Guy Benchimol - archive-EduTice
Mentionnons également à ce sujet l'e-learning qui peut être utile dans ...... un
travail d'équipe ainsi qu'une standardisation et une protection des données. ...
les approvisionnements, la fabrication, les essais et procédures de certification,
les ...... différents fournisseurs s'impose, ce qui conduit à une certaine
normalisation.
part of the document
1. Avant tout, des services
2. Du service au commerce électronique
3. Un portail pour faire respirer votre entreprise
4. Suggestions pour un e-circuit
5. Importance du commerce électronique
Chapitre 4 : e-gestion
1. De quelles entreprises parle-t-on ?
2. Description de la Supply Chain
3. Fonctionnement de la Supply Chain
4. Gestion collaborative de la Supply Chain
Chapitre 5 : Conséquences sur lorganisation
1. Répercussions sur les relations humaines
2. Prépondérance de linformation
3. Mise en route dun projet de-organisation
Abréviations
Bibliographie
Tome 2 : La Mise en uvre dynamique des Connaissances
Introduction
Chapitre 1 : Tendances de lesprit humain
1. Connaissances et raisonnement
2. Différents types de hiérarchies
3. Rôle de la connaissance
Chapitre 2 : Domaines de la mise en uvre dynamique des
connaissances
1. Linformation
2. Démarche conceptuelle
3. Modélisation des fonctions
4. Modélisation des activités
5. Application à un problème de recrutement
6. Généralisation
7. Application à un problème dinnovation
8. Présentation simplifiée de la méthode
Chapitre 3 : Caractérisation des documents
1. Identification assistée des secteurs
2. Détermination assistée des concepts
3. Mise en uvre de la connaissance dynamique
4. Vue densemble
5. Tâches à caractère multiple
Chapitre 4 : Nouvelles technologies
1. Intervention de la sémantique
2. Apports des Web Services
3. Emploi dagents intelligents
4. Obtention des résultats sur un tableur
5. Conséquences sur lorganisation
6. Portail dentreprise
Chapitre 5 : Facteurs de succès de la connaissance dynamique
1. Organisation
2. Etat desprit
Chapitre 6 : Relations entre connaissance dynamique et fonctions
1. Modélisation des problèmes
2. Autres possibikités dinvestigation
Chapitre 7 : Organisation des connaissances
1. Besoins en informations
2. Potentiel de gisement dinformations internes
3. Le CPM (Corporate Performance Management)
4. Connaissances et métaconnaissances
5. Limites des compétences individuelles
6. Modélisation des ressources
7. Création doutil de partage des connaissances
Chapitre 8 : Cognition assistée par les K-Maps
1. Rappel de la problématique
2. Exemple dapplication
3. Exploitation des connaissances diffuses
4. Application au Business Process Engineering
Conclusion
Bibliographie
Tableau des logiciels cités
Epilogue
Prologue
Bien que sortis depuis quelques décennies de l'ère du taylorisme et de ses divers avatars, nous ne faisons qu'entrer dans l'ère des responsables c'est-à-dire de personnes qui, prenant des décisions, sont capables et ont la volonté de les justifier; il y a là une véritable demande qui a commencé à se manifester dans le domaine de la finance (en France, Loi de Sécurité Financière faisant écho à la loi Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis) mais qui ne manquera pas de s'étendre progressivement aux autres domaines par contagion car le domaine financier n'est que le reflet de ce qui s'y passe (voir larticle de HYPERLINK \l "Haworth" #Haworth et Pietron référencé dans la Bibliographie du Tome 2).
Ces responsables justifieront d'autant mieux les décisions prises que celles-ci l'auront été dans le cadre d'un travail collaboratif; la justification ne peut s'appuyer que sur des faits, des raisonnements et un contexte correspondant à un certain nombre de valeurs de référence admises par l'organisation concernée. Ces faits, ces raisonnements révélant des faits nouveaux, ces valeurs de référence, tout cela constitue de la connaissance c'est-à-dire un ensemble de signaux ou stimuli nous aidant à mieux percevoir et comprendre le monde qui nous entoure. Qu'elles soient préexistantes au processus de prise de décision ou qu'elles en soient la conséquence, ces connaissances doivent pouvoir être communiquées à toute personne habilitée pour justifier la décision prise voire la non-décision (en effet, le fait de ne pas prendre de décision lorsqu'un problème est posé peut paralyser l'activité de différentes parties prenantes voire avoir des conséquences graves et doit pouvoir être justifié au même titre qu'une décision).
Ce besoin de justification a une conséquence indirecte mais de grande importance; lorsque l'on exerce une activité et que l'on a des comptes à rendre, sa bonne exécution ne suffit pas à vous prémunir contre toute critique car il faut être capable de démontrer le bien-fondé de cette activité et de la démarche adoptée, compte-tenu de l'objectif poursuivi; il y a donc une remise en cause permanente à la lumière de l'évolution du contexte et de l'environnement. La justification à partir de connaissances n'est donc pas une simple obligation mais un facteur de progrès, d'innovation et d'adaptation au changement donc de compétitivité.
Dans la pratique, la connaissance ne correspond pas ou tout au moins ne devrait pas correspondre au stock de documents disponibles, impossible en pratique à appréhender dans son intégralité, mais à une sélection judicieuse de sources documentaires en rapport avec le problème à résoudre ou les tâches à accomplir dans le cadre d'une activité donnée.
La mise en oeuvre de ces connaissances suppose donc que l'on sache -et que l'on le fasse savoir- où l'on veut aller (les buts inavoués ou inavouables ne sont pas de mise dans une organisation moderne; ils doivent être impitoyablement démasqués parce qu'ils nuisent au bon fonctionnement de l'organisation et peuvent la conduire à l'échec). Il convient donc de rechercher les moyens nécessaires pour atteindre le but fixé en tenant compte des contraintes propres au problème traité, notamment, degré d'urgence, éthique ou culture de l'organisation. Dans le contexte de l'entreprise, une telle attitude a des répercussions sur la plupart des activités: manière de les accomplir ( HYPERLINK \l "Business" #Business Process Engineering), observation de ce que font les autres en la matière (Benchmarking), réflexion sur leur conformité et leur contribution à la stratégie globale ( HYPERLINK \l "Corporate" #Corporate Performance Management), réflexion sur des mesures prises antérieurement ( HYPERLINK \l "case" #Case-based reasoning) ou sur des cas présentant une certaine similarité (Fertilisation croisée); notons, toutefois, qu'une action peut être conforme à la sratégie globale sans pour autant être bénéfique pour l'entreprise ou certaines de ses parties prenantes auquel cas il peut être nécessaire de revoir cette stratégie voire son Business Model.
Les responsables, quelle que soit la fonction ou le niveau qu'ils occupent, doivent désormais s'attendre à être jugés en fonction de la bonne application des principes évoqués ci-dessus; ils ne pourront plus se cantonner dans l'immobilisme ni se protéger en invoquant les "ordres venus d'en haut" ni prendre des décisions de manière solitaire. Ils devront se conformer aux exigences de transparence et de traçabilité qui deviennent de plus en plus impératives à notre époque.
Non seulement les connaissances statiques devront être collectées de manière systématique mais les flux de connaissances (transactions diverses, consultations d'experts, résultats d'enquêtes, signaux susceptibles d'éclairer la trajectoire à suivre etc.) devront être identifiés et canalisés de manière à ce que les moins divulgués deviennent opérationnels pour répondre à des problèmes précis
Ce n'est donc pas un hasard si l'Aproged (Association des Professionnels de la GED) est passée successivement de la GED (Gestion Electronique de Documents) à la GEIDE (Gestion Electronique de l'Information et des Documents d'Entreprise), acronyme qu'elle interprète, à l'occasion du Forum de la GEIDE 2004, comme la "Gouvernance Electronique de l'Intelligence et de la Décision en Entreprise"! Significatif est le fait que le terme de document n'est plus privilégié; l HYPERLINK \l "Economie" #Economie de la Connaissance implique l'observation de la structure de l'organisation et des activités qui s'y déroulent mais toujours avec un esprit critique en s'interrogeant sans cesse sur les finalités et les contraintes intrinséques et conjoncturelles. Elle fait appel aux ressources du Knowledge Management à bon escient après avoir défini ses besoins.
Dans le Tome 1, « La Connaissance au cur du patrimoine de lentreprise », nous montrerons lintérêt que présente la connaissance dans trois fonctions-clefs de lentreprise dans un contexte informatisé, le-production, le-commerce et le-gestion.
Dans le Tome 2, « La Mise en uvre dynamique des Connaissances », nous étudierons différentes méthodes pour enrichir le patrimoine que représentent les connaissances et les stratégies permettant de les utiliser pour rendre lentreprise plus compétitive.
HYPERLINK "mailto:b.guy@noos.fr?subject=L'Entreprise%20à%20l'heure%20de%20l'Economie%20de%20la%20Connaissance" Guy Benchimol
Tome 1:
La Connaissance au cur
du Patrimoine de lEntreprise
Chapitre 1
Rôle du capital intellectuel
Le socle de lentreprise est constitué par les ressources humaines au centre desquelles est placé lindividu sous langle des compétences, de la formation, de la motivation, de la polyvalence, de la responsabilité, de laptitude à travailler en groupe et à tisser son propre réseau de relations; ce sont en effet les ressources humaines qui confèrent à lentreprise son dynamisme et son originalité dans le cadre dune vision globale assimilée par tous et dune internationalisation délibérée et non simplement subie; le maillage intégrateur de lensemble des établissements, filiales et partenaires constitue en lui-même un facteur dinnovation dans les produits et procédés de fabrication, processus administratifs et services; lensemble est supporté par une infrastructure regroupant lensemble des moyens physiques dont lentreprise dispose pour exercer son activité et un réseau ou infostructure, à la fois réservoir de connaissances et système de circulation de linformation; le coeur de lentreprise est ainsi constitué par son patrimoine immatériel .
1. Quel capital intellectuel ?
Les valeurs intangibles engendrent des valeurs tangibles
Thomas A. HYPERLINK \l "Stewart" #Stewart dans un article intitulé Intellectual capital paru dans le magazine Fortune daté du 3 Octobre 1994, précise que le capital intellectuel réside dans les actifs intangibles; une entreprise comme la société suédoise de services financiers Skandia le définit comme la somme du capital humain (compétences et capacités des salariés), du capital structurel (bases de données, dossiers clients, manuels de procédures, marques et structures organisationnelles) et du capital clients, reflêt des relations de lentreprise avec ses clients; ajoutons quelle considère ce capital intellectuel comme représentatif de la valeur future de lentreprise en tant que source dactifs stratégiques, gages de profits et de développement. La suite de cet ouvrage nous conduira à y inclure la gestion des connaissances connue sous le vocable de Knowledge Management car le capital intellectuel nest efficace que si lon connaît son existence et que lon sen sert. Ajoutons que tous les systèmes contribuant à son enrichissement font partie eux-mêmes du capital intellectuel ce qui fait que tout ce dont nous allons parler en fait partie.
Dans un premier temps, disons que le capital intellectuel est un ensemble de connaissances que, comme tout patrimoine, il faut apprendre à connaître, mettre à jour, renouveler, gérer et enrichir pour le faire fructifier, doù le qualificatif dentreprise apprenantes (learning organizations) que lon associe aux entreprises qui se soucient de leur capital intellectuel; il est évident que ce nest pas lentreprise qui apprend mais ses salariés dûment encouragés par les DPRH, leurs connaissances étant capitalisées dans la mesure où elles sont disponibles non seulement pour eux mêmes mais pour leur collègues, à titre de réciprocité: ainsi, assistera-t-on à une synergie des individus -ou plutôt des cerveaux- aboutissant, si elle est convenablement organisée et animée, à lémergence dune véritable intelligence collective, ce qui ne manque pas de soulever le paradoxe Individualisme/Travail en groupe .A cet égard, louvrage Les équipes intelligentes, coordonné par Patrick HYPERLINK \l "Audebert" #Audebert-Lasrochas, savère fort édifiant; lon peut y lire notamment Le manager... aide à faire émerger lintelligence collective, celle que lon rencontre dans des instants privilégiés dans des groupes de créativité, quand la solution trouvée ne peut être attribuée quau groupe et à sa dynamique.
Les analystes financiers ne sy trompent pas puisquils prennent de plus en plus en compte le capital intellectuel en tant quensemble dactifs intangibles, au même titre que les actifs tangibles parce quils sont de plus en plus conscients que les valeurs intangibles sont appelées à se transformer en valeurs tangibles.Et pourtant, ce capital intellectuel est loin dêtre utilisé à plein (cest le cas, par exemple, dans certaines sociétés, de brevets dormants) par suite de la constitution de ce que daucuns désignent par îlots de connaissances (expression attribuée, dans larticle de Thomas A. HYPERLINK \l "Stewart" #Stewart cité plus haut, à Arian Ward de la société Hughes Space & Communications) dans lespace comme dans le temps cest-à-dire de connaissances qui ne sont pas partagées au moment où lon pourrait en avoir besoin où réutilisées lorsquun problème présente des caractéristiques similaires à celles dun problème rencontré antérieurement, dans un contexte identique, voisin ou différent.
2. Dans quel contexte?
Un préalable: lesprit de service et lesprit déquipe
Lun des principaux problèmes que rencontrent les entreprises réside dans la difficulté à faire adopter lesprit de service à tous les niveaux et à chaque instant par chacun de ses membres; ceux-ci doivent en effet être imprégnés de cet esprit quel que soit leur rôle dans lorganisation; chacun doit effectuer sa tâche dans un esprit de coopération et faire appel, chaque fois que le besoin sen fait sentir, aux personnes compétentes, sans le secours dune quelconque hiérarchie ou bureaucratie: lorsque quelquun rencontre une difficulté et quil nest pas en mesure de la surmonter par lui-même, il peut et doit faire appel à quelquun susceptible de laider, chacun devant se sentir responsable de la bonne marche de lensemble. Disons que cela constitue un préalable à toute démarche tendant à exploiter le capital intellectuel. Nous insistons sur cette affirmation qui nest pas une pure incantation utopiste mais la garantie que les efforts que vous allez consacrer à la prise en compte de votre capital intellectuel ne seront pas perdus et niront pas à lencontre du but recherché, ce qui peut être encore pire.
La solidarité recherchée ne peut sobtenir que par une formation initiale et une information permanente du personnel ainsi que par une connaissance et une estime mutuelles; certaines organisations ne sy prêtant pas, il faudra les changer: cest le cas lorsquil y a un écart trop important entre les pratiques sur le terrain et les objectifs affichés par la direction. Il appartient donc aux responsables des relations humaines dagir dans ce sens, eux-mêmes devant se sentir comptables du résultat global, ce qui suppose quils aient pris des engagements vis-à-vis de la direction et lui aient soumis des plans daction. Formation et échanges peuvent coexister lors de séminaires au cours desquels peuvent intervenir aussi bien des spécialistes internes que des enseignants extérieurs qui auront à délivrer un message sur le contenu duquel il se seront mis daccord avec les organisateurs; même si ces réunions peuvent présenter un caractère théorique à certains égards, des exemples empruntés à la vie en clientèle devront toujours rappeler que la finalité de lentreprise est le service rendu. Noublions pas non plus quoutre cette formation générale sur lexploitation du capital intellectuel de lentreprise dont bénéficieront les différents collaborateurs de lentreprise, il appartiendra à ceux-ci de participer à laccumulation des connaissances et parfaire eux-mêmes celles qui leur sont nécessaires pour accomplir leur tâche dans les conditions optimales; à cette fin, ils peuvent être aidés, comme le suggère Thomas A. HYPERLINK \l "Stewart" #Stewart, dans larticle précédemment cité, par un profil de compétences leur précisant les points à approfondir,par différentes aides pédagogiques voire par des tuteurs désignés au sein de lorganisation; dune façon générale, lapprentissage doit être une préoccupation constante de tous les acteurs qui doivent y consacrer chaque jour au moins quelques instants en faisant lexamen critique de lactivité de la journée, en tirer les conséquences, consigner ce qui peut servir à nouveau, prendre conscience de ce qui pourrait être amélioré par des connaissances supplémentaires et prendre les contacts nécessaires pour les acquérir. Tout cela procède dun état desprit qui est rarement spontané. Il nen reste pas moins vrai que le capital structurel est subordonné au capital humain.
La préparation du personnel avant toute réorganisation, toujours source de craintes et de rumeurs une fois annoncée voire pressentie, est indispensable car le consentement et même lenthousiasme des personnes concernées constituent un facteur de succès dans la mesure où elles voient dans le projet un moyen de travailler dans des conditions plus satisfaisantes, de sépanouir en pouvant sexprimer plus facilement et en étant moins isolées du fait dun apport dinformations plus abondant et plus convivial et -pourquoi pas?- de trouver un peu de plaisir, cest un aspect quil ne faut jamais négliger même dans les affaires les plus sérieuses, la campagne de préparation pouvant être empreinte, en avant-goût, dune pointe dhumour. Cest, en effet, ce que doit apporter un Intranet sil est préparé en équipe et habilement conçu pour bien répondre à ses différents objectifs. Il faudra particulièrement étudier la page daccueil pour que chacun puisse sy retrouver facilement parmi les différentes fonctionnalités offertes dont des services divers facilitant la vie de tous les jours comme, notamment, des formulaires électroniques permettant deffectuer sans peine, toutes sortes de démarches à lintérieur de lentreprise; mais cette page ne doit pas nécessairement être identique pour tout le monde: elle pourra être adaptée par ladministrateur aux besoins de chaque catégorie dutilisateurs et personnalisée par lutilisateur lui-même en fonction de ses aspirations et de ses méthodes de travail. Bien entendu, toutes les possibilités déchange seront mise en oeuvre quil sagisse de courrier électronique, réunions virtuelles, groupes de discussion, chat (ou dialogue en ligne), espaces de travail, informations de type push spontanées ou sur abonnement. Chaque entreprise peut à cet égard faire passer dans les faits sa stratégie dinformation et de gestion de la connaissance, tout en tenant compte des suggestions du personnel.
Le projet démarre comme tout projet avec des objectifs et un calendrier, la constitution dune équipe-projet multidisciplinaire et transversale avec un responsable, neutre de préférence comme quelquun des relations humaines, personne ne devant se sentir tenu à lécart puisquil sagit dun premier pas vers le travail collaboratif; lappui de la direction doit être explicitement et publiquement annoncé. A part cela, le projet se déroulera comme nimporte quel projet, avec de préférence, des travaux en parallèle, des réunions chaque fois quelles savèrent nécessaires et des revues de projet. Si tout est bien orchestré, un Intranet peut être mis en place en quelques mois; après, tout est question de suivi et dentretien; en principe, le trafic devrait samplifier progressivement jusquà atteindre sa vitesse de croisière qui peut saccroître ensuite au rythme de lactivité de lentreprise (Bien entendu, ces questions techniques de trafic, requêtes simultanées etc. doivent être prises en compte dès le départ par les informaticiens qui font, bien entendu, partie de léquipe-projet afin de dimensionner convenablement les serveurs et de tenir compte de leur évolution future).
3. Des leviers immatériels pour décupler vos forces ...
Limmatériel prolifère dans tous les domaines; cest une excellente chose si lon est capable de le maîtriser
Le capital structurel peut prendre des formes extrêmement diversifiées; les produits ou services sont conçus en fonction des besoins du client qui peut avoir toutes sortes dexigences en matière de qualité, décologie, de conditions de mise en oeuvre etc.; pour parvenir à ce résultat, lentreprise sappuie sur ce quun rapport du HYPERLINK \l "Conseil" #Conseil Economique et Social (Les leviers immatériels de lactivité économique, Journal Officiel, Paris, 1994) qualifie de leviers immatériels, se situant au niveau de la recherche (innovation, brevets etc.), de la formation, de linformation, de linformatisation, de la fonction commerciale (marketing, communication, vente, marques, services, localisation et personnalisation de loffre etc.), de la veille technologique, économique et concurrentielle et donnant lieu à de nombreuses interactions -la recherche pouvant nouer des relations avec le marketing ou la vente sur le terrain à loccasion de tel ou tel développement, par exemple-.
Limmatériel se retrouve souvent dans le produit lui-même ou son mode de conditionnement lorsquil apporte un service à lutilisateur dans la mesure où, de par sa conception, il lui épargne des efforts, lui apporte un certain confort dutilisation, lui fait gagner du temps, lui fait faire des économies,lui facilite le dosage, lui assure une sécurité demploi, lui donne des garanties dhygiène et dinviolabilité, permet une recharge facile, se transporte facilement, pollue le moins possible, se prête au recyclage ou tout au moins à une élimination facile etc. Linformation accompagnant le produit, surtout si elle est dexcellente qualité, fait également partie des services incorporés.
Limmatériel est également de plus en plus présent en fabrication; alors que dans latelier traditionnel, lopérateur effectue manuellement la commande du processus en fonction de ce quil observe visuellement et de sa propre expérience, dans les unités de fabrication les plus récentes, il est de moins en moins en contact direct avec la matière et travaille sur des abstractions; parfois très éloigné de la machine quil utilise, il reçoit des informations sur les pièces à réaliser, prend les décisions nécessaires avec lassistance de lordinateur et les fait exécuter par la machine à partir de son terminal. Il sagit moins alors deffectuer des tâches physiques qui sont en général prises en charge par des automatismes -il ne faut toutefois pas généraliser car il existe encore des postes de travail très pénibles- que de pallier les défaillances (pannes, dérives, malfaçons) en faisant appel à la connaissance du process à contrôler et de sadapter aux aléas.
Au bénéfice de qui?
Limmatériel reposant sur les hommes, il faut les former; le problème nest plus de les envoyer faire un stage quelconque sans plan densemble; il sagit désormais de répondre à la fois aux besoins de lentreprise et à ceux du personnel dans une optique à moyen terme; à cette fin, lentreprise doit
. créer un climat favorable à la formation, celle-ci étant considérée comme une activité normale et permanente sinscrivant dans le cadre plus général de linformation; il sera désormais non seulement permis mais recommandé de sinformer sur les marchés, la conjoncture, la concurrence sous ses différents aspects, sur les grandes tendances technologiques, sur lévolution de la société, sur le développement international et même sur les formations et le marché du travail, sujet tabou par excellence jusquà ces derniers temps,
. aider ses salariés à mieux se connaître: évaluer leurs aptitudes, déterminer le type dactivité qui leur conviendrait le mieux en leur facilitant notamment le contact avec des collègues travaillant dans dautres branches que la leur, éventuellement dans des pays différents, et identifier les lacunes qui, si elles étaient comblées, ne les gêneraient plus dans laccession à certaines fonctions,
. faciliter le déroulement des formations en en fixant les cadres individuels
sous forme de conventions établies entre lentreprise et le salarié souhaitant bénéficier dune aide de manière à établir un programme personnalisé, fixer des objectifs, en préciser les modalités, le financement, le cadre horaire, la durée, les diplômes éventuels à obtenir, les rapports, comptes-rendus et attestations à fournir, un tuteur étant désigné en accord avec lintéressé pour suivre sa progression et le conseiller en cas de difficultés rencontrées au cours de son cursus; en dehors de procédures aussi formelles, des moyens pourront être mis à la disposition des salariés pour leur permettre de se perfectionner (locaux, documentation, moyens audio-visuels, CD-ROMs).
Mentionnons également à ce sujet le-learning qui peut être utile dans certains cas en offrant à lapprenant la possibilité de sautoévaluer et de recevoir par messagerie électronique des conseils personnalisés ou les coordonnées de personnes à consulter.Internet offre des possibilités multiples de travail en commun en temps réel, grâce notamment aux nombreuses plates-formes de travail collaboratif existant sur le marché.
4. Que faire des informations?
Comment les présenter?
Sans entrer dans une classification formelle des connaissances, nous distinguerons essentiellement
. les informations de référence qui sont destinées à être consultées: barêmes, listes de prix, nomenclatures, guidelines, chartes etc.; elles peuvent être permanentes ou semi-permanentes,
. les informations factuelles quil est préférable, lorsque cela est possible, de regrouper par thème ou de resituer dans un contexte,
. les informations interprétées ou récapitulatives qui se présentent généralement sous forme de textes ou de documents; elles expriment lopinion de personnes qui ont déjà réfléchi à un problème et ne se limitent pas à une description de la réalité; elles incluent des raisonnements, relatent des expériences (études de cas, par exemple) etc.
Les deux premiers aspects peuvent être considérés comme du savoir alors que le troisième sapparente au savoir-faire.
Il peut être utile de distinguer en outre les informations
. évènementielles qui prennent naissance au fur et à mesure du déroulement dun processus ou lorsque survient un évènement dont lémergence est détectée par un système dacquisition de données,
. transactionnelles qui interviennent au moment où se produisent certains échanges ou se déroulent différents processus tels que la passation dune commande ou lenvoi dun ordre de livraison,
. décisionnelles résultant dun traitement de connaissances factuelles (regroupées, corrélées ou transformées par un calcul) en vue dattirer lattention sur une anomalie, le dépassement dun seuil, une tendance ou de permettre deffectuer des comparaisons ou de fournir des valeurs normées (ratios, indices, scoring, indicateurs de performance, tableaux de bord etc.) et faciliter les prises de décision, le reporting entrant dans cette catégorie.
Précisons, pour mémoire, quune distinction est fréquemment faite entre connaissances structurées et non structurées: les connaissances structurées peuvent être aisément incorporées dans des bases de données relationnelles parce quelles obéissent à un schéma, une structure logique, connue davance alors que les connaissances non structurées sont constituées généralement par des textes dont on ne connaît même pas lagencement lorsque leur auteur na pas suivi un plan de référence. Pour retrouver des connaissances non structurées, il y a lieu dopérer par identificateurs ou mots-clés exploités par les moteurs de recherche ou bien faire de lanalyse de texte (full text) qui prend en compte les mots eux-mêmes sans en connaître la signification; toutefois, certains progiciels vont plus loin en établissant des corrélations entre les mots ou leur occurrence et le sujet présumé du texte, par comparaison (pattern matching) avec des modèles préétablis dans un contexte donné (environnement, situation, métier etc.)..
Pour alimenter une base de connaissances de manière à en faciliter lextraction ultérieure, en dehors des méthodes classiques de bases de données relationnelles, il peut être envisagé, notamment dans le cas de connaissances plus ou moins bien structurées, de demander aux auteurs dy joindre une sorte de fiche suiveuse indiquant lidentification de lauteur, la date, le type de connaissances dont il sagit, son domaine, sa validité, sa fiabilité, son origine,sa confidentialité présumée etc., le tout étant adressé à ladministrateur de la base qui pourra lenregistrer directement ou demander des précisions à lauteur; il existe des progiciels qui permettent dassumer cette tâche dans un cadre de travail collaboratif ou de workflow et compatibles avec les protocoles dInternet. Un utilisateur pourra consulter de telles fiches organisées quant à elles en base de données relationnelle et obtenir lidentification ou ladresse Internet des documents correspondants; pour cela il lui suffira de répondre à un questionnaire se présentant sous forme de boîte de dialogue avec listes doptions, cases à cocher etc. Il est possible dimaginer quun tel système fonctionne par abonnement -requête permanente en quelque sorte- sur initiative de lutilisateur, dun de ses supérieurs ou de ladministrateur du système de gestion de connaissances voire dun agent intelligent ayant scruté sur une certaine durée les types de requêtes effectuées le plus fréquemment par lutilisateur.
Les recherches parmi ces informations plus ou moins structurées seffectuent en utilisant les systèmes dinterrogation de bases de données ou un moteur de recherche; toutefois, le choix des identificateurs doit permettre deffectuer des recherches ciblées sur une application ou un métier, une même entité pouvant revêtir plusieurs aspects concernant des utilisateurs différents; il ne faut pas pour autant cloisonner linformation mais laisser le choix à celui qui cherche à sinformer car il peut avoir des motivations différentes en fonction des circonstances. Il sera fait appel, aussi souvent que possible à des liens hypertextuels renvoyant lutilisateur à un document ou lui permettant de trouver un lieu ou une personne susceptible de laider dans sa recherche.
Lintérêt est grand pour les chercheurs de pouvoir échanger des documents, les annoter, en assembler plusieurs surtout lorsquils nont pas la possibilité de se rencontrer fréquemment du fait quils sont répartis à la surface du globe dans un certain nombre de Business Units; il y a lieu de prévoir pour eux un réseau virtuel à part car il implique une gestion particulière qui ne ferait que surcharger inutilement les autres. Cest un moyen de rationaliser la gestion des connaissances que de travailler ensemble sur des rapports de de recherche, des notes de lecture, des comptes-rendus dexpériences, des informations sur des conférences, congrès ou autres réunions, des comptes-rendus dentretien avec des visiteurs ou des personnes auxquelles il a été rendu visite et de senrichir mutuellement.Il peut être intéressant dopérer une classification par thème afin de faciliter lexploitation de ces connaissances; encore faut-il que, dans chaque Business Unit, il y ait un responsable, un administrateur chargé de la gestion des connaissances suivant des procédures uniformes (méthode de classification, rubriques, mots-clefs et éventuellement méta-connaissances dans le cas où lon entre dans la description de contenu) à travers le groupe de manière à ce quune requête effectuée à léchelon central puisse être répercutée sur les différentes entités de manière transparente comme si elles nen formaient quune seule.
Savoir se protéger sans paralyser la communication
Lentreprise est en passe de devenir par excellence un lieu de collecte et déchange dinformation et de souvrir, comme nous le verrons dans les chapitres suivants traitant des applications en ligne, de plus en plus largement sur lextérieur. Si la transparence est devenue une profession de foi -même si elle ne se traduit pas toujours comme elle le devrait dans les faits-, où trouvera-t-on des domaines réservés garants dune confidentialité quil serait vraiment naïf de considérer comme un vestige dun autre âge à lheure où lespionnage industriel ne cesse de faire parler de lui? Il est patent que dans toute stratégie, il y a des atouts quil vaut mieux ne pas dévoiler à tout un chacun, sous peine de lui faire perdre toute efficacité, tout au moins pendant un certain laps de temps; certaines informations techniques, financières ou commerciales peuvent être à cet égard particulièrement sensibles; des renseignements concernant les personnes sont par nature confidentiels et leur divulgation peut constituer une atteinte à léthique; il nest donc pas question, sous prétexte de transparence, douvrir sans précautions lintégralité des sources dinformation de lentreprise.
En ce qui concerne les informations techniques, il est vrai que celles-ci puissent être protégées par des brevets mais cette protection ne sapplique pas à toutes les informations et, même dans les cas où elle sapplique, elle est loin de couvrir la totalité du domaine concerné et peut laisser en dehors de son champ une grande partie du savoir-faire; il peut arriver que lon préfère renoncer au brevet lui-même lorsquil est à craindre que celui-ci ne joue le rôle de révélateur vis-à-vis dun concurrent qui sempresserait de le contourner dautant plus que des logiciels permettent de balayer des masses considérables de brevets sous différents aspects et den dégager certaines tendances propres à un secteur donné ou un déposant en particulier.
Dans le domaine commercial, il sagit moins de savoir-faire que dinformations susceptibles dalerter la concurrence en suggérant des produits ou services à promouvoir ou des segments de clientèle à prospecter ainsi que des politiques tarifaires susceptibles de déclencher une guerre des prix. Il y a donc des informations quil nest pas souhaitable de mettre entre toutes les mains surtout lorsque par recoupement il est possible den tirer certaines conclusions entraînant une stratégie dimitation ou de riposte.
Pour achever de convaincre le lecteur sil ne lest pas déjà, citons les propos dOlivier Hournau, consultant en stratégie Internet chez Arctus, rapportés par Catherine Dufrêne dans son dossier du Figaro Economie du 20 Octobre 2000: Si linformation est mal contrôlée ou mal utilisée, cela peut être dangereux parce quune simple information confidentielle ou à caractère explosif peut en une journée être diffusée dans toute lentreprise, voire à lextérieur. Remarquons néanmoins que le meilleur moyen de couper court aux rumeurs et aux suppositions les plus fantaisistes peut consister, dans certains cas, à jouer la transparence et exposer les problèmes dès quils se présentent, bien que ce ne soit pas toujours facile.
Remarquons quune certaine dose de confidentialité est officiellement reconnue en France dont le Code du Travail, dans son article L 432-7, impose aux membres des comités dentreprises le secret professionnel vis-à-vis de toute information dont la divulgation, même à des salariés de lentreprise, est susceptible de porter préjudice à lentreprise; cette disposition permettrait aux comités dentreprises , sil y avait une volonté suffisante, dêtre associés aux choix stratégiques le plus en amont possible, ce qui suppose que lon renonce au principe selon lequel la stratégie ne se partage pas.
Partager linformation: une stratégie gagnant-gagnant
Le problème qui se pose à lentreprise en ligne est de diffuser largement certaines informations tout en en réservant dautres à certains destinataires, lautorisation préalable étant écartée par la plupart des entreprises. Il peut y avoir néanmoins des nuances: il sera souhaitable de ne pas divulguer une information jusquà ce que se produise un évènement déterminé - tenue de lAssemblée Générale dans le cas de la publication de résultats financiers, enregistrement dun brevet dans le cas de lannonce dun nouveau produit etc.- ou de ne pas livrer la totalité dune information pour des raisons concurrentielles; il y a donc lieu de prévoir différents niveaux de finesse et de confidentialité. Il nen reste pas moins vrai pour les entreprises dynamiques quune stratégie défensive consistant à senfermer dans un château fort à tendance à seffacer devant une stratégie offensive dinnovation assurant une longueur davance sur la concurrence.
Sur le plan organisationnel, il est possible denvisager les connaissances
. non sensibles accessibles à tout le monde, des logiciels clients permettant daccéder aux serveurs correspondants
. sensibles auxquelles il nest possible daccéder que si lon est habilité;
bien entendu, des informations considérées comme sensibles à un moment donné peuvent passer ultérieurement dans la catégorie des informations non sensibles et réciproquement; il faut toujours avoir à lesprit que des informations réputées non sensibles peuvent lorsquelles sont regroupées donner naissance à une information sensible par recoupement et corrélation.
En ce qui concerne les informations sensibles, elles peuvent se voir attribuer un domaine et un degré de confidentialité; le domaine indique le type dactivité auquel se rattache linformation; le degré de confidentialité peut sexprimer par un chiffre choisi sur une échelle plus ou moins fine, allant par exemple de 0 à 3, le 0 correspondant à labsence de sensibilité, le 3 au degré de confidentialité le plus élevé; les personnes ayant accès à des informations sensibles figureront sur une liste indiquant le degré de confidentialité auquel elles peuvent prétendre dans différents domaines. Un Directeur technique se verra, par exemple, attribuer 3 en fabrication, son domaine de prédilection, 2 en recherche, 1 en prix de revient, 0 pour les autres domaines; sil cherche à connaître le résultat dune expérimentation scientifique (domaine de la recherche) classée 3, il ne pourra pas y accéder sauf dérogation explicite.
Nous distinguerons donc
. lusager représentatif des personnes autorisées à interroger le système; si linformation demandée nest pas sensible, il y a accès librement; dans le cas contraire, il devra justifier dune habilitation au degré de confidentialité voulu dans le domaine considéré
. ladministrateur (individu ou service) qui sert dinterface entre les sources dinformation protégées et le système; il est chargé, sous lautorité des responsables de domaines, de lattribution et du suivi du degré de confidentialité des informations que lui communiquent les auteurs, lorsque ceux-ci nen sont pas propriétaires et de loctroi de dérogations aux usagers; il procéde à lindexation des informations conformément aux impératifs des logiciels dinterrogation et de recherche et veille à ce que les connaissances se présentent sous une forme standardisée pour en faciliter lexploitation (référentiel); sur le plan de la diffusion, il peut proposer à certains usagers que ceux-ci en fassent la demande ou non de les abonner à une certaine catégorie dinformations, les systèmes de gestion de connaissances pouvant généralement être paramétrés dans ce but ou faire appel à des agents intelligents qui apprennent les habitudes des usagers pour les satisfaire de mieux en mieux
. lauteur est le créateur ou fournisseur dune information qui porte sa référence; il est responsable de sa mise à jour et peut en fixer la durée de validité; il doit chaque fois que cela est possible faire état de ses sources voire donner une note de fiabilité
. le propriétaire est un auteur particulier auquel est conféré le droit exclusif de mise à disposition à un usager éventuel de linformation quil se contente de signaler au système sans en donner la teneur.
Les mesures de type organisationnel envisagées plus haut ne dispensent pas,bien entendu, de se protéger par des dispositifs informatiques appropriés: protocoles de cryptage (SSL), de sécurisation des paiements en ligne (SET) ou didentification -répertoires et certificats daccès- (LDAP); la messagerie peut en outre être sécurisée par des systèmes tels que S-MIME garantissant à la fois la confidentialité, lintégrité du contenu et lauthenticité de lorigine; lensemble des serveurs sera isolé du réseau Internet par un serveur particulier ou mur pare-feu (Fire-wall) qui contrôlera le trafic avec lextérieur de lentreprise juste avant le routeur Internet; cest lui qui est chargé de distribuer les messages à leurs destinataires selon un processus de décodage appelé NAT.
La construction dun système de gestion de connaissances est une oeuvre de grande haleine pour laquelle on peut commencer petit à condition de voir grand à long terme; commencer petit cest utiliser les systèmes de bases de données existants; cest également se rôder sur un thème au périmètre bien visible comme la capitalisation des rapports dintervention du service après-vente ou des résultats de recherche; voir grand, cest toujours avoir à lesprit la coordination des différents systèmes au moyen dun serveur totalement transparent pour lusager qui sera mis en relation indifféremment avec telle base de données, tel système de gestion de documents, nimporte quel e-système comme ceux qui seront étudiés au cours de cet ouvrage ou le Web tout entier -moyennant éventuellement quelques filtres et fire-walls. De toute manière, la technologie Web to host permet de démarrer, en mode Intranet, avec un serveur faisant appel aux ressources des mainframes existants et mettant à profit le Web pour les relier aux terminaux des usagers équipés dun navigateur; lIntranet peut en effet offrir un excellent point de départ pour procéder à une restructuration de linformation existante en fonction des besoins des utilisateurs.
En ce qui concerne la méthodologie détaillée de mise en oeuvre dun système de capitalisation et de partage des connaissances, nous renvoyons volontiers le lecteur à louvrage de Jean-Yves HYPERLINK \l "Bück" #Bück Le management des connaissances, Mettre en oeuvre un projet de knowledge management qui en décrit les principales étapes:
0 - Volonté stratégique
1 - Diagnostic des pratiques usuelles
2 - Analyse des besoins des utilisateurs finaux
3 - Organisation du système
4 - Mise en oeuvre et pilotage du changement
Cet ouvrage est particulièrement intéressant parce quil donne à chaque étape la marche à suivre par les différentes personnes concernées; nous nous bornerons à souligner lintérêt stratégique dune démarche que nous considérons comme indispensable et conditionnant le passage à la nouvelle économie: loin dêtre une simple formalité, elle exige au départ un travail soutenu et méthodique de classement voire de segmentation, danalyse et de réflexion. Mais la gestion des connaissances nest jamais terminée et doit faire lobjet
- de mises à jour continuelles sous la responsabilité de chefs de projet spécialisé dans les principaux domaines dintérêt de lentreprise
- dévaluations annuelles sur le plan individuel en vue dentretenir la motivation du personnel à alimenter le stock de connaissances
d un bilan global annuel et d une évaluation.
A cet égard, il n est pas inutile de citer des applications très spécifiques mais très performantes telles que le projet ICARE"! (Interface des bases de Connaissances Appliquées et de REférentiels) présenté lors du SDC 2006 à Nantes après neuf mois de retour d expérience- mis en Suvre par PSA Peugeot Citroën, en collaboration avec Ardans SAS dans l environnement Ardans Knowledge Maker"! qui a pour but de constituer, dans des domaines industriels bien précis, une mémoire collective à partir de connaissances organisées sous forme de « fiches » et placées dans divers contextes utilisateurs. Les personnes appelées à utiliser le système sont en situation de travail et sont à la fois fournisseurs et demandeurs de connaissances ; elles sont guidées par le système auquel elles sadressent en langage naturel et à travers des arborescences. ICARE"! s adapte aux habitudes des utilisateurs et suit une démarche analogique à l instar de la mémoire humaine.
