrières à lentrée et à la sortie des marchés ;
- coût de linformation sur les marchés ;
- légitimité ;
- rationalité collective (solutions catastrophiques si elles sont adoptées par de nombreuses organisations).
( Evolutions difficiles à anticiper, stratégies résultant du hasard.
( Pour Hannan et Freeman, lenvironnement domine et sélectionne les organisations en trois étapes :
- variation (de lenvironnement) ;
- sélection (apparition de formes nouvelles dorganisation et sélection positive maintien- ou négative -disparition) ;
- rétention des évolutions positives (qui peuvent devenir défavorables face à de nouvelles variations), c'est-à-dire maintien et reproduction des formes sélectionnées positivement.
( Le résultat de cette évolution nest pas forcément un ordre meilleur, il ny a pas dobjectif final.
( La réussite des nouvelles organisations est hasardeuse :
- une arrivée tardive sur un marché augmente le risque dêtre exposé à une nouvelle variation ;
- une arrivée précoce expose au risque de sélection négative.
( Les auteurs proposent une théorie évolutionniste où la sélection laisse une place à ladaptation.
( Lorganisation construit ses routines par lexpérience (procédures, comportements, réponse aux situations), doù naissance de compétence distinctive dadaptation.
( Mais les routines limitent la flexibilité.
( La spécificité de la firme est sa capacité à reproduire des comportements efficaces, à les adapter sinon.
( Lhistoire de lorganisation conditionne ainsi ses possibilités dévolution selon une contrainte de sentier (path dependancy).
2 La gestion des ressources et des compétences
( Ressources : financières, matérielles (locaux, machines,
), technologiques (savoir-faire), image (marque, notoriété,
), organisation (procédures, SI,
), humaines.
( Compétence : capacité à valoriser les ressources (individuelles ou collectives).
( Penrose distingue les ressources matérielles et humaines qui, pour elle, conditionnent lévolution (la croissance) de lentreprise. Elle a fondé une approche de lorganisation par ses ressources.
( Les auteurs proposent un management des ressources et des compétences, « Resource based view » (voir § 8.4), en réponse à la difficulté dagir en fonction dun environnement trop instable.
( La capacité à valoriser ses ressources est un facteur de succès pour lorganisation.
( On distingue les compétences clés (core competences), qui sont des compétences distinctives dont le développement donne un avantage à lorganisation.
( Chris ARGYRIS (voir §2.3) considère quil faut favoriser le développement personnel des individus pour bénéficier de leur énergie psychologique.
3 Lapprentissage organisationnel
( Apprentissage organisationnel = capacité dune organisation à saméliorer en capitalisant ses apprentissages.
3.1 Lorganisation apprenante
( Edith PENROSE (cf. supra) suppose que la croissance de lorganisation est basée sur lévolution de ses connaissances. Les dirigeants sont notamment motivés par la résolution de problèmes émergents et la connaissance est au centre des processus de changement.
( CYERT et MARCH (1963, voir 2.5) conceptualisent lorganisation comme un système qui apprend de ses expériences.
( Lapprentissage organisationnel modifie le comportement de lorganisation.
( Face à lenvironnement extérieur, lorganisation évolue en modifiant ses objectifs et ses règles.
( Schön et Argyris développent le principe de lapprentissage organisationnel :
- processus dajustement des comportements de lorganisation face à lenvironnement ;
- transformation des connaissances organisationnelles ;
- amélioration des compétences utiles.
( Pour ces auteurs, lentreprise apprend dans laction (détection et correction des erreurs, amélioration des comportements).
( Action réelle et laction professée correspondent à deux niveaux dapprentissage organisationnel.
( Lapprentissage en simple boucle concerne laction réelle :
- il ne remet pas en cause les principes directeurs, les règles de décision ;
- il intériorise les actions et les formalise dans des routines (procédures) réutilisables ;
- il use de limitation (dont celle de la concurrence).
=> Amélioration pratique, opérationnelle.
=> Inadaptation à laffrontement de situations nouvelles.
( Lapprentissage en double boucle concerne laction professée :
- il modifie les principes, les règles, les valeurs directrices ;
- il change véritablement le comportement de lorganisation.
=> Expérimentation de solutions novatrices.
=> Changements profonds (structure, valeurs, méthodes, marchés,
).
( Obstacles à lapprentissage organisationnel :
- changements fréquents et aléatoires des situations (pas dexpérience accumulée) ;
- situations redondantes (ancrage des routines) ;
- situations complexes (analyse causale difficile) ;
- structures hiérarchiques rigides ;
- coûts engendrés par des remises en cause profondes.
( Lorganisation apprenante doit fonctionner en double boucle, surmonter les routines, lentrave des fonctionnements hiérarchiques, linertie des outils et méthodes de gestion.
( Ceci nécessite notamment une bonne dynamique de groupe, des relations interpersonnelles de qualité et la résolution des conflits (voir § 6.3 et 6.4).
3.2 Le management des connaissances
( Les groupes stables capitalisent des connaissances par lexpérience.
( Au sein des équipes, quil est contre-productif de « casser » si elles sont performantes.
( Au sein de lorganisation dans son ensemble.
( Lexpérience permet notamment lacquisition de connaissances tacites (savoir faire, tour de main, secret de métier) qui peuvent parfois être formalisées, mais qui se transmettent le plus souvent par la relation directe entre salariés dans le cadre du travail (la formation des équipes a une grande importance dans le transfert traditionnel des connaissances).
( Les auteurs ont schématisé le processus de création de connaissance dans lorganisation dans une spirale de la connaissance (acquisition de connaissances en 4 étapes individuelles ou collectives - modèle SECI) :
ConnaissanceIndividuelleCollective
Tacite1 Socialisation (le savoir tacite dune personne passe à une autre par le travail en commun)2 Externalisation, formulation ou articulation (le tacite est explicité, formalisé par la parole, des modèles)
Explicite4 Intériorisation (lexplicite devient implicite par laccumulation dexpériences ( « intuition »)3 Combinaison (réaménagement de lexplicite dans un langage commun, association pour donner naissance à de nouvelles connaissances)
( Le management des connaissances est une démarche globale, qui doit impliquer toute lorganisation, pour constituer une mémoire collective accessible à tous.
( Il favorise la collecte des informations et incite les acteurs à dépasser la recherche davantages individuels (rétention dinformation).
( La capitalisation des connaissances pose des problèmes dordre technique :
- identification de la connaissance utile ;
- formalisation (représentation) ;
- mémorisation ;
- extraction (comment retrouver la connaissance en cas de besoin) ;
- transmission (comment la connaissance peut-elle être intégrée par un individu).
( Des systèmes informatiques de « knowledge management - KM » peuvent favoriser la gestion des connaissances (sans se substituer à une action du management sur les hommes).
3.1 LA CHAINE DE VALEUR
(Voir UE 11)
1 La chaîne de valeur
( Lentreprise agit sur un marché concurrentiel, elle doit combiner judicieusement des activités pour créer une valeur intéressant sa clientèle finale en générant une marge => concept de chaîne de valeur.
Remarque : le concept de création de valeur sapplique par extension à toutes les formes dorganisation.
( La chaîne de valeur regroupe des activités internes à lentreprise.
( Au plan économique global, elle sinsère dans un système de valeur (filière, industrie).
( Elle intègre un ou plusieurs domaines dactivité stratégiques (DAS), ensemble dactivités économiques similaires, relevant de la même stratégie (voir 8.1).
( Elle inclut des processus de production, qui combinent des activités élémentaires (voir 4.2).
Remarque : un secteur (INSEE) regroupe les entreprises ayant la même activité principale (une branche regroupe les mêmes activités).
( Relations entre chaîne de valeur et filière (illustration) :
Activité économique C1A1
Activité économique C1A2
Activité économique C1A3
/
Activité économique C1AN-1
Activité économique C1AN
Activité économique C2A1
Activité économique C2A2
Activité économique C2A3
/
Activité économique C2AM-1
Activité économique C2AM
Exemple : filière bois ( sylviculture, équipements industriels, découpe, semi-finis, habitat bois,
(activités économiques).
2 Analyse de la chaîne de valeur
( Lanalyse de la chaîne de valeur met en évidence les sources internes de valeur permettant de satisfaire les clients. On y distingue activités de base, opérationnelles ou principales (cur du métier) et activités de soutien (ou dappui).
( Les activités principales sont :
la logistique interne (gestion des flux physiques amont, liaison entre approvisionnement et production, manutention, réception, stockage, diffusion des matières premières, des sous-produits, des éléments sous-traités,
) ;
la production (transformation, emballage, contrôle qualité);
la logistique externe (gestion des flux physiques en aval, stockage des produits finis, gestion de plateformes de stockage, gestion des commandes clients, distribution des produits, transports,
) ;
la commercialisation (marketing, communication produit, prise de commande, force de vente, circuits de vente) ;
les services (installation, assistance, formation, réparation, pièces de rechange, après-vente en général,
).
( Les activités de soutien sont :
linfrastructure (management, services administratifs, financiers, planification, organisation, contrôle de gestion, circulation des informations, système dinformation, mise en uvre déquipements hors activités principales,
) ;
la GRH (gestion prévisionnelle, recrutement, formation, rémunérations, promotions, motivation,
) ;
la recherche et développement (méthodes, mise au point et mise en oeuvre des technologies, innovation, brevets,
) ;
les approvisionnements (matières, fournitures, sous-traitance,
).
(Image tirée du site http://www.etudorca.com/Pages%20niveau%202/chaine_de_valeur.htm)
INCLUDEPICTURE "http://www.etudorca.com/images/chaine%20valeur.gif" \* MERGEFORMATINET
( Les activités sont interdépendantes, et les liaisons entre activités conditionnent la création de valeur, comme les activités elles-mêmes.
( Entre activités principales : équilibrage des performances, goulets détranglement, flux régulé ?
( Entre activités de soutien et principales : service correct (RH, système dinformation,
), bonnes coordinations, pas dattentes générées, participation à loptimisation des flux, coût du service ?
( Entre activités de soutien : performance du SI, intégration, communication ?
( Les TIC ont un impact particulier sur la coordination des activités et la performance de lentreprise.
3 Utilisation de la chaîne de valeur
( La chaîne de valeur est un outil de management qui permet danalyser la performance de lorganisation et de chercher à laméliorer :
- dans labsolu, en optimisant ses activités internes et leur enchaînement. En particulier en sappuyant sur le contrôle de gestion et la comptabilité de gestion (méthode ABC, voir § 5.5) ;
- relativement, en replaçant la chaîne de valeur dans la filière ou lindustrie, cest à dire face à la concurrence et aux éventuels partenaires => actions pour améliorer la position concurrentielle (voir § 8.3).
Remarque : les travaux de Porter concernent plus généralement la recherche dun avantage concurrentiel (voir § 8.2).
3.2 LES PARTIES PRENANTES
1 Les parties prenantes.
( Lentreprise doit satisfaire ses clients, et pour cela les salariés, actionnaires, fournisseurs,
qui contribuent à sa chaîne de valeur.
( Est partie prenante : « tout groupe ou individu qui peut être affecté ou est affecté par les buts de lorganisation
» (Edward Freeman 1985, voir § 2.8).
( Les parties prenantes attendent de profiter de la valeur créée par lentreprise.
( Les organisations sans objectif de profit doivent aussi satisfaire leurs parties prenantes pour éviter réclamations, procédures correctives, non renouvellement de cotisation,
et fournir durablement le service attendu.
( Dans une organisation, on distingue :
- parties prenantes primaires ou principales, essentielles, qui ont une relation formelle avec lentreprise (clients, associés et actionnaires, prêteurs, salariés, fournisseurs, collectivités).
- parties prenantes secondaires : qui influencent indirectement lentreprise (groupes de pression, associations, ONG, médias, instances européennes, agences de notation,
).
( Ensemble des parties prenantes = « stakeholders ».
( Actionnaires = « shareholders ».
( Le management doit organiser laction pour faire face au contexte et satisfaire les parties prenantes, ce qui peut se symboliser ainsi :
Remarque : le management (direction, CA), qui détermine laction de lorganisation et choisit de répartir la valeur, est implicitement exclu des parties prenantes.
2 Le management par la valeur
2.1 La recherche dune valeur optimale
( Lanalyse de la valeur des produits est née en 1947 aux Etats-Unis (General Electrics, voir § 5.7)
( Elaboration de produits conformes aux attentes de la clientèle, mais sans excès (compromis valeur / coût).
Exemple : inutile de produire une petite voiture urbaine capable de parcourir 500 000 Km sans panne majeure.
( Lanalyse de la chaîne de valeur (PORTER, voir § 3.1) a un objectif similaire, mais étendu aux processus de lentreprise, avec comme objectif la production dune valeur pour le client et dune marge.
( Le management par la valeur est un prolongement qui généralise ces concepts en cherchant la création de valeur pour lensemble des parties prenantes de lentreprise.
( Selon la norme européenne EN 12973 (1999), cest :
- un style de management pour mobiliser les individus, promouvoir compétences et l'innovation ;
- qui vise la maximisation de la performance globale en cohérence avec le management de la qualité.
( Il est guidé par les questions : quelle valeur, quelles parties prenantes ?
2.2 La création de valeur client
( Le client est supposé acheter le produit qui présente la différence (Valeur perçue Prix perçu) la plus favorable.
( La valeur perçue ou intrinsèque intègre :
une valeur dusage (le produit répond à un besoin) ;
une valeur destime (limage apportée par le produit, un aspect affectif) ;
une valeur déchange (déduite de lespoir de revente du produit).
( Ces valeurs dépendent implicitement de la qualité perçue ou réelle du produit.
( La valeur perçue est subjective, elle est influencée par la presse, les associations de consommateurs,
( Le prix perçu intègre le prix de vente et le coût dobtention du produit (coût de transaction).
( Dans un second temps, la « satisfaction client » permet sa fidélisation, ce qui influence le coût du produit et le prix perçu :
- lentreprise gagne sur les coûts de recherche de clientèle ;
- le client ne recherche pas un nouveau fournisseur et abaisse son coût dobtention.
( Cette analyse montre que la valeur créée pour le client est déterminée par la chaîne de valeur dans son ensemble, de la conception du produit jusquà sa livraison et son après-vente et quelle nintègre pas que des éléments chiffrables objectivement.
2.3 - La création de valeur pour les salariés.
( La création dune valeur jugée suffisante pour et par les salariés est nécessaire à la satisfaction des clients.
( Pour disposer du personnel nécessaire, formé, stable, intéressé à son emploi,
( Elle est prioritaire pour les employés dont lentreprise souhaite conserver les compétences.
( Elle ne comprend pas que le salaire, mais intègre des éléments subjectifs comme le sentiment dappartenance, la sécurité de lemploi, laccomplissement au travail
( La détermination de la valeur créée pour les salariés nécessite donc de distinguer la rétribution perçue du salaire objectif.
2.4 La création de valeur pour les actionnaires.
( Cest la contrepartie de lapport de fonds, servie en termes monétaires (dividende ou augmentation de la valeur des titres négociables).
( La valeur attribuée aux titres par les actionnaires est influencée par limage de lentreprise, le risque quelle présente et ses projets de développement (voir § 5.5).
( Limportance croissante de lactionnariat, notamment institutionnel, dans le financement des entreprises cotées en bourse, conduit à la création dindicateurs de performance spécifiques.
( La Valeur ajoutée économique (EVA ® Stern Stewart), parfois dénommée VEC valeur économique créée, en est un exemple.
( LEVA prend en compte le coût des capitaux :
EVA = (PO) profit opérationnel coût des capitaux
- PO = bénéfice courant hors intérêts et net dimpôt ;
- coût des capitaux = t x CE (capitaux employés) ;
- t = taux moyen pondéré de rémunération du capital (résultant par exemple de la rentabilité exigée par les investisseurs et des taux demprunts bancaires) ;
- CE = capitaux propres et dettes portant intérêt.
( LEVA est positive si lentreprise créée de la valeur après rémunération des capitaux (sa valeur boursière doit augmenter).
( Le critère « EVA », s il prend une importance excessive, peut conduire à chercher la rentabilité à court terme.
Complément (exemple) : l entreprise X dispose d un capital de 2 500 000 ¬ et réalise un bénéfice net d impôt de 450 000 ¬ (taux 33 1/3%). Un dividende de 6% doit être versé aux actionnaires et la banque lui a accordé un prêt de 1 200 000 ¬ à 4%. Les autres constituants du résultat sont négligeables.
Résultat opérationnel = 450 000 + 0,04 x 1 200 000 x 2/3 = 482 000 ¬ .
Coût des capitaux = 0,06 x 2 500 000 + 0,04 x 1 200 000 x 2/3 = 182 000 ¬
EVA = 300 000 ¬
Taux moyen de rémunération du capital = (0,04 x 1 200 000 x2/3 + 0,06 x 2 500 000) / 3 700 000, Soit 4,92 %.
2.5 Autres créations de valeur.
( Pour les fournisseurs : revenus, délai de paiement, transferts de savoir faire aux sous-traitants, coopération suivie, intégration à des campagnes de promotion,
( La valeur consentie aux fournisseurs influence qualité et délais.
( Pour la collectivité : taxes, prestations en nature, effort de préservation de lenvironnement, implantations, comportement citoyen, participation à la vie collective
( Pour les ONG, associations de protection de lenvironnement,
: respect des droits de lhomme, de lenvironnement,
3.3 LES DEFIS CONTEMPORAINS DU MANAGEMENT
1 Lévolution du contexte économique et politique.
( Lévolution du contexte économique est marquée depuis trente ans par une activité économique croissante, le développement des échanges internationaux, la dématérialisation et le déplacement de la croissance vers des pays émergeants :
PhénomèneTraductionEffetsDé réglementation, globalisation financière, titrisationLibre circulation des capitaux, accès des particuliers au marché boursier (direct, OPCVM et SICAV)( du financement des entreprises sur le marché boursier Fonds de pension, fonds souverains Poids dinvestisseurs institutionnels cherchant un haut rendement financier (dividendes, valorisation)( pression sur le management des entreprises concernéesMondialisationLiberté des échanges internationaux( concurrence, délocalisation (biens et services), recentrage, transports
( emploi occidental, influence des politiquesBaisse de lemploi industriel occidental Automatisation, délocalisation( commerce, services, chômage, charge socialeRestructurations, recherche de taille critique internationaleOptimisation des entreprises, abaissement des coûts, économies déchelle, volonté dinfluencer le marchéRecentrages, externalisations, fusions, délocalisations, constitution de grands groupes internationauxNTIC (nouvelles technologies de linformation et de la communication)Dématérialisation des échanges, réseaux (dont internet)Nouveau commerce, marché mondial, nouvelle distribution.
Délocalisation du travail intellectuel.
Concurrence accrueRaréfaction relative des matières premièresRecherche de substituts, exploration minière, coûts dexploitation accrus( coûts, variations de cours des matières, déstabilisations politiquesEvolution géopolitique et économique mondialeTransformation des économies collectivistes, pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie)
Croissance de la population (4 à 6 ,7 milliards de 1970 à 2008)( Libéralisme, nouvelles menaces /opportunités, partage des ressources, inégalités.
( Soutien aux PVD« Terrorisme »Pression de groupes armés peu ou pas contrôlésDéstabilisations régionales, charge des dépenses militaires mondialesDéveloppement durableRecherche dune croissance équitable et respectueuse de lenvironnementPression sur les entreprises (états, associations de consommateurs, écologistes, ONG)
Problème du rattrapage des pays émergents.
2 Les défis du management
( Dans ce contexte évolutif, voire tourmenté, la construction dune vision crédible (composante du leadership) est essentielle. Les principaux défis du management peuvent se résumer ainsi :
Objectif du managementJustificationFacteurs de réussiteConstruire une visionEclairer lavenir de lentreprise, souder, motiverEffort réel de prospection, volontarisme de la direction, bonne communicationRéactivité et flexibilité (à tous niveaux)Sadapter rapidement au marchéBonne organisation, personnel compétent, autonome et motivé, structure hiérarchique allégée, robotisation, ... Dégager des profitsRémunérer les apporteurs de capitaux, sautofinancerAjuster stratégie, coûts et structuresExploiter les nouvelles technologiesRéactivité, ajuster coûts et délais, répondre au marché, fidéliser les clientsSI pertinent, éviter le coût excessif dinvestissements trop en « pointe » (« essuyer les plâtres »), utiliser judicieusement les services extérieursBâtir des alliances (contrats, fusions)Développer une activité, limiter les coûts de transaction, atteindre une taille critique, se recentrer sur une activité profitable, accéder à une technologieDominer les processus de production, avoir une identité lisible, parfois externaliser, se doter dune capacité financière adaptéeValoriser limageAttirer les clients, favoriser les alliances, donner confiance, fidéliser les parties prenantesInstaurer des règles de gouvernance, intégrer le développement durable, respecter lenvironnementGérer les risques Faire face aux aléas politiques, économiques, sociaux, technologiques, écologiques et légauxSystème dalerte, gestion des crises, apprentissage, contrôle interne Gérer le changementFaire face aux évolutions :
- demande, prix
- marché, concurrence, alliances
- financières, boursières
- technologiques
- politiques et réglementaires
- sociologiques
- internes (direction
) Bonne communication (donner du sens au changement, obtenir ladhésion)
Rassembler, gérer la culture
Gérer les connaissances, les compétences, former le personnel
InnoverGarder ou trouver un avantage concurrentiel, se différencierVeille technologique et commerciale, intelligence économique, investissement, organisation de la RD Ouverture internationaleElargir le marché, saisir les opportunitésVeille commerciale, partenariats, internet
3 Les techniques face aux défis
( Les techniques de gestion et de management évoluent et apportent des outils pour faire face aux défis contemporains.
Remarque : les nouvelles techniques sont elles-mêmes génératrices de défis dès lors quelles simposent par la concurrence.
Principaux concepts / techniques / outilsIncidence principale sur Internet
- e-commerce (commerce électronique, site entreprise, B2C), places de marché (B2B)
- CRM ou GRC (gestion de la relation client)
- e-procurement (gestion des approvisionnements par le réseau)
- messagerie électronique
- e-recrutement
Vente, accès au marché
Relation client personnalisée, fidélisation
Délais, coûts
Communication, transfert de données (pièces jointes), tous domaines
Communication, recrutementIntranet, réseau dentreprise, SI
- knowledge management (gestion des connaissances)
- e-learning (apprentissage en ligne)
- plateforme de travail collaboratif (groupware)
- workflow (circulation électronique de documents, enchaînement de processus)
- e-RH, portail RH (libre accès aux postes à pourvoir, informations, candidatures,
)
- PGI (progiciel de gestion intégré) ou ERP
Innovation, capacité au changement, veille documentaire
Formation du personnel, accompagnement des changements
Coordination, communication interne
Coordination
Communication interne (externe si ouverture internet), climat dentreprise, recrutement, plans de carrières,
Coûts, changement dorganisation, difficultés dimplémentation, fiabilité du système dinformation, délais, continuité des activitésLogistique intégrée
Supply Chain Management (SCM), gestion de la logistique (incluant les approvisionnements)
Processus de production, délais, coûts
ExternalisationValorisation du capital humain
GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences)
Coaching
Empowerment (empouvoirement)
Réactivité de lentreprise, optimisation des compétences, rendements individuels, ( turn-over, motivation
Efficacité et progrès individuels, contrôle, régulation
Autonomie, compétences des employésApproches transversales
Management de processus, de produits
Management par projets
Démarche qualité totale (TQM total quality management)
Benchmarking, réingéniérie
Coûts, qualité, délais, flexibilité, décloisonnement des activités, organisation et compétences, externalisation
Adaptation à des situations non standard, personnalisation des produits, adaptation des moyens aux charges
Amélioration des processus (métiers et supports)
Amélioration des processus, restructurationManagement par la valeur
Parties prenantes
Satisfaction des parties prenantes, financement, motivation, collaborations,
Collaboration inter organisations
Réseaux dentreprises, alliances
EDI (échange de données informatisées), extranet
Impartition, externalisation (outsourcing)
Coûts, recentrage, investissements, lancement dactivité
Coûts, réactivité, délais, relations avec ladministration
Coûts, recentrage, limitation des investissements, accès aux technologies et savoirs-fairesEthique dentreprise
Gouvernance dentreprise (mode de direction encadré par des règles)
Rôle sociétal (RSE), développement durable, environnement
Image de lentreprise, régulation du top management, relations actionnaires
Image, évite des pénalités, objectifs stratégiques
4 La gestion du risque
( La gestion du risque est essentielle dans un environnement instable. Elle consiste à faire face aux aléas exposant lorganisation à un danger significatif.
( La prévention (ladaptation des projets et des méthodes) permet de limiter les risques, mais il ny a pas de risque nul.
( Il est nécessaire dévaluer les risques et de les filtrer selon leur importance : la recherche du risque « 0 » peut paralyser lorganisation et conduire à léchec (blocage, lourdeur procédurale).
( Quand lévénement risqué survient, il faut savoir réagir et traiter la crise éventuelle.
( Les risques peuvent être distingués.
( Par leur origine : conjoncture, sociale, politique, accident, malveillance.
( Par leur nature : réglementaire (non respect des lois), technologique, organisationnel (inadaptation), économique (stratégie, marché), financier, humain (social ou individuel), informationnel, environnemental, etc.
( Par leur niveau : vital, important et exceptionnel, courant.
( Les méthodes permettant de faire face au risque sont principalement :
- lanticipation (sassurer, prévoir des procédures palliatives en urgence pour les risques prévisibles) ;
- au niveau stratégique, lélaboration de plusieurs scénarios ;
- la création dun système dalerte rapide (qui concerne aussi les risques imprévisibles) ;
- la prévision de la gestion de la crise (réaction organisée = prévoir une structure ou cellule de crise, sinformer et voir la situation réelle, envisager des scénarios de crise, limiter les effets et le développement de la crise, poursuivre lexploitation en contexte instable) ;
- la mise en place de procédures dapprentissage (amélioration des réactions au fil des événements) en associant les parties prenantes concernées ;
- le transfert de risque (assurance, sous-traitance) ;
- la répartition du risque (diversification des activités, décentralisation
).
3.4 LA RESPONSABILITE SOCIETALE DE LENTREPRISE
1 Le rôle sociétal des entreprises
( La responsabilité sociale (ou sociétale) de lentreprise (RSE) est le rôle quelle prend dans la société, au-delà de son activité purement génératrice de profit. On parle aussi dentreprise citoyenne.
( Préoccupation sociale vis-à-vis des salariés (sécurité, développement personnel,
).
( Prise en compte de la vision portée par lextérieur sur lentreprise (emploi, aménagement du territoire, environnement, ...).
( Pour la commission européenne, la RSE est l«intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ».
( La RSE est reconnu en France par la loi « NRE » de 2001 (loi sur les nouvelles régulations économiques) = obligation des sociétés française cotées détablir un rapport annuel de leur gestion sociale et environnementale au travers de leur activité.
( La RSE est la déclinaison au niveau de lentreprise du concept de développement durable (DD), dont les trois piliers sont :
- économique (favoriser le développement, les échanges internationaux) ;
- social (accès aux soins, éducation, conditions de travail,
) ;
- environnemental (pollution, préservation des ressources,
).
( Le DD est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (Commission mondiale sur lenvironnement et le développement 1987).
( La norme ISO 14000 intègre le DD.
( Répercussions possibles de la RSE sur lactivité économique de lentreprise.
( Construction dune image (valorisante ou non).
( Baisse de certains coûts (consommations dénergies, transports,
).
( Apparition progressive de taxes écologiques (internalisation des externalités négatives).
2 Léthique dentreprise
( Définition de lEBEN (European Business Ethic Network) : « Léthique nest pas un ensemble de principes figés mais une ouverture desprit conduisant à la réflexion continue dans la recherche du bien (commun et individuel) ».
( Léthique, voisine de la morale, suppose :
- le respect des personnes, la solidarité ;
- la loyauté, lhonnêteté, le respect du droit ;
( Elle exclue : tromperie, privilèges, délit dinitié, intimidation, discrimination,
( Elle concerne toutes les parties prenantes (dont les salariés).
( Elle considère lautorité légitime si elle contribue au bien commun.
( La démarche éthique impose une vision à long terme, car des coûts éthiques peuvent apparaître à court terme. Elle peut nécessiter :
- des arbitrages (certains sont intégrés dans la loi) ;
- lintégration à une culture dentreprise (voir § 7.5) ;
- la création dun comité déthique.
( Léthique dentreprise a notamment été développée par Octave GELINIER (voir § 7.1). Elle est très proche de la notion de RSE avec laquelle elle est souvent confondue.
( La gouvernance dentreprise (voir § 7.1) est un mode de direction encadré par des règles qui concernent la répartition et lexercice du pouvoir. La gouvernance peut être guidée par des règles éthiques (parfois résumées dans une charte) destinées à réguler le top management.
3 Les limites de la RSE
( Une étude du Conference Board (2002) liste les défis du management, vus par 700 leaders mondiaux.
( Soit en résumé, avec indication du score correspondant :
1 Fidéliser les clients (42%)2 Réduire les coûts (38%)3 Accroître flexibilité et réactivité (29%)4 Amener les employés à adhérer aux valeurs et visions de lentreprise (26%)5 Développer et retenir les leaders (25%)6 Gérer acquisitions et alliances (24%)7 Accroître linnovation (20%)En fin de classement : citoyenneté et réputation (4%) et amélioration de la diversité (3%)
4.1 LES STRUCTURES TYPES DE LORGANISATION
Structure = assemblage qui sous-tend ce qui est observable (forme, fonction).
Fonction = un rôle particulier dans le fonctionnement de lorganisation.
1 La structure de lorganisation
1.1 Caractéristiques générales
( Une structure est la «
somme totale des moyens employés pour diviser le travail entre tâches distinctes et pour ensuite assurer la coordination entre ces tâches » (Henry MINTZBERG).
( Répartition des tâches (division du travail), agencement des ressources.
( Communications pour coordonner lensemble.
( But = agir dans le sens souhaité (atteindre les objectifs).
( La structure est formelle (explicite, officielle, décrite) ou informelle (implicite, spontanée).
( Une structure formelle est composée dorganes ou unités :
- opérationnels ou dexploitation (qui assurent le service aux clients = conception, fabrication, vente, AV,
) ;
- fonctionnels (soutien aux organes opérationnels = RH, comptabilité,
) ;
- détat major (direction générale, de département, de fonction, de division).
( Selon son ampleur, son degré de spécialisation, sa situation hiérarchique ou limportance qui lui est accordée par la direction générale, une unité structurelle peut être :
- une direction (commerciale, production, comptable et financière,
) ;
- un département (comptabilité, RH, export, SI,
) ;
- un service (paie, informatique de gestion, études,
) ou un atelier ;
- une cellule fonctionnelle.
( Les liaisons entre organes sont :
- hiérarchiques (relation ordre compte rendu) ;
- fonctionnelles (apport dun service spécialisé), en particulier de conseil (apport dune expertise, dun avis, sans intervention dans le processus ni pouvoir formel).
( La structure génère des relations de pouvoir et dinfluence.
( Le niveau le plus fin de la structure est le poste de travail qui se résume par un ensemble de tâches à accomplir.
( Le poste est situé dans une unité à un certain niveau hiérarchique.
( Les postes sont regroupés dans les unités pour assurer lefficacité du travail (meilleur rendement de chaque poste et meilleure coordination des postes) :
- les postes ayant à agir fréquemment ensemble sont placés dans une même entité ;
- idem (en général) pour les postes effectuant des tâches de même nature, relevant de la même spécialité ou utilisant les mêmes équipements ;
- le regroupement doit faire que les communications entre unités sont moins fréquentes quà lintérieur dune unité.
Exemple : 1, 2,
sont des postes de travail.
1.2 La coordination
( La division du travail impose des coordinations.
( Coordination hiérarchique (contrôle par le chef).
( Coordination par dautres moyens :
- réunions ou comités ;
- délégations dun service dans un autre (postes de liaison) = une personne est déléguée pour veiller à la cohérence des actions ;
- responsabilité de projet, de client, de produit.
( Henry MINTZBERG (voir §2.7) propose une typologie des mécanismes de coordination :
Supervision directeHiérarchique (ordres, contrôle), unité de commandement (FAYOL) ou compétence technique (TAYLOR)Ajustement mutuelEchanges informels entre personnes (possible dans des équipes peu nombreuses, favorise la réactivité, nécessaire pour les travaux complexes)Standardisation (nécessaire quand les solutions précédentes ne suffisent pasDes procédés de travailLes coordinations sont prévues dans des procédures (TAYLOR)Des normesDes normes et des valeurs communes assurent la concordance des actions (régulation culturelle par exemple)Des qualificationsLes compétences et les savoirs garantissent que le travail se fait correctement (exemple : pilote, expert comptable)Des résultatsLa définition des résultats à atteindre induit la synchronisation de spécialistes assez autonomes
( Plusieurs mécanismes de coordination peuvent coexister.
1.3 Lorganigramme
( Lorganigramme est la représentation graphique dune structure formelle.
( « Carte » hiérarchique et/ou fonctionnelle.
( Vision densemble claire, mais simplificatrice (les liens informels ne sont pas représentés).
( Peut porter des informations quantitatives (effectifs, budgets), les noms des responsables.
( Normalisation AFNOR association française de normalisation (facultative).
( Lorganigramme nécessite des mises à jour.
Exemple dorganigramme « en bannière » de présentation libre (extrait dun sujet de baccalauréat STT 1996)
2 Les structures types
( En référence aux principaux apports de ces auteurs, la structure fonctionnelle est parfois attachée au nom de Taylor (autorité fonctionnelle, répartie entre plusieurs fonctions ou contremaîtres spécialisés) et la structure hiérarchique à celui de Fayol (autorité hiérarchique unique).
( Voir cependant louvrage de Fayol, qui distingue 6 fonctions insérées dans une hiérarchie (§ 2.2).
2.1 La structure fonctionnelle
( La structure fonctionnelle différencie les activités de lentreprise en les regroupant par métier pour utiliser au mieux les compétences et les moyens (meilleur rendement par la spécialisation, léchange de compétences dans une même unité ou grâce à des économies déchelle).
( Cest une évolution naturelle des structures :
- lentreprise naissante na pas de structure établie (activités réparties sous la direction du chef dentreprise ou structure informelle) ;
- le développement amène un découpage fonctionnel en unités maîtrisant une partie des activités ;
- le découpage correspond généralement aux étapes du processus de production ;
- il correspond à des responsabilités bien identifiées (cadre à temps plein, chef de service).
( La structure fonctionnelle a fréquemment une base hiérarchique (line).
( Elle peut intégrer des formes dautorité fonctionnelle (staff) reposant sur des spécialistes qui interviennent en dehors du schéma hiérarchique.
( La coexistence de liens hiérarchiques et fonctionnels donne une structure staff and line (« hiérarchico fonctionnelle »).
(Exemple indiquant les principales interventions des fonctionnels)
2.2 La structure divisionnelle
( Cest la structure des grandes entreprises diversifiées (voir §2.4, SLOAN Général Motors) :
- découpage par groupes stratégiques (souvent par produit, clientèle, zone géographique) ;
- une division équivaut à une entreprise (direction, structure) ;
- la division est un centre de profit (elle doit assurer sa rentabilité);
- les divisions sont supervisées par une direction générale.
Exemples : division Asie, division grands comptes, division aéronautique.
( La direction générale contrôle plus ou moins les divisions :
- définition des critères de structuration (métier, géographie,
) ;
- définition de la stratégie globale ;
- mise en place de règles comptables et financières communes ;
- répartition des ressources financières ;
- fixation des critères de performance des divisions ;
- nomination des directeurs de division ;
- mise à disposition de services communs (juridique, informatique,
).
( Avantages et inconvénients :
- décentralisation des décisions, adaptation au marché, autonomie des changements dans les divisions, facilite lévaluation des activités divisionnalisées, économies (services communs) ;
- dispersion des ressources, coordination de divisions en concurrence, inertie de la structure (le découpage en divisions ne peut être modifié fréquemment).
Remarque : le découpage par fonctions est symbolisé par « U » (unitary), le découpage en divisions par « M » (multiple).
2.3 Les théories de base de la structuration de lorganisation
( TAYLOR (voir §2.2) = division du travail et autorité fonctionnelle. Lexécutant suit les consignes de plusieurs responsables fonctionnels.
( Parfaite définition des tâches.
( Mais vision partielle de chaque spécialiste.
( Qui consulter en cas de difficulté ?
( Possibilité dordres contradictoires.
( FAYOL (voir §2.2) = unité de commandement, ordres venant du supérieur hiérarchique.
( Clarté de lorganisation, on sait toujours à qui sadresser.
( Mais le fonctionnement est rigide, lencadrement peut saturer.
( Multiplication des niveaux hiérarchiques (limites des possibilités dencadrement par une personne, 80 au maximum, variable toutefois selon les activités).
( La structure mixte (staff and line) permet de disposer dune hiérarchie claire et de lapport de spécialistes.
( Mais elle peut générer des conflits hiérarchie / spécialistes, des confusions de responsabilités, une certaine lourdeur de fonctionnement.
( LAWRENCE et LORSCH (voir §2.7) distinguent différenciation et intégration des activités, en réaction à lenvironnement.
( Différenciation au sein des structures fonctionnelles.
( CHANDLER (voir §2.7 et §8.9) a mis en relation le développement de lentreprise, sa stratégie et ses structures.
( Lentreprise nouvelle est mono fonction, puis elle grandit et sintègre verticalement par grandes fonctions.
( Enfin, elle se divisionnalise.
( BURNS et STALKER (voir §2.7) distinguent les structures mécaniste (formalisée, routinière) et organique (flexible) comme réponse à lenvironnement (respectivement stable et changeant).
( John GALBRAITH a décliné les rapports entre structures et facteurs influençant les prises décision :
Influence
Influence du produit
de la fonction
Fonctionnelle Fonctionnelle Matricielle Par produits Par produits
avec chefs avec départements
de produits fonctionnels
( La structure est induite par le choix de lélément à privilégier dans les décisions.
( Une structure divisionnelle par produit peut, par exemple, se justifier si la stratégie est totalement guidée par le produit.
( Les paramètres à prendre en compte pour structurer une organisation étant multiples, la structuration vise un compromis entre des avantages et des inconvénients.
4.2 LES STRUCTURES TRANSVERSALES
( Le découpage hiérarchique ou fonctionnel de lorganisation ne prend quindirectement en compte la satisfaction du client. Il permet de trouver un optimum par unité, mais pas toujours un optimum global.
( Lobjectif des structures transversales est de remédier à ces insuffisances.
1 La structure matricielle
( La structure matricielle croise deux autorités, lune verticale (structure hiérarchique ou divisions) et lautre horizontale (ou transversale). Il sagit fréquemment dun croisement « produit » avec une hiérarchie fonctionnelle.
( La structure fonctionnelle est conservée en raison dactivités répétitives.
( Sy ajoute une structure de travail pluridisciplinaire.
( La coordination se réalise autour dun produit, dune clientèle, dun objectif
( Il y a introduction dune responsabilité transversale : chef de produit, responsable client
avec autorité sur le déroulement des activités correspondantes.
=> Une activité est soumise à double autorité.
Exemple :
Cf. Lignes davions AIRBUS, groupes de projet par gammes automobiles, chefs de produits de grande consommation.
( Avantages et inconvénients de la structure matricielle :
- coordination des différentes activités, qui sont mieux orientées vers un objectif (produit, client, ligne stratégique,
), introduction dune lexpertise ou dune connaissance globale, réponse à un besoin particulier sans remettre en cause la structure de base, flexibilité, palliatif aux rigidités de structure ;
- conflits dautorité, dobjectifs, système dinformation complexe, responsabilités difficiles à établir, coût (responsables transversaux à haut niveau de compétences sajoutant à la hiérarchie) ;
Remarque : lobservation montre quune répartition égale des pouvoirs entre ligne verticale et transversale est peu efficace. Une responsabilité doit toujours dominer.
2 Lorganisation par projet
( Lorganisation par projet est mise en place pour la durée dune réalisation, dune affaire complexe.
( Un chef de projet ou un responsable daffaire est désigné.
( Elle regroupe temporairement des personnes et des compétences pour un projet.
( Lorganisation des projets admet des variantes, fonction de limportance du projet et de sa spécificité :
- le projet est totalement pris en charge au sein dune fonction ;
- le chef de projet fait travailler des personnes rattachées hiérarchiquement aux fonctions de lorganisation (organisation matricielle) ;
- des personnes sont détachées de leurs services dorigine pour former une équipe projet (ou groupe de projet), dirigée par le chef de projet ;
- la solution ci-dessus est complétée, en cas de besoin, par des travaux répartis dans les fonctions (équipe projet combinée à une organisation matricielle).
3 Lorganisation en processus
3.1 Situation et historique
( Jusquen 1945, le principal problème des entreprises était de produire des biens en quantité à un prix compatible avec le marché (« production poussée vers le marché », notamment en fonction de prévisions de commandes).
( De 1945 à 1975 (« trente glorieuses »), la standardisation sétend aux biens de consommation et deux approches de la production se développent :
- démarche « marketing » et différenciation des produits (le produit est « dirigé par le marché ») ;
- le « toyotisme » (voir § 2.4), système créé après la guerre dans un Japon très appauvri, en considérant que seule la fabrication vendable crée de la valeur.
( Toyota sorganise pour fabriquer la quantité et la qualité de produits juste nécessaires à la satisfaction des clients (production « tirée par le marché »).
( Chasse aux « gaspillages » (temps dattente, transports, stocks, défauts,
), objectif de « 5 zéros » (stocks, défauts, papiers, pannes, délais) qui impose la maîtrise de « bout en bout » de la production et de ses processus.
( En 1973, la hausse du pétrole inaugure un ralentissement de la croissance des économies occidentales.
( Intérêt pour le système développé au Japon : la production au plus juste se développe dans lindustrie automobile à partir des années 80, puis se répand dans dautres secteurs.
3.2 - La notion de processus de production
( Un processus de production est une succession dactivités permettant de satisfaire un client.
( Transformation de ressources (matérielles, financières, humaines) en un produit, bien ou service.
( Création dune valeur reconnue par le client (voir § 3.1 et 3.2).
( Le processus peut servir un client interne à lorganisation (production dinformation, maintenance des machines, fabrication dun composant,
) ou un client final. On distingue :
les processus opérationnels ou maîtres, ou processus métier (business process), qui satisfont directement les clients finaux (conception et fabrication de produits, vente,
) ;
les processus de support et de management (gérer les ressources humaines, gérer linformation, gérer les ressources financières,
), qui ont les processus opérationnels comme clients.
3.3 Processus et fonctions.
( Le processus est transversal. Il enchaîne des activités qui traversent lentreprise et ses fonctions.
Exemple :
( Organisation fonctionnelle et approche processus ont des objectifs a priori différents :
- le processus vise la satisfaction des clients (prix, qualité, délais, service) ;
- la fonction cherche à optimiser ses moyens (effet dexpérience, partage des infrastructures,
).
( La division fonctionnelle du travail induit une charge de coordination et certains dysfonctionnements lors du déroulement dun processus.
( Conflits dintérêt.
( Génération dattentes, derreurs.
( Les dysfonctionnements et les gaspillages sont très souvent dus au passage dune fonction à une autre (constitution de stocks, de délais, erreurs de spécification,
).
3.4 Le management des processus
( Toutes les actions de lorganisation sintègrent dans des processus (métier ou support) qui conditionnent la capacité de lorganisation à satisfaire le client final ou lusager en créant de la valeur (voir §3.1).
( Lorganisation est un système composé de processus en interaction.
( Lapproche processus consiste à aborder le fonctionnement de lentreprise par ses processus.
( Mise en évidence des chaînes dactivités qui conduisent aux produits.
( Mise en évidence des dysfonctionnements, des coûts, des délais et de la souplesse (la flexibilité) disponible pour satisfaire la clientèle finale.
( Lapproche processus fait évoluer la façon de travailler :
la « voix du client » pénètre au plus profond de lentreprise (plus seulement dans les services commerciaux) ;
des possibilités de rationalisation des activités apparaissent ;
- lamélioration dun processus a un impact visible et direct sur le produit.
Remarque : la méthode de détermination des coûts « ABC » - activity based costing est un outil parfaitement adapté à le gestion des processus.
( Le management des processus (BPM Business Process Management) vise à en maîtriser le déroulement.
( Sauf dans de très petites organisations, il se plaque sur une structure plus classique qui forme lossature stable de lorganisation.
( Il repose sur une modélisation des processus (BPM Business Process Modeling).
( Cette approche se développe particulièrement dans le secteur administratif (traitement de linformation) où les TIC favorisent loptimisation et le contrôle des processus.
( Introduit dans la norme ISO9001 de 2000.
( La mise en uvre dun management des processus dans une organisation complexe se fait progressivement.
( Elle est précédée dun recensement des principaux processus (une « cartographie des processus ») : mise en évidence les processus ou les familles de processus clés, critiques pour le succès de lentreprise, où les efforts seront prioritaires.
( Elle conduit à la désignation de responsables de processus (« process owners ») pour :
- assurer le fonctionnement des processus en place ;
- améliorer les processus ;
- concevoir de nouveaux processus ;
- représenter les processus auprès de la direction.
Remarque : le nombre de responsables de processus doit être limité (quelques dizaines au plus.
( Quand une structure par processus est mise en place :
- des opérateurs précédemment regroupés dans les fonctions peuvent être affectés aux processus ;
- des responsables de fonctions peuvent devenir des experts au service des processus.
( Lorganisation par processus :
- vise les processus prioritaires quand elle complète une structure conventionnelle ;
- peut plus rarement constituer la base structurelle de lentreprise (notamment dans les TPE).
- impose délever le degré dintégration de certaines activités.
=> Polyvalence accrue des personnels, réduction des niveaux hiérarchiques.
=> Pour le moins, les responsables de processus doivent disposer de compétences assez larges (organisation, administration, technique
).
Remarque : le coaching est un moyen de permettre à chacun, sur la chaîne dactivité dun processus, de développer au mieux ses capacités.
4 La reconfiguration des processus
( Michael HAMMER et James CHAMPY (1993) ont introduit le concept de « reengineering » (reconfiguration ou « réingéniérie ») qui vise la réorganisation des ressources autour des processus de base de lorganisation.
( Le reengineering sinscrit généralement dans un projet damélioration radicale des performances (de 20 à 50% ou plus).
( Le reengineering ne conduit pas systématiquement à la réduction des activités (« downsizing » ou restructuration) ou à lexternalisation (« outsourcing »).
( Il doit être soutenu par une parfaite adhésion de la direction et une équipe de projet connaissant parfaitement lentreprise (mais cela ne suffit pas toujours et il faut alors faire appel à des spécialistes externes).
( Il conduit généralement à la réduction du nombre de niveaux hiérarchiques (« delayering ») et accroît le pouvoir de décision des employés (« empowerment » ou « empouvoirement »).
( Le résultat nest jamais certain (un prototypage sur une partie de lorganisation peut servir à valider la nouvelle conception des processus).
( Le reengineering peut sinscrire dans une démarche participative (formalisation des processus avec les intéressés) et être un outil de motivation.
( Le « benchmarking » ou étalonnage consiste à comparer le fonctionnement de plusieurs systèmes pour faire ressortir de bonnes pratiques (« best practices »).
( Comparaison de systèmes à finalité identique ou mettant en uvre des processus similaires (ex : formation des pilotes de chasse et action des traders pour comparer la façon dintégrer de nombreux paramètres pour décider rapidement).
( Le benchmarking est une technique utilisée depuis les années 80 pour améliorer la performance des entreprises, qui remet en cause des modes de fonctionnement de lorganisation à la lueur de ce qui se fait ailleurs.
( Le benchmarking est un support du reengineering :
- il permet daméliorer les processus à moindre risque, en fixant des objectifs réalistes ;
- il introduit un constat, des faits, un exemple qui facilite lacceptation de la reconfiguration.
( Le benchmarking permet aussi lamélioration dune fonction, dune structure, dun produit
Complément :
( Il existe des clubs de benchmarking et des organismes effectuant des études comparatives.
( Une classification des processus (base de réflexion), a été établie aux USA par l« International Benchmarking Clearinghouse » en collaboration avec plusieurs dizaines dentreprises :
4.3 LES CONFIGURATIONS ORGANISATIONNELLES
1 La synthèse de Mintzberg
( Henry MINTZBERG (voir §2.7) a synthétisé différentes analyses de lorganisation en 7 configurations organisationnelles.
1.1 Les composantes de base
( Mintzberg part des 6 composantes de base de toute organisation (invariants):
1.2 Les forces fondamentales
( Lorganisation subit 6 forces fondamentales issues de ses composantes :
- force centralisatrice, exercée par la direction ;
- force de standardisation (rationalisation), exercée par la technostructure ;
- force poussant à la balkanisation (éclatement du pouvoir), exercée par la hiérarchie ;
- force poussant à la professionnalisation (expertise), exercée par les opérationnels ;
- force poussant à la collaboration, exercée par les fonctions de support ;
- force idéologique, qui incite à agir ensemble.
( Léquilibre des forces conduit aux configurations organisationnelles, par déformation du schéma des composantes de base.
2 Les configurations organisationnelles
2.1 Caractéristiques générales
( Les configurations organisationnelles résultent de laction des divers facteurs sur les composantes de base.
( Elles sont représentatives du comportement des organisations (explicatives).
( La structure organisationnelle est la « somme des moyens employés pour diviser le travail
et pour ensuite assurer la coordination ». Les configurations ont donc des modes de coordination privilégiés (voir § 4.1).
2.2 - Les configurations
ORGANISATION ENTREPRENEURIALE
( Prédominance de la force centralisatrice.
( Simple, informelle, flexible.
( Les activités se réalisent autour du chef et de sa stratégie.
( Petites organisations, entreprise jeunes, environnement simple et dynamique.
Remarque : la structure entrepreneuriale était initialement appelée « simple » par Mintzberg. Cette appellation peut être jugée plus claire puisquune petite organisation mécaniste, ou innovatrice, (voire professionnelle) peut être entrepreneuriale (par opposition à managériale).
ORGANISATION MECANISTE
( Prédominance de la force de rationalisation.
( Bureaucratie centralisée, formalisée.
( Le travail est divisé, sous contrôle dune hiérarchie importante.
( Technostructure, fonctionnels puissants.
( Grande organisation, environnement stable.
ORGANISATION DIVISIONNALISEE
( Prédominance de la force de balkanisation.
( Décentralisation limitée, divisions autonomes pour leur activité.
( Tendance mécaniste dans les divisions.
( Grande taille, organisation ancienne, marchés diversifiés.
ORGANISATION PROFESSIONNELLE
( Prédominance de la force de professionnalisation.
( Bureaucratie décentralisée, dépendante de la qualification de nombreux opérateurs professionnels.
( Hiérarchie moyenne, logistique importante.
( Souvent dans les services, environnement stable et complexe.
ORGANISATION INNOVATRICE (ADHOCRATIE)
( Prédominance de la force de collaboration (les spécialistes de support simpliquent dans lactivité).
( Formations déquipes pluridisciplinaires.
( Structure organique, démocratique, ajustement mutuel.
( Environnement complexe, dynamique, technologies de pointe, petites organisations jeunes ou projets.
ORGANISATION MISSIONNAIRE
( Prédominance de la force idéologique.
( Organisation basée sur un système de valeurs et une mission.
( Standardisation, normes, endoctrinement.
( Petites unités souples et décentralisées.
ORGANISATION POLITIQUE (POLITISEE)
( Résulte de la force des conflits, chacun tire de son côté.
( Maladie de lorganisation selon Mintzberg (période de crise).
( Pouvoir techniquement illégitime, résultant de lunion de forces divergentes.
( Un jeu de pouvoir informel remplace les coordinations.
( Peut servir au changement en présence de blocages.
5.1 LA FONCTION COMMERCIALE
1 Lentreprise face au marché
1.1 Le marché
( Le marché est le lieu de confrontation entre offre et demande.
( Echange de biens ou services.
( Entre professionnels et consommateurs (consommation).
( Entre professionnels (consommation intermédiaire).
( Entre particuliers (en essor grâce à internet, parfois en concurrence avec des offres professionnelles).
( Concurrence très variable (selon latomicité ou éparpillement de loffre).
=> Grande diversité des marchés, évolutivité.
( Un marché peut se délimiter par son espace géographique et / ou les produits échangés.
( Un marché principal regroupe des produits semblables satisfaisant le même besoin.
( Il peut être concurrencé par un marché environnant (produits de substitution, différents mais répondant au même besoin).
( Lapproche du marché par les entreprises a évolué.
( Les théories classiques de lorganisation se situaient en période de forte demande potentielle et doffre limitée, le seul objectif était alors de produire assez et de pousser la production vers le marché (voir toutefois les brèves crises de surproduction entre 1900 et 1929 puis celle, dorigine financière, de 1930).
( Deux logiques productives donnant priorité à la demande se sont développées après la 2ème guerre mondiale :
- la production au plus juste (Japon, 50s) ;
- la logique marketing (60s).
( Le marketing (mercatique) est l« ensemble des actions destinées à détecter les besoins et à adapter en conséquence et de façon continue la production et la commercialisation » (JO 1987).
( Recherche des attentes du client.
( Objectif ( de la vente (recherche du seul chiffre daffaires).
1.2 Le comportement du consommateur
( Connaître le comportement dachat du consommateur permet de définir les actions commerciales appropriées pour déclencher lacte dachat.
( Lacte dachat résulte dune aspiration à satisfaire un besoin. Il dépend du produit, de son prix (voir § 3.2) mais aussi dinfluences dorigines diverses :
Origines collectivesOrigines individuelles- influence du groupe sur le membre, de la famille
- influence dun groupe de référence
- culture
- classe sociale- physiologie (âge, santé,
)
- valeurs personnelles, opinions
- personnalité, image de soi
- attitudes (façon dappréhender les choses)
( Plusieurs forces, parfois inconscientes, peuvent intervenir au moment de lachat :
- pulsion hédoniste (recherche dun plaisir lié au produit) ;
- pulsion oblative (désir de satisfaire les autres) ;
- pulsion dauto expression (besoin dexprimer sa personnalité par le produit) ;
- inhibitions (produit jugé frivole, honteux,
) ;
- crainte liée à lusage du produit (risque pour la santé, la sécurité,
).
( Le processus dachat peut se schématiser :
1.3 La segmentation du marché
( Sur un marché, le même besoin objectif peut sexprimer de différentes façons.
( Le marketing de masse (offre globale indifférenciée) ignore ces différences.
( Le marketing individualisé sadapte à chaque client (sur mesure).
( Le marketing segmenté adopte une démarche intermédiaire.
( La segmentation dun marché est un découpage du marché en segments homogènes, où les acheteurs ont le même comportement.
( Cerner les attentes des clients et adapter les actions.
( Eviter la concurrence frontale sur un marché global.
( Positionner le produit, limage.
( Créer de nouveaux segments par linnovation.
( Critères de segmentation courants :
- âge, sexe, niveau de revenus, composition de la famille ;
- pays, localisation géographique ;
- professionnel (revendeur, industriel, intermédiaire,
), particulier.
( Les critères doivent permettre de déterminer la dimension du segment et dy différencier les actions.
1.4 Lorganisation commerciale
( Lorganisation commerciale assure cinq fonctions :
- management commercial (global : objectifs, organisation, contrôle), fonction de coordination ;
- études (enquêtes, analyse des ventes, prévisions, recherche dactivités nouvelles, de débouchés, marketing) ;
- communication (publicité, promotion), fréquemment sous-traitée ;
- vente (force de vente, organisée par zones ou par produits) ;
- gestion du réseau de distribution.
( Ces fonctions sagencent en tenant compte des produits, des réseaux de distribution, des marchés géographiques,
( Le réseau de distribution est souvent géré par les responsables des produits ou de la vente.
(Exemples)
2 Laction commerciale
2.1 La stratégie marketing
( La fonction commerciale contribue à informer la direction pour ses choix stratégiques, notamment concernant lévaluation de la concurrence, la recherche dopportunités de développement et la définition dun portefeuille dactivités ou de produits (voir § 8.1).
( La stratégie marketing consiste plus particulièrement à positionner avec précision les produits de lentreprise par rapport à leurs cibles.
( Cible = personnes sur qui agir pour vendre un produit (clients ou prescripteurs qui recommandent le produit sans lacheter).
( Choix dun marché ou segment de marché.
( La stratégie est :
- indifférenciée si la cible est large (produit générique, attaque du marché global).
- concentrée si la cible est un segment précis (cas dune compétence spécifique bien différenciée de celles des concurrents) ;
- diversifiée si la cible comprend plusieurs segments précis.
( Positionnement = ensemble de caractéristiques et de croyances permettant au public ciblé didentifier le produit et de le différencier de ceux des concurrents (fonction, symbolique, prix,
).
( Pour atteindre son objectif, le positionnement doit être :
- clair, simple ;
- pertinent (correspondre à une attente de la cible) ;
- crédible (en phase avec limage du produit et la réputation de la marque) ;
- original (distinguer le produit des concurrents).
2.2 Le plan de marchéage
( Plan de marchéage ou marketing mix = formulation dun plan opérationnel ou tactique permettant dagir sur le marché dans le cadre des objectifs stratégiques.
( 4 axes : produit, prix, promotion (ou communication) et placement (ou distribution).
( « 4 P » ou séquence marketing.
( Décliné par produit et cible.
Politique de produit.
( Philip KOTLER et Bernard DUBOIS (marketing management) distinguent trois couches caractérisant le produit et qui doivent être prises en compte dans la politique produit :
- couche matérielle (matériaux constituant le produit, forme et conditionnement :
- couche fonctionnelle (fonctions satisfaisant le besoin du client) ;
- couche symbolique, notamment la marque (donne une identité au produit).
( Le produit peut sinsérer dans une gamme (ensemble de produits dune même catégorie, défini autour dune technologie ou dun marché).
( La gamme comprend des lignes de produit :
- largeur de la gamme = nombre de lignes (ou nombre de produits) ;
- profondeur de la gamme = nombre de produits maximum des lignes (ou nombre doptions dun produit).
( La construction dune gamme permet de manuvrer sur le marché et de le couvrir conformément aux objectifs :
- construction dune image ;
- produits leader (ceux qui rapportent le plus, à forte rotation) ;
- produits dattraction ou dappel (qui attirent et peuvent faire vendre le produit leader) ;
- produits davenir (relève des leaders, les produits de la gamme ne doivent pas être à la même phase de leur cycle de vie) ;
- produits tactiques (qui gênent la concurrence) ;
- produits régulateurs (qui apportent de la stabilité et couvrent les charges fixes).
( Les produits dune même gamme ne doivent pas empiéter les uns sur les autres ni se concurrencer (risque de cannibalisation).
( La marque joue à trois niveaux :
- marque de lentreprise (ex : Coca Cola, Citroën, France Télécom) ;
- marque de gamme (C4) ;
- marque de produit (ex : C4 Picasso, C4 Grand Picasso).
( Elle garantit une origine, véhicule une image.
( Elle est souvent soulignée par un logo (emblème visuel), une charte de présentation (graphisme, couleurs,
), un slogan ou un son (jingle) qui sont assez stables (ex : étoile Mercedes, graphisme Coca Cola).
( Lentreprise gère ses marques :
- dépôt et protection (INPI institut national de la propriété industrielle), notamment de marques prévisionnelles ;
- multiplication ou unification des marques en fonction des segments de clientèle et de limage de marque.
