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EVALUATION : LES NOTES EN TECHNOLOGIE, LA FIN DU CAUCHEMAR POUR LES ELEVES ?
Contribution rédigée par Ignace Rak en décembre 2007 pour lassociation PAGESTEC HYPERLINK "http://www.pagestec.org" www.pagestec.org
Mots clés dans lindex HYPERLINK "http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm" http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm Evaluation : contrôles sommatifs ; corrigé-type ; courbe de Gauss ; formation à lévaluation ; notation sur 20 ; validation dune compétence.
Parmi les questions dévaluation non résolues au plan national, figure celle de la « constante macabre », c'est-à-dire ce système qui selon les ouvrages dAndré Antibi, veut que «
sous la pression de la société, les enseignants, inconsciemment, se sentent obligés de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans les classes de bon niveau, pour être crédibles » (1). Le cauchemar est donc celui que vivent les élèves.
Cette question touche t-elle aussi la technologie ? Je pense personnellement que oui. Comment alors les professeurs de technologie participent-ils ou pourraient-ils éviter de participer à ce piège, même si les productions notées sont plus nombreuses et différentes des seuls contrôles écrits et oraux dont il est seulement question dans ces ouvrages ? Les professeurs de technologie sont-ils engagés et doivent-ils sengager dans cet important mouvement en vue de supprimer progressivement ce dysfonctionnement ?
A partir des deux ouvrages quA. Antibi a consacré en 2005 et 2007 à cette question (voir les références (1) et (2)), je vous propose une première approche descriptive, analytique et critique sur la base de ces écrits et des premiers résultats de lexpérimentation en France de ce système nouveau dEvaluation Par Contrat de Confiance (EPCC). En fait, selon moi, le challenge proposé est de redonner confiance aux élèves lors des évaluations notées face à une attitude généralement contraignante, stressante, emprisonnante, fataliste et souvent négative, tant dans la forme, que dans le contenu des exercices.
La « constante macabre » : question et réponse fondamentales, mais ce nest pas la seule réponse
Cette question de la remise en cause scientifique et pédagogique de la « répartition » des notes à partir dune moyenne de 10/20, avec 1/3 délèves « mauvais », 1/3 délèves « moyens » et 1/3 de bons élèves, na pas une réponse unique, celle que suggère A. Antibi. En effet sil est indéniable quil faille, comme A. Antibi le suggère, rédiger et proposer des exercices notés conçus et planifiés de façon différente, je pense personnellement quil faut tout autant vérifier que dune part les outils dévaluation (listes dopérations à cocher, questionnaires, questions à réponses ouvertes, graphiques, tri dénoncés qualitatifs, etc.) sont variés et bien choisis, et dautre part, que critères, corrigés-types et barèmes soient eux aussi soigneusement et effectivement établis lors de la préparation dun cours et non après le cours.
Dans le présent document, jexamine donc ce quA. Antibi relate dans cette problématique et comme premiers résultats de lexpérimentation menée aux différents niveaux denseignement, cest à dire de lécole primaire aux écoles dingénieurs. En effet les professeurs de technologie ne peuvent pas rester eux aussi insensibles à cette question dattribution des notes « réparties administrativement » en trois tiers afin daboutir approximativement à une moyenne de 10/20. En qualité dexpert praticien en évaluation, et plus particulièrement ici en technologie au collège (revoir les ouvrages de formation des professeurs sur ce thème de lévaluation (3) (4) (5)), je propose des commentaires et des suggestions à expérimenter à partir de chacune des idées exprimées par A. Antibi. Il faut cependant remarquer que ce dernier ne publie aucun témoignage de professeurs de technologie et regroupe les « matières » sciences physiques et technologie du collège et de lycée denseignement général, ce qui est quelque peu curieux comme regroupement disciplinaire (6).
LA « CONSTANTE MACABRE » SELON A. ANTIBI
Une sélection des faits signalés
Des illustrations significatives
Le début de chacun des huit chapitres est illustré par un dessin commenté et significatif des attitudes, voulues ou non, de pratiques denseignants concernant les évaluations notées, nommées aussi « contrôles », situations bien connues des chercheurs en évaluation. Par exemple :
- Comment les sujets de contrôle génèrent la constante macabre : « Ouf
enfin une mauvaise copie ! Jai eu peur que la moyenne soit trop élevée ».
- Comment rédiger : aucune règle : « Quelle note donnez-vous à cet élève ? 8/20, 12/20, 15/20 ».
- Réactions denseignants : « Voilà trois nouveaux élèves. Tiens : un bon, un moyen et un mauvais »
- Réactions en dehors du milieu enseignant : « Moi, jétais nul en orthographe
Moi, jétais nul en sport
Et moi, jétais nul en maths ! ».
- Suggestions pour lutter contre la constante macabre : « 1. Tu ne diras pas à un élève quil est nul. 2. Tu te souviendras que personne ne résout un problème vraiment nouveau en un temps limité. 3. Tu noublieras pas que ta mission est de former et non de sélectionner
».
Voyons dabord ce qui est dit à propos de ce quest la constante macabre et de son existence dans les pratiques enseignantes.
Constatations sur les pratiques enseignantes
A.Antibi, recense plusieurs situations denseignement, dont les premières font référence à des pratiques négatives fort connues et quil conteste :
- «
On doit reconnaître que lexistence dune telle constante, « macabre » (pour beaucoup délèves en tout cas), traduit une certaine forme dinjustice de notre système dévaluation qui semble destiné davantage à classer les élèves quà évaluer réellement leurs connaissances » (7).
- «
en admettant que la répartition des notes suive une loi de Gauss (courbe en cloche), pourquoi la moyenne serait-elle égale à 10 sur 20 ? Que je sache, Gauss na jamais imposé pareille chose. De plus, une répartition de données naturelles (taille, poids,
) suit souvent une loi de Gauss, mais pourquoi en serait-il de même pour une répartition de notes ? Nest-ce pas plutôt lenseignant qui, inconsciemment le plus souvent, fait en sorte que la répartition soit de ce type ? Avec un type dévaluation plus précis, par objectifs clairement définis, la répartition des notes na aucune raison de suivre une loi de Gauss » (8).
- «
Si lon nétait confronté, en situation dapprentissage, quà des situations connues que lon peut surmonter sans effort, on apprendrait peu de choses. Il est donc normal que lélève rencontre des obstacles pour mieux sapproprier de nouvelles notions. Mais il ne faut pas confondre une situation dapprentissage et une situation dévaluation ! » (8).
Cela existe-t-il dans toutes les filières ? A. Antibi affirme que non. Et de citer celles où cela nexiste pas «
Dans les lycées techniques et professionnels, cette constante macabre est moins présente. Cest un peu comme si, de toutes les manières, les élèves de ces sections ne se font plus dillusions ! Il est donc inutile de les sélectionner à nouveau ». «
Dans les Grandes Ecoles (écoles dingénieurs, de commerce
). Dans ce cas aussi, la sélection a déjà été effectuée » (9).
Et de terminer en affirmant que la raison essentielle de lexistence de cette constante est que «
La société fait jouer au système éducatif un rôle de sélection
Notre comportement sest adapté au contrat implicite dicté par la société » (10).
A partir de ces situations denseignement générant la constante macabre, voyons comment, selon A. Antibi, les sujets de contrôle peuvent en être la cause.
Constatations sur la forme des sujets dévaluation
Parmi la dizaine de causes concernant une rédaction des sujets engendrant la constante macabre et citées par A. Antibi, jai relevé au moins quatre groupes de causes que lon retrouve aussi dans la discipline technologie.
Le premier groupe de causes concerne la difficulté des questions posées «
elle dépend essentiellement de la similitude entre le sujet de contrôle et les activités que le professeur a proposées avant le contrôle. Nous avons trop souvent tendance à oublier le point important suivant : en temps limité, nous ne pouvons résoudre que des exercices dun type analogue à des exercices traités auparavant » (11).
Le second groupe de causes stigmatise les sujets trop longs et ceux qui veulent balayer une trop grande partie du programme «
Lanalyse de leur sujet montre alors presque toujours quil est trop long. Dans certains cas, les professeurs eux-mêmes auraient du mal à rédiger toute la solution dans le temps imparti
» ; «
Un objectif légitime de lenseignant est de poser un sujet faisant appel au plus possible de propriétés du programme. On peut alors être conduit à allonger un sujet pour atteindre un tel objectif. » (12).