Notons que, bien des entreprises fassent de la gestion de connaissances sans le savoir, la systématisation et la quasi-automatisation de cette fonction ainsi que son extension bien au-delà des frontières traditionnelles de lentreprise ne font que commencer, de nombreux logiciels ad hoc faisant leur apparition sur le marché. Il y a lieu toutefois de bien sassurer quils sont compatibles Internet; par ailleurs, pour certaines applications, le langage HTML utilisé pour les documents circulant sur le réseau peut savérer insuffisant lorsque lon souhaite effectuer des recherches sur leur contenu; dans ce cas, cest le langage XML quil faut retenir, après avoir passé des conventions dordre sémantique avec ses correspondants de manière à établir un vocabulaire commun, généralement orienté métier, pour le libellé des étiquettes de caractérisation des documents.
Quant à savoir qui doit en être maître doeuvre, la question est encore controversée: les résultats dune enquête publiés dans Le Monde du 10 Octobre 2000 font apparaître que , interrogés sur le niveau de management impliqué dans une démarche KM (Knowledge Management), les dirigeants dentreprises ont cité, en 1999, la direction générale, puis la DPRH puis la direction informatique et, en 2000, la DPRH, la direction informatique, la direction générale; bien que ce soit, comme nous lavons vu, loeuvre de tous, il semble bien que la DPRH ait un rôle moteur à jouer pour mobiliser lensemble du personnel. Ajoutons que, toujours en lan 2000, la direction recherche & développement vient après la direction générale avec tout de même 42% de réponses (à comparer aux 61% en faveur de la DPRH), ce qui nest pas innocent comme nous le verrons au paragraphe suivant.
Linnovation par la gestion des connaissances:
une source de compétitivité
La création de produits et/ou services passe par un véritable partenariat mettant en relation la créativité du fabricant ou prestataire de service avec les besoins du client découlant de la pratique de son métier ou dun usage répété dans son contexte particulier. Le partenariat saccompagne dun apprentissage mutuel comme W.G. Walker le décrit dans un rapport de la HYPERLINK \l "RAND" #RAND CORPORATION de 1993: il consiste à faire remonter les besoins du client au niveau de la fonction concernée et à faire passer au niveau opérationnel les résultats de la réflexion opérée au sein de cette fonction; cest bien là le rôle qua à jouer la gestion de la connaissance vue sous un angle dynamique non pas de collecte et de stockage mais de circulation et déchanges, notion que lon retrouve dans louvrage de C. Blanc et T. Breton intitulé Le lièvre et la tortue qui décrit une organisation réactive dans laquelle prennent place des réseaux dactivités immatérielles; la fonction en question est le plus souvent une fonction de conception mais ce peut être aussi bien une fonction administrative, commerciale ou technique à partir du moment où elle a des répercussions sur lappréciation du client vis-à-vis dun produit ou dun service.Il faut noter quune certaine tendance se fait jour pour sortir la recherche de son isolement et inciter les chercheurs à effectuer des stages au marketing voire à visiter les clients pour étudier les problèmes sur le tas.Cest bien ce que disait en dautres termes François Dalle dans Le Sursaut à propos de sa conception de la vie de lentrepreneur: On va sur le terrain sans arrêt, dans les magasins, avec les vendeuses, on met en contact les commerciaux avec les chercheurs. Aujourdhui, six ans après, il y a Internet mais rien ne remplace le contact direct, il ne faut jamais loublier.
Néanmoins, Internet permet de mieux traiter les données comme celles que recueille, par exemple, Apple qui exploite les demandes effectuées sur hot-line, Levi Strauss qui utilise les données de mesure industrielle ou Kellog qui étudie les demandes dinformation diététique, ainsi que lindique R. McKenna dans un article de la Harvard Business Review de Juillet-Août 1995, intitulé Real Time Marketing; lon peut tout aussi bien citer les constructeurs de véhicules qui fournissent à leur concessionnaires une assistance informatique au diagnostic de pannes et qui en tirent les enseignements nécessaires à lamélioration de leurs produits. Lorganisation en réseau permet aux différentes parties prenantes de dialoguer dès la conception du produit et même, dans certains cas, au cours de son utilisation, ce qui permet de concevoir et éventuellement modifier le produit en liaison avec le client; cela permet également de concevoir les moyens de production avec les opérateurs qui auront à les mettre en oeuvre et de former ces opérateurs en liaison avec les concepteurs. Le concepteur (ou léquipe de conception) est placé au centre dun dispositif informationnel qui le met en relation avec lutilisateur final et lopérateur de fabrication. Cela lui permet de mettre au point un produit virtuel, une machine (ou un process de fabrication) virtuelle, des outils daide à la formation des opérateurs.Afin déviter toute ambiguïté par la suite, précisons que lorsque nous parlons dorganisation en réseau, nous faisons allusion aussi bien à une seule entreprise comportant différents centres de profit ou unités autonomes quà un ensemble de sociétés distinctes travaillant ensemble sur une base contractuelle et assumant des fonctions bien précises, certaines dentre elles pouvant même exercer la même fonction et entrer en compétition, comme cest le cas dans les places de marché.
En outre, linnovation ne se développe pas dans les strictes limites dune fonction déterminée constituant éventuellement, à un moment donné, un point de focalisation mais est diffuse à travers lorganisation toute entière à condition dy trouver un climat favorable soigneusement préparé et entretenu par toutes les directions et plus particulièrement par une DPRH omniprésente; le personnel est alors caractérisé, comme nous lavons préconisé dans un ouvrage antérieur intitulé Lentreprise délocalisée, par son aptitude à travailler en équipe, agir et rendre compte, sinformer et informer, apprendre et enseigner, écouter et sexprimer en dialoguant avec ses collègues, savoir créer, entretenir et développer son propre réseau de relations. Le problème consiste à collecter les idées dinnovation pour les mettre en oeuvre au sein de la fonction adéquate, quelle que soit leur origine et cela par un développement incrémental inspiré du kaizan cher aux Japonais. Daprès Walker, dans un rapport de la HYPERLINK \l "RAND" #RAND Corporation, ce développement en commun se démarque des attitudes sapparentant au take or leave it (à prendre ou à laisser) lorsquun fabricant sadresse à un client ou au show and tell lorsquun contremaître sadresse à un opérateur. Cela peut entraîner des organisations particulières; Russel L. Ackoff dans The HYPERLINK \l "democratic" #democratic corporation en donne un exemple: dans lorganisation circulaire, les décisions sont prises par des comités nexcédant pas une dizaine de personnes comprenant un responsable et ses collaborateurs les plus proches ainsi que, avec seulement une voix consultative, le supérieur direct du responsable; en fonction de lordre du jour, le comité peut inviter différentes personnes (fournisseurs, clients, experts etc.); ces comités fonctionnent de manière démocratique dans la mesure où le responsable du comité est soumis au contrôle des membres.
Dans le cadre de la promotion de linnovation, par le Groupe Solvay, Hervé Azoulay, Etienne Krieger et Guy Poullain décrivent, dans leur ouvrage « De lentreprise traditionnelle à la start-up, les nouveaux modèles de développement », le rôle dévolu aux « innovacteurs » délégués par les différentes entités du groupe en France. « ... les innovacteurs représentent de nombreux métiers (production, services techniques, recherche, commercial, juridique, ressources humaines...), des niveaux hiérarchiques différents... ». « Les innovacteurs et leur réseau ont...été les créateurs et les promoteurs dun outil de gestion on-line sur Internet des idées émises dans différents sites. »
Leur activité se traduit par des échanges transversaux, des travaux en groupe en vue de partager des expériences, faire de la veille et entretenir des relations avec des partenaires extérieurs. Cest pourquoi lon parle d « innovation participative ».
Daprès les auteurs, Knowledge Management et learning organization (entreprise HYPERLINK \l "apprenantes" apprenantes) sont indissociables de linnovation.
5. Vers lorganisation en réseau mondial
Découper en unités autonomes, unifier par le réseau
Les entreprises ayant atteint une certaine taille ont de plus en plus tendance à procéder à un découpage en unités autonomes caractérisées par un marché, une fonction de soutien ou de coordination; la plupart du temps, ces unités vont échanger des informations sur le réseau à la manière dun fournisseur vis-à-vis dun client et vice-versa. Elles devront mettre en oeuvre des procédures uniformes darchivage, de mise à jour et daccès de manière à ce que lensemble du groupe puisse bénéficier des mêmes informations provenant de lexpérience et desconnaissances locales. Dominique HYPERLINK \l "Genelot" #Genelot, dans Manager la complexité, distingue quatre formes de réseaux: intégrée (pouvoir descendant), fédérée (pouvoir ascendant), contractuelle (pouvoir reposant sur un contrat) et maillée (pouvoir réparti). Il nous semble que lentreprise axée sur la connaissance doive trouver son épanouissement dans un réseau maillé cest-à-dire polycentrique, avec toutefois un noeud ayant un peu plus de pouvoir que les autres, donnant ainsi au réseau une connotation intégrée; on pourrait ajouter à la périphérie une dose de contractuel et à lintérieur de petites unités, pourqoi pas un peu de fédéré?
Des sociétés aux implantations dans le monde entier ayant des activités différentes mais travaillant dune manière globale laissent souvent à ces entités une certaine autonomie; cela nempêche pas quil y a lieu de coordonner leurs efforts notamment en matière de gestion des connaissances. Si chacun gère sa documentation, il est nécessaire quun administrateur soccupe de la conformer aux canons du groupe de manière à ce que tout collaborateur ou client puisse obtenir des renseignements à jour et sous la forme quil a lhabitude de voir, quil sagisse de renseignements commerciaux, techniques ou administratifs; le fonctionnement cohérent de lentreprise et son image de marque en dépendent.
La migration vers lentreprise en réseau ne peut seffectuer que par étapes et avec méthode; la base de son édification repose sur les ressources humaines -compétence et motivation du personnel- et une infrastructure mondiale. Le point de départ se situe au niveau dune équipe de direction ou équipe-projet pluridisciplinaire ayant défini et avalisé une vision globale qui servira de guide à toute action ultérieure; nous avons explicité cette notion de vision globale dans un ouvrage antérieur intitulé Lentreprise délocalisée ; elle consiste notamment à définir la vocation de lentreprise de manière à la fois large et précise afin den baliser la route; cette équipe sera composée dhommes à la compétence reconnue et venant si possible des différents pays dans lesquels lentreprise est implantée ou tout au moins y ayant effectué des séjours prolongés. Linfrastructure doit être rigoureusement définie de manière à répondre aux besoins (concevoir, fabriquer, et distribuer tel ou tel produit, fournir tel ou tel service et à quelle échelle compte-tenu de la concurrence et de la demande) dans tel ou tel pays eu égard à sa situation géographique et ses spécificités, avec les ressources adéquates, disponibles ou à aménager, que celles-ci appartiennent en propre à lentreprise ou à des partenaires judicieusement choisis; une telle stratégie exige une quantité importante de connaissances ,précisément celles que lon se propose de valoriser et denrichir: Il est bien évident que lon ne part pas de zéro pour mettre en place une telle organisation et que la démarche que nous proposons consiste à laméliorer et à poursuivre leffort indéfiniment, les architectes du départ (vision globale) pouvant revêtir les habits de jardiniers (objectifs/moyens) selon les termes employés par Jean-Pierre Brulé dans Linformatique malade de létat ou dans le cadre de ce que Paul Delaire a qualifié darchitecture flexible selon R. Howard dans Harvard-LExpansion N° 68 (Printemps 1993). Lorsquil sagit de créer de nouvelles ressources, le problème du choix de la technologie à adopter peut se poser en fonction des conditions économiques et sociales du pays; quant à créer des liens avec de nouveaux partenaires, les critères de choix doivent être soigneusement précisés ainsi que les modalités dassociation ou dacquisition, laspect financier nétant pas des moindres.
Dans létablissement de linfrastructure, un juste équilibre doit être trouvé dans la répartition des différentes fonctions de manière à éviter des doublons tout en maintenant une certaine émulation et en laissant chaque pays jouer le rôle auquel il est en droit de prétendre en raison de son potentiel, sans privilégier de manière excessive un pays par rapport à lautre en lui réservant lexclusivité de certaines fonctions considérées comme stratégiques; ceci est encore un aspect du paradoxe Décentralisation/Centralisation évoqué dans lIntroduction; il sagit donc dun dosage extrêmement délicat qui suppose un dialogue permanent et lon nest jamais à labri déchecs vraisemblablement dus au fait que certains responsables dunités décentralisées ne jouent pas toujours le jeu de lentreprise-réseau et de la transparence et agissent comme sils étaient tout seuls; lexpérience montre quà terme, cest une attitude suicidaire bien que les torts ne soient pas toujours du côté de lunité décentralisée, le centre ne faisant pas toujours preuve de transparence et dissimulant parfois ses véritables intentions -noublions pas quune grande partie du capital humain est basée, comme la capitalisation boursière dailleurs, sur la confiance et quune fois que la confiance a été ébranlée, il est très difficile de remonter la pente-: voilà pourquoi les notions de réseau évoquées plus haut ont une importance primordiale et que les DPRH doivent veiller à ce que lesprit, et non seulement la lettre, en soit respecté à tous les niveaux... Mais la DPRH ne pourra pas tout faire à elle seule; des équipes pluridisciplinaires pourront être mises en place pour concrétiser les réseaux virtuels par des contacts directs transcendant les centres de profit et régler tous les problèmes de coordination susceptibles de se présenter; les centres de profit doivent en effet établir des budgets de manière à équilibrer leurs recettes et leurs dépenses, chacun vendant le fruit de son travail à un autre ou au client final; parmi les recettes, figureront dans certains cas, outre les revenus provenant des cessions ou des ventes, des subventions accordées par la direction générale pour rémunérer certaines prestations nécessaires à lensemble du groupe ou compenser certains investissements stratégiques; parmi les dépenses, figureront entre autres la rémunération dautres centres de profit en échange de leurs prestations et, dans le cas des centres livrant des produits ou fournissant des services au client final, une redevance correspondant aux frais généraux communs, aux frais financiers et au profit réalisé; un arbitrage doit fixer les conditions de cession interne qui, à la limite peuvent être celles du marché lorsque la mise en concurrence avec des tiers est admise, de manière à ce que chacun soit incité à obtenir les meilleures performances tout en optimisant le résultat de lensemble; en règle générale, tout sacrifice doit être compensé de manière à ce quil ne puisse pas servir dalibi à une mauvaise gestion: cest ainsi quun centre de profit désireux dobtenir des produits dans un délai particulièrement réduit devra y mettre le prix de manière à ne pas pénaliser le centre qui, pour fabriquer ces produits, devra réaliser des séries plus courtes, ce qui augmentera son prix de revient.
Lune des préoccupation de la direction générale doit être de faire circuler linformation à travers le réseau reliant entre eux tous les membres de lentreprise, en quelque lieu quils se trouvent et quelle que soit lentité à laquelle ils sont rattachés; sous certaines conditions, ces liaisons seront étendues aux clients, aux fournisseurs, aux sous-traitants, aux distributeurs, aux concessionnaires, aux franchisés, à certains prescripteurs et à différents partenaires comme nous le verrons dans les chapitres suivants; il va de soi que la sélectivité des connaissances mises à la disposition de chacun dentre eux est soumise aux filtres que nous avons évoqués plus haut. Cet aspect réseau est bien mis en lumière par Johan HYPERLINK \l "Roos" #Roos qui fait ressortir les rendements croissants quil présente tout au moins dans les activités basées sur la connaissance.
Linternationalisation nest pas sans poser de nombreux problèmes auxquels chaque entreprise devra apporter sa solution. En effet, on a à prendre les dispositions suivantes:
. au niveau des implantations nouvelles
- déléguer des équipes sur place pour assurer le lancement, la mise en route et la formation du personnel
- recruter des responsables locaux et les former en vue de les intégrer dans le contexte de lentreprise globale
. au niveau de lorganisation
- laisser suffisamment dinitiative aux entités locales tout en assurant une coordination évitant une déperdition dénergie entraînée par une duplication des projets; la marge dinitiative locale quant aux prestations varie suivant que lentité en question travaille pour le monde entier ou seulement pour le pays dans lequel elle est implantée
- favoriser les synergies par un travail en équipes multinationales jusquau niveau de la direction générale
faire en sorte que tous les pays soient prêts en même temps pour le lancement de nouveaux produits quel que soit le lieu de développement.
Chapitre 2 : e-production
Le-production consiste à tirer parti des connaissances des différents acteur au service de la conception, du développement et de la fabrication en faisant collaborer les intervenants habituels et même dautres plus ou moins concernés et en leur donnant une parfaite visibilité soit du produit ou du process en cours de conception ou de développement, soit des opérations en cours.
En quoi le-production intervient-elle dans votre stratégie? En dehors des avantages quelle ne manquera pas de vous apporter si elle est convenablement conduite, elle répond à une réaction de défense vis-à-vis de la posture de vos concurrents ou de vos clients.
Si vous êtes fabricant , donc fournisseur, vos clients vont pouvoir, grâce à Internet, se regrouper sur une place de marché et vous mettre en concurrence de manière transparente avec dautres fournisseurs, sans possibilité desquive; la conséquence ne peut être quune baisse de prix.
Comment pouvez-vous réagir? Dabord en tant que client, agir comme les clients. Mais, en tant que fournisseur, vous allez pouvoir mettre Internet à profit pour contrecarrer la stratégie de vos clients en instituant le travail collaboratif au niveau de la conception et du développement, accélérant de la sorte la mise sur le marché de vos nouveaux produits pour être le first mover avec les avantages que cela comporte; dautre part, vous avez également la possibilité dutiliser Internet pour faire participer vos clients au développement de vos produits, la concurrence nexistant pas pour des produits qui ne sont pas encore commercialisés; cela accroîtra en outre votre potentiel dinnovation.
En tant que client, si vous participez au développement dun produit mené par lun de vos fournisseurs ou sous-traitants, il vous sera probablement demandé de signer un accord de secret (non diclosure agreement) mais vous serez en droit dexiger, en contrepartie de votre collaboration, une licence croisée ou une exclusivité dutilisation ou de distribution -éventuellement pour certains secteurs géographiques, certains segments de clientèle ou certaines applications-, limitée ou non dans le temps, ce qui peut vous assurer une avance appréciable sur vos concurrents.
1. De la connaissance au produit
Vers une vision globale
La production dun bien quelconque implique une phase de conception; elle sappuie sur les données marketing généralement récapitulées sous forme de cahier des charges lui-même élaboré à partir de connaissances sur le marché, la concurrence, la technologie et son évolution prévisible sans compter une masse dinformations relatives à la réglementation, aux normes, à la situation des brevets etc. Une partie de ces connaissances peut provenir dactivités sur Internet telles que le-commerce.
Une vision globale du produit à créer nécessite de prendre en compte son cycle de vie cest-à-dire lensemble des évènements susceptibles dintervenir depuis sa fabrication jusquà sa destruction et, à ce titre, les problèmes de logistique, de distribution, de service après-vente, de mise au rebut avec ou sans recyclage sont à considérer; il y a lieu de prendre en compte également sa courbe de vie cest-à-dire ce qui va se passer entre le moment où apparaîtront sur le marché les premiers exemplaires du produit jusquà ce quil cesse dêtre fabriqué, commercialisé et supporté.
Le cycle de vie individuel est relatif à un exemplaire déterminé du produit; lexemple dun navire est particulièrement évocateur comme celui que lon trouve dans larticle de Barbara Poirette intitulé Le cycle produit, dans la lignée du travail collaboratif et paru dans Informatique Entreprises N°5 de Septembre 2000: les données relatives à un navire commencent avec la conception et la fabrication et sont exploitées et enrichies tout au long de son utilisation; elles serviront aux établissements de maintenance de la DCN (Direction des Constructions Navales de la Marine Nationale) et au navire lui-même pendant 25 à 35 ans; lenjeu est de disposer dun modèle numérique toujours à jour tenant compte des révisions, modifications, transformations. Comme nous lavons précisé dans Lentreprise étendue, le cycle de vie comprend la fabrication, la distribution, lexploitation et la maintenance (avec les retours dexpérience qui peuvent savérer utiles) puis la mise au rebut.
Le cycle de vie générique est relatif à lévolution dun modèle dont les versions successives peuvent présenter des modifications par rapport au modèle initial: ces modifications peuvent être intégrées non seulement aux matériels neufs mais être prescrites sur les matériels en exploitation.
La courbe de vie est basée sur le temps quun produit subsistera sur un marché; lorsque lon lance un produit, on a en général une idée sur cette durée qui, comme on le sait, est de plus en plus courte pour les produits de haute technologie; nous avons distingué dans Lentreprise étendue les phases suivantes: études préalables, développement, première mise sur le marché, lancement, croissance, saturation, déclin, retrait.
La prise en compte du LCC (Life Cycle Cost),cest-à-dire le coût correspondant non seulement à lachat mais à lensemble des dépenses occasionnées par lacquisition du produit tout le long de son cycle de vie individuel, répond à un souci du fabricant de réduire ce coût, ce qui peut contribuer à rendre le produit plus attractif pour le client et, par voie de conséquence, rallonger éventuellement la courbe de vie; le fabricant a donc intérêt à réduire le LCC dès le stade de la conception, par exemple en faisant appel à des matériaux et/ou des agencements simplifiant le recyclage ou le démantèlement, les opérations de nettoyage, de réparation ou de rénovation et en cherchant à améliorer des performances comme la consommation (carburant, consommables, énergie), la fiabilité (MTBF ou Mean Time Between Failures) ou la longévité.
Pour répondre à de tels impératifs, la conception doit faire appel à un grand nombre dintervenants: spécialistes internes à lentreprise mais également fournisseurs, sous-traitants, assembleurs, responsables des entreprises clientes, distributeurs, utilisateurs ou consommateurs finaux. Il est donc souhaitable que ces personnes aient la possibilité de participer à la conception quelle que soit le lieu où elles se trouvent et, chaque fois que cela est nécessaire, en temps réel. Pourquoi? Tout simplement parce que les allers-retours voire les retours en arrière sont onéreux et font perdre du temps, ce qui rallonge dautant le Time to Market qui est une variable stratégique; de plus, chacun sait que plus une correction est faite tardivement au cours du développement, plus elle revient cher; cest ici que les Nouvelles Technologies de lInformation prennent toute leur signification : un site Web, par exemple, permet à des développeurs de travailler sur un même modèle; ils disposent de nombreux modules offerts par les différents systèmes de Dessin Assisté par Ordinateur (DAO) pour dessiner en 2D ou 3D (2 ou 3 dimensions), archiver et établir des nomenclatures et de Conception Assistée par Ordinateur (CAO) pour analyser et représenter graphiquement en couleurs les contraintes mécaniques, thermiques, aérodynamiques, vibratoires ou autres en fonction des métiers.Laccès aux données peut seffectuer à travers un portail ouvert à un grand nombre dacteurs en fonction de leurs droits daccès. Non seulement cela fait gagner du temps de pouvoir accéder à des données à partir dun point dentrée unique mais il est important dans certains grands projets de pouvoir retrouver instantanément tel type de données pour pouvoir les réutiliser surtout lorsque celles-ci font figure de référence (cela simpose même en dehors de lindustrie manufacturière ou de process comme dans le domaine de la construction de grands ensembles architecturaux). La CAO permet, à partir dun module de DAO de réaliser un certain nombre dopérations de conception de pièces ou déléménts de construction jusquà lobtention dun modèle 3D (en trois dimensions) ou dune maquette virtuelle.
La maquette virtuelle, point de convergence des concepteurs
Tous les travaux de conception génèrent de nombreuses données quil est souhaitable de navoir à saisir quune seule fois et de stocker dans une base de données unique (base de données-produit comme celle qui est décrite dans notre ouvrage Lentreprise étendue ou banque graphique) associée à un Système de Gestion de Données Techniques (SGDT) de manière à en faciliter la consultation modification en cas de versions successives ou de modèles différents.
Le SGDT ou PDM (Product Data Management) est loin dêtre un aspect négligeable du cycle de vie du produit; lensemble des nomenclatures BoM (Bills of Materials) -pour plus de détails sur les BoM, nous renvoyons le lecteur à notre ouvrage Lentreprise étendue- ainsi que les plans, outillages et documents techniques -pour lensemble des configurations de produits-, doivent être mis à jour à partir des bases de données de CAO, IAO (Ingénierie Assistée par Ordinateur), FAO (Fabrication Assistée par Ordinateur) et GPAO (Gestion de Production Assistée par Ordinateur) et être disponibles pour lensemble des utilisateurs en fonction de leurs droits daccès; la fiabilisation et la fraîcheur des données ont des conséquences importantes sur les stocks et les délais de livraison du fait que le personnel commercial et technique ne perd pas son temps en recherches parfois longues et périlleuses pendant lesquelles le matériel attend.
Linformatique dispense en outre de réaliser des maquettes physiques, ce qui est long et onéreux, une maquette virtuelle cest-à-dire numérique permettant à différents intervenants de travailler en temps réel et même simultanément si nécessaire sur un même objet. Un réseau universel comme Internet permet de multiplier le nombre de ces intervenants quel que soit le lieu où ils se trouvent, les clients figurant en bonne place parmi eux. Le projet HYPERLINK \l "INGENUM" #INGENUM"! ( Ingénierie Numérique) de PSA met en Suvre un plateau virtuel permettant à un grand nombre de bureaux détudes et de fournisseurs daccéder à partir dun portail à une maquette numérique et, sous certaines conditions, dy apporter leur contribution. Cette méthode de travail qui permet de faire travailler à distance des sous-traitants, généralement sur appel doffres, a essentiellement pour but de raccourcir les durées de développement afin de mettre plus rapidement sur le marché de nouveaux produits mais elle réduit également les coûts eu évitant de recourir à plusieurs maquettes physiques, en réduisant les rebuts et en diminuant le nombre de retouches.
La conception en ligne devient une réalité pour certains produits, les clients ayant accès directement à la CAO du fabricant y compris les méthodes danalyse qui sy rapportent.
Le fabricant de câbles Axon met à la disposition de ses clients en ligne différents systèmes de Conception Assistée par Ordinateur leur permettant de définir les câbles dont ils ont besoin notamment en ce qui concerne les câbles plats flexibles ; le système fournit un dessin et les spécifications techniques à partir desquelles il est possible de passer une commande de prototype ou de lancer un moteur de recherche pour trouver la référence la plus approchante . En outre, il est possible dobtenir par téléchargement un plan destiné à être inclus dans le plan de lappareil auquel le câble est destiné.
Rappelons ici, mais seulement pour mémoire, en quoi consiste le concept CALS (Continuous Acquisition and Life cycle Support) que nous avons détaillé dans notre ouvrage Lentreprise étendue et qui fait lobjet de la norme NF X 50-180.1. Il repose sur lintégration des données-produit, lingénierie concourante -forme de travail collaboratif- et sur la prise en compte simultanée des impératifs de conception et de ceux inhérents à la maintenance et son support; il suppose lexistence dun réseau déchange dinformations au sein de lentreprise étendue, un travail déquipe ainsi quune standardisation et une protection des données. Les compétences nécessaires à sa mise en oeuvre proviennent soit de lintérieur de lentreprise stricto sensu, soit de lextérieur (fournisseurs, sous-traitants, distributeurs, clients, etc.).
Dans lindustrie automobile, la maquette virtuelle est à la disposition de lensemble des partenaires et permet aux ingénieurs des donneurs dordre et à ceux des équipementiers de faire de la co-conception, toutes les données se rapportant à un même projet étant regroupées dans un modèle de produit.
Anticiper grâce à la numérisation
Le modèle de produit regroupe lensemble des données concernant le produit tout au long de son cycle de vie et les met à la disposition des acteurs sous la forme qui leur convient le mieux, quelle que soit la localisation physique des données et des acteurs; il sadresse aussi bien aux fournisseurs quaux utilisateurs dont il tient compte des spécificités dautant plus que le produit est personnalisable; le modèle de produit conserve la trace des versions successives et, lorsque lon se place du point de vue de lutilisateur, lhistorique de la vie du produit (âge, conditions dutilisation, entretien, reconfiguration éventuelle). Le modèle de produit est enrichi selon le point de la courbe de vie où lon se trouve par le marketing, les études, les méthodes, les approvisionnements, la fabrication, les essais et procédures de certification, les épreuves de qualité et la distribution; dans le cas dun utilisateur donné, il comprend les conditions dexploitation, la maintenance, la sûreté, la formation, lenvironnement.
Le modèle de produit doit être conçu pour répondre à différentes sollicitations dans le cadre de scenarii préalablement définis; dune façon générale, il recouvre les aspects suivants:
- organisation fonctionnelle
- architecture structurelle
- topologie
- règles de comportement en fonction des interrogations effectuées et de leurs objectifs (fabrication, assemblage, montage-remontage, remplacement de pièces, dépannage, changement de version etc.).
Ce modèle résulte de la conception informatisée depuis le début à laquelle participent, sur un site Web offrant toutes les possibilités nécessaires de modélisation,de visualisation, de manipulation et danalyse, un certain nombre dintervenants travaillant en parallèle et consolidant le résultat de leurs travaux au fur et à mesure du déroulement du projet; nous entendons par projet non seulement la définition du produit lui-même qui détermine la BoM mais également celle du processus de fabrication -doù découle la BoP (Bill of Process)- qui sera mis en oeuvre pour le produire et celle du support logistique qui sera nécessaire pour en assurer le service (LSAR ou Logistic Support Analysis Report).
Le produit est donc représenté au niveau des systèmes de CAO, de SGDT ou de catalogues en ligne accessibles non seulement par réseaux internes mais de plus en plus par Internet sous forme dIntranet, Extranet ou de réseaux privés virtuels (VPN). Chaque utilisateur a la possibilité dintervenir dans les limites qui lui sont assignées, cela allant de la simple consultation jusquà la modification, en passant par lannotation, le modèle étant susceptible de se présenter en trois dimensions et dêtre virtuellement manipulé sous différents angles ou dans diverses conditions physiques (température, éclairage, sollicitations mécaniques etc.). Lavantage dune telle organisation réside dans le fait que lon peut, de nimporte quel endroit, envoyer un schéma, un plan, un descriptif ou une nomenclature et recevoir en retour un devis, un commentaire ou une gamme dusinage. En outre, il est possible dobtenir des informations ciblées répondant à un besoin particulier que ce soit dans le domaine technique, financier ou commercial; les différentes visions sont reliées entre elles par des liens hyppertextuels avec des effets de zoom appropriés; ceci na été rendu possible que par lapparition de langages spécifiques de communication adaptés au protocole dInternet; enfin, des forums permettent à plusieurs interlocuteurs de discuter autour dun même modèle de produit en vue dy apporter collectivement lles améliorations jugées nécessaires; certains éditeurs de logiciels offrent plusieurs possibilités:
- utilisation sur un site propre au fournisseur de logiciel et accessible en Extranet
- utilisation en Intranet
Certaines données peuvent être non seulement consultées à distance mais également manipulées sans que la personne habilité à interroger dispose elle-même du logiciel permettant dintragir avec le modèle, celui-ci étant implanté uniquement sur le serveur distant. Des progrès récents permettent à plusieurs personnes de travailler simultanément sur un même projet.
Internet permet daller encore plus loin dans la mesure où les bureaux détudes des clients peuvent accéder directement aux bases de données de composants des fournisseurs et dy puiser ceux qui leur sont nécessaires en vue délaborer un produit ou une chaîne de fabrication (Plus dinterminables étagères ployant sous des classeurs que lon ne prend pas toujours la peine de mettre à jour!); certains sites Web proposent des catalogues de composants provenant de différents fournisseurs, évitant ainsi au concepteur davoir à surfer sur le Web de site de fournisseur en site de fournisseur. On assiste également au développement dune multitude de services spécialisés par métier permettant daccélérer la résolution des problèmes courants.
Ainsi, des plates-formes permettent-elles notamment dintégrer les fonctions de conception et dingénierie en mettant à la disposition des ingénieurs des outils danalyse, de simulation et de visualisation à partir des données issues de la CAO et de lexpérience accumulée de lentreprise: des logiciels permettent den déduire la définition des lignes de fabrication, la liste des opérations et des outils correspondant ainsi que les chemins doutils à commande numérique; le process traduit en BoP et lapplication peut fournir la simulation dune ligne de fabrication, loptimisation de léquilibrage des lignes et le calcul de chiffres-clefs tels que quantités produites, stocks intermédiaires, taux dengagement des machines, bilans-matières etc. Lanimation permet de détecter des anomalies de fonctionnement telles que des collisions dues aux appareils de manutention ou défauts de synchronisation entraînant des attentes inutiles. Il existe également des modules permettant de spécifier les tolérances, de constater les effets de leur empilement et de prendre les mesures correctrices éventuellement nécessaires, de conserver la trace des tolérances retenues en vue de leur prise en compte par la fabrication et le contrôle qualité, les programmes de contrôle étant générés automatiquement dans lenvironnement CAO.
Laccès à de telles plates-formes par Internet permet à des intervenants aussi divers que les constructeurs, les sociétés dingénierie, les clients, les fournisseurs, les logisticiens, les financiers, les qualiticiens etc. dapporter leur avis ou leur contribution.
2. De la maquette à la réalité virtuelle
Dans certains domaines, la réalité virtuelle permet de faire fonctionner la maquette numérique dans différentes conditions et dy apporter toutes les modifications désirables en fonction du comportement observé. Cela concerne non seulement les objets inanimés mais également les personnes qui gravitent dans leur environnement; ainsi, les opérateurs qui auront à utiliser un équipement pourront virtuellement sinstaller aux commandes et être confrontés aux conditions dexploitation afin dêtre en mesure de faire part de leurs observations avant même que léquipement ne soit construit: cest ce que lon désigne sous le nom de technologie virtuelle immersive qui permet véritablement de simpliquer dans un environnement de travail et den ressentir les effets; ceci est valable aussi bien pour les agents de fabrication que pour les fournisseurs, les responsables de process, de sécurité et dhygiène (ergonomes, en particulier). Avec les outils de CAO, de modélisation et de visualisation évoqués ci-dessus, il est possible denvisager de faire participer à distance différentes parties prenantes, client ou utilisateur final, pour mettre au point le produit qui leur sera présenté en situation, quils pourront manipuler ou, le cas échéant, à lintérieur duquel ils pourront se déplacer. Cela peut permettre la personnalisation du produit.
Dans leur supplément LArt du Management de lInformation, Les Echos des 1er et 2 Octobre 1999 font état, dans un article de David Feeny et Robert Plant intituléTechnologie de linformation: un véhicule de succès, des efforts de Land Rover (filiale de BMW) pour assurer le succès du développement dun nouveau modèle de véhicule dans les meilleurs délais. L IAO a été appliquée à différentes parties du véhicule, chacune se voyant affecter une équipe constituée par des designers et des ingénieurs de production; les différentes équipes étaient réunies autour dune maquette dassemblage commune à laquelle elles pouvaient accéder. De telles dispositions impliquent une gestion de linformation partagée grâce à un site Internet doté des logiciels de modélisation et de visualisation nécessaires.
La chaîne de production a ceci de particulier que la personnalisation du véhicule consistant à répondre aux différentes options seffectue le plus en aval possible cest-à-dire en bout de chaîne; cette personnalisation à lunité est basée sur les commandes en ligne des concessionnaires; les fournisseurs, quant à eux, sont également connectés au fabricant, ceux-ci ayant dailleurs participé à la conception du véhicule. Cette manière de faire réduit de plus de la moitié les délais de livraison et permet de réduire les stocks de manière spectaculaire puisque, daprès les auteurs, ils seraient passés de 20 à 1,5 jours!
3. De lintégration des fonctions à une stratégie
collaborative
Pourquoi intégrer?
Nous allons passer en revue les différentes fonctions de lentreprise concernées par la production de manière à faire ressortir les personnes qui sont susceptibles dy participer même si elles ny sont pas directement affectées, celles-ci pouvant appartenir à des entités différentes et être géographiquement dispersées.
La fonction de Recherche et Développement a pour but de mettre au point de nouveaux produits, services ou process de fabrication; pour cela, elle sappuie sur les données scientifiques et techniques disponibles que celles-ci proviennent de lintérieur ou de lextérieur de lentreprise. Suivant quil sagit de biens et services destinés à des clients ou de procédés appelés à être mis en oeuvre dans lentreprise elle-même, ceux qui sont le mieux à même de déterminer leur bonne adéquation aux besoins à satisfaire sont respectivement les personnes en charge du commercial et du marketing et les responsables de la fabrication, depuis le bureau des méthodes jusquaux opérateurs en passant par les chefs dateliers; peu importe les titres donnés à chacun car cela varie dune organisation à lautre; à ces personnes, il faut encore ajouter les fournisseurs déquipements dont les possibilités déterminent lemploi de tel ou tel matériel ainsi que les performances envisageables, surtout si le matériel en question na pas encore été mis sur le marché (il peut sagir, par exemple, dun appareil existant mais dont la gamme sarrête à une certaine puissance mais pourrait être étendue vers le haut, faute de quoi il y aurait lieu de se tourner vers une autre technologie). A ce niveau, il y a intérêt à voir sinstaurer un dialogue entre
- Chercheurs
- Hommes de marketing et commerciaux
- Personnel de fabrication
- Clients au niveau utilisateurs finals ou distributeurs en tant que représentants des clients
- Fournisseurs de composants ou déquipements de fabrication
- Personnel de maintenance et de SAV
- Responsables qualité.
Larticulation entre la Recherche et Développement et le Bureau dEtudes est constituée par le Marketing qui contribue à orienter les programmes de recherche mais qui, à lissue de ces programmes, aura à rédiger un cahier des charges destiné à encadrer le développement proprement dit: études de faisabilité, validation technique, évaluation de coûts pour aboutir au dossier de définition, aux liasses de plans et aux nomenclatures.Cela nécessitera de nouveau de nombreux contacts et des concertations avec
- les acheteurs
- des fournisseurs de composants
- des sous-traitants
- des organismes dessais ou de certification
- les financiers
- les responsables des Méthodes.
Cest en effet au Bureau des Méthodes quil appartiendra de procéder à lindustrialisation en déterminant les moyens de production et dassemblage, les différentes opérations à effectuer (gammes simplifiées), le personnel qui sera nécessaire (effectif, qualification, formation) etc. Après sêtre assuré de la faisabilité industrielle en liaison avec le Bureau dEtudes auquel il pourra demander des modifications, il établira le plan de fabrication (dossiers dexécution, outillages nécessaires, implantation des chaînes de fabrication et des moyens de stockage) et du plan de contrôle qualité (valeurs à respecter, matériel de test, méthodes de mesure, procédures à suivre); il aura également à prévoir le programme dentretien et à établir la liste des pièces de rechange (pour les usines et pour les clients). Il lui incombe également détablir le dossier de fabrication des différentes pièces incluant les gammes détaillées et lensemble des instructions nécessaires. Il est évident quun dialogue simpose ici également entre différents intervenants notamment entre
- ceux qui sont chargés détablir des consignes
- ceux qui auront à les mettre en oeuvre
- tous ceux qui sont impliqués dans la fabrication: membres du service du personnel, personnes chargées de la sécurité et de lhygiène, ergonomes,etc.
- ceux qui sont concernés indirectement, quil sagisse de manutention, de stockage, dentretien etc.
Lorsque toutes les opérations précédentes auront été effectuées, il sera possible de passer à la phase de réalisation: essais en vraie grandeur pour commencer, après avoir procédé à létablissement, si nécessaire, des programmes de machines à commande numérique voire de robots.
La grande innovation de lorganisation industrielle actuelle, cest le remplacement dune démarche séquentielle par une démarche en parallèle en raison des interactions entre les différentes fonctions sur lesquelles nous avions déjà insisté dans un ouvrage écrit en collaboration et intitulé LUsine intégrée par ordinateur.
En effet, lorsquun bureau détudes remettait un dossier de définition de produit à un bureau des méthodes, celui-ci pouvait rencontrer des difficultés à industrialiser le produit tel que défini, soit parce que les agencements prévus étaient trop onéreux en matière ou en traitements spéciaux, soit parce que les temps de fabrication étaient trop long, par suite, notamment, de changements doutils trop fréquents, soit parce que les équipements disponibles se prêtaient mal aux usinages envisagés. Il en résultait soit la mise au point de solutions coûteuses lorsque le bureau des méthodes passait outre, soit des va-et-vient entre bureau détudes et bureau des méthodes entraînant des pertes de temps, des corrections ou des remises en cause des solutions initiales et finalement une augmentation des coûts et des délais de développement, sans parler du climat détestable qui pouvait sinstaurer parfois entre des intervenants plus ou moins déresponsabilisés. Le souci actuel est donc le design-to-cost et le design-to-manufacturing, ce qui nécessite un travail conjoint et simultané.
La CAO part du cahier des charges du Marketing, se réfère aux travaux antérieurs, aux normes en vigueur et codes métiers; bien entendu, elle tient compte des coûts; sa vocation est de produire des dessins (DAO), assurer leur archivage, établir des nomenclatures, procéder à des calculs scientifiques (éléments finis, par exemple), effectuer des tests de performances (résistance des matériaux, par exemple) et de gérer les différentes versions, la phase ultime étant la modélisation. Elle sappuie sur une technique, la TGAO (Technologie de Groupe Assistée par Ordinateur) qui évite de recréer des composants existants ou morphologiquement proches de composants existants et tend à limiter le nombre de composants en faisant appel le plus souvent possible à des composants polyvalents; la TGAO recherche, en effet, le maximum de parties communes afin de proposer des composants susceptibles dêtre utilisés par des pièces différentes. La TGAO est basée sur des méthodes mathématiques et de classification (identificateurs à grand nombre de chiffres) aboutissant à un classement des composants et des pièces par familles.
Les dossiers de définition, liasses de plans et nomenclatures sont utilisés par lIAO pour établir les dossiers dapprovisionnement et de fabrication qui comportent les gammes dusinage ou dassemblage. En outre, les spécialistes de la QUALITE doivent établir les consignes à respecter, les méthodes de contrôle, linstrumentation nécessaire pour effectuer ces contrôles ainsi que les procédures à respecter pour établir les comptes-rendus, traiter les pièces à retoucher ou mises au rebut etc. (manuel qualité).
Enfin, intervient la FAO pour programmer, à partir des caractéristiques du parc-machines, les robots ou les machines à commande numériques en fonction des gammes établies et des consignes de qualité à respecter.
La CAO engendre des données graphiques, géométriques, mathématiques des nomenclatures etc. ainsi que des plans. Ces différentes données font lobjet dun système de Gestion des Données Techniques (SGDT).
Pour mieux nous faire comprendre, nous allons élargir notre vision des fonctions liées à la production en les situant par rapport aux autres fonctions de lentreprise, en supposant, par exemple, que les fonctions liées à la production soient connectées à un progiciel de type MRP II et que lensemble des fonctions de lentreprise soit fédéré par un progiciel de type ERP. En fait, il existe de nombreux liens entre fonctions, actions et bien entendu les personnes concernées. Ces rapports sont évidemment très complexes et lon comprend aisément que si lon laisse les affaires se dérouler linéairement et sans concertation, le temps qui peut sécouler dun bout à lautre de la chaîne peut être très long et que si une difficulté surgit en un point quelconque, il peut être très difficile de revenir en arrière pour effectuer des modifications. Pourtant, cest bien ce qui se passait avant que lon ne découvre les vertus du travail collaboratif et que des progiciels adaptés narrivent sur le marché en bénéficiant des atouts dInternet.
Une solution à lintégration: le travail collaboratif
Le principe du développement collaboratif consiste à connecter un système de CFAO:
- en ce qui concerne le système de CFAO, des connaissances référentielles comme une bibliothèque de modèles, factuelles correspondant aux données souhaitées par les développeurs et destinées à donner corps au projet et récapitulatives qui concrétisent au fur et à mesure la progression dun projet jusquà son aboutissement
- en ce qui concerne le système collaboratif, des connaissances évènementielles cest-à-dire toute information pouvant survenir en cours de projet et susceptible davoir une influence sur son déroulement (ce peut être aussi bien larrivée dun résultat dessai, lapparition dun produit concurrent sur le marché ou tout autre fait nouveau pertinent), des connaissances transactionnelles résultant darbitrages avec des fournisseur ou des clients, de discussions avec des responsables de lentreprise ou de débats entre les membres de léquipe-projet et des connaissances décisionnelles entérinant les options prises au cours du projet et le projet final.
Le système collaboratif permet essentiellement:
- des réunions virtuelles et le partage dinformations, ce qui peut être très utile pour stimuler linnovation; cela suppose une messagerie, des groupes de discussion et un forum ainsi quun système de présentation de documents
- le travail collaboratif proprement dit qui permet à un grand nombre de participants dintervenir autour dun système de CFAO et même à des personnes ayant travaillé sur des composants ou sous-ensembles différents den réaliser lassemblage virtuel en vue de travailler sur le modèle de produit complet, ce quautorisent certains progiciels à lheure actuelle.
- la gestion de projets qui consiste à organiser les équipes-projet, en déterminer le planning, fixer les dates et lobjet des revues de projet, résumer les principaux résultats obtenus, communiquer à chacun les documents (plans, feuilles de calculs, résultats dessais etc.) dont il a besoin, prendre les avis nécessaires et décider en dernier ressort de manière argumentée et dûment enregistrée de manière à assurer la traçabilité du processus.
Cela est rendu possible par lexistence de modules logiciels ad hoc et présente lavantage de faire dialoguer lensemble des intervenants au cours du déroulement dun projet -notamment les initiateurs du projet ou maîtres douvrage et ceux qui sont chargés de sa réalisation ou maîtres doeuvre-, ce rapprochement ayant pour effet déviter des contestations intervenant tardivement et entraînant de ce fait des corrections coûteuses ainsi que des retards dans le développement.
4. Conséquences stratégiques
Les solutions collaboratives appliquées au développement ont ceci de particulier quelles font travailler ensemble des membres de lentreprise appartenant à différents métiers quelle que soit lentité à laquelle ils sont affectés ainsi que des partenaires de lentreprise étendue, clients, fournisseurs, sous-traitants, distributeurs, prescripteurs etc. Cela nest pas sans conséquences sur la plan stratégique; pour être un leader et être capable de fédérer les énergies non seulement internes mais externes, il ne suffit pas de se contenter douvrir ses portes toutes grandes et dattendre que lon se précipite pour travailler pour vous; il faut avoir des atouts sérieux en main; parmi ces atouts, le capital intellectuel joue un rôle éminent; dans le domaine de la conception que nous venons détudier dans le présent chapitre, chacun a bien compris que lorsque nous employions le terme générique de développeur, nous faisions allusion à un être humain dûment formé et motivé, mettant son intelligence et son imagination au service des objectifs de lentreprise, utilisant des logiciels de pointe mis à sa disposition et puisant chaque fois que cela était possible dans les connaissances acquises de lentreprise, doù la nécessité que nous avons déjà soulignée de cultiver ce patrimoine humain et de connaissances; ce qui est vrai dans le domaine de la conception est évidemment valable dans dautres domaines. Limportant est de savoir quel est le domaine que lon cerne le mieux car cest à partir de ce point fort que lon sera à même de maîtriser lensemble de la chaîne de valeurs sans nécessairement exercer toutes les fonctions directement.
Cette maîtrise, Internet va vous permettre de lexercer en rapatriant, le plus souvent en temps réel, les données stratégiques en provenance de différents sites avec le consentement de partenaires qui se seront inclinés devant votre supériorité dans un domaine donné; ainsi, devient-il possible de dissocier fonction et statut juridique; en outre, grâce à Internet, il sera possible de faire travailler ensemble toutes sortes dintervenants dans un esprit collaboratif. Cela nest pas sans conséquences sur les relations entre les donneurs dordres et leurs sous-traitants: comme le souligne la revue Solutions dans son numéro spécial Micad 2001, le sous-traitant est partie prenante de la conception et de la réalisation... Il ne peut plus se contenter dêtre un simple exécuteur de cahier des charges. Il participe non seulement au planning de développement mais également au planning numérique qui lengage à fournir, pour une date déterminée, un modèle numérique de sa fourniture qui sera intégré dans la maquette virtuelle densemble, élaborée en commun sur un plateau virtuel.
En dehors des avantages économiques (design-to-cost) ou industriels (design-to-manufacturing) que lon peut retirer du travail collaboratif dans le domaine du développement, celui-ci permet de lancer avec de meilleures chances de succès le bon produit au bon moment grâce à la participation des futurs utilisateurs dès le stade de la conception; à cet égard, lon pourrait utilement employer par analogie les expressions suivantes:
- design-to-packaging
- design-to-movingn storing
- design-to-use
- design-to-servicing
- design-to-recycling.
Cette nouvelle tendance se traduit concrètement par une évolution de loffre des éditeurs de logiciels qui ne se limitent plus à la gestion des données produit (PDM) mais létendent au cycle de vie du produit et vont jusqu à l élargir aux intervenants extérieurs de la Supply Chain.
Les systèmes les plus évolués comme CATIA V5 Knowledgeware "! permettent de saisir, avec les données de conception, les intentions et les motifs de choix, dans le cadre de règles ou contraintes préalablement énoncées. Ils offrent la possibilité notamment de reprendre une pièce déjà conçue dans un contexte donné et de ladapter automatiquement à une nouvelle configuration. Un tel principe sapplique aux modifications successives apportées à un produit, tout en garantissant le suivi de son évolution, ce qui est le propre du PLM (Product Lifecycle Management). Cette méthode correspond tout à fait aux préoccupations actuelles de transparence et de traçabilité évoquées dans la Préface ; elle apporte en outre un gain de temps et une sécurité accrue ; elle facilite également le travail collaboratif dans la mesure où chacune des parties prenantes a la possibilité de formaliser ses propres contraintes de manière à ce quelles soient prises en compte simultanément dans la solution globale.
Ce qui se passe au niveau de la conception et du développement des produits, se constate également de la fabrication comme c est le cas du « Digital Manufacturing"! » chez BMW où il suffit de reprogrammer les robots pour changer de produit à temps de cycle équivalent ; cela suppose que la production a été programmée pendant le développement du produit. Lune des principales conséquences dune telle avancée technique réside dans le fait que le processus de production est désormais piloté par les spécifications du client individuel jusqu au dernier moment ou COSP"! (Customer Oriented Sales and Production Process).
Chapitre 3 : e-commerce
Pourquoi e-commerce? Parce que, après avoir conçu des produits, il faut non seulement les fabriquer mais les vendre; aussi, avons-nous placé le-commerce après le-production bien que, avec lavènement dInternet, lon vende de plus en plus de produits avant de les fabriquer: en effet, même sil ne sagit pas dune vente classique, le fait pour le client de concevoir son produit en ligne ou pour le fabricant de configurer son produit en ligne suivant les options du client constitue en lui-même une partie de lacte de vente. Néanmoins, la vente à proprement parler cest-à-dire la livraison physique et, la plupart du temps, le règlement ne peuvent intervenir quaprès la fabrication; cela ne remet nullement en cause ce que nous avons préconisé dans lIntroduction quant à lordre dans lequel il y a lieu de procéder pour mettre en ligne les différentes activités de lentreprise.
Nous placerons donc sous ce vocable de-commerce lensemble des fonctions en ligne non administratives (ces dernières faisant lobjet de le-gestion au chapitre suivant) gravitant autour de la vente et contribuant à faire vendre le produit ou le service en amont ou en aval de lacte de vente stricto sensu.
1. Avant tout, des services ...
De plus en plus, lorganisation des entreprises tend à mieux satisfaire le client; ce nest pas seulement faire en sorte quil soit satisfait du bien ou du service qui lui est fourni mais encore aller au-devant de ses besoins en lui proposant toujours plus de services plus ou moins directement liés à la prestation principale.
Le service au client sappuie essentiellement sur la connaissance de ses besoins mais également sur celle des technologies disponibles que celles-ci soient concurrentes de la vôtre ou non ainsi que des prestations assurées par vos homologues. Cela signifie que lon doit être en mesure dinformer le client de manière impartiale sur ce qui existe sur le marché et dêtre capable de faire ressortir clairement les points forts et les points faibles des différentes solutions; si ce nest pas vous qui le faites, dautres ne manqueront pas de le faire à votre place et dune manière que vous napprécieriez peut-être pas particulièrement. Donc, le premier service à rendre au client, cest le conseil, ce qui suppose que lon crée un climat de confiance en soignant particulièrement laccueil et les relations humaines même, et peut-être encore plus, si une partie des relations entre votre client et vous se déroule de manière virtuelle (lorsquil na pas dinterlocuteur en chair et en os en face de lui, le client est encore plus sensible à tout ce qui peut lui apparaître comme une indiscrétion, une indifférence, un manque de considération etc. parce quil na pas toujours la possibilité dexprimer son mécontentement mise à part la fuite, ce qui nest certainement pas votre objectif).
La notion de service peut se traduire par une réaction en chaîne; un fabricant, par exemple, sintéressera à la mise en oeuvre de ses produits ou, si lon préfère, à leurs applications; progressivement, il proposera à ses clients de plus en plus de services associés à ses produits; pour être en mesure de fournir de tels services, le fabricant aura recours parfois, comme cest le cas même pour de très grandes marques, à des entreprises spécialisées; à la limite, il pourrait se contenter de concevoir ses produits en en confiant la réalisation à dautres entreprises considérant elles-mêmes leur métier comme une prestation de service en livrant le produit demandé clef en main. Le fabricant traditionnel seffacera souvent devant un concepteur au sens large cest-à-dire une sorte darchitecte assisté en amont de constructeurs ou dassembleurs et en aval de distributeurs, dinstallateurs, éventuellement dexploitants et de techniciens de maintenance. Le concepteur assure la création du produit, son lancement commercial, généralement grâce à limpact dune marque renommée à léchelle mondiale, ainsi que le bon déroulement des opérations de bout en bout, ce qui nécessite en soi des compétences et des ressources humaines importantes; cest là quInternet prend toute sa signification dautant plus que tout cela doit être pratiquement transparent pour le client qui doit avoir un interlocuteur responsable en face de lui et un seul avec lequel il puisse communiquer; cest lun des aspects de le-commerce ou front office, lautre aspect étant la machine bien huilée sans laquelle il ne pourrait pas fonctionner et que nous avons appelée e-gestion ou back office .
Le caractère stratégique dune activité dépendant du droit dentrée quelle implique sous forme dinvestissement matériel et surtout immatériel, une entreprise maîtrisant une fonction stratégique peut se permettre plus facilement quune autre de se décharger de fonctions moins stratégiques, libérant ainsi des ressources plus profitables ailleurs (cest léternel problème de lallocation -optimale- des ressources si chère aux économistes mais souvent négligée par les entreprises): elle bénéficie ainsi dun maximum déconomies déchelles -chaque partenaire travaillant pour plusieurs entreprises- tout en conservant la maîtrise de la filière. Réciproquement, une entreprise souhaitant acquérir une position stratégique doit sefforcer de se doter de ressources dont ne disposent pas ses concurrents et quils ne semblent pas en mesure dacquérir dans un avenir proche, afin de maîtriser une fonction stratégique verrouillant un certain domaine dactivité; cela suppose quelle en ait les moyens techniques, commerciaux, financiers ou humains et quéventuellement elle se soit préalablement implantée dans les régions du monde où elle envisage dexercer cette activité. Une solidarité internationale suscitée par le développement des relations entre la direction et les syndicats dans le cadre de structures telles que celles préconisées par la directive européenne de Septembre 1994 sur les comités européens dentreprise, est de nature à favoriser limplantation dune firme en Europe grâce à un lobbying syndical rendu possible par le dialogue social.
Le fait de se lancer dans une stratégie nouvelle ne fait pas appel nécessairement à des moyens extraordinaires (Augmentation de capital, OPA, création de filiales etc.). Grâce à Internet, vous pouvez désormais renouveler votre stratégie de différentes manières: par exemple, en passant des accords avec différents partenaires ou même purement en interne, en mettant en place un système de gestion de connaissances, assorti ou non dun système décisionnel fonctionnant sur Intranet, de manière à révéler un potentiel latent de savoir-faire de nature à vous assurer une place de leader dans un domaine précis, ce qui vous permettra de maîtriser une chaîne de valeur.
La distinction entre firmes industrielles et sociétés de services tend à sestomper; il y aura de plus en plus dentreprises disposant dun savoir-faire très spécialisé dans tel ou tel domaine, susceptibles de produire à des prix très compétitifs, dans des délais très courts, amortissant les aléas de leur activité en sappuyant sur une clientèle très diversifiée; il en résulte que les firmes dites industrielles auront de plus en plus recours, pour faire fabriquer leurs produits, à des sociétés de services de fabrication à façon susceptibles, à leur tour de confier certaines opérations à dautres encore plus spécialisées. Dorénavant, ce qui fera la force des entreprises, tout au moins celles qui joueront le rôle de leaders, ne résidera pas tant dans leurs actifs industriels que dans leur compétence dans la conception de nouveaux produits et/ou services et dans la commercialisation sous leur marque, ce qui correspond à un patrimoine intellectuel qui peut demander une mise de fonds considérable et la disposition dun personnel compétent, motivé et en nombre suffisant à la surface du globe. La plupart du temps, un tel patrimoine ne sacquiert pas en un jour et est le résultat dun labeur quotidien et de létablissement dun dialogue social au fil des ans (par dialogue social, nous entendons climat de confiance entre direction et salariés, sans lequel il est illusoire de vouloir instaurer toute espèce de travail collaboratif; long et difficile à établir, il suffit dun faux pas pour tout réduire à zéro). Certains peuvent toutefois emprunter des raccourcis en remplaçant la compétence industrielle de base par une compétence en recherche et développement et/ou en marketing; dans certains cas, cette compétence peut résider dans les hommes qui ont fondé lentreprise et non dans son passé comme cest le cas des start-up mais celles-ci sont destinées à entrer de plain-pied dans la nouvelle économie, avec les risques inhérents à ce genre dexercice mais aussi avec des perspectives de gain considérables.
Les services? encore une affaire de connaissances
La notion de service joue un rôle essentiel dans lentreprise de la nouvelle économie bien que cette notion présente parfois un caractère ambigu, un service pouvant consister aussi bien en une prestation immatérielle selon lacception courante du mot service quen une prestation matérielle comme cest, par exemple, le cas dune fabrication effectuée pour le compte dun tiers. Linteraction entre matériel et immatériel est particulièrement marquée dans le cas de réseaux que HYPERLINK \l "Curien" #Curien représente, dans Economie des services en réseau: principes et méthodes, au moyen dune maquette à trois couches de prestations ou dactifs comprenant:
- un niveau inférieur ou infrastructure consistant en différentes entités génératrices de biens matériels ou immatériels entrant en interaction,
- un niveau intermédiaire ou infostructure représentée par la somme des connaissances nécessaires pour faire fonctionner linfrasructure ainsi que par les procédures et activités faisant appel à ces connaissances et pouvant être exercées par différents acteurs assurant telle ou telle prestation intermédiaire,
- un niveau supérieur ou service final qui correspond aux prestations fournies au client final en fonction de ses besoins.
Chaque entreprise de type étendu se doit de se doter dun modèle dentreprise décrivant par le détail ces trois niveaux; cest à partir dun tel modèle que linfostructure peut être conçue, réalisée et entretenue; cela touche aux connaissances, au savoir-faire, aux procédures, aux bases de données et de connaissances et aux réseaux (Intranet, Extranet, Internet). Compte-tenu dune infrastructure existante, latente, à créer ou à reconfigurer, il y a une organisation optimale à concevoir en fonction des objectifs du moment ou des problèmes qui se posent, notamment dans le cadre dun projet (conquête dun nouveau marché, développement dun nouveau produit, réalisation dune commande importante etc.); chaque entreprise constituant un cas particulier, nous pendrons un exemple pou éclairer notre popos; considérons une société fabriquant des produits alimentaires pour fixer les idées; on peut y distinguer trois réseaux: un réseau de représentants, un réseau dusines et un réseau de centres de distribution; les représentants transmettent les commandes aux centres de distribution, les usines approvisionnent les centres de distribution, les centres de distribution livrent les clients.; la coordination de ces trois réseaux est indispensable bien quils fonctionnent de manière désynchronisée, en des lieux différents et avec des éléments différents.; il nempêche que les représentants doivent prendre des commandes que les centres de distribution seront en mesure de livrer et que les usines doivent fabriquer les produits nécessaires au renouvellement des stocks des centres de distribution.
Autre exemple décrit par HYPERLINK \l "Curien" #Curien, celui du transport aérien; il y distingue au moins quatre réseaux:
- un réseau daéroports reliés entre eux par des couloirs aériens, mettant à la disposition des compagnies aériennes les moyens de faire circuler leurs avions et de prendre en charge leurs passagers,
- un réseau ou flotte davions au moyen desquels chaque compagnie transporte ses clients,
- un réseau dagences qui assurent la vente des billets davion,
- un réseau de terminaux permettant de gérer au mieux la réservation des places et le remplissage des appareils.
La notion de réseaux associée à Internet peut être une source dinspiration pour ceux qui cherchent à innover en matière de stratégie et dinnovation.
Les services liés au produit peuvent se présenter sous différentes formes et répondre à des besoins variés; pour mieux les appréhender, il est possible de distinguer ceux qui correspondent
- au cycle de vie du produit (installation, maintenance, reconversion, reprise ou recyclage etc.
- aux applications (conseil, documentation, matériel dapplication, centres techniques, hot lines etc.)
- à la localisation (livraison, visites de commmerciaux ou de techniciens, antennes locales, dépôts etc.)
- au produit lui-même dans la mesure où le client a la possibilité de se procurer au même endroit une gamme complète darticles utilisés au cours dune utilisation donnée,
- à une caractéristique du produit telle que celle qui donne la possibilité de terminer soi-même le produit (assemblage, finition, groupement de modules etc.) ou sa personnalisation par le fournisseur, par le client ou par les deux grâce à un travail collaboratif.
Une autre classification basée sur le couple produit/utilisateur peut savérer plus féconde du point de vue de la génération didées nouvelles et est plus utile pour les réunions de groupe de recherche de produits et services nouveaux; elle est basée sur
- lacquisition: services facilitant le choix du cllient en lui permettant choisir le produit ou le service le mieux adapté à ses besoins ou à son application du point de vue des performances, de la tarification, de la mise en oeuvre, du coût de possession, du dimensionnement, du conditionnement, de la présentation etc.
- lutilisation: services, produits ou accessoires permettant de mieux utiliser le produit de base (formation, consommables, outillage spécifique, télémesure pour la surveillance des stocks etc.)
- la consommation: service entraînant une consommation ou une utilisation entraînant une usure ou une location
- la complémentarité: produits ou services rendant la prestation de base plus attractive en améliorant le confort de lutilisateur ou lui apportant certains avantages (par exemple, semences de végétaux résistant à un herbicide)
- la diffusion:services assurant un meilleur acheminement du produit sur les lieux dutilisation ou de consommation ainsi quun échange éventuel des emballages vides contre des pleins, la restitution des vides ne seffectuant pas nécessairement au même endroit que lenlèvement des pleins ni nombre pour nombre
- la sécurité: services protégeant le client contre divers risques
- lintégration: chaîne de prestations de bout en bout déchargeant le client de tout souci de coordination et lui offrant lavantage dun interlocuteur unique; à lheyre de la globalisation, il peut être intéressant de proposer au client des prestations uniformes en nimporte quel établissement de la société, avec en plus lassurance que son profil y sera connu, ce qui le dispensera de fournir des renseignements quil aura déjà communiqués.
En reprenant lune de ces classifications et en lappliquant à un domaine précis, le lecteur aura lopportunité de découvrir de nouveaux services propres à séduire une clientèle donnée. Cela nous conduit tout naturellement à revenir sur le thème de linnovation; comme le souligne HYPERLINK \l "Lovelock" #Lovelock, dans son ouvrage intitulé Product Plus, linnovation concernant les produits arrivant à maturité est rare et onéreuse alors que les services associés permettent de lutter à moindres frais contre la concurrence; il distingue à cet égard
- la prestation de base qui est une question de survie
- les services complémentaires
. indispensables pour ne pas décliner,
. nécessaires pour rester au niveau de la concurrence,
. permettant de surpasser la concurrence.
La stratégie de lentreprise de la nouvelle économie se doit dapporter des services de la troisième catégorie bien que ceux-ci aient tendance à passer dans la seconde au bout dun certain temps du fait que des suiveurs ne manqueront pas de vous imiter; puis, une fois habitués à ces nouveaux services, les clients les considéreront comme une nécessité ce qui fait que tout le monde devra être capable de les offrir. La bonne stratégie consiste à avoir suffisamment davance pour maîtriser linnovation et distiller les services nouveaux juste au moment voulu (cest-à-dire pour demeurer dans la troisième catégorie) pour maintenir le leadership de lentreprise: pas de position définitivement acquise car tout est dans le mouvement; pour surveiller tout cela il faut disposer dindicateurs fiables et être toujours prêt à réagir doù lintérêt des technologies que nous sommes en train dexaminer. Le cadre de laction étant désormais mondial comme le soulignent HYPERLINK \l "Daniels" #Daniels et Daniels dans leur ouvrage Global vision, lentreprise se présentera de manière uniforme sur tous les marchés tout en prenant en compte les spécificités locales, ce qui constitue parfois un exercice périlleux mais sur lequel se joue le succès ou léchec et mérite que lon se penche sur les réactions possibles des clients avant de faire des économies souvent dérisoires sous prétexte de rationalisation ou de standardisation. Chaque cas particulier doit faire lobjet dune étude séparée.
Pour illustrer un type de service rendu aux clients, nous donnerons simplement trois exemples:
Airbus dispose de trois portails sur Internet dédiés respectivement à ses clients, à ses fournisseurs et à ses collaborateurs ; le portail « Clients » offre aux compagnies aériennes, notamment, un grand nombre de services sécurisés et personnalisés tels que linformation technique (plans téléchargeables, cycle de vie individuel dun avion), la formation, la maintenance (modes opératoires, pièces de rechange, commande en ligne avec tous les détails nécessaires sur les prix, les disponibilités et les conditions dexpédition )
Françoise Vlaemynck, dans son article paru dans Internet Professionnel dOctobre 2000 sur CFM International, explique comment le constructeur de moteurs davion a mis en ligne son catalogue de près de 16000 références de pièces détachées pour réacteurs destinées à 220 clients sur 5 continents.Lachat en ligne hautement sécurisé seffectue daprès une base de données documentaire personnalisée par client; la désignation de la pièce seffectue par un simple clic sur une nomenclature ou un dessin technique correspondant au type de moteur indiqué, le client ayant la possibilité également de fournir directement le numéro de référence de la pièce. le système est interactif dans la mesure où le client peut poser des questions et avoir accès à son compte et sécurisé du fait que le client est identifié et na accès quaux informations qui le concerne; la base de données e-commerce est connectée, à travers un pare-feu au back-office de lentreprise dans lequel se trouvent, entre autres, les règles contractuelles permettant de gérer les transactions de chaque société cliente.
Maryse Gros fournit, dans Le Monde Informatique du 22 Septembre 2000, lexemple de National Instruments; spécialiste en instrumentation de mesure et dautomatisation, ce fabricant a organisé autour dune base de données unique pour toute lEurope -reliée au siège américain où est implanté le back office- un certain nombre de modules de front- office servant essentiellement à
- lavant-vente: cest le domaine privilégié du marketing qui effectue des campagnes promotionnelles, en mesure les effets et retient les prospects en vue den faire des clients, clients dont par ailleurs il étudie les réactions pour mieux satisfaire leurs besoins
- la vente: elle englobe tout ce qui gravite autour de lacte de vente depuis la prise de commande jusquà la livraison en passant par le suivi en temps réel de létat davancement de la commande avec possibilité pour la force commerciale dêtre constamment tenue au courant grâce à une interface adaptée
- laprès-vente: comprend le support technique, la maintenance et les réparations.
Tous les pays européens utilisent ces mêmes logiciels ce qui permet un langage commun, des comparaisons et une consolidation sans problèmes; chaque intervention technique fait lobjet dun rapport facilitant les interventions ultérieures et le retour des appareils défectueux au stock central. Les historiques sont utilisés par le marketing pour entretenir des relations avec les clients (gestion des contacts, offres de séminaires etc.).
Cette organisation en ligne porte sur 700 références de produits et concerne 32 filiales; elle permet, grâce aux informations recueillies, dassurer la concentration des ressources commerciales, administratives et techniques là où elles savèrent le plus nécessaires et cela sans contrainte dhoraire ou de distance grâce à Internet.
Sur le site de NI, il est ainsi possible de trouver toutes les ressources nécessaires à la recherche dun produit (liste de matériels ou logiciels répondant à vos spécifications), au dépannage (aide à la recherche des causes de dysfonctionnements), à la formation (publications, travaux pratiques avec détail du matériel nécessaire) et à la participation à des communautés sintéressant aux mêmes sujets que vous.
Où le service ne se limite pas à laccessoire
Nous allons aborder sous forme dexemple le problème dexternalisation qui se pose parfois en termes du fameux make or buy ou même du faire ou faire faire. Ce questionnement est en effet très lié aux services aussi bien pour le prestataire que pour le client.
Concrètement, prenons le cas dun industriel qui a besoin de vapeur pour ses ateliers à une certaine pression, une certaine température, avec des débits différents suivant les points dutilisation. Va-t-il faire faire une étude en interne par son bureau détudes, lancer lachat dune ou plusieurs chaudières, de cuves de stockage de fuel ou dun poste de détente de gaz haute-pression et de toute linstrumentation nécessaire, faire réaliser linstallation de la centrale de chauffe par son service Travaux neufs ou une entreprise spécialisée, faire réceptionner linstallation par ses services techniques, engager des chauffeurs, confier lentretien à son propre service entretien? Ou bien va-t-il confier la résolution de son problème à une société dingénierie qui se chargera de létude daprès le cahier des charges qui lui aura été remis par les services techniques de lindustriel, des appels doffres auprès des fournisseurs et installateurs, de la maîtrise doeuvre, des recettes techniques et des contrôles en liaison avec des organismes agréés? Si le projet nest pas trop important et sil en a les moyens -il serait étonnant quil dispose de personnel en nombre suffisant pour une opération non récurrente comme celle-là-, peut-être notre industriel adoptera-t-il la première solution (réalisation en interne). Dans le cas contraire, il est probable quil sorientera vers la seconde solution (recours à lextérieur), ce qui nest pas pour autant une assurance tous risques.
Maintenant nous allons passer dans le domaine de limaginaire -nous ne disons pas de la fiction- mais cest pour mieux vous faire comprendre ce que lon peut attendre de léconomie de la connaissance en dehors des exemples sans cesse ressassés des sociétés qui vendent des produits quelles conçoivent elles-mêmes mais quelles font fabriquer par de nombreux sous-traitants implantés dans des pays en voie de développement auxquels elles communiquent leurs besoins en fonction des résultats des ventes quelles reçoivent en temps réel de leurs distributeurs.
Supposons donc quune société spécialisée dans les problèmes de thermique (fours, chaudières, incinérateurs etc.) se soit donné un profil dentreprise en ligne; que sera-t-elle en mesure de proposer à notre industriel (pas encore converti à Internet mais qui ne manquera pas de le devenir)? Des chaudières, des kilomètres de tuyauterie, des manomètres, des électrovannes...? Avez-vous déjà oublié le problème posé? Ce dont le client a besoin, cest de la vapeur; cest donc la fourniture de vapeur que la société en question va proposer à son client, de la vapeur répondant à ses spécifications, en toute sécurité, dune manière fiable garantie par contrat, ce qui implique quelle prenne la responsabilité de létude, de linstallation, de la conformité aux normes et à la réglementation en vigueur, de lexploitation, de lentretien. La société ne vend plus seulement des chaudières mais un service complet facturé dans le cas despèce à la tonne de vapeur consommée moyennant certaines clauses dans lesquelles il est inutile dentrer ici. Nous voyons jusquoù peut aller la notion de service; pour le client cela revient à remplacer une logique de moyens par une logique de fin exprimée en termes de performances, de fiabilité déconomie dénergie, denvironnement et de coût. Il sagit en fait dun ensemble de services en relation les uns avec les autres recouvrant en fait un circuit dinformations dune extrême complexité. Si les stocks de données sont indispensables, les flux nen sont pas moins importants car ils correspondent à des échanges dinformations qui ne sont pas seulement comptables mais peuvent être essentiels dans le fonctionnement du système, certains agents ayant besoins dinformations en provenance dautres agents ou capteurs (compteurs, enregistreurs, détecteurs dalarmes etc.) pour prendre des décisions indispensables. Internet savère un outil inappréciable pour mettre en relation les différents intervenants, que ceux-ci soient permanents (ou semi-permanents car des changements sont toujours possibles), temporaires (dans le cadre de projets) ou occasionnels dans le cas dinterventions ou transactions ponctuelles.Nous avons donc ici des problèmes dinformation en temps réel, de relations entre différents partenaires et de tableau de bord; comme nous le verrons plus loin, ces différents aspects peuvent être visualisés à partir dun portail.
Pour améliorer votre productivité ou fidéliser vos clients vous allez peut-être avoir des choix à effectuer et des décisions à prendre au niveau stratégique. Surtout, ne faites rien qui puisse déclencher des rumeurs et placer votre personnel dans lincertitude, génératrice de stress voire de perte de confiance. Toute réforme doit être expliquée et consensuelle, les représentants du personnel devant être impliqués dès le début. Ne prenez pas de décision susceptible de vous couper de votre patrimoine le plus précieux, le capital humain de votre entreprise: faites des plans densemble prenant en compte les intérêts de chacun, par exemple en envisageant des reconversions, le renforcement dactivités, la création de fonctions nouvelles de manière à privilégier des réaffectations par rapport à des mutations non souhaitées, des suppressions de postes ou pire des licenciements qui laisseront toujours, quoi que fassiez, des cicatrices indélébiles. Moyennant ces précautions, quel est votre champ daction?
- en tant que client, vous pouvez externaliser certaines fonctions pour les confier à dautres -qui peuvent éventuellement conserver le personnel en place- tout en continuant à les superviser grâce à Internet. La démarche inverse est également possible au cas où vous estimeriez que votre entreprise a intérêt a prendre en main directement telle ou telle fabrication cruciale
- en tant que fournisseur, vous pouvez élargir vos prestations en assurant un service clef en main par le biais de lentreprise étendue (voir notre ouvrage Lentreprise délocalisée) en passant des accords avec des partenaires de manière à garder la maîtrise de la prestation globale. Inversement vous pouvez vous séparer de certaines activités qui napportent pas véritablement de valeur à vos prestations de manière à concenter vos forces sur des axes plus stratégiques.
Vous voyez quune redistribution des activités est toujours possible, dautant plus que les nouvelles technologies de linformation la rende moins problématique. Prenez donc le temps de réfléchir aux fonctions clefs dont vous devez absolument conserver directement la maîtrise ou que vous auriez intérêt à acquérir par expansion externe, par exemple, et aux fonctions moins critiques qui pourraient être remplies ailleurs.
A partir dune telle réflexion, vous pourrez en examiner les conséquences et éventuellement attendre que des opportunités se présentent à moins que vous ne les suscitiez. Même si vous êtes satisfait de votre situation présente, noubliez pas que tout est en train dévoluer et quil vaut mieux anticiper le changement que le subir!
2. Du service au commerce électronique
Daprès la HYPERLINK \l "Mission" #Mission pour le Commerce électronique (goupe de travail Echanges commerciaux interentreprises animé par Jean-Claude Pélissolo), en matière de commerce interentreprises, tout laisse à penser quà terme, la quasi-totalité des échanges se fera par ce média. Par commerce électronique interentreprises ou B to B, ce groupe de travail entend
- les échanges de données informatisées
- les consultations et appels doffres électroniques qui, vus du côté clients, leur font réaliser des économies sur leurs achats et, du côté fournisseurs, leur assurent ur un référencement sur le plan mondial, ce référencement pouvant être renforcé par une certification émanant dune tierce partie de confiance (voir plus loin)
- les catalogues électroniques professionnels qui concernent essentiellement les achats généraux -par opposition aux achats de production- ; certains de ces catalogues peuvent être personnalisés cest-à-dire adaptés aux habilitations des utilisateurs, les prix ayant fait lobjet de négociations préalables, au niveau global entre les acheteurs spécialisés -par opposition aux utilisateurs se contentant de passer des commandes- et les fournisseurs
- les échanges interactifs fondés sur le courrier électronique et des workflows qui assurent une rapidité de mise sur le marché de produits nouveaux.
Il résulte de cette tendance quau fur et à mesure que les clients et donneurs dordres sorganiseront en fonction du commerce électronique, les fournisseurs et sous-traitants devront en faire autant et synchroniser leur système dinformation en conséquence.
Le groupe de travail Fonctions dintermédiationanimé par Georges Fischer de la HYPERLINK \l "Mission" #Mission pour le Commerce électronique a précisé que le rôle des tierces parties de confiance en matière de commerce électronique ne se limitait pas au référencement mais sétendait à
- lauthentification des acteurs au cours de la recherche dinformation
- la garantie des contrats négociés et de leur bonne fin
- larchivage électronique.
Les échanges seffectuent donc au sein de places de marchés qui peuvent se présenter sous forme
- privée, restreintes à une firme leader et ses partenaires (principaux fournisseurs, sous-traitants etc.)
- de communauté virtuelle regroupant des entreprises ayant des préoccupations communes
- de portails
Places de marchés, sites Web, portails ...
Une place de marché joue un rôle bien déterminé consistant à mettre en relation acheteurs et vendeurs et faciliter leurs transactions en mettant à leur disposition un certain nombre de moyens ou de services; connectée au Web, elle peut se présenter sous lapparence dun portail mais ce nen est pas un car le portail se limite la plupart du temps à des fonctions plus générales que la place de marché peut dailleurs remplir dans certains cas; toutefois, pour fonctionner de manière efficace, la place de marché fait appel à des serveurs et progiciels érigés en plate-forme dédiée à cette finalité; il en résulte quune place de marché nécessite un investissement non négligeable; il nest pas possible ici de faire des estimations étant donnée la grande diversité des besoins mais nous donnerons tout de même quelques indications pour que le lecteur dispose dordres de grandeurs; nous citerons, par exemple, larticle de Laurance NKaoua paru dans Les Echos.net du 23 Octobre 2000 dans lequel Patrick Guérin, PDG de Celtipharm qui met en contact 78 laboratoires et 4000 pharmaciens en France déclare que ... à lui seul le coût des infrastructures technologiques peut atteindre 100 millions dEuros; bien sûr, on ne peut pas généraliser mais il ne faut pas se leurrer; il faut également tenir compte des frais de fonctionnement, notamment les salaires du personnel nécessaire pour, selon les propos de Djamel Agoua présenté dans le même article comme cofondateur dAchatPro voué aux achats de services généraux, référencer les fournisseurs, gérer les catalogues et former les clients ou assurer le suivi au moindre problème; il est bien placé pour le savoir puisque son entreprise qui compte comme actionnaires...Suez Lyonnaise des Eaux, Euler-SFAC et la Caisse des Dépôts ... emploie 70 personnes à Paris et en province.
Edith HYPERLINK \l "Nuss" #Nuss, quant à elle, dans son ouvrage Le cybermarketing, mode demploi fait une distinction dordre plus général entre le site plaquette à quelques milliers dEuros et les sites à fort trafic à plusieurs millions dEuros interfacés avec les systèmes dinformation de lentreprise et offrant de nombreux services et une mise à jour en flux tendus; elle distingue parmi ces derniers ceux qui permettent tout juste de se maintenir au niveau de la concurrence estimés par le Gartner Group à 5 millions dEuros et ceux qui procurent un véritable avantage compétitif estimés par le même cabinet à au moins une vingtaine de millions dEuros. Mais il existe également des possibilités dhébergement ou de location de serveur, partagé ou non, auprès dun prestataire de services moyennant un loyer mensuel (pouvant aller dun millier à une centaine de milliers dEuros suivant les prestations fournies); celui-ci peut proposer un logiciel standard ou personnalisé mais il peut également assurer un développement spécifique sur devis, en interne ou en liaison avec différents partenaires.
Comment fonctionne une place de marché
Une place de marché peut être dotée de plus ou moins de fonctionnalités mais la tendance est à loffre de services de plus en plus complets et à une intégration de plus en plus poussée entre les partenaires, ce qui nécessite dailleurs une sélection de plus en plus rigoureuse des adhérents en fonction de différents critères.
Parmi les services offerts, il est possible de distinguer dune manière générale:
- une fonction dadministration, de gestion des adhérents,fournisseurs référencés et clients dont certains exigent une prestation sur mesure, dhistorique et de reporting; elle peut également se charger des facturations sur relevé
- une fonction de e-purchasing recouvrant lensemble des activités au niveau Fournisseurs, principalement le e-sourcing correspondant dune part à la recherche et la sélection des fournisseurs, dautre part à lorganisation de le-auctionning (ventes aux enchères directes ou inversées) et de le-tendering (lancement dappels doffres, dépouillement et passation des contrats); elle procède également à la réalisation, la mise à jour et la présentation de catalogues électroniques qui peuvent être segmentés par spécialité et personnalisés à la demande; ils peuvent être multilingues et multi-devises; pour faciliter les comparaisons, une mise en cohérence des offres des différents fournisseurs simpose, ce qui conduit à une certaine normalisation
- une fonction de e-requisitioning assurant la négociation des conditions de vente et la bonne exécution des achats en libre-service conformément à des contrats-cadres, le e-procurement correspondant au workflow des achats (habilitation des utilisateurs, commandes, circuit dapprobation, gestion et bons à payer) en liaison avec les ERP des entreprises
- une fonction de e-supply chain supervisant la chaîne logistique en mettant particulièrement laccent sur la planification de loffre et de la demande qui sopére entre les ERP dun fournisseur et dun client; elle peut inclure le co-développement qui est une forme de conception collaborative comme celle qui a été décrite au Chapitre 2 et le-fulfillment concernant le partenariat avec des sociétés de transport, les demandes de prix exprimées à loccasion de le-requisitioning ou de le-auctionning ainsi que loptimisation des tournées; le-fulfillment peut aller jusquà le-payment cest-à-dire le paiement en ligne
- dautres fonctionnalités peuvent être souhaitées comme les requêtes adressées par les clients aux fournisseurs pour obtenir des délais de livraison ou des devis, ce qui est facilité par linterfaçage des ERP
- enfin de nombreux services annexes sont envisageables: information économique et technique, services métiers etc.
Nous allons voir maintenant quels sont les types possibles de places de marchés susceptibles de fonctionner suivant le modèle ci-dessus:
- Dans la définition du commerce électronique, nous avons fait allusion aux achats généraux; cest précisément le domaine des places de marché dites transversales ou horizontales; elles ne sont pas affectées en général à une profession ou une filière déterminée du fait quelles concernent plus ou moins lensemble des entreprises (MRO, travail temporaire, services informatiques, fournitures de bureau, matériel informatique, location de véhicules, études de marchés, conseil financier etc.); leur accès est généralement ouvert; elles peuvent être opérées par une société indépendante ou un groupe de fournisseurs, ceux-ci pouvant se fédérer autour dun fournisseur-leader généralement certifié aux normes ISO, ce qui apporte aux autres un surcroît de crédibilité sils ne le sont pas encore eux-mêmes. Pour les fournisseurs, cela présente lavantage de pouvoir fournir à leur force de vente tous les éléments nécessaires pour négocier avec un client dont ils auront pu mesurer exactement les besoins; quant aux clients, ils nont quune seule démarche à effectuer pour faire connaître leur offre dachats généraux
- Dautres places de marché sont dites sectorielles ou verticales vouées essentiellement aux biens liés à la production que ceux-ci aient une importance stratégique ou revêtent un caractère critique quant à la ponctualité des approvisionnements, une rupture de stock pouvant avoir de graves conséquences; elles sont spécialisées dans les échanges commerciaux au sein dune profession ou dune filière donnée; elles peuvent être opérées par une société indépendante ou, comme cest fréquemment le cas, par un groupe dentreprises-leaders appartenant à une même branche, en fait des donneurs dordres représentant un fort potentiel dachats et constituant les actionnaires principaux; toutefois des firmes de dimensions plus modestes peuvent se fédérer pour mutualiser les investissements et les frais de fonctionnement
- Enfin il existe des places de marché strictement privées (à partir de quelques milliards dEuros dachats par an) restreintes à une grande organisation et ses partenaires et fonctionnant en Extranet
- il est permis de distinguer en outre quelques places de marché dites full service ou de niche spécialisées dans un bien ou service indispensable à une profession; elles assurent en général un service complet depuis la conception jusquà la réalisation.
Les places de marchés peuvent jouer un rôle considérable dans la mise en présence dun grand nombre de fournisseurs pouvant atteindre des dizaines de milliers avec un nombre généralement restreint de clients qui peuvent être actionnaires dans le cas dune place de marché verticale ; le montant des transactions peut y atteindre des dizaines de milliards dEuros ce qui montre clairement quil ne sagit pas dun phénomène économique mineur; les avantages que lon peut en retirer sont nombreux: réduction des coûts de transaction, gain de temps, diminution des stocks, automatisation des processus assurant, entre autres, une meilleure fiabilité, économies réalisées par une plus grande maîtrise des achats permettant de négocier des contrats globaux.
Ces différentes places de marché se distinguent en fonction des volumes traités, de la spécificité des biens et services échangés ainsi que de limportance des prestations de services et du degré dintégration des fonctions.
Lintérêt manifesté pour les différentes fonctionnalités des places de marché varie en fonction des objectifs poursuivis: ventes aux enchères pour les produits de faible importance stratégique mais pour lesquels labaissement du prix est essentiel, e-procurement pour les articles pour lesquels labaissement des coûts de transaction est un critère essentiel, intégration et e-supply chain pour des produits stratégiques pour lesquels il importe de maîtriser non seulement le prix mais également les flux logistiques en temps réel.
Au-delà des différentes dénominations des fonctions, ce qui compte, en fait, cest
- pour le client: la maîtrise de ses achats, ce qui implique une information la plus complète que possible et un choix rigoureux des fournisseurs -ni trop, ni pas assez-; le choix des fournisseurs passe par une segmentation préalable des achats et une attribution de critères dont la pondération varie avec les caractéristiques de chaque type dachat (volume, valeur marchande, importance stratégique, criticité, spécificité, etc.)
- pour le fournisseur: une visibilité parfaite des besoins du client tant sur le plan qualitatif que quantitatif dans lespace et dans le temps; présentation dun catalogue documenté en ligne et respect des délais de livraison grâce à un système intégré dinformation et un interfaçage avec le système du client.
Si lon se reporte aux résultats de lenquête publiée dans Le Nouvel Economiste du 15 Septembre 2000, la plupart des sociétés interrogées (une centaine de grandes entreprises européennes cotées), agissant en tant que clientes, ont établi des relations électroniques de-procurement avec leurs fournisseurs partiellement ou en totalité via un Extranet ou via Internet. Un certain nombre dentre elles participent à des places de marché verticales. En tant que fournisseurs elles-mêmes, le contexte est beaucoup plus nuancé car il faut distinguer les entreprises qui sont en relation directe avec lutilisateur final (clientèle particulière ou dentreprises), celles qui ont un réseau de distribution direct ou indirect, les cas les plus épineux étant ceux des entrprises travaillant avec des distributeurs franchisés ou indépendants.
Les places de marchés, après un engouement initial, ont fait lobjet de restructurations, comme le souligne Jean-Claude Streicher dans 01Réseaux du 10 Février 2006 ; certaines ont échoué pour différentes raisons généralement liées à la confidentialité des opérations commerciales ; cela na pas empêché de grandes places de marchés comme GNX (Carrefour) et WWRE (Auchan, Casino) non seulement de perdurer mais de fusionner en Novembre 2005 dans Agentrics ; cette place de marché basée au Etats-Unis regroupe une cinquantaine de distributeurs-fondateurs et sera en relation avec plus de 50000 fournisseurs ; elle intervient au niveau du choix des fournisseurs, de lintroduction des produits (Product Lifecycle Management) et de la chaîne dapprovisionnement collaborative ; elle assure également la synthèse des données globales. Elle contribue à la diminution des coûts aussi bien chez les fournisseurs que chez les acheteurs, elle encourage ladoption de standards et assure la promotion des meilleures pratiques.
Des sites pour tous les usages
Avant de poursuivre, maintenant que nous avons vu comment fonctionnaient certains sites particuliers, les places de marché, nous allons faire le tour des principaux sites envisageables:
Il est possible de distinguer avec Isabelle Trévidic dans son article sur l « Automobile en ligne » de e-commerce N° 4 deSeptembre 2000
- les sites informatifs
. informationnels voués essentiellement à la communication
. promotionnels destinés au marketing ou à lanimation commerciale
- les sites transactionnels ou interactifs
. produits/services
. avant-vente (échanges dinformations)
. informations, tests, actualités, conseils, newsletters
. choix
. devis
. préréservation
. prise de rendez-vous avec un concessionnaire
. simulation et préacceptation de financement
. marchands (vente en ligne)
. de contacts avec un concessionnaire
. configurateurs
- les sites B to B notamment ceux qui offrent des services aux concessionnaires dune marque moyennant un abonnement et une commission sur les transactions ou les prospects ainsi quun engagement de garantie de service (contrats, facturation, encaissements): gestion de parc, référencement, service de centre dappels.
Nous avons vu plus haut dautres sites B to B comme les places de marché voire B to B to B lorsque les fabricants ont la possibilité de remonter la chaîne des fournisseurs
- les sites B to C .
Il peut y avoir encore une grande variété de sites sur lesquels il est inutile de sétendre ici: sites multiconstructeurs (financement, maintenance, livraison à domicile, reprise, service client etc.), sites logistiques, sites facilitateurs (prescripteurs, infomédiaires) consacrés au choix, au conseil et à la prise de rendez-vous avec un concessionnaire, sites brokers, sites évènementiels pour la durée dun lancement ou dune manifestation quelconque.
Pour illustrer ce quune firme initialement bricks and mortar peut attendre dun site B to C,nous allons nous demander comment La Redoute a procédé pour passer de lancienne à la nouvelle économie. La réponse est donnée par Gaëlle Macke dans Le Monde du 20 Septembre 2000: Comme la plupart des entreprises de lancienne économie, elle a démarré dans la nouvelle en transférant tout bonnement son offre (en loccurrence son catalogue papier) en ligne pour sorienter positivement vers le commerce en ligne et conquérir de nouveaux clients et lauteur de citer Jean-Marie Boucher , directeur du commerce électronique de lentreprise: Via Internet, notre coût par transaction est divisé par plus de dix (en effet, les commandes passées en ligne nont pas besoin dêtre ressaisies comme cest le cas de celles qui sont passées par téléphone ou par courrier). Le propre dInternet pour ce type dentreprise, cest son caractère dynamique grâce à une mise à jour permanente en ligne, ce qui est loin dêtre le cas pour les catalogues papier et à une meilleure connaissance des clients -ce qui est dune très grande importance, comme nous le verrons plus loin. Le service (rappelez-vous ce que nous avons dit à ce sujet...) nen est pas négligé pour autant: informations sur la disponibilité des articles, avis personnalisés, communication sur les promotions, possibilité de dialogue en ligne etc.
Pour la Fnac qui fait partie du même groupe Pinault-Printemps-Redoute, le problème est quelque peu différent bien que fnac.fr dispose des mêmes relais-colis (épiceries, bureaux de tabac etc.) que La Redoute (au nombre de 3000 en France): en effet, la FNAC dispose de magasins et le site joue avant tout un rôle de lien avec la clientèle; néanmoins, la personnalisation est possible et de nombreuses rubriques peuvent être consultées (forums, groupes de discussion etc.). En ce qui concerne fnac.com, des adaptations locales sont prévues dans chaque pays concerné. Daprès les propos de Frank Leprou, Directeur Général de Fnac.com, rapportés par lhebdomadaire ZDNet du 10 Mars 2006, le site Internet « se situe désormais en cinquième position des magasins du groupe » ce qui justifierait lextension de la stratégie « clic et magasin » à la France entière courant 2006 de manière à permettre la réservation en ligne et le retrait en magasin.
Ceci étant dit, vous voyez que ce nest pas par simple plaisir que nous avons tenté détablir des classifications, cest parce que la réalité est complexe et que si lon veut élaborer une stratégie et concevoir lorganisation qui la supportera, il faut adopter une attitude pragmatique; vous venez de constater que, à lintérieur dun même groupe, les conditions ne sont pas les mêmes partout; il ny a donc pas une seule stratégie et une seule e-organisation bien quil y ait des principes de base applicables à toutes les entreprises et cest ce à quoi nous nous attachons tout en éclairant la réalité à laide dexemples; en voici encore un pour vous montrer quun même stratège peut employer des moyens différents pour arriver à ses fins. Pour être encore plus convaincant, nous resterons dans le même groupe et nous bornerons à citer les termes dune information publiée dans sa Lettre aux Actionnaires N° 14 dOctobre 2000: « La réduction des coûts dapprovisionnement et lamélioration de lefficacité de la supply chain de chacune des enseignes du Groupe a conduit Pinault-Printemps-Redoute à étudier les différents modèles de places de marché existants sur chacune de ses branches dactivité (BtoC et BtoB). Cest ainsi que le Groupe a décidé, fin Juillet, de rejoindre la plate-forme électronique GlobalNetXchange (GNX), aujourdhui leader dans le secteur de la distribution » Depuis, nous avons vu précédemment que GNX était entré dans Agentrics.
Vous devez commencer à entrevoir ce que représente le-management et y voir plus clair dans les démarches successives à accomplir; si vous suivez les conseils dispensés au Chapitre 1 votre entreprise disposera notamment dune infrastructure et dune infostructure solides ainsi que dun personnel habitué à travailler en équipe, ayant le sens du service, accumulant les connaissances au fil des jours et les partageant avec ceux qui en ont besoin, ayant le souci permanent du client; vous sous serez probablement lancé dans un Intranet qui aura été accueilli avec enthousiasme, tout en augmentant la productivité de chacun; peut-être en êtes-vous déjà à lExtranet et en avez-vous déjà recueilli les fruits. Fort de cette base humaine et de cette expérience, vous êtes sur le point de faire des choix pour accompagner votre stratégie dentreprise. Quel type dentreprise voulez-vous devenir? Sur quels points forts envisagez-vous de vous appuyer? Quels sont les critères qui vous tiennent le plus à coeur, compte-tenu de votre situation actuelle? Lexpansion? La rentabilité? La flexibilité? Lindépendance? La minimisation des risques? Attention! une réponse par oui ou par non à chacune de ces questions nest pas suffisante car elles sont plus ou moins interdépendantes; si on les pose cest précisément pour voir quelles sont les conséquences de lune sur les autres. Votre équipe dirigeante est-elle prête à vous suivre?
Avant den terminer sur ce sujet, nous allons revenir brièvement sur les exemples précédents pour insister sur le fait quils fonctionnent grâce à des atouts antérieurs que tout le monde ne possède pas:
La Redoute avait déjà une longue expérience des catalogues et des relations avec la clientèle.
La Fnac dispose de magasins et a su créer un esprit club grâce à son système de cartes dadhérents.
Le Groupe PPR, avec une force de frappe de près de 18 milliards dEuros en 2005,a toutes les chances de peser de tout son poids sur une place de marché.
Dautres ont réussi leur chaîne dachats automatisée parce que, dune part, le personnel a été préalablement formé et a compris les avantages quil pouvait en tirer et que, dautre part, les fournisseurs externes ont accepté de mettre leur catalogue en ligne sur une plate-forme dédiée en se conformant à des normes reconnues comme UN/SPC et XML.
Certains groupes non concurrents ont uni leurs forces pour mieux sélectionner leurs fournisseurs tout au moins en ce qui concerne les achats hors production dits indirects ; cest le cas, notamment, de Rhodia, Schneider, Thomson, Faurecia qui gèrent une société commune de sourcing dénommée KeyMRO qui leur permet de mutualiser la sélection de leurs fournisseurs et les négociations avec eux ; cela implique un catalogue privatif sur fichiers UN/SPSC implanté sur une place de marché gérée en mode ASP par le groupe Hubwoo-Avisium en liaison avec deux autres places de marchés internationales ; Thomson a greffé sur ce dispositif un système de-procurement automatisé appelé EarlySource qui constitue, en fait, un réseau mondial B to B fonctionnant sur la base de solutions SAP : il prend en compte les engagements de dépenses des demandes dachats, le workflow de validation, lémission automatique des commandes avec le suivi des dépenses (statistiques, analyses). Globalement, ce ne sont pas moins de 60% des transactions qui sont réalisés via le e-commerce avec 7000 fournisseurs, en majorité des achats ad hoc (hors catalogue).
Quid de la relation client?
Nous avons vu à maintes reprises que le client se situait désormais au coeur des préoccupations de lentreprise; il ne suffit pas de penser à lui, encore faut-il entretenir des relations suivie et entretenir le dialogue avec lui dautant plus que les moyens électroniques de communication rendent la tâche plus aisée. Tout dabord, nous ferons une réflexion préalable parce quà force de parler du client, lon oublie parfois dans le B to B quil ny a pas de client isolé; voici ce que lon peut lire à ce sujet dans louvrage intitulé Les équipes intelligentes coordonné par Patrick Audebat-Lasrochas: Lenjeu stratégique pour une entreprise fournisseur est de réussir la fidélisation de ses clients et de [leurs] équipes. Il sagit donc dune relation avec les différents acteurs de léquipe-client : acheteurs du service achats certes mais également des prescripteurs comme il peut y en avoir au service marketing ou des influents qui peuvent avoir également leur mot à dire dont, au premier chef, les utilisateurs. Cest une remarque à laquelle il faut penser lorsque lon parle de gestion de la relation client (CRM); en effet, le mot client est un terme général, alors que le véritable client est constitué par laddition dagents aux intérêts et motivations parfois divergentes; il faut donc être capable de se mettre à la place de chacun deux, le meilleur moyen étant de lier les équipes client et fournisseur; nous retrouvons ici le travail collaboratif dont il a été question au Chapitre 2; segmenter la fidélisation revient alors à favoriser des binômes de relations client-fournisseur en combinant le rationnel et lémotionnel; il nen reste pas moins vrai que lexistence dun chef dorchestre de la relation client demeure indispensable. Il est évident que dans le B to C le problème ne se pose pas de la même manière.
En fait, le concept de CRM revêt deux principaux aspects:
- dune part, le relationnel (front-office) qui comprend laccueil, le service, la satisfaction des besoins, les réponses aux questions, la personnalisation, le marketing collaboratif qui consiste à faire participer le client à la définition du produit
- dautre part, le décisionnel (back-office) sur un plan général ou individuel qui consiste essentiellement à saisir puis analyser le comportement des clients et leurs différents rapports avec lentreprise (commandes, réclamations, comptes-rendus des commerciaux les concernant).
Les deux aspects sont complémentaires dans la mesure où le front-office alimente le back-office en informations et où le back-office sert à améliorer le front-office.
Certains pourraient être tentés d utiliser les informations recueillies pour effectuer une sélection parmi les clients ou automatiser les réponses faites aux demandes des clients:
- en ce qui concerne la sélection, sil sagit de sadresser différemment aux clients compte-tenu de leur profil, cest une forme de personnalisation certainement bénéfique; lorsquil sagit de sélectionner un client en fonction de sa rentabilité, il faut veiller à ne pas négliger les autres pour autant; il peut néanmoins être logique de cibler certains moyens promotionnels onéreux en direction des clients les plus rentables, les autres nétant manifestement pas intéressés. Mais poussé à lextrême, ce système risque de conduire à ne conserver que les clients les plus rentables, ce qui est pour le moins discutable (cest comme si, dans une compagnie aérienne, il ny avait quune seule classe, la première classe: quel serait alors le coefficient de remplissage des avions de cette compagnie? Il faut bien distinguer taux de rentabilité marginal et taux de rentabilité moyen; il est tout à fait possible davoir un taux de rentabilité marginal intéressant et un taux de rentabilité moyen déplorable). Par ailleurs, il faut considérer un client sur une longue période; il peut très bien ne pas être très rentable au début de ses relations avec lentreprise pour devenir très rentable par la suite en raison de lévolution de ses habitudes, de son activité ou de son niveau de vie...à condition quil soit toujours client; raison de plus pour ne pas le dégoûter! Cela nempêche pas que la segmentation de la clientèle permet dadapter les prestations aux besoins de chacun, de mieux cibler les campagnes marketing et de faire peser ses efforts là où cela en vaut la peine; a contrario, si par méconnaissance de son profil, un employé non informé traite un important client comme un client parmi dautres et non comme un V.I.P., il risque de faire perdre ce client à lentreprise, ce qui ne veut pas dire que tous les clients ne doivent pas être correctement traités mais certains peuvent mériter un peu plus de considération que dautres. Ces remarques qui peuvent sembler anodines font ressortir lintérêt que représente une bonne connaissance du client et sa disponibilité en temps réel; ce qui signifie que dès quun client se manifeste dune façon ou dune autre auprès dun collaborateur de lentreprise, celui-ci doit pouvoir dun simple clic faire apparaître sur son écran le profil de lintéressé.
- en ce qui concerne lautomatisation des réponses au courrier électronique, cest une bonne chose à condition de laisser une place à lintervention humaine sauf dans les cas où lon est parfaitement sûr quil ne peut y avoir aucune ambiguïté; il ny a rien de plus désagréable, en effet, pour un client que de recevoir un message mal adapté à son cas; ceci étant dit, lautomatisation peut faire gagner un temps considérable dans un grand nombre de cas; même si elle nest pas utilisée intégralement du fait quelle demeure sous contrôle humain, elle peut être très utile en accroissant la productivité du personnel et en fournissant une présentation uniforme des réponses correspondant à limage que lon souhaite donner de lentreprise.
Revenons au CRM en général; daprès louvrage publié sous légide de Microsoft (TM) intitulé e-conomie, le CRM accroît en moyenne de 20 % la productivité, la satisfaction des clients et le chiffre daffaires avec un pay-back moyen de 10 mois, ce qui est tout à fait important; toutefois, nous pensons que ces chiffres sont valables sous réserve de pratiquer le CRM à bon escient et avec doigté. Il faut donc qui y ait interaction entre back-office et front-office et la rétroaction du CRM sur le front-office; par exemple, le contenu dun portail (voir plus loin) et son agencement seront influencés par le comportement des utilisateurs vis-àvis deux grâce à la mise en oeuvre du CRM.
Sans vouloir revenir sur la notion de client, disons simplement que le client, en général, -nous avons vu précédemment que, dans le cas du B to B, cétait plutôt un certain nombre dintervenants ayant leur mot à dire sur lacte dachat au sein de lentreprise cliente et même quelquefois en dehors delle dans le cas de prescripteurs, dinfomédiaires, de consultants voire de ses propres clients (B to B to B)- cest une entité évolutive qui passe par différents stades: avant de figurer parmi vos clients, il nest quun client potentiel détecté par des études de marchés; à la suite de quoi, une démarche commerciale ayant été effectuée auprès de lui, il devient un prospect et, bien quil nait pas encore passé de commande, il lui est généralement attribué un pourcentage de chances de passer à lacte dachat; au cours d un certain nombre de contacts, dessais, de propositions ou de négociations, ce pourcentage peut croître, tout au moins cest le but recherché, jusquà, éventuellement, la finalisation; cest alors quil est promu au rang de client; mais ce nest pas parce quil a passé commande une fois quil va devenir un client régulier; il faut tout mettre en oeuvre pour le retenir et le fidéliser pour quil nait plus envie daller se servir chez un concurrent; lon voit bien que lacquisition dun nouveau client nécessite un investissement important et parfois des sacrifices; il faut donc continuer à faire des efforts pour le conserver car cela coûte infiniment moins cher que den acquérir un nouveau; et puis, une fois que vous avez acquis et fidélisé un client, il est normal de chercher à traiter plus daffaires avec lui, sans pour autant lagacer par des offres intempestives: cest le rôle du marketing permissif de fournir au client les informations qui lintéressent avec son consentement comme par exemple de lui adresser par e-mail des news, intéressantes, faciles à lire grâce à une présentation agréable et renvoyant par des liens à des documents plus détaillés (bien vérifier le fonctionnement effectif des liens, faute de quoi le client se lassera rapidement, sans toujours prendre la peine de vous aviser de la cause de sa désaffection bien quelle puisse dans ce cas être détectée par lhistorique de sa navigation).
Ce client multiforme et évolutif peut se manifester par différents canaux (Réseau Téléphonique Commuté, téléphone mobile, courrier postal, messagerie électronique etc.) et doit dans tous les cas être identifié de manière à saisir les informations nécessaires dans une base de données dédiée sous forme normalisée conformémEnt à un référentiel de méta-données.; ce nest ni plus ni moins quun problème de gestion de connaissances à cela près que la base de données est insérée dans un circuit dextraction, danalyse et de prise de décision. Cest toutefois un circuit particulier qui implique un certain nombre dintervenants de lentreprise que lon a intérêt à faire travailler en groupe, au sein dun espace électronique de travail comme nous en avons rencontré précédemment et fonctionnant peu ou prou comme un projet, un nouveau projet étant lancé par le responsable du CRM chaque fois quun événement nouveau se présente et nécessite une ou plusieurs prise de décision. Bien entendu, cette activité doit faire lobjet dun suivi à laide dindicateurs appropriés, en rapport avec le contexte de lentreprise, de manière à ce que lon puisse en évaluer lefficacité et y apporter les corrections nécessaires: on pourra ainsi juger du taux de fidélité des clients, de leur degré de satisfaction mais la mesure nest pas toujours évidente; il y a des choses que lon peut plus facilement mesurer comme les ventes complémentaires lorsque celles-ci sont le résultat dun dialogue avec un CSR comme il en existe dans les centres dappels ou de ventes croisées lorsque des accords sont passés avec des partenaires.
Nous ninsisterons pas sur la manière dont est informatisé le CRM car cela est trop lié au fonctionnement de chaque entreprise; dune façon générale, il est plutôt modulaire et est adossé au front-office dont il épouse larchitecture: lexemple cité plus haut de National Instruments fait apparaître un module Avant-vente, un module Vente et un module Après-vente, chacun de ces modules permettant dinstaurer un dialogue avec le client et étant connecté au back-office.
Il est cependant un point sur lequel nous croyons devoir insister; même si un grand nombre de tâches courantes peut être assuré automatiquement comme cest le cas pour la distribution automatique dappels(ACD), la plupart du temps, il y a une intervention humaine au bout de la chaîne; cest vrai quil existe des systèmes pour recueillir lensemble des appels des clients, quel que soit le canal utilisé (téléphone, messagerie électronique, Web, mobiles WAP, PDA etc.); cest vrai quil existe des moyens de distribuer automatiquement les appels en fonction, dune part, de la nature de la question suite à une recherche lexicale, dautre part, de la compétence, de la langue ou tout autre critère prédéterminé des personnes susceptibles de répondre; mais ces personnes se doivent de donner satisfaction au client et, pour cela, il faut non seulement quelles en soient capables eu égard à leur formation, leur expérience, leur attitude vis-à-vis dun interlocuteur que la plupart du temps elles ne connaissent pas sauf, comme nous lavons précisé plus haut, par les informations apparaissant sur leur écran, mais quelles soient véritablement motivées; or, pour motiver quelquun, que faut-il faire? Il faut quil trouve un intérêt à bien faire; pour cela, il est possible de le récompenser, dune manière ou dune autre -nous en laissons le choix aux DPRH- à condition de disposer dune mesure de la qualité des services fournis et notamment du degré de satisfaction des clients quant aux réponses qui leur auront été faites. Et là, cest le problème des indicateurs qui peut être résolu plus ou moins automatiquement ou par enquêtes de satisfaction qui, comme chacun sait, peuvent être plus ou moins biaisée; reste le contact direct, inspiré du walking management, qui ne peut procéder évidemment que par sondages mais qui a le mérite de mettre en présence directement une ou plusieurs personnes responsables de lentreprise et une ou plusieurs personnes représentatives de léquipe-client. En définitive, un mix des trois méthodes est recommandé parce quelles se complètent mutuellement mais il vous appartient de définir la démarche à adopter car tout dépend du contexte: lon nagira pas de la même façon lorsque lon a affaire à un petit nombre de clients hautement professionnalisés ou avec les 15 millions de clients de La Redoute répartis dans dix pays en Europe et aux Etats-Unis dénombrés par Henri Pradenc dans son article de e+ LUsine Nouvelle, N° 1 de Novembre 2000.
Cest un fait que lon peut automatiser les ventes (ISS),le marketing et le service, les trois mamelles du CRM, ce qui fait que certains parlent de-CRM; cela peut rendre de grands services dans certains cas surtout lorsquil y a de linteractivité. Vous pouvez imaginer toutes sortes de workflows et de bases de données accessibles au client lui permettant de configurer de manière personnalisée son produit, de passer des commandes en ligne en ayant à sa disposition toutes les informations nécessaires quant aux produits proprement dits, aux prix, aux délais de livraison et au choix du mode dacheminement avec les conditions tarifaires correspondantes; le client peut également avoir la possibilité de se dépanner lui-même si lon met à sa disposition les informations techniques et les modes opératoires nécessaires ainsi que toutes les références et conditions dacquisition des pièces de rechange (souvenez-vous des exemples cités précédemment à propos dAirbus et de CFM International) . On sait faire tout cela mais il y a des limites: il faut donc toujours prévoir des chemins de repli afin quen aucun cas le client ne puisse se sentir abandonné en tête-à-tête avec un écran têtu qui ne le conduit nulle part; cest une question dorganisation. En contrepartie de tous ces systèmes plus ou moins automatisés, vous disposerez dune masse importante dinformations qui, si elles sont convenablement exploitées peuvent servir dune part à améliorer la satisfaction du client (rétention), dautre part à acquérir de nouveaux clients (marketing) ou développer les ventes: vous connaîtrez les motifs de réclamations que ceux-ci portent sur le produit lui-même, ce qui peut concerner aussi bien le développement, la fabrication, le marketing ou ses conditions dutilisation, ce qui peut concerner les mêmes plus le service-après-vente, ou ses conditions de livraison, ce qui concerne la logistique; dautres problèmes peuvent apparaître dans le domaine juridique ou de la sécurité, de lhygiène, de lenvironnement etc. Mais il ne faut pas oublier quil y a ce que le client dit dans ses messages ou réponses à des questionnaires mais quil y a aussi le non-dit qui se traduit par des comportements particuliers; prenons le cas de ce que lon désigne dans la vente en ligne par abandon de caddie: cela consiste, pour un client à remplir son caddie ou panier virtuel puis sarrêter et, au lieu de valider sa commande, dabandonner la session; dans ce cas, il est bien improbable quil vous adresse un mail pour vous dire pourquoi il est parti; cest à vous de le découvrir! (peut-être que le dernier prix quil a vu ou le total cumulé la dissuadé, peut-être, si cest la première fois quil se présente, na-t-il pas apprécié le mode de règlement qui lui a été proposé, à moins que ce ne soit les conditions de livraison ou tout simplement un mouvement dimpatience parce quil a dû attendre trop longtemps ou que lenvironnement offert ne la pas attiré suffisamment).
A chaque fois, il faut être bien informé pour être en mesure de prendre les dispositions nécessaires en vue dempêcher le renouvellement des dysfonctionnements constatés.
Avant den terminer avec les relations clients, disons quelques mots de lautomatisation de la force de vente (SFA) afin que les choses soient bien claires. Pour cela, nous distinguerons deux mondes distincts:
- celui de la grande distribution où un public généralement peu averti cherche à sinformer; dans les points de vente, des vendeurs insuffisamment formés, peu motivés voire irresponsables peuvent le décevoir surtout lorsquils formulent des avis ne visant quà conclure une vente, sans se soucier des conséquences ultérieures; cest évidemment là une politique à courte vue. Devant une telle situation, il y a plusieurs solutions:
. former des vendeurs commercialement et techniquement, ayant un bon contact avec le client, capables de répercuter à un marketing constamment à lécoute les réactions de la clientèle vis-à-vis des différents produits et services proposés; ils doivent, bien sûr, être motivés -nous lavons déjà dit dune façon générale- mais également rcyclés régulièrement, tout au moins chaque fois quapparaissent des nouveautés; cela peut se faire ainsi que le montrent certaines entreprises de distribution grand public mais on ne peut pas dire quelles soient majoritaires; il est vrai que cette solution est plus coûteuse en temps de formation, en formateurs, en compensations que celle qui consiste à laisser le vendeur livré à lui-même mais aussi à accepter une grande volatilité du client et qui est peut-être encore valable aujourdhui mais, compte-tenu de lévolution des moyens dinformation et de lélévation du niveau général du public grâce aux médias et, de plus en plus, grâce à Internet, ne semble pas devoir perdurer indéfiniment
. installer sur les lieux de vente des bornes interactives, analogues aux sites Web mais adaptées à la consultation en magasin, et, dans ce cas il est permis de parler de force de vente automatisée, les vendeurs étant remplacés par de simples surveillants capables dorienter les clients dans le magasin et de leur expliquer le fonctionnement des bornes qui pourront être complétées par des automates de prise de commande à emporter ou à livrer laissant subsister magasiniers et caissiers. Science fiction? Ce nest pas sûr car lon voit déjà apparaître un curieux mariage entre la vente en magasin et la vente en ligne, des bornes interactives implantés dans certains magasins permettant de commander en ligne des produits nayant rien à voir avec la société exploitant le magasin mais émanant de sociétés installées sur le Web, le magasin servant uniquement de dépôt-relais où le client peut retirer les produits quil a commandé en ligne; ainsi voit-on des sociétés bricks-and-mortar se présenter sur le Web et, inversement, des sociétés initialement pure players utiliser les infrastructures matérielles existantes.
Pour en terminer avec la grande distribution, nous dirons quil ny a pas une solution unique mais que dans vos futurs choix, il ne faut pas tenir compte uniquement de la rentabilité à court terme mais quil faut veiller à entretenir son capital intellectuel comme nous lavons vu au HYPERLINK \l "Chapitre" #Chapitre 1: notamment, clientèle et personnel et que, pour cela, il ne faut rien négliger et utiliser tous les moyens mis à notre disposition; mais, ayez toujours à lesprit que lhomme et les relations humaines ont de tout temps été la clé du succès commercial et, que même si les nouvelles technologies peuvent accroître la productivité du personnel commercial, gare aux retours de bâton pour ceux qui auront tout misé sur lautomatisation ou le laxisme en négligeant le capital humain!
- celui du secteur professionnel où lingénieur commercial aura à sa disposition de plus en plus doutils de démonstration, de simulation et de calcul et pourra, en se connectant sur le site principal de sa société, avoir accès globalement à tout ce qui concerne un client, un produit ou une application. Sil souhaite consulter le dossier dun client avant de lui rendre visite, il lui suffira dappeler ce dossier virtuel qui en fait interrogera, à sa demande, une base de données de manière à en extraire
. des renseignements sur le client lui-même: organigramme, implantations, activités
. létat de ses relations financières
. le suivi de ses commandes en cours
.lhistorique de ses commandes
.des informations sur les caractéristiques des produits quil a lhabitude de commander
.les visites antérieures quil a rendues à ce client
.et tout autre renseignement utile
Ce nest pas du décisionnel, cest de linformation brute mais cest tout de même appréciable et, en tout cas, cela fait gagner du temps et rend plus efficace; voilà ce que lon peut dire de lautomatisation de la force de vente, ce nest pas, comme on pourrait limaginer, remplacer les ingénieurs commerciaux, les chargés daffaires, les délégués commerciaux ou autres représentants de lentreprise chez le client par des robots, cest, au contraire, leur fournir des moyens pour ne plus perdre de temps en tâches administratives ou en recherches dans des dossiers, pour transmettre leurs informations dans un minimum de temps et consacrer leur temps au contact des clients; pour que de tels systèmes puissent fonctionner, il faut quil y ait interconnexion entre la production, la commercialisation et la gestion; nous avons déjà donné des exemples de travail collaboratif et nous en rencontrerons dautres; il existe en outre des aides sous forme de progiciels qui accompagnent lextraction dinformations de bases de données dun certain nombre dalarmes pour rappeler telle ou telle échéance, tel ou tel dépassement de seuil et faciliter la rédaction de rapports de visites ou dactivité au moyen de formulaires électroniques.
Comment pratique-t-on, dans votre entreprise, la relation client?
- Vos clients sont-ils convenablement traités? Êtes-vous sûr que vos commerciaux et pas seulement les commerciaux) ont bien le contact avec léquipe-client telle que nous lavons évoquée plus haut? Interrogez-les pour savoir sils ne se heurtent pas au barrage de linterlocuteur unique? Font-ils bien tout ce quil faut pour impliquer dautres services que le service commercial dans les contacts avec la clientèle? Si cest le cas, ces services répondent-ils présents? Si vous ressentez des lacunes de ce point de vue, nhésitez pas à mettre cela à lordre du jour dune réunion pour expliquer aux principaux responsables que lheure est au décloisonnement et que vous souhaitez faire naître plus dintimité avec les clients.
- Estimez-vous que vous disposez dun feedback suffisant? Navez-vous pas en mémoire des cas déchec qui auraient pu être évités si vous aviez été mieux informé sur les dispositions du client? Si vous sentez un point faible de ce côté, comment en analysez-vous les causes (manque de contacts réguliers avec le client, exploitation insuffisante des rapports de visite, connaissance incomplète du marché et de la concurrence etc.)?
- Les informations sur les clients sont-elles systématiquement diffusées à ceux quelles concernent et donnent-elles lieu à des actions correctrices, des initiatives ou des innovations?
- Compte-tenu des réponses que vous avez faites aux interrogations précédentes, vous sentez-vous prêt à aller plus loin et à utiliser dès maintenant les nouvelles technologies de linformation pour optimiser vos relations clients ou arrivez-vous à la conclusion que vous avez encore beaucoup à faire pour améliorer votre organisation et votre système dinformation (retournez au HYPERLINK \l "Chapitre" #Chapitre 1) et préparer les esprits (parlez-en à votre DPRH). Vous êtes placé devant un choix stratégique et vous seul pouvez le faire!
3. Un portail pour faire respirer votre entreprise
Point nest besoin de vouloir faire de la vente en ligne pour exploiter un portail car cest avant tout un instrument de communication destiné à renforcer les liens existant entre lentreprise et ses clients; ce ne doit pas être pour autant un trompe-loeil car il doit y avoir quelque chose derrière pour que le portail réponde à ses promesses et soit fréquenté: système dinformation structuré, réseau interne de communication, messagerie électronique à défaut de centre dappels. A cet égard, les propos de François-Henri Pinault, interviewé par Jérôme Bertolus dans un dossier du Nouvel Economiste N° 1159 du 15 Septembre 2000, sont tout à fait significatifs; il dit en effet à propos de Conforama: Il est difficile de vendre des meubles sur Internet et... Conforama possède 200 magasins. Il sagit donc dinvestir dans Internet non pour rechercher de nouveaux clients mais bien pour offrir de nouveaux services aux clients existants. Autrement dit, le client se documente tranquillement sur le Web, peut éventuellement effectuer une réservation après avoir vérifié la disponibilité de la référence choisie dans tel ou tel magasin dans lequel il lui est loisible de se rendre en étant assuré de perdre le moins de temps possible. Cette notion de service, sur laquelle nous avons insisté sans relâche au cours de cet ouvrage, est illustrée également par Jérôme Bertolus lorsquil donne en exemple une autre société du groupe PPR mais cette fois, non pas dans le B to C mais dans le B to B, sagissant de Guilbert, fournisseur de matériel de bureau pour les entreprises; Guilbert offre un site Internet entièrement paramétrable dans lIntranet du client; celui-ci offre un grand nombre de services tels que la prise en compte dun budget par service, la validation des commandes par la direction des achats, lautomatisation du processus dachat. Avantages appréciables pour le client mais également pour Guilbert dont le coût de traitement des commandes aurait été divisé par dix!
Stéphane Viallet, marketing manager IBM Europe, abonde dans ce sens lorsque, cité dans le dossier E-Commerce publié dans Marketing Magazine de Mars 2000, il déclare: Internet est un passage obligé pour les entreprises. Dabord parce quil crée des opportunités de notoriété et de promotion, mais surtout parce quil établit une relation directe entre lentreprise et ses clients. Cette relation , caractéristique du front-office, nest pas sans créer des contraintes non seulement dans le domaine du système dinformation mais également dans tout ce que lon appelle le back-office; en effet, selon un exemple présenté par Franck Lebrech dans Option Finance du 16 Octobre 2000, un représentant qui se connecte sur Internet depuis les locaux dun client au moyen de son téléphone mobile (WAP) a besoin dune réponse immédiate et fiable, notamment sil a besoin de connaître la disponibilité dun article à différentes échéances; cela suppose une visibilité totale de la chaîne logistique, depuis les approvisionnements jusquà lentrée en stock de produits finis, ce que nous verrons au Chapitre 4. Cest la même chose pour un client qui demande une information à partir du portail de son fournisseur par messagerie électronique ou en entrant en contact direct avec son centre dappels ou lingénieur daffaires qui soccupe de lui.
Quelle stratégie pour un portail?
Communiquer avec ses clients, en dehors des contacts plus ou moins éloignés que la force de vente peut avoir avec eux, nest pas toujours aisé; il est vrai que lon peut créer des évènements mais dune part, cela nécessite une organisation lourde et coûteuse, dautre part à vouloir multiplier les invitations à des manifestations, lon risque de lasser; dautre part les publications internes sont contraignantes car un magazine doit avoir une périodicité régulière si lon ne veut pas quil tombe dans loubli et puis il faut être en mesure de le remplir avec des nouvelles intéressantes, ce qui nest pas toujours le cas; de plus, dans une société ayant une clientèle diversifiée ayant par suite des pôles dintérêt différents, il est peu envisageable de diffuser un magazine différent par métier. Bien sûr, il y a les mailings mais ceux-ci narrivent pas toujours au bon moment chez la personne quil faut et risquent de rester lettre morte, dautant plus que peu de gens ont le courage de les classer pour pouvoir les retrouver en cas de besoin; on peut constater que même lorsquil est demandé aux personnes qui reçoivent des mises à jour sur des feuillets préperforés, celles-ci rechignent à les insérer dans le classeur ad hoc en remplacement des anciens... Le portail, lui ne présente pas tous ces inconvénients.
Un bon portail doit comporter un logo clairement identifiable et se caractérise du premier coup doeil par un graphisme irréprochable sans plage inutilisée, une visibilité parfaite, une extrême facilité demploi et sa conception doit permettre la plus grande rapidité de téléchargement;comme il ny a pas trop de place disponible sur un écran et que le scrolling vertical ou horizontal est toujours désagréable, il vaut mieux faire en sorte que les informations de base et lensemble des choix à effectuer tiennent sur lécran tel quil apparaît lors de la connexion; néanmoins, il y a lieu de prévoir son évolutivité sans changement daspect; ce nest pas comme pour un portail dentreprise à usage interne où lon peut se permettre une petite dose de fantaisie pour entretenir une bonne ambiance au sein du personnel; ici, il faut que le client trouve dans la constance de la présentation dune part une facilité pour retrouver dune session à lautre les éléments quil recherche, dautre part une marque de la pérennité et du sérieux de lentreprise à laquelle il fait confiance, ce qui ne signifie ni austérité et ennui ni immobilisme et absence dimagination. Ce que nous proposons, cest une grille suffisamment générale pour ne pas avoir à subir de modifications en cas de changement de contenu et néanmoins suffisamment détaillée pour que lutilisateur puisse accéder dun seul clic à ce qui lintéresse.
Nous suggérons un certain nombre de rubriques qui feront lobjet de listes doptions déroulantes et ce sont ces listes qui pourront être modifiées au fur et à mesure des besoins; le choix des rubriques reflète la finalité du portail; après la date et lindispensable login (un avis précisant que les mots de passe sont attribués par lingénieur commercial chargé des relations avec le client), on pourra trouver une fenêtre Dernières nouvelles (nouveaux produits ou services, manifestations etc.) qui pourra afficher des informations générales accessibles à tout visiteur du site ainsi quun bouton lui permettant daccéder à une présentation de la société téléchargeable et un bouton Pour nous contacter le mettant en relation avec un CSR par e-mail ou chat; les autres rubriques seront réservés aux personnes habilitées qui auront été reconnues par le login, celui-ci comportant une rubrique Fonction prérenseignée lors de la première connexion; pour les connexions suivantes, il incombera au visiteur de la renseigner de sorte que sil y a divergence, celui-ci soit invité à adresser un courrier électronique à lingénieur commercial qui procèdera à de nouvelles inscriptions. On trouvera, notamment:
- une mention indiquant si le visiteur authentifié a des messages à lire
- des informations commerciales avec les options suivantes: catalogue, tarifs (par moteur de recherche par produit), délais de livraison (par moteur de recherche par produit), promotions, nouveautés etc.
- des informations techniques par moteur de recherche par produit avec les options suivantes: caractéristiques techniques, dimensions, poids, conditions dutilisation, maintenance etc.
- une zone interactive avec les options suivantes: commandes, réservation, état des commandes en cours, historique des transactions, statistiques par produit, point de vente ou région, tracking des livraisons en cours etc.
- un espace abonnés avec les options suivantes: spécification des thèmes souhaités, consultation de news personnalisées ou dinformations métier
- une hot-line (ou chat) permettant dentrer directement en relation avec un CSR, un spécialiste ou son correspondant habituel
- une messagerie avec les options suivantes: messages reçus, messages envoyés, messages à envoyer avec un menu contextuel Annuaire des personnes de lentreprise que lon peut contacter par cette messagerie indiquant leur nom, leur fonction et leur adresse électronique, demande dhabilitation dun collègue, demande davis sur son e-mail extérieur de larrivée dun message ou de news personnalisées
- des dossiers à télécharger (applications, témoignages clients etc.)
- la liste des services disponibles
- des liens avec des sites de clients ou de partenaires
Pour que le site puisse fonctionner correctement, il faut dabord concevoir une maquette, la faire réaliser par une société de design ou de graphisme puis la confier au créateur du site Web. Ensuite, il faut non seulement préparer le contenu mais lorganisation qui en assurera le suivi, y compris les personnes qui auront à répondre au courrier électronique et à alimenter les rubriques; un administrateur de site et un administrateur de contenu seront désignés; le contenu sera supervisé par un comité comprenant des représentants des différents services; cest déjà très lourd si lon veut que le portail remplisse bien son office et soit véritablement adopté par les clients dautant plus que pour les sociétés implantées dans différents pays , il sera indispensable de prévoir des versions en différentes langues et comportant certaines adaptations au contexte (devises, délais, normes, adresses, annuaire, législation etc;), ce qui entraîne nécessairement la participation dacteurs locaux; afin de mettre le maximum de chances de son côté , il est souhaitable de faire participer quelques bons clients à son élaboration puis de le faire fonctionner pendant quelque temps avec un panel de clients limité de manière à suivre de près leurs réactions et remédier aux inévitables maladies denfance avant de louvrir plus largement (on veillera particulièrement au bon fonctionnement des boîtes de dialogue, des liens, de la messagerie, des téléchargements et à la rapidité de réponse que lon pourra vérifier en faisant participer une partie du personnel à un test daccès simultanés). Une fois la période dessai terminée, la force de vente se mobilisera pour inscrire ses clients qui se verront remettre une carte munie du logo de la société et de lURL du site et mentionnant leur nom, celui de leur entreprise, leur fonction et leur nom dutilisateur ainsi que leur adresse e-mail sur le site, les mots de passe faisant lobjet dune communication séparée. Une fois le processus rôdé, il y aura lieu dutiliser tous les indicateurs nécessaires pour évaluer la fréquentation du site et en tirer des informations de type CRM.
Comme nous lavons fait remarquer, la gestion du site nécessite une grande vigilance et de la continuité. il faut que chaque personne concernée sache ce quelle a à faire et notamment des instructions très strictes doivent être données pour quil soit répondu dans les 48 heures au courrier électronique ne serait-ce que par un message dattente au cas où des démarches préalables seraient nécessaires (étude, enquête, attente de résultats dessais, attente de réponse dun tiers etc.); toute lentreprise doit être mobilisée pour faire vivre le site pour mieux connaître ses clients et mieux les satisfaire.
Lexploitation dun tel site doit permettre, sil est apprécié des clients, détendre les services offerts et, après avoir permis des réservations, de passer aux commandes fermes à condition que le back-office ait été préalablement organisé pour les recevoir sous cette forme sans aucune nouvelle saisie; les économies qui en résulteront peuvent être considérables, sans compter la suppression quasi-totale des erreurs; on peut aller beaucoup plus loin, comme nous le verrons au Chapitre 4, si la chaîne dapprovisionnement (Supply Chain) est conçue pour cela mais là aussi, il faut sassurer dun fonctionnement parfait avant de lancer quoique ce soit sur une grande échelle. Une remarque importante à ce sujet: commande en ligne ne signifie pas nécessairement mise hors circuit de la force de vente, bien au contraire quil sagisse de revendeurs, concessionnaires, distributeurs, ingénieurs commerciaux etc. : la commande doit, en règle générale, être affectée à ceux qui sont normalement en relation avec le client, par exemple à celui qui a proposé de lui attribuer un login: Internet est neutre et ne doit pas être perçu comme le rival des vendeurs qui conservent leur rôle de conseil et dincitateur; la force de vente, quelle appartienne en propre à lentreprise ou quelle lui soit extérieure, doit assurer le contact avec le client; dans la mesure où elle est déchargée de tâches plus ou moins administratives, elle peut mieux se consacrer à sa fonction principale (dailleurs, que la commande passe par Internet ne change pas grand-chose du fait que, dans de nombreux cas, le vendeur ne voit même pas le bon de commande); ce contact est indispensable ne serait-ce que pour prendre le pouls de la clientèle, connaître ses états dâme, prendre connaissance de changements survenus dans lorganisation de lentreprise cliente, enregistrer les critiques formulées à lencontre des produits, des services ou de lorganisation du fournisseur afin dy remédier et, pour en revenir au portail, recueillir toute suggestion susceptible den améliorer lefficacité.
Un bon portail peut être un formidable outil mis à la disposition de lensemble des services de lentreprise; cest également un moyen de communication simple et rapide; par exemple, si vous avez besoin de constituer un panel dutilisateurs pour essayer un nouveau produit, il suffit de lannoncer sur le portail et de prendre connaissance des messages des clients intéressés. Il est également possible douvrir le portail aux ventes au personnel (B to E). Lors de la montée en puissance de la messagerie, vous vous apercevrez peut-être que la réponse aux messages prend trop de temps aux personnes habilitées à le faire et que cela vous revient très cher; vous pourrez alors envisager, mais avec une grande prudence, lautomatisation tout au moins partielle des réponses; cela suppose que, dès le démarrage, vous enregistriez lhistorique des messages et des réponses qui leur auront été faites; la base de données ainsi constituée pourra éventuellement servir de référence à un système dinterprétation sémantique. Sans aller jusque là vous pouvez constituer un stock de FAQ (Frequently Asked Questions) avec leur réponse et le mettre en libre-service sur le portail.
Toutefois, si vos collaborateurs se plaignent de ne pas avoir le temps de répondre à tous les messages quils reçoivent, demandez-leur sils savent pourquoi ils en reçoivent tant, avant denvisager une automatisation partielle des réponses. A un surcroît de courrier électronique, il peut y avoir plusieurs causes:
- les clients vous aiment bien et souhaitent dialoguer avec vous, vous faire part de leurs suggestions etc. Cela est une excellente chose et personne ne peut sen plaindre; au contraire, il faut les encourager en prenant la peine de leur répondre personnellement et de les tenir au courant du suivi
- des messages pourraient être remplacés par des formulaires électroniques susceptibles dêtre traités automatiquement par des workflows
- les clients ont beaucoup de réclamations à faire; il faut absolument leur répondre en montrant que lon prend leur demande en considération et en remédiant à leurs problèmes; dans ce cas, mis à part les inévitables incidents de parcours, il faut examiner les causes de dysfonctionnement et prendre les mesures nécessaires pour éviter que les mêmes incidents ne se reproduisent
- les clients vous posent des questions parce quils nont pas les moyens dy répondre et sen remettent à vous pour effectuer les recherches nécessaires; alors faites-les travailler et soyez convaincus que la plupart seront satisfaits dun libre-service; pour cela, il y a lieu de mettre à leur disposition les bases de données nécessaires et un moteur de recherche approprié; il ne vous restera plus à résoudre que les problèmes nouveaux dont vous injecterez les solutions au fur et à mesure dans les bases de données correspondantes.
Vous verrez quen agissant de la sorte, le volume de courrier électronique reçu diminuera mais gérez convenablement cette activité par une analyse du trafic et en vous assurant que tous les messages reçoivent une réponse dans des délais normaux.
Vous avez déploré plus dune fois que votre équipe de vente ne parvienne pas, malgré la meilleure volonté, à visiter la totalité de vos clients au moins une fois par an ni, chez les clients auxquels elle rend visite, à voir toutes les personnes qui pourraient être intéressées avec les conséquences fâcheuses que cela peut avoir sur les affaires: passer à côté dun besoin, proposition dun concurrent vous éliminant sans que vous ayez pu plaider votre cause, changement de responsable sans que vous soyez présenté à son successeur, mauvaise utilisation de vos produits sans que vous ayez pu réagir à temps, incidents dans les livraisons sans que vous ayez été prévenu, prise de participation dans le capital de la société du client remettant en cause un certain nombre daccords tacites etc. Les raisons ne manquent pas pour souhaiter entretenir des relations suivies avec les clients et il nous semble que, même si cest un pis-aller, le portail, cest tout de même mieux que rien et il peut assurer une certaine continuité entre deux visites à condition dapprendre à le faire vivre. Il faut que vos clients comprennent vite quen se connectant à votre portail, ils ont toute votre société à leur écoute. Réfléchissez à ce que pourrait apporter un portail à votre entreprise compte-tenu des produits et services que vous avez à offrir, des caractéristiques de vos clients et de la nature de vos canaux de distribution; ce qui est important également, cest la place que vous occupez dans les préoccupations de vos clients; votre fourniture a-t-elle pour eux une importance stratégique suffisante pour quils se connectent volontiers à votre portail ou êtes-vous un fournisseur parmi dautres qui ne justifie pas que lon vous consacre du temps? Essayez de répondre sincèrement à ce questionnement en vous mettant à la place du client et vous verrez que votre décision sera plus facile à prendre!
Nous terminerons ce chapitre en citant quelques méthodes essentiellement utilisées dans la vente en ligne et faisant lobjet de progiciels spécialisés:
- le PRM qui permet de démultiplier votre site marchand en implantant des fenêtres chez des affiliés cest-à-dire dautres sites particulièrement fréquentés et susceptibles dattirer des cybernautes intéressés par vos offres (soit parce quelles sont complémentaires de celles qui sont présentées sur le site en question soit parce que le profil des visiteurs quy sy rendent correspond à celui de vos clients); ces systèmes fonctionnent sur la base de rémunérations complexes stipulées par contrats en fonction des visites ou des commandes passées, le visiteurs nayant pas à passer dun site à lautre pour consulter un catalogue ou passer commande
- le mileage qui consiste à récompenser les acheteurs en ligne en leur attribuant des points de fidélité quils peuvent dépenser ensuite à leur guise en choisissant des produits figurant sur un redemption catalogue avec le nombre de point nécessaire pour les acquérir
- le click streaming qui permet de savoir ce qui se passe sur un site et de faire toutes sortes de statistiques daprès le comportement des visiteurs ce quils ont consulté et ce quils ont acheté
-la cotation en ligne qui sadresse particulièrement aux prestations immatérielles telles que des documents dinformation qui sont facturés en fonction de leur fraîcheur et de leur volume, la personne envisageant den prendre connaissance ayant la possibilité dêtre informée en ligne du montant qui lui sera facturé avant de donner éventuellement son accord.
Pour terminer ce chapitre, rappelons quun site est fait pour être visité; il y a donc lieu dadopter un comportement adapté à sa propre situation en matière de notoriété:
Vous êtes déjà connu et vous bénéficiez
Dun noyau de clients réguliersInvitez vos clients sur votre site et faites
ainsi fructifier votre capital-clients
Passez des accords avec dautres sites
non concurrents mais de niveau comparable en vue de ventes croisées ou tout au moins de références réciproques ou de liens
Vous avez la possibilité de vous faire connaître auprès de divers prescripteurs ou de faire parler de vous dans des supports spécialisés dans les pays qui vous intéressent mais votre réseau commercial est inexistant ou insuffisantInternet peut vous aider à vous développer
Mentionnez les coordonnées de votre site sur vos documents promotionnelsVous nêtes pas connu et navez pas les moyens de vous faire connaître par les moyens publicitaires habituelsPubliez des documents sur votre site et cherchez à les faire référencer par les principaux moteurs de recherche
4. Suggestion pour un e-circuit
Internet et le-organisation qui lui est associée offrent de nouvelles perspectives dans les circuits économiques en permettant à des producteurs et détaillants indépendants de mieux servir les consommateurs. Les consommateurs auraient une meilleure visibilité des producteurs et pourraient se procurer leurs produits auprès des détaillants de leur choix; pour cela, un circuit direct pourrait sétablir entre producteurs et commerçants à travers un portail auquel auraient également accès des transporteurs et dautres prestataires de services comme des conditionneurs.
Un tel réseau faciliterait la différenciation des produits avec le concours éventuel dorganismes certificateurs, le consommateur étant assuré de lorigine du produit, ce qui correspond aujourdhui à un besoin réel. Le consommateur aurait accès au portail où il trouverait toutes les informations utiles relatives aux produits, à leurs fabricants, aux commerçants affiliés ainsi que les prix de vente au détail départ usine, les frais et délais de transport suivant le mode de transport choisi pour une expédition dans une zone de destination donnée, les délais de livraison hors transport actualisés en temps réel et les disponibilités de chaque article en stock chez chaque commerçant également en temps réel. En passant commande en ligne, le consommateur pourra préciser chez quel commerçant il souhaite prendre livraison de sa commande.
Linitiative dun tel système pourrait être prise par les chambres syndicales qui assureraient la mutualisation de la supply chain; il est possible denvisager que plusieurs branches différentes en ce qui concerne la production mais présentant des analogies ou des complémentarités au niveau de la commercialisation se regroupent pour exploiter un portail de ce type, ce qui dune part diminuerait les frais, dautre part en augmenterait lintérêt tant pour les consommateurs que pour les transporteurs et autres prestataires. Un tel regroupement justifierait alors lexistence dun infomédiaire sans but lucratif travaillant en toute transparence pour le compte des membres de lorganisation dont lélargissement au niveau international serait hautement souhaitable, lEurope avec sa monnaie unique sy prêtant particulièrement.
Sur le plan économique, leffet autorégulateur du système sera décisif car, grâce aux technologies mises en oeuvre sur Internet, les fabricants pourront faire des prévisions de vente avec une granulométrie très fine, chaque client étant connu individuellement; quant aux commerçants, ils pourront réduire leur stock au minimum et connaîtront leurs clients auprès desquels ils pourront faire du marketing permissif cest-à-dire leur adresser des e-mails avec leur accord pour leur signaler toute nouveauté ou promotion en fonction de leurs préférences personnelles et de leurs habitudes dachats; la promotion du site leur incombera également.
Cette solution nous paraît devoir intéresser un grand nombre de petits producteurs et artisans indépendants fabriquant des produits de qualité reconnue mais ayant du mal à passer par les circuits traditionnels en raison de leur faible volume de production car elle leur permet de sunir dans une parfaite indépendance et de se faire connaître auprès dun public averti; quant au petit commerce, il trouverait là une opportunité de jouer son véritable rôle de conseil auprès du client et de bénéficier dune grande souplesse dapprovisionnement.
5. Importance du commerce électronique
Le commerce électronique est en pleine évolution ; lancé en Janvier 2005 en France, lindice du commerce électronique (iCE), fait ressortir au quatrième trimestre 2005 un taux de croissance de 40% au cours des 12 derniers mois ; à eux seuls, 30 sites représentent 4 milliards dEuros de chiffre daffaires sur Internet (40 millions de transactions).
Pour montrer quen la matière il est indispensable de travailler avec des données à jour, nous nous référons aux données publiés par la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad) sur le chiffre daffaires du e-commerce en milliards dEuros:
20000,7020011,4020022,2520033,6020045,52
Encore ne sagit-il que de B to C ; Pour avoir une estimation du B to B, il y a lieu de se reporter au Livre blanc réalisé à la demande de la Fevad en Février 2006 qui estime le marché entre 40 et 50 milliards dEuros.
Chapitre 4 :e-gestion
La finalité de le-gestion est de réduire les coûts -essentiellement par réduction des stocks- et de mieux satisfaire le client par le raccourcissement des délais, le respect des engagements sur les dates de livraison, une meilleure qualité et des possibilités accrues de personnalisation. Cela suppose une visibilité de lensemble des acteurs sur la chaîne dapprovisionnement ou Supply Chain. A cela, un préalable: chacun des acteurs doit disposer dun ERP susceptible de communiquer avec les autres par un Extranet ou Internet. Ce qui caractérise le-gestion par rapport à la gestion tout court, cest un objectif doptimisation que lon sefforce datteindre grâce au travail collaboratif et à des systèmes de gestion de connaissances incluant la tenue à jour dindicateurs, la simulation et laide à la décision. Il est sûr que le-gestion apportera à ceux qui en feront bon usage un avantage compétitif et des gains substantiels (élimination de non-valeurs entraînées par une mauvaise synchronisation des flux physiques, plus grande réactivité pour saisir des opportunités).
1. De quelles entreprises parle-t-on?
Il ne sert à rien de parler de lEntreprise en général , chaque type dentreprise ayant ses spécificités et ses propres problèmes (il suffit de considérer, pour sen rendre compte, la différence qui peut exister entre un fabricant dautomobiles et une chaîne de grande distribution); nous partirons néanmoins du principe quelles ont toutes queque chose à vendre, quelles se considèrent comme fournisseur ou comme client suivant le point de vue auqel elles se placent. Nous les distinguerons en fonction de leur activité, des produits quelles fournissent, de leur type de clientèle, de leurs conditions de livraison et de leurs modalités de commercialisation.
Nous nous placerons ici, pour la commodité de la présentation, au point de vue de fournisseurs de produits associés ou non à des services,bien que nous fassions intervenir dans la Supply Chain des prestataires de services; il est vrai que lon commence à envisager léquivalent de la Supply Chain dans le cas de prestataires de services -eux-mêmes pouvant déboucher sur des produits- et que lon peut, toutes proportions gardées, adopter une attitude analogue à celle que lon adopte pour les produits mais, dans la mesure où la prestation nimplique pas directement de fabrication -celle-ci pouvant être confiée à des tiers-, la gestion de la Supply Chain sapparente grandement à la gestion de projets (nous verrons dailleurs que cest un peu le cas, sous laspect de la planification, de la gestion de la chaîne dapprovisionnement des produits en mode collaboratif); toutefois, il y a un point commun essentiel, cest le travail collaboratif de différents partenaires dont les interventions doivent avoir lieu à des moments précis en fonction de lactivité des autres; quant au reste, le monde des services est très particulier et a ses spécificités telles que les problèmes de compétences et les modes de rémunération; en outre, il est extrêmement diversifié et il est difficile den parler dune manière générale, quil sagisse de services financiers, dingénierie, darchitecture, de santé, de conseil en informatique, en organisation ou en communication, dassurance, denseignement, dédition, de cabinets daudit etc. Nous pensons donc que les lecteurs qui opèrent dans les services pourront sinspirer de ce qui se passe dans la fourniture de produits mais quils auront intérêt à sadresser à des spécialistes du conseil dans le domaine des services connaissant si possible leur spécialité.
ACTIVITE
REVENTE EN LETAT
REVENTE AVEC VALEUR AJOUTEE
SOUS-TRAITANCE
ASSEMBLAGE
FABRICATION
. UNITAIRE
. EN SERIE
. PROCESS
PRODUITS
MATIERES PREMIERES
INGREDIENTS
FOURNITURES & CONSOMMABLES
COMPOSANTS
SOUS-ENSEMBLES
PRODUITS SEMI-FINIS
PRODUITS FINIS
CLIENTELE
INDUSTRIE
CENTRALES DACHAT
GROSSISTES
DISTRIBUTEURS
DETAILLANTS
LIVRAISON
A EMPORTER OU A ENLEVER
. EN MAGASIN
. EN ENTREPÔT
EN ENTREPÔT
SUR SITE CLIENT
A DOMICILE
COMMERCIALISATION
EN MAGASIN
EN ENTREPÔT
SUR CATALOGUE ET SUR STOCK
SUR CATALOGUE ET SUR COMMANDE
SUR CAHIER DES CHARGES
SUR COMMANDE-PROGRAMME
Nous avons établi cette classification pour montrer que, si toutes les entreprises ont des problèmes à résoudre, ils ne sont pas les mêmes pour tout le monde ni à la même échelle.
Un commerçant indépendant na pas besoin dune Supply Chain pour se réapprovisionner; il lui suffit de passer un coup de téléphone suffisamment à lavance pour renouveler son stock de marchandise; éventuellement, il pourra envoyer sa commande par Internet si son fournisseur a un site permettant de telles transactions mais cela na pas dautres conséquences sur son organisation; il naura pas plus de difficulté à commander des téléviseurs que des vis!
Pour un fabricant, il en va tout autrement car la complexité des approvisionnements augmente avec celle du produit à fabriquer: un ordinateur est plus complexe quun fer à repasser surtout si la fabrication du produit nécessite un grand nombre de composants et sous-ensembles faisant appel eux-mêmes à dautres composants.
Pour le grand commerce de détail, le problème réside dans un grand nombre de clients quen général on ne connaît pas individuellement et que lon ne peut suivre que statistiquement en vue de pouvoir faire des prévisions; cest, en particulier, le problème des grandes surfaces qui doivent rester en liaison étroite avec leurs centrales dachat.
Lorsque lentreprise livre ses clients, elle a nécessairement à résoudre des problèmes de logistique dont la solution doit être optimisée et qui sont exacerbés lorsquelle a une clientèle industrielle travaillant en flux tendu; même si, comme cest souvent le cas, les commandes sont programmées longtemps à lavance, elle doit être suffisamment réactive pour pouvoir répondre dans des délais parfois très courts -de lordre de 24 heures, par exemple-; cest le cas, notamment, dun fabricant de sièges ayant à approvisionner une chaîne de montage dun constructeur dautomobiles.
En dehors des problèmes dapprovisionnement et de livraison, il y a pour les entreprises qui fabriquent tous les problèmes de gestion de production qui font lobjet de la GPAO; lorsque la fabrication est répartie dans différentes usines, on est ramené au problème précédent sauf que les transactions se passent en interne mais il subsiste toujours des problèmes de prévisions, de coordination et de transferts. En outre, se posent des problèmes de politique industrielle qui ont des répercussions sur la logistique; ainsi les responsables de fabrication sont-ils généralement favorables aux grandes séries homogènes parce quelles permettent damortir les temps de préparation et de changements doutils à la différence des responsables commerciaux qui préfèrent les petites séries de produits différents afin de pouvoir annoncer des délais de livraison plus courts; il y a évidemment des compromis à obtenir sur la base de ce qui est juste nécessaire au client.
Mais la politique industrielle ne se résume pas à la longueur des séries; afin de réduire les stocks de produits finis (ceux qui ont la plus grande valeur), on cherche à fabriquer le maximum de parties communes à un ensemble de produits et à ne les terminer quau dernier moment en fonction des besoins en tel ou tel type de produit ou des demandes de produits personnalisés à partir doptions prédéterminées. Cette politique a des conséquences sur lorganisation des ateliers qui seront conçus pour réaliser, au sein de cellules de production, différents sous-ensembles déterminés par les techniques de HYPERLINK \l "TGAO" #TGAO évoquées au Chapitre 2 et caractérisés par des gammes similaires; cela conduit à un assemblage en flux tendu.
2. Description de la Supply Chain
La Supply Chain sétend dune façon générale des approvisionnements jusquà la livraison; nous avons vu § 1 que toutes les entreprises nétaient pas concernées de la même façon par les différents maillons de la chaîne mais nous allons quand même les examiner successivement en commençant par la fin :
- La Distribution qui comporte
. la préparation des commandes:
. affectation
. sortie de stock
. picking
. personnalisation ou assemblage à la commande
. colisage
. étiquetage
. établissement du bordereau de livraison
. et lexpédition:
. chargement
. détermination des tournées
. établissement des feuilles de route et lettres de transport (BOL)
. transport
. livraison
Il y aurait lieu de mentionner également les aspects financiers (facturation et encaissement) et, pour être complet, ce que daucuns désignent par logistique inverse qui concerne les autorisations de retour de matériel et la gestion de ces retours ainsi que la rotation des containers ou emballages consignés.
Cette séquence, simple en apparence, peut être plus ou moins complexe, une commande pouvant donner lieu à des livraisons partielles échelonnées et comporter des articles provenant de différents sites ou plusieurs commandes destinées à un ou plusieurs clients étant susceptibles dêtre regroupées sur une partie ou la totalité dun itinéraire; il faut également tenir compte du fait que certains produits nécessitent des modes de transport particuliers et que certaines expéditions peuvent présenter un caractère durgence.
Linformatisation peut jouer un rôle important pour raccourcir les délais dexécution de certaines opérations; par exemple, pour faciliter le picking, les produits sont localisés physiquement dans les entrepôts; de même, les colis sont munis de codes-barres édités par ordinateur permettant leur tri automatique par destination.
En ce qui concerne le transport proprement dit, il faut connaître en temps réel les possibilités des transporteurs en termes de moyens, coût et délai tout en évaluant en permanence leur taux de service; le profil du client est également à prendre en considération, certains clients ayant une préférence pour tel ou tel transporteur. Dune manière plus systématique, le Web peut être dune grande aide pour interroger différents constructeurs préalablement référencés et avec lesquels existent des possibilités de tracking et dalerte de lexpéditeur comme du destinataire en cas de retard ainsi que de traçabilité avec historique et tableau de bord. Tout cela nécessite une harmonisation des systèmes dinformation.
La logistique peut être sous-traitée à un infomédiaire auquel lexpéditeur peut se connecter par lintermédiaire dun portail sur Internet, celui-ci disposant de son propre réseau de transporteurs; cette solution est particulièrement avantageuse dans le cas de la vente en ligne, linfomédiaire étant en mesure de fournir directement des cotations; sa mission consiste à optimiser les prestations en comparant les offres.
La phase Distribution fait suite à une phase
- dEntreposage incluant
. déchargement
. réception
. contrôle
. rangement
. stockage
précédée, pour les entreprises qui fabriquent, par une phase de
- Fabrication comprenant
. létablissement des ordres de fabrication
. la préparation (réglages, changements doutils)
. lusinage
. lassemblage
. la configuration
. le contrôle-qualité
. le transfert
Le délai de production peut être plus ou moins optimisé en fonction du nombre de transferts, des temps de préparation et dattente, dépendant eux-mêmes du programme de production; en général, on recherche à la fois la fiabilité des engagements de délais et la flexibilité des programmes.
Enfin en amont, se situe la phase
- dApprovisionnement qui dépend en grande partie des fournisseurs dont on attend le respect des délais -les plus courts possibles- et de la qualité qui doit être conforme aux spécifications; la réalisation du programme de production conformément aux prévisions est tributaire des fournisseurs sauf si lon accepte de disposer de stocks importants mais coûteux; cest pourquoi, le partenariat avec les fournisseurs se développe de plus en plus , un bon fournisseur nétant pas nécessairement celui qui consent le prix le plus bas au risque de se mettre lui-même en difficulté et de ne pas pouvoir répondre à ses engagements. Nous avons vu au Chapitre 2 comment les fournisseurs pouvaient participer au développement, en particulier les sous-traitants, de manière à optimiser la conception du produit en fonction des impératifs de fabrication des composants. Au stade de la fabrication, le fournisseur a besoin de connaître à lavance les quantités qui seront nécessaires au client afin délaborer son propre planning et ses programmes de fabrication venant en amont de ceux du client; cela a pour effet dentraîner une meilleure synchronisation des activités des uns et des autres et de diminuer le niveau des stocks de sécurité qui ont tendance à augmenter en période dincertitude. Quant au choix des partenaires, il ne seffectue pas au hasard et fait généralement suite à des audits. Une fois les fournisseurs sélectionnés, il faudra faire travailler ensemble les équipes du fournisseur et celles du client pour quelles apprennent à mieux connaître leurs problèmes respectifs avant quun système déchange dinformation ne soit mis en place.
Nous avons vu au Chapitre 2 comment se déroulaient les opérations relatives à la production; celles-ci sont gérées par la HYPERLINK \l "GPAO" #GPAO qui fournit toutes les informations relatives au suivi de la production et notamment détermine les programmes dachats.
3. Fonctionnement de la Supply Chain
Le problème fondamental du bon fonctionnement de la Supply Chain, indépendamment des questions de coûts et de qualité, réside dans les contraintes liées au temps ou plus précisément à la synchronisation des opérations non seulement au sein de lentreprise mais entre lentreprise et ses partenaires amont et aval; il est lié à lélaboration de prévisions les plus fiables possibles et révisables en permanence compte-tenu des différents aléas qui peuvent se présenter; si les prévisions sont fausses dans un sens ou dans lautre:
- en cas doptimisme, on se retrouve avec des excédents de stock, des produits périmés, des difficultés pour renouveler la gamme de produit, des contraintes de trésorerie voire des perspectives de pertes
- en cas de pessimisme, on peut se trouver en rupture de stock et de la sorte manquer des ventes, mécontenter la clientèle et risquer même de perdre des clients, ce qui est encore plus préjudiciable que le manque à gagner; il est possible, dy remédier dans certains cas en passant des ordres urgents, ce qui est toujours plus onéreux à tout point de vue (administration, fabrication, transport etc.).
Il faut donc faire très attention aux prévisions et prendre différents avis avant de les entériner, certaines catégories de personnes étant plus ou moins enclines à loptimisme (commerciaux) ou au pessimisme (financiers).
Mais, même avec de bonnes prévisions, un manque de synchronisation peut avoir des effets analogues. Synchronisation des flux et prévisions sont donc deux problèmes quil est préférable de résoudre à plusieurs de manière collaborative entre fournisseurs, distributeurs voire transporteurs ou prestataires de services logistiques (prise en charge de la phase Distribution évoquée au § 2). Nous allons raisonner dans le cas dun fabricant; la première chose à faire, lorsquil reçoit une commande est de vérifier son délai de livraison; ou bien le stock permet de lexécuter et le délai dépend uniquement de processus administratifs et logistiques propres à lentreprise ou bien il ne le permet pas et il y a lieu denvisager une remise en fabrication, le cumul des commandes reçues pour un article déterminé dépassant les possibilités de livraison sur stock. Mais les ateliers eux-mêmes peuvent être saturés par les fabrications en cours et une extension du programme de production peut savérer impossible sauf à avoir recours à des heures supplémentaires ou à la sous-traitance ou à procéder à des arbitrages; de nouveaux investissements peuvent être envisagés si laccroissement de la demande est un phénomène durable, ce dont on nest jamais sûr.
Ainsi, au lieu de travailler au fil de leau avec toutes les conséquences catastrophiques que cela peut avoir, vaut-il mieux pouvoir se fier à des prévisions de manière à être en mesure de satisfaire les commandes au fur et à mesure quelles arrivent dans des délais connus à lavance. Lidéal est de disposer dun stock tampon le plus bas possible, destiné uniquement à parer aux urgences impossibles à prévoir. La fiabilité des prévisions est donc primordiale et doit constituer pour les dirigeants une priorité stratégique. Pour cela, outre les outils mathématiques et logiciels existants qui permettent de détecter des écarts entre prévisions et réalisations, il faut pouvoir disposer de moyens capables danalyser ces écarts à différents degrés de granulométrie, pour savoir si ces écarts présentent un caractère durable ou conjoncturel et en déterminer les causes; on cherchera notamment, grâce à des méthodes danalyse multidimensionnelle pour lesquels il existe des progiciels, à mettre en évidence des corrélations entre différents évènements au niveau des ventes par produit, par magasin, par région etc. Les campagnes marketing et les promotions peuvent avoir des conséquences importantes sur les ventes et elles entrent en général dans les prévisions mais elles ne donnent pas toujours les résultats escomptés, dans un sens comme dans lautre dailleurs. On utilisera aussi bien les bases de données des ERP que des base métiers dans certains cas (Datamarts) et les résultats en temps réel en sortie de caisse, pour ce qui concerne la grande distribution. Une liaison avec le CRM peut faciliter les interprétations et les diagnostics, certains logiciels basés sur les liens sémantiques pouvant aider à trouver des corrélations entre certains comportements des clients, sexprimant à travers des messages ou des conversations en direct sur un portail, et les prestations de lentreprise.
Ne vivant pas en vase clos, lentreprise doit tenir compte non seulement de ses clients mais également de ses fournisseurs et prestataires de services; tant que les produits quelle vend sont prélevés sur ses propres stocks, il ny a pas de problème mais dès que ceux-ci sont insuffisants et quil lui faut faire appel à une entreprise extérieure, là commencent les problèmes; à partir du moment où il faut faire fabriquer des produits, il faut remonter la Supply Chain pour sassurer que les stocks de matières premières (matière brute ou produits semi-finis, sous-ensembles ou composants) sont suffisants, faute de quoi le fabricant est conduit à sadresser à son tour aux fournisseurs ou sous-traitants de premier rang concernés situés en amont et ainsi de suite, car si les stocks sont insuffisants au premier rang, il faut se tourner vers le second rang et ainsi de suite; on voit que le calcul des délais de livraison nen est pas facilité.
La situation peut être beaucoup plus compliquée; nous avons vu au Chapitre 2 comment un produit pouvait être décomposé selon une arborescence constituant la BoM; mais nous ne nous sommes pas explicitement préoccupés de savoir qui fabriquait ces différents éléments.
De nombreuses inconnues en cascade sont encore multipliées lorsque lon traite de x produits, fabriqués dans y usines, implantées dans z pays et que ces produits sont destinés à N clients. car il existe des industriels ayant des dizaines de milliers de fournisseurs. Il est donc souhaitable davoir une vue instantanée de lensemble et que chaque intervenant puisse connaître à tout moment non seulement sa propre situation mais également celle des autres en ce qui concerne les différents stocks (matières premières, produits en cours et produits finis), les commandes reçues et à recevoir; un complément dinformation peut être fourni par la charge des ateliers par produit et la capacité de production afin de déterminer les files dattente éventuelles.
Ainsi, chacun pourrait-il ajuster son activité sur celle des autres et synchroniser les flux dans toute la mesure du possible. Il sagit là dune posture dynamique et réactive, bien différente de celle qui consiste à fabriquer sans se préoccuper des fournisseurs et des clients et afficher des délais non optimisés et pas toujours tenus.Un tel changement dattitude, dans la mesure où il se généralise, peut conduire à une évolution des conditions de la concurrence qui tendra alors à jouer sur la manière de gérer la Supply Chain. Voilà pourquoi léchange dinformations dans ce domaine sur le réseau Internet joue un rôle de plus en plus stratégique.
Vous devez adapter vos graphes de planification de fabrication habituels à lentreprise étendue
- en assimilant chaque fournisseur à une phase de fabrication avec ses stocks ses délais et ses cadences (celles-ci, pour un produit donné, varient dun instant à lautre en fonction de campagnes programmées ou exceptionnelles ou de la composition du panier de produits fabriqués)
- en réactualisant cette planification chaque fois quune nouvelle information vous parvient(évènements, résultats, paramètres) sachant que chacun est susceptible den faire autant, ce qui entraîne, si la communication circule correctement, une réaction dautorégulation globale du système.
Un premier progrès pourrait être réalisé dans le domaine de léchange dinformations; pour cela, il faudrait
- réaliser lintégration des systèmes dinformation de chaque intervenant de manière à ce quil puissent séchanger des données en permanence
- instaurer des communications sur Internet garantissant la mise à jour en temps réel des catalogues, tarifs, délais de production (hors approvisionnement)
- permettre une interrogation du groupe de fournisseurs ou prestataires de services participants afin dêtre à même de prendre des décisions de choix de fournisseurs à laide dune seule manipulation de tableur
- disposer de systèmes intelligents appliquant des règles de prise de décision en fonction des prix, des disponibilités, des possibilités déchelonnement de livraisons etc.
4. Gestion collaborative de la Supply Chain
Voyons plus concrètement ce qui peut se passer à ce niveau dans le cas dun industriel qui a un seul fournisseur (pur cas décole, certains industriels en ayant jusquà des dizaines de milliers) et un ou plusieurs distributeurs. Nous allons essayer de montrer ce quils attendent les uns des autres pour fluidifier la circulation des produits:
- Lindustriel a besoin des données du distributeur pour connaître le volume de ses ventes par produit et les comparer avec ses propres prévisions; il est intéressé également par tous les incidents qui ont pu avoir lieu afin dêtre en mesure dy remédier à lavenir; si le distributeur travaille sur commande, lindustriel souhaitera connaître son carnet de commandes afin de pouvoir corriger éventuellement ses prévisions et en tenir compte dans son programme de production; il est également important pour lui de connaître le niveau des stocks du distributeur pour estimer la date à laquelle il faudra le renouveler; il devra opérer de même avec ses autres clients afin de consolider les chiffres
- un distributeur qui prévoit de passer commande à lindustriel est intéressé par ses stocks de produits finis et au second degré de ses en-cours mais cela ne présente guère dutilité sil ne possède pas en même temps les prévisions de sorties de stocks pour lensemble de la clientèle
- un fournisseur de lindustriel se trouve vis-à-vis de celui-ci dans une situation analogue à la sienne vis-à-vis de ses distributeurs; il a donc besoin de connaître les commandes reçues par lindustriel et les stocks dont il dispose dans la limite où les produit quil fournit sont concernés
- un transporteur ou un prestataire de service peuvent être intéressés également, dans la mesure où il est fait appel à eux de façon régulière, par les données chiffrées de leurs clients afin doptimiser leur plan de charge.
A la limite, si linformation était parfaite, un client pourrait passer une commande à notre industriel qui lincorporerait à ses commandes en attente, déroulerait larborescence des différents produits, vérifierait les stocks et passerait commande à ses fournisseurs pour les produits manquants, en déduirait le chemin critique et pourrait donner un délai de livraison en accusant réception de la commande du client. Des workflows pourraient fonctionner au fur et à mesure de la réception de la totalité des composants entrant dans la composition de sous-ensembles en déclenchant les opérations de fabrication de ces sous-ensembles (suivant le principe des rendez-vous), ces sous-ensembles donnant lieu de manière récursive à un nouveau rendez-vous; les composants 11, 12 et 13 ont rendez-vous pour fabriquer le sous-ensemble 1 qui lui-même a rendez-vous avec le sous-ensemble 2 pour réaliser le produit final. Mais tout cela ne peut fonctionner que pour des fabrications à la commande; dans les autres cas, il faut jouer sur les séries et sur les stocks et interroger différents fournisseurs ou prestataires de services.
Léchange pur et simple dinformations trouve donc rapidement ses limites; cest pourquoi il a été envisagé récemment une gestion collaborative de la Supply Chain entre un certain nombre de partenaires décidés de renoncer à certains avantages de la remise en cause continuelle des conditions dachat/vente, celles-ci étant négociées pour une certaine période à la suite déchanges dinformations comme indiqué au § 3, au profit de lefficacité (productivité accrue, meilleure satisfaction du client final, débouchés assurés et régulés pour le fournisseur, approvisionnements fluides et sans rupture pour le distributeur).
La gestion collaborative est basée non seulement sur léchange mais sur le partage de linformation; elle part du principe que chaque intervenant connaît mieux que quiconque ses propres impératifs:
- le fournisseur: capacité de fabrication à un moment donné, importance des séries, niveaux de stocks instantanés, caractéristiques des produits susceptibles dinfluencer la vente
- le distributeur: écoulement des produits, niveaux de stocks instantanés, impact des campagnes marketing ou promotionnelles, conséquences des ruptures de stocks, comportement des clients
- le transporteur: capacités de transport, contraintes réglementaires pays, taux de remplissage, plates-formes déclatement, optimisation des tournées, exigences des expéditeurs et destinataires répertoriés (horaires, conditions de chargement et de déchargement, équipements de manutention etc.)
Il en résulte que toute décision prise en commun a de meilleures chances daboutir à un bon résultat que des décisions prises isolément; pour améliorer la prise de décision, il faut sappuyer sur des prévisions lesquelles sont partiellement basées sur des historiques; celui qui se trouve en bout de chaîne dispose de données inestimables: ce sont les statistiques point de vente que les entreprises virtuelles ou entreprises étendues cherchent à sapproprier car ce sont elles qui déterminent non seulement leur politique commerciale (assortiment, promotions, rémunérations des vendeurs etc.) mais leur politique de fabrication (en sous-traitance ou à façon) ou de finition au dernier stade de la fabrication et même qui orientent leurs tendances en matière de conception ou de design, domaines que généralement elles gardent par devers elles.A ce niveau la granulométrie des informations est la plus fine possible et offre le maximum de possibilités danalyse; la comparaison des prévisions avec les réalisations permet daffiner les prévisions pour lavenir en cherchant à expliquer les écarts constatés: un écart peut aussi bien correspondre à une fluctuation conjoncturelle quêtre annonciateur dune tendance lourde et cest là que réside toute la difficulté de lanalyse. Les statistiques permettent également de mesurer limpact des campagnes promotionnelles et de prévoir leurs réprcussions sur les besoins de production.
Le principe de la gestion collaborative est basé sur le partage de linformation à lintérieur dune communauté virtuelle plus ou moins variable, plus ou moins durable; cette communauté, autant que lon puisse en juger par les premières applications de ce principe qui ont vu le jour, se compose dacteurs ayant des poids relatifs importants lun chez lautre, par exemple, un client dont le montant des commandes chez un fournisseur est important par rapport au chiffre daffaires total de ce fournisseur dont le montant des livraisons chez ce client est important par rapport au total des achats de ce client. La plate-forme déchange et de partage sur Extranet et/ou Internet peut-elle ne pas concerner que des founisseurs de premier rang et inclure les transporteurs à différents stades de la chaîne.
La gestion collaborative convient parfaitement à une communauté régie par des contrats et réunissant des fournisseurs non concurrents, des clients éventuellement concurrents mais ayant des fournisseurs en commun (industriels ayant une marque connue ou fabricants travaillant sous la marque des distributeurs) et des transporteurs plus ou moins spécialisés dans différents types de transports. Lintroduction de concurrents implique une étanchéité des relations bilatérales et une agrégation des chiffres mis à la disposition de la communauté qui sengage en outre à ne rien laisser filtrer à lextérieur.
Pour traduire cette collaboration dans les faits, les ERP sont indispensables mais il y a lieu de leur ajouter différents modules de type ASP (Application Service Provider) et de créer un espace de dialogue sécurisé dans lequel chacun fera appel à un référentiel commun; les droits daccès seront personnalisés: ainsi, votre concurrent pourra-t-il consulter les données le concernant ou des données agrégées mais naura-t-il pas accès aux vôtres; par contre votre fournisseur le pourra; une telle plate-forme offre différentes possibilités danalyse et peut permettre dinteconnecter la Supply Chain et les workflows de-procurement, ces derniers lui signifiant les commandes et recevant en retour les données de facturation.
Etant donnée la multiplicité des types dentreprises (voir § 1), il est délicat de formuler des recommandations générales et il vous appartient dadapter les principes de base à votre contexte particulier; ce qui est sûr, cest que vous avez intérêt à
- exploiter les données chiffrées pour être en mesure deffectuer des prévisions les plus fiables possibles en analysant les écarts des réalisations avec les prévisions de la période correspondante
- mesurer lefficacité de votre gestion par des indicateurs-clés (KPI) tels que les taux de rotation de vos stocks, les fréquences de ruptures de stock, le pourcentage de livraisons en retard, le nombre de commandes urgentes passées dans le mois, le nombre de réclamations-clients par produit et par fournisseur reçues dans le mois, la répartition des écarts par rapport au prévisions par point de vente pour la période de prévision etc.: cest à vous de vous constituer un tableau de bord avec des clignotants pour vous alerter en cas danomalie -tout cela est compris dans de nombreux progiciels-
- échanger des informations avec vos partenaires ou votre chambre syndicale pour affiner vos prévisions et également pour sélectionner vos fournisseurs
- entrer dans une communauté pour partager les informations et optimiser votre Supply Chain tout en restant circonspect: la gestion collaborative constitue une arme redoutable qui vous permet de vous différencier par rapport à vos concurrents non seulement en réalisant des économies de fonds de roulement mais en assurant un meilleur service à vos clients alors quune place de marché ne peut que vous faire faire des économies sur les prix et sur les coûts de transaction: cest peut-être le dernier bastion de la concurrence à lheure où les marchés tendent à devenir de plus en plus transparents et où un client peut être informé des prix pratiqués dans le monde entier simplement en se connectant à Internet. Faites en sorte de nouer des liens avec vos partenaires en favorisant les contacts entre vos équipes et les leurs et ensuite essayez détablir des relations contractuelles avec eux en prenant toutes les précautions nécessaires (noubliez pas quun concurrent peut chercher à vous nuire grâce à la connaissance quil aura de vos prévisions de commandes ou de votre planning de livraisons en mobilisant les capacités de production de votre fournisseur au moment où vous en auriez besoin pour lancer une campagne promotionnelle ou qui ira démarcher vos clients dont il connaîtra les lieux de livraison)
- être à laffût de tout ce qui est susceptible davoir un impact sur votre marché; cest le rôle des instituts de conjoncture ou cabinets détudes plus ou moins spécialisés et vous aurez peut-être intérêt à mutualiser cet aspect des prévisions qui intéresse lensemble de vos partenaires.
- ne pas perdre de vue, au-delà de toutes les méthodes mathématiques doptimisation comme la programmation linéaire, les raisonnements qui au travers de lorganisation des expéditions et dune politique commerciale incitative contribuent à labaissement des stocks et à des économies sur les coûts de transport. Le client est en effet sensible aux prix et en tiendra compte dans la composition, le volume et la fréquence de ses commandes ainsi que dans les conditionnements exigés.
- sefforcer de suivre au plus près les différents flux physiques de manière à pouvoir réagir au plus vite, les technologies les plus variées étant disponibles ; la plus ancienne et la meilleure marché est le code-barre mais lon voit apparaître de plus en plus les RFID ainsi que différents procédés de marquage par laser en 2D. A lidentification radio-fréquence (RFID) commence à être associé un EPCglobal Network"! qui attribue à chaque produit marqué un numéro unique EPC (Electronic Product Code) qui peut être saisi par un lecteur en tout point de la supply chain concuremment avec des informations de localisation, d horodatage et, pour les denrées périssables, de température ; dans la base de données du réseau figurent toutes les informations utiles relatives au produit identifié par son EPC ; ces données ne sont accessibles quaux sociétés propriétaires des données mais celles-ci peuvent les partager avec des partenaires désignés. Un tel système assure une traçabilité complète, un suivi des mouvements en temps réel (les lecteurs étant placés en différents points de rupture), un inventaire permanent et autorise des changements de parcours en cas de besoin. Il fournit ainsi des informations de granulométrie aussi fine que lon désire et confère une grande souplesse à la supply chain car une bonne connaissance de la réalité permet doptimiser les processus (le Docteur Peter HYPERLINK \l "Harrop" #Harrop en donne une excellente illustration).
Chapitre 5 :Conséquences sur lorganisation
Le passage à léconomie de la connaissance implique une double évolution organisationnelle et stratégique.
Le changement de cap dans lorganisation concerne les méthodes de travail, le management, les structures et une politique de relations humaines entièrement nouvelle.
Laspect stratégique concerne essentiellement la conception du coeur de métier et les relations avec les partenaires en rupture totale avec les pratiques antérieures; les objectifs stratégiques (rentabilité, expansion, flexibilité, autonomie, diminution du risque) restent sensiblement les mêmes mais ce qui change, cest surtout la manière de les atteindre: chacun est libre de pondérer ces différents objectifs selon ses propres impératifs mais les nouvelles technologies gravitant autour dInternet changent considérablement la donne dans la mesure où, par exemple, elle permettent à ceux qui prétendent au leadership -tout le monde ne peut pas y parvenir par définition- de prendre le contrôle dune chaîne de valeur en prenant un minimum de risques, en concentrant leurs investissements sur leur coeur de métier, en conservant le maximum de degrés de liberté et de facilité dadaptation et en étendant leur activité grâce à des prestations de services de plus en plus nombreuses; les stratégies collaboratives permettent par surcroît de mieux maîtriser les aléas et de mieux anticiper lévolution des marchés.
Les stratégies antérieures étaient axées sur la soumission à la loi du plus fort: prix imposé au fournisseur, absence de choix laissé au client, mépris du concurrent; aujourdhui, lon nhésitera pas à traiter le fournisseur en partenaire non seulement en rationalisant le processus dapprovisionnement mais encore en le faisant participer au développement de certains produits, à recueillir lavis de ses clients et même à leur laisser consulter celles de ses bases de données qui les concernent ou à travailler avec ses concurrents dans le cadre dactions se situant en amont ou en aval de la vente proprement dite.
Cette nouvelle manière de travailler offre beaucoup plus de souplesse mais demande une plus grande réactivité et une responsabilisation accrue de la part du personnel.
1. Répercussions sur les relations humaines
Politique du personnel
La nouvelle organisation est conçue pour responsabiliser le personnel qui est incité à prendre des initiatives; il y a évidemment un risque mais il faut peser le pour et le contre; les avantages peuvent lemporter sur les inconvénients à condition que tout le monde joue vraiment le jeu et ne se contente pas de faux-semblants; avec les nouveaux systèmes dits intelligents ne confie-t-on pas à des machines le soin de répondre à des courriers électroniques ou de choisir le meilleur fournisseur? Pourquoi ne ferait-on pas confiance à des êtres humains dûment sélectionnés et formés?
Il en résulte que les salariés doivent se comporter en personnes responsables et, en contrepartie, être traités en adultes. Ce qui est valable pour les performances lest également pour les contre-performances, quil sagisse derreurs répétées, négligences ou fautes professionnelles; la bonne ou mauvaise réputation faisant office de sélection, une mauvaise réputation doit conduire inexorablement à quitter lentreprise; par contre une bonne réputation est gratifiante et contribue à attacher à lentreprise ceux qui en bénéficient; leffet de réputation est amplifié par la communication interne et il sera facile de transposer la technique des sociogrammes au communications par Internet, les personnes réputées pour leur compétence et leur coopération devenant des point de convergence des messages; toutefois, il nest pas souhaitable que la concurrence, la rivalité ou la jalousie prennent le pas sur ce qui demeure dans les limites de lémulation et du désir de se rendre utile.
Etant donné que, dune façon générale, les entreprises pourront de moins en moins garantir la stabilité de lemploi, elles se sentiront obligées, à titre de compensation, comme le soulignent Hammond, Kelly et Thurston, dans leur article paru dans Business Week du 17 Octobre 1994, sous le titre The new world of work, à assurer lemployabilité de leurs collaborateurs en leur dispensant une formation permanente, celle-ci pouvant être mise à profit dans une autre entreprise; une telle attitude ne résulte pas dune obligation morale mais de la nécessité davoir des salariés motivés cest-à-dire soucieux de donner satisfaction aux clients, contribuant à linnovation, prenant des décisions rapides et efficaces, économes des ressources de lentreprise y compris du temps passé, ne regardant pas à travailler exceptionnellement à des heures peu compatibles avec leur vie privée etc. Si cet octroi dun avantage immatériel comùpense en partie la précarité de lemploi, il ne faut pas que cette précarité entraîne un renouvellement trop rapide du personnel car, dune part, la formation exige un minimum de temps, dautre part, ce qui est demandé aujourdhui au parsonnel comporte une certaine identification avec lentreprise et un bon fonctionnement des circuits dinformation, ce qui implique que les acteurs se connaissent bien et soient habitués à manipuler des données suivant certains référentiels -nous avons eu loccasion, tant au niveau de la vente quà celui des achats, de parler de la réunion déquipes provenant de chacune des entreprises en relation daffaires-. Donc, plus demploi à vie certes mais pas de coups daccordéon dans les effectifs, tout au moins ceux qui constituent le noyau permanent de travailleurs à temps plein selon lexpression employée dans la conclusion de Lentreprise délocalisée, par opposition aux travailleurs temporaires ou aux équipes autonomes recrutées pour la durée dun projet comme cela commence à se pratiquer malgré les lacunes de la législation en la matière.
La hiérarchie traditionnelle se voit donc de plus en plus remplacée par lexpertise; celle-ci ne consiste pas à détenir une information, désormais disponible, tout au moins théoriquement, à travers les réseaux (Intranet, Extranet ou Internet) mais à maîtriser un savoir-faire essentiellement acquis par lexpérience rendant son détenteur à même de résoudre des problèmes entrant dans son domaine de compétence en matière de conception, de fabrication, de marketing, de gestion ou de mise en oeuvre des produits de lentreprise ou des services qui leur sont associés.
Les dirigeants doivent constituer une équipe pluridisciplinaire parfaitement soudée ayant une vision globale commune et ayant une notion très claire des ressources et compétences nécessaires pour satisfaire les clients. Cette équipe pourra prendre des configurations variables dans le cadre de divers projets, comme celle que nous vous proposerons pour mener à bien votre projet de-organisation. Suprême recours en cas de difficulté majeure, la direction est à la disposition du personnel qui ne doit pas hésiter à faire appel à elle après avoir épuisé toutes les autres possibilités; le personnel travaillant en équipes, cest essentiellement dans des situations exceptionnelles comme, par exemple, la défection dun partenaire, que léquipe de direction est conduite à intervenir pour réagir rapidement et prendre les mesures nécessaires. En labsence de hiérarchie rigide, il faut faire confiance dans un système autorégulateur incitant le personnel à se comporter de manière responsable dans un cadre de travail admis consensuellement et auquel la direction ne doit pas apporter de modifications sans avoir consulté les intéressés.
Motivation du personnel
La motivation du personnel nest pas seulement la conséquence dune rémunération en rapport avec le service rendu mais également du climat qui règne au sein de lentreprise; dans une entreprise essentiellement basée sur la connaissance, nous lavons préconisé dans tous les domaines, depuis la conception jusquà la livraison du produit -et même après-, chacun doit être reconnu pour ses compétences et, bien entendu, la manière dont il les utilise pour atteindre les objectifs de sa fonction; cela ne va pas sans un dialogue permanent entre les uns et les autres à travers le réseau bien sûr mais également devant la machine à café; les échanges sont essentiels car, chacun ayant vécu des situations différentes, est en mesure de communiquer aux autres les difficultés quil a rencontrées et la manière dont il les a surmontées, dautant plus que tout le monde nayant pas une fibre décrivain, il est peu probable que lon retrouve certains détails particulièrement suggestifs dans les bases de données métiers qui sont censées les héberger.
Les motivations autres que le salaire quelles que soient ses différentes formes (primes, participation, intéressement, plans dépargne, stock-options etc.) se traduisent par des comportements dans diverses situations; ceux-ci dépendent du style de management. Pour mieux nous faire comprendre, nous allons prendre un exemple extrêmement simple, celui dun surveillant dans différents contextes dentreprises; nous partons du principe quil perçoit une rémunération normale et que cest ce qui lincite à se rendre à son travail; mais nous allons voir quune fois sur son lieu de travail, il peut se comporter de différentes manières:
- dans une entreprise de type bureaucratique, la motivation peut être formelle ou individualisée
. dans un cadre purement formel, le surveillant sera astreint à pointerà intervalles réguliers en certains points de la zone à surveiller; cela peut seffectuer à laide dun système horodateur enregistrant le passage de lintéressé; le surveillant adressera ses enregistrements de pointage à un service administratif qui vérifiera sils sont complets, la transmission pouvant avoir lieu en temps réel mais cela ne change rien à notre propos; si les enregistrements ne sont pas complets, le surveillant pourra recevoir une note de service et une retenue sera éventuellement effectuée sur son salaire, éventuellement après une première récidive sans justification. Dans ces conditions, quelle va être la motivation de ce salarié? Pointer aux endroits et heures prescrites de manière à ne pas avoir dennuis avec les services administratifs et ne pas risquer de voir écorner sa feuille de paye; sa seule et unique préoccupation étant le pointage qui devrait être un moyen et non une fin, il ne fera pratiquement pas autre chose; sil arrive en avance sur un lieu de pointage, il attendra sans rien faire; quant à ladministration, sa seule motivation sera de contrôler les relevés de pointage.
. dans un contexte plus individualisé, le salarié peut être rendu responsable dun certain nombre de missions dont il devra rendre compte; il sera jugé sur ses rapports et pourra faire lobjet dinspections inopinées; quelle sera alors sa principale motivation? Il cherchera surtout à être bien noté par ses supérieurs tout en se donnant le moins de mal possible et en évitant de se faire prendre en défaut lors dune inspection dont il aura été généralement prévenu par un collègue; il fera un travail plus spectaculaire quutile.
Dans une telle entreprise, les préoccupations de lindividu sont introverties car centrées sur sa carrière et sa tranquillité; en ce qui concerne la carrière, une grande partie de ses agissements sera étudiée en vue de se faire remarquer par ceux qui ont le pouvoir dagir en sa faveur, attitude souvent encouragée par les pratiques paternalistes de certains responsables hiérarchiques; en ce qui concerne la recherche de tranquillité, elle entraîne un comportement opposé consistant à faire le moins de bruit possible, éviter de prendre des initiatives et agir seulement sous couvert de ses chefs; ces deux attitudes contradictoires peuvent être adoptées à tour de rôle, la première laissant suffisamment de répit à lintéressé pour pouvoir ronronner dans son coin pendant un certain temps en se livrant à des activités routinières sans jamais innover ou en se consacrant à ses occupations favorites.
- dans une entreprise de la nouvelle économie, nous avons vu que cest tout à fait lopposé car le climat est radicalement différent; une vision globale est clairement affichée, la notion de service est de règle et la personnalité de chaque individu est prise en compte; les salariés sont intéressés aux résultats (individuellement, par équipe, au niveau de lentreprise voire dans le cadre dun projet) et chacun , quelle que soit sa tâche de fond, est concerné par lefficience et lefficacité de lensemble. Même notre surveillant verra son cadre de travail considérablement élargi; il aura loeil sur tout dysfonctionnement auquel il apportera une solution soit par lui-même, soit à laide de collègues spécialisés auxquels il nhésitera pas à faire appel; il nhésitera pas à faire des suggestions pour améliorer son périmètre de travail, participera à la vie de lentreprise et aura loccasion de se faire connaître et apprécier au cours de réunions de travail le concernant (sécurité, hygiène, circulation etc.).
La principale caractéristique du contexte de travail de lentreprise idéale de la nouvelle économie est que le collaborateur nest jamais isolé ou enfermé dans les limites dun microcosme se protégeant par des actions en trompe-loeil, comme cest parfois le cas dans des actions Qualité si lon ne prend pas soin de les encadrer par des audits à la fois internes et externes (dans notre cas, la qualité est pour ainsi dire native dans le-organisation qui devra faire appel à des indicateurs générés automatiquement à des niveaux de granulométrie allant du plus simple au plus global -tableau de bord de la direction générale- associés à des clignotants) ; il travaille généralement en équipe avec des personnes qui nexercent pas nécessairement le même métier que lui, les membre de léquipe pouvant changer dactivité voire prendre la direction de léquipe à tour de rôle; il est également connecté, lorsque sa fonction sy prête, à de nombreux correspondants y compris des clients qui ont la possibilité de sexprimer en bien ou en mal; tout est transparent et même ceux qui, de par leur fonction, nont pas beaucoup à communiquer, seront tenus au courant de la vie de lentreprise par lIntranet soit sur lécran de leur ordinateur, soit sils nen sont pas équipés, sur une borne interactive mise à leur disposition dans leur atelier ou leur entrepôt car personne ne doit être laissé à lécart. Les indicateurs de performance sont largement diffusés de manière à ce que chacun puisse prendre les mesures nécessaires pour les améliorer si nécessaire et, en fin de compte, ce qui motive le salarié en dehors des satisfactions pécuniaires, cest de sassurer une bonne réputation (reconnaissance par les pairs, renommée internationale, satisfaction des personnes ayant eu recours à ses services); dans une entreprise de ce type, la motivation des acteurs nettement extravertis repose sur trois axes: la compétence, le service et lesprit dappartenance à une communauté.
Lexemple poussé à lextrême des équipes de travailleurs de lusine de General Motors qui, daprès ce que nous rapportent Deal et Jenkins dans leur ouvrage Managing the hidden organization, allaient après leur travail à latelier, sassurer auprès des concessionnaires de la marque que les clients étaient bien satisfaits des véhicules quils fabriquaient illustre bien un tel état desprit.
2. Prépondérance de linformation
Culture dentreprise
La culture dentreprise est une caractéristique de lentreprise qui sous-tend son comportement par le biais de sa stratégie, de ses différentes politiques et de la conduite de ses collaborateurs ; elle a des implications dans les relations quelle entretient avec ses différents partenaires et notamment avec ses clients.
La culture dentreprise peut faire lobjet de déclarations formelles ou de chartes mais elle se traduit essentiellement dans les faits ; elle se manifeste à lintérieur de lentreprise appréhendée comme une micro-société et à lextérieur par les rapports qui prévalent entre ses collaborateurs et leurs différents interlocuteurs ; elle est portée par les individus bien que présentant un caractère collectif. Or les individus ont leur caractère propre : la culture dentreprise doit le dominer sans le supplanter. Elle nest pas innée, elle sacquiert car elle repose sur de la connaissance même si celle-ci se compose à la fois de savoir-faire et de savoir-être.
Lentreprise de la nouvelle économie dispose dune masse considérable dinformations quelle entretient comme nous lavons vu, avec le plus grand soin, une grande partie de son activité reposant en grande partie sur la connaissance. Si linformation est disponible, cest parce que, jour après jour, les acteurs de lentreprise laccumulent dans les bases de données générales ou spécialisées métiers; nous avons vu que, quelle que soit limplantation physique de ces bases de données sur Internet, lutilisateur nen voit quune seule; ces informations ne jouent pas seulement le rôle darchives mais sont faites pour être consultées et utilisées; le problème se pose lorsque lon a une action à entreprendre et quil vous manque certains éléments: faits, tours de main ou manière dont dautres ont procédé avant vous (cela correspond au savoir et au savoir-faire); toute information pertinente vis-à-vis dun problème à résoudre est interprétée, évaluée et éventuellement traitée et adaptée en fonction de son aptitude à en faciliter la solution; une information qui aurait pu paraître a priori dun intérêt secondaire peut savérer subitement dun très grand intérêt dans un contexte particulier; linformation fait partie de la culture dentreprise car elle en est à la fois la source et la conséquence.
Pour que chacun contribue efficacement au développement de lentreprise, il faut des indicateurs clairs et visibles pour tous pour que chaque entité, chaque responsable de centre de profit, chaque acteur se situe par rapports aux objectifs et par rapport à ses homologues. La conduite à tenir est en partie inspirée par une HYPERLINK \l "intelligence" #intelligence collective (voir Chapitre 1, § 1) favorisée par la diffusion la plus large des décisions prises et de la démarche suivie pour y parvenir, par la mobilité du personnel dont lexpérience ne doit cesser de senrichir et de se diversifier grâce au travail en équipes ou en comités.
Nous ne saurions trop insister sur le fait que lémergence de lintelligence collective ne peut être que le résultat dune politique volontariste dincitation à la coopération qui fait appel à ses propres techniques comme lexpose dans le détail louvrage dOlivier HYPERLINK \l "Zara" #Zara.
Prise de décision
La plupart du temps, des solutions sont apportées au jour le jour au fur et à mesure que les problèmes se posent ou que les conséquences des dysfonctionnements éclatent au grand jour à loccasion dun incident quelconque; cest un peu comme si, dans une installation électrique surchargée, lon se bornait à augmenter le calibre des fusibles au lieu de se pencher sur les véritables causes de la surcharge; en général, seules les causes directes sont envisagées mais il peut être très instructif de remonter larbre des causes cher aux Japonais, celui-ci pouvant conduire à reconsidérer lorganisation du travail sinon le processus lui-même.
Nous allons voir comment se déroulerait le processus de décision dans le cadre dune HYPERLINK \l "organisation" #organisation circulaire (voir Chapitre 1, § 4) en remarquant au préalable que la présentation séquentielle qui va en être faite ne doit pas masquer de nombreuses itérations, des retours en arrière et des temps dattente correspondant à des études particulières, des enquêtes ou des consultations.
Nous nous placerons dans un contexte de vigilance où tous les acteurs sont à lécoute de ce qui se passe dans leur propre domaine et dans lensemble de lentreprise; dans une e-organisation comme celle que nous préconisons, personne ne doit se laisser surprendre (il est impensable de décréter la fermeture dune usine du jour au lendemain parce que le compte dexploitation est revu incrémentalement tous les jours et que tout le monde est au courant de son évolution: sil y a des décisions à prendre, il faut avoir le courage de les prendre pendant quil est encore temps -cest dailleurs la raison dêtre du droit dalerte des comités dentreprises au cas où la direction naurait pas pris les devants- et non sous la pression des évènements, avec la brutalité que cela implique et limpréparation des mesures daccompagnement; certains rétorqueront que cela risque de précipiter les choses et daggraver la situation mais bien, que lon ne puisse pas généraliser, il nous semble quil vaut mieux avoir un bon plan à proposer que laisser les rumeurs samplifier dans un climat dincertitude). Pour mieux nous faire comprendre, nous poursuivrons une métaphore médicale. Du point de vue médical, la vigilance correspond à des visites de contrôle régulières; elles ont pour but de procéder à divers examens de santé dont les résultats sont évalués par rapport à des performances considérées comme moyennes; il en est de même dans lentreprise où lon constate des faits et où lon enregistre des résultats que lon compare à des prévisions, des normes, des budgets, des plans ou des performances que lon considère comme moyennes dans la profession; parmi les données, lon peut distinguer les données brutes (par exemple, nombre de commandes reçues dans le mois) et les données interprétées (par exemple, baisse du nombre de commandes reçues dans le mois par rapport à celui du même mois lannée précédente), la comparaison ayant lieu entre un fait et un niveau de référence; les faits constatés ne sont pas toujours quantitatifs, ils peuvent être dordre qualitatif comme le degré dinsatisfaction des clients; de toute façon, toute anomalie constatée (symptômes) doit provoquer la recherche des causes (diagnostic); comme nous lavons fait remarquer à propos de lexemple de linstallation électrique, la cause peut ne pas être unique et peut être la conséquence dune autre cause située en amont; la solution (prescription) réside dans le remède à la cause initiale qui nest pas toujours facile à découvrir; comme en médecine, il y a souvent plusieurs solutions possibles, chacune présentant ses avantages et ses inconvénients; dans une entreprise, les critères de choix sont évalués à laune des objectifs stratégiques mais dans le-organisation, les décisions étant prises en groupe au sein dune équipe-projet constituée pour la circonstance, les implications sur les différentes parties prenantes sont également prises en compte, ce qui suppose quelles sont bien représentées dans léquipe. Une fois la solution adoptée, il faut la faire appliquer en établissant un plan daction qui correspond au traitement dun patient; les effets des mesures appliquées seront mesurés (analyses) jusquà la disparition du dysfonctionnement (guérison). Ce processus est facilité dans les entreprises de la nouvelle économie par laccumulation des connaissances, le travail en groupe et la structure en réseau qui met en communication les différentes entités quel que soit leur rôle et leur implantation géographique; en outre, elles bénéficient de plates-formes informatiques dotées de tous les outils de reporting nécessaires pour suivre les différentes activités.
3. Mise en oeuvre dun projet de-organisation
Parvenant au terme de la première partie de cet ouvrage qui pourrait ne jamais se terminer étant donnée lévolution permanente des technologies de linformation, nous avons voulu essentiellement fournir les bases conceptuelles de léconomie de la connaissance, telle que nous la voyons et non pas telle quon se limagine souvent; ces bases seront valables quels que soient les progrès techniques car le succès durable de lentreprise repose
- sur son capital intellectuel dont laccumulation du savoir-faire et de lexpérience dune part, lart de faire travailler des hommes ensemble pour donner satisfaction aux clients dautre part, sont des composantes indispensables
- sur une vision globale conduisant à stratégie et une organisation qui lui assurent, sinon un leadership, du moins un fonctionnement dans des conditions économiques et compétitives satisfaisantes.
Vous vous prenez peut-être à rêver en train douvrir toutes grandes les portes de votre entreprise à vos fournisseurs qui remplissent vos bons de commandes à votre place, dinstaller vos partenaires devant vos propres consoles de CAO pour quils conçoivent vos produits futurs, de laisser prendre des décisions engageant lavenir par vos employés, pendant que vos clients travaillent pour vous en libre-service en dépannant les appareils que vous leur avez vendus ou en passant des commandes de pièces de rechange sans que personne dautre nait à intervenir; vous navez pas eu le temps de continuer votre rêve parce que vous aviez rendez-vous avec vos concurrents sur une place de marché...
En fait, la nouvelle économie est beaucoup plus exigeante que lancienne en matière de contrôle; il est vrai quelle vous fournit des éléments beaucoup plus facilement, notamment les KPI que vous devez suivre en permanence (à vous de choisir les plus pertinents pour votre activité et de demander à vos fournisseurs de logiciels de vous les faire apparaître); mais vous devez également coordonner lactivité de lensemble de vos collaborateurs -ce qui est rendu plus difficile avec la hiérarchie aplatie exigée par la structure en réseau et le travail en équipes- et vous assurer que tout fonctionne comme vous lavez prévu. En effet, lorsque quelque chose est nouveau, pour peu que les utilisateurs aient été convaincus de son intérêt, ils lutilisent à fond; puis, petit à petit, au fur et à mesure que leur engouement sestompe, ils nutilisent plus quune partie du système et de moins en moins (voyez les gens à qui lon a confié un Intranet et qui ne lutilisent plus que pour senvoyer des mails et consulter la météo ou tout autre rubrique de leur choix); il faut donc être toujours sur la brèche; prenez par exemple la gestion des connaissances dont nous avons parlé au HYPERLINK \l "Chapitre" #Chapitre 1: elle ne présente dintérêt que si le système est utilisé, soigneusement mis à jour et enrichi par chacun; cest un effort continuel; il en est de même de linnovation que nous avons évoquée également; il faut donc rappeler sans cesse, encourager, récompenser, entretenir le suspense...
Enfin, vous devez avoir loeil fixé non seulement sur les indicateurs qui traduisent souvent les effets dun dysfonctionnement avec un certain retard mais également, dune manière plus qualitative, sur lesprit dans lequel le travail est effectué; répond-il votre culture dentreprise, correspond-il à votre image de marque, traduit-il la stratégie que vous menez? Vous devez toujours être en mesure de corriger le cap à temps avant quune dérive ne vous entraîne trop loin. Et puis comme lenvironnement change sans arrêt et de plus en plus vite, soyez toujours prêt à lancer de nouveaux projets.
Abréviations
ACD Automatic Calls Distributor
AMDEC Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité
APS Advanced Planning Systems (Planification de la chaîne logistique)
ASP Application Service Provider
ATP Available To Promise
BoL Bill of Lading
BoM Bill of Materials
BoP Bill of Process
B to B Business to Business
B to B to B Business to Business to Business (Relations commerciales entre un donneur
dordres et un fournisseur ou sous-traitant de second rang ou plus)
B to C Business to Consumer (ou B2C)
B to E Business to Employee (ou B2E)
BI Business Intelligence
CALS Continuous Acquisition and Life cycle Support
CAM Customer Asset Management
CAO Conception Assistée par Ordinateur
CFAO Conception et Fabrication Assistées par Ordinateur
CRM Customer Relationship Management
CSM Components Supplier Management
CSR Customer Service Representative (pour Call Centers notamment)
CTI Intégration Téléphonie-Informatique
CTP Capable To Promise
DAO Dessin Assisté par Ordinateur
EAI Enterprise Applications Integration (Intégration dApplications dEntreprise)
EIP Enterprise Information Portal
EPC Electronic Product Code
ERM Enterprise Report Management
ERP Enterprise Ressources Planning (cf. PGI)
e-vap electronic value-added provider
FAQ Frequently Asked Questions
GPAO Gestion de Production Assistée par Ordinateur
HTML HyperText Mark-up Language
IAO Ingénierie Assistée par Ordinateur
IP Internet Protocol
ISP Internet Service Provider
ISS Interactve Selling System
IVR Réponse Vocale Interactive (cf. SVI)
KM Knowledge Management (Gestion des Connaissances)
KPI Key Point Indicator
LCC Life Cycle Cost (Coût de Possession)
LDAP Lightweight Directory Access Protocol (Protocole dAccès aux Annuaires
Légers)
LSAR Logistic Support Analysis Report
MES Manufacturing Execution Systems (Traitement en temps réel des informations
sur lexécution des ordres de fabrication)
MIME Multipurpose Internet Mail Extension
MIS Merchant Initiated Security (pour les cartes de crédit)
MRO Maintenance, Repair and Overhauling
MRP Material Requirement Planning (Besoins nets de composants pour la fabrication
par éclatement des données commerciales)
MRP II Management des Ressources de Production (comme MRP mais tient compte des
capacités et inclut le jalonnement et le suivi dexécution des ordres)
MTBF Mean Time Between Failures
NAS Network Attached Storage (Sauvegarde virtuelle de fichiers)
NAT Network Address Translation (utilisé dans les murs pare-feu ou fire-walls)
OLAP On-Line Analytical Processing (consolidation des bases de données à fin de
reporting)
PDM Product Data Management (Management des données produit)
PGI Progiciel de Gestion Intégrée (cf. ERP)
PRM Partners Relationship Management
RFID Radio Frequency Identification
SAN Storage Area Network (stockage virtuel de fichiers)
SCE Supply Chain Execution
SCM Supply Chain Management
SCP Supply Chain Planning
SET Secure Electronic Transaction (Protocol) (pour paiement sécurisé)
SFA Sales Force Automation
SGDT Système de Gestion de Données Techniques
S-MIME Version sécurisée de MIME (cf. MIME)
SQL Stuctured Query Language (pour interrogation de bases de données)
SSL Security Socket Layer
SVI Serveur Vocal Interactif (cf. IVR)
TCP Transmission Control Protocol
TGAO Technologie de Groupe Assistée par Ordinateur
UN/SPSC United Nations / Standard Products and Standard Costs (Norme utilisée entre
autres pour la réalisation des catalogues électroniques)
VPN Virtual Private Network
VPDM Virtual Product Development Modeling
VRML Virtual Reality Mark-up Language
XML eXtensible Mark-up Language
WAP Wireless Application Protocol
HTML et XML sont des marques ou des marques déposées de W3C (TM) -World Wide Web Consortium-; tous les autres sigles sont des marques ou des marques déposées de leurs sociétés respectives.
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Tome 2:
La Mise en uvre dynamique
des Connaissances
Introduction
La première question qui se pose à propos de la connaissance est la suivante: A quoi sert-elle et à qui est-elle destinée? Si nous prenons le cas dun chercheur, il aura besoin de bases de données générales, dinformations sur sa discipline, de bibliographie, dagendas de manifestations scientifiques et techniques etc. Parmi les informations disponibles, certaines devront être tenues à sa disposition, dautres devront aller au-devant de lui dans la mesure où il ignore quelles existent avant den être avisé. Quant aux sources, celles-ci peuvent être extrêmement diverses quil sagisse de documents, de sites Web ou de messages électroniques.
Lhomme daction ne peut consacrer la majeure partie de son temps à ouvrir des dossiers, consulter des documents ou surfer sur le Web en passant dun clic à lautre -parfois sans résultat concret-. Son rôle est plutôt dinnover et de réagir à des signaux. Une bonne organisation pourrait laider à prendre des initiatives et à rechercher des informations complémentaires, suivant un processus judicieusement balisé, en fonction des réponses obtenues.
Il est évident que le processus envisagé, tout en étant le même pour les différents utilisateurs de lentreprise, devra pouvoir être décliné en fonction de leurs différents domaines dactivité; ceci implique lexistence de règles précisant la signification des concepts dans les différents contextes inhérents à ces domaines. En outre, chaque domaine pourra nécessiter des sources différentes et entraîner des réponses spécifiques à un signal donné. Le signal pourra provenir dune source unique à un instant donné ou de linterprétation de signaux successifs provenant dune même source ou de sources différentes.
Limportant est de pouvoir localiser sans effort les connaissances, les associer entre elles et en tirer des enseignements quant aux études ou enquêtes à entreprendre ou aux actions à effectuer, suivant les cas, sur un plan opérationnel, tactique ou stratégique.
Dans tous les cas, quel que soit le mode opératoire quils impliquent et la profondeur danalyse quils permettent, ce que lon demande à lorganisation et, plus particulièrement, au système dinformation, cest de permettre une exploitation optimale de la connaissance non pas en supprimant toute intervention humaine mais en assistant lesprit dans ses multiples démarches; pour cela , il est nécessaire de bien connaître les méthodes utilisées par lesprit humain pour que lutilisateur nait pas deffort supplémentaire à faire pour essayer de comprendre comment fonctionne le système et quelles sont les intentions sous-jacentes qui le sous-tendent; les méthodes proposées doivent être intuitives et accompagner la démarche de lesprit tout en la soulageant grâce à un fil directeur et une mémorisation. Les méthodes qui ne présentent pas ces caractéristiques ne sont certes pas à écarter systématiquement mais nentrent pas dans le cadre dune assistance au bon déroulement dune activité; elles doivent tout simplement être considérées à part car elles jouent un rôle différent.La mise en oeuvre dynamique des connaissances correspond à une mise en mouvement de la connaissance à travers les différents rouages de lentreprise et vient en complément de la gestion des connaissances pure et simple; si cette dernière commence à être maîtrisée, bon nombre dentreprises nexploitent pas encore de manière optimale lensemble des connaissances dont elles disposent, faute de systèmes adaptés à leurs besoins.
Il peut être utile, dans une telle démarche de distinguer
- les connaissances persistantes: sur lesquelles sappuient les décideurs pour accomplir leur tâche dans la mesure où elles les aident à formuler des hypothèses et à élaborer des solutions; elles peuvent résider au sein de lentreprise dont elles constituent une partie du patrimoine ou à lextérieur, ce qui suppose que lon dispose des moyens nécessaires pour les identifier et y accéder; elles permettent de mettre en uvre des règles, procédures, méthodes et algorithmes tout en capitalisant un acquis auquel il est possible de se référer
- les connaissances fugaces qui ont trait au fonctionnement courant dun service ou dun ensemble de services interdépendants; ceux-ci sont, en effet tributaires de nombreuses informations (plus dailleurs que de véritables connaissances) quil convient de capter et de diffuser en temps réel en vue dassurer une coordination optimale; cela se traduit par un suivi des flux et statuts dobjets, de documents, de personnes, de projets ou dopérations, sappuyant sur un certain nombre de règles (notamment, priorités ou dates à respecter) compte-tenu des différents contextes rencontrés. Le caractère « fugace » de ces connaissances est dû au fait quelles perdent souvent de leur intérêt une fois utilisées, mis à part le fait quelles gagnent à être conservées à des fins statistiques ou « notariales » (traçabilité).
Nous avons vu dans "La Connaissance au coeur du Patrimoine de l'Entreprise" trois grands domaines dans lesquels la connaissance joue un rôle crucial, la production, le commerce et la gestion, autant par elle-même que par la manière dont elle est créée partagée et exploitée par les différents collaborateurs de l'entreprise.
Nous proposerons différentes méthodes destinées à tirer le meilleur parti possible, au moindre coût, des connaissances existantes, tant tacites quexplicites. Il sagit dune attitude proactive orientée vers la création de connaissances nouvelles et leur partage en vue de laccroissement du patrimoine intellectuel collectif de lentreprise. Indépendantes de tout logiciel, ces méthodes gagnent en pratique à être rattachées à des logiciels disponibles sur le marché, de manière à ne pas demeurer à létat de vux pieux. Loin de vouloir automatiser les tâches intellectuelles les moins routinières, nous cherchons plutôt à les assister en tenant compte des tendances naturelles de lesprit humain, de ses insuffisances et du comportement habituel des hommes pris individuellement ou en société, linitiative revenant toujours à lacteur humain.
Chapitre 1: Tendances de lesprit humain
Ce chapitre a pour but de familiarisr le lecteur avec le fonctionnement courant de l'esprit humain, notamment dans le cadre de l'appréhension des connaissances, les structures hiérarchiques de toutes natures étant particulièrement aptes à traduire certains mécanismes de pensée; il met l'accent sur le rôle joué par les connaissances dans la pratique de l'entreprise à différents niveaux et esquisse une méthode que chacun pourra mettre en oeuvre en fonction du profil de son entreprise ou de son activité pour faciliter le déploiement des connaissances qui lui seront utiles.
Lesprit fait appel à toutes sorte de mécanismes de pensée et le fait quil utilise fréquemment des outils plus ou moins sophistiqués comme le calcul conduit souvent à considérer ces outils comme faisant partie de la pensée proprement dite alors quils ne sont que le résultat dune pensée antérieure qui a été en quelque sorte compilée. Il faut dabord remarquer que la pensée ne sexerce bien que si elle a un objectif sauf dans des domaines très particuliers comme la poésie ou la réminiscence pure et simple; même en recherche fondamentale, le but est de trouver quelque chose, quil sagisse de lexplication dun phénomène, dune nouvelle particule, de lexpression dun gène, dune nouvelle molécule susceptible de présenter des propriétés originales etc. En général, lon part des connaissances disponibles pour atteindre un but; le cheminement qui se met en oeuvre peut être facilité et guidé mais il est rarement instantané; il peut être plus ou moins contraint, plus ou moins conditionné mais il constitue une dynamique; la démarche qui consiste à aller chercher des informations dans une base de données nentre pas dans un tel cadre alors que celle qui nécessite un certain nombre dessais et derreurs, dallers-retours, ditérations, danalyses ou détudes intermédiaires, daccès à des protocoles est véritablement dynamique dans la mesure où à chaque étape elle se rapproche du but -découverte, plan stratégique, résolution dun problème, choix dun candidat, lancement dun nouveau produit, par exemple-
Certains cheminements peuvent être balisés dans la mesure où lexpérience a pu montrer que, pour atteindre tel but, il y a lieu demprunter tel chemin en se préoccupant de tels facteurs faisant lobjet de connaissances. Il peut être utile de regrouper ces connaissances en les interconnectant par des liens de manière à constituer un réseau. Ainsi, au lieu de classer les connaissances, comme cela vient tout dabord à lesprit, par thème, sera-t-il plus opérationnel de les regrouper de manière virtuelle, en fonction du but recherché (curs de cible) en sen éloignant progressivement et ce, comme nous le verrons, à différents niveaux.Une telle démarche peut avoir pour effet collatéral de stimuler des associations d'idées générant des voies de recherche nouvelles, sources d'innovation.
Retenons que toute décision requiert réflexion et maturation; par conséquent, il faut éviter les systèmes trop automatisés ou trop directifs ne laissant pas à lutilisateur suffisamment de marge pour prendre des initiatives; le rôle de la technologie doit se limiter à soulager la mémoire y compris dans la marche à suivre et faciliter les recherches sans imposer quoi que ce soit. Il faut laisser le travail inconscient (ce que lon désigne dans certains cas sous le vocable dintuition) seffectuer à son rythme tout en fournissant à lutilisateur le maximum (compatible avec ses capacités dappréhension) dindications, daides et de jalons.
1. Connaissances et raisonnement
Les connaissances jouent un rôle fondamental dans la conduite du raisonnement soit en tant que faits, soit en tant que règles à appliquer ou méthodes à suivre; leur représentation graphique et leur classification méthodique peuvent considérablement faciliter la tâche des utilisateurs suivant le schéma ci-dessous:
Lesprit humain procède essentiellement par déduction et induction1; dans les deux cas, il sagit dappliquer des règles plus ou moins innées ou édictées soit par expérience, soit en fonction des impératifs dune organisation. Dans le cas de la déduction, lon vérifie les prémisses pour en déduire que la conclusion est vraie; dans le cas de linduction, lon procède à une généralisation à partir dune observation partielle: lorsquune règle est applicable à un certain nombre dobjets, lon en conclut quelle sapplique à lensemble des objets appartenant à la même classe ou catégorie. Il y a lieu de citer également un mode de raisonnement voisin, lanalogie qui consiste à considérer quà partir du moment où un objet possède un certain nombre dattributs en commun avec un autre objet, ces objets ont les mêmes attributs.
La déduction correspond à un cheminement logique qui se déroule dans le temps et, par suite, peut se représenter graphiquement, suivant une hiérarchie temporelle. Linduction correspond à une mise en correspondance ou une vision instantanée qui peut être également facilitée par une représentation graphique.
Ce que lon pourrait qualifier de modalités de raisonnement comme, par exemple, litération, la récursion, le raisonnement par labsurde, la réduction des différences etc. entrent plus dans le cadre de raisonnements spécifiques sinsérant dans le déroulement général de la pensée qui seul ici nous intéresse; nous considérons, en effet, que nous sommes en mesure de maîtriser un processus général et quà lintérieur de ce processus, nous pouvons être conduits à sous-traiter un certain nombre dopérations comme des calculs mathématiques ou statistiques; par sous-traitance, nous ne voulons pas dire que ces calculs sont nécessairement confiés à des tierces personnes ou à des machines mais quils se situent hors du champ du raisonnement principal, celui-ci les considérant comme des boîtes noires et nétant véritablement concerné que par les données, les hypothèses et les résultats qui leur sont attachés.
Une démarche de lesprit humain que lon retrouve dans presque toutes les activités est la comparaison: par exemple, entre un fait observé et un fait de référence (celui-ci peut être implicite cest-à dire intuitif dans notre esprit ou explicite cest-à-dire présenté sous forme de document; cest sur elle que reposent le jugement, lévaluation et même la sélection qui procède de lévaluation à deux niveaux (comparaison entre un ou plusieurs attributs et leur valeur de référence dune part, comparaison entre les entités possédant ces attributs dautre part). Cest donc un mécanisme essentiel quil faut sefforcer dassister en étant capable de présenter au moment voulu les différents termes de la comparaison. Notons que les opérations de classement font appel au mécanisme de la comparaison. Dune façon générale, la comparaison fait intervenir différentes formes de hiérarchies.
Avec les différents concepts que nous avons évoqués, nous serons donc en mesure de suivre la majorité des activités exercés dans lentreprise; toutefois, la mémoire et lexpérience qui fait appel à la mémoire jouent un rôle aussi important; la mémoire humaine étant limitée, il est souhaitable de la soulager par les moyens informatiques mis à notre disposition et nous ne manquerons pas, à chaque occasion, de capitaliser nos expériences afin quelles puissent être réutilisées lorsque des circonstances analogues se présenteront.
2. Différents types de hiérarchies
Il existe différents types de hiérarchies mais celles-ci ont en commun le fait quelles correspondent au rangement dun certain nombre déléments; elles ne diffèrent que par les critères qui président à ce rangement La notion de hiérarchie est inhérente à lesprit humain et même à toute organisation dêtre vivant. La mémoire elle-même est hiérarchisée, les psychologues et neurophysiologistes faisant état dune mémoire instantanée, dune mémoire à court terme et dune mémoire à long terme. La hiérarchie joue donc un rôle essentiel dans toute activité; toutefois, elle peut se présenter sous différentes formes que nous allons envisager successivement.
Hiérarchie temporelle
Celle-ci nest pas une hiérarchie de degré ou dintensité mais traduit un ordre dapparition dans le temps; elle est à la base des plannings, des workflows etc. Dans toute activité, il y a des tâches qui doivent prendre place avant dautres; de même, la pensée procède par étapes successives. Il est particulièrement commode de partir dune vue générale par synthèse et de décomposer par analyses successives les tâche générales en tâches plus simples mais plus détaillées; lon voit ici que la notion de temporalité est associée à dautres notions qui ne font pas intervenir que le temps mais également, comme dans ce cas, la complexité.
Hiérarchie opérationnelle
Assimilable à la hiérarchie temporelle, elle est plus spécialement orientée vers laction donc normative alors que la hiérarchie temporelle peut nêtre que descriptive. Elle ne suit pas lévènement mais le précède en indiquant la voie à suivre; elle consiste à prescrire lordre dans lequel doivent être effectuées un certain nombre de tâches, les résultats dune tâche étant généralement pris en compte par une tâche qui lui succède, comme cest le cas dans les workflows.
Hiérarchie organique
Cette hiérarchie correspond à la structure densembles organisés comme les êtres vivants, des produits complexes ou ... les entreprises. Elle détermine un certain nombre de niveaux , chacun influençant les niveaux suivants, en partant du niveau supérieur jusquau dernier niveau qui na pas dautre niveau à influencer mais qui adresse des signaux au niveau qui le précède. Elle se retrouve la plupart du temps dans les organigrammes.
Hiérarchie causale
La hiérarchie causale représente limbrication des causes déclenchant un évènement en partant des plus générales jusquaux plus spécifiques et en dernier lieu à lévènement lui-même; les arbres de défaillances entrent dans cette catégorie.
Hiérarchie conceptuelle
Plus proche du monde des idées, elle fait place à des concepts reliés entre eux par des ramifications de plus en plus fines au fur et à mesure que lon séloigne du concept principal; les liaisons entre différents concepts peuvent avoir des significations très variées suivant le point de vue auquel lon se place: cela peut aller de relations de dépendance de plus en plus éloignées à des applications de plus en plus indirectes. Suivant le degré dabstraction que lon envisage, lon parlera de nomenclature, de taxinomie ou de carte conceptuelle2 (dans cette dernière, la hiérarchie peut prendre la forme dun réseau dans lequel un terme correspondant à un nud du réseau peut être relié à plusieurs autres).
Il nest pas inutile de sattarder quelque peu sur cette notion de concept car elle peut avoir une influence sur la catégorisation des documents; un concept peut exister sans que le terme qui le désigne ne figure expressément dans le document; il peut, en effet, être relié à toutes sortes de termes qui pris isolément nont rien à voir avec le concept en question; ce nest que leur regroupement traduisant une certaine volonté sous-jacente qui peut faire apparaître cette volonté et permettre didentifier un concept comme, par exemple, stratégie; seul lhomme est capable de déceler de telles structures et détablir une carte conceptuelle qui ait véritablement un sens. Cest donc à lui quil appartient de définir ces concepts, de les intégrer dans une hiérarchie et de les affecter à des documents dont lesprit leur correspond.
L'analyse de documents permet de constituer une taxinomie éventuellement multilingue ou un référentiel métier. Une telle taxinomie peut être enrichie par des liens signifiants établissant des relations entre les différents noeuds - concepts ou instances de concepts (voire instances d'instances)- pour constituer une ontologie. La taxinomie pourra être complétée par des extensions sémantiques fournissant des désignations équivalentes à différents termes de la taxinomie (la notion d'équivalence peut être étendue à d'autre notions telles que la proximité, ce qui favorise les associations d'idées très fécondes dans le fonctionnement de l'esprit humain et sa propension à l'induction, source d'innovation); il est possible d'y ajouter des règles permettant la déduction de certaines relations à partir de relations constatées) ou correspondant à de bonnes pratiques énoncées par des experts -dans le cas, par exemple, d'assemblage de composants-. Il en résultera une base de données apte à répondre aux différents besoins des acteurs d'un écosystème donné.
La mise à jour de la base de données pourra s'effectuer automatiquement par l'exploitation de nouveaux documents qui seront rattachés aux noeuds existants voire à de nouveaux noeuds (en cas de découvertes d'instances non encore identifiées) et pourront donner lieu à de nouveaux liens.
L'état de la base de données à un instant donné peut être visualisé par un graphe dont il sera possible de présenter un extrait centré sur tel ou tel concept ou instance de concept .
Il sera possible dans un tel contexte de lancer des requêtes entraînant une réponse détaillée et la mise à disposition de documents correspondants grâce à un moteur de recherche opérant à l'intersection du graphe et des documents.
Hiérarchie contextuelle
La notion de contexte permet déclairer de manières différentes la signification des concepts; en effet, une même idée naura pas le même sens ou la même portée dans des environnements différents; fréquemment, cela tient au niveau auquel lon se place: une hiérarchie conceptuelle na donc de sens que dans un contexte donné et à un niveau (conceptuel ou organique) donné.
Hiérarchie préférentielle
Il sagit là dune hiérarchie particulière de classement indiquant un ordre de préférence pour tel ou tel critère servant à évaluer un attribut ou une solution; elle est utile dans tous les problèmes faisant intervenir un choix, ce qui est le cas de nombreuses décisions car il est rare que lon ne dispose que dune solution unique.
Hiérarchie pondérale
Il s'agit ici d'une pondération affectée à certains éléments et qui peut jouer un très grand rôle dans l'action; certains ont, en effet, tendance à la négliger et donner, par exemple, trop d'importance à tel ou tel aspect des choses parce qu'ils sont particulièrement visibles ou faciles à appréhender; il en résulte que des problèmes peut-être moins apparents, risquent d'être négligés alors que leur impact est susceptible d'être beaucoup plus grand; c'est un peu le phénomène de l'arbre qui cache la forêt; certais savent d'ailleurs utiliser ce travers en focalisant les discussions sur des aspect mineurs de manière à détourner l'attention de questions qu'ils préfèrent voir éludées ou tout au moins différées.
Hiérarchie cognitive
Celle-ci est relative aux connaissances incluses dans des dossiers ou documents en partant des connaissances les plus générales au connaissances les plus pointues; il est important den tenir compte dans lappréhension des connaissances si lon ne veut pas tomber dans lun des deux extrêmes suivants: être noyé sous les détails ou sen tenir à des généralités; il faut avoir une vision globale ou un fil directeur et entrer dans les détails de manière progressive jusquà ce que lon ait atteint le but recherché.
Hiérarchie décisionnelle
Des décisions peuvent être prise à tous les niveaux; ce qui les différencie, cest leur portée; en général, celle-ci est en rapport avec la position occupée par lintéressé dans la hiérarchie organique; nous verrons plus tard que les choix correspondants seront dordre stratégique, tactique ou opérationnel selon les cas.
Hiérarchie d'occurrence
Parmi les types de hiérarchies qui nous intéressentplus particulièrement, nous citerons également les hiérarchies d'occurrence qui correspondent à la fréquence plus ou moins grande d'apparition d'un phénomène ou d'une relation; elles permettent de qualifier des faits par rapport à d'autres en fonction de leur importance.
3. Rôle de la connaissance
Il arrive fréquemment de croire que lon maîtrise bien une situation parce que lon a limpression dêtre au commandes en accomplissant un certain nombre de routines et, le jour où la conjoncture change, lon se trouve pris complètement au dépourvu. Etre à la barre, cest tenir le cap en sachant où lon va (projet, plan), connaître sa position (diagnostic, tableau de bord), scruter lhorizon pour savoir ce qui vous entoure (environnement, menaces et opportunités) et réagir à tout changement de manière à survivre soit en maintenant le cap soit en changeant de cap (stratégie); tout cela nécessite un ensemble de connaissances qui peut paraître immense et quil faut délimiter, approfondir, partager et entretenir; négliger cet aspect cognitif du management dentreprise, cest renoncer au rôle de barreur pour se cantonner à un rôle passif; or, au niveau de lentreprise, sil y a un barreur prépondérant, le PDG, vers lequel doivent remonter les informations essentielles, il nest pas le seul barreur; comment, objectera-t-on, peut-il y avoir plusieurs barreurs? Lentreprise est comparable à une escadre avec son vaisseau-amiral entouré de toute une flotille de bâtiments spécialisés; les barreurs de chacun des navires la constituant doivent recevoir leur lot dinformations compatibles avec leur fonction et leur niveau dans lorganisation et coordonner leur mouvement avec celui de lescadre, ce qui nécessite de nombreux échanges dinformation.
Nous pensons que pour bien délimiter le champ des connaissances nécessaires, il faut réaliser un document décrivant lentreprise; lon commencera par des considérations très générales concernant notamment
- les produits quelle fabrique et quelle vend
- ses procédés de fabrication
- les actifs matériels et immatériels dont elle dispose
- les technologies auxquelles elle fait appel
- les biens et services qui lui sont nécessaires
- les fournisseurs et prestataires de services auxquels elle sadresse
- les collaborateurs quelle emploie et les problèmes qui sy rapportent
- les applications de ces produits
- ses réseaux de distribution
- ses différents clients
- ses concurrents
- lenvironnement dans lequel elle travaille
- les partenariats quelle entretient
- sa structure de financement
- etc.
Au départ, le document est très général mais si lon le fait circuler auprès des différents collaborateurs de lentreprise (en respectant dans la mesure du possible les grandes fonctions), il senrichira progressivement et lon veillera à ce que, dans sa version finale, chaque thème soit traité de manière à ce que lon passe du général au particulier de sorte que les concepts évoqués présentent une granulométrie de plus en plus fine (en se rapprochant le plus possible de la hiérarchie organique). Il sera ensuite relativement aisé den déduire une taxinomie sur mesure pour lentreprise.
Chapitre 2: Domaine de la mise en oeuvre dynamique des connaissances
Ce chapitre précise comment trouver des solutions à des problèmes très concrets rencontrés dans l'entreprise; il s'appuie sur la "découverte" des domaines de connaissances évoqués au chapitre précédent tout en les ordonnant en fonction de l'organigramme de l'entreprise et des activités qui s'y rattachent; à cette fin, il incite les acteurs de l'entreprise à adopter des schémas de pensée simples mais systématiques de manière à ne pas se cantonner dans la routine mais à innover et à donner un sens à leur activité; cela permet, entre autres, de déterminer plus facilement les connaissances dont ils auront besoin et, notamment, les documents spécifiques auxquels ils devront avoir accès. En modélisant les fonctions comme les activités, nous ne chercherons pas à automatiser les processus comme le feraient les workflows d'opérations routinières mais à assister les différents acteurs dans leurs démarches intellectuelles comme le montrent les exemples concrets présentés dans ce chapitre. La méthode d'identification des sources de connaissances présentée dans ce chapitre permet d'éclairer les choix et, par suite, de prendre de meilleures décisions.
La mise en oeuvre dynamique des connaissances ayant pour but dassister lesprit humain dans lexploitation des connaissances en vue dobtenir certains résultats dans lentreprise, sappuiera sur la masse de connaissances mise à disposition par le knowledge management (KM) et sur les tendances innées de lesprit humain; elle devra seffectuer intuitivement sans effort particulier du côté informatique de manière à ce que lutilisateur puisse se concentrer entièrement sur la tâche quil a à accomplir sans se laisser distraire ou interrompre par des manuvres spécifiques.
Nous ferons appel pour une large part aux hiérarchies, au mécanisme de la comparaison, à laide à la mémoire ainsi quà lexpérience individuelle ou collective. Pour assister la pensée, dans un tel contexte, il sera bon de
- donner une vue densemble des différentes opérations à effectuer
- permettre le suivi de lavancement des travaux
- présenter les documents nécessaires à lexécution de la tâche en cours et permettre à lutilisateur de les consulter
- offrir la possibilité de créer de nouveaux documents relatifs au travail effectué
Articulation entre savoirs et tâches
Il y a plusieurs manières daborder lexploitation des connaissances; la plus couramment utilisée consiste à séparer les savoirs (S) par métiers et utiliser chacun de ces savoirs pour accomplir des tâches (T) spécifiques en rapport avec eux:
Concrètement, cela signifie que l'on disposera de bases de données séparées pour différents domaines de savoirs (technique, commercial, marketing, administratif etc.) et que chaque tâche se référant à tel ou tel domaine s'adressera à l'une ou l'autre de ces bases de données sans avoir la possibilité de naviguer de l'une à l'autre pour y découvrir des similitudes ou des compléments d'information.
Linconvénient de la méthode précédente est de cloisonner les savoirs et, par suite, nuire à ce que lon appelle parfois la fertilisation croisée entre disciplines; il est alors possible denvisager une source de données commune:
Dans ce cas de figure, les connaissances relatives aux différentes disciplines ne sont pas séparées et toutes les tâches sans distinction vont puiser les connaissances dont elles ont besoin dans un seul entrepôt de données
Dans ce cas, les inconvénients résident dans le fait que lutilisateur se trouve placé en face dune masse de données qui ne lui sont pas nécessairement familières et que cela risque de gêner ou tout au moins ralentir son activité. Lidée consiste à laffranchir des contraintes inhérentes au mode de stockage des données et de lassister dans un certains nombre de tâches récurrentes mais non routinières car faisant appel au jugement humain; pour cela, il y a lieu de préparer des scenarii pour chaque activité entrant dans ce cadre et de sélectionner les connaissances la concernant de près ou de loin:
Ici, bien que les savoirs soient indifférenciés, c'est la manière d'aller chercher les données qui fait la sélection mais il s'agit d'une sélection dynamique s'effectuant au fur et à mesure des besoins.
Définition de la mise en oeuvre dynamique des connaissances
Nous entendons par mise en oeuvre dynamique des connaissances un système dinformation complémentaire du Knowledge Management (KM) destiné à exploiter au cours dactions diverses les connaissances accumulées par le KM. La mise en oeuvre dynamique des connaissances consiste à présenter à lutilisateur les connaissances dont il a besoin pour accomplir une certaine tâche; elle a essentiellement pour but de faciliter sa démarche intellectuelle en faisant appel aux tendances naturelles de lesprit humain et en palliant ses limitations tant au point de vue représentation que mémorisation; elle sattache à laccompagner progressivement vers la conclusion ou la solution. Bien que basée essentiellement sur des considérations qualitatives, elle nexclut nullement les méthodes quantitatives
- tant pour la mise à disposition de lutilisateur des connaissances qui lui sont utiles (data mining ou text mining, analyse discriminante etc. )
- que pour résoudre certaines parties des problèmes rencontrés (recherche opérationnelle, théorie des jeux etc.).
Cette démarche trouvera donc des applications dans de nombreux domaines quil est impossible dénumérer de manière exhaustive mais dont lon peut citer quelques exemples:
- Relations humaines (recrutement dun collaborateur)
- Innovation (recherche dun nouveau produit)
- Marketing (lancement dune campagne promotionnelle)
- Approvisionnements (choix de nouveaux fournisseurs, appels doffres)
- Distribution (constitution dun réseau de distribution à travers différents canaux)
- Portefeuille dactivités (études dopportunité de fusions-acquisitions, optimisation du portefeuille clients)
- Plan à long terme (investissements en capacité de production)
1. Linformation
Linformation na de sens que par rapport à lactivité que lon exerce. Avant de chercher à lidentifier et de catégoriser les documents qui sy rapporte, il importe de caractériser les différents domaines dans lesquels sexercent les activités de lentreprise. Nous partirons des activités avant de nous intéresser aux documents; en KM, cest le contraire; cette antinomie nest nullement gênante car les deux méthodes sont complémentaires: la mise en oeuvre dynamique fait en effet appel au KM pour appeler les documents dont elle a besoin mais un bon KM ne peut se préoccuper des objectifs de la mise en oeuvre dynamique car ceux-ci sont éminemment variables suivant les activités que lon considère, un même document pouvant être interprété différemment suivant le contexte dans lequel lon se trouve. Lon peut dire que sil ne doit y avoir quun seul KM au sein dune entreprise, il y a autant de mises en oeuvre dynamique que dactivités.
Alors que le KM est essentiellement affaire de documentalistes et dinformaticiens, la mise en oeuvre dynamique est plus du ressort de spécialistes dun domaine qui en établiront les bases et lenrichiront au fur et à mesure de leur propre expérience et de celle des utilisateurs et cela, au niveau des trois piliers de la mise en oeuvre dynamique que sont les méthodes, les règles3 (y compris les valeurs4) et les faits. Cela suppose une étroite collaboration entre KM et mise en oeuvre dynamique le responsable de la mise en oeuvre dynamique devant faire part au responsable du KM de quelles connaissances il aura besoin pour que celles-ci puissent être mises à la disposition des utilisateurs grâce à une catégorisation adaptée à chaque activité: il faut en effet tenir compte du contexte pour différencier, par exemple, un dossier-produit concernant un responsable commercial dun dossier-produit destiné au bureau détudes. Certains documents proviendront dailleurs directement de la mise en oeuvre dynamique comme certaines méthodes ou règles ainsi que des historiques de recherche de solutions.
2. Démarche conceptuelle
La première démarche à effectuer en matière de connaissance dynamique est dordre conceptuel; elle consiste à sappuyer sur une hiérarchie conceptuelle pour faire apparaître les concepts utiles aux différentes activités en vue de les rattacher ultérieurement aux documents susceptibles de contribuer à leur déroulement. Cette démarche peut seffectuer suivant différentes méthodes, non exclusives les unes des autres, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.
Exploration manuelle
Cette méthode repose sur un réseau de relations établi à partir dune hiérarchie organique -organigramme dentreprise simplifié, par exemple, que lon peut tracer à partir dun logiciel graphique plus ou moins dédié5-. Elle consiste à se poser la question aux différents niveaux
QUI? ( FAIT QUOI?
Cela fera apparaître des acteurs et les résultats matériels (produits, services etc.) ou immatériels (documents) quils obtiennent, ce qui engendre une nouvelle question:
AVEC QUOI?
La réponse à cette dernière question pouvant correspondre soit à des biens matériels (machines, outillages etc.) soit à des connaissances, se présentant généralement sous forme de documents. A ce stade, nous nous bornerons à établir des liens entre ces différents concepts.
Il est possible de zoomer sur lorganigramme obtenu pour entrer plus à fond dans les détails (en descendant ainsi dans la hiérarchie organique et la hiérarchie conceptuelle qui lui est associée) et, parallèlement, de se pencher sur la hiérarchie causale qui sopère suivant une hiérarchie temporelle dans un mouvement descendant; pour illustrer une telle démarche, prenons un exemple concret simplifié:
1/ Une Direction générale décide dattaquer un nouveau marché pour ses produits, ce marché pouvant correspondre à de nouvelles catégories de clients ou de nouvelles zones géographiques.
2/ Informée de cette décision, la Direction marketing entreprend la préparation de lopération, en étudie les modalités et les conséquences; entre autres, elle prend contact avec les réseaux de distribution pour quils se préparent à ce changement.
3/ La Direction commerciale réalise la réorganisation nécessaire, lance des campagnes promotionnelles et met sa force de vente en ordre de bataille en vue dengranger des commandes à la suite dune prospection systématique.
Les choses ne se passent pas en réalité de manière aussi simple; la Direction générale a peut-être pris sa décision à la suite dune étude de marché de la Direction marketing; cette même Direction marketing a peut-être été alertée par des constatations faites sur le terrain par la Direction commerciale. Il ny a donc pas seulement un mouvement ascendant mais plutôt un mouvement brownien; dailleurs, sur lorganigramme, les Direction marketing et commerciale peuvent fort bien être placées au même niveau. Ce qui est important pour nous, dans cette phase de réflexion, cest de découvrir un maximum de concepts intéressant les uns ou les autres. Nous avons souligné les termes correspondant à des concepts reliés à trois Directions mais en descendant dans lorganigramme, lon trouvera des Services dépendant de ces différentes directions et concernés par de nouveaux concepts. Le réseau obtenu peut être très dense; aussi, serait-il plus lisible dassocier les concepts aux libellés de lorganigramme de manière à pouvoir bénéficier des effets de zoom. Lon sapercevra, au cours du parcours de lorganigramme quun même concept peut avoir une signification différente ou tout au moins des connexions avec des concepts différents selon la partie de lorganigramme où lon se trouve; il y a lieu de respecter cette hiérarchie contextuelle; pour la Direction générale, le concept Produit évoque sa contribution au profit économique, pour la Direction marketing, il évoque surtout des performances, des parts de marché, pour la Direction commerciale des quantités vendues, du chiffre daffaires, pour la Direction technique des nomenclatures, des gammes de fabrication, des séries et pour la Direction Administrative et financière, des factures, des stocks et du cash-flow.
Nous allons poursuivre notre réflexion sur un organigramme que nous développerons au fur et à mesure et qui nous servira de support par la suite; un tel organigramme est plus un organigramme fonctionnel quun organigramme de personnes; en effet, ce qui nous intéresse ici, ce nest pas tellement que telle personne occupe tel poste mais quil existe une fonction à remplir et que cette fonction soit à la fois productrice et utilisatrice de connaissances au cours des activités quelle implique.
Bien que simplifié, cet organigramme suffira à supporter notre raisonnement du point de vue conceptuel; en effet, même dans une organisation comportant des centres de profit fonctionnels et structurels, les fonctions de base restent les même; ce qui change, cest la nature des liens qui unissent ces fonctions dun centre de profit à lautre (par exemple, entre le centre de profit fonctionnel du groupe et ses homologues au niveau des usines, des laboratoires, des centres de distribution au sein de différentes divisions) à caractère hiérarchique (du point de vue de lhorizon: stratégique, tactique, opérationnel), fonctionnel ou coopératif (échange dinformations):
Notons, au passage, que nous avons placé la Connaissance Dynamique auprès de la Direction Projets car elle fonctionne un peu comme un ensemble de projets ayant leur propre mode de déroulement et repose en partie sur un travail collaboratif; la Direction projets elle-même est placée auprès de la Direction générale car elle met en jeu, tout au moins dans les cas les plus importants, la stratégie de lentreprise et quil y a lieu de soumettre les projets à un contrôle centralisé même si leur réalisation est le plus souvent décentralisée6.
A partir dun tel organigramme, nous pouvons détailler les différentes parties:
Ces organigrammes nont rien de rigide et ne sont donnés quà titre dexemples; en effet, seules les fonctions sont communes à la plupart des entreprises ; elles peuvent être attribuées différement en fonction du contexte spécifique de lentreprise; pour ne prendre quun seul exemple parmi la multiplicité des solutions possibles, prenons la fonction Marketing attribuée ici à la Direction commerciale et la fonction Essais et innovation attribuée à la Direction de la recherche et du développement: celles-ci pourraient fort bien être regroupée sous la responsabilité dune Direction du marketing et du développement.
Une fois établis ces schémas, lon prendra chaque fonction et les activités quelles impliquent; les activités seront décomposées en tâches (successives ou parallèles) et lon fera correspondre à chaque tâche les documents nécessaires pour laccomplir ou léclairer ainsi que les documents quelle est appeler à générer. Les documents pourront être plus ou moins standardisés selon les
critères édictés par le responsable de la gestion des connaissances (KM). Le responsable de la mise en oeuvre dynamique des connaissances (en abrégé CD) recense lensemble des documents nécessaires et fait en sorte quils soient consultés ou produits, selon les cas, en temps voulu. Remarquons que nous nous intéressons ici aux activités récurrentes mais pas nécessairement à fréquence régulière et que celles-ci ne doivent pas consister en simples compilations obéissant à des règles strictes; la CD, selon notre HYPERLINK \l "définition" #définition, intervient chaque fois quil y a des choix à effectuer et que ceux-ci font appel au jugement individuel ou collectif.
Pour illustrer ce propos, reprenons les exemples dapplication de la CD présentés précédemment (Chapitre 2, § HYPERLINK \l "définition" Définition de la CD):
- le recrutement dun collaborateur (lié aux concepts COMPETENCES et REMUNERATION) est une activité qui relève de la fonction Recrutement rattachée à la Direction du Personnel et des relations humaines
- la recherche dun nouveau produit (liée au concept PRODUIT) est une activité qui relève de la fonction Essais et innovation rattachée à la Direction Recherche et développement
- le lancement dune campagne promotionnelle (lié au concept VENTE) est une activité qui relève de la fonction Marketing/Promotion rattachée à la Direction commerciale
- le choix de nouveaux fournisseurs et les appels doffres (liés au concept FOURNISSEURS), sont des activités qui relèvent de la fonction Achats rattachée à la fonction Approvisionnements au sein de la Direction administrative et financière
- la constitution dun réseau de distribution à travers différents canaux (liée aux concepts RESEAU et CANAUX de distribution) est une activité qui relève de la fonction Réseaux de distribution rattachée à la Direction commerciale
- les études dopportunités de fusion-acquisitions (liées au concept PARTENAIRES) et loptimisation du portefeuille clients (liées au concept CLIENTS) sont des activités qui relèvent de la fonction Direction projets rattachée à la Direction générale ainsi que, pour la première, de la fonction Reporting rattachée au Secrétariat général et, pour la seconde, de la fonction Ventes rattachée à la Direction commerciale
- les investissements en capacité de production (liés au concept FINANCEMENT) sont des activités qui relèvent de la fonction Contrôle de gestion (Investissements, Plan à moyen et long terme )rattachée à la Direction administrative et financière
Pour cela, elle sappuie sur des documents et engendre elle -même des documents et le rôle des solutions informatiques permettant de lassister consiste à
- orienter la succession des opérations à effectuer,
- faciliter lobtention des documents nécessaires à létape en cours,
- gérer les documents émis,
- permettre les échanges et le travail en groupe,
- consigner lensemble du travail effectué et ses conclusions, tout en en assurant une bonne traçabilité.
Ces différentes fonctions peuvent faire lobjet de progiciels séparés ou plus ou moins intégrés7. En fait, chaque démarche peut se traduire par un workflow (hiérarchie temporelle); ces démarches étant souvent interdépendantes et correspondant à une hiérarchie causale, il peut y avoir une pluralité de workflows nécessitant un travail collaboratif; lorsque plusieurs personnes travaillent sur les mêmes documents, il y a lieu de tenir compte de leurs différentes visions cest-à-dire de définir des hiérarchies conceptuelles dans les différents contextes. Les termes de la famille collaborer peuvent ainsi correspondre suivant la position dans laquelle lon se trouve à un collaborateur salarié, à lingénierie de nouveaux produits ou process, au travail en groupe sur un projet, aux accords entre entreprises, à un mode de travail avec les fournisseurs ou à une forme de relations avec les clients.
Si nous avons tracé quelques organigrammes, cest essentiellement pour appréhender un certain nombre de fonctions qui sappuieront sur les activités que nous cherchons à rationaliser, pour alléger la charge de travail de ceux qui sont appelés à les effectuer et à les rendre à la fois plus efficaces et plus efficients, en un mot plus productifs, tout en améliorant la qualité du travail fourni. Ces activités sappuyant en grande partie sur des documents, il est essentiel de dégager les principaux concepts sur lesquels elles sappuient afin dêtre en mesure de mieux caractériser ces documents.
Ne perdons pas de vue le but de notre démarche qui est de faciliter certaines activités impliquant des choix; qui dit choix dit attributs; nous allons donc nous efforcer de mettre en lumière des entités sur lesquelles porteront vraisemblablement ces activités et de leur attacher des attributs; mais comme ces attributs nauront dintérêt que dans le cadre plus général de lentreprise, il faudra rattacher ces entités à des fonctions de base telles quelles apparaissent dans nos organigrammes; toutefois, les organigrammes ne font pas apparaître les relations entre les différentes fonctions et leurs contributions respectives à la finalité de lentreprise.
3. Modélisation des fonctions
Avant dentrer dans le détail des fonctions, il convient de les situer par rapport à un ensemble cohérent présentant une certaine logique ou plutôt répondant à une téléologie. Pour cela, lon peut commencer par un niveau très élevé dans la hiérarchie opérationnelle et représenter lentreprise comme une organisation transformant des intrants en extrants.
INTRANTS(TRANSFORMATION(EXTRANTS
Cest ce qui va nous servir de fil directeur pour découvrir les concepts essentiels découlant des entités utilisées ou produites ainsi que de leur provenance ou leur destination. Lorsque lentreprise produit des produits de natures trop différentes, il y a lieu deffectuer plusieurs modèles en parallèle, quitte à établir des passerelles entre eux aux endroits où ils présentent des points communs; dans la méthode que nous exposons, nous parlons en termes généraux; par conséquent, il appartient à chaque entreprise de les transcrire dans son contexte particulier (par exemple, la notion de Fournisseur pourra faire place à Fournisseur X, Fournisseur Y, Fournisseur Z ou celle de Produit à Produit A, Produit B, Produit C).
Nous allons donc commencer par les extrants: La première notion qui vient à lesprit est celle de PRODUIT; un produit est souvent associé à des SERVICES et peut être utilisé dans différentes APPLICATIONS; Les produits étant destinés à la VENTE à des CLIENTS sont distribués à travers un RESEAU à travers différents CANAUX dans différents LIEUX DE VENTE; ils entrent en CONCURRENCE avec dautres. Les ventes sont soutenues par le MARKETING selon des modalités diverses telles que la PROSPECTION, la PUBLICITE, les PANELS, le PACKAGING ou la PROMOTION.
Les intrants viennent tout naturellement à lesprit car pour obtenir des produits , il faut disposer de ressources matérielles telles que des MATIERES PREMIERES (ou des sous-ensembles) que lon se procure par des APPROVISIONNEMENTS auprès de FOURNISSEURS ou de SOUS-TRAITANTS ou immatérielles telles que la PROPRIETE INDUSTRIELLE sanctionnée par des BREVETS dans le domaine du savoir-faire ou des MARQUES dans le domaine de la notoriété commerciale; il est également possible denvisager lapport de différents PARTENAIRES.
Pour passer des intrants aux extrants, il faut opérer une transformation qui fait appel à la TECHNOLOGIE mise en oeuvre dans des ATELIERS au moyen de MACHINES suivant divers PROCEDES de fabrication; pour assurer le fonctionnement dune telle organisation, il faut faire appel à du PERSONNEL (ici comme ailleurs, lon peut faire apparaître de nombreux termes proches par la signification8: Main-duvre, Ressources humaines, Collaborateurs, Salariés, Employés, Ouvriers, Techniciens, Ingénieurs, Cadres, Maîtrise, Stagiaires, Intérimaires etc.) correspondant à certains EFFECTIFS qui ont fait lobjet dun RECRUTEMENT; ces hommes dotés dune certaine COMPETENCE perçoivent une REMUNERATION et poursuivent une CARRIERE; il est souhaitable dassurer leur FORMATION, leur MOTIVATION voire leur ANIMATION et de se préoccuper de leurs CONDITIONS DE TRAVAIL. Toute cette organisation doit être supportée par une LOGISTIQUE appropriée Bien entendu la mise à disposition de ces différents moyens ne va pas sans FINANCES qui peuvent faire appel aux BANQUES et sont suivies par la COMPTABILITE GENERALE ou ANALYTIQUE. Il faut mentionner également le rôle essentiel joué par les SYSTEMES DINFORMATION qui utilisent des LOGICIELS et des moyens de TELECOMMUNICATION. Enfin le fonctionnement des ateliers implique des activités dINGENIERIE et de FABRICATION.
Cette nébuleuse de concepts concernant une entreprise donnée se trouve nécessairement en interaction avec dautres nébuleuses (celles de ses fournisseurs et de leurs clients, des fournisseurs de ses fournisseurs et de leurs clients, de ses clients et de leurs fournisseurs, des clients de ses clients et de leurs fournisseurs, de ses concurrents, des clients de ses concurrents, des fournisseurs de ses concurrents etc.); il est possible de faire également appel à ces nébuleuses dans la mesure des renseignements disponibles. Etant donné que lon fait appel à des informations nominatives, des points communs pourront apparaître et conduire à des réactions appropriées.
Nous navons jusquà présent considéré que des concepts désignant des acteurs ou des objets sans mentionner de manière explicite (sauf sous le terme très général de transformation) les actions effectuées par tel ou tel acteur pour obtenir un certain résultat. Une telle démarche serait en effet trop complexe et présenterait peu dutilité dans le cadre qui nous préoccupe; il est vrai que lon peut modéliser des activités plus ou moins récurrentes, impliquant un certain nombre de tâches faisant intervenir différents acteurs: cest le but du Business Process Modelling de manière à les traduire en workflows9; mais ce nest pas cela qui nous intéresse ainsi que nous lavons exprimé dans le paragraphe HYPERLINK \l "définition" #définition de la mise en uvre dynamique des connaissances au Chapitre 2. Nous souhaitons modéliser les activités qui nous intéressent à partir de certains concepts et seulement celles-là.
Au point où nous en sommes, nous pouvons récapituler les différents concepts que nous avons évoqués, bien quil ne sagisse que dun résumé (lensemble des concepts étant constitué par la HYPERLINK \l "taxinomie" taxinomie évoquée au paragraphe 3 du Chapitre 1, la seule limite de la méthode étant le risque dune trop grande complexité):
INTRANTS TRANSFORMATION EXTRANTS
MATIERES PREMIERES TECHNOLOGIE PRODUIT
APPROVISIONNEMENTS ATELIERS SERVICES
FOURNISSEURS MACHINES APPLICATIONS
SOUS-TRAITANTS PROCEDES CONCURRENCE
PROPRIETE INDUSTRIELLE PERSONNEL VENTE
BREVETS EFFECTIFS CLIENTS
MARQUES RECRUTEMENT RESEAU PARTENAIRES COMPETENCES LIEUX DE VENTE
REMUNERATION MARKETING
CARRIERES PROSPECTION
FORMATION PUBLICITE
MOTIVATION PANELS
ANIMATION PACKAGING
CONDITIONS DE TRAVAIL PROMOTION
LOGISTIQUE
FINANCES
BANQUES
COMPTABILITE
GENERALE
ANALYTIQUE
SYSTEMES DINFORMATION
LOGICIELS
TELECOMMUNICATIONS
INGENIERIE
FABRICATION
Il est possible de représenter ces concepts graphiquement avec les mêmes moyens que ceux que nous avons suggérés pour les organigrammes mais pour les rendre exploitables, il y a lieu de les rattacher à des documents comme nous le verrons plus loin; pour linstant, nous nous bornerons donc à les enregistrer dans des dossiers10.
La modélisation des fonctions conduit à faire apparaître un certain nombre de concepts que lon pourra rattacher à telle ou telle rubrique de lorganigramme; bornons-nous, pour les besoins de notre exposé, à considérer le pavé
PERSONNEL
EFFECTIFS
RECRUTEMENT
COMPETENCES
REMUNERATION
CARRIERES
FORMATION
MOTIVATION
ANIMATION
CONDITIONS DE TRAVAIL
Nous allons rechercher dans lorganigramme les rubriques correspondantes; nous trouvons dans Direction du personnel et des relations humaines des libellés correspondant à ces différents concepts que nous pourrons donc leur rattacher; nous rattacherons, bien entendu, EFFECTIFS et REMUNERATION à gestion administrative mais également à Recrutement et, conjointement avec CARRIERES à gestion des carrières et des compétences. Le concept PERSONNEL correspond évidemment à relations humaines.Les autres concepts tels que FORMATION, MOTIVATION, ANIMATION et CONDITIONS DE TRAVAIL figurent également dans cet organigramme; seules les rubriques culture dentreprise et Travail en groupe ont échappé à notre taxinomie basée sur un schéma de type intrants-transformation-extrants. Il doit y avoir une raison à cela: cest que la culture dentreprise et le travail en groupe sont des ingrédients diffus qui conditionnent un certain nombre de comportements et dactions et que lon découvrira à loccasion dopérations précises.
En fait, cette première taxinomie est très globale et ne peut que servir damorce à la collecte et lindexation de documents intéressant les différentes fonctions de lorganigramme; même en la poussant très loin, lon ne pourra pas la rendre suffisamment exhaustive pour quelle soit véritablement opérationnelle au cours des actions spécifiques que les collaborateurs de lentreprise ont à accomplir. Cest pourquoi, par delà les fonctions nous nous attacherons à modéliser les activités.
4. Modélisation des activités
Nous sommes partis dune évidence: lentreprise produit des biens ou des services mais sans trop nous demander
POURQUOI? COMMENT?
Or, en général, une entreprise travaille pour réaliser un profit (quelle que soit son mode de répartition): cest ce que nous appellerons une FINALITE (Pourquoi?); pour cela, sa vocation ou son ACTION consiste à fournir un produit (ou une gamme de produits) et/ou dassurer un service (ou une gamme de services); pour que sa finalité soit atteinte, lentreprise devra se plier à un certain nombre de CONTRAINTES (Comment?), lune dentre elles -et non des moindres- étant la satisfaction du client. A ce stade, nous voyons apparaître un nouveau schéma transversal au premier à savoir
CONTRAINTES(ACTION(FINALITE
La connaissance porte sur ces trois aspects non seulement du point de vue de lentreprise mais suivant toute une hiérarchie qui part de la production initiale jusquau consommateur final. La méthode que nous proposons consiste à partir de la finalité la plus générale et de remonter aux contraintes ou modalités; leur satisfaction conduit à une nouvelle action qui ne sera réalisée que moyennant de nouvelles contraintes ou modalités; lon remonte ainsi la chaîne jusquà ce quil ne soit plus nécessaire de faire intervenir de nouvelles contraintes.
Nous avons envisagé détablir une première taxinomie à partir de schémas de type intrants-transformation-extrants au niveau des fonctions de lentreprise; pour être opérationnelle au niveau dactions particulières, cette démarche a besoin dêtre complétée; en effet, elle permet, en suivant lorganigramme jusquà un certain point de dégager les concepts essentiels mais au niveau de laction proprement dite, elle savère insuffisante: elle doit être complétée par un triple questionnement:
- Quelle est laction propre à résoudre le problème posé?
- Quelle en est la véritable finalité?
- Quelles sont les contraintes auxquelles il faut sadapter?
Mais il ne faut pas se tromper de cible. Par exemple, si vous devez recruter un collaborateur, quelle est la cible (ou laction à effectuer dans notre schéma)? Le poste? Le candidat? Non, cest la fonction à remplir; ainsi, si je dois recruter un nouveau chef datelier, laction consistera-telle à Diriger latelier X, la finalité produire tel produit conformément aux exigences du client ou de latelier Y et la contrainte Disposer dun homme compétent dans le domaine.
Le schéma contraintes-action-finalités est intéressant parce quil va nous permettre de sortir des limites étroites du problème posé pour en aborder dautres voire sortir des limites de lentreprise. Il le permet de deux manières: du côté des finalités ou du côté des contraintes.
Prenons lenchaînement suivant en nous plaçant dans la position de lAgent A:
Contraintes(Action de A(Finalités
Contraintes(Action de B(Finalités
Contraintes(Action de C(Finalités
Ici, lAgent C est le consommateur final et la chaîne sarrête là; mais ce qui est intéressant, cest que lAgent A nest plus uniquement focalisé sur son problème et quil regarde au-delà, ses contraintes correspondant aux finalités de lacteur qui fait appel à lui (un client, par exemple). Remarquons que cette chaîne peut se concevoir même lorsquil ny a quun seul agent, celui-ci étant appelé à jouer successivement différents rôles ou à effectuer des opérations, chacune découlant de la précédente: dans ce cas, larrêt de la chaîne a lieu lorsque lopération se suffit à elle-même.
Cette méthode de chaînage arrière permet de concevoir des workflows spécifiques à des activités et de placer les concepts pertinents en face de chaque tâche de manière à faire intervenir les connaissances nécessaires au moment voulu. Lorsque ces connaissances correspondent à des
documents, ceux-ci seront donc indexés suivant une hiérarchie cognitive FONCTION/ACTIVITE/TACHE.
5. Application à un problème de recrutement
Nous allons nous appuyer à titre dexemple sue le concept RECRUTEMENT que nous avons rencontré précédemment; nous supposerons que lon a à recruter un responsable pour un atelier doutillage; nous partirons donc du schéma suivant:
Contrainte(Diriger latelier doutillage(Finalité
Chef datelier capable de di- (voir zoom 8) Fournir des outils de
riger des ouvriers hautement haute qualité et de
qualifiés grande longévité
(2) (1)
\----------------------------/
!
!-------------------------------------------------------
cette contrainte devient finalité pour le schéma suivant !
!
Contraintes(Recruter un chef datelier(Finalité
Formation technique
Expérience
Aptittudes
(3)
\---------------------------/
!ici intervient le processus de recherche
!--------------------------------------------------------
!
!
Contraintes(Sélectionner un candidat(Finalité
(voir zoom 9)
Ingénieur
Trentaine
Expérience de terrain
(gestion et animation)
Connaissances en mécanique et
métallurgie (traitements thermiques)
Qualités relationnelles
(4)
\---------------------------------------------------------/
! ici intervient le processus dengagement
!------------------------------------------------------
!
!
Contraintes(Engager un collaborateur(Finalités
Grille de salaires
Convention collective
Règlement intérieur
...
(5)
Le processus de recherche est un processus de type
intrant(transformation(extrant et peut faire appel à différentes sources (promotion interne, candidatures spontanées, consultants ou chasseurs de têtes, petites annonces, Internet etc.) au sujet desquelles le recruteur doit pouvoir être convenablement informé non seulement du point de vue des possibilités existantes mais encore du mode opératoire correspondant à chacune delles (workflow) ainsi que de leurs avantages et inconvénients respectifs accompagnés dun historique des démarches antérieurement effectuées et des résultats obtenus.
Le processus dengagement correspond à la finalisation du recrutement et peut être plus ou moins standardisé avec des documents (grilles de salaires, conventions collectives, règlement intérieur etc.) ou formulaires daide à lappui (dossiers-types, contrats-types, lettres-types, déclarations-types telles que déclaration dembauche, déclarations sociales et fiscales etc.).
Par contre, les phases antérieures font plus appel à la réflexion et à la décision. A cet égard, la tâche Sélectionner un candidat est particulièrement intéressante car elle va mettre en oeuvre différents mécanismes; nous allons donc faire un zoom sur celle-ci; pour ce faire, nous allons travailler avec un schéma de transformation qui va poser la question du Comment faire? En simplifiant, nous pouvons schématiser la sélection de la manière suivante:
Candidats en attente(Choix(candidats sélectionnés
(zoom 9)
Reste à savoir en quoi consiste le choix. Le choix est une opération complexe basée sur lévaluation dattributs. Nous nous appuyons sur lexemple en cours pour définir la sélection mais cette définition présente un caractère tout à fait général et sapplique à de nombreux cas. Un attribut est une caractéristique permettant de qualifier tel ou tel aspect de lentité que lon considère; lévaluer, cest lui affecter une valeur: par exemple, lâge est un attribut du candidat et compte-tenu de sa date de naissance, je peux affecter à lâge dun candidat la valeur 30-40, ce qui me permettra de comparer cette valeur avec une valeur de référence ou critère ou la valeur affectée à lâge dun autre candidat. Il est possible de considérer un attribut comme plus important quun autre, ce qui fait lobjet de préférences; par exemple, lon pourra attacher plus dimportance à lEXPERIENCE du candidat quà son AGE. Dans ce cas, lon recherchera dabord les candidats correspondant à lexpérience souhaitée puis lorsque lon disposera de plusieurs candidats, lon pourra effectuer un choix en fonction de lâge. Parmi les attributs que lon peut considérer dans le cadre dun recrutement, lon peut citer; suivant un ordre de préférence qui dépend des conventions adoptées:
COMPETENCES/FORMATION/EXPERIENCE
ETAT-CIVIL
AGE
NATIONALITE
RESIDENCE
SITUATION DE FAMILLE
PERSONNALITE/MORALITE/LOISIRS/CULTURE
LANGUES ETRANGERES
PUBLICATIONS/REALISATIONS
Lopération de choix seffectue en plusieurs étapes, de manière itérative (les retours en arrière étant nécessaires en cas déchec sur un attribut (absence de candidat répondant aux critères); toutefois les attributs peuvent ne pas être examinés dans lordre des préférences lorsque, notamment, leur évaluation implique une démarche particulière plus ou moins lourde, plus ou moins onéreuse ou impliquant différents acteurs comme les entretiens, les tests ou les enquêtes Dans dautres domaines, il pourra sagir dexpertises, détudes de marchés, dessais, de consultations, de négociations etc.). Lopération de choix décrite ici sappuie essentiellement sur
- le dossier des CV des candidats, chaque CV étant affecté dun numéro didentification
- une copie de ce dossier réduite aux candidats non encore sélectionnés
- le dossier des CV des candidats sélectionnés
- un dossier de travail comportant uniquement la référence du candidat et lévaluation de lattribut en cours dexamen
Prenons lexemple de lattribut (composite) COMPETENCE/FORMATION/EXPERIENCE; il sagit de la compétence estimée, de la formation de base et de lexpérience la plus significative et cet attribut vient en premier dans lordre des préférences; en fonction des critères énoncés lors de la tâche Sélectionner un candidat, lon copiera dans le dossier de travail une première liste de candidats sélectionnés daprès une estimation de la valeur de cet attribut et le critère correspondant à partir du dossier des candidats non encore sélectionnés; lon en déduira, par exemple, le dossier de travail suivant:
021 METALLURGIE/INGENIEUR ECP/BUREAU DETUDES
035 MECANIQUE/BTS/AGENT DE MAITRISE
051 ELECTROMECANIQUE/INGENIEUR ESE/CHEF DATELIER
056 ELECTROMETALLURGIE/INGENIEUR ECAM/CHEF DE SERVICE MAINTENANCE
066 ELECTROMETALLURGIE/INGENIEUR A&M/DIVERS POSTES DE RESPONSABILITE (PROTOTYPES, QUALITE...)
081 TRAITEMENTS THERMIQUES/BTS/RESPONSABLE DEXPLOITATION
099 INGENIERIE/INGENIEUR ESTP/RESPONSABLE TRAVAUX NEUFS
103 MECANIQUE/INGENIEUR CNAM/BUREAU DETUDES
Cette sélection a été effectuée par un acteur, elle nest pas irréversible et résulte dune multitude de raisonnements et compromis que seul lesprit humain est capable daccomplir dans un délai raisonnable; en effet, il est rare de trouver exactement ce que lon cherche et il faut sapprocher du respect des contraintes au plus près.
Un examen plus approfondi va conduire celui qui effectue la sélection à choisir les candidats 021, 051 et 103; il va donc mettre à jour le dossier des candidats non encore sélectionnés en y supprimant les CV des candidats sélectionnés et en important ceux-ci dans le dossier des CV des candidats sélectionnés; le dossier de travail sera annoté de manière à pouvoir y revenir si nécessaire. Lon va pouvoir qualifier ces candidats en sintéressant à lattribut suivant dans lordre des préférences.
Nous voyons dans cet exemple quune large place est laissée au jugement humain; il reste à déterminer, à lintérieur de lentreprise, qui est habilité à prendre les initiatives nécessaires; qui va fixer la liste des critères, des attributs correspondants et leur mode dévaluation, qui va fixer lordre des préférences, les compromis acceptables etc.
Lexpert qui prend une décision est censé avoir suffisamment dexpérience pour être en mesure dinterpréter les faits; si, par exemple, lon recherche un candidat pour diriger un atelier de mécanique, lon sorientera a priori vers un ingénieur mécanicien (ENSAM, par exemple) mais un technicien supérieur ayant fait ses preuves comme agent de maîtrise dans un atelier similaire pourrait convenir si, par ailleurs, il a une ouverture desprit suffisante et sait sorganiser. Pour sen assurer, il y aura lieu de considérer son CV, le résultat de tests daptitude et de comportement ainsi que les comptes-rendus dentretiens avec différentes personnes. Mais la décision ne pourra être prise quen fonction du contexte: personnel en place susceptible dapporter ou non une assistance technique épisodique si la technicité des procédés mis en oeuvre lexige et hiérarchie administrative plus ou moins étoffée; tout dépend également de lexistence ou de labsence de services spécialisés, dans la gestion de la qualité, par exemple; les niveaux des personnels quil aura sous ses ordres sont également à prendre en considération.
La documentation, lorganisation et le circuit des documents ainsi que la création et larchivage (constituant une base historique de référence et de comparaison) jouent un rôle crucial dans une telle activité comme dans bien dautres activités similaires par la démarche intellectuelle quelles impliquent. La CD en est le véritable moteur et en même temps, contrairement à un workflow administratif, doit faire preuve dune grande malléabilité en faisant une large place à linitiative humaine. Comme nous lavons évoqué précédemment elle peut sintégrer dans un contexte de projet car un certain nombre de personnes sont susceptibles dintervenir de manière plus ou moins informelle et en fonction des circonstances ou du contexte. Ainsi dans notre exemple, la tâche Diriger latelier doutillage sera définie par le futur supérieur hiérarchique de la personne à recruter, la tâche Recruter un chef datelier incombera à un spécialiste du recrutement qui soumettra ses conclusions à lintéressé précédent pour parvenir avec lui à un consensus, la tâche Sélectionner un candidat sera du ressort du même spécialiste qui pourra sappuyer pour cela sur des résultats historiques et aura à faire appel à différents experts techniciens ou psychologues ainsi quà un certain nombre de collaborateurs de lentreprise aptes à fournir un avis à la suite dun entretien avec le candidat examiné, chacune de ces opérations, indépendamment des contacts directs de vive voix, devant faire lobjet de documents dûment indexés et classés; enfin la tâche Engager un collaborateur sera effectuée par un responsable administratif du recrutement qui sappuiera sur un grand nombre de documents (dossier du candidat retenu, procédures, contrat-types etc.); il soumettra lensemble des résultats de ses démarches au spécialiste du recrutement qui lui-même contactera à nouveau le futur supérieur hiérarchique du candidat pour accord; le résultat de ces interventions devra figurer en annotation du document soumis (qui possède des liens avec lensemble des documents ayant été utilisés); après accord définitif, le contrat dengagement pourra être signé par le Directeur du personnel et des relations humaines; pour certains postes importants, la Direction générale peut être également impliquée.
Tout au long de cette démarche, nous avons eu recours à un grand nombre de connaissances figurant dans divers documents; outre les documents de référence comme les organigrammes, les définitions de fonctions, les grilles de salaires, les conventions collectives, le droit du travail etc., nous avons rencontré des documents spécifiques à lactivité de recrutement et correspondant à des concepts tels que
CANDIDATS
CANDIDATS NON ENCORE SELECTIONNES
CANDIDATS SELECTIONNES
RESULTATS DENTRETIENS
RESULTATS DE TESTS DAPTITUDE
RESULTATS DE TESTS PSYCHOLOGIQUES
RESULTATS DENQUÊTES DE MORALITE
AVIS DU SUPERIEUR HIERARCHIQUE
AVIS DE LA DIRECTION GENERALE
AVIS DU DPRH
CONTRAT DE TRAVAIL
Jusquà présent, nous avons surtout parlé de la démarche intellectuelle procédant par chaînage arrière -mis à part le mécanisme de sélection qui est un peu particulier et ceux de recherche et dengagement qui sapparentent à des workflows plus traditionnels. Mais où sont les connaissances dans toute cette démarche? Sur quoi se base-t-on pour répondre aux questions de finalité et de contraintes posées par les schémas contraintes(action(finalités? Nous nous trouvons ici au cur de la CD et nous allons tenter de vous faire comprendre ce qui se passe dans lesprit du responsable de lactivité.
La finalité (1) se déduit de la fonction de latelier doutillage qui, comme la plupart des fonctions peut sexprimer par un schéma de transformation du type
intrants(transformation(extrants:
Aciers rapides
Ouvriers Professionnels hautement qualifiés Fourniture doutils de
Machines à commande numérique (Fabrication doutils( haute précision et de
Fours de traitement thermiques grande longévité aux
usines
Nous pourrons obtenir les extrants de latelier doutillage en nous reportant à un document comportant la liste des PRODUITS11 quil fabrique (NOMENCLATURE, CARACTERISTIQUES etc.) et aux documents indiquant à qui ils sont destinés tels que les ORDRES DE FABRICATION reçus par latelier.
Quant aux intrants qui lui sont nécessaires, nous en prendrons connaissance en nous référant aux COMMANDES de matières premières passées par cet atelier, aux EFFECTIFS quil emploie daprès les états de la DPRH, et au matériel quil utilise en consultant la liste des investissements et de leur affectation. Il se peut que, la première fois que lon effectue ce travail, les documents ne soient pas toujours faciles à trouver; ce sera donc loccasion de les identifier clairement et de les répertorier pour la fois suivante. Ces documents étant plus ou moins évolutifs, il ne faut surtout pas tenter de les figer -ou de les compiler- Nous voilà donc prêts à attaquer le premier schéma contraintes(action(finalité; en effet, la première finalité (1) du diagramme précédent se déduit des extrants que nous venons de définir; pour passer aux contraintes (2), nous nous appuierons sur le contexte des intrants; après quoi, nous passerons aux contraintes (3) correspondant à (2) en nous basant sur les documents relatifs aux GAMMES de fabrication au REPORTING de latelier, aux ORDRES DE FABRICATION et au tableau dEFFECTIFS. Pour établir les contraintes (4) découlant en partie de (3), nous nous appuierons, entre autres, sur les dossiers des titulaires antérieurs du poste et les résultats quils ont obtenus, les programmes denseignement des différents établissements dENSEIGNEMENT TECHNIQUE (Remarquons à ce sujet quun certain nombre de connaissances ne sont pas propres à lactivité concernée et doivent donc être accessibles à différents utilisateurs avec ou sans contextualisation)
.
6. Généralisation
Lexemple précédent nous a permis de réaliser comment il est possible dagir lorsque lon a un certain nombre de degrés de liberté; il faut effectuer des choix en sefforçant dobtenir les meilleures performances; à cette fin, nous avons affecté à toute solution un certain nombre dattributs dont certains nous paraissaient plus importants que les autres; chaque solution est caractérisée par la valeur des attributs quelle comporte; le problème du choix consiste à comparer la valeur des paramètres à des critères que lon sest fixés au départ cest-à-dire à une valeur de référence pour chaque attribut.
Remarquons que nous navons fait que reproduire lexistant dans la mesure où nous navons pas procédé à une analyse poussée de la situation, analyse qui, dailleurs, aurait nécessité une connaissance très détaillée du travail effectif du chef datelier; une telle connaissance nest pas purement descriptive mais fait appel à une appréhension en profondeur du métier en question. Or la CD permet daller plus loin
- dune part, elle permet de remettre en cause les habitudes et fournit les moyens dapporter de nouvelles solutions
- dautre part, elle peut fournir des moyens supplémentaires aux agents plongés dans laction
Ces deux aspects sont liés car la suppression dun poste peut être justifiée par laccès direct par les utilisateurs à des connaissances leur permettant de résoudre par eux-mêmes les problèmes quils rencontrent ou de sadresser directement aux services spécialisés capables de les résoudre.
Pour réaliser cette analyse plus fine, il nous aurait fallu effectuer un zoom sur laction « Diriger latelier doutillage » , de manière à examiner en quoi cela consiste au moyen du schéma de transformation suivant:
Connaissances(Détection des problèmes(Solutions
(Zoom 8)
Les problèmes rencontrés au cours de la fabrication peuvent être de divers ordres: technique, administratif (planification, approvisionnements, maintenance, coûts etc.) et humain (sécurité, effectifs, accomplissement des tâches, formation, motivation, respect de la qualité et des délais etc.).Nous nentrerons pas dans tous les détails qui dailleurs sont éminemment variables dune entreprise à lautre, voire dun atelier à lautre; nous nous contenterons d'analyser les connaissances techniques dans latelier doutillage qui nous a servi dexemple.
Les connaissances techniques sont celles qui sont mises en oeuvre par les opérateurs et, épisodiquement, par le chef datelier qui peut intervenir en début de tâche pour la définir et lexpliquer ou en cours dexécution en cas dincident ou danomalie: par exemple, si un outil savère de dureté insuffisante au contrôle, il doit être capable de formuler un diagnostic et de remédier aux causes de lanomalie (échauffement anormal pendant lusinage en raison dune vitesse trop élevée ou dun mauvais fonctionnement du système de refroidissement, trempe effectuée à température trop élevée ou insuffisamment rapide, dysfonctionnement du traitement thermique imputable au cycle de températures ou à la composition de latmosphère du four etc.). Le chef datelier sappuie sur son expérience et ses connaissances théoriques; il peut, en cas de besoin, faire appel au laboratoire pour obtenir une analyse micrographique ou faire réaliser tout essai jugé nécessaire. Toutefois la CD peut contribuer à résoudre les problèmes en fournissant les informations utiles au plus près des utilisateurs qui pourront faire usage dune taxinomie appropriée comme dans le cas présent:
ACIERS
USINAGE
VITESSE DE COUPE
ANGLE DE COUPE
MACHINES A COMMANDE NUMERIQUE
PROGRAMMATION
CONTRÔLE QUALITE
TRAITEMENTS THERMIQUES
RECUIT
CYCLE DE TEMPERATURES
ATMOSPHERE
REDUCTRICE
NITRUREE
TREMPE
A LEAU
A LHUILE
La mise à disposition de connaissances techniques peut permettre de reporter la supervision technique à un niveau plus général (les problèmes courants étant réglés sur le lieu où ils prennent naissance) et, par suite, augmenter son efficacité mais tout est affaire de cas particuliers; en tout cas, la caractéristique principale de la CD est de sintégrer dans laction en adaptant la présentation des connaissances aux besoins de ceux qui sont appelés à les utiliser.
D'une manière plus générale, il est possible de s'appuyer sur des bases de données orientées objets conformes au standard XML-RDF permettant de structurer les connaissances, de les acquérir ou les modifier de manière dynamique et de les utiliser pour résoudre un grand nombre de problèmes tels que celui de retrouver les compétences relatives à une activité donnée ou d'identifier les personnes ayant une certaine expérience dans un domaine de compétences déterminé. A ce propos nous voudrions faire une remarque : si, dune façon générale, nous avons préconisé de puiser dans un repository de savoir unique et transversal pour éviter les cloisonnements et favoriser la fécondation croisée, il faut bien reconnaître que, dans certains domaines, des bases de données spécialisées simposent, ce qui est le cas de lexemple cité : lorsque lon sintéresse,en effet, à un groupe limité de personnes, à leurs compétences, au rôle quelles remplissent ou que lon recherche des candidats ayant une certaine compétence à travers un ensemble de CV disponibles localement, il peut être avantageux de faire appel à un logiciel spécialisé12.
7. Application à un problème dinnovation
Nous nous proposons dappliquer les principes que nous avons établis précédemment à un problème dINNOVATION; linnovation peut prendre différentes formes et nous supposerons que lon a déjà déterminé de quelle forme il sagit (nouveau produit, nouveau process, nouvelle application dun produit existant etc.) ce qui sexprime dans la finalité du premier schéma
contraintes(action(finalité:
Contrainte(Innover(Finalité
Chercher de nouvelles Accroître les débouchés
applications dun produit
(II) (I)
\------------------------/
!
!----------------------------------------!
!
Contraintes(Etudier le produit(Finalité
Mise en correspondance
des propriétés du produit
et de leurs applications
potentielles
(III)
\--------------------------/
!
!------------------------------------------------------!
!
Contraintes(Sélectionner une application(Finalité
(voir zoom 10)
Intérêt économique Définir une application
Coût de mise en oeuvre intéressant le plus grand
Coût dutilisation nombre dutilisateurs
Concurrence technologique
Concurrence commerciale
(IV)
La sélection de lapplication repose sur le schéma de transformation suivant:
Application potentielle(Choix(application solvable
(zoom 10)
le choix reposant sur les principes exposés plus haut (attributs, valeurs préférences, critères).
La sélection, comme nous lavons vu à travers les exemples précédents, fait intervenir des choix successifs mais ceux-ci peuvent sappuyer sur les résultats dopérations qui ont lieu en dehors du poste de travail du décideur comme des entretiens, des tests ou des enquêtes; les résultats doivent faire lobjet de documents que le décideur pourra consulter pour éclairer ses choix; il y a lieu de souligner que cest le décideur lui-même qui déclenche ces différents processus quand il estime que cela en vaut la peine car il nest pas question de proposer des entretiens à tous les candidats dans le cadre dun recrutement ou de procéder à une étude de marché sur toutes les applications possibles dun produit dans le cadre dune innovation; le décideur peut également avoir intérêt à se reporter à des expériences passées, relatant les démarches effectuées antérieurement dans des domaines analogues et à les rapprocher des résultats obtenus dans la réalité; il est donc très important de disposer de documents historiques convenablement indexés. Comme la partie résultats est la plus difficile à obtenir, nous suggérons que le système dinformation demande automatiquement au bout dune période donnée à chaque décideur de faire un compte-rendu de la situation à laquelle sa décision a donné lieu, en expliquant éventuellement les écarts par rapport à ce qui avait été estimé.
Après la sélection, il sera procédé à une étude dopportunité sappuyant notamment sur une étude de marché, un calcul de coûts prévisionnels et une projection des ventes estimées; en cas de conclusions favorables, un cahier des charges et un plan de lancement seront établis.
Les connaissances qui ont été utilisées au cours du déroulement de cette activité dinnovation correspondent à ses différentes phases:
(I) STATISTIQUES DES VENTES et leur évolution
(II) APPLICATIONS existantes par type de clients, documents concernant les METIERS des clients
(III) documentation technique (PHYSIQUE, CHIMIE etc.)
(IV) CONCURRENCE, études qualitatives et quantitatives tant côté produit que côté utilisateur
8. Présentation simplifiée de la méthode
Nous allons montrer sur un exemple, le lancement dune campagne promotionnelle, comment lon peut représenter la démarche de réflexion préalable dune manière simplifiée, compte-tenu du fait que, dans les représentations précédentes, la finalité dun schéma constituait les contraintes du schéma suivant :
DOCUMENTS Finalités/contraintes ACTION DOCUMENTS
CONSULTES EMIS
(Relancer les ventes)
ETUDES PRODUIT !
RESULTATS DE LA CONCURRENCE ! Promotion du produit
STATISTIQUES DE VENTES !
ANALYSE CLIENTELE (RETOURS CRM)
( Focaliser lintérêt)
( sur le produit )
ETATS COMPTABLES !
PROJETS PACKAGING ! Attraction des clients PROJET (1)
RESULTATS DE PANELS !
(Etudier les prix, la)
( présentation et )
( léchantillonnage )
PROJET (1) !
CHARTE PUBLICITAIRE ! Création de lévènement ARGUMENTAIRES (2)
!
( Concevoir )
( la publicité )
(et lanimation)
PLANS DIMPLANTATION DES LIEUX DE VENTE ! Optimisation des
CALENDRIER DES OPERATIONS PREVUES CHEZ SOI ! emplacements et DOSSIER DE TRAVAIL(3)
OU CHEZ LES CONCURRENTS ! des dates
(Déterminer les)
( dates et les )
(emplacements )
!
CONTRATS ANTERIEURS ! Collaboration avec CONTRAT
! les distributeurs
( Négocier des )
( accords avec )
( les distributeurs)
!
COMPTES-RENDUS DOP2RATIONS ANTERIEURES ! Prévisions de la logistique
ARGUMENTAIRES (2) !
( Résoudre les problèmes )
( de fabrication, livraison, )
( préparation et ) PLANNING DETAILLE(4)
(mise en place du matériel,) INSRTUCTIONS
( affectation du personnel, ) AUX INTERVENANTS
(briefing des intervenants )
!
!
(Finalisation du projet)
Nous ne nous attarderons pas sur la finalisation du projet que nous nous contenterons de représenter par un schéma de transformation global qui, comme lon sen doute, peut faire lobjet de séries de zooms en parallèle (une par thème: matériel, produits, personnel) semboîtant les uns dans les autres:
DOCUMENTS INTRANTS TRANSFORMATION EXTRANTS DOCUMENTS
CONSULTES EMIS
CATALOGUES DE MATERIEL Matériel publicitaire ----------------
PLANNING DETAILLE(4) Lots de produits (!ACTION PLV! ð( Surcroît net BILAN DE
AFFECTATIONS Personnel danimation -------------------- de chiffre daffaires LOPERATION
DOSSIER DE TRAVAIL(3)
Le travail précédent peut être effectué par les administrateurs de secteurs en liaison avec le responsable CD qui devront déterminer les sources des connaissances nécessaires au bon accomplissement des différentes activités retenues. Il appartient alors au responsable CD de mettre ces sources à la disposition des utilisateurs des workflows correspondants.
Chapitre 3: Caractérisation des documents
Ce chapitre montre comment, à partir des concepts élaborés précédemment, il est possible de caractériser un certain nombre de documents par secteur afin de les mettre à la disposition des utilisateurs au cours de cheminements qui ressemblent à des workflows mais qui, en réalité, ne sont que le reflet de raisonnements qui partent du résultat à obtenir (finalités) pour définir des contraintes à respecter, celles-ci pouvant découler du contexte dans lequel l'on opère ou des acteurs avec lesquels l'on est en interaction (rapports de fournisseur à client par exemple)
Nous avons vu limportance du contexte dans linterprétation dun concept; cest la raison pour laquelle nous allons quelque peu revenir sur les différents contextes quil y a lieu denvisager; comme il faut bien se limiter, nous nous baserons sur les fonctionnalités apparaissant dans les organigrammes et susceptibles dintervenir dans des activités similaires à celles que nous avons prises comme exemples. Pour quun secteur13 corresponde à un contexte, il faut quil ait la propriété de modifier la portée dun concept; nous distinguerons donc les six secteurs suivants:
SOCIAL (Direction du personnel et des relations humaines)
SCIENTIFIQUE (Direction de la recherche et du développement)
TECHNIQUE (Direction Technique)
COMMERCIAL (Direction commerciale)
ADMINISTRATIF (Direction administrative et financière)
ECONOMIQUE (Secrétariat général)
Ces secteurs pourront être administrés par un Administrateur de secteur, membre de la direction mentionnée entre parenthèses, la coordination étant assurée par le responsable de la CD jouant le rôle de Super Administrateur.
Pour situer un document à lintérieur dun secteur, nous utiliserons des rubriques et sous-rubriques analogues à celles que nous avons obtenues à partir du schéma intrants(transformation(extrants appliqué à lentreprise; il est possible, néanmoins, de faire des zooms en appliquant un tel schéma à certaines parties de lorganigramme.
Parvenus à ce stade, nous ne pensons pas quil soit inutile de réfléchir à la méthode de la CD par comparaison avec le méthode courante, ces deux méthodes nayant pas les mêmes objectifs.
Opérations de préparation incombant aux administrateurs
Méthode courante
----------
! INDEX !
---------
!
!
----------------- ------------------ --------------------------
! DOCUMENT ! ð(! INDEXATION ! ð(! DOCUMENT INDEXE !
---------------- ------------------ --------------------------
Ici, l'on part du document qui permet de déterminer un index, un ou plusieurs mots-clefs, par exemple, contenus dans le document et l'on attache cet index au document qui se présente alors comme un document indexé, une fois pour toutes. Par exemple, si le document contient le mot PRODUIT, il sera définitivement caractérisé par ce mot et lorsque l'on s'intéressera au mot PRODUIT, le document en question sera systématiquement sélectionné, quel que soit le sens que l'on donne à ce mot.
Méthode CD
---------- ------------------- ------------------------------
! INDEX ! ð(! AFFECTATION ! ð(! LIEN AVEC DOCUMENT !
--------- ------------------- ------------------------------
!
!
-------------
! CONTEXTE !
--------------
Ici, ce n'est pas le document qui gouverne l'indexation: c'est l'index lui-même qui peut être un concept, lui-même placé dans un contexte déterminé; l'index sera affecté au document qui convient de manière dynamique; si, par exemple, le contexte est celui de la Fabrication, le concept PRODUIT sera associé à des nomenclatures, des gammes de fabrication ou à des fihes de caractéristiques techniques; si, le contexte est celui du Marketing, le concept en question sera affecté à des documents commerciaux, des modes d'emploi ou des descriptions d'applications.
Opérations assumées par lutilisateur
Méthode courante
--------- ---------------- ----------------
! INDEX ! ð(! RECHERCHE !(! DOCUMENT !
--------- --------------- ----------------
Classiquement, l'utilisateur exprime un ou plusieurs mots-clés et il reçoit la totalité des documents contenant ces mots dans le titre ou dans le texte.
Méthode CD
------------------------------ --------- ---------------
! LIEN AVEC DOCUMENT (! APPEL ! ð(DOCUMENT !
------------------------------ --------- ---------------
Ici, l'on cherchera à guider l'utilisateur en lui fournissant des liens avec des documents en rapport avec avec la tâche qu'il est en train d'accomplir.
Le rôle des documents lui-même est différent dans la notion de workflow suivant que lon se place du point de vue de lune ou lautre méthode:
Workflow courant
----------------
>>>! DOCUMENT !>>>
---------------
Agent 1 Agent 2 Agent 3
------------- ------------- -------------
! ETAPE 1 ! ! ETAPE 2 ! ! ETAPE 3 !
----------- ----------- -----------
L'on voit ici que le document circule d'agent en agent au cours des différentes étapes du processus, chaque agent ayant un rôle particulier à jouer et le répercutant sur le document lui-même ou sur son statut.
Workflow CD
Un ou plusieurs agents (différents ou non à chaque étape)
-------------- --------------- ---------------
! ETAPE A ! ! ETAPE B ! ! ETAPE C !
------------ ------------ ------------
^ ^ ^
! ! !
ENSEMBLE (A) ENSEMBLE (B) ENSEMBLE (C)
DE DOCUMENTS DE DOCUMENTS DE DOCUMENTS
Dans ce cas, un ensemble de documents prédéterminés est présenté à chaque étape à l'utilisateur qui fait appel au système qui voit ainsi son travail facilité mais c'est lui qui décide ce qu'il y a lieu de faire avant de passer à l'étape suivante qui peut être confiée ou non à une personne différente.
1. Identification assistée des secteurs
Nous avons vu la nécessité de déterminer le ou les secteurs auxquels se rattache un document mais nous navons pas fourni de méthode pour le faire, la première qui vient à lesprit consistant à lire le document et porter un jugement sur la nature de son contenu; cette méthode manuelle nest pas envisageable pour les gros volumes que lon rencontre habituellement et dont la tendance est à laccroissement.
Fort heureusement, il existe des logiciels pour vous assister dans ce travail14 en opérant suivant le schéma suivant:
---------------- -----------------------
! DOCUMENT ! ! DOCUMENT-TYPE !
---------------- ------------------------
! -------------------- !
v ! TAXINOMIE ! v
---------------------- ! -------------------- !comparaison