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Le vrai bonheur ne réside pas dans la ... - Mathieu Gaulin

On fait l'hypothèse qu'en raison de la suralimentation et de l'épure de distribution, chaque cylindre admet à chaque cycle une quantité d'air frais correspondant ...




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Sujets  TOC \f \o "1-1" \o "1-1" \t "Titre principal,1,Titre principal,1" Partage de la richesse  PAGEREF _Toc310343412 \h 1
Politique nationale  PAGEREF _Toc310343413 \h 3
Palmarès  PAGEREF _Toc310343414 \h 42
Transparence et démocratie  PAGEREF _Toc310343415 \h 45
Télévision et développement des enfants  PAGEREF _Toc310343416 \h 46
Éducation  PAGEREF _Toc310343417 \h 48
Santé  PAGEREF _Toc310343418 \h 52
Bonheur  PAGEREF _Toc310343419 \h 54
Écologie  PAGEREF _Toc310343420 \h 66
Géopolitique  PAGEREF _Toc310343421 \h 66
Divers  PAGEREF _Toc310343422 \h 68

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Partage de la richesse
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« 99% des Québécois ont un niveau de vie supérieur à 99% des Américains. »
« De la seconde guerre mondiale jusqu'aux années 70, les super-riches (1%) captaient 8% du revenu total aux États-Unis. Aujourd'hui ils en captent trois fois plus, soit 24%. Les super-riches actuels sont-ils des génies, alors que ceux qui ont présidé aux trente années de plus forte croissance de l'histoire, de 1945 à 1975, étaient des cancres ? »
-  HYPERLINK "http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/richesse-comparee-des-quebecois-un-grand-chagrin-pour-la-droite/8559/"étude de Jean-François Lisée et Pierre Fortin

« L'écart entre riches et pauvres est le plus petit au Québec que n'importe où en Amérique du Nord, ce qui nous assure une plus grande cohésion sociale et une plus grande sécurité: le taux de crimes violents est de 59 par 1000 habitants au Québec comparé à 160 en Alberta, et 106 au Canada. »
- http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/289082/realisation-de-soi-et-surconsommation-au-quebec-les-fourmis-sont-devenues-cigales

« Les familles québécoises appartenant à la moitié la plus pauvre au Québec ont travaillé en moyenne 12,8 semaines de plus par année entre 2003 et 2006 qu'elles le faisaient entre 1976 et 1979. Leurs salaires et autres revenus de marché ont néanmoins reculé de 10,1 % durant la même période en dollar constant, en dépit d'une croissance économique totale de 71 %. 
[…] les 10 % les plus riches ont, quant à elles, eu le loisir de réduire un peu leur temps de travail (-5,7 %) tout en augmentant leurs revenus de 24 %. »
- Étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économique (IRIS) et du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dévoilée le 19 mai 2010
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/289318/travailler-plus-pour-gagner-moins « Dans les années 1880 et 1890, le banquier [John] Pierpont Morgan faisait savoir qu’il n’accepterait jamais d’investir dans une société dont les dirigeants étaient payés plus de 6 fois le salaire moyen. »
« Au États-Unis comme en Europe, ce multiple se situe aujourd’hui entre 300 et 500 fois pour la rémunération des présidents et directeurs généraux. »
- Bourguinat et Briys, L’arrogance de la finance, 2009 « […] dans les années du début du capitalisme, jusque vers 1980, tous les grands patrons de banques ou de très grandes entreprises se payaient à peu près 40 fois le salaire moyen des gens qu'ils commandaient. Henry Ford l'avait dit d'ailleurs : le capitalisme n'a pas besoin de beaucoup de règles. Raison de plus pour qu'il y ait une éthique « je me paie 40 fois le salaire moyen de ma maison ». […] 40 fois le salaire moyen des gens commandés, c'est de l'ordre de l'éthique convenable. » [Il s'agit du « ratio de décence » d'Henry Ford.] Extrait d'intervention de Michel Rocard, ancien Premier Ministre de la France à la Conférence Internationale des ONG UNESCO, 30 novembre 2009 Rémunération des présidents de banque selon la moyenne des employés : Laurentienne 29 fois
Nationale 54 fois
BMO 88 fois
Royale 100 fois
CIBC 108 fois
TD 132 fois
Scotia 209 fois
[Les deux banques les moins pires (Laurentienne et Nationale) sont les deux banques québécoises.]
Source : MEDAC, 2011
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Le 5 janvier 2010, le ministre canadien du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, déclarait que les Canadiens avaient déposé dans les paradis fiscaux des sommes totalisant 146 milliards de dollars en 2009, une augmentation substantielle par rapport aux 88 milliards de dollars en 2003. En 2000, selon la vérificatrice générale du Canada, 1,5 milliard de dollars ont ainsi échappé au fisc grâce à la seule entente d'amnistie fiscale avec la Barbade. À combien se chiffrent les sommes supplémentaires échappant au fisc par l'entremise d'autres paradis fiscaux comme les Îles Caïman, le Panama, les Bahamas, la Suisse ? On ne le sait pas. Par contre, on sait que l'existence des paradis fiscaux ne relève pas de la fatalité, mais bien du laisser-faire des gouvernements, voire de leur complicité. »

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« Chaque marigot a son crocodile. Monsieur crocodile a toujours faim. » - Proverbe

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Extraits de Comptes et contes du Prof Lauzon T.04 (2010) :

Les États-Unis se classent 42e au monde au niveau de l'espérance de vie et ont le taux de mortalité infantile le plus élevé de tous les pays occidentaux.

Jamais les Québécois n'ont établi comme priorité la création de la richesse. […] Au contraire, l'an passé [donc en 2009], selon un sondage international effectué par Léger et marketing, le principal enjeu pour les Québécois était, avec raison d'ailleurs, l'augmentation croissante de l'important écart entre les riches et les pauvres. Cette année [2010], un sondage Crop révèle qu'ils ont rejeté les recettes des lucides axées sur la création de la richesse destinée à une minorité d'opportunistes et défrayée par le monde ordinaire par le biais des hausses des tarifs de l'électricité, de l'éducation, des garderies, des soins de santé, par la privatisation de nos instruments collectifs et par une baisse d'impôt aux compagnies et aux notables.
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Politique nationale
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Pourquoi le Québec n'a pas sa place au Canada :
Les fraudes de 1867. « L’adhésion du Québec au Canada a donc été décidée par moins de 10 % des adultes, moins de 20 % des hommes adultes. Les Canayens de l’époque savaient et les historiens d’aujourd’hui savent, que s’il s’était agi d’un vote libre, l’électorat aurait très majoritairement refusé l’entrée au Canada. » - Jean-François Lisée sur  HYPERLINK "http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/1er-juillet-pourquoi-la-fete-est-elle-si-triste/3669/" \l "more-3669"son blogue
Le rapatriement de la constitution de 1982 sans l'aval du Québec.
Le référendum volé de 1995 (voir plus bas).

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Pourquoi il faut chasser Charest et son parti :
Centrale au charbon du Suroît : intention de construire malgré le refus populaire.
Débâcle de la caisse de dépôt et placements suite à la consigne gouvernementale de prendre des risques.
Scandale de la corruption dans la construction (35% plus cher qu'en Ontario) : enquête publique refusée.
Loi des écoles passerelles anglophones : passée sous bâillon en décembre 2010.
Eau contaminée à Shannon : inaction et camouflage des données.
Hausse des frais de scolarité de >300$ par an renouvelable.
Relance de la mine d'amiante Jeffrey, malgré la forte opposition du secteur de la santé. [avril 2011]
Appui inconditionnel au projet de loi 204 (empêchant tout citoyen de contester la légalité du contrat Quebecor-Labeaume de l'amphithéâtre de Québec). [juin-septembre 2011]
Quelques bonnes actions :
instauration d'une bourse du carbone dès janvier 2012
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En 2011, 5,6% d’anglophones nés au Québec se partagent plus de 29,3% du financement universitaire.
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Enjeux éternels :
Réduction de l'écart entre riches et pauvres
meilleure répartition de la richesse
par l'élimination des paradis fiscaux et de l'évasion fiscale
par l'imposition d'un plafond de revenu
aide aux plus démunis
augmentation du salaire minimum
revenu minimal garanti
Démocratisation des pouvoirs
meilleure distribution de la presse
par l'interdiction de possession de plus de 20% du lectorat
encourager l'émergence de nouveaux partis, de nouvelles idées et réduire la corruption politique
par l'adoption d'un système électoral semi-proportionnel
par un financement uniquement public des campagnes
MG 11 avril 2011

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Extraits de Le référendum volé de Robin Philpot (2005) :

C'est en comprenant [la] symbolique conflictuelle du Québec et du Canada que l'on peut mieux saisir la conduite du Canada à l'égard du Québec lors du référendum de 1995, ainsi qu'au moment de la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre en 1970, le coup de force constitutionnel de 1982, le rejet de l'Accord du lac Meech, la « loi camisole de force C-20 », le scandale des commandites jusqu'au vote de sauvetage de Paul Martin, le 19 mai 2005.
Bref, le Canada est issu d'un empire et d'une monarchie qui ont toujours honni le pouvoir populaire et démocratique que le père des « pères de la Confédération » et premier ministre du Canada, John A. Macdonald, qualifiait de « tyrannie des masses » (mob rule). Le Canada n'a jamais rompu avec ce passé impérial; au contraire, il en est fier.

Les citations des fondateurs du Canada démontrant que ce pays a été établi sur une crainte profonde du « péril démocratique » sont nombreuses. En rappelant cette façon de voir le pouvoir populaire, on peut mieux comprendre pourquoi le grand bouleversement constitutionnel de 1982 n'a jamais été soumis à l'approbation populaire. On préférait en débattre en petits groupes d'initiés où les jeux de coulisses, la corruption et le chantage font la loi plutôt que de demander au peuple de trancher.

[…] la Loi sur les chemins de fer de 1849 prévoyait toutes les garanties financières du gouvernement du Canada aux entreprises privées de chemins de fer. [Gustavus Myers, dans History of Canadian Wealth] ajoute, toutefois, que le préambule de la loi « omet un point délicieux : les membres du même Parlement qui a adopté cette loi étaient eux-mêmes, généralement, des entrepreneurs en chemin de fer ou aspiraient de le devenir. ».

[…] le Canada a violé allègrement les lois québécoises ainsi que le droit fondamental de la nation québécoise de décider librement de son avenir. On s'en étonne. On s'étonne qu'il le fasse, qu'il s'en vante, mais on s'étonne aussi que, sur le plan international, personne ne semble lui en tenir rigueur! Même les souverainistes sont réticents à le dénoncer et, surtout, à internationaliser cette dénonciation.
Or, quelle que soit la façon dont on l'aborde, le comportement du Canada en 1995 est celui d'un empire. Rien de moins. En cela, il est conséquent avec sa propre histoire. L'État canadien a utilisé tout son appareil, fait peser son pouvoir politique et financier, établi l'union sacrée des partis politiques, exercé la force d'intimidation de sa majorité, sollicité et canalisé l'argent de cette majorité et des grandes entreprises étatiques ou privées relevant de lui dans le but d'asservir une nation, le Québec, et d'assujettir l'Assemblée nationale du Québec. Par la suite, dans la plus pure tradition d'une capitale impériale, il remonte sur son perchoir inattaquable et, avec sa morgue royale, refuse toute forme de collaboration avec l'État subjugué qui tente d'appliquer ses propres lois et de maintenir un État de droit.

« Wolfe et les Highlander, à Québec, sur les plaines d'Abraham. Il les utilisait tout simplement contre les Français […]. Il avait l'intention de les exploiter à ses propres fins, aussi longtemps qu'ils dureraient […]. Dans une lettre à son ami, il écrivit cyniquement : « S'ils meurent, leur perte ne causera qu'un bien petit fracas. » » - Alistair MacLeod, No great mischief, 1999

« Le camp du NON s'est transformé sous nos yeux. Il est devenu le club des milliardaires, le club des privilégiés, arrogants et menaçants. Avant, c'était la Brinks et la Sun Life qui disaient aux Québécois de s'écraser. Aujourd'hui, c'est la Standard Life et Laurent Beaudoin [président de Bombardier]. On a vu leur chef de file, cette semaine, sortir de l'ombre : M. Paul Desmarais, le président de Power Corporation. Car il faut se rendre compte : il y a quelques années, sous Robert Bourassa, on avait au Québec, l'État Provigo. C'était pas mal, c'était sympathique, un coup de chapeau à l'entrepreneurship québécois, qui entrait dans l'arène politique. Mais aujourd'hui, avec Jean Chrétien et Daniel Johnson, le NON, c'est l'État Desmarais. Desmarais, qui n'a pas investi un seul million au Québec depuis 10 ans. Desmarais, qui fait fortune ici, mais qui a utilisé ses profits réalisés au Québec pour investir massivement à l'étranger. Desmarais, que l'ancien employé, Daniel Johnson remerciait cette semaine – remerciait – pour sa décision courageuse d'avoir gardé son siège social au Québec ces dernières années. Desmarais, qui avait propulsé la carrière politique de Pierre Trudeau, puis celle de Jean Chrétien. Aujourd'hui, cette entreprise est au coeur du camp du NON. Le vice-président de Paul Desmarais et ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, John Rae, est un des principaux stratèges du camp du NON. Le seul emploi que Daniel Johnson ait jamais occupé dans sa vie fut d'être le conseiller de Paul Desmarais. Son ami Paul Martin est un ancien employé de Paul Desmarais. Et, bien sûr, aux réunions familiales des Desmarais, il y avait Jean Chrétien. Pour Jean Chrétien et Daniel Johnson, ceux qu'il faut écouter et obéir, ce ne sont pas les Québécoises et les Québécois, ce ne sont pas les représentants dûment élus, c'est la famille Desmarais. Alors ne vous étonnez pas, samedi prochain : Jean Chrétien a invité à Montréal le premier ministre chinois Li Peng. Il lui a organisé un beau programme. Il lui a organisé une rencontre privée : pas avec le président de la Banque nationale, d'Hydro-Québec ou de Cascades, pas avec le ministre québécois du Commerce extérieur ou le maire de Montréal, mais avec la famille Desmarais. » - Discours de Jacques Parizeau, septembre 1995