Le troisième groupe de causes pointe les défauts constatés lors de la correction des exercices par une modification du barème et sur lappréciation de la rigueur des solutions proposées par lélève «
on peut toujours ajuster le barème dun sujet de contrôle pour abaisser une moyenne de classe trop élevée : il suffit de réduire le nombre de points accordés aux questions faciles, et augmenter le nombre de points aux questions difficiles. » ; «
Imaginons que les procédés précédents soient encore insuffisants ; on dispose alors, en mathématiques par exemple, dune autre ressource : on sanctionne davantage des solutions pas assez « rigoureuses » Or
aucune consigne officielle nest donnée aux enseignants dans ce domaine » (13).
Le quatrième groupe de causes concerne le manque de temps et limprévision pour lélaboration des sujets de contrôle «
Nous « sentons » que tel sujet devrait convenir. Nous navons pas le temps de tester auprès de quelques élèves « étalons » la longueur du sujet, sa difficulté
On ne peut que regretter ce décalage énorme entre limportance accordée à la note et limprécision dans la manière délaborer nos sujets de contrôle.» (14).
A.Antibi avance quelques raisons à ces pratiques qui contribuent à installer la constante macabre.
Constatations sur les règles de rédaction
Après une expérimentation conduite en 1994 en mathématiques dans lun des groupes de dix professeurs, il a été proposé de rédiger en commun un exercice dont les résultats (dix copies) ont été ensuite corrigés par chacun dentre-eux, dont la correction de sa propre copie, ceci à partir dune liste de solutions acceptables rédigées par les professeurs eux-mêmes. On pouvait sattendre à ce que la note mise par chaque professeur à sa propre copie recueille la note maximale. Or cela na pas été le cas «
entre le moment de la rédaction et celui de la correction, certains collègues se sont rendus compte que, en définitive, certaines parties de leur propre solution nétaient pas satisfaisantes ! » (15). Et A. Antibi de proposer qu«
il est tout à fait possible daméliorer la situation en proposant dans les programmes des indications sur certains types de rédactions autorisés » (16).
Constatations sur les réactions denseignants
Parmi les nombreux témoignages cités provenant de 500 enseignants interrogés, jen ai relevé quelques-uns très significatifs de lexistence de la constante et/ou de lignorance de certains enseignants sur ce phénomène. « Mon épouse, professeur danglais en collège, est très mal vue car elle a une trop bonne moyenne. » (17). « Plusieurs enseignants interrogés ont réellement pris connaissance de lexistence de la « constante macabre » au cours de lentretien. Ils ne sétaient jamais posé la question, et semblaient convaincus quune répartition « 1/3, 1/3, 1/3 » était tout à fait naturelle ». Et à A.Antibi davancer trois raisons à la tendance générale de déplorer une baisse de niveau, « Tout dabord, je pense quil sagit dun réflexe naturel de chacun dentre-nous, après quelques années dexpérience : à force dexpliquer et de manipuler les mêmes notions, on a tendance à les trouver de plus en plus facile. », « Dautre part, les souvenirs des difficultés rencontrées par lenseignant durant son propre cursus scolaire sont de plus en plus lointains. », « Enfin, une autre raison vraisemblable : devant la difficulté de notre métier denseignant, nous cherchons, peut-être inconsciemment, une excuse au cas où nous échouerions dans notre mission
»(18). Dailleurs cette tendance à déplorer une baisse de niveau est également contestée par dautres chercheurs, comme par exemple Ph. Meirieu (19).
Et A. Antibi de pointer un problème de formation : «
le décalage énorme entre limportance accordée à la note et la manière dont les sujets dévaluation sont élaborés. Par manque de formation, nous élaborons le plus souvent nos sujets par empirisme, par tradition. » (20) ainsi quun problème de prise de conscience des enseignants : « Il est frappant de constater à quel point on peut prendre conscience de certains dysfonctionnements lorsque ses propres enfants en sont les victimes. » (21).
Constatations sur quelques « idées reçues » à lextérieur de lécole
Un jeune ingénieur : « Pour une énorme majorité de gens, un prof qui mettrait que des bonnes notes, ne peut être un bon prof : cest un prof qui donne des sujets faciles. » (22). Un technicien titulaire dun BTS : « Des remarques blessantes, ça peut bloquer pour longtemps. Je me souviens dun prof qui faisait systématiquement passer un élève au tableau pour se foutre de lui ; ça a cassé lélève. Je me souviens aussi dune prof de math acariâtre, qui ne supportait pas de mettre plus de 12 ! » (23). A. Antibi cite ceci : « Plusieurs témoignages mettent en évidence le point suivant : dans le domaine éducatif, les enseignants ont trop souvent tendance à décourager les élèves au lieu de les encourager. Ce comportement, très involontaire, sinscrit dans une tradition regrettable : lélève, en situation déchec, travaillerait davantage... Les encouragements et la réussite sont deux facteurs très motivants.» (24). Il pointe aussi la crainte dintentions laxistes exprimées par des personnes, dont les enseignants, qui ont connaissance de son action contre la constante macabre : « Ils craignent que la suppression de la « constante macabre » conduise à une baisse de niveau, à une facilité encore plus grande des études, à une perte du sens de leffort
En dautres termes selon elles, la suppression de la « constante macabre » serait démagogique et mènerait à une politique éducative du genre : « tout le monde peut le faire sans se fatiguer » » (25).
Lensemble de ces constatations se poursuit par des suggestions éducatives.
Suggestions dA. Antibi pour lutter contre la constante macabre
En préalable, A. Antibi met en avant la responsabilité de lensemble des acteurs du système éducatif : « La suppression de la « constante macabre » ne peut donc être le fait des seuls enseignants, du jour au lendemain. Elle doit être réalisée dans un climat de confiance et dexplication entre tous les partenaires concernés. » (26).
Il poursuit avec des suggestions concrètes.
Le rôle de lécole
« Il est essentiel de préciser le rôle de lécole de façon claire, transparente, sans hypocrisie. Comme je lai déjà signalé, une énorme majorité denseignants, « utilisés » par la société, sont des sélectionneurs malgré eux. Ils aimeraient être débarrassés de leur fonction de sélection. » (27) =
- suggestion n°1 : « un rôle de formation et non de sélection ».
Une évaluation par objectifs
« Jai pu constater le phénomène de compensation suivant, conséquence une fois de plus de la « constante macabre » : lorsque les objectifs sont bien fixés, nous pouvons inconsciemment avoir tendance à poser des sujets vraiment très longs, dont nous aurions du mal, nous-mêmes, à rédiger une solution en temps voulu. Il convient donc de déterminer un temps « raisonnable » pour la rédaction de chaque exercice et ne pas laisser chaque professeur livré à lui-même. Des indications dans ce domaine peuvent facilement être suggérées dans les programmes » (28) =
- suggestion n°2 : « Une manière simple et efficace de lutter contre la « constante macabre » est de procéder à une évaluation par objectifs ».
Formation des enseignants
- suggestion n°3 : « Pour modifier la situation actuelle, il est donc indispensable de sensibiliser les enseignants sur ce thème, en formation initiale mais aussi en formation continue ».
Atténuer vraiment la violence du système scolaire
« Le système basé sur la « constante macabre » permet de sélectionner ceux qui ont les plus grandes facultés dadaptation » (29) =
- groupe de suggestions n°4 :
. « Sans « constante macabre », il y aurait beaucoup moins délèves « traumatisés » par lécole et par une certaine violence du système scolaire »,
. « Sans la « constante macabre », bien des élèves auraient envie de travailler »,
. « Il y aurait un climat de confiance bien plus fort entre les élèves, les professeurs et les parents délèves ».
« Au cours de dun stage de deux jours que jai animé (A. Antibi, NDLR), en janvier 1988 à Toulouse, jai proposé aux stagiaires le type dévaluation suivant (30) =
- suggestion n° 5 :
. « pour chaque contrôle de connaissances, la moitié de lépreuve environ serait constituée par des exercices tout à fait analogues à ceux du contrôle précédent, lautre moitié portant sur la partie du programme traitée entre les deux contrôles. Les élèves, bien sûr, seraient prévenus ».