( Le conditionnement ou packaging affecte la valeur du produit :
- protection, facilité de manutention ;
- impression de volume / contenance réelle ;
- image (puissance industrielle, technicité, raffinement, qualité, élément de reconnaissance,
) ;
- adaptation à lusage du produit ;
- information sur le produit (étiquette, visibilité du contenu).
( Le produit est un vecteur de linnovation de lentreprise et il intègre les services associés (conseil, après-vente).
POLITIQUE DE PRIX
( Le prix (voir § 3.2) est une variable simple dont les enjeux sont complexes. En considérant lapproche concurrentielle de PORTER (voir §8.2) :
- la marge de manuvre sur les prix diminue quand la concurrence augmente ;
- lexistence de produits substituables ou lentrée de nouveaux concurrents influence la politique de prix;
- la capacité de négociation avec les fournisseurs agit sur les coûts et donc sur la possibilité de fixation des prix.
( Le prix dépend de la demande :
- voir le lien existant entre prix et demande (élasticité = (dQ/Q)/(dP/P)) ;
- est-ce un élément de valorisation du produit ?
- quelles sont les limites inférieure (produit considéré de mauvaise qualité) et supérieure (produit trop cher) ?
Prix élevéImage de luxe et de qualité
Ecrémage de la clientèle.
Marges favorables
Limitation possible du CAPrix basImage bas de gamme
Conquête dun marché
Marges faibles
( Le prix peut commander la production (coût cible pratiqué en gestion).
( Coût x (1 + Taux de marge) = Prix de vente.
( Les prix sont libres, mais soumis à une interdiction de vente à perte (/ coût dacquisition).
( Le yield management (tarification en temps réel) est une méthode particulière de fixation des prix permettant de maximiser le revenu.
( Utilisé dans les transports ou pour la vente de biens périssables.
( Une différenciation tarifaire (fonction de la date de commande, du délai restant pour consommer le produit,
) permet dadapter offre et demande.
( La vente se fait du tarif normal au coût marginal.
( Une prévision statistique des ventes est nécessaire (tarif préférentiel pour commande anticipée, ou au contraire au dernier moment).
Exemple : prems SNCF.
POLITIQUE DE COMMUNICATION
( La communication vise à rapprocher produit et client (voir § 9.3):
- la stratégie pull market amène le client au produit ;
- la stratégie push market pousse le produit vers le client.
Pull marketPublicité média
Publicité hors médiaTouche de nombreuses personnes (presse, télévision, radio, affichage, cinéma).
=> Campagne durable, interventions dagences publicitaires, contrôle de lefficacité par des tests (enquêtes : taux de reconnaissance du message = vu, taux dattribution = association à la marque).
Communication événementielle (parrainages, mécénat, salons).
Publicité dur les lieux de vente, objets publicitaires, jeux.
Relations publiques.
Push marketForce de vente
Merchandising ou marchandisage
Promotion des ventes
Marketing direct
Action directe des vendeurs
Mise en valeur des produits sur le lieu de vente (agencement des points de ventes, têtes de gondoles, assortiments, taille des linéaires, disposition,
Association dun avantage au produit : réduction, cadeau,
(mais la vente liée est interdite cf. Windows sur les PC).
Effet temporaire ou limité géographiquement, par produit
(mais permet dattirer de nouveaux clients)
Vente par téléphone, internet, démarchage à domicile, publipostage.
( La communication peut avoir un but indirect vis-à-vis du produit :
- promouvoir limage de lentreprise, fidéliser la clientèle ;
- attirer lattention, faire mémoriser une marque, un concept, préparer une campagne plus explicite.
POLITIQUE DE DISTRIBUTION
( Lobjectif est de mettre le produit à disposition du client.
( Intervention de réseaux et / ou de dispositifs de manutention, de stockage et de transport (voir la logistique, §5.3).
( Canal de distribution # circuit ou réseau de distribution = chemin (ou ensemble de chemins) suivi par les produits jusquaux clients.
( Chaînon essentiel de lactivité commerciale, car il assure le contact final avec le client.
( Le premier niveau daprès vente est généralement dans le réseau de distribution.
=> Choix dun réseau compatible avec les autres paramètres du « mix » et les contraintes (technicité du produit, poids, localisation des clients, distribution concurrente, réglementation,
)
=> Pour un même produit, plusieurs canaux de distribution seront utilisés en fonction des marchés visés (donc en fonction des segments)
Remarque : un canal de distribution est constitué par la succession de tous les intermédiaires entre le producteur et lacheteur final, un même produit pouvant être vendu par plusieurs canaux. Un circuit de distribution est constitué par tous les canaux de distribution utilisés par lentreprise pour distribuer ses produits.
( La distribution peut être :
- intensive (nombreux points de vente) => biens de consommation courante, gros moyens logistiques ;
- sélective (choix des revendeurs sur critères de compétence, taille,
) => produits complexes, techniques, à forte image de marque ;
- exclusive (zone géographique réservée, points de vente en nombre limités) => produits luxe, chers, haut de gamme, diffusion contrôlée.
( Parmi les entreprises de distribution, on distingue en France :
- le commerce traditionnel (indépendant) ;
- le commerce associé (moyens communs, sans intégration financière) ;
- le commerce intégré (à la fois grossiste et détaillant, organisé autour dune centrale dachats).
( Distinction également par la taille (petites, grandes et moyennes surfaces GMS) ou la spécialisation (commerce spécialisé ou non).
3 Le système dinformation
3.1 Les sources dinformation
( Sources internes :
- remontées des commerciaux (ressenti des clients, concurrence,
) ;
- statistiques des ventes, des retours, des pannes ;
- systèmes de gestion (gestion des stocks, comptes clients,
).
( Sources indispensables, mais dispersées, à valeur prospective limitée.
( Peuvent être organisées (questionnaires et statistiques systématiques).
( Enquêtes et études de marché.
( Basées sur un questionnement et un échantillonnage représentatif de la population observée (sondage).
( Léchantillon est tiré au sort, construit par la méthode des quotas (même répartition que dans la population totale) ou défini par la méthode des itinéraires (plan de sondage).
( Des enquêteurs interrogent léchantillon (et sont contrôlés statistiquement) directement, par téléphone ou par courrier.
( On distingue questions fermées (cases à cocher) et questions ouvertes (réponses libres).
( La validité de létude dépend de la formulation des questions et de la composition de léchantillon.
( Les enquêtes peuvent provenir :
- dun cabinet spécialisé, prestataire de lentreprise (sur mesure) ;
- dorganismes réalisant périodiquement des études standardisées (INSEE, chambres de commerce, INC, CREDOC,
), qui mettent leurs résultats à disposition gratuitement, moyennant abonnement, ou les vendent au coup par coup.
( Les études périodiques ont un intérêt statistique mais ne satisfont généralement pas les besoins spéciaux dune entreprise.
( Elles sont réalisées auprès dun panel (échantillon stable dindividus).
( Les tests, à visée qualitative, permettent de vérifier ou dobserver lattitude ou la motivation de quelques personnes concernant un produit, un conditionnement, une publicité,
( Menés par des spécialistes.
( Leur qualité dépend notamment de la constitution du groupe de test.
( Autres sources externes : informations, presse spécialisée,
3.2 La gestion commerciale informatisée
( Les progiciels de gestion commerciale permettent couramment la tenue de fichiers clients (coordonnées), la gestion dun catalogue, des commandes, des livraisons et de la facturation.
( La gestion clients entretient une base de données clients plus élaborée (coordonnées, préférences dachats,
) permettant un suivi des ventes, des publipostages et pouvant gérer divers avantages promotionnels personnalisés (plan de remises, carte de fidélité,
).
( Le CRM (custom relationship management) ou GRC (gestion de la relation client), prend en charge lensemble de la relation client entreprise :
- gestion des agendas ;
- prospection et mailing automatique ;
- gestion des mails, SMS,
et des retours clients ;
- analyse des ventes et des retours ;
- pilotage de la force de vente ;
- suivi clientèle (gestion des profils, offres personnalisées) ;
- gestion après-vente (centre dappel, support technique) ;
- gestion despace collaboratif (avec les partenaires).
( Le e-commerce ou commerce électronique repose sur la création dun site web « marchand » à destination des clients finaux (« B to C » ou business to customers) :
- présentation de lentreprise, de son catalogue et des tarifs ;
- information sur les produits et les références ;
- formulaires de prise de commande en ligne ;
- contact client
( Les informations sont instantanément diffusées, elles doivent être contrôlées strictement (conformité des descriptions de produits à la réalité, respect du droit de propriété intellectuelle,
).
( Il est nécessaire de sécuriser les paiements (redirection des transactions vers un site sécurisé ou passage par un intermédiaire sécurisé).
( Les places de marché électroniques (EMP electronic market place) sont des plateformes informatisées déchange commercial entre entreprises (« B to B » ou business to business).
5.2 LA FONCTION DE PRODUCTION
1 Caractéristiques de la fonction
1.1 - Rôle
( La production est lensemble des activités et processus transformant des ressources (entrées, intrants, inputs) en produits (sorties, extrants, outputs).
( Etroite coordination avec les autres fonctions (notamment commerciale).
( Production de biens et services.
( La façon de produire évolue avec le rapport offre / demande, la technologie, les moyens de transport et la concurrence :
Artisanat (besoin local) ( Taylorisme (demande > offre) ( concurrence et besoin de différenciation des produits ( mondialisation
( Lenjeu de la production est la satisfaction du marché (adaptation fonctionnelle et symbolique du produit, qualité, délai, prix).
1.2 Problématique
( Les défis de la fonction de production :
Défis imposés par le marketingDéfis pour la productionEvolution contemporaineProduction différenciée, petites sériesOrganisation souple, réactive
Maîtrise des coûts, stocks et en-coursRecentrage sur les compétences de base et externalisation, localisation des unitésRéduction des délaisInnovation produitMaîtrise technique
Apprentissage de nouvelles technologiesQualité, imageMaîtrise des processusPrise en compte des contraintes environnementales et socialesDistribution élargieMaîtrise des flux logistiques (voir §5.3)Partenariats, localisation internationale des unités
( La production doit sadapter à des marchés exigeants et internationaux.
( Flexibilité (capacité à sadapter aux besoins des clients : évolution rapide ou personnalisation des produits, délai dobtention, modalités de mise à disposition).
( Gains de productivité (production / facteurs utilisés).
( Innovation (différenciation des produits et des moyens de production).
( Maîtrise de lespace (où produire, comment distribuer largement ?).
( Maîtrise du temps (facteur clé de succès selon George STALK, voir § 8.4).
2 Organisation de la production
2.1 Les modes de production
( La production est déclenchée :
- par les commandes (production à la demande, à flux tiré, pilotée par laval) ;
- par anticipation (production sur stock, à flux poussé, pilotée par lamont).
( La production à la demande peut conduire à une sous utilisation des structures, si flot de commandes et organisation de la production ne sont pas en phase.
( La production sur stock correspond au modèle industriel taylorien.
( Lanticipation résulte dune prévision de commandes (fonction commerciale) et nécessite un stockage des produits finis.
( Joan WOODWARD (voir §2.7) distingue trois principaux modes de production, qui peuvent se décrire ainsi :
Unitaire (sur mesure) ou petites séries (lots)Grande sérieContinuPilotageAvalAmontAmontProduitUnique ou diversifiéStandardiséStandardiséAutomatisationLimitée ( élevée (production robotisée)Forte
Equipements peu flexiblesTotale, intégrant toutes les phases de productionStocksRéduits ImportantsImportantsAvantagesColle au besoin client
FlexibilitéEconomie déchelle
Produit disponibleCoûts faibles
Produit disponibleInconvénientsOptimisation difficile, coût élevé (production unitaire)
Délai de disponibilité du produit.Peu flexible
Coût de stockage
Coûts fixes importants
Système rigide, pas dadaptation aux fluctuations de la demande (structures dédiées, coûts fixes élevés)
Coût de stockageExempleBâtiment, constructions navales, meubles de styleMeubles en kit, munitions, micro-ordinateursProduits de grande consommation
( Le modèle japonais ou « toyotisme » (voir §2.4 et §4.2), introduit une variante de la production à la demande.
( Juste à temps (on ne produit que ce qui est vendu).
( Objectif 5 zéros : stock, défaut, panne, délai, papier.
( Réduction des temps non productifs (SMED : single minute exchange of die ou changement rapide doutil).
( Kanban (déclenchement des fabrications par transfert détiquettes daval en amont).
( Automatisation des détections de défauts.
Remarque : le SMED ne signifie pas un changement doutil en une minute mais en quelques minutes ( Le choix dintégrer ou sous-traiter une activité se fait en fonction de lintérêt économique de chaque solution.
( Concernant la production, on distingue les sous-traitances :
- de capacité (le donneur dordre peut produire, mais sa capacité est insuffisante, cas des pointes de charge) ;
- de spécialité (on utilise la compétence dune tierce organisation pour éviter dinvestir).
( Le partenariat est une coopération durable et étroite entre entreprises, au bénéfice de chaque partenaire (on parle dalliance quand la collaboration réunit des concurrents).
IMPLANTATION GEOGRAPHIQUE
( La localisation géographique des sites de production est déterminée en fonction des investissements correspondants, de la pérennité des produits concernés, mais aussi en fonction :
- de la proximité des facteurs de production ;
- de la proximité du marché ;
- des moyens de transport disponibles.
Critères de localisation géographiqueFacteurs de production à proximitéMarché à proximité- main duvre (qualification, coût, climat social)
- matières, fournisseurs (qualité, coût)
- terrains, constructions
- culture, technologie ambiante, langue- réseau de distribution
- préférence locale, culture, contrainte légale
- nature des produits (service direct, fragilité)contexte politique, légal et fiscal, normes, subventions, avantages
coût du transport, de la logistique, infrastructures de transport
3 La gestion de production
= Activités de traitement de linformation au service de la production.
3.1 Les données techniques
( Nomenclature = liste et imbrication des composants dun produit (avec mention des quantités).
(Exemple : les chiffres donnent les quantités nécessaires)
( Gamme = liste et description des opérations standardisées se succédant pour fabriquer un produit ou un composant.
(Exemple)
3.2 Les données de gestion
( Des données nécessaires à la comptabilité de gestion, au suivi des commandes, à létablissement des salaires,
sont saisies lors de la production :
- pointages des employés sur les lancements en production et les activités (détermination des coûts de MO réels, du montant des primes) ;
- relevé des temps machines ;
- entrées et sorties de stocks ;
- marquage des opérations terminées (permet lévaluation de len-cours);
- comptage des produits terminés, des rebuts
( Ces données permettent dobtenir informatiquement des états valorisés de la production, des en-cours ou des stocks entre deux inventaires physiques.
3.3 La gestion des processus
( Les processus de production sont des flux dactivités réels, accompagnés de flux dinformation, quil est possible de schématiser.
( Compréhension du processus, mise en évidence de la chaîne dactivités.
( Mise en évidence de goulets détranglement (si la capacité découlement de chaque activité physique est connue).
Exemples de diagrammes UML de flux dinformation (significatifs des flux réels) :
(Production en continu)
(Production à la commande)
3.4 Le système dinformation
( La production est largement couverte par les TIC, qui permettent une gestion plus précise et donc la réduction des coûts.
( La GPAO (gestion de la production assistée par ordinateur) est un système prenant en charge toutes les activités productives en partant notamment dun carnet de commandes ou dune prévision de commandes basée sur la méthode MRP (manufacturing ressource planning).
( Les PGI ou ERP (voir § 5.5 et 5.6) peuvent intégrer la GPAO aux autres applications de gestion.
( La CAO (conception assistée par ordinateur) est un ensemble doutils permettant de concevoir les produits (structure, design, résistance,
). Les délais de conception en sont réduits.
( Le DAO (dessin assisté par ordinateur) remplace les tables de dessin industriel.
( Des ateliers robotisés ou ateliers flexibles peuvent sinterfacer directement avec les systèmes de GPAO.
( Montage automatique des outils sur les machines à commande numérique.
( Transfert des matières et des pièces entre machines par un système automatique.
( Téléchargement des programmes de fabrication.
=> Moyens coûteux permettant une extrême flexibilité (le passage dun produit à un autre est très facile, mais la mise au point des procédures de fabrication dun nouveau produit reste complexe).
5.3 LA LOGISTIQUE ET LA LOCALISATION DES ACTIVITES
1 Caractéristiques de la logistique
1.1 - Définitions
( Origines de la logistique :
- militaire = dès Alexandre le Grand (3ème siècle) un commandement spécial est chargé du soutien des armées en campagne et participe aux plans de bataille ;
- Fred E. CLARK (Principles of marketing), dès 1922, reconnaît limportance du transport, du stockage et des services.
( John F. MAGEE (Industrial logistics 1968) définit ainsi la logistique : « technique de contrôle et de gestion des flux de matières et de produits depuis leur source dapprovisionnement jusquà leur point de consommation ».
( Cette fonction intègre la mise en place des services et des informations accompagnant les flux.
( La logistique contrôle les flux mais ne se substitue pas (a priori) aux autres fonctions de lentreprise :
- organisation du transport des matières mais pas détermination des commandes ;
- gestion des livraisons aux clients mais pas des prises de commande
(Inspiré de Bowersox et Closs Logistical management)
( On distingue :
- logistique amont (flux approvisionnés), aval (flux de produits distribués) et industrielle ou de production (flux du processus de production) ;
- logistique interne (dans lentreprise) ou externe (approvisionnements, distribution);
- logistique produit (fabrication) et logistique de soutien (approvisionnements,
) ;
- logistique intégrée (intégration de tous les flux logistiques et de laprès vente).
1.2 Contenus et limites
( La logistique peut (à des niveaux divers) prendre en charge les actions suivantes :
AchatsAchat de matières ou marchandises (« procurement »)
Transport, regroupements
StockageProductionCirculation des matières et des pièces, manutention
StockagesVentesStockage des produits, fractionnement, emballage
Livraison des produits, regroupements, assurances
Suivi des commandes, des livraisons, présentations en douaneAprès-venteGestion des retours
Service de maintenance premier niveau
( Le concept de SCM (supply chain management) sest progressivement développé.
( Pour le CSCMP (council of supply chain management professionals), le SCM « englobe la planification et la gestion de toutes les activités relevant de la recherche de fournisseurs, de lapprovisionnement et de la transformation, ainsi que toutes les activités logistiques. Cela inclut notamment une coordination et une collaboration entre les partenaires de la chaîne
le SCM intègre donc la gestion de loffre et la gestion de la demande dans lentreprise et entre les entreprises ».
( Le SCM intègre la logistique et peut influencer de nombreux processus de lentreprise.
Exemples :
- conception dun atelier pour que les machines se déplacent vers les moteurs à la SNECMA, gain de plus de 10% des temps ;
- des composants de produits sont standardisés pour faciliter les flux dapprovisionnements ;
- un système informatique est choisi pour sa compatibilité avec les partenaires intervenants dans la logistique
( Le SCM peut sappuyer sur internet pour la communication avec les clients, les fournisseurs, les transporteurs, pour la synchronisation des livraisons et il optimise lensemble des flux physiques de lentreprise :
- prévision de la demande client ;
- organisation des approvisionnements ;
- ventilation des productions ;
- manutention ;
- gestion des stocks et des entrepôts ;
- livraisons.
( Le SCM a une dimension stratégique, tactique et opérationnelle.
1.3 Le stockage.
( Le stockage est un élément de régulation des flux (stock de matières, de produits intermédiaires, de produits finis).
( Générateur de coûts de possession (locaux, entretien, énergie, surveillance), de gestion, de manutention et de financement du besoin en fonds de roulement.
( Générateur de risque (détérioration, perte de valeur, obsolescence, péremption).
( Lannulation des stocks est un objectif illusoire, qui supposerait une synchronisation parfaite des flux dentrée et de sortie, ce qui est impossible :
- du fait de la variation aléatoire de certains flux (production, vente, transport) ;
- du fait des transports (nécessité de groupage des articles, qui restent de toute façon un certain temps entre leur source et leur destination).
( Loptimisation des flux et la réduction des stocks ont-elles-mêmes des limites :
- un équilibre doit être trouvé entre coût du stockage et coût des moyens de transport (une baisse importante des stocks entraîne un accroissement des livraisons) ;
- la recherche de minimas rend le système vulnérable aux aléas (pannes, perturbation des réseaux de transport, ruptures de communications) ;
- des niveaux de stocks trop faibles peuvent provoquer des ruptures, bloquer les livraisons aux clients ou ralentir la production (sous utilisation des ressources).
( Des techniques permettent de réduire la charge de gestion des stocks :
- lidentification par code barre à lecture optique ou par étiquettes électroniques émettant des ondes (RFID radio frequency identification) ;
- les magasins robotisés ;
- le stockage chez le fournisseur, qui livre directement le client, ou chez le revendeur (ce qui évite un niveau de stockage ou la multiplication des transports).
2 Management de la logistique
2.1 Dimension stratégique
( Les enjeux de la logistique peuvent être importants :
- les coûts logistiques représentent de 5 à 30% du CA (selon les activités) ;
- plus de 80% du temps de présence des produits dans les entreprises correspond à des déplacements ou du stockage ;
- la logistique est un facteur de différenciation (délais, qualité du service au client) ;
- le rôle de la logistique saccroît avec léclatement des unités de production (sous-traitance, délocalisation).
( Le logistique est transversale (voir la chaîne de valeur de PORTER , § 3.1).
( La logistique participe à la création de valeur et elle est une variable stratégique.
( Elle impacte les coûts.
( Elle conditionne le succès (FCS) dans certains domaines (produits périssables, pétrole,
).
( Elle peut étayer le lancement de nouvelles activités (exploitation dun réseau logistique existant et connu de la clientèle) et donner un avantage concurrentiel.
Remarque : dans la chaîne de valeur de Porter, logistique interne et externe doivent être assimilées à logistique entrante (amont) et sortante (aval).
2.2 Le système dinformation
( Lefficience de la logistique dépend de la qualité des systèmes dinformation :
- calcul des besoins au plus juste pour réduire les stocks et en-cours ;
- optimisation des flux ;
- transmission des informations par réseau en temps réel (réseaux locaux, EDI échange de données informatisées et internet) ;
- interfaçage avec les systèmes de gestion (GPAO, PGI, gestion commerciale,
) ;
- intégration dans les productions en juste à temps.
( Lintégration des SI des producteurs et des distributeurs permet doptimiser la diffusion des biens de grande consommation (ECR efficient consumer response).
( Travail sur la qualité, les coûts, les délais.
( Synchronisation des assortiments des magasins et des réapprovisionnements.
( Les systèmes logistiques sont au cur du commerce électronique.
( Répercussion des commandes en ligne.
( Gestion dun nombre important de références en liaison avec les fournisseurs.
( Nombreuses expéditions de petite valeur.
2.3 Lorganisation de la fonction logistique
( La logistique est étroitement imbriquée avec la production, doù trois questions.
( Peut-on sous-traiter cette fonction, qui met en uvre des méthodes et des systèmes très particuliers ?
( Doit-on tenir compte de la logistique pour localiser les activités ?
( La logistique doit-elle suivre lorganisation du système de production ou la déterminer ?
2.3.1 Lexternalisation de la logistique
( Lexternalisation (voir § 8.8) est une option durable qui peut conduire à transférer des actifs, des méthodes, des compétences ou du personnel à un prestataire.
( Les particularités de la logistique en font une spécialité qui est généralement en marge du métier principal et ne peut être totalement fondue dans dautres fonctions (notamment commerciale et de production).
( Apparition de spécialistes logisticiens.
( Offre dorganisations spécialisées en logistique externe :
- disposant de structures lourdes largement automatisées (entrepôts, plateformes logistiques) ;
- souvent issues dentreprises de transport.
( Les prestataires en logistique offrent principalement un service de stockage, de groupage, de fragmentation et de transport.
( Dans certains cas, ils assurent un pré-manufacturing ou post-manufacturing (assemblage de composants de base) ou une prestation globale (le produit passe directement du fournisseur au client ou revendeur).
=> Lexternalisation dune partie de la logistique est à envisager.
=> Cette externalisation peut, selon son ampleur et limportance de la logistique dans la chaîne de valeur, avoir un caractère stratégique.
( Parmi les entreprises qui externalisent, 83% externalisent la logistique (baromètre Ernst & Young 2005) :
- 61% en raison des coûts ;
- 37% par avantage en termes de qualité et de compétence ;
- 36% pour trouver de la flexibilité ;
- 20% par stratégie dorganisation.
( Lexternalisation de la logistique pose les mêmes problèmes que celle dautres activités.
( Selon le baromètre cité, les risques supposés sont les suivants (mais 10% seulement des entreprises nont pas été satisfaites) :
- perte de contrôle (23%) = confidentialité, sécurité des informations ;
- problème de qualité (15%) = manque dattention au produit, stockage, manutention ;
- problème de coût (18%) = tarification initiale puis révisions périodiques ;
- difficultés de GRH (19%) = gestion sociale de leffectif, surcroît de travail au début ;
- perte de savoir-faire et compétences (15%) = disparition des compétences et équipements internes ;
- sajoute la dépendance et la possible défaillance du prestataire.
2.3 2 Les interactions logistique-organisation métier
( Lorganisation de la production et du réseau commercial détermine un système logistique approprié.
( La localisation géographique des unités et des sous-traitants impose, en particulier, des configurations logistiques (transport).
( A linverse, quand la logistique représente un coût important ou un facteur clé de succès notable, lorganisation de la production peut être conçue en fonction des flux (voir § 5.2).
( Localisation dusines selon la proximité des ressources et lexistence de voies de communications.
( Construction ou agencement dune unité de production en fonction des flux internes.
Exemple : usine Honda de Detroit, construite pour favoriser les transferts.
=> La logistique, élément de liaison, intervient, avec dautres paramètres, pour déterminer les architectures productives.
5.4 LA RECHERCHE ET LINNOVATION
1 La recherche-développement
1.1 Définitions et fonctionnement
( Il existe trois formes de recherche :
- la recherche fondamentale, dont lobjectif est de faire progresser la connaissance sans visée économique immédiate. Elle est réalisée dans les universités ou dans des instituts spécialisés (Ex : CNRS), exceptionnellement dans les entreprises (Ex : pharmaceutiques) ;
- la recherche appliquée, qui vise le progrès des connaissances dans un objectif précis, concret, ou qui trouve des applications pratiques brevetables (inventions) aux découvertes fondamentales (Ex : laser) ;
- la recherche développement, qui trouve des applications commercialisables aux inventions et précède la production (Ex : application du laser au DVD). Elle siège dans les entreprises et se développe par projet (recherche créative, études, prototypage et essais recherche expérimentale), puis accompagne lévolution des produits.
( La recherche sinsère dans un système cohérent de complémentarités et de financements.
( Les découvertes fondamentales ne sont pas brevetables (accord international).
( Le public peut intervenir par des dons.
1.2 Importance de la recherche
( Enjeu national :
- 38 milliards deuros (2006), pour moitié sur budget public (plus de 2% du PIB);
- la recherche inaugure les avantages concurrentiels futurs, donc le développement de léconomie nationale et la capacité dexportation ;
- elle contribue à lactualisation des forces militaires.
( Enjeu pour les entreprises :
- avantage concurrentiel (découverte de nouveaux produits ou de nouveaux procédés permettant des gains de productivité, une démarche de RSE, une amélioration de lécologie, de la sécurité, de la qualité) ;
- la recherche fondamentale ou appliquée, quand elle est prise en charge par lentreprise, lest dans les grandes structures et rarement à 100% ;
- en tête : pharmacie, automobile, télécommunications.
( La recherche pure, non susceptible dapplication à court terme, participe au développement dun « réservoir » didées et de talents pouvant contribuer, à longue échéance, aux enjeux économiques.
1.3 Management de la RD
( Paradoxe : manager une activité créative, qui ne doit pas être contrainte.
=> Créer les conditions favorables aux découvertes et à leur développement par un degré suffisant de liberté.
( Au niveau national :
- définition de priorités (orientation des recherches) ;
- financement par létat des instituts publics ou de programmes de recherche ciblés ;
- développement dorganisations sans but lucratif, financées en grande partie par des dons (parfois subventionnées par létat).
(Exemples)
CNRS (établissement public)Recherche scientifiqueInstitut Pasteur (Fondation)Recherche médicale et productionAssociation Française de CardiologieRecherche médicaleInstitut Curie (Fondation)Recherche et soin des malades.INRA (institut national de recherche agronomique)Recherche et enseignement, partenariats économiques
( Dans lentreprise, la RD repose sur lattribution de moyens ciblés, ou sur des budgets pérennes (les cycles de RD sont longs) qui ne doivent pas générer de contraintes stérilisant la créativité.
( Elle concerne les produits ou les procédés de production.
( Les structures de RD doivent être autonomes, disposer dune liberté de recherche importante sans être contraintes par des obligations de résultat à court terme.
( Trois grands modes dorganisation sont pratiqués :
Structure de RDRôleMise en oeuvreCellule de pilotage RD (rattachée à la direction générale, parfois un seul ingénieur)Veille
Détecter les besoins et opportunités en RDGroupes de recherche (constitués selon lobjectif)
Partenariats occasionnels ou permanents.Centre de RD interne
(ou plusieurs centres si plusieurs activités)Pilotage autonome de la RD
Trouver et explorer de nouveaux axes de recherche à proposer à la direction
Suivre les axes stratégiques choisis par la direction
Accompagner et écouter les opérationnelsStructure dédiée
Partenariat universitaire (favorisé par une localisation à proximité, par les technopôles régionales)
Alliances ou groupements (verticaux = fournisseurs, clients ou horizontaux = concurrents)
Joint ventureDans un domaine particulier (ex : moteurs PRV)
Recherche ou échanges technologiquesRegroupement déquipes.
Cf. supra
Peut déboucher sur une fusion, un GIE
( La structure innovatrice (adhocratie) basée sur la pluridisciplinarité de MINTZBERG (§ 4.3) est particulièrement adaptée aux activités de recherche développement.
( La recherche peut être orientée par la veille technologique ou lintelligence économique (recherche légale de renseignements dans lenvironnement) :
- apparition de nouveaux procédés, produits, risques, comportements,
;
- consultation des brevets ;
- nouvelles découvertes fondamentales.
( Le développement peut résulter du rachat de brevets ou de licences dexploitation.
( La recherche est un investissement dont les résultats doivent être protégés :
- protection contre les indiscrétions et les piratages (accès, codage, habilitation des personnels,
), qui justifie parfois lexistence de centres de recherche séparés et particulièrement surveillés ;
- protection légale par le dépôt de brevets (ne sont brevetables, pour 20 ans, que la description concrète dinventions industrielles).
( INPI = institut national de la propriété industrielle.
( Office européen du brevet.
( Le dépôt de brevet nest pas une protection absolue :
- faire valoir ses droits en cas de plagiat peut en certains cas nécessiter une procédure plus longue que la durée de vie du produit ;
- les brevets sont consultables (il peut être préférable de ne pas en déposer pour préserver linvention un temps suffisant).
Remarques : les marques peuvent être déposées mais non brevetées. Les écrits, les uvres artistiques et les programmes informatiques relèvent dune protection particulière qui considère, notamment, le pourcentage de similitudes entre deux créations.
2 Linnovation
2.1 Définition
( Linnovation est la mise en oeuvre opérationnelle dune invention (réalisation dun produit, dun service, mise en uvre dun procédé de production).
( Linnovation peut être considérée à un niveau économique global (le pays, une branche dactivité,
) ou à celui dune organisation.
( Cest la finalité de la RD dans les entreprises.
( Dans lentreprise, linnovation est relative (elle peut imiter ce qui se fait déjà ailleurs).
( Dès 1912, Joseph Aloïs SCHUMPETER (voir § 2.9) place linnovation et lentrepreneur à lorigine des évolutions économiques.
( Linnovation est un processus de destruction créatrice (nouvelle combinaison productive qui détruit lancienne).
( Schumpeter distingue 5 catégories dinnovation :
- la création dun nouveau produit (innovation technologique de produit), satisfaisant un ancien marché ;
- lintroduction dun nouveau procédé de production (innovation technologique de procédé), qui notamment réduit les coûts ou améliore la qualité ;
- la conquête de nouveaux marchés (satisfaction dun besoin nouveau) ;
- lutilisation de nouvelles sources dapprovisionnement (nouvelles matières);
- lexploitation dune nouvelle organisation.
Exemples : post-it, code barre, e-commerce, nucléaire, fordisme.
( Schumpeter considère que linnovation apparaît en grappes à la suite dune innovation majeure (vapeur, circuits intégrés, internet,
).
( «
apparition dans un cours laps de temps dun ensemble dinnovations complémentaires, exerçant un effet dentraînement sur léconomie ».
2.2 Les formes dinnovation
( En fonction du degré de bouleversement induit dans les technologies ou les marchés, on distingue :
- linnovation incrémentale (mineure), qui introduit de petites modifications. Linnovation incrémentale est généralement répétée ; elle permet à lentreprise de conserver une avance technologique et peut conduire progressivement à un produit ou un procédé complètement nouveau ;
- linnovation de rupture (majeure ou radicale), qui rend obsolètes danciens produits.
( Innovations de rupture = plus de risque, cycles de développement plus longs. Ces innovations sont moins nombreuses, mais plus profitables quand elles réussissent.
Illustrations : souris optique, téléphone sans fil, CD, DVD, clé USB, commerce internet.
Le paradoxe de Solow (début des années 1990): « on voit des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivité » peut sexpliquer par une innovation de rupture qui a nécessité un délai important pour que les techniques informatiques prennent la place de technologies devenues obsolètes et pour permettre les apprentissages nécessaires. Des innovations incrémentales ont dailleurs provoqué les bouleversements informatiques successifs.
( Clayton M. CHRISTENSEN, professeur de management, introduit (1997) la notion dinnovation perturbatrice, qui est une innovation de rupture incapable de concurrencer loffre existante dans un premier temps (innovation jugée perturbatrice et rejetée par les clients).
( Adoptée petit à petit, elle rendra toutefois obsolètes, à terme, les offres précédentes.
( Lauteur explique ainsi léchec de certaines innovations.
( A, B, C et D sont des produits :
- le produit A (perturbateur) est surdimensionné et peine à se vendre. A est dominé par tout produit plus proche des attentes utilisateurs ;
- pour B, toute innovation est bénéfique sil ne rejoint pas A ;
- pour C, une rupture jusquen D est idéale (sans aller trop loin).
( Jean Pierre HELFER, Michel KALIKA et Jacques ORSONI (1998) distinguent :
- innovations techniques (matières, composants, procédés, conditionnement) ;
- innovations commerciales (design, mode de distribution, présentation) ;
- innovations organisationnelles (réseaux, processus, hiérarchie,
) ;
- innovations socio-institutionnelles (convention, loi,
).
2.3 Les processus dinnovation
( Deux modèles de processus peuvent être distingués en fonction de lorigine de linnovation :
- innovation push (Schumpéterienne, lentrepreneur innove), où linnovation technologique adoptée par lorganisation crée de nouveaux marchés ;
- innovation pull (pull market ou appel du marché, correspondant à lesprit mercatique), où le besoin des utilisateurs provoque linnovation.
( Les deux processus peuvent se compléter.
( Le benchmarking est une source dinnovation par la reconfiguration des procédés de production (voir §4.2).
( Les processus dinnovation prennent appui sur un système informationnel (veille, « intelligence innovation », knowledge management,
) et notamment sur la connaissance des capacités internes et des besoins de la clientèle.
( Pour Marc GIGET, fondateur dEuroconsult et enseignant (2005), l'innovation est un moyen de prendre linitiative. Elle fait le lien entre la connaissance technico-scientifique et les utilisateurs/clients.
3 Le management de linnovation
3.1 Un enjeu stratégique
( PORTER (voir § 3.1) situe le développement technologique et la RD dans la chaîne de valeur.
( Linnovation technologique est lun des facteurs de lavantage concurrentiel par la différenciation des produits et par les coûts.
( Porter souligne linfluence des technologies et des procédés mis en uvre dans lentreprise sur lavantage concurrentiel :
- en phase de croissance, linnovation technologique concerne surtout le produit ;
- en phase de maturité, leffort se porte sur la rationalisation et la baisse des coûts ;
- un « ticket dentrée » technologique important freine larrivée de nouveaux concurrents.
( Jacques MORIN, lexcellence technologique 1985, (voir § 8.3), propose de gérer le patrimoine technologique (MRT = management des ressources technologiques) en impliquant lensemble de lentreprise :
- inventorier technologies et savoir-faire (conception, production, gestion, communication);
- évaluer ces éléments ;
- optimiser lemploi des ressources technologiques ;
- sauvegarder et enrichir le capital technologique ;
- surveiller les évolutions (veille).
( Les technologies ont un cycle de vie : émergence, croissance, maturité, saturation.
( Chaque technologie a ses limites.
( Morin distingue 3 types de technologies :
- de base (maitrisée par la concurrence, nécessaire pour être sur le marché) ;
- clé (déterminante de la position concurrentielle) ;
- émergente (prometteuse et risquée).
( Linnovation est un enjeu à multiples facettes, qui touche le produit, les façons de travailler, les équipements, les structures,
3.2 Manager linnovation
( Manager linnovation nécessite :
- de créer un climat propice à la créativité ;
- de savoir transformer une idée en invention (produit) ;
- dassurer le passage de linvention à linnovation, c'est-à-dire une rencontre fructueuse avec le marché (le délai peut être long, lorganisation doit donc permettre la continuité des actions).
( Linnovation peut être maîtrisée dans certaines limites :
- structures spécialisées de RD, budgets, veille ;
- accords, partenariats, achat de brevets ou de licences ;
- exploitation de la compétence de sous-traitants spécialisés (Ex : équipementiers, voir § 8.6) ;
- rachat dentreprises innovantes.
( Joël BROUSTAIL et Frédéric FRERY (le management de linnovation 1993) proposent une grille dévaluation des modes daccès aux technologies :
Voie daccèsTemps nécessaireCoût généréRisque encouruMaîtrise obtenueDéveloppement interneLongElevéElevéElevéeAccords de coopérationIncertainIncertainFaibleIncertaineCroissance externeCourtElevéElevéIncertaineSous-traitanceIncertainIncertainFaibleIncertaineLicenceCourtFaibleFaibleFaible
( Deux comportements sont possibles face à la nouveauté (si des barrières légales ou économiques le permettent) :
- être pionnier (prendre lessentiel des risques techniques et commerciaux) ;
- être suiveur ou imitateur.
( Une étude US montre que les pionniers ne restent leader que dans 11% des cas.
( De nombreux succès sont luvre des suiveurs (PC dIBM, Internet explorer de Microsoft, consoles de jeu Sony,
).
( Peter DRUCKER (1993, voir § 2.4) considère que « Les innovations sont le résultat dune discipline, dune méthodologie et dune recherche dopportunités ». Il énumère 7 viviers ou sources dinnovation qui la sortent du seul cadre technologique :
- linattendu (succès ou échec, qui doivent être analysés) ;
- les anomalies (décalage entre offre et demande, dysfonctionnement de lorganisation) ;
- les besoins dun processus (besoin doptimiser une tâche, découverte dun chaînon manquant) ;
- les transformations économiques (croissance dune filière, changement dun marché stable) ;
- les évolutions démographiques ;
- les changements de perception (états desprit, comportements) ;
- le progrès scientifique et la technologie.
( La veille, lintelligence économique sont nécessaires à linnovation.
( Linnovation doit être permanente.
( Etre pionnier favorise la réussite « La meilleure façon de prédire lavenir est de le créer ».
( Linnovation nécessite créativité et acceptation du changement. Elle est favorisée par :
- une culture dentreprise adaptée et la décentralisation des initiatives ;
- un encouragement à linventivité à tous niveaux (innovation interne, notamment incrémentale, cf. lamélioration des produits).
( Maurice THEVENET (voir § 5.8 et §7.5) considère linnovation comme un phénomène collectif et il souligne limportance relative de la culture dentreprise.
( PETERS et WATERMAN (voir § 2.4) considèrent que la direction doit favoriser linnovation pour conduire à la performance et soulignent que linnovation est laffaire de tous.
( Linnovation présente toujours un risque :
- bouleversement des équilibres financiers (coûts de développement et de commercialisation, immobilisation des charges de RD, investissements productifs) ;
- insuccès (mauvaise réponde du marché, défaillance des études de marché dont la fiabilité nest jamais de 100%) ;
- problèmes dintégration de nouvelles compétences ;
- danger des partenariats ou sous-traitance (voir relations dagence § 2.8) ;
- imitation (les concurrents peuvent parfois dépasser rapidement linitiateur).
3.3 Le financement de linnovation
( En entreprise, linnovation est principalement autofinancée.
( Des aides publiques sont cependant possibles :
- aide technique ou financière détat ;
- ANVAR (agence française de linnovation), OSEO (aide aux PME) ;
- aides régionales (financières, en nature : terrains, bâtiments) ;
- commandes détat dans le domaine militaire (les compétences acquises sont ensuite partiellement réutilisables par lentreprise, exemple : Rafale de Dassault).
( Les aides publiques peuvent distordre la concurrence.
( Création de sociétés de capital risque (peu développé en France = association dentreprises, parfois avec des banques), pour financer des projets innovants.
5.5 - La fonction comptable
(Voir UE 6, 9, 10 et 11)
( La comptabilité est une des plus anciennes préoccupations de lentreprise, car elle lui permet dévaluer son patrimoine et de sassurer quelle peut honorer ses engagements.
( Il y a peu dactions de management qui ne dépendent pas de données comptables et la fonction comptable a dû sadapter au fil du temps, dans ses méthodes, par les moyens quelle mobilise, et par la différenciation de ses composantes.
1 La fonction comptable dans lorganisation
Nous entendons ici par fonction comptable lensemble des activités dérivées ou gravitant autour de la comptabilité.
1.1 Rôle
( La fonction assure la collecte, la gestion et la communication des données quantitatives traduisant lactivité économique de lentreprise.
( Une enquête « benchmarking », préparée par le groupe de travail "Qualité comptable" du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, a été réalisée concernant la fonction comptable au cours de l'année 1997 auprès de 50 grandes entreprises. La fonction y est considérée comme un processus au service de clients internes et externes, qui est ainsi décomposé ( HYPERLINK "http://www.ac-grenoble.fr/btscg/enqexprt/benchm.pdf" http://www.ac-grenoble.fr/btscg/enqexprt/benchm.pdf):
( Le processus comptable se situe (sauf cas particulier) en dehors du cur de métier de lentreprise, cest un processus de soutien.
( Il a par contre un rôle essentiel dans le fonctionnement de lentreprise, à tous les niveaux (stratégique, intermédiaire, opérationnel), car il fournit des informations indispensables à la gestion courante, aux prises de décision, et au développement de lentreprise.
( Le système comptable permet notamment dassurer la continuité de lentreprise en lui donnant les moyens de veiller à sa solvabilité, et il assure la présentation des comptes sociaux.
1.2 Composantes fonctionnelles
( La fonction comptable (au sens large) peut être schématiquement scindée en trois composantes, ou sous fonctions, qui répondent à des besoins spécifiques et se recoupent en partie (notamment par le partage dinformations).
Remarque : la comptabilité générale fournit des documents de synthèse comme le bilan et compte de résultat qui sont une des bases de la gestion financière. Elle est aussi désignée par le terme « comptabilité financière ».
( Certaines activités, qui interagissent constamment avec la comptabilité, sont parfois annexées à la fonction comptable. Par exemple : tenue de la paie, gestion des stocks,
( Le champ daction des sous fonctions comptables peut être illustré en considérant la position de leurs clients internes dans le fonctionnement de l'entreprise :
Administration couranteDirectionOpérations
1.3 La place dans lorganisation
( La place de la fonction comptable et de ses composantes dans lorganigramme de lentreprise dépend de sa taille et de sa structure (voir le cas des groupes), mais aussi de son activité et de son empreinte internationale.
( Le tableau ci-dessous résume quelques situations courantes :
Prise en charge de la fonction comptable et particularitésTPEResponsable de lentreprise + secrétariat, comptable et expert comptablePMEDirection administrative, comptable et financière (DAF)Grande entrepriseSéparation des fonctions administrative, comptable et financière. Rattachement spécifique du contrôle de gestion.GroupeDirection financière autonome, proche de la direction généraleIndustrieAntennes du contrôle de gestion dans les unités opérationnelles, renforcement des calculs de coûts
2 Les méthodes comptables et financières
( Les méthodes comptables peuvent être standardisées pour des raisons techniques, ou pour satisfaire à la réglementation. La standardisation (son niveau et son origine) peut être ainsi schématisée :
( La standardisation est largement fonction de laspect « public » des informations.
( Au-delà des obligations réglementaires, la permanence des méthodes est nécessaire pour juger de lévolution réelle dune entreprise.
2.1 La comptabilité générale (ou comptabilité financière)
2.1.1 La source des règles comptables
( La comptabilité générale obéit au code de commerce.
( Le conseil national de la comptabilité (CNC) et le comité de la réglementation comptable (CRC) chargé de mettre à jour le plan comptable général (PCG) ont été remplacés par lANC.
( Créée par lordonnance n° 2009-79 du 22 janvier 2009, l'autorité des normes comptables (ANC) établit les prescriptions comptables, donne un avis sur toute disposition législative ou réglementaire contenant des mesures de nature comptable, émet des avis et prises de position dans le cadre de la procédure d'élaboration des normes comptables internationales et veille à la coordination des travaux théoriques et méthodologiques conduits en matière comptable.
( Les groupes dune certaine taille doivent produire des comptes consolidés (consolidation).
Remarque : en 2002, les seuils de consolidation ont été ainsi fixés (deux des trois seuils doivent être dépassés pendant deux exercices consécutifs): total bilan 15 millions dEuros, chiffre daffaires 30 millions dEuros, effectif 250 salariés.
( Le plan comptable français intègre progressivement des règles comptables internationales dont lobjectif est une lisibilité internationale des comptes et laffichage dune juste valeur (« fair value ») des entreprises.
( Le référentiel européen IFRS (International Financial Reporting Standard), qui complète les IAS (International Accounting Standard), regroupe des normes comptables qui sappliquent aux comptes consolidés de toutes les sociétés cotées de l'union Européenne depuis le 1er janvier 2005.
Remarques :
- les normes IAS concernent la tenue des comptes (accounting), alors que les IFRS sont orientées vers la communication des réalités financières de lentreprise (financial) ;
- la consolidation des comptes est également encadrée par des lois françaises et des directives européennes.
( La comptabilité doit fournir une image fidèle de lentreprise.
Art. 123-14 du code de commerce : « Les comptes annuels doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'entreprise. Lorsque l'application d'une prescription comptable ne suffit pas pour donner l'image fidèle mentionnée au présent article, des informations complémentaires doivent être fournies dans l'annexe. Si, dans un cas exceptionnel, l'application d'une prescription comptable se révèle impropre à donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière ou du résultat, il doit y être dérogé. Cette dérogation est mentionnée à l'annexe et dûment motivée, avec l'indication de son influence sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de l'entreprise. »
( Six principes comptables sont imposés par le code de commerce :
PrincipeCCIllustration / explicationPermanence des méthodes123-17Constance de la méthode dévaluation des stocks, durées damortissement cohérentes pour un même type déquipement.Nominalisme123-18Calcul damortissements sur la valeur dentrée au patrimoine (historique)Non compensation123-19Distinction de lacompte fournisseur et de la dette fournisseur.Prudence123-20Intégrer les événements pouvant réduire le patrimoineContinuité de lactivité123-20En absence de bénéfice, les amortissements doivent être pratiqués (on suppose la pérennité de lentreprise)Spécialisation des exercices123-21Charges et produits rattachés à lexercice qui les génère. Exemple : charges et produits constatés davance.
2.1.2 Linfluence des règles comptables
( Les règles comptables ont une influence sur le management de la fonction comptable, en imposant une organisation des traitements dinformation et une façon de codifier les données de base.
( De manière générale, les normes comptables peuvent introduire un décalage entre les obligations nationales et les comptes sociaux ou les comptes de groupe. Par exemple :
- les entreprises doivent, pour la présentation des comptes sociaux, amortir les équipements en fonction de leur consommation réelle, alors que la règle fiscale nationale est différente ;
- les groupes européens doivent respecter à la fois les règles nationales pour leurs filiales et les règles européennes pour le groupe ;
- les sociétés cotées aux USA doivent en plus présenter des comptes conformes au standard américain (US GAAP).
( Cette pluralité des traitements comptables complexifie les progiciels, qui doivent faire coexister plusieurs modes de calcul et différentes présentations des documents.
Remarque : la notion dimage fidèle peut elle-même varier en fonction des règles appliquées (voir leffet des amortissements et du provisionnement des engagements des normes IAS-IFRS, comparativement aux règles nationales).
2.2 La fonction financière
( Pour Georges DEPALLENS : la fonction financière « a pour but essentiel de mettre à la disposition de lentreprise, aux moments opportuns et par les procédés les plus économiques, les capitaux nécessaires à son équipement rationnel et à son fonctionnement normal, tout en assurant son indépendance permanente et sa liberté daction
».
2.2.1 Les techniques de base.
( La fonction financière a notamment comme objectif de financer les investissements et de répondre aux besoins de trésorerie dans les meilleures conditions.
( Lanalyse financière consiste à prévoir et étudier les besoins de financement de lentreprise (plan de financement, plan de trésorerie,
). Elle repose sur un diagnostic financier qui permet dévaluer la situation de lentreprise par rapport à des règles communément admises, parfois modulées par branche dactivité :
- règle dindépendance financière (limitation de ratios reflétant le rapport capitaux empruntés / capitaux propres) ;
- règle de rentabilité (la rentabilité dun investissement doit être supérieure au coût des capitaux quil mobilise et lexploitation doit générer une capacité dautofinancement -CAF- suffisante) ;
- règle déquilibre financier (emplois stables financés par des ressources stables et fonds de roulement (FR) > besoin en fonds de roulement (BFR)) :
ACTIFPASSIF
Actif stable
Capitaux stablesTrésorerie (FR-BFR) ( solvabilité
Actif circulant
Passif circulant
( Il faut généralement retraiter les données brutes de la comptabilité générale pour aboutir à des comptes plus représentatifs de la situation réelle de lentreprise (bilan fonctionnel), ou correspondant aux traditions bancaires (bilan financier).
Exemple ; pour lobtention dun prêt bancaire, lentreprise devra présenter les comptes retraités des trois derniers exercices, et une prévision montrant que la capacité dautofinancement sur les trois ans à venir est au moins égale au total des emprunts figurant au bilan.
( Le diagnostic financier permet de déterminer comment lentreprise pourra et devra se financer, en recherchant la meilleure rentabilité possible, par exemple en faisant jouer leffet de levier des emprunts, et en visant une trésorerie adaptée à lactivité de lentreprise.
( Les principaux moyens dobtenir des fonds et leurs échéances sont les suivants :
- augmentation de capital (capitaux propres, LT) ;
- emprunt obligataire (dette, LT) ;
- emprunt bancaire (dette, LMT) ;
- crédit fournisseur (dette, TCT, () ;
- accord de découvert bancaire (dette, TCT, ().
( La gestion financière vise loptimisation de lutilisation des fonds disponibles et elle peut regrouper des activités très variées (relations bancaires, gestion des emprunts, du crédit clientèle, de la trésorerie,
) Elle contribue également à lévaluation des projets dinvestissement par la modélisation des flux de trésorerie prévisionnels et lapplication de critères techniques (FNTA, TRI, ROI).
2.2.2 Le financement boursier
( La bourse est le lieu ou se vendent et sachètent des titres (notamment des actions) contribuant au financement des entreprises.
( Louverture des marchés boursiers a considérablement modifié la gestion financière des entreprises, qui peuvent plus facilement se financer directement par lémission de titres sur le marché boursier.
( Le marché boursier français comprend trois compartiments réglementés (A, B et C, le compartiment C étant réservé aux capitalisations inférieures à 150 millions deuros) et un marché libre, accessible aux très petites sociétés (mais suscitant une certaine défiance des investisseurs).
( Lautorité des marchés financiers (AMF, organisme public) a pour mission de veiller au bon fonctionnement des marchés et à la protection des épargnants :
- elle contrôle les introductions en bourse et autres manuvres de fusion ou dachat ;
- elle vérifie que les sociétés publient une information correcte.
Remarques :
- la vente à découvert consiste à vendre une valeur sans la posséder avec un engagement à la racheter plus tard. Cette technique permet des plus-values en anticipant une baisse des cours ;
- des outils financiers particuliers (warrants, avec option dachat « call » ou de vente « put ») permettent damplifier considérablement leffet des variations de cours (par exemple de bénéficier dune plus value de 50% sur un titre sous-jacent dont le cours ne varie que de 5%, ce qui correspond à une élasticité de 10).
( Linvestisseur en bourse est attentif à trois éléments :
- au rendement des titres (dividendes), donc à lexploitation de lentreprise et à son activité (les « fondamentaux »);
- à la perspective dune plus-value boursière (qui dépend de nombreux facteurs, dont certains échappent à la volonté de lentreprise) ;
- au risque de son investissement et à sa liquidité.
Exemple : un fonds de pensions visera un rendement déterminé sur les quatre ans à venir, pour alimenter les retraites dont il a la charge, et pourra se désengager du capital très rapidement si lobjectif risque de ne pas être atteint.
Remarque : le cours des actions dépend largement de phénomènes psychologiques, parfois alimentés par les entreprises ou les intermédiaires financiers. Ces phénomènes contribuent aux spéculations, qui déconnectent parfois la valeur des titres de la valeur intrinsèque des entreprises.
Complément : quelques éléments dappréciation des actions par linvestisseur (applicables dans un marché « normal »).
CritèreInterprétationLimitesPER (price earning ratio) =
cours de l'action / bénéfice par actionUn PER élevé indique une action « chère ». A suivre dune année sur lautre.Le PER a peu de sens pour des sociétés en vive évolution.ROE (return on equity) =
Résultat net / capitaux propresUn ROE élevé indique une bonne rentabilité des capitauxNature, variabilité du résultat.Cours / actif net
(actif net = actif passif exigible)Un rapport élevé (comparé à la branche dactivité) peut avoir deux sens :
- lattente dune forte croissance des bénéfices
- la valeur est surcotée.Disponibilité de données fiables, tenant compte de lactif réévalué (plus values latentes sur immobilisations).Graphe dévolution des cours (analyse graphique ou technique).
Exemple : vagues dElliott (5+ puis 3-)Indication historique synthétique, permettant des extrapolations.
Image intégrant les facteurs psychologiques du marché, facilement comparable au secteur.Evénements inattendus influençant le marché.
( Les entreprises ont-elles mêmes accès au marché pour faire fructifier leurs disponibilités ou couvrir des risques de change.
( Le marché boursier, supposé être parfait (notamment par sa fluidité), est en réalité très influencé par une information de qualité inégale.
( Linformation des actionnaires (dont certains interviennent en assemblée générale pour approuver ou sanctionner la gestion de lentreprise), obligatoire en cas dappel public à lépargne, relève ainsi dune stratégie de communication (voir § 9.3), qui dépend elle-même de la politique boursière de lentreprise (résultats réguliers, croissance régulière mais modérée, ou évolution plus tranchée attirant des fonds spéculatifs,
).
2.2.3 Le développement externe
( Le développement dune entreprise est un choix de direction qui implique fortement la fonction financière.
( Le développement de lentreprise peut notamment se faire par regroupement avec dautres entreprises :
- labsorption consiste à intégrer une autre société à son propre patrimoine ;
- la fusion se fait par apport du patrimoine de plusieurs entreprises à une nouvelle entité.
( Le marché boursier permet des opérations de prise de contrôle des entreprises par lacquisition dune part suffisante du capital (OPA offre publique dachat, OPE offre publique déchange).
( Absorption et fusion posent toutefois des problèmes particuliers dharmonisation des structures et dévaluation des entreprises, qui nécessitent généralement des études spécifiques et des négociations.
Complément : le goodwill est la différence entre le prix d'achat d'une entreprise et sa valeur nette comptable. Cet écart dacquisition constitue un actif qui ne correspond à aucun actif tangible, mais qui représente une valorisation des performances à venir de lentrepris. Utilisé lors des fusions ou des acquisitions, il rétablit la valeur du « fonds de commerce ». Lorsque son montant est positif, il est traité comme une immobilisation incorporelle d'un type particulier, sujet à amortissement.
( La scission (séparation dune entreprise en plusieurs entités) peut permettre un recentrage ou préparer des fusions acquisitions.
2.3 La comptabilité de gestion
( La comptabilité de gestion a un objectif purement interne (assurer la performance de lentreprise) et elle ne subit aucune contrainte réglementaire spécifique. Les pratiques peuvent y être très particulières, mais elles reposent sur un corps de méthodes éprouvées.
2.3.1 Lanalyse des coûts
( La comptabilité de gestion détermine le coût des produits et des activités de lentreprise.
( Elle ventile les charges pertinentes de la comptabilité générale vers leur destination et distingue les charges fixes (stables jusquà un certain volume dactivité : charges de structure), les charges variables, et celles qui sont directement et sans ambiguïté imputables à un produit.
( Selon les besoins, la comptabilité de gestion étudie des coûts complets ou partiels (par exemple : coût direct, coût variable ou direct costing), prévisionnels ou constatés :
Charges non incorporables : charges exceptionnelles non liées à lexploitation, amende ou indemnité, moins value de cession dimmobilisation, amortissements fiscaux,
, charges supplétives : rémunération des capitaux propres,
(2) Le direct costing « évolué » intègre les charges de structures propres à une activité.
( La détermination des coûts complets est tributaire de lorganisation de lentreprise. Elle nécessite de répartir les charges indirectes vers les produits selon des clés parfois artificielles et imprécises, ce qui justifie les méthodes reposant sur des coûts partiels, qui évitent ces ambiguïtés et peuvent suffire à certaines prises de décision.
Remarques :
- la méthode ABC (Activity Based Costing) permet une analyse transversale de lentreprise, par processus : elle introduit la notion dactivités homogènes, auxquelles les charges indirectes sont plus facilement affectées, les activités étant au service des produits ;
- lanalyse des coûts permet dévaluer la contribution des activités ou des produits à la rentabilité de lentreprise, elle peut provoquer des changements dorganisation, mais elle ne se substitue pas au marché pour la fixation des prix ;
- le « vrai » coût complet dun produit est une fiction, mais le management a la possibilité dadopter le système de coûts le plus précis qui soit adapté à lentreprise.
2.3.2 Panorama des outils de gestion.
( La comptabilité de gestion est une aide à la décision et un support du management, qui exploite des outils que lon peut résumer en fonction de leur rôle.
( Tous ces outils reposent sur un système dinformation qui doit être réactif et précis.
RôleOutilsObservations ou options de management associéesRecherche de rentabilité de lexploitationCalcul des coûts, réseau danalyse
Détermination des marges (sur coût complet ou partiel)
Seuil de rentabilité
Coût cibleLié à lorganisationPrévisionCoût normatif, standard
Ajustements, extrapolation
StatistiquesEn collaboration avec les services techniques
Mobilisation vers des objectifs Planification
Budgets (contrôle budgétaire)
Contrôle de gestionDémarche participative
Repose sur des prévisions
Fonction déchange avec la direction, liée aux unités opérationnelles (poste parfois tenu par un ingénieur)Contrôle et ajustementTableaux de bord
Analyse des écarts
Imputation rationnelle des CF
Nécessite une attribution claire des responsabilités.Estimer certains coûts pour la comptabilité de gestionTechniques de valorisation des stocks et en-coursDépend des systèmes de coûts en place et de la gestion de production
2.3.3 Le contrôle de gestion
( Le contrôle de gestion a une fonction de transmission entre la direction et les services opérationnels, dans le but de réaliser des objectifs stratégiques. Il sappuie sur les méthodes de la comptabilité de gestion et il fonctionne à double sens pour :
- traduire la stratégie dans les objectifs des différents services (le contrôleur de gestion participe à lélaboration de ces objectifs avec les responsables dunités) ;
- éclairer la direction sur les difficultés prévisibles ou constatées.