« Rien n'a été découvert chez Power et chez M. John Rae simplement parce que M. Rae a fait déchiqueter, peu après le référendum, au moins 30 boîtes de documents portant, entre autres, sur les dépenses effectuées pendant la période référendaire. Des pages et des pages de listes de personnes et d'entreprises de partout qui ont donné de l'argent pour la campagne du NON, talons de chèque faits par le Parti libéral du Canada, Power et d'autres, dépenses de téléphone, chambres d'hôtel, tout y était, tout était bien détaillé pour la période du référendum de 1995 » - « source sûre » contactée par l'auteur
Claude Dauphin, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, refuse de parler de son rôle au référendum de 1995. Après avoir accepté notre demande d'entrevue, son adjointe a rappelé en juillet 2005 pour l'annuler parce que, selon elle, « M. Dauphin se concentre sur les affaires municipales maintenant ». C'est tout de même scandaleux que quelqu'un qui avait la responsabilité de dépenser 4,8 M $ de fonds publics, venant directement de nos poches, refuse de dire comment il les a dépensés et se défile en disant qu'il est maintenant passé à autre chose. […] pendant toute la campagne référendaire, Stéphane Dion, alors politicologue, a été l'universitaire de service de Radio-Canada, invité à commenter de façon désintéressée la campagne. En réalité, Stéphane était un contractuel du Conseil privé du Canada chargé de développer des argumentaires pour le NON. « Est-ce qu'on est dans un État de droit? Il faut se poser la question. Si on est dans un État de droit, on a le pouvoir d'avoir la législation qui découle de cet état de fait. Le Québec s'est doté d'une Loi sur la consultation populaire qui est de son ressort exclusif, toujours dans un État de droit, mais j'arrive à la conclusion que nous sommes dans un État de demi-droit au Canada, parce qu'on n'a pas la capacité de faire observer notre législation référendaire qui est dûment adoptée, qui est correctement adoptée, qui a une existence légale que personne ne peut attaque […]. Ce qui est important, c'est un déni de droit. Alors, la question : est-ce qu'il y a des législations fédérales à l'égard desquelles, nous, on pourrait dire : « Non, nous, on ne l'applique pas. » Ils diraient « C'est une loi fédérale, vous y êtes assujettis », et nous dirions « Vous n'observez pas les nôtres, on ne l'appliquera pas ». Jusqu'où peut-on aller? Actuellement, ça prend l'allure de deux attitudes; l'attitude juridique du fédéral : on va avoir la Loi sur la clarté pour forcer la main, et une attitude carrément d'approche financière, l'achat des votes, influencer les électeurs, on voit les déclarations de Chuck Guité, c'est 11,8 M $. Mon calcul que c'est 11,8 M $, plus les 4,8 M $, plus de 15 M $ avant le référendum. Ce qui est surprenant, c'est que ça ne soulève pas le dégoût! On veut nous acheter, pis on ne dit pas un mot. On arrête là. On est à vendre. [...] Quelle sorte de violence utiliser face au désir d'émancipation d'un peuple? Les forces armées, le trucage, le vol, les dépenses électorales, l'argent. L'un des éléments fondamentaux d'une démocratie, c'est la liberté. Alors jusqu'où va-t-on pour bafouer la liberté des individus et d'un peuple finalement? » - Entrevue avec Pierre-F. Côté, 25 août 2004 En conférence de presse le vendredi 25 janvier 2002, par exemple, le ministre américain de la Justice, John Ashcroft, a lancé un bombe diplomatique lorsqu'il a identifié deux citoyens canadiens comme étant des terroristes affiliés à Al-Qaeda. […] L'élément le plus drôle, le plus troublant et, pour l'État canadien, de loin le plus embarrassant de toute cette histoire, c'est que le présumé terroriste identifié par John Ashcroft en janvier 2002, un dénommé Al Rauf Al-Jiddi, a obtenu sa citoyenneté canadienne... en octobre 1995. Ce petit détail posait un gros problème pour le Canada, tant à l'étragner qu'à l'intérieur du pays. Comment établir une défense publique et médiatique dans ce cas précis, sans mentionner que M. Al-Jiddi a bénéficié, comme au moins 14 000 autres immigrants, du processus de naturalisation accéléré mis en place spécialement pour la campagne référendaire de 1995 au Québec? Comment démentir les accusations américaines en sachant pertinemment que l'État canadien, sous les instructions précises du gouvernement libéral, s'est volontairement transformé en passoire en 1995 dans le but de grossir le nombre d'électeurs susceptibles de voter NON? Songeons à l'image de Jean Charest brandissant solennellement son passeport canadien devant 100 000 personnes lors du mal nommé love-in le 27 octobre 1995, alors que, à cinq minutes de marche, au complexe Guy-Favreau, à Montréal, la fabrique de citoyens instantanés avait fonctionné à plein régime jusqu'au 20 octobre, contournant règles et procédures et faisant passer de neuf mois à quelques jours ou semaines les délais de vérification habituels. Et M. Al-Jiddi en a profité. […] file d'attente avant d'entrer dans la grande salle; 150 personnes à la cérémonie; toutes ensemble, elles jurent leur allégeance à la reine Élisabeth II en levant leur bras droit, un peu à l'image de ces mariages collectifs avant la Seconde Guerre mondiale; dans la salle, parmi les 150 personnes, dont 48 nationalités différentes, ils se rendent compte que plusieurs ne parlent ni l'anglais ni le français et ont de la difficulté à suivre la cérémonie; ils doivent répondre à un questionnaire à choix multiples, impossible de se tromper; après le serment, ils chantent Ô Canada en lip-sync; une fois le tout terminé, un monsieur se promène dans la salle en disant : « Maintenant que vous êtes citoyens du Canada, vous savez pour qui voter »; on vide la salle rapidement pour faire place au 150 personnes qui attendent patiemment à l'entrée, sont prêtes pour la prochaine cérémonie. Bruno se dit chanceux d'avoir obtenu la citoyenneté en moins de trois mois, mais signale qu'une copine à eux l'a reçue en moins de trois semaines. Selon Jean-François Lisée, pendant le seul mois précédant le 20 octobre, le Canada a naturalisé 11 500 personnes au Québec, soit 580 personnes pour chacun des 20 jours ouvrables […] Lisée montre que 42 375 personnes ont obtenu le droit de vote prématurément. […] Lisée conclut que le NON a obtenu 30 617 votes qu'il n'aurait pas eus si l'État canadien avait maintenu le taux de naturalisation qui avait prévalu pendant toute la décennie. […] Jean-François Lisée démontre aussi que l'utilisation de nouveaux citoyens contre le mouvement souverainiste est une constante des gouvernements du Parti libéral. En effet, à partir de l'élection du Parti québécois en novembre 1976, on constat une augmentation remarquable du nombre de naturalisations […] On ne doit jamais oublier non plus les paroles de Mitchell Sharp, le puissant ministre de Trudeau et mentor principal de Jean Chrétien, qui, en parlant de la période de la fin des années 1970, a dit : « Absolument tout ce que faisait le gouvernement visait à contrer le séparatisme au Québec. » « J'ai vu dans la loi électorale que les gens qui vivaient à l'extérieur du Québec depuis moins de deux ans conservaient leur droit de vote au référendum. Je pensais à toutes les personnes dans les forces armées, le corps diplomatique et autres milieux; il devait y en avoir près de 100 000. Je me suis dit : personne ne semble vouloir les cibler, alors que ce serait surtout des gens favorables au NON, sûrement près de 90%. Seul problème : les trouver, communiquer avec eux, leur faire acheminer les bulletins et s'assurer qu'ils les renvoient à Québec en respectant les délais prévus. J'ai mis environ cinq mois à temps plein sur l'opération, rappelle Casper Bloom. Mon cabinet d'avocats Ogilvy Renault a bien voulu continuer à payer mon salaire. Ils savaient ce que je faisais. Tout d'abord, je l'ai proposée au Parti libéral du Québec, qui a convenu que l'idée était intéressante et m'a chargé de piloter le dossier. J'avais toute la liberté de faire exactement comme je voulais. […] Tout d'abord, j'ai mis sur pied un comité, à Montréal, de 10 à 12 personnes, des Canadiens avec la fibre forte et les mêmes objectifs. […] Nous nous rencontrions aux bureaux d'Ogilvy Renault. Nous avions besoin aussi de gens, aussi dévoués et engagés localement, partout dans le monde. Donc nous avons créé des sous-comités dans beaucoup de villes, Ottawa, Toronto, Vancouver, Halifax, Calgary, New York, Boston, Los Angeles, Miami, Londres, Paris, et Sidney en Australie. Nous comptions aussi sur des fonctionnaires de la Défense nationale et des Affaires extérieures. [...] Je ne pouvais pas faire tout ça sans que cela devienne public, et c'est là que mes problèmes ont commencé avec Pierre-F. Côté, dont les sentiments n'étaient absolument pas favorables au NON! René Lévesque l'avait nommé pour des raisons évidentes. Quand Pierre-F. Côté a eu vent de ce que je faisais, il a commencé à modifier les règlements, mais pas la loi, pour rendre plus difficile l'exercice du droit de vote des électeurs hors Québec. En particulier, il a ajouté un règlement les obligeant à signer une déclaration sous serment dans laquelle ils s'engageaient à revenir au Québec moins de deux ans après leur départ. Ça nous a ralentis, ça et quelques autres gestes. C'est à ce moment-là que j'ai tenu une conférence de presse où je l'ai accusé d'être une « patsy » du Parti québécois. The Gazette a mis la nouvelle à la une […] Moi, je visais 50 000 électeurs hors Québec qui se prévaudraient de leur droit de vote, alors que, dans les élections précédentes, il n'y en avait qu'environ 1500. Finalement, il n'y en a eu que 15 000 à 16 000. On aurait pu atteindre les 50 000, si Pierre-F. Côté ne s'était pas ingéré dans nos affaires quand il a su ce que je faisais. » La question à 64 000$ : Qui a payé cette opération? « Mon travail était bénévole, poursuit Casper Bloom. Mais Ogilvy Renault a payé mon salaire et subventionné l'opération. Nous avons recueilli des fonds d'entreprises et d'individus pour couvrir nos dépenses administratives. Le Conseil de l'unité canadienne nous a fourni des services. » « Pour inciter les gens à voter, nous avons préparé pour envoi massif une lettre de Daniel Johnson, président du Comité pour le NON. C'était vraiment massif. Le Parti libéral du Québec en a payé l'impression. Moi, j'ai loué une familiale parce que Postes Canada nous a offert un tarif spécial, mais à condition que l'envoi se fasse à partir d'Ottawa, pas de Montréal. Nous avons rempli la familiale avec des milliers et des milliers de lettres. La familiale était tellement chargée en arrière quand j'allai à Ottawa que la suspension était à plat et l'auto roulait sur les essieux. Postes Canada les a expédiées. » - Entrevue avec Casper Bloom, 30 décembre 2004 Postes Canada a des installations importantes à Montréal permettant d'expédier des dizaines de milliers de lettres. Or, de crainte de violer la loi québécoise, cette société d'État canadienne a choisi de faire partir ces milliers de lettres d'Ottawa, ville hors de la portée du DGE québécois. […] Sans le concours de Postes Canada à Ottawa, l'envoi massif n'aurait jamais pus se faire parce que le Comité pour le NON aurait été dans l'obligation de le comptabiliser – Casper Bloom parlait de 100 000 électeurs potentiels, donc de près de 100 000 lettres envoyées. Dans cette opération, l'État canadien et ses ramifications ont violé, par leurs interventions, le droit international des nations de disposer d'elles-mêmes. Ce droit figure dans les premiers articles des grandes chartes internationales dont le Canada est signataire, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l'ONU en 1966. L'État canadien a violé aussi la loi québécoise sur la consultation populaire, notamment en ce qui concerne les dépenses permises. En plus de l'État canadien, les entreprises et individus qui, selon Me Bloom, ont financé l'administration de l'opération ont également violé la loi québécoise. Huit fois plus d'électeurs hors Québec on voté le 30 octobre 1995 que 14 mois auparavant lors des élections québécoises. Comme par hasard, le jour même où se tenait à Ottawa le vote de confiance qui aurait pu faire tomber le gouvernement libéral de Paul Martin, entraîner des élections et permettre au Québec de sanctionner ce parti pour son comportement postréférendaire, La Presse et The Gazette publiaient un long article signé Richard Le Hir, où celui-ci comparait le gouvernement du Parti québécois à « Goebbels » et l'accusait d'avoir ourdi un grand complot pour empêcher des fédéralistes d'exercer leur droit de vote en rejetant massivement leurs bulletins lors du référendum de 1995. Dans ses discours et en entrevue, Jacques Parizeau revient souvent sur le fait qu'environ 50 000 personnes auraient voté en 1995 sans détenir la carte d'assurance maladie du Québec. Cette accusation est très grave. […] une partie très importante de ces 50 000 noms représentaient en fait de faux électeurs, des noms fictifs renvoyant à des adresses parfois fictives, ce qui permettait à des gens de voter plus d'une fois. […] Moins anecdotique toutefois est l'augmentation de 16% du nombre de noms sur la liste électorale de la circonscription de Westmount-Saint-Louis entre les élections de 1994 et le référendum de 1995. [...] Selon le directeur général des élections, cette situation aurait été corrigée depuis […]. Le DGE n'était pas en mesure, toutefois, de chiffrer le nombre d'électeurs radiés et le nombre d'électeurs corrigés et toujours inscrits sur la liste électorale. […] la politique canadienne en 1995 a violé clairement le droit international des nations de disposer librement d'elles-mêmes, tel que défini dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté en 1966 dans la foulée de la décolonisation et ratifié par le Canada. Pour nous rafraîchir la mémoire, voici ce que dit l'article premier : « Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statu politique. […] Les États parties au présent pacte [ex., le Canada] sont tenus de faciliter la réalisation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. » […] une publicité pleine page avec carte partitionniste du Québec a paru dans The Toronto Star le samedi 28 octobre 1995, à deux jours du référendum. Coût estimé : 25 000$, gracieuseté, avons-nous appris, de John Honderich et du Toronto Star. Cette publicité suivait celles publiées plus tôt la même semaine annonçant le voyage gratuit de Toronto à Montréal pour le mal nommé love-in [...]. C'est quand même fort comme journalisme : The Toronto Star offre aux Cris du Québec une page de publicité gratuite dans le premier cahier de son journal du samedi, qui propose la partition du Québec, et le lendemain il en fait un éditorial où il prétend que ce sont les Cris du Québec qui tirent des coups de semonce. Dans les années suivant le référendum, l'hypocrisie de la politique canadienne à l'égard des autochtones commencera à sauter aux yeux. Matthew Coon Come s'en apercevra lorsqu'il deviendra chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada en 2000. Pensant pouvoir faire des déclarations à l'emporte-pièce contre le Canada, comme il le faisait contre le Québec sous les applaudissements nourris du Canada, il s'en est permis de bonnes sur l'attitude coloniale d'Ottawa, sur l'état de pauvreté et sur la discrimination dont les autochtones font toujours l'objet au Canada. La réaction négative à l'endroit de Matthew Coon Come était telle que lorsque celui-ci, qui avait été, quelques années auparavant, le chouchou de tout le Canada, a quitté la présidence en 2003, il n'arrivait même plus à obtenir une rencontre avec le ministre fédéral des Affaires indiennes et du Nord, qui ne tolérait plus ses déclarations. Or, le même gouvernement libéral sous Jean Chrétien avait tout fait pour que le chef cri fasse monter les enchères dans ses attaques contre le Québec, allant jusqu'à lui trouver des tribunes internationales prestigieuses. […] la Paix des Braves signée en février 2002 a bouleversé la donne. Après l'enflure verbale et politique du début des années 1990, qui pouvait imaginer que le Québec puisse être vanté sur les tribunes internationales pour son audace et son esprit innovateur dans ses relations avec les nations autochtones? Cela s'est vraiment passé, et les artisans de la Paix des Braves méritent tous les éloges. Les paroles suivantes de Sheila Copps en disent long : « Pendant la campagne, Claude Garcia a dit : « Il faut les écraser. » Quand vous vous battez contre quelqu'un qui veut diviser votre pays, pourquoi vous ne voudriez pas l'écraser? » « À la guerre comme en amour, tout est permis. Là, c'était la guerre! », nous a déclaré John Honderich, propriétaire et directeur, en 1995, du Toronto Star, le plus important quotidien du Canada par son tirage. Au nom de son journal, John Honderich a nolisé 10 autobus pour faire le voyage à Montréal et gonfler les rangs du si mal nommé love-in. Non seulement il a nolisé les autobus, mais il les a remplis à l'aide d'annonces rouges, pleine page, publiées dans son journal la veille de la fameuse marche. Coût estimé de la publicité : 40 000$. Son dévouement à cette guerre a également aidé à remplir d'autres autobus parce que les publicités pleine page, fournies gratuitement, annonçaient le départ, gratuit lui aussi, des autobus nolisés par tous les députés libéraux de la grande région de Toronto. […] la permission de violer les lois du Québec et de violer la loi tout court, comme l'ont démontré amplement les témoignages à la Commission Gomery, la classe politique du Canada se l'est vraiment donnée pendant cette semaine d'excitation canadienne qui a précédé le référendum de 1995. Le commandant en chef était Brian Tobin, alors ministre des Pêches et des Océans […]. […] il semble que ce mal nommé love-in a pu faire pencher la balance en faveur du NON. Jacques Parizeau le pense, l'ancien ambassadeur James Blanchard le croit aussi, tout comme John Parisella du Comité pour le NON. Brian Tobin en dit ceci : « Quand vous gagnez par un point de pourcentage et que vous avez tenu, dans les jours précédant le scrutin, une grande manifestation de 100 à 150 mille personnes qui brandissent tous le drapeau canadien dans la ville de Montréal, vous vous dites que c'est là que vous l'avez vraiment emporté : il n'y a pas de doute dans mon esprit qu'elle a eu un effet bénéfique! » « Je recevais des appels téléphoniques de sondeurs qui me disaient : « Brian, ça va très mal, les tendances nous sont très défavorables. Vous allez perdre! » Ils ne disaient pas « vous risquez de perdre », mais « vous allez perdre! » Je commençais à m'inquiéter vraiment. » Brian Tobin ajoute que, selon Angus Reid, le NON traînait derrière le OUI par 7 à 14 points. Le droit des peuples à l'autodétermination n'a, semble-t-il, aucune importance pour Brian Tobin. N'étant plus en mesure de changer les règles établies par le Québec, Brian Tobin choisit de les violer. Le lendemanin, le 24 octobre 1995, il dit avoir reçu l'aval du premier ministre du Canada et de l'ensemble du Conseil des ministres. Mais Brian, si vous me le permettez, rien dans les lois du Québec n'empêche qui que ce soit d'intervenir ou de se prononcer sur l'avenir du Québec. Les règles ne concernent que les dépenses et leur comptabilisation transparente! Brian Tobin avoue que la marche n'aurait jamais eu lieu sans intervention financière externe, ça relève de la logique la plus pure. McKenna promet d'amener les « troupes » du Nouveau-Brunswick à Montréal. La métaphore militaire est de rigueur! Pour sa part, Lloyd Axworthy, autre ministre fédéral de la Couronne, promet de remplir de Manitobains tous les avions que Brian Tobin mettra à sa disposition. Le commandant Tobin, de son propre aveu, décide de mettre tout l'appareil de l'État canadien à contribution : « J'ai appelé des sénateurs, des ministres, des députés, des premiers ministres provinciaux. » Le commandant ministre Tobin avait alors besoin d'avions, de trains et d'autobus. « J'ai appelé Hollis Harris, le PDG d'Air Canada. Sa réponse était étonnante : « Vous voulez des avions? Dit-il. Vous en aurez! Vous pouvez compter sur nous pour les mettre là où vous les voulez. » Deuxième appel au PDG de l'autre grand transporteur, Canadien International, que Air Canada a acheté peu après avec la bénédiction et l'insistance du gouvernement du Canada. Les Lignes aériennes Canadien a rapidement annoncé que l'entreprise allait offrir un « national unity or referendum fare » (tarif pour l'unité nationale ou tarif référendaire) qui représentait un rabais de 90%. Air Canada a offert le même tarif et Via Rail a emboîté le pas en offrant un tarif pour l'unité avec un rabais de 60%. Le gouvernement du Canada encadre toutes les activités de ses grands transporteurs. Il possède un pouvoir énorme sur eux. Certains sont, ou ont été, des sociétés d'État. Si le gouvernement fédéral leur demande quelque chose, il l'a, sans débat. […] Brian Tobin vante le rôle déterminant joué par d'autres entreprises : « Une partie de l'histoire qui n'a pas été racontée en détail jusqu'à aujourd'hui, c'est l'appui indéfectible du « Corporate Canada ». Tous les principaux dirigeants d'affaires contactés par mon bureau ont ouvert leurs chéquiers en demandant : « Combien voulez-vous? » » « Avec Via Rail dans le coup, les compagnies d'autobus ont commencé à s'engager. J'avais des jeunes parmi le personnel de mon bureau qui n'avaient jamais participé à quelque campagne que ce soit et qui recevaient des engagements financiers d'une partie du pays pour aider à mobiliser ailleurs au pays […]. Le lendemain [le mercredi 25 octobre], j'ai pris la parole au téléjournal matinal du réseau CTV, au téléjournal de la CBC et à diverses émissions de radio pour les inviter à venir à Montréal en avion, en train, en autobus ou par d'autres moyens en remerciant Air Canada et Canadien d'avoir offert le « unity fare ». Peu après midi, un représentant de Canadien International a téléphoné pour me demander d'arrêter de parler du tarif spécial – plus de 25 000 sièges s'étaient envolés en l'espace de quatre heures. » En d'autres termes, les grands médias électroniques du Canada on donné au commandant en chef Brian Tobin le temps d'antenne nécessaire pour « s'adresser à la nation », la nation canadienne, précisons-le, pas la nation québécoise. Le commandant ministre et maintenant citoyen Tobin n'a jamais fait l'objet d'enquête de la part du directeur général des élections du Québec. « Non, dit-il. Quelques-uns de mes amis ont reçu des lettres annonçant des poursuites, des gens un peu partout au pays qui m'ont aidé, mais il n'y a pas eu de suite à ce que je sache. » Brian Tobin ignore-t-il que l'autre branche du pouvoir de l'État canadien, sa Cour suprême, s'est chargée d'exonérer ses amis en invalidant, dans une décision rendue le 9 octobre 1997, toutes les dispositions de la loi québécoise sur la consultation populaire régissant les dépenses référendaires? Dans son témoignage devant le juge Gomery, Jean Brault de Groupaction a déclaré que dans le dossier des commandites « l'État et la politique ne faisaient qu'un ». On pourrait ajouter qu'en matière de référendums québécois l'État, la politique et le judiciaire ne font qu'un! Quand on signale à John Honderich que beaucoup de Québécois ont perçu le mal nommé love-in comme une démonstration de force de la majorité canadienne visant à intimider un minorité, il le reconnaît d'emblée : « Oui, c'est ça et je ne le nie pas. Mais je vous le redis, nous savions qu'il y avait un loi, mais nous nous sommes dit : au diable, les conséquences! L'arrogance de ce discours et la morgue de celui qui le prononçait ne trompent pas : elles tiennent de cette prérogative impériale qui prévalait tristement, en Angleterre et en France, pendant les périodes fastes du colonialisme, périodes où le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'était qu'un lointain rêve. « Un peu après 11h , le jour de la manif, on nous a informés qu'il y avait eu une alerte à la bombe et qu'il fallait évacuer l'immeuble. […] l'alerte à la bombe était fausse et planifiée pour amener plus de monde à gonfler la foule […] À cause de tout ça, j'étais obligée d'assister à la manifestation, même si j'étais pour le OUI. Et ça n'avait tellement pas de bons sens, presque tous les discours étaient en anglais et je voyais certains cadres supérieurs de Bombardier se mettre à pleurer parce que tous ces Canadiens nous aimaient tant. » - Une femme travaillant au siège social de Bombardier, le jour de la « marche de l'unité canadienne ». Le mensonge, par exemple, est au coeur de la légende canadienne-anglaise de Pierre Elliott Trudeau. La légende voudrait que ce premier ministre canadien ait été un homme juste et un grand démocrate qui, par sa probité, transcendait ses contemporains, alors que les deux actions les plus marquantes de son passage au plus haut poste politique du Canada, soit la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 et son coup de force constitutionnel de 1982, sont l'oeuvre d'un autocrate qui se fout éperdument de la volonté populaire. Notons que les adversaires du Québec racontent l'histoire du love-in comme s'ils l'avaient apprise par coeur : pour Sheila Copps, c'était spontané, Brian Tobin a utilisé la même expression que John Rae, « combustion spontanée », et James Blanchard, ambassadeur des États-Unis au Canada en 1995, prétend que ce jour-là «  les Canadiens ordinaires ont sauvé le pays ». Or d'amour, il n'en était rien, de spontanéité, la marche en avait autant qu'un défilé militaire d'une puissance occupante (l'ancien mandarin libéral Benoît Corbeil a décrit comment les dirigeants du Parti libéral du Canada étaient perchés en haut du Château Champlain surveillant le tout avec leurs jumelles, comme dans une campagne militaire). Pourtant, avant et pendant la marche, le courant ne passait pas du tout entre le Comité du NON officiel, dirigé par les Daniel Johnson, Liza Frulla, John Parisella et autres, et les Canadiens du Parti libéral du Canada venus leur prêter main-forte sans invitation. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'amour n'était pas au rendez-vous lors du love-in. « Ils ne voulaient rien savoir de nous qui venions de l'extérieur du Québec. On n'était tout simplement pas les bienvenus, alors que moi, j'étais vice-première ministre du Canada. Vers 10h30, le matin du rallye, Brian Tobin et moi devions chauffer la foule qui se présentait déjà sur la place du Canada. Mais le Comité du NON a débranché les micros pour nous empêcher de parler. Toute leur opération ne valait rien. Le problème, c'est qu'avec toutes les tensions interfamiliales ces gens-là ne voulaient pas gagner fort. » - Sheila Copps Selon le journaliste Lawrence Martin, Brian Tobin avait appelé tout le monde pour organiser la manifestation sauf... Daniel Johnson, chef du Comité des Québécoises et des Québécois pour le NON. De plus, il cite la coprésidente du Comité pour le NON, Liza Frulla, qui aurait déclaré que c'était « la guerre » entre les fédéralistes québécois et les hommes de Jean Chrétien. Dans tout autre pays, ce serait un occupation, mais au Canada on appelle ça un love-in. Après le référendum, le DGE a intenté une vingtaine de poursuites, qui ont été abandonnées à la suite d'une décision de la Cour suprême. […] le 9 octobre 1997, la Cour suprême du Canada a invalidé des pans entiers de la Loi sur la consultation populaire. Le premier ministre du Québec Lucien Bouchard a juré sur la tête de René Lévesque que le Québec ne se laisserait pas faire, que ce joyau démocratique ainsi que la souveraineté du Québec et de son Parlement dans ce domaine tenaient à coeur tous les Québécois, et que, en leur nom, il envisageait sérieusement d'utiliser la clause dérogatoire, dite « nonobstant », prévue dans la Constitution canadienne. Il protégerait ainsi cette formidable institution démocratique que le gouvernement du Canada et beaucoup de Canadiens, surtout affiliés au Parti libéral du Canada avaient si allègrement bafouée en octobre 1995. D'autres ministres, dont Jacques Brassard, Guy Chevrette et Bernanrd Landry, ont tonné en choeur avec Lucien Bouchard, disant que le Québec ne « se mettrait pas à plat ventre devant une Cour suprême dont les juges ne sont nommés que par allégeance politique ». Il n'en fut rien! Que du bruit! Les poursuites ont aussitôt été abandonnées par le DGE, et les coupables, parce qu'il y en a eu, sont partis, applaudissant, plus fiers que jamais de leurs coups, jurant qu'ils feraient encore exactement la même chose et vantant leur Canada chéri. Pour sa part, la ministre canadienne de la Justice Anne McLellan profita de la décision de la Cour suprême pour rappeler à l'ordre le bouillant premier ministre Bouchard : « Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre, vous servir de la Cour suprême une journée et la renier le lendemain. » C'est la morale de ceux qui ont le pouvoir. Une vingtaine de poursuites ont été abandonnées à la suite de la décision de la Cour suprême. Parmi celles-ci, mentionnons celle contre M. Celso Boscariol, militant du Parti libéral du Canada de Vancouver, qui a loué un avion d'Air Canada pour la somme de 161 000$, le 27 octobre 1995, en vue de transporter des manifestants de Vancouver à Montréal, et celle contre M. Ken Sinclair, autre militant du Parti libéral qui a loué des autobus à Ottawa pour un montant total de 50 000$. « Ma première réaction au jugement était d'utiliser la clause nonobstant, dit Pierre-F. Côté. Mais personne ne voulait l'utiliser parce que ça présente tellement de problèmes, d'inconvénients. » « Ce droit de contrôler soi-même son destin national est le droit le plus fondamental que possède la collectivité québécoise. » - René Lévesque, le 11 juin 1980 Eh bien, il n'y a pas trente-six décisions à prendre! Le Québec doit se soustraire systématiquement et fermement à l'application de la Constitution canadienne de 1982. Le Québec doit le faire positivement, au nom du droit international, au nom des droits de la personne et au nom de la souveraineté du peuple et de son Parlement, l'Assemblée nationale du Québec. Il doit le faire au nom des grandes chartes internationales dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l'ONU en 1966, qui dans son article premier stipule : « Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. » Pacte dont le Canada est signataire. Nous soustraire à la Charte canadienne des droits et libertés sera notre « charte des droits du peuple québécois »!
« Nous n'avons jamais signé la Constitution de 1982, rappelle Jacques Parizeau en entrevue 10 ans après le référendum. Ottawa nous a dit « Oh! Ce n'est pas grave! » et nous avons répondu « Non, ce n'est pas grave ». Si on n'a pas signé la Constitution de 1982, il me semble qu'il y a des choses qui doivent en découler. » […] pendant les quatre premières années, de 1982 à 1986, toutes les lois du Québec ont été systématiquement soustraites à l'application de la Constitution de 1982. Le gouvernement de René Lévesque, en guise de protestation contre le coup de force de 1982, a utilisé la clause dérogatoire dans toute la législation adopté après 1982. Ce n'es qu'en mars 1986, avec le retour de Robert Bourassa, que le gouvernement du Québec a cessé d'utiliser la clause dérogatoire ou « nonobstant » prévue à l'article 33 de la Constitution canadienne. Affirmer systématiquement notre rejet de la Constitution de 1982, comme nous le proposons, serait un premier pas pour réparer les torts faits par le Canada lors du référendum de 1995 et nous en protéger pour la prochaine fois. […] cela nous permettrait de refuser, devant le monde entier, la nouvelle domination coloniale imposée au Québec par le coup de force de 1982, domination que les décisions de la Cour suprême sur la Charte de la langue française, sur la Loi sur la consultation populaire et, plus récemment, sur la privatisation de l'assurance médicale (décision Chaoulli) sont venues illustrer et renforcer. [À propos de la Constitution de 1982.] Dans tous les pays du monde qui se disent démocratiques, un tel bouleversement constitutionnel passerait nécessairement par un référendum. […] Au point de vue constitutionnel, comparé aux pays européens, le Canada est la risée du monde, le Québec aussi, par la force des choses, tant qu'il ne s'en sortira pas. Même l'ancien juge en chef de la Cour suprême, Antonio Lamer, a dit que le « bouleversement » constitutionnel de 1982 aurait dû faire l'objet d'une vaste consultation de la population, voire d'un référendum. La critique porte principalement sur le transfert du pouvoir politique vers des juges qui n'ont à justifier leurs décisions devant personne, et la déresponsabilisation des élus qui, eux, ont le devoir de répondre à la population. Alors que, dans une démocratie, il revient au peuple et à ses représentants élus de trancher les grands débats, de prendre les grandes décisions, au Canada, depuis 1982, tout ça revient à une poignée de personnes, issues de classes sociales aisées et d'une seule profession, triées sur le volet par le premier ministre du Canada, très souvent pour des raisons politiques. De plus, ces personnes bénéficient d'une sécurité d'emploi à vie! Est-ce donc surprenant que le taux de participation aux élections baisse à chaque rendez-vous électoral? Pourquoi le Canada, issu de la tradition britannique caractérisée par la suprématie du Parlement, a-t-il chambardé son ordre constitutionnel en consacrant, en 1982, la suprématie des juges? La réponse est simple : c'était comme ça que le Canada pouvait mettre le Québec dans une nouvelle camisole de force juridique. C'est la conclusion de Michael Mandel. Quiconque lit, ou relit, le livre de Michael Mandel, surtout à la lumière des décisions sur la Loi sur la consultation populaire, la Charte de la langue française et la cause Chaoulli sur l'assurance médicale privée, comprendra l'urgence pour le Québec de se soustraire systématiquement à la Constitution de 1982. Mandel dit même que nous avons besoin d'une charte pour nous protéger contre la charte canadienne! Robert Bourassa a pris le pouvoir au Québec à la fin de 1985. En mars 1986, il a annoncé que son gouvernement se soumettrait à la Charte canadienne des droits et libertés de la Constitution de 1982 et, en 1985, il avait basé sa campagne sur une promesse d'amender la Charte de la langue français (loi 101) pour faire plus de place à l'anglais au Québec. Alors que la grande majorité des articles de la Charte se lisent comme la plupart des grands pactes ou documents constitutionnels avec leurs principes édifiants et leurs voeux pieux, la clause sur la langue d'instruction ressemble davantage à une loi sur la fiscalité, taillée sur mesure pour protéger certains intérêts, qu'à un document constitutionnel, note le professeur de droit Michael Mandel. Pour résumer la conclusion de Mandel : ce que les minorités francophones canadiennes ont peut-être gagné à la suite de l'imposition de la Constitution et de sa charte des droits en 1982 ne se compare en rien à ce que le Canada a obtenu en termes de mainmise sur le Québec, et non pas seulement en matière de langue et d'éducation. L'invalidation en 1997 de la Loi sur la consultation populaire en est un exemple éclatant. En même temps que le Québec se soustrairait à la Constitution canadienne de 1982, il pourrait continuer à utiliser sur le plan international la conclusion de la Cour suprême du Canada qui reconnaît la légitimité de la partie de notre Loi sur la consultation populaire, laquelle prévoit un camp du OUI, un camp du NON et des limites de dépenses imposées à chaque camp. Si le Canada viole cet aspect de notre loi lors du prochain référendum, il ira à l'encontre d'une décision de sa plus haute cour. « C'est nous en définitive qui donnons à l'autre le pouvoir qu'il exerce sur nous. » - Dany Laferrière Dans la dernière semaine, il y a eu deux événements majeurs : l'intervention du président Clinton le mardi 24 octobre et la marche pour l'unité le vendredi 27 octobre. En ce qui concerne la volonté de faire peser tout le poids de l'Empire américain, rappelons le discours de Pierre Elliott Trudeau devant le Congrès américain, à l'occasion du Washington Day, le 22 février 1977, quelques mois à peine après l'élection du Parti québécois, dans lequel il a dit que la souveraineté du Québec constituerait un « crime contre l'humanité ». Un mot sur les États-Unis. Ce pays forme un empire, et un empire n'a pas de sensibilité, il n'a que des intérêts. Toute aide, toute intervention, toute action, tout vote, tout bon mot est calculé et comptabilisé. Pour un empire, le geste altruiste, désintéressé, n'existe tout simplement pas, même envers ses meilleurs amis. Penser autrement, c'est se leurrer. Marlon Brando a bien décrit l'état d'esprit qui y règne. Interrogé pour savoir comment il avait si bien su jouer le rôle du parrain de la mafia dans le célèbre film du même nom, Brando répond : « Je n'avais qu'à m'imaginer en train de présider un réunion du département d'État américain. » La liste de dirigeants politiques et de personnalités publiques canadiennes qui ont fait des démarches pour que les autorités américaines interviennent dans le processus référendaire, qui ont participé à des mises en scène visant à marginaliser le Québec ou qui ont félicité les autorités américaines après le fait, est saisissante. Outre André Ouellet, cette liste comprend notamment le premier ministre Jean Chrétien, les anciens premiers ministres Brian Mulroney et Pierre Elliott Trudeau, le chef du Reform Party en 1995, Preston Manning, le futur premier ministre Paul Martin, Sheila Copps, l'ancien premier ministre de l'Ontario, David Peterson, l'ambassadeur Raymond Chrétien, le sondeur Maurice Pinard, l'organisateur politique et vice-président de Power Corporation, John Rae, le bras droit de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, le chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean Pelletier, pour ne nommer que ceux-là. Tout ce beau monde n'était pas sans savoir que le Canada aurait tôt ou tard à compenser les largesses consenties par les autorités américaines ainsi sollicitées. Mais il semblerait que la fibre nationaliste canadienne, qui vibre souvent si fort au son de l'antiaméricanisme, se taise curieusement dès qu'un drapeau québécois se hisse à l'horizon. La teneur des trocs diplomatiques de ce genre est rarement connue. Mais dans le cas présent, l'ambassadeur James Blanchard met en lumière au moins deux dossiers dans lesquels le Canada a convenu de modifier sa politique dans l'espoir d'obtenir l'appui de Washington contre le Québec. Le premier dossier, culturel, a été le projet de loi sur la diffusion au Canada du magazine Sports Illustrated; le second, un vote à l'ONU sur Cuba. L'ironie est sublime : pour contrer les aspirations du Québec, le Canada, pays qui se targue d'être le champion de la diversité culturelle, fait appel au président des États-Unis qui, aux yeux du monde entier, incarnent l'uniformisation culturelle. Alors que le Québec constitue l'un des seuls remparts en Amérique du Nord contre cette uniformisation. Jacques Parizeau : « Les États-Unis disent sensiblement ceci : « Nous n'allons pas dicter aux Canadiens la décision à prendre. Nous ne cacherons pas que nous préférons un Canada uni. » Mais c'est stupide de dire qu'on pouvait nous mettre dehors de l'ALENA. » « Vous ne pouvez pas aller à Miami, poursuit Jacques Parizeau, en étant le président Clinton, et demander la création d'une zone de libre-échange du pôle Nord à la Terre de Feu, et ajouter ensuite, sauf le Québec. C'est stupide. Vous ne pouvez pas solliciter le MERCOSUR dans une zone de libre-échange des trois Amériques, puis décider de mettre dehors un partenaire dont le bilan commercial est équivalent à l'ensemble du MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), seulement parce que quelques Canadiens le veulent bien. Ça ne tient pas debout! » Il note aussi que c'était une évidence même que l'adhésion du Québec à l'ALENA ne serait pas automatique. « Quand on passe d'un traité à trois (États-Unis/Canada/Mexique), à un traité à quatre, avec le Québec, il va de soi qu'il y aura des négociations. » Dans les années 1960, on voyait la Francophonie en Europe et en Afrique comme une source d'oxygène pour un Québec dont les sphères d'action étaient étriquées, surveillées étroitement par Ottawa. Mais cet oxygène peut venir aussi de l'Amérique latine. Il suffit de faire la jonction entre la politique indépendantiste québécoise et l'enthousiasme des Québécois pour cette partie du monde. En fait, en lisant La Presse pendant les élections américaines, on a une petite idée de ce que cela a pu être de vivre dans les lointaines contrées des Empires français ou britannique – en Algérie, en Inde, en Rhodésie ou en Afrique occidentale française – pendant une élection métropolitaine : l'élection occupait toute la place, et les « indigènes » n'y pouvaient rien. La différence pour le Québec, c'est que, jusqu'à nouvel ordre, le Québec demeure juridiquement et politiquement indépendant des États-Unis! Voici donc une suggestion à La Presse pour les élections américaines de 2008. Pourquoi ne pas publier le journal carrément en anglais et le distribuer à Boston? Au moins, il servirait à éclairer des gens qui ont droit de vote. Pierre-F. Côté a déclaré que le comportement du gouvernement du Canada lors du référendum au Québec en 1995 en ce qui a trait à la Loi sur la consultation populaire était « analogue » à celui du gouvernement des États-Unis contre le président Chavez du Venezuela lors du référendum en août 2004, Washington ayant financé à coup de millions le camp du NON. Le potentat italien Sylvio Berlusconi aurait décrit ce potentiel comme suit : une fois que l'on détient le pouvoir économique et le pouvoir médiatique, ce n'est qu'une question de temps avant que le pouvoir politique tombe dans nos mains. Le problème de la concentration des médias québécois et canadiens entre les mains d'un groupe très restreint de personnes déterminées à vaincre le mouvement souverainiste est encore plus grave aujourd'hui qu'en 1995, et beaucoup plus encore que lors du référendum de 1980. […] la politique éditoriale de ce quotidien [The Gazette] a été révélée au grand public en 1980 lorsqu'une note de service interne de neuf pages a été coulée. Cette note de service, qui se lisait comme la plateforme référendaire du camp du NON, proposait des sujets d'articles qui feraient ressortir, par des comparaisons et d'autres astuces éditoriales, tous les « dangers » imaginables de la souveraineté : déménagement des sièges sociaux, faillite monétaire, chômage, partition du Nord-du-Québec et de l'ouest de Montréal, divisions ethniques, guerre civile (comme le Biafra au Nigeria), etc. The Gazette justifiait alors sa politique éditoriale propagandiste pour le NON en affirmant : « Our readership consists of people who automatically will vote no. » Selon une étude du Centre d'études sur les médias, en 2000, les journaux de Gesca et de Quebecor se partageaient 97% du tirage global des quotidiens francophones au Québec. Les journaux de Gesca avaient un tirage hebdomadaire de près de 3 millions contre le tirage hebdomadaire du Devoir soit environ 171 000 exemplaires. Imaginons maintenant la situation si des souverainistes contrôlaient seulement la moitié des médias au Québec!
Qu'arriverait-il si l'antisémitisme devait, selon les sondages, faire l'objet d'un consensus populaire? La CBC/Radio-Canada applaudirait-elle les journalistes et les directeurs de l'information qui favoriseraient l'antisémitisme au nom de ce supposé consensus populaire? Poser la question, c'est y répondre. Le constat du comportement de CBC/Radio-Canada au référendum de 1995 et de sa réaction au rapport d'Erin Research, qui en fait un réseau d'État faisant la promotion de la position du gouvernement libéral de l'époque et non pas un réseau public indépendant de l'État, est suffisant pour que le Québec prenne des mesures radicales pour protéger le droit à des informations complètes et équitables et pour protéger la population québécoise contre la propagande d'un État plus fort. Cela suffirait, par exemple, pour que le Québec décide d'établir son propre CRTQ, Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications pour le territoire québécois, comme cela aurait dû être le cas depuis les débuts de la radiodiffusion au Canada. On se rappellera que, à la fin des années 1920, le gouvernement Taschereau a tenté d'occuper cette place importante dans le développement d'un peuple. La loi québécoise adoptée par le gouvernement Taschereau a été invalidée par la Cour suprême du Canada et par le comité judiciaire du Conseil privé de Londres. Les constatations faites sur ce comportement de CBC/Radio-Canada en 1995 sont suffisamment graves pour que le Québec bâtisse, à partir de Télé-Québec, une grande RTQ, Radio et Télévision du Québec, avec une déontologie qui ferait l'envie des réseaux publics du monde. Car chaque fois que le Québec a agi ainsi pour corriger les iniquités politiques ou économiques, il l'a fait avec panache, devenant par la même occasion un modèle dont s'inspirent d'autres pays. Pensons seulement à nos lois régissant les dépenses électorales, à Hydro-Québec, à la Charte de la langue française, aux politiques des services de garde. […] Jane Jacobs, après avoir fait de longues recherches, a répondu franchement que la souveraineté du Québec était la meilleure solution pour le Québec et pour le Canada. On ne lui donnera pas l'occasion de le dire une seconde fois.