Des constats et conseils complémentaires
- suggestion n° 6 :
. « En temps limité, personne ne peut résoudre un problème de type nouveau. »
- suggestion n° 7 :
. « Quand une majorité délèves se trompe sur un point donné, cest la faute du système éducatif, et non pas des élèves. »
- suggestion n° 8 :
. « Quand un élève qui travaille normalement est en échec scolaire, ce nest pas de sa faute. »
- suggestion n° 9
. « La principale qualité du professeur : sadapter au niveau des élèves. »
- suggestion n° 10 :
. « Il ne faut jamais oublier que ce qui motive le plus, cest la réussite. »
En conclusion de ce recensement des constatations et des suggestions dA. Antibi dans sa première étude du phénomène de « constante macabre », il est intéressant de signaler une autre idée générale : « Lorsque quelquun tombe, non seulement il se fait mal, mais souvent, on lengueule ; au lieu de lui dire comment faire pour ne pas tomber » (31). Ceci sadresse, à mon avis, aussi bien aux élèves, quaux professeurs.
Mais sarrêter aux constats et suggestions nest pas suffisant. A. Antibi sest efforcé daller plus loin en expérimentant ces suggestions datant des années 1988 , notamment la suggestion n° 6 « En temps limité, personne ne peut résoudre un problème de type nouveau. ». Il relate les modalités, puis les résultats sur le terrain entre les années 2003 et 2006 dans son second ouvrage intitulé « Les notes : la fin du cauchemar » (32).
Examinons les résultats de son expérimentation à lécole primaire, au collège, au lycée et à luniversité.
LES NOTES : LA FIN DU CAUCHEMAR, SELON A. ANTIBI
Dans son nouvel ouvrage, « Les notes la fin du cauchemar », A. Antibi récapitule et complète dabord lénumération des constatations, puis décrit les modalités du système dEvaluation Par Contrat de Confiance (EPCC) quil a expérimenté dans des classes et cite des réactions des élèves et enseignants. Enfin il en tire un certain nombre de lignes directrices sur la base de son expérimentation quil nomme « décalages », lignes directrices dont certaines figuraient déjà dans les hypothèses à la fin de son premier ouvrage. Jai extrait un certain nombre de passages pour relater les résultats de son expérimentation, ne sachant cependant pas bien si certains sont issus de lexpérimentation, dentretiens formels et informels ou dun avis personnel.
Lensemble des informations ayant servi de ressources pour ce second ouvrage, sont issues de :
- 581 élèves interrogés par écrit sur EPCC (33) ;
- plusieurs milliers dexpérimentateurs (34) ;
- 3020 enseignants interrogés à la fin des conférences, dont 2200 avec justifications des réponses (35) ;
- 165 entretiens individuels dans lavion, le bus, le métro avec des personnes autres que des enseignants (36) ;
et du dépouillement de :
- 1837 fiches issues des résultats par niveau denseignement auprès des 3020 enseignants (37) ;
- résultats par matières auprès des 1227 professeurs de collège et de lycée parmi les 3020 enseignants (38).
Une sélection des résultats de différentes enquêtes
Constatations sur certaines habitudes ou pratiques ou idées reçues
A. Antibi reprend la remarque sur la baisse de nombre détudiants dans les filières scientifiques et affirme « La constante macabre est une cause importante de cette situation. A force dutiliser certaines matières comme matières de sélection, on en a détourné de nombreux élèves. Lallemand est une discipline victime elle aussi de ce phénomène. » (39). Il relève par ailleurs une idée reçue vis-à-vis de son action pour la suppression de la constante macabre : « Mes interlocuteurs sont parfois convaincus, a priori, que je suis favorable à la suppression des notes. Je précise alors quil nen est rien, que suis favorable aux notes, à condition quelles reflètent le travail de lélève au lieu dêtre souvent à lorigine dun échec artificiel injuste
Je préfère militer pour des solutions réalisables à très court terme
je tiens à dire que je suis tout à fait défavorable à lattribution de bonnes notes non méritées. Il sagirait en quelque sorte dune « constante anti-macabre » tout aussi critiquable que la constante macabre, à une nuance près : elle beaucoup moins présente que la constante macabre
il est normal de sinquiéter lorsque quune moyenne de classe est de 6 sur 20, mais il nen est pas de même lorsquelle est de 14 sur 20. En dautres termes, dans des conditions normales, les élèves doivent comprendre et avoir de bonnes notes. Cela doit être lobjectif de notre enseignement, de notre mission.» (40). Et A. Antibi de souligner à propos de la compréhension, quen France dès lécole maternelle « quand un enseignant est convaincu que tous les élèves répondront à une question, il ne la pose pas.. » et de préciser sa conviction sur la confusion par les enseignants entre phase dapprentissage et phase dévaluation « Répétons-le, en phase dapprentissage il est vivement recommandé de proposer aux élèves des activités « qui font réfléchir ». » (41).
Quant à lesprit de compétition entre les élèves, celui-ci existerait déjà dès lécole primaire. Après avoir interrogé 56 élèves de primaire, « Certaines réponses montrent très clairement que pour de nombreux élèves, une mauvaise note est un symbole de punition. Ils souhaitent que les élèves quils naiment pas aient une mauvaise note ». Et den tirer une conclusion éducative : «
dans le système basé sur la compétition, chacun, un jour ou lautre, sera le perdant et sera à son tour découragé. » (42).
Dans le récit de son action, figurent des contacts officiels quA. Antibi qualifie de décourageants (J. Chirac, L. Ferry, etc.). Mais figurent aussi des soutiens officiels (Cabinet de G. De Robien, Commission des affaires culturelles du Sénat, F. Hollande, F. Bayrou, etc.), ainsi que de 34 organisations (associations et syndicats de lenseignement public, de lenseignement privé et mouvements pédagogiques) (43). Ces dernières organisations ont signé : l« appel pour une évaluation plus juste du travail des élèves et des étudiants » (voir la reproduction de lappel en annexe n° 1).
Le système dEvaluation Par Contrat de Confiance (EPCC)
A. Antibi précise en préalable, que son objectif essentiel est : « la suppression de léchec scolaire artificiel résultant de la constante macabre, et non pas la promotion dun système dévaluation miracle susceptible de régler les problèmes de lEducation Nationale ». Il indique que son système : « est très facile à mettre en place,
ne nécessite pas de moyens supplémentaires,
ne nécessite aucun changement de programme
ne remet pas en cause lenseignement traditionnel du professeur en phase dapprentissage, ni sa liberté pédagogique ; seule la phase dévaluation est modifiée : elle ne représente que le quinzième du temps scolaire environ. » (44). La réalisation et les modalités pratiques du contrat EPCC comporte trois étapes. Selon A. Antibi, « il convient bien sûr dinformer les élèves dès le début de lannée scolaire du type dévaluation auquel ils seront soumis ».
Première étape : annonce du programme du contrôle.
« Une semaine environ avant chaque contrôle, lenseignant indique les chapitres à réviser, cela se fait usuellement, mais en plus, ce point est décisif, lenseignant communique aux élèves une liste de questions déjà traitées et corrigées en classe (cours, exercices
) en annonçant clairement : « Au contrôle, vous aurez à traiter exactement certaines de ces questions et, sur 4 points sur 20 environ, un exercice ne figurant pas sur la liste. ». Des conditions sont requises pour cette liste : « Elle doit porter sur toutes les notions fondamentales du programme. Elle doit être conçue de sorte quun apprentissage par cur soit impossible (par exemple, pas de QCM bien sûr).
En remarque : « La répartition 16-4 proposée précédemment peut être aménagée. La question hors liste peut être notée de 0 à 8 points selon les cas. Cette souplesse prend en compte les retours dexpérimentations. » (45).
Deuxième étape : séance de questions-réponses pré-contrôle.
« Objectif dune telle séance : permettre aux élèves qui nont pas compris certains points du programme du contrôle de demander des explications à lenseignant. Une telle séance doit être organisée entre lannonce du programme du contrôle et le contrôle. Cette séance de questions-réponses est nécessaire pour tenter de réduire considérablement les inégalités liées au milieu familial et social des élèves
Lhoraire denseignement permet-il de consacrer du temps à ce type dactivités ? La question est très nette : OUI bien sûr. En effet, avec le système EPCC la correction du contrôle est bien plus rapide puisque la plupart des exercices ont déjà été corrigés. Il suffit donc dutiliser ce temps gagné pour la séance de questions-réponses ».