( Le contrôle de gestion est un organe de direction, fortement lié aux fonctions comptable et financière, mais aussi aux opérationnels, qui a un rôle dassistance (notamment pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés), de conseil et dinformation (il ne se substitue pas aux responsables dans les prises de décision).
( Dans les PME, le contrôleur de gestion assure généralement dautres fonctions comptables ou financières (le chef comptable ou le directeur financier peut y tenir le rôle de contrôleur de gestion). Sa fonction est plus spécialisée dans les grandes structures, où peut exister une cellule « contrôle de gestion ». Il doit concevoir les systèmes dinformation nécessaires, en particulier les tableaux de bord, et sassurer de la fiabilité des données. Il est maître duvre des budgets prévisionnels.
Remarque : les budgets se déclinent en fonction de lactivité et de lorganisation de lentreprise : budget des ventes, de production, de distribution, dapprovisionnements, dinvestissement,
A chaque budget est affectée une responsabilité (on élimine du budget les éléments non maîtrisés par le responsable).
3 Le système dinformation comptable
3.1 But et enjeux
( Le système dinformation comptable (SIC) est au service des nombreuses tâches présentées ci-dessus, il concerne de multiples utilisateurs, de la direction à lemployé de terrain, mais aussi des acteurs externes à lentreprise comme les banques, les actionnaires ou ladministration fiscale.
( Grâce à la technologie informatique et aux réseaux, il devient toujours plus réactif et plus précis, pour répondre aux exigences du management.
( Ses enjeux qualitatifs se situent à trois niveaux :
- respect des obligations légales et sécurisation des données (dont séparation des comptabilités générale et analytique) ;
- organisation efficace des processus comptables (notamment grâce aux réseaux) ;
- communication interne et externe de données pertinentes (en particulier pour le contrôle et la prise de décision).
3.2 Organisation et intégration
( Deux principes doivent sappliquer pour aboutir à un système dinformation comptable performant :
- lunicité du système (unicité des données et des méthodes concernant un même objet comptable). Ce principe impose dimportants efforts de mise en cohérence (interfaçages) quand des applications informatiques dorigines diverses cohabitent ;
- la saisie au plus près de la source des informations de base, ce qui limite les erreurs, les délais, et établit clairement les responsabilités associées.
( Lintégration de la comptabilité répond à ces principes. Chaque information est introduite dans le système là où elle naît pour être enregistrée dans une base de données commune. Elle est alors affectée automatiquement ou par un dialogue assisté à différentes utilisations (imputation à un centre, un budget, un projet, une activité, ,,,) et elle est accessible instantanément aux personnes habilitées de lentreprise.
( Cette intégration couvre lensemble de lentreprise et nécessite généralement la saisie de données de base comptables dans divers services opérationnels ou administratifs.
( Le premier traitement des informations saisies (par exemple limputation dune facture à un projet ou un contrôle de validité) peuvent se faire de deux façons :
- à la base, par délégation, les employés saisissant à la source sont alors formés et guidés par le système informatique ;
- par reprise sur le poste de travail dun employé spécialisé des services comptables.
( Les progiciels de gestion intégrée (PGI, en anglais ERP enterprise ressource planning) sont conçus dans cette optique et offrent différents modules applicatifs, dont certains sont optionnels :
Remarque : lorganisation des entreprises en réseau sous forme dalliances pose le problème de lintégration de systèmes disparates. Par ailleurs, en dehors des situations formalisées prévues par le PCG (GIE notamment), aucune publication financière commune nest prévue dans les réseaux dentreprises.
3.3 - Le reporting
( Le reporting consiste à présenter périodiquement des rapports reflétant la performance dune organisation. Il peut avoir différents objectifs:
- permettre un contrôle de la direction;
- informer les services qui sont à lorigine des résultats constatés;
- préparer linformation des actionnaires.
( Le reporting est constitué dun ensemble de tableaux ou de divers documents de synthèse.
( La mise en place dun reporting nécessite den définir la teneur :
- nature (budgétaire ou financier, opérationnel ventes, production, qualité,
) ;
- sens (du haut vers le bas Top Down - ou inversement, ou les deux, diffusion latérale pour permettre aux unités de se comparer) ;
- objectifs (contrôle, outil de motivation) ;
- périodicité (le plus souvent mensuelle) ;
- modalités (diffusion écrite, par réseau, listes de destinataires, établissement automatique ou sous contrôle humain,
).
Remarque : le terme « reporting » désigne aussi un module informatique capable de préparer les rapports internes, en ciblant dans la base de données les informations utiles et en les présentant sous une forme exploitable (il ne sagit pas dimprimer cent pages de chiffres), puis de les diffuser (notamment par réseau).
( La technique du balanced scrorecard (BSC, tableau de bord équilibré ou prospectif), parfois nommée balanced scoreboard, est apparue dans les années 1990 (KAPLAN, R.S., & NORTON, D.P. -1992 « The balanced scorecard - measures that drive performance » - Harvard Business Review).
( Le BSC concilie les objectifs stratégiques avec les objectifs opérationnels et les attentes des clients.
( Il intègre la recherche de création de valeur pour certaines parties prenantes.
( Il apporte une projection vers lavenir, des objectifs damélioration.
( Le BSC aborde de façon équilibrée les quatre dimensions suivantes :
- finance (valeur créée pour les actionnaires) ;
- client (valeur créée pour les clients, pour les capter et les fidéliser) ;
- processus interne (performance des processus clés de la réussite) ;
- apprentissage et progression (capacité à progresser).
( Le BSC repose sur une carte stratégique qui lie les objectifs stratégiques aux quatre dimensions. Pour chacune : objectif ( facteurs clés de succès ( indicateurs, cibles, initiatives à prendre.
( Un Balanced Scorecard est une modélisation des déterminants de la stratégie de lentreprise.
( Il permet un pilotage Top Down (stratégique vers opérationnel) et doit permettre à chaque manager de répondre à la question : " quelle est ma contribution à la stratégie ? ".
( Le BSC a comme objectif de propager les objectifs stratégiques dans lentreprise, il fait redescendre sous une forme concrète les objectifs stratégiques vers les managers.
(Illustration : extrait du site « 12 MANAGE The executive fast track » HYPERLINK "http://www.12manage.com/methods_balancedscorecard_fr.html" http://www.12manage.com/methods_balancedscorecard_fr.html . Pour chaque dimension sont détaillés objectifs, mesures de performance, cibles à atteindre et initiatives à prendre.)
4 Les évolutions de la fonction comptable
4.1 Evolution de la profession et des pratiques
( Les métiers de la fonction comptable sont devenus extrêmement variés, du fait de la diversité des objectifs et des techniques vues ci-dessus.
( Lapport des systèmes informatiques, qui prennent en charge lessentiel des tâches répétitives, provoque une évolution des emplois comptables vers lanalyse, le conseil et la communication.
( Une étude portant sur les temps passés dans la fonction comptable dans de grandes organisations donne, en résumé, les résultats suivants, par ordre dimportance décroissante :
- comptabilité de gestion (comptabilité analytique et contrôle budgétaire) ;
- gestion de la trésorerie ;
- contrôle des filiales et consolidation ;
- relation avec les banques (financement) ;
- gestion des systèmes informatiques ;
- comptabilité générale ;
- autres (fiscalité, investissement, audit,
).
( Une autre enquête (Synthèse de dix années dévolution de lorganisation comptable 1994 2004 Eric Tort) montre :
- un accroissement du rôle de la DCF (direction comptable et financière), à laquelle le contrôle de gestion est rattaché dans 2/3 des cas ;
- une forte progression des échanges électroniques internes et externes ;
- laccélération du reporting (souvent mensuel avec moins de 15 jours de délai dans la majorité des cas) ;
- une progression de la segmentation analytique par projet ou affaire ;
- la stabilisation de la comptabilité par activités (ABC) à un niveau de 15% des entreprises environ ;
- la progression de lapproche coût complet au détriment du direct costing ;
- une périodicité stable (mensuelle) pour les états de gestion ;
- une tendance à ramener lhorizon budgétaire au mois.
( La pratique de la gestion à budget base zéro (BBZ - ou « beyond budget ») ou de lActivity-Based Budgeting (ABB) reste très marginale.
Remarques : BBZ ne veut pas dire pas zéro budget mais base budgétaire non reconduite automatiquement et repartant de zéro. Le BBZ est une réaction du management à la lourdeur des procédures budgétaires traditionnelle. Il est axé sur la définition de plans daction traduisant les objectifs stratégiques assortis dindicateurs de performance, qui repose notamment sur :
- une démarche contractuelle ;
- une responsabilité des décisions de création de valeur au niveau opérationnel ;
- lattribution de la responsabilité du résultat client au sein des processus.
En pratique, une budgétisation à bas zéro est très contraignante car les négociations sont bien plus tendues.
4.2 La réorganisation des processus comptables
( Comme dautres, les processus comptables peuvent être analysés, comparés (benchmarking), améliorés au niveau de leur coût et du service rendu, faire lobjet dune reconception (reengineering), être décentralisés, recentrés sur des activités essentielles ou externalisés.
( Dans les petites entreprises, lexternalisation (voir § 8.8) est courante et justifiée par le manque de compétences internes ou lincapacité à sinvestir dans des systèmes informatiques complexes.
( Dans dautres cas, elle doit être décidée en considérant ses avantages et ses inconvénients, en ménageant sécurité, flexibilité, qualité de linformation et coûts, après une étude approfondie de lorganisation comptable et de son rôle dans lentreprise (une cartographie des processus comptables) :
AVANTAGES DE L'EXTERNALISATIONINCONVENIENTS- Recentrage sur les métiers de base
- Gain sur les charges (si la charge de la fonction nest pas à 100%), système informatique allégé
- Bénéfice dune compétence extérieure spécialisée
- Charges de la fonction clairement mise en évidence
- Flexibilité
- Perte de maîtrise, risque (pérennité du prestataire, confidentialité), effet cliquet (difficulté pour changer de prestataire ou réinternaliser)
- Coût du service, charge des transferts réseau
- Nécessité dune communication permanente avec le prestataire
- Contrôle des prestations à effectuer, évolution des tarifications en labsence de contrat contraignant
- Dépendance des capacités de traitement du prestataire (saturation ponctuelle, recherche de rentabilité)
( Dans les grandes structures, 80% des entreprises souhaitent conserver leur comptabilité en interne, et ce sont les activités annexes (paye, fiscalité, juridique, gestion des comptes clients par affacturage
) qui sont le plus fréquemment externalisées.
( Différents niveaux dexternalisation sont possibles :
prise en charge extérieure sur un système interne ;
intervention de second niveau (les saisies, par exemple, étant réalisées par lentreprise) ;
exploitation dun système hébergé par un ASP (application service provider);
externalisation de certains processus ;
externalisation totale avec hébergement
( Dans les groupes, la solution du CSP (centre de services partagés), une entité juridique créée spécialement pour prendre en charge la comptabilité et disposant de son propre management, est parfois choisie comme alternative à lexternalisation. Il y a alors transfert dactifs et de personnels vers le CSP.
( Les différentes organisations possibles situent la fonction comptable sur une échelle continue :
Solutions centralisées
Décentralisée Centralisée CSP Externalisée
(dans les unités) (centre de services (prestataire)
partagés)
( La délocalisation consiste à confier la comptabilité à une structure (filiale ou société extérieure) située dans un pays à main duvre bon marché.
( Se pose alors le problème des communications (via internet), de leur fiabilité, et celui de la qualité du travail (une certification ISO est souhaitable).
4.3 Lingéniérie financière
( La multiplication des outils financiers, notamment boursiers, nécessite le contrôle de techniques très spécifiques.
( Lingéniérie financière vise ainsi à optimiser lusage des trois moyens daction :
- financier (endettement, opérations boursières) ;
- juridique (contrôle des droits de vote en assemblée générale, prise de contrôle dentreprises) ;
- fiscal (réduction de limposition).
5.6 LE SYSTEME DINFORMATION
(Voir UE 8)
1 Linformation et son traitement
( Une information est un renseignement concernant un objet, un événement, un concept,
déterminé.
( Linformation sintègre dans un système de référence qui lui donne un sens.
( Elle est mémorisée sous la forme dune collection de données (Ex : base de données).
( Elle est là lorigine de toute activité, et constitue la matière première de ladministration dentreprise (voir notamment le § 5.5).
( Elle existe pour et par la communication.
( Elle est « quantitative », « qualitative », « permanente », « temporaire » ou encore de fonctionnement, dinfluence, danticipation (LESCA -1995),
( Traiter linformation consiste à combiner et transformer des données pour produire un ou plusieurs résultats :
2 Le système dinformation
2.1 Le concept de système (voir § 2.5)
( Un système est un ensemble d'éléments en interaction organisé en fonction d'un but.
( Un système fait plus que la somme de ses parties.
( La théorie distingue système fermé (uniquement soumis à ses modifications internes) et système ouvert (qui subit son environnement).
( Un système peut être formé par assemblage de sous-systèmes.
Exemples : le système métrique est un système fermé (du moins sur le court terme). La famille ou le système respiratoire sont des systèmes ouverts. Un moteur est un sous-ensemble du système « automobile ».
( Le système dinformation est la partie du système « organisation », qui transforme, mémorise et communique des informations.
( Son but est de fournir à chacun, au bon moment, les données fiables nécessaires à son travail.
( Il met en uvre des moyens « manuels » ou informatiques.
( Sa pertinence sapprécie en fonction de sa capacité à répondre précisément aux besoins de lorganisation sans générer de lourdeur.
Remarque : le système dinformation ne traite que les informations gérables. En sont par exemple exclues les informations ambiantes, comme la personnalité des cadres,
2.2 Les composantes du système dinformation.
( Le système dinformation détermine le fonctionnement de lorganisation, car chaque action nécessite de linformation.
( Il constitue un facteur de régulation et de coordination des activités.
( Il est nécessaire à toute décision:
- pour fournir les informations nécessaires sous une forme acceptable ;
- pour effectuer les simulations (exploration des choix possibles) ;
- pour communiquer les décisions, les objectifs associés ;
- pour contrôler leffet des décisions et permettre des corrections éventuelles.
( Le système dinformation peut être scindé en trois sous-systèmes : système dinformation opérationnel, système dinformation de gestion (SIG) et système dinformation de pilotage (direction, prises de décisions de haut niveau).
( Le découpage en systèmes ou sous-systèmes na rien dabsolu. Un autre découpage du système dinformation couramment utilisé en corrélation avec les sous-systèmes de lorganisation est le suivant
( Le système opérant, qui assure le fonctionnement courant, peut être associé à un MIS (management information system).
( Le système de décision est associé à un DSS (decision support system), en français SIAD (système informatique daide à la décision, système dinformation daide à la décision ou système interactif daide à la décision).
( Le système de pilotage est associé à un EIS (executive information system), en français SID (système dinformation de direction).
(Exemple de fonctions du SI)
PILOTAGE, STRATEGIQUEPrévision des ventes à 5 ansPlan stratégiquePlan de développement (corporate, business)Prévisions de financement du développementINTERMEDIAIRE, TACTIQUE (SIAD, SIG)Analyse des ventes Budgets annuelsEtude des investissements, rentabilitéEtude des coûts et des margesOPERATIONNELGestion des commandes et clients, des stocksGestion des emplois et de la formationLogistique, gestion des approvision-nementsGestion de trésorerie, reporting
2.4 Le système informatique.
( Le système informatique sert le système dinformation à laide de moyens informatiques (ordinateurs, réseaux, programmes).
Remarque : les systèmes dinformation sont de plus en plus dépendants de linformatique, nous admettrons donc la confusion entretenue par la pratique du sigle « SI » entre système dinformation et système informatique. Voir SIAD supra.
( La facilité de traitement apportée par les TIC (technologies de linformation et de la communication) porte le risque de construire des systèmes anarchiques, inadaptés, sous-utilisés, peu fiables, alourdis par des informations inutiles ou de conception morcelée.
( Robert Solow (prix Nobel déconomie) a exprimé en 1987 un paradoxe, selon lequel linformatique serait partout sauf dans les statistiques de productivité. Les apports des TIC seraient en effet compensés par le renouvellement rapide des produits, qui suit la logique commerciale des fournisseurs et génère des charges de renouvellement et dapprentissage.
Les techniques informatiques sont un moyen et non une fin en soi.
( Limbrication des systèmes évoqués ci-dessus peut être ainsi schématisée :
2.5 Les architectures informatiques.
( La saisie et le traitement des données peuvent se faire localement ou à distance, grâce aux réseaux.
( Le terme téléinformatique désigne en général le traitement informatique à distance.
Illustration :
( Larchitecture du système est centralisée quand données et traitements sont concentrés sur un seul ordinateur (typique des années 70 80).
( Larchitecture du système est répartie quand les données ou les traitements sont pris en charge par différents ordinateurs.
( On distingue deux grandes catégories de réseaux :
- les réseaux locaux (LAN local area network), situés dans une enceinte privée ;
- les réseaux étendus (WAN wide area network), constitués par linterconnexion de plusieurs réseaux, notamment publics.
( Internet est une trame de communication mondiale qui résulte de linterconnexion de différents réseaux.
( Un intranet fonctionne comme internet, mais avec un accès limité aux membres dune organisation.
( Un extranet est un intranet ouvert à des partenaires extérieurs choisis (fournisseurs, clients,
). Il évite les courriers traditionnels, permet le partage de plannings, de données techniques,
3 Les applications informatiques dans lorganisation.
3.1 Le rôle et lorigine des applications.
( Le système informatique est constitué de matériels et dun ensemble dapplications.
( Une application informatique (un applicatif) est un ensemble de traitements informatiques répondant aux besoins dune activité.
( Lapplication repose sur un logiciel (des programmes).
( Elle intervient dans les processus métier et les processus de soutien.
( Sa mise en place constitue un projet.
( Les applications permettent de contrôler lactivité de lorganisation, car chaque processus physique (montage dun produit, confection dun colis,
) est déclenché par une information et accompagné dun processus de traitement de linformation.
( Les applications peuvent résulter dune programmation spécifique ou de lacquisition de licences dexploitation de progiciels prêts à lemploi.
( On distingue trois catégories de progiciels dapplication :
- les progiciels verticaux ou sectoriels, qui répondent aux besoins dune profession ;
- les progiciels horizontaux, qui répondent à un même besoin fonctionnel dans différents secteurs dactivité ;
- les progiciels intégrés, qui couvrent plusieurs fonctions dune entreprise.
( Lintégration de plusieurs applications consiste à les développer autour dune base de données commune.
( Les données saisies dans une application sont instantanément disponibles dans une autre.
( Un PGI (progiciel de gestion intégré), en anglais ERP (enterprise ressource planning) est un progiciel qui intègre des applications couvrant tous les domaines de gestion dune entreprise autour dune base de données commune (voir § 5.5).
(Principe du PGI)
( Internet a permis de nouvelles applications très communicantes.
( Les fonctions (« solutions » ou « plateformes ») correspondantes concernent notamment le commerce électronique (e-commerce), le CRM, le portail RH et la gestion logistique.
( Les collecticiels sont des logiciels de travail collaboratif (groupware) qui permettent à plusieurs personnes de travailler ensemble à distance, en communicant, en partageant des documents et en coordonnant leurs actions. Il sagit souvent dune palette doutils :
- messagerie ;
- agenda partagé ;
- visioconférence ;
- gestion des flux (workflow) ;
- partage de documents.
( Le partage des documents impose une gestion spécifique dobjets variés (textes, images,
), qui doivent être classés, repérés par des mots clés, validés par des procédures dapprobation internes et historisés (conservation des versions successives) et sécurisés.
( Le workflow, souvent disponibles dans les PGI, permet la circulation dinformations selon des processus formalisés (par exemple un circuit de validation des notes de frais) et codés selon le standard du logiciel utilisé (le codage est souvent facilité par des interfaces graphiques).
( La forme la plus rudimentaire du workflow est la liste de diffusion des messageries internet.
( Les applications informatiques ont fait évoluer lorganisation du travail :
- les opérateurs sont déchargés des tâches les plus répétitives ;
- le travail de certains peut être enrichi (plus de tâches décisionnelles, danalyse) et le profil des employés évolue ;
- de nouvelles formes de travail déqualifié au service du système apparaissent (manutention, surveillance,
) ;
- lintégration permet une information immédiate des managers, un contrôle plus accentué ;
- une synchronisation plus fine est rendue possible dans lorganisation et avec ses partenaires.
( Linformatique introduit des charges dinvestissement importantes (équipements, formation,
).
( De nouveaux risques apparaissent (panne, perte massive de données, indiscrétion, malveillance,
).
( Les cadences imposées par la machine et les contrôles quelle rend possible introduisent de nouvelles contraintes au travail.
3.2 Limplantation des applications.
( Une application peut être implantée sur le système informatique de lorganisation ou sur celui dune autre entreprise.
( Des prestataires ASP (application service provider) proposent une exploitation via internet des applications quils hébergent sur leurs ordinateurs.
( Lhébergement des applications est une option de management qui permet :
- de se libérer au maximum des contraintes techniques informatiques et de recentrer les activités sur le métier ;
- de suivre les évolutions technologiques plus librement ;
- de mettre les coûts en évidence pour les maîtriser, les réduire ;
- déchapper à un modèle culturel établi dans lentreprise ;
- de répondre à un nouveau défi stratégique (nouveau marché, alliance,
).
( Lhébergement est une externalisation (outsourcing) qui introduit une dépendance forte vis-à-vis du prestataire (voir § 8.8).
( Linfogérance (facilities management) consiste à confier en totalité ou en partie le contrôle du système informatique interne à une société extérieure.
( Elle permet dalléger ou de supprimer les équipes de spécialistes informatiques.
( Cest une forme dexternalisation partielle.
3.2 Le management des applications.
( Linformatique interne à lorganisation, autrefois morcelée, est désormais (en règle générale) sous le contrôle dune DSI (direction du système dinformation).
( La DSI met en place puis fait évoluer le système informatique conformément aux besoins de lentreprise.
( Elle respecte les objectifs stratégiques et des contraintes budgétaires.
( Elle veille à la fiabilité et à la performance du système en liaison avec ses usagers.
Remarque : la DSI est naturellement absente, ou remplacée par une structure très légère, dans une entreprise qui externalise son informatique ou dans une petite PME.
( Selon Michel VOLLE, la qualité du système dinformation sapprécie par sa pertinence (ladéquation au besoin), sa sobriété (simplicité, sans traitements inutiles) et sa cohérence (existence dun référentiel de données commun).
( La recherche de la qualité nécessite la prise en compte des facteurs organisationnels et humains et une implication de la direction générale, de la DSI et des directions utilisatrices, qui contribuent largement à la réussite des systèmes.
( Elle doit être évaluée régulièrement (enquêtes, comptabilisation des incidents, tableaux de bord, audit
).
( Les coûts informatiques (IPSOS 2008) représentent en moyenne 1,2% du chiffre daffaires des entreprises, mais on constate de grandes variations selon le secteur.
( Ils ont tendance à se stabiliser.
( La part des logiciels et des services y est de plus en plus importante (et donc la part des équipements matériels diminue).
( La contribution des systèmes informatiques à la chaîne de valeur est difficile à évaluer (sauf quand le SI constitue loutil de production, comme un système de gestion des personnels et des compétences dans une agence dintérim).
( Aux coûts visibles sajoutent fréquemment des coûts cachés (auto assistance entre utilisateurs, temps excessif passés par les utilisateurs pour utiliser une application, coûts dindisponibilité du système, pertes liées aux dysfonctionnements
).
( Lévolution des SI doit être organisée par un schéma directeur et par une planification :
- définition des grandes orientations du système (stratégie réseau, répartition ou centralisation, objectifs à atteindre en terme de résultats, intégration,
) ;
- choix des méthodes à utiliser ;
- fixation des priorités, des budgets,
( Le schéma directeur fournit un état précis du système informatique, indispensable à toute décision importante.
( Cest un outil daide à la décision pour le pilotage du système informatique et un élément de la gouvernance informatique.
( Un schéma directeur parfait, établi au premier jour du SI et scrupuleusement suivi conduirait à un ensemble dapplications parfaitement adapté aux besoins de lentreprise.
( La réalité est tout autre :
- lentreprise change et les applications ne suivent pas totalement ;
- des traitements ou des données sont conservés alors quils nont plus dutilité ;
- de nouveaux processus restent à lécart du système ou sont hâtivement pris en compte
( Après quelques années, lentreprise dispose généralement dun ensemble dapplications plus où moins homogène qui doit être rationalisé pour :
- réduire une charge de maintenance excessive ;
- améliorer la performance du système ;
- être compatible avec dautres organisations.
( Des solutions, toutes complexes, sont alors envisageables :
- lintégration par ladoption dun PGI ;
- lurbanisation (rationalisation ordonnée suite à une cartographie du système qui compare architecture des applications et architecture des processus) ;
- la fédération des applications par EAI (enterprise application integration) = interopérabilité dapplications par une interface réseau unique.
5.7 LA MAITRISE DE LA QUALITE
1 La qualité
1.1 - Définition
( La qualité est une notion relative, qui se définit par rapport à des exigences de référence :
- matérielles (encombrement, poids, aspect, résistance aux chocs,
) ;
- immatérielles (disponibilité, relation commerciale, image,
) ;
- fonctionnelles (facilité demploi, dinstallation, sécurité, fiabilité,
).
( La satisfaction des exigences est vérifiable à trois niveaux :
- par des mesures ou des tests durant la production, en aval ou en amont ;
- par la relation de vente (remontée des réactions clients)
- par lanalyse de laprès-vente (retours, pannes, difficulté des interventions).
1.2 Les enjeux
( La qualité a des effets multiples :
- valorisation de limage dune marque ou dune entreprise ;
- différenciation concurrentielle ;
- avenir du produit ;
- motivation du personnel (adhésion au projet de lentreprise, fierté dappartenance) ;
- réduction des stocks de rechange et des charges de garantie ;
- amélioration des flux de production (moins de retouches) ;
- amélioration du système productif ;
- modification des coûts (équilibre + / -).
( Lenjeu principal est la satisfaction des clients.
( Qui dépend de la spécification du produit (de lécoute du client).
( Pour fidéliser ou élargir la clientèle.
( Avec un prix et des coûts satisfaisants (marge).
( Lobjectif de qualité est la rencontre optimale des spécifications du produit, de sa réalisation et du besoin client :
1.3 Les démarches
( La notion de qualité a évolué depuis le début de lère industrielle.
( Approche taylorienne = contrôle de la conformité du produit en fin de production (par référence aux normes du bureau détudes) :
- les défauts détectés sont retouchés ;
- lanalyse statistique permet de suivre et daméliorer progressivement la qualité.
( Assurance qualité, inspirée du toyotisme (60 70) = lensemble du processus de production est pensé pour garantir la qualité :
- priorité à la prévention sur la correction des défauts ;
- choix approprié des méthodes et des équipements ;
- garantie dun niveau de qualité au client ;
- un manuel dassurance qualité précise la politique qualité ;
- norme ISO 8402-94.
( Recherche de la qualité totale = lensemble de lentreprise est mobilisé pour obtenir la qualité et éviter les gaspillages.
2 Le management de la qualité
2.1 Principes
( Etienne COLLIGNON et Michel WISSLER (Qualité et compétitivité des entreprises 1984) décomposent la gestion de la qualité en 4 sous-systèmes :
( Un coût dobtention de la qualité (COQ) est généré par ces 4 sous-systèmes. Il peut être décomposé en :
- coût de conformité (prévention, contrôles) ;
- coût de non-conformité (correction) ;
( Un compromis doit être trouvé en minimisant la somme de ces deux coûts.
( Le coût de correction dun défaut est dautant plus élevé quil intervient plus en aval du processus de production (le plus coûteux étant le retour client).
( Les coûts sont souvent mal connus et des coûts cachés de non-qualité (ignorés des SI) sy ajoutent :
- traitement non comptabilisé de la non-qualité ;
- pertes de temps, surconsommation de matières ;
- dégradation des conditions de travail, accidents, absentéisme, rotation du personnel ;
- perte de CA
( Comme illustration, nous citerons Henri SAVALL et Véronique ZARDET (Maîtriser les coûts cachés 1987), qui établissent le coût connu de la qualité entre 3 et 8% du CA, et considèrent quil peut monter à 25% quand les coûts cachés sont intégrés.
( La qualité ne peut être obtenue par la simple conception, ni acquise définitivement.
( Elle résulte dun processus damélioration technique, humain et organisationnel.
2.2 Les méthodes traditionnelles
( William Edwards DEMING (1900 1993), physicien et statisticien, a enseigné le management et contribué à la réorganisation des entreprises japonaises dans les années 50.
( Il présente (années 50) sa vision de la gestion de la qualité, symbolisée par la roue de Deming ou PDCA (plan do check act), qui est basée sur une amélioration continue (Kaïzen).
( Plan = préparer, planifier, do = réaliser, check = contrôler, act = réagir, corriger.
( La préparation du plan qualité nécessite didentifier nettement les problèmes et de concentrer les efforts sur les plus importants. Ceci peut reposer sur des techniques de questionnement :
- HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/QQOQCCP" \o "QQOQCCP" QQOQCCP (Qui fait Quoi ?, Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ?) ;
- 5 pourquoi (5W), pour arriver à la véritable cause.
( Le diagramme causes-effets en arêtes de poisson (Ishikawa) permet la recherche des causes dun problème :
- on construit collectivement un graphe montrant les facteurs qui affectent la qualité au long du processus de production ;
- les causes sont réparties en 5 catégories ou 5M (matière, matériel, méthode, main duvre, milieu physique) ;
- le diagramme est un support de la réflexion dun groupe de travail (il ne donne pas de solution).
(Exemple de diagramme)
Remarques :
- on ajoute parfois une sixième dimension au diagramme, le management (6M) ou les moyens financiers en plus (7M).
- les familles de causes peuvent être (si cest impératif) redéfinies en fonction du contexte.
( Le diagramme de Pareto (règle des 80/20 ou méthode ABC) permet de répérer les causes générant le plus de dysfonctionnements. Pour létablir il faut :
- établir une liste de causes possibles dun phénomène ;
- compter les phénomènes ;
- évaluer la gravité des conséquences de chacun ;
- établir un diagramme cause / gravité dans lequel on classe les causes par gravité décroissante ;
( Une minorité des phénomènes est à lorigine dune grande partie des conséquences (schématiquement dans un rapport 20% / 80%) => ciblage.
Exemple :
( Les cercles de qualité sont des groupes de 6 à 12 opérateurs volontaires qui se réunissent périodiquement pour examiner les problèmes et proposer des solutions.
( Ils disposent de toute information utile (technique, financière,
) et peuvent être tenus au secret.
( Ils sont formés aux techniques statistiques et aux méthodologies.
( Une charte définit les règles de fonctionnement du groupe.
( La direction reste maître des décisions mais sengage à leur mise en oeuvre.
Remarque : à lorigine, les cercles de qualité étaient chargés de faire le point sur les problèmes de qualité dans un domaine de lorganisation. La recherche précise de solutions relevait de GAQ (groupes damélioration de la qualité), chaque GAQ étant chargé de la résolution dun dysfonctionnement.. Par la suite, une certaine confusion sest instaurée entre les deux concepts.
( Lanalyse de la valeur (voir §3.2) permet de nincorporer dans un produit que ce qui est nécessaire pour satisfaire le client :
- elle permet de réduire le différentiel besoin spécification, dajuster les coûts et de maximiser le prix de vente ;
- elle repose sur une enquête précisant les besoins (avec ses incertitudes) ;
- cest un outil damélioration, exploitable en particulier au niveau de la qualité, pour éviter les erreurs de spécification et les gaspillages.
( Le benchmarking ou étalonnage (voir § 4.2) est un moyen daméliorer le système qualité par référence à un existant.
2.3 Les systèmes industriels
( Lautocontrôle consiste à intégrer les contrôles qualité dans le processus de production.
( Contrôle par les opérateurs (lopérateur contrôle son produit, ou le contrôle est réalisé par lopérateur suivant). Leffectif des services de contrôle est réduit.
( Détection des défauts au plus tôt (limitation des conséquences des défauts).
( Enrichissement des tâches et responsabilisation, notamment par la traçabilité.
( Lautocontrôle est naturellement développé dans les groupes de production autonomes (voir § 2.5).
( Les systèmes détrompeurs (Poka Yoké) sont des systèmes détectant automatiquement les anomalies, qui arrêtent alors la machine et alertent par un signal sonore ou lumineux.
( Contrôle des dimensions, de positionnement, de loubli dune opération,
( Lopérateur peut réagir.
( Si nécessaire, un technicien spécialiste intervient (il peut ainsi gérer un nombre important de machines).
2.4 Le TQM
( TQM = total quality management ou CWQC company wide quality control.
( Introduit dans les années 80.
( Vise lobtention de la qualité par la mobilisation de tous.
( La recherche de la qualité y est un processus intégrateur (tous y participent, du management à louvrier) et transversal (toutes les fonctions sont concernées).
( Le « service qualité » ou la préoccupation qualité axée sur la production évolue vers une culture de la qualité totale.
( Dont lobjectif est la création de valeur et la satisfaction du client.
( Basée sur des processus damélioration de la qualité.
( Les méthodes et outils y sont des aides à une stratégie qualité globale sappuyant sur les ressources humaines.
( Le TQM intègre :
- la mise en cohérence de la politique qualité avec la stratégie générale ;
- la diffusion de cette politique dans toutes les directions ;
- les risques (financiers, sociaux, concurrentiels,
) ;
- la relation client fournisseur interne ;
- la motivation du personnel ;
- l'analyse des besoins clients et le positionnement marketing ;
- la maîtrise des processus internes et leur amélioration (voir § 4.2) ;
- une recherche damélioration de la rentabilité.
3 La maintenance
( Maintenance = « ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure dassurer un service déterminé, au coût optimal » (AFNOR X-60-010).
( Concerne loutil de production, les systèmes de soutien, les bâtiments,
( Concerne les produits (garantie et service après-vente : réparations, rechanges,
).
( La maintenance influe sur la qualité, elle comprend trois volets :
- maintenance curative (intervention pour remédier à une panne) ;
- maintenance préventive (entretien permettant de réduire la probabilité de panne) ;
- maintenance évolutive (mise à niveau des équipements.
( La facilité de maintenance des produits est un facteur de qualité du processus de production qui influence aussi la qualité perçue par le client.
( Elle est intégrée dans la conception du produit.
( Elle exploite, quand cela est possible, des alertes automatiques.
( Elle constitue un argument de vente (possibilités dévolution, image daprès-vente fiable,
).
( La maintenance préventive de loutil de production permet :
- de réduire les temps morts par la planification des interventions (moins de pannes, maintenance hors temps de production) ;
- de réduire les coûts (meilleure organisation, négociation des approvisionnements qui sont alors prévisibles, moins de défauts de production et de rebuts, prolongation de la durée de vie des équipements) ;
- de respecter les normes de production et de sécurité.
( Lorganisation de la maintenance peut être centralisée, répartie entre différents centres géographiques, sous-traitée, confiée aux revendeurs agréés,
( La maintenance de premier niveau consiste à détecter lorigine de la panne, à intervenir sur des problèmes simples ou à transférer vers un centre spécialisé dans les autres cas.
( Dans les SI, la télémaintenance se développe avec les réseaux (prise de contrôle dune machine à distance pour un diagnostic ou la réparation dune panne logicielle).
4 Normes et certifications
( Des normes sont établies par des organismes spécialisés.
( Elles décrivent de façon détaillée un niveau de service garanti ou le déroulement dun processus.
( Des normes reconnues internationalement sont élaborées par lISO (international organization for standardization).
( Les normes évoluent.
(Exemple de catégories de normes ISO)
ISO 9000, 9001Concernent la production, la qualité, le management.ISO 14 000Concerne lenvironnementISO 27 001Concerne la sécurité de linformationISO 22 000Concerne la sécurité alimentaire
( Lévolution de la norme ISO 9001 (norme 9001 : 2000 puis 9001 : 2008) a une signification importante :
2000 = passage de la certification dun processus à celle de lorganisation (optique résolument qualité totale)
2008 = approche différente orientée GPEC : « On définit le niveau de qualification (ou de compétence) nécessaire pour tenir un poste, et on s'assure que les personnes tenant ce poste ont la qualification voulue. Si nécessaire, on met en uvre des formations. » Cette analyse doit être régulièrement renouvelée.
( Lapproche 2008 permet de simplifier considérablement le système documentaire. Certains sites ont ainsi supprimé des centaines de documents de leur système de gestion documentaire. Cela permet aussi de décentraliser plus facilement cette gestion des documents.
Exemple : avec les anciennes versions il aurait fallu rédiger un mode opératoire pour l'électricien devant changer un fusible. Avec la version 2008 on définira, par exemple, qu'il faut, pour tenir ce poste, un diplôme professionnel d'électricité ou 5 ans d'expérience dans un poste d'électricien. Toute personne satisfaisant à cette exigence a donc la compétence nécessaire pour changer le fusible, il est inutile d'écrire un mode opératoire. Rédiger un rappel sécurité suffit alors. Il faut néanmoins démontrer que cet électricien possède la compétence et sait la garder dans le temps. C'est là qu'intervient la notion de ré-évaluation des compétences et du contrôle des acquis.
( Les organisations peuvent demander leur certification auprès dun organisme agréé indépendant :
- le tiers certificateur réalise un audit de lorganisation, basé sur un référentiel précis (durée de 12 à 18 mois) ;
- lorganisation certifiée peut afficher le label correspondant à la norme vérifiée ;
- une surveillance de lorganisation est ensuite effectuée.
( Lorganisation supporte le coût de la certification.
( Pour lentreprise, la certification est un moyen de montrer au public et aux partenaires quelle adopte des règles rigoureuses et elle atteste que les moyens mis en uvre permettent datteindre un certain niveau de qualité.
( Parmi les organismes certificateurs :
- AFAQ (agence française de lassurance qualité) ;
- AFNOR (agence française de normalisation).
5.8 - LA FONCTION RESSOURCES HUMAINES
1 Le rôle de la fonction RH
( La gestion des personnels, à lorigine purement administrative (vision taylorienne), sest transformée en un management des ressources humaines (ou GRH : gestion des ressources humaines).
( Fonction RH dynamique, en prise directe avec la vie de lorganisation pour lui fournir les ressources humaines nécessaires.
( Prise en charge du capital humain, qui contribue aux performances de lentreprise (motivation et évolution).
( Prise en compte de lévolution des rapports de lhomme au travail.
Sondage CSA 2005 : le travail trouve sa valeur dans la rémunération (46%), la considération des clients (34%), son utilité sociale (32%), son ambiance (29%), sa considération par lentreprise (29%)
Baromètre IPSOS 2005 : les français attendent de lentreprise quelle agisse dans laide à la formation (60%), la retraite (57%), laccès aux soins (45%), la restauration dentreprise (45%), laide au logement (42%), laide aux transports (40%), (baromètre IPSOS 2005).
( La fonction RH est contingente (sa pratique est influencée par de nombreuses contraintes extérieures) :
( Dans les grandes organisations, la fonction RH est pilotée, par une direction des ressources humaines (DRH) rattachée à la direction générale.
( Cest une factivité de soutien (sauf cas particulier, comme celui dune agence dintérim), qui fournit cinq types de services (cf. infra).
1.1 Ladministration du personnel
( Ladministration du personnel regroupe des tâches de nature juridique, comptable ou administrative : tenue des dossiers, établissement des contrats, préparation et traitement de la paie, application des dispositions légales, déclarations sociales, suivi des congés,
( La veille juridique y est fondamentale, car lois, règlement et paramètres sociaux ou fiscaux changent très fréquemment (contrats, règles de licenciement, calcul des cotisations, durée du travail,
).
( Les travaux administratifs et comptables sont largement pris en compte par le système informatique (la paie, par exemple, est une des plus anciennes applications informatique et elle est automatisée dans plus de 90% des entreprises françaises).
1.2 La gestion du personnel
( La gestion du personnel doit adapter leffectif salarié aux besoins de lorganisation.
( Elle détermine et anticipe les besoins : recrutement, formation.
( Elle organise les plans de carrière, évalue les compétences, accompagne les salariés, organise les licenciements.
( Elle définit les rémunérations, les primes et les avantages et recherche la motivation des employés.
( Elle produit diverses statistiques (pyramide des âges, dispersion des rémunérations, absentéisme,
).
1.3 La gestion des conditions de travail
( Gérer les conditions de travail consiste à préserver et améliorer, en collaboration avec les services opérationnels, le confort et la sécurité des salariés (limiter les postures traumatisantes, les expositions au bruit, aux toxiques, le stress, aménager des plages de repos ou des plannings de présence acceptables, aménagement du temps de travail,
).
( Les conditions de travail sont soumises à une législation spécifique :
- une formation à la sécurité est obligatoire depuis 1976 (le salarié doit pouvoir bénéficier d'une formation appropriée aux risques auxquels il est exposé) ;
- les CHST - comités dhygiène, de sécurité et de conditions de travail, créés en 1983, ont un rôle de contrôle dans les entreprises de 50 salariés au moins.
( Ces conditions et notamment lergonomie des postes de travail ont un effet sur les accidents, les maladies professionnelles, et donc sur le rendement des salariés.
Remarque : 692 000 accidents du travail ont été dénombrés en 2004. Des pénalisations financières sont encourues par les entreprises générant des accidents du travail.
1.4 Les relations sociales
( La fonction RH est attentive à la qualité des relations interpersonnelles dans lorganisation et assure les relations avec les représentants des salariés. Elle veille au climat social, notamment pour prévenir déventuels conflits.
( le climat social peut se mesurer au degré de satisfaction du personnel, dont les indicateurs sont notamment le turnover, labsentéisme, la fréquence des conflits, la satisfaction exprimée dans des enquêtes.
( Les principales instances représentant le personnel sont :
- le comité dentreprise (ou détablissement) dans les entreprises dau moins 50 salariés. Le comité est subventionné par lentreprise et doit être informé et consulté sur les questions intéressant la marche de lentreprise, la formation, les conditions de travail, les projets ayant un impact sur leffectif (le comité peut se faire assister dun expert) ;
- les délégués du personnel (si plus de 10 salariés) ;
- les délégués syndicaux (au moins 50 salariés).
1.5 La communication
( La communication RH vise à créer un climat et un contexte favorables à la vie au travail, elle revêt trois aspects :
- communication institutionnelle (explication des objectifs et des actions de lentreprise, concertation, diffusion des plans de formation, échanges dexpériences) ;
- communication légale (bilans sociaux, information des représentants du personnel,
) ;
- communication humaine (écoute des salariés, échanges internes).
2 La rémunération des salariés
2.1 Salaires et rétribution
( La contrainte du SMIC laisse à lentreprise une grande latitude pour fixer la rémunération de ses salariés.
( Le salaire est la rémunération objective dun travail. Il respecte les minima légaux (le SMIC et les conventions collectives ou accords dentreprise).
( Il résulte dune négociation lors de lembauche, puis de lévolution de carrière du salarié.
( Le salaire de base est souvent fonction du poste occupé, dune qualification et calculé à partir dun coefficient ou dune « grille de salaires ».
(Exemple fictif de grille salaire - qualifications)
Ingénieur (cadre)Minimum brutAprès 3 ans
dans le postePosition 1Débutant, pouvant prendre en charge un projet sous contrôle dun ingénieur expérimenté2100 ¬ > 2700 ¬ Position 2Expérimenté, autonome pour la gestion d un projet2500 ¬ > 3200 ¬ Position 3AConfirmé, ayant en charge une petite équipe ou disposant d une spécialité approfondie2800 ¬ > 3400 ¬ Position 3BChargé du management d une équipe étendue et ou intervenant dans ses domaines d expertise3300 ¬ > 4000 ¬ Position 3CAssumant des fonctions de direction.3800 ¬ ---
( Le salaire de base correspond à une durée contractuelle de travail (forfaitaire pour les cadres).
( Il peut être augmenté par le paiement dheures supplémentaires (non cadre).
( Il est parfois complété par dautres éléments de rémunération :
- primes liées à la performance ou destinées à compenser des conditions de travail particulières (primes de sujétion) ;
- avantages en nature (logement, véhicule,
) ;
- différentes formes de participation aux bénéfices de lentreprise ;
- des avantages sociaux (mutuelle à tarif préférentiel, chèques vacances,
).
Remarque : la participation aux bénéfices est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés. La formule légale de calcul de la réserve de participation, qui en fixe la valeur minimale, est :
R = 0,5 x (Résultat net 0,05 x Capitaux propres) x (Masse salariale / Valeur ajoutée)
( Dautres facteurs que le salaire interviennent généralement dans la perception qua le salarié de la rétribution de leffort quil apporte à lorganisation.
( Ils peuvent concerner des éléments aussi divers que la durée du trajet jusquau lieu de travail, lincidence sur la vie familiale des horaires de présence, limpossibilité de communiquer avec lextérieur durant le temps de travail ou la facilité des garde denfants.
( Lemployé peut trouver par ailleurs, dans son emploi, une satisfaction qui va au-delà du bulletin de paie (contribution à lévolution professionnelle, accomplissement personnel, ambiance de travail,
).
( Abraham Maslow et Frederick Herzberg (voir §2.3) sont les précurseurs dune analyse de la satisfaction des besoins et dune recherche des facteurs de motivation au travail :
- hiérarchisation des besoins en 5 niveaux successifs ;
- distinction de facteurs dhygiène (conditions de travail) et de facteurs de motivation (accomplissement au travail).
( BRILMAN et HERARD (Les meilleures pratiques du management - EO 2006) soulignent toutefois le lien existant entre salaire et motivation :
« Si le salaire en tant que tel ne peut constituer à lui seul un facteur de motivation, il a un pouvoir multiplicateur en tant que signe de reconnaissance de laccomplissement. A linverse, un travail très satisfaisant ne peut constituer à long terme une source de motivation totale sil nest pas accompagné par une rémunération adéquate ».
Exemples :
Un même salaire annuel sera perçu très différemment dans les situations suivantes :
( horaire fixe ou horaire variable permettant une souplesse dorganisation personnelle ;
( heures supplémentaires aléatoires ou modulation du temps de travail sur lannée ;
(- temps partiel groupé ou émietté.
Une usine implantée dans une zone mal desservie met en place un système de cars, ou pratique des rémunérations légèrement supérieures à ses concurrents (notamment sous forme de primes) pour attirer les salariés.
Un cadre se voyant confier un projet complexe et important pour lentreprise y trouvera une motivation susceptible de lui faire placer, pour un temps, les ambitions salariales au second plan.
2.2 La politique de rémunération
( La politique de rémunération des salariés dépend dobjectifs parfois contradictoires :
- limitation des coûts de main doeuvre ;
- cohérence interne, équité et lisibilité (respect de la hiérarchie des postes, des qualifications, des anciennetés, règles dattribution des primes) ;
- compatibilité avec les salaires pratiqués dans la profession ou dans la région ;
- stimulation, motivation pour la réalisation des objectifs et le progrès ;
- flexibilité (marge dadaptation à la conjoncture, à lactivité) ;
- sécurisation des revenus des salariés ;
- fidélisation du personnel à haute technicité.
( La politique salariale peut affecter la marche de lorganisation et elle doit intégrer les paramètres du marché du travail.
( Lillustration ci-dessous montre que les salaires peuvent être considérés de trois façons :
- comme un coût à minimiser (cf. activités nécessitant peu de qualification dans un marché du travail demandeur) ;
- comme un investissement dans un capital humain qui prépare lavenir de lentreprise (cf. activités de haute technologie) ;
- comme un élément de motivation du personnel (qualité du service client, résultats de lentreprise).
( Lindividualisation des salaires est la conséquence naturelle de la liberté des contrats de travail et des évolutions de carrière.
( Elle prend en compte le travail effectué et la performance du salarié.
( Elle peut être limitée par les accords collectifs ou la nécessité de conserver une certaine cohérence et un sentiment déquité dans lentreprise.
( Son accentuation est une option de management qui vise la motivation et la flexibilité, mais qui nest pas sans risque.
( Le tableau ci-dessous en résume certains aspects :
Modalité de rémunération individualiséeBut principal recherchéEffets pervers Précautions - LimitesAu rendement, à la pièceAjustement revenu / productionAbandonné (précarité des salariés, organisations modernes disposant de contrôles suffisants sur le travail des salariés).Rémunération au mérite par différenciation des augmentations de salaireImplication dans le travailEcarts limités par les grilles de salaires, appréciation parfois subjective du supérieur attribuant laugmentation
Entretien dévaluation souhaitable
Choix de critères dévaluation acceptés.
Jamais de baisse de salaire.Fixe minimum + part de revenu liée aux résultats individuelsMotiver, accroître le rendement, stimuler
Adapter la charge salariale à lactivitéDémotivation (si résultats durablement faibles), difficulté à cerner la vraie responsabilité de lindividu.
Trouver un lien indiscutable entre résultat et action du salarié, fixer de bons objectifs.
Entretien dévaluation nécessaire.Fixe + part de revenu liée aux performances collectives dun groupeMotiver, agréger le groupe (voir école sociotechnique)Dissensions dans le groupe (si effort inégal), freinage des talents individuels, nivellement.Fixe + participation aux bénéficesMeilleure rémunération du personnel sans risque pour lentreprise, intéressement à la marche de lentrepriseEffet limité (montant des bénéfices, dont une grande part est destinée aux actionnaires et à lautofinancement)Salaire + participation au capital ou « stock options »Associer les salariés au développement, augmenter les rémunérations sans risque, motivationValable pour les sociétés en fort développement avec perspective daugmentation de la valeur boursière.
Remarque : stock option = droit dacheter des actions à un prix fixé davance. Le salarié (généralement cadre supérieur ou dirigeant) a alors intérêt à uvrer pour que lentreprise se développe.
2.3 La masse salariale
( La fonction RH suit la masse salariale, qui doit évoluer en phase avec la stratégie de lorganisation. Ses variations peuvent avoir différentes origines :
EvolutionRaisons possiblesRéductionTransformation des modes de production (plus de machines, meilleur rendement, automatisation, externalisation,
)
Réduction de lactivité, ajustement par rapport au volume dactivité actuel ou prévu.
Décision de rejoindre lefficience dentreprises comparables.
Rattrapage (salaires initialement trop élevés, réduction des coûts).AugmentationDéveloppement.
Evolution du niveau de qualification, du profil des employés.
Part croissante dactivités à fort taux de MO.
Rattrapage (salaires initialement trop bas, difficulté à recruter les compétences nécessaires)StabilisationStagnation de lactivité.
Situation dattente, figée ou évolutions ci-dessus se compensant.
( Lanalyse de la masse salariale par spécialité, niveau de responsabilité ou de leffectif par tranches de revenus (la pyramide des salaires) éclaire la politique salariale (quelle catégorie augmenter en priorité, augmentation générale ou individualisée,
), la politique de recrutement (catégorie à recruter, salaire dembauche ménageant une évolution rapide de rémunération,
) ou la politique de promotion interne.
3 Le recrutement
3.1 Le mode de recrutement
( Le recrutement de nouveaux salariés engage lorganisation pour plusieurs années (CDI) ou conditionne le bon déroulement dun projet ou dune production à court terme (CDD, interim ou prestataire).
Remarques:
Légalement, des contrats « précaires » (CDD, intérim) de doivent pas être utilisés pour pourvoir un emploi stable. Le CDI est, par ailleurs, révocable à tout moment pour des raisons économiques.
La gestion des emplois tend à laisser place à une approche différenciée qui modifie la GRH.
ATKINSON et HANDY distinguent ainsi trois cercles de personnels :
- le noyau dur, dépositaire de compétences clés, jouissant de contrats stables ;
- le second cercle, dépositaire de compétences moins essentielles mais rares, dont la disposition doit être modulée selon le besoin, et qui regroupe des personnels ayant des contrats limités dans le temps ou à temps partiel ;
- le troisième cercle, de qualification variable et placé hors de lentreprise (intérimaires, sous-traitants, experts indépendants).
Aucune catégorie ne peut prétendre à lemploi « à vie ».
( Quand un emploi doit être pourvu, lorganisation peut devoir choisir entre un recrutement interne (mobilité, gestion des carrières, promotions) ou externe.
( Ces deux recrutements ont chacun des avantages et des inconvénients.
( Un dosage est nécessaire quand plusieurs emplois doivent être pourvus.
Recrutement interneRecrutement externe+ Connaissance du postulant
Favorise les plans de carrière, la promotion
Facteur de motivation
Rapidité, faible coût du recrutement
- Effets pervers (un supérieur se débarrasse dun employé)
Jalousies, rivalités
Compétences pas toujours transposables dun poste à lautre
Pyramide des âges vieillissante
Refus de lautorité dun collègue promu
Pas dintroduction de nouvelles compétences+ Introduction de nouvelles compétences
Occasion dimpulser de nouveaux comportements
Rajeunissement possible
- Délai, coût de la procédure
Risque du recrutement (erreur sur le candidat, démission précoce)
Jalousies (recrutement à valeur de marché très supérieure à la grille de salaires interne)
Risque lié à lintégration
Charge de formation aux procédures maison
Blocage de promotions internes
3.2 Le processus de recrutement
( Le processus de recrutement peut être long (2 - 3 mois et plus pour le recrutement externe en CDI dun employé ayant un profil précis).
( En toute hypothèse, lorganisation recrute pour répondre à un besoin qui doit être préalablement identifié.
( Lembauche nest réussie que si le nouveau salarié a les compétences professionnelles requises et est aussi capable de sintégrer dans le service où il doit travailler.
( Nous résumons ci-dessous les étapes possibles dun recrutement externe en signalant par une * les tâches inutiles en cas de recrutement interne :
Etape du recrutementContenu - modalitésRésultat - ObservationsDéfinition du besoinDialogue GRH services
Description du poste (situation hiérarchique, technicité, ampleur, rémunération, profil psychologique,
)
Calendrier ProspectionPublication du poste :
- interne
- presse*
- réseau (intranet, internet)
- salons*
- ANPE (obligatoire)*
- associations, écoles*
- relations
Activation dintermédiaires :
- cabinets de recrutement*
- entreprises dinterim*
- prestataires spécialisés*
Souvent plusieurs centaines de candidatures pour un poste)
Exploitation possible de réponses récentes à dautres offres similaires ou de candidatures spontanées récentes.
Lutilisation dintermédiaires permet lanonymat (ne pas dévoiler un projet) ou lexploitation dun vivier spécifique (chasseurs de tête).
Certains prestataires (ex : SSII) peuvent mettre à disposition des personnes très qualifiées sur une courte durée (solution très coûteuse). Contrairement à lintérim, ces personnes sont employées durablement par le prestataire.Sélection Examen de documents :
- lettre de motivation, CV
- diplôme, certificats*
- parfois analyse graphologique
Examen « psy » ou psychotechnique :
- tests dintelligence, de personnalité
- entretien
Entretiens avec lencadrement :
- GRH
- service employeur
Premier tri en trois catégories : non-conforme, en réserve, à contacter.
Envoi de courriers (offre de RDV ou ajournement).
Liste de candidats compatibles avec le poste. La sélection psychologique nest pratiquée que pour des emplois sensibles (intégrité, résistance au stress, capacités dencadrement notamment)
Elimination des candidats. Détermination des contraintes (préavis). Négociation du salaire. Liste de 3 ou 4 candidats possibles.ChoixChoix dun candidat parmi les quelques uns retenus (direction, GRH, services).
Parfois dernier entretien.
Courriers de refus.
Lettre dembauche (tenant compte de la disponibilité connue du candidat).IntégrationRédaction du contrat.
Accueil, prise en charge professionnelle, information, formation.
Période dessai (1 à 6 mois, selon conventions et responsabilités)Employé opérationnel.
Très rares échecs (licenciement, démission) si le recrutement a été bien mené.
4 La classification des emplois.
4.1 Le modèle des qualifications.
( Une qualification est la traduction des capacités dun salarié, mise en correspondance avec un poste de travail.
( Les qualifications ont une dimension normative.
( Elles sont généralement en correspondance avec des formations.
( Elles sont reconnues au niveau national par un accord collectif ou par un accord dentreprise et sont articulées dans une classification des emplois ou une grille des qualifications établie selon des critères objectifs (capacité professionnelle ou diplôme, nombre dannées dapprentissage, durée de lexpérience dans une fonction, capacité à encadrer, capacité à communiquer,
).
( Lemployeur positionne chaque salarié par rapport à la grille afin de lui attribuer un coefficient ou un niveau codifié.
( La grille des qualifications sert de base à létablissement de la grille des salaires. Elle permet :
- lidentification des postes de travail, des métiers et des qualifications ;
- la définition dun système de rémunération cohérent (chaque coefficient ou niveau correspond à un salaire ou une fourchette de salaires).
4.2 Le modèle de la compétence.
( Le modèle de la compétence (logique des compétences ou « concept » de compétence) est apparu dans les années 70 - 80.
( La compétence est :
- pour Le Boterf (2008), un savoir agir dans des situations de travail particulières, un « ensemble de ressources appropriées personnelles
pour gérer un ensemble de situations professionnelles
afin de produire des résultats satisfaisant à certains critères de performance » ;
- pour Zarifian (1999), « la prise dinitiative et de responsabilité de lindividu sur des situations professionnelles auxquelles il est confronté
une intelligence pratique des situations qui sappuie sur des connaissances
».
( La compétence peut résulter dune formation, mais elle intègre aussi des composantes personnelles et elle peut évoluer dans lorganisation, qui est responsable du développement des compétences des ses salariés.
( Des compétences, on déduit lemployabilité du salarié, c'est-à-dire sa capacité à occuper un emploi.
( Lemploi correspond à une compétence (ou plusieurs) exercée dans un contexte particulier (un service, une spécialité, un objectif,
).
( La logique des compétences soppose à celle des qualifications :
- elle remet en cause les grilles de qualifications statiques ;
- elle tend à une rémunération en fonction de lemploi occupé, et non selon une qualification ;
- elle recherche lemployabilité du personnel, son adaptabilité à des besoins fluctuants plutôt que des qualifications exclusives.
Exemple : un ingénieur informaticien a la qualification correspondante et les compétences pour administrer un réseau. Mais la simple administration de réseau est une activité pouvant être assumée avec un niveau de compétence inférieur (technicien). Lingénieur doit-il être rémunéré selon sa qualification ou les compétences mobilisées par son emploi ? Lentreprise doit-elle employer son personnel selon ses compétences ou le rémunérer selon les compétences de lemploi quelle peut lui attribuer ?
( Lévaluation des compétences des employés et des compétences associées aux emplois et aux métiers est complexe.
( Elle nécessite létablissement dun référentiel de compétences, souvent avec le concours dun consultant spécialisé.
( Ce référentiel peut être défini par rapport à des savoirs, des savoirs faire et des savoirs être.