Dans son livre de 1980, Jane Jacobs établit un parallèle convaincant entre la séparation pacifique de ces deux pays scandinaves et celle qu'elle préconise pour le Québec et le Canada. Au sujet de la Norvège et de la Suède, elle a écrit : « À son grand crédit, la Suède n'a, ni avant ni après, banni le Storting (Parlement norvégien) ou essayé de supprimer ses élections, tenté de censurer les débats ou de s'ingérer dans ses communications avec le peuple norvégien. Ce pays n'a pas empoisonné la vie politique norvégienne avec des espions ou des services secrets et il ne l'a pas corrompue par le chantage. »
« Peut-on en dire autant du Canada anglais? » lui ai-je demandé. « Non! Répond Jane Jacobs, sans hésiter. On ne peut pas le dire du Canada. Le moindre indice de révolte de la part du Québec a été soit acheté avec beaucoup de corruption [référence aux commandites] – ce qui arrive actuellement n'est pas nouveau – ou supprimé d'une façon ou d'une autre. Et très souvent cela a été fait en minant la confiance des Québécois en eux-mêmes. C'est exactement ce que Trudeau a fait. Il était passé maître dans cet art. Et, malheureusement, Lévesque avait si peu confiance en lui-même et en ses concitoyens québécois qu'il est tombé dans le piège en disant, mais oui, ce sera la ruine économique pour nous. Il n'avait pas confiance et il ne comprenait pas pourquoi les économies s'effondrent. En fait, elles s'effondrent pour des raisons très banales, pas pour de grandes raisons, du moins dans les pays occidentaux. En règle générale, c'est parce que les entrepreneurs investisseurs du moment ne veulent que répéter indéfiniment ce qu'ils font. Ils ne savent pas quand il faut arrêter. On ne peut pas faire ça. En bout de ligne, le boom domiciliaire, le boom automobile, ou ce qui fait bouger l'économie à un moment donné, ne trouve plus de clients. »