En remarque : « Certains élèves risquent de ne pas pouvoir poser de questions par manque de temps. Pour éviter une telle situation, lenseignant pourrait demander aux élèves de lui faire connaître avant la séance les points quils nont pas compris. La séance de questions réponses pourrait alors être organisée de manière à répondre à toutes les questions. Si la classe est trop chargée, les élèves pourraient se concerter par binômes ou par petits groupes, pour décider des questions à poser à lenseignant. » (46).
Troisième étape : contenu et correction de lépreuve.
La troisième étape en trois points est : « destinée à aider les enseignants à éviter les pièges non supprimés par la réalisation des deux premières étapes. ». Dabord la longueur du sujet : « Il est normal que les meilleurs élèves terminent avant la fin du temps imparti ; et que chaque élève ait le temps de rédiger ce quil sait faire ». Ensuite les exigences dans la rédaction : « En début dannée, préciser clairement aux élèves les règles essentielles de rédaction dune solution. Lors de la correction de copies ne pas avoir plus dexigences que pour une évaluation classique (non EPCC). ». Enfin la question sur 4 points sur 20 ou de 0 à 8 points : « Cette question doit rester accessible ». (47).
Lexpérimentation EPCC
Un bilan très positif de lexpérimentation
Selon A. Antibi « le point essentiel qui ressort des nombreuses expérimentations est le suivant : lobjectif principal est atteint :
- avec lEPCC, la constante macabre est supprimée
- un vrai climat de confiance voit le jour
- les moyennes de classe augmentent
- les élèves travaillent beaucoup plus
- des avantages aussi pour la phase dapprentissage
»
Et toujours selon A. Antibi : « plusieurs personnes interrogées, enseignantes ou non préféreraient que les exercices posés au contrôle ne soient pas exactement les mêmes que ceux de la liste ». Ceci débouche sur une discussion de la notion de « petite variation » : « une petite variation pour lenseignant peut être à lorigine dun gros obstacle pour lélève ». Et de poser la question de lutilité de banques dexercices. Mais aussi, en remarque, « Les capacités dadaptation de lélève à des situations nouvelles peuvent et doivent être développées durant la phase dapprentissage, nettement plus longue que la phase dévaluation. » (48).
« La grande majorité des élèves est favorable au système EPCC
Il ne faut surtout pas décourager les bons élèves
Voici quelques pistes possibles : les mettre en valeur durant la phase dapprentissage en mettant en évidence leur travail et leurs capacités ; poser des questions hors barème au contrôle, non notées. En clair, il faut faire évoluer létat desprit actuel : la note ne doit plus constituer le moyen principal de valorisation des bons élèves. Une telle valorisation ne doit plus reposer sur les mauvaises notes et léchec de certains de leurs camarades. » (49).
En guise de récapitulatif, A. Antibi propose aux enseignants de répondre à un certain nombre de questions pour savoir comment ils situent personnellement leurs pratiques pédagogiques quotidiennes relativement à la constante macabre. Ce document dautoévaluation sous la forme dune liste de questions à cocher ou inventaire de contrôle (check-list) avec des questions ouvertes, est à compléter à cet effet lors de lexpérimentation (voir la liste de ces questions en annexe n° 2).
Réactions de différents publics ayant expérimenté le système EPCC
581 élèves ont été interrogés par écrit sur EPCC avec les questions suivantes : « Quel système dévaluation préférez-vous : le système EPCC, le système dévaluation usuel, je ne sais pas. Justifiez votre réponse. ». Les réponses sont majoritairement « système EPCC » avec 90% pour le primaire, 86% pour le collège, 73% pour le lycée et 81% pour post-bac. Les justifications, qui sont des réponses ouvertes, accompagnant les réponses font nettement apparaître en tête une conséquence positive, celle dun « meilleur travail » avec 71% en primaire, 55% en collège, 77% en lycée et 73% en post-bac : « Mis en confiance, sentant que son travail sera récompensé, lélève a envie de travailler ». Dans « meilleur travail », les fiches élèves justifient essentiellement leur choix par le fait quils pourront « mieux réviser, revoir les exercices, se concentrer sur les notions fondamentales ». Pour le collège, viennent ensuite « plus facile » avec 37%, « meilleure note » avec 14% et « meilleure ambiance » avec 9%. Lexplication avancée par A. Antibi au classement en tête de « meilleur travail » est quactuellement « les élèves manquent de goût au travail car ils ont souvent limpression que leur travail nest pas valorisé et récompensé. Avec le système EPCC, il nen est pas vraiment de même ».
Parmi les justifications des différents publics concernés, certaines sont assez significatives relativement à EPCC. En collège : « Cest mieux et plus juste car ceux qui écoutent et travaillent chez eux ont des bonnes notes et les autres des mauvaises. Et ça incite à plus réviser chez soi ». En lycée : «
je trouve que ça nous incite plus à réviser, et lon peut avoir une bonne note si on a bien révisé. Avec les évaluations usuelles on révise, on se retrouve avec une mauvaise note ! ». A luniversité : « Cela va permettre « détudier utile ». Lévaluation ne sera pas là pour nous piéger ». Ecole dingénieurs : « Permet de noter la compréhension de lélève et non de noter sa capacité à résoudre des problèmes inconnus, ce qui fait souvent intervenir la chance. Ainsi tout le monde est à égalité de chances ».Un expérimentateur en collège : « Pour lenseignant, la pratique de lEPCC demande de prévoir un programme de révision précis, mais devient une habitude de fonctionnement qui namène pas une surcharge de travail ». Et A. Antibi de préciser sur la forme des exercices : « la liste de questions communiquée aux élèves doit être telle quun apprentissage par cur soit impossible. Si dans certaines matières, cette condition est difficile à remplir, des petites variations dénoncés peuvent être envisagées. ». Et sur lobjectif de lEPCC : « aider les professeurs à modifier leur comportement traditionnel dans le domaine de lévaluation. ». Un professeur de SEGPA : « Système très valorisant ; réussite pour certains en grande difficulté ; envie davoir le maximum pour ceux qui ont plus de facilité ; envie de travailler. Constat : ils emportent tous leurs cours pour réviser. » (50).
Sur 1358 enseignants de lenseignement public et 1662 du privé interrogés à lissue des conférences-débats par A. Antibi, 96% dentre eux déclarent que la « constante macabre » existe bien, 89 % souhaitent la supprimer et 84% sont favorables à EPCC. Dans le grand public (personnes interrogées dans lavion, le métro), 78% sont favorables à EPCC et 81% chez les élèves ayant pratiqué lévaluation EPCC. Mais dans le grand public une nette majorité, 76%, pense que la constante macabre nexiste pas (51). A. Antibi cite des résultats à létranger : daprès lenquête PISA de lOCDE menée en 2003-2004 dans 41 pays auprès de 275 000 jeunes de 15 ans, la France se situe au 41e rang sur 41 en ce qui concerne le sentiment du bien-être des élèves à lécole (52).
Un mot-clé dans lenseignement : décalage
En guise de récapitulatif, A. Antibi dix formes de « décalage didactique » (53). Cinq sont directement liées à lévaluation :
1 - confusion entre phase dévaluation et phase dapprentissage : «
ce nest pas en posant une question originale et difficile un jour de contrôle que lon fait progresser les élèves
par contre il est fructueux et très utile de proposer ce type dactivité en phase dapprentissage. » ;
2 - « petite variation » dénoncé : «
cette « petite » variation pour le professeur ne lest pas pour lélève » ;
3 - une mauvaise note pour faire travailler : «
pour la majorité des élèves, une mauvaise note décourage
ce qui motive le plus cest la réussite » ;
4 - une mauvaise note « gentiment » : «
quand je mets une mauvaise note, jencourage lélève en lui disant gentiment quil ne doit pas se décourager, ce nest pas si grave
une mauvaise note mise si gentiment peut être encore plus blessante que si lenseignant était désagréable » ;
5 - balayer le programme de révision dun contrôle : «
désir de lenseignant de balayer tout le programme de révisions dun contrôle lors de lélaboration dun sujet
cette noble attitude peut facilement conduire à un sujet trop long, dautant plus facilement que les programmes officiels sont tristement muets dans le domaine de la longueur des sujets. » ;
Cinq autres décalages sont attribués à lenseignement en général :
6 - le décalage de compréhension : «
le professeur croit sêtre fait comprendre, alors quen réalité les élèves nont pratiquement rien compris !...il convient de rechercher sans cesse des retours de son enseignement auprès des élèves en les questionnant brièvement, sans mettre de notes, par écrit de préférences. » ;
7 - le décalage de motivation : «
les enseignants ont tendance à confondre leur motivation et celle de leurs élèves
la réponse à cette question est bien naturelle : demander lavis des élèves et ne pas prendre ses désirs pour des réalités.» ;
8 - le poids des mots : «
les enseignants nont pas conscience de limpact que peuvent avoir leurs appréciations sur les élèves
chacune de ses appréciations peut être ressentie de façon imprévue, surtout lorsquelle est donnée en présence des autres élèves
faire très attention à chacune de ses appréciations sur un élève, orales ou écrites. » ;
9 - excès de générosité : «
lenseignant, par excès de générosité, donne trop dinformations à lélève
il est souvent judicieux de ne pas trop en dire, et de savoir garder certaines choses pour soi
les livres scolaires
ils sont souvent trop ambitieux, difficilement utilisables par les élèves, et semblent davantage destinés aux enseignants. » ;
10 - commissions de programmes et réalité des classes : «
les préoccupations des responsables de ces commissions et dune grande partie de leurs membres sont trop éloignées de celles des enseignants et des élèves
mais il est clair que les recherches sur lenseignement, surtout celles qui débouchent sur des résultats concrets et utilisables, doivent être prises en compte
pas une remise en cause des collègues concernés (NDLR les chercheurs). Leur avis peut évidemment être utile, à condition de ne pas le considérer comme prioritaire
On doit tenir le plus grand compte de lavis des enseignants et des réactions des élèves. ».