4.3 La gestion des emplois
( La gestion des emplois a un objectif individuel (évaluation et évolution du salarié) et un objectif collectif (sassurer que lorganisation dispose et disposera des ressources humaines nécessaires).
( Ces deux aspects se traduisent par :
- la gestion des carrières (évolution des salaires, promotions, mutations, changements de qualifications) ;
- la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).
( La GPEC, apparue dans les années 70, anticipe les besoins en ressources humaines de lorganisation pour les satisfaire par lembauche ou la mobilité interne :
( La GPEC est orientée par les choix stratégique de lentreprise (développement dactivités, réorganisation, substitution capital travail, recentrage,
).
( Elle peut conditionner la réalisation de certains objectifs stratégiques (notamment dans les entreprises de haute technicité).
( Elle sadapte à de nombreux aléas ou contraintes, en particulier :
- les errements du marché, la concurrence ;
- la conjoncture économique ;
- les flux de sortie des centres de formation ;
- la législation sur les licenciements ;
- les départs en retraite ;
- le marché du travail.
( La GPEC doit par ailleurs préserver la cohérence sociale de lorganisation (risque de déstabilisation par le recours excessif au travail précaire, par exemple).
( Sa réussite repose sur une large adhésion, de la direction générale aux responsables opérationnels, et sur la communication.
( Elle dispose de moyens internes dajustement des RH comme laménagement du temps de travail, la mobilité (horizontale = géographique, inter unités, verticale = promotions) et les plans de formation.
Remarque : le plan social est un moyen de faire face à une crise, ce nest pas (en principe) un outil de GPEC.
( Le processus de GPEC peut être schématisé par le diagramme dactivités UML ci-dessous.
( Les premières étapes sont déterminantes (analyse des facteurs, inventaire) et complexes.
( En particulier, il est nécessaire de mettre en place des dispositifs appropriés pour connaître les capacités et les aspirations du personnel.
( Des logiciels de GPEC appuient cette démarche en apportant une capacité de communication (notamment via intranet), de mémorisation et surtout de simulation afin danticiper les situations. Ils ne dispensent en rien du travail danalyse (emplois, compétences) et de réflexion.
4.4 Lévaluation du personnel.
( Lévaluation des employés est nécessaire à la gestion des carrières et à la GPEC.
( Elle permet de connaître le potentiel humain réel de lorganisation.
( Elle augmente la réactivité (en permettant de trouver rapidement le personnel nécessaires à une nouvelle activité).
( Elle permet le suivi et lamélioration des performances individuelles et la construction des plans de formation.
( Elle fournit des informations nécessaires aux promotions et aux augmentations de salaires.
( Chaque organisation a ses méthodes dévaluation du personnel. Pour une bonne efficacité, la démarche dévaluation doit :
- reposer sur des critères connus des intéressés (très généraux ou détaillés en fonction du métier occupé, capacités relationnelles, à lencadrement, capacités techniques, aptitude à évoluer, implication, réalisation dobjectifs prédéfinis,
) ;
- faire lobjet dun véritable échange lors dun entretien dappréciation.
( Lentretien dappréciation ou entretien dévaluation, généralement annuel et mené par le manager de la personne concernée, permet de fixer des objectifs personnels, dapprécier les résultats de lannée écoulée, dexpliquer lévaluation et de fournir des pistes damélioration.
( Lemployé doit ensuite être accompagné pour lui permettre datteindre ses objectifs personnels (attitude positive de la hiérarchie, formation, séminaires,
).
4.5 Lenrichissement du travail
( La recherche dun meilleur service au client est liée à la motivation du personnel. Elle peut être favorisée par un enrichissement du travail (autonomie et responsabilisation de lemployé).
( La notion dempouvoirement (empowerment) sest récemment développée. Elle consiste à accorder, dans certaines limites, le pouvoir de décision aux opérationnels, donc au plus près des problèmes ou des clients.
( Les problèmes sont souvent mieux perçus à la base, et ils y sont plus rapidement résolus en économisant une mobilisation de la hiérarchie.
( Lempouvoirement nécessite daccroître les capacités de prise dinitiative sous certaines conditions (fixation dobjectifs clairs, de limites explicites à linitiative, formation appropriée, mise en place dun système de reconnaissance et de récompense).
Remarque : lempouvoirement diffère de la délégation car le pouvoir est accordé pleinement, et non par défaut.
5 La formation
( Lentreprise doit participer à leffort de formation.
( Obligation légale, cf. taxe dapprentissage.
( Moyen de valoriser le capital humain en répondant à plusieurs objectifs :
- donner la capacité dutiliser un outil de travail (machine, logiciel,
) ;
- élargir le champ de compétence (prise de responsabilité, encadrement) ;
- améliorer les performances dun processus ;
- reconversion ;
- valorisation du parcours personnel (obtention dun diplôme).
( La formation, plus ou moins lourde, peut être prise en charge par lentreprise en totalité ou en partie, être assurée en interne, par un prestataire ou par un organisme de formation public ou privé.
( Les formations accordées au personnel sinscrivent dans un plan de formation coordonné avec les besoins actuels et futurs de lorganisation.
( La formation du personnel est un investissement (les dépenses lourdes de formation bénéficiant à un nouvel embauché peuvent, par exemple, donner lieu à remboursement en cas de démission précoce).
( Cest un outil de progrès, de cohésion et de motivation.
( La mesure des avantages dun plan de formation est toutefois délicate quand ses effets sont dilués et étalés dans le temps.
Remarque : des règles fiscales et sociales particulières sappliquent aux actions de formation (certaines dépenses de formations dites « libératoires » sont déductibles de la taxe due, la formation visant une adaptation au poste de travail est comptée dans le temps de travail, les actions de développement des compétences peuvent se dérouler hors temps de travail dans la limite de 80 h par an,
).
6 Quelques objectifs de la GRH contemporaine
( Rechercher la flexibilité de la main duvre.
( Temps partiel, contrats saisonniers, contrats à durée déterminée, intérim, sous-traitance, accords de modulation des horaires de travail, mobilité interne.
( La polyvalence et ladaptabilité du personnel sont des facteurs de flexibilité.
( Développer le concept dorganisation apprenante (voir §2.9) : les situations de travail sont des sources dapprentissage que lorganisation doit internaliser.
( Lapprentissage collectif est amplifié grâce à lorganisation des échanges et de la communication.
( Nonaka et Takeuchi (1995) ont, en particulier, schématisé le processus de création de connaissance (« spirale de la connaissance ») dans lorganisation (voir § 2.9).
( Mise en uvre de systèmes informatiques facilitant le partage des savoirs et des expériences comme la gestion des connaissances knowledge management « KM ».
( Développer une culture dentreprise (voir §7.5): sassurer quune vision commune de lentreprise, de ses valeurs et de son avenir est partagée par les acteurs de lorganisation.
( La culture dentreprise favorise les initiatives pertinentes dans des situations imprévues et limite les conflits.
( Elle peut être héritée de lhistoire, des traditions dun métier, mais elle peut aussi se construire au travers dun système de valeurs, de rites, dune image.
( Ce concept présente trois risques :
- transformation en une forme de manipulation et dembrigadement ;
- appauvrissement de la créativité si le recrutement réduit les diversités par un phénomène de cooptation ;
- génération dune inertie face aux changements.
( Favoriser linnovation en développant des comportements favorables.
( Maurice THEVENET (voir § 7.5) considère (2007) linnovation comme un phénomène collectif qui est favorisé par la culture dentreprise, mais surtout par la façon de faire des managers de proximité :
- éviter le carcan de règles trop strictes, favoriser lécoute et louverture, centrer sur le social plus que sur la tâche ;
- ceci doit être accompagné par une politique RH (valorisation de linnovation dans les évaluations, formation des managers).
( Exploiter les systèmes informatiques et les réseaux qui amplifient et accélèrent la communication dentreprise (extrait de « Outils informatiques appliqués au MRH » J. Sornet) :
« Les développements actuels des applications de GRH en réseau exploitent principalement les technologies internet et ont des noms très évocateurs. Ce sont :
l « e-RH », qui désigne la mise en uvre de la GRH via internet (réseau ouvert au public) ou intranet (réservé au personnel de lorganisation) ;
le « portail RH », qui est un ensemble de services en libre accès pour les employés de lorganisation via intranet (accès au dossier personnel, saisie des absences, des congés, information sur les formations, saisie des candidatures,
) ;
l « e-recrutement », qui permet de mettre en ligne des offres demploi, de récolter les curriculum vitae et dorganiser les rendez-vous ;
l « e-learning », dédié à la formation à distance, par exemple dans lorganisation.
Pour fixer les règles demploi du réseau, certaines organisations établissent une « charte » intranet ou internet en collaboration avec les représentations du personnel. La charte précise notamment les règles de sécurité et de confidentialité à respecter, les règles dusage dinternet et de la messagerie ainsi que les modes dinformation et dintervention des représentants du personnel. »
Remarque : le système dinformation pour les ressources humaines est parfois nommé SIRH.
6 Le contrôle de la politique RH
6.1 Le bilan social
( Les entreprises dont leffectif est supérieur à 300 personnes ont lobligation de publier un bilan social.
( Ce bilan, établi après consultation des représentants du personnel, regroupe des indicateurs définis par la loi (12 juillet 1977). Il est organisé en 7 thèmes, sans obligation dannexe explicative :
- emploi (effectifs, main duvre externe, mouvements, promotions, absentéisme,
) ;
- rémunérations (salaires, hiérarchie des salaires, charge salariale, participation) ;
- hygiène et sécurité (accidents, maladies professionnelles, dépenses de sécurité) ;
- autres conditions de travail (durée, aménagements,
) ;
- formation ;
- relations professionnelles (représentants, délégués, litiges) ;
- conditions de vie des salariés (activités et charges sociales).
( Le bilan est communiqué aux représentants du personnel, à linspection du travail, aux actionnaires, aux salariés sur demande, et il ne fait lobjet daucune procédure de contrôle légale.
( La loi NRE (Nouvelles régulations économiques) de 2001 modifie le code de commerce et impose aux sociétés cotées de compléter le rapport de gestion du conseil dadministration par une information sur la façon dont ces sociétés prennent en compte les conséquences sociales de leur activité.
6.2 Les indicateurs
( De nombreux indicateurs peuvent être construits pour évaluer létat des ressources humaines, la satisfaction des employés et les effets dune politique RH.
( Leur évolution est significative, ainsi que leur comparaison au résultat dentreprises similaires par leur activité et leur taille.
( Les indicateurs peuvent être réunis dans des tableaux de bords synthétiques de périodicité adaptée aux besoins du management (voir §5.5).
( Nous citerons quelques indicateurs en exemple :
Objet de lindicateurExemple de formulationInterprétation - ObservationsAbsentéismeHeures dabsence / Heures normales de travail
Labsentéisme se mesure sur une périodeUn taux élevé peut indiquer une faible motivation au travail.
Effet : perturbation, coût des remplacements
NB : taux dabsentéisme moyen de 6% en France.Rotation du personnel (turn-over)Nombre de départs / Nombre de salariésUn taux élevé indique une insatisfaction.
Effet : désorganisation, coûts de recrutementConflits sociauxNombre dheures perdues / Nombre de salariésUn taux élevé peut indiquer une déficience du management.
Effet : perte de production, désorganisation.Précarité de lemploiNombre CDD et intérim / Nombre CDIUn taux trop élevé peut indiquer un défaut dattractivité ou des failles de management.
Effet : risque de désorganisation, de détérioration du service, appauvrissement du capital humainPromotionsNombre de promotions / Effectif permanentUn taux faible peut être lié à une baisse de motivation ou une rigidité structurelle
Effet : risque de démotivation, de démissions.Age moyen (vieillissement)Age moyen ou pyramide des âges (effectifs par tranche)Montre un déséquilibre (tranches sous représentées), un manque ou un excès de maturation des personnels, un défaut de la politique de recrutement.
Effet : sclérose ou manque de technicité, risque de pénurie et de désorganisation (départs en retraite groupés).Evolution de la masse salariale et augmentationsMasse N+1 / Masse N
Augmentations / Masse salarialeCes indicateurs doivent utiliser des données corrigées pour tenir compte de lévolution de leffectif, des augmentations générales et individuelles,
Accidents du travailNombre de jours perdus / Nombre dheures travaillées
Nombre daccidents / Nombre dheures travailléesIndique la gravité des accidents
Indique le taux daccidents
6.3 Laudit social
( Un audit social peut être mené pour améliorer le système de gestion des ressources humaines.
( Laudit est de portée générale et il intègre les travailleurs temporaires, les intervenants indépendants et les sous-traitants réguliers.
( Il doit être méthodique et reposer sur une observation objective.
( Laudit est, de préférence, confié à une société extérieure et compétente dans ce domaine.
( Il conduit à un rapport proposant des améliorations, sur la base dindicateurs comparés à des références professionnelles.
Remarque : laudit social est défini par lIAS (institut international de laudit social) et par une norme ISO 19011.
6.1-Les comportements INDIVIDUELS
( Un comportement est une réaction observable face à une situation.
1 Les fondements psychologiques
1.1 La théorie de linconscient.
( La théorie de linconscient est issue du développement de la psychanalyse. Fondée par dans un but thérapeutique dès 1896, elle remet en cause la conception d'un homme totalement maître de lui.
( Linconscient est constitué dun ensemble de forces obscures qui influencent nos pensées, nos désirs et nos actes. Nous ne pouvons y accéder quindirectement et partiellement au travers de phénomènes involontaires (actes manqués, lapsus, oublis ou symptômes) ou par les rêves, moyennant un effort dinterprétation.
( Très schématiquement, les instances psychiques freudiennes constituent un système en équilibre qui peut se représenter ainsi :
Conscient
MOI SURMOI
(Rôle social) (Education)
ça
Inconscient
( Le moi est ce que nous présentons aux autres, avec une volonté parfois contrariée par l'irruption de l'inconscient. Il effectue un travail d'adaptation au réel qui nous entoure en tenant compte du censeur qu'est le surmoi, vestige de léducation, qui lutte contre les pulsions du ça. Le moi a la tâche difficile de « gérer » les autres instances.
( Le çà est une zone inconsciente du psychisme où s'entremêlent des pulsions résultant de tendances refoulées dans la petite enfance (avant 5-6 ans). Le ça est le siège de complexes, nuds d'affects qui concentrent assez d'énergie pour agir régulièrement sur les comportements, notamment en réaction aux stimulations de lenvironnement quand elles entrent en résonance avec linconscient.
( Conscient et inconscient sont en relation déquilibre conflictuel.
( Les pulsions du çà sont généralement endiguée, mais leur éventuelle irruption dans le conscient est très anxiogène. Par analogie, on peut comparer léquilibre conscient - inconscient à la situation respective du magma et de la croûte terrestre : les irruptions peuvent être violentes, et elles touchent souvent des zones ayant une prédisposition particulière.
( Cette dynamique psychique personnelle peut expliquer nos comportements. Il est toutefois exclu, pour des raisons pratiques et déontologiques dentrer, en dehors des contextes médicaux, dans linconscient des individus afin de danalyser leur façon dêtre dans une organisation.
( Parmi les mécanismes de défense du moi, certains ont été intégrés au langage courant :
- le refoulement dans linconscient de situations intolérables (cest le mécanisme le plus primitif, activé dès le premier âge) ;
- la projection (lattribution à lautre de ses propres sentiments) ;
- la régression (le retour à un comportement infantile rassurant) ;
- la sublimation (la transformation de la réaction psychique en énergie positive, pour atteindre un but particulier) ;
- la rationalisation (lapplication à toute force dun raisonnement explicatif à une situation psychique difficile) ;
- la compensation (le renforcement des qualités dans un domaine pour compenser certaines faiblesses d'un autre domaine) ;
- lidentification à une autre personne ;
- le fantasme (le remplacement de la réalité par une forme de rêve).
( Peu après Freud, Carl Gustav JUNG (1875 1961) introduit la notion d'inconscient collectif, somme d'archétypes (des modèles primitifs) communs à notre civilisation.
1.2 Le behaviorisme
( Le behaviorisme (voir § 2.5) est un courant de pensée, dérivé des travaux de PAVLOV sur des animaux (1890), qui considère le conditionnement par stimulus et réponse.
( Développé par WATSON (1913) en réaction aux méthodes introspectives, le behaviorisme souhaite fonder la psychologie sur une base scientifique en ne considérant que les données observables : les comportements individuels en réaction à des stimuli.
( Cest un courant assez réducteur de la personnalité (tout dérive des habitudes, de facteurs environnementaux et de lapprentissage), qui aborde la psychologie sans tenir compte de la pensée, et qui est actuellement dépassé.
( Les néo behavioristes nuancent cette approche. Ils considèrent que la récompense et la punition influent sur les attitudes et les sentiments qui, à leur tour, influent sur les actions.
( En comprenant mieux l'effet de ces facteurs environnementaux, il devient possible de les utiliser pour amener les gens soient à agir d'une façon plutôt que dune autre.
( Burrhus Frederic Skinner (1904 1990), psychologue, sest inspiré du behaviorisme pour développer en 1974 sa théorie du renforcement : il déduit, dexpérimentations sur les rats et les pigeons, que tout comportement, adapté ou non, s'acquiert suivant le mécanisme du conditionnement et est renforcé par les récompenses (voir § 6.2).
1.3 La théorie cognitive.
( La psychologie cognitive étudie les fonctions mentales, telles la perception, la mémoire, l'apprentissage, le langage, le raisonnement.
( La cognition désigne les connaissances ou les activités mentales concernant la perception de l'information présente dans l'environnement.
( Les éléments cognitifs sont les composantes de la pensée, idées, connaissances, opinions, croyances sur soi ou sur lenvironnement, internalisation des perceptions, des émotions, des actions ou des comportements.
( Les théories du choix cognitif supposent que lindividu choisit ses actions par un processus intellectuel, par opposition à laffectif.
( LEWIN (voir §2.3) est un précurseur de la théorie cognitive qui suppose que les constructions mentales influencent les conduites et que la perception que les individus ont des événements a une influence majeure sur leur comportement.
( Léon FESTINGER (1919 1989), psychologue social, a introduit en 1957 la théorie de la dissonance cognitive, qui postule que lindividu a besoin de cohérence rationnelle.
( La dissonance cognitive est un état de tension désagréable dû à la présence simultanée de cognitions incompatibles. Lindividu tend à réduire la dissonance, ce qui explique ses comportements.
( Quand deux éléments de la pensée sont en contradiction (par exemple, écart entre les convictions et les comportements), lindividu se trouve dans un état dinconfort psychologique quil tente de réduire par un changement de son système cognitif ou de ses comportements (homéostasie des systèmes ou tendance à retrouver léquilibre).
( Des dissonances peuvent être introduites à loccasion de tout contact, communication ou tout changement de situation.
( Dès lors, lindividu met en uvre une stratégie de réduction de la dissonance plutôt que dadapter son comportement à la nouvelle situation. Il peut :
- nier la véracité des nouvelles cognitions, les oublier, ou en réduire limportance, les déformer ;
- étayer ses convictions en y rajoutant de nouvelles cognitions consonantes ;
- équilibrer le poids des dissonances et des consonances.
( Fritz HEIDER (1896 1988), psychologue, a développé en 1958 la théorie de l'attribution causale .
( Lindividu attribue des causes aux situations, chacun recherche des causes aux situations pour se construire une vision cohérente de son environnement.
( Cela lui permet dappréhender lenvironnement selon une démarche pseudo-scientifique.
( Une « psychologie du sens commun » en résulte, que chacun met en pratique en attribuant notamment la réussite ou l'échec aux dispositions des personnes concernées.
( Chaque événement se voit attribuer une cause (« locus de causalité ») :
- auto-attribuée si lévénement concerne le sujet qui attribue la cause ;
- hétéro-attribuée si le sujet est observateur ;
- interne (personnalité, dispositions dun individu) ;
- externe ou impersonnelle (dépendant dune situation).
( Les causes sont cherchées chez les individus plutôt que dans lenvironnement, et dans les situations récentes plutôt que plus anciennes.
( Le système dattributions causales influence les comportements et fournit un système de prévision des comportements et des situations, cest une des bases de l'anticipation du comportement humain.
( La psychologie cognitive, née en même temps que lordinateur et lintelligence artificielle, conçoit lesprit humain comme un dispositif de «traitement de linformation».
( Elle donne une place prépondérante à lintellect et fait limpasse sur les facteurs affectifs dans la détermination des comportements.
2 La personnalité
2.1 Caractère et personnalité.
( Le caractère résume la manière dont une personne réagit habituellement dans une situation donnée.
( Pour René le SENNE (Traité de caractérologie) : «
caractère signifie lensemble des dispositions
qui forme le squelette mental de lhomme ».
( Pour Gaston BERGER (Traité pratique danalyse du caractère) : « Le caractère nest pas lensemble de la personnalité. Il nen est que le noyau ».
( La personnalité est l'ensemble des comportements qui font l'individualité d'une personne (modes d'action et de réaction, originalité et spécificité de sa manière d'être).
( Pour René le SENNE, la personnalité est une notion plus large que celle de caractère, elle «
comprend le caractère dabord, mais en plus tous les éléments acquis au cours de la vie
A linverse du caractère, la personnalité ne laisse hors delle rien de ce qui appartient à la vie mentale ».
Remarque : persona désigne le masque du théâtre antique grec.
( Létude des comportements sappuie sur le concept de personnalité, mais le caractère, qui permet détablir facilement des classifications, reste fréquemment exploré dans les organisations, notamment lors des recrutements.
2.2 Les composantes de la personnalité
( La personnalité résulte déléments innés et acquis.
( Linné vient de lhérédité, mais aussi des acquis indélébiles des premières années de lenfance, provenant notamment de lenvironnement familial. De fait, il est très difficile de déterminer lorigine exacte des composantes innées de la personnalité.
( Lacquis correspond au façonnement social de la personnalité (éducation, influence du milieu, expériences, culture). Il correspond à des comportements appris (socialisation), qui permettent de répondre aux sollicitations de lenvironnement.
( La personnalité se traduit par des « traits de personnalité ». Pour Cattel (1965), un trait de personnalité «
est une caractéristique relativement stable inférée à partir de lobservation de relations entre éléments de comportement ».
( Lidentité est la façon dont une personne se définit elle-même.
2.3 Les typologies.
( Les comportements peuvent être regroupés par catégories.
( Une telle typologie des « caractères » ou des « personnalités » est la réduction dune réalité complexe.
( La typologie permet toutefois une première approche des individus, utile au raisonnement ou à la communication entre spécialistes.
( JUNG (1920) fût lauteur dune typologie encore utilisée aujourdhui et largement passée dans le langage courant.
( Il distingue deux types d'attitudes face à l'environnement, et quatre fonctions d'adaptation, qui s'agencent deux par deux.
( Les attitudes sont:
- l'extraversion (le sujet est orienté vers l'extérieur, spontané, charmeur mais peut être superficiel, risquant de décevoir et d'exagérer. En cas de difficulté, il se réfugie dans la foule, dans les contacts humains);
- l'introversion (le sujet est orienté vers lui-même, il hésite, ne paie pas de sa personne mais gagne à être connu et sait approfondir les analyses. En cas de difficulté, il se réfugie dans l'isolement).
( Les quatre fonctions se décomposent en fonctions rationnelles et non rationnelles :
- la pensée (jugement logique, raisonné) et le sentiment (jugement affectif) sont des fonctions rationnelles, en ce sens qu'elles font précéder les décisions d'une évaluation (la logique ou la « côte d'amour »);
- la sensation (perception du tangible) et l'intuition (perception au delà du tangible) sont des fonctions non rationnelles: une simple perception de la situation leur suffit pour induire un choix.
Exemple dutilisation de cette typologie en sélection de personnel : un type pensée-introvertion est plus adapté à un travail de chercheur quà un rôle commercial. Le raisonnement inverse pouvant sappliquer au type fonctionnel sentiment-extravertion.
( Parmi les autres typologies usuelles, nous citerons la caractérologie d'Heymans - Le Senne qui combine trois par trois les facteurs que sont l'émotivité ou la non-émotivité, l'activité (la facilité à se mettre en action) ou la non-activité et la secondarité (l'intensité et la durée du retentissement des événements sur l'individu) ou la primarité (réaction plus vive mais avec peu de conséquences dans le temps), pour aboutir à huit caractères distincts.
( Le modèle des « Big 5 » (1995) décrit la personnalité à l'aide de cinq traits de caractères fondamentaux, qui ont un impact fort sur la performance au sein dune organisation :- l'extraversion (sociabilité, attention portée à l'environnement extérieur, dynamisme), - la méticulosité (rigueur, conscience), - l'équilibre émotionnel (ou son pôle opposé: névrosisme), - l'ouverture d'esprit (imagination), - la conscience des autres (ou agréabilité).
2.4 Les tests
( Un test est une épreuve ponctuelle permettant davoir une vision résumée (un profil) de la psychologie dune personne, de certaines de ses qualités intellectuelles ou techniques.
( On distingue les tests de personnalité, qui sont généralement construit en référence à une typologie, les tests dintelligence, qui mesurent des capacités cognitives, et les tests psychotechniques qui évaluent des capacités professionnelles.
( Les tests contribuent fréquemment à la sélection des candidats à lembauche.
Exemple : le modèle des « Big 5 » peut, par exemple, être exploité à laide dun test assez succinct (voir le test en ligne du journal Le Management - HYPERLINK "http://www.journaldunet.com/management/enquete/cgi/enquete-test-personnalite/" http://www.journaldunet.com/management/enquete/cgi/enquete-test-personnalite/).
3 La perception.
( La perception est le processus par lequel lindividu intériorise les situations.
( La perception des messages lui provenant de son environnement comprend trois phases :
- la sélection des stimuli extérieurs à traiter ;
- lorganisation des informations sélectionnées, leur rapprochement dun système de référence qui résulte du vécu individuel ;
- linterprétation, qui donne un sens à linformation.
( Chaque phase peut apporter un biais, de telle façon quun même événement peut être perçu différemment par deux individus.
( La perception des situations dépend des expériences, des attentes, des émotions, de la culture, de la motivation de la personne.
Remarque : la culture est un ensemble de valeurs, de croyances, de mythes, dattitudes,
intériorisé qui influence les comportements.
( Les préjugés sont des évaluations portées a priori sur une personne ou un groupe social.
( Les stéréotypes sont des croyances partagées socialement, qui attribuent certaines caractéristiques à des personnes ou des groupes.
Exemple : je nai pas confiance en ces aliments bio (préjugé), les commerciaux sont superficiels (stéréotype).
( Préjugés et stéréotypes faussent la perception et ont un effet sur les comportements :
de lindividu porteur des préjugés et stéréotypes ;
de la personne qui en fait régulièrement lobjet, car elle aura tendance à adopter un comportement conforme à ce que lon attend delle.
Remarque : lattribution causale (Heider) introduit de la subjectivité dans linterprétation des situations. Elle tend à lier les événements proches (le premier sera facilement considéré comme cause du second), à attribuer la cause dun événement à une personne plutôt quaux circonstances ou encore à être auto complaisante (on sattribue les actions réussies, les autres sont le fait déléments extérieurs).
6.2 -LA MOTIVATION
1 Définition et historique
1.1 Définition de la motivation
( La motivation est un processus psychologique conscient qui déclenche et maintient un comportement de lindividu. Elle repose sur deux hypothèses :
- la liberté du choix des actions ;
- lorientation des actions vers un objectif.
( Etre motivé, cest « avoir un objectif, décider de faire un effort pour latteindre et persévérer dans cet effort jusquà ce que le but soit atteint » (LEVY-LEBOYER La motivation dans lentreprise EO 1998).
( La motivation des salariés a donné lieu à des approches de plus en plus complètes au fil du temps.
( La motivation résulte :
- dun équilibre entre des forces qui proviennent de facteurs internes à la personne ou intrinsèques (besoins, personnalité,
) et externes ou extrinsèques (lieu de travail, qualité du management, responsabilités, nature de la tâche,
) :
- de linteraction entre lindividu et son environnement, mais « nos réactions ne seraient pas causées par le monde extérieur mais par nos perceptions de ce monde » (ROGERS).
( Le comportement ne peut sexpliquer totalement par la motivation, mais la motivation permet de prédire les comportements avec un certain degré de fiabilité.
( Motiver permet dinfluencer les comportements.
1.2 Historique des approches de la motivation dans lorganisation
1.2.1 Lorganisation mécaniste.
( Lapproche classique des organisations est normative et basée sur une répartition rationnelle du travail et des responsabilités.
( Cette approche mécaniste naccorde aucune liberté à lindividu, supposé ne travailler que pour lobtention dun salaire sans être capable dinitiative.
( Le salarié est un rouage interchangeable de lorganisation et seul le mécanisme est digne dêtre étudié.
( Ceci peut être relativisé :
- cette vision du salarié ne sappliquait pas avec la même rigueur aux dirigeants et ingénieurs qui encadraient lentreprise ;
- de plus, la réflexion sur les facteurs humains au travail nétait pas totalement absente (Henri Fayol considéra, dans ses principes, léquité nécessaire au dévouement des employés et linitiative comme facteur de satisfaction ; Max Weber travailla sur la reconnaissance de lautorité par chaque acteur de lorganisation).
( Pour autant, les besoins secondaires des individus et leurs interactions sont largement ignorés par les classiques.
1.2.2 Le mouvement des relations humaines.
( Le mouvement des relations humaines fut initialisé par Elton Mayo (voit § 2.3).
( Il intègre le facteur humain dans lefficacité des organisations (Mayo découvre notamment la stimulation par lattention portée aux individus et la cohésion du groupe).
( Limportance des relations interpersonnelles dans le travail est reconnue, ainsi que lexistence de besoins secondaires comme laccomplissement de soi, la capacité dinitiative individuelle et lintérêt dun enrichissement des tâches.
( A la suite des travaux de Kurt Lewin (voir §2.3) concernant la dynamique des groupes et les modes de prise de décision, de nombreuses approches comportementales se sont développées pour tenir compte de linfluence du collectif sur les comportements individuels.
( Le mouvement des relations humaines prend le facteur humain en compte, mais le privilège du raisonnement est toujours accordé aux dirigeants et on suppose que lindividu se réalise dans le travail, en ignorant linfluence de ses objectifs personnels et ce qui existe en dehors de lentreprise (social, politique, familial,
).
1.2 3 La prise en compte des influences sociales.
( La théorie mécaniste et le mouvement des relations humaines nexpliquent pas totalement les différences de comportements et de performances rencontrées dans des organisations équivalentes.
( Une étude des interactions sociales a commencé a considérer ce problème vers le milieu du 20ème siècle.
( Les organisations ont alors été vues comme des lieux de coopération, des systèmes regroupant des acteurs ayant leurs propres stratégies (Crozier, Friedberg), le siège dune culture collective,
2 Les théories de la motivation.
( Parmi les classements possibles des nombreuses théories de la motivation, nous retiendrons un classement en deux catégories :
- la motivation par les contenus (par QUOI est-on motivé ?);
- la motivation par les processus (COMMENT est-on motivé ?).
( Nous nous limiterons, par ailleurs, à quelques théories significatives (bien que parfois redondantes), dont certaines ont initialisé des recherches jusquà aujourdhui.
2.1 La motivation par les contenus
2.1.1 La pyramide des besoins.
( Abraham Maslow (voir §2.3) a établi une hiérarchie des besoins à cinq niveaux (et non une théorie de la motivation à proprement parlé) :
- besoins physiologiques (vêtements, nourriture, logement) ;
- besoins de sécurité (situation stable, protection contre les aléas) ;
- besoins dappartenance (contacts sociaux) ;
- besoin destime (valorisation, image de soi, être reconnu) ;
- besoin daccomplissement (épanouissement, développement personnel).
( Un besoin napparaîtrait que quand le précédent est satisfait, ce qui est discutable (comment expliquer la création artistique dans des conditions misérables, ou le besoin que peuvent avoir certains dirigeants dentreprises ayant estime et accomplissement de se faire attribuer des rémunérations exorbitantes ?).
( Maslow a toutefois bien identifié les besoins qui peuvent être satisfaits au travail et, en conséquence, les raisons de certaines difficultés de recrutement ou dun nombre de démissions élevé.
Exemples : lorganisation taylorienne ne peut satisfaire les deux niveaux supérieurs (en ce qui concerne les exécutants). Certains centres dappel téléphonique se contentent ainsi de méthodes de recrutement très sommaires compte tenu du rôle de pur exécutant des opérateurs, et subissent un turn-over important.
2.1.2 Théorie bi-factorielle.
( Frederick Herzberg (voir §2.3) a établi par enquête un lien entre le type de travail réalisé, les responsabilités et la motivation au travail.
( Il distingue :
- des facteurs dhygiène (extrinsèques, dambiance), qui peuvent générer de linsatisfaction (conditions de travail, relations hiérarchiques, rémunération,
). Ces facteurs, liés à lenvironnement de travail, ne peuvent toutefois générer de motivation (au mieux ils nont aucun effet);
- des facteurs moteurs (intrinsèques), qui génèrent de la motivation au travail (intérêt du travail, autonomie, reconnaissance, possibilités davancement,
). Ces facteurs sont liés aux caractéristiques du poste de travail.
( Herzberg ne hiérarchise pas les facteurs, mais les facteurs dhygiène correspondent aux deux premiers niveaux de Maslow, et les facteurs moteurs aux trois niveaux supérieurs.
( Le salaire des cadres a une position particulière : est-il facteur dhygiène ou de motivation (notamment quand il représente une reconnaissance des performances) ?
( Lenrichissement du travail est une conséquence normale de cette théorie qui na, toutefois, pas été validée expérimentalement, mais qui a reçu un accueil favorable des entreprises puisquelle conduit à enrichir les tâches et à accorder des responsabilités plutôt quaugmenter les salaires.
Remarque : la satisfaction est un « Sentiment de bien être. Plaisir qui résulte de laccomplissement de ce quon attend, désire, ou simplement dune chose souhaitable » (Petit Robert). Dans lorganisation, la satisfaction au travail doit être atteinte en préservant la performance.
2.1.3 Théorie des besoins acquis.
( David Mac Clelland (1917 1998), psychologue, considère (1961) que chaque individu ressent trois besoins supérieurs acquis, non hiérarchisés et indépendants, qui sont à lorigine de la motivation :
- besoin de pouvoir (personnel ou institutionnel) ;
- besoin dappartenance ou daffiliation (recherche de bonnes relations avec les autres, être aimé, se conformer aux normes du groupe, coopération plus que concurrence) ;
- besoin de réalisation, daccomplissement ou de réussite (recherche du challenge, de feed-back positif, goût à travailler avec des personnes de haut niveau, attrait du risque modéré).
( Lintensité des besoins dépend de lenfance, de lexpérience personnelle, de lorganisation dans laquelle on travaille et de la situation.
( Lun des besoins domine et chaque besoin correspond à un travail de prédilection :
- pouvoir = manager ;
- appartenance = réduit la capacité de décision ;
- réalisation = leader.
2.1.4 Théorie E S C (ou E R D).
( Clayton Alderfer (1969), psychologue, prolonge la théorie des besoins en suggérant que la motivation résulte dune tension interne du fait de la nécessité de satisfaire trois types de besoins :
- besoin dexistence (E) (besoins matériels, sécurité) ;
- besoin de rapports sociaux (R ou S) ;
- besoins de développement personnel, utilisation des compétences (D ou C comme croissance).
Remarque : ESC ( ERG en anglais (existence, relatedness, growth).
( Alderfer ne hiérarchise pas les besoins, qui peuvent agir simultanément ou se compenser, et suppose que la motivation dépend de lintensité du besoin et de son degré de satisfaction (la motivation décroît quand le besoin est satisfait).
( Un individu bloqué dans son évolution peut en revenir à des besoins plus élémentaires (exigence de salaire par exemple).
Remarque : les théories des besoins développées ci-dessus sont actuellement controversées, aucun lien entre leur satisfaction et la motivation ou la performance nayant pu être scientifiquement établi. Elles ont cependant un impact sur les conditions de travail et ont une influence sur les pratiques.
2.2 La motivation par les processus.
A linverse des théories des contenus, les théories des processus, tout en tenant compte des besoins et dautres forces internes, insistent sur les facteurs situationnels et sur les relations entre besoins et environnement de lindividu.
2.2.1 Théories explicatives des comportements.
Les théories de la dissonance cognitive et de lattribution causale (voir § 6.1) ne sont pas spécifiquement des théorise de la motivation, mais elles expliquent des changements dans le système comportemental.
2.2.2 Théorie des attentes (système V.I.E.).
( Victor Vroom (né en 1932), psychologue, explique (1964) le processus de motivation en supposant que, pour quun effort soit consenti, il faut quune récompense jugée valorisante soit attendue.
( La motivation est fondée sur une probabilité de réussite.
( Vroom distingue trois niveaux dattentes :
- la valence, qui est la valeur attribuée par lindividu à la récompense (extrinsèque : argent, promotion, temps libre,
ou intrinsèque : satisfaction). Les individus peuvent évaluer différemment une même récompense ;
- linstrumentalité, ou lien contribution rétribution. Dans quelle mesure leffort demandé me permettra daccéder à la récompense ? Puis-je y arriver par ce moyen ? ;
- lexpectation, qui est la probabilité de réussite que lindividu sattribue compte tenu de ses capacités et de laide dont il peut bénéficier.
( Les trois attentes se combinent selon une règle multiplicative, si lune delles est absente, la motivation est nulle :
Motivation = V x I x E
( Il résulte de cette théorie que la motivation ne peut se décréter, quelle vient des individus et quil faut connaître leurs attentes et leurs aptitudes pour les motiver.
( Le management participatif, lempouvoirement, la formation et le soutien des employés dans leurs tâches permettent daccroître linstrumentalité et lexpectation.
(Figure extraite du site http://webu2.upmf- grenoble.fr/emanagement/HTML/Th%E9o%20des%20attentes.htm).
2.2.3 Théorie de léquité (justice distributive).
( John Stacey Adams, psychologue, postule (1965) que les individus sont sensibles à la justesse de la rétribution de leur travail par rapport à celle dun référent (autre collègue, lindividu lui-même à un autre moment, ou référent hypothétique).
( La comparaison concerne le rapport Avantage (rétribution) / Contribution.
( Lindividu est stimulé par les iniquités (voir dissonance cognitive) :
- un écart défavorable provoque une tension et lindividu va tenter de le réduire par son comportement (réduction de leffort) ou en modifiant sa référence (justification de lécart);
- un écart favorable peut entraîner de la culpabilité et conduire, dans le cas dune rémunération au résultat, à la réduction du volume dactivité et à laugmentation de la qualité du travail.
Remarque : le concept de justice organisationnelle a été développé par Greenberg (1987) qui distingue la justice distributive (répartition des avantages : salaire, promotion, reconnaissance, responsabilité ...) et la justice procédurale (équité de traitement : mise en uvre des procédures pour l'attribution des récompenses, arbitraire).
2.2.4 La théorie des buts.
( Edwin A. Locke (né en 1938) et Gary P. LATHAM supposent (1968, 1984) que des engagements peuvent être pris volontairement (par volition : « acte par lequel la volonté se détermine à quelque chose » - Larousse), par devoir ou affect, et non par calcul.
( Ce sont les buts qui conditionnent leffort, donnent la direction des actions et leur permettent de durer.
( La définition des buts est un facteur de performance.
( Une fois les premiers résultats atteints, lindividu va se servir des connaissances acquises pour réorienter son action et sadapter à son environnement.
( La théorie des buts a une importance considérable dans le management par objectifs.
( Pour que les objectifs jouent leur rôle, il faut :
- quils soient difficiles, mais acceptés, bien définis et réalisables ;
- quils attirent lattention et puissent mobiliser sur les tâches nécessaires ;
- quil y ait un feed-back régulier, des récompenses ;
- que lencadrement soutienne lemployé et quil ny ait pas dobstacle aux réalisations.
( Une certaine liberté daction dans lorganisation du travail, en permettant le développement de stratégies, accentue la motivation.
2.2.5 Théorie behavioriste.
( Burrhus Frederic Skinner (voir §6.1) a transposé des expériences animales au comportement humain.
( Il va au-delà des réflexes conditionnés de Pavlov (comportements répondants) et considère quun comportement humain opérant (non reflexe) peut être renforcé ou diminué par des récompenses ou des sanctions, donc par lapprentissage.
( Skinner propose l'utilisation de facteurs de renforcement négatifs ou positifs, selon que les comportements doivent être découragés ou encouragés.
( Les facteurs positifs sont les plus efficaces.
Compléments :
2.2.6 Théorie de lautodétermination.
( Edward Deci et Richard Ryan (1985 et 2000) suggèrent que le besoin dautonomie (« besoin psychologique qui pousse lindividu à être à lorigine de son propre comportement, à le réguler lui-même, plutôt que dêtre contrôlé par une force ou une pression quelle soit externe ou interne ») conditionne la motivation.
( Ils distinguent trois états de motivation :
- motivation intrinsèque, par la satisfaction de besoins psychologiques (niveau le plus élevé) ;
- motivation extrinsèque, par un but indépendant de lactivité concernée qui nest quun moyen de latteindre ;
- amotivation, résultant de lincapacité de lindividu à établir une relation entre effort et résultat (travail « mécanique »).
( Une motivation est « autodéterminée » quand lactivité est réalisée par choix.
( Elle est « non autodéterminée » quand lactivité est réalisée pour répondre à une pression externe ou interne, et que la motivation cesse dès que la pression diminue.
( Seuls les individus pouvant satisfaire leur besoin dautonomie agissent par motivation intrinsèque.
+ bas niveau de motivation + haut niveau
( La motivation dépend par ailleurs :
- de la perception de la valeur attribuée à la tâche par lindividu (intérêt) ;
- de sa perception de ses compétences (« se sentir capable de faire ») ;
- de sa capacité à contrôler lactivité ;
- de la satisfaction dun besoin dappartenance (coopération, travail déquipe).
( La motivation est régulée par des facteurs psychologiques comme lestime de soi et le sentiment defficacité personnelle.
Remarque : Bandura (2002) a développé la notion de sentiment defficacité personnelle (SEP), évaluée selon les expériences passées, observées, le feed-back reçu des autres et les expériences émotionnelles ou physiologiques. La SEP (confiance en soi) agit sur la motivation en fonction directe de son niveau. Lamélioration du SEP est possible en fixant des objectifs accessibles, par limitation sociale, en réduisant les situations stressantes, par le feed-backpositif et en favorisant une autonomie bien dosée.
2.2.7 Théorie des dynamiques de laction.
( John William Atkinson et David Birch (1970) supposent que lindividu se comporte en fonction de forces motivationnelles :
- des forces incitatrices, qui orientent vers une activité ;
- des forces consommatrices, qui diminuent la motivation pour cette activité avec le temps.
( La motivation peut ainsi passer dune activité à lautre (ce qui explique la stabilité dune personne dans un emploi comportant plusieurs activités).
2.2.8 Théorie du contrôle (ou de lautorégulation).
( Ruth Kanfer (née en 1955), journaliste et psychologue, a étudié (1990) les processus qui lient le cognitif et laffectif quand un individu cherche à atteindre un objectif.
( Une comparaison continue des objectifs et des résultats obtenus agit sur le comportement, qui tend à réduire les écarts.
( Ce processus dautorégulation est du type cybernétique (étude des mécanismes de contrôle présents, notamment, dans les systèmes automatisés).
(Voir théorie des buts).
3 Limplication au travail.
( Limplication est un engagement volontaire dans une action, qui va au-delà de la motivation et de ce qui est normalement attendu (commitment : relation entre une personne et lorganisation).
( Elle sintègre dans une stratégie (projet individuel du salarié ou stratégie dun groupe) ou une vision personnelle de la vie au travail.
( Elle peut conduire à des exigences, notamment vis-à-vis de la hiérarchie, faisant déplacer les limites de lemploi.
( On peut distinguer deux modes dimplication :
- limplication organisationnelle (affective : attachement aux valeurs de lorganisation, calculée : intérêt personnel lié à celui de lorganisation, normative : « suivre les règles ») ;
- limplication au travail (besoin didentification à un métier, un savoir, besoin daccomplissement).
( Ces deux modalités sont respectivement favorisées par :
- une culture dentreprise, des objectifs individuels clairs ;
- une gestion des carrières, des savoirs, des objectifs et un feed-back.
( Renaud SAINSAULIEU (voir §7.5) distingue quatre modèles de construction identitaire qui conditionnent limplication :
- la fusion (les employés disposant dun faible pouvoir individuel dans lentreprise, peu qualifiés, se regroupent : camaraderie, solidarité, luttes collectives,
) ;
- laffinité (entre professionnels peu solidaires qui jouent des affinités pour favoriser lévolution sociale ou professionnelle) ;
- la négociation (professionnels très qualifiés usant du poids de leur compétence pour faire valoir leurs intérêts) ;
- le retrait (employés très peu qualifiés, individus forgeant leur identité sur des critères personnels extérieurs à lentreprise).
( Maurice THEVENET (voir § 7.5) identifie cinq causes dimplication (environnement du travail, produits de lentreprise, valeurs de lentreprise, attachement au métier et valeur personnelle du travail).
( Mais il considère que limplication nest pas en soi un facteur de performance (Ex : implication dans un métier où les besoins sont faibles).
( Lexcès dimplication peut générer des dysfonctionnements (prise excessive de responsabilités, empiètement sur la tâche dautres salariés, addiction au travail, épuisement).
( Limplication des salariés reste cependant un objectif des DRH.
( Elle suppose ladhésion du salarié à un environnement de travail, aux activités de lorganisation, à la valeur « travail », à une culture, ...
( Elle est sensible aux facteurs dambiance.
( Elle ne peut être maîtrisée, mais on peut la favoriser (encouragement de lencadrement, reconnaissance des efforts, gommage des obstacles matériels pouvant perturber limplication, création dune ambiance de groupe favorable, culture dentreprise).
6.3 - LES GROUPES ET LORGANISATION
( Le fonctionnement de lorganisation ne peut sexpliquer totalement par une approche individuelle, il résulte de phénomènes sociaux.
1 Le cadre social
1.1 La psychologie sociale
( La psychologie sociale, née à la fin du XIXème siècle, combine la philosophie, la biologie, la psychologie et la sociologie.
( « La psychologie sociale (voir § 2.3) étudie les processus mentaux (ou les comportements) des individus déterminés par les interactions actuelles ou passées que ces derniers entretiennent avec d'autres personnes » (Brown 1965 - social psychology).
( Elle replace lindividu dans un cadre social, qui justifie lessentiel de ses actions et influence son comportement.
( Cette science trouve son application dans les organisations, notamment pour expliquer les comportements, les phénomènes de résistance au changement, la motivation des personnels, les phénomènes de groupe ou chercher des modes de commandement efficaces.
2.2 Les positions sociales.
( Une attitude est une position visible dun individu ou dun groupe, un état d'esprit vis-à-vis d'un autre objet, d'une action, d'une personne ou d'un groupe, un comportement adopté face aux circonstances.
( Lattitude est un moyen de communiquer nos valeurs à lentourage, elle montre une tendance globale à orienter laction dans un sens ou dans un autre et contribue à la prévision des comportements.
( Le rôle est la réponse à lattente dun groupe, une conduite ou une fonction tenue au sein dun groupe (voir § 2.6).
( Le statut est la position dune personne dans un groupe ou un système social, à laquelle un ensemble de droits et dobligations sont attachés. Le statut est la composante normative dun rôle.
( La conformité est le fait, pour un individu ou un groupe, de suivre les vues majoritaires.
( La recherche des facteurs de conformité trouve des applications pratiques dans la conduite des organisations.
( Dans un groupe, lunanimité favorise lémergence dattitudes conformes et, inversement, la dissidence met à mal la cohérence dune majorité.
( La résistance au changement est une réaction qui, sur le plan individuel, résulte dune angoisse face aux modifications de lenvironnement (modification de repères, remise en cause dune activité, dun emploi,
).
2 Le groupe.
2.1 Définitions selon la taille.
( Le terme « groupe » est dusage récent (18ème siècle), bien que les phénomènes collectifs soient reconnus depuis lantiquité.
( Un groupe est un ensemble dau moins trois personnes qui interagissent pour atteindre un but commun.
( Le groupe est un système social.
Remarque : pour juger du rôle des groupes dans la vie sociale, il suffit de considérer la difficulté quil y a à gérer des personnes marginales, placées en dehors de tout groupe constitué, ou leffet de conflits sociaux spontanés, déclenchés en dehors des organisations syndicales.
( Le groupe se distingue des rassemblements fortuits (Ex : la population présente place de la Concorde, les passagers dune rame de métro) car :
- il est le siège de relations durables entre individus ;
- il est constitué en fonction dun objectif partagé et explicite ;
- il dispose dune organisation (même minimale).
( ANZIEU et MARTIN proposent une classification des groupes selon leur taille :
(La dynamique des groupes restreints - PUF 2000, cités dans « La dynamique des groupes restreints » - Nathalie Jean-Augustin)
«
Un groupe comporte au moins 3 personnes, condition nécessaire pour que se constituent des coalitions plus ou moins durables.
De 3 à 5 personnes, on parle de petits groupes, généralement non structurés, et dont les activités sont le plus souvent spontanées et informelles, par exemple du type « conversation ».
De 6 à 13 personnes, il y a constitution de groupes restreints, pourvus généralement dun objectif et permettant aux participants des relations explicitent entre eux et des perceptions réciproques ; ils sont partiellement ou totalement consacrés à la réunion-discussion.
De 14 à 24 personnes, on a affaire à des groupes étendus, tels que commissions de travail, des groupes pédagogiques pratiquant des méthodes actives ; ils sont difficiles à conduire, en raison de leur tendance à la subdivision.
De 25 à 50 personnes, on se trouve en présence de groupes larges, visant généralement la transmission des connaissances (classes scolaires), la négociation sociale (conventions collectives, accords dentreprise), linformation réciproque ;
Au-delà de 50 personnes, il sagit dassemblées, qui nécessitent une structure permanente (Bureau, Commissions) et lemploi de procédures déterminées par un règlement intérieur
».
( Jean Maisonneuve distingue trois types de groupes :
- la société globale (nation) ;
- le groupe particulier ou la collectivité étendue (entreprise) ;
- le groupe restreint, dans lequel tous les membres se connaissent.
2.2 Les caractéristiques des groupes.
( La structuration du groupe et la prévisibilité de ses comportements sont corrélés à sa durée de vie (horizon) et à la conscience de ses buts.
Remarque : lintimité du groupe fait distinguer groupe primaire et secondaire.
( Anzieu et Martin (cf. supra) mettent en évidence les principales caractéristiques et capacités des groupes :
Structuration (degré dorganisation interne et différentiation des rôles) DuréeNombre dindi-vidusRelations entre les individusEffet sur les croyances et les normesConscience des butsActions communesFouleTrès faibleQuelques minutes à quelques joursGrandContagion des émotionsIrruption des croyances latentesFaibleApathie ou actions paroxystiquesBandeFaibleQuelques heures à quelques moisPetitRecherche du semblableRenforcementMoyenneSpontanées mais peu importantes pour le groupeGroupe-mentMoyennePlusieurs semaines à plusieurs moisPetit moyen ou grandRelations humaines superficiellesMaintienFaible à moyenneRésistance passive ou actions limitéesGroupe Primaire ou restreintElevéeTrois jours à dix ansPetitRelations humaines richesChangementElevéeImportantes spontanées voire novatricesGroupe secondaire (organisa-tion)Très élevéePlusieurs mois à plusieurs décenniesMoyen ou grandRelations fonctionnellesInduction par pressionsFaible à élevéeImportantes habituelles et planifiées
2.3 Les facteurs de réussite du groupe.
( La réussite dun groupe (latteinte du but), dépend de sa cohésion et de ladhésion de ses membres à ses objectifs.
( EXLINE (1949) a montré que la cohésion du groupe apporte de la satisfaction à ses membres et favorise donc leur adhésion.
( Daprès SHERIF (1953), ladversité (menace externe) tend à mobiliser le groupe (à la condition quil ait été bien structuré et cohérent au préalable, à défaut, léclatement est possible COSER 1982)
( La réussite dépend notamment :
- de lanimation du groupe (qualité du leader) ;
- de la prise de conscience des objectifs ;
- des ressources du groupe ;
- de la répartition du travail ;
- de la planification des tâches et du suivi de lactivité du groupe.
( La communication dans le groupe est un facteur de sa performance et de sa cohésion.
( Elle est assouplie par les nouveaux moyens de télécommunication.
( Ces moyens permettent un travail collectif à distance en continu, avec un haut degré de synchronisation et une implication collective qui peut être quasi-permanente.
( Lobjectif des réunions peut alors être de faire le point et mettre les membres du groupe en contact direct.
( La culture dentreprise (voir § 7.5) limite les écarts de comportement et favorise la cohérence du groupe et la coordination des actions.
2.4 Les groupes dans lorganisation.
( Les groupes on été considérés avec méfiance par les théories classiques de lorganisation.
( Le groupe ne pouvait quavoir un impact négatif sur lorganisation : il nivelle les talents, il est incapable dune décision efficiente, il est un moyen de fuir les responsabilités, il est à lorigine dune opposition contre-productive à la hiérarchie,
( La seule option envisageable était den réduire linfluence.
( Lorganisation classique très formalisée (hiérarchie, fonctions, postes de travail) laisse peu de place aux individus et encore moins aux groupes.
( A partir des travaux de MAYO (voir § 2.3), les groupes ont été reconnus comme des lieux dinteraction qui contribuent à la performance de lorganisation.
( Lorganisation elle-même est un groupe étendu rassemblant plusieurs groupes coordonnés :
- des groupes formels, voulus, organisés, stables et identifiés ;
- des groupes informels, qui émergent spontanément au gré des circonstances, des affinités et peuvent évoluer rapidement.
( Les groupes informels permettent de couvrir des zones dincertitude de lorganisation, c'est-à-dire des situations non prévues par des règles établies (Crozier, Friedberg).
( Les groupes restreints ont une importance particulière dans lorganisation. On y distingue notamment :
- le groupe fonctionnel (autour dune responsabilité) ;
- le groupe de projet ;
- le groupe dintérêts (formé sur la base daffinités) ;
- le groupe virtuel (né avec les TIC et les réseaux) ;
- léquipe, qui est un petit groupe ou un groupe restreint réunissant des compétences complémentaires pour atteindre un objectif précis, où les membres sentraident, se considèrent mutuellement responsables et ont la capacité de régler déventuels conflits en interne.
Remarque : léquipe peut être fonctionnelle (travail sur des activités similaires en continu), « de résolution de problème » (constituée ponctuellement un problème ponctuel ou intermittent), inter fonctionnelle (réunissant des employés de différentes fonctions pour résoudre un problème commun), autogérée (cellule de production autonome), virtuelle (liée par réseau informatique).
( Les approches des groupes dans lorganisation peuvent être classées en distinguant :
- les approches sociologiques, sociopolitiques ou psychosociales, qui partent des interactions entre groupes et individus pour expliquer et canaliser le comportement de lorganisation (la force du haut vient du bas) ;
- les approches managériales, volontaristes, qui voient lattitude du manager comme un levier daction sur les performances collectives (voir § 7.2).
( Les deux approches sont complémentaires (le manager doit tenir compte des facteurs sociologiques, et les groupes ou les individus sont influencés par le management).
3 Les approches psychosociales.
( Lapproche psychosociale vise à placer chacun dans la position où il sera naturellement le plus efficace.
( Cette approche sintéresse à la complémentarité des membres dun groupe et à leurs relations en tant que facteur de réussite du groupe.
3.1 Historique.
( FREUD (voir § 6.1) sest intéressé à la psychologie collective, considérant que toute relation à autrui relève du désir (recherche de possession exclusive dun objet complémentaire) et de lidentification (à ce que lon voudrait être).
( Laffiliation à un groupe résulte :
- dune identification au modèle parental (toute vie collective est comparable à la famille) ;
- dun transfert sur le leader du groupe, qui devient un idéal soudant le groupe.
( MAYO (voir § 2.3) a mis en évidence le besoin de reconnaissance collective et limportance des relations au sein dun groupe par ses expériences à Hawthorne.
( Létude systématique des groupes a véritablement commencé avec les travaux de Kurt Lewin (voir § 2.3) et elle a conduit à la reconnaissance de comportements spécifiques aux groupes.
( La méthode de Lewin repose sur la théorie des champs :
- le groupe est un champ de forces et le comportement dun individu est fonction du champ de forces dans lequel il se situe ;
- les individus changent ainsi de comportements quand ils sont dans un groupe, on observe des phénomènes de coalition, de majorité ou dinfluence sociale ;
- le groupe ne coïncide pas avec la somme des individus qui le composent.
3.2 La structuration et la vie du groupe.
( La structure du groupe est formée des relations existant entre ses membres.
( Elle lui permet dagir vers un but.
( Elle évolue en fonction des interactions internes et externes au groupe.
( Létablissement des relations au sein du groupe et leur disparition se fait normalement en cinq étapes de durée variable :
- formation (les membres font connaissance, échangent des informations, trouvent des points daccord et acceptent un leader) ;
- conflit (des désaccords apparaissent qui peuvent remettre en cause la formation du groupe) ;
- normalisation (les désaccords étant surmontés, le groupe devient plus stable et cohérent, des normes émergent, les rôles sont clarifiés et le sentiment dappartenance apparaît) ;
- réalisation (coopération, réalisation des objectifs) ;
- dissolution (quand lobjectif est atteint, ou spontanément si un obstacle rend le travail du groupe impossible ou inutile. Le désengagement des membres est alors progressif).
( Léon FESTINGER (voir § 6.1), dans une théorie de la comparaison sociale, suggère que lattraction du groupe vient du besoin individuel de se comparer pour évaluer ses capacités.
( Besoin dautant plus fort que lindividu est peu sûr de lui.
( Il conduit au rapprochement dun groupe assez en accord avec les opinions de la personne.
Complément : Jacob Levi Moreno (1889 1974), psychiatre, propose de schématiser les relations intragroupes à laide dun sociogramme qui met en évidence les sympathies, les sous-groupes ou les individus isolés.
( Le sociogramme se construit en interrogeant chaque membre du groupe. Par exemple : qui choisiriez vous pour former un groupe de travail de cinq personnes ? Qui choisiriez vous comme coéquipier pour une randonnée (donner par exemple trois noms) ? Qui, selon vous, vous a choisi en réponse à chacune des questions précédentes ? Qui souhaiteriez-vous éviter dans chacun des cas précédents ? Qui souhaiterait vous éviter ?
( On représente ensuite les choix :
Pour lémission dun choix positif.
Pour un choix réciproque.
Pour un rejet.
Pour un rejet réciproque.
( Le diagramme de Moreno montre létat de cohésion du groupe et permet des hypothèses quant à sa stabilité et son fonctionnement.
( La participation active dun salarié à un groupe (groupe de projet, équipe dintervention, réunion,
) peut se heurter à divers obstacles que le manager doit éliminer :
- une antipathie pour le groupe, la crainte dun groupe inconnu, une difficulté à sexprimer dans le groupe, un ancien traumatisme dans une situation similaire,
;
- le refus de sengager, lopposition au responsable, lattente dune meilleure occasion,
;
- un défaut danimation, lattente de parole, la présence dun supérieur craint, un objet de réunion mal connu, la présence de trop de participants, une place à lécart,
3.3 Les normes de groupe.
3.3.1 La formation des normes.
( Des expériences menées en milieu industriel par Lester Coch et John French (1948) ont montré que des normes de performance sétablissent progressivement dans les groupes constitués.