[…] les grandes unités politiques n'arrivent pas à satisfaire les peuples, lesquels ont l'impression d'avoir perdu le contrôle. Et ce qui semble les combler quand ils l'obtiennent, c'est la satisfaction d'avoir leur propre pays. Le calme revient, à moins qu'on ne s'y oppose par la force et la guerre. Les seuls États qui ne sont pas satisfaits d'une telle issue, ce sont ceux qui veulent tout contrôler. Ces États sont ceux qui peuvent vouloir faire la guerre. » Jane Jacobs : « Le Canada anglais a toujours voulu contrôler le Canada français. Le Canada anglais l'a conquis. Disons-le franchement : il s'agit d'un pays conquis, et les pays conquis n'oublient jamais ce qui s'est passé. Ni le conquérant ni le conquis n'oublie jamais vraiment. J'ai rappelé le cas de la Norvège et de la Suède, qui se sont comportés de façon merveilleusement civilisée. La guerre aurait pu éclater parce que la tension était très vive avant 1905. […] Mais la guerre ne règle jamais ce genre de situation. Le vainqueur pense toujours qu'il l'a réglée par les méthodes violentes, mais ce n'est jamais vrai. »
« Regardez à quel point l'incapacité du Canada de régler le problème du statut du Québec finit par corrompre tout le pays [référence aux révélations de la Commission Gomery]. L'une des façons dont le Canada anglais ou les autorités anglaises travaillent au Québec, c'est d'essayer de faire semblant que tout est réglé, ce qui n'est évidemment pas le cas, c'est de corrompre le Québec en voulant l'acheter. C'est ce qui leur semble le plus prometteur. […] Or, lorsqu'on achète des gens, particulièrement quand on veut changer leurs principes et leurs valeurs profondes en les achetant, la transaction corrompt automatiquement à cause de sa nature même. Il faut les cajoler en les dupant. J'ai un ami qui a assisté aux travaux de la Commission Gomery à Montréal et qui a vu à quel point les Québécois étaient furieux. Ils se rendent compte qu'ils se sont fait rouler cette fois, comme tant de fois dans le passé. […] Ça a été la politique du Parti libéral et cela continuera de l'être. C'est tout ce qu'ils savent faire. » La peur que le Canada disparaisse, la peur de se voir engloutir par les États-Unis expliquerait, selon Jane Jacobs, le refus même de considérer un quelconque changement de statut politique pour le Québec. Les États-Unis ne réussiront que si le Canada devient si docile et si effrayé qu'il en arrive à se laisser faire. Si le Québec se sépare, le Canada ne disparaîtra que si les Canadiens abandonnent la partie. »