Et A. Antibi de conclure son second ouvrage : « Notre société évolue et, dans lenseignement, certaines priorités ont pu changer. Mais contrairement à ce que certains pourraient penser, le niveau des élèves ne baisse pas. Un message important à transmettre aux élèves est que le travail est récompensé et que cest une valeur à cultiver, à lécole et après lécole. Le système dévaluation par contrat de confiance sinscrit tout à fait dans ce cadre. ».
Ces extraits des deux ouvrages dA. Antibi méritent dêtre discutés relativement à la discipline technologie au collège.
DISCUSSION SUR LA CONSTANTE MACABRE, ET LES PROPOSITIONS
DA. ANTIBI
A. Antibi pose un problème fondamental de politique éducative, parmi dautres, problème qui à ma connaissance, na jamais été posé pour être résolu au niveau national et qui correspond à un schéma et un comportement de société qui veut quil ny ai quun seul type de résultats des évaluations notées, celui dune répartition des notes entre 1/3 faibles, 1/3 moyennes et 1/3 de bonnes notes aboutissant en fin de compte, pour un professeur, à obtenir des résultats trimestriels autour dune moyenne par élève et de classe de 10/20. Cest en quelque sorte une attitude visant à respecter une « norme de société », en loccurrence implicite et non explicite.
On voit tout de suite quil sagit pour lui de combattre une orientation éducative qui privilégie létablissement dun système de notation avec des « moyennes » individuelles de notes qui sadditionnent sans aucune signification, ni justification logique pour ensuite pouvoir comparer et classer les élèves dune même classe et de plusieurs classes entre-eux. Il dénonce en fait la contradiction quil y a à évaluer les élèves pour les classer entre-eux et non pas à évaluer individuellement les élèves en référence à des compétences requises dans des programmes comme semble le préconiser la rédaction des programmes « par objectifs », puis maintenant « par compétences ». La suppression de la constante macabre est donc logique si lon veut privilégier une évaluation individuelle compétence par compétence par rapport à une évaluation cumulative et comparative de résultats nayant aucun sens.
En technologie dans la formation des professeurs, je nai pas abordé ce problème de constante macabre pour le résoudre. Mais toutes les dispositions connues pour la formation des professeurs de technologie en collège depuis 1990 y concourent (3) (4) (5), notamment le document issu de trois années de formation dans lacadémie de Montpellier entre 2003 et 2005 (54). Cependant certaines suggestions expérimentées par A. Antibi méritent dêtre analysées, puis retenues en technologie au collège.
Je propose pour cela de confronter les modalités nouvelles dévaluation de la production écrite des élèves décrite et évaluée par A. Antibi, aux cinq autres productions évaluées en technologie, puis comment certaines propositions pourraient être retenues en technologie, et enfin, ce qui a été évoqué par A. Antibi, mais pas développé, cest à dire la préparation et la qualité du corrigé dune évaluation notée. Le fait quen mathématiques, discipline particulièrement analysée par A. Antibi, il y a des épreuves dexamen au Diplôme National du Brevet de collège et donc des annales, facilite la formation des professeurs de mathématiques à propos des textes dexercices et des corrigés type. Or en technologie il ny a aucune culture des professeurs à des épreuves dexamen puisquil ny a pas dépreuves écrites en technologie. En revanche les professeurs ont la possibilité délargir les supports et textes non seulement par des dessins, mais aussi par la présence déléments matériels en trois dimensions présents au poste dévaluation ce qui facilite lévaluation pratique et effective de compétences.
La situation scolaire de contrôle par écrit nest, heureusement, pas la seule en technologie
En technologie deux catégories distinctes de productions sont à évaluer : des productions scolaires inspirées par des pratiques sociales de références et des productions scolaires écrites et/ou orales vérifiant la maîtrise de compétences.
Une première catégorie de productions spécifiquement disciplinaires.
Ce sont des productions techniques qui nexistent que rarement dans dautres disciplines générales. Au nombre de quatre, leurs résultats sont souvent consignés sur une fiche dont on trouve les racines dans les pratiques sociales du monde du travail (55) :
- les produits matériels « pièces » (un support, typon de circuit imprimé, etc.) sur lesquels il sagit de vérifier en général à partir dun dessin de définition et dinstruments de mesure appropriés - des dimensions, des spécifications géométriques et/ou de forme et/ou détat de surface et/ou daspect et/ou dautres spécifications particulières comme la dureté, la protection par la peinture, etc.
- les produits matériels « ensembles montés » (une boussole, un prototype, etc.) sur lesquels il sagit de vérifier en général à partir dun dessin densemble et/ou dun cahier des charges de fonctionnement et doutillages appropriés- la présence de toutes les pièces ; le sens des pièces montées ; le respect des fonctions dusage ou technique ; laspect global ainsi que des spécifications particulières comme la qualité dun collage, dun assemblage par vis, etc. ;
- les produits « immatériels » de type service (information écrite, vocale, audio-visuelle, processus dobtention dun document administratif, voyage dagrément, etc.) sur lesquels il sagit de vérifier en général à partir dun cahier des charges écrit- la qualité de la préparation ; la qualité des produits daccompagnement comme un prospectus, une affiche, un message et dautres spécifications particulières dépendant du type de service, etc. ;
- les documents « construits » en accompagnement ou non dun produit matériel ou immatériel (notice dutilisation ; croquis ; scénario de cassettes audio, vidéo, cédérom ; etc.) sur lesquels il sagit de vérifier en général à partir dun cahier des charges écrit- la qualité des informations qui y figurent (mode dutilisation, précautions demploi, etc.) et la qualité de la mise en forme du document (mise en page, choix des caractères, etc.).
Cette première catégorie de productions spécifiques à la technologie, peut être aussi utilisée comme moyen pédagogique supplémentaire avec la présence « dobjets techniques » en trois dimensions développant et validant des capacités sensori-motrices, mais aussi des connaissances.
Une seconde catégorie de productions strictement scolaires
Il sagit pour cette deuxième catégorie de deux productions strictement scolaires et présentes sous des formes proches dautres disciplines, cest-à-dire dans un document écrit ou présenté lors dun exposé oral, la preuve de la maîtrise de :
- compétences notionnelles et instrumentales exigibles du programme (fonction dusage, tableau, etc.) associées, mobilisées et contextualisées au cours de situations, scénarios, unités conduisant aux quatre productions ci-dessus pour vérifier en général à partir dun texte écrit posant un problème à résoudre et des questions sous des formes variées - la mise en action de connaissances techniques normées ou non ; de méthodes ; doutils ;
- la présentation orale dun projet technique réalisé collectivement avec des tâches individuelles (produit-matériel, produit-service) pour vérifier, en général à partir dun cahier des charges et de documents techniques, lintroduction ; le développement ; la conclusion ; la qualité de lintervention.
Extension et limites des contrôles sommatifs notés en technologie
Si lon ne retient, comme A. Antibi, quune seule des six productions notées en technologie, celle consistant à vérifier par écrit les seules connaissances, on se trouve plutôt dans une situation « à minima », même si ce dernier propose des améliorations dans la rédaction des exercices, dont une formulation « par objectif ». Or les programmes de collège sont dorénavant tous rédigés par compétences. Ph. Perrenoud affirme qu «aujourdhui nul ne sait véritablement évaluer des compétences, sauf sans doute en formation professionnelle. Dans ce dernier domaine, cest un peu moins difficile, parce que lon a des situations de travail sous la main,
» (56). Sans développer ici le questionnement sur la définition de la notion de compétence dont on sait, en France, que cest celle du socle commun qui serait désormais retenue « combinaison de connaissances fondamentales pour notre temps, de capacités à les mettre en uvre dans des situations variées, mais aussi dattitudes indispensables tout au long de la vie, comme louverture aux autres, le goût pour la recherche de la vérité, le respect de soi et dautrui, la curiosité et la créativité » (57), en technologie la solution la plus optimale de construction des situations de contrôle sommatifs des compétences en milieu scolaire, serait dassocier à chacune des cinq productions de produits techniques qui seraient elles-mêmes notées sur 20 en temps que telles, une série de questions sur les quelques connaissances associées et requises. Les contrôles sommatifs des trois composantes de chaque compétence, seraient donc à conduire « en cours de déroulement des activités-élèves ».
Le programme de technologie de 1996 avait inséré des directives en ce sens en préconisant la mise en place de « postes dévaluation » pour chacune des 22 compétences notionnelles et instrumentales exigibles. Il semble bien que cette initiative progressiste et anticipatrice dévaluation des compétences dans les formes optimales, aie été peu suivie et quil faille la relancer, ceci compte tenu de labsence quasi-totale de publications et de recherches si lon veut, comme Ph. Perrenoud le souligne très justement, que «
lévaluation est inséparable de la confrontation à des situations qui nont aucune mesure avec de classiques épreuves de « restitution » de connaissances
plus un système scolaire et son corps enseignant se soucient dévaluer des connaissances contextualisées et mobilisées, plus ils seront prêts à évaluer des compétences » (58). En technologie il est, semble-t-il, absolument nécessaire, même à minima dans une évaluation sommative notée, de mettre à disposition des dessins et des pièces et/ou ensemble matériels à « toucher-observer » sur la table des évaluations écrites. Mais on a compris que cette situation dévaluation ne suffit pas à évaluer des compétences en toute garantie de crédibilité. Selon le programme il sagit dévaluer une « démarche de pensée technique ». Doù la nécessité de mener des évaluations en partie en cours dexécution et de posséder un carnet de suivi formatif et sommatif pour la vérification en « actes » de compétences dans leurs trois composantes (59).
Ce que dit A. Antibi et qui peut être mis en application en technologie
Dans lensemble de ses deux ouvrages, il y a lieu, selon moi, à distinguer deux catégories de propositions pour vaincre la pratique du système éducatif visant à sélectionner, catégoriser, voire classer les élèves : celles concernant lamélioration des pratiques habituelles des enseignants qui concourent à ce résultat, et celles qui visent directement à aider les professeurs à se défaire de la norme implicite dattribution de notes dans un contrôle noté selon la répartition 1/3 de mauvaises notes, 1/3 de notes moyennes, et 1/3 de bonnes notes, lensemble devant avoisiner une moyenne de 10/20 = génération dune pratique aboutissant à une « constante macabre ».
Des propositions connues et qui concourent à la diminution des facteurs influents sur la « constante macabre »
On ne comprend pas très bien pourquoi A. Antibi ne signale pas les autres auteurs douvrages et/ou recherches (Barlow, De Landsherre, Hadji, Merle, Perrenoud, etc,) sur certains sujets quil évoque comme participant à augmenter le risque détablir une pratique néfaste de répartition des élèves dans les trois catégories pré-établies de notes selon la courbe de Gauss. La majorité des causes quil cite à juste raison, dont certaines nommées « décalages », sont les suivantes :
- confusion entre situation dapprentissage et situation dévaluation ;
- sujet trop long avec trop de propriétés à évaluer ;
- ajustement du barème préalable établi au moment de la correction ;
- manque de temps, et donc imprévision pour élaborer un sujet de contrôle ;
- manque de test préalable auprès dun panel délèves dun sujet de contrôle ;
- manque dindications dans les programmes sur les types de rédactions autorisés dexercices ;
- professeur très mal vu de linstitution et de ses collègues sil présente des moyennes élevées ;
- sujets sont trop faciles ;
- trop tendance à décourager les élèves, notamment au travers des appréciations écrites ou orales au lieu de les encourager ;
- rôle de sélection de la part du professeur plutôt que de formation ;
- oubli dadaptation du professeur au niveau des élèves ;
- absence de sensibilisation des professeurs par une formation à ce thème de constante macabre ;
- faute du système et non des professeurs, si une majorité délèves se trompe ;
- faute du système, si quand un élève travaille et quil est déclaré comme étant en échec scolaire ;
- motivation de lélève = facilite la réussite ;
- mauvaise note = symbole de punition.
Il est vrai que chacune de ces propositions concourent à diminuer les facteurs influents à létablissement dune « constante macabre ». Mais ce sont des problèmes pédagogiques connus avec des solutions contributives, mais non décisives.
Des propositions qui peuvent être retenues pour être expérimentées en technologie
Sept propositions sont à examiner avec intérêt si la technologie veut continuer à sengager dans cette volonté damélioration des pratiques dévaluations sommatives notées.
Tout dabord quatre propositions que je considère comme des préalables. Celle du constat selon lequel A. Antibi est favorable au maintien de la notation parce que le système éducatif français ne le remet pas en cause, contrairement à certains qui interprètent son action didactique. Il propose donc dagir dans ce cadre, mais aussi de refuser dattribuer des bonnes notes non méritées. Puis il y a sa volonté de supprimer la « constante macabre ». Et enfin un plaidoyer pour une sensibilisation préalable par une formation des professeurs à ce thème.
La cinquième proposition sappuie sur un postulat qui oriente laction dans lenseignement : en temps limité personne ne peut résoudre un problème nouveau. Doù une proposition à prévoir lors de la préparation, puis à mettre en uvre : durant la phase dapprentissage il est conseillé de proposer des exercices nouveaux aux élèves pour les habituer à être confrontés à des obstacles.
La sixième proposition est celle dexpérimenter lu système EPCC en trois étapes pour une nouvelle rédaction et répartition des notes dans les évaluations écrites, ou dans dautres évaluations de productions délèves :
- 1 - annonce préalable du programme de contrôle en communiquant aux élèves une liste de questions déjà traitées et corrigées en classe, en disant aux élèves quils auront à traiter exactement certaines de ces questions portant sur un total de points (de 12 à 20 points), avec éventuellement une petite variation dans le libellé du texte, et quil ny aura aucune ou des questions accessibles hors de cette liste pour un total de 0 à 8 points ;
- 2 séance de questions-réponses pré-contrôle, organisée entre lannonce du programme du contrôle et le contrôle ;
- 3 séance de contrôle avec un contenu et un texte de correction de lépreuve préétablis, en un temps imparti, une longueur limitée, et des règles de rédaction connues.
Enfin accepter, éventuellement, de modifier légèrement le texte et les données de lexercice dapprentissage pour rédiger le contrôle noté final en intégrant une « petite variation ».
Il reste à savoir comment mettre concrètement en application ces orientations dans les contrôles notés en technologie, ceci sur lensemble des six productions habituellement produites par les élèves. On pourrait pérenniser les orientations du programme de 1996 au travers de plusieurs solutions possibles de contrôles sommatifs notés des compétences afin dexpérimenter le système EPCC :
- en situation optimale pour évaluer effectivement des compétences : on établit tous les contrôles du trimestre notés de façon similaire aux exercices dapprentissage en cours de déroulement dune réalisation dune pièce, dun ensemble monté, dun service, dun document produit, dun projet, et lon note, dune part la qualité du produit réalisé, et dautre part, la qualité des réponses aux questions daccompagnement ;
- en situation innovante minimale : au moins un contrôle par trimestre en cours de déroulement dune réalisation concrète comme décrit ci-dessus, ce qui vérifierait effectivement certaines compétences en action et avec en complément des évaluations écrites détudes de cas fictifs mais déjà vus en classe qui ne vérifient alors que des connaissances et non des compétences au sens strict.