( Le groupe peut construire ses normes sur différents plans (performance, comportement, langage, pensée, jugement,
).
( Tout individu intégré au groupe tend à sy conformer.
( Ladoption des normes résulte notamment dune pression du groupe à la conformité, qui vient :
- de la recherche dune satisfaction par la cohésion du groupe ;
- des réactions réprobatrices du groupe en cas de déviance par rapport aux normes ;
- de linfluence dune opinion majoritaire dans le groupe (pression dautant plus forte que la majorité se compose de personnes de statut élevé).
Exemple : la norme de production des ouvriers du groupe étant établie, celui qui produit moins est un « tire-au-flanc », et celui qui produit plus un «creveur de plafond ».
( Le pouvoir de la majorité nest toutefois pas absolu, et une opinion minoritaire peut émerger du groupe si elle reste ferme sur une durée assez longue et si elle présente une forte cohérence des idées.
( Lopinion minoritaire, défendue avec opiniâtreté, peut être source dinnovation (voir Galilée, Darwin, Freud, Einstein,
).
( Dans sa théorie de lapprentissage social, Albert Bandura (1971) a mis en évidence limportance de limitation dans les phénomènes dapprentissage.
( Théorie de lapprentissage social par la reproduction dun comportement observé où limitation est décomposée en deux étapes :
- lacquisition par observation dun individu similaire à soi-même (apprentissage vicariant) ;
- la reproduction spontanée.
( Ce processus joue un rôle important dans ladoption des normes de groupe.
3.3.2 Leffet des normes.
( La norme conduit généralement au freinage des performances par leur alignement sur une valeur acceptable par tous les membres du groupe.
( La norme peut conduire à lexclusion.
( Dans certains cas, la norme du groupe, bonne ou mauvaise, peut supplanter les normes sociales communes, Festinger parle ainsi de désindividualisation dans les situations de foule.
( Les normes de groupes peuvent conduire à des situations de compétition et à des conflits intergroupes.
( Ces conflits doivent être contrôlés par des normes sociales de niveau supérieur.
( Plus le groupe est isolé, plus ses normes sont rigides (le cosmopolitisme favorise leur assouplissement).
3.4 Le changement.
( Kurt LEWIN considère le changement des comportements comme le résultat dun ensemble de forces au sein dun système. Il a montré, par des expériences sur les habitudes alimentaires aux Etats-Unis, quun groupe peut évoluer et influencer le changement de comportement de ses membres.
( Les groupes sont dans un état déquilibre et ils changent de comportement (dynamique de groupe) si lon augmente la pression dans le sens du changement tout en diminuant les freins.
( Limplication de lindividu dans le changement du groupe le conduit à adopter plus facilement les nouveaux comportements (il sinscrit alors dans la nouvelle norme du groupe).
Lentrée en guerre nécessitait de conduire les américains à consommer plus dabats. Lewin organisa, en 1943, dune part des conférences sur les mérites nutritifs des abats, dautre part de petites réunions dans les clubs féminins où une discussion sur le sujet était organisée, les ménagères étant invitées à exprimer leurs réticences et à trouver elles mêmes une solution alimentaire.
La conférence, qui laisse la ménagère solitaire face à ses choix a conduit à une augmentation de la consommation dabats de 3%, contre 30% pour le groupe déchange.
( Le changement de valeurs ou de mentalités est un processus dapprentissage où Lewin distingue trois étapes :
- le dégivrage (unfreezing), remise en question, doute générateur de tensions, qui nécessite de sensibiliser, de créer un choc émotif, dinformer, dexpliquer ;
- lélaboration, lémergence de nouvelles normes ou valeurs, qui nécessite des expérimentations et lassociation des intéressés ;
- lenracinement (freezing), les nouvelles valeurs se répandent et supplantent les anciennes, ce qui nécessite de consolider le changement (soutien, exemple, récompense) et de lévaluer.
( Coch et French ont introduit la notion de résistance au changement (1947), qui concerne les individus et les groupes.
( Le groupe a un effet sur le changement.
( Le changement, perçu mais pas encore expliqué, provoque inquiétude et rumeurs au sein du groupe.
( Information et participation du groupe au changement permettent lacceptation des évolutions.
( Théorie est vérifiée mais cependant incomplète, car elle ne prend pas en compte lobjet du changement (qui peut soulever des résistances inconscientes) ni labsence de désir de participation au changement en labsence de contrepartie.
( Les normes de groupe sont un facteur de résistance au changement individuel, puisque ses membres éviteront de sen écarter.
( Cest aussi un moyen dancrer les nouveaux comportements.
( Le concept de dissonance cognitive de FESTINGER (voir § 6.1) donne un éclairage sur les phénomènes liés au changement dans les groupes.
( La dissonance créée par la perspective dun changement important créé une évolution.
( Létayage donne la possibilité de changer radicalement les cognitions dorigine, il est ainsi possible daccompagner une personne vers le changement, si cette démarche permet de réduire la dissonance.
( A contrario, une personne en situation de consonance cognitive évitera toute évolution susceptible de créer de la dissonance, ce qui se traduira par une résistance au changement.
( Lévolution des mentalités dans un groupe peut être longue et douloureuse et le rééquilibrage dans un nouveau système de valeurs peut prendre du temps. Cette évolution nécessite :
- une pression assez forte pour susciter un malaise ;
- une liberté dexpérimentation pour permettre lexploration de voies nouvelles ;
- que dautres modèles de valeur acceptables existent ou puissent être inventés.
3.5 La soumission.
( Un individu, placé dans un groupe en situation dexécutant, peut adopter un comportement de soumission.
( Les ordres sont acceptés dautant plus facilement quils émanent dune personne ayant une position dautorité reconnue dans le groupe.
( La soumission, expérimentée par Stanley Milgram aux Etats-Unis (années 60) peut conduire à des actes en désaccord avec les convictions individuelles.
Remarque : Milgram, sous prétexte dune expérimentation sur leffet des punitions dans lapprentissage, demandait à une personne dinfliger, à chaque erreur, de supposées décharges électriques dintensité croissante à un complice simulant la souffrance. Plusieurs configurations ont été testées et le pourcentage de personnes capables dadministrer une décharge très élevée sest avéré important, mais variable selon la proximité de la victime (dont les « souffrances » étaient dans tous les cas visibles) :
- 65% quand lélève est visible derrière une plaque vitrée ;
- 62,5% quand il existe un feed-back vocal avec lélève ;
- 40% quand lopérateur est à côté de lélève ;
- 30% quand lopérateur est en contact direct avec lélève (pour replacer les électrodes).
Or, 2% seulement des opérateurs pouvaient être soupçonnés dune pathologie justifiant des pulsions agressives.
( Dans lorganisation, le phénomène de soumission peut introduire un biais dans les comportements et, notamment, dans les prises de décision.
3.6 La prise de décision en groupe.
( Lefficacité dune décision de groupe repose sur sa pertinence par rapport aux objectifs et sur sa capacité à être suivie par les membres du groupe. Ces deux paramètres dépendent :
- de la qualité des informations mises à la disposition du groupe ;
- de la façon dont la décision sest construite dans le groupe.
Modalité de décisionAvantagesLimitesAutocratique (résultant du pouvoir dune personne ou de quelques personnes sur le groupe)Rapidité
Cohérence facile à trouver par rapport aux objectifs
Contrôle critique du groupe (a minima)
Acceptée en situation durgenceRisque de faible adhésion
Peu de satisfaction des membres du groupe
Groupe perdant son intérêt en cas de répétition
Etouffe les conflits
Empêche la créativitéMajoritaire (vote à majorité simple ou qualifiée, secret ou non)Rapidité
Nexclut pas un débat préalable
Constitution de minorités, doppositions
Négation des conflits
Inadapté aux décisions courantes
Mise en uvre délicate
Nécessité de définir des modalités de vote, qui vote (voix consultatives)
Décision faussée par le mode de vote (à main levée ou secret)Consensuelle (discussion et accord unanime)Forte adhésion
Satisfaction des membres du groupe
Facilite la mise en uvre
Permet lémergence didées
Accumulation des cognitionsLong et incertain
Risque de consensus non pertinent
Nécessite un animateur neutre
Risque de domination masquée par un chef charismatique, une idéologie
Certains membres nexpriment pas leurs idées
Influence dun jeu dacteurs sur le groupe
( Les inconvénients potentiels de la décision de groupe posent question : les décisions de groupe sont-elles meilleures que les décisions individuelles ?
( Des expériences de la NASA (choix dune liste dobjets à emporter en cas de crash de navette) montrent que la décision collective est la plus performante dans ce cas :
- elle réduit les erreurs en intégrant divers points de vue ;
- elle permet une meilleure analyse de la situation en raison du ralentissement du processus de décision :
- la décision groupale serait donc meilleure dans le cas de tâches créatives à fort contenu cognitif.
( Irving L. Janis (1972) a cependant montré que la pensée de groupe peut conduire à des décisions collectives catastrophiques (cf. la destruction de Challenger pour un problème de joint) : pression de la hiérarchie et contraintes économiques peuvent conduire les membres du groupe à se placer dans un système de censure implicite, chaque membre comptant sur lautre pour prendre le risque de parler.
( Pour éviter « leffet Janis », il est indispensable de favoriser lexpression de tous les points de vue.
3.7 La dynamique de groupe
( Kurt LEWIN est le fondateur dun courant de recherches sur la dynamique de groupe.
( Lindividu change de comportement dès lors quil sinsère dans un groupe (voir supra).
( La dynamique de groupe étudie les phénomènes qui se développent dans un groupe restreint et qui modifient les comportements individuels.
( Elle repose sur une intervention dans le groupe pour influencer son comportement et celui de ses membres.
( La nature des effets de groupe soulignés plus haut montre limportance quil y a, dans lorganisation, à tenir compte de la dynamique de groupe.
( Cette pratique doit rester prudente et dans un cadre moralement acceptable.
( De nombreux avatars ou dérives sont possibles :
- ascendant involontaire dindividus à forte personnalité, conduisant un groupe sur des voies erronées ;
- manipulations intragroupe (avancer des sous-entendus, susciter la peur, intimider, utilisation de compères, appel aux préjugés,
) ;
- manuvres intergroupe (instrumentalisation de conflits pour faire avancer les groupes vers un objectif discutable).
( Champs récents dapplication de la dynamique de groupe :
- coaching déquipes, notamment pour améliorer la communication, encourager la créativité et le changement ;
- management par projet, qui repose sur la constitution déquipes ultra cohérentes et autonomes dans leur action et leurs apprentissages ;
- constitution déquipes transversales de compétences pour mener le changement, composées dun responsable, dun facilitateur et de quelques membres.
6.4 LES CONFLITS AU TRAVAIL
1 Les conflits.
1.1 Caractéristiques.
( Un conflit est une « violente opposition matérielle ou morale » ou une « opposition dintérêts
» (Petit Larousse).
( Le conflit potentiel, qui nest pas encore visible, est dit latent, par opposition au conflit déclaré (ouvert).
( Dans lorganisation, un conflit peut, être interpersonnel (entre personnes), intergroupe (entre groupes), intragroupe (entre personnes à lintérieur dun groupe) ou intra organisationnel (relatif à la structure ou à la répartition du pouvoir dans lorganisation).
( N. G. Fisher (2005) distingue les conflits résultant dun désaccord sur des objectifs (conflit dobjectifs), sur les idées (conflit cognitif) ou dune incompréhension affective (conflit affectif).
Remarque : le conflit dobjectifs est parfois assimilable au conflit dintérêts.
( Kahn (voir § 2.6) a développé, dans les années 60, la notion de conflit de rôles, induits par une divergence entre laction dun individu et lattente du groupe :
- du fait dune incompatibilité des valeurs personnelles et de celles du groupe ;
- du fait de consignes contradictoires ou dune incompatibilité entre des rôles différents attribués à la même personne.
( Ces conflits, difficiles à supporter par lindividu, peuvent conduire à labsentéisme, à des démissions voire à lépuisement ou la dépression.
Exemple dinjonction contradictoire : « Soyez spontané ! ».
( Lexercice du pouvoir est une source fréquente de conflits.
( Ambiguïté (qui fait quoi, qui décide, à qui obéir ?).
( Tentatives de prises de pouvoir par des spécialistes fonctionnels.
( Structures transversales (soumission à une double autorité).
( Ambitions personnelles.
( Abus de pouvoir (un chef impose des contraintes sortant du cadre de travail).
( Remplacement dun partant, promotion.
( Dans les organisations, les causes dun conflit sont souvent multiples et leur analyse est donc complexe.
1.2 Le rôle des conflits dans lorganisation.
( Le conflit est une constante humaine.
( La valeur quon lui attribue dépend de la vision que lon a de lorganisation, où il peut être considéré comme :
- perturbateur et attribué à des employés déviants, à régler par la hiérarchie ;
- inhérent à toute organisation et porteur daspects positifs, catalyseur du changement ;
- stimulant, en poussant chaque collaborateur à se dépasser (« émulation »).
( Mary Parker FOLLETT (voir § 2.3) voit le conflit comme normal et considère quil peut être dépassé par lintégration (explicitation des divergences, concentration sur des problèmes concrets).
( Les managers peuvent passer jusquà 30% de leur temps à traiter des conflits.
Exemple : dans les années 60 - 70, IBM pratiquait un management par les conflits et donnait volontairement des objectifs contradictoires à différentes fonctions (concevoir des produits sans lésiner sur les moyens, vendre en maximisant la marge par exemple) de façon à créer des conflits et à forcer des accords internes, doù devait ressortir un certain optimum.
( Certains conflits de peu de profondeur peuvent être rapidement évacués par le management et ils nont alors pas de retentissement durable sur lorganisation (sils ne sont pas lexpression symptomatique de problèmes plus graves) :
- conflits non pertinents (controverses mineures ou hors sujet) ;
- conflits autistiques (dus à des malentendus) ;
- conflits contingents (portant sur des détails annexes : choix dun lieu de réunion, dune heure,
).
( Dans lorganisation, un conflit trop long, figé, a toujours des effets négatifs : perte de rendement, perte de confiance, explosion des groupes, démissions
1.3 Lévolution des conflits dans lorganisation.
( Le conflit trouve son origine dans des différences non acceptées (points de vue, objectifs, intérêts).
( La naissance dun conflit peut notamment être due à un contexte hétérogène, où les groupes ont des identités fortes et ne se reconnaissent pas de similitudes, et dans les situations de compétition non régulée par la direction.
( Les relations client fournisseur internes sont propices au développement des conflits.
( A lopposé, un climat de coopération, des objectifs collectifs ou la reconnaissance du droit à lerreur limite les conflits.
( Thomas (1976) identifie cinq comportements possibles face à un différend :
( Les différences peuvent déboucher sur un conflit ouvert ou latent (tant que les désaccords subsistent) :
( Forsyth (1983) a identifié cinq étapes dans le développement dun conflit :
Désaccord ( Confrontation ( Escalade ( Désescalade ( Résolution.
( La confrontation amorce le conflit réel.
( Après la résolution, les interactions reprennent :
- une modification des rapports de force ou un changement de structures peut en résulter ;
- de nouveaux désaccords peuvent survenir.
( Lescalade est marquée par une règle de réciprocité négative (« il pour il, dent pour dent », voire plus !) et elle est influencée par des réactions de frustration ou dagression.
1.4 La résolution des conflits.
( La désescalade vient dune modification du rapport de force (prise de conscience dune faiblesse), de la lassitude, dune baisse dintensité des convictions ou dun détournement vers de nouvelles préoccupations ou de nouveaux buts.
( La désescalade qui résulte de laccommodation (une partie sincline en considérant quelle naura pas gain de cause) ou dune autorité imposée laisse place à la frustration et à des problèmes dambiance et de motivation.
( La désescalade et la résolution du conflit nécessitent parfois lintervention dun tiers.
( Pour une médiation (tiers étranger au conflit, arbitre chargé de trancher, expert).
( Pour replacer le différend dans le cadre organisationnel (hiérarchie, direction) et introduire un risque de perte pour les deux parties.
( Pour réduire lenjeu du conflit.
( Dans lurgence, il peut être envisagé de remplacer un ou plusieurs acteurs du conflit ou de leur adjoindre provisoirement une tierce personne.
( La résolution ne doit pas remplacer un conflit ouvert par un conflit latent.
( Rétablir des communications et des relations acceptables sans nier le conflit.
( Comprendre les véritables causes du conflit, ses enjeux, son évolution et de jauger son intensité.
( La résolution par la négociation suppose, selon PRUITT (1981) :
- daccepter la nécessité dune négociation ;
- de définir les problèmes ;
- de sentendre sur lobjectif de la négociation ;
- de saccorder sur une méthode de sortie de crise et sur un calendrier.
( La négociation peut conduire à un compromis, à la conversion sincère dune partie ou au blocage.
(Extrait du site http://bestpro.typepad.com/coachingleader_le_blog/2007/05/10_attitudes_de.html)
« Petit guide à l'usage de ceux qui veulent rater la résolution d'un conflit:
Etre sur la défensive et renier ses responsabilités
Généraliser " vous faites toujours, vous dites toujours"
Assumer que les autres pensent du mal de vous
Oublier d'écouter : soupirer, lever les yeux au ciel quand l'autre s'exprime
Vouloir avoir le dernier mot
Faire des attaques personnelles
Utiliser la stratégie d'évitement
Penser que l'on a exclusivement raison
Critiquer encore et encore
Refuser le dialogue »
1.5 Les conflits et la communication.
( Lécole de Palo Alto (voir § 9.1), regroupement duniversitaires et thérapeutes californiens, a élaboré à partir de 1950 une théorie de la communication selon laquelle :
- la communication passe par un ensemble de messages dont les significations doivent être intégrées dans un contexte environnant ;
- la communication se fait toujours à deux niveaux : au niveau des faits, des opinions, des contenus explicitement échangés et au niveau de la relation entre les partenaires.
=> Même la passivité et le retrait sont donc des actes de communication (le « hors jeu » est impossible).
Exemples :
- « Rends moi ce service, tu es mon ami » est explicitement une demande daide et la reconnaissance dune forme de relation, qui pourrait très bien être exprimé par le seul message « Rends moi ce service » appuyé dun regard ;
- le silence peut signifier le désintérêt, le désaccord, lincompétence,
et il est donc un élément de communication.
( Tous les messages sont interprétés, même faussement, et lon ne peut échapper à la communication.
( Dès lors, communication et interprétations se nourrissent réciproquement (causalité circulaire).
( En agissant en un point du cycle, sur une vision du monde considérée comme certaine par lun des protagonistes, on peut modifier la dynamique dun conflit et le résoudre.
( Face au conflit «
la seule question à se poser nest pas de savoir quelle est la théorie la plus exacte ou celle qui reflète le mieux la réalité, mais, simplement, quelle théorie permet des résultats plus efficaces et plus rapides » - WATZLAWICK (2000).
( Cette approche permet de dénouer certains conflits interpersonnels persistants.
( Cest la solution adoptée (sans résultat) qui doit être considéré comme source du problème et modifiée.
( Il faut :
- clarifier le problème, son importance, ses protagonistes ;
- analyser les tentatives de solution ;
- imaginer ce qui pourrait rompre le cycle problème ( solution ( problème ;
- essayer une solution qui soit à lopposé de celles qui ont été tentées.
Exemple : une employée reproche à son patron de lignorer, dêtre cassant, de ne pas sintéresser à sa carrière, de ne pas lépauler dans les missions quil lui confie. Elle manque de directives, craint déchouer et il ne trouve pas le temps de la recevoir malgré ses multiples demandes très explicites ou ne lui fournit que des informations très vagues, la renvoyant à ses compétences. Face à ce comportement fuyant du patron, un conseiller propose à lemployée de dire à ce patron lors dune rencontre de couloir : « Jai été désagréable en vous poursuivant de questions, dorénavant, je déciderai par moi-même ». Ceci fait, peu après, le patron la rejoignit dans son bureau pour lui proposer linformation souhaitée.
2 Le contexte collectif des conflits.
2.1 Les conditions de travail.
( Le terme « conditions de travail » (voir § 5.8) désigne lensemble des facteurs agissant sur la santé morale et physique des salariés (chaleur, éclairage, cadences, exposition aux risques physiques, stress,
).
( Les conditions de travail sont source de conflit ouvert ou latent, ou facteur aggravant.
( Elles dépendent fortement doptions de management, parfois contraintes par la législation.
( Elles peuvent avoir un effet important sur le rendement du personnel, sur son efficacité et sur labsentéisme.
( Deux phénomènes interdépendants marquent lévolution des conditions de travail depuis quelques années.
( Lintensification du travail, qui accompagne la recherche de rendements productifs croissants et peut avoir comme causes :
- le rapprochement du temps de présence et du temps productif (disparition de temps de pause) ;
- la flexibilité par la fragmentation du temps de travail (cf. caissières de grandes surfaces) ou ladaptation dhoraires sur lannée ;
- le pilotage par informatique, la suppression des stocks, le flux tendu, la généralisation des états durgence ;
- la concentration de la production industrielle dans de petites structures sous-traitantes soumises à de fortes contraintes économiques.
( Le développement des « TIC » (technologies de linformation et de la communication) :
- qui rend le travail plus abstrait et plus uniforme ;
- qui permet la décentralisation des responsabilités mais aussi plus de contrôles ;
- qui enrichit les tâches mais peut créer une déqualification ;
- qui a un effet important sur les postures et les contacts humains.
( Ces phénomènes peuvent générer des troubles musculo-squelettiques (TMS) et du stress.
( Les TMS concernent les muscles, tendons, nerfs et résultent des postures ou des mouvements répétitifs imposés par les postes de travail. Ils sont en augmentation (53% des maladies professionnelles en Europe, plus de 20 000 cas en France).
( Le stress est également en augmentation. Cest une tension qui résulte dune situation mal vécue :
- le stress est un mécanisme dadaptation normalement destiné à provoquer le dépassement de soi, mais qui peut conduire à la désorganisation sil est prolongé ;
- il a alors un effet négatif sur la santé de lindividu (baisse des défenses immunitaires, troubles cardiovasculaires,
) ;
- cest un facteur de risque au travail qui peut favoriser un accident ;
- il peut conduire à linsatisfaction, au désengagement, à labsentéisme ;
- il génère des coûts cachés ;
- il provoque parfois une forme daddiction au travail ou de présentéisme pouvant annoncer une possible dépression.
Composante du travailExemples de facteurs de stressEnvironnementBruit, chaleur, éclairage, toxiques,
Mauvais confort au travail, mobilier inadapté
Organisation de léquipe, taille de lorganisation,
Organisation du travailHoraires, fragmentation, équipes de nuit
Dangerosité
Objectifs, contrôle, commandement, cadences
Sécurité de lemploi, perspectives de carrière,
EmploiCharge de travail, complexité, monotonie, autonomie
Postures, gestes, charge physique
Conflits, ambiguïté des consignes, délaisCadre socialRelations avec les collègues, les subordonnés, les supérieurs
Reconnaissance, discrimination,
2.2 Les conflits sociaux
( Les conflits sociaux sont des conflits ouverts qui se placent dans un cadre contractuel, juridique ou politique.
( Ils peuvent trouver leur origine en dehors de lorganisation.
( Leurs conséquences peuvent être importantes (journées de travail perdu, blocage dusine,
).
( Leurs motifs principaux, en France, sont la revendication salariale et la question de lemploi.
( Les centrales syndicales, malgré une baisse du taux de syndicalisation (8% en 2006) sont étroitement liées à ces conflits, notamment en raison de lobligation du préavis de grève.
( La prévention des conflits sociaux passe par le dialogue social et la mise en place de cellules de prévention des conflits, où les problèmes sont discutés dès leur apparition, avant le déclenchement dun mouvement de grève (voir lexemple de la RATP).
( Ces dispositifs, quand ils sont mis en place dans la clarté et sans objectif manipulatoire, tendent à instaurer une tradition de négociation.
( Mais ils ont des limites (contraintes économiques de lorganisation, représentativité des syndicats, contraintes idéologiques
).
( Les dispositifs de négociation collective, en fixant des cadres acceptés par les employeurs et les salariés, constituent également des éléments de prévention des conflits.
( La résolution des conflits sociaux peut passer par :
- la négociation ;
- la médiation (qui fait intervenir un tiers extérieur au conflit sur la demande des deux parties) ;
- le recours juridique (conciliation, arbitrage, jugement, notamment en référence au droit européen).
6.5 LA CONDUITE DE REUNION
(Voir UE 13)
( La conduite de réunion est une application de la dynamique des groupes.
1 Les formes de réunions.
( Une réunion est un foyer de communication verbale.
( Entre plus de deux personnes (deux = entretien).
( Cest un lieu où les relations interpersonnelles sont fortes, favorisées mais contraintes par des règles (lieu, ordre du jour, préséance, écoute des autres,
).
( La réunion peut avoir divers objectifs :
- prise de connaissance dun problème ;
- mise en contact de personnes ;
- élaboration de décisions ;
- contrôle davancement ou recadrage dune action ;
- recueil davis ;
- célébration dun événement
( En fonction de leur organisation ou de leur objectif, on peut distinguer différents types de réunions :
- la réunion de transmission dordres ;
- la réunion dinformation (linitiateur de la réunion peut souhaiter en donner ou en recueillir) ;
- la réunion déchange (débat sur un problème, sur un thème, échange de points de vue);
- la réunion périodique (suivi dactions, synthèse) ;
- la réunion de crise (pour faire face à un événement grave, imprévu) ;
- la réunion de prise de décision (voir §2.6).
( Le brainstorming (remue-méninges) est une forme particulière de réunion, apparue en 1938, dont le but est la recherche didées nouvelles :
- lanimateur expose le problème à un groupe de 6 à 10 personnes ;
- toutes les idées sont ensuite émises et notées sans aucune contrainte pendant une demi-heure à une heure ;
- le groupe trie ensuite les idées (il en restera souvent moins de 10%).
2 Lorganisation des réunions.
( Sauf exception (annonce, urgence absolue), la réunion suppose un ordre du jour connu des participants assez longtemps à lavance (le délai dépend de lobjet de la réunion et des contraintes connues des participants).
( Lorganisation du lieu de réunion a une influence sur son déroulement :
- la salle doit être adaptée au nombre de participants et au type de réunion (tour de table ou rangées ...);
- le matériel doit être préparé (projection, sonorisation,
) ;
- le plan de table est défini, le cas échéant (il est généralement nécessaire de réserver des places adpatées et contigües pour léquipe danimation ou de direction) ;
- la convivialité peut être organisée (pause, boissons
).
( Le groupe doit être régulé par une organisation (mise en place de procédures permettant de rester dans lobjectif ou élucidation des phénomènes intragroupe).
( Lanimateur ou conducteur désigné pour la réunion a un rôle essentiel :
- il veille à ce que la réunion reste dans ses objectifs ;
- éventuellement, il distribue la parole et sassure que chacun puisse sexprimer.
( Un secrétaire de séance prend note (il est difficile danimer et de prendre des notes) en vue dun compte rendu.
( Chaque réunion doit être suivie dun compte rendu diffusé à tous les participants.
( Les réunions qui ne sont pas de pures transmissions dordres peuvent être animées selon diverses techniques. Jean Maisonneuve (Psychologie sociale, IAE de Paris) énumère cinq types théoriques de conduite de réunion (qui peuvent se combiner).
Conduite directive.
( Le conducteur résume les données du problème et propose un plan de discussion.
( Il règle les débats (prises de parole, durée de la réunion), pose des questions, relance les échanges et dresse un bilan sans évaluer les opinions.
( Le conducteur nintervient pas sur le fond pour ne pas imposer sa solution.
Conduite non-directive.
( Le conducteur résume le problème puis agit comme un miroir reflétant la production du groupe, il dégage ce qui apparaît important pour le groupe (il est donc sélectif) mais ne recadre pas les discussions.
( Le conducteur aide le groupe à conserver un fil directeur, à résoudre ses problèmes internes, mais il nintervient jamais sur le fond.
( Il est un régulateur et un clarificateur.
Remarque : on peut distinguer trois styles de non directivisme :
Rogerien (intervention pour reformuler, restructurer, conduite active de Carl Rogers) ;
Inductif (évocation des questions pouvant se poser dans le fonctionnement du groupe) ;
Interprétatif (interprétation des opinions du groupe).
Conduite coopérative.
( Le conducteur propose des contenus et des procédures en se réservant dévaluer les opinions du groupe.
( Il coordonne et intervient dans les débats.
( Son influence sur le groupe est donc importante.
Conduite stratégique.
( La stratégie maïeutique vise à faire découvrir au groupe des connaissances ou des attitudes par un enchaînement de questions aux réponses prévisibles (cf. certaines démarches pédagogiques).
( La stratégie manuvrière vise à faire adopter, sans en avoir lair, la solution du conducteur du groupe par des manipulations opportunistes (recettes ou improvisation) :
- séduction, intimidation, insistance ou indifférence feinte sont alternativement utilisées ;
- cette technique est très discutable (bien que pratiquée) et conduit à des résultats éphémères, elle ne « marche quune fois » dès lors que les résultats promis ne sont pas atteints.
Discussion libre.
( Cette technique, dite de Bethel (nom dune ville des USA, où la technique a été inaugurée en 1947), ne suppose aucun conducteur désigné et permanent ni aucun thème de discussion a priori.
( Un moniteur énonce les objectifs généraux en laissant le groupe résoudre les difficultés.
( Il ne participe pas aux discussions, mais il peut aider le groupe à comprendre son fonctionnement (processus, incitation des membres à exprimer leur ressenti, proposer des interprétations sur le fonctionnement du groupe).
( La discussion libre suppose un séminaire de quelques jours.
( Techniques et objectifs doivent être judicieusement associés :
ObjectifTechniquesRésolution de problèmeDirective ou coopérativeExplorationCoopérative partielle puis non directiveFormation (programme standard)Maïeutique (efficacité si associée à des discussions de cas en directif ou coopératif)Formation (travail déquipe)Directive, coopérative et non directive alternativementPrise de conscience des relations de groupeNon directive, Bethel
6.6 - LES principales théories du comportement HUMAIN
CLASSEMENT DES APPROCHES DE LA MOTIVATION1 - Par les contenus (QUOI). Lindividu cherche à satisfaire des besoins (vitaux, physiologiques ou de niveau supérieur). Cette recherche explique comportements ou motivations.
2 - Par les processus (COMMENT). Les besoins interagissent avec lenvironnement dans un processus qui influence le comportement et la motivation. PRINCIPALES THEORIES DU COMPORTEMENT ET DE LA MOTIVATION
Théories explicatives des comportements :
FESTINGER (1957) Théorie de la dissonance cognitive - Un écart cognitif entre le réel et les attentes est source de tension :
- tendance à rétablir un équilibre (rejet de ce qui est incompatible avec lexpérience antérieure, équilibrage, étayage).
HEIDER (1958) Théorie de lattribution - Lindividu attribue des causes aux situations et construit un système explicatif de son environnement.
Cette perception influence ses comportements.
SKINNER (1974) Théorie behavioriste - Le comportement est conditionné par lapprentissage (expérience) :
- une sanction positive le renforce ;
- une sanction négative le freine.
Motivation par les contenus :
MASLOW (1943) Théorie des besoins - 5 niveaux de besoins hiérarchisés (1-physiologiques,2- sécurité,3-sociaux, 4-estime, 5-réalisation de soi).
Le besoin non satisfait prédomine.
HERZBERG (1959) Théorie bi-factorielle - 2 facteurs :
- hygiène (insatisfaction : qualité de lencadrement, conditions de travail, rémunération,
, cf. Maslow 1 et 2) ;
- moteurs ou intrinsèques (motivation : accomplissement, reconnaissance, autonomie,
).
MAC CLELLAND (1961) Théorie des besoins acquis - 3 besoins peuvent motiver, lun est dominant :
- pouvoir ;
- appartenance (affiliation) ;
- accomplissement (réussite).
ALDERFER (1969) Théorie ESC - Trois types de besoins non hiérarchisés pouvant se compenser :
- existence ;
- rapports sociaux ;
- développement personnel (croissance).
Motivation par les processus :
VROOM (1964) Théorie des attentes - 3 facteurs de motivation (V x I x E), la motivation est intermittente :
- valeur attribuée au résultat (valence) ;
- instrumentalité (probabilité datteindre un résultat à laide de moyens ou stratégies) ;
- expectation (attente, probabilité perçue datteindre lobjectif).
ADAMS (1965) Théorie de léquité :
- lindividu compare sa situation à dautres (avantages / contribution) ;
- liniquité (favorable ou défavorable) stimule les comportements.
GREENBERG (1990) Théorie de la justice organisationnelle - Distinction de deux dimensions de léquité :
- justice distributive (salaire, promotion, reconnaissance,
) ;
- justice procédurale (mise en uvre des procédures, juste ou arbitraire).
LOCKE (1968) Théorie des buts - Motivation par les buts. Les buts doivent être incitatifs, acceptés. Ils doivent attirer lattention, mobiliser sur les tâches nécessaires et être assortis dune liberté daction permettant une stratégie.
Un feed-back sur les progrès est nécessaire.
ATKINSON (1970) Théorie des dynamiques de laction - Deux forces motivationnelles s'opposent :
- incitatrices, fluctuantes dans le temps;
- consommatrices, qui diminuent la motivation avec le temps.
DECI, RYAN (1985) Théorie de lautodétermination Lautonomie détermine la motivation - 3 états de motivation :
- intrinsèque (satisfaction de besoins psychologiques) ;
- extrinsèque (but hors activité, le travail est un moyen) ;
- amotivation (travail mécanique).
KANFER (1990) Théorie du contrôle - Autorégulation (cybernétique) du processus de motivation :
- comparaison constante des objectifs et des résultats ;
- ajustement de l'action pour réduire les écarts.
7.1 DIRECTION, POUVOIR ET GOUVERNANCE
1 La fonction de direction.
1.1 Approches managériales théoriques
( Pour Henri FAYOL (voir §2.2), la direction (administration) consiste à prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler (PO3C).
( Peter DRUCKER (voir §2.4) met laccent sur le développement des capacités dadaptation :
- définir des objectifs à tous niveaux (DPO) ;
- organiser en décentralisant ;
- motiver les hommes et communiquer ;
- évaluer les résultats grâce à des normes ;
- se former et former le personnel.
( Pour Octave GELINIER (voir §2.4), « Diriger, cest obtenir un résultat par dautres que soi et être responsable de ce que dautres ont fait ».
( Prévoir lévolution externe, diagnostiquer les problèmes internes.
( Définir la politique (aspect qualitatif) et les objectifs (aspect quantitatif).
( Etablir des programmes et des budgets (DPPO).
( Définir la structure de responsabilité, déléguer et coordonner.
( Choisir les hommes, les perfectionner, les motiver.
( Evaluer, corriger les actions.
( Ces caractéristiques se transposent à différents niveaux par la hiérarchie, la décentralisation des décisions ou les délégations de pouvoir.
( Elles définissent les tâches des managers (de lencadrement).
( Diriger suppose une capacité à prendre des décisions complexes, de la créativité, un talent de communication.
1.2 Le constat pratique
( Henry MINTZBERG (voir §2.7) a observé le travail réel des dirigeants dentreprise « aussi proche de la vision classique de Fayol quune uvre cubiste lest dun tableau de la renaissance » :
Idée reçueRéalitéManager planificateur systématique et réfléchiLa moitié des activités du manager durent moins de 9 (10% excèdent 1h).
Sollicitation continuelle et contacts verbaux improvisés sont la règle.
( Action, peu de réflexion.Le manager naccomplit pas de tâches routinièresPrise en charge dactions répétitives comme la visite de clients importants, la réception de personnalités, la collecte dinformations, voire la suppléance de cadres absents.
( Participation à la gestion courante.Le manager supérieur dispose dinformations agrégées issues du SI¾ du temps passé en communications verbales. Le courrier est « expédié », les rapports écartés ou feuilletés et le manager est à laffût de nouvelles inédites.
( Le manager favorise les communications orales, téléphone et réunions.Le management est une profession et une sciencePas de distinction apparente entre le manager actuel et celui dun siècle auparavant. Les TIC influencent peu son travail et, surchargé, il agit superficiellement.
( Le fonctionnement du manager est totalement « bouclé » dans son cerveau (art du management).
( Pour Mintzberg, la profession de manager intègre dix rôles : figure de proue (représentation), leader responsable, agent de liaison (contacts), observateur actif (veille), diffuseur dinformations, porte parole, initiateur de projets (entrepreneur), régulateur (fait face aux perturbations), répartiteur de ressources, négociateur.
1.3 Le cadre daction du dirigeant
( Mission : fixer des objectifs pertinents et conduire laction collective.
( Connaître les forces de lorganisation et se projeter dans le futur.
( Rassembler, entraîner et accompagner.
( Modalités pratiques :
- le manager travaille beaucoup (tâches variées, fractionnées) ;
- il donne priorité aux tâches non routinières (délégation, importance des « assistants ») ;
- il communique oralement et directement (téléphone, contacts informels, réunions) ;
- il exploite un réseau de communications (sources variées, internes et externes) ;
- il est autonome mais a des devoirs (agir pour lorganisation, régler les problèmes,
).
( Les relations interpersonnelles mettant le manager au contact du quotidien de lorganisation sont essentielles.
( Distance excessive => perte du sens du réel, manque dadhésion du personnel.
( Proximité excessive => emprise du quotidien, manque de recul créatif.
( La direction dune équipe ou dune organisation fait intervenir 5 qualités psychologiques :
- la maîtrise des fonctions cognitives (compréhension des situations avec objectivité, sans perturbation par les sentiments) ;
- la capacité de décision (prendre position en intégrant tous les paramètres, autrui, et assumer ses choix) ;
- la tolérance aux contradictions (assumer la complexité du réel) ;
- la maîtrise de soi (canaliser ses pulsions) ;
- la capacité à se présenter (action publique, construire une image).
2 Le pouvoir.
2.1 Définitions et sources de pouvoir
( Le pouvoir est une capacité à agir sur les hommes, les choses ou les idées.
( Pour Max Weber (voir §2.2) le pouvoir sur les hommes résulte :
- dune faculté à forcer lobéissance (système de sanctions) ;
- de lautorité (faculté de faire appliquer volontairement les ordres).
( Lautorité nest pas stable sans la possibilité de forcer lobéissance.
( Un pouvoir sans autorité nest pas efficient (la contrainte provoque une exécution plus lente des tâches).
( Un équilibre système dobéissance autorité est nécessaire.
( WEBER distingue trois modes dautorité légitime :
- charismatique (lascendant du leader, ses qualités personnelles en font un chef a priori infaillible et respecté, mais au statut instable) ;
- traditionnelle (résultant dune coutume, de lhérédité, dun pouvoir politique = leader autoritaire et protecteur dont les qualités peuvent être contestées) ;
- légale (rationnelle, impersonnelle, liée à une fonction, aux procédures = la plus efficace).
( CROZIER et FRIEDBERG (voir § 2.6), dans leur approche sociologique de lorganisation, distinguent quatre sources de pouvoir :
- la maîtrise dune compétence ou dune spécialité ;
- la maîtrise dune zone dincertitude (« marginal sécant ») ;
- la maîtrise de la communication et de linformation ;
- lexploitation des règles (notamment pour limiter leffort).
( Le marginal sécant est un acteur qui est partie prenante dans plusieurs domaines daction en relation où il a des connaissances et des réseaux. Il en tire une force et peut lexploiter pour accroître son pouvoir.
( Les sources de pouvoir sont multiples, et il est nécessairement réparti dans lorganisation.
Compléments :
( Pour ces auteurs, avoir du pouvoir nécessite dêtre crédible et de dominer une zone dincertitude en sappuyant sur cinq ressources :
( Face à un projet, à une aventure difficile, le pouvoir peut résulter dune capacité à faire coopérer des individus (développement dun sentiment de participation valorisant).Il y a alors une forte implication et acceptation de décisions collectives.
(Voir le cas des start-up).
( Yves Frédéric LIVIAN, enseignant (1987) a identifié 5 capacités permettant de sinsérer dans des relations de pouvoir :
- savoir saffirmer (résister aux pressions, avoir confiance en soi) ;
- savoir dominer ses émotions ;
- savoir sexprimer et écouter ;
- savoir utiliser linformation ;
- savoir négocier (qualité essentielle dans un contexte peu formalisé où a une latitude daction et où des ajustements sont nécessaires).
( Lefficacité du dirigeant nécessite que ses directives soient comprises et acceptées.
( Lacceptation suppose la présence dau moins une source de pouvoir :
- statut légitime et reconnu ;
- pouvoir de récompense ou de sanction ;
- personnalité du leader ;
- compétence reconnue ;
- capacité à intégrer les personnes (à les mettre daccord).
2.2 Les limites du pouvoir
( Chester BARNARD (voir §2.5) voit lorganisation comme un système de coopération alimenté par la satisfaction des individus.
( La personne nexécute les instructions que si elles lui semblent légitimes.
( Robert K. Merton (voir complément §2.2) reconnaît les avantages du système wébérien (réduction des aléas, efficacité), mais il y décèle trois attitudes possibles de non-participation qui limitent le pouvoir de la direction :
- le retrait (lier son sort le moins possible à lorganisation) ;
- le ritualisme (saccrocher aux détail et procédures en profitant des avantages acquis) ;
- la rébellion (remise en cause du système).
( Lécole des relations humaines admet un pouvoir partagé.
( Le subordonné influence le chef (influence = capacité à modifier le comportement dune autre personne).
( Lautorité vient dune capacité à influencer les comportements plus que lon nest influencé.
( Le pouvoir est une position relationnelle dynamique (entre individus ou entre groupes cf. lobbying).
(Voir linfluence des spécialistes, conseillers et consultants compte tenu des tâches du manager évoquées ci-dessus)
( Richard Cyert et James March (voir §2.5) considèrent lorganisation comme une coalition. Le comportement des organisations est, par ailleurs, largement déterminé par un apprentissage collectif, résultant de ladaptation aux situations passées.
( Pour Michel Crozier et Erhard Friedberg (voir §2.6) «
l'organisation ne constitue jamais pour ses membres qu'un champ d'investissement stratégique parmi d'autres, il n'y a à l'engagement de ceux-ci aucune automaticité ... Ils n'accepteront de mobiliser leurs ressources et d'affronter les risques inhérents à toute relation de pouvoir, qu'à condition de trouver dans l'organisation des enjeux suffisamment importants au regard de leurs atouts et de leurs objectifs, et suffisamment importants pour justifier une mobilisation de leur part
»
( Tout responsable voit sa liberté et sa créativité contraintes pour ne pas choquer les acteurs de sa propre organisation.
( Les managers acceptent des compromis entre lintérêt de lorganisation et leurs carrières personnelles.
( En conclusion, on constate que ladhésion aux propositions du manager nest jamais acquise.
( Le cadre défaillant, dont la légitimité est contestée, peut se trouver confronté à de fortes résistances :
- « pyramide inversée » (la base dicte sa loi) ;
- « dos ronds » de collaborateurs sur lesquels les consignes glissent sans beaucoup deffet.
( En toute hypothèse, il na généralement pas la certitude que ses ordres seront exécutés comme il le souhaite, ni la possibilité de prendre ses décisions en toute indépendance.
Remarque : lécart entre travail prescrit et travail réel peut avoir des effets bénéfiques, quand le salarié sadapte aux circonstances par des initiatives judicieuses. Cet effet positif est particulièrement recherché dans toute démarche visant à donner plus dautonomie et de pouvoir aux employés.
3 La gouvernance dentreprise
3.1 Caractéristiques
( La dissociation entre la propriété (capital) et lexercice du pouvoir, la désintermédiation des marchés financiers, linternationalisation des marchés, les nouveaux moyens dinformation et lapparition des investisseurs institutionnels introduisent de nouveaux impératifs pour lorganisation :
- attirer les managers compétents, les rémunérer, contrôler leur action ;
- donner une bonne image à lentreprise ;
- éviter les conflits sociaux et les dérives financières ;
- séduire ou conserver les actionnaires.
( Un équilibre est à trouver entre des objectifs parfois contradictoires.
( Comment préserver lintérêt général (jusquoù ?).
( Eviter les dérives (comptes manipulés, rémunérations moralement inacceptables, rétention dinformation, position privilégiée des actionnaires
).
( Assurer la légitimité des décisions.
=> Le contrôle des dirigeants est nécessaire.
(Voir Enron, société Générale, Vivendi, Natixis)
( La gouvernance dentreprise (ou gouvernement dentreprise) est un concept ébauché par FAYOL et développé en 1992 par le rapport Catbury. Cest un système de contrôle de la direction des organisations.
( Qui «
fait référence aux relations entre la direction de lentreprise, son CA, ses actionnaires et dautres parties prenantes
» (OCDE 2004).
( Qui est un « Ensemble des HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Processus" \o "Processus" processus, réglementations, lois et HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Institution" \o "Institution" institutions influant la manière dont l'entreprise est dirigée, administrée et contrôlée » (Wikipédia).
( Qui peut prendre en compte des externalités (emploi, environnement, santé).
( Qui évalue globalement la direction de lorganisation selon divers critères : aspects économiques, sociaux, environnementaux,
RSE (voir §3.4).
(Voir loi NRE de 2001, code de gouvernement dentreprise du MEDEF)
( La théorie de la gouvernance fixe aux directions un objectif de création de valeur à terme par lengagement des parties prenantes (stakeholders, voir §3.2). Une bonne gouvernance nécessite précisément :
- la transparence de linformation (notamment aux actionnaires) ;
- une stratégie claire (objectifs) :
- une gestion des risques ;
- des moyens de contrôle ;
- une composition du CA permettant un contrôle réel du management.
3.2 Léthique dentreprise
( Léthique garantit des comportements moraux, compatibles avec la vie en société. Cette notion doit être rapprochée de celle de RSE (voir § 3.4).
Remarque : la déontologie est un ensemble de règles professionnelles inspirées par une éthique.
( Le comportement éthique des entreprises nest pas acquit.
( Il concerne dirigeants et salariés, et ses bases sont :
- le respect de la personne, labsence de discrimination ;
- la recherche du bien commun et la solidarité ;
- lhonnêteté.
( Les marchés financiers sont particulièrement difficiles à contrôler sur ce plan (voir le peu defficacité de la COB et de lAMF).
( Léthique « a un coût » (parfois compensé).
( La création de chartes et de comités déthique :
- traduit-elle un engagement réel ?
- nest-elle quune opération de communication ?
( Octave GELINIER (voir §2.4) a produit de nombreux travaux sur léthique : La morale de lentreprise (1969), Morale de la compétitivité : leçons du Japon pour la France (1981), Léthique des affaires (1991).
( Il considère que léthique dentreprise simpose naturellement à tous.
Il ny a pas de développement durable sans éthique.
Léthique est nécessaire au long terme.
( Le management et la culture dentreprise peuvent accroître les effets bénéfiques de léthique.
( Une enquête de 2004 précise les attentes du public concernant léthique dentreprise :
3.3 La rémunération des dirigeants
( Les composantes possibles de la rémunération des dirigeants dans les grandes entreprises sont :
- une base fixe ;
- un complément variable (bonus fonction de latteinte des objectifs) ;
- des actions gratuites ou stock option (droit dacheter plus tard à un cours fixé par avance) ;
- des avantages en nature (voiture, chauffeur, logement,
) ;
- une indemnité de départ (« parachutes ») ;
- une retraite garantie.
( Le problème est posé du rapport entre les revenus des hauts dirigeants et le salaire moyen des employés (rapport moyen multiplié par 10 en 30 ans : 20/1 à 200/1).
( Lien entre rémunération et apport réel à lorganisation ?
( Les administrateurs touchent des jetons de présence.
( Problème des participations croisées aux conseils dadministration.
( La rémunération correspond telle au contrôle réel de la du management, qui est lobjectif des CA ?
7.2 LE LEADERSHIP
1 Le modèle managérial
1.1 - Définition
( La théorie managériale de la firme (voir §2.8) souligne limportance des managers professionnels, qui remplacent lentrepreneur capitaliste.
( Le développement dune approche managériale de la fonction de direction vise à déterminer la meilleure façon de diriger un groupe afin den influencer favorablement le comportement et la performance :
- définition des compétences spécifiques à la fonction.
- analyse des caractéristiques attendues des leaders (personnalité, énergie,
).
- réflexion sur les styles de direction (voir §2.3).
( Le modèle managérial regroupe les visions du management.
( Il tend à répondre à la question « comment faut-il diriger une organisation ».
( Le modèle actuel distingue dirigeants et exécutants. Il repose sur quatre hypothèses implicites et parfois discutables :
- les intérêts individuels des employés et ceux de lentreprise sont compatibles ;
- le travail est porteur de sens social ;
- lentreprise est un lieu de réalisation de soi ;
- lemploi est facteur dégalité et de sécurité.
( Le modèle managérial sapplique aux activités sans but lucratif et aux administrations, où il tend à se répandre car :
- la concurrence se généralise (risque de disparition) ;
- le budget des états est sous pression (effet de la dette publique sur les économies et objectifs politiques).
- une « Logique comptable » ou « gestionnaire », une « culture du résultat » sy développe.
(Voir système hospitalier, éducation nationale, logement social)
1.2 Le leadership
( Le leadership est une composante essentielle du modèle managérial. Cest la capacité à entraîner les autres. Il peut être défini (LOUCHE, DELACHAUX et NIESTLE Individu et organisation 1982) :
- comme un « processus dutilisation dune force non coercitive pour diriger et coordonner les activités des membres dun groupe
» ;
- et en tant que caractéristiques personnelles comme l« ensemble des qualités et des caractéristiques attribuées à ceux qui exercent avec succès cette influence ».
( Il résulte dune personnalité, dune position et dune capacité reconnue à dominer les situations, notamment les facteurs socio affectifs (climat de groupe, motivation, stimulation, soutien, facilitation sociale,
).
( Un directeur est efficace sil est en mesure dexercer le leadership.
( Le style de leadership conditionne la qualité du lien entre les personnes, notamment au sein dun groupe.
3.3 Les qualités associées au leadership
( Le leadership peut être appréhendé par les qualités quil nécessite.
( Waren BENNIS (1985) distingue manager (qui sait ce quil doit faire) du leader (qui sait ce quil faut faire).
( Bennis recense quatre qualités associées au leadership :
- une vision (projection dans lavenir en tenant compte des opportunités et des contraintes) ;
- la capacité de communiquer (faire partager) ;
- savoir générer la confiance (sécuriser) ;
- savoir se gérer soi-même (assumer les échecs,
).
( On retrouve dans le leadership les qualités nécessaires à lexercice du pouvoir :
- confiance en soi, initiative, enthousiasme ;
- motivation, capacité dapprentissage, curiosité, ouverture desprit, adaptabilité ;
- professionnalisme, esprit déquipe, résistance au stress, détermination ;
- travail en réseau, communication, capacité de négociation.
1.3 Les styles de leadership
( On peut distinguer plusieurs approches du leadership :
- lapproche personnaliste, qui sintéresse à la personnalité du manager et sa manière de faire ;
- lapproche fonctionnaliste, qui analyse le leadership selon quil est centre sur les personnes ou sur la planification des tâches ;
- les approches interactionniste ou contingente, considérant que lefficacité du leadership résulte dun accord entre les membres du groupe et le style du manager.
( Le style de leadership conditionne la qualité du lien entre le pouvoir, les collaborateurs et les exécutants.
( Déterminant pour la cohésion et lefficacité de lorganisation.
( Kurt Lewin (voir §2.3) a étudié linfluence du leader sur la performance dun groupe. Partant dexpériences menées sur des enfants, il distingue trois styles de leadership :
StyleDescriptionEffet observéAutocratique ou autoritaireLe chef établit toutes les directives, chacune en son temps, mais sabstient de participer au travail du groupe.
Directif, autoritaire (*), distant du groupe, donne des ordres.Bon rendement mais mauvaise ambiance, agressivité individuelle, groupe apathique.
Efficace en temps de crise (réaction rapide), pour des tâches bien définies, mais bride linitiative.
Chute de rendement en labsence du chef.DémocratiqueSemi-directif, les directives générales font lobjet dune délibération du groupe.
Le chef prône la discussion au sein du groupe, écoute les suggestions, juge objectivement, donne des conseils mais ne participe pas trop au travail du groupe.Bonnes relations, participation active des membres, autonomie.
Permet la réalisation de tâches peu structurées.
Impose de bonnes relations entre leader et groupe.Laisser faireMet les moyens en place mais ne simplique pas, participe peu aux actions.
Le groupe a toute liberté daction, le chef nintervient quà la demande et prend un minimum dinitiative.Mauvais résultats, insatisfaction des membres du groupe, divisions, pas dautonomie, manque dinstructions.
(*) Lautoritarisme nest pas lautorité, mais un système qui impose sans tolérer la contradiction.
( Le laisser faire est à éviter (peu de rendement, dissensions dans le groupe).
( Rensis Lickert (voir §2.3) sest plus spécifiquement intéressé aux styles de management et il distingue quatre styles de commandement :
- autoritaire, avec une communication à sens unique, peu découte du subordonné et lincitation par la crainte des sanctions. Les décisions sont imposées et ce management peut provoquer des réactions dhostilité vis-à-vis des objectifs ;
- paternaliste, plutôt centralisé et jouant sur la distribution de récompenses, de sanctions et sur le rapport individuel entre chaque employé et son chef plutôt que sur lesprit déquipe. Les subordonnés sont peu encouragés à prendre des initiatives et le fonctionnement de lorganisation repose sur les capacités et la personnalité du dirigeant ;
- consultatif, faussement participatif car les subordonnés sont consultés sans pouvoir vraiment influencer les décisions. Le travail déquipe est favorisé et le communication se fait dans les deux sens haut-bas, bas-haut, mais la délégation reste limitée ;
- participatif, où la coopération est forte, les équipes contribuant véritablement aux décisions dans un climat de confiance.
( Lickert préconise le style participatif, favorisant les relations de travail et donnant de meilleurs résultats.
( Mais son efficacité nest pas prouvée en toutes circonstances (perte de temps en réunions,
).
( Il constate quun mélange des styles paternaliste et consultatif est principalement utilisé dans les entreprises (plus facile à mettre en place, efficace à court terme).
Remarque : le terme « participatif » correspond au style démocratique.
( Michael ARGYLE (1972) préconise un style démocratique persuasif :
- préférer lexplication aux ordres (motivation, compréhension) ;
- permettre aux subordonnés de participer aux décisions les concernant ;
- utiliser la décision de groupe.
( Les auteurs présentent une théorie du leadership situationnel : le supérieur adopte un style dautorité en fonction de la situation (ses caractéristiques, celles des subordonnés, le problème à résoudre, lobjectif,
).
( Il y a continuum des styles de leadership, où Tannenbaum repère 7 niveaux allant de lautocratie à lautogestion démocratique : directif (sans initiative des collaborateurs), persuasif (recherche de ladhésion),
, participatif (écoute et partage des objectifs), délégatif (autonomie, intervention pour contrôle).
( Robert Rogers Blake et Jane Srygley Mouton (1964) ont élaboré une grille managériale (modèle fonctionnel).
( La grille met en évidence et positionne le style de leadership adopté par le manager.
( Ce style est fonction de lintérêt porté aux hommes et aux tâches de production.
1 9
( Fred E. Fiedler (A Theory of Leadership Effectiveness - 1967), a proposé un modèle contingent de leadership.
( Les situations de leadership sont caractérisées par trois facteurs :
- qualité des relations leader groupe ;
- structure de la tâche (plus ou moins programmable);
- position de pouvoir (formelle, statutaire).
( Le style de leadership doit être approprié à la combinaison de ces trois facteurs.
( Le style démocratique serait plus adapté aux situations intermédiaires (relations leader groupe imparfaites, avec une autorité tout de même présente et des tâches à exécuter moyennement définies).
( Pierre Morin et Eric Delavallée (voir §7.1) présentent en 2004 une approche contractuelle du management.
( Contrat contributions rétributions entre supérieur et subordonné, qui doit être négocié clairement.
( Démarche laissant une grande autonomie au collaborateur.
( Cette approche pose le problème de la rétribution : nature, estimation et intégration des enjeux personnels liés au travail,
7.3 LANIMATION ET LA COORDINATION
1 La dynamique de laction
1.1 Le pilotage de laction
( Animer = mettre en mouvement, donner du contenu.
( Coordonner = combiner, organiser en vue dun résultat, assortir. Séquencer ou synchroniser des actions
( Réguler = contrôler, éviter les écarts.
( Laction collective nécessite animation (impulsion, énergie), coordination (pour atteindre un objectif) et régulation (pour maîtriser les phénomènes imprévus) :
( Dans lorganisation :
- le management doit assurer la présence des trois mécanismes cités ;
- la coordination est, en particulier, rendue nécessaire par la division du travail.
1.2 Les incohérences organisationnelles
( Lorganisation est un système social regroupant des acteurs qui ne sont pas automatiquement mus par ses objectifs.
( Elle peut présenter des incohérences, des flous (sous systèmes mal ajustés).
( Les incohérences ne permettent pas aux acteurs de déterminer facilement les comportements adaptés aux situations :
- elles multiplient les zones dincertitude ;
- elles peuvent créer des dissonances cognitives aux effets incertains (voir §6.1).
( Les incohérences accentuent les phénomènes sociologiques, les occasions de conflits, la part des jeux dacteurs,
et donc le besoin (et la charge) de coordination et de régulation.
=> Les organisations cherchent à limiter leurs incohérences.
( Lincohérence de lorganisation ne peut être totalement éliminée :
- elle correspond au moins au décalage inévitable des structures et des règles par rapport à un environnement changeant ;
- elle consomme une partie des ressources ;
- les efforts pour la réduire imposent une charge.
( Un certain optimum dincohérence peut sen déduire.
( CYERT et MARCH (voir §2.5) ont introduit la notion de slack (« mou » ou relâchement) organisationnel.
( Les organisations fonctionnent avec un certain degré dincohérence (lié notamment à lélaboration de compromis lors des prises de décision).
( Ce slack évite de devoir « mettre à jour le système » en temps réel.
( Il introduit une régulation de la rétribution des salariés qui permet aux dirigeants de négocier ladhésion des coalitions :
- en période favorable, il retarde lajustement des rétributions et permet la constitution de réserves de ressources;
- en période défavorable, les ressources accumulées permettent de maintenir les rétributions ;
- lorganisation utilise pour cela une partie « excédentaire » de ses ressources.
2 Lanimation
( Lanimation permet dimpulser des actions ou de maintenir une action dans la durée.
( Voir §6.2 et 6.3 (motivation, conduite des groupes).
( Lobjectif de lanimation peut concerner une fonction, un métier ou lorganisation dans son ensemble, au delà des découpages fonctionnels ou stratégiques.
( Pour mener une action particulière en marge des activités courantes (communication ciblée, innovation, éthique, définition du système dinformation
), le management peut sappuyer sur un comité :
- la créativité y est favorisée par léloignement de la pression hiérarchique ;
- le comité marque une volonté dagir et apporte un regard extérieur ;
- le soutien de la direction est toutefois nécessaire à la réussite.
Exemples danimations :
Animation de la force de venteSoutien et entrainement opérationnel de la force de vente (accompagnement des vendeurs, coaching, programme de réunions collectives, reporting,
).
Orchestré par le responsable des ventes.Comité dorientation de la rechercheRecueil des idées et définition collective des thèmes prioritaires (validés ensuite par la direction)Comité éthiqueChargé daction pour introduire léthique dans les pratiques de lorganisation.
Mène les actions de façon relativement autonome, sous contrôle de la direction
( En règle générale, lanimation des actions collectives nécessite des réunions périodiques.
3 La coordination
( Les modes de coordination ont été analysés par MINTZBERG (voir §4.1).
Coordination relationnelle (coopération directe entre membres dun groupe)Supervision directeLe superviseur donne des consignes, répond aux demandes, contrôle les résultatsAjustement mutuelDémarche de coopération spontanée et informelle, orientée vers un but (non généralisable : perte de temps, conflits,
)Standardisation (activités complexes et prévisibles, nombreux acteurs).
Réduit le besoin de communiquer dans le travail.
Le management conçoit, forme, accompagne.Des procédésDétermine la façon de travailler (méthode universelle : Taylor,
, certification, reengineering)Des qualificationsLes règles du métier permettent dinterpréter et dassumer les tâches.
Mode de régulation des relations du travail basé sur lexistence décoles de formation.Des normesSystème de valeurs collectives (culture), charte.Des résultatsLa performance à atteindre oriente le travail et provoque les coordinations (management par objectifs)
( En pratique, les modes de coordination se superposent.
( Il y a continuum théorique des modalités de coordination.
( Mais en réalité les modes de coordination sont fréquemment juxtaposés dans une même organisation et différents dune unité et dune fonction à lautre et dun niveau hiérarchique à lautre.
( Les coordinations évoluent avec la complexification de lactivité, son volume, la compétence des opérateurs, la pression concurrentielle,
( Les SI influencent les coordinations.
( Certains modes de coordinations qui conditionnent les capacités de lorganisation peuvent être privilégiés par un arbitrage managérial.
( Notamment quand ces coordinations ne peuvent se déduire automatiquement des activités et du type de lorganisation concernés.
( Quand elles relèvent de phénomènes complexes, liés notamment à la culture et à lenvironnement de lorganisation.
4 Les régulations
( Voir les techniques de gestion (contrôle de gestion, écarts,
), les relations sociales, la GRH (pyramide des âges, des salaires,
).
( Les mécanismes de coordination basés sur la standardisation constituent aussi des systèmes de régulation.
( Cet auteur, dans le cadre de travaux comparatifs du management japonais et américain (voir § 7.5), identifie trois modes de régulation des organisations.
( Par le marché (définition dobjectifs clairs - ( CA, part de marché,
) : transposition assez facile dans lorganisation au travers divers mécanismes de coordination.
( Par la bureaucratie (différenciation interne) : labsence de référence au marché complique la définition des missions de chacun. La coordination se fait surtout par la standardisation (procédés, qualification, de plus en plus résultat).
( Par le clan (# organisation missionnaire de Mintzberg, avec des valeurs communes très fortes) :
- divers modes de coordination sont possibles, mais toujours subordonnés à lidéologie ;
- le modèle participatif domine, les décisions sont prises par consensus et les conflits sont évités ;
- mais la standardisation des procédés et des résultats peut être en conflit avec la norme idéologique et être rejetée.
(Lapproche dOuchi sinscrit dans le courant contractualiste danalyse des coûts de transaction de Coase et Williamson Voir §2.8).
7.4 LA PRISE DE DECISION
1 La décision
1.1 Définition
( Décider cest choisir (origine latine : decidere = trancher) et la décision résulte dun processus.
( Un problème déclenche la prise de décision.
( La décision nécessite dévaluer les choix possibles.
( Elle est prise par des personnes.
( Elle impose déliminer des possibilités (donc dabandonner certaines perspectives).
( Lorganisation est le siège de nombreuses décisions à tous niveaux, et ces décisions reposent sur une information qui doit être collectée et reste généralement incomplète.
1.2 Typologie des décisions
( Ansoff distingue les décisions selon leur niveau dimportance : stratégique, tactique, opérationnelle
( Lanalyse des décisions selon leur niveau peut se faire comme suit :
Décision :Niveau stratégiqueNiveau tactique ou administratifNiveau opérationnelEffet sur lorganisationLarge, agit sur le potentiel de lorganisation, orientations généralesImportant mais dans le cadre de la stratégie : structures, gestion des ressourcesTrès limité
RégulationHorizonLong termeMoyen termeCourt terme, immédiatReproductibilitéFaible (pas de reproduction à lidentique)Variable, souvent application de techniques éprouvéesImportante (routines ou procédures)Incertitude, risqueFortsLimitésRelativement faiblesComplexitéElevée (nombreux paramètres)ImportanteLimitée (ou purement technique)RéversibilitéQuasi inexistanteParfois possibleElevéeOrigineDirection généraleFonctions (direction fonctionnelle, département, service)Exécutants (service, équipe, employé)ExemplesDiversification, recentrage, fusion, lancement dune activité, ouverture dune usineBudgets, développement des RH, choix dun équipement lourd, organisation dun départementRéapprovisionnement, organisation dun atelier, relance des clients, embauche dun remplaçant
( Dautres critères distinctifs sont possibles.
( Par le processus de prise de décision (Herbert SIMON, voir §2.5), en différenciant :
- les décisions structurées ou programmables (résultant dun processus reproductible, décrit par un algorithme, intégrant peu de variables) ;
- les décisions non structurées ou non programmables (situations jamais identiques, nombreuses variables).
( Par le degré dincertitude :
- décision en avenir certain (les variables sont prévisibles avec certitude) ;
- décision en avenir probabilisable (les variables sont prévisibles mais aléatoires) ;
- décision en avenir incertain (absence de connaissance précise des événements futurs, les variables elles mêmes ne sont pas toutes connues).
( Henry MINTZBERG (voir §2.7 et §8.1) considère la liberté de choix du décideur et distingue les décisions stratégiques délibérée (réfléchie a priori) et émergente (imposée par la pratique).
2 Les théories de la décision
( De nombreuses théories ont été élaborées pour comprendre comment se forment les décisions dans lorganisation. Elles concernent la rationalité de la décision, le comportement du décideur ou le processus qui conduit à la décision.
( Les théories et modèles de la prise de décision privilégient par ailleurs certaines approches. On distingue notamment lapproche rationnelle (basée sur le raisonnement),lapproche politique (basée sur les visions des différents acteurs), lapproches organisationnelle (lorganisation influence la décision) ou lapproche psychologique (influence de la personnalité du décideur).
2.1 La rationalité des décisions
( Dans la théorie classique, le décideur est rationnel (rationalité absolue ou substantielle):
- il connaît parfaitement lensemble des choix et leurs conséquences ;
- il dispose de critères définis et hiérarchisés ;
- il a des préférences claires et décide sans être influencé (les membres de lorganisation acceptent ses décisions).
( Généralement, lobjectif est la maximisation des profits.
( Cette situation correspondant rarement à la réalité.
( Herbert SIMON (voir §2.5) a introduit le concept de rationalité limitée :
- information imparfaite du décideur ;
- capacités de décision limitées ;
- influence de facteurs psychologiques, de diverses contraintes (pression organisationnelle, temps, budgets,
).
( Une forme de rationalité collective de lorganisation peut toutefois émerger (rationalité procédurale).
( Lucien SFEZ (2004) a introduit la théorie du surcodage :
- chacun code linformation en fonction de son référentiel (vision du monde) ;
- certains disposent de plusieurs codes et peuvent donc saisir la réalité selon plusieurs points de vue => surcodage (originalité, pluri-culturalité, multiplicité des intérêts,
) ;
- la capacité de surcodage accroît la capacité de décision.
( Sfez en déduit une non rationalité de la décision, qui dépend en fait de la superposition de multiples rationalités qui échappent au décideur.
2.2 La théorie comportementale de la firme
( SIMON et James MARCH ont signalé que les membres de lorganisation ont des intérêts contradictoires et que les décisions peuvent résulter dun équilibre implicite ou dun marchandage, chaque membres de lorganisation agissant en fonction dun rapport rétribution (incitation) / contribution.
( Richard M. CYERT et James MARCH (voir §2.5) ont développé une théorie du décideur politique (théorie comportementaliste). Cette théorie prend en compte limpact de lorganisation et leffet du jeu des acteurs. :
- les objectifs de lorganisation sont des contraintes ;
- les coalitions défendent leurs intérêts ;
- la décision résulte dun compromis entre des coalitions.
( La prise de décision révèle des conflits dintérêts et nécessite un compromis, les problèmes engendrés sont réglés selon quatre principes :
1 - Quasi-résolution des conflits.
= rationalité locale (chaque groupe résout le problème à son niveau en négligeant les conséquences pour les autres).
= solution séquentielle (un problème après lautre, pas de vision globale, ce qui évite de créer de nouveaux conflits).
2 Elimination de lincertitude.
= priorité aux solutions connues au détriment de la créativité.
3 Traitement de proximité.
= solution cherchée dabord près des symptômes du problème (dans le groupe concerné).
= élargissement aux groupes « vulnérables » pouvant accepter facilement les décisions (sans analyse globale ou approfondissement du problème).
4 Apprentissage.
= les comportements changent en fonction des conséquences des décisions antérieures.
=> Solutions différentes et décisions différentes face au même problème, selon le moment.
( La participation aux prises de décision est nécessaire pour faire converger les objectifs de chacun.
( La décision collective pose une problématique spécifiques (voir §6.3).
3 Les processus de décision.
3.1 La rationalité procédurale
( Herbert SIMON (voir §2.5) a proposé la démarche IMC, linéaire, rationnelle et théorique :
1 - I (intelligence)On fait le tour du problème2 - M (modélisation)On construit des solutions qui sont évaluées3 - C (choix)On définit des critères de choix pour classer les solutions
( E. A. ARCHER (1980) a précisé cette séquence du processus de décision en observant et en décomposant les processus décisionnels de plus de 2000 dirigeants américains.
( Son modèle empirique rationnel fait ressortir 9 étapes :
1 Délimiter lenvironnement du problème.
2 Définir le problème.
3 Préciser les objectifs.
4 Etablir un diagnostic.
5 Rechercher les solutions possibles.
6 Définir les critères de sélection.
7 Effectuer une évaluation complète.
8 Choisir la solution.
9 Mettre en uvre la solution.
3.2 Les modèles de prise de décision
( La prise de décision est de fait influencée par de nombreux facteurs souvent incontrôlables :
- objectifs mal définis, informations incomplètes, pas de linéarité du processus, critères ne faisant pas consensus,
;
- la psychologie du décideur et sa situation influencent le choix (origine sociale, aversion personnelle au risque, âge, risque personnel,
) ;
- des acteurs influencent le décideur (collaborateurs, hiérarchie, famille,
) ;
- lintuition peut intervenir (forme de connaissance spontanée, inconsciente, non rationnelle et non raisonnée) ...
( Des modèles composites tentent de prendre en compte cette complexité.
( Bertrand MUNIER, enseignant chercheur, a proposé (1994) un modèle cognitif de prise de décision tenant compte de la personnalité du décideur.
( Modèle CDR (croyances, désirs, rationalité).
( Mise en évidence de linfluence de lenvironnement et des institutions et, surtout, de la complexité du contexte décisionnel.
Schéma extrait du site http://www.sciencesdegestion.com/elearning/
( Cette approche met en évidence la possibilité de biais cognitif (perception de la réalité déformée par linterprétation du décideur, erreur de jugement).
(Exemples de biais cognitifs)
Analogie (transposition de cas vécus)( Affecte la perception du problèmeAncrage (fixation sur un jugement initial)Généralisation abusive (dexpériences passées)( Affecte la recherche de solutionsFocalisation (sur une solution « préférée »Illusion de contrôle (des situations)( Affecte le choix des solutionsA priori (dépréciation de solutions sans véritable étude)
( Charles Lindblom, politologue (The science of muddling through - 1959), a introduit un modèle instrumentaliste et incrémentaliste.
( Incrémentalisme :
- les décisions font évoluer lorganisation pas à pas, par petites étapes ;
- les modifications sont marginales et nécessitent de choisir entre un nombre limité dalternatives ;
- chaque problème est résolu quand il se pose ;
- on avance par essais et erreurs ;
- les solutions trop radicales sont écartées (limitation du risque) ;
- laccumulation peut cependant conduire, à terme, à un changement radical.
( Instrumentalisme :
- fins et moyens sont interdépendants ;
- les individus conçoivent les objectifs à loccasion de la mise en uvre des moyens (il ny a pas de grand dessein a priori).
( Michael D. COHEN, James MARCH et Johan P. OLSEN (A garbage can model of organizational choice 1972) ont présenté un modèle composite dit modèle de la poubelle (modèle anarchique) issu de lobservation dorganisations universitaires.
( Lactivité de choix permet, outre la prise de décision :
- dexécuter des procédures existantes ;
- de remplir un rôle ou dassumer danciens engagements ;
- de réfléchir aux vertus de lorganisation (autosatisfaction) ;
- de nouer ou de confirmer des relations de confiance ;
- de profiter du plaisir de participer aux réunions
( Des caractéristiques marquent les organisations du type anarchies organisées (cf. universités), auxquelles le modèle sapplique tout particulièrement :
- les préférences sont problématiques (objectifs peu clairs) ;
- la technologie est obscure (processus de production mal compris) ;
- la participation est fluide (les participants et leurs efforts varient dans le temps).
( Le modèle de la poubelle voit lorganisation comme une collection :
- doccasions de choix (« poubelles » qui cherchent à semplir de problèmes et des solutions) ;
- de problèmes (qui cherchent des occasions de choix pour se faire prendre en compte) ;
- de solutions (qui cherchent des problèmes pour sappliquer) ;
- de décideurs (qui cherchent du travail).
=> La décision résulte de la conjonction des flux et des occasions (lexistence des poubelles peut susciter leur utilisation).
( Le couplage problème solution peut être plus ou moins judicieux selon les structures, les procédures, lénergie disponible ou lintérêt des personnes :
- un employé peut justifier son poste en faisant persister des problèmes ;
- des décisions peuvent ne pas résoudre les problèmes ou être prises sans problème justificatif (mode, a priori) ;
- des problèmes peuvent persister faute de solutions ;
- une décision peut ne pas avoir de responsable.
( Le modèle met en évidence les difficultés à prendre des décisions :
- mais les décisions ne peuvent être totalement irrationnelles (car elles sont acceptées par plusieurs acteurs) ;
- il préconise la concentration sur les décisions essentielles et lopiniâtreté (soutenir les solutions jusquà acceptation), ainsi que lintégration des opposants pour limiter leur influence.
3.3 Loptimisation des décisions
( Très improbable dans labsolu (cf. supra) : le choix correspond généralement à une solution acceptable.
( Selon MARCH et SIMON (1958, voir §2.5) :
- « La plupart des décisions humaines
se rapportent à la découverte et à la sélection de choix satisfaisants » ;
- pour que le choix soit satisfaisant, il suffit quil « satisfasse ou dépasse tous les critères ».
4 Les aides à la décision
4.1 Définitions
( Laide à la décision fournit des informations, les synthétise, ou propose des solutions.
( La décision finale appartient au décideur.
( Origines de laide :
- modèles mathématiques ;
- systèmes de collecte et de mémorisation de données ;
- systèmes de traitement, de diffusion et de présentation des données ;
- tableaux de bord ;
- outils danalyse de gestion ;
- simulations ;
- techniques dintelligence artificielle.
( Le terme management science désigne un courant développé dans les années 60, ultra-rationnel et basé sur des modèles mathématiques (calcul économique, rationalisation des choix budgétaires, recherche opérationnelle, simulations,
).
( Quelques succès (gestion de stock, ordonnancement, gestion des flux).
( Des impasses dues à la complexité des problèmes (difficiles à mettre en équation) et à lignorance des aspects humains.
4.2 Des bases mathématiques
( Fonde (sans la développer) la notion dutilité dans la prise de décision :
- lattitude face à une perspective de gain dépend de la fortune déjà possédée ;
- lutilité du gain détermine lattitude du décideur (il peut préférer un gain certain inférieur au gain probable espéré).
( Posent les bases de la théorie des jeux :
- analyse des interactions stratégiques ;
- développement de la notion dutilité cardinale (utilité chiffrée).
(Exemple de courbe dutilité cardinale)
4.3 Les outils daide à la décision
Contextes décisionnelsOutils ou méthodesExemples
Avenir certainFlux de trésorerie
Coût marginal
Courbes de consommation
Programmation linéaire
Graphes
PERT (program evaluation and review technic).
Gestion des stocks (Wilson).
Avenir probabilisableProbabilités, statistiques
Espérance de gain
Files dattente
Arbres de décisionGestion des stocks (probabilité de rupture).
Estimation des délais dattente.
Avenir incertainThéorie des jeux (matrice minimax, minimax regrets)
UtilitéMatrice minimax (choix du revenu maximum espéré)
Matrice maximin (choix du revenu minimum le plus élevé)
Matrice des regrets (choix du regret minimum).Contexte antagonisteCombinaison des outils ci-dessusMatrice minimax antagoniste.
Compléments :
(Exemple de PERT)
(Exemple darbre de décision)
Gain en labsence détude : 0
Espérance de gain avec étude : 35 750 20 000 (coût de létude) = 15 750 soit
(35 000 x 0,7 + 10 000 x 0,3) x 0,7 + 55 000 x 0,3 20 000.
Probabilité de perdre 10 000 = 0,21 (0,3 x 0,7).
Probabilité de gagner 35 000 = 0,30.
Probabilité de gagner 15 000 = 0,49.
(Exemple de matrice minimax antagoniste)
La matrice donne les gains de A (négatif si B gagne). Les gains de A sont les pertes de B (et inversement).
Joueur A
Joueur BChoix A1Choix A2Choix B14 000- 1 000Choix B2- 2 0005 000
B choisit loption B1 qui limite ses pertes éventuelles.
A choisit A2 qui limite ses pertes et maximise ses gains éventuels.
Au final, A perdra 1000.
Mais si A suppose que B applique le même raisonnement, il peut choisir A1 et gagner 4 000 ...
4.4 Les SIAD
( SIAD = système informatique (ou interactif) daide à la décision (voir § 5.6).
( Moyens de collecte, de sélection et de codage des informations.
( Moyens de stockage (base de données ou base de connaissances).
( Moyens de traitement et de présentation des informations.
( Linformation étant à la base des décisions, le rôle des systèmes informatiques y est important :
Situation du système par rapport à la décisionApportOutils informatiques
En amont
Collecte et mémorisation des donnéesSGBD (système de gestion de bases de données)PGI (progiciel de gestion intégré) = ERP (enterprise ressource planning)Système de gestion de connaissances (knowledge management), entrepôts de données (data warehouse), gestion de documents (content management system)Circulation des informationsRéseaux, workflow, PGI, système de travail collaboratif (collecticiel)
Durant la prise de décision
Apport dinformations pertinentesInterrogation des bases (requêtes)Elaboration de synthèsesMise à disposition dinformations de domaines divers en temps réel (PGI)Système de gestion des connaissances, forage de données (data mining)Simulations (examen de différentes hypothèses)Logiciels spécialisés, tableurProposition de solutions ou de choixSystèmes experts (reproduisant la démarche dun expert)
( Les SIAD sont composites. Leur problème essentiel est de cibler (et de trouver) les informations utiles dans un contexte donné.
( Un PGI (voir § 5.5 et 5.6) est un progiciel de gestion couvrant la totalité (ou une grande partie) de la gestion de lorganisation à laide de modules dapplication.
( Les données sont saisies dans une base de données unique et partagée.
( Les informations collectées dans un module sont immédiatement accessibles aux autres.
( Le PGI dispose de systèmes dinterrogation des données.
( Il dispose parfois dun système de gestion des flux (workflow) = enchaînement automatique des activités des processus de traitement de linformation entre acteurs.
( Les systèmes experts sont basés sur des techniques dintelligence artificielle.
( Constitution dune base de faits et dune base de règles codées.
( Un moteur dinférence exploite faits et règles pour proposer des solutions aux problèmes introduits dans le système.
( Les système expert a une capacité dapprentissage : la base de faits est enrichie par les expériences.
( Il explore les choix et solutions de façon non combinatoire, par heuristique (élimination a priori de choix jugés sans intérêt).
( Application ciblée sur un domaine dactivité précis (ex : diagnostic financier, médical).
( Le forage de données (data mining) ou extraction de données est un procédé de recherche systématisée de données significatives pour la décision ou de recherche de nouvelles corrélations entre données par visualisation, cartographie,
parfois en application de techniques dintelligence artificielle.
( La gestion dentrepôt de données (anglais : data warehouse) consiste à rassembler par thèmes des informations concernant le métier de lentreprise.
( Les informations utiles sont captées de diverses sources, transformées, validées et stockées dans une base de données.
( Les données sont historisées pour permettre des approfondissements successifs.
( Les informations sont extraites, analysées et présentées aux utilisateurs à laide doutils particuliers (requêteur, tableur, outil de constitution de tableaux de bord, outils de simulation).
( Des systèmes dextraction, danalyse et dentreposage de données sont souvent offerts dans les SGBD et les PGI pour lexploitation des entrepôts.
( Le CMS content management system ou GED gestion électronique de document est un ensemble de techniques permettant de gérer (trier, mettre à jour, diffuser,
) des documents dans lentreprise.
( Bureautique, PAO publication assistée par ordinateur, groupware, workflow
7.5 LA CULTURE ET LIDENTITE DE LORGANISATION
1 Le concept de culture
( Culture = ensemble de manifestations intellectuelles, de structures, didéologies,
qui caractérisent un groupe social.
( La culture se définit par des contenus (lois, règles) et des comportements.
( La culture est partagée.
( La culture est relative (elle existe par rapport à dautres).
( Identité = ensemble de caractéristiques qui permettent de reconnaître une personne ou un groupe.
Lintériorisation de caractéristiques culturelles confère une identité culturelle à la personne.
( Plusieurs sources de culture peuvent coexister (nationale, ethnique, religieuse, professionnelle,
).
1.1 Les cultures nationales.
( Chaque pays a sa culture, résultant de son histoire.
( Valeurs partagées (dont règles de fonctionnement social, institutions).
( La culture nationale simpose, en particulier, à lorganisation située sur un territoire.
( Distingue 4 dimensions de la culture nationale (étude portant sur 100 000 employés dIBM dans 50 pays) :
- distance hiérarchique (niveau dacceptation des inégalités de pouvoir) ;
- masculinité et féminité des valeurs sociales ;
- individualisme et collectivisme (degré dintégration dans les groupes) ;
- relation à lincertitude (propension à éviter les situations incertaines).
( Dans certains pays, il existe de même des cultures régionales fortes induisant des particularismes (Espagne, Royaume uni, France notamment).
1.2 La culture professionnelle
( La culture professionnelle est la culture dune collectivité de travail.
( Les salariés qui travaillent en commun « élaborent des règles, des valeurs et des pratiques communément admises pour gérer leurs relations de solidarité, dentraide, de complémentarité technique, de dépendance et dautorité, de formation et dinformation, de contrôle et dévaluation » :
- construction dune culture ;
- lintériorisation des règles liées à lexercice dune profession forge une identité au travail ;
- les individus qui partagent une même identité collective constituent une communauté daction qui génère une stabilité des actions.
( Sainsaulieu distingue par ailleurs quatre modèles de construction identitaire (dimplication par rapport à lorganisation, voir § 6.2) :
- la fusion (caractéristique des emplois peu qualifiés et répétitifs : camaraderie, relations affectives, peu de débat didées) ;
- la négociation (caractéristique des métiers qualifiés, techniciens et cadres : richesse des relations, collectif démocratique, solidarité et distinction du groupe) ;
- laffinité (caractéristique de la mobilité sociale, affinités sélectives, rapports personnels peu nombreux mais intenses, individualisme, travail = lieu de réussite personnelle) ;
- le retrait et la dépendance (caractéristique de linvestissement hors organisation : séparatisme prudent, le travail nest pas une valeur mais une nécessité économique).
( Des comportements types issus dun cadre culturel dominent ainsi certaines catégories demplois :
Employés de bureauIndividualisme (entre retrait et fusion)
Entente (négociation tempérée)TechniciensAffinité (relations personnalisées)CadresNégociation (stratégie)
Intégration (dérive vers la fusion)
( Fondée sur lindustrie des années 60, cette analyse reste valable, mais elle doit être actualisée :
- évolution de légalité des femmes, intégration des immigrés => ( retrait ;
- crise économique => ( affinité faute dopportunités
( SAINSAULIEU, FRANCFORT, OSTY, UHALDE (Les mondes sociaux de lentreprise 1995) soulignent la réalité de la culture professionnelle.
( Fondée sur le marché, le métier, la communauté.
( Reflet dun passé professionnel commun source de statut, de reconnaissance sociale, de façon de penser et dagir.
( La culture de métier peut être accentuée par une culture de secteur (public, privé, pointe,
).
2 Culture de lorganisation
2.1 La culture organisationnelle
( La culture dentreprise (ou culture organisationnelle) est une notion développée à partir des années 80 (voir § 5.8).
( La culture dentreprise est influencée par les cultures nationale, régionale, professionnelle.
( En tant que groupe humain, lorganisation développe une culture qui influence le comportement de ses membres.
( La culture organisationnelle est un phénomène collectif :
- cest une construction sociale évolutive résultant dun apprentissage ;
- elle inclut des symbolismes (moyens déchange parfois peu compréhensibles de lextérieur) ;
- cest un facteur de continuité (héritage, transmission) et de cohérence interne qui contribue au fonctionnement de lorganisation.
( Pour Schein « La culture (dentreprise) est lensemble des hypothèses fondamentales quun groupe donné à inventé, découvert ou constitué en apprenant à résoudre ses problèmes dadaptation à son environnement et dintégration interne ».
( La culture se manifeste à trois niveaux :
- artefacts (phénomènes observables : comportements réguliers, climat,
) difficiles à déchiffrer ;
- valeurs affichées ;
- postulats, hypothèses et croyances (principes puissants, implicites), invisibles mais pouvant se déduire de lécart entre artefacts et valeurs.
( Le climat organisationnel est la manifestation de la culture organisationnelle.
( Pour DESHPANDE et WEBSTER (1989) la culture organisationnelle est un « Modèle partagé de valeurs et de croyances qui permet aux individus de comprendre le fonctionnement organisationnel et ainsi leur transmet les normes de comportement souhaitées au sein de lorganisation ».
( William OUCHI (voir §7.3), partant dune comparaison des modèles économiques japonais et occidentaux, propose un modèle culturel de clan comme mécanisme de régulation de lorganisation.
( Dans la théorie Z dOuchi, lhumain est déterminant :
- loccident doit sinspirer du modèle japonais (intimité des rapports dans lentreprise, lemploi doit se concevoir à long terme, avec des promotions plus lentes, une prise en compte de lexpérience, de la sagesse, reconnaissance de la performance collective) ;
- les décisions sont participatives et prises par consensus (mais avec une responsabilité unique) ;
- les rapports hiérarchiques sont établis sur un pied dégalité (humain).
=> Homogénéité culturelle formant un clan, où chacun peut faire comme il souhaite, en autonomie.
=> Changer le comportement passe par un changement de culture.
=> Inconvénients : perte de professionnalisme, peur de létranger, rejet de lhétérogénéité.
2.2 Les attributs de la culture organisationnelle
( Propose une démarche daudit culturel de lentreprise par lanalyse de ses composantes :
ComposanteExemplesMythes et histoires sur lorganisation et ses fondateursPersonnages, fondateurs, défis, aventures, légendes, convictions, musée ( Identification, « jy étais »Etapes de lhistoire de lorganisationEvénements, développement, structures, environnementMétiersPerception du métier, activités, savoir-faireValeurs- Déclarées (officielles), apparentes (choix des héros, des dirigeants, ce qui est jugé réussi), opérationnelles (procédures, évaluations).
- Règlement, interdits, système de sanction et récompenses, charte de conduite,
Croyances et normesIdées générales sur le milieu, règles de comportement, horaires,
Signes, symboles et rites- Langage, tutoiement, cérémonies, habillement, intégration, organisation des bureaux ,
( Affichage de lappartenance, communication, instrument de pouvoir
3 Le management culturel
3.1 Les enjeux
( La culture dentreprise cimente lorganisation, lui donne une identité et peut réduire les conflits internes :
- les valeurs, les symboles et les normes de comportement permettent aux membres du groupe de comprendre rapidement les situations et de se coordonner ;
- le langage facilite la circulation des informations et la précision des messages, il est aussi un signe de reconnaissance qui favorise le sentiment dappartenance ;
- les mythes, les héros renforcent les valeurs communes et peuvent étayer le pouvoir ;
- les rites soulignent lappartenance au groupe et peuvent renforcer la position des détenteurs du pouvoir.
( Pour Edgar SCHEIN, la réussite du leadership dépend de la gestion de la culture dentreprise.
( Le management peut agir sur la culture dentreprise et guider son changement.
( La culture contribue à lobtention dun consensus décisif pour atteindre les objectifs et à de meilleures décisions.
( Le consensus sappuie sur :
- la mission (pourquoi lentreprise ?) ;
- les objectifs (à spécifier pour chacun) ;
- les moyens pour atteindre les objectifs (dont incitations) ;
- la mesure des progrès (par retour dinformation) ;
- les stratégies applicables en cas de difficulté.
( La maîtrise des orientations culturelles de lorganisation est un outil managérial favorisant la mobilisation autour dobjectifs communs.
( La culture dentreprise est considérée, depuis les années 80, comme une dimension du management, parfois placée dans les valeurs clés de lorganisation.
( Les valeurs culturelles sont un guide pour laction (canalisation des initiatives, compréhension des situations,
).
( Elles peuvent aider à la performance.
( La culture peut résulter dactions conscientes.
=> Des actions phares et / ou diffuses doivent être menées, de façon continues et soutenues par la direction.
Exemple de moyens utilisables pour contrôler lévolution de la culture organisationnelle :
- recrutement de personnes pouvant intégrer la culture souhaitée (acculturation = processus dassimilation de la culture dun groupe permettant de sy intégrer sans conflit) ;
- formation ;
- incitations et contrôles ;
- projet ou concept dentreprise, officialisation de systèmes de valeurs, comités de suivi ;
- gestion des carrières,
( Le management pluriculturel (ou interculturel) pose une problématique spécifique.
( Eviter les conflits et favoriser la communication (composition des équipes, définition dobjectifs communs, affectation de territoires, acceptation des différences,
).
( Favoriser linnovation grâce aux différences (différences de point de vue, dapproche des problèmes, apports culturels spécifiques).
( Exploiter le multiculturalisme générationnel, régional ou national (adaptation aux marchés, échange de cultures, de façons de travailler).
3.2 Quelques outils du management culturel
( Projet dentreprise = construire un système de valeurs partagé et conforme aux besoins de lactivité de lentreprise.
( Outil de management participatif et moyen dexercer le pouvoir.
( Faire comprendre les finalités de la direction et élaborer un projet commun.
( Vision prospective, intégrant plusieurs scénarios, si nécessaire.
( Outil de communication :
- formalisation de lentité, des finalités, des valeurs, dun système de référence basé sur la culture de lentreprise ;
- clarification de lentreprise et de ses finalités ;
- échange véritable avec le personnel dans un objectif dadhésion aux valeurs ;
- attribution dune image à lentreprise, pour lintérieur et lextérieur.
( Le projet doit faire lobjet dun suivi.
( Entreprise citoyenne = mener lactivité en assumant sa responsabilité sociale et en contribuant à la bonne marche de la société.
( Comportement éthique => déontologie (voir §7.2).
( RSE (voir §3.4).
( Respect des parties prenantes (voir §3.2).
3.3 Les limites du management culturel
( Une culture dorganisation forte peut induire une certaine inertie face aux évolutions :
- perte de flexibilité ;
- résistance au changement (voir nécessité dun choc de « dégivrage » ou « décristallisation », §6.3).
- persistance de routines culturelles, résurgences.
( Les cultures basées sur léchange, le décloisonnement, la participation et la communication acceptent plus favorablement le changement.
( La culture peut générer des affrontements contre-productifs en cas de regroupement dorganisations (fusion).
( Voir toutefois la possibilité de phénomènes positifs démulation.
( La culture des hommes et lidentité des salariés peuvent sopposer à la culture de lorganisation.
( Voir la qualité du recrutement.
( Voir les problèmes dimplantation internationale (§ 8.6).
( Des pressions culturelles excessives peuvent être parfois exercées :
- asservissement psychologique des employés, pression abusive, inféodation aux pratiques du métier ou de lentreprise ;
- organisations sectaires (abus dutilisation de la représentation parentale) ;
- adhésion sans frein au courant de pensée libéral et pression de la mondialisation.
8.1 STRATEGIE : PRINCIPES
1 - Définition de la stratégie
( Dorigine militaire, la stratégie est lart de conduire une armée pour remporter la victoire, ce qui impose de tenir compte des actions adverses.
( La stratégie peut être réactive (action décidée face à une menace de lenvironnement) ou proactive (initiation dune action autonome).
( La stratégie dentreprise est apparue pour déterminer les objectifs de développement (60), puis elle a intégré la concurrence (70) et les parties prenantes (80).
( Pour Alfred CHANDLER (voir §2.7), « La stratégie consiste en la détermination des buts et des objectifs à long terme dune entreprise, ladoption de moyens daction et dallocations de ressources nécessaires pour atteindre ces objectifs ».
( Igor ANSOFF (voir §7.4) a popularisé la notion de stratégie. Pour lui, les décisions stratégiques déterminent les choix relatifs aux produits, aux marchés et aux moyens de croissance.
( La stratégie a pour but :
( De faire face à la concurrence, de rechercher un avantage concurrentiel durable.
( De définir un périmètre dactivité (produits, zone géographique).
( De réagir aux évolutions de lenvironnement et dassurer la survie ou la croissance de lentreprise.
( Le concept de stratégie est transposable à toutes les organisations (avec nuance en cas dabsence de concurrence).
( Trois niveaux stratégiques peuvent être distingués dans une grande entreprise :
- corporate (entreprise ou groupe) = dessin général, périmètre dactivité
- business = stratégie par domaine dactivité ou stratégie concurrentielle
- opérationnel (filiales, divisions, fonctions) = mise en uvre des stratégies par domaine dactivité (assimilable à un niveau tactique).
( Certains choix stratégiques peuvent se faire tant au niveau corporate quau niveau business en fonction du contexte propre à une entreprise (filiales de groupe chargées de certaines activités et dotées dune autonomie stratégique, accès facile à lexternalisation ou à la globalisation,
).
Remarques :
- Distinguer finalité de lorganisation (raison dêtre reflétant les aspirations des dirigeants et parfois de la « communauté » des parties prenantes, notamment le type de biens et services devant être fournis à la clientèle), et stratégie (qui permet datteindre des objectifs compatibles avec la finalité).
- Le but est la traduction concrète de la finalité.
- La politique est une modalité de mise en uvre des moyens fixés par la stratégie.
- La tactique ne concerne quune action, une période et un espace limités.
2 Le processus stratégique
2.1 La démarche stratégique
( ANSOFF propose le modèle stratégique suivant :
( La démarche stratégique est récursive :
( Les intentions conditionnent chaque étape de la démarche.
( Les conclusions de chaque étape peuvent conduire au réajustement des intentions (découverte dune impossibilité).
( Le choix final peut nécessiter plusieurs itérations.
( La démarche stratégique est prospective (connaître le passé et construire le futur : abandon dactivités, nouvelles activités, développement
) et complexe (diversité de paramètres variables : savoir-faire, technologies, concurrence, environnement,
).
( Elle doit fournir une réponse aux questions :
- Que sait faire lorganisation (compétences, atouts, ressources
) ?
- Que veut faire lorganisation (valeurs, finalités, buts, objectifs) ?
- Que peut faire lorganisation (menaces, obligations, règles, opportunités) ?
( Lanalyse stratégique commence par un diagnostic, basé sur une identification pertinente des activités de lorganisation (homogénéité, importance relative).
( Ces activités peuvent être remises en cause par les choix.
( Les grandes entreprises constituent parfois, autour du directeur général, un comité exécutif (COMEX) de quelques membres (souvent cinq ou six) choisis pour leurs compétences. La mission du COMEX est variable, il est généralement chargé de définir et de faire appliquer la stratégie.
2.2 Les contraintes stratégiques
( Les stratégies sont canalisées, contraintes par des facteurs subjectifs (ressenti des dirigeants), historiques (passé de lentreprise), environnementaux.
( Les décisions stratégiques ne sont pas autonomes, elles dépendent de divers facteurs subjectifs ou contingents :
- attitude, rationalité des décideurs face au risque ;
- référence de choix stratégiques passé préférée à la nouveauté ;
- choix stratégiques des concurrents, induisant des tendances ;
- cycles (produits, technologies) imposant des choix économiques ;
- contraintes de lenvironnement
2.3 Lajustement des stratégies
( MINTZBERG et WATERS (1978) ont introduit le concept de stratégie émergente, formée à partir dessais non planifiés.
( Une stratégie émergente résulte de processus complexes.
( Dinerties (persistance dun métier, sociale), dévolutions de lenvironnement (marché, technologies,
), de décisions locales, circonstancielles.
( Les orientations stratégiques prévues ne sont jamais suivies à 100% :
- la stratégie projetée conduit à une stratégie délibérée ou anticipée;
- la stratégie réelle résulte dune synthèse entre stratégie délibérée et stratégie émergente ;
- elle peut être radicalement modifiée par une stratégie occurrente (opportuniste).
( Stratégie émergente et occurrente peuvent contribuer à ladaptation de la stratégie aux réalités.
3 La segmentation stratégique
3.1 Le domaine dactivité stratégique
( Le raisonnement stratégique nécessite de concentrer la réflexion sur un domaine cohérent où des critères fiables peuvent être utilisés pour évaluer les perspectives de lorganisation. Le concept de segment stratégique, développé par le cabinet Mac Kinsey pour le découpage de General Electrics en unités autonomes (1970), répond à ce besoin.
( Le DAS (domaine dactivité stratégique) ou segment stratégique ou SBU (strategic business units) :
- est une partie de lentreprise, relevant dune stratégie concurrentielle spécifique ;
- correspond à des compétences et une allocation de ressources permettant dêtre compétitif ;
- est caractérisé par une combinaison unique de facteurs clé de succès (FCS) = éléments sur lesquels se fonde la concurrence et conditionnant la compétitivité.
( Les FCS dépendent des conditions existant à lextérieur de lorganisation, de son environnement (au sens large).
Remarque : on parle parfois de secteur dactivité de lentreprise pour désigner un DAS. Ce terme a alors un sens différent du secteur dactivité défini par lINSEE qui « regroupe des HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Entreprise" \o "Entreprise" entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée) ».
( Le DAS est un lieu de partage de ressources et de savoir-faire, il est lié au métier (ce que lorganisation sait faire) :
( Il correspond à une même chaîne de valeur (PORTER, voir § 3.1).
( Un métier peut correspondre à plusieurs DAS (il existe alors une synergie importantes entre ces DAS).
( Plusieurs compétences métiers peuvent servir un même DAS.
( Le « métier » est au centre des stratégies actuelles.
( Le DAS est différent du segment marketing qui est défini plus finement (demande homogène, cible relevant dun même « mix » à moyen terme). Un DAS peut correspondre à plusieurs segments de marché ou segments marketing.
Illustration :
3.2 La définition des DAS
( La définition de DAS homogènes précède lanalyse stratégique.
( Le découpage est difficile et itératif (nécessite des essais et retouches).
( Il définit clairement le périmètre dactivité de lentreprise (ensemble des DAS).
( La segmentation stratégique ne doit être :
- ni trop fine (ignorance des synergies entre activités, du partage des coûts) ;
- ni trop agrégée (spécificité des compétences et des ressources négligées, manque dhomogénéité).
Remarque : la synergie est un renforcement mutuel (1+1 = 3).
( La segmentation repose généralement sur létude de la concurrence, de la technologie, des compétences et des modes de consommation.
( PORTER (1985) définit les DAS selon la variété du produit, le type de client, le circuit de distribution, la localisation géographique du client.
( Louvrage collectif STRATEGOR (HEC - 1987) propose de découper par différence et de regrouper par analogie, selon des critères doffre et de demande: les DAS résultent dun compromis pertinent et équilibré.
DemandeOffreDécoupage par différenceType de clientèle
Besoin, critère dachat
Mode de distributionConcurrence
Technologie
Structure des coûtsRegroupement par analogieSubstituabilitéSynergies, partage de ressources+ Frontières géographiques (pour identification des concurrents)
( DESRUMEAUX (2008) définit les DAS à partir de la technologie permettant de servir le client (investissements, compétences), des types de clients (homogénéité et concurrence) et des besoins satisfaits :
( En toute hypothèse, la définition dun DAS est liée à des produits (variété des produits, besoin satisfait, substituabilité, technologie).
8.2 LES APPROCHES STRATEGIQUES
1 Objectif et limites
( Les approches, méthodes ou modèles stratégiques ont comme objectif de construire une vision de la situation, de son évolution, et de définir une stratégie.
( Il ny a pas de démarche universelle : chacun adopte la démarche et les outils les plus appropriés.
2 Lévolution des approches stratégiques
Années 60 - 70Années 70 - 80DepuisContexte- Croissance soutenue
- Constitution de grands groupes- Croissance ralentie
- Augmentation de la concurrence et du coût des ressources
- Prise en compte du social- Ouverture du marché boursier
- Mondialisation
- Emergence économique de nouveaux paysBut essentiel de la stratégie- Définir des objectifs de développement (volume, diversification)- Surpasser la concurrence- Faire face à la mondialisation (taille, coûts, financement, concurrence)Principes- Déterminisme
- Quantification
- Optimisation
- Diversification- Vision globale
- Gestion des incertitudes et des crises
- Vision processus- Adaptabilité, flexibilité
- Intégration des parties prenantes
- Gestion du changement
- Approche globale et projets
- RecentrageApproches contemporaines SWOT (LCAG Harvard) :
forces faiblesses opportunités - menacesApproche concurrentielle (PORTER)
Ressources et compétencesOutils significatifs- Plans (long terme, opérationnels)
- Budgets et écarts
- Cycle de vie des produits
- Effet dexpérience
- Economies déchelle- 5 forces concurrentielles
- Segmentation stratégique, DAS
- Chaîne de valeur
- FCS
- Matrices stratégiques (positionnement concurrentiel)
- DAS redéfinis (mêmes ressources et compétences)
- Système dinformation (TIC)
- Analyse du potentiel technologique, cycle de vie technologique
- Qualité totale
- Analyse de compétitivité
3 Lanalyse SWOT
( Lanalyse SWOT ou LCAG (initiales de ses créateurs à Harvard dans les années 60 : Learned, Christensen, Andrews, Guth) est une méthode :
- basée sur la recherche des forces (strenghs), faiblesses (weakness), opportunités (opportunities) et menaces (threats) ;
- incluant la construction dune matrice où chaque ligne est cotée et affectée dune priorité ;
- menée selon une démarche collective et participative (groupe de travail).
( Menaces et opportunités = environnement.
( Forces et faiblesses = facteurs internes de performance (analysés selon les dimensions commerciale, financière, productive et organisationnelle).
( La matrice SWOT synthétise le diagnostic :
( La confrontation des diagnostics externe et interne suggère des choix stratégiques.
( Ultérieurement, la méthode a intégré les FCS (voir §8.1):
4 Lapproche concurrentielle
( PORTER (1985, voir §3.1) a introduit une approche concurrentielle fondée sur :
- 5 forces concurrentielles (approche externe) ;
- la chaîne de valeur (approche interne - voir §3.3).
( Les forces concurrentielles définissent l« Intensité concurrentielle » dun DAS (dun secteur) résultant dune analyse sectorielle :
Remarque : létat ou la communauté intervient dans la concurrence (règles, subventions, taxes) et peut être ajouté comme une 6ème force négligée initialement par le libéral Porter (cf. lobbying) => « 5+1 forces ».
( Les forces de ce schéma peuvent sanalyser ainsi :
- concurrence du secteur ou rivalités = f (nombre, puissance des concurrents, coûts de structure, degré de différenciation des produits, taux de croissance du marché et degré de concentration de loffre, économies déchelle, barrières à la sortie) ;
- pouvoir de négociation des fournisseurs = f (substituabilité et différenciation des produits, importance du service associé, degré de concentration des achats, force de la marque, possibilité dintégration aval, coût de remplacement, concentration des fournisseurs) ;
- pouvoir de négociation des clients = f (sensibilité prix / qualité, différenciation du produit, importance du service associé, degré dinformation, concentration des achats, possibilité dintégration amont dans lindustrie client, coût de remplacement) ;
- menace des produits de substitution = f (différence technologique, de prix, de performance, coût de remplacement) ;
- menace de nouveaux entrants = f (attrait du marché, importance de la marque, cycle de vie produit, effet dexpérience, accès à la technologie, économies déchelle, coût dentrée, incertitude du marché, puissance des entreprises, barrières à lentrée).
( Les barrières qui freinent lentrée de nouveaux concurrents sur un DAS peuvent résulter de linvestissement nécessaire, de limportance des charges fixes liées à lactivité, dun effet dexpérience possédé par les concurrents, de contrainte légale
.
( Les barrières à la sortie peuvent résulter de coûts de reconversion ou de désinvestissement, dune perte de synergie, de charges de remise en état des sites
( PORTER en déduit que lavantage concurrentiel sur un DAS sappuie sur trois stratégies génériques :
- la recherche de lavantage par les coûts ;
- la différenciation des produits, qui peut venir dun maillon quelconque de la chaîne de valeur (produit, esthétique, après-vente, conditions de livraison,
);
- la focalisation sur un marché limité (où lun au moins des deux précédents avantages doit être trouvé).
( PORTER retient linnovation technologique (voir § 5.4) comme vecteur davantage concurrentiel :
- en phase de croissance, elle concerne surtout le produit ;
- en phase de maturité, elle rationalise (baisse des coûts) ;
- un « ticket dentrée » technologique freine larrivée de nouveaux concurrents.
5 Lapproche ressources et compétences
( Développée entre 1984 et 1989 (WERNERFELT, BARNEY) à la suite des travaux dEdith PENROSE (voir § 2.9).
( Pour Barney : « les ressources de la firme sont tous les actifs, capacités, processus organisationnels, attributs de la firme, informations, savoirs, contrôlés par la firme qui lui permettent de concevoir et de mettre en uvre des stratégies susceptibles daccroître son efficacité et son efficience ».
( Lavantage concurrentiel vient des ressources (actifs) et compétences de lentreprise ;
( Il y a symétrie par rapport à lapproche concurrentielle, où la stratégie est induite par lenvironnement :
( Pour Gary HAMEL et C. K. PRAHALAD (1990, voir §2.9 et §8.4) :
- lentreprise qui réussit nest pas celle qui sadapte le mieux au jeu concurrentiel imposé par lenvironnement (imprévisible);
- cest celle qui se concentre sur ses ressources et compétences clés (« core competences »), qui sont stratégiques et doivent être développées.
( Lapproche ressources compétences ou Ressource Based View est un modèle de performance qui fournit peu doutils danalyse stratégique mais qui force un raisonnement concernant le diagnostic interne de lorganisation.
6 Principe dune démarche stratégique
( Nous proposons ci-dessous un schéma de principe qui reste compatible avec différentes approches. Ce schéma sinscrit dans une démarche itérative (voir §8.1) :
- la définition dune stratégie corporate peut ramener au diagnostic des DAS ;
- la stratégie business conduit à affiner lanalyse des DAS ou provoquer une retouche des étapes précédentes ...
8.3 LE DIAGNOSTIC EXTERNE
1 But et principe
( Le diagnostic externe a pour but de déterminer lattractivité des DAS :
- repérer les facteurs clé de succès dont la maîtrise apporte un avantage concurrentiel décisif ;
- déceler les opportunités (facteurs extérieurs favorables au succès de la stratégie) ;
- identifier les menaces (facteurs extérieurs pouvant faire échouer la stratégie).
( Détermination de ce que lorganisation peut faire et de ce quil faut faire.
( Le diagnostic peut suivre différentes méthodes et utiliser de nombreux outils, mais il repose essentiellement sur le jugement humain et il doit permettre :
- de situer les métiers et les produits de lentreprise par rapport à la concurrence ;
- dévaluer les effets possibles de lenvironnement général sur lactivité de lorganisation.
2 Diagnostic des activités
2.1 Les produits, loffre et la demande
( Il sagit dévaluer le potentiel des activités de lentreprise.
( La détermination du cycle de vie de chaque DAS dépend des cycles des produits qui le composent. Les cycles DAS ou produit peuvent se schématiser ainsi :
( Principales préoccupations, actions ou objectifs possibles selon la phase :
LancementCroissanceMaturitéDéclin- Créer le marché
- Maîtriser la technologie, la distribution
- Quelle est la concurrence, produits substituables ?
( Protéger le produit- Pénétrer le marché
- Maintenir lavantage (image, marque, surveillance des concurrents)
- Optimiser la production
- Commencer à préparer le successeur
( Augmenter les ventes (stratégie de volume)- Défendre la position
- Différencier le produit
- Réduire les coûts
- Promouvoir le produit
( Réaliser un profit unitaire maximum- Prévoir le retrait
- Surveiller la rentabilité
- Simplifier la production, le produit, les services, la distribution
- Baisse du prix
( Arrêter au bon moment, remplacer
( Lanalyse de la demande doit concerner lensemble de chaque DAS :
- dimension du marché (CA, nombre de ventes par période,
), potentiel de développement ;
- fréquence, périodicité, montant moyen des achats ;
- caractéristiques des acheteurs, des prescripteurs, motivations ;
- localisation
( Lanalyse de loffre est le symétrique de celle de la demande :
- importance de loffre existante, saturation ou sous capacité ;
- rôle de la technologie ;
- existence de barrières à lentrée ;
- origine de loffre, éclatement ou concentration,
2.2 Lanalyse concurrentielle
( Lanalyse des 5+1 forces concurrentielles de PORTER (voir §8.2) permet dévaluer lintensité concurrentielle dun DAS et de situer lorganisation dans son micro environnement.
( Lanalyse de laxe fournisseurs - clients du schéma permet de déterminer les marges de négociation possibles avec les fournisseurs (conditions de vente, tarifs, délais, exclusivité,
) et avec les clients (exigences de prix, de délais, de localisation,
).
( Lanalyse de laxe entrants substituts permet dévaluer la menace constituée par lentrée de nouveaux concurrents ou larrivée de produits de substitution.
( Lanalyse de la concurrence du secteur porte sur létat de la concurrence actuelle et ses évolutions possibles.
( Au sein du même DAS, les entreprises nadoptent pas obligatoirement la même stratégie (prix, qualité, après-vente,
). PORTER suggère didentifier les groupes stratégiques formés des firmes suivant des stratégies similaires et qui sont ainsi des concurrents directs.
( Plusieurs groupes peuvent se distinguer sur un DAS.
( Le DAS peut être partitionné en fonction de deux critères pertinents représentant des choix stratégiques (intégration, spécialisation au sein du DAS, différenciation, volume,
) pour schématiser les groupes et leur positionnement.
Exemple de groupes stratégiques isolés en prenant comme critère le degré de spécialisation des entreprises dans certaines activités ou leur degré dintégration de multiples activités :
( Cette analyse sectorielle proche peut révéler des menaces (proximité dun groupe puissant capable dempiéter sur une activité, ou pouvant réagir durement à lentrée dun concurrent, possibilité de barrières à lentrée), ou des opportunités (positionnement négligé par la concurrence, niche).
( A linverse, lanalyse concurrentielle peut être étendue à une arène stratégique intersectorielle, quand des alliances, des relations, des complémentarités ou des substituabilités entre secteurs sont possibles.
( Larène dépasse le DAS et la filière (il sagit en fait de plusieurs filières juxtaposées).
( Elle constitue une zone large, difficile à étudier.
( Elle fait apparaître de nouvelles forces concurrentielles, plus lointaines mais pouvant se révéler actives, des possibilités de rapprochement
Remarque : la filière est lensemble des activités qui conduisent à la mise à disposition dun produit (voir §3.1).
Illustration de la position relative des groupes et de larène :
2.3 La technologie
( La technologie est lensemble des savoirs et techniques à maîtriser pour produire.
( Limportance de la technologie dans lavantage concurrentiel a été soulignée par PORTER (voir § 8.2).
( La technologie peut être contenue dans toute activité de la chaîne de valeur, notamment :
- dans le produit ;
- dans le procédé de fabrication ;
- dans le processus de gestion.
( La technologie a un impact sur loffre et sur la valeur du produit :
- facteur de différenciation ;
- facteur de coût (+ ou -) ;
- accès aux marchés (mode de distribution, création dune demande, droit dentrée,
).
( Les choix technologique sont des composantes de la stratégie et ils doivent être effectués en fonction dun état des lieux des technologies.
( La technologie nest pas bonne en soi, mais en fonction de lavantage quelle apporte.
( La technologie doit être intégrée dans le diagnostic externe (état des technologies, technologies des concurrents, évolutions).
( Elle justifie une veille technologique (connaissance et anticipation des changements).
Remarque : BIRBAUM (1995) intègre la technologie dans la décision stratégique (matrice BCCA Basis of Competition and Competitive Advantage). Illustration de principe :
Dans quels domaines dactivité évolue lentreprise ?Quels sont les besoins des clients ?Prescriptions stratégiques ?ClientsProduits offerts au client
Besoins actuels et futurs des clients
Adapter les technologies aux besoins des clientsTechnologieTechnologies maîtrisées, parcours technologiqueConcurrentsEtat de lindustrie, évolution
Contraintes : technologie maîtrisée et technologie concurrente
( Jacques MORIN (voir § 5.4) souligne que le cycle de vie des technologies est similaire à celui des produits :
- émergence, croissance, maturité, saturation ;
- saturation = limite, impossibilité daccroître les rendements et lavantage par cette technologie.
( FOSTER (1986) souligne la discontinuité des technologies successives et la nécessité dun diagnostic des technologies avant tout investissement (mise en relation de leur performance et de leffort à fournir pour les acquérir et les exploiter).
3 Le diagnostic de lenvironnement général
( Lenvironnement général (macro environnement) influence certains DAS ou lensemble de lorganisation.
( Son diagnostic :
- fait ressortir les facteurs significatifs pour lentreprise ;
- hiérarchise les facteurs.
( La méthode danalyse PESTEL est un guide du diagnostic de lenvironnement basé sur une liste des composantes environnementales à étudier :
Politique- Nationale (interventionnisme de létat, politiques de soutien, restrictions, stabilité politique,
)
- Internationale (risque de guerre, dembargo, de protectionnisme, relations diplomatiques, accords privilégiés,
)EconomiqueEvolutions économiques nationales et internationales.
Influence de lOMC, des ONG, des pays émergents,
PNB, cycles, politique monétaire, chômage, coût des énergies,
SocioculturelDémographie, évolution des revenus, mobilité, pratiques culturelles, évolution des habitudes, éducation,
TechnologiqueEn rapport direct avec les activités.
Influençant indirectement la demande.
Dépenses publiques en RD, investissements, découvertes,
EcologiqueEcologie et développement durable.
RSELégalDroit national, communautaire (UE), international.
Règlements OMC.
Fiscalité.
Nota : la méthode est parfois nommée PEST (regroupement de politique et légal, sans écologie) ou PESTE (idem avec lécologie).
( Lenvironnement général étant peu prévisible, lanalyse peut être complétée par des scénarios :
- recherche de facteurs ou de combinaisons signifiants ;
- formulation dhypothèses crédibles concernant ces facteurs (hypothèse favorable ou défavorable) ;
- si nécessaire, scénario « catastrophe » ;
- validation collective.
8.4 LE DIAGNOSTIC INTERNE
1 Bases
( Le diagnostic interne détermine les forces et les faiblesses de lorganisation.
( On en déduit ses capacités stratégiques, ce que lorganisation sait faire.
( Les capacités sont ensuite combinées avec le diagnostic externe pour choisir des alternatives stratégiques réalisables.
( Le diagnostic interne est généralement posé en rapport avec des éléments externes.
2 Diagnostic général
Le diagnostic général peut sappuyer sur des actions daudit.
2.1 Diagnostic par fonction
( Le diagnostic de lorganisation peut se décliner par fonctions.
( Diagnostic des fonctions directement productives : fonctions commerciale, production, logistique et approvisionnements.
( Diagnostic des fonctions générales :
- fonction financières, objet dun diagnostic financier (capacités de financement, endettement, équilibres, position boursière, risque dOPA,
) ;
- fonction RH (gestion prévisionnelle, pyramide des âges, formation, motivation, durée du travail,
) ;
- système dinformation (adaptation, âge, exploitation des réseaux, coût,
) ;
- approvisionnements (dépendance vis-à-vis des fournisseurs, qualité, coût,
) ;
- fonction administrative et management (stabilité des équipes, répartition du pouvoir, prises de décision,
) :
- recherche développement ;
- gestion de la qualité.
2.2 Diagnostic organisationnel
( Un diagnostic organisationnel permet dévaluer globalement les capacités de lorganisation :
- structures (adaptation, définition claire, ancienneté de la réorganisation, centralisation / décentralisation,
) ;
- fonctionnement (souplesse, réactivité, modes de coordination, définition des procédures, processus, projets,
) ;
- organisation du travail et social (organisation des équipes, place des groupes et des individus, spécialisations, satisfaction du personnel, négociations, climat,
) ;
- conflits ;
- culture (forte / faible, histoire, héros, valeurs communes, sentiment dappartenance,
).
( Lorganisation de la veille stratégique (commerciale, technologique, juridique, organisationnelle) permet destimer la capacité de détection des changements de lenvironnement :
- suivi de la concurrence, des retours clients, des innovations ;
- observation des sociétés concurrentes, des rapports, articles ;
- connaissance des évolutions technologiques, des technologies concurrentes, des dépôts de brevets, du coût des nouvelles technologies ;
- suivi des lois, de la jurisprudence, capacité à peser sur la législation ;
- actions de comparaisons (benchmarking), affiliation à un groupe de benchmarking, existence de procédures en ce sens.
( Lintelligence économique est un système de renseignement qui permet plus généralement :
- de maîtriser et de protéger linformation stratégique ;
- danticiper les changements ;
- de protéger les informations stratégiques ;
- de fiabiliser les informations collectées par des procédures adaptées (recoupements).
3 Diagnostic des activités
( Lanalyse de la chaîne de valeur de PORTER (voir §3.1) permet dévaluer la capacité de lorganisation à créer de la valeur, par la qualité des activités et les coordinations entre activités.
( Mise en évidence des activités clés, des goulets détranglement.
( Qualité des relations entre activités principales et de soutien.
( Capacité à produire la qualité souhaitée dans les délais
( Coût des activités
( Capacité de différenciation par certaines activités de la chaîne
( Situation de la chaîne de valeur de lorganisation dans une filière (ou industrie), comparaison à dautres entreprises (dimension, organisation
).
( Des analyses particulières peuvent porter sur certains processus :
- analyse des temps. Le temps est considéré par STALK (BCG 1992, voir § 5.2) comme le principal FCS actuel = Time Based Competition ;
- analyse de la flexibilité et de la capacité à gérer le changement, essentielles en période de turbulence conjoncturelle ;
- comparaison à dautres organisations ou à des processus similaires par le benchmarking (voir § 4.2).
4 Diagnostic des ressources
4.1 Ressources et compétences
( La théorie du management par les ressources (ressource based management), développée dans les années 80, repose sur deux hypothèses :
- dans un environnement changeant, la stratégie doit être fondée sur les éléments stables que sont les compétences et les ressources ;
- ressources = équipements, technologies, personnel (RH), finances, brevets, image,
;
- compétences = faculté de combiner les ressources pour créer de la valeur ;
- lenvironnement permet de déterminer les secteurs où lorganisation peut exploiter ses compétences.
( Gary HAMEL et C. K. PRAHALAD (1990, voir §2.9 et 8.2) distinguent compétences banales (de peu dintérêt) et compétences centrales, fondamentales, stratégiques ou pôle de compétences (« core competences »), ensemble de processus donnant un avantage concurrentiel.
( Les compétences centrales ou distinctives :
- ont une valeur significative pour le client, sont difficiles à imiter et donnent accès à plusieurs marchés ;
- elles font la singularité des organisations et constituent un FCS ;
- elles sont constituées de compétences métier (technologiques) et organisationnelles, en particulier en matière dapprentissage collectif.
( Les compétences stratégiques doivent évoluer par lexpérience et lapprentissage en fonction dune intention stratégique.
( Lavantage concurrentiel vient de lutilisation des compétences pour créer linnovation et linnovation peut créer un besoin (on ne répond plus à une demande), cf. les secteurs de pointe.
( Les capacités internes de lorganisation sont au centre de sa stratégie, contrairement aux autres approches.
( Ce concept dynamique recompose les DAS autour des métiers de lentreprise et de ses compétences distinctives.
( Le diagnostic doit faire ressortir les ressources et les compétences stratégiques.
( Une analyse de la plateforme stratégique des compétences métier a été développée en 1991 par le BCG.
( Le métier est au centre de lanalyse.
( Réflexion sur les compétences métier et les capacités organisationnelles.
( Toute activité doit trouver ses racines dans la plateforme.
CaractéristiquesContenusCompétences métierAssemblage unique de savoir-faire long à construire et difficile à imiterTechnologies, expertise, compréhension de la clientèle, maîtrise internationale, de la distribution,
Capacités organisationnellesCondition de la qualité dexécution, participation de toute lentreprise, culture.
Ne peuvent sacheter.Comportement collectif Réactivité, précision, qualité, polyvalence, capacité dapprentissage,
Ce qui se traduit par un schéma du type suivant :
Remarque : cette représentation nest opérationnelle que pour un portefeuille dactivités réduit (lisibilité).
4.2 Le diagnostic des ressources technologiques
( La technologie peut toucher le produit, le procédé, la conception, la distribution, la gestion
( José ALLOUCHE et Géraldine SCHMIDT (1995) distinguent quatre niveaux de ressources technologiques :
- embryonnaire (au stade de la recherche, prometteuse mais risquée), maîtrisée par de rares organisations ;
- émergente (nouvelle, se développant, susceptible de nombreuses applications) ;
- stratégique ou clé (sa maîtrise donne un avantage certain en coût ou qualité) ;
- de base (banalisée, nécessaire mais maîtrisée par tous).
( Possibilité de situer les technologies présentes dans lorganisation.
( Lorganisation doit recenser ses technologies et situer leur niveau de maturité pour estimer son potentiel technologique.
( Le portefeuille de technologies doit être équilibré.
( A rapprocher des cycles de vie des technologies (voir § 8.3).
( Limportance de chaque technologie peut être évaluée (degré de maîtrise, indépendance ou dépendance dun sous-traitant, capacité de renouvellement par la RD, compétences humaines
).
( Estimation dun patrimoine technologique.
( Lévaluation des ressources et des compétences technologiques actuelles (acquises) et possibles (accessibles) dune organisation permet de définir son espace de compétence technologique et ses limites :
Espace de compétence = A + P :
( Le diagnostic des technologies permet de mettre en évidence les forces et les faiblesses de lorganisation sur ce plan, sa dépendance vis-à-vis dautres organisations et un chemin dévolution possible.
8.5 LA REPRESENTATION SYNTHETIQUE DES ANALYSES STRATEGIQUES
Les outils présentés permettent à la fois de synthétiser les analyses diagnostiques et de guider ces mêmes analyses en induisant un questionnement et une démarche.
1 La matrice SWOT
( Lanalyse SWOT (voir § 8.2) correspondait initialement à une démarche longue et systématique qui a été critiquée (subjectivité, risque de rigidité, loin de laction, peu adaptée aux environnements instables,
).
( La matrice SWOT, établie sous une forme simplifiée pour un DAS ou lensemble de lorganisation, reste actuellement un moyen pratique de guider et de résumer un diagnostic stratégique.
( La matrice peut induire des choix stratégiques à deux conditions :
- que les items ont été bien choisis et analysés ;
- que limportance relative des items soit bien déterminée.
2 Les matrices de positionnement concurrentiel
( Les matrices de positionnement complètent lanalyse SWOT, elles aident à évaluer la position concurrentielle et à remplir la matrice SWOT ; elles visent le choix des activités ou des technologies.
( Elles sont des guides du raisonnement.
( Elles permettent dapprécier un portefeuille dactivités (ensemble des activités), sa composition et son équilibre (répartition des différents types dactivité).
( Elles aident à cibler les investissements (activités prometteuses).
( Elles mettent en évidence les activités devant être abandonnées à terme ou celles qui sont génératrices de marge.
Remarque : les matrices sont peu utilisées en stratégie dentreprise du fait dune perte dintérêt pour la diversification, mais elles encore très présentes en marketing stratégique.
( La matrice du BCG (Boston Consulting Group - 1969) schématise la position concurrentielle des DAS en fonction de la part de marché relative (atteinte par rapport au principal concurrent on recherche un indice de position dominante >1) et du taux de croissance du marché correspondant :
- cette analyse est axée sur le cash flow généré par les DAS ;
- à chaque position correspondent des choix stratégiques.
( La matrice est difficile à établir en pratique en stratégie dentreprise (calcul des parts de marché relatives, délimitation des marchés), mais elle est plus accessible en marketing où les marchés sont bien délimités.
( Elle ne prend pas en compte les interdépendances entre activités, les concurrents secondaires, le cas des entreprises débutantes ou à forte différenciation des produits.
( Elle suppose des DAS très homogènes.
Taux de croissance du marché
FORTProduits vedettes
- maintenir ou consolider la position
- investirProduits dilemmes
- améliorer la position ou consolider un segment
- investir
- sinon abandonner
FAIBLEProduits vaches à lait
- maintenir la position
- améliorer la productivité et les margesProduits poids morts
- maintenir la position sans investir
- se retirer avant les pertesFORTFAIBLEPart de marché relative (/principal concurrent)
Exemple :
( Un produit dilemme est en phase de lancement, il peut évoluer vers « vedettes » puis « vaches à lait » (parcours de réussite) ou vers « poids morts » (parcours de léchec).
Compléments :
( La matrice de Mac Kinsey (1972) positionne les DAS selon lattrait du marché (industrie ou secteur) et la force compétitive (position concurrentielle ou atouts) de lentreprise (fonction de ses facteurs clés de succès).
( Outil axé sur linvestissement.
( Difficulté à juger de lattrait du marché ou de la position.
( Ne donne que des orientations qualitatives.
Attrait du marché
Force compétitiveElevéeMoyenneFaible
Elevé
Moyen
Faible
Remarque : lattrait du marché peut être établi par un système de cotation (potentiel de croissance, de marge, risque, impact de la localisation géographique).
Les atouts peuvent être évalués par une cotation des facteurs de coût, de délai, de qualité, de localisation (proximité) et de réactivité.
( La matrice ADL (cabinet Arthur Doo Little 1973) classe les activités en fonction de lattrait du secteur ou de lindustrie (selon son cycle de vie) et de la position concurrentielle de lentreprise (selon la maîtrise de facteurs clés de succès).
( Approche très qualitative et synthétique.
( Outil complet, permettant des orientations pour chaque DAS.
( Appréciation des FCS par un système de cotation.
Remarque : la position est déterminée par rapport à des facteurs comme limage, la qualité, le réseau, la gamme,
( Une 2ème matrice du BCG (1982) intègre lapproche concurrentielle de Porter en distinguant limportance de lavantage concurrentiel possible (écart entre le leader et lentreprise marginale, soit différence de coût, soit différence de service) et le nombre de sources de différenciations (moyens possibles). On en déduit des orientations stratégiques :
( RAMANANTSOA et DUSSAUGE (1987) combinent potentiel de développement, présence sur le marché et maîtrise de la technologie pour définir lespace stratégique de lentreprise. A chaque case correspondent des prescriptions stratégiques :
8.6 LES STRATEGIES CORPORATE
1 Définition
( La stratégie corporate ou stratégie de groupe est la stratégie globale dune entreprise = stratégie primaire.
( Cest une stratégie densemble qui détermine les activités de lorganisation et qui fixe les options stratégiques applicables à lensemble des domaines dactivité, qui les encadre :
- choix des marchés, localisations géographiques ;
- modes de développement, politique de partenariat et dexternalisation ;
- détermination et affectation des ressources nécessaires (financières, humaines, technologiques)
( Nous aborderons ici le choix des activités et linternationalisation.
( Dautres options pouvant notamment être intégrées à la stratégie corporate sont décrites dans les chapitres suivants.
2 Le portefeuille dactivités
( Le portefeuille dactivités est lensemble des activités (DAS) de lentreprise :
- il résulte dune réflexion déterminant quelles activités abandonner, lancer ou conserver ;
- il ménage le profit et prépare lavenir (cf. cycle de vie des DAS et des produits), le portefeuille doit être équilibré :
- il est cohérent.
( Un portefeuille diversifié peut notamment être analysé à laide des matrices de positionnement (§8.5).
2.1 La spécialisation
( La spécialisation est la concentration sur un seul DAS ou un nombre très réduit de DAS.
( Avantages de la concentration : accessible avec des moyens financiers limités, connaissance du marché, ciblage des ressources et compétences, effet dexpérience, baisse des coûts, réactivité, image nette, organisation simple, croissance contrôlée.
( La compétitivité est plus facilement atteinte, ce qui rend possible le renforcement et le développement dune activité existante.
( Inconvénients : limitation du marché et risque de la mono activité (dépendance de lévolution du marché), baisse de linnovation à terme et difficulté à changer dactivité en cas de nécessité.
( Stratégies de spécialisation types :
Position concurrentielle faiblePosition concurrentielle forteMarché en croissanceNicheChercher leffet de volume (coûts)Marché mûrTenir la position, extension géographiqueTenir la position, envisager un nouveau créneau (diversification)
2.2 La diversification
( La diversification consiste à élargir les activités (le « périmètre dactivités ») :
- nouveaux produits ;
- nouveaux marchés ;
- nouvelles technologies.
( ANSOFF (1958, voir §7.4) définissait la diversification selon les axes produit et marché et précisait les formes de diversification :
Produit
Marché
Existant
NouveauExistant Pénétration de marchéDéveloppement de produitNouveauDéveloppement de marchéDiversification
Nouveaux produits
Clientèle
A technologie connexe
A technologie différenteClientèle de même type que la clientèle existanteDiversification horizontale (nouveaux produits sur une même base commerciale) Ex : légumes frais ( en conserve ( surgelésClientèle de lentrepriseDiversification (intégration) verticale (nouveaux débouchés, intégration amont aval) Ex : moteurs ( tondeuses ( jointsSimilaire à la clientèle existanteDiversification concentrique ou liée (par étapes : nouveaux produits, nouveaux clients
) Ex : matériaux bois ( meubles ( installation particuliers ( mobilier dentreprise ( agencement professionnelNouveau type de clientèleDiversification hétérogène, totale, non liée ou conglomérale (activités distinctes, liens financiers) Ex : verre, produits chimiques, boissons, construction
( Les formes de diversification couramment utilisées actuellement sont :
Diversification (sous entendu horizontale)Logique dextension du portefeuille dactivités (diversification de marché, géographique ou diversification de produit).
Cette diversification peut être liée.Diversification liée ou concentriqueSappuie sur une base existante et ajoute des maillons à la chaîne de valeur :
- nouveau besoin, nouvelle clientèle sur un savoir faire technologique existant (diversification commerciale)
- nouvelle technologie sur une base commerciale existante (diversification technologique ou technique)Diversification totale ou congloméraleSortie de la base technologique et commerciale existante et création dune chaîne de valeur indépendante (diversification technologique ET commerciale)
( Avantages généraux de la diversification : saisir des opportunités de développement, répartir le risque, assurer la croissance, répartir des surplus financiers, redressement, développer de nouvelles compétences.
( La diversification exploite des synergies (commercial, image, production, logistique, SI, organisation, finances).
( Inconvénients : hétérogénéité des stratégies et de lorganisation, dispersion des ressources, investissement important, image de marque diluée, évolution du métier.
( Létoile de la diversification illustre les effets dune évolution du métier :
( DETRIE et RAMANANTSOA proposent une analyse des motifs de la diversification :
- de placement (investissement dans des métiers attractifs par leurs perspectives, lactivité actuelle étant par ailleurs rentable) ;
- de redéploiement (pour assurer la continuité de lactivité, notamment en prévision du déclin dun produit) ;
- de survie (par exemple en cas de déclin rapide dun DAS vital, urgence) ;
- de confortement (activités complémentaires sans beaucoup dinvestissement).
( Sy ajoute la diversification de croissance.
2.3 Le recentrage
( Le recentrage est labandon de certaines activités (retour à la spécialisation ou réduction de la diversification.
( Elimination dactivités peu rentables ou risquées.
( Allègement de structure.
( Concentration des ressources et génération déconomies déchelle (voir § 8.7).
( Exploitation des compétences clé.
( Recherche dune meilleure création de valeur.
( Clarification pour satisfaire les marchés financiers (lisibilité de lactivité).
( Le recentrage peut être :
( Lexternalisation (voir §8.8) de certaines activités qui sortent de la chaîne de valeur bien que le produit final soit conservé.
( Labandon pur ou la cession dactivité.
( Offensif (volonté de croissance, daccentuer un avantage concurrentiel, de se concentrer sur un métier, daméliorer la performance).
( Défensif ou de dégagement (problème financier, DAS non rentable, contrainte légale).
( Inconvénients possibles : perte de CA, parfois suppression demplois, image, coûts de sortie de certaines industries (remise en état de site
).
Remarque : lessaimage (création dactivités indépendantes par des salariés sur incitation de leur ancienne entreprise) est une technique accessoire permettant le dégagement de certaines activités simultanément à un plan social. Le créateur, initialement sous-traitant de son ancienne entreprise, devra trouver rapidement son indépendance via de nouvelles activités.
2.4 Lintégration
Remarque préliminaire : lintégration est fréquemment une problématique liée aux modalités stratégiques qui est traitée au niveau dun DAS, et qui est alors un choix de stratégie business (voir § 8.7).
( Lintégration est une forme de diversification qui consiste à intégrer de nouvelles activités complémentaires aux activités existantes.
( Ce terme est le plus souvent utilisé dans le cas dune intégration verticale = intégration au périmètre dactivité de DAS de la même filière initialement dévolus aux fournisseurs (amont) ou aux clients (aval).
( Parfois intégration dune activité commune à plusieurs DAS.
Remarque : le terme intégration horizontale est parfois utilisé pour désigner une diversification par intégration au périmètre dactivité de DAS complémentaires pour lentreprise, mais de filières différentes.
( Avantages et inconvénients de lintégration :
- sécurisation des approvisionnements, des débouchés, accroissement de la VA, domination dune filière, rationalisation, synergie, réduction des coûts de transaction, indépendance.
- complexification de lorganisation, dilution des compétences ou des performances, coûts, investissements, sensibilité aux fluctuations dune filière.
3 Linternationalisation
( La stratégie internationale détermine la dimension des DAS et lorganisation de la chaîne de valeur.
Remarque préliminaire : les choix dinternationalisation sont parfois effectués dans le cadre de la stratégie business des DAS (voir § 8.7).
( Linternationalisation est une extension des activités à létranger.
( En réponse à la saturation des marchés locaux, pour chercher un effet de volume ou une baisse du coût de certains facteurs.
( Rendue possible par la mondialisation : libéralisation des échanges, OMC, division internationale du travail, baisse du coût des transports.
( Généralement réalisée par étapes : exportation, implantation commerciale, transfert de savoir-faire, joint-venture puis implantation industrielle.
( Formes dinternationalisation (daprès Desrumeaux, Lecocq, Warnier Stratégie Pearson Education 2008) :
:
Production à
létranger
Investissements
directs à létranger
NON
OUI
NONOpérations commerciales sans invest. direct (export direct ou indirect)Opérations productives sans invest. direct (licence, contrat, clés en main)
OUIOpérations commerciales avec invest. direct (filiale commerciale, stocks, services)Opérations productives avec invest. direct (unités productives, participations, sous-traitance
( Le modèle OLI (DUNNING 1981) pour le choix du mode dinternationalisation suggère des stratégies en fonction davantages possédés dans trois catégories :
Avantages spécifiques (O)Avantages de localisation (L)Avantage dinternalisation (I)Propriété technologiqueEcart de coûtsContrôle (fabrication, débouchés)Produits différenciésQualité des facteursEntente possibleEconomies déchelleCoûts de transportNégociation avec les pouvoirs locauxRessources en capitauxProximité des marchésEtc.Expérience internationaleEtc.Etc.
0 = « ownership » pouvoir sur le marché, L = avantage à délocaliser, I = avantage à garder le contrôle des unités délocalisées
=> Par exemple, investissement productif direct si 0+L+I, exportation si O+l, licences ou intermédiaires si O.
( Une adaptation au contexte local est nécessaire, tant au niveau du marché (adaptation à la clientèle) quau niveau de la production (relations avec les fournisseurs, gestion RH,
) ou au plan légal.
( Il est souvent nécessaire de recourir à des spécialistes des pays concernés, agents, bureaux,
( Les expatriés expérimentés constituent une ressource stratégique.
( Pour HOFSTEDE (1980, voir §7.5), 4 dimensions culturelles nationales influencent le management (distance hiérarchique, individualisme ou communautarisme, relation à lincertitude, valeurs masculines ou féminines).
( On distingue plusieurs types dentreprises à activité internationale :
- multinationale = filiales autonomes gérant leur activité locale (adaptation aux pays concernés) ;
- transnationale = activités nationales coordonnées pour profiter des avantages locaux (adaptation aux pays conservée) ;
- globale = centralisée, avec maillons de la chaîne de valeur répartis sur le globe, réseau mondial intégré et production optimisée (faible adaptation aux pays). La mondialisation favorise la globalisation.
( Avantages et inconvénients de linternationalisation :
- coût des facteurs de production optimisé, économies déchelle, cycles de vie des produits allongés, élargissement du financement, avantages fiscaux, flexibilité, accès aux ressources naturelles locales, opportunités de négociations locales ;
- coordination difficile, taille (lourdeur), risques et contraintes liés aux pays (politiques, fiscaux, protectionnisme,
), intégration des cultures difficile, évolution du coût des transports, contextes sociaux évolutifs / investissements, change, ONG antimondialisation, respect de la RSE.
8.7 LES STRATEGIES BUSINESS
1 Définition
( Lobjectif est de définir une stratégie métier sur chaque DAS = stratégie secondaire, concurrentielle, de domaine ou stratégie dactivité.
( Comment trouver un avantage concurrentiel ?
( Comment améliorer la chaîne de valeur, la technologie, linnovation, la flexibilité.
( Voir les stratégies génériques de PORTER (coût, différenciation, focalisation, § 8.2).
2 Le coût et la différenciation dans la stratégie
2.1 La stratégie de coût
( La domination par les coûts permet de pratiquer des prix inférieurs à la concurrence.
( Elle repose sur une baisse des coûts de production, dapprovisionnement, de distribution.
( Elle peut soutenir une stratégie de conquête (si la qualité persiste).
( Elle est favorisée par une position forte sur le marché, qui permet une baisse des prix tout en conservant une marge.
( Moyens :
- effet de volume, économies déchelle, pouvoir de négociation, effet dexpérience ;
- amélioration de la productivité par la technologie, le recentrage ;
- optimisation de la chaîne de valeur (rationalisation des processus, impartition, délocalisation).
( Leffet dexpérience, formalisé par le BCG en 1968, est un paramètre fondamental des stratégies de volume. En effet, les coûts baissent quand la production cumulée croît. Il y a à ceci trois explications :
- un apprentissage amélioration de la productivité, spécialisation ;
- des économies déchelles (baisse des coûts fixes par unité produite) ;
- linnovation qui améliore le produit ou les procédés de fabrication.
( Leffet dexpérience constitue une barrière à lentrée des concurrents non expérimentés.
( Le coût unitaire dun produit baisse dun pourcentage fixe chaque fois que la production cumulée double.
( Inconvénients de la domination par les coûts :
- peu durable (obsolescence des produits, des technologies, réaction de la concurrence) ;
- effet négatif en cas de guerre durable des prix ;
- investissement parfois important.
( La conservation de lavantage de coût suppose une flexibilité sur plusieurs plans (financière, RH, organisation).
Remarque : la guerre des prix face à un concurrent puissant conduit à une réduction généralisée des marges. Elle peut être temporaire et faciliter lélimination dun concurrent plus fragile, dun entrant sur le marché.
2.2 La stratégie de différenciation
( La différenciation créé un avantage perçu comme unique par le client : qualité, fonctionnalité, esthétique, image, délai dobtention, SAV,
On distingue :
- la différenciation par le haut (sophistication du produit, coût élevé, valeur élevée), qui génère un surcoût mais permet lacceptation dun prix plus élevé par le client ;
- la différenciation par le bas (épuration du produit, coût bas, valeur réduite), qui saccompagne dune baisse du prix de vente.
- la différenciation de rupture (changement du standard de loffre, prix compétitif).
( Conditions de réussite :
- innovation, technologie (différenciation par le haut, différenciation de rupture) ;
- analyse de la valeur (notamment pour la différenciation par le bas) ;
- protection efficace des innovations et procédés.
- communication (faire connaître la différence).
( Avantages et inconvénients de la différenciation :
- marges préservées, barrières possibles à la concurrence, création de niche ou créneau, possible sur des marchés étendus, fidélisation des clients ;
- risque dimitation, banalisation, mauvais dosage du rapport qualité / prix ou de la différence de coût, difficulté à convaincre (voir § 5.4), nécessité dune innovation permanente.
( Pour BARNEY (1991), limitation est difficile quand la différence est le résultat dune histoire (culture dentreprise) et dinteractions complexes, de savoirs tacites.
2.3 Les choix stratégiques
( Lanalyse des possibilités deffet de volume et de différenciation sur un DAS permet de définir son univers concurrentiel et den déduire des options stratégiques (voir la 2ème matrice du BCG au § 8.5).
Effet de volume faible Effet de volume importantPossibilité de différenciation élevéeMarché fragmenté (la différenciation est possible mais noffre pas davantage durable) => flexibilité, adaptation rapide
Stratégie de spécialisation (des créneaux rentables sont accessibles, la maîtrise dune technologie distinctive est nécessaire)Possibilité de différenciation faibleImpasse concurrentielle (technologie accessible à tous, débouchés faibles)Stratégie de volume (produits homogènes, taille et volume de production sont FCS, économies déchelle)
( Un mix coûts différenciation est possible en cas dévolution de gamme (domination par les coûts puis stratégie de montée en gamme).
3 La focalisation
( PORTER a défini la focalisation (ou concentration) comme lexploitation des stratégies de coût et/ou de différenciation sur un marché étroit (voir § 8.2).
( La focalisation consiste à attaquer une partie dun secteur dactivité (zone géographique, produit, clientèle) pour une adaptation optimale au besoin clients.
( La stratégie de créneau est commune aux PME (domaine bien délimité : produit, innovation, zone géographique, clientèle ciblée).
( La stratégie de niche est une concentration extrême permettant de se protéger de la concurrence, qui a peu à gagner à investir le segment de marché concerné.
Remarques :
- créneau et niche sont similaires (la niche peut être plus étroite, et le terme créneau peut désigner un segment de marché resté libre, qui donc nest de fait jamais très étendu).
- une entreprise peut être diversifiée et faire de la focalisation sur un de ses DAS sous contrôle dune petite filiale.
4 Autres composantes de la stratégie business
( Voir lintégration et linternationalisation présentées au § 8.6.
8.8 LES MODALITES ET LES CONTRAINTES STRATEGIQUES
Sont abordés ici des éléments ou des choix de moyens qui peuvent concerner la stratégie corporate comme la stratégie business.
1 La croissance
( Développement (croissance) = accroissement dune dimension de lentreprise :
- quantitatif (CA, résultat, actifs, effectif, capacité de production,
) ;
- qualitatif (introduction de technologies, structures, géographie, nouveaux marchés, reconnaissance,
).
( Sauf dans des situations transitoires où lobjectif principal est la survie, lentreprise cherche généralement à se développer, pour orienter le cours de ses actions (qui dépend notamment des cash-flows futurs), pour maintenir ou accroître sa position sur ses marché, avoir un poids suffisant par rapport aux concurrents, accroître sa capacité de négociation, satisfaire lambition de ses dirigeant
( La croissance peut concerner lensemble de lentreprise ou certains DAS (filiales).
1.1 La croissance interne ou « organique »
( Basée sur des ressources internes (production, RD, réseau commercial,
).
( Investissement (appuyé sur lactionnariat, lautofinancement, lemprunt), développement de loutil productif ou commercial.
( Indépendance de lentreprise.
( Evolution graduelle, assez lente.
( Limitation de la capacité à entrer sur de nouveaux marchés (barrières, compétences ou délai dacquisition, financement).
( Objectifs accessibles :
- domination par les coûts sur un marché porteur ;
- innovation (différenciation) ;
- spécialisation stratégique.
( Favorise la cohérence, la culture dentreprise.
1.2 La croissance externe
( Basée sur lintégration dentreprises.
( Achats, prises de participation, fusion.
( Dépendance des opportunités (entreprises cibles).
( Evolution rapide.
( Limitations par les capacités financières, les réactions défensives face à une OPA ou OPE.
( Incertitude du résultat, difficulté dévaluation de lentreprise cible.
( Difficultés organisationnelles (culture, double emplois, conflits), coût souvent élevé.
( Objectifs :
- Accéder à une technologie, un marché ;
- Atteindre une taille critique, dominer un marché (fusion horizontale = fusion avec des concurrents) ;
- Maîtriser les coûts, accroître la création de valeur (fusion verticale = fournisseurs, clients) ;
- Synergie (fusion concentrique = avec des entreprises de secteurs différents mais ayant des complémentarités, diversification liée) ;
- Optimisation financière (fusion conglomérale = avec des entreprises différentes, synergies financières, géographiques, diversification du risque).
( La croissance externe est favorisée par la mondialisation et la libéralisation des marchés financiers.
Remarque : la combinaison des croissances interne et externe permet déquilibrer les risques et les avantages. Un cheminement classique est : croissance interne jusquà une taille suffisante, puis croissance externe.
2 Les stratégies interentreprises.
2.1 La stratégie dimpartition
( Limpartition (voir § 5.2) consiste à « faire ensemble », ou « faire faire » dans une logique partenariale.
( Cest un principe qui oriente la stratégie et qui peut conduire à externaliser certaines activités comme à les réinternaliser.
( Cest une option de la stratégie corporate dès lors quelle est systématisée ou quelle concerne un ou plusieurs DAS ciblés.
( Elle peut aussi être mise en uvre au niveau business et décidée par le responsable du DAS.
( Limpartition peut se décliner sous diverses formes et peut notamment revêtir les formes suivantes :
- sous-traitance ;
- cotraitance (association ponctuelle sur un projet, pour répondre à un appel doffres) ;
- co-entreprise ou joint venture (mise en commun de compétences pour un projet important) ;
- accords de distribution : franchises, concessions, agrément.
( Les avantages et les inconvénients généraux quil y a à confier certaines activités à lextérieur sont :
- un recentrage sur le métier, une réduction de certains coûts (structure, transactions en certains cas), le bénéfice dun savoir-faire extérieur, une simplification organisationnelle.
- le risque lié au partenaire (fiabilité, coûts, concurrence), le risque social, la perte de compétence, la dépendance, le coût dune éventuelle ré-internalisation, des coûts cachés.
( Lexternalisation (outsourcing) est en principe le fait de confier une activité initialement interne à une organisation extérieure (voir § 2.8, 5.2, 5.5 et 5.6).
( Forme de sous-traitance durable et contractuelle, coopération entre partenaires complémentaires.
( Parfois transfert dactifs et de personnel.
( Concerne surtout les activités qui ne sont pas source davantage concurrentiel, notamment les activités de soutien.
( Linternalisation est lopération inverse de lexternalisation, le fait de rapatrier une activité dans lorganisation.
Remarque : par abus de langage, le terme externalisation est parfois utilisé pour désigner des activités qui nont jamais été prises en charges dans lentreprise. De même et inversement pour linternalisation.
( Le choix dinternaliser ou dexternaliser affecte la chaîne de valeur :
- sont externalisées en priorité les activités les moins génératrices de marge ;
- les activités jugées stratégiques sont rarement externalisées.
AvantagesInconvénientsInternalisationPlus de valeur ajoutée
Maîtrise (qualité, délais)
Secrets de fabrication conservés
Evite des coûts de transaction et les comportements opportunistesDispersion
Structures faisant perdre de la flexibilité
Risque conjoncturel (baisse dactivité)
Coûts de coordinationExternalisation en généralFlexibilité
Partage du risque conjoncturel
Bénéfice dune compétence extérieure
Centrage sur le métier ou les activités rentables
Moins dinvestissements
Contrats négociablesMaîtrise incertaine (qualité, délais)
Dépendance
Risque de défaillance
Conflits dintérêts, risque de hold-up opportuniste
Marge du prestataire
Pas dapprentissageExternalisation auprès dun équipementierGrande spécialisation, qualité, coûts
Economies déchelle
Innovation de léquipementierTransfert de spécifications, risque de piratage
Coordination
Poids du fournisseur dans la négociation
Marge fournisseurPartenariat : relation de long terme, équilibrée, pouvant prévoir le partage des gains de productivité, des innovations, les évolutions de prix.
2.2 Les arrangements institutionnels
( Le tableau précédent suggère notamment des alliances, de façon à accéder aux technologies (joint venture ou alliance dentreprises dans des situations complémentaires).
( WILLIAMSON (voir §2.8) a considéré les collaborations inter entreprises comme des arrangements institutionnels permettant de limiter les coûts de transaction externes (recherche de fournisseurs, contrôle, synchronisation,
), ce qui rend lexternalisation économiquement intéressante au regard des coûts de coordination internes.
( La collaboration entre entreprises complémentaires est un partenariat.
( La collaboration entre concurrents est une alliance.
( Des alliances stratégiques entre concurrents peuvent en particulier être conclues pour constituer une force suffisante face au marché (effet taille, élargissement rapide et sans investissement des compétences ou des capacité technologiques).
( Ces alliances sont réversibles (en principe) et se font sans engagement financier important.
( Elles peuvent viser une croissance conjointe par le partage de ressources.
( La collaboration entre entreprises peut introduire des synergies et des économies déchelle.
3 La stratégie technologique
( Linnovation technologique peut :
( Concerner le produit (conception, fonctionnalités, esthétique).
( Influencer les coûts (procédés de fabrication, de diffusion).
( Introduire une rupture qui rend les autres produits obsolètes, offrir une opportunité de conquête.
( Etre incrémentale donc permanente pour conserver un avantage de différenciation.
( Elle doit être relayée par la communication.
( Le cabinet Arthur D. Little propose un modèle dorientation des stratégies technologiques combinant position concurrentielle et position technologique sur un secteur aux attraits déterminés (les cases indiquent les comportements stratégiques possibles vis-à-vis des technologies) :
POSITION TECHNOLOGIQUE
POSITION CONCURRENTIELLEForteFavorableDéfendableForteInnovateur
InnovateurInnovateur
SuiveurSuiveur
AcquisitionFavorableInnovateur
CréneauSuiveur ?
? CréneauAcquisition
RationalisationFaibleCréneau
Joint venture Joint venture
RationalisationRationalisation
Liquidation
Deux cas distincts sont condensés sur ce tableau :
- DAS en démarrage ou début de croissance (caractères droits) ;
- DAS en fin de croissance ou début de maturité (caractères italiques gras, dont ?).
4 Le cas des PME
( Les PME ont des spécificités : management familial, rôle central du dirigeant, manque de ressources financières stables, RH peu formalisées.
( Evolution radicale des compétences difficile mais effet dexpérience et adaptabilité accentués.
( Marchés à barrière inaccessibles, stratégies de coûts peu adaptées, choix de la différenciation.
( Concentration sur le métier, externalisation des fonctions annexes, préférence des produits à forte valeur ajoutée.
( Croissance interne plutôt quexterne (risque de perte de contrôle).
( Peu adaptée aux marchés en forte croissance (car investissement limité), risque de rachat.
( Stratégies de spécialisation, de niche.
( Coopération (franchises, réseaux).
8.9 LA MISE EN UVRE DES STRATEGIES
1 Lobjectif
( Mettre en pratique les choix stratégiques.
( Trois dimensions essentielles :
- faire adhérer les acteurs (financiers, personnel, partenaires, clients
) ;
- concrétiser les choix, les rendre « lisibles » ;
- contrôler (piloter) les réalisations.
2 La planification
( La planification est une démarche descendante (on part du sommet stratégique), ascendante (les unités font des propositions agrégées au niveau direction) ou les deux : la direction lance la procédure, les unités donnent un avis, la direction synthétise (démarche en « V » ou en « W » si plusieurs aller-retour sont prévus).
( Elle traduit la stratégie en un ensemble dobjectifs concrets et contrôlables.
2.1 Le plan stratégique
( Le plan stratégique est laboutissement de la démarche danalyse stratégique (du diagnostic aux choix). Cest une approche globale et qualitative qui traduit les orientations stratégiques :
-en mettant en évidence les objectifs et priorités à LMT;
- en intègrant les choix stratégiques en un ensemble cohérent, lisible, conforme au but de lorganisation.
( Le plan est un élément de communication et de motivation, un cadre daction, une référence.
( Inconvénients de la planification stratégique des années 60 (MINTZBERG) :
- erreur de prédétermination = rigidité du plan inadaptée en environnement instable, la transposition du passé ne permet plus de prédire le futur, la planification ne peut déterminer la stratégie ;
- erreur de détachement = plan stratégique déconnecté des réalités opérationnelles (réflexion de la seule direction générale) et empêchant lémergence dune stratégie adaptée au réel, pragmatique ;
- erreur de formalisation = procédure de planification formalisée supplantant souvent lintuition.
( Evolution de la planification stratégique :
- associer les directions opérationnelles ;
- ne pas générer de rigidités ;
- plans dactions à horizon limité (souvent entre 3 et 5 ans), revus chaque année (plan glissant = correctifs, couverture permanente de lhorizon).
2.2 Le plan opérationnel
( Le plan opérationnel est une programmation quantitative à court et moyen terme (pluriannuelle ex : 2 ou 3 ans) des actions et des moyens sinscrivant dans le plan stratégique :
- objectifs intermédiaires, chiffrés, avec des échéances précises (résultats à obtenir et délais) ;
- construction dun cadre pour laction ;
- définition des responsabilités (centres, directions, divisions) ;
- établissement dun plan de financement (faisabilité, business plan) ;
- allocation des moyens ;
- établissement en association avec les responsables opérationnels.
( Il y a contrôle général périodique prévisions / réalisations (annuel ou biannuel).
3 Le contrôle de la mise en oeuvre
( Les moyens de donner des repères pour laction, de décentraliser les responsabilités, de contrôler (dérives, correctifs) sont :
- le contrôle de gestion (voir §5.5 Fonction comptable) ;
- les budgets ;
- les tableaux de bord ;
- les tableaux de bord prospectifs ;
- la contractualisation (gestion sans budget).
( Le budget est la prévision annuelle chiffrée des éléments dun programme daction (recettes et dépenses).
( Un budget = un responsable opérationnel. Le budget général dun programme se décompose en plusieurs budgets détaillés (par action, service ou nature).
( Le budget fixe un cadre à laction, cest un outil de décentralisation.
( Le budget résulte dune décision centralisée ou négociée (optique contractuelle).
( Les budgets sont liés et conduisent à des synthèses prévisionnelles (trésorerie, résultat).
( Des écarts prévision / réalisation sont calculés périodiquement (souvent mensuellement)et ceux qui sont significatifs sont analysés avec les responsables concernés pour décider de mesures appropriées.
( Un tableau de bord est un ensemble dindicateurs synthétiques permettant de juger des performances de lorganisation ou dune entité de lorganisation (centre de responsabilité).
( Information périodique (souvent mensuelle) du management.
( Outil dalerte, de pilotage.
( Un tableau de bord prospectif ou balanced scorecard (voir § 5.5) est une modélisation de la stratégie guidant les opérationnels.
( Information descendante (top-down).
( Articulé en 4 axes intégrés : finance, client, processus internes, innovation et apprentissage.
( Décline des objectifs pour chaque axe, les FCS et les mesures de performance associés.
( Moyen dincitation, de contrôle a posteriori (évaluation des performances) et de pilotage.
( La gestion à budget base zero ou BBZ (voir § 5.5) est une méthode plaçant chaque responsable dans la situation dun entrepreneur.
( Découpage en unités décisionnelles.
( Chaque unité doit chiffrer et justifier ses coûts.
( Démarche contractuelle, responsabilité de création de valeur et du résultat au niveau opérationnel.
4 Séquence stratégique et structures
( Alfred D. CHANDLER (voir §2.7) a observé de grandes firmes.
( Lévolution des stratégies se fait par phases successives (expansion, intégration, diversification).
( Il y a dépendance entre stratégie et structure :
1 Lentreprise nouvelle, peu structurée, assurant une seule fonction (production, distribution,
) cherche lexpansion du volume dactivité pour fonder sa croissance.
2 - Après une implantation mono-site, lentreprise cherche lexpansion géographique dans son DAS initial => renforcement de la coordination administrative ;
3 - Intégration verticale => mise en place dune organisation par grandes fonctions ;
4 - Croissance par diversification des DAS => organisation par divisions.
( La structure suit la stratégie (création / suppression de filiales, réorganisations internes) :
- le manager doit provoquer les évolutions de structure étayant la stratégie ;
- mais la structure change généralement après de mauvais résultats et un changement de direction.
( En réalité, la structure peut aussi influencer la stratégie (orientation des choix).
9.1 LA COMMUNICATION
(Voir UE 13)
1 Caractéristiques de la communication
( La communication (au sens commun) est le fait de transférer de linformation (voir § 5.6) dune entité à une autre :
- dune personne à une autre (communication interpersonnelle);
- dun ordinateur à un autre ;
- dune organisation à une autre ;
- dune personne à un groupe ou inversement (communication de groupe) ;
- vers un nombre important de personne et passant par un média (communication de masse)
( Communiquer suppose que linformation soit correctement comprise et intégrée par son destinataire.
( Norbert WIENER (1894 1964), mathématicien, fondateur de la cybernétique (science des mécanismes de communication et de régulation des systèmes).
( The human use of human beings (1950).
( Wiener imagine une société régulée par les flux dinformation, notamment grâce aux ordinateurs. Linformation doit supplanter violence et oppression.
( La communication est à lorigine de la vie sociale, de lévolution des connaissances et des comportements.
( Linformation accumulée sans être jamais communiquée dune façon ou dune autre est stérile.
( Le transfert dinformation entre personnes et entres générations permet le développement des connaissances, des savoir faire, des jugements et la constitution dune culture.
( La communication est un facteur de régulation sociale.
( Les formes de communication sont extrêmement variées et elles dépassent largement le plan cognitif :
- le langage en est la forme construite la plus élaborée, qui permet de communiquer toutes sortes dinformations (mais plus difficilement ce qui relève de laffectif) ;
- les mimiques, les postures physiques, les expressions, les rituels sont des vecteurs de communication héritées de lointains ancêtres nayant pas de langage oral développé ;
- le son, la voix, les cris sont des formes de communication ;
- lodorat est un puissant vecteur de communication, qui agit comme récepteur de molécules chimiques dont le sens est gravé dans la mémoire collective (alerte, attirance, phéromones,
).
- les cinq sens sont de fait des récepteurs de communication, et le corps un émetteur multiple.
2 - Les théories de la communication
2.1 le modèle de Shannon
( La communication de linformation se fait par transmission dun message dun émetteur vers un récepteur, (modèle de SHANNON). En y ajoutant le feed-back introduit par WIENER (la communication devient alors bi directionnelle), on obtient le schéma de principe suivant :
( Lémetteur peut toucher simultanément plusieurs récepteurs, selon un schéma identique.
( Linformation est transmise grâce à un signal porté par une voie ou vecteur de communication (lair pour une vibration sonore ou une odeur, un fil métallique pour un signal électrique, une fibre optique pour un signal lumineux
).
( Linformation détenue par lémetteur est transformée en un message compatible avec la voie de communication disponible, ce qui impose un codage.
( Le récepteur doit être en mesure de lire le message sur la voie de communication puis de le décoder pour en déduire une information reçue.
( Le schéma suggère les origines possibles dune mauvaise communication :
ProblèmeConséquenceRemèdesLe récepteur nest pas à lécoute ou la voie de communication est coupée
Message non reçuLémetteur alerte le récepteur avant denvoyer le message et il sassure que la voie de communication fonctionne.Lémetteur ou le récepteur applique mal la règle de codage
Information à transmettre et information reçue sont différentes
- Le récepteur se doute du problème. Il demande des précisions à lémetteur (feed-back)
- Les deux référentiels se rejoignent après plusieurs échangesLémetteur et le récepteur ne disposent pas des mêmes règles de codage :
- différence de langage ;
- différence de référentiels de valeurs
- récepteur influencé (culture, préjugés)
La voie de transmission déforme le message (coupures, parasites, déformation).
Des bruits perturbateurs sajoutent au message transmis.
Le message reçu est manifestement altéré ou jugé peu fiable- Feed-back : le récepteur envoie un message au récepteur (accusé) pour lui indiquer la qualité de ce quil reçoit.
Il peut lui demander de répéter.
- Lémetteur attend périodiquement laccusé de réception pour continuer.
- Lémetteur introduit des redondances dans son message pour permettre au récepteur den reconstituer le sens.
=> Les défauts de communication sont CERTAINS quand on transfère une information complexe.
( Redondance et feed-back sont indispensables à la communication (même informatique).
Par son feed-back, le récepteur a donc, comme lémetteur, une responsabilité dans la communication.
( Dans un contexte antagoniste, ou si le récepteur na pas de raison daccepter a priori le message quil reçoit, lémetteur doit mettre en uvre tous les moyens possibles (légaux et moraux) pour que le récepteur ne puisse se retrancher derrière des défauts de communication.
Exemples :
- sonnerie téléphonique, décroché, « Allô » ;
- la parole est un signal sonore transformé en signal électrique lors dune communication téléphonique ;
- un appel depuis une artère parisienne très fréquentée est troublé par des bruits parasites, mais le récepteur peut toujours demander la répétition du message ;
- la situation est plus grave si émetteur et récepteur maîtrisent inégalement la langue utilisée, ou sils ont des références et des préjugés différents sur le sujet abordé. Dans ces derniers cas, faute dun feed-back sémantique important, il est fort probable quil subsiste un écart entre linformation initiale et linformation reçu ;
- courrier recommandé avec accusé de réception.
2.2 La sémiotique
( La sémiotique est létude des signes permettant la communication.
( Chaque signe se décompose en :
- signifiant (expression du signe) ;
- signifié, sens ou sémantique (contenu du signe).
( Un signifiant peut avoir plusieurs sens (par exemple un sens commun et un sens technique, issu dun jargon spécialisé).
( Le choix des signes peut introduire des erreurs ou des confusions.
( La prise en compte de ces aspects permet davoir plusieurs lectures dun même message et, inversement, de préciser le message envoyé en utilisant des signes concordant avec son contenu et son contexte.
2.3 La théorie de lattention
( Pour que la communication soit effective, le message doit tout dabord attirer lattention du récepteur.
( Lattention portée au message est fonction :
- de la forme du message, de sa capacité à être remarqué ;
- du nombre de sollicitations concurrentes (courrier, téléphone, méls, revues,
) ;
- de la capacité de tri du récepteur et des critères quil utilise pour juger de la pertinence du message ;
- de critères de tri qui sont parfois subjectifs ;
( Faute dattirer lattention, le message est mis en attente, parfois ignoré.
( Lattention est un processus qui peut se schématiser ainsi :
( Le message ayant retenu lattention est ensuite lobjet dun travail cognitif qui le rend compréhensible au récepteur.
2.4 Lécole de Palo Alto
( Lécole de PALO ALTO (voir § 6.4) regroupe des chercheurs en psychiatrie dont les travaux prennent le contre-pied de la psychanalyse en considérant les interactions entre le malade et son environnement.
( Ces travaux conduisent à une vision des phénomènes de communication plus complexe que le modèle de SHANNON, trop simple pour représenter les communications sociales et tenir compte des particularités de la communication interpersonnelle.
Thèse proposéeConséquencesDans lorganisationCommunication = interactionLa relation entre interlocuteurs est aussi importante que le message.
Les interactions permettent de partager des significations.
La communication dépend de la perception qua chaque acteur de sa relation aux autres.=> Importance des relations dans lorganisationLe message a un contenu explicite et un contenu impliciteLe contenu implicite se situe au niveau des relations, des habitudes, des concepts, des interprétations
La communication peut être paradoxale (opposition de lexplicite et de limplicite).
Communication explicite et interprétation se complètent.=> Importance des relations, de la culture dentreprise.
( On en déduit quil est socialement impossible de ne pas communiquer. Toute attitude est interprétée : le refus dun message est un acte de communication et labsence de communication est porteuse dun message.
.
3 Les enjeux de la communication pour lorganisation.
3.1 La communication et la persuasion
( La communication permet le fonctionnement de lorganisation.
( Au niveau opérationnel : transfert de directives, déclenchement et synchronisation des actions.
( Au niveau du management :
- régulation et contrôle (communication dobjectifs, remontées du terrain, retour dinformations synthétiques, motivation ...) ;
- compréhension de la stratégie, des décisions par le personnel ;
- cohésion, développement dun sentiment dappartenance, dune culture commune, dune certaine convivialité (discussions libres) ;
- éviter les rumeurs (qui se développent quand linformation est défaillante).
( Dans lorganisation, la communication doit généralement provoquer une action ou un certain comportement, elle doit donc bien souvent convaincre, être persuasive (faire adhérer à une nouvelle tâche, changer une attitude ou une méthode, accepter une nouvelle règle
).
( La persuasion nécessite ladhésion à un message, qui doit être :
- sans ambiguïté ;
- en phase avec dautres messages lancés simultanément (attitude de lémetteur sévère plutôt que légère pour une remise en ordre, sourire pour la remise dune récompense,
) ;
- acceptable par le récepteur, qui fera siens les arguments communiqués après confrontation aux informations quil possède déjà.
( Selon MAC GUIRE (1969, 1972), lintelligence est liée positivement à la réception et négativement à lacceptation : le message est bien reçu, mais son acceptation peut être plus difficile.
( La communication persuasive dépend de nombreux autres facteurs :
- des sentiments (qui peuvent parfois faire économiser de longs arguments) ;
- de lémotion, de la peur, de lhumeur ;
- dun amorçage affectif permettant dattirer lattention
3.2 Limage de lorganisation et la communication
( Lidentité de lorganisation (les caractéristiques qui permettent de la distinguer) résulte de sa culture, de la communauté qui la compose et de son historique. Elle comprend plusieurs facettes, qui peuvent diverger :
- identité professée (voulue, montrée par les dirigeants) ;
- identité projetée (présentée dans les médias) ;
- identité vécue (par les membres) ;
- identité manifeste (correspondant au vécu, aux caractéristiques stables de lorganisation) ;
- identité attribuée (par les acteurs, sa réputation).
( Limage de lorganisation est conditionnée par son identité acquise au fil du temps.
( Une communication cohérente, interne et externe, permet de faire converger les facettes identitaires et donc de mieux maîtriser limage de lorganisation (limage dune organisation est conditionnée par son identité).
( La communication contribue à la construction dune image de lorganisation valorisante, différenciée, stable, vis-à-vis des parties prenantes extérieures, clients, fournisseurs, banques, actionnaires,
et de ses salariés.
9.2 LA COMMUNICATION INTERNE
1 Caractéristiques des communications internes
1.1 La justification des communications
( Les communications internes se sont développées avec la taille et la complexité des organisations.
( Adam SMITH (18éme siècle) soulignait la nécessité des communications pour diviser le travail.
( La spécialisation des tâches préconisée par les classiques implique une articulation par la communication interne.
( Lécole des relations humaines a montré limportance des communications informelles et transversales, et leur rôle dans la motivation du personnel.
1.2 La nature des communications
( Les informations communiquées dans lorganisation sont de natures extrêmement variées. On peut globalement distinguer deux types de communication maîtrisables par lorganisation :
- communication opérationnelle (ordres, instructions, synchronisations dorigine hiérarchique ou fonctionnelle et permettant dexécuter les tâches usuelles) ;
- communication motivante ou de direction (mobilisation, fédération du personnel, développement du sentiment dappartenance, explication de lentreprise, des objectifs).
( Systèmes de communication différents et complémentaires.
( La communication motivante a pour cible les salariés ou différentes unités (cas des groupes), parfois situées dans différents pays.
( La communication opérationnelle peut schématiquement se faire :
- verticalement (transmission de consignes, conseils et compte rendus par la ligne hiérarchique) ;
- horizontalement (régulation, synchronisation, ajustement mutuel dans des relations de collaboration au même niveau hiérarchique ou au sein dune équipe, communication généralement informelle).
( Daniel KATZ et Robert L. KAHN (voir § 2.6) distinguent (1978) les communications verticales descendante et ascendante.
( La communication descendante cadre le travail à accomplir ou permet la coordination des intervenants (directives pour lexécution du travail, explication de la tâche, de son rôle, politiques et valeurs de lorganisation, retour dinformation sur les travaux accomplis).
( La communication ascendante permet la remontée des problèmes, un retour sur lefficacité des méthodes ou de lorganisation.
=> Communication descendante et ascendante sont nécessaires à lorganisation.
( Dans certaines situations complexes, la constitution dun groupe de réflexion, dun groupe de perfectionnement, dun groupe de pilotage ou dun comité de liaison en marge de lorganisation établie (en position fonctionnelle), peut intervenir dans les communications :
- en synthétisant et en formalisant les échanges horizontaux ;
- en dynamisant, en entraînant et en régulant lactivité grâce à la communication.
( Les communications dans lorganisation peuvent très schématiquement se résumer ainsi :
1.3 Les réseaux de communication
( Un réseau de communication est formé dun ensemble de voies de communications utilisées régulièrement.
( Alex BAVELAS et Harold J. LEAWITT ont expérimenté lefficacité de réseaux de communication types pour la réalisation de tâches simples, notamment :
Croix (centralisé) Chaîne Cercle
( La forme du réseau conditionne lapparition dune organisation stable (rapide dans la croix, plus lente dans la chaîne et très rare dans le cercle).
( Le nombre derreurs commises est également lié au réseau (plus faible dans la croix, plus élevé dans le cercle où, toutefois, les erreurs sont mieux corrigées que dans les autres réseaux).
=> La centralisation est un facteur defficacité (mais elle présente des inconvénients, comme la saturation du pivot central ou le risque de ne pas corriger une erreur).
( Un réseau formel correspond aux structures officielles de lorganisation. Il doit canaliser lessentiel des flux dinformation.
( Un réseau informel est composé de voies de communication spontanées, qui peuvent parfois se pérénniser.
( Il complète ou concurrence les réseaux officiels.
( Il repose souvent sur des liens personnels ou des intérêts communs.
( Il est facteur defficience, en raccourcissant les chaînes de communication ou en suppléant aux insuffisances des réseaux formels.
( Il peut toutefois diffuser des informations imprécises, peu fiables ou émotionnelles comme les rumeurs (communication incontrôlée généralement porteuse de craintes et nuisant à la motivation).
( Lexistence de réseaux formels efficaces limite les effets indésirables des réseaux informels.
1.4 Les vecteurs de communication interne
( Aucun support de communication nest bon ou mauvais dans labsolu. Un vecteur doit être choisi selon les circonstances et éventuellement combiné avec dautres.
Exemples de supportContraintesEcritDocument de travail : note, rapport, explication,
=> Compétences techniques et organisationnelles courantesOutil de dialogue : boite à idées, tableau daffichage, enquête,
=> Choix du moment, de lemplacement, exploitation, feed-backPresse interne : journal, feuille dinformation=> Compétences spécifiques (journalistiques, composition graphique), charte graphiqueOralTête à tête, rencontre formelle ou non, réunion, téléphone=> Compétences techniques et organisationnelles courantesLigne téléphonique ouverte=> Enregistreur ou réponse directe, exploitation, feed-backAudio-visuelDiaporama, vidéo, visioconférence, film ou reportage dentreprise=> Equipements, soin des présentations (pédagogie), compétences spécifiques pour les films dentrepriseInformatiqueMessagerie, blogs, forums, plateformes collaboratives, intranet,
=> Equipements, formation (éventuellement en ligne), charte dutilisation
2 Les problèmes de la communication interne
( La longueur dune chaîne de communication (enchaînement dun acteur à un autre jusquà lutilisateur final de linformation) conditionne la qualité des transmissions :
- chaque transmission introduit des déformations (biais de perception, perte de données, interprétation, volonté de retenir certaines informations,
) ;
- dans le cas de messages oraux, linformation est très nettement déformée après 3 à 5 transmissions, ce dautant quil ny a pas de feed-back.
( La possibilité de feed-back (rétroaction) fiabilise la communication et favorise lacceptation des messages.
( Labsence de feed-back (communication unidirectionnelle) convient aux transmissions simples. Erigée en système, elle nuit à la motivation.
( Le feed-back (communication bidirectionnelle) impose une disponibilité suffisante de lémetteur du message.
( La quantité dinformation à transmettre peut limiter lefficacité de la communication.
( Le récepteur traite en priorité les informations courtes et synthétiques.
( Une information trop copieuse est difficile à analyser, peut être mal interprétée ou interprétée partiellement.
( Il faut toujours cibler linformation (pertinence, volume, exhaustivité) en fonction de son utilisation et du destinataire.
( Prévoir éventuellement, plusieurs niveaux de lecture (résumé, complet, annexes).
( Les positions hiérarchiques relatives de lémetteur et du récepteur influencent la communication.
( Le message dun émetteur de position élevée est plus facilement accepté comme crédible.
( Les « remontées » dinformation sont souvent décrédibilisées a priori (mais pourtant importantes pour connaître létat réel sur le terrain).
3 La stratégie de communication interne
( Un état des lieux de la communication interne (générale ou concernant un poste de travail) peut être utile :
- en cas de dysfonctionnement, afin de valider ou de modifier les modes de communication en cours ;
- lors de larrivée dans un nouveau poste de travail, notamment dencadrement, pour évaluer linformation qui sera disponible et envisager des évolutions ;
- périodiquement (notamment dans les périodes de changement).
( Ce diagnostic peut prendre la forme dun audit (généralement confié à une entreprise spécialisée), dune enquête interne (notamment par sondage dopinion) ou dune simple observation :
- quels sont les acteurs de la communication, leur position, quel en est le cadre officiel, comment sorganisent les communications informelles, quelles sont les places de la communication verticale, horizontale, bidirectionnelle, quels supports sont utilisés,
?
- comment sarticulent communication interne et externe ?
( Des améliorations sont ensuite proposées et testées.
9.3 LA COMMUNICATION EXTERNE
1 Place de la communication externe
1.1 Les cibles et la communication
( Les cibles de la communication externe sont, de manière générale, les parties prenantes externes à lorganisation. Notamment les clients (communication commerciale), les apporteurs de capitaux (communication financière), la société civile.
( La communication institutionnelle ou communication corporate vise la promotion de lorganisation dans son ensemble, notamment pour en promouvoir limage.
( La communication de recrutement tend à se développer pour attirer de nouveaux collaborateurs, notamment de jeunes diplômés.
( Ces différentes formes de communication peuvent être plus particulièrement rattachées à des fonctions de lorganisation :
CommunicationFonction concernée au premier planInstitutionnelleDirection (voir § 7.1 à 7.5)CommercialeCommerciale (voir § 5.1)FinancièreComptable (voir § 5.5)RecrutementRH (voir § 5.8)
1.2 Lorganisation de la communication externe
( La communication externe sorganise :
- en fonction dobjectifs précis (recherche de notoriété, lancement dun produit, préparation dune augmentation de capital,
) ;
- dans le cadre dun budget ;
- par campagnes au calendrier précis (sauf pour certaines communications continues).
( Chaque communication sarticule autour dun message clair et simple (on ne peut tout dire) construit en fonction dune cible.
( Le message et sa forme sont adaptés au public visé.
( La campagne doit être planifiée pour ne pas communiquer à contretemps (saison, période, événement, ambiance générale,
).
( Elle suit un axe de communication (thème, porté par un message essentiel et récurrent).
2 La communication commerciale
2.1 Les cibles
( La communication commerciale cherche à rapprocher produits et clients (ou clients potentiels). Elle comprend une communication produit destinée à faire connaître et à promouvoir les produits et elle peut viser :
- une cible générale de consommation (toutes les personnes susceptibles dutiliser le produit) ;
- une cible de communication précise (les acheteurs ou un segment de clientèle particulier).
( Sont notamment des cibles, en plus des clients :
- les prescripteurs et préconisateurs, qui conseillent le client et lorientent vers un produit (Ex : médecin).
- les distributeurs (le produit nest pas vendu sil nest pas présenté aux clients).
Exemple : les produits pour bébé nécessitent une communication vers les mères.
2.2 Les formes de communication commerciale
( La communication commerciale passe par des vecteurs qui sont sélectivement intégrés dans un plan de communication ou communication mix (voir le §5.1) :
Vecteur de communicationObservations, rôleLe produit lui mêmeAspect (forme, emballage,
) qui suscite lattention La marque, le logoImage de marqueLa publicitéGénérique, de gamme, de produitPublicité médias, publicité sur le lieu de vente (PLV), publicité internetLa promotion des ventesEchantillons, bons de réduction, concours, incitation des vendeurs, remises, stands, animations,
Le marketing directExploitation dun fichier de prospects
E-Mailing, courrier, téléphone, visite, relancesLa force de vente (vendeurs, représentants)Communication directe (les vendeurs sont formés, disposent dun argumentaire)Lorganisation dévénements, relations publiques, dossier de presse,
Relayés par les médiasLe mécénat, le parrainageLe marchandisage (merchandising)Présentation des produits en rayon
( La communication par internet permet de réaliser facilement le suivi statistique de son impact :
- nombre douvertures dune page, de retours (réponses), dabonnements aux « news letters » ou aux services gratuits ;
- nombre et volume des commandes, CA généré quand une vente en ligne est proposée simultanément.
( Le retour sur investissement publicitaire est généralement difficile à évaluer.
( Voir la progression des ventes.
( Exemple de ratio : (CA généré frais publicitaires) / (frais publicitaires)
3 La communication institutionnelle
3.1 Limage de lorganisation
( Le développement des moyens dinformation et de communication audiovisuels a introduit une relation forte et immédiate entre lorganisation et le public.
( Lopinion publique est mieux informée, plus rapidement.
( Les citoyens sont attentifs à laction des organisations (erreurs, emploi, délocalisations, pollution,
).
( Louverture des marchés financiers a rendu les entreprises dépendantes de la vision quen ont les investisseurs.
=> Limage de lorganisation, et spécialement de lentreprise, est un paramètre stratégique qui peut conditionner son avenir.
3.2 La démarche
( Lorganisation forge son image et son identité (voir § 7.5 et § 9.1) par une politique de communication globale pour :
- expliquer ses missions, ses engagements ;
- montrer sa répondre aux exigences sociales (emploi, développement durable, écologie) ;
- montrer la pertinence de sa politique industrielle et de sa stratégie boursière.
( Une réflexion stratégique globale sur limage et la mise en cohérence de la communication à tous niveaux (interne et externe) sont donc nécessaires.
=> Partir du projet de lorganisation.
=> Construire un ensemble de signes cohérents.
( La démarche de principe est la suivante :
( La communication de crise (voir § 9.4) est un volet particulier de la communication qui peut impacter fortement la communication institutionnelle planifiée.
4 La communication financière
La communication financière est pour lessentiel externe (voir cependant certaines formes de communication interne destinées aux salariés).
4.1 Le besoin de communication financière
( Le poids croissant du financement boursier des entreprises, louverture des marchés financiers, la mondialisation et limportance des investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains) imposent une communication financière performante (voir § 5.5).
( Lentreprise doit montrer la crédibilité de ses choix stratégiques.
( Elle doit afficher sa capacité à valoriser le capital et à distribuer des dividendes.
Remarque : les fonds de pension représentent environ 35% de la capitalisation boursière des entreprises du CAC 40.
( La communication financière doit montrer un cap clair.
( Elle doit mettre en avant un gouvernement dentreprise qui gère le risque et met lorganisation à labri dune catastrophe.
( Le concept de gouvernance (voir § 7.2) concerne les actionnaires (shareholders) mais aussi lensemble des parties prenantes.
( La communication financière donne les résultats financiers, montre les perspectives de croissance et de rentabilité afin de créer un climat de confiance.
( Elle concerne les actionnaires, mais aussi les salariés, les clients et les fournisseurs.
( Elle doit éclairer les restructurations internationales des grands groupes (dont la logique est souvent peu évidente).
( Elle concerne des publics très différents et doit donc être accessible à différents niveaux de technicité, notamment :
- aux professionnels (banques, fonds de pension, sociétés dinvestissement), qui souhaitent disposer dinformations techniques et détaillées ;
- aux particuliers et petits porteurs, qui sont majoritairement intéressés par une information plus commerciale, plus attrayante et facile à interpréter.
( Elle doit rester cohérente dans sa diversité.
( Au centre de la communication financière se situe le titre ou laction, produit « marketing » que lentreprise doit vendre sur un marché concurrentiel (et supposé parfait).
( Laction a une valeur dusage (cours + dividende) et son prix résulte dun équilibre offre / demande.
( Elle a une valeur dimage (celle de lentreprise).
( Elle porte un risque en capital.
=> Sa valeur subjective varie dun actionnaire à un autre.
4.2 Les cibles de la communication financière
( La communication financière doit choisir ses cibles et sadapter à la diversité des « clients » (les actionnaires) :
- particuliers (petits porteurs, plus ou moins avertis, agissant directement en bourse via internet ou par lintermédiaire dune banque ou dun courtier) ;
- banques, sociétés dinvestissement, intermédiaires financiers ;
- fonds de pension ;
- petits actionnaires pouvant peser sur lassemblée générale ;
- actionnaires disposant dune capacité à contrôler le management ;
- dirigeants actionnaires ;
- salariés (épargne salariale, actionnariat salarié) ;
- personnes morales réalisant un placement ;
- sociétés de capital risque (investissant en fonction de projets innovants)
( La communication concerne aussi des prescripteurs :
- analystes financiers (conseils salariés des banques, des sociétés de bourse), qui sont des prescripteurs directs ;
- journalistes spécialisés et agences de notation (organismes indépendants notant la santé financière des entreprises), qui sont des prescripteurs indirects.
( Sont également des cibles de communication :
- les organismes de contrôle des marchés, qui doivent être informées des événements marquants (Ex : AMF autorité des marchés financiers en France) ;
- les pouvoirs publics (déclarations annuelles, information sur les grandes opérations boursières, les restructurations, ce qui affecte lemploi ou lenvironnement) ;
- représentations du personnel (comités dentreprise, syndicats) ;
- certains fournisseurs dont on souhaite obtenir la confiance (qui peuvent accorder des facilités de paiement, ou être des partenaires réguliers)
4.3 Les formes de communication financière
4.3.1 La communication obligatoire
( Comptes annuels (comptabilité générale, plan comptable) : bilan, compte de résultat, annexe.
( La rigueur comptable permet certaines variantes qui doivent être justifiées dans lannexe.
Remarque : la comptabilité créative consiste à utiliser toute marge de manuvre légale pour orienter les comptes dans un sens voulu par la direction :
- provisions ;
- lease-back (vente dactif puis exploitation en crédit-bail pour améliorer la trésorerie) ;
- ajustement du périmètre de consolidation dans les groupes ;
- opérations commerciales croisées
=> Mise en place dune politique comptable pour contrôler le résultat, le versement de dividendes, donner une image flatteuse en bourse ou ne pas attirer lattention des concurrents.
( Les sociétés cotées sont tenues à des publications légales pour informer les marchés (avis financiers à paraître au BALO bulletin des annonces légales obligatoires) :
- publication annuelle des comptes attestés par un commissaire aux comptes, de laffectation des résultats ;
- rapport dactivité semestriel.
( La publication de toute information pouvant influencer le cours du titre doit être faite auprès de lAMF et dans un journal de la presse financière.
( Un dossier doit être soumis à lAMF et proposé au public pour chaque introduction en bourse.
( Le rapport annuel ou document de références, de présentation libre, est une communication financière obligatoire.
( Comptes sociaux, diverses informations (social, environnement notamment).
( Forme papier, électronique, généralement disponible en plusieurs langues sur le site internet de lentreprise.
( Pour tous publics (il ne présente souvent que des informations assez vagues).
( Volume variable (jusquà plus de 200 pages).
( Présentation « commerciale » et attrayante indispensable.
=> Conception, réalisation et diffusion sont fréquemment sous-traités.
Exemple : articulation du rapport 2003 du groupe Pinault tiré en 18 000 exemplaires (242 pages) dont 5000 en anglais (voir le site HYPERLINK "http://www.ppr.com" www.ppr.com pour actualisation).
Destinataires du rapport annuelInformation attendueActionnairesRésultats, distributions de dividendes
Déroulement de lexercice
Projets de lentreprise, perspectives
Equilibres financiers
Evolution de léquipe de directionSalariés actionnairesComme les actionnaires
Développement des emplois
Climat et projets sociauxSalarié non actionnaireExplication de lentreprise, de ses évolutions et projets
Développement des emplois
Climat et projets sociauxAnalystes, journalistesRésultats
Informations synthétiques, vite lues mais exhaustives: objectifs, stratégie, changements,
Investisseurs (actionnaires potentiels)Comme les actionnaires
Présentation générale des activitésConcurrentsToute information reflétant la santé de lentreprise, ses projets, son évolution (le rapport doit donc garder certaines données secrètes)
Elément de comparaison à sa propre entreprise.FournisseurToute information permettant de juger de la fiabilité du client ou partenaire
4.3.2 Les communications libres
( Lettre aux actionnaires (quelques pages destinées aux petits porteurs), annuelle à trimestrielle.
( Publicité financière par les médias (notamment dans la presse spécialisée).
( Prolongement possible de la publication légale.
( Pouvant être périodique pour consolider la perception de lentreprise.
( Communication avec la presse (point de presse, communiqués, dossiers de presse, interview,
).
( Construction dune relation régulière, de confiance.
( Communication sur des événements particuliers.
( Préparation de lopinion (pour éviter le choc dun mauvais résultat).
( Profit warning (alerte sur résultat), consistant à annoncer plusieurs semaines avant la clôture des comptes que les résultats ne seront pas conformes aux prévisions : CA surévalué, charges imprévues, provisions, événements imprévus, hausses de cours,
( Volet investisseurs ou actionnaires du site internet.
( Réunion danalystes et dinvestisseurs (road show) pour expliquer une opération financière importante.
( Communication destinée à attirer les investisseurs.
( Animé en présence du dirigeant (ou par lui-même).
9.4 Lorganisation de la communication
1 La recherche de cohérence
( Une communication cohérente (les contradictions introduisent une perte de crédibilité) suppose que la communication soit organisée.
( Communications interne et externe doivent se correspondre (sachant que les salariés échangent avec leur entourage, par la presse en cas de conflit, et quils peuvent accéder aux messages de la communication externe).
( Les actionnaires sintéressent aux rapports annuels, mais aussi aux informations de sources diverses.
( Les autres parties prenantes disposent également de plusieurs sources dinformation qui doivent donner des signaux clairs, en phase.
( Cette organisation a un coût (équipements, rémunération de cabinets spécialisés, temps passé par le personnel,
) qui peut se traduire dans un budget de communication autonome.
2 Les structures de la communication
( La qualité de la communication est laffaire de tous. Chaque message a des conséquences internes ou externes dampleur variable.
( Tous les employés participent, à leur niveau, au système de communication.
( Lencadrement a un rôle particulier (impulsion de la communication, exemple, information du personnel, limitation des rumeurs,
).
( Mais le contrôle de la communication est un enjeu managérial qui repose sur des compétences spécifiques.
2.1 Le management et la communication
( Le directeur général est la « figure de proue » de lorganisation (emblème visible) et joue un rôle particulier dans la communication :
- interne (il porte le projet dentreprise et son identité, chaque salarié est attentif à ses déclarations) ;
- externe (ambassadeur et porte parole).
( Dans des situations exceptionnelles, la direction communique souvent après un travail préparatoire collectif, notamment avec des spécialistes de la communication.
( Dans les organisations dimportance suffisante, une direction de la communication peut être créée.
( La direction de la communication est chargée dorganiser une communication externe cohérente (plan de communication, construction dune identité et dune image, régulation de la communication externe, porte parole quand la direction le souhaite).
( Elle peut être chargée de la communication interne (assistance aux directions, conception des supports dinformation, pilotage du système de communications, information des salariés, écoute et remontée des informations provenant des salariés).
( Dans les PME, le responsable de la communication est plus souvent le dirigeant de lentreprise.
( La communication interne nécessite compétences relationnelles, ouverture et maîtrise des techniques de communication. Quand un responsable de la communication nen est pas chargé, cette responsabilité incombe généralement à la DRH.
( Des personnels salariés peuvent intervenir de manière ciblée dans le cadre dune stratégie de communication ou au sein de la direction de la communication. Ce sont, par exemple :
- un chargé de communication ;
- divers personnels spécialisés quand une communication continue est nécessaire (attaché de presse, chargé des relations publiques, chargé de la communication financière,
).
( Les managers intermédiaires ou opérationnels sont des acteurs essentiels de la communication interne, mais leur rôle nest pas (sauf mission particulière) de participer à la communication externe qui nécessite des compétences spécifiques.
( En règle générale, la communication externe nest pas assurée par des personnels sans expertise dans ce domaine, ou qui nont pas été préparés à cette mission.
2.2 Les intervenants extérieurs
( Des intervenants extérieurs peuvent contribuer aux communications (conception de documents, de site, mise en place de systèmes informatiques, conseil en communication, audit,
).
( Le domaine de la communication rassemble de nombreuses professions auxquelles lorganisation accède directement ou par lintermédiaire dune agence conseil :
- créateurs indépendants (logos, musiques ou jingles, plaquettes de présentation, sites internet,
) ;
- conseils indépendants (notamment « coaching » en communication) ;
- sociétés détudes (réalisation denquêtes et de tests) ;
- sociétés de production (réalisation denregistrements sonores et de films) ;
- médias (presse, affichage, radio, télévision, cinéma) ;
- régies publicitaires (gestion despaces publicitaires de médias) ;
- centrales dachat despaces publicitaires ;
- prestataires de diffusion (poste, messageries, presse, centres dappel,
)
( Rares sont les organisations qui intègrent ces services.
( Le recours à des organismes extérieurs favorise la créativité, permet doptimiser le coût dactivités souvent très fluctuantes.
( Les actions de communication prévisibles, quelle que soit leur nature, sont fréquemment conçues en ayant recours à des agences ou des cabinets spécialisés.
( Lagence prend en charge une campagne de communication ou apporte un conseil dexpert.
( Elle peut elle-même coordonner et sous-traiter des réalisations spécifiques (maquette de document, impression, réalisation dun site internet, enquêtes, publication).
( Les agences conseil peuvent se spécialiser : publicité commerciale, communication financière, politique,
( Les choix de communication restent cependant, au final, ceux de la direction et de ses éventuels services spécialisés.
( Lorganisation doit contrôler le déroulement des actions (et leur effet, dans la mesure du possible).
2.3 Lexploitation des TIC
( Le développement des réseaux (internet, intranet, extranet voir § 5.6) introduit de nouvelles formes de communication qui permettent :
- dassurer une présence sur un marché, dêtre réactif et faire face à la concurrence ;
- de réduire certains coûts (catalogue, transaction en ligne, suivi, plateformes collaboratives, échanges avec les partenaires
) ;
- daccentuer la cohésion de lorganisation (nouvelles internes, formation, forums, échanges dexpériences,
).
( Ces nouvelles formes de communication imposent de réagir rapidement face aux crises (les mauvaises nouvelles et les rumeurs se propagent beaucoup plus vite).
( La puissance des ordinateurs et des réseaux permet de généraliser la communication des images vidéo, qui appuient et illustrent la communication orale.
( Les vidéos permettent de diffuser discours, séances de formation, modes demplois clients,
( La visioconférence permet de limiter les déplacements.
( La généralisation des TIC nécessite la définition de règles dusage (charte dutilisation) et la mise en place dun dispositif de régulation ou de modération pour éviter la diffusion dinformations indésirables ou les comportements excessifs.
( Les limites institutionnelles et légales doivent être clairement connues des employés.
( Le contrôle doit éviter la censure et ne pas être instrumentalisé par lencadrement comme un moyen de surveillance, de façon à conserver la qualité des communications.
3 La communication de crise
3.1 La notion de crise
( La crise est une situation qui perturbe lorganisation et sa relation à son environnement.
( La crise nest généralement ni souhaitée ni attendue.
( Elle créée une situation durgence.
( Elle peut déboucher sur un renouveau salutaire.
( Dans ses formes les plus caractéristiques, la crise peut se caractériser par trois « D » :
- déferlement de difficultés ;
- dérèglement du fonctionnement de lorganisation ;
- divergences fondamentales (sur les choix passés, sur les solutions à adopter,
).
3.2 Les réactions face à la crise
( La communication de crise est indispensable, mais elle ne peut résulter dune réaction totalement spontanée.
( La crise est souvent identifiée tardivement pour diverses raisons :
- événement inaugurateur jugé anodin ;
- excès de confiance (« cest impossible ») ;
- réflexe de fuite
=> Elle est traitée à un stade où la complexité de la situation mérite réflexion.
( La communication a commencé de façon désordonnée, sans perspective globale et la communication de crise devra redresser cette période floue.
( En situation de dérèglement, le premier réflexe est le mutisme (attente dinformation sur la situation réelle).
( Mais les nouveaux moyens de communication peuvent alimenter très rapidement des rumeurs alarmistes quil faut stopper durgence par une réaction appropriée.
3.3 La gestion de la communication de crise
( Préparation et développement possible de la communication de crise :
AnticipationSystème de veille (détection des signaux annonciateurs dune crise possible)
Prévoir des scénarios de crise et de communication
Prévoir la réunion dune cellule de criseUrgenceCouper court aux rumeurs (recentrer sur les faits).
Organisation de la communication (argumentation, planification, attitudes, actions,
).
Montrer une capacité de réaction crédible (prendre toute mesure possible).
Rassurer.
Utiliser les moyens de communications appropriés (presse, internet,
).En interneExpliquer au personnel, maintenir la cohésion, évacuer langoisse.En externeCommuniquer des informations précises, rassurer, organiser lattente, ...Développement, résolutionAnalyser la crise, annoncer un plan de sortie de crise.
Mettre en uvre le plan (phase initiale).
Exploiter la crise comme vecteur publicitaire (si la réaction était exemplaire).
Communication de suivi.
( Les sociologues montrent que, face à une crise, une réponse rationnelle et argumentée est peu efficace (lopinion publique nest pas modifiée par un langage de raison).
( Trois attitudes sont dès lors possibles :
Acceptation sans équivoque
(reconnaître le problème et accepter sa responsabilité, si elle est avérée, prendre immédiatement des mesures concrètes)- Très efficace (maintien de la confiance)
- Risqué (parfois conséquences inconnues au moment du déclenchement de la crise)Refus
(déni de responsabilité accompagné dune communication bien orchestrée, report de la culpabilité sur dautres, déplacement du problème, évocation dun complot)- Efficace et très employée.
- Risque de retournement brutal si les responsabilités deviennent évidentes.Silence
(renvoi à une enquête, à une décision de justice,
)- Payant quand lactualité est chargée, si lenquête ne peut aboutir à des conclusions claires, si la source daccusation est peu crédible.
- Risqué (révélation par un tiers, aveu implicite).
( Trois grandes options de communication sont envisageables (qui ne concernent dailleurs pas que les situations de crise) :
AvantagesInconvénientsCommunication minimaleMise en uvre facile
Solution aux crises mineures et brèves, masquées par lactualitéPosition non durable
A terme : frustration, rumeurs, hypothèses
Communication maîtrisée (informer au coup par coup)
= la plus pratiquée.Contrôle de lévolution, adaptation aux situations
Précision des actions
Maîtrise des médias (qui attendent linformation)
Modulation ouverture / fermeture de linformation.Technique difficile (=> stratégie, coordination, discrétion)
Risque derreur contre-productiveCommunication totale (transparence)Mise en uvre facile
Climat de confiance
Reconnaissance des médias
Bonne option sur une longue périodeImpossible dans labsolu (on bute toujours sur un secret)
Efficacité limitée (technicité, compréhension de la presse, du public, saturation).
PRINCIPALES NOTIONS PAR AUTEUR
Adams 6.2
Alchian 2.8
Alderfer 6.2
Allouche 8.4
Ansoff 1.2, 7.4, 8.1, 8.5
Archer E.A. 7.4
Archier 2.4
Argyris 2.3, 2.9
Atkinson 5.8, 6.2
Bandura 6.2, 6.3
Barnard 2.5, 7.1
Barney 8.2, 8.7
Bavelas 9.2
Bennis 2.3, 7.2
Berle 2.8
Bertalanffy 2.5
Birch 6.2
Blake 2.3, 7.2
Blau 2.7
Boltanski 2.6
Burns 2.7, 4.1
Champy 4.2
Chandler 2.7, 4.1, 8.1, 8.9
Coase 2.8, 5.2
Coch 6.3
Cohen 7.4
Crozier 2.6, 6.3, 7.1
Cyert 2.5, 2.9, 7.1, 7.3, 7.4
De Rosnay 2.5
Deci 6.2
Delavallée 7.1, 7.2
Deming 5.7
Demsetz 2.8
Drucker 1.2, 2.4, 5.4, 7.1
Dubois 5.1
Dunning 8.6
Ecole dASTON 2.2, 2.7
Ecole de Palo Alto 6.4, 9.1
Emery 2.5, 5.2
Eymard-Duvernay 2.6
Favereau 2.6
Fayol 1.2, 2.2, 4.1, 7.1
Festinger 6.1, 6.3
Fiedler 7.2
Fisher 6.4
Follett 2.3, 6.4
Ford 2.2
Forrester 2.5, 5.6
Forsyth 6.4
Foster 8.3
Freeman E. 2.8, 3.2
Freeman J.H. 2.9
French 6.3
Freud 6.1, 6.3
Friedberg 2.6, 6.3, 7.1
Galbraith J. 4.1
Gélinier 2.4, 3.4, 7.1, 7.2
Gomez 2.6
Greenberg 6.2
Hamel 2.9, 8.2, 8.4
Hammer 4.2
Hannan 2.9
Heider 6.1, 6.2
Herzberg 2.3, 5.8, 6.2
Hofstede 7.5, 8.6
Inst. Tavistock 2.5
Ishikawa 5.7
Janis 6.3
Jensen 2.8
Jung 6.1
Kahn 2.6, 6.4, 9.2
Kanfer 6.2
Kaplan 5.5
Katz 2.6, 9.2
Kotler 5.1
Latham 6.2
Lawrence 2.7, 4.1
Leawitt 9.2
Lewin 2.3, 6.1, 6.2, 6.3, 7.2
Lickert 2.3, 7.2
Lindblom 7.4
Livian 7.1
Locke 6.2
Lorsch 2.7, 4.1
Mac Clelland 6.2
Mac Gregor 2.3, 6.2
Mac Kinsey (cab.) 8.1, 8.5
Mag Guire 9.1
March 2.5, 2.9, 7.1, 7.3, 7.4
Marris 2.8
Maslow 2.3, 5.8, 6.2
Mayo 2.3, 6.2, 6.3
Means 2.8
Meckling 2.8
Meleze 2.5
Merton 2.2, 7.1
Milgram 6.3
Mintzberg 1.2, 2.7, 4.1, 4.3, 5.4, 7.1, 7.3, 7.4, 8.9
Moreno 6.3
Morin J. 5.4, 8.3
Morin P. 7.1, 7.2
Mouton 2.3, 7.2
Munier 7.4
Nelson 2.9
Nonaka 2.9, 5.8
Norton 5.5
Ohno 2.4
Olsen 7.4
Ouchi 2.6, 7.3, 7.5
Penrose 2.9
Peters 2.4, 5.4
Porter 3.1, 5.1, 5.3, 5.4, 8.1, 8.2, 8.3, 8.4, 8.7
Prahalad 2.9, 8.2, 8.4
Ramanantsoa 8.6
Reynaud 2.6
Ryan 6.2
Sainsaulieu 2.6, 6.2, 7.5
Schein 2.6, 7.5
Schmidt W.H. 7.2
Schmidt G. 8.4
Schön 2.9
Schumpeter 2.9, 5.4
Serieyx 2.4
Sfez 7.4
Shannon 9.1
Sherif 6.3
Shingo 2.4
Simon 2.5, 7.4
Skinner 6.1, 6.2
Sloan 2.4, 4.1
Smith 2.2, 2.8, 9.2
Stalk 5.2, 8.4
Stalker 2.7, 4.1
Starbuck 2.7
Stinchombe 2.7
Takeuchi 2.9, 5.8
Tannenbaum 7.2
Taylor 2.2, 4.1
Thévenet 2.6, 5.4, 5.8, 6.2, 7.5
Thévenot 2.6
Thomas 6.4
Trist 2.5, 5.2
Von Neumann 7.4
Vroom 6.2
Waterman 2.4, 5.4
Waters 8.9
Watson 6.1
Weber 2.2, 7.1
Wernerfelt 8.2
Wiener 2.5, 9.1
Williamson 2.8, 5.2
Winter 2.9
Woodward 2.7, 5.2
Théorie de léquité
Droits de propriété
Théorie ESC, compensation
Niveaux de ressources technologiques
Modèle stratégique
Modèle empirique de décision
Entreprise du 3ème type, 0 mépris
Conflit organisation / individu, échec psychologique, potentiel, apprentissage organisationnel (double boucle)
Forces motivationnelles (incit. / consom.)
SEP, apprentissage social (vicariant)
Entreprise système de coopération, légitimité
Approche ressources et compétences (RBV), imitation
Efficacité des réseaux de communication
Qualités du manager
Séparation managers / propriétaires (théorie du contrôle managérial)
Théorie des systèmes
Forces motivationnelles (incit. / consom.)
Grille managériale hommes / tâches (modèle fonctionnel)
Taille et différenciation des structures
Théorie des conventions
Structures mécaniste / organiste (techno. / env.)
Reconfiguration (reengineering)
Liens entre stratégie et structure
Firme / Coûts de transaction
Normes de groupe, résistance au changement
Modèle de la poubelle (décision)
Analyse stratégique, jeux dacteurs.
Approche politique de lorganisation, coalitions, quasi-résolution des conflits, slack organisationnel
Théorie des systèmes
Autodétermination, motivation intrinsèque / extrinsèque
Approche contractuelle du leardership. Ressources du pouvoir (5)
Approche qualité : roue de Deming (PDCA)
Droits de propriété
DPO, 7 sources dinnovation
3 couches caractérisant le produit (matérielle, fonctionnelle, symbolique)
Modèle OLI
Configurations bureaucratiques (4)
Communication interpersonnelle à deux niveaux
Ecole sociotechnique, organisation des postes de travail, autonomie et rémunération collective
Théorie des conventions
Théorie des conventions
Administration, unité de commandement, PO3C
Dissonance cognitive, comparaison sociale
Modèle contingent du leadership
Conflits dobjectifs, cognitifs, affectifs
Organisation lieu dinterrelations, de conflits, partage de lautorité
Chaîne de production
Dynamique des systèmes, modélisation
Développement dun conflit (désaccord, confrontation, escalade, désescalade, résolution)
Discontinuité des technologies
Parties prenantes
Modèle écologique des populations dorganisation
Normes de groupe, résistance au changement
Inconscient
Analyse stratégique, jeux dacteurs
Rapport décision (fonction, produit) / structure
DPPO, éthique dentreprise
Entreprise convention defforts
Justice organisationnelle (distributive, procédurale)
Théorie des compétences clés (core, RBV)
Reconfiguration (reengineering)
Modèle écologique des populations dorganisation
Attribution causale
Théorie bi-factorielle (motivation, hygiène)
4 dimensions culturelles nationales
Recherche action, modèle sociotechnique
Diagramme causes effets
Censure implicite en décision groupale
Relation et coûts dagence
Inconscient collectif, typologie
Systèmes de rôles, conflits de rôle, communication A/D
Autorégulation objectifs / résultats
BSC (balanced scorecard)
Systèmes de rôles, conflits de rôle, communication A/D
3 couches caractérisant le produit (matérielle, fonctionnelle, symbolique)
Théorie des buts
Différenciation / intégration selon environnement
Efficacité des réseaux de communication
Théorie des champs, dynamique de groupe, 3 types de leadership (démocratique, autoritaire, laisser faire)
4 styles de management (autoritaire, paternaliste, consultatif, participatif)
Modèles de décision instrumentaliste, incrémentaliste
5 capacités pour les relations de pouvoir
Théorie des buts
Différenciation / intégration selon environnement
Besoins acquis (pouvoir, appartenance, réalisation)
Théorie X-Y, expression du potentiel individuel
Segment stratégique, positionnements
Intelligence et communication
Modèle de la poubelle (décision). Approche politique de lorganisation, coalitions, quasi-résolution des conflits, conflits dintérêt, slack org.
Opposition valeur de laction / croissance
Besoins en 5 niveaux (pyramide)
Effet des relations interpersonnelles sur la productivité
Séparation managers / propriétaires (contrôle managérial)
Relation et coûts dagence
Théorie des systèmes
Limites de la bureaucratie, déplacement des buts
Soumission à lautorité dans les groupes
Facteurs contingents, configurations organisationnelles, coordinations, réalité de la tâche des managers, stratégie émergente
Sociogramme
Management des technologies, patrimoine technologique, cycle de vie des technologies et type (base, clé, émergente)
Approche contractuelle du leardership. Ressources du pouvoir (5)
Grille managériale hommes / tâches (modèle fonctionnel)
Modèle CDR (cognitif) de décision
Théorie évolutionniste, contrainte de sentier
Spirale de la connaissance (modèle SECI)
BSC (balanced scorecard)
Toyotisme, 5 zéros
Modèle de la poubelle (décision)
Culture de clan, théorie Z
Compétences et connaissances au cur de la croissance
Modèle de lexcellence, partage de valeurs
Chaîne de valeur, forces concurrentielles, 3 stratégies génériques (coût, différenciation, focalisation)
Théorie des compétences clés (core, RBV)
Motifs de diversification
Théorie de la régulation sociale par les règles
Autodétermination, motivation intrinsèque / extrinsèque
Identité au travail (4 formes), culture professionnelle
Culture dentreprise et management
Leadership situationnel, continuum (7 niveaux)
Niveaux de ressources technologiques
Apprentissage organisationnel (double boucle)
Entrepreneur innovateur, destruction créatrice
Entreprise du 3ème type, 0 mépris
Théorie du surcodage
Théorie de la communication (base)
-----
Toyotisme, 5 zéros
Rationalité limitée, processus IMC, intelligence artificielle
Théorie du renforcement
Divisionnalisation
Spécialisation des tâches productives
Maîtrise du temps (Time Based Competition)
Structures mécaniste / organiste (techno. / env.)
Age de lorganisation et changement
Date de naissance de lorganisation et structure
Spirale de la connaissance (modèle SECI)
Leadership situationnel, continuum (7 niveaux)
Organisation scientifique du travail, mécaniste
Management de proximité et innovation, audit culturel, implication au travail
Théorie des conventions
5 comportements face à un différend
Ecole sociotechnique
Théorie des jeux
Théorie des attentes (V x I x E)
Modèle de lexcellence, partage de valeurs
Stratégie émergente
Behaviorisme
Bureaucratie, 3 formes dautorité (charismatique, traditionnelle, légale)
Approche ressources et compétences (RBV)
Feed-back, cybernétique
Firme / Coûts de transaction, arrangements institutionnels
Théorie évolutionniste, contrainte de sentier
Relations entre technologie et structures, production unitaire, série, continu
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Options abandonnées
Edith PENROSE (1914 1996), économiste, enseignante.
( The Theory of the Growth of the Firm (1959).
ENTREPRISE
Marché (clients, Marché des capitaux Marché du travail
concurrents)
Politique
Lois et règlements
Ecologie
Conditions
économiques
générales Facteurs socio
culturels, modes
Fournisseurs, Technologie Démographie partenaires
Urbanisme, géographie
ENVIRONNEMENT
Informations sur lenvironnement
Informations sur lorganisation
Management
Information dirigeant laction des autres
Actions directes du manager
Dimension humaine
Dimension économique
Dimension informationnelle
Management stratégique ou général (direction, « top management », définition des objectifs généraux)
Management tactique (intermédiaire, « middle management »)
Management opérationnel (de terrain ou dunité, local, de proximité)
Conception
Planification
Organisation
Pilotage
Analyse, évaluation
Vision pratique
Organisation
Vision académique
Ecole X
Théorie A
Approche N
Théorie B
Approche M
Frederick Winslow TAYLOR (1856 1915), mécanicien et ingénieur
( Shop management (1904), Scientific management (1911).
OUVRIER
4 contremaîtres opérationnels (préparation, mise en uvre, qualité, entretien)
4 contremaîtres fonctionnels (ordonnancement, instructions, suivi des temps, discipline)
Département dorganisation
Max WEBER (1864 1920), philosophe et sociologue.
( Léthique protestante et lesprit du capitalisme (1904), Economie et société (post mortem).
Henri FAYOL (1841 1925), ingénieur des mines et chef dentreprise
( Administration industrielle et générale (1916).
Robert King MERTON (1910 2003), sociologue
Mary Parker FOLLETT (1868 1933), travailleuse sociale, consultante (années 20-30).
Elton MAYO (1880 1949), psychologue.
Kurt LEWIN (1890 1947), philosophe et psychologue.
Abraham MASLOW (1908 1970), psychologue.
Sécurité
Physiologiques
Sociaux, appartenance
Estime
Accomplissement
Nota : la présentation en pyramide nest pas, à lorigine, luvre de Maslow.
Frederick HERZBERG (1923 2000), psychologue, médecin.
Douglas Mac GREGOR (1906 1964), psychologue.
( The human side of enterprise (1960), Leadership and motivation (1966), The professional manager (1967).
Rensis LICKERT (1903 1981), psychologue.
Chris ARGYRIS (1923 - ), psychologue, influencé par Kurt Lewin.
( Personnality and organization (1957)
Alfred Pritchard SLOAN (1875 1966), ingénieur, dirigeant de General Motors.
Peter DRUCKER (1909 2005), docteur en droit, enseignant, assista Sloan, consultant.
( The practice of management (1952), The effective executive (1966), The Post-Capitalist Society (1993), Management challenges (1999)
Octave GELINIER (1916 2004), ingénieur des Mines, consultant CEGOS.
( Auteur français de Direction participative par objectifs (1968), Stratégie sociale de lentreprise (1976), Léthique des affaires (1991),
Shingeo SHINGO (1909 1990), Taiichi OHNO (1912 1990), ingénieurs Toyota.
Tom PETERS (Né en 1942), consultant Mac Kinsey.
Robert WATERMAN (Né en 1936), dirigeant dentreprise.
( Le prix de lexcellence (1982)
Georges ARCHIER médecin, conseil en management, dirigeant dentreprise.
Hervé SERIEYX consultant, dirigeant dentreprise.
( Auteurs français de Lentreprise du 3ème type (1984).
Chester BARNARD (1886 1961), universitaire et dirigeant dentreprise.
( Functions of the Executive (1938), Organization and Management (1948)
Ludwig Von BERTALANFFY (1901 - 1972), biologiste
( Théorie générale des systèmes (1950)
Herbert Alexander SIMON (1916 - 2001), sociologue et mathématicien, enseignant.
( Administrative behaviour (1947),
James MARCH (né en 1928), sociologue, enseignant et SIMON.
( Organizations (1958)
Richard M. CYERT (1921 1998), économiste, enseignant, et MARCH.
( A behavioral theory of the firm (1963)
TAVISTOCK Institute, fondé en 1946, cabinet de consultants anglais (Londres).
Frederick EMERY (1925 1997) et Eric TRIST (1909 1993), psycho-sociologues.
Consultants et fondateurs du TAVISTOCK Institute.
( Industrial democracy (1969)
E. TRIST
Rôle reçu
Attente de rôle
Attente de rôle
Attente de rôle
Attente de rôle
Michel CROZIER (né en 1922), sociologue, Erhard FRIEDBERG (né en 1942), sociologue.
( Lacteur et le système (1977), Le phénomène bureaucratique Crozier (1964)
Jean Daniel REYNAUD (né en 1926), philosophe, sociologue.
( Les règles du jeu. Action collective et régulation sociale (1989)
Luc BOLTANSKI, élève de Pierre Bourdieu (né en 1940), Laurent THEVENOT (né en 1948), sociologues et enseignants, Olivier FAVEREAU (né en 1945), économiste et enseignant, François EYMARD DUVERNAY, Pierre Yves GOMEZ.
ACTEUR
Incertitude
Conventions disponibles
Convention X adoptée par mimétisme rationnel (jugée adaptée)
Renforcement de la convention X
Peter BLAU (1908 2002), enseignant, élève de MERTON.
( The structure of organizations (1971), avec Schoenherr
Mrs Joan WOODWARD (1916 1971), sociologue, enseignante.
( Management and technology (1958), Industrial organization (1965)
Alfred D. CHANDLER (1918 - 2007), historien, économiste, enseignant.
( Strategy and structure (1962), Stratégies et structures de L'entreprise (1989)
Thomas BURNS et Georges. M. STALKER 1961, sociologues.
( The management of innovation (1961).
Paul Roger LAWRENCE (né en 1922), sociologue et enseignant, Jay William LORSCH (né en 1932).
( Organization and environment (1967).
Henry MINTZBERG (né en 1939), ingénieur, enseignant, consultant.
( Structure et dynamique des organisations (1979), Le management (1989)
Adolf A. BERLE (1895 1971), Gardiner C. MEANS (1886 1988), économistes.
( The modern corporation and private property (1932)
G. C. MEANS
Valeur de laction
Croissance
Optimum actionnaire
Optimum manager
Armen ALCHIAN (né en 1914), Harold DEMSETZ (né en 1930), économistes.
( Production, Information Cost And Economics Organisation (1972), The Property Right Paradigm (1973)
W. MECKLING
Michael Cole JENSEN (né en 1939), William MECKLING, économistes.
( Theory of the firm: Managerial behaviour (1976), agency costs, and capital structure, Journal of Financial Economics, 3: 305360
Edward R. FREEMAN (né en 1951), philosophe, professeur de management.
( A stakeholders approach (1985).
Ronald COASE (né en 1910), économiste.
( The Nature of the Firm (1937).
Oliver WILLIAMSON (né en 1932), économiste, professeur de management. Nobel 2009.
( Market and hierarchies, analysis and antitrust implications (1965), Transaction costs economics (1979)
Joseph Aloïs SCHUMPETER (1883 1950), sociologue, économiste.
( Théorie de lévolution économique (1913)
Michael HANNAN, sociologue, John H. FREEMAN (1945 - 2008), professeur de management,
( The population ecology of organizations (1977)
Richard R. NELSON (né en 1930), Sidney Graham WINTER (né en 1935), économistes.
( An Evolutionary Theory of Economic Change (1982)
Coimbatore Krishnarao PRAHALAD (né en 1941), Gary P. HAMEL, consultants, professeurs de management.
( The Core Competence of the Corporation (1990)
Donald SCHÖN (1930 1997), philosophe et Chris ARGYRIS.
( Organizational Learning: A Theory of Action Perspective (1978), Organizational Learning II: Theory, Method, and Practice (1996)
Valeurs directrices, normes
Résultat
Stratégie daction
Simple boucle
Double boucle
Ikujirô NONAKA (né en 1935), Hirotaka TAKEUCHI (né en 1946), professeurs de management.
( The knowledge creating company (1995)
Michael PORTER (né en 1947), professeur de management
( Lavantage concurrentiel (1985)
Filière, industrie, système de valeur (fournissant plusieurs produits au marché, dans un même domaine et souvent issus de transformations successives), ensemble de chaînes de valeur
CHAINE DE VALEUR : activité économique, métier de lentreprise, correspondant à un ou plusieurs domaines dactivités stratégiques (DAS) et à une position concurrentielle.
Processus (séquence conduisant à une prestation client, intégré à un réseau de processus)
Activité élémentaire (ensemble de tâches consommant des ressources)
Chaînes de valeur des entreprises Y et Z
Entreprise Z
Entreprise T
Entreprise Y
Entreprise X
Filière
Actions de lorganisation
Action du management
Pression du contexte
Parties prenantes
Valeur perçue client
Prix perçu client
Coût du produit
Marge (valeur créée pour lentreprise)
Euros
Prix de vente (valeur déchange pour lentreprise)
Valeur créée pour le client
Rétribution perçue
Euros
Salaire objectif
Avantage non monétaire de lemploi
Département A
Département B
1
3
2
1
2
4
3
Direction générale
Direction administrative
Direction commerciale
Direction de la production
Service comptable
Service RH
Service ventes
Service AV
Service appro.
Atelier 1
Atelier 2
Contrôleurs de gestion
Ingénieur en chef (prospective)
Direction
Département commercial (C)
Département administratif et financier (AF)
Département
Etudes (E)
Département
Production (P)
Activité
C-A
Activité
AF-A
Activité
E-A
Activité
P-A
Lignes de produits (horizontales)
Chef de
produit A
Activité
C-B
Activité
AF-B
Activité
E-B
Activité
P-B
Chef de
produit B
Lignes hiérarchiques (verticales)
Processus x
Direction
Département
Production (P)
Département
Etudes (E)
Département
administratif et financier (AF)
Département commercial (C)
Client
Activité
P-x
Activité
C-x
Activité
E-x
Activité
AF-x
Processus opérationnels
Processus de management et de support
1 Comprendre le marché et les clients (besoins, satisfaction)
2 Développer vision et stratégie (contexte, concurrence)
3
Créer produits, services, processus (concevoir, améliorer)
4
Marketing et vente
5
Produire et livrer (industrie, dont amélioration processus)
6
Produire et livrer (services)
8 Développer et gérer les ressources humaines
9 Gérer les systèmes dinformation
10 Gérer les ressources financières et les actifs
11 Appliquer un programme environnemental
12 Gérer les relations extérieures (actionnaires, banques, lois, relations publiques,
)
13 Gérer lamélioration et le changement (évaluer, mesurer, motiver, qualité totale)
7
Facturer et servir les clients (après-vente, réclamations)
Idéologie = culture, nourrie des traditions et croyances de lorganisation.
Technostructure = spécialistes hors ligne hiérarchique.
Support logistique = toutes prestations internes non liées directement à lactivité.
Extrait de louvrage de H. Mintzberg « Le management » - EYROLLES 2007 - page 186
EMBED MSPhotoEd.3
Configuration organisationnelle
Facteurs contingents (§3.7)
Mécanismes de coordination (§4.1)
Paramètres de conception (déterminants de la division du travail (conception des postes de travail, système de décision, standardisation des procédés,
).
Composantes de lorganisation
Forces fondamentales
Aspiration à acheter
Recherche dinformation
Identification et évaluation de solutions
Compatible avec aspiration
Décision dachat
Ajustement du niveau daspiration
NON
OUI
Vente
Dion comm.
Stratégie
Etudes
Communication
(Par produits)
Produit 1
Produit B
Produit C
Vente
Dion comm.
Stratégie
Etudes
Communication
(Par fonctions)
Vente
Dion comm.
Dion produits
Etudes
Communication
(Mixte)
Chef prod. A
Chef prod. B
Chef prod. C
Demande :
- réelle
- anticipée
Production
Produit ou service
Equipements
Matières
Personnel
etc
Bénéficiaire
Prestataire
Service
Vecteur matériel
Evaluation du besoin (éventuel regroupement)
Spécification (cahier des charges)
Recherche et consultation des fournisseurs
Analyse des offres
Négociation et choix
Commande
Evaluation des fournisseurs
Fichier des fournisseurs connus
Marché
Plan de fabrication
Etude
Donneur dordre
Sous traitant / fournisseur
Commande
Livraison
Séchoir
Coque
Moteur
Soufflerie
Rotor
Bobinage
2
1
1
1
6
OP1-
Montage
10 (pour 100)
OP2 Intégration1
OP3
Injection
0,5
OP4- Moulage
1
OP5- Démoulage2
OP6 Stockage
0,5
Outil 003
Plastique 444 1 kg
Prévision de ventes
Pilotage production
Suivi production
Gestion stockage
Traitement commande
Livraison
Gestion des approvisionnements
Matières
Commande fournisseur
[Passée]
Commande client
[Passée]
Livraison fournisseur
[Reçue]
Livraison client
[Expédiée]
Traitement commande
Pilotage production
Suivi production
Livraison
Gestion des approvisionnements
Matières
Commande fournisseur
[Passée]
Livraison fournisseur
[Reçue]
Livraison client
[Expédiée]
Commande client
[Passée]
Flux physiques
Flux dinformation
Achats
Support de la production
Distribution
Fournisseurs
Clients
LOGISTIQUE
STOCK
Entrées
Sorties
Différents modèles permettent de gérer les stocks : Wilson, FIFO,
) pour limiter leurs inconvénients
Recherche fondamentale
Recherche appliquée
Recherche expérimentale
Développement
Production
Recherche développement
Université, institut
Entreprise
Etat
Taxe, bourse, partenariat, contrat, moyens
Budget
Commande, subvention
Produit innovant
Découverte
Invention, brevet
Comptabilité générale (enregistrement des flux, relations avec ladministration, documents de synthèse, consolidation)
Fonction financière ou gestion financière (financement LMT, trésorerie, optimisation fiscale, communication, développement externe)
Comptabilité de gestion (établissement des coûts ou comptabilité analytique, gestion budgétaire, prévisions, planification, contrôle de gestion)
Besoin dévaluation, de respect des règles légales
Besoin de financement
Besoin de pilotage
Comptabilité générale
Planification, pilotage
Trésorerie
Fonction financière
Comptabilité de gestion
Synthèse, consolidation
Optimisation (production, ventes,
)
Investissements
Choix de financement, développement
CGéné.
FFin.
CGest.
Tableaux de flux, de financement, règles de communication et de consolidation
Règles boursières, pratiques bancaires, besoins daide à la décision
PCG, IFRS, certification
Niveau de standardisation
Pratiques usuelles, besoin de cohérence, politique du contrôle de gestion
FR
BFR
Charges en comptabilité analytique (par destination : activité ou produit)
ChargeDirecteIndirecteFixe
Variable
Charges en comptabilité générale (par nature)
Charges incorporables
Cout complet
Coût direct
(1)
Direct costing (2)
Charges supplétives
Réseau
Base de données
Poste comptable: contrôle, imputation
Poste opérationnel: saisie des données comptables
Base de données entreprise
Production
Ventes
GRH
Approvisionnements
Stocks
Comptabilité générale
Comptabilité de gestion
Gestion financière
Immobilisations, investissements
Consolidation
Reporting
Paie
Trésorerie
Traitement (combinaison des données disponibles selon des règles adaptées)
Résultats ou « sorties » du traitement
Données disponibles ou « entrées du traitement»
ACTIVITES
STRUCTURE
ENVIRONNEMENT
EVOLUTION
FINALITES
SI de direction, aide stratégique, pilotage
SI de management, aide à la décision, tactique, information de gestion
SI opérationnel, transactionnel
Système « entreprise »
Système dinformation
Système informatique
Réseau
Poste local (saisie à la source)
Mémorisation et traitement distant
Unité centrale (traitement)
Disque (mémorisation)
(
Pointages divers
Base de données
commune
Commercial
Production, approvisionnements
Gestion, comptabilité
Personnel, paye
Spécification
Besoin
Réalisation
Gaspillage
Insatisfaction
Erreur de spécification (Ex : sur-qualité)
Finalisation (choix de qualité et mise en uvre)
Prévention (éviter la non-qualité)
Détection (SI donnant le niveau de qualité)
Correction (des défauts)
Coût
Non qualité
0 défaut
Objectif qualité
P A
D C
Amélioration continue (kaïzen)
Assurance qualité (pas de retour en arrière)
EMBED MSPhotoEd.3
( Kaoru ISHIKAWA (1915 1989), ingénieur chimiste, spécialiste de la qualité a créé le diagramme causes - effets.
Arrêt chaine
Milieu
Main doeuvre
Méthode
Matériel
Matière
Chaleur
Humidité
Qualification.
Temps sur poste
Cadence
Entretien
Moteurs
Groupe
Métal
Graisse
Arrêt de chaîne (temps total)
A Panne électrique
B Panne moteur
C Blocage chariot
D Pièce coincée
E Défaut matière
F Accident corporel
A B C D E F
A et B représentent plus de 60% des arrêts de chaîne
GRH
Conjoncture économique
Stratégie de lentreprise
Marché du travail
Système de formation
Législation du travail (TRES EVOLUTIVE)
Contexte socio politique
Démographie
Mondialisation
Systèmes de protection sociale
Evolutions technologiques
Règles fiscales
Salaire
Moins
Plus
En fixe
Stabilité, sécurité
Technicité
Inertie, manque de renouvellement
Effet « rente »
Coût
Selon performance
Motivation
Adaptation à lactivité
Effet « injustice »
Stress, insécurité
Faibles coûts MO
Rendement plus faible
Turn over
Service discontinu (démissions)
Charges dembauche
Charges de formation
Coûts cachés
Peu de motivation
Service client ?
Référence :
Standard professionnel
Attente catégorielle
Standard régional
Etat visé
Etat emplois compétences actuel
Départs prévisibles (retraite, plans de mobilité, restructuration)
Départs imprévisibles (démissions, accidents, maladie)
Formation, promotions, mutations
Embauches
Analyse des facteurs : stratégie, environnement
Traduction en besoins RH à lhorizon H (simulation)
Inventaire des RH disponibles
Projection des RH à lhorizon H (simulation)
Analyse des écarts
Plan dactions
Contrôle des réalisations
[H atteint]
[Etape ou alerte]
Sigmund FREUD (1856 1939)
( Introduction à la psychanalyse (1916),
Fondateur de la psychanalyse
Hérédité, première enfance
Personnalité innée
Expérience, éducation
Personnalité acquise
PERSONNALITE
Comportement
Environnement
Personnalité, aspirations
Situation, environnement
Motivation
Comportement
Autres facteurs involontaires, inconscients, imprévus
- AUTODETERMINATION +
Amotivation Motivation Motivation Motivation
extrinsèque extrinsèque intrinsèque
non autodéterminée autodéterminée
Prévisibilité, structuration
Buts x horizon
Groupe primaire, naturel (famille, amis, équipe,
) x1 à x10
Bande x10
Groupe secondaire, institué (parti, travail,
) x10
Groupement, assemblée (copropriétaires, actionnaires,
) x10
Foule x100 à x1000
1
Ce sociogramme montre que le 3 est très sollicité positivement par le groupe (leader ?), le 9 étant isolé et critique. 1 et 8 peuvent être supposés au centre de sous-groupes.
3
2
6
5
4
9
8
7
Modèle, imitation
Conformité, adoption des normes
Cohésion, majorité, réprobation
Confrontation Collaboration
Compromis
Evitement Accommodation
Affirmation
Absence daffirmation
Différences
Désaccord
Acceptation
Conflit
Evitement (conflit latent)
Pierre Morin et Eric Delavallée, enseignants et consultants.
( Le manager à lécoute du sociologue (2000)
Zone dincertitude
Contrôle des moyens (financiers, humains, matériels)
Règles organisationnelles (création, modification, transmission)
Relations à lenvironnement (position)
Compétences (complexité, formalisation)
Information (détention, traitement, transmission)
Robert Tannenbaum (1915 2003) et Warren H. Schmidt
( How to choose a leadership patern (1958)
WH SCHMIDT
Autorité du supérieur
Liberté daction du subordonné
Le dirigeant :
Décide, annonce Décide et vend Présente des idées Présente un problème Donne des limites Laisse
sa décision et demande avis écoute des suggestions et laisse décider libre
et décide sous Présente une contrainte
décision quil
peut changer
Direction centrée sur le supérieur Direction centrée sur le subordonné
DIRECTIF PERSUASIF PARTICIPATIF DELEGATIF
1
9
Intérêt pour les tâches (T)
Intérêt pour les hommes (H)
H9, T1 = « Club de vacances »
ou SOCIAL
H9, T9 = « Equipe impliquée »
ou INTEGRATEUR
H1, T1 = « Minimaliste »
ou LAISSER FAIRE
H1, T9 = « Autoritaire »
ou AUTOCRATE
H5, T5 = « Administration équilibrée »
ou INTERMEDIAIRE
Décliner les objectifs organisationnels en contributions individuelles
Négociation et explicitation du contrat (avec accord de la direction)
Suivi des contributions, évaluation, rétributions
Action
Animation
Coordination
Régulation
Charge
Taux dincohérence
Coût des incohérences
Effort pour réduire les incohérences
Equilibre
O 100
William OUCHI (né en 1943), professeur de management.
( HYPERLINK "http://en.wikipedia.org/wiki/Theory_Z" \o "Theory Z" Theory Z: How American Management Can Meet the Japanese Challenge (1981), The M-form society: how American teamwork can recapture the competitive edge (1984)
Problème
Information
Evaluation Décision
Choix
Processus
Igor ANSOFF (1918 - 2002), enseignant et praticien.
( Corporate strategy (1965)
Daniel BERNOUILLI (1700 1782), médecin et mathématicien.
( Essai de théorie sur la mesure du risque (paradoxe de Bernouilli)
John Von NEUMANN (1903 1957), Oskar MORGENSTERN (1902 1977), mathématiciens
( Theory of games and economic behaviour (1944)
U(S) = utilité cumulée de la situation
Situation S (¬ )
100
50
0
D
0 0
2
20 20
4
30 45
3
35 35
F
55 55
A -20
D -30
B -15
E -10
C -20
Etape : date de début au plus tôt et au plus tard
Tâche : durée
Tâche (chemin) critique : dates égales, pas de marge
Pas étude
Etude
Pas lancement
Favorable
Défavorable
Lancement
Lancement
0,3
0,7
0
55 000
35 000
10 000
Favorable
Défavorable
0,7
0,3
Décision
Evénement
Geert HOFSTEDE (né en 1928), psychologue.
Renaud SAINSAULIEU (1935 2002), sociologue, enseignant
( Lidentité au travail (1977), les relations de travail à lusine (1982), sociologie de lorganisation et de lentreprise (1987)
Sources de culture
Effets de la culture
Culture nationale, régionale
Culture professionnelle
Personnalité des dirigeants et fondateurs
Histoire de lorganisation (événements)
Améliore la communication et la coordination interne
Cohérence du groupe
Aide à aller vers lobjectif
Culture de lorganisation
Edgar H. SCHEIN (né en 1928), psychologue, enseignant.
( Organizational Culture and Leadership (1985)
Maurice THEVENET, professeur de management
( Audit de la culture dentreprise (1986), La culture dentreprise (2006)
Stratégie projetée
Stratégie délibérée
Stratégie réelle
Stratégie émergente
Stratégie occurrente
Analyse Intentions - Objectifs
Alternatives
Choix
DAS
Métier
DAS1
DAS2
Segment marché 1
Segment marché 2
Segment marché 3
Marketing
Type client servi
Besoin satisfait
Technologie
DAS
POSITIFNEGATIFINTERNE
FORCES
S1
S2
FAIBLESSES
W1
W2
EXTERNE
OPPORTUNITES
O1
O2
MENACES
T1
T2
Analyse externe
FCS à maîtriser
Choix
Analyse interne
Capacité stratégique (activités, processus, organisation, ressources, compétences)
Matrice SWOT
Concurrence du secteur
Fournisseurs
(pouvoir de négociation)
Clients
(pouvoir de négociation)
Entrants
Substituts
(produits)
Axe négociation
Axe menace (confrontation)
Concurrence
Organisation
Porter
RC
Objectifs (intentions)
Métier(s)
Analyse des DAS (segmentation)
Existant
Projets
DASn
DAS2
Diagnostic DAS1
Diagnostic global (entreprise)
Synthèse
Stratégie corporate
Stratégie business
Mise en oeuvre
Analyse de lorganisation
Situation (diagnostic interne et externe)
Choix des activités
Choix concurrentiels par activité
Réalisation
Résultat cumulé
Ventes
Déclin
Maturité
Croissance (décollage)
Lancement (découverte, création)
Spécialisation
Intégration
A B
C
D E
F G H I
Performance
Effort
Technologies successives et leurs limites
Activité X
Activité Y
Activité Z
Compétences métier
Capacités organisationnelles
Volume cumulé produit
Coût unitaire
POSITIFNEGATIFINTERNE
FORCES
S1
S2
FAIBLESSES
W1
W2
EXTERNE
(Dont PESTEL pour environnement général)
OPPORTUNITES
O1
O2
MENACES
T1
T2
DAS1
DAS2
DAS3
DAS4
DAS5
DAS6
DAS7
Surface des DAS = en proportion du CA généré
Activités intéressantes (investir, croître)
Dilemmes
Activités acceptables
Activités profitables
Activités perdantes (exploiter, abandonner)
Position concurrentielleMaturité du secteurDémarrageCroissanceMaturitéDéclin
DominanteInvestir, croître
Croître, dominer par les coûts, défendre, renouvelerDéfendre, concentrer, renouveler
Forte
Investir, croître, se différencier
Croître, dominer par les coûts, se différencierCroître, dominer par les coûts, se différencier, concentrerNiche, engranger les bénéfices
FavorableInvestir, croître, se différencier, rattraper
Rattraper, engranger, croître, niche, renouvelerRéduire linvestissement, renverser la situation
Défavorable (tenable)Investir, croître, concentrer
Engranger, rattraper, renverser la situation, croître, concentrerEngranger, renverser, niche, réduire linvestissementDésinvestir
Marginale (faible)
Niche, rattraper, croître
Renverser la situation, réduire linvestissementSe retirerSe retirer
Sources de différenciation
MultiplesActivités fragmentées (pas davantage durable, pas deffet de volume, pas de barrière à lentrée)
- gestion type PME (si nécessaire isoler lactivité pour une gestion type PME)
- réactivité
- tenter de transformer lactivité en volume ou spécialisation
Stratégie de spécialisation (nombreux débouchés, la spécialisation accroît les marges, effet de volume sur un segment)
- focaliser (niches)
- poser des barrières
- chercher avantage par les coûts
LimitéesActivités en impasse concurrentielle (peu de différenciation ou de barrières à lentrée, technologies répandues, pas de concurrent dominant)
- concentration, entente
- contrôler un marché local
- investissement sélectif
- développer SA technologieStratégie de volume (effet déchelle possible, mais il faut obtenir une part de marché suffisante, produire moins cher. peu de concurrents ou concurrents marginaux)
- croître vite
- surveiller lévolutionFaibleElevéImportance de lavantage concurrentiel
Potentiel de développement de lactivité
Maîtrise de la technologie
Présence sur le marché
Métier actuel
Compétences client
Compétences réglementaires
Compétences technologique
Compétences distribution
Compétences produits
Compétences communication
Compétences culturelles
Compétences géographiques
Distance ancien nouveau métier
A = technologies actuelles
Nous regrouperons par la suite divers outils de diagnostic stratégique par destination ou par similitude, sachant quils peuvent intervenir, en fonction des besoins, à différents niveaux de lélaboration dune stratégie.
Stratégie
= compromis
Irrationnel, contraint
Analyse rationnelle
Analyse stratégique (diagnostic, stratégies corporate et business)
Plan stratégique LMT
Plan opérationnel CMT budgets annuels
Contrôle des écarts
Décisions correctives
Amont (mise en place)
Aval (réalisation)
NN+1N+2N+3N+4N+5N+6N+7N+8N-1NN+1N+2
Partie
ajoutée
en N
Partie du plan revue en N
EMBED PBrush
Stratégie
Structure
Environnement (marché)
Emetteur
Récepteur
Message
Information à transmettre
Information reçue
Feed back
Mise à lécart
Exploration du message
Evaluation
Réception du stimulus
Stimulus
Communication opérationnelle
Communication motivante
Zone de recouvrement : formes de communication opérationnelle motivante, échanges direction encadrement
Consignes, comptes-rendus (communication verticale)
Entraide, coordination (communication horizontale)
Groupe (pilotage, expertise)
Conseil, entraînement, (communication horizontale)
Diagnostic (audit)
- culture de lorganisation
- environnement, concurrence
- objet de la communication (produits, organisation, cause morale,
) et acteurs concernés
- état de la communicatio67_`z{|¥§¾ùú 0 1 2 M N P çØÅØÅ´ÅؤؤydLd=dyh]^FhC]"0JCJOJQJ/jhWhC]"CJOJQJUmHsH)jhWhC]"CJOJQJUmHsHh]^FhC]"5CJOJQJh]^FhC]"CJOJQJh]^FhC]"5CJOJQJaJhWhC]"5CJOJQJaJ hWhC]"0JCJOJQJaJ%jhWhC]"CJOJQJUaJhWhC]"CJOJQJaJ0jhWhC]"CJOJQJUaJmHnHu|¦§¾øùúO P Q R d Ï Ð Ñ Ò óëæÞÞÞÑÁÁÁ¿········$a$gdK¶$$^`a$gdC]"$^`gdC]"$a$gdC]"gdC]"$a$gdC]"$`a$gdC]"Î ) ýýýP Q R c d ¢ £ ¦ ³ Î Ï ñíÛ̺¥od\dKd9"hU5õ56CJOJQJ\]aJ h«hXh«hX56CJ\]aJhøTÑCJaJh«hXh«hXCJaJ"h«hX56CJOJQJ\]aJ"hBåhBå6CJOJQJ]aJ"hK¶56CJOJQJ\]aJ(hC]"hK¶56CJOJQJ\]aJ"hr/?56CJOJQJ\]aJhK¶5CJ4OJQJ\aJ4"h¶1¹hK¶5CJ4OJQJ\aJ4hK¶h]^FhU5õ5CJOJQJÏ Ð Ñ Ò Ó à â ä ø
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