Jane Jacobs : « En somme, Montréal ne peut se permettre de se comporter comme d'autres villes régionales au Canada sans causer un tort énorme au bien-être de tous les Québécois. Montréal doit devenir un centre économique créateur en soi. Cela veut dire que Montréal doit créer de nouvelles entreprises, dont certaines commenceront à produire une vaste gamme de produits, aujourd'hui importés d'autres pays ou d'autres régions du Canada, et qui généreront de nouveaux produits et services qui pourront être vendus à l'extérieur, comme à l'intérieur, de Montréal et du Québec... »
« Or, il n'y a probablement aucune chance que cela se produise tant que le Québec demeurera une province du Canada. Les banquiers, politiciens et fonctionnaires canadiens, captifs de l'enchantement de l'exploitation des ressources naturelles, des succursales clés en main et des projets technologiques grandioses, ne pourront pas répondre aux demandes économiques très différentes de Montréal. Les croyances et les pratiques partagées au Canada ne changeront pas seulement parce qu'une ville, Montréal, et une province, le Québec, ont un besoin criant de changement. »
« Mais alors que le sud de la France ne possède pas de région urbaine, chaque pays scandinave – la Finlande, la Suède, la Norvège et le Danemark – a réussi à avoir une région urbaine d'importance. »
C'est sous l'angle de la régionalisation ou de la provincialisation de Montréal par rapport à Toronto qu'il faut voir, entre autres, le fiasco de Mirabel, et tout ce que représente, sur le plan économique, la perte d'un aéroport vraiment international. Rappelons les documents officiels justifiant la construction de l'aéroport de Mirabel. À la fin des années 1960, lorsque Pierre Elliott Trudeau est devenu premier ministre du Canada, Montréal était, et devait demeurer, textuellement, « la porte d'entrée du trafic aérien au Canada et géant du transport à 60 minutes de vol de New York, 3 heures de Nassau, 6 heures de Paris, Bruxelles ou Madrid ». Or, sous le règne de Pierre Trudeau et en raison de l'emprise du transporteur « national » Air Canada et de la logique de Toronto « métropole nationale du Canada », Montréal est passée du statut de plaque tournant du trafic aérien au Canada à celui de satellite ou fournisseur de la vraie plaque tournante, l'aéroport Pearson à Toronto. Par conséquent, même si Montréal n'a pas bougé, Montréal se trouve aujourd'hui non pas à 6 heures, comme on le disait pendant les années 1960, mais à 10 heures de Madrid, Barcelone ou Milan, parce qu'il faut aller vers l'ouest d'abord et passer par Toronto avant de s'y rendre. Vu sous cet angle, le nom Pierre Elliott Trudeau donné à l'aéroport de Dorval est peut-être un meilleur symbole temporaire qu'on ne le pensait : celui qui aura consacré sa vie à inféoder Montréal et tout le Québec aux intérêts de Toronto voit son nom accolé à un aéroport presque insignifiant, inféodé à celui de Toronto. Les exemples de la régionalisation économique de Montréal au profit de Toronto sont légion. On n'a qu'à regarder tous les produits que nous utilisons pour voir à quel point Montréal est devenue une région économique dépendante de Toronto. Pensons aussi à la fermeture, en 1999, de la Bourse de Montréal pour tout ce qui concerne les marchés des actions et des obligations. On a invoqué une « réorganisation » des Bourses canadiennes : Montréal obtenait l'exclusivité des produits dérivés, tandis que Calgary et Vancouver recevaient le marché des petites capitalisations. Or, depuis cette réorganisation, selon Michel Nadeau, Toronto a récupéré le marché des petites capitalisations des villes de l'Ouest canadien et s'apprêtait à mettre la main sur celui des produits dérivés […].

Une tendance semblable se ferait sentir aussi dans le domaine des sciences biomédicales, domaine dans le quel Montréal a toujours eu une longueur d'avance sur Toronto. Selon La Presse Affaires, Toronto se donne tous les outils pour devenir un pôle continental et, ainsi, déclasser Montréal dans ce domaine, notamment avec un énorme complexe biomédical au coeur de la ville. Ce projet jouit de l'appui financier de la plus grande banque canadienne, la RBC, ainsi que des gouvernements canadien, ontarien et torontois. Une fois ce complexe établi, jumelé aux grappes industrielles qu'il engendrera, quel dirigeant du gouvernement du Canada, quel banquier torontois osera intervenir pour soutenir et promouvoir cet autre pôle continental que Montréal veut être? La logique de la métropole torontoise et de ses régions, incluant Montréal, l'emportera sur les besoins spécifiques de Montréal et du Québec.

Jane Jacobs : « La mondialisation est l'un des premiers phénomènes que nous avons connus. Cela a recommencé autour de 1200, après l'époque médiévale, reprenant ainsi les pratiques commerciales de l'époque classique. Les économistes, politiciens et autres qui parlent toujours de mondialisation aiment à penser que tout a changé. De cette façon, ils peuvent oublier leurs erreurs et éviter de les expliquer. » « Le dilemme qui consiste à conjuguer la dualité du Canada français et du Canada anglais, et une fédération de dix provinces, demeure insoluble. Adopter la théorie voulant que le pays est constitué de deux peuples très inégaux en termes de nombre, mais égaux, ou presque, en termes de pouvoirs sur le pays, rend la fédération non fonctionnelle. »
« […] parfois l'indépendance libère des efforts de tous genres, dégage des sources d'énergie, d'initiative, d'originalité et de confiance en soi jusque-là inexploitées. C'est l'expérience, par exemple, de la Norvège quand elle s'est séparée de la Suède au début du XXe siècle. »

[…] Hugh Winsor, chroniqueur influent du Globe and Mail, s'est posé la question suivante, le 30 mars 1998 : « La propagande est-elle justifiée lorsque vous êtes en guerre contre un ennemi sophistiqué [le Québec]? » Winsor répond allègrement que oui, la propagande est justifiée et ajoute : « Ce sont des questions sérieuses qu'un groupe restreint comprenant le premier ministre Jean Chrétien, ses ministres importants et ses conseillers, est actuellement en train de discuter secrètement mais vigoureusement. Les enjeux débordent sur les moyens de promouvoir l'identité canadienne, particulièrement parmi les Québécois, et sur le degré d'intensité de la guerre que le gouvernement fédéral mène contre le gouvernement du Parti québécois. »

Comment a-t-elle procédé pour bâtir son Canada? « Contrairement au Programme des commandites et à l'histoire de la Commission Gomery, poursuit Mme Copps, le ministère du Patrimoine canadien a joué un rôle énorme et a travaillé autrement. Mais l'argent a été bien géré, il n'y a pas eu de scandale, et personne ne sait ce qu'on a fait. Vous remarquerez que le mouvement séparatiste avait le monopole sur les artistes, mais que ce monopole n'existe plus. »

« Au ministère, nous ne créons pas le talent, dit Sheila Copps. Mais nous créons les programmes avec les dispositions nécessaires. Nous créons les programmes, eux, ils suivent l'argent! Maintenant, les artistes ont un intérêt personnel et financier dans le fait d'appartenir à un pays plus grand. »

Denise Boucher, présidente de l'Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) de 1998 à 2000, avait écrit en 1995 : « Oui. Nous sommes un peuple. Il est temps de conquérir notre liberté. Parce que la souveraineté du Québec est une condition essentielle et urgente de l'existence, de l'épanouissement et du rayonnement de notre langue, de notre littérature et de notre culture, nous lançons un appel au peuple québécois : n'écoutons plus les promoteurs de notre dépendance. Ils disent que choisir la souveraineté, c'est « prendre une chance ». La chance de s'affirmer en tant que nation responsable. La chance de nous gouverner enfin nous-mêmes. La chance de maîtriser les outils de développement et de les orienter vers une plus grande prospérité et une plus grande solidarité. Ils prétendent que c'est se replier sur nous-mêmes. Nous affirmons que c'est au contraire s'ouvrir au monde. Refusons dorénavant d'être enfermés dans un statut de province! Refusons d'être réduits au rang d'une minorité! Nous avons le droit de jouir de tous les attributs d'un peuple libre. Comme les 185 autres peuples qui ont déjà franchi ce pas, nous avons le devoir d'être présents et de parler en notre nom sur la scène internationale où se joue désormais l'avenir de la terre et de chaque nation. Notre pays existe déjà. Il ne nous reste qu'à lui dire OUI. »

Peu avant sa mort, Pierre Bourgault a invité les Québécoises et les Québécois à ne jamais abandonner leurs rêves de jeunesse, parce qu'ils sont les seuls.

Jean Chrétien : « Part of their intense reaction against me came because I had to demystify their great dream. […] It was like taking a toy from a child or shattering a hope. »
 SHAPE 
Extraits de Jacques Parizeau, La souveraineté du Québec, éditions Michel Brûlé, 2009 :
Le premier scénario s'exprime ainsi : « Souhaitez-vous que le Québec devienne un État souverain associé économiquement avec le reste du Canada ? » Au total, 61,4 % des répondants y sont favorables, 36,9 % sont défavorables.

« Ce ne sont pas des exercices comptables qui vont justifier que le Québec se sépare du Canada ou qu'il continue d'y appartenir. Ces exercices sont-ils alors futiles, inutiles? Pas du tout, au contraire... Ils démontrent justement que la péréquation présentée comme un cadeau du Canada au Québec, perçu comme une province pauvre, pour lui permettre d'offrir à ses citoyens des services publics d'une qualité analogue à celles des provinces dites riches, est un leurre. Sans ces démonstrations comptables, on ne pourrait répondre aux arguments à l'effet que, sans le Canada, le Québec ne pourrait maintenir son niveau de vie. » « Les projections de l'Institut de la statistique, dont les auteurs lucides se servent comme bien d'autres analystes et commentateurs, qui annoncent le déclin de la population québécoise, datent de 2003. […] Le 15 juillet 2009, l'Institut de la statistique publie des nouvelles projections de la population québécoise, applicables à la période 2006-2056. […] La situation est complètement modifiée. On ne peut plus parler d'une société qui s'apprête à disparaître ou à se dissoudre dans l'océan du monde anglo-saxon nord-américain. […] Pour la période 2025-2050, le taux de vieillissement au Québec est inférieur à celui de bien d'autres pays. […] Ce sont là des préoccupations universelles qui ne justifient en aucune façon l'alarmisme ambiant. »

« Le Québec est sûrement plus endetté que le Canada, mais sa cote est tellement inférieure à la cote moyenne de l'OCDE que l'on ne voit vraiment pas ce qu'il peut y avoir d'inquiétant. »

« […] dans des pays scandinaves dont la population est du même ordre que celle du Québec, le nombre de fonctionnaires du ministère de l'Éducation est de 200 ou 300. Cela nous paraît inouï, avec nos 1500 bureaucrates du savoir, mais pourtant cela correspond à une tendance forte, lourde, de rapprocher les administrations des administrés, ce qui, après tout, n'est peut-être que l'expression du sens commun. »

« Un rapport publié en juin 2009 par l'OMC et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) peut tout transformer. Pour la première fois, l'OMC reconnaît que la non-conformité d'un pays aux règlements négociés pour protéger l'environnement pourrait être considérée comme une discrimination en faveur des industries du pays en question et que, dans ces conditions, les autres membres de l'OMC pourraient imposer une taxe de carbone destinée à équilibrer la concurrence. Ces taxes, qui pourraient être imposées sur les produits canadiens si le Canada continue sur sa lancée actuelle, s'appliqueraient non pas seulement aux produits albertains mais évidemment aux produits québécois. »

« En évitant le piège de la comparaison de la charge fiscale qui porterait uniquement sur le poids des impôts sur le revenu, les résultats de l'année d'imposition 2008 apportent un éclairage intéressant sur la charge fiscale au Québec et son évolution récente.
D'abord, prise dans son ensemble, elle n'apparaît pas plus élevée qu'ailleurs. Même si le Québec utilise davantage l'impôt sur le revenu que d'autres pays du G7, les cotisations sociales plus faibles jumelées aux généreuses prestations mises en place par le régime fiscal ont pour effet de positionner favorablement les résultats du Québec en regard des pays du G7.
[…]
Le présent cahier de recherche, grâce à l'approche développée par l'OCDE, expose non seulement l'importance de bien comparer la charge fiscale, mais rend possible la mise au rencart d'une perception erronée faisant du Québec un soi-disant enfer fiscal. »
- Luc Godbout et Suzie St-Cerny, Année d'imposition 2008 : la charge fiscale nette des particuliers au Québec et dans le G7. La palme au Québec, est-ce possible?

« Le Canada s'est placé dans une situation aberrante symbolisée par un ministre des Finances (qui deviendra plus tard premier ministre, M. Paul Martin) dont la compagnie qu'il contrôle, la plus grande société de navigation canadienne, la Canada Steamship Lines, est incorporée à la Barbade en vertu d'un traité fiscal signé entre les deux pays, et qui prévoit le plus légalement du monde le paiement d'impôts presque nuls. […]
Lorsqu'a été signé le traité fiscal entre la Barbade et le Canada, les taux d'impôt barbadien étaient alors à peu près du même ordre que ceux du Canada et il était donc acceptable de reconnaître que les impôts payés à la Barbade par des intérêts canadiens ne seraient pas par la suite taxés au Canada. Il fut convenu que le paiement de ce qui était dû à la Barbade libérait de toute dette fiscale au Canada.
La Barbade institua alors un statut de société internationale dont le taux d'impôt fut réduit à 2,5%. Le même principe continua de s'appliquer. La société canadienne qui payait ce taux à la Barbade était libérée d'impôt au Canada. Mieux encore. Si les fonds étaient placés dans une fiducie barbadienne, il n'y avait plus aucun impôt à payer et les seuls renseignements demandés étaient un nom et une adresse.
Et c'est ainsi que la Barbade, avec ses 250 000 habitants, devint la troisième destination étrangère des capitaux canadiens, après les États-Unis et l'Angleterre. La dernière fois que j'ai vu les données, les montants dépassaient 30 milliards de dollars. En toute légalité. »

« Il va de soi que le Québec comme province n'exerce aucune influence sur l'élaboration des traités fiscaux signés par le Canada. D'autre part, il ne participe pas aux discussions qui entourent depuis quelque temps la question du secret bancaire. Il est évident qu'elle est au centre de ce qui a trait aux transferts de capitaux légaux et illégaux vers les paradis fiscaux. »

« La Banque nationale, autre grande institution francophone, mais de juridiction fédérale donc astreinte au bilinguisme officiel, acheta Lévesque-Beaubien, qui acheta à son tour First Marathon, une maison de courtage de Toronto assujettie aux lois de l'Ontario et donc, si elle le désire, fonctionnant en anglais seulement. Depuis ce temps, les milliers de clients du produit de la fusion, la Financière Banque nationale, reçoivent la plupart des analyses de titres en anglais. […]
Quand le Québec sera devenu un pays, cela va de soi que les choses se clarifieront d'elles-mêmes. »

