I. Introduction - memSIC - CNRS
Avoir une vue d'ensemble simple du sujet, qui permette d'en nommer et montrer
les différents aspects ..... Jury d'examen : Le jury d'examen, composé des
enseignants du Master à Lyon 1 et des ... MIF12 ? Compilation / traduction des
programmes ..... SIR6 - Programmation Java pour le web, applets et web services
. J-P.
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Université Jean-Moulin Lyon 3
DEA
Sciences de lInformation et de la Communication
Option : Ingénierie de lInformation et de la Documentation
MEMOIRE DE DEA
« VERS UNE RATIONALISATION DE LINDEXATION DES RESSOURCES PEDAGOGIQUES ELECTRONIQUES
»
Par Thomas KRECZANIK
Sous la direction du Professeur Sylvie LAINE-CRUZEL
Juin 2004
Université Lyon 2 Université Lyon 3 ENS LSH
« Vers une rationalisation de lindexation des ressources pédagogiques électroniques
»
Par Thomas KRECZANIK
Sous la direction du Professeur Sylvie LAINE CRUZEL
Université Jean-Moulin Lyon 3
RESUME :
Ce travail sinsère dans le courant de recherche des Sciences de lInformation qui sintéresse au e-learning. Notre objectif est de modéliser un dispositif permettant de rationaliser lindexation des ressources pédagogiques électroniques (RPE). Ce dispositif, nous en analysons les composantes humaines, techniques et normatives. La démarche que nous adoptons oscille entre une approche orientée corpus, et une approche orientée système. A miparcours, nous constatons que les usages, encore non stabilisés, ne nous permettent pas de poser ne serait-ce que les bases dun tel dispositif. Notre travail prend alors la forme dune réflexion sur les enjeux, les freins, et les leviers de lindexation des RPE.
MOTS-CLEFS :
E-learning ; Ressources pédagogiques électroniques ; Objets pédagogiques ; Indexation ; Mutualisation ; Dispositif ; LOM ; XML.
ABSTRACT :
This paper concerns the e-learning, and adopts the point of view of the information science. Its goal is to model a device for the indexing of the pedagogical numeric documents. The differents aspects of the study are linked to human, technical, and normative dimensions. We note that the uses, still not stabilized, do not enable us to model such a device. Then we think on the stakes, the brakes, and the levers of the indexing of the pedagogical numeric documents.
KEYWORDS :
E-learning ; Pedagogical numeric document ; Learning objects ; Education files ; Indexing ; Device ; LOM ; XML.
Table des matières
TOC \o "1-5" \h \z \u HYPERLINK \l "_Toc76192060" I. Introduction PAGEREF _Toc76192060 \h 5
HYPERLINK \l "_Toc76192061" II. Etat de lart : « immersion dans le e-learning » PAGEREF _Toc76192061 \h 8
HYPERLINK \l "_Toc76192062" A. Introduction au contexte, à lobjet, et au référentiel de létude PAGEREF _Toc76192062 \h 9
HYPERLINK \l "_Toc76192063" 1. Introduction au contexte détude : le e-learning PAGEREF _Toc76192063 \h 9
HYPERLINK \l "_Toc76192064" a) De nouveaux besoins de formation et dinformation PAGEREF _Toc76192064 \h 9
HYPERLINK \l "_Toc76192065" (1) Nouveaux besoin de formation PAGEREF _Toc76192065 \h 9
HYPERLINK \l "_Toc76192066" (2) Nouveaux besoins dinformation : PAGEREF _Toc76192066 \h 10
HYPERLINK \l "_Toc76192067" (3) Doù la naissance dune formation à linformation
PAGEREF _Toc76192067 \h 10
HYPERLINK \l "_Toc76192068" b) Les campus numériques et autres environnements numériques de travail PAGEREF _Toc76192068 \h 11
HYPERLINK \l "_Toc76192069" 2. Introduction à lobjet détude : les ressources pédagogiques électroniques PAGEREF _Toc76192069 \h 12
HYPERLINK \l "_Toc76192070" a) Vers une définition des objets pédagogiques
PAGEREF _Toc76192070 \h 13
HYPERLINK \l "_Toc76192071" (1) La notion de document selon Roger T. Pedauque PAGEREF _Toc76192071 \h 13
HYPERLINK \l "_Toc76192072" (2) La notion de métadonnées pédagogiques PAGEREF _Toc76192072 \h 13
HYPERLINK \l "_Toc76192073" (3) La notion dobjet pédagogique PAGEREF _Toc76192073 \h 14
HYPERLINK \l "_Toc76192074" b) Un terme pour les désigner toutes PAGEREF _Toc76192074 \h 15
HYPERLINK \l "_Toc76192075" 3. Introduction àu référentiel de létude : la normalisation pédagogique PAGEREF _Toc76192075 \h 15
HYPERLINK \l "_Toc76192076" a) Opacité et mouvance du référentiel normatif PAGEREF _Toc76192076 \h 15
HYPERLINK \l "_Toc76192077" b) Evolution des normes et standarts PAGEREF _Toc76192077 \h 16
HYPERLINK \l "_Toc76192078" c) La dimension sociétale des normes PAGEREF _Toc76192078 \h 18
HYPERLINK \l "_Toc76192079" B. Les processus de conception des RPE PAGEREF _Toc76192079 \h 19
HYPERLINK \l "_Toc76192080" 1. Acteurs, compétences et systèmes collaboratifs PAGEREF _Toc76192080 \h 19
HYPERLINK \l "_Toc76192081" a) Quelles compétences, pour quelles catégories dacteurs ? PAGEREF _Toc76192081 \h 19
HYPERLINK \l "_Toc76192082" b) Dans quels systèmes organisés ? PAGEREF _Toc76192082 \h 20
HYPERLINK \l "_Toc76192083" 2. Caractérisation - indexation. PAGEREF _Toc76192083 \h 22
HYPERLINK \l "_Toc76192084" a) Indexation suivant les métadonnées du LOM PAGEREF _Toc76192084 \h 22
HYPERLINK \l "_Toc76192085" b) Indexation automatique, semi-automatique, et conceptuelle PAGEREF _Toc76192085 \h 25
HYPERLINK \l "_Toc76192086" 3. Formalisation des métadonnées PAGEREF _Toc76192086 \h 27
HYPERLINK \l "_Toc76192087" a) Ressource Description Framework (RDF) PAGEREF _Toc76192087 \h 27
HYPERLINK \l "_Toc76192088" b) Cartes de topiques (Topic Maps) PAGEREF _Toc76192088 \h 27
HYPERLINK \l "_Toc76192089" 4. Structuration des ressources pédagogiques électroniques PAGEREF _Toc76192089 \h 27
HYPERLINK \l "_Toc76192090" C. Les processus de manipulation post-conception des RPE PAGEREF _Toc76192090 \h 28
HYPERLINK \l "_Toc76192091" 1. Acteurs, usagers et environnement PAGEREF _Toc76192091 \h 29
HYPERLINK \l "_Toc76192092" a) Acteurs et usagers PAGEREF _Toc76192092 \h 29
HYPERLINK \l "_Toc76192093" b) Environnement PAGEREF _Toc76192093 \h 29
HYPERLINK \l "_Toc76192094" 2. Mutualisation PAGEREF _Toc76192094 \h 30
HYPERLINK \l "_Toc76192095" 3. Stockage & archivage PAGEREF _Toc76192095 \h 31
HYPERLINK \l "_Toc76192096" III. Approches, descriptions et analyses PAGEREF _Toc76192096 \h 32
HYPERLINK \l "_Toc76192097" A. Approche scientifique PAGEREF _Toc76192097 \h 33
HYPERLINK \l "_Toc76192098" 1. Le e-learning et les sciences de linformation PAGEREF _Toc76192098 \h 33
HYPERLINK \l "_Toc76192099" 2. Les dimensions de létude PAGEREF _Toc76192099 \h 35
HYPERLINK \l "_Toc76192100" B. Approche méthodologique PAGEREF _Toc76192100 \h 36
HYPERLINK \l "_Toc76192101" 1. Méthode de travail PAGEREF _Toc76192101 \h 36
HYPERLINK \l "_Toc76192102" 2. Mise en place du protocole dobservation. PAGEREF _Toc76192102 \h 37
HYPERLINK \l "_Toc76192103" a) Présentation du corpus PAGEREF _Toc76192103 \h 37
HYPERLINK \l "_Toc76192104" b) Catégorisation des personnes interviewées PAGEREF _Toc76192104 \h 38
HYPERLINK \l "_Toc76192105" c) Grille dInterview PAGEREF _Toc76192105 \h 41
HYPERLINK \l "_Toc76192106" C. recueil dobservations PAGEREF _Toc76192106 \h 43
HYPERLINK \l "_Toc76192107" 1. Description des environnements TICE visités PAGEREF _Toc76192107 \h 43
HYPERLINK \l "_Toc76192108" a) Les TICE à GRECO PAGEREF _Toc76192108 \h 43
HYPERLINK \l "_Toc76192109" b) Les TICE à lENS PAGEREF _Toc76192109 \h 45
HYPERLINK \l "_Toc76192110" c) Les TICE à lUCBL PAGEREF _Toc76192110 \h 46
HYPERLINK \l "_Toc76192111" d) Les TICE à l ENSSIB PAGEREF _Toc76192111 \h 48
HYPERLINK \l "_Toc76192112" e) Les TICE à lINSA PAGEREF _Toc76192112 \h 49
HYPERLINK \l "_Toc76192113" f) Les TICE à EMSE PAGEREF _Toc76192113 \h 50
HYPERLINK \l "_Toc76192114" 2. Analyses transversales PAGEREF _Toc76192114 \h 51
HYPERLINK \l "_Toc76192115" a) Lindexation des RPE tend à la consolidation PAGEREF _Toc76192115 \h 51
HYPERLINK \l "_Toc76192116" b) La tendance est à lindexation en strates successives. PAGEREF _Toc76192116 \h 52
HYPERLINK \l "_Toc76192117" c) Lechec de notre catégorisation des acteurs du e-learning PAGEREF _Toc76192117 \h 53
HYPERLINK \l "_Toc76192118" d) les difficile espérances de lindexation humaine PAGEREF _Toc76192118 \h 54
HYPERLINK \l "_Toc76192119" e) Le LOM est vivement critiqué, mais parait incontournable PAGEREF _Toc76192119 \h 56
HYPERLINK \l "_Toc76192120" f) Les bibliothèques sont en marge des dispositifs e-learning PAGEREF _Toc76192120 \h 57
HYPERLINK \l "_Toc76192121" g) Une absence de catalogue unifié et interoperable PAGEREF _Toc76192121 \h 59
HYPERLINK \l "_Toc76192122" h) Lutilisation de descriptions sémantiques est disparate PAGEREF _Toc76192122 \h 60
HYPERLINK \l "_Toc76192123" IV. Discussions et hypothèses PAGEREF _Toc76192123 \h 61
HYPERLINK \l "_Toc76192124" 1. La notion de volonté, pivot de lindexation et de la mutualisation. PAGEREF _Toc76192124 \h 62
HYPERLINK \l "_Toc76192125" 2. Lenvironnement institutionnel et disciplinaire, une entrave à la volonté de rationnalisation de lindexation. PAGEREF _Toc76192125 \h 65
HYPERLINK \l "_Toc76192126" 3. Quels acteurs, pour quelles fonctions ? PAGEREF _Toc76192126 \h 66
HYPERLINK \l "_Toc76192127" 4. Lindexation rencontre une barrière conceptuelle PAGEREF _Toc76192127 \h 67
HYPERLINK \l "_Toc76192128" V. Conclusion PAGEREF _Toc76192128 \h 69
HYPERLINK \l "_Toc76192129" VI. Bibliographie PAGEREF _Toc76192129 \h 72
HYPERLINK \l "_Toc76192130" VII. Annexes PAGEREF _Toc76192130 \h 76
HYPERLINK \l "_Toc76192131" 1. Site Internet de GRECO PAGEREF _Toc76192131 \h 77
HYPERLINK \l "_Toc76192132" 2. Site Internet du dispositif ARPEM PAGEREF _Toc76192132 \h 78
HYPERLINK \l "_Toc76192133" 3. Site Internet de PRATICE PAGEREF _Toc76192133 \h 79
HYPERLINK \l "_Toc76192134" 4. Site Internet de SPIRAL PAGEREF _Toc76192134 \h 80
Introduction
Les Technologies de lInformation et de la Communication (TIC), se mettent désormais au service de lenseignement, et notamment au service de lapprentissage en ligne que lon nomme plus communément « elearning ». On voit en effet se constituer dans les universités et écoles dingénieurs, de nouvelles unités professionnelles les « cellules TICE » (Technologies de lInformation et de la Communication pour lEnseignement) qui conçoivent et mettent à disposition tout un ensemble de ressources électroniques à finalité pédagogique.
Les usages et la manipulation de ces nouveaux types de ressources font lobjet de nombreux travaux de recherche en Sciences de lInformation. Ces travaux portent principalement sur la structuration, la caractérisation, la combinaison, la mutualisation et enfin, la personnalisation de ces ressources pédagogiques électroniques.
A travers tous ces travaux de recherche, la thématique de lindexation apparaît en filigrane, de manière plus ou moins démarquée, mais ne constitue presque jamais lobjet central des réflexions. Rappelons que le travail dindexation, dans la tradition bibliothéconomique, consiste en un traitement du contenu intellectuel des ressources documentaires, traitement ayant pour objet de dégager des descripteurs représentatifs, ces descripteurs servant par la suite à classer et à rechercher les documents.
Nous proposons donc de centrer notre travail sur lindexation de ces ressources pédagogiques électroniques. Lobjectif que nous visons est de modéliser un dispositif permettant de rationaliser lindexation de ces ressources. Les trois points dentrée de ce travail sont les suivants :
Qui peut prendre en charge lindexation des ressources pédagogiques ?
Sagit-il des documentalistes-bibliothécaires ? Des enseignants ? Des informaticiens ? La personne-indexeur nexiste peut être pas. Notre première hypothèse de travail est que lefficience de lindexation se situe plutôt dans un(des) collectif(s) dacteurs, au sein duquel(desquels) les bibliothécaires ont notamment un rôle à jouer.
Quels sont les outils techniques et informatiques utilisables ?
Lindexation doit-elle être humaine ou automatique ? Notre deuxième hypothèse de travail est quelle est plutôt semi-manuelle.
Suivant quel standard ?
La normalisation des dispositifs denseignement progresse à grands pas, disséminant son lot de normes, standards, et recommandations. Leffort le plus significatif en la matière se situe très certainement dans lélaboration progressive du LOM (Learning Object Metadata). Le LOM est un standard qui explicite lemploi de métadonnées pour caractériser les ressources pédagogiques. Notre troisième hypothèse de travail est que le LOM est incontournable, et que par conséquent lindexation des ressources pédagogiques doit suivre ses spécifications.
Ainsi, létude que nous proposons est une étude multi-aspects, destinée à combiner les avancées significatives effectuées dans différents pans de la recherche en Sciences de lInformation. Cette étude nous parait justifiable, parce que nous estimons les thématiques quelle met en corrélation suffisamment avancées. Nous pensons que le moment de la consolidation est venu. Justifiable également, car lindexation est une phase pivot, et que de cette indexation dépend un bon nombre de processus périphériques, notamment la localisation, la combinaison, et la réutilisation des ressources indexées.
Pour mener à bien ce travail, nous étudierons les différents projets expérimentaux, qui se tiennent principalement dans les universités et dans les écoles dingénieurs, avec pour but den découvrir les similitudes du point de vue organisationnel, den faire remonter les « points forts » et les stratégies de conception.
La première partie de ce mémoire est consacrée à létat de lart : nous présenterons et synthétiseront les différents acquis et travaux en cours en matière de e-learning et de ressources pédagogiques électroniques. La deuxième partie est consacrée à lobservation : nous décrirons les différents environnements et dispositifs approchés. La troisième partie est consacrée à linterprétation : nous tenterons une explication des différents phénomènes que nous aurons mis en évidence.
Etat de lart : « immersion dans le e-learning »
Cet état de lart est structuré en trois parties. La première introduit à létude, en reprécisant successivement son contexte (le elearning), son objet (les ressources pédagogiques électroniques), et son référentiel (lactivité normative). Dans les deux dernières parties, nous nous attacherons à replacer lindexation dans sa trame documentaire plénière : nous décrirons dabord les processus de conception des ressources pédagogiques électroniques, et enfin, leurs processus de manipulation postconception.
Introduction au contexte, à lobjet, et au référentiel de létude
Introduction au contexte détude : le e-learning
Reprécisons, en premier lieu, ce contexte général quest le « elearning ». Pour lheure, la terminologie portant sur ce concept nest pas figée ; on ne trouvera donc nulle part de définition unifiée le caractérisant. Les auteurs de [Abel et al., 2003] rappellent dailleurs bien que « le e-learning peut désigner des notions aussi variées que la gestion administrative dune formation sur Internet, la diffusion dun cours par le même médium ou la mise à disposition doutils de conférences virtuelles ». Dans la pratique, le terme « e-learning » désigne souvent de nouveaux services techniques : on lassocie aux « cours numériques », à « lenseignement par Internet », ou encore à « lapprentissage en ligne ». Nous le voyons plus globalement comme lévolution, provoquée par le numérique, des systèmes et des dispositifs denseignement.
De nouveaux besoins de formation et dinformation
Nouveaux besoin de formation
Sil est un constat à faire en ce qui concerne lenseignement supérieur, cest que les besoins de formation se sont extrêmement diversifiés. Un des signes les plus frappants de cette mutation de lapprentissage est certainement lapparition du concept de « formation permanente au savoir ». La formation continue qui en est une variante se développe dailleurs massivement dans les universités. De même, la mise en place progressive du système LMD (« Licence Master Doctorat »), dans lequel chaque étudiant peut se composer un parcours universitaire « à la carte », montre bien que lon tend vers une diversification des formations dispensées. Les TICE (Technologies de lInformation et de la Communication pour lEnseignement) dégagent des possibilités pour répondre à ces nouveaux besoins dapprentissage. Grâce aux TICE, on peut en effet concevoir des « briques denseignement », c'est-à-dire des entités numériques à finalité pédagogique. Ces « briques » peuvent être assemblées à la demande. En ayant accès à de telles ressources, il est donc possible de se former sur un thème très circonscrit, et clairement identifié. Doù la naissance, en Sciences de lInformation, des problématiques de recherche sur la conception, la caractérisation, et la structuration de ces briques pédagogiques.
Nouveaux besoins dinformation :
Larticle [Douyère et al., 2003] observe que « le nombre de documents numériques pour lenseignement augmente inexorablement ». Le e-learning, qui nétait jusqualors quun concept émergent, est aujourdhui en passe de devenir une forme denseignement à part entière. A ce propos, Jacques Perriault dénombrait en 2002 quelques 200 universités américaines offrants du savoir en ligne [Perriault, 2002]. Le fort recours aux TICE entraîne irrévocablement une nouvelle donne en terme daccès à linformation pédagogique. Yolaine Bourda remarque à ce sujet que « dans lenseignement et la formation, la valeur est de moins en moins dans le contenu luimême, mais de plus en plus dans la capacité de rechercher ce contenu, de le trouver et den assembler des fragments pour apporter des information pertinentes et une aide efficace aux utilisateurs, enseignants, étudiants. [Bourda Y., 2002]. Ces nouveaux besoins ont donné naissance aux problématiques de recherche sur la localisation et la combinaison de ressources pédagogiques : lobjectif est doffrir aux acteurs et usagers des systèmes denseignement, des dispositifs leur permettant de rechercher, dutiliser, et de combiner des bribes dinformation pédagogique.
Doù la naissance dune formation à linformation
A la croisée de ces nouveaux besoins ceux de formation, et ceux dinformation on voit se constituer de nouveaux services de « formation à linformation ». Il sagit là de donner des renseignements sur la manière avec laquelle il faut rechercher des ressources documentaires entre autres des ressources pédagogiques. Lexistence même de ces services « hybrides » est pour nous le signe dun « changement des temps » ; ils témoignent à la fois dune plus grande richesse des environnements pédagogiques, mais également de leur complication. Dans ce contexte, le rôle des bibliothécaires semble se renforcer. A ce sujet, létude [Studenternas bibliothek, 1996] citée dans [Tovoté C., 2001], note que « dans un modèle de cursus universitaire plus personnalisé et laissant plus de place à linitiative individuelle, la capacité des étudiants à se servir de linformation est essentielle pour lacquisition de connaissances. Il convient, pour cette raison, de former les étudiants à la recherche documentaire et à lutilisation de la bibliothèque de façon beaucoup plus complète ». Ce nest dailleurs pas un hasard si la plupart de ces services de formation à linformation se constituent dans des milieux proches des bibliothèques, comme cest par exemple le cas du service FORMIST, rattaché à lENSSIB.
Les campus numériques et autres environnements numériques de travail
Ces ressources pédagogiques électroniques sont capitalisées et consultables à partir de « campus numériques ». Le Ministère de lEducation nationale définit assez vaguement le campus numérique comme étant « un dispositif de formation centré sur lapprenant, proposant des services innovants via des technologies numériques ». Pour être plus précis, on peut rappeler quil existe deux types de campus numériques. On distingue tout dabord les campus de « formation ouverte à distance » (ou FOAD). Ceux-ci, assez classiques (car déjà bien répandus), permettent deffectuer des cours totalement ou partiellement à distance, via des plateformes de-learning, et via Internet. Le Ministère de lEducation nationale en dénombrait 64 « labellisés » en avril 2003.
On distingue ensuite les campus « environnements numériques de travail ». Ceux-ci sont moins répandus, mais plus englobants. Ils fournissent aux acteurs et usagers dun système denseignement laccès à tout un ensemble doutils, de ressources, et de services numériques : documentation électronique, services en ligne, « bureau virtuel », etc. Actuellement, il nexiste que 4 projets de ce type en France, dont notamment ENCORA et GRECO en région Rhône Alpes. [Kreczanik T., 2003]
Ces environnements sont de plus en plus couplés à des systèmes périphériques de dépôt, dindexation, de mutualisation, et de recherche des documents pédagogiques quils contiennent. Nous nous basons notamment sur deux dentre eux : ARPEM et DocCIsMEF :
ARPEM est un dispositif de gestion, de mutualisation, de sauvegarde et de mise à disposition des ressources pédagogiques électroniques produites par les enseignants au sein des universités du consortium Grenoble Universités. Cest un système open source, fondé sur la technologie Zope, et indépendant de toute plateforme pédagogique. Coté client, cest un logiciel full-web respectant parfaitement les standards du Web. [Mermet et al., 2003].
DocCIsMEF est un projet rattaché à CIsMEF. Il met à disposition des étudiants et des enseignants en médecine un catalogue de ressources rigoureusement sélectionnées : cours, problèmes, exercices, mais aussi des formations, des écoles, etc. Il a été choisi comme lun des principaux outils de recherche pour lUniversité Médicale Virtuelle Francophone (UMVF), projet destiné à la formation initiale et continue des professionnels de santé, médicaux et paramédicaux. [Douyère et al., 2003]
Ces systèmes seront davantage détaillés dans la suite de notre état de lart.
Introduction à lobjet détude : les ressources pédagogiques électroniques
Le contexte du e-learning reprécisé, on se recentre maintenant sur notre objet détude : les ressources pédagogiques électroniques.
Vers une définition des objets pédagogiques
La notion de document selon Roger T. Pedauque
Avant de tenter de définir le concept dOP, nous jugeons utile de référer au travail plus global, engagé par Roger T. Pedauque, sur la notion de document même [Pedauque, 2003]. Ce travail synthétise les différentes approches conceptuelles de la notion de document, dans son passage au numérique. De ce point de vue, il fait office de cadre théorique pour notre étude. Ce travail a constaté que les conceptions du document se situent dans trois courants, qui lenvisagent respectivement comme forme, comme signe, et comme médium.
Nous nous inscrivons dans le courant qui envisage le document comme objet formel (matériel ou immatériel), et qui en étudie la structure pour mieux lanalyser, lutiliser ou le manipuler. Cette vision relève dun premier « contrat de lecture », qui est celui de la lisibilité du document : on sintéresse à la façon avec laquelle on accède à son contenu.
Nous nous inscrivons aussi dans le courant qui envisage le document comme objet signifiant, c'est-à-dire comme porteur de sens, et comme doté dune intentionnalité (pédagogique dans notre cas). Dans cette deuxième optique, le document est indissociable du sujet en contexte qui le construit ou le reconstruit, et lui donne sens. Cette vision relève dun deuxième « contrat de lecture », qui est celui de lintelligibilité du document : on sintéresse à la façon avec laquelle son contenu « fait sens ».
La notion de métadonnées pédagogiques
Avant de tenter de définir ce quest un OP, il faut également bien comprendre ce quest une métadonnée. Une métadonnée est littéralement « une donnée sur une donnée ». Elle peut être utilisée à des fins diverses : la description et la recherche de ressources, la gestion de collections, la préservation des ressources, etc. Les métadonnées ne sont pas seulement importantes pour l'utilisateur final : des métadonnées d'ordre technique et administratif (les informations de copyright, les informations sur l'acquisition, le format de fichier, la résolution, etc.) permettent de gérer, maintenir et préserver des collections digitales.
Dans le cadre de la formation en ligne, les métadonnées servent à décrire les objets d'apprentissage. Elles comprennent un certain nombre de « descripteurs » qui permettent de rendrent ces objets dapprentissage plus facilement identifiables (accessibles) et plus manipulables (interopérables, réutilisables, adaptables) [Kreczanik T., 2003].
Dans le rapport [Gemme, 2003] il est écrit que « ce qui distingue fondamentalement une base de données classique dun système à base dinformations structurées couplées à des métadonnées, réside dans le fait que les métadonnées sont produites à travers un schéma de description qui ne dépend pas dun seul fonds ou dune seule collection. Ceci permet de concevoir des systèmes dinformation en réseaux ». Yolaine Bourda [Bourda, 2002] estime par ailleurs que « le recours aux métadonnées apparaît aujourdhui comme lune des meilleures solutions pour rationaliser lutilisation du WEB ».
La notion dobjet pédagogique
La précision de la notion dOP (Objet pédagogique) anime de nombreux chercheurs, et notamment Yolaine Bourda ; nous nous basons ici sur son étude [Bourda, 2001]. La définition (non figée) de ces OP dépend de leurs usages (non stabilisés), ainsi que des procédures (en cours) visant à normaliser les dispositifs denseignement. En létat, les objets pédagogiques peuvent être vus comme des entités numériques denseignement, que lon peut utiliser, soit indépendamment les unes des autres, soit combinées, à des fins dapprentissage. En simplifiant, ces objets sont comparables à des chapitres : des chapitres qui peuvent être consultés seuls, ou regroupés pour constituer un cours complet. Yolaine Bourda les associe aussi au « jeu de lego ». On considère alors un ensemble de briques (qui sont les objets pédagogiques) que lon peut assembler avec dautres, en vue de former une structure (qui est un cours, un TD, etc.). Cette structure peut alors tenir debout (les objets se rapportent à un même thème), ou non (les objets nont rien à voir entre eux, et le cours ne signifie rien). Il est à noter que la conception de ces OP, ainsi que leur mise à disposition, est longue, et coûteuse. Il est donc nécessaire de les rentabiliser en les utilisant et en les réutilisant le plus largement possible. De même, Patrick Chevalier (cité dans [Mermet et al., 2003]), indique dans « Le rapport coût/efficacité des technologies de linformation », que « la réutilisation des documents (images, animations) est décisive à long terme ».
Un terme pour les désigner toutes
En plus des OP, nous avons à faire à une vraie pluralité de documents et ressources pédagogiques numériques. Ces ressources sont qualifiées de pédagogiques parce quelles peuvent être utilisées pour lapprentissage. Il convient den repréciser les typologies. Parmi elles ont distingue notamment : les cours, les support de cours, les manuels scolaires, les transparents, les bibliographie, les QCM, les exercices, etc., ces ressources étant toutes consultables sur ordinateur. « Certaines de ces ressources sont produites en interne, par les différents acteurs impliqués dans la formation, dautres sont disponibles sur le WEB. Ces ressources peuvent également avoir des statuts différents. Il peut sagir par exemple de documents terminés et validés, ou au contraire, de documents de travail produits par un ou plusieurs utilisateurs (ils en sont les auteurs) et donc partagés par ces auteurs le temps de la réalisation » [Abel et al., 2003]. Dautre part, on en distingue des « gratuites » et des « payantes », ainsi que des « libres » (c'est-à-dire réutilisable sans accord) et des « privées » (c'est-à-dire non réutilisables sans lautorisation de lauteur). Nous pensons quil faut toutes les nommer de façon univoque : nous proposons pour cette étude le terme générique de « ressources pédagogiques électroniques », que nous désignerons par lacronyme « RPE ». Cet emploi du terme de ressource saccorde avec des travaux de recherche en cours, qui voient en la ressource un document encore non stabilisé (le document à linverse étant une ressource stabilisée).
Introduction àu référentiel de létude : la normalisation pédagogique
Nous voulons ici, avant daborder dans le détail les processus liés à lindexation, détailler ce cadre normatif, dans lequel sinsèrent les dispositifs denseignement.
Opacité et mouvance du référentiel normatif
Nous lavons dit précédemment : le e-learning nous apparaît comme lévolution, provoquée par le numérique, des systèmes et dispositifs denseignement. Ces systèmes et dispositifs font actuellement lobjet dun vaste travail de normalisation, au niveau national, européen et international. A vrai dire, la question de la normalisation est en elle-même une vaste problématique de recherche, et de nombreux chercheurs sy consacrent actuellement. La normalisation pédagogique constitue le référentiel de notre étude.
Nous estimons que la grande difficulté dappréhension de notre sujet, tient justement dans « lopacité » et dans la « mouvance » de ce référentiel normatif. Précisons ces deux qualificatifs :
« Opacité » tout dabord, car il est très dur pour un non expert de percevoir les implications de cette normalisation. A ce sujet, le rapport [Gemme, 2003] observe que « la pratique du découpage en dinnombrables sous-groupes rend, pour un non initié, très difficile la compréhension de larchitecture générale du labyrinthe des systèmes en train de se mettre en place dans les normes appliquées aux dispositifs denseignement ». La normalisation progresse à grands pas, et laissent perplexes dans son sillage nombre dacteurs, quils soient universitaires ou bibliothécaires. Le rapport [Gemme, 2003] indique que le besoin est effectivement grand chez les personnels des universités, de connaître lévolution du plan général de la normalisation des dispositifs denseignement.
« Mouvance » ensuite, car les standards évoluent sans cesse, et que pour lheure, comme le remarque [Michel et al., 2003, 1] : « il nexiste pas de norme pour la construction, lutilisation ou la caractérisation des fragments de documents pédagogiques ». La question pourrait alors se poser, de savoir si lon peut tenter de rationaliser lindexation ce que nous proposons avant même que son référentiel normatif soit stabilisé ? Notre ambition, quant aux normes pédagogiques, nest nullement de participer à leur orientation. Elle est plutôt de discerner des régularités entre les différents standards, dobserver les usages qui commencent à se constituer, et forts de ces constats, de commencer à organiser lindexation.
Evolution des normes et standarts
Chronologiquement, on dispose des standards suivants (nous nous basons sur [Gemme, 2003] et sur [Perriault, 2002]) :
Le standard AICC des avionneurs américains (1988, Aviation Committee CBT (computer-based training) Industry). Il sagit essentiellement dun essai de normalisation dune formation professionnelle.
Le standard Dublin Core ou Dublin Core Metadata Initiative (DCMI). Le Dublin Core fournit un noyau commun de sémantique pour la description des ressources des systèmes de gestion dinformation de diverses communautés. Le Dublin Core comprend 15 éléments descriptifs ayant trait au Contenu (Title, Description, Subject, Source, Coverage, Type, Relation), à la Propriété intellectuelle (Creator, Contributor, Publisher, Rights), à la Version (Date, Format, Identifier, Language).
Le standard IMS (IMS Instructional Management System, 1997). Il vise à améliorer la compatibilité entre les plates-formes. La société IMS Global Learning Consortium regroupe 250 institutions, agences gouvernementales et entités commerciales (dont British Telecom, M2S, lUniversité de Barcelone et Microsoft). LIMS propose des éléments fondamentaux dans les six catégories : General, LifeCycle, Meta-metadata, Technical, Rights et Classification.
Le standard ARIADNE (Alliance of Remote Instrutional Authoring and Distribution Networks for Europe) . Il sagit dun programme soutenu par lUnion européenne en 1998. Le projet se centre sur le développement doutils et de méthodologies pour la production, la gestion et la réutilisation des éléments pédagogiques sur ordinateur et des programmes de formation télématiques.
Les standards LOM. Ils proviennent du IEEE. Le LOM est construit au-dessus du Dublin Core, et le complète par des extensions propres au domaine éducatif. Le LOM spécifie la syntaxe et la sémantique des métadonnées pédagogiques. La dernière version des LOM la D6 date davril 2001. On y propose neuf catégories, chacune se composant de plusieurs sous rubriques. Une traduction française dune version précédente est disponible. Plus loin dans létat de lart, nous détaillerons les métadonnées du LOM.
Les conclusions de létude [Gemme, 2003], relayées par [Arnaud M., 2002], montrent que les standards LOM sont incontournables.
La dimension sociétale des normes
Comme de nombreux chercheurs, nous sommes davis que lon ne peut appréhender pleinement les normes desquelles dépend notre sujet sans considérer leur composante sociale. Le rapport [Gemme, 2003] explicite cette nécessité en ces termes : « le problème des normes nest pas seulement un problème technique, ni même économique. Occulter sa dimension sociétale pour les dispositifs denseignement, serait renoncer à participer à leffort damélioration des liaisons intergénérationnelles des savoirs ». A ce sujet, une récente journée détude a rappelé quil est souvent revalorisant, pour les professionnels de la documentation, de maîtriser intégralement une norme. En quoi cela peut-il être un levier, ou un frein pour notre projet ? Cest ce quil faudra étudier.
De toute évidence, lindexation des RPE nest pas un concept primaire : cette activité est tellement corrélée à ses processus voisins que sont la structuration, la mutualisation, la réutilisation, etc., quon ne saurait létudier isolément. Penser lindexation, cest effectivement se demander « comment indexer ? », mais cest également réfléchir à « pourquoi indexer ? » et à « quest ce que cela engendre ? ». Il faut donc resituer lindexation dans sa trame documentaire plénière si tant est que lon puisse parler de trame. En effet, lidée de trame renvoie à une temporalité unidimensionnelle, sans rupture, sans noeuds. Or la temporalité à laquelle obéit la mise à disposition globale des RPE, cest plutôt une temporalité multiple, faite de stades évolutifs, parallèles et interdépendants. Pour être plus technique, cest une temporalité qui suit des processus de travail collaboratif. Dans cet enchevêtrement détapes, nous identifions malgré tout deux séries majeures de processus : dune part les processus de création des RPE, et dautre part les processus de manipulation post-création. Nous structurerons donc la suite de notre état de lart suivant ces deux grandes phases. Toutefois, nous ne traiterons pas de lutilisation cognitive et pédagogique à proprement parler des RPE.
Les processus de conception des RPE
Sont décrites ici les phases qui se rapportent à la création à proprement parler des RPE, mais aussi les phases très proches, très liée à cette création. Ces processus de conception sont parfois regroupés sous la désignation de « chaîne éditoriale » [INSA, 2002], ou « learning authoring process » [Kirsch Pinheiro et al., 2002].
Acteurs, compétences et systèmes collaboratifs
Pour amorcer la description de ces processus de création, et avant de nous focaliser sur les problématiques quils sous-tendent, il nous parait nécessaire de tirer au clair « qui intervient ? », et « dans quel environnement ? ». En effet, la mise à disposition des RPE apparaît de manière récurrente, comme étant la résultante du travail dun collectif dacteurs, ces acteurs ayant des compétences spécifiques, et les exprimant au sein dun système collaboratif organisé.
Quelles compétences, pour quelles catégories dacteurs ?
Les auteurs de [Kirsch Pinheiro et al., 2002] estiment que « de toute évidence, la conception des RPE est laffaire dune équipe ». Qui plus est, ils pensent que les processus de conception de RPE (ce quils désignent par « the e-learning authoring process ») requièrent linteraction dune équipe multidisciplinaire. Tentons donc dabord de distinguer les « catégories dacteurs » impliquées :
Les enseignants. Létude [Kirsch Pinheiro et al., 2002] préconise quils soient plusieurs, pour lélaboration dune RPE.
Les documentalistes.
Les bibliothécaires.
Les experts en multimédia.
Les personnels administratifs.
Les techniciens (Web designers, administrateurs de bases de données, etc.).
Quelles sont leurs compétences spécifiques ? Quest ce que chacun apporte de particulier ? Pour aller plus loin : existe-t-il, pour lheure, un professionnel pour chacune des tâches à exécuter ? Quels sont les nouveaux besoins professionnels ? Cest ce quil faudra étudier.
Recentrons-nous maintenant plus spécifiquement sur les compétences nécessaires au traitement du contenu intellectuel des RPE. Pour les auteurs de [Mermet et al., 2003], « savoir décrire un contenu ne simprovise pas, cest le métier des bibliothécaires et des documentalistes ». Ils estiment dautre part que « les BU sont trop peu impliquées dans les projets dutilisation des technologies de linformation et de la communication pour améliorer lenseignement universitaire. Or lindexation de contenu informationnel est une mission historique des bibliothèques et centres de documentation universitaires ». Dans une autre étude [Kreczanik T., 2003], nous partagions cet avis. Certains sont également davis que le travail de caractérisation des documents par des métadonnées doit revenir aux bibliothécaires : « Les métadonnées sont comme leur nom lindique des données sur les données ce qui équivaut dans la pratique millénaires des bibliothécaires à savoir distinguer linformation primaire de linformation secondaire » [Gemme, 2003]. Mais comme remarque [Bourda Y., 2002], « bien que les techniques dindexation soient maîtrisées par les documentalistes, le problème qui se pose ici est différent, car il sagit dindexer non seulement un livre entier, mais aussi ses chapitres, voire ses paragraphes. De toute évidence, le potentiel existe déjà, mais il convient de le réajuster, puis de lorchestrer.
Dans quels systèmes organisés ?
Pour assurer la qualité des RPE, il est nécessaire den organiser lélaboration collaborative. Ceci passe par la définition et la conception de systèmes collaboratifs organisés. La définition et la conception de ces systèmes collaboratifs organisés fait lobjet de nombreux travaux, qui se déroulent principalement dans les lieux même où lon utilise les RPE, c'est-à-dire les universités, et les écoles dingénieurs (INSA et UTC notamment). Les sociétés informatiques se sont, elles aussi, lancées dans le développement de tel outils.
Commençons dabord par les solutions commerciales. Jacques Perriault [Perriault, 2002] rappelle que « la question de mettre sur le marché des « logiciels coquilles », c'est-à-dire des logiciels qui permettraient aux auteurs de cours de ne pas se préoccuper des formats denregistrement des diverses composantes de leurs cours, sest très vite posée. Cela a donné naissance à des outils logiciels appelés « plates-formes », qui gèrent les supports, les formats des cours, et les environnement pédagogiques ». Ces plateformes, elles peuvent être de plusieurs types : on distingue les LCMS (Learning Content Management System), les LMS (Learning Management System), et les CMS (Content Management System). « Le LMS, considéré dans bien des cas comme le cur du dispositif e-formation, a pour but la gestion et lorganisation de la formation. Le CMS a pour but de simplifier la création et la gestion du contenu en ligne » . Quant au LCMS, il cumule les fonctionnalités des LMS et des CMS. Il convient finalement de noter que de plus en plus, on voit apparaître des plateformes issues du monde « libre ».
Continuons maintenant par les solutions « ouvertes ». Létude de [Kirsch Pinheiro et al., 2002] détaille le fonctionnement dun environnement collaboratif de conception de RPE. Lenvironnement collaboratif quil propose, est fondé sur la base dun système de workflow. [Mingasson, 2002] rappelle que loutil worflow, au même titre que loutil groupware, constitue ce que lon appelle le « Computer Supported Cooperative Work » ou CSCW, ce qui peut se traduire par « travail coopératif assisté par ordinateur ». Lobjectif de ces outils est de « faire mieux et plus vite ». De notre point de vue, le workflow est un système intégré de ressource à la fois informatiques et humaines, qui définie clairement toutes les activités dun processus de création de RPE, dans notre cas , leur relation, leur coordination, leur synchronisation, leur exécution et leur contrôle. Une fois le workflow défini, et mis en place, il se régule, sexécute et se contrôle lui-même. Le modèle de workflow défini dans [Kirsch Pinheiro et al., 2002] comporte deux étapes phares : la phase de pré-conception (des RPE), où le coordinateur défini et met en place le workflow, et la phase de conception (des RPE), où le workflow initialement défini est exécuté. La résultante de lexécution du workflow est la génération dune nouvelle RPE. Ces étapes sont à renouvelées pour toutes nouvelles RPE à produire. Dun point de vue plus technique, le modèle de workflow quils présentent se base sur le WEB, utilise des standards du WEB tels XML, SMIL, SVG et WEBDAV, ainsi que des logiciels ouverts.
Caractérisation - indexation.
Deux mots qui désignent la même activité ? Pas exactement. Le terme « caractérisation », qui est employé par certains chercheurs, en étant plus général, est aussi plus vague. Nous lui préférons celui d« indexation », car il réfère à une pratique professionnelle ancestrale, assise, robuste : celle des bibliothécaires. Dans la tradition bibliothéconomique, lindexation consiste à déterminer les concepts thématiques prépondérants des ouvrages que lon ajoute au fonds documentaire. Pour cette raison, il nous semble que le terme indexation est à la fois plus précis, et plus universel.
Lindexation des RPE se fait via des métadonnées : « lindexation des objets pédagogiques est une nécessité absolue si lon veut les retrouver. Pour cela, il faut leur ajouter des informations de nature sémantique. Ces informations sont des métadonnées ». [Bourda, 2002]
Indexation suivant les métadonnées du LOM
Nous dressons ici une présentation, et une rapide critique des métadonnées du LOM dans sa version v1.0. Nous nous appuyons sur [Gemme, 2003] et sur [Michel et al., 2003, 1].
Les métadonnées du LOM se répartissent en 9 catégories de bases, également appelées « facettes » de base. On distingue ensuite des sous-catégories. Chacune peut admettre soit une valeur cest alors une « instance unique » , soit plusieurs.
1/ général : instance unique, cette catégorie regroupe linformation générale qui décrit la ressource dans son ensemble. On y trouve des données sur lidentifiant de lobjet, son titre, sa description, la liste des langues utilisées, une liste de mots clés, létendue de la ressources (géographie, culture), le type de structure (collection, linéaire, hiérarchique, etc.), son niveau de granularité (de 1 à 4, 1 désignant un cours entier).
2. CycleDeVie : Cette catégorie décrit dune part lhistorique de la ressource, et dautre part les personnes qui ont affecté cette ressource durant son évolution (instance unique). Toutes les sous catégories sont fondamentales pour pouvoir faire fonctionner un système dinformation structurée avec métadonnées. La plupart de ces catégories sont bien connues des bibliothécaires, mais doivent être modifiées en conséquence.
3. MétaMétaDonnées : Cette facette décrit linformation spécifique à lenregistrement des métadonnées : la date de contribution, les différents contributeurs à létablissement des métadonnées, etc. Il est à souligner que la non confusion entre création des métadonnées et création de ressources doit être soulignée comme primordiale. Cette catégorie est également fondamentale pour pouvoir faire fonctionner un système dinformation structurée avec métadonnées. Les sous-ensembles que contient cette catégorie étaient pour la plupart inconnus des bibliothécaires qui y ont été confrontés lorsquils ont construit des bibliothèques numériques.
4. Technique : Cette catégorie définit les exigences techniques en terme de navigateur, de système dexploitation, ou des caractéristiques comme le type des données, le format, la taille de lobjet pédagogique (en octets), sa localisation physique (URL Uniform Ressource Locator ou URI Uniform Ressource Identifier), sa durée, etc.
5. Pédagogie : cette catégorie se décline en onze sous-catégories : type dinteractivité, types de ressources pédagogiques, niveaux dinteractivité, densité sémantique, rôle présumé de lutilisateur final, contexte, tranche dâge, difficulté, temps dapprentissage moyen, description et langage. Cest souvent par ces sous-catégories que lon améliore lexploitation du contenu pédagogique. Il est par contre fondamental de bien comprendre que les deux items densité sémantique et description ne sont pas destinés à décrire la ressource pour la retrouver ultérieurement ou la classer.
6. Droits : Cette catégorie concerne les droits (copyright) liés à la ressource, éventuellement son coût. A priori, il semble quil sagit là dun bricolage normatif qui a de fortes chances dêtre remis en cause par les normes du e-commerce et de la couche MPEG 21 qui décriront les conditions déchange de linformation multimédia.
7. Relation : cette catégorie couvre les relations ou lies avec dautres objets pédagogiques en précisant le type de relation («
est requis par
», «
est une partie de
»).
8. Annotation : Cette partie regroupe les annotations ou commentaires.
9. Classification : la classification est une facette importante du modèle des métadonnées puisque cest elle qui permet la description et la requête sémantique dune ressource. Cette partie prévoit quil peut y avoir plusieurs instances de classifications référencées pour une même ressource (en principe limité à 10 entrées non ordonnées). Nous allons détailler plus finement cette catégorie, puisquelle a directement trait à lune de nos entrées de recherche. Litem classification se subdivise donc en 4 sous-items :
9.1 Objectif qui se décline selon un vocabulaire ouvert mais avec des usages conseillés de 3 à 10 : discipline, idée, prérequis, objectifs pédagogiques, restriction daccessibilité, niveau pédagogique, niveau de compétence, niveau de sécurité.
9.2 chemintaxum : organisation dune taxinomie selon une hiérarchie de termes (taxa).
9.2.1 Source : décrit le nom du système de classification
9.2.2 Taxum : ce sont les éléments constitutifs du chemin taxinomique ou plutôt de lescalier taxinomique partant de lentrée générale pour conduire à une entrée particulière. Le nombre de taxum (nuds ou marches) est compris de 1 à 9, les valeurs normales allant de 2 à 4
9.2.2.1 id : lidentifiant du taxum
9.2.2.2 létiquette texte du taxum
9.3 Description est relative à la classification : objectif, idée, niveau de compétence.
9.4 Mots-clefs (relatifs eux aussi à la classification). Cet item doit aussi être très sérieusement discuté entre pédagogues et documentalistes, à la fois sur le plan technique et sur le plan des usages.
Le rapport [Gemme, 2003] conclue son analyse critique, en soulignant lextrême difficulté de lutilisation du LOM. En létat, ces normes font donc plutôt office dun « super » catalogage de ressources, que dune réelle aide à la mise en place de dispositifs efficaces de transferts de savoirs. Toutefois, il reconnaît que le LOM est incontournable.
Indexation automatique, semi-automatique, et conceptuelle
Voyons maintenant les aspects techniques et informatiques de lindexation. Commençons par le courant linguistique. Grâce aux progrès récemment réalisés en terminologie computationnelle, il est désormais possible dextraire des unités signifiantes à partir de textes. Dans sa thèse de doctorat, Fidelia Ibekwe [Ibekwe, 1997] insiste bien sur le fait qu« il existe de véritables méthodes pour traiter automatiquement des masses de corpus textuels ». Les différents outils et méthodes ainsi mis au point peuvent se mettre au service de lindexation. Parmi ces outils, on peut notamment citer SPIRIT, TINA et CLARIT, qui retiendrons davantage notre attention dans la poursuite de nos travaux. Nous estimons capitale, pour notre étude, la prise en compte du potentiel de ces outils et méthodes. Toutefois, notons bien quil ne sagit pas pour nous de développer un nouvel outil de traitement, ni den retenir un en particulier parmi ceux qui existent. Il sagit plutôt de capitaliser un certain nombre de savoir-faire que ces outils et méthodes ont générés, et dintégrer ces savoir-faire dans le dispositif de traitement plus global que nous proposons de modéliser.
A bien des égards, lindexation totalement automatique est intéressante. Elle serait notamment une réponse au problème de subjectivité que pose lindexation manuelle. En effet, dans le LOM il existe des descripteurs que lon peut qualifier d« objectifs » (« titre », « auteur », « langue », etc.), et dautre « subjectifs » (« densité sémantique » notamment). Yolaine Bourda [Bourda, 2002] remarque dailleurs que ce sont justement ces descripteurs « subjectifs » qui apportent une véritable plus-value à lindexation des RPE. En confiant la tâche dindexation à une machine, on évincerait alors ce problème. Toutefois, certains estiment que les processus intellectuels impliqués dans une activité dindexation sont tellement complexes, quil est impossible de les automatiser totalement. A linverse, dautres considèrent quils seraient entièrement automatisables, mais reconnaissent que les traitements nécessaires sont dune grande complexité.
Présentons très succinctement les principes de fonctionnement de lindexation automatique. Pour extraire les thèmes importants des documents, lindexation automatique doit être fondée sur un modèle, et sur une méthode. Parmi les modèles existants, on peut citer le modèle statistique, le modèle linguistique et le modèle conceptuel. Pour nombre de chercheurs en traitement automatique des langues (TAL), et notamment [Ibekwe, 1997], lamélioration de la performance des systèmes dindexation passe par lintégration des modèles linguistiques et statistiques. De nombreux systèmes dindexation automatique allient donc ces deux approches, linguistique pour extraire des SN (syntagmes nominaux), et statistiques pour sélectionner parmi ces SN, ceux qui sont aptes à être des descripteurs.
En parallèle à ces outils de traitement reposant sur la linguistique, Yolaine Bourda [Bourda Y., 2003] rappelle que « des logiciels peuvent prendre en charge automatiquement une partie des descripteurs et peuvent aider à la saisie des autres descripteurs ». On paramètrerait ainsi un logiciel, qui, en fonction du contexte, incrémenterait des valeurs dans certaines catégories de métadonnées. Mais il sagit avant tout dinterfaces, entre les systèmes de représentation, et lindexeur. En létat, nous estimons donc que lutilité de ces logiciels est assez limitée, et uniquement adaptable dans des systèmes pédagogiques très ciblés, ets homogènes.
Il existe une autre alternative, aux méthodes totalement informatiques, et purement manuelles. On a vu en effet se développer des « systèmes mixtes », que lon appelle également « processus supervisés », ou encore « systèmes dindexation assistée ». Cest alors le système informatique qui propose des descripteurs, et ensuite, cest lutilisateur qui décide de les valider ou non. Une doctorante, proche du projet DocCISMeF, travaille justement sur lautomatisation des taches des documentalistes, pour aboutir à un PreCISMEF comme il existe à ce jour un PreMEDLINE. Lindexation quelle prévoit serait ainsi automatique dans un premier temps, puis évalué dans un second temps par un documentaliste de léquipe CISMEF. PreCISMEF UMVF sappuie sur XML [Douyère et al., 2003].
Il existe pour finir une autre piste : celle de lindexation conceptuelle. Yannick Prié [Prié Y., 2000] la définie comme « recouvrant toute connaissance symbolique ajoutée à un document pouvant servir dans le cadre de « calculs » sous-tendus par lexploitation de ces documents, pourvue que cette connaissance soit utilisable aussi bien par lhomme que par la machine ». Il conviendra de creuser ultérieurement cette piste, résolument orientée « informatique ».
Formalisation des métadonnées
Le recours à un ensemble de métadonnées standardisées, pour indexer les RPE, ne résout malheureusement pas tous les problèmes. « Celui-ci étant élaboré, il faut alors passer à son codage, c'est-à-dire à la représentation formelle des descripteurs » [Bourda, 2002].
Ressource Description Framework (RDF)
Pour Yolaine Bourda, « la solution qui permet de représenter la sémantique et qui simpose est RDF » [Bourda Y., 2002]. Cest également RDF qui est utilisé dans le cadre du projet DocCISMeF [Douyère et al., 2003]. RDF, issu des travaux du W3C, propose un modèle pour la représentation des métadonnées sur le WEB.
Cartes de topiques (Topic Maps)
Pour [Abel et al., 2003] « un formalisme candidat intéressant pour la représentation dontologies dans le cadre de mémoire organisationnelle est sans nul doute celui des cartes de topiques ». Les cartes de topiques ont été crées au début des années 1990 par le groupe de documentalistes Davenport pour répondre à une problématique déchange de documents électroniques, et plus particulièrement celui de leur index. Elles sont devenues un standard au début des années 2000. Elles se basent essentiellement sur 3 notions : les topiques (qui sont les représentations informatique dun sujet plongé sans un contexte particulier), les associations (qui existent entre topiques), et les occurrences (qui permettent de décrire laccès aux ressources, à proprement parlé).
Structuration des ressources pédagogiques électroniques
Pour ce qui est de la structuration des RPE, les principaux développements sappuient sur XML (eXtensible Markup Langage). Il sagit dun langage de description de données. Il est issu de SGML (Standart Generalized Markup Language), qui est une norme ISO. XML représente un bon compromis entre la « lourdeur » de SGML et le « peu de rigueur » de HTML, à la fois en termes de fonctionnalités, de robustesse de structuration, et de facilité de programmation. On peut aussi lenvisager comme « un SGML destiné au Web ».
XML fournit une information structurée, sauto-décrivant. Chaque document XML peut en effet revêtir une structure particulière, mais contient la grammaire (une « DTD », ou bien un « schéma XML ») nécessaire pour décoder et comprendre cette structure. Il est à ce sujet important de savoir quavec XML, les parties « données » et « structure » sont séparées (à la différence de HTML, où elles sont intimement liées). Son extensibilité (cest à dire la possibilité de rajouter des balises) est illimitée. Un document XML ne décrit pas en soit la représentation visuelle dun document ; cette tâche est confiée aux feuilles de styles. Ce principe de feuille de style est très souple ; on peu en effet à partir dun document XML, déclarer lutilisation de feuilles de styles spécifiques, et ainsi générer autant de formats daffichage, dimpression, de diffusion, etc. que lon souhaite.
XML permet de stocker et déchanger des données structurées, indépendamment des programmes et systèmes qui produisent et utilisent ces données. Il a vocation à devenir le format déchange universel des données structurées qui transitent sur le Web.
Cette première série de processus a permis daboutir à des RPE « prêtes à lemploi ». Nous allons maintenant étudier les processus qui visent à « manipuler » ces ressources nouvellement produites.
Les processus de manipulation post-conception des RPE
Cette partie, au premier abord, sort du cadre de notre travail ; mais encore une fois, nous rappelons quil ne nous semble pas possible de rationaliser lindexation des RPE, si on exclue totalement lutilisation qui est faite de ces ressources. Cette partie sera cependant moins détaillée que la précédente, car il ne sagit là que de présenter très brièvement les processus situés en aval de lindexation. Nous nous arrêterons à la frontière que forme lutilisation cognitive et pédagogique à proprement parlé des RPE.
Acteurs, usagers et environnement
Acteurs et usagers
Par rapport aux processus précédents, les catégories de personnes ayant relation avec le système, changent significativement. Certaines seffacent, voire disparaissent, et dautres apparaissent. Cest notamment le cas des apprenants, qui étaient jusque-là totalement absents. Ils constituent les principaux usagers de systèmes dinformation elearning. Quant aux enseignants, ils peuvent tout aussi bien être acteurs, quusagers : acteurs quand il sagit pour eux dencadrer des sessions e-learning, (puisquils ont alors un rôle de « médiateur », et de « paramétreur »), et usagers quand il sagit pour eux de rechercher des éléments pédagogiques, en vue de les réutiliser ou de les remodifier. Les personnels techniques et administratifs sont toujours présents, en tant quacteurs. Autant ils étaient très sollicités dans les phases de conception, autant leur fonction se limite ici au contrôle, et à lentretien des systèmes.
Environnement
Lenvironnement dans lequel sont « manipulées » les RPE se modifie également de façon notoire. On ne considère guère plus que les interfaces de recherche de RPE, et les interfaces dutilisation, comprenant parfois des outils périphériques. « Le centre de ressources documentaires est équipé dinstallations fonctionnelles aussi bien destinées à la recherche documentaire quaux activités denseignement et détude, à lorganisation de groupes de discussion, à la production et à la présentation de textes » [Tovoté C., 2001]. Les systèmes de workflow, les mêmes qui permettaient la conception des RPE, seffacent totalement dans cette nouvelle série de processus. On parle davantage de « systèmes tutoriels », ou de « systèmes adaptatifs ». « Les systèmes adaptatifs sont capables de générer du matériel didactique selon le comportement global de lapprenant. Ces systèmes sappuient sur la réelle nécessité de formaliser ou représenter : la matière à enseigner, lapprenant et les stratégies pédagogiques » [Michel et al., 2003, 1].
Mutualisation
Cest un fait : les RPE crées dans les universités sont peu mutualisées [Mermet et al., 2003]. Pourtant la mutualisation présente lavantage de gérer de façon plus saine les ressources financières publiques. Les causes à cette faiblesse de mutualisation sont multiples :
Les RPE sont mal signalisées, peu visibles.
Les RPE ne sont pas robustes, en ce sens que leur pérennité est très dépendante des environnements informatiques, et nest de ce fait pas assurée.
Les RPE créés dans les universités sont encore gérées essentiellement par les enseignants eux-mêmes, et non par les bibliothèques universitaires. Le recensement et le catalogage de tels objets ny sont pas pris en charge à lheure actuelle.
Les RPE posent des problèmes de PI. Les enseignants défendent fermement leurs prérogatives : ils souhaitent être perçus comme des auteurs.
On comprend ici que la mutualisation dépend autant de facteurs techniques, que humains et organisationnels.
Le projet ARPEM prévoit des solutions pour mutualiser les RPE [Mermet et al., 2003]. Les auteurs du projet ont « (
) validé le fait que le désir de réutiliser un objet créé par un tiers était subordonné à la possibilité de le modifier, même légèrement ». Cest pourquoi ARPEM demande aux auteurs des RPE, non seulement lexécutable de leur OP (c'est-à-dire le document PDF, lanimation Flash, lapplet Java, etc.), mais en plus le « source » de cet objet (document RTF, script flash, codes source Java, etc.). Chaque RPE est alors livrée avec une licence détaillant des niveaux dautorisations pour une utilisation future. Les responsables dARPEM ont également observé que la mutualisation des RPE ne dépend pas que des simples logiques techniques et informatiques. Elle nécessite en effet une prise de conscience collective, qui ne peut avoir lieu que si on communique largement les enjeux dune telle entreprise.
DOCCISMeF [Douyère et al., 2003] permet également une interopérabilité des RPE entre les institutions participantes du projet. Cette interopérabilité est basée sur un échange de fichiers formalisés en RDF.
Stockage & archivage
La conception de ces OP, ainsi que leur mise à disposition, est longue, et coûteuse. Il est donc nécessaire de les stocker de manière pérenne, afin de pouvoir les réutiliser, les réutiliser et les conserver le plus longtemps possible. Le projet ARPEM, particulièrement conscient de cette problématique, a pris en compte les logiques darchivage dans son développement. Selon les auteurs, « ARPE offre un archivage fiable, durable et sécurisé des ressources ». [Mermet et al., 2003]
Approches, descriptions et analyses
Dans la partie précédente létat de lart , nous avons globalement introduit notre étude : nous avons successivement présenté son contexte (le e-learning), son objet (les ressources pédagogiques électroniques), de même que les divers processus de conception et de manipulation de ces ressources pédagogiques.
Nous consacrons maintenant cette partie à « lépistémologie », à la méthodologie, et à la description. Dabord, nous essayerons de préciser loriginalité du point de vue des Sciences de lInformation sur le e-learning, et envisagerons dans quelles dimensions sinsère notre étude. Ensuite, nous présenterons notre méthodologie, en détaillant notamment la mise en place du protocole dobservation utilisé. Et enfin, nous procèderons à une première analyse des observations recueillies.
Approche scientifique
Le e-learning et les sciences de linformation
Nous avons vu dans létat de lart que le terme e-learning ne désigne encore rien de manière univoque et stabilisée ; cest pourquoi nous avons proposé de lappréhender comme étant lévolution, provoquée par le numérique, des systèmes et dispositifs denseignements. Mais derrière limaginaire à la fois marketing et « techniciste » du concept, se tient subrepticement une vaste activité de recherche, qui trouve des ramifications à lintérieur de nombreuses sections disciplinaires. Ce que nous voulons tenter ici, cest dexaminer le point de vue sur le e-learning de chacune de ces sections, ce qui nous permettra de mieux comprendre loriginalité de celui des Sciences de lInformation.
Les Sciences Cognitives et les Sciences de lEducation tout dabord, constituent lun des points dapproche du e-learning. Ces disciplines sintéressent aux aspects didactiques, et pédagogiques à proprement parler du elearning ; elles étudient également les processus mentaux permettant lacquisition de connaissances. Lune de leurs questions centrales pourrait être la suivante : « comment enseigner et apprendre à partir dun support numérique ».
Linformatique ensuite, constitue un deuxième point dapproche du e-learning. Attardons-nous un moment sur les fondements de cette discipline. Linformatique, cest la science du traitement automatique de linformation. Elle a pour objet de faire progresser le génie logiciel, qui permet de concevoir des outils pour traiter, échanger, et stocker des données. Linformatique se concentre spécifiquement sur le développement de tels outils, et étudie leur implémentation opérationnelle ou fonctionnelle, autrement dit une implémentation technique. Ses recherches en matière delearning portent principalement sur les hypermédias adaptatifs, sur les systèmes tutoriels intelligents, sur la personnalisation des RPE, et sur le développement de plateformes pédagogiques, comme par exemple les LCMS (Learning Content Management Systems).
Viennent enfin les « Sciences de lInformation et de la Communication », qui trouvent leur place au sein de la 71e section de la CNU cette 71e section appartenant elle-même aux disciplines qualifiées de « transversales ». Ces « SIC », Jacques Perriault les voit comme une « discipline encore jeune qui, pour comprendre les faits sociaux dinformation et de communication, en analyse les techniques, les dispositifs, les usages, les langages et les politiques qui les régissent » [Perriault, 2002]. Le cas Français est atypique, car partout ailleurs on distingue dun coté des Sciences de lInformation, et de lautre des Sciences de la Communication. Toutefois, par un certain regard informel, on peut identifier au sein des SIC françaises, des « Sciences de lInformation » lappellation étant tantôt au pluriel, tantôt au singulier : « Les spécialistes de linformation couramment dite « scientifique et technique » appellent leur spécialité « Science de lInformation » en lui donnant la même acception que les Américains confèrent à « information science » ou les Russes à « informatika » »[Boure, 2002]. Dautres parlent de « Science de lInformationDocumention », et en étudie les conditions démergence et de disciplinarisation. Notre propos nest pas de trancher en faveur dun partage ou dune communion des deux « disciplines » ; nous nous contenterons juste de nommer, par « Sciences de lInformation », la branche des SIC qui se concentre sur les systèmes et dispositifs dinformation.
On parle tantôt de système, tantôt de dispositif : nous ne nous hasarderons pas non plus à proposer une quelconque définition des deux termes ; nous les distinguerons juste en ce que le dispositif, à notre sens, connote davantage la technique le système relevant plus de lintellect, et apparaissant comme une chose plus globale. Mais entre le système dinformation et le dispositif dinformation, là encore les frontières sont floues, et on emploie bien souvent les deux mots indifféremment ; Dailleurs dans sa Thèse de Doctorat, Staii présentait les systèmes dinformation comme des « dispositifs techniques censés organiser et faciliter laccès à linformation » [Staii A., 2003].
Les Sciences de lInformation présentent la particularité notable de combiner des approches informatiques, et sociologiques, pour aborder ces systèmes dinformation. Autrement dit, elles en analysent les composantes techniques, mais également les composantes humaines et sociales. Le elearning, qui met en étroite relation des systèmes (denseignement) et des acteurs (enseignants, apprenants, concepteurs), intéresse donc naturellement les Sciences de lInformation.
En matière de-learning, les recherches en Sciences de lInformation portent principalement sur la structuration, la caractérisation, la combinaison, la mutualisation et enfin, la personnalisation des RPE. Lidée force qui anime tous ces travaux, cest de produire des briques denseignement c'est-à-dire des éléments unitaires dapprentissage que lon puissent assembler, et réorganiser à la demande, en fonction des besoins des apprenants. Lenjeu est de taille : il sagit, dune part, de satisfaire les diverses et nouvelles demandes en terme de formation, et dautre part, de rentabiliser les coûts relatifs à la mise à disposition des RPE.
Les dimensions de létude
Nous venons de voir comment se positionnent les Sciences de lInformation, par rapport aux autres sections disciplinaires, adoptant elles aussi le e-learning comme objet détude. Nous comprenons maintenant mieux en quoi nous adoptons le point de vue des Sciences de lInformation pour aborder le e-learning, et en quoi notre sujet sarticule autours de la notion de dispositif en lespèce un dispositif dindexation. Nous allons maintenant recadrer notre sujet, en précisant sous quel angle aborder chacune des questions dont il recèle.
Notre ambition, cest de modéliser un dispositif visant à rationaliser lindexation des RPE. Nous avons précisé, dans lintroduction, nos trois points dentrée pour ce travail :
Qui peut prendre en charge lindexation des RPE ?
Quels sont les outils techniques et informatiques quil est possible dutiliser ?
A quel standard normatif lindexation des RPE doit-elle saffilier ?
La première question trouve sa place dans une dimension humaine et sociale. Je parle de la dimension qui met en jeu les compétences et les revendications spécifiques à des groupes professionnels en loccurrence les enseignants, les apprenants, etc. et qui met également en jeu les liens et les tensions qui peuvent se tisser entre ces groupes. Cette première dimension détude, je la nommerai « composante humaine du dispositif ».
La deuxième question sinsère dans une dimension technique. Je parle de la dimension qui met en jeu les outils, les méthodes, les moyens logiciels, les systèmes organisés de traitement, qui peuvent avoir trait avec notre dispositif dindexation. Cette deuxième dimension détude, je la nommerai « composante technique du dispositif ».
La troisième question est située dans une dimension normative. Je parle de la dimension qui met en jeu les standards, les recommandations, les normes et les spécifications dont dépendent notre dispositif ; Ces derniers agissent à la manière dun système de contrôle du moins un référentiel , pour notre travail. Cette troisième dimension, je la nommerai « composante normative du dispositif ».
Approche méthodologique
Méthode de travail
Nous venons de positionner « scientifiquement » notre étude. Il nous faut maintenant présenter la méthode danalyse que allons utiliser. Notre objectif, nous le rappelons, cest de modéliser un dispositif permettant de rationaliser lindexation des RPE. Le travail revient en fait à enquêter sur cette indexation des RPE, pour en dresser un état des lieux : état des lieux sur la façon avec laquelle elle est effectuée, état des lieux sur les projets actuels et futurs portants sur son développement, et état des lieux sur lavis dont elle fait lobjet, au sein des groupes qui la pratiquent où qui en bénéficient. La démarche que nous adoptons est hybride : elle oscille entre une approche orientée « corpus » (classique en Sciences de la Communication), et une approche orientée « système » (classique en Informatique) : nous étudierons les différents projets expérimentaux qui se tiennent dans les universités et dans les écoles dingénieurs, avec pour but den découvrir les similitudes du point de vue organisationnel, den comprendre les stratégies de conception, et den faire remonter les « points forts » ; en parallèle à ce travail sur corpus, nous nous concentrerons sur des dispositifs e-learning, que nous analyserons, testerons, et comparerons.
Mise en place du protocole dobservation.
Présentation du corpus
La principale matière de létude est un corpus de dispositifs e-learning, jentends par là des systèmes organisés, ayant globalement pour mission de mettre à disposition des RPE. Les dispositifs e-learning qui nous intéressent sont ceux qui se tiennent dans les universités et les écoles dingénieur, c'est-à-dire quon se limite à la formation « académique », et que lon tient de coté celle qui a lieu dans le monde professionnel. Nous ne signifions toutefois pas que le elearning est le propre des études supérieures, mais seulement que cest par ce point daccès que nous labordons. Nous nous bornerons pour ce DEA à étudier le cas français. Nous utiliserons tous les moyens possibles pour aborder et comprendre ces dispositifs elearning. Le principal moyen daccès sera la rencontre de personnes rattachées de près comme de loin à ces dispositifs. Pour compléter ces interviews, nous travaillerons sur divers documents de travail que lon voudra bien nous remettre. Ces documents de travail pourront être des cahiers des charges, ainsi que des comptes-rendus divers et variés. Nous balayerons enfin diverses ressources Internet traitant de ces dispositifs, ou indiquant létat des discussions en cours. Parmi ces ressources ont distingue notamment les sites fédérateurs sur les TICE que sont ANCOLY (Animation du Campus Ouvert de Lyon) et GRECO (GREnoble Campus Ouvert).
Notre corpus comporte 6 principaux dispositifs e-learning, tous situés dans la région RhôneAlpes, et rattachés aux établissements ou projets suivants :
ARPEM (Archivage des Ressources PEdagogiques Multimédia), rattaché à GRECO (GREnoble Campus Ouvert),
LEPI (Espace Pédagogique Intégré) » de lENS (Ecole Normale Supérieure de Lyon),
La plateforme SPIRAL, de lUCBL (Université Claude Bernard de Lyon) ,
FORMIST et Passerelle, de lENSSIB (Ecole Nationale Supérieure de Sciences de lInformation et des Bibliothèques),
INSAV, de INSA de Lyon (Institut National des Sciences Appliquées),
DREW, de lENSMSE (Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne).
Nous présenterons plus en détail ces dispositifs dans la suite du mémoire.
Au total, 13 personnes ont été interviewées, réparties ainsi : deux pour ARPEM, deux pour lENS, une pour lUCBL, quatre pour lENSSIB, deux pour lINSA, et deux pour lEMSE.
Catégorisation des personnes interviewées
Nous avons constaté, dans létat de lart, la difficile segmentation des acteurs du elearning : nulle part on ne trouve de classification, ni même de terminologie, discriminant leurs profil, fonctions et compétences. Notre avis est que sans une telle terminologie, on ne peut pas étudier « qui peut prendre en charge lindexation des RPE » de manière rigoureuse. De ce point de vue, la catégorisation des acteurs du e-learning ne serait-ce que les acteurs candidats pour lindexation des RPE savère être un jalon nécessaire à notre étude.
Mais si cette catégorisation apparaît comme nécessaire, comment y réfléchir, si on na pas admit au préalable un « embryon » de catégorisation ? Dans « Larchéologie du savoir », et à propos de la notion de discipline, Foucault disait : « Je naccepterai les ensembles que lhistoire me propose que pour les mettre aussitôt à la question » [Foucault, 1969]. Cest dans une logique similaire que nous voulons penser la catégorisation des acteurs du e-learning : nous allons constituer une première typologie, que nous soumettrons à lexamen. Cette typologie nous permettra dapprocher, puis de pénétrer la dimension humaine et professionnelle de létude. Ce faisant, nous verrons si cette catégorisation est satisfaisante, ou si il faut la remanier, voire même en établir une autre.
Pour constituer cette catégorisation, quavons-nous à disposition ? Les travaux cités dans létat de lart font état de plusieurs « métiers », ou « profils » professionnels, tels les informaticiens, les bibliothécaires, les documentalistes, les enseignants, les experts en multimédia, en scénarisation, ainsi que les divers personnels techniques et administratifs, proches des cellules TICE. Ces appellations, à défaut dêtre nulle part explicités, nont pas réellement de teneur, essentiellement parce que les frontières qui les séparent sont minces, et qui plus est, mouvantes. En effet, un documentaliste et un bibliothécaire exercent souvent des fonctions assez proches, bien quils appartiennent chacun à des institutions différentes. Il en va de même pour ces « bibliothécaires-documentalistes » et pour les informaticiens, puisque les « bibliothécaires-documentalistes » détiennent parfois de vraies compétences informatiques, et peuvent de ce fait se positionner comme étant des « ingénieurs documentaires ». Il en va encore de même pour les informaticiens et pour les enseignants certains enseignants étant également informaticiens. Et cest encore la même chose entre les informaticiens et les experts multimédia. Ainsi, lon se rend compte quil existe des missions, et des compétences transversales aux « métiers » habituellement cités.
Ces appellations, nous venons de le voir, nont guère de consistance. Pour quelles soient considérées comme des catégories dacteurs, il faut les délimiter, et leur donner une vraie densité. Ce que nous proposons donc, cest de considérer chaque acteur pour ce quil est originellement. En dautres mots, cest en fonction de sa formation initiale quon va le définir comme acteur. Lhypothèse que cela sous-tend, est que la formation universitaire ou professionnelle dune personne la « formate », en quelque sorte, et lui confère une espèce de « prédisposition de lesprit » qui conditionnera sa manière de conduire son activité e-learning. Mais ce que nous cherchons ici à tester, ce nest pas tant lhypothèse en soi, mais plutôt ce quelle implique. Notre procédé de raisonnement est proche de labduction. Labduction, nous dit Peirce, « est une méthode pour former une prédiction générale sans assurance positive quelle réussira dans un cas particulier ou dordinaire, sa justification étant quelle est le seul espoir possible de régler rationnellement notre conduite future, et que linduction fondée sur lexpérience passée nous encourage fort à espérer quà lavenir, elle réussira » [Peirce, 1978]. Ainsi, lhypothèse que nous avons formulé nen est pas réellement une ; elle agit plus comme un « pronostic ».
On distingue alors quatre catégories dacteurs. Ces catégories, nous les nommerons « corporations ». Considérons dabord une première corporation, celle des « bibliothécaires ». Sous cette étiquette, nous englobons les conservateurs, les bibliothécaires, les archivistes, et les documentalistes, bref, les spécialistes de la gestion, de la recherche, et de la sauvegarde de linformation et des documents. Cette catégorie de « bibliothécaires » désigne ainsi les personnes qui, dans leur approche du e-learning et des RPE, privilégieront laspect « contenu », plutôt que laspect « technique ».
La deuxième corporation est celle des « informaticiens ». Stricto sensu, cette catégorie rassemble les experts en informatique, en programmation, en réseau, bref, les personnes formées au maniement des ordinateurs. Cette catégorie « dinformaticiens » désigne ainsi les personnes qui, dans leur approche du elearning et des RPE, privilégieront laspect « technique », plutôt que laspect « contenu ».
La « enseignants » constituent la troisième corporation. Il sagit tout simplement des personnes qui mènent habituellement des missions pédagogiques, et qui de ce fait, sont amenées à produire et à dispenser des cours. Du point de vue de ces personnes, les dispositifs elearning constituent des environnements, ou des outils de travail.
Et enfin, admettons les « chercheurs » comme quatrième corporation. Ces personnes sont à distinguer de la troisième catégorie celle des enseignants ; en effet, les enseignants à luniversité étant également chercheurs, et vice-versa, on pourrait ainsi confondre les deux ; mais ce que nous entendons ici, cest de les distinguer justement suivant ces deux « sousmissions ». Le chercheur nest alors envisagé que sous langle de son activité de recherche. Nous ne considérons toutefois que les chercheurs qui adoptent le elearning comme objet détude, et qui, de ce point de vue, ne sont pas à proprement parler « dans le dispositif ».
Nous sommes maintenant en mesure de catégoriser nos 13 interlocuteurs : selon la typologie proposée, nous avons interviewé 3 « bibliothécaires », 5 « informaticiens », 1 « enseignant », et 3 « chercheurs ».
Grille dInterview
Nous présentons ici la liste des questions qui nous ont servi lors des entretiens. Ces questions sinsèrent respectivement dans les trois dimensions de notre étude, à savoir la dimension humaine avec les aspects « professionnels et collaboratifs », la dimension technique avec les aspects « bibliothéconomiques et techniques », et la dimension normative avec les aspects « normatifs et sémantiques ».
Aspects professionnels et collaboratifs
Présentez en quelques mots votre vos différentes missions relatives au domaine pédagogique | vos thèmes de recherche.
Au sein de votre dispositif e-learning, quelles sont les fonctions ou catégories professionnelles que vous identifiez ?
Au sein de votre dispositif e-learning, observez-vous des tensions, ou des revendications particulières ?
Etes-vous amené à collaborer avec des concepteurs, avec des gestionnaires, ou avec des utilisateurs de RPE ? Si oui, avec qui, et comment ?
Cette collaboration est-elle aléatoire ou planifiée ? Quelles en sont les lois, lorganisation globale ?
Cette collaboration sappuie-t-elle sur une organisation informatique, de type workflow ou groupware ? Si oui, en est-elle totalement dépendante ?
Par ces questions, je vais tenter de voir quelles sont les fonctions et les compétences qui se détachent des divers environnements, pour ainsi mettre à lépreuve ma catégorisation des acteurs. Mais mon pressentiment est plutôt que chaque acteur détient un « faisceau de compétences ». Ceci renforcerait lune de mes hypothèses de départ, selon laquelle lefficience de lindexation se situe dans un collectif dacteurs, ayant des compétences variables mais complémentaires. Jespère aussi pouvoir dévoiler une partie des liens et tensions qui se tissent ou peuvent se tisser entre ces acteurs.
Aspects bibliothéconomiques et techniques
Au sein de votre dispositif e-learning, comment lindexation des RPE est-elle concrètement effectuée ?
Lindexation y est-elle effectuée totalement manuellement, où est-elle prise en charge pour partie par lordinateur ?
Estimez-vous quune indexation totalement automatique des RPE est envisageable ?
Ce que jaimerais ici montrer, cest que le traitement intellectuel des RPE ne fait pas encore lobjet dune priorité particulière, au sens de la tradition bibliothéconomique. Je postule quil y a encore trop souvent, une frontière bien marquée entre cellule TICE et bibliothèque. Je pense aussi que la mise à disposition globale des RPE est encore trop souvent laffaire des informaticiens, qui nattachent pas assez dimportance à lindexation.
Aspects normatifs et sémantiques
Comment jugez-vous le rôle et limportance du LOM, dans les dispositifs denseignements actuels et à venir ?
En quoi estimez-vous que le LOM peut faire levier, ou freiner le développement des dispositifs denseignement ?
Les standards proches du LOM prévoient dassocier aux métadonnées, des langages documentaires. Selon-vous lequel de ces langages documentaires serait-il le plus judicieux dutiliser ?
recueil dobservations
Description des environnements TICE visités
Nous allons procéder ici à une description générale des TICE mises en uvre dans les différents environnement visités et par « TICE » nous sous-entendons les cellules TICE, de même que les dispositifs e-learning quelles mettent en place.
Les TICE à GRECO
« Le projet GreCO (Grenoble Universités Campus Ouvert) est né de la volonté des établissements denseignement supérieur de lacadémie de Grenoble (fédérés au sein du consortium Grenoble Universités) dadopter une stratégie commune et cohérente de déploiement des TICE ». GRECO rassemble, fédère, et renforce les cellules TICE présentent dans chacun des établissements partenaires, en développant pour elles une politique de déploiement commune, et en mutualisant les ressources et efforts quelles génèrent.
Cest à linitiative de GRECO que le dispositif ARPEM (Archivage de Ressources PEdagogiques Multimédia) a été lancé. Présenté comme étant « le service archivage de GRECO », ARPEM est en réalité un « dispositif de gestion, de sauvegarde et de mise à disposition des ressources pédagogiques multimédia produites au sein des universités du consortium Grenoble Université ». En somme, ARPEM reprend le principe dune archive ouverte, à ceci près que son but nest pas de mettre en visibilité des travaux de recherche, mais des travaux pédagogiques. ARPEM sadresse donc non pas à des chercheurs, mais à des enseignants. Ces derniers peuvent entreposer leurs productions pédagogiques en vue de les conserver de manière sure et pérenne ; il peuvent également rechercher des RPE produites par dautres enseignants, afin de les réutiliser, voire même de les modifier. En outre, pour les établissements partenaires, ARPEM offre le moyen de superviser lutilisation et le déploiement des TICE qui a lieu en leur sein.
ARPEM comporte trois types dutilisateurs : le visiteur, lauteur, et lindexeur. Le visiteur tout dabord, a le droit dinterroger ARPEM pour rechercher des RPE RPE quil pourra se réapproprier ou non suivant les restrictions dusages en vigueur. La deuxième catégorie dutilisateur lauteur est un visiteur qui dispose de droits de publications de RPE : il est autorisé à déverser dans ARPEM de nouvelles RPE, et peut également mettre à jour les RPE quil a déjà entreposées. Et enfin, lindexeur est un auteur qui a le droit (et le devoir) de compléter la description de nimporte quelle ressource qui est soumise à ARPEM.
Au travers dARPEM, lindexation des RPE seffectue en deux parties. Tout dabord lenseignant-auteur, au moment dentreposer sa ressource, doit renseigner une première série de métadonnées. Ces métadonnées sont notamment : « titre », « description », « type de ressource », et « mots-clés ». Il doit également stipuler les conditions daccès à sa ressource ; à cette fin, il a le choix entre quatre licences dusage, toutes rédigées par ARPEM, et allant du niveau le plus restrictif (simple consultation) au niveau le plus tolérant (utilisation libre). Si aucune de ces quatre licences ne lui convient, il peut en créer une autre. En outre, lenseignant-auteur a la possibilité de cocher une case, autorisant ou non laccès direct à sa ressource aux autres enseignants. A lissue de cette première phase dindexation, la RPE nest pas encore « publiée ». La grille de métadonnées que lenseignant a renseignée est alors transmise à lindexeur, qui se charge de la compléter, notamment en rajoutant des métadonnées sémantiques et techniques. Ce nest quà la fin du travail effectué par lindexeur que la ressource est visible dans ARPEM. Il est également à noter que lindexation dans ARPEM est conforme au LOM Draft 6.1.
En létat, le dispositif ne contient pas plus de cinquante RPE, produites par seulement huit auteurs différents. ARPEM a pu soffrir pendant un temps les services dun contractuel, notamment pour prendre en charge la partie indexation que nous avons détaillée plus haut. Le contrat de cette personne sest récemment terminé. A défaut davoir réellement démarré, le projet a été mis en « stand bye ».
Les TICE à lENS
PR@TIC est le nom de la cellule TICE de lEcole Normale Supérieure de Lyon. « Pr@tic est un service transversal de l'ENS Lyon assurant la veille et le développement de ressources dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC) ». Cette cellule a mis en place un large panel de dispositifs e-learning, destinés à des publics différents, et conçus dans des perspectives différentes.
Une première série de dispositifs est de lordre du site Web, mettant à disposition des RPE. On trouve ainsi les sites Planet Terre et Culture Sciences Physique, qui sont tous deux destinés à accompagner les enseignants en Sciences Physiques et en Sciences de la Terre au lycée. Dautres sites proposent encore des RPE, mais cette fois sur un sujet circonscrit : sur les cadrans solaires, sur la biologie florale, et sur la PCR (Polymerase Chain Reaction).
Mais le dispositif qui nous intéresse le plus nest pas de cet ordre là : il sagit bien plus que dun « site à RPE », mais dun « environnement numérique de travail ». Ce dispositif, les responsables des TICE à lENS lont nommé « Espace Pédagogique Intégré (EPI) ». Audelà du nom, se tient un concept : lidée cest quen un point unique, et de manière totalement transparente pour lutilisateur, se trouvent regroupés le CMS, le LMS, le bureau virtuel étudiant, des outils auteurs, ainsi quun espace collaboratif. La personne interviewée nous explicitait de concept par ces termes : « ce nest pas à la pédagogie de sinsérer dans un bureau virtuel, cest au bureau virtuel de fournir des services à la pédagogie ». Lobjectif de lEPI est ainsi daccroître la visibilité de lensemble des outils et ressources de lécole, et de centraliser en un point unique lusage qui est fait de ces outils et ressources.
Du point de vue interne, cet espace pédagogique intégré sappuie sur un schéma XML « maison » pour la structuration, ainsi que sur le LOM pour lindexation. Le schéma XML se prénomme « livredoc » ; il est dérivé du docbook qui est lune des normes émergentes du XML et totalement « docbook compatible ». De ce fait, livredoc est un schéma générique, à destination de nimporte qui voulant structurer presque nimporte quelles ressources électroniques. Toutefois, livredoc a été conçu pour être plus simple que le docbook. Loutil auteur de lespace pédagogique intégré sappuie sur ce livredoc, et sur un éditeur XML issu du monde libre. Loutil auteur a été conçu de telle manière quau fur et à mesure de lélaboration de la RPE (à lENS, on parle « darticles »), lenseignant-auteur soit obligé dinsérer certaines métadonnées pour la caractériser ; cest par exemple le cas lorsquon fait appel à une ressource déjà produite, comme un schéma ou une figure. Par ce biais, cest donc une première strate dindexation qui est effectué. Toute cette partie concernant la structuration est dores et déjà opérationnelle ; quand au développement relatif à lindexation à proprement parler, il est en phase beta test. Pour linstant, le dépôt dune RPE est indépendant de son indexation, et seul un très petit nombre denseignants procède à lindexation systématique des RPE quil produit, et cest en définitive aux personnels de la cellule TICE que revient la charge de décrire ces RPE. Mais lobjectif, cest quà terme, ce soit les enseignants euxmêmes qui indexent systématiquement les RPE. La cellule TICE est ainsi en train de finaliser un outil, permettant dindexer les ressources pédagogiques de manière conviviale : il sagit dun site Web, à partir duquel on indexera grâce à des masques de saisie. Derrière ces masques de saisie, cest lintégralité du LOM version 1.0 qui a été paramétré. Lenseignant aura à sa disposition des filtres, choisissant un profil à lintérieur du LOM. Le profil respecte ainsi le LOM, mais ne renseigne pas lensemble des métadonnées. PR@TIC a également conçu son propre thésaurus, permettant de référencer toutes les RPE produites à lENS de manière univoque et contrôlée. A ce thésaurus, il est tout à fait possible de rajouter une balise Dewey qui pourrait à terme être prise en charge par les bibliothécaires de lENS.
Les TICE à lUCBL
PRATICE est le nom du service TICE de lUCBL (Université Claude Bernard de Lyon). « PRACTICE a pour mission générale de contribuer à l'amélioration de l'offre de formation en favorisant le développement des Technologies d'Information et de Communication, comme l'un des supports des enseignements ».
La personne de PRACTICE que nous avons rencontrée est le chef de projet à SPIRAL. SPIRAL est le dispositif e-learning majeur développé à lUCBL. En lespèce, il sagit dune plateforme pédagogique « fullweb », qui cumule les fonctionnalités dun LMS et dun CMS : elle permet en effet de produire, de gérer et de diffuser des RPE ; elle prend également en charge la gestion des apprenants, le suivi des parcours dapprentissage, de même que la collaboration entre tuteurs et apprenants.
La production de RPE peut seffectuer de deux manières. Soit lenseignant est autonome, et utilise seul les outils auteurs mis à sa disposition, soit il peut recourir à laide de la cellule TICE ce qui est notamment le cas pour les productions pédagogiques nécessitant une scénarisation ou un recours au multimédia particuliers.
Tout enseignant souhaitant utiliser SPIRAL doit au préalable sinscrire, ce qui aboutit à son référencement au sein de la plateforme. Il se voit alors doté dun « profil », qui vient renseigner automatiquement une partie des métadonnées décrivant les RPE quil est amené à publier. Ces métadonnées sont notamment sa « Discipline », son « Nom », et son « UFR de rattachement ». Cette indexation automatique seffectue pour lui de manière totalement transparente.
Mais cette prise en charge automatique de certaines métadonnées ne suffit pas à indexer pleinement la RPE ; cest pourquoi lenseignant, au moment de publier sa ressource, se voit obliger de remplir un formulaire Web, visant à lindexer plus finement. En moyenne, la saisie de ce formulaire ne dépasse pas dix minutes. On y trouve notamment les champs « titre », « type », « durée », et « mots clés » mots clés que lenseignant peut choisir à partir de deux classifications, à savoir la Dewey et le Mesh. Lenseignant peut également, sil le souhaite, compléter la description par un résumé. Le cours est exportable en LOM ou en SCORM.
En parallèle aux RPE produites au travers de SPIRAL, dautres bases sont mises à disposition. Les ressources de ces bases ont été produites antérieurement, et nont pas été indexées par leurs auteurs. Pour que les enseignants puissent utiliser et se réapproprier ces contenus, les développeurs de SPIRAL ont paramétré un moteur dindexation full text, ce qui permet aux enseignants recherchant leurs cours dans SPIRAL de retrouver également ces ressources annexes. Il est également à noter que le moteur dindexation full text fonctionne aussi sur les ressources produites dans SPIRAL.
Les TICE à l ENSSIB
La cellule TICE de lENSSIB est toute récente, et dérive de lancienne cellule NTE (Nouvelles Technologies Educatives), dont la mission était globalement dintroduire les TICE dans lécole.
LENSSIB a mis en place un outil de travail collaboratif, qui tient également lieu de portail pédagogique, donnant accès aux différentes formations ENSSIB. Ce dispositif est raccroché à lIntranet de lécole, de manière totalement transparente pour lutilisateur lagrégation de tous ces outils portant le nom de « Passerelle ». Ce dispositif e-learning global ne présente pas les fonctionnalités dun LCMS.
La cellule TICE sest vue attribuer un financement INCA, pour instituer un circuit complet de mise à disposition de RPE, depuis leur création jusquà leur archivage, en passant par leur diffusion et leur indexation. Au cur du projet INCA, la question de lindexation apparaît comme étant cruciale. Cette indexation doit évidement permettre de retrouver et dutiliser la RPE « en contexte », mais également « hors contexte » ; en dautres mots, lidée cest que la RPE puisse être utilisée de manière transversale aux différents cours, et réutilisée dannée en année. Lindexation est donc envisagée sous langle de la réutilisation et de la mutualisation. Parallèlement à ce projet INCA, se développe un projet de bureau virtuel rhônalpin.
En parallèle à la cellule TICE, un autre service mène une activité e-learning : il sagit du service FORMIST. Ce service se présente comme étant « le réseau francophone pour la formation à lusage de linformation dans lenseignement supérieur ». A ce titre, FORMIST met à disposition un répertoire de RPE (cours en ligne, fiches techniques, etc.), permettant globalement dapprendre à rechercher et à manipuler linformation sur Internet. Ce répertoire est destiné à quiconque voulant se former aux différentes pratiques informatives ces personnes pouvant tout aussi bien être des étudiants, des enseignants, des bibliothécaires, que des formateurs. Le service FORMIST est en pleine restructuration. Ses responsables souhaitent le faire évoluer en un CMS, intégrant XML, lOAI, et RDF. A terme, les ressources seraient accessibles au travers dune classification, sinspirant non pas de la Dewey, mais de celle du CNU (Conseil National des Universités).
Les TICE à lINSA
MATICE est le nom de la cellule TICE de lINSA de Lyon. « MATICE conseille et soutient l'ensemble des enseignants souhaitant intégrer les TICE dans leurs pratiques pédagogiques. MATICE assure la recherche, le montage, la supervision et le suivi de projets TICE en réponse à des appels d'offre internes, régionaux et nationaux ».
MATICE participe à la définition, à la conception, et à limplémentation de plusieurs dispositifs e-learning, dont lun de plus notables est certainement INSAV. Il sagit là du campus numérique fédérateur des INSA. La particularité dINSAV est de développer ce quon appelle des « jeux dentreprise ». Ces jeux dentreprises sont de simulations dans lesquelles « lapprenant est placé au centre dun scénario qui le rend actif, lamène à chercher de linformation, à acquérir des connaissances à travers des objets pédagogiques multimédia ». Pour le reste, lINSA de Lyon a acheté une plateforme pédagogique, lui permettant de mettre à disposition et de gérer ses diverses productions pédagogiques ; cette plateforme fait également office de bureau virtuel.
La personne de lINSA que nous avons interviewée à propos des dispositifs, nappartient ni à léquipe MATICE, ni au groupe de travail sur INSAV : elle est rattachée à DOCINSA, c'est-à-dire à la bibliothèque de lINSA de Lyon. Cest donc du point de vue « bibliothécaire » quil nous a été donné denvisager les dispositifs e-learning de lINSA. DOCINSA et INSAV mènent conjointement des réflexions sur le management des RPE. Ensembles, ces deux entités ont posé les bases dun futur processus dindexation des RPE. A terme, lidée cest quil y ait une équipe de conception MATICE , qui produise les RPE, et ce faisant, qui renseigne certaines métadonnées techniques. Ensuite, le travail reviendrait à lenseignant, qui renseignerait le coté pédagogique. Et après, le travail passerait à lindexeur une personne de DOCINSA , qui aurait pour tâche de compléter la description effectuée par lenseignant. Toute cette trame dindexation reposerait sur le LOM, et serait supporté par un workflow indépendant de la plateforme pédagogique. Un appel doffre a dores et déjà été lancé pour son développement.
Les TICE à EMSE
Le dispositif e-learning de lEMSE (Ecole Nationale Supérieure des Mines de StEtienne) que nous avons abordé est un outil intelligent pour lapprentissage des techniques argumentatives, destiné aux élèves et enseignants du secondaire. Lobjectif visé est damener ces élèves à acquérir des connaissances, en sexerçant à des pratiques argumentatives. Ce dispositif a été construit dans le cadre dun projet européen, par une équipe de chercheurs en informatique de lEMSE ; il a ensuite été expérimenté en collaboration avec des chercheurs en Sciences Cognitives et en Sciences de lEducation.
Le dispositif rassemble dun part un outil de débat collaboratif synchrone DREW (Dialogical Reasoning Educational Web tool) , et dautre part un outil auteur PWS générant des pages Web dynamiques pouvant embarquer des applets de DREW. En outre, le dispositif englobe des RPE portant sur des thèmes précis et controversés comme par exemple les OGM , thèmes sur lesquels les élèves sont censés acquérir des connaissances.
Le fonctionnement est simple : les élèves se documentent en consultant les RPE mises à leur disposition, se concertent, prennent position, et à la fin, construisent des posters pour rendre compte de leur travail.
Un site Web a été conçu pour donner accès à ces divers outils et ressources. De plus, un papier rendant compte de ses fonctionnalités est disponible.
Le standard de métadonnées qui a été utilisé pour décrire les RPE du dispositif est le Dublin Core, qui a été complété par des extensions spécifiques à largumentation. Lindexation effectuée est minimale ; ceci dit lidée nétait pas daboutir à un creuset de RPE interopérable, mais plutôt à un dispositif facile à alimenter et à utiliser par les enseignants et élèves.
Nous précisons quil existe également un dispositif e-learning plus global à lEMSE qui se nomme GVE (Grande Ecole Virtuelle) , mais qui est en cours de développement.
Analyses transversales
Cette partie se situe à la frontière entre lobservation et lanalyse : nous allons recouper lensemble des dispositifs e-learning décrits précédemment, par une série de thèmes transversaux, ayants traits aux dimensions humaine, technique, et normative de létude. Pour à la fois appuyer et illustrer nos propos, nous retranscrirons des extraits dinterviews particulièrement signifiants.
Lindexation des RPE tend à la consolidation
Le premier constat global que lon puisse tirer, cest que lindexation des RPE est en phase de consolidation.
Elle se consolide déjà à un premier niveau, qui est celui du questionnement c'estàdire au niveau des idées. Pourtant, dans lintroduction, nous remarquions quà travers tous les travaux de recherche portant sur le e-learning, la thématique de lindexation des RPE apparaissait en filigrane, mais ne constituait presque jamais lobjet central des réflexions. Il savère en fait que cette thématique se développe intrinsèquement : elle nest pas encore assez formalisée et concrétisée, mais tout de même présente et débattue. En effet, les personnes que nous avons interviewées ont la plupart du temps manifesté un vif dintérêt à lannonce de notre sujet. Ces personnes se sont également montrées curieuses de connaître nos résultats et conclusions. Leur attitude est pour nous le signe que notre réflexion nest pas isolée, mais se situe au cur de la mouvance actuelle du elearning.
Lindexation des RPE se consolide ensuite à un deuxième niveau, qui est celui du développement des dispositifs e-learning. Elle tend à la consolidation en ce sens que le niveau de priorité quon lui attribue, va en saccroissant. On observe en effet que de plus en plus, les dispositifs elearning intègrent et vont intégrer des systèmes dindexation obligatoire quand ce nest pas lensemble du dispositif lui-même qui est centré sur lindexation, comme cest par exemple le cas dARPEM.
La tendance est à lindexation en strates successives.
Sil est une tendance à souligner, tendance récurrente à la majorité des dispositifs visités, cest que lindexation des RPE seffectue par strates successives. Nous entendons par là que lindexation des RPE est le plus souvent morcelée en étapes, prises tour à tour en charge par un type dacteur précis, et que la superposition de ces actes collaboratifs génère une indexation aussi fine et complète que possible.
Cette indexation en strates successives, prenons le temps de la détailler, dans sa forme la plus récurrente. La première strate dindexation est prise en charge par les enseignants. Ils se chargent de renseigner le contenu pédagogique à proprement parler, cest à dire quel est titre de la RPE ? A qui estelle destinée ? A quel prérequis fait-elle appel ? Quel est son but pédagogique, etc. Une deuxième strate dindexation est prise en charge par les bibliothécaires. Ceux-ci se chargent de compléter, voire de convertir la description effectuée par les enseignants en une description sémantique plus formelle et plus universelle. Ils se réfèrent pour ça à des langages documentaires spécifiques, du type thésaurus ou classifications. En somme, leur collaboration consiste à « remettre en forme » la strate renseignée par les enseignants. Enfin vient la troisième strate, qui est prise en charge par les informaticiens. Ceux-ci ont pour charge de renseigner certaines métadonnées dordre technique, nécessaires au fonctionnement des plateformes et à leur mise en dialogue. Ainsi, on voit de profiler et se superposer trois natures de strates dindexation : la première pédagogique, prise en charge par les enseignants, la deuxième sémantique, prise en charge par les bibliothécaires, et la troisième technique, prise en charge par les informaticiens.
Dans létat actuel des choses, seul le dispositif ARPEM a concrètement développé et mis en place un tel model à ceci près que dans ARPEM, la personne qui soccupe de la strate sémantique soccupe également de la strate technique. Toutefois, létude des divers cahiers des charges, et les propos recueillis à propos des projets en développement, nous a montré que cest la tendance vers laquelle sorientent les dispositifs e-learning.
Il convient finalement de préciser le point de vue du seul dispositif qui fait objection à cette règle en devenir : il sagit de SPIRAL, plateforme pédagogique de lUniversité Claude Bernard Lyon1. SPIRAL prône une indexation uniquement prise en charge par les enseignants. La personne de SPIRAL que nous avons rencontrée nous a explicité ce point de vue en ces termes : « On a plus de 700 enseignants qui utilisent la plateforme. Ca fait une force dindexation bien plus importante que si on mettait trois personnes à temps plein ».
La question que pose cette mise en tendance de lindexation des RPE est la suivante : Les dispositifs e-learning doivent-ils incorporer un model dindexation en strates successives ? Le fait quARPEM est actuellement en stand-by, et que SPIRAL rencontre un vif succès, est significatif, mais comment linterpréter ? Cest ce que nous analyserons dans la partie « Discussions et hypothèses ».
Lechec de notre catégorisation des acteurs du e-learning
Dans une précédente partie, nous avons procédé à une catégorisation des acteurs du elearning cette catégorisation étant le moyen pour aborder la dimension professionnelle de létude. Nayant en effet à notre disposition aucune typologie explicite et consensuelle, nous ne nous étions pas sentis en mesure de réfléchir à « qui peut prendre en charge lindexation » de manière rigoureuse. Cest ainsi que nous avons proposé de catégoriser les acteurs suivant leur profil initial, en admettant que leur formation universitaire conditionne leur manière dappréhender et dexécuter leur activité e-learning. Ce faisant, nous discernions quatre corporations : les bibliothécaires, les informaticiens, les enseignants, et les chercheurs.
Comment pouvons-nous tester concrètement notre catégorisation ? Le moyen le plus évident nous semble être danalyser les diverses fonctions occupées au sein dune même corporation, pour ainsi mettre en balance le potentiel des personnes qui sy trouvent rattachées, avec la réalité du poste quelles occupent. Si notre catégorisation fonctionne, on pourrait alors observer une adéquation entre le potentiel et la fonction. Pour ce qui est de lindexation notamment, on constaterait ainsi que les bibliothécaires décrivent le plus souvent le contenu (ou la sémantique), les informaticiens la technique, et les enseignants la pédagogie.
Suite à nos différentes observations, il savère que notre catégorisation ne semboîte que difficilement dans la réalité des dispositifs. Nous constatons en effet que chaque corporation ne prend pas systématiquement en charge les missions que nous lui avions attribuées à priori. Dans bien des cas, nous avons même observé une paradoxale inversion des rôles : les informaticiens se mettent à concevoir des thésaurus comme cest le cas à lENS , et les bibliothécaires à réfléchir aux dispositifs techniques comme cest le cas à lENSSIB. Idem à ARPEM, où cest un bibliothécaire qui se chargeait de remplir la strate technique de lindexation. De ce fait, nos corporations de bibliothécaires et dinformaticiens ne tiennent plus.
Nous avons constaté un phénomène encore plus insoupçonné : les enseignants qui utilisent le plus les dispositifs e-learning, sont également les chercheurs qui en étudient les usages. A titre dexemple, la personne que nous avons rencontrée à lENSSIB, est lauteur dune des RPE les plus utilisée au sein de cet établissement ; et cette personne est également une chercheuse, qui travaille sur les usages qui se tissent autours des RPE. Ainsi, dans le monde du e-learning, létude et lusage des dispositifs ne se sont pas encore désolidarisés. Et en définitive, nos corporations denseignants et de chercheurs ne tiennent plus.
En fait, létat actuel des choses nous suggère de ne pas penser les acteurs du elearning de par leurs compétences ou formations initiales, mais plutôt de par leurs rôles ou activités au sein des dispositifs. En somme, lacteur serait définit, non plus par sa formation, mais par sa fonction. Et ces fonctions, nous avons pu en répertorier quelques-unes. Certaines personnes interviewées distinguent les « responsables du contenu », des « responsables de la forme ». Dautres identifient les enseignants/auteurs, les enseignants/tuteurs, les apprenants, les gestionnaires pédagogiques, les gestionnaires administratifs (de la formation et/ou des ressources), les gestionnaires techniques. Ces éléments pourraient ainsi constituer la base dune nouvelle catégorisation des acteurs e-learning.
Quel est le sens de toutes ces contradictions ? Que faut-il penser de léchec de notre catégorisation des acteurs e-learning ? Quelle nouvelle catégorisation faut-il adopter ? Cest ce que nous analyserons dans la partie discussions et hypothèses.
les difficile espérances de lindexation humaine
Lindexation des RPE se heurte à une imposante barrière humaine : les enseignants sont réfractaires à lidée que leurs travaux pédagogiques soient accessibles par tous. Les personnes que nous avons rencontrées à GRECO nous ont explicité ce phénomène en ces termes : « Autant les enseignants ont lhabitude de partager leurs travaux de recherche, autant ils nont pas lhabitude de partager leurs cours », phénomène quils expliquent par le fait que « les enseignants ne sont pas jugés sur la qualité de leur pédagogie ». Ce phénomène nest pas isolé à GRECO, mais récurrent à lintégralité des environnements visités.
Dautre part, lorsque les RPE sont mutualisées, les enseignants nacceptent de les réutiliser quà la condition de pouvoir se les réapproprier c'est-à-dire les modifier , ne serait-ce que légèrement. Cet autre phénomène a été mis en évidence à GRECO et à lUCBL. Larticle [Mermet et al., 2003] en rend compte.
Mais ces diverses revendications émanant des enseignants, la plupart des cellules TICE les connaissent déjà très bien. Et de plus en plus, elles en tiennent compte pour la conception et laménagement de leurs dispositifs e-learning. Dans ARPEM et SPIRAL notamment, lenseignant qui mutualise sa ressource à la possibilité den spécifier lusage : il peut autoriser soit son utilisation totale, soi partielle, soi même en interdire laccès, en la rendant invisible pour les autres enseignants.
Lindexation des RPE hérite naturellement du problème déchange évoqué plus haut : les enseignants nindexent pas les RPE quils produisent, car ils ne souhaitent pas quon puisse les réutiliser ou même les consulter. A ce problème de réutilisation, on peut rajouter le fait que les enseignants ne veulent tout simplement pas consacrer du temps à lindexation. A ce propos, une personne interviewée nous disait : « Déjà quils ne font pas lappel, alors pour lindexation
»
Dautre part, une personne rencontrée à lENSSIB, insiste sur la difficulté pour les enseignants daborder le LOM : « Quand on voit le LOM, ça découragerait nimporte quel catalogueur chevronné de la BN, qui ne rêve que de cataloguer, donc à fortiori les enseignants qui produisent de la ressource et pour qui cest vraiment pas une fin en soi ».
Certains chercheurs (en informatique) que nous avons rencontrés, prônent une indexation totalement automatique. Le point de vue que lun deux nous a tenu est intéressant, aussi nous avons jugé den retranscrire une grande partie : « Rajouter des informations supplémentaire à une ressource Web est un travail supplémentaire que personne ne fait. Alors quil existe aujourdhui différents standards dannotation, personne ne sintéresse véritablement à mettre des métadonnées sur les documents. Je craints que toute approche qui reposerait uniquement ou en grande partie sur un travail humain, dévaluation, de notation de qualité, soit voué à léchec. Le but, cest vraiment dautomatiser. On va certes créer des ontologies, donc arriver à une assez bonne classification des documents disponibles. Mais je vois mal des gens passer beaucoup de temps, soit pour évaluer des pages existantes, soit même les pages quils créent eux-mêmes. Dailleurs, de plus en plus de page Web sont crées dynamiquement. Dans la pratique, tout ce qui est mouvement volontariste pour donner des informations, et tout ce qui est mouvement volontariste pour échanger des informations, nexiste pas. Par exemple, nulle part vous ne trouverez un moteur de recherche qui acceptera de vous donner son index. Les gens ne veulent pas donner linformation et à plus forte raison la méta-information dont il dispose. A un niveau industriel, cest râpé, et à un niveau individuel, cest trop de boulot. La solution ne peut être quentièrement automatisée. On est dans un monde égoïste. Soit lordinateur vous fait le travail, soit vous le faite vous-même, mais les autres ne le ferons pas pour vous ».
Dautres informaticiens contrebalancent ce positionnement : « à un moment donné, on ne peut pas tout indexer automatiquement. Certaines choses ne peuvent être identifiées que dans une logique humaine ».
Une bibliothécaire de lENSSIB nous soumet lidée que « la meilleure indexation, cest lindexation « sans le savoir » ». Elle signifie par la quil faut trouver un système transparent, pour que lenseignant indexe sa ressource sans sen rendre compte.
Le LOM est vivement critiqué, mais parait incontournable
Toutes les personnes interrogées à propos des aspects normatifs de lindexation nous ont tenu un discours homogène : le LOM est décevant, car incomplet dans la description de lusage pédagogique de la ressource, mais incontournable. Voici lun des extraits dinterview les plus marquant à ce sujet : « Jai toujours pensé que le LOM est incontournable. Ce nest pas bon, mais on a rien dautre. Il faut arrêter de croire quon va inventer quelque chose de mieux que les ricains ; ils sont plus nombreux, plus puissants et plus riches. Prenons lexemple de lOAI : il ne viendrait plus à lidée de personne de construire un format concurrent à celui-ci, à part quelquun qui voudrait vendre un logiciel. »
Parmi les personnes interviewées, une majorité suit de près ou fait partie des discussions qui ont lieu à lAFNOR, au sujet de la normalisation des dispositifs denseignement. Dans ces divers groupes, un standard est en train démerger, il sagit du MLR Le « Metatada Learning Ressources ». Il semblerait que ce standard comble la faille du LOM que nous avons évoquée : celle de la description de lusage pédagogique. Mais la plupart des personnes qui nous ont parlé du LMR, restent très prudentes quant à son avenir ; elles ne le voient pas comme un concurrent du LOM, mais plutôt comme une solution damélioration, ou comme un complément. A ce sujet, une bibliothécaire de lENSSIB se posait la question suivante : « Vaut-il mieux faire évoluer le LOM, ou le garder pour ce quil sait faire c'est-à-dire décrire la ressource et le faire dialoguer avec dautre standard ? ». Un informaticien nous confiait également : « On ne fait pas passer la charrue avant les bufs : on a des ressources, si on était déjà capable dindexer simplement ces ressources, ce serait un premier point. Que lon nous mette une extension au LOM le MLR , ok, très bien, je modifierai mes balises, et rajouterai ça après, mais que déjà on soit capable dindexer ».
Les bibliothèques sont en marge des dispositifs e-learning
Excepté dans deux environnements (GRECO et INSA), nous avons constaté que les bibliothèques universitaires ne sont guères rattachées aux dispositifs e-learning. Pour illustrer ce constat, citons les propos dun des bibliothécaires interrogé : « Souvent, la bibliothèque ne se préoccupe pas de la production de luniversité. On est un monde à part. On gère des bouquins
». A lENS, à lEMSE, à lUCBL, les bibliothèques ne nous ont pas paru collaborer daucune façon avec les services TICE en place. Le cas de lENSSIB est quant à lui particulier : nous ny avons pas trouvé de relations particulières entre la bibliothèque et le service TICE, mais certaines personnes de ce service TICE sont des conservateurs ce qui nest par contre le cas daucun des autres environnement visités.
Notre échantillon de personnes interviewées incluait justement plusieurs membres de bibliothèques qui se tiennent à lécart des dispositifs e-learning et des cellules TICE. Les propos que ces personnes nous ont tenus nous permettent de mieux comprendre cette distance persistante. Les causes que nous avons identifiées sont nombreuses. Tout dabord, nous avons ressenti une certaine « peur de se lancer » ; le elearning apparaît comme un monde radicalement nouveaux et différent, qui inquiète. Ensuite, ces bibliothécaires nous ont évoqué des difficultés budgétaires : se consacrer à la collaboration avec les cellules TICE nécessite du temps et de largent, que les bibliothèques nont pas vraiment. En effet, depuis la transition des périodiques vers des formats électroniques, les bibliothèques sont sujettes à une crise de lacquisition de la documentation. Elles ont donc déjà beaucoup à faire avec les ressources documentaires plus traditionnelles. Dautre part, pour amorcer cette collaboration, les bibliothécaires attendent dobtenir une expertise technique : « Avec les cellules TICE, on ne peut pas se comprendre. Nous, on est complètement largué techniquement. Cest un dossier technique, pointu, qui exige de la disponibilité et des compétences techniques, et je nai personne à mettre dessus pour linstant. Si ça se trouve ça ne bougera pas avant septembre 200 ».
Malgré cette distance, et ces difficultés institutionnelles et professionnelles, un conservateur nous a évoqué que « les bibliothécaires ont toujours eu vocation à mettre à disposition des ressources pédagogiques ». Ceci sous-entend une possible convergence avec les cellules TICE, qui conçoivent les RPE. Toutefois, cette personne a insisté sur le fait que ces ressources pédagogiques devront nécessairement être des ressources stabilisées, c'est-à-dire « des documents qui auraient un début, une fin, un auteur, et qui constitueraient une unité ». Cette vision semble aller à lencontre des travaux actuels en matière delearning , qui visent à produire des ressources granulaires, réassemblables en fonction de la demande.
En fait, il savère que les bibliothécaires nont quune faible connaissance en matière de-learning. Nous lavons ressenti lorsque une personne interviewée nous a confié que « le elearning nest jamais que du savoir académique dont on aurait modifié la forme ». De notre point de vue, le e-learning nest en effet pas quun simple changement de support : il sagit dune réelle évolution dans la manière denseigner et dapprendre, mais aussi dans la manière de produire et de gérer les ressources pédagogiques.
Nous avons également rencontré des bibliothécaires « reconvertis » au e-learning. Il a été intéressant de constater que ces bibliothécaires se sentent investis dune mission de sensibilisation envers leur confrères : « Je voudrais réveiller les bibliothécaires pour leur dire quune ressource pédagogique électronique, ça sindexe aussi, et que cest peut être aux bibliothécaires de le faire. Les bibliothécaires ne doivent pas faire limpasse sur le problème de lindexation des ressources pédagogiques. Si ce nest pas nous qui le faisons, ça va se faire en dehors, alors quon en a les compétences ».
Le point de vue des informaticiens proches TICE, au sujet des bibliothécaires, mérite finalement dêtre souligné. Ces derniers ne se positionnent nullement comme des concurrents. Ils reconnaissent même le savoir faire des bibliothécaires, autant que les bibliothécaires reconnaissent leur expertise technique. Ainsi, lun deux nous disait : « Je ne veux pas me substituer au travail des bibliothécaires et archivistes. Je ne sais pas faire ce travail. Mais ce que je crois, cest que ce travail est complémentaire du mien ».
Une absence de catalogue unifié et interoperable
En terme daccès à linformation pédagogique, nous constatons labsence dun site fédérateur, ou dune plateforme globale, qui permettrait de rechercher des RPE de manière transversale aux établissements. La recherche dinformation est donc effectuée dans une logique institutionnelle : les enseignants utilisent la plateforme ou le dispositif e-learning installés localement, et effectuent par ce biais leurs diverses recherches de RPE.
Mais même à ce niveau de recherche local ou institutionnel, il est rare de pouvoir retrouver des ressources produites par dautres établissements. A notre connaissance, seul lEPI (Espace Pédagogique Intégré) de lENS permet dafficher des RPE externes, et même des ressources OAI ; en outre dans un futur proche, ce dispositif sera compatible Z3950.
Dautre part, à ce niveau de recherche local, laccès global à toutes les ressources produites par létablissement nest pas non plus systématique. Cest ainsi que le responsable de SPIRAL nous a confié qu« il nexiste pas dans SPIRAL de moteur de recherche global ; la recherche est contextualisée » ; Autrement dit si lon veut retrouver un QCM, par exemple, on doit se rendre dans lespace des QCM, et ainsi de suite. Il est à ce sujet frappant de constater que les informaticiens raisonnent en terme de « moteur de recherche », là où un bibliothécaire aurait certainement raisonné en terme d« OPAC » (One Line Public Access Catalaog). Ceci vient renforcer lhypothèse que nous avons auparavant émise, selon laquelle les informaticiens privilégierons toujours laspect technique, et les bibliothécaires laspect contenu.
Le constat global que lon peut finalement tirer est que linteropérabilité des RPE, même si elle est de toutes les discussions, nest pas encore le mot dordre des dispositifs. Au niveau des normes, au niveau des infrastructures, tout a été pensé et conçu pour la supporter, et tous les projets de développement lui attribuent de plus en plus de poids ; mais dans les faits, elle na pas lieu. Le développeur de SPIRAL nous confiait dailleurs : « Le LOM, on ne sen ait encore jamais servi, ni pour limport, ni pour lexport ».
Lutilisation de descriptions sémantiques est disparate
Le choix dune description sémantique, en complément des métadonnées éducatives, dépend des contextes institutionnels et disciplinaires. A lINSA, on utilise la Dewey car la bibliothèque se restructure sous le mode de la Dewey. A lUCBL, les enseignants ont le choix entre deux classifications la Dewey et le Mesh suivant la matière quils enseignent. A lENS, on a construit un thésaurus maison. A FORMIST, on prévoit dutiliser la classification de la CNU.
Associée à cette disparité de choix sémantiques, nous avons ressenti une espèce dincertitude, incertitude qui nétait pas forcément formulée par des mots précis, mais tout de même très perceptible. Il sagissait dune incertitude quant au bien fondé des choix sémantiques : les personnes qui ont à soccuper de la strate sémantique de lindexation ne sont pas tout à fait sure dêtre justes et précises.
Cette disparité, couplée à cette incertitude, sexplique certainement par labsence encore trop marquée des bibliothécaires dans les dispositifs e-learning.
Discussions et hypothèses
Dans la partie précédente, nous avons tenté une approche épistémologique, puis méthodologique de létude. Nous nous sommes ensuite consacrés aux observations, en décrivant dabord les différents environnements pédagogiques visités, puis en recoupant lensemble de ces descriptions par des analyses transversales.
Dans cette partie, nous allons procéder à une interprétation des différents phénomènes constatés. Nous axerons notamment nos réflexions sur les enjeux de lindexation, et étudierons ce qui peut la freiner, ou au contraire ce qui peut lui faire levier.
La notion de volonté, pivot de lindexation et de la mutualisation.
Nous avons observé, dans la partie « approches, descriptions et analyses », les difficultés humaines liées à lindexation : les enseignants ne veulent pas indexer les ressources quils produisent, dune part car ils ne souhaitent pas quon les retrouve, et dautre part car ils ne souhaitent pas y consacrer du temps. La difficulté humaine de lindexation tient donc au manque de volonté.
Ce problème lié à la volonté nest pas inconnu des cellules TICE, qui adaptent au maximum leur dispositif en fonction. On la vu, cest ce que font notamment les dispositifs ARPEM et SPIRAL. A leur sujet, nous avons évoqué le fait que SPIRAL rencontre un vif succès, alors quARPEM, à défaut davoir réellement démarré, a été mis en stand bye. Ce phénomène nous a paru dautant plus curieux et incompréhensible quARPEM semble avoir une longueur davance sur SPIRAL, avance tenant au fait que seul ARPEM adopte le modèle de lindexation en strate successives modèle que nous avons estimé être la tendance en devenir des dispositifs dindexation.
Pour tenter une explication de ce curieux paradoxe, il nous faut dabord creuser davantage la question du manque de volonté, pour ainsi tenter den discerner les enjeux. Le terme « enjeu » étant devenu galvaudé, nous reprécisons juste sa signification originelle : un enjeu, cest ce que lon a à gagner ou à perdre, en sinvestissant dans une entreprise quelconque. On peut ainsi dire que la mutualisation est lun des enjeux de lindexation (la mutualisation étant considérée ici comme laction déchanger à grande échelle des RPE.) Cest en effet en indexant systématiquement les RPE, et de manière la plus fine qui soit, que lon se donne techniquement les moyens de les mettre en commun. Renversons maintenant le principe ; Quobtient-on de significatif ? Que lindexation est lun des enjeux de la mutualisation ? Non, car lindexation nest jamais une fin en soi. Injectons maintenant la notion de volonté dans la proposition de départ : celle-ci devient soudainement réversible : lenjeu de vouloir indexer, cest de pouvoir mutualiser, et réciproquement, lenjeu de vouloir mutualiser, cest de pouvoir indexer. On peut en effet admettre que ce nest quen sensibilisant les gens aux bénéfices de la mutualisation, donc en les motivant, que lon va les inciter à indexer. La notion de volonté apparaît alors comme centrale à lindexation et à la mutualisation : elle est comme le maillon qui les relie, ou comme le pivot qui les maintient rattachés, et grâce auquel elles fonctionnent. En somme, la notion de volonté constitue un de leurs enjeux communs. Nous savions déjà que lindexation et la mutualisation étaient reliées dun point de vue technique (lindexation sans mutualisation na pas de sens, et la mutualisation sans indexation nest pas possible) ; nous savons maintenant quelles sont également reliées dun point de vue humain. Autrement dit, si lon veut mutualiser des RPE, il faut sen donner les moyens techniques : cela passe par une indexation préalable, mais aussi les moyens humains : cela passe par une motivation des acteurs. Tout projet qui vise à mutualiser des ressources, devra être avisé de cet état de fait.
Revenons maintenant à ARPEM et à SPIRAL. Le premier ne décolle pas, et le deuxième rencontre un vif succès. Pourtant, les deux semblent sadapter aux exigences des enseignants, et tous les deux se fondent sur le même principe de réutilisation et de mutualisation. Lexplication se trouve dans la manière avec laquelle ces dispositifs sannoncent aux enseignants, et dans la manière avec laquelle ils stimulent leur volonté. Pour dresser cette explication, nous nous focalisons sur leurs sites Internet, et étudions ainsi les formes de leur communication aux usagers.
Concentrons nous dabord sur les sites qui donnent accès à SPIRAL et à ARPEM : je parle des sites PRACTICE et GRECO.
Dentrée de jeu, SPIRAL est présenté comme une plateforme pédagogique, destinée à la fois aux étudiants et aux enseignants : « La plate-forme pédagogique PRACTICE met à la disposition des enseignants et des étudiants un ensemble de ressources pédagogiques créées à Lyon 1 ». Les enseignants ont donc implicitement limpression davoir en face deux un outil vivant, leur servant à animer, et à enrichir leurs cours. Ils sont ainsi stimulés pour se connecter à la plateforme, et lui consacrer du temps pour en apprendre davantage.
De son coté, ARPEM est présenté comme une solution darchivage, destinée uniquement aux enseignants : « Le service archivage de GreCO vous propose ARPEM (Archivage de Ressources PEdagogiques Multimédia), une application de gestion, de sauvegarde et de mise à disposition des ressources pédagogiques multimédia. » ; « ARPEM nest pas
un service aux étudiants ». Dautre part, laccent est clairement mis sur les notions de « visibilité des production », de « mutualisation parfaitement contrôlée », de « dépôt simplifié et rapide ». Les enseignants ont donc implicitement limpression davoir en face deux une archive ouverte, dont le but est résolument de mettre en accès et déchanger des ressources pédagogiques. Il est également précisé que « lenseignant ne renseigne que quelques champs indispensables dans un formulaire, 5 minutes suffisent » ; Or nous lavons souligné bien auparavant, les enseignants non pas besoin quon leur annonce ce genre de chose, car pour eux lindexation nest pas une fin en soi. La « motivation » des enseignants que nous suggérions précédemment, ne passe ni par une sensibilisation direct sur les bénéfices de lindexation, ni par une justification sur sa simplicité dexécution ; elle passe par une mise à disposition doutils et fonctionnalités permettant aux enseignants dagrémenter leurs cours. Lindexation doit être dissimulée derrière ces outils, car rappelons le, il y fort à parier que « la meilleure indexation cest lindexation sans le savoir ». En fait, il apparaît que ARPEM a échoué car il sannonce aux enseignants comme ci ces derniers étaient eux même des concepteurs de dispositifs.
Concentrons nous maintenant sur les sites SPIRAL et ARPEM.
SPIRAL tout dabord, dissimule lidée de la mutualisation en focalisant lattention de ses usagers sur les fonctionnalités de la plateforme, notamment sur loutil auteur. Dautre part SPIRAL sautopromouvoit, en mettant en avant ses nombreux usages : « En 8 mois plus de 4580 étudiants ont déjà utilisé leur compte sur SPIRAL .... ». Lenseignant est ainsi amené à utiliser la plateforme pour son propre intérêt, et non pour lintérêt de luniversité (qui passe par la mutualisation).
Continuons avec ARPEM. Le contenu du site dARPEM nest pas très différent de celui du site de GRECO, étudié à linstant. On nous reprécise que ARPEM « vous propose un catalogue de ressources pédagogiques », que « vous pourrez demander à leur auteur l'accès à ces ressources », et que « pourrez devenir vous même auteur en déposant les ressources pédagogiques que vous avez créées ». Plus que jamais, lenseignant à limpression davoir affaire à une espèce darchive ouverte, proposant non plus des travaux de recherche, mais des RPE. Or, on la souligné, les enseignants ne sont pas près à mettre en visibilité leurs cours comme ils échangent leurs travaux de recherche. Ainsi, lenseignant qui a pris le temps de sorienter vers ARPEM, à partir du site GRECO, ne trouve rien et napprend rien de plus. Nous croyons que ce que les enseignants veulent en premier lieu, cest de construire leurs cours de manière ludique ; ce nest quen deuxième lieu quils penseront à se réapproprier les cours dautrui. Cette démarche de réutilisation nétant ni dans leurs habitudes ni leur but premier ne doit donc pas reposer sur leur bon vouloir, mais doit être encapsulée dans des services prioritaires.
Pour résumer, si ARPEM na pas rallié suffisamment denseignants à sa cause, cest parce quil ne sest pas annoncé à eux de la bonne manière (il sadresse à eux comme sils étaient eux même des concepteurs de dispositifs, en se présentant à la manière dune archive ouverte), et quil na pas su stimuler leur volonté (en leur proposant notamment des outils auteurs).
En complément de cette démonstration, nous pouvons trouver une autre explication. Elle tient au fait quà GRECO, rien na été prévu pour « récompenser » les enseignants qui souhaitent publier leurs ressources pédagogiques dans ARPEM, contribuant ainsi à la mutualisation. Tandis quà lUCBL, des heures de décharge ont été accordées aux enseignants publiant des ressources dans SPIRAL.
Lenvironnement institutionnel et disciplinaire, une entrave à la volonté de rationnalisation de lindexation.
Notre volonté de rationaliser lindexation se heurte à une barrière qui est de nature institutionnelle et disciplinaire.
Dans le paysage des TICE et du e-learning, nous lavons remarqué, on parle beaucoup dinteropérabilité et de réutilisation : lidée est darriver à produire des briques denseignement, qui puissent être utilisées et rassemblées à la demande, et ce, de manière transversale aux établissements. Lindexation des RPE aurait alors pour rôle de décrire les RPE de telle façon que lon puisse les retrouver en utilisant la même méthode.
Cest sans tenir compte de lhétérogénéité des choix et politiques institutionnelles, de même que de la diversité des disciplines : tous les environnements sont particuliers, à la fois de par leur thématique/discipline, que de par la logique institutionnelle/géographique. De ça naît la difficulté de faire des recoupements. Lindexation est avant tout effectuée dans une logique locale.
Pour autant, nous ne signifions pas que lindexation « universelle » est impossible ; nous pensons juste que toute tentative visant à modéliser un dispositif dindexation, devra être avisé de ces contingences disciplinaires et institutionnelles.
Quels acteurs, pour quelles fonctions ?
Au cours de parties précédentes, nous avons procédé à une catégorisation des acteurs du elearning. Cette catégorisation reposait sur le pronostic stipulant que la formation initiale « formate » les personnes, et conditionne leur manière de conduire leurs activités e-learning. Ce faisant, nous distinguions quatre corporation dacteurs, à savoir les bibliothécaires, les informaticiens, les enseignants, et les chercheurs. Aussitôt posé, cette catégorisation a révélé ses faiblesses. Nous avons en effet constaté quelle ne semboîte que difficilement dans la réalité des dispositifs.
En premier lieu, il apparaît donc que notre pronostic na pas fonctionné. Est-ce que pour autant, lon peut affirmer que la formation initiale ninflue pas sur la manière de conduire lactivité e-learning ? Nous ne le pensons pas, et à vrai dire, nous sommes davis que cette question na pas sa place dans cette étude ; elle ne fait que nous en éloigner. Nous lavons dailleurs bien précisé : ce que nous cherchons à tester, par notre catégorisation des acteurs, ce nest pas le pronostic qui la fonde, mais plutôt la vision quelle instaure.
Léchec de notre catégorisation des acteurs tient peut être au fait que le e-learning est encore en phase démergence, de reconnaissance et dadoption, et que ses divers processus ne sont pas encore stabilisés. De ce point de vue, il apparaît que nos interviews sont biaisées, en ce sens que la plupart des personnes rencontrées sont des personnes polyvalentes, qui contribuent activement à son essor général. Elles ont donc nécessairement une vision globale, et transversale de ce que doivent être les processus e-learning. Notre tentative de catégorisation sest donc avérée vaine, car elle sinsère dans un univers en devenir.
Dans la partie « observations, descriptions et analyses », nous envisagions les bases dune nouvelle catégorisation, fondée non plus sur la formation, mais sur la fonction. Nous pensons que cette deuxième tentative serait également vaine. En fait, nous estimons que la question de la catégorisation des acteurs du e-learning nest pas à lordre du jour, car en létat de stabilisation, nimporte quelle tentative serait vaine. Il faudra certainement remettre à plus tard cette volonté de catégorisation, et la réitérer sur un échantillon à la fois plus vaste et plus diversifié, tout en travaillant sur une durée plus longue.
Lindexation rencontre une barrière conceptuelle
Après léchec de la catégorisation des acteurs, notre volonté de rationaliser lindexation des RPE a rencontré une autre barrière, que nous avions jusque là totalement ignorée du moins sousestimée. Cette barrière est conceptuelle, si lon peut dire, en ce sens quelle a trait à la définition et à lappréhension des RPE.
Ce sigle « RPE », nous lui avons donné consistance dans létat de lart : il englobe la pluralité des ressources électroniques qui sont produites à des fins dapprentissage. Il a ainsi vocation à désigner nimporte quelle forme de document pédagogique disponible sur support numérique, que ce soit un TP, une bibliographie, un schéma, un cours, ou même un morceau de cours. Mais il nous apparaît finalement que ce sigle porte bien plus en lui que cette pluralité de ressources.
Le sigle RPE, qui visait à simplifier lapproche de notre travail, sest subitement mis à le déborder, puis à le posséder, pour finalement le maintenir prisonnier en lui. En abordant la dimension humaine de létude, nous avons constaté que les pratiques encore non stabilisées, ne nous permettaient pas pour le moment de catégoriser les acteurs du e-learning. Il savère que cest un constat similaire que nous pouvons tirer à propos des ressources pédagogiques : celles-ci sont trop nombreuses et trop disparates pour que lon puisse les considérer comme étant un matériau unique.
Au commencement du travail, nous pensions que létat de progression des travaux et réflexions en cours nous autorisait une tentative de consolidation de ce processus du elearning quest lindexation. Mais lorsque lon se met à appréhender les ressources qui sont produites en contexte elearning, cest nest pas à une consolidation que lon assiste, mais à une dispersion. Toutes ne sont en effet pas du même acabit : elles peuvent être tantôt scénarisées, tantôt linéaires ; elles peuvent être tantôt multimédia, tantôt « monomédia » ; elles peuvent être tantôt granulaires, tantôt une « agrégation de granules ». Et puis fondamentalement, quest ce qui les distingue dune ressource documentaire traditionnelle ? Les bibliothécaires eux-mêmes ne sy retrouvent pas.
En matière de-learning, le travail de consolidation nest donc pas à laube de son commencement ; et toute tentative de rationalisation des processus qui sy trouvent imbriqués, sans repères conceptuels et définitionnels, serait inéluctablement vouée à léchec.
Conclusion
Lobjectif de cette étude était de modéliser un dispositif permettant de rationaliser lindexation des RPE (Ressources Pédagogiques Electroniques). Ce dispositif, nous avions pour intention den analyser les composantes humaine, techniques, et normatives, à travers les trois questions suivantes : « Qui peut prendre en charge lindexation des RPE » ? « Quels sont les outils techniques et informatiques quil est possible dutiliser » ? Et « à quel standard normatif lindexation des RPE doit-elle saffilier » ?
Dans une première partie « létat de lart » , nous avons globalement introduit létude, en présentant successivement son contexte (le e-learning), son objet (les RPE), et son référentiel (lactivité normative). Ce concept de-learning, nous lavons considéré comme étant lévolution, provoquée par le numérique, des systèmes et dispositifs denseignement. Sous le sigle RPE, nous avons englobé la pluralité des ressources produites dans le cadre du elearning. Après avoir estimé que lindexation nétait pas un concept primaire, nous lavons replacée dans sa trame documentaire plénière, en présentant les processus qui lui sont proches, à savoir les processus de conception des RPE, et les processus de manipulation postconception des RPE.
Dans une deuxième partie « approches, description, analyse » , nous avons tenté une approche épistémologique, puis méthodologique de létude, pour enfin nous consacrer à la description et à lanalyse. Au cours de cette partie nous avons mis en évidence plusieurs phénomènes organisationnels, techniques et sociaux, qui se tissent dans le paysage du elearning. Tout dabord, nous avons observé que lindexation des RPE tendait à la consolidation, en ce sens quon lui attribue un poids de plus en plus important dans la conception des dispositifs. Nous avons ensuite constaté lémergence du modèle dindexation dit « en strates successives », suivant lequel lindexation est morcelée en étapes, effectuées tout à tour par des types dacteurs variés. Ces acteurs dailleurs, nous en avons précisé les exigences, et nous avons tenté de les catégoriser ; mais notre catégorisation, à peine posée, sest révélée inopérante. Nous avons également observé que les bibliothèques se tenaient en marge des dispositifs elearning, bien que les bibliothécaires tout comme les personnes oeuvrant en cellule TICE soient favorables à une convergence des leurs institutions respectives. En parallèle, nous avons dégagé deux autres phénomènes : une certaine hésitation dans lutilisation des descriptions sémantiques, et une quasi absence de catalogue unifié et interopérable de RPE.
Dans une troisième partie, « discussions et hypothèses » , nous avons procédé à une interprétation des différents phénomènes constatés. Nous avons globalement expliqué en quoi les actes et usages relatifs au elearning, encore non stabilisés, ne nous autorisaient pas à en radicaliser lindexation. Notre étude a alors pris la forme dune réflexion sur les enjeux, les freins et les leviers du e-learning. Ceci nous a notamment permis de comprendre que tout projet visant à mutualiser des RPE, outre les moyens techniques, devait nécessairement se doter de moyens humains, qui passent par une stimulation de la volonté des enseignants.
En définitive, cette étude qui visait à analyser les composantes humaines, sociales, et normatives dun dispositif dindexation de RPE, aura consacré le plus clair de son temps à la composante humaine notamment en tentant de comprendre le jeu des acteurs du elearning. Elle y aura consacré le plus clair de son temps, dautant plus que cest la partie sur laquelle nous avons buté, et à partir de laquelle nous avons réorienté nos réflexions sur les enjeux de lindexation des RPE.
A plus forte raison, ce que nous aurons aussi redécouvert, en menant ce travail, cest que la technique ne décolle guère du social. En étant plus précis : un dispositif à caractère technique, pour performant quil soit, ne peut démarrer et durer que sil sadapte aux besoins de lorganisation humaine dans laquelle il est implémenté. Et en étant plus évasif : le progrès technique ne peut prendre ses racines nulle part ailleurs que sur un substrat humain. Ceci redémontre le bien fondé des Sciences de lInformation, lorsque lon tente de comprendre, de concevoir, et dimplémenter tout type de systèmes dinformation.
Mais au fil de ce travail, et de manière presque invisible dans ce mémoire, une idée sest progressivement profilée. Elle nous amène aujourdhui à entrevoir les limbes dune piste de recherche originale : au-delà de lindexation des RPE, et au-delà de la caractérisation des briques denseignement en ce quelles constituent des objets recombinables, certes, mais toujours statiques le meilleur moyen pour rendre compte de lintentionnalité pédagogique, semble être de caractériser directement les liens que lon souhaite tisser entre ces ressources. Cette simple idée ouvre une brèche sur un pan de recherche presque vierge, et sy intéresser nous amènerait loin des sentiers battus par les Sciences de lInformation. A ce titre, cette perspective nous semble prometteuse, et cest avec beaucoup de motivation et denthousiasme que nous désirons nous y consacrer.
Bibliographie
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Annexes
Site Internet de GRECO
Site Internet du dispositif ARPEM
Site Internet de PRATICE
Site Internet de SPIRAL
Voir Ministère de la Jeunesse, de lEducation nationale et de la Recherche EducNet : HYPERLINK "http://www.educnet.education.fr/superieur/campus.htm" http://www.educnet.education.fr/superieur/campus.htm
FORMIST (Réseau Francophone pour la formation à lusage de linformation dans lenseignement supérieur) HYPERLINK "http://formist.enssib.fr/" http://formist.enssib.fr/
ENSSIB (Ecole Nationale Supérieure des Sciences de lInformation et des Bibliothèques) HYPERLINK "http://www.enssib.fr" http://www.enssib.fr
Voir Ministère de la Jeunesse, de lEducation nationale et de la Recherche EducNet : HYPERLINK "http://www.educnet.education.fr/superieur/campus.htm" http://www.educnet.education.fr/superieur/campus.htm
ENCORA (Environnement Numérique du Campus ouvert Rhône Alpes)
HYPERLINK "http://www.educnet.education.fr/superieur/fiches/encora.htm" http://www.educnet.education.fr/superieur/fiches/encora.htm
GRECO (Grenoble Université Campus Ouvert) HYPERLINK "http://greco.grenet.fr/index.htm" http://greco.grenet.fr/index.htm
HYPERLINK "http://arpem.grenet.fr" http://arpem.grenet.fr
HYPERLINK "http://doccismef.chu-rouen.fr/" http://doccismef.chu-rouen.fr/
HYPERLINK "http://www.chu-rouen.fr/cismef/" www.chu-rouen.fr/cismef/
« Roger T. Pedauque » désigne le « Réseau Thématique Pluridisciplinaire » / RTP 33 du CNRS, intitulé « Documents et contenu : création, indexation, navigation ». Voir : HYPERLINK "http://rtp-doc.enssib.fr/" http://rtp-doc.enssib.fr/
HYPERLINK "http://www.educnet.education.fr/dossier/metadata/quoi.htm" http://www.educnet.education.fr/dossier/metadata/quoi.htm
Lainé-Cruzel S. « Documents, ressources, données : les avatars de linformation numérique ». Article en cours de publication.
HYPERLINK "http://www.aicc.org/pages/aicc_idx.htm" http://www.aicc.org/pages/aicc_idx.htm
HYPERLINK "http://dublincore.org/" http://dublincore.org/
HYPERLINK "http://purl.org/dc/" http://purl.org/dc/
HYPERLINK "http://www.imsproject.org" http://www.imsproject.org ; HYPERLINK "http://www.imsproject.org/metadata/index.html" http://www.imsproject.org/metadata/index.html ; HYPERLINK "http://www.imsproject.org/metadata/mdinfo01.html" http://www.imsproject.org/metadata/mdinfo01.html
HYPERLINK "http://ariadne.unil.ch/project/" http://ariadne.unil.ch/project/ ; HYPERLINK "http://fudmip.cict.fr" http://fudmip.cict.fr ; HYPERLINK "http://ariadne.unil.ch/Metadata/" http://ariadne.unil.ch/Metadata/
HYPERLINK "http://grouper.ieee.org/ltsc/" http://grouper.ieee.org/ltsc/
HYPERLINK "http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html" http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html
HYPERLINK "http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html" http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html ; HYPERLINK "http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html" http://ltsc.ieee.org/wg12/index.html ; HYPERLINK "http://ltsc.ice.org/wg12/" http://ltsc.ice.org/wg12/
HYPERLINK "http://www.cenorm.be/isss/Workshop/lt/lom-localization/LOM-Frenchv3_8.htm" http://www.cenorm.be/isss/Workshop/lt/lom-localization/LOM-Frenchv3_8.htm
« Pratiques d'écriture, écriture des pratiques en bibliothèque et dans les communautés savantes ; Les métiers du savoir face au changement technique », ENS LSH, le 8 janvier 2004. Voir aussi à HYPERLINK "http://www.ens-lsh.fr/labo/c2so/colloques.html" http://www.ens-lsh.fr/labo/c2so/colloques.html
Instituts Nationaux des Sciences Appliquées, HYPERLINK "http://www.insa-france.fr/" http://www.insa-france.fr/
Université de Technologie de Compiègne, HYPERLINK "http://www.utc.fr/" http://www.utc.fr/
HYPERLINK "http://www.telecom.gouv.fr/form/lcms.htm" http://www.telecom.gouv.fr/form/lcms.htm
Devrions nous plutôt parler de « technologie de lesprit » (terme de Lucien Sfez) ? Quoi quil en soit, larchéologie (au sens de Michel Foucault) du terme e-learning, de même que sa représentation (au sens de Serge Moscovici), restent à étudier
Voir HYPERLINK "http://www.telecom.gouv.fr/form/lcms.htm" http://www.telecom.gouv.fr/form/lcms.htm
Deschamps J. « Science de lInformation-Documentation, une discipline et son enseignement ». Thèse de Doctorat. Université Jean Moulin Lyon3, 2004.
HYPERLINK "http://www.ancoly.net/" http://www.ancoly.net/
HYPERLINK "http://askonce.grenet.fr/webgreco/" http://askonce.grenet.fr/webgreco/
HYPERLINK "http://arpem.grenet.fr/login_form" http://arpem.grenet.fr/login_form
HYPERLINK "https://formation.ens-lyon.fr/Formation" https://formation.ens-lyon.fr/Formation
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/" http://www.ens-lyon.fr/
HYPERLINK "http://spiral.univ-lyon1.fr/" http://spiral.univ-lyon1.fr/
HYPERLINK "http://www.univ-lyon1.fr/" http://www.univ-lyon1.fr/
HYPERLINK "http://formist.enssib.fr/" http://formist.enssib.fr/
HYPERLINK "http://www.enssib.fr/" http://www.enssib.fr/
HYPERLINK "http://www.insa-virtuel.fr.st/" http://www.insa-virtuel.fr.st/
HYPERLINK "http://www.insa-lyon.fr/" http://www.insa-lyon.fr/
Ceci dit, nous navons pas pour intention de définir des formations ou unités discursives, mais des unités professionnelles nous travaillons donc non pas sur des discours, mais sur des actes. Lanalogie avec Foucault se limite à cette seule phrase citée.
Sous-entendu, les conservateurs de bibliothèque.
HYPERLINK "http://askonce.grenet.fr/webgreco/projet/presentation.php" http://askonce.grenet.fr/webgreco/projet/presentation.php
HYPERLINK "http://arpem.grenet.fr/about" http://arpem.grenet.fr/about
Au sens de notre catégorisation des acteurs, il sagissait dun « bibliothécaire ».
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/ENS/fr/enseignement/pratic.php" http://www.ens-lyon.fr/ENS/fr/enseignement/pratic.php
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/Planet-Terre/" http://www.ens-lyon.fr/Planet-Terre/
HYPERLINK "http://csphysique.ens-lyon.fr/" http://csphysique.ens-lyon.fr/
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Cadrans/" http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Cadrans/
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Fleurs/" http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Fleurs/
HYPERLINK "http://www.ens-lyon.fr/RELIE/PCR/" http://www.ens-lyon.fr/RELIE/PCR/
HYPERLINK "https://formation.ens-lyon.fr/Formation" https://formation.ens-lyon.fr/Formation
LEspace Pédagogique Intégré va très prochainement faire lobjet dune conférence au colloque sur les environnements numériques de travail, La Rochelle, 25 et 26 juin.
HYPERLINK "http://www.docbook.org/" http://www.docbook.org/
HYPERLINK "http://practice.univ-lyon1.fr/presentation/objectifs.htm" http://practice.univ-lyon1.fr/presentation/objectifs.htm
HYPERLINK "http://www.enssib.fr" http://www.enssib.fr
HYPERLINK "http://www.enssib.fr/article.php?id=2&cat=L%27%E9cole&id_cat=2" http://www.enssib.fr/article.php?id=2&cat=L%27%E9cole&id_cat=2
HYPERLINK "http://formist.enssib.fr/" http://formist.enssib.fr/
HYPERLINK "http://matice.insa-lyon.fr/data/missions.xsa" http://matice.insa-lyon.fr/data/missions.xsa
HYPERLINK "http://www.ancoly.net/vitrine/index.php?Action=voirfiche&ID=6" http://www.ancoly.net/vitrine/index.php?Action=voirfiche&ID=6
HYPERLINK "http://www.emse.fr/" http://www.emse.fr/
Projet SCALE : apprentissage collaboratif par largumentation à travers Internet dans lEnseignement Secondaire. Voir HYPERLINK "http://www.euroscale.net" http://www.euroscale.net
HYPERLINK "http://scale.emse.fr" http://scale.emse.fr
HYPERLINK "http://archiveseiah.univ-lemans.fr/EIAH2003/Pdf_annexes/Corbel.pdf" http://archiveseiah.univ-lemans.fr/EIAH2003/Pdf_annexes/Corbel.pdf
Nous englobons ici sous le « service TICE », le service TICE à proprement parler, mais aussi le service FORMIST, puisque cest dans une logique e-learning que nous lavons envisagé.
Nous invitons le lecteur à se reporter aux annexes pour une consultation complète de ces sites Internet.
HYPERLINK "http://practice.univ-lyon1.fr/actualite/default.asp" http://practice.univ-lyon1.fr/actualite/default.asp, Cf. annexe N°3
HYPERLINK "http://askonce.grenet.fr/webgreco/services/archivage.php" http://askonce.grenet.fr/webgreco/services/archivage.php, Cf. annexe N°1
Sous entendu de PRACTICE il sagit donc bien de SPIRAL.
HYPERLINK "http://spiral.univ-lyon1.fr/" http://spiral.univ-lyon1.fr/, Cf. annexe N°4
HYPERLINK "http://arpem.grenet.fr/login_form" http://arpem.grenet.fr/login_form, Cf. annexe N°2
Résumé Page PAGE 2 sur NUMPAGES 80
Introduction Page PAGE 4 sur NUMPAGES 80
Etat de lart Page PAGE 31 sur NUMPAGES 80
Approches, descriptions et analyses Page PAGE 60 sur NUMPAGES 80
Discussions et hypothèses Page PAGE 68 sur NUMPAGES 80
Conclusion Page PAGE 71 sur NUMPAGES 80
Bibliographie Page PAGE 75 sur NUMPAGES 80
Annexes Page PAGE 80 sur NUMPAGES 80