De toute façon la situation actuelle dévaluation et de production des élèves, majoritairement perceptible en technologie, une seule forme de validation par écrit de connaissances-compétences techniques dans la discipline technologie, nest pas conforme aux programmes, ni à la validation de compétences. Par ailleurs la description de la situation dite dapprentissage dA. Antibi est équivoque. Pour moi une situation dapprentissage comporte au moins deux parties. Celle où le professeur fait une démonstration probante, et quelques élèves seulement sont testés devant toute la classe, ou par groupe, avec des questions ou des essais dactions de réalisation. Sensuit une deuxième partie que je nomme « applications et évaluations formatives » où tous les élèves sans exception sessayent à résoudre des problèmes avec des obstacles. Puis cela se termine par une autre situation, celle dune évaluation sommative notée. On pourra revoir des exemples de ces distinctions en technologie dans des exemples concrètement expérimentés en 5e au cours de lunité de traitement de linformation « tableur-grapheur (60) ou au cours de la réalisation dun projet complet en classe de 3e (61).
Pour les professeurs de technologie, il cependant reste à régler deux problèmes si lon veut appliquer le système EPCC pour contribuer à supprimer la « constante macabre » :
- le choix et le nombre de produits différents ou identiques durant ces trois phases selon que lon soit en apprentissage, en application et évaluation formative ou en contrôle sommatif noté ;
- le fait que dans le nouveau programme de 6e en 2005, il faille abandonner le principe des ateliers tournants, ce qui est en contradiction avec le principe de lapprentissage systématique et contrôlé des toutes les connaissances-compétences par tous les élèves sans exception, et non dune façon aléatoire dans des réalisations dite « collectives ».
Ce quA. Antibi évoque, mais ne développe pas : lexistence et la qualité dun corrigé type
En qualité de didacticien des mathématiques, A. Antibi semble bien saligner au collège, comme au lycée, sur le fait quil y a une culture de lévaluation sommative notée dans toutes les disciplines en prenant comme référence lexistence dépreuves, donc dannales consultables. Or en collège il ny a que trois disciplines qui ont des épreuves écrites dans le Diplôme National du Brevet : français, mathématiques et histoire géographie. Raisonner et généraliser sur la notation sommative dans les autres disciplines à partir de ces trois seules disciplines, me semble insuffisamment fondé. Doù mon rappel de former les professeurs à la nécessaire compétence à savoir rédiger des corrigés types pour chaque contrôle sommatif noté.
Préparation dun cours et corrigé-type
Sans aller prendre comme références des épreuves dexamen participant à la délivrance du Diplôme National du Brevet, les évaluations sommatives notées en cours de scolarité comptant pour le livret trimestriel doivent faire lobjet dune attention particulière afin de respecter un traitement équitable des résultats aux productions scolaires de chaque collégien, notamment pour éviter de tomber dans le piège signalé par A. Antibi de répartition inconsciente ou consciente des notes en trois tiers : un tiers de « mauvaises », un tiers de « moyennes » et un tiers de « bonnes ».
Former les professeurs de technologie à la préparation dun cours ne sarrête pas à fixer les phases du déroulement et les documents à distribuer aux élèves ou à constituer un « dossier technique » et un dossier « pédagogique » comme cela est exigé lors de la préparation aux épreuves orales du CAPET. Cest pourtant ce qui se fait couramment et qui est ensuite présenté lors des inspections. Or si lon veut rendre les évaluations transparentes et non traumatisantes pour les élèves, il faut aller jusquau bout de la préparation préalable du cours, c'est-à-dire rédiger les exercices de contrôle sommatifs qui seront ensuite posés, ainsi que les réponses possibles attendues avec le nombre de points pour chaque possibilité, cest-à-dire un corrigé-type. Il semble bien que cest à cette autre condition que lon dépassera les conditions dinstallation de la constante macabre en complément incontournable du système EPCC préconisé par A. Antibi et que les résultats individuels seront améliorés.
Et il ne faut pas oublier que si lon veut établir durablement ce climat de confiance, cest par la communication de ce corrigé-type aux élèves à un moment donné, autant que le texte et le barème eux-mêmes du contrôle, que sinstalleront aussi lauto-évaluation, la coévaluation et lhétéroévaluation souvent prônées et pas encore assez présentes.
Le corrigé-type lui-même
Si lon reprend lhypothèse quil sagit bien de la validation de compétences (ensemble de capacités, connaissances et attitudes) en action dans le cas dune situation innovante minimale (revoir ci-dessus), alors la pièce, lensemble, le service, le document ou le projet font eux-mêmes dabord lobjet dun corrigé type dans une fiche de contrôle (55).
On trouvera par exemple pour le scénario montage et emballage dun produit boussole, pour la capacité montage, la spécification « présence et sens de montage du décor n°2 » avec dans le corrigé type :
- le critère dévaluation étant qualité : bon ou mauvais,
- le barème : 1 point maximum
- les éléments et tolérances dacceptation ou de refus :
. le décor est présent = 0,5 point,
. le décor est absent = 0/0,5 point,
. le décor est monté dans le bon sens = 0,5 point,
. le décor est monté à lenvers = 0/0,5 point.
Le texte de la situation de contrôle sommatif par écrit et noté concernant les connaissances mobilisées et accompagnant le montage ci-dessous, se rapporte à linstrument « calibre à coulisse » dans une situation concrète de mesure : « Il vous a été distribué un calibre à coulisse et trois entretoises numérotées 1, 2 et 3 de diamètres différents. Retrouvez le cylindre dont le diamètre est de 6 ± 0,5 pour monter sur la boussole. Cochez la bonne réponse :
O : entretoise n°1 O : entretoise n°2 O : entretoise n°3 ». Cette première question est vérifiée par deux autres réponses à des questions complémentaires sur deux autres objets dévaluation : « lappréciation dun résultat » et la connaissance compréhension de la notion de « tolérance » du programme que je ne détaille pas ici (62).
Le corrigé-type sur lobjet (ou objectif) de lévaluation, celle de « lutilisation du calibre à coulisse », comporte les renseignements suivants élaborés par le professeur lors de sa préparation :
- le critère dévaluation est exactitude de la mesure trouvée ;
- le barème : 1,5 point maximum,
- les éléments et tolérances dacceptation ou de refus :
. le cylindre dont le diamètre est de 6 mm est le n°1 = 0/1,5 point,
. le cylindre dont le diamètre est de 6 mm est le n°2 = 1,5/1,5 point,
. le cylindre dont le diamètre est de 6 mm est le n°3 = 0/1,5 point,
. pas de réponse = 0 point.
En ce qui me concerne, la troisième composante de lévaluation dune compétence, celle des « attitudes », elle ne fait pas lobjet dune évaluation sommative notée et nest pas retenue ici car cest une composante du domaine affectif impossible à capter objectivement et à noter. Elle est donc réservée à une évaluation formative et non sommative notée.
Pour la forme des questions posées, celle du questionnaire à choix multiples (QCM) remis en cause par A. Antibi pour vérifier la maitrise des connaissances, nest pas valide en technologie dans la mesure où elle vérifie une démarche de pensée technique en action concrète de mise en uvre de résolution dun problème technique. Il ne sagit donc pas dune question ouverte de type « devinette », ou dapprentissage par cur de la « bonne réponse » à retrouver parmi une série de définitions proposées.
PAS DE CONCLUSION MAIS DES PERSPECTIVES
On a compris que la question de la suppression de la « constante macabre » est dabord un enjeu et une volonté politique. Cest pourquoi A. ANTIBI a mobilisé sur ce fait national français des personnalités politiques et de nombreuses associations. Vouloir enseigner pour classer les élèves dans trois niveaux préétablis au lieu de les former, est une erreur pédagogique. Une autre erreur cest de maintenir un décalage entre les programmes rédigés en termes de compétences personnelles et individuelles et des évaluations formatives et sommatives notées dont les résultats sont exprimés en moyenne de chaque élève par rapport aux moyennes des autres élèves. Même la « moyenne » individuelle des notes attribuées aux « compétences » notées, est un non sens. Doù mon militantisme de linstauration dun carnet de connaissances-capacités-attitudes de suivi personnel par discipline vis-à-vis des exigences de chaque programme (59) (63) et en amont et complément du traditionnel bulletin scolaire. Dailleurs un récent rapport pédagogique de lInspection Générale de lEducation de l2ducation Nationale (IGEN) sur les livrets de compétences, éclaire les enjeux, mais aussi les difficultés de leur mise en place généralisée dans les disciplines, tout comme dans le socle commun des connaissances (64). Tout cela est de la responsabilité politique que de vouloir engager et soutenir les professeurs dans cette voie.
Ensuite lattitude à adopter en technologie vis-à-vis de cette action contre la constante macabre, est duvrer collectivement dans un collège à poser la question de cette action pédagogique clarificatrice vis-à-vis de léquipe denseignants, mais aussi et surtout vis-à-vis des élèves et des parents. Seule une concertation détablissement peut fédérer les énergies pour améliorer les résultats des contrôles notés, et donc aussi des évaluations formatives préalables qui y sont liées. Faute de cela la stigmatisation des quelques professeurs pratiquant un enseignement transparent lors des contrôles sommatifs notés perdurera, au bénéfice dune opacité de la méthodologie des contrôles visant plutôt à déstabiliser et classer les élèves, que de les aider à réussir individuellement.
Enfin en technologie au collège, il ne fait pas de doute que lexpérimentation entamée par A. Antibi est applicable dans les conditions particulières des productions spécifiques de cette discipline qui sont plus diverses que les simples et seules productions écrites, même si nous navons pas attendu les résultats consignés dans les deux ouvrages de 2003 et 2007 de A. Antibi (revoir (1) et (2)) pour instaurer des pratiques dévaluations formatives et sommatives éducatives et non classificatrices, donc non sanctionnantes mais encourageantes. Les professeurs et équipes de collèges qui voudraient sengager dans cette action expérimentale, devraient trouver des soutiens auprès de léquipe qui entoure A. Antibi, références que lon peut retrouver sur leur site Internet (65). De même ils pourraient tester leurs pratiques actuelles par rapport au système EPPC en répondant aux questions de lannexe n° 2.
Effectivement, comme le souligne A. Antibi et dautres auteurs quil ne cite pas, et même si lon peut regretter le manque de précision sur la méthodologie de son étude, le problème de la formation des professeurs à lévaluation des élèves est récurrent. La formation à lévaluation devrait être permanente quelles que soient les priorités annuelles des plans de formation académiques dictées par ladministration de léducation nationale, hélas de plus en plus astreinte à des restrictions budgétaires dans ce domaine.
ANNEXE N°1
APPEL POUR UNE EVALUATION PLUS JUSTE DU TRAVAIL DES ELEVES ET DES ETUDIANTS
En raison de conceptions ancrées sur le classement des individus, les pratiques dévaluation apparaissent souvent comme un couperet destiné à sélectionner. Elles sont assujetties généralement à la règle des trois tiers : un tiers de « mauvais », un tiers de « moyens » et un tiers de « bons », y compris quand les objectifs ont été globalement atteints par la grande majorité des élèves. Ce phénomène, relaté sous le nom de « constante macabre »* se manifeste à des degrés divers aux différents étages du système éducatif.
Dautre part, les moyennes singulièrement basses de résultats dépreuves, y compris dans des classes de très bon niveau, font problème et ne peuvent être vues sous le seul angle du constat. Il en est de même pour les taux déchecs accablants à certains examens.
Ainsi sous la pression de la société, les enseignants sont souvent des sélectionneurs malgré eux, alors que leur vraie mission est de former. Ils peuvent ainsi contribuer au découragement de générations délèves qui, malgré leur travail et leur niveau, font partie du « mauvais tiers ».
Une telle situation nest pas fatale. Inverser la tendance est possible, rapidement, au bénéfice de toutes les parties prenantes. Cela suppose une prise de conscience de ce dysfonctionnement, et la volonté clairement affichée de léradiquer. Des solutions simples et efficaces existent, déjà expérimentées. Elles sont basées essentiellement, sur une formulation bien plus précise, au niveau national, des capacités attendues chez lélève, et surtout sur un climat de confiance entre lélève et lenseignant. En particulier, le contenu dune épreuve dexamen ainsi que sa longueur doivent correspondre à un contrat clairement exprimé par lenseignant, sans piège. Dans ces conditions, léchec éventuel dun élève ne serait plus ressenti comme une injustice.
Tant dans le rapport Thélot que dans les débats relatifs à la loi dorientation sur lécole, cette question centrale de lévaluation nest pratiquement pas abordée jusquici.
Les soussignés, partageant ce diagnostic, lancent un appel à un large débat afin de remédier très rapidement à ce grave dysfonctionnement de notre système éducatif ; ils demandent que cette question soit prise en compte dans la formation initiale et continue des enseignants**.
* « La constante macabre » par A. Antibi, éd. MathAdore 2003, préfacé, entre autres, par H. CURIEN (ancien Ministre de la recherche), Jean FABRE (Inspecteur Général), Recteur Philippe Joutard, André LEGRAND (ancien Directeur des Lycées), Jean-Christophe YOCCOZ (Médaille Fields).
** Site Internet : HYPERLINK "http://mclcm.free.fr" http://mclcm.free.fr
ANNEXE N°2
Questionnaire professeur dauto-évaluation à compléter pour vérifier la qualité dun contrôle dans la période expérimentale
1 - Discipline concernéeQuelle est-elle ?Nombre dheures hebdomadaires ?Nombre dheures denseignement (approximatif) depuis le dernier contrôle ?2 - Répartition des points16-4 ; ou 15-5 ; 14-6 ; 13-7 ; 12-8 ou 17-3 ; 18-2 ; 19-1 ; 20-03 - Longueur du programme de révision Ce programme porte-t-il uniquement sur les notions vues depuis le dernier contrôle ?Si ce nest pas le cas, quel est le pourcentage approximatif de notions figurant déjà à lun des programmes précédents ?4 - Questions de la listeSagit-il exactement des mêmes questions que lélève doit reproduire ?Si, non, préciser (petites variations dénoncé, dissertation à faire alors que seul le plan détaillé été donné,
).Ces questions portent-elles sur des compétences exigibles figurant dans le programme officiel ? Si, non, sont-elles dun niveau supérieur ?5 - Partie de lépreuve hors listeSagit-il dexercices vraiment semblables à des exercices corrigés en classe ?Quelle est la moyenne de la classe pour cette partie ? (ex. moy. 1,3 sur un total de 4)6 - Longueur du sujetLes meilleurs élèves ont-ils terminé avant la fin de lépreuve ?
Si oui, combien délèves environ ?
Combien de temps environ avant la fin ?Certains élèves qui savaient faire un exercice ont-ils manqué de temps pour le traiter ? Si oui, combien délèves environ ?7 - BarèmeEtait-il communiqué au début du contrôle aux élèves ?8 - Niveau dexigence lors de la correction des copiesCe niveau dexigence est-il le même que lors dun contrôle classique (non pas du type EPCC) ? Si, non, préciser.
BIBLIOGRAPHIE SITOGRAPHIE
(1) ANTIBI, A. (2007). Les notes : la fin du cauchemar, ou en finir avec la constante macabre. Association MathAdore, Nathan, ISBN 978-209-899647-2, p 20.
(2) ANTIBI, A. (2003). La constante macabre, ou comment a-t-on découragé des générations délèves. Association MathAdore, Nathan, ISBN 2-09-899604-7.
(3) RAK, I. & MERIEUX, C. (1997). Lévaluation des élèves en technologie, classe de 6ème. Paris : Delagrave + CD Rom du professeur.
(4) RAK, I. & MERIEUX, C. (1998). Enseigner et évaluer les élèves en technologie dans le cycle central (5ème et 4ème). Paris : Delagrave + CD Rom du professeur.
(5) RAK, I. & MERIEUX, C. (1999). Enseigner et évaluer les élèves en technologie dans le cycle d'orientation 3ème. Paris : Delagrave + CD Rom du professeur.
(6) ANTIBI, A. (2007), op cité p 148.
(7) ANTIBI, A. (2003), op cité p 16.
(8) ANTIBI, A. (2003), op cité p 17.
(9) ANTIBI, A. (2003), op cité p 18.
(10) ANTIBI, A. (2003), op cité p 19.
(11) ANTIBI, A. (2003), op cité p 23.
(12) ANTIBI, A. (2003), op cité pp 23-25.
(13) ANTIBI, A. (2003), op cité pp 24-25.
(14) ANTIBI, A. (2003), op cité p 28.
(15) ANTIBI, A. (2003), op cité p 33.
(16) ANTIBI, A. (2003), op cité p 34.
(17) ANTIBI, A. (2003), op cité p 41.
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