« Il y a plus de 50 ans que, sous une forme ou une autre, je m'intéresse à la chose publique comme enseignant, économiste ou comme politicien. Je ne me souviens pas d'avoir vu un sujet [l'environnement] intéresser les jeunes à ce point. […]
Le document publié conjointement par l'OMC et le PNUE établit clairement que « la jurisprudence de l'OMC a confirmé que les règles de l'OMC ne l'emportent pas sur les prescription environnementales.
C'est donc dire que les ententes internationales sur l'environnement ont prépondérance dur celles de l'OMC. Si le Canada continue de se situer en marge des règles qui s'appliquent aux gaz à effet de serre, la communauté internationale ou certains des pays qui la composent pourraient prendre des mesures de rétorsion à l'égard du Canada en considérant que, par son refus de suivre les règles internationales acceptées, le gouvernement canadien accorde à ses producteurs un avantage concurrentiel discriminatoire. Peut-être même des amendes lui seraient-elles imposées. […]
On espère, évidemment, que le Canada va finir par accepter les règles internationales, mais s'il les refusait pour profiter d'un prix très élevé du pétrole, il n'y aurait guère de façon pour le Québec de se protéger... sauf, bien sûr, de sortir du Canada et de profiter de son excellente situation et de l'ampleur de ses efforts. »  SHAPE  « Si le Québec se sépare du Canada, ce sera ma fin. » - Paul Desmarais, au journal français Le Point en juillet 2008. Paul Desmarais est la personnalité la plus puissante au Canada selon le Globe and Mail (2005).  SHAPE 
Extraits de Derrière l'État Desmarais : POWER (2008) de Robin Philpot : Introduction : pourquoi l’État Desmarais
« Quand l'argent parle, la vérité se tait. » - proverbe anonyme Les Desmarais ont mis environ 30 ans pour mettre la main sur Le Soleil et Le Droit, mais ils y sont parvenus en novembre 2000, avec en prime Le Quotidien de Chicoutimi, ce qui a porté à 70% leur contrôle de la presse écrite au Québec. 1. Le Québec : une terre pour d’éternels minoritaires « Un colonisé c'est Un homme dépersonnalisé Qui parle, qui s'habille comme son maître Le singe et le lit Et qui au fond Le hait et l'envie. Un homme libre C'est un homme qui n'a pas honte De ses père et mère Ni de son milieu Qui circule tête haute sur la planète Commandant le respect et la fierté Sois toi-même et le roi te recevra. » - Félix Leclerc, 1965 « C'est simple, si vous voulez être indépendant, il faut une économie qui marche à fond de train, une économie très forte. Il faut se passer des subsides d'Ottawa, se battre sur la technologie, la productivité. Aujourd'hui, pour être indépendant, il faut être très fort économiquement. » Power a remplacé cette description percutante faite par son fondateur et président par un texte inodore et incolore que Paul Desmarais n'a jamais prononcé. Voici ce qu'on nous a permis de lire dans Le Point : « Un Québec fort dans un Canada fort a toujours été la meilleure solution et le meilleur choix pour les Québécois, les francophones hors Québec et les autres citoyens canadiens. En fin de compte, la grande majorité des Québécois ont toujours compris ça. C'est un pays merveilleux. » Si Paul Desmarais avait mis en pratique ses propres recommandations pour la réussite d'un Québec souverain et abandonné le credo politique du minoritaire prospère, on ne peut qu'imaginer quel aurait été l'impact positif sur la vie collective du Québec : à titre d'exemple, le OUI l'aurait remporté en 1995 ne serait-ce que parce que Paul Desmarais aurait permis à ses médias de présenter l'idée de la souveraineté avec une certaine ouverture au lieu de la combattre vigoureusement ; aussi, son seul exemple d'homme d'affaires qui s'affiche en faveur du projet aurait eu un impact marquant auprès du monde des affaires du Québec. Mais prendre cette voie aurait exigé que le clan Desmarais mette de l'eau dans son vin, accepte que peut-être sa fortune personnelle ne croîtrait pas de façon vertigineuse, que les domaines de Sagard et du lac Memphrémagog soient un peu moins luxueux, et surtout, surtout qu'il reconnaisse le rôle de l'État québécois. Car s'il est clair que le système économique et politique du Canada ne permet pas à un homme d'affaires issu de sa principale minorité de monter dans les hautes sphères sans faire patte blanche sur le plan politique et accepter le rôle de minoritaire prospère, il est aussi limpide que le seul outil collectif appartenant aux Québécois qui permettra au Québec d'être « très fort économiquement », comme le préconise Paul Desmarais, c'est leur État. Paul Desmarais et ses fils ont adopté la seconde option, soit d'être d'éternels minoritaires prospères qui ont réussi malgré leur condition de minoritaire. Ils sont en cela de purs produits du règlement 17 en Ontario qui a interdit le français dans l'éducation à partir de 1912. 2. De la Muraille de Chine à la grand-croix de la Légion d’honneur « Sorti d'une réunion avec le propriétaire de La Presse, il [Roger Lemelin] me convoqua pour m'annoncer que je devais renoncer à la publication d'un livre sur René Lévesque en période électorale. Ordre. » - Alain Stanké, directeur des Éditions La Presse en 1973 On pourrait définir le pouvoir comme la capacité d'empêcher que son nom paraisse dans les journaux. Être en mesure de tirer les ficelles du pouvoir, de faire prendre des décisions politiques, de provoquer des événements importants, tout en empêchant les médias d'en parler. Ou, s'ils en parlent, que ce soit dans le sens que l'on veut. Le propriétaire de Power Corporation semble avoir élevé cette définition du mot « pouvoir » en règle d'or. Tout le monde sait maintenant que, dans l'après-midi du vendredi 15 février 2008, Nicolas Sarkozy a réuni un groupe de milliardaires et leurs familles – et le premier ministre du Québec Jean Charest – à l'Élysée à Paris pour une cérémonie de remise de la grand-croix de la Légion d'honneur française, distinction suprême donnée par l'État français, très rarement décernée à un étranger. Bref, Paul Desmarais a réussi à faire en sorte que l'ambassade du Canada, la délégation du Québec, le gouvernement de la France et le bureau du premier ministre du Québec mangent dans sa main en se pliant à sa volonté de garder cet événement secret, sauf pour l'article rédigé par un journaliste travaillant pour le journal qui lui appartient. Donc, contrôle total de l'information : voilà un démonstration de pouvoir. Avec son slogan « Égalité ou indépendance », Daniel Johnson se mettait habilement sur la clôture, pouvant basculer d'un côté ou de l'autre. De manière colorée, il a décrit sa situation : « Je suis leur chef, il faut que je les suive. » D'autant plus qu'il pouvait compter sur une aile indépendantiste assez forte au sein de l'Union nationale. En septembre 1967, d'ailleurs, les médias parlaient du « plan secret » de l'Union nationale pour faire l'indépendance en cinq ans. « Pas de Muraille de Chine autour du Québec » Bref, à partir de la mi-septembre [1967] et du départ pour Hawaii de Daniel Johnson, les milieux financiers, surtout anglophones de Montréal, et le Parti libéral ont mis en branle une opération de chantage économique à partir d'une supposée fuite des capitaux du Québec, une campagne qui a été reprise servilement par une presse servile. Quand Daniel Johnson commençait à aller un peu mieux, vers le 29 septembre, les milieux financiers ont expédié à Waikiki Beach le jeune loup des finances, Paul Desmarais, selon l'idée que Daniel Johnson écouterait un « Canadien français ». D'après les autres accompagnateurs de Daniel Johnson, que Pierre Godin a interrogés, c'est Paul Desmarais qui, pendant des promenades à Hawaii, a convaincu Daniel Johnson de faire ce que les uns ont appelé un « recul stratégique » et les autres, « une capitulation flagrante ». Combien d'autres décisions stratégiques ont-elles été prises dans des conditions semblables ? On pense par exemple à Robert Bourassa en 1991, qui se trouvait affaibli par la maladie et confronté à une importante crise politique. L'accord du lac Meech a été rejeté le 23 juin 1990 et, le lendemain, il a déclaré que le Québec était libre de déterminer son avenir et il avait mis sur pied la commission Bélanger-Campeau sur l'avenir constitutionnel du Québec. Robert Bourassa, lui aussi, a choisi de passer sa période de convalescence en avril 1991 dans le palais floridien de Paul Desmarais où, en plus du président de Power Corporation, il a rencontré Bob Rae, alors premier ministre de l'Ontario, et frère de John Rae, vice-président de Power Corporation. Est-ce là, avec les bienveillants soins de Paul Desmarais, que Robert Bourassa a mis au point son recul stratégique qui a abouti à la tristounette entente de Charlottetown rejetée en octobre 1992 ? 3. L’homme politique qui se dissimule Nicolas Sarkozy a décrit comment il est devenu un proche de Paul Desmarais : « Si je suis aujourd'hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l'amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. » Ayant un sens de la durée, il approche les gens quand ceux-ci traversent un creux dans leur carrière, sachant que tôt ou tard ils pourraient revenir en politique et lui être utiles. Il l'a fait avec l'ancien premier ministre Jean-Jacques Bertrand, l'appelant le lendemain de sa défaite aux mains de Robert Bourassa en 1970. Même René Lévesque a eu droit à une offre d'emploi de Power Corporation lorsqu'il était dans un profond creux politique après sa défaite électorale de 1973. L'éditeur de La Presse, Roger Lemelin, un proche de Desmarais, a offert un salaire aguichant de 100 000$ à René Lévesque pour qu'il devienne grand reporter internationnal. L'objectif était clair : compromettre le chef du Parti québécois au moment où il venait de fonder avec Jacques Parizeau et Yves Michaud le journal Le Jour et, éventuellement, le sortir de la scène politique. Heureusement, René Lévesque a refusé. De même, sachant l'intérêt pour la politique de la famille de Daniel Johnson, il a embauché Daniel Johnson fils en 1973 aussitôt que celui-ci est sorti de Harvard. Et Paul Martin, qui avait été l'organisateur principal de la campagne de son père, qui s'appelait aussi Paul Martin, contre Pierre Trudeau pour le leadership du Parti libéral du Canada, s'est trouvé à la direction de Power Corporation peu après que Paul Desmarais en eut pris les commandes même si ce dernier avait appuyé le vainqueur Trudeau. Par ailleurs, Robert Bourassa, qui a dirigé le Québec de 1970 à 1976 et de 1985 à 1994, s'entretenait avec Paul Desmarais souvent deux fois par semaine. La stratégie a été plus que payante dans le cas de Sarkozy, à en juger notamment par la privatisation de Gaz de France et sa fusion en juillet 2008 avec la Société Suez, contrôlée conjointement par le tandem Desmarais-Albert Frère et qui s'appelle maintenant GDF Suez. Dans l'entrevue au Point, Paul Desmarais a déclaré : « Mon fils André s'occupe de la Chine. Il est reçu comme un chef d'État. » Power a supprimé la [dernière] phrase. En bref, Desmarais est fédéraliste, voire unitariste inconditionnel, et politiquement conservateur, comme l'était son père. « Résolument conservateur », a-t-il déclaré au Point[, quoique ce passage a été effacé par Power]. Alors qu'on fait grand cas de ses liens avec Jean Chrétien et Pierre Trudeau, les hommes politiques qu'il admire le plus sont Brian Mulroney, Ronald Reagan, George Bush père. Pour lui, Ronald Reagan « était le meilleur » [extrait supprimé par Power]. Sur le plan économique, Paul Desmarais est ultra-libéral, c'est-à-dire tout au privé, le marché qui dicte tout, le libre-échange. Son alliance avec les politiciens des partis libéraux au Canada tels Trudeau, Chrétien et Bourassa relève davantage des impératifs de l'unité canadienne à tout prix que d'une vision économique commune de l'homme d'affaires et des politiciens libéraux. C'est peut-être à ce niveau que se situe son affection particulière pour Jean Charest, un conservateur d'idéologie et de formation drapé dans les couleurs d'un parti dit libéral. Et il est clair que les liens qu'il a tissés avec Nicolas Sarkozy s'expliquent aussi par une idéologie économique partagée. Lorsque Paul Desmarais a décrété un lock-out à La Presse en 1971-1972, René Lévesque, alors chef du Parti québécois, a dénoncé son « parfait mélange d'inhumanité et de duplicité ». Par ailleurs, dans une longue entrevue accordée à The Gazette pendant ce lock-out, Paul Desmarais insiste sur le fait qu'il vient d'une famille très conservatrice et qu'il demeure conservateur. Étudiant à l'Université d'Ottawa, il était même un fervent partisan de John Diefenbaker. On constate dans l'entrevue accordée à The Gazette qu'il se voit comme un combattant contre les deux périls qui menaçaient le Québec, soit le socialisme et le séparatisme, incarnés respectivement par les syndicalistes du genre de Louis Laberge et les nationalistes du genre de René Lévesque. Dès le début des années 1960, il percevait René Lévesque comme un « maudit socialiste » (« A Goddamn socialist »). Pour lui, les nationalistes et les syndicalistes contrôlaient ou voulaient contrôler les médias, ce qu'il ne permettrait jamais. En 2008, même si son entreprise Gesca contrôle 70% de la presse écrite et collabore étroitement selon des ententes écrites avec Radio-Canada, principal réseau de télévision au Québec, il persiste à penser que ce sont « les syndicalistes et les nationalistes » qui contrôlent les médias. [Cet extrait a été supprimé de l'entrevue par Power.] Contrairement à une certaine opinion, Paul Desmarais n'est pas non plus le « 'tit gars de Sudbury » sorti d'une famille francophone pauvre. Il avait ses lettres de noblesse de la bourgeoisie du nord de l'Ontario. De ses propres dires, encore au Point, son grand-père a « amassé une grosse fortune [supprimé par Power] à Sudbury, où il possédait, avec des associés, un hôtel, des biens immobiliers et toutes sortes d'autres affaires, dont une ligne de chemin de fer ». Paul Desmarais est également motivé par une rancoeur contre la fiscalité canadienne et québécoise qui ferait frissonner même ses plus fidèles alliés du Parti libéral du Canada ou de son pendant québécois, sauf peut-être Jean Charest. Dans un accès de candeur – peut-être parce qu'il pensait qu'il parlait à une âme sœur – il a déclaré à Diane Francis en 1999 que des Canadiens intelligents devraient émigrer aux États-Unis pour éviter les taxes et impôts excessifs au Canada […] Paul Desmarais préférerait sûrement que l'argent des taxes et des impôts vienne renflouer encore davantage les coffres de ses sociétés d'assurances, comme c'est le cas aux États-Unis, plutôt que d'être versé aux réseaux d'assurance-maladie collectifs. Nous sommes en décembre 1975. Son ami Pierre Trudeau est premier ministre du Canada, son ami Robert Bourassa est premier ministre du Québec. Et parmi les aspirants politiciens, le futur premier ministre du Québec, Daniel Johnson, le futur premier ministre du Canada, Paul Martin, sont dans le sérail de Power et le futur premier ministre du Canada, son bon ami Brian Mulroney, est son avocat préféré en relations du travail. De plus, le fidèle organisateur du ministre fédéral Jean Chrétien, John Rae, est aussi l'adjoint administratif du président de Power Corp. Avec un tel entourage, Paul Desmarais a déclaré devant la commission royale que certains politiciens sont ses amis, que ces amitiés sont strictement personnelles et n'ont rien à voir avec ses affaires, que sa capacité d'influencer les politiciens est quasi nulle et que les dirigeants politiques l'évitent. Il a oublié d'ajouter que le père Noël existe. […] Pierre Trudeau a commencé sa campagne à la direction du Parti libéral du Canada en 1968 dans les bureaux mêmes de Paul Desmarais. Et dès que Pierre Trudeau a quitté la politique en 1984, il s'est joint au prestigieux conseil consultatif international de Power Corporation. Le plus haut fonctionnaire du gouvernement canadien, qui a nommé les commissaires en 1975, Michael Pitfield, s'est joint au conseil d'administration de Power Corporation aussitôt qu'il a quitté ses fonctions gouvernementales en 1984. Et l'un des trois commissaires devant qui Paul Desmarais a comparu le 10 décembre 1975, Pierre Nadeau, président de Petrofina Canada, relevait, avant d'être nommé commissaire, d'Alfredo Campo, qui , lui, était membre du conseil d'administration de Power Corporation. Avec de telles relations, on ne s'étonne guère de la mollesse des questions posées par les commissaires à un Desmarais qui, de surcroît, maîtrise bien la langue de bois. Si on regarde la carrière de Paul Desmarais depuis 1959, on s'aperçoit aussi que, tout au long, comme Albert Frère, il a su flairer la bonne affaire qui lui permettait soit d'empocher des largesses venant des coffres de l'État, soit de faire travailler l'État et ses ramifications en sa faveur. Au lieu de s'exclamer béatement sur sa fortune ostentatoire, sur son grand esprit d'entrepreneur, sur son ascension vertigineuse qui proviendrait de son seul travail, de son intelligence, de son audace ou de son flair, on devrait regarder de plus près pour mieux comprendre la source de sa richesse et de son pouvoir. Dans son ascension, ni l'État ni les amis politiques n'ont jamais été très loin de lui. Souvent, il s'est agi de l'État québécois, parfois d'autres États, mais toujours ce sacré « secteur public » tant honni. Les principaux jalons dans cette trajectoire s'appellent Gelco, Power Corporation, la Loi sur l'impôt sur le revenu, Paribas, Financière Power, la Consolidated-Bathurst, Asia Power Group, les REÉR, et aujourd'hui, de façon plus intense que jamais, le soi-disant privé dans le secteur de la santé. 4. Gatineau Electric engendra Gelco qui engendra Gesca… Entrepreneur, Paul Desmarais ne l'a jamais été. […] Il a consacré sa vie à la recherche de liquidités qui lui permettraient d'étendre son empire et de faire croître sa fortune en mettant la main sur des entreprises prospères ou celles qui pouvaient le devenir. Dans les années 1960, on ne pouvait trouver les liquidités de cette ampleur que dans le giron de l'État. […] les entreprises privées dont les installations ont été achetées par l'État jouissaient généralement d'un monopole sur la production, le transport et la distribution d'électricité dans les régions desservies. Monopole sur la fourniture d'électricité, mais aussi monopole sur la principale source d'énergie, l'eau et le terrain accidenté propice à la production d'électricité, ce qui est le cas du Québec. Et les énormes profits faits par ces monopoles s'en allaient se faire fructifier partout, du Chili à l'Angleterre en passant par d'autres pays de l'Amérique latine. Partout sauf au Québec. De plus, les taxes et impôts allaient à Ottawa. Les richesses de ces entreprises étaient, sans contredit, tributaires de l'État, par le monopole qu'elles avaient, mais aussi par le patrimoine collectif que représentaient les grands bassins versants et le terrain propice. Ces monopoles privés ont pu ainsi s'enrichir et, par la même occasion, enrichir leurs actionnaires. Au Québec, comme nous le verrons plus loin, ces monopoles – on disait que ces monopoles formaient le trust de l'électricité – ont recouru à la concentration de la presse écrite dans les années 1930 pour retarder de 30 ans l'étatisation, réalisée seulement en 1963. Quand venait le temps d'être étatisées, ces entreprises ont toujours su obtenir un excellent prix et souvent un prix démesuré. Face à de puissants et riches industriels qui avaient les moyens financiers, médiatiques et politiques pour faire dérailler tout le processus, l'État devait absolument paraître bon joueur, voire bonasse. C'est donc par une mainmise sur les coffres venant de l'indemnisation par l'État que Paul Desmarais est passé du statut de patron d'une entreprise de gestion de transport par autobus, la Transportation Management Corporation, à celui de gestionnaire d'une société de portefeuille relativement importante. La société Gelco est devenue pour quelques années le principal outil de Paul Desmarais. Cette acquisition n'a été consommée qu'en août 1967 après que l'Assemblée législative du Québec ait adopté un projet de loi l'autorisant. Pour y arriver, toutefois, Paul Desmarais a dû peser fort sur ses amis politiques des deux côtés de l'Assemblée législative, soit de l'Union nationale sous le premier ministre Daniel Johnson et du Parti libéral sous Jean Lesage. […] Entre-temps, en avril 1967, la Corporation des valeurs Trans-Canada, qu'il contrôlait, a acheté de Jacques Francoeur trois autres quotidiens : Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke et La Voix de l'Est de Granby. 5. Power vient de l’hydroélectricité Pendant la campagne électorale de 1962 et après, le cartel des entreprises d'électricité, mené surtout par la très puissante Shawinigan Water and Power, traitait René Lévesque d'un Castro et d'un Robespierre dans un grand effort concerté d'empêcher la nationalisation ou, en cas d'échec, de faire monter les enchères au maximum. Au lieu de reconnaître que l'État québécois allait simplement se porter acquéreur des actions de ces entreprises comme cela se fait sur le marché, le cartel l'accusait de vouloir carrément exproprier ces entreprises. Une vraie expropriation aurait pu se justifier, considérant la nature collective des sources des richesses accumulées. Très bon joueur, le Québec a très bien payé les actions des entreprises d'électricité et Power Corporation en est sortie d'autant plus riche. Alors que la valeur totale des actions de Power Corporation dans les deux entreprises québécoises nationalisées, la Northern Quebec Power et la Shawinigan Water and Power, était, au 31 juin 1961, de 15 840 000 dollars, Power a reçu 19 280 000 dollars pour ces mêmes actions, une belle prime d'environ 22%. La concentration abusive des entreprises de presse, parlée, écrite ou télévisée, entre les mains des mêmes intérêts économiques, tonnait le député Yves Michaud, laisse planer une menace grave sur l'État, les partis politiques et les élus du peuple, les groupes de pression et sur la conduite des affaires publiques. Aujourd'hui, avec le recul, on peut dire que les députés à Québec en 1968 n'avaient strictement rien vu, quand on considère la situation qui prévaut en 2008. Mais au moins, ils en ont parlé et ont fait déclencher une commission d'enquête. Toutes ces prises de contrôle et cette expansion fulgurante de l'empire Desmarais n'auraient pas été possibles, rappelons-le, sans l'accumulation de richesses initiales d'entreprises hydroélectriques travaillant dans une situation de monopole et, par la suite, sans les fonds importants que l'État québécois et d'autres États lui ont généreusement fournis lors des nationalisations. Bref, le patrimoine collectif constitue la fondation même de l'empire de Paul Desmarais. Toute son habilité financière, son flair et ses amis bien placés et bienveillants comme ceux de la Banque Royale ne lui auraient jamais procuré les sommes nécessaires pour commencer à amasser sa fortune.
