premier ministere - Burkina Faso
1) la poursuite de la construction des sièges des gouvernorats, des conseils .....
En outre, la capacité de production thermique de la SONABEL s'est accrue par la
mise ...... le taux brut de scolarisation (TBS) au niveau national est de 71,2% en
...... et de Correction de Ouagadougou (MACO) et la construction de la prison de
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PREMIER MINISTERE
BURKINA FASO
Ouagadougou, 26 Mars 2009
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Certains rendez-vous politiques peuvent prendre lallure de rituels routiniers que lon simpose simplement pour satisfaire à des habitudes ou à un jeu de symboles. Ceux qui sy rendraient le feraient alors sans grand enthousiasme, animés surtout par la nécessité daccomplir un devoir qui simpose à eux.
Personne, parmi ceux qui observent le fonctionnement de la démocratie burkinabè, ne saurait prétendre que lévénement annuel qui réunit ici même, les élus du peuple et le chef du gouvernement, serait à classer dans une telle catégorie. Car, même sil sagit désormais dun rituel démocratique, celui-ci est maintenant solidement ancré dans lattente des populations que nous avons chacun pris lengagement solennel de servir. Et lexigence de vérité du peuple burkinabè est désormais telle que notre engagement collectif à le servir et à rendre compte de notre action sinscrit en lettres dor dans les us et pratiques publiques de tous les jours.
Dailleurs, lenthousiasme et la conviction, qui me portent à me présenter devant vous, nont cessé de grandir depuis que le Président du Faso ma fait lhonneur, de me confier la charge de son gouvernement en juin 2007. Je ne vous surprendrai pas en vous avouant quau-delà de lexigence constitutionnelle qui me conduit devant vous, le plaisir est mien de soumettre le Gouvernement à lobligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques.
Cest donc avec un engagement renouvelé et une humilité intense que je me présente une fois de plus devant votre Auguste Assemblée pour sacrifier à ce rituel républicain quimpose la Constitution, et dresser un bilan de la gestion des affaires de la nation au cours de lannée écoulée.
Monsieur le Président,
Quil me soit permis avant tout propos de remercier lensemble des Honorables Députés pour la qualité et lintensité de linteraction entre le pouvoir Législatif et le pouvoir Exécutif, et pour lengagement sans faille quils ont constamment démontré dans la conception, la mise en uvre et le suivi des politiques publiques.
Vous me permettrez de vous remercier tout particulièrement, ainsi que tous les membres du bureau de lAssemblée, pour lexcellente collaboration et le soutien dynamique que vous apportez à notre action, ceci dans le respect de lindépendance des institutions. Il me plaît de redire ici que votre attitude est le reflet permanent de lesprit républicain qui marque votre participation à la vie publique de notre pays.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Nous nous rencontrons aujourdhui dans un contexte national et international particulièrement difficile.
Tout comme lannée dernière, lépidémie de la méningite, malheureusement récurrente, est déclarée. Au cours de la période allant du 1er janvier au 15 mars, lensemble des districts sanitaires a notifié 2231 cas suspects de méningite dont 314 décès. Comparativement aux années 2007 et 2008, la situation est moins préoccupante car aucun district nest en épidémie.
Cependant le repositionnement des médicaments et des réactifs de laboratoire dans les centres de santé depuis décembre 2008, a permis la prise en charge précoce et gratuite des cas notifiés et lidentification des germes en cause pour ladaptation de la riposte vaccinale sil y a lieu.
Il convient de noter que le nouveau vaccin contre la méningite, mis au point à travers un partenariat mondial sous légide de lOrganisation Mondiale de la Santé (OMS), et dont le Président du Faso est le parrain, sera disponible en fin 2009.
Je voudrais ici exprimer aux familles affectées et endeuillées toute la compassion du Gouvernement et lancer un appel à la population pour lobservation rigoureuse des mesures prophylactiques et pour sa participation effective aux campagnes de vaccination.
Léconomie burkinabè évoluant dans le contexte général de léconomie internationale, il est utile que je mappesantisse quelques instants sur les contours de cet environnement densemble.
Au plan du développement international, lannée 2008 a été marquée par trois crises qui continuent davoir des répercussions sur léconomie mondiale en même temps quelles contribuent à révéler, la précarité du phénomène de dilution de la polarisation des puissances économiques du monde, observé au cours de la décennie. Il sagit de la crise alimentaire, de la crise énergétique et de la crise financière.
Sagissant de la crise alimentaire, 2008 a vu une montée fulgurante des prix des produits agricoles de 56 pourcent entre Janvier 2007 et juin 2008. Cette crise est tout dabord la résultante de la combinaison des effets du sous-investissement prolongé dans lagriculture, de laugmentation de la demande alimentaire des pays émergents, du faible niveau des stocks mondiaux, de larrivée sur le marché de fonds spéculatifs. Elle est en plus aggravée par la crise énergétique, les intempéries climatiques, laugmentation de la production des biocarburants au détriment des produits alimentaires et les insuffisances accumulées des politiques alimentaires dans le monde.
Au cours de la période 2005-2008, la hausse des prix des produits alimentaires a précipité entre 190 et 230 millions de personnes dans la pauvreté et augmenté de 44 millions le nombre denfants ayant subi des dommages permanents causés par la malnutrition infantile. Selon la FAO, 993 millions dêtres humains souffraient de la faim en fin 2008, dont 110 millions du fait principalement de lenvolée des prix des matières premières agricoles. Environ 50% des ménages ont été contraints de réduire les dépenses destinées à léducation de leurs enfants pour faire face à la crise alimentaire, sapant ainsi les bases du développement à long terme des pays. Les Gouvernements ont du procéder à des révisions budgétaires pour réorienter leurs ressources vers latténuation des effets de la crise et ce, au détriment des investissements de base nécessaires à la croissance à long terme. La crise a également freiné les progrès des négociations de Doha, compromettant ainsi les perspectives daccroissement du commerce multilatéral et renforçant au contraire les mesures protectionnistes nationales, nocives au commerce international. En ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la crise alimentaire a renversé la tendance positive et encourageante observée au cours de la dernière décade vers celui relatif à la réduction de la famine en 2015. Il est vrai que la baisse du prix du pétrole en fin dannée 2008, combinée aux actions concertées de la communauté internationale a contribué à laugmentation de loffre, et engendré par conséquent un tassement des prix des produits agricoles. Cependant, la baisse des cours des produits agricoles sur le marché international ne sest pas directement répercutée au niveau des pays et des ménages, de sorte que les prix des produits alimentaires demeurent extrêmement élevés par rapport à leur niveau précédant la crise. En fin 2008, lalimentation atteignait encore 90% du budget des ménages dans plusieurs pays en développement
De nombreux experts estiment que la période des aliments bons marchés est révolue à jamais. La cherté des aliments doit désormais être considérée comme des constantes dans lélaboration des politiques de développement des pays et la production alimentaire est plus que jamais un puissant outil stratégique de lutte contre la pauvreté et de développement.
La crise énergétique a découlé dune demande accrue subite des produits pétroliers, exacerbée par une réponse tardive de loffre et des pratiques spéculatives du marché. La baisse des taux dintérêt réel et la dépréciation du dollar américain ont aussi contribué à la monté fulgurante du prix du pétrole qui a atteint le niveau de $US 147 en juillet 2008, avant de redescendre à $US 44,20 le 31 décembre de la même année. Nonobstant, cette baisse significative, le marché du pétrole demeure très volatile et en terme réel, son prix demeure le double de son niveau lors de la crise énergétique de 1970.
Cette crise énergétique a eu des effets économiques majeurs à la fois au niveau des pays quau niveau des ménages pauvres, annihilant ainsi des années de progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté.
Au niveau des pays, la flambée des prix du pétrole a déstabilisé les balances des paiements, provoqué des fortes tensions inflationnistes, et réduit la croissance économique. Dans certains pays, les subventions et les divers mécanismes durgence mis en place pour atténuer les effets de la flambée des prix du pétrole ont eu des répercussions fiscales très importantes.
Au niveau des ménages, la hausse des prix du pétrole a engendré une augmentation des prix des aliments, du carburant, du pétrole domestique, des factures délectricités et des coûts des transports, réduisant ainsi le pouvoir dachat des populations, précipitant en conséquence des millions de personnes dans la pauvreté.
En dépit de sa baisse observée depuis son sommet de juillet 2008, les prix réels du pétrole demeureront élevés dans le futur envisageable. Ainsi, tout comme dans le cas des produits alimentaires, le pétrole cher devrait dorénavant être une donnée dans la définition des politiques et stratégies dans la marche du monde vers plus de croissance économique et de progrès social.
La crise financière, qui a généré la crise économique actuelle et menace de se transformer en une crise sociale et humanitaire, vient aggraver les chocs engendrés par la flambée des prix des produits alimentaires et de ceux des produits pétroliers.
Il est désormais clair que léconomie mondiale traverse la plus grave crise financière et économique depuis la Grande Dépression des années 1930. Aux origines de cette crise, lon peut identifier plusieurs facteurs :
une politique monétaire trop expansionniste aux Etats-Unis au cours de la dernière décennie ; ceci a rendu laccès au crédit particulièrement facile et encouragé le développement anarchique de nouveaux produits financiers peu suivis et une prise de risque parfois irresponsable de la part des banques, ceci dans un contexte dinsuffisance de régulation ; et
des déséquilibres macroéconomiques à léchelle mondiale, se traduisant à la fois par dimportants déficits budgétaires et de balance de paiements dans les pays industrialisés, et par des excès dépargne des pays émergents et des pays pétroliers ; les ajustements qui auraient alors dus se faire en Occident ont ainsi pu être retardés constamment car lémission des bons du Trésor permettait aux Etats de financer leurs déficits.
La faillite de plusieurs grandes banques américaines, qui avaient accumulé des crédits non-performants et des actifs dits « toxiques » dans leur portefeuille, a déclenché une crise boursière et financière qui sest manifestée dabord dans le secteur de limmobilier aux Etats-Unis avant de se propager à travers le monde.
Cette crise a provoqué un assèchement des revenus des pays pauvres à travers plusieurs facteurs. Ainsi, le transfert net de capital privé aux pays en développement passera de son sommet de $650 milliards en 2007 à $120 milliards en 2009, tandis que les transferts des migrants connaitront un déclin de 6% en 2009. Laide publique au développement qui était déjà en grande régression si on exclut les ressources de linitiative PPTE, est appelée à fondre davantage à cause des défis économiques que les pays donateurs doivent relever chez eux. Or, pour maintenir la dynamique de croissance de 2007 de lAfrique, le déficit de financement projeté est de 50 milliards de $ US en 2009 et de 56 milliards de $ US en 2010.
La contraction des conditions des crédits et le ralentissement global de léconomie qui sen sont suivis ont réduit la capacité des pays à relever le défi des progrès rapides vers leurs objectifs de croissance économique et de progrès social. Au niveau des populations, ce sont malheureusement les couches les plus pauvres qui sont les plus durement frappés par la crise. On estime quune réduction de 1% du taux de croissance économique précipite 20 millions de personnes additionnelles dans la pauvreté. La mortalité infantile augmentera de 200 000 à 400 000 entre 2009 et 2015. La croissance du PNB des pays en développement, qui avait atteint des niveaux impressionnants de 8.1% et 6.3% respectivement en 2007 et 2008, dégringolera à 3.3% en 2009. La croissance économique en Afrique qui avait atteint les niveaux appréciables de 6.2% et 5.2% respectivement en 2006-2007 et en 2008 tombera sous la barre de 3% en 2009.
La croissance du volume du commerce est tombée de 7.9% durant la période 2003-2007 à 3.4% en 2008 et baissera jusquà 2.4% en 2009 si la tendance se poursuit. Ce ralentissement du commerce international à fait rejaillir le spectre du protectionnisme dans différents pays, et se caractérise par plus de subventions des produits nationaux et laugmentation des taxes douanières et autres droits dentrée dans plusieurs pays. Ces mesures, en réaction à la baisse du commerce mondial, engendré par la récession économique sont de nature à aggraver les distorsions induites dans le fonctionnement des marchés et par conséquent à retarder la reprise économique.
Au titre de la baisse des flux déchanges commerciaux, le déficit prévisionnel de recettes dexportation de lAfrique sera de 251 milliards de $ US en 2009 et de 277 milliards de $ US en 2010. En conséquence la balance commerciale se détériorera dans la plupart des pays.
Les mesures prises par la communauté internationale pour faire face à la crise financière et économique ont conduit à des actions touchant aux fondements de lorthodoxie économique. En plus de renforcer son rôle régalien de régulateur du système financier, les pays développés ont entrepris de renforcer leur poids économique dans la gestion de léconomie, et de simpliquer dans la gestion du secteur privé en y injectant des capitaux neufs et en y exerçant des contrôles corporatifs. Cest ainsi quaux Etats-Unis et au Royaume uni, des banques ont été partiellement nationalisées, ce qui était inconcevable au début de lannée 2008.
Lannée 2008 a également connu la montée en puissance des pays en développement, symbolisée particulièrement par la position désormais dominante de la Chine comme seconde puissance économique mondiale après les Etats-Unis dAmérique. Les polarisations économiques traditionnelles du monde entre Est-Ouest ou Nord-sud ont été diluées en 2008 plus que jamais dans le passé. La création du G20, qui élargit considérablement le Groupe traditionnel du G7 ou G8 pour inclure un nombre significatif de pays en développement dans la gouvernance mondiale est un indicateur fort de cette dilution et de linterdépendance accrue des économies du monde. En effet la dynamique renforcée de la globalisation commande une nouvelle gouvernance adaptée à lévolution des forces politiques et économiques dans le monde pour une meilleure marche de lhumanité.
Cest bien dans un tel contexte de crise dont les conséquences ont été durement ressenties par les économies en transition comme la notre quil fallait, dans la perspective du programme politique du Chef de lEtat « Le Progrès continu pour une société d'espérance », réussir :
le pari de la consolidation de la démocratie participative ;
le pari dune croissance soutenue en vue de lutter efficacement contre la pauvreté dans léquité ;
le pari de la promotion dune réelle gouvernance administrative de développement ;
le pari de la promotion dune sécurité sociale et de lhabilitation des groupes défavorisés notamment des femmes ;
le pari de la promotion des droits humains, de la sécurité publique et des libertés ;
le pari de linsertion de notre économie dans les économies régionale et mondiale ;
enfin, le pari dune contribution toujours appréciée de notre pays dans le concert des nations et pour le maintien de la paix.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Convaincu que la démocratie est une condition indispensable à la réalisation du développement humain durable, le Président du Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE néconomise aucun effort pour en assurer la consolidation. Cette détermination sest traduite par la soumission de notre système de gouvernance nationale à une auto évaluation suivant une démarche participative, puis à une évaluation externe.
A cet effet, nous devons nous réjouir de la conduite à son terme du processus du Mécanisme Africain dEvaluation par les Pairs (MAEP), par ladoption du rapport dévaluation du Burkina Faso, au forum des Chefs dEtat et de Gouvernement, tenu les 25 et 26 octobre 2008 à Cotonou. Vous avez tous été témoins du succès quil a recueilli parmi les Chefs dEtat et de Gouvernement et sa rétention à lunanimité comme modèle de présentation des rapports des autres pays à venir.
Nous avons des raisons dêtre fiers de notre système de gouvernance qui a gagné en maturité, jen voudrais pour preuves :
la stabilité et le fonctionnement régulier des institutions républicaines ;
et le raffermissement du dialogue de politique et du dialogue social marqués respectivement par la réédition des grandes rencontres entre le Président du Faso et les paysans, les femmes et les jeunes, la rencontre Gouvernement/Secteur privé et par la concertation Gouvernement/Syndicats autour des préoccupations du monde du travail et linstallation effective de la commission paritaire de négociation des salaires dans le secteur privé.
Je suis bien heureux de constater que la première session de lannée 2009 de votre auguste Assemblée va se consacrer quasi exclusivement aux projets de loi que le Gouvernement a soumis à son examen. Il sagit bien des projets de loi portant :
modification du code électoral ;
contribution de lEtat au financement des partis politiques et des campagnes électorales ;
fixation des quotas pour les élections législatives et locales ;
statut de lopposition.
Je ninsisterai pas plus que de raison sur les enjeux que représentent ces projets pour la consolidation de la démocratie parce que je mesure tout lintérêt que vous y attachez et je sais par avance quils retiendront votre plus grande attention.
La démocratie participative implique tout naturellement un partage de pouvoir et de responsabilité au niveau local entre les conseils régionaux, municipaux et villageois. Le Gouvernement a adopté un plan dactions triennal 2008-2010 pour lopérationnalisation du cadre stratégique de mise en uvre de la décentralisation dont la finalité est de contribuer à créer les conditions propices permettant à ces jeunes collectivités de jouer pleinement et avec efficacité leur partition.
Les actions les plus plausibles réalisées ont concerné :
la poursuite de la construction des sièges des gouvernorats, des conseils régionaux et des mairies afin de permettre aux acteurs territoriaux dêtre dans de bonnes conditions de travail. A titre dillustration, il est à noter la construction des gouvernorats de Manga et de Tenkodogo ainsi que celui de Dédougou en cours. En outre, 96 sièges de mairies de communes rurales ont été réalisés portant à ce jour, le nombre de sièges à 234 ;
le transfert progressif des compétences et des ressources matérialisés par ladoption par le Gouvernement de six décrets et lélaboration darrêtés interministériels pour le transfert des compétences dans les domaines ci-après :
le préscolaire, lenseignement primaire et lalphabétisation ;
la culture, la jeunesse, les sports et loisirs ;
lapprovisionnement en eau potable et lassainissement ;
la santé ;
les ressources financières pour charges récurrentes par infrastructures transférées ;
la gestion des agents de la fonction publique par les collectivités territoriales.
Des protocoles seront bientôt élaborés et passés entre lEtat, représenté par les Gouverneurs de régions et les Maires des communes y compris des communes rurales. Ce sont des contrats de partage de responsabilité dans la gestion des transferts entre les parties contractantes. Le Gouvernement sattelle à la finalisation des textes et du dispositif dopérationnalisation.
le renforcement des capacités des acteurs locaux : en effet pour une grande appropriation de la décentralisation, un guide illustré du code général des collectivités territoriales a été réalisé. Il importe de souligner que ce code simpose pour tenir compte du nouvel environnement institutionnel national. Par ailleurs les sessions dinformation et de formation des élus locaux se sont poursuivies afin de leur permettre de mieux jouer leurs rôles dacteurs du développement et de producteurs de services publics de proximité dans la perspective de la lutte contre la pauvreté. Des agents formés en science de ladministration ont été mis à la disposition des communes participant ainsi à résorber progressivement le déficit en secrétaires généraux.
Par ailleurs, le secrétariat permanent de la politique nationale de bonne gouvernance a initié, à ladresse des conseils régionaux, des ateliers dinformation et de sensibilisation sur les rôles des élus locaux dans la promotion de la bonne gouvernance. Six cents (600) conseillers régionaux ont pris part à ces ateliers dans 11 régions. Vu le grand intérêt manifesté, il y a bien nécessité détendre cette campagne dinformation à lensemble des conseillers municipaux, aux agents des services déconcentrés ainsi quaux autres acteurs locaux. Il y va du reste de la bonne communication tant souhaitée pour assurer une large diffusion de nos politiques publiques ;
le financement des investissements par lopérationnalisation du Fonds Permanent pour le Développement des Collectivités Territoriales dune dotation budgétaire de 5 milliards de francs CFA ;
linstallation en juin 2008, du conseil national de la décentralisation. Linstitution dun tel espace de concertation est de permettre à lensemble des acteurs dévaluer périodiquement le processus de décentralisation et de suggérer les mesures correctives qui simposent.
Au total, la justesse de la communalisation intégrale afin de donner à lensemble de la population burkinabé lopportunité de participer au choix et à la prise de décision pour le développement de sa localité ne souffre aujourdhui daucun doute. Toutefois, force est de reconnaître que ces jeunes collectivités rencontrent des difficultés de gestion dues au déficit de formation, à linexpérience et à la compréhension somme toute limitée du jeu démocratique, mais aussi et surtout à la faible capacité de nombre de leaders communaux. Le Gouvernement, chaque fois que de besoin a pris les décisions qui simposent pour faire appliquer les dispositions légales et règlementaires. Cest le lieu pour moi dinterpeller la classe politique sur la nécessité de jouer le rôle qui est le sien dans la formation de ses militants et dans le choix judicieux des hommes et des femmes à responsabiliser dans la gestion du patrimoine public au niveau local.
Il ny a de démocratie solide et durable que celle qui sappuie sur une volonté dappartenance à une même Nation, c'est-à-dire sur une citoyenneté responsable et sur une culture de tolérance.
La décision prise par le Gouvernement de renouer avec les célébrations de la fête de lindépendance de notre pays, de manière tournante dans les chefs-lieux des régions, procède de la volonté de renforcer ce sentiment dappartenance mais bien plus délever le niveau de conscience de nos jeunes concitoyens sur la portée et la valeur historiques de cette date qui consacre la proclamation de la République en prélude à la souveraineté politique et internationale.
Je voudrais ici, encore une fois, déplorer laccident tragique survenu à loccasion et qui a coûté la vie à deux aviateurs émérites et réitérer toute ma compassion aux familles affectées. Nonobstant cette circonstance douloureuse, nous pouvons nous féliciter de lorganisation réussie du 48ème anniversaire de la fête nationale, le 11 décembre 2008, à Fada NGourma. Au-delà des activités festives, il faut y voir lexpression de la volonté du Gouvernement de doter la capitale de la région de lEst, dun ensemble dinfrastructures socio économiques de base qui font du reste sa fierté. Cette expérience se poursuivra en 2009 à Ouahigouya, en 2010 à Bobo-dioulasso et en 2011 à Koudougou. Je voudrais ici appeler les autorités politico-administratives et les ressortissants de ces différentes régions à mesurer lenjeu de cette manifestation et à se mettre déjà à la tâche.
Le peuple burkinabé est épris de paix et se caractérise par cette grande disponibilité à accepter lautre. Mais, les conflits meurtriers entre agriculteurs et éleveurs survenus en 2008, en période hivernale, dans la commune de TIANKOURA dans la région du sud-ouest, nous imposent une veille constante et des efforts soutenus en matière de promotion de la culture de la tolérance entre les différentes communautés. A cet effet, il nous faut anticiper sur les crises et les prévenir en initiant des cadres de concertation dans les régions sous limpulsion des gouverneurs.
En matière de coopération frontalière, conforme à sa constante volonté de préserver la paix et dentretenir une coexistence pacifique avec les pays voisins, le Gouvernement a veillé sur lachèvement des travaux dabornement de la frontière avec la République du Mali, du côté de Faramana et sattèle à poursuivre ceux du côté de Koloko.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Le marché en tant quinstitution de régulation en économie ouverte et concurrentielle, a donné au cours de ces dernières années des signes évidents dessoufflement. La spéculation déshumanisante a pris le pas sur les pratiques vertueuses du puritanisme économique telles que jadis prônées par Adam SMITH. En effet, léconomie mondiale a été durement ébranlée par les crises dont je viens de parler tantôt. Elles ont freiné les élans de croissance économique dans le monde. Ainsi, la croissance mondiale sest établie à 3,4% en 2008 contre 5% en 2007 avec une forte propension recessionniste en 2009.
Si lAfrique au sud du Sahara dans son ensemble, enregistre une croissance de lordre de 5% du fait de la forte demande et de la valorisation des matières premières en loccurrence le pétrole et certains métaux, ce taux cache à lévidence des disparités selon les régions. Au niveau de la sous région de lAfrique de lOuest et notamment de lUnion Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la croissance a été de 3,9% en 2008 contre 3,3% en 2007. Toutefois, elle sest réalisée dans un contexte de forte pression inflationniste jamais enregistrée au cours de ces dix dernières années. Ainsi le taux dinflation annuel est ressorti à 7,4% en 2008 contre 2,4% en 2007.
Au Burkina Faso, les anticipations de croissance forte et soutenue en vue de lutter efficacement contre la pauvreté dans léquité, ont été quoiquon dise, contrariées par les effets conjugués des différentes crises mais aussi par des rigidités structurelles internes et la forte poussée démographique qui caractérise désormais le pays. Avec un taux de 4,5% en 2008 contre 3,6% en 2007, la croissance de léconomie nationale a été légèrement plus rapide que celle de léconomie communautaire. Ce léger dynamisme est le fait essentiellement des secteurs primaire (1,3 points) et tertiaire (2,1 points). A linstar de la communauté, linflation a atteint le niveau record de 10,7% en moyenne annuelle contre -0,3% lannée précédente en raison de laugmentation inattendue et disproportionnée des prix des produits alimentaires importés liée en partie à linorganisation et à la faible capacité de réponse du système national de production et de commercialisation. La mauvaise campagne cotonnière 2007/2008 a contribué à éroder le niveau de revenu des paysans. Au total, lincidence de la pauvreté sest légèrement aggravée passant de 42,6% en 2007 à 43,5% en 2008.
Sagissant particulièrement de la crise alimentaire, pour atténuer la hausse des prix et rendre accessibles les produits de grande consommation, le Gouvernement a pris une série de mesures fiscales et douanières qui nont pas été sans préjudice sur les ressources budgétaires de lEtat. Elles ont consisté en la suspension durant sept (07) mois, de lapplication des droits de douane et/ou de la TVA sur certains produits importés tels que le riz, les pâtes alimentaires, le lait, le sel, les préparations alimentaires de base pour enfants ainsi que la semoule de blé dur. Elles ont concerné également la suspension de la TVA à la vente sur le savon, les huiles et pâtes alimentaires produits localement. Le coût des différentes facilités octroyées correspondent à un manque à gagner de plus de 5 milliards de FCFA. En outre, tout en maintenant le dialogue avec les commerçants et les importateurs grossistes pour appliquer le juste prix, le Gouvernement a fait appel au stock national de sécurité pour alimenter le marché en céréales à prix social au profit des couches les plus vulnérables.
Ces mesures conjoncturelles viennent en vérité sadditionner à des mesures devenues structurelles que le Gouvernement met en uvre depuis plus dune décennie pour soutenir la consommation des ménages. IL sagit entre autres, de la subvention accordée aux hydrocarbures évaluée en 2008 à 19,46 milliards de francs CFA et de la stabilisation du prix du gaz butane.
Il importe ici de relever les efforts consentis par la Société Nationale Burkinabé dHydrocarbures (SONABHY) pour assurer la disponibilité régulière des produits pétroliers malgré la flambée des prix. En effet, conformément à ses missions, la SONABHY a importé en 2008, 626 000 m3 de produits pétroliers pour un coût de 288 milliards de francs CFA. Par ailleurs, pour répondre à la demande de gaz butane qui connaît une croissance de plus de 20% par an, il a été réalisé au dépôt de Bingo un nouveau système automatique demplissage de bouteilles à leffet daccélérer le service et den améliorer sa qualité.
Ces crises et notamment la crise alimentaire est venue nous rappeler la nécessité de mettre en uvre notre juste option de construire une souveraineté alimentaire nationale. Bien sûr quun tel choix implique une revue en profondeur de notre schéma de production agro- sylvo-pastorale et de notre politique des filières pour les rendre plus achevées. Dans lurgence et dans la perspective de lintensification et de la diversification de la production agricole, le Gouvernement a apporté un appui à certaines filières notamment la filière cotonnière dont la production a été très erratique ces dernières années et les cours sur le marché mondial très volatiles.
Pour la campagne 2008/2009, la production cotonnière est de 462 000 tonnes, soit une hausse de plus de 25% par rapport à la campagne précédente. Cette performance situe notre pays au rang de premier producteur de coton en Afrique et huitième exportateur de coton au niveau mondial. Ainsi, outre le contexte international de la filière, le prix dachat du coton graine au producteur a connu une hausse, passant de 145 francs CFA le Kg en 2007/2008 à 165 francs CFA le Kg en 2008/2009.
Dans le but de sauvegarder les revenus des producteurs suite aux menaces du marché mondial, le Gouvernement a uvré pour :
la mobilisation de 18 millions deuros pour labondement initial du fonds de lissage de la filière ;
la réalisation dun audit opérationnel et financier de la SOFITEX en vue de poursuivre lamélioration de sa compétitivité interne ;
la mise en place dune procédure simplifiée remboursements des crédits TVA des sociétés cotonnières ;
loctroi dune subvention exceptionnelle de 6,5 milliards de francs CFA pour soutenir les prix de vente des engrais aux producteurs.
Par ailleurs, pour la campagne 2008/2009, lEtat avec le concours des partenaires au développement, a alloué la somme de 35,5 milliards de francs CFA pour lacquisition dengrais, déquipements et de semences améliorées au profit des producteurs de façon générale. La conjugaison de ces efforts a permis à la campagne qui vient de sachever de ressortir avec un excédent céréalier de plus de 700 000 tonnes soit léquivalent de près dun quart des besoins de consommation. La production de riz a été multipliée par plus deux.
En ce qui concerne cette dernière spéculation, des dispositions ont été prises pour accompagner les producteurs dans la commercialisation en leur garantissant un prix planché de 116 FCFA le kg.
Bien évidemment, ces efforts ont amené des choix et des ajustements budgétaires parfois difficiles. Je voudrais ici, me féliciter de la discipline budgétaire observée qui a permis à notre pays de faire face à la crise alimentaire et énergétique mondiale.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Comme il fallait sy attendre dans un tel contexte de détresse économique, en matière de finances publiques, les recettes globales ont enregistré un recul de 1,3% par rapport à 2007 pour se chiffrer à 630,8 milliards de FCFA. Cette baisse est imputable exclusivement aux dons et prêts projets. Les recettes propres quant à elles ont progressé de 9,9% en 2008 sétablissant à 483,8 milliards de francs CFA du fait des efforts de renforcement des administrations fiscale et douanière et des mesures de resserrement des contrôles de la part de ces dernières.
La mobilisation des ressources extérieures sous forme de prêts et dons pour le financement des projets et en appuis budgétaires sest élevée à 262,2 milliards de FCFA. Cet état traduit la qualité du partenariat et la confiance mutuelle dans nos relations avec les partenaires au développement.
Concernant la gestion de la trésorerie, pour accroître et diversifier les potentialités financières de lEtat et des collectivités territoriales, le Trésor public a procédé à trois émissions de bons de trésor au cours de lannée 2008 qui ont permis de mobiliser au total la somme de 60,97 milliards de FCFA.
Les dépenses se chiffrent à 791,9 milliards de FCFA et les charges courantes à 455,2 milliards de FCFA contre 450,3 milliards de FCFA en 2007 soit un taux de progression de 0,01%, qui traduit un effort appréciable de diminution du train de vie de lEtat, malgré des réaménagements opérés en cours dexercice pour soutenir les actions entreprises dans le cadre de la lutte contre la vie chère et les initiatives visant à accroître la sécurité alimentaire. Pour maintenir des flux dinvestissements en rapport avec les ambitions de renforcement des infrastructures économiques de base, lépargne intérieure a été mise a contribution par voie dune émission obligataire de 41,3 milliards de FCFA dont le produit, mobilisé en 2007 a servi dappoint. Au total, les opérations financières de lEtat ont dégagé un déficit base engagements de 161,1 milliards de FCFA, contre un déficit de 170,1 milliards de FCFA en 2007 soit une amélioration de plus de 3%.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Nous devons avoir constamment à lesprit que le Budget de lEtat un instrument de politique économique. Il est le moyen par excellence de mise en uvre progressive des stratégies de développement à moyen terme. En conséquence la qualité et le niveau de mobilisation des ressources publiques sont aussi fonction de la pertinence de cette stratégie.
Aussi, voudrais je me féliciter de notre option dinscrire nos stratégies de développement et politiques sectorielles dans une vision telle que définie dans létude prospective « Burkina 2025 » et davantage clarifiée dans le programme politique du Président du Faso, Son Excellence, Monsieur Blaise COMPAORE, à savoir « le Progrès continu pour une société despérance ». La démarche prospective est une disposition de veille qui permet de renforcer la capacité danticipation, je suis heureux de constater les différentes initiatives prises pour lappliquer à des domaines sensibles et stratégiques tels que le SIDA, léducation, les mines et la défense nationale.
Cest le lieu pour moi dapprécier la constante adhésion de ladministration publique, des acteurs non étatiques et des partenaires au développement au cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). La franchise et la sincérité des discussions dans le cadre du « processus CSLP » ont permis souvent de mobiliser à bonne date les ressources internes et externes et de les adapter à la mise en uvre du programme daction prioritaire dans la perspective de latteinte progressive des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Je souhaite vivement que ce partenariat constructif soit celui là qui guidera la révision en profondeur du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
La compétitivité de notre économie dans le cadre des échanges avec lextérieur reste encore faible et exige des efforts supplémentaires de diversification de ses exportations. Selon les estimations, la balance commerciale à fin 2008 enregistre un déficit de 357,8 milliards de FCFA, en dégradation de 68,76 milliards de francs CFA par rapport à 2007. Cette contre-performance est imputable à la contraction des exportations de 17,7% du fait de la réduction des exportations projetées du coton de 45,3% et une augmentation des importations de 2,8% à mettre à lactif des produits pétroliers et des biens d'équipement.
La balance des transferts courants sans contrepartie a connu une progression de 6,7% en s'établissant à 206,8 milliards de FCFA contre 193,8 milliards de FCFA en 2007, imputable essentiellement aux transferts public et privé qui ont crû respectivement de 5,0% et 10,9%.
La balance des paiements 2008, serait déficitaire de 40,6 milliards de FCFA, contre un excèdent exceptionnel de 188,0 milliards de FCFA en 2007 dû à la cession de 51% des actions de lONATEL à Maroc Télécom pour144,4 milliards de FCFA.
A fin 2008, lencours de la dette publique est estimé à 936 milliards de FCFA, contre 745,37 milliards de francs CFA en fin dannée 2007 soit une hausse de 25,6%.
En matière de soutenabilité, en sappuyant sur les résultats de laudit réalisé en 2007 sur la dette intérieure, le Gouvernement a engagé des actions dapurement et pris un certain nombre de mesures visant la non accumulation de nouveaux arriérés dans la perspective dassainir durablement les finances publiques et restaurer la crédibilité de lEtat. Ladoption courant 2008 de la nouvelle politique dendettement et de gestion de la dette publique visant la maîtrise parfaite des actes dendettement et une meilleure coordination de la dette publique. Les résultats sont positifs : bien que lencours de la dette publique soit en constante augmentation, les initiatives de la communauté financière internationale, conjuguées aux actions de lEtat, ont fortement contribué à la maîtrise des ratios dendettement public. A fin décembre 2008, le ratio de service de la dette publique sur les recettes budgétaires et le ratio de service de la dette publique extérieure sur les recettes dexportation sétablissaient respectivement à 7% et 9,6%. Ceci est de bons augures lorsque lon sait que les normes maximales généralement admises sont respectivement de 25% à 35%.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Le dynamisme affiché par notre économie réelle malgré les différentes crises nous donne bien de raisons despérer. En effet, sil ya un secteur qui a connu une embellie particulière au cours de lannée écoulée, en dépit de la situation économique très difficile, cest celui des mines. Trois nouvelles mines sont entrées en production et le nombre de titres et autorisations sest accru de 12% passant de 481 à 537.
Au cours de lannée 2008, les mines dor de Youga dans le Boulgou, de Mana Fobori dans les Balé et le Mouhoun et de Kalsaka dans le Yatenga sont rentrées en production. Les investissements cumulés pour la construction des unités sont évalués à plus de 132 milliards de francs CFA. Outre la production dor de 5 500 kilogrammes faisant du Burkina Faso un pays minier, lensemble de ces mines en production devra procurer au Trésor public dimportantes ressources. Par ailleurs, il a été enregistré en 2008 le démarrage des travaux de construction de la mine de manganèse de Kiéré dans le Tuy et la poursuite de ceux de la mine dor dInata dans le Soum et du Zinc de Perkoa.
Le projet de construction de la mine dor dEssakane, dun coût de deux cents (200) milliards de francs CFA, connaît dimportantes avancées. Jai tenu personnellement à lancer officiellement les travaux, le 19 mars dernier, pour marquer tout lintérêt que Son Excellence le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE attache à cette mine de classe mondiale qui renforcera notre position de pays minier.
En perspective, le Gouvernement sattellera à lidentification dun partenaire pour lexploitation du manganèse de Tambao. Par ailleurs, la recherche géologique et minière se traduira par lévaluation des potentialités énergétiques dans les zones sédimentaires de lOuest et du Nord du Pays pour les hydrocarbures et luranium.
Dans le domaine de lapprovisionnement en énergie électrique, lannée 2008 a été marquée par les travaux de la ligne dinterconnexion reliant Bobo-Dioulasso à Ouagadougou qui ont enregistré un taux dexécution physique de plus de 25% et dont lachèvement et lopérationnalisation de louvrage pourra intervenir au dernier trimestre 2009. En outre, la capacité de production thermique de la SONABEL sest accrue par la mise en production dune centrale de 18 MW à Kossodo. Les raccordements interurbains des centres isolés se sont poursuivis par la réalisation des liaisons Koupéla Fada et le démarrage des travaux des liaisons Ouagadougou-Niou et Kombissiri-Manga. Dans le même sens, les travaux délectrification de 41 nouvelles localités se sont poursuivis.
Dans le but de renforcer la sécurité énergétique nationale, une centrale thermique de 18 MW dun coût de quatorze (14) milliards de francs CFA est en construction à Komsilga. Elle sera opérationnelle dans le dernier trimestre 2009.
Sagissant des produits pétroliers, pour contenir limpact de la situation de hausse continue des prix internationaux sur le pouvoir dachat des consommateurs et la compétitivité des entreprises, dimportantes mesures de subvention du prix des hydrocarbures et du matériel à hauteur 40 milliards de francs CFA ont été accordées par lEtat afin de stabiliser le prix à la consommation des produits pétroliers et de lélectricité pour toutes les catégories socioprofessionnelles. Il sagit notamment :
du blocage des prix des hydrocarbures entre juillet 2007 et janvier 2008 et répercuter partiellement la hausse entre janvier 2008 et juillet 2008 ;
de la reconduction de la décision prise en octobre 2006 fixant le prix à la pompe du mélange 2 Temps avec un écart de 10 francs CFA le litre par rapport à celui du super 91 et procéder à la suppression de la Contribution au Programme de Vérification des Importations (CPVI) ;
de loctroi dune subvention respectivement de 95 francs CFA et de 177 francs CFA par litre sur le DDO et le Fuel oil utilisés par la SONABEL pour produire lélectricité ;
de loctroi davantages fiscaux à lélectrification rurale à travers la subvention des hydrocarbures utilisés pour la production délectricité ;
la suppression de la TVA et des taxes douanières sur les investissements de lélectrification rurale.
En terme de perspectives, lannée 2009 verra lintensification de laccès des populations surtout des zones rurales aux sources dénergies modernes et une consommation rationnelle et efficace de lénergie. Il sagit notamment :
de la signature dune convention de financement avec lInde dun montant de 12,5 milliards de francs CFA environ pour lélectrification dau moins une centaine de localités ;
de la mise en place de lAutorité de Régulation du Sous-secteur de lElectricité qui permettra à tous les usagers du service électrique de faire valoir leurs droits ;
de la réalisation de dix lignes dinterconnexion intérieures pour un coût de dix (10) milliards de francs CFA. Elle concernera les lignes Pouytenga-Boulsa-Bogandé ; Dédougou-Tougan ; Dédougou-Nouna ; Dori-Gorom-Gorom ; Pâ-Dano ; Pâ-Houndé ; Pâ-Dédougou ; Pâ-Boromo ; Diébougou-Gaoua ; Ouagadougou-Kongoussi.
En outre, les travaux délectrification de 70 nouvelles localités et linstallation de 1000 kits solaires photovoltaïques connaîtront un début dexécution. La vallée du Sourou sera électrifiée.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Au cours de lannée 2008, les efforts du Gouvernement se sont davantage concentrés sur une meilleure définition et un renforcement de notre politique en matière dinvestissement dans le secteur du développement rural et la sécurité alimentaire dune part et celui de leau et lassainissement dautre part. Ainsi ont été finalisées :
lélaboration dun Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) du secteur ;
le programme dinvestissement du secteur agricole (PISA) ;
les documents de 13 programmes de spécialisation régionale (PROSPER) ;
la définition des filières prioritaires agro sylvo - pastorales dans les treize (13) régions.
En matière de production, la campagne agricole 2008-2009 a enregistré une production céréalière totale de plus de 4 213 000 tonnes soit une progression de 36% comparativement à la campagne écoulée. La production de riz a plus que doublé pour atteindre 260 000 tonnes.
Ces résultats ont été atteints notamment grâce à la mise à disposition des producteurs de riz de 10 000 tonnes dengrais subventionnés à hauteur de 50% et de la fourniture gratuite de 6 000 tonnes de semences améliorées.
Le soutien aux producteurs sest traduit également par la mise à disposition effective de 700 tracteurs équipés et de 220 motopompes à des prix subventionnés. A ce jour ce sont 260 tracteurs et 220 motopompes qui ont été vendus. La création récente de lAgence des Travaux Eau et Equipement Rural (AGETEER) permettra de poursuivre les efforts déjà entrepris dans le domaine de lexécution des investissements publics hydro-agricoles.
Lagriculture irriguée connaît un engouement certain et constitue un appoint indispensable à la sécurité alimentaire. En 2008, elle a fourni 817 000 tonnes de céréales, soit 20% de la production nationale ; durant la même période, 1 860 hectares hydro agricoles ont été aménagés, 2 barrages et 150 puits maraîchers ont été construits et enfin plus de quinze (15) millions de tonnes de fumure organique ont été produites dans le cadre de lopération 20 millions de tonnes de fumure organique.
En matière de sécurité alimentaire, le Gouvernement a procédé à :
la vente de 30 000 tonnes de céréales au prix social de 9 000 FCFA le sac de 100kg dans les 16 provinces déficitaires ;
la distribution de près de 1 160 tonnes de vivres PAM à 32 140 personnes. Ces bénéficiaires ont contribué à aménager 612ha de bas-fonds et à récupérer 9 035 hectares de terres dégradées.
Il convient de souligner que le dispositif de sécurité alimentaire a été renforcé par la mise en place de comités régionaux et provinciaux chargés dassumer la coordination des activités de veille en la matière.
Lapprovisionnement en eau potable et lassainissement en milieu rural au bénéfice des populations, ainsi que la réalisation des ouvrages dhydraulique agricole, restent un souci constant du Gouvernement.
Dans ces domaines, il a été possible dachever les travaux de mise en sécurité du barrage de Bagré dun coût financier de 7 milliards, de réaliser 1600 forages et 100 systèmes dadduction deau potable simplifiée (AEPS) desservant plus de 660 000 personnes supplémentaires en 2008, sans oublier le programmes hydraulique villageoise de lUEMOA qui a permis de réaliser 300 forages. Egalement en matière dassainissement, ont été réalisés 402 latrines scolaires, 76 latrines pour les centres de santé, 37 latrines publiques, 18 100 latrines familiales et 5 140 puisards.
Le volet urbain du Programme National Eau et Assainissement a permis à 15 200 personnes supplémentaires davoir accès à leau potable et à plus de 200 000 autres de bénéficier douvrages dassainissement dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora, Koudougou et Fada NGourma.
Il y a lieu de souligner que la politique tarifaire adoptée courant 2008 pour la période allant de 2008 à 2012 a allégé la facture deau à environ 80% dabonnés.
En perspective pour lannée 2009, un montant de 6 milliards de francs CFA sera consacré au financement des investissements communaux, conformément aux 100 plans communaux de développement élaborés en 2008.
En vue dune gestion maîtrisée des ressources en eau, lEtat a procédé à un inventaire des ouvrages deau potable et assainissement. Dans le même registre, lon peut noter la réalisation de la première tranche du laboratoire de contrôle de la qualité de leau.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Les investissements pour une agriculture durable requièrent une forte garantie autour du facteur que constitue la terre. Cest pourquoi le Gouvernement, dans le but de renforcer la sécurisation foncière en milieu rural, a élaboré de la manière la plus participative possible, un avant projet de loi et lensemble de ses textes dapplication. Cette future loi vise à asseoir les bases juridiques en la matière et devrait permettre décarter tout spectre de conflits agriculteurs éleveurs dans nos provinces et villages.
En tout état de cause, au cours de lannée le Gouvernement avec lappui des partenaires au développement, a effectué dimportants investissements à travers :
le projet dirrigation et de gestion de leau à petite échelle ; dun coût de 13 milliards, il vise à contribuer à la lutte contre la pauvreté rurale et pour la sécurité alimentaire ;
le projet multinational dappui à la filière coton textile dans les quatre pays de linitiative coton, à savoir notre pays, le Bénin, le Mali et le Tchad ; dun coût total de 8 milliards 604 millions de FCFA, il vise principalement la sécurisation et laccroissement des revenus des acteurs de la filière coton textile à travers lamélioration de la productivité ;
le projet dappui aux filières agricoles (PROFIL) dun montant de 8 milliards 620 millions de CFA dont lobjectif est de réduire la pauvreté en milieu rural ;
le projet de renforcement des moyens de protection des végétaux et des denrées stockées dun coût denviron 13 milliards.
Au titre des perspectives pour lannée 2009, des actions nouvelles et de consolidation se poursuivront. Il sagit notamment de :
laccroissement dau moins 20% de la production céréalière ;
lorganisation des Etats généraux de lagriculture et de la sécurité alimentaire ;
laménagement de 5 000 ha en maîtrise totale deau dans le cadre de la révolution verte au Burkina Faso ;
la construction de 7 nouveaux barrages et la réhabilitation de 37 autres ;
lemblavement dau moins 50 000 ha de coton Bt ;
lamélioration de la couverture en eau potable de 20% ;
la construction de 20 000 latrines familiales et denviron 2 000 latrines publiques ;
la soumission à lAssemblée Nationale dun projet de la loi portant régime domanial et foncier en milieu rural.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Les résultats de lenquête nationale sur leffectif du cheptel (ENEC) réalisée en 2003 ont révélé limportance du potentiel du sous secteur de lélevage et sa capacité à mieux contribuer à la formation du PIB grâce à la valorisation de ses ressources. Dans cette perspective, le Gouvernement au cours de lannée 2008, a mis laccent sur le renforcement du dispositif alimentaire du bétail en sous produits et en fourrages, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée.
Lexécution du Plan dActions du Programme dInvestissement du Secteur de lElevage (PAPISE) a permis dobtenir des résultats tangibles.
Dans le domaine de la sécurisation des activités pastorales, les efforts ont été axés sur lamélioration du cadre législatif et réglementaire sur le pastoralisme, la réalisation daménagements pastoraux et la gestion des ressources naturelles. Lon citera entre autres :
la diffusion de plus de 1600 documents sur la loi dorientation relative au pastoralisme ;
la délimitation de plus de 1000 km de pistes à bétail ;
la restauration de 540 ha de pâturages dégradés ;
la résolution de près de 900 conflits liés à lexploitation des ressources naturelles.
Dans la quête permanente doffrir aux populations des produits animaux en qualité et en quantité, lamélioration de la productivité des animaux a constitué une priorité pour le Gouvernement. Laccent a été mis sur la santé animale se traduisant par :
la vaccination de plus dun million de bovins contre la péripneumonie contagieuse bovine et la pasteurellose bovine ;
la vaccination de près de 4 millions de volailles contre la maladie de Newcastle ;
la vaccination de 14 000 animaux de compagnie contre la rage ;
le traitement de 900 000 animaux sensibles contre les trypanosomoses ;
linspection de 39 600 tonnes de viande.
En vue dapporter une alimentation qualitative et suffisante au bétail, des éleveurs ont été dotés en matériels et infrastructures et en semences fourragères à hauteur de 25 000 kg. En outre, les animaux performants ont été diffusés et 300 vaches inséminées.
En terme de production, 1 329 445 litres de lait, 16 000 000 dufs, 35 tonnes de miel, 1 750 000 bottes de fourrages de 10 kg et 6000 tonnes de sous produits agro industriels (SPAI) ont été produits.
Pour améliorer la compétitivité des produits délevage, les efforts ont porté sur :
la réalisation de 33 parcs de vaccination et de 3 marchés à bétail permettant daccroître les exportations ;
la meilleure organisation des exportations de 2 494 tonnes de viande, plus de 650 000 bovins et 990 000 petits ruminants sur pied ;
la lutte contre les « abattages clandestins » (350 bouchers clandestins ont été appréhendés et près de 10 tonnes de viande saisies).
la professionnalisation des acteurs avec plus de 23 000 acteurs formés, 1 500 alphabétisés et 195 éleveurs leaders installés dans les 13 régions.
Au titre des perspectives pour lannée 2009, il est prévu les actions suivantes :
la réalisation dune usine de fabrique daliments du bétail dune capacité de 100 000 tonnes par an ;
le renforcement des infrastructures hydrauliques pastorales ;
le renforcement des dispositifs damélioration de la couverture sanitaire avec la création dune centrale dachat de médicaments vétérinaires ;
la recherche de financement en vue de linstallation de 2195 éleveurs leaders ;
la mise aux normes internationales des abattoirs de Bobo Dioulasso et de Ouagadougou ;
lorientation de labattoir de Ouagadougou vers lexportation de viande pour renforcer sa viabilisation ;
le démarrage de la construction dune laiterie dune capacité de 15 000 litres par jour.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
La vision globale du Gouvernement en matière denvironnement est de réduire les tendances à la dégradation et de renforcer la contribution de ce sous-secteur à léconomie nationale et au bien-être socio-économique des populations.
En termes de bilan dactions menées dans le domaine du renforcement institutionnel et réglementaire, il sest agi de :
la mise en place dune Autorité Nationale de Radioprotection et de sûreté nucléaire ;
linstallation de lAgence Nationale de biosécurité ;
la relecture des codes forestiers et de lenvironnement ;
ladoption dun plan daction pour la réhabilitation des domaines classés de lEtat.
Au plan de la protection de lenvironnement et sa gestion durable :
laménagement de 600 000 ha de forêts naturelles ;
laménagement de 270 000 ha de nouveaux massifs ;
la diffusion de 250 000 foyers améliorés dans 9 régions du pays, la récupération de plus de 2000 hectares de terres dégradées.
Au plan de la mise en uvre du renforcement du partenariat et de limplication des acteurs en vue dune meilleure prise en compte de lenvironnement à tous les niveaux du développement économique et social, il sest agi de :
renforcer la campagne déco - citoyenneté en langues nationales mooré et dioula ;
installer des cellules environnementales au niveau de sept (7) ministères, des treize gouvernorats et de certaines grandes entreprises ;
mettre en terre plus de 11 millions de plants pendant la campagne nationale de reboisement, contre 9 millions de plants en 2007 ;
créer les clubs écologiques dans des établissements scolaires volontaires ;
démarrer les projets : « Renforcement des capacités pour ladaptation et la réduction de la vulnérabilité aux changements climatiques » et « Initiative Pauvreté et Environnement » en collaboration avec le PNUD et le PNUE.
Au plan de la valorisation des potentialités économiques du secteur :
5 121 touristes dont 49% dexpatriés non résidents ont été accueillis en 2008. Cela a occasionné lexploitation faunique de plus de 1 770 mammifères et 42 660 oiseaux. Près de 1,600 milliards de FCFA de recettes ont été réalisées au profit des divers acteurs ;
1 750 000 plants et 6 000 tonnes de graines de Jatropha ont été mis en terre en vue de promouvoir la production de biocarburant.
En perspective pour lannée 2009, pour lamélioration de lenvironnement et du cadre de vie de nos populations, le Gouvernement mettra laccent sur :
la poursuite de la révision et ladoption des nouveaux codes de lenvironnement et forestier ;
lanimation des commissions spécialisées du Conseil National pour lEnvironnement et le Développement Durable;
la restauration de lintégrité des limites des aires classées et une préparation au transfert des compétences et des ressources en matière de gestion des ressources naturelles et de lenvironnement aux collectivités territoriales.
Notre pays accueillera le 7ème forum mondial du développement durable en Octobre 2 009. Cette activité majeure du Gouvernement réunira des sommités de lenvironnement, des sciences de la terre et des responsables politiques et du monde du développement international.
En matière de valorisation des potentialités économiques du secteur, lannée 2009 verra une promotion plus soutenue des filières forestières porteuses (gommes arabiques, baobab, balanites, tamarin, néré, liane goïne), de même que celle relative à la collecte et au traitement des ordures ménagères, des sachets plastiques. Dans cette optique, il est prévu létude pour la mise en place dun code des investissements pour le secteur de lenvironnement et une finalisation des projets relatifs au potentiel du Burkina Faso en matière de Mécanisme pour un Développement Propre (MDP).
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Il est aujourdhui établi que la qualité des infrastructures de communication et la performance du système de transport relèvent le niveau de compétitivité de léconomie nationale.
Au niveau des infrastructures routières, différentes interventions ont pu s'effectuer au cours de l'année 2008.
Dans ce cadre, une dotation budgétaire de 14,8 milliards de FCFA a permis à la fois la réalisation de travaux de reconstruction douvrages dégradés lors des saisons de pluies de 2007 et 2008 et lexécution des travaux dentretien courant routier sur un linéaire de 15 272 km de routes du réseau classé.
Lentretien périodique, la réhabilitation et le renforcement des routes, grâce à lappui de nos partenaires au développement, ont pu être poursuivis, contribuant à la consolidation du développement de notre réseau routier.
Pour ce qui est du bitumage des routes, les efforts consentis par lEtat ont porté le linéaire des routes bitumées à 2 976 km. Ce réseau sera renforcé avec le bitumage de la route Dori-Seytenga-frontière du Niger (51 km) dont les travaux ont été lancés le 22 janvier 2009 et celui de la route Koudougou-Dédougou (130 km).
Par ailleurs, des travaux de bitumage ont été entrepris dans diverses rues de nos villes comme Fada NGourma dont 11 km ont été bitumés.
Au cours de lannée écoulée, léchangeur de OUAGA 2000 a été mis en service et contribue à fluidifier et à sécuriser la circulation au grand bonheur des usagers. Les travaux des échangeurs aux sorties Ouest et Est de la ville de Ouagadougou se poursuivent et ont atteint le niveau dexécution de 40%.
Le Gouvernement entend poursuivre ses actions de développement du réseau routier. Pour ce faire, il prévoit lentretien courant de 15 272 km de routes et de 1 700 km de pistes rurales pour un budget total de 11,25 milliards de FCFA. Les études routières déjà réalisées ou à réaliser nous permettront denvisager la poursuite des autres interventions tels le bitumage, lentretien périodique, la réhabilitation, la construction des routes et/ou des pistes rurales.
Comme vous en avez souvenance, la période écoulée a été marquée par ladoption, par Votre Auguste Assemblée, de la Loi dOrientation des Transports Terrestres au Burkina Faso. Cette loi, qui vient combler un vide juridique, a pour orientations majeures :
la promotion des transports collectifs ;
lancrage du secteur des transports dans la dynamique de la décentralisation ;
la responsabilisation de tous les acteurs sociaux dans la définition et la mise en uvre de la politique des transports terrestres ;
la promotion de la sécurité et de la sûreté dans les transports terrestres ;
la professionnalisation des acteurs du secteur.
En vue de la promotion de la sécurité routière, le Gouvernement a poursuivi ses actions au nombre desquelles je citerai : ladoption du document de Politique Nationale de Sécurité Routière, la création de lOffice National de la Sécurité Routière (ONASER) et du Conseil National de la Sécurité routière, le lancement de lopération portant sur la délivrance de cinq mille six cents (5600) permis de conduire.
Dans le cadre de la facilitation et de la fluidité du trafic routier, un accord de crédit entre notre pays et la Banque Mondiale dun montant de deux (2) milliards de FCFA a été signé au profit du Programme Régional de Facilitation des Transports et du Transit en Afrique de lOuest (PRFTTAO). Lannée 2009 verra la réalisation de la concession de gestion du système de contrôles routiers à travers une convention qui sera signée entre lEtat et le Conseil Burkinabé des Chargeurs (CBC).
Dans le domaine des transports aériens, les travaux de réaménagement de lAéroport international de Ouagadougou, lancés en janvier 2008, se sont poursuivis et ont pu atteindre un niveau appréciable.
Toujours, dans ce sous-secteur, je mentionnerai ladoption des textes portant création et attributions de la Coordination des activités de sûreté de laviation civile aux aéroports de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. La mise en place de cette coordination contribuera à améliorer la sûreté de laviation civile tout en permettant lunité de commandement des personnels concernés.
Sagissant des droits de trafic aérien, je retiendrai :
la signature dun accord avec la République du Congo ainsi que la réactivation de la coopération aéronautique avec le Kenya, le Nigéria et le Gabon ;
la mise en service dun second aéronef MD 87 par Air Burkina ;
louverture de nouvelles lignes par la même compagnie en direction de Pointe Noire au Congo et de Libreville au Gabon ;
la reprise de la desserte du Burkina par Ethiopian Air Lines avec six fréquences hebdomadaires.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Les industries culturelle, touristique et hôtelière constituent un triplet indissociable. Elles sont réputées aujourdhui être un véritable adjuvant au renforcement de la vitalité et à lamélioration de la compétitivité de léconomie nationale. Elles ont pour attribut de mobiliser et de favoriser la consommation. Cest aussi pour cette raison que le Gouvernement y accorde une attention soutenue.
Dans le domaine de la culture, lannée 2008 a connu lélaboration et la validation de la Politique Nationale de Développement Culturel comme cadre de référence de toutes les interventions en la matière. Lorganisation avec succès de la semaine Nationale de la Culture, du Symposium de Sculpture sur Granite de Laongo, de la Foire Internationale du livre de Ouagadougou au cours de lannée 2008, témoigne une fois de plus de la volonté du Gouvernement de faire de ces grands évènements culturels de grandes vitrines pour le rayonnement international de notre pays. Par ailleurs aucun effort na été ménagé pour poursuivre les travaux de recherche complémentaires en vue de linscription des ruines de Lorepéni sur la liste du patrimoine mondial.
Le Burkina dispose dun riche patrimoine culturel qui a besoin dêtre mieux appréhendé et valorisé. Cest bien dans cette perspective que sinscrit la déconcentration de ladministration culturelle par linstallation de neuf Directeurs Régionaux au cours de lannée 2008. Luvre culturelle et artistique ne peut continuer dapporter sa contribution à léconomie que si les premiers acteurs en tirent réellement un intérêt évident. Pour reconnaître ce mérite aux artistes, le Gouvernement a donné un double sens à lédition 2008 du symposium de sculpture sur le granite de Laongo, en lançant avec ces acteurs, le plan national daction de lutte contre la piraterie.
Je ne saurai taire en cette occasion solennelle, la décision prise par le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, de doter la Semaine Nationale de la Culture dune « Maison de la Culture » pour lui permettre une meilleure expression.
Le long processus dorganisation de la 21ème édition et du 40ème anniversaire du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO) lancé à loccasion de la semaine nationale de la culture en mars 2008 à Bobo-Dioulasso a connu un dénouement à la satisfaction de tous du 28 février au 07 mars 2009.
Dans le domaine du tourisme et de lhôtellerie, lannée 2008 a permis daccélérer la diversification et lamélioration de la qualité des produits de lindustrie touristique et hôtelière. La mise en uvre de la politique nationale de développement touristique donnera jen suis certain, tout un dynamisme à ce secteur.
Au demeurant, le développement qualitatif de ce secteur repose essentiellement sur le professionnalisme des ressources humaines et la qualité des services. Laccent a été mis sur la mise aux normes des établissements touristiques et hôteliers et la formation des opérateurs du tourisme. Lopération de classement des établissements hôteliers en cours dachèvement procède aussi de ce souci.
Lannée 2008 a par ailleurs connu lorganisation de la 5ème édition du Salon International du Tourisme et de lHôtellerie de Ouagadougou (SITHO) sous le thème « Tourisme et développement rural ».
En 2009, la mise en uvre de cette politique sectorielle et de son plan daction triennal recouvrira essentiellement la valorisation du potentiel touristique national, le renforcement dun partenariat public-privé, le développement de léconomie du tourisme et la promotion extérieure des produits touristiques burkinabé. Les efforts de rénovation des sites touristiques et de création de circuits touristiques seront poursuivis.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Le développement des technologies de linformation et de la communication simpose aujourdhui à nous comme la voie incontournable pour lamélioration de la productivité et de la compétitivité de notre pays.
Pour réaliser cette ambition, le Gouvernement a uvré pour la mise en place dune cyberlégislation et dun cadre institutionnel complet et adapté aux objectifs de lédification dune société de linformation. A ce titre, les actions réalisées au cours de lannée écoulée ont concerné :
ladoption et la promulgation de la Loi portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques au Burkina Faso ;
lélaboration de six (6) avant-projets de Loi qui permettront la mise en place dun cadre légal et réglementaire à même de renforcer la confiance dans lutilisation des services électroniques, de favoriser le développement du télétravail et de permettre une lutte efficace contre la cybercriminalité ;
la construction de nouveaux centres de contrôle et de gestion automatique des spectres de fréquences à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso et lacquisition en cours des équipements de ces centres et de deux stations mobiles de contrôle, afin de renforcer les capacités de régulation de lARTEL.
Ces mesures devraient favoriser lentrée de nouveaux acteurs dans les marchés des télécommunications et stimuler les investissements privés à même de garantir un développement plus important et plus rapide dune offre de services de qualité à des prix abordables.
Par ailleurs, le Gouvernement a initié la réalisation dune étude de faisabilité sur la construction à léchelle nationale, dune infrastructure universelle large bande, pour le transport de la voix, des données et de la vidéo jusque dans les chefs lieux de communes. Lobjectif visé est de permettre à notre pays de disposer pour les générations présentes et futures dune infrastructure mutualisée à même de sadapter à laccroissement très rapide des besoins de communication dans la société.
Sagissant du développement de loffre de services des communications électroniques de base, le secteur a enregistré une progression appréciable. Ainsi :
28 555 lignes téléphoniques fixes ont été installées portant le parc à 145 301 lignes principales, soit une télédensité de 1,03 téléphone pour 100 habitants ;
le nombre dabonnés des réseaux de téléphonie mobile a connu une croissance de 62,76% passant ainsi de 1 858 038 à 3 024 150, soit une télédensité de 21,57 téléphones pour 100 habitants ;
Au regard de ce progrès remarquable, la télédensité totale est passée de 14,38 téléphones pour 100 habitants en 2007 à 22,61 téléphones pour 100 habitants en 2008.
Lextension de la téléphonie rurale à 45 nouvelles localités sest poursuivie. En outre, 3 719 nouveaux abonnements à lADSL pour laccès à lInternet haut débit ont été enregistrés et la bande passante de la connexion internationale à lInternet de lONATEL est passée de 352 à 473 Megabits/Seconde dans le sens montant et de 370 à 491 Mbits/s dans les sens descendant.
Au regard de ce qui précède, tout laisse croire que dici 2010, sans quil ne soit nécessaire de prendre des dispositions particulières, le marché permettra datteindre les objectifs actuels du service universel.
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,
En vue de créer les conditions pour le développement dune offre de services électroniques dans les domaines de ladministration, de léducation, de la santé et de laccès à des contenus en langues nationales adaptés aux besoins du monde rural, un accent particulier a été mis sur le déploiement de lIntranet gouvernemental. Les efforts dans ce sens ont permis la réalisation des travaux de génie civil en vue de lextension de la fibre optique de ce réseau à Ouaga 2000, à la ZACA et à la ZAD. A terme, il sagit de raccorder à RESINA par fibre optique, plus de 70 sites importants ou immeubles situés dans la ville de Ouagadougou. Un appel doffres a été lancé pour lextension de ce réseau par un réseau daccès sans fil à très haut débit à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya, Fada NGourma, Kaya et Ziniaré. Par ailleurs, cette technologie permettra de raccorder les sites isolés situés dans un rayon de plus de 15 kilomètres comme les écoles, les collèges et lycées, les formations sanitaires ainsi que les postes de police.
En ce qui concerne le secteur postal, le développement du réseau sest traduit par louverture du bureau de poste de Koubri et la création de la recette de plein exercice de Saaba et de Bondokuy. Il faut noter également la construction en cours des bureaux de postes de Ouargaye, Sapouy, Somgandé, Kamboinsé, Secteur 30 Ouaga et lachèvement des travaux de construction du bureau déchange semi-mécanisé dont la phase dinstallation des équipements et du matériel est en cours. En outre, les bureaux de Béguédo, Bittou, Houndé, Tougan, Dori et Ziniaré ont été mis en réseau, portant ainsi le nombre de bureaux connectés à 28. Enfin, il a été procédé à louverture des cyberpostes de Bittou, Garango, Houndé, Tougan et Gaoua.
Malgré ces efforts consentis par la SONAPOST, il convient de reconnaitre que limplication des sociétés de transport interurbain dans lacheminement du courrier, le développement de la micro finance et lavènement des TIC mettent à rude épreuve la société, déjà fragilisée par la qualité des services rendus. Pour pallier à cette situation, une étude diagnostique du secteur postal assortie dune stratégie de réforme et la mise en place dun cadre juridique adapté aux réalités actuelles de ce secteur sont à un stade très avancé.
En termes de perspectives, au cours de lannée 2009, les activités majeures du secteur viseront latteinte des objectifs stratégiques de la lettre de politique sectorielle adoptée en 2006 par le renforcement du cadre juridique et réglementaire, la création dune Agence Nationale de Promotion des TIC et la construction de nouveaux bureaux de poste.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Le secteur privé joue un rôle inestimable dans la croissance économique et la création des richesses et de lemploi. Pour cette raison, outre la concertation régulière Gouvernement/Secteur privé, le Président du Faso Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE en créant le Conseil Présidentiel des Investissements fait de la promotion du secteur privé un point dhonneur. Cette instance en cours dopérationnalisation réunira sa première session au cours du premier semestre de lannée 2009. Elle poursuit les missions essentielles ci-après :
identifier les problèmes importants qui constituent un obstacle à linvestissement, ne favorisent pas un climat propice aux affaires et qui requièrent lintervention immédiate du Gouvernement ;
jouer le rôle dorganisme de surveillance afin de suggérer les mesures à prendre pour promouvoir se secteur privé.
En matière de promotion de lentreprise et du secteur privé, lédition 2008 de la rencontre Gouvernement/Secteur privé a enregistré des innovations majeures. Elle a été précédée par lorganisation de rencontres sectorielles qui ont permis de toucher du doigt les préoccupations spécifiques de chaque secteur dactivités et a connu la participation des treize (13) Gouverneurs de région.
Ce cadre annuel de concertation donne loccasion au Gouvernement et au secteur privé de faire le bilan des engagements pris et de nouer un nouveau pacte de partenariat. A ce titre dimportantes mesures ont été prises dans le cadre de lamélioration du climat des affaires dont les principales sont :
la décentralisation des services et la facilitation de la création dentreprises dans les régions à travers les Centres de Formalité des Entreprises (CEFORE) ;
la réglementation du secteur de la construction en vue de lassainir par la facilitation de lattribution et du transfert des droits fonciers ;
la révision du code du travail en vue de rendre attractif le marché du travail ;
lexonération de la TVA sur les importations et les ventes de produits alimentaires non transformés, frais et congelés, destinés à la consommation ;
la réduction de 35% à 30% du taux marginal de limpôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et de limpôt sur les bénéfices non commerciaux ;
la réduction de 15 à 12,5% du taux de limpôt sur les revenus des valeurs mobilières pour les produits autres que les intérêts, arrérages et autres produits des obligations émises au Burkina Faso ;
la révision de la réglementation générale des marchés publics pour faire passer les taux des avances de démarrage de 10% à 20% pour les marchés de prestations intellectuelles et de 10% à 30% pour les marchés des travaux.
Ces efforts consentis par le Gouvernement se sont traduits par un nombre impressionnant de création dentreprises. Cest ainsi que les CEFORE de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ont accompli 3 263 formalités de création de nouvelles entreprises dont 2 535 entreprises individuelles et 728 sociétés.
De même, le Centre de Facilitation des Actes de Construire (CEFAC) a ouvert deux guichets à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso avec pour mission de faciliter et de simplifier les formalités pour lobtention du certificat durbanisme, du permis de construire, du certificat de conformité et du permis de démolir. Cela permet à tout demandeur deffectuer en un même lieu les déclarations auxquelles il est tenu par les lois et règlements en vigueur.
Cet important dispositif institutionnel a permis de réduire non seulement les délais dans ce domaine de 226 jours à 24 jours ainsi que les coûts de plus de 55,4%.
Par ailleurs, les interventions du Programme dAppui à la Compétitivité et au Développement de lEntreprise (PACDE) ont permis de financer la construction du siège de la Maison de lEntreprise dont linauguration interviendra dans les prochains jours. La mise à disposition de cette importante infrastructure permettra de regrouper en un seul lieu les différents services concernés par les procédures de création dentreprises à savoir : la Maison de lEntreprise du Burkina Faso, le CEFORE, le CEFAC et le Centre des Guichets Uniques.
Depuis 2006, la Maison de lEntreprise du Burkina Faso a entrepris lorganisation des Journées de lEntrepreneuriat Burkinabè dans le but de promouvoir linitiative privée, daccompagner et de stimuler la création dentreprises et le développement des affaires. Lors de lédition 2008 de cette manifestation, le Gouvernement sest associé au secteur privé pour reconnaitre les mérites de dix (10) acteurs économiques dont les actions ont fortement contribué au développement économique national. Au regard des critères dappréciations retenus, permettez moi, Monsieur le Président, de réitérer mes vives félicitations et celles du peuple burkinabè tout entier à ces loyaux et valeureux récipiendaires.
En matière dimplantation dunités industrielles, 77 investisseurs ont reçu des autorisations pour implanter des unités industrielles pour un montant prévisionnel de 31 milliards 659 millions de francs CFA. En outre, 242 personnes physiques et morales étrangères ont été autorisées à exercer des activités commerciales pour un investissement prévisionnel cumulé de 15 milliards 575 millions de francs CFA, dont 10 milliards 701 millions de francs CFA comme prise de participation au capital des sociétés.
Au niveau des agréments du code des investissements, 73 entreprises ont été agréées pour des investissements prévisionnels de 75 milliards de francs CFA avec la création de 2 782 emplois prévisionnels et une valeur ajoutée cumulée sur 5 ans de 254,8 milliards de francs CFA.
Du reste, lannée écoulée a connu le démarrage des activités de 28 entreprises agréées au Code des Investissements pour un montant total investi de 12,9 milliards de francs CFA et 479 emplois permanents créés.
Ce sont bien là des signes évidents de lamélioration de lenvironnement des affaires au Burkina Faso. Cette constance à créer les conditions propices à lémergence dun secteur privé dynamique, a valu à notre pays dêtre classé parmi les dix meilleurs pays réformateurs au monde et les cinq meilleurs dAfrique selon le rapport « Doing Business » de la Société Financière Internationale (SFI) mais aussi comme un pays ayant enregistré des avancées significatives en matière dharmonisation du droit des affaires selon lOrganisation pour lHarmonisation du droit des Affaires (OHADA) et de lutte contre la corruption selon Transparency International. Concernant ce dernier fléau, la volonté du Gouvernement ne saurait souffrir déquivoque avec la mise en service de lAutorité Supérieure de Contrôle de lEtat (ASCE) le 9 juin 2008, son engagement de renforcer les capacités de la Cour des Comptes afin quelle puisse exercer ses attributions en matière de contrôle juridictionnel. Cette même détermination est observée en matière de gestion des marchés publics, avec le déploiement du dispositif institutionnel consacrant la séparation des fonctions de contrôle et de régulation, linstitution des postes de Personnes Responsables des Marchés (PRM) et le début de la déconcentration de la Direction Générale des Marchés Publics (DGMP) dans les Ministères et les Régions. Les réformes engagées au niveau des marchés publics visent à accroître la transparence et lefficacité du processus de la commande publique. Par ailleurs, lintégrité du système de passation des marchés publics consacrée par la mise en place de lAutorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a été améliorée par linstitution de la commission de règlement amiable des litiges, indépendante, à composition tripartite.
Au-delà des aspects dordre institutionnel et règlementaire, le Gouvernement a poursuivi au cours de lannée 2008 les opérations de privatisation et de promotion industrielle.
Au titre de la privatisation, le processus de privatisation de lONATEL sest achevé avec la cession de 20% des actions par Offre Publique de Vente. Cette opération a été bouclée le 31 janvier 2009 et les 650.000 actions mises en vente ont permis à 3.243 burkinabè den devenir propriétaires et de sinitier à lintermédiation financière.
Dans tous les cas, dans le but de renforcer le suivi post privatisation, un rapport annuel de suivi des entreprises privatisées faisant le point sur les performances économiques, financières et sociales a été produit et est disponible et sera suivi deffet.
Au titre de la promotion industrielle, les actions réalisées ont concerné la création dune usine de transformation de tomates et de mangues à Loumbila, les négociations en cours pour limplantation dune unité textile à Koudougou et la création de la zone franche agro-industrielle de Samandéni.
En termes daccompagnement de proximité des opérateurs économiques, lannée 2008 a vu la création et lopérationnalisation de la représentation de la Chambre de Commerce et dIndustrie du Burkina Faso de Koudougou. En outre, deux Centres de Gestion Agrée (CGA), lun à Ouagadougou et lautre à Bobo-Dioulasso ont été crées et rendus opérationnels au profit des PME/PMI. Il en est de même du Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau (BRMN) dentreprises industrielles dans lespace UEMOA.
Tout en se souciant de la qualité et du dynamisme du secteur privé, le Gouvernement a maintenu le système de veille sur le comportement des sociétés dEtat. Ainsi lAssemblée Générale à elle consacrée, sest tenue les 26 et 27 juin 2008. Elle a permis dexaminer les états financiers de 14 sociétés. Le constat est quen dépit de la situation économique difficile, douze (12) dentre elles ont réalisé des résultats nets positifs et ont contribué à hauteur de 23,1 milliards de francs CFA au budget de lEtat au titre des dividendes et impôts.
Dans le domaine de lartisanat, lévènement phare a été la tenue de la 11ème édition du SIAO du 31 octobre au 9 novembre 2008. Cette édition a connu la participation de 3 485 artisans en provenance de 26 pays. Par ailleurs, le Village artisanal a créé 500 emplois permanents et 3 000 emplois indirects alors quil se trouve dans une phase dautonomisation.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Vous conviendrez avec moi que la croissance économique de qualité, source dun progrès économique et social soucieux déquité, nest envisageable que dans le contexte dune gouvernance administrative clairvoyante véritablement orientée sur les résultats.
Les actions du Gouvernement en la matière au cours de lannée 2008, sinscrivent bien dans cette perspective. Il sagit dune approche nouvelle qui a de fortes exigences.
La première exigence, tient à la promotion effective de la « méritocratie ». Cest bien dans cet esprit quil faut comprendre la mise en place du nouveau système dévaluation des agents de la Fonction Publique. Un tel nouveau système dappréciation des agents publics comporte des contraintes diverses à surmonter. Une série de formations sest avérée indispensable en vue du renforcement des capacités de lensemble des personnels directement impliqués.
La deuxième exigence, a trait au traitement avec célérité des dossiers des agents publics. La mise en place du système intégré de Gestion Administrative et Salarial du Personnel de lEtat (SYGASPE) et son extension dans lensemble des institutions et départements ministériels répondent à ce souci mais aussi à celui de minimiser les multiples déplacements des agents notamment à Ouagadougou ;
La troisième exigence, appelle plus de transparence et defficacité dans lorganisation du recrutement des agents publics. Lopérationnalisation de lAgence Nationale pour le Recrutement a permis daméliorer, de manière significative, lorganisation en 2008 des différents concours de la Fonction Publique. Le dispositif, après ce premier test, connaîtra, assurément, une amélioration pour les sessions à venir, notamment avec le renforcement de la réglementation y afférente et la déconcentration progressive des concours professionnels ;
La quatrième exigence consiste en linstauration progressive dun certain « civisme administratif ». A cet effet, lAutorité Supérieure de Contrôle de lEtat (ASCE) a initié au cours de lannée 2008, des contrôles inopinés sur lutilisation des véhicules de lEtat. Ces contrôles ont eu des échos favorables et ont permis de limiter les abus. Il en est de même du contrôle de la présence sur les lieux de travail avec lappui des inspections générales de services. Le renforcement des mesures de gestion rigoureuse du patrimoine de lEtat est bien aussi un autre attribut de ce civisme. Dans ce sens, des actions sont en cours pour une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement. Il sagit entre autres de linventaire du matériel et équipement existants, de la standardisation des différents parcs et de la définition des normes déquipement des structures publiques. La livraison des commandes publiques de carburant en raison de 60% en puces et 40% en tickets sinscrit dans ce registre. Par ailleurs, le Gouvernement a mis en place un dispositif pour veiller à la maîtrise des charges de fonctionnement notamment pour ce qui concerne leau, lélectricité et le téléphone ;
La cinquième exigence sans nul doute la plus indispensable concerne le renforcement des capacités. Les actions en la matière se mènent encore de façon éparse. Pour créer plus de synergie et donner plus dimpact à ces actions, le Gouvernement a initié en 2008 le processus de formulation dune politique de renforcement des capacités sous la supervision du Centre dAnalyse des Politiques Economique et Social (CAPES). Par ailleurs, il a été instauré un espace déchanges entre lAdministration Publique, les chercheurs, le secteur privé et la société civile dans la perspective dassurer au mieux la promotion et la valorisation des produits de la recherche ;
Enfin, la sixième exigence est la mise en place dun environnement inclusif des agents publics. Dans cette optique, le Gouvernement a poursuivi son plan de renforcement du système de prévoyance sociale et des sorties assistées, par la création dune direction spécifique dont les capacités seront renforcées pour faciliter la mise en uvre de la loi du 16 novembre 2006 portant régime de prévention et de réparation des risques professionnels applicable aux agents de la Fonction Publique, aux militaires et aux magistrats. Dans le même registre, la liquidation et le paiement régulier des pensions ont toujours été un souci du Gouvernement.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
La sécurité humaine durable cest-à-dire laccès de chaque burkinabé entre autres à la sécurité sociale ainsi que lhabilitation des groupes les plus défavorisés notamment les femmes, constitue la toile de fond du programme politique du Président du Faso.
La sécurité sociale, cest laccès à des services de santé de qualité moins onéreux pour les plus défavorisées. A cet effet, pour renforcer la couverture sanitaire nationale et améliorer la qualité des services, le Gouvernement a investi environ 5 milliards de francs CFA dans la réalisation, la normalisation, la réhabilitation et lopérationnalisation de diverses infrastructures sanitaires. Par ailleurs, 684 formations sanitaires et 8 centres de diagnostic et de traitement de la tuberculose ont été dotés en vivres pour un coût de 2,8 milliards de francs CFA.
Dans le cadre du renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles, plus de 20 milliards de F CFA ont permis lacquisition de médicaments, de vaccins et de moustiquaires imprégnées. Par ailleurs, le dynamisme de la coopération et de la recherche a permis la standardisation de 5 médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle.
En 2008, les ressources humaines du secteur de la santé ont été renforcées par le recrutement de 1 583 agents, 40 médecins et 30 pharmaciens. A cela, sajoute le recrutement exceptionnel sur mesures nouvelles de 1 104 agents de santé parmi les inscrits sur titre de lEcole Nationale de Santé Publique (ENSP). Ainsi, 76,32% de nos CSPS répondent aux normes minimales en matière de personnel. Au niveau institutionnel, le secteur de la santé a renforcé ses capacités. Par ailleurs, on note ladoption de la politique nationale de contractualisation.
Lamélioration de laccessibilité financière des populations aux services de santé sest consolidée par la subvention de 306 034 accouchements et soins obstétricaux et néonataux durgence pour un coût de 903,7 millions de F CFA et la prise en charge denviron 100 cas de fistules obstétricales. Nos formations sanitaires publiques assurent également la gratuité de la prise en charge des soins préventifs et des cas de paludisme grave chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. En outre, cette frange de la population bénéficie gratuitement de moustiquaires imprégnées.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
La mise en uvre du plan daction national multisectoriel (PNM) de lutte contre le Sida a permis de faire reculer le taux de séroprévalence à 1,3% dans notre pays. Ce qui veut dire que des efforts restent à faire pour se situer en dessous du seuil épidémique.
Les actions menées dans le cadre de la réduction de la transmission du VIH/SIDA ont permis dapporter assistance aux personnes vivant avec le VIH dans les hôpitaux publics et de poursuivre la prise en charge des patients sous traitement ARV dont le nombre a atteint 19 524 au 30 septembre 2008 contre 17 263 en fin décembre 2007. Nous avons également poursuivi la subvention du prix des ARV qui est maintenu à 1 500 francs CFA. Quant au Programme Transmission Mère Enfant, il a été étendu à 96,82% des districts sanitaires contre 91% en 2007.
Cette stratégie de riposte courageuse que le Burkina Faso a développée contre la pandémie du Sida avec laide des partenaires et dont le secret tient à lengagement politique au plus haut niveau, de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, et à la mobilisation quasi générale quil a su imprimer à ce combat pour la vie, a démontré que face à ce fléau, lon nest pas totalement désarmé.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messiers les Députés,
La sécurité sociale, cest aussi assurer le savoir et le savoir faire à la majorité des burkinabé. Cest pourquoi nous sommes résolument engagés dans lexécution du Plan Décennal de Développement de lEducation de Base (PDDEB) qui est entré dans sa deuxième phase.
Dans le domaine de léducation de base formelle, des efforts notables ont été déployés pour en accroître loffre. Ainsi, le nombre décoles est passé de 8 182 en 2006-2007 à 8 778 en 2007-2008 soit 596 écoles en plus et près de 4 900 classes supplémentaires. Cet accroissement de la capacité daccueil sest accompagné dun recrutement du personnel au rythme annuel de 3000 enseignants soit 9% améliorant progressivement ainsi, le ratio élèves/enseignant. Les effectifs des enseignants chargés des cours atteignent 38 740 en 2008-2009 et le ratio sétablit à 53 élèves pour un enseignant.
Leffectif total des élèves du primaire a connu un accroissement de 12,1%, passant de 1 742 439 en 2007-2008 à 1 953 312 en 2008-2009 dont des filles (46,4%) connaît une amélioration de près dun point par rapport à lannée précédente. Les principaux indicateurs de base se sont sensiblement améliorés :
le taux brut de scolarisation (TBS) au niveau national est de 71,2% en 2008/2009 contre 72,5% en 2007-2008 soit une légère baisse de 1,3 % en tenant compte des derniers résultats du recensement général de la population. Celui des filles est en net progrès, lécart qui existe entre ce taux et celui des garçons est passé de 8,9% en 2007-2008 à 4,1% en 2008-2009 ;
le Taux Brut dAdmission (TBA) est de 80,2% en 2008-2009 soit une variation négative de 5,44 points par rapport à 2007-2008 où il était de 85,7% ;
le nombre dapprenants en alphabétisation est de 94 462 en 2007-2008 contre 90 898 en 2006-2007 dont 57% de femmes ;
le taux dachèvement est de 51,2% dont 48,7% pour les filles en 2008-2009 soit un accroissement de 10,5 points sur les deux dernières années scolaires.
Du point de vue de la qualité, les élèves de toutes les écoles primaires publiques ont bénéficié de la distribution gratuite de fournitures scolaires selon la composition du cartable minimum pour un coût global de 4,6 milliards de francs CFA. De même, 4 172 970 manuels scolaires, dun coût global de 1,5 milliards de francs CFA ont été distribués dans les écoles primaires publiques et privées. Cette mesure sest poursuivie et renforcée afin de maintenir le ratio dun livre par élève dans les disciplines fondamentales au cours de la présente année scolaire 2008-2009 avec 1 750 162 manuels scolaires complémentaires distribués.
Dans loptique de lamélioration des conditions détudes dans nos écoles primaires, le programme de santé nutrition scolaire a été mis en uvre à hauteur de 675 millions de francs CFA. Ainsi, 16 055 tonnes de vivres ont été mobilisées et distribuées gratuitement. En outre, lencadrement pédagogique a été renforcé avec laccroissement du nombre de circonscriptions déducation de base porté de 322 à 360. La formation continue des enseignants, des encadreurs et des personnels dadministration et de gestion a été financée à hauteur de plus dun (01) milliard de francs CFA.
Dans le domaine de lalphabétisation et de léducation non formelle, 13 581 centres, tous niveaux confondus, ont été ouverts au cours de la campagne en 2007-2008 contre 12 521 centres en 2006-2007. 94 462 apprenants ont été déclarés alphabétisés en 2007-2008 contre 90.898 en 2006-2007 dont 57% de femmes avec un taux de promotion de 91,10% contre 79,58% en 2006-2007.
Nous avons engagé des actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de lalphabétisation et de léducation non formelle. A cet effet, une levée de fonds a été initiée en collaboration avec le Conseil Economique et Social qui a tenu une session extraordinaire sur la question. En outre, le 3ème Forum National sur lAlphabétisation et lEducation Non Formelle qui sest déroulé du 02 au 06 décembre 2008 a ouvert des pistes de solutions pour laccélération de lalphabétisation. Au total, il importe de souligner que lenveloppe allouée par lEtat en 2008 à léducation de base sélève à 103,3 milliards de francs CFA. Rapporté au Budget national, elle a connu un accroissement de 3,54% et a franchi à nouveau le seuil des 10% pour se situer à 10,24%. En complément de cette allocation, le Gouvernement a obtenu du fonds catalytique créé dans le cadre de la Mise en uvre Accélérée de lEducation Pour Tous (EPT) 102 millions de dollars de subvention non remboursable, soit environ 51 milliards de FCFA pour la période 2009-2011, pour soutenir les efforts financiers du Gouvernement et les progrès enregistrés dans le secteur de léducation.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Le développement du système éducatif commande lexpansion harmonieuse de ses différents niveaux. Dans le domaine de lenseignement secondaire, lannée scolaire 2007-2008 a marqué la première phase de la réforme dont la mise en uvre a été amorcée dans 45 établissements denseignement secondaire pilote à raison dun (01) établissement par Province.
Ces établissements pilotes ont accueilli 8 027 élèves en classe de 6ème et cette opération a nécessité la construction 117 salles de classe complémentaires. Dans les autres établissements secondaires publics les frais de scolarité ont été réduits de moitié au niveau du premier cycle.
Outre les salles de classe complémentaires, les capacités daccueil de lenseignement secondaire ont été sensiblement renforcées par la réalisation de 85 nouveaux CEG, 05 lycées, lérection de 09 CEG en lycées, 04 logements denseignants et 07 Directions Régionales. Avec ces nouvelles ouvertures, le nombre détablissements secondaires est passé de 762 à 1 021 dont 608 pour le privé. Corollairement, les effectifs sont passés de 352 376 élèves à 423 520, soit un accroissement de 20% avec une proportion de 42% de filles. Le taux brut de scolarisation qui était de 22,92% en 2006-2007 au premier cycle a atteint 27,4%.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Ladoption de la politique nationale de lEnseignement technique et de la Formation Professionnelle en 2008 traduit notre souci de permettre à ce sous secteur de jouer pleinement sa partition dans la valorisation des ressources humaines de notre pays.
En terme de réalisation dinfrastructures, 02 Collèges dEnseignement Technique (CET) de Ouagadougou ont été érigés en lycées professionnels et divers équipements ont été acquis au profit de 03 lycées techniques et professionnels. Les lycées professionnels de Fada NGourma et de Ouahigouya ont été ouverts. Le nombre détablissements denseignement technique est passé de 100 en 2006-2007 à 114 en 2007-2008.
Quant au Centre dExcellence de Formation Professionnelle de Ziniaré et les 04 lycées professionnels de Dori, Gaoua, Dédougou et Koudougou, les études architecturales ont été réalisées et les travaux de construction vont démarrer incessamment.
Du point de vue des ressources humaines lenseignement secondaire dune manière générale connaît un déficit chronique en enseignants. Pour y remédier, le Gouvernement a procédé au recrutement et au déploiement de 649 professeurs au cours de lannée scolaire écoulée.
Dans le cadre de la mise en uvre des conventions avec les promoteurs de lenseignement privé laïc et confessionnel, lEtat a pris des mesures spécifiques pour accompagner laction de ces partenaires nationaux de léducation. A cet effet, plus de 1,25 milliards de francs CFA ont été octroyés à lenseignement privé conventionnel au titre de la subvention annuelle et des frais de scolarité des élèves affectés par lEtat. Dans le même élan, les établissements publics ont reçu 843 millions pour la prise en charge des heures de vacation contre 500 millions de francs CFA en 2007. Par ailleurs, les établissements denseignement secondaire publics ont bénéficié de vivres pour un montant cumulé de 800 millions de francs CFA contre 700 millions en 2007.
La dynamique impulsée à lensemble du système éducatif est également perceptible au niveau de lenseignement supérieur à travers louverture de lUniversité Ouaga II et le démarrage des travaux de construction de ses infrastructures sur son site à Gonsé. Dautres infrastructures ont été également réalisées afin den accroître les capacités daccueil. Il sagit notamment de 04 amphithéâtres dont 02 de 250 places et 02 autres de 1 300 places, de bâtiments à usage pédagogique, administratif et social.
Le nombre détablissements denseignement supérieur qui était de 42 en 2006-2007 est passé à 49 en 2007-2008 dont 20 publics, 24 privés laïcs et 05 privés confessionnels. Les effectifs ont connu une hausse sans précédent de 25%, passant de 33 515 étudiants en 2006-2007 à 41 779 en 2007-2008. Celui des personnels enseignants est passé de 857 à 955.
Au niveau des enseignements, il y a lieu de souligner que nos universités se sont engagées aux côtés de celles des autres pays membres du CAMES dans la mise en uvre progressive du système Licence Master Doctorat (LMD). Cette mutation permettra à nos universités et à nos étudiants dêtre plus performants, plus compétitifs et en phase avec les exigences de lévolution de lenseignement supérieur à léchelle internationale.
La croissance considérable de notre système universitaire nest pas sans difficultés. Cest pourquoi certaines universités publiques ont connu des crises de degrés divers au cours de lannée académique passée. Grâce à lesprit de sacrifice et de dialogue que tous les acteurs ont cultivé, lannée académique a été sauvée. Du reste, nous nous attelons à approfondir la réflexion pour appliquer des solutions durables aux difficultés que traversent nos universités.
Dans le souci daméliorer les conditions de vie et de travail des étudiants, nous avons pris un certain nombre de mesures sociales. Le contingent de bourses détudes jusque là fixé à 500 a été porté à 1 000 bourses par an et le taux a été revalorisé. Sagissant des aides et des prêts, non seulement les taux octroyés ont été augmentés, mais aussi le nombre des bénéficiaires. Les capacités daccueil des cités et des restaurants universitaires ont été renforcées.
Au cours de lannée 2008, des efforts ont été consentis à la promotion de la recherche orientée et centrée sur la réduction de la pauvreté et lamélioration des conditions de vie des populations. A cet effet, nous avons uvré pour le renforcement des capacités opérationnelles de nos structures de recherche et la consolidation des mécanismes délaboration des technologies appropriées.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Promouvoir la sécurité sociale cest assurer la protection sociale et lhabilitation de tout burkinabé. Cest-à-dire rendre encore plus effective la culture de la solidarité et lutter contre toute forme dexclusion et toute forme dinégalité et de discrimination à légard des femmes.
En matière de solidarité, lannée 2008 a été marquée par lorganisation réussie du mois de la solidarité qui a permis de collecter la somme de 57 millions de francs CFA pour renforcer le fonds national de solidarité donnant ainsi plus de possibilités dinterventions en faveur des personnes déshéritées. Des appuis financiers et matériels dune valeur de 139,5 millions de francs CFA ont été apportés aux personnes vulnérables. Des infrastructures sociales dune valeur de 525,5 millions de francs CFA sont en cours de réalisation dont le premier bâtiment de lauberge de la solidarité de Ouagadougou déjà fonctionnelle.
Au titre de lamélioration des conditions de vie des familles, environ 27 000 personnes ont bénéficié dappuis matériels et financiers, de formation multiformes et de séances de sensibilisation.
En 2008, la situation humanitaire de notre pays a connu une crise importante due aux inondations qui ont provoqué des dégâts matériels et causé 11 décès, 58 blessés et 7.089 sans abris. En tout, 20.189 victimes ont été enregistrées et assistées par le Gouvernement. Cette crise humanitaire nous a amenés à repenser nos mécanismes de prévention et de gestion des catastrophes. Un plan de contingence multirisque a été élaboré en vue de nous doter dun cadre dintervention rapide et efficace.
Cest le lieu pour moi, dexprimer toute ma reconnaissance à lensemble de nos partenaires pour leur disponibilité constante et à toutes les bonnes volontés pour leur spontanéité dans cette situation de crise humanitaire.
Au compte de la protection et de la promotion des groupes sociaux spécifiques, il faut noter la tenue du premier forum international sur le handicap qui a mobilisé plus de 1000 personnes. Par ailleurs, près de 600 personnes handicapées ont bénéficié déquipements facilitant leur mobilité.
Lhabilitation de la femme est une question de justice sociale et de droit. Elle implique des actions spécifiques de promotion pour élever le statut économique, social et juridique de la femme. Mais, de manière plus durable, elle implique leffectivité du principe déquité et dégalité qui trouve sa forme achevée dans lapproche genre.
Lamélioration du statut social et juridique de la femme nécessite son accès à léducation, à la formation pour quelle puisse avoir sa place aux côtés de lhomme dans les sphères de décision. Cest dans cette perspective que des séances de sensibilisation sur la nécessité de la scolarisation des filles et de leur maintien à lécole ont été intensifiées. Des formations en techniques de production ont été dispensées à 1 436 femmes et jeunes filles. Pour accroître les possibilités des femmes daccéder aux facteurs de production, 16 groupements féminins ont bénéficié chacun dun moulin mixte ou dune unité de savonnerie, 1 789 femmes des organisations féminines ont été sensibilisées et informées sur les possibilités daccès aux crédits et à la terre.
Sur le plan institutionnel, le dispositif mis en place pour coordonner limplémentation du plan daction de promotion de la femme 2006-2010 se réunit régulièrement. Elle a tenu sa septième session en novembre 2008 au cours de laquelle elle a recentré et mieux priorisé les activités du plan daction.
La création de la commission nationale de suivi de la mise en uvre des engagements du Burkina Faso en faveur de la femme est un renfort indispensable au dispositif existant.
Comme si ces espaces de dialogue ne suffisaient pas, lévènement majeur aura été la tenue en novembre 2008 du forum national des femmes placé sous le très haut patronage de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso.
En tout état de cause, le Gouvernement a claire conscience que le développement durable nest envisageable que si les principes déquité et dégalité selon le genre sont effectifs. Cest bien dans cette perspective que le Gouvernement a élaboré une politique nationale genre suivant une démarche participative, dont ladoption interviendra en 2009.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
La sécurité sociale cest assurément lélargissement des opportunités demplois et de revenus pour les burkinabé dans léquité. Cest bien fort de ce principe que le Gouvernement, dans le cadre de la mise en uvre de la politique nationale de lemploi a initié des programmes spécifiques et mis au point des instruments tels que lAgence Nationale de Promotion de lEmploi (ANPE), le Fond dAppui à la Promotion de lEmploi (FAPE), le Fonds dAppui aux Initiatives des Jeunes (FAIJ), le Fonds dappui au secteur informel (FASI) le Fond dAppui à la Formation Professionnelle et à lApprentissage (FAFPA) et le Programme National de Volontariat (PNV).
Bien évidemment, lefficacité de ces instruments tient à leur proximité des premiers bénéficiaires. A cet, effet, le Gouvernement a poursuivi en 2008 avec la mise en place des Guichets Uniques des Fonds Nationaux (FASI, FAPE, FAFPA, FAIJ) dont la philosophie est de faciliter les formalités et les procédures de financement des microprojets à travers leur regroupement. En 2008, six (06) Guichets Uniques ont été ouverts dans les villes de Dori, Manga, Dédougou, Kaya, Gaoua et Banfora.
Les résultats obtenus avec la mise en uvre de ces instruments en matière de création demplois et de formation, donnent à notre sens de réels motifs de satisfaction. Le Fonds dAppui à la Promotion de lEmploi (FAPE) a contribué à la consolidation de 90 PME et renforcé les capacités de leurs promoteurs pour une enveloppe de 150 millions de francs CFA. Cette action a permis la création et la consolidation de 485 emplois.
Le Fonds dAppui aux Initiatives des Jeunes pour sa première année dopérationnalisation, a financé 600 microprojets, générant 600 emplois directs au profit des jeunes. LAgence Nationale de Promotion de lEmploi (ANPE) a vu ses actions centrées davantage sur laccroissement de loffre de formation et 15 260 jeunes ont été inscrits dans ses centres de formation professionnelle initiale. Le dispositif national sera renforcé par le projet dextension et la modernisation du centre dévaluation et de formation professionnelle de Ouagadougou dont le coût total sélève à 3,8 milliards de francs CFA.
En matière demployabilité et dinsertion socioprofessionnelle des jeunes diplômés, lagence a continué de développer des initiatives. Ainsi, elle a placé en stage 1 190 demandeurs demplois. En 2008, 9 686 demandeurs demplois ont été inscrits et 1 095 ont reçu une formation en Technique de Recherche demploi tandis que 1 293 ont été formés en entreprenariat. Ces actions viennent compléter le Programme de Formation de 5 000 jeunes par an en entreprenariat. Dun coût annuel de 300 millions de francs CFA, il a permis de former 4 092 jeunes, suscitant 2 000 plans daffaires dont 600 promoteurs ont bénéficié de financements pour un montant total de 1 milliard de francs CFA.
Le fonds dappui à la formation professionnelle et à lapprentissage sest fixé des objectifs quantitatifs majeurs dencadrement des jeunes. A cet effet, la mise en uvre du programme de formation de 10 000 jeunes par an aux métiers a été préconisée pour améliorer leur employabilité pour un coût annuel de 600 millions de francs CFA. Dans ce cadre, 5 274 jeunes sont en cours de formation dans une dizaine de métiers. Par ailleurs, il a contribué à former des apprentis, des travailleurs des PME/PMI, acteurs ruraux, ainsi que des artisans. Il a, par ailleurs, réhabilité 25 structures de formation au cours de lannée 2008.
Dans loptique de modéliser et structurer notre système de formation professionnelle et dapprentissage, le Gouvernement poursuit la mise en uvre du programme de certification et de qualification professionnelle (CQP). La session de contrôle de 2008 a permis la qualification de 624 jeunes sur 852 candidats présentés.
Le Fonds dAppui au secteur informel sorganise mieux pour répondre aux différentes sollicitations des acteurs. Le Forum National du Secteur Informel que nous avons institué comme cadre de concertation et déchanges entre le Gouvernement et les acteurs de ce secteur et dont la première édition sest a réuni plus de mille (1000) acteurs les 14 et 15 novembre 2008, sinscrit bien dans cette perspective.
Le Programme National de Volontariat qui a été lancé le 17 février 2007 ambitionne doffrir aux jeunes diplômés des opportunités dacquérir de lexpérience professionnelle dans les secteurs de léducation, de la santé, de lenvironnement, etc. Lannée 2008 a vu linstallation de six (06) centres régionaux de volontaires dans les villes de Dédougou, Tenkodogo, Fada, Ouahigouya, Dori et Gaoua. Une première vague de 50 volontaires a été engagée dans le cadre de la phase pilote.
La formation professionnelle améliore lemployabilité notamment des jeunes. Aussi, le Gouvernement a-t-il engagé la mise en uvre du Programme de Renforcement de la Formation Professionnelle (PRFP) financé par la Coopération Taiwanaise pour un montant total de 30 milliards de francs CFA. Ce programme permettra la réalisation prochaine du Centre de Formation Professionnelle de Référence de ZINIARE et dun autre centre à vocation industrielle à Bobo-Dioulasso pouvant accueillir 1 200 jeunes chacun. Par ailleurs, le PRFP assurera la construction ou la réhabilitation et léquipement de 11 centres régionaux de formation qui porteront les capacités de formation à 6 000 jeunes par an.
Dans le souci datténuer le sous-emploi des jeunes ruraux, le Gouvernement a procédé le 21 janvier 2008 au lancement du projet pilote dembouche bovine et déquipement des jeunes maraîchers pour un montant annuel de 200 millions de francs CFA. Ce projet qui vise à promouvoir les micro-crédits de proximité adaptés aux besoins ruraux favorisera leur accès à un emploi rémunérateur et le progrès économique et social du monde rural.
En matière de consolidation des canaux de dialogue avec la jeunesse et de promotion de leur mouvement associatif, nous pouvons relever ladoption de la Politique Nationale de Jeunesse assortie de son plan daction. Il faut saluer la tenue régulière du Forum National des Jeunes dont lédition de 2008 placée sous le thème « Formation professionnelle et auto emploi : quelles perspectives pour les jeunes ? », qui a regroupé à Bobo-Dioulasso 2 500 jeunes pour des échanges directs et fructueux avec Son Excellence Monsieur le Président du Faso autour de leurs préoccupations.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
La sécurité sociale cest bien entendu une législation de travail pertinente et un système de prévoyance sociale adapté.
Les importantes réformes initiées par le Gouvernement en partenariat avec les organisations socio-professionnelles en matière de législation du travail, ont valu au Burkina Faso de compter parmi les premiers pays réformateurs dans ce domaine selon le rapport « Doing Business » de la société financière internationale (SFI). Ces réformes ont été parachevées en 2008 tout en tenant compte des conventions relatives aux normes internationales.
En matière de prévoyance sociale, le Gouvernement a uvré au renforcement du cadre juridique et institutionnel des organismes de sécurité sociale ainsi quà lamélioration et à lélargissement de leurs prestations. Par ailleurs, la création du Fonds National dAppui aux Déflatés et Retraités (FONA-DER) a permis de financer 27 projets pour un montant de 169 465 000 francs CFA, permettant ainsi de consolider 45 emplois et den générer 51 permanents et 97 temporaires.
La sécurité et la santé des travailleurs demeurent un sujet de préoccupation. Les actions dans ce domaine ont concerné, dune part, la prévention des risques professionnels à travers la mise en place dun cadre règlementaire de sécurité et santé au travail, la mise en cohérence des textes et des méthodologies dintervention en vue lamélioration des conditions de travail, et dautre part, par la lutte contre le travail des enfants.
Le Gouvernement reste attaché aux vertus du dialogue social. Aussi, apprécie-t-il la régularité de la tenue des réunions de concertation Gouvernement/Syndicats et linstallation en Août 2008 de la commission paritaire de négociation des salaires dans le secteur privé. Les différentes concertations ont abouti à une augmentation salariale de 4 à 8% dans le secteur privé pour compter doctobre 2008, de 4% au profit des agents de la fonction publique pour compter de janvier 2009. Dans la même lancée, des abattements des taux de lIUTS ont été opérés au profit des travailleurs du public et du privé et une subvention de 150 millions de francs CFA a été octroyée aux organisations syndicales de travailleurs et demployeurs. Toutes ces actions ont contribué à apaiser le climat social.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Suivant le vieil adage « un corps sain dans un esprit sain », le Gouvernement sest doté dune politique nationale de sport et a adopté en 2008, un plan daction de mise en uvre. Le souci du Gouvernement dans ce domaine est dune part, de mieux organiser le sport de masse et dautre part, de promouvoir la culture de résultat au niveau des sports de compétition. Le sport est un élément indissociable de la sécurité sociale, parce quil contribue au développement intégrale de lhomme.
Je suis bien heureux de constater que des initiatives diverses sont prises au niveau national et des régions pour développer le sport de masse.
Au niveau des sports de compétition, je voudrais ici saluer la renaissance dune certaine conscience responsable et de citoyenneté. Les sportifs burkinabé ont réalisé des performances appréciables sur le plan régional, continental et mondial au cours de la saison sportive 2007-2008. A ce titre, je citerai :
la participation honorable de notre pays aux jeux olympiques et aux jeux paralympiques de Pékin en Chine avec des records nationaux battus en natation, en escrime, en sport pour personnes handicapées et une qualification en demi-finale des 100 mètres haies ;
en football, les Etalons Seniors se sont qualifiés pour la dernière phase des éliminatoires de la CAN et du mondial 2010 en terminant 1er de leur poule ;
les cadets se sont qualifiés pour les phases finales de la CAN des moins de 17 ans qui va se dérouler cette année à Alger. Les échos sur la prestation de léquipe sont plus que satisfaisants. Souhaitons lui encore plus de chance et de courage ;
au niveau des autres disciplines, 247 médailles ont été engrangées dans la sous-région et sur le continent en athlétisme, aviron, judo, lawn tennis, pétanque, rugby, taekwondo, volley-ball, soft ball et en lutte ;
la boxe a enregistré 02 ceintures professionnelles africaines et une mondiale ;
le sport pour tous a eu un regain de pratique avec la mise en place de bureaux de sport pour tous en vue de sa pratique permanente dans les services et au sein des communautés de base.
En tout état de cause, le Gouvernement a entamé la réalisation dun certain nombre dinfrastructures pour favoriser léclosion de sportifs émérite. Il sagit du démarrage des travaux de construction de stades à Ziniaré, Manga, Gaoua, Orodara, Nouna et Gourcy après celui de Fada NGourma inauguré à loccasion des festivités du 11 décembre.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Laction du Gouvernement en matière dhabitat et durbanisme au cours de lannée écoulée, sest orientée vers lamélioration du cadre de vie des populations.
Les résultats obtenus révèlent de véritables progrès dans la prise en charge et la maîtrise de notre processus durbanisation. En effet, le Gouvernement a adopté une Politique Nationale de lHabitat et de Développement Urbain, assorties du plan daction pour lhabitat et le développement urbain couvrant une période décennal 2009-2018. Par ailleurs, la loi portant promotion immobilière au Burkina a été adoptée par votre Auguste Assemblée. Ce dispositif vient compléter la loi portant code de lurbanisme et de la construction.
Dans le cadre de la recherche dune meilleure maîtrise de la croissance de nos villes, il a été réalisé :
la révision du Schéma Directeur dAménagement du Grand OUAGA (SDAGO) pour une gestion rationnelle et harmonieuse de notre capitale, ce qui lui conférera un statut de métropole nationale à vocation de capitale sous-régionale et internationale ;
lélaboration de Schémas Directeur dAménagement et dUrbanisme, pour les communes Urbaines de Gorom-Gorom, Garango, Dano et Léo.
Sur le plan de la réglementation, il convient de signaler dune part la mise en place du Conseil National de lUrbanisme et de la Construction, la plus importante des structures consultatives concernant lhabitation et lurbanisme, et dautre part, lopérationnalisation du Centre de Facilitation des Actes de Construire (CEFAC) qui a simplifié les procédures de délivrance du permis de construire.
Dans le domaine de la réalisation des opérations daménagement et dassainissement de nos villes et localités :
dix huit (18) localités, principalement des communes rurales, ont fait lobjet de leur premier lotissement en 2008 ;
le nouveau mode lotissement prévu par le code de lurbanisme et de la construction a été lancé : à cette occasion, des arrêtés conjoints dautorisation de lotir portant sur plus de 68 000 parcelles à dégager ont été délivrés à trente cinq (35) maires ;
2200 parcelles ont été viabilisées par de la Société Nationale dAménagement des Terrains Urbains (SONATUR) sur le site de Bobo 2010 et 4000 dans dautres villes telles que Garango, Ouahigouya, Boussé.
Sagissant de la production de logements décents pour les populations, le Gouvernement a lancé le 24 juillet 2007 le programme 10 000 logements sociaux dont la mise en uvre effective sest matérialisée par :
la réalisation dune campagne dinscription sur tout le territoire national qui a enregistré 28 189 demandes ;
la réalisation de la tranche 2008 comprenant 264 logements répartis entre les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Fada NGourma ;
le développement dun partenariat public privé grâce à ladoption de la Loi portant promotion immobilière, lappui à lauto construction, lintégration des matériaux locaux dans les constructions pour plus déconomie ;
lélaboration et la mise en uvre dun plan daction spécifique à une stratégie de lutte contre la pauvreté urbaine.
Sur la réalisation des équipements collectifs, les travaux daménagement de la Place de lAfrique autour du Mémorial aux Héros Nationaux ont démarré. Ceux relatifs au Monument des Martyrs sont pratiquement achevés.
Dans le cadre de la modernisation du tissu urbain, il importe dindiquer que les travaux de voirie du Projet ZACA se poursuivent normalement. Le bitumage des voies et le démarrage des activités de construction sont prévus pour 2009.
Laction du Gouvernement sera poursuivie en vue de consolider les acquis du secteur. Il sagira donc de :
la réalisation pour lensemble des 49 communes urbaines de Schémas Directeurs dAménagement et dUrbanisation (SDAU) ;
la réalisation des premiers lotissements pour 102 communes rurales ;
la valorisation des espaces urbains ;
lamélioration de la réglementation pour promouvoir laccès au logement décent ;
lexécution exhaustive du programme 10 000 logements par le développement du partenariat public-privé.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
La pauvreté nest pas que monétaire, elle a une dimension humaine. En effet, le déni des droits humains, laccès limité à la justice, linsécurité publique et lentrave aux différentes libertés notamment dopinion sont des traits caractéristiques de la pauvreté humaine.
Vous comprenez donc pourquoi la promotion des droits humains, de la sécurité publique et des libertés, sont au centre des préoccupations du Gouvernement.
La protection et la promotion des droits humains constituent un axe important dans laction dédification dun Etat démocratique.
Cest pourquoi, au cours de lannée 2008, le Gouvernement a adopté le plan stratégique 2008-2010 et la stratégie nationale de promotion dune culture de la tolérance et de la paix au Burkina faso. La mise en uvre effective de ces deux instruments traduit lengagement du Gouvernement à placer la question des droits humains au cur de son action, dans le but de permettre lancrage dune véritable culture de la tolérance et de la paix chez les citoyens, et faciliter la prévention ainsi que la gestion des conflits dans notre pays.
Lappropriation par les citoyens de toutes les questions relatives aux droits humains nécessite que ceux-ci soient informés, formés et sensibilisés. Dans ce domaine, la tenue de la cinquième édition de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC), sous le signe du renforcement de laction pour légalité, la justice et la dignité, alliée à dautres activités telles que les conférences publiques, les projections, et les théâtres forum ont contribué à favoriser une meilleure connaissance et la compréhension des droits humains dans notre pays.
Avec lappui financier du Projet de Renforcement de lInterface Etat- Société civile - Secteur privé (PARECAP), environ dix mille (10 000) dépliants sur des thèmes divers ont été reproduits pour une bonne vulgarisation des textes et documents relatifs aux droits humains. Dans le même registre le Gouvernement a aussi poursuivi son soutien technique et financier à lendroit des organisations de la société civile uvrant dans le domaine de la promotion et la protection des droits humains.
Soucieux du respect de ces engagements en matière de droits humains au plan international et régional, notre pays a présenté avec succès son rapport sur lExamen Périodique Universel (EPU) devant le groupe de travail du Conseil des droits de lhomme de lONU à Genève. Il a en outre participé activement aux rencontres régionales et internationales organisées par lUnion Africaine et les Nations Unies.
La jouissance effective par les citoyens des droits humains fondamentaux qui leur sont reconnus par la Constitution suppose la mise en place dun cadre juridique, politique et institutionnel ainsi que la mise en uvre de mesures spécifiques susceptibles dassurer une meilleure protection de ces droits. Dans ce cadre des opérations détablissement gratuites dactes de naissance ont été réalisées dans plusieurs provinces.
Par ailleurs, le Gouvernement se réjouit de lautorisation que Votre Auguste Assemblée a bien voulu lui accorder pour la ratification de la Convention sur les droits des personnes handicapées, et son protocole facultatif, ainsi que la convention sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
La protection et la garantie des droits civils, politiques, économiques et sociaux des citoyens nécessitent un effort soutenu et constant de la part des gouvernants.
Aussi, notre pays poursuivra-t-il en 2009 la consolidation des actions entreprises et la réalisation de nouvelles activités notamment la mise en place dune politique de promotion de la citoyenneté, lharmonisation de la législation nationale sur les droits civils et politiques avec les différentes conventions ratifiées par notre pays en la matière, lélaboration dun manuel de procédure pour la prévention et la gestion des conflits.
En matière de justice, notre conviction est faite que seul un système judiciaire accessible à tous, performant et indépendant vis-à-vis de toute pression dintérêt politique, économique ou social, est gage de paix, de stabilité et de sécurité nationale durable. Aussi, laction gouvernementale dans ce domaine sest-elle inscrite, au cours de lannée 2008, dans le cadre de la modernisation continue de lappareil judiciaire, du renforcement de laccessibilité au service public de la justice et de la valorisation des ressources humaines.
Lenjeu démocratique et social que représente le système judiciaire et son rôle central dans la lutte contre la pauvreté sous-tendent la poursuite de la mise en uvre du Plan de consolidation du Plan daction national pour la réforme de la justice (PC-PANRJ). De même, la réalisation en 2008 de lannuaire statistique et du tableau de bord de la justice vient conforter lélan de modernisation du pilotage et de la gestion prospective du secteur.
Lamélioration de la disponibilité de linformation juridique pour les praticiens du droit a été également maintenue avec la mise à disposition de huit (8) ouvrages concernant respectivement le droit de la famille, le droit des biens, le droit judiciaire, le droit communautaire, le droit de lenvironnement, le contentieux des élections nationales, le contentieux des élections locales et les voies dexécution.
Le Palais de justice de Ouagadougou, entièrement rénové et ouvert aux justiciables depuis le mois de novembre 2008, offre désormais un meilleur cadre de travail aux différents acteurs de lappareil judiciaire. Cet édifice constitue aujourdhui une référence dans notre pays avec une rampe daccès pour les personnes handicapées.
Par ailleurs, le souci dinsuffler un esprit de modernité dans les textes de fond et de procédure est au cur de la relecture en cours du code pénal et du code de procédure pénale, en vue de prendre en compte les nouvelles formes de délinquance telles que le blanchiment dargent, les violences faites aux femmes, la cybercriminalité, etc.
Pour renforcer laccessibilité physique au service public judiciaire, lexécution du programme de construction des juridictions et des établissements pénitentiaires sest poursuivie au cours de lannée 2008 avec le démarrage de nouveaux chantiers de construction à Diébougou du Tribunal de Grande Instance (TGI) et de la Maison dArrêt et de Correction (MAC), louverture officielle du Tribunal de Grande Instance et de la Maison dArrêt et de Correction de Léo, ainsi que la nomination effective des magistrats des juridictions de Djibo, Nouna et Orodara.
En outre, le Gouvernement a entrepris lélaboration dun plan de communication dont la validation et la mise en uvre en 2009 permettront de lever les obstacles psychologiques au recours à la justice.
En ce qui concerne les ressources humaines judiciaires, la dernière session 2008 du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a adopté un code de déontologie des magistrats qui vient compléter le statut de la magistrature pour astreindre les acteurs judicaires à une éthique professionnelle standard. Par ailleurs, la politique de recrutement et de formation a été poursuivie avec notamment plus de deux cents cinquante six (256) nouveaux agents de juridiction et de sécurité pénitentiaire, faisant ainsi passer le ratio habitants/magistrats de 46.000 en 2007 à 43.500 en 2008.
Toutefois, le renforcement de ces acquis passe particulièrement par ladoption dune politique nationale du secteur de la justice, la construction dun Centre de Formation des Professions Judicaires (CFPJ) et lamélioration continue des conditions de travail des personnels de la Justice ainsi que des conditions de détention notamment lextension de la Maison dArrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) et la construction de la prison de haute sécurité, qui constituent les défis de 2009.
La sécurité publique est une condition indispensable à toute stratégie de développement et de lutte contre la pauvreté. Les actions menées en 2008 ont porté sur :
le renforcement des actions de lutte contre la criminalité, le grand banditisme, le trafic de drogue ;
laccélération de la mise en place de la police de proximité;
le renforcement des capacités opérationnelles des services de défense et de sécurité ;
Dans le domaine particulier de la lutte contre la criminalité et le grand banditisme, les forces de défense et de sécurité ont assuré une présence permanente et dissuasive sous forme de patrouilles de surveillance et dintervention sur les axes routiers du territoire national. Cela a donné lieu au déploiement dun important dispositif sécuritaire sur tous les principaux axes routiers du pays. Ainsi, plus de 22.000 sorties en patrouille ont été effectuées sur tout le territoire national dont 111 patrouilles de surveillance aux frontières, 5 121 patrouilles de police secours, 6 849 interventions ponctuelles et 1 512 escortes et accompagnements de sécurité de personnalités. Ce qui a permis de démanteler plusieurs réseaux de bandits, dinterpeller 3 845 présumés délinquants dont 849 ont été déférés devant les tribunaux, de retrouver 603 engins à deux roues et de saisir 196 armes à feu.
Ces résultats ont pu être obtenus en partie grâce à la mise en place dun Centre National de Veille et dAlerte (C.N.V.A.) en 2008 qui a enregistré 38 417 appels téléphoniques anonymes facilitant ainsi les échanges entre les services de sécurité et les victimes du banditisme. Cela a aussi permis dappréhender certains bandits sur la base dinformations précises grâce au numéro vert le 10 10. Cest pour moi loccasion dattirer lattention sur la nécessaire collaboration qui doit exister entre les populations et les forces de défense et de sécurité.
En tout état de cause, des actions énergiques seront prises cette année pour renforcer les stratégies de lutte en tenant compte du mode opératoire des délinquants, en renforçant les moyens techniques des forces de défense et de sécurité, en poursuivant les opérations de surveillance préventive et dintervention dans les zones criminogènes tout en prenant en compte les pistes rurales devenues dangereuses. Pour renforcer le cadre législatif une loi sur le grand banditisme sera soumise à votre Auguste Représentation, courant 2009.
Sur le plan de la lutte contre le trafic des drogues et de la vente illicite des médicaments de la rue, des actions de sensibilisation et de lutte ont été menées et les statistiques révèlent que 7,316 tonnes de cannabis, 19 kilogrammes de cocaïne et 10,5 tonnes de médicaments de la rue ont été saisis en 2008.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Après la mise en place de 1 987 Comités Locaux de Sécurité (CLS) de secteurs et de villages, consacrant la mise en uvre de la police de proximité pour les régions des Cascades, des Hauts Bassins et du Sud Ouest en 2007, 2 670 Comités Locaux de Sécurité (CLS) de secteurs et de villages ont été mis en place en 2008 dans les régions du Centre, du Plateau Central, de la Boucle du Mouhoun, du Centre Ouest, du Nord, du Centre Nord et du Sahel.
A ce stade du processus, les évaluations périodiques font ressortir un bilan globalement satisfaisant : la méfiance qui caractérisait les rapports entre les forces de sécurité et les populations fait progressivement place à un véritable partenariat. En 2009, la police de proximité va être mise en place dans les régions non encore couvertes afin quelle soit opérationnelle sur lensemble du territoire national.
Au cours de lannée 2008, des actions ont été également menées en vue de lamélioration de la couverture sécuritaire nationale, du renforcement des capacités opérationnelles et du renforcement de lefficacité et de lefficience des forces de défense et de sécurité.
Au plan de la couverture sécuritaire nationale, des brigades de gendarmerie, des commissariats de police et de postes de police frontaliers au nombre de 23 ont été construits. Ces constructions se poursuivront également pour les années à venir.
Au plan des capacités opérationnelles, des équipements spécifiques de transmission, de matériel de maintien de lordre et de moyens de mobilité ont été acquis au profit des forces de défense et de sécurité.
Par ailleurs, les recrutements effectués avec la prise en compte du genre ainsi que les actions de formation continue entreprises dans divers domaines spécialisés de la sécurité ont contribué aussi bien au rajeunissement de la troupe et à la remise à niveau des effectifs quau renforcement de lefficience et de lefficacité des forces de sécurité.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
En matière de secours durgence, la Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers a effectué 21 607 sorties de secours pour incendie, secours routiers, protection de biens, recherche et reconnaissance.
Je voudrais ici an nom de toute la Nation rendre un hommage appuyé aux soldats du feu. Je ne saurais passer sous silence lexemple fort élogieux de ce jeune qui au prix de sa propre vie, a bravé la nature pour sauver la vie dun enfant de deux ans et demi tombé dans un puits de plus de trente (30) mètres de profondeur avec seulement un diamètre de trente (30) centimètres environ à Dayoubsi, dans la commune de Komki-Ipala. Ces dimensions ne permettaient pas aux soldats du feu daccéder à la victime pour accomplir leur mission de secours.
Après une brève préparation psychologique et quelques règles élémentaires de sécurité, le jeune TASSEMBEDO Moïse, alors âgé de seulement 17 ans, a été introduit dans le puits en vue de sauver lenfant en danger. Au cours de la phase de remontée avec la victime, le jeune secouriste sest fait mal lépaule droite dans ses efforts au cours de lopération. Il a de même que lenfant sauvé perdu connaissance par manque doxygène. Les deux ont été réanimés par les Sapeurs Pompiers puis conduits durgence dans les centres médicaux appropriés à Ouagadougou. Tous deux sont en très bonne santé.
En reconnaissance de cela, le jeune secouriste a été décoré de la Médaille dHonneur avec létoile de bronze. Cet exemple montre un acte de courage et de sang froid dont le jeune TASSEMBEDO Moïse a été lauteur. En effet, cette opération constitue un cas extraordinaire de sauvetage dans une atmosphère à hauts risques pour ce sapeur pompier de circonstance. Je voudrais avec vous reconnaître la présence de Monsieur TASSEMBEDO et saluer solennellement le courage de ce jeune dont lexemple doit nous inspirer.
Les soldats du feu interviennent fort malheureusement pour lessentiel pour les secours routiers, du fait des accidents de circulation. Quil me soit permis de mappesantir quelques instants sur linsécurité routière qui nous interpelle tous.
Malgré toutes les mesures de sensibilisation et de répression, la route a encore et davantage tué au cours de lannée écoulée. Nous avons encore en mémoire laccident tragique survenu aux environs de Boromo dans la Province des Balé le 15 novembre 2008, qui a causé 70 morts et une trentaine de blessés. Tirant les conséquences de ce drame routier, nous devons ensemble regarder vers lavenir et faire en sorte que de pareilles situations dramatiques ne se reproduisent plus jamais sous nos cieux. Cest dans ce sens que le Conseil des Ministres du 03 décembre 2008 a décidé de faire du 15 novembre de chaque année, une journée nationale de sensibilisation sur la sécurité routière et dériger une stèle sur les lieux de laccident afin de pérenniser le souvenir de ce tragique événement.
Au-delà de tout cela, il me paraît indispensable de prendre des mesures idoines, aussi dures soient-elles, pour enrayer les risques de survenue de tels accidents et en vue de renforcer la sécurité routière de façon générale.
Aussi, le Gouvernement a-t-il décidé de revoir les mesures de sécurité du transport routier par la réinstauration de la feuille de route et une application stricte de la réglementation afin denrayer le transport mixte, la surcharge et lexcès de vitesse.
En matière de liberté et dinformation, le secteur de la communication est caractérisé par la pluralité des organes de presse, véritable témoin de lancrage de notre jeune démocratie. Reporters Sans Frontière dans son rapport doctobre 2008, reconnaît les efforts consentis par le Burkina Faso en le plaçant au 7ème rang en Afrique et au 63ème rang dans le monde sur 173 pays concernés. Toutefois force est de relever que cest bien un secteur fort sensible qui a besoin de renforcer son professionnalisme en renforçant ses capacités techniques et dorganisation.
En 2008, le Gouvernement a poursuivi ses efforts en faveur de ce secteur en organisant des sessions de formation regroupant les professionnels du public et du privé.
En la matière, je voudrais particulièrement me féliciter de laboutissement du processus détablissement, sous légide du Conseil Supérieur de la Communication (CSC), de la convention collective de la presse privée qui a fait lobjet de signature le 6 janvier 2009. Au-delà de limpact socio-économique, la finalité de la présente convention est de contribuer résolument à instaurer de meilleures pratiques journalistiques, normées sur léthique et la déontologie.
En outre, la 5ème édition des Universités Africaines de la Communication (UACO) tenue du 02 au 05 décembre 2008 sous le thème « Médias et professionnalisme : enjeux et défis » est une illustration du dynamisme de ce secteur.
Par ailleurs, des défis majeurs ont été relevés dans le domaine au cours de cette année 2008.
Il sagit notamment de :
la construction et léquipement des Directions Régionales de la Radio Rurale ;
lopérationnalisation du Service dInformation du Gouvernement (SIG) ;
la relecture en cours des codes de linformation et de la publicité ;
la tenue du forum « Médias et développement ».
Il faut se réjouir du classement du Burkina Faso au 7ème rang dans le monde où sexerce la liberté de presse.
Les perspectives pour lannée 2009 et les années suivantes seront essentiellement : lachèvement du processus de relecture de la politique nationale de communication pour le développement et de son plan daction, la création dune télévision rurale, léquipement de la télévision et de la radio en matériel numérique, la mise en uvre effective de la convention collective.
Dans chacun de ces domaines, le renforcement de la capacité des ressources humaines par des formations appropriées sera le fil conducteur de notre action.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Léconomie monde est une réalité. Les communautés économiques régionales nen sont pas une alternative, mais un espace démulation des économies nationales pour une insertion viable dans la mondialisation.
Le Gouvernement croit en ces blocs économiques régionaux notamment en la CEDEAO et en lUEMOA. Aussi, au cours de lannée 2008, les actions menées ont-elles concerné :
la mise en uvre dune stratégie de communication pour mieux sensibiliser les opérateurs économiques sur les opportunités qui présentent ces ensembles ;
lharmonisation des politiques sectorielles ;
lappropriation de la position de la CEDEAO et de lUEMOA en matière de négociation des accords de partenariat économique.
Le Président du Faso a donné la preuve de son attachement à ces deux institutions sous ces deux mandats successifs. Ainsi la présidence burkinabé de la CEDEAO a permis le renforcement des capacités de linstitution, ladoption dun projet de création dune zone monétaire commune, la mise en chantier de lUnion douanière et du marché commun de lAfrique de lOuest, et le renforcement de la libre circulation des personnes et des biens. Elle a aussi permis lélaboration de politiques sectorielles en matière dénergie, dagriculture et de réduction de la pauvreté.
Sagissant de lUEMOA, le mandat de notre pays a permis de faire des avancées tant au plan institutionnel quaux plans économique et social. En effet, il a été marqué dune part, par la modernisation de ladministration de lUnion, ladoption dun nouveau règlement financier, le plan stratégique de la BOAD et la rénovation des structures de la BCEAO ; dautre part, par la mise en uvre du Programme Economique Régional et le projet visa unique UEMOA.
En outre dans le domaine de la promotion du commerce et de la concurrence loyale, notre pays a organisé avec succès et professionnalisme la 5ème édition de la Foire Commerciale de la CEDEAO qui a connu une participation record des Etats membres avec plus de 500 entreprises nationales et internationales évoluant dans divers secteurs.
Par ailleurs, le Gouvernement a organisé du 20 au 27 novembre 2008, la quatrième édition des journées économiques du Burkina Faso en France. Ces journées qui ont mobilisé des opérateurs économiques burkinabé et français, à Paris et à Lyon, ont permis de montrer aux yeux des hommes daffaires les efforts consentis en matière damélioration de lenvironnement des affaires. Les témoignages enregistrés à loccasion sont fort édifiants. Toutefois, la nécessité de tenir compte des nouveaux horizons dans le contexte de la mondialisation suggère un recentrage du contenu et une revue du mode dorganisation de ces journées.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Au cours de la période écoulée, notre pays sest pleinement investi dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la coopération aussi bien en Afrique que dans le monde, conformément à lobjectif primordial de « rayonnement international » de notre pays, défini dans le sixième axe du programme quinquennal de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, «Le progrès continu pour une société despérance».
Ainsi, dans le cadre de la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde, sous légide de la CEDEAO, de lUnion Africaine, et en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité de lONU, notre pays sest impliqué dans la résolution des conflits et la consolidation de la paix en Guinée, Libéria, Sierra Leone, Guinée Bissau, Soudan, République Démocratique du Congo, Somalie, Ethiopie, Erythrée, Moyen-Orient, Proche-Orient et dans les Balkans.
Par ailleurs, dans un esprit de solidarité avec les autres peuples, nos forces de défense et de sécurité prennent part à des opérations de paix à léchelle africaine et internationale.
Dans le cadre de la résolution de la crise du Darfour, lexpertise burkinabè a été sollicitée avec la nomination de notre compatriote, Monsieur Djibrill Yipènè BASSOLE, en qualité de Médiateur en chef conjoint ONU/UA. En outre, pour cette même crise, les actions suivantes ont été réalisées en 2008 :
lexécution de la phase finale des préparatifs pour un déploiement prochain au Darfour du Bataillon Laafi, composé de 800 hommes ainsi que dun escadron de 150 Gendarmes ;
la formation dun 3ème Bataillon dinfanterie aux Opérations de Soutien à la Paix (OSP) pour assurer la relève au Darfour.
Pour ce qui est du processus de paix en Côte dIvoire, il a connu des avancées en 2008 sous la facilitation du Président du Faso, notamment en ce qui concerne le lancement des opérations didentification et de recensement électoral, le redéploiement de ladministration dans tout le pays et la restauration progressive de lautorité de lEtat sur lensemble du territoire. Il devra aboutir à la tenue délections libres dont la détermination de la date revient à la Commission Electorale Indépendante de Côte dIvoire.
Dans cette même dynamique dengagement en faveur de la paix, notre pays a assuré la présidence et la vice-présidence de trois comités de sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur lIrak, le Liban et lIran, puis a assuré la présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies durant tout le mois de septembre 2008. Cette présidence a été loccasion dorganiser un débat de haut niveau, le 23 septembre 2008, sur le thème « Médiation et règlement des conflits », qui a permis à Son Excellence Monsieur le Président du Faso de partager avec la communauté internationale lexpérience du Burkina Faso dans la résolution des conflits par la médiation.
Au plan international, le Burkina Faso a uvré à un élargissement de ses perspectives économiques en renforçant ses liens avec ses partenaires habituels, en étendant son cercle damis grâce à louverture effective dune Ambassade au Brésil et la mise en place du Consulat de Niamey. Il a en outre participé à de nombreuses rencontres internationales consacrées au financement international du développement parmi lesquelles :
la 4e Conférence Internationale de Tokyo pour le Développement de lAfrique (TICAD) ;
le Sommet Turquie - Afrique ;
le Sommet République de Chine (Taiwan)-Afrique ;
la Conférence de Doha sur le financement international du développement ;
le dernier Sommet de la Francophonie ;
le Sommet Inde Afrique ;
la cérémonie de signature à Washington, dune convention de financement sous forme de don de plus de 200 milliards de FCFA avec le Millenium Challenge Corporation (MCC) dans le cadre de la coopération avec les Etats-Unis.
Du fait du dynamisme et de la perspicacité qui se dégagent de nos actions aux plans sous-régional, régional et international, le Burkina Faso a pu conquérir une place de choix dans le concert des Nations. En témoignent sa reconduction comme membre du Conseil de Paix et de Sécurité de lUnion Africaine pour un mandat de deux ans, et son admission comme membre du Conseil des Droits de lHomme des Nations Unies.
Pour renforcer cette image de marque, le Burkina Faso poursuivra ses efforts en matière de promotion de la paix, de lintégration sous-régionale et régionale, et, dans les années à venir, procèdera à lextension de sa couverture diplomatique par louverture de nouvelles Missions diplomatiques et de Missions consulaires.
Par ailleurs, seront mis en place dans la même optique, lAgence Burkinabè de Coopération Technique et Culturelle, et lInstitut National des Hautes Etudes Internationales (INHEI).
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Je ne pense pas avoir abusé de votre grande attention. En le disant, il me vient à lesprit cette pensée de Rick WARREN dans son célèbre ouvrage « une vie motivée par lessentiel », et je le cite « Quand vous donnez du temps à quelquun, vous lui offrez une partie de votre vie qui ne reviendra jamais ». Oui, cest ce que vous faites pour moi et je vous en remercie.
Le tableau que je viens de vous peindre est bien le reflet de tous nos efforts conjugués exception faite des paramètres inhibiteurs que vous et moi ne maîtrisons pas.
Que retenir :
la démocratie se raffermit ;
la croissance économique malgré une légère accélération na pas suffit à faire reculer la pauvreté ;
en dépit des graves crises, lobservation dune gestion judicieuse nous a permis de faire face en grande partie aux besoins pressants des populations ;
la réforme de lAdministration et de lEtat connaît des avancées malgré des tares à corriger par linstauration du civisme administratif ;
les efforts consentis pour la réalisation dune sécurité humaine durable sont bien perceptibles ;
le Burkina Faso a enregistré des mérites en matière de promotion des droits humains, de la sécurité publique et des libertés ;
la mondialisation et lintégration économique régionale demeurent des opportunités encore insuffisamment exploitées ;
une contribution appréciable du Burkina Faso à la consolidation de la paix et de la sécurité aux niveaux régional et international.
Beaucoup du chemin a été parcouru certes, mais lampleur des efforts à consentir pour un Burkina Faso encore plus prospère sont immenses. Ils exigent de nous de laudace, et de la persévérance, de la cohésion et de la solidarité agissante. Nous devons le faire avec conviction et confiance, mais sans arrogance.
A cet effet, je voudrais partager avec vous cette image du célèbre économiste Alfred HIRSCHMAN pour indiquer que les aspirations des individus sont toujours fortement influencées par la réussite des autres. Cest limage dun automobiliste, pris dans un embouteillage au sein dun tunnel, qui se réjouit de voir soudain lautre file de voitures progresser vers la sortie du tunnel : il y voit un signe annonciateur de sa propre sortie. On parle alors d« effet tunnel » lorsque, dans un contexte dincertitude et de manque de visibilité, lobservation du sort dautrui comporte un contenu informationnel qui éclaire (ici positivement) son propre destin.
Des pays peu dotés en facteurs comme le nôtre font des prouesses. Jai la forte conviction que le Burkina Faso peut en faire autant avec lappréciable contribution de nos partenaires au développement auxquels je voudrai, au nom du peuple burkinabè exprimer nos sentiments de gratitude.
Je men voudrais de terminer cette allocution sans vous remercier tous et chacun dentre vous pour votre désir du service public, et pour limmensité du service que vous rendez à la nation. Certes, nous appartenons à diverses familles politiques, et même avons été formés à des moules idéologiques différents. Mais je sais que, par-delà les divergences de vue et dapproche, par-delà les désaccords et les conflits, nous avons tous au fond de nous une seule motivation : celle de servir au mieux le Burkina Faso, ceci afin que les générations à venir puissent dire que nous avons été dignes des défis de notre époque.
La situation actuelle de notre pays est certes difficile, mais les possibilités sont nombreuses et nos braves paysans que je remercie et félicite nous lont démontré au cours de la dernière campagne agricole. Peut-être devons-nous nous inspirer de la sagesse chinoise. En langue chinoise (mandarin), le mot crise sécrit avec deux caractères : lun signifie danger, et lautre signifie opportunité.
Nous ne devons certes pas nous gargariser de nos succès, mais nous ne devons pas non plus nous décourager devant lampleur des défis. Car derrière chaque difficulté, il y a des possibilités qui ne demandent quà être exploitées. Je sais pouvoir continuer à compter sur le soutien critique et par-dessus tout, lamitié et la fraternité de chacun dentre vous.
Que Dieu bénisse le Burkina Faso.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
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DISCOURS SUR LA SITUATION DE LA NATION
DE SON EXCELLENCE
MONSIEUR TERTIUS ZONGO,
PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT
Prononcé devant lAssemblée nationale
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