L'amendement de la Loi de l'impôt sur le revenu n'avait aucunement pour objet déclaré de permettre à des entreprises milliardaires d'éviter de payer des impôts simplement en jonglant avec leur organigramme et leur comptabilité. Mais c'est là son principal impact puisque d'autres empires n'ont pas tardé à emboîter le pas à Power Corporation. […] Or, le gouvernement Trudeau n'a pas contesté la manœuvre de Paul Desmarais et aucun gouvernement fédéral depuis n'est venu remettre en question cette pratique qui n'avait pas été prévue à l'origine. […] Paul Martin, qui était déjà au service de Power Corporation depuis 1969, serait, à partir de 1973, président et ensuite président-directeur général de la Canada Steamship Lines, lui qui est devenu le grand artiste de l'évitement fiscal par l'utilisation astucieuse des paradis fiscaux. 6. Argus, ou le cocu content Qu'il y ait eu au Canada, et qu'il y ait encore, une concentration dangereuse du pouvoir économique et politique, bien aveugle est celui qui dirait le contraire. Cette fameuse coordination ou synchronisation d'entreprises censées être en concurrence avec l'appui tacite et parfois ouvert des dirigeants politiques est une constante dans l'histoire économique du Canada. 7. Main basse sur Paribas 1981 : une grand-croix pour un grand coup fourré Jouant à saute-mouton par-dessus René Lévesque, Paul Desmarais s'est fait offrir par son ami Sarkozy, le 15 février 2008, la décoration la plus prestigieuse que la France décerne. Desmarais savait sûrement qu'il damait ainsi le pion au Québécois qui, jusque-là, avait eu la plus haute distinction de la France. […] dans son discours de présentation de la grand-croix, Sarkozy n'avait rien d'autre à vanter que le succès de Paul Desmarais à amasser une énorme fortune personnelle et l'aide que le patron de Power Corporation lui avait apportée dans son ascension à la présidence. Des contributions plutôt minces par rapport aux valeurs que la France prétend vouloir symboliser. La population française a voté en faveur de la nationalisation des banques. Les problèmes qui l'ont amenée à prendre cette décision se posent avec autant d'acuité sinon davantage aujourd'hui qu'en 1981. Celui que Sarkozy vient de décorer de la grand-croix de la Légion d'honneur a participé à un coup fourré visant à empêcher le gouvernement socialiste français de tenir ses promesses et de respecter la volonté populaire. 8. Laissé sur une voie de garage par le Canadien Pacifique « En somme, Montréal ne peut se permettre de se comporter comme d'autres villes régionales au Canada sans causer un tort énorme au bien-être de tous les Québécois. Montréal doit devenir un centre économique en soi. […] Or, il n'y a probablement aucune chance que cela se produise tant que le Québec demeurera une province du Canada. […] On peut s'attendre à ce que la question de la séparation revienne constamment au cours des prochaines années jusqu'au moment où elle sera réglée, soit lorsque le Canada aura accepté que le Québec devienne souverain ou lorsque les Québécois auront accepté le déclin de Montréal, en s'y résignant et en en acceptant les conséquences. » - Jane Jacobs, urbaniste, The Question of Separatism, 1980 […] en ce début des années 1980, un front commun du gouvernement du Canada et de l'establishment canadien a soutiré au Québec une partie importante de la maîtrise de deux de ces artères, les transports ferroviaire et aérien. On ne peut que se perdre en conjectures si on songe à ce qui aurait pu se passer si Power, alliée à la Caisse de dépôt et de placement, avait pris le contrôle du Canadien Pacifique. Il y a de fortes chances que le Québec serait mieux placé qu'il ne l'est aujourd'hui, côté transport ferroviaire. 10. La poule aux œufs d’or : la Consolidated-Bathurst « Chaque marigot a son crocodile. Monsieur crocodile a toujours faim. » - Proverbe
Ce régime de pillage forestier, qui, pendant des décennies, a fait les beaux jours des grandes entreprises de pâtes et papiers contrôlées par des intérêts anglo-américains qui dominaient, a été vivement critiqué tout au long de son histoire. Premiers au créneau figuraient les coopératives forestières, les petits exploitants, les municipalités régionales, les syndicats, certains partis politiques et même parfois l'Église. Avec le recul, on s'aperçoit que les contestataires de l'époque opposaient au pillage, à la coupe à blanc et à la politique de la « terre brûlée » pratiquée par les grandes entreprises de pâtes et papiers un développement durable avant l'heure, un développement qui permettrait non pas de « subvenir aux besoins des grandes compagnies », comme l'a écrit en 1963 l'abbé Villeneuve de la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire au Saguenay, mais qui permettrait un « développement de la forêt intégré pour la population ». Par ailleurs, à chaque rendez-vous électoral ou presque, et notamment lors de la campagne électorale de 1962 où le slogan « Maîtres chez nous » résonnait partout, on réclamait des changements profonds, lesquels ne venaient qu'au compte-gouttes vu le pouvoir politique et le chantage économique des dirigeants des entreprises de pâtes et papiers. La forêt, qui est ou devrait être du domaine public, a été honteusement exploitée, davantage même que l'eau pour l'hydroélectricité, afin de permettre à une poignée d'entreprises et de gens de s'enrichir pendant plus d'un siècle. Dont la Consolidated-Bathurst. Quand on explique l'origine de la richesse de Power Corporation et de son patron, on se doit donc de tenir compte de cette richesse patrimoniale dont ils ont hérité en prenant le contrôle de Power Corporation. Encore une fois, il ne s'agit pas là du fruit du travail d'un entrepreneur créatif ni d'un travailleur acharné, mais du fruit provenant de ressources publiques. Sans parler encore de l'apport énorme des travailleurs et des travailleuses et de l'aide incessante de l'État. […] la Consolidated-Bathurst, ou plus exactement Paul Desmarais, a vendu l'île d'Anticosti au gouvernement du Québec pour la somme de 23,8 millions de dollars alors que la valeur comptable de l'île, selon les livres de la Consol elle-même, était de 4,9 millions. […] Pour compenser sa triste perte de l'île d'Anticosti, Paul Desmarais a mis la main la même année sur les 75 kilomètres carrés qui deviendraient son domaine de Sagard dans Charlevoix. Cette prise s'est effectuée par le truchement de la Canada Steamship Lines, qui lui appartenait. Le coût : un dollar ! La Canada Steamship Lines a cédé le territoire à Power Corporation en 1976, qui l'a cédé à Paul Desmarais en 1988 pour un autre dollar. René Lévesque a décrit la situation en 1983 : « Le programme de modernisation des pâtes et papiers, lancé quatre ans plus tôt et tenu à bout de bras par Yves Bérubé... avait fini par toucher toute une industrie qui, de décrépite qu'elle était au départ, était redevenue compétitive. À quoi nous devions maintenant ajouter une accélération phénoménale du reboisement. Sachant que nos forêts avaient été si longtemps et si outrageusement pillées, nous avions déjà multiplié par quatre la plantation de nouveaux arbres. C'était loin d'être suffisant. […] Nous décidâmes de porter avant 1988 le rythme annuel du reboisement de 65 à 300 millions d'arbres et d'assurer ainsi le renouvellement perpétuel du patrimoine forestier, à la scandinave. » De la vingtaine d'entreprises de pâtes et papiers au Québec, ce sont les usines de la Consolidated-Bathurst, donc de Paul Desmarais, qui, avec celles de MacLaren, ont reçu les plus importantes subventions pour la modernisation, avec un total d'environ 43 millions de dollars ! Le régime des concessions forestières qui avaient fait la richesse de entreprises de pâtes et papiers ne pouvait plus tenir. À la fin du deuxième mandat du gouvernement Lévesque, en juin 1985, le ministre délégué des Forêts a enfin déposé un Livre vert sur la forêt en vue de l'adoption d'une nouvelle politique forestière. Témoin tardif de la grogne dans tout le Québec au sujet de la gestion de forêts, cette politique visait à forcer les industriels à prendre leurs responsabilités, notamment en plantant autant d'arbres qu'ils en coupaient pour assurer la survie et la durabilité des forêts. Elle n'a, toutefois, jamais été mise en œuvre en raison de la défaite électorale du Parti québécois de novembre 1985. Le nouveau ministre délégué des Forêts, le libéral Albert Côté, et son sous-ministre Robert Tessier, futur dirigeant de Gaz Métropolitain, ont ainsi pris le projet de loi déposé par le gouvernement du Parti québécois et l'ont libéralisé à la faveur des sociétés papetières en maintenant « l'approvisionnement de l'industrie forestière à un niveau susceptible de lui permettre de profiter des opportunités de développement », pour reprendre les mots du ministre Côté. Adopté en septembre 1986 pour entrer en vigueur en avril 1987, le nouveau régime forestier a remplacé celui des concessions forestières par le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier, le CAAF, d'une durée de 25 ans. Ce contrat a assuré aux entreprises de pâtes et papiers et aux autres exploitants qu'ils obtiendraient tout le bois nécessaire à condition d'effectuer sur le territoire visé certains travaux d'aménagement qui permettraient d'assurer la régénération de la forêt. Contesté par les syndicats, les coopératives forestières et les MRC, mais applaudi par le cartel de la forêt, ce régime forestier n'aurait jamais pu être adopté par le Parti québécois, qui se serait aliéné ses appuis traditionnels. En revanche, le Parti libéral n'a jamais caché son allégeance au grand capital, dont le chef de file au Québec était et demeure Power Corporation/Desmarais, alors propriétaire de la Consolidated-Bathurst. […] le projet de fusion de la Consolidated-Bathurst et de la Domtar a avorté parce que Paul Desmarais a refusé de payer à la Caisse la prime de 30% qui revient à l'actionnaire de contrôle. […] Si l'action vaut 10 dollars, l'actionnaire de contrôle peut exiger et recevoir 13 dollars pour chaque action lors d'une prise de contrôle. Cela tient compte du fait que si l'acquéreur devait achter ces actions sur le marché, la rareté croissante des actions et le forte demande feraient monter la valeur des actions disponibles même plus haut que 30%. Cette règle, Paul Desmarais l'a toujours respectée et a toujours exigé qu'elle le soit. Or, selon l'ancien dirigeant de la Caisse, le patron de Power Corporation tout comme d'autres entrepreneurs québécois pensent que la Caisse de dépôt et de placement, à titre de société d'État appartenant à tous les Québécois, doit leur faire des cadeaux. Dans le cas qui nous concerne, pour satisfaire M. Desmarais, la Caisse aurait dû lui vendre les actions de la Domtar au prix du marché sans la prime de 30%. Pour la Caisse, a poursuivi l'ancien dirigeant, il n'en était pas question, « car nous savions que si Paul Desmarais devenait le patron de la société fusionnée, il pourrait se retourner et la vendre en touchant pleinement cette prime de 30% ». Cette crainte était justifiée, car dans les deux mois suivant la rencontre Parizeau-Desmarais, soit le 26 janvier 1989, dans la plus importante transaction financière de l'histoire canadienne, Paul Desmarais a vendu la Consolidated-Bathurst à la Stone Container de Chicago pour 2,6 milliards de dollars. À partir du 26 janvier 1989, Paul Desmarais ne serait plus un capitaine de l'industrie au Québec. Le temps où on ne pouvait rien faire ni rien acheter sans enrichir la famille Desmarais était révolu. Finis les jours où Paul Desmarais pouvait dire que cela ne faisait rien si les convives invités à une fête au Ritz à Montréal cassaient les vitres, car elles seraient remplacées par des vitres fabriquées par sa filiale la Dominion Glass. Il ne pouvait plus dire en boutade aux syndicalistes de l'industrie papetière venus manifester contre lui lors du sommet économique de mai 1977, qui réunissait René Lévesque, Louis Laberge et Paul Desmarais, qu'ils l'enrichissaient quand même puisqu'ils avaient fait le trajet jusqu'à la manifestation dans des autobus qui lui appartenaient. Quand Paul Desmarais a pris le contrôle de Power Coporation en 1968, plus de 60% de ses avoirs étaient au Québec. À partir de 1989, ce pourcentage est tombé à moins de 10% et la chute s'est poursuivie avec la vente du Montréal Trust en mars 1989. 11. Paroles, paroles, paroles […] sa décision surprise de vendre la Consolidated-Bathurst mettait fin abruptement à un effort soutenu de la part de dirigeants politiques et économiques du Québec, tous partis confondus, de créer un grand bloc papetier québécois pouvant concurrencer les grandes multinationales. Pour n’importe quel premier ministre du Québec, la perte du contrôle d’une grande entreprise industrielle représente une gifle en plein visage. Le surlendemain de la vente, le ministre des Finances du Québec et premier ministre suppléant Gérard-D. Lévesque a reconnu que le Québec laissait ainsi filer son contrôle de l’industrie forestière. « M. Desmarais, sachez-le, ces gens sans emploi attendent désespérément des nouvelles de vous et de vos millions. Ils ne veulent pas croire que cet argent puisse aller ailleurs alors que c'est au Québec qu'il a été généré. » - lettre de la FTQ remise sous la porte de Paul Desmarais (il ne voulait pas les rencontrer) en mars 1989 […] chaque fois, les journalistes – et le public – ont eu droit de nouveau à la parole de Desmarais. Power étudiait les possibilités ; le Québec était la priorité. Et chaque fois, la promesse d'investissement a été assortie de nouvelles conditions, parfois financières, mais le plus souvent politiques. Sa fuite littérale des journalistes, à l'image de la fuite des capitaux qu'il était en train d'effectuer du Québec vers d'autres contrées, n'a pas échappé aux yeux vigilants de certains journalistes et politiciens. Certains ont signalé que Paul Desmarais réinvestissait cet argent partout SAUF au Québec, et notamment en Europe et en Asie. […] en avril 1991, pendant que les commissaires Michel Bélanger, Jean Campeau et les autres de la commission sur l'avenir du Québec recevaient des centaines de groupes et d'individus de toutes les couches de la société québécoise, Paul Desmarais se faisait le généreux et charmant hôte du premier ministre Robert Bourassa à son palais de Palm Beach, en Floride. Comme d'habitude, Paul Desmarais a fait ces promesses, mais en les assortissant de menaces et d'ultimatums politiques : l'investissement devait attendre que la crise constitutionnelle soit réglée dans le sens d'un Québec dans un Canada uni. « L'incertitude politique » était tellement effrayante au Québec qu'il a dû investir des centaines de milliers de dollars provenant de la vente de la Consol en Chine, qui, moins de deux ans auparavant, avait tout de même vécu la crise de la place Tian'anmen. […] La Presse, a écrit, sur la foi du fantôme en personne, que « Power Corporation du Canada et ses filiales dispos[ai]ent de 2,5 à 3 milliards et une partie de cette cagnotte pourrait bien être investie au Québec au cours de l'année. » Il faut tout de même mettre ces promesses libres de menaces de mai 1992 dans leur contexte. Le fantôme se devait de s'engager fortement à ce moment, car ses amis au pouvoir à Ottawa et à Québec, Brian Mulroney et Robert Bourassa, étaient en train de faire leur lit constitutionnel dans le sens de la volonté de Paul Desmarais. Le premier avait mis en branle le processus de négociations qui aboutirait en août 1992 à l'entente de Charlottetown, qui serait rejetée par référendum le 26 octobre suivant. Pour sa part, Robert Bourassa avait, depuis le 8 avril, commencé à effectuer un repli stratégique qui l'amènerait à accepter de négocier pour moins que ce qu'il y avait dans le défunt accord du lac Meech. […] le réinvestissement a été retardé parce que « nous n'avons pas pu satisfaire notre condition de base d'un taux de rendement de 15%. » Sur le total des contributions individuelles faites pour le camp du OUI favorable à l'entente de Charlottetown, 36% provenaient de la famille directe de Paul Desmarais et de la même adresse à Westmount. L'année 1993 était pour lui une belle année tout de même. Il a pu continuer à investir partout au monde sauf au Québec, et surtout en Chine, notamment avec l'aide d'Hydro-Québec et d'Ontario Hydro, sans risquer de se faire critiquer par les politiciens au pouvoir : son proche ami Brian Mulroney était toujours en selle à Ottawa et l'homme qui le remplacerait, le libéral Jean Chrétien, faisait partie de sa famille ; il restait encore un an au mandat de Robert Bourassa, et parmi les dauphins figurait en première ligne son ancien employé, Daniel Johnson. En expliquant qu'il hésitait à investir au Québec, il a déclaré que « la poussée des séparatistes pour la souveraineté du Québec nuisait aux possibilités d'investissement. Si vous parlez de la séparation, les gens n'investissent pas. Tout ça a un impact. » […] Paul Desmarais a déclaré que tout projet d'investissement de Power Corporation au Québec était sur la glace en raison du référendum prévu. « Tout ce débat est très négatif pour l'économie du Québec en particulier », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il n'était pas seul et que les investisseurs avec qui il entretenait des relations s'abstenaient d'investir au Québec parce que la situation politique était « intenable ». […] nous avons eu droit en novembre 2000, sous les bons auspices de Lucien Bouchard, à l'achat par Power des autres journaux de langue française, Le Soleil, Le Droit et Le Quotidien de Chicoutimi, ce qui portait son niveau de contrôle de la presse écrite au Québec à 70%. 12. L’État Desmarais et les médias : 40 ans de « propagande subtile » et moins subtile […] 11 février 1994 d'André Pratte. Le chroniqueur a reproduit certains extraits d'une conversation téléphonique qu'il avait eue avec un lecteur, extraits qu'il qualifie lui-même de « vision confuse et caricaturale de la société québécoise », mais en ajoutant qu'elle avait « son fond de vérité ». Suit une liste des doléances du lecteur sur l'hypocrisie des policiers et leurs beignes gratuits, des politiciens et leurs revenus cachés et de... Power Corporation. « Tout est dirigé par Power Corporation, tout le monde sait ça. Chrétien, Johnson, c'est Power Corporation […] On est tellement pourris qu'on s'en vient pire que les Américains. Mais c'est pas eux qui ont le contrôle, c'est Power Corporation. » […] Paul Desmarais aurait appelé directement le vice-président et éditeur adjoint de La Presse, feu Claude Masson, qui a démis André Pratte de ses fonctions. Une semaine plus tard, M. Pratte a été réintégré à la suite des protestations du syndicat et d'une grève des signatures dans l'édition du journal du 17 février. Réintégré, oui, mais avec une lettre de réprimande à son dossier et une prolongation de six mois de sa période d'essai aux fonctions de chroniqueur du journal. […] Quel jeune journaliste et quel journaliste d'expérience oseraient dire la moindre chose défavorable à Power Corporatino dans quelque journal que ce soit ? […] Songeant à son avenir dans ce pays où les débouchés dans le journalisme de langue française sont très très limités, ce journaliste, jeune ou vieux, se dirait : « Un jour, je vais peut-être vouloir travailler pour un journal de Gesca ». Donc, pas touche ! Premier impact de la concentration des médias : on exclut du débat, pour nous, certaines personnes et certaines entreprises, qui sont intouchables. De même, certaines opinions et enquêtes sont carrément interdites. Ce n'est pas une histoire qu'on lirait dans un journal appartenant à Power Corporation, car le Groupe Investors s'y trouve épinglé. Pourtant, les dommages aux investisseurs sont estimés à environ 2 milliards de dollars, alors que Vincent Lacroix, cible de choix des médias québécois, a été condamné pour avoir pris 84 millions de dollars des investisseurs de Norbourg. Si l'estimation des experts du recours collectif est juste, les 84 millions des investisseurs de Norbourg ne font qu'environ 4% des dommages subis par les investisseurs des fonds communs de placement, dont le Groupe Investors. Le relatif silence des médias appartenant à Power Corporation sur le scandale des fonds communs comparé au bruit assourdissant dans le cas de Vincent Lacroix n'est que le reflet du pouvoir des grands fonds communs et de leurs propriétaires d'imposer le silence et de l'incapacité de Vincent Lacroix de faire pareil. […] alors que la concentration de la presse était beaucoup moins grave qu'elle ne l'est aujourd'hui, Pierre Godin a réalisé un sondage auprès des journaliste de La Presse et cité à l'appui le mémoire du Syndicat des journalistes de Montréal présenté en 1969 au Comité de l'Assemblée nationale chargé d'enquêter sur la concentration des entreprises d'information. Son constat est d'une étonnante actualité : « La concentration compte peu d'amis chez les journalistes. Et ceux qui n'y sont point opposés la redoutent tout de même. Pour les principales raisons suivantes : diminution de la liberté d'expression, moins grande sécurité d'emploi, autocensure plus fréquente, perte de confiance du public à leur endroit, asservissement encore plus marqué au commercialisme, dégradation de la qualité de l'information, anonymat d'une direction lointaine et absente. » […] Et lorsque la concentration atteint le point, comme au Québec, où tous les médias ou presque appartiennent aux empires de Power Corporation, de Quebecor, de Radio-Canada et de Corus, on peut ajouter quelques autres raisons de s'y opposer, notamment le comportement de mouton qui fait en sore que lorsqu'un empire saute sur un sujet, les autres lui emboîtent servilement le pas de crainte de perdre des lecteurs, de voir chuter leurs cotes d'écoute et leurs recettes publicitaires. Cet engouement contagieux pour un sujet, qu'il soit important ou non, s'accompagne de son contraire, le boycottage contagieux de sujets et de personnes. Voici une autre observation percutante de Pierre Godin qui date de... 1973 : «  Trudeau et Bourassa ont leurs représentants dans les centres où s'élabore la politique d'information des moyens de diffusion regroupés autour du président de la Power Corporation. Et comme Ottawa a aussi la haute main (de plus en plus pesante) sur Radio-Canada, qu'il s'acharne à mettre à son pas depuis 1968, ne peut-on pas alléguer avec une inquiétude frémissante que la mission d'informer le peuple québécois repose dans les mains d'une même et grand famille : la Power Corporation le Parti libéral et Radio-Canada. » Changer quelques noms, ajouter un conservateur ici et là et le texte sera autant d'actualité en 2008 qu'il l'était en 1973. […] au moment même où l'empire Desmarais mettait la main sur Le Soleil et les deux autres quotidiens, sa société Gesca était en train de conclure une entente secrète de collaboration avec Radio-Canada, qui n'a été dévoilée que sept ans plus tard grâce au travail acharné du rédacteur en chef du journal Le Québécois, Patrick Bourgeois. […] ce que l'autorité réglementaire du gouvernement du Canada a interdit à l'entreprise de Paul Desmarais Power/Gesca, soit de faire converger ses journaux et un grand réseau de télévision au Québec, une autre ramification du même gouvernement, la Société Radio-Canada, en a permis la réalisation, mais en secret, à l'abri même du regard des journalistes et du régulateur. Par l'entente secrète qui date du 18 janvier 2001, complétée par une série d'autres ententes spécifiques mais encore secrètes, La Presse et la radio et la télévision françaises de Radio-Canada : « ont convenu d'unir leurs efforts dans des domaines clés de leurs activités de façon à créer des synergies et à augmenter, par une action complémentaire, leur impact dans l'environnement médiatique actuel. Cette collaboration s'effectuera principalement dans les deux domaines suivants : (i) la promotion croisée et (ii) l'Internet, ces concepts étant définis ci-dessous. De plus, les parties s'entendent pour poursuivre leurs discussions pour collaborer et mettre en commun leurs ressources dans de nouveaux champs d'action communs tels [sic] (iii) la production de contenus, la création et la mise en marché de nouveaux produits médiatiques, et l'organisation d'événements culturels et sociaux. » Qui dit collaboration en production de contenus dit collaboration éditoriale ! Qui dit « promotion croisée » dit nécessairement promotion croisée sur le plan éditorial ! […] cette entente gardée secrète pendant sept ans est complétée par toute une série d'ententes spécifiques que les deux parties s'acharnent encore aujourd'hui à garder secrètes. Pour réussir cette acquisition de La Presse, Paul Desmarais a promis au premier ministre Lesage que le journal resterait indépendant des partis politiques – promesse qu'il ne tient plus depuis longtemps vu son appui indéfectible au Parti libéral du Québec. […] quand Paul Desmarais a rappliqué la troisième fois, c'est Lucien Bouchard, chef du Parti québécois, qui a baissé les bras et fait confiance à « l'éthique capitaliste » de Paul Desmarais. […] il note au sujet plus particulier de la presse écrite qu'elle « est le véritable royaume de l'entreprise privée, qui y jouit de la liberté la plus entière au détriment même du droit à l'information reconnu aux citoyens par la Charte québécoise des droits et libertés. Rien, en effet, ne réglemente la presse écrite, si ce n'est la possibilité de poursuites civiles en dommages et intérêts pour ceux qui y sont diffamés. » Le Conseil de presse a été fondé en 1973, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, en 1969. En ce qui concerne cette dernière, fondée au moment où la contestation de la concentration de la presse et de l'empire Power atteignait un sommet, il est plus que navrant de constater que Gesca est devenue l'un de ses deux principaux commanditaires, l'autre « partenaire d'argent » étant... Radio-Canada ! […] Comment peut-on s'attendre aujourd'hui, de la Fédération professionnelle des journalistes, à des critiques sérieuses de ces deux monstres de l'information ? La commission Kent a pourtant fait des recommandations particulièrement intéressantes […] À titre d'exemple, la loi sur les journaux qu'elle a proposée devait « renfermer des dispositions visant à prévenir toute nouvelle concentration et à réduire les pires aspects de celle qu'on a tolérée jusqu'ici ». Parmi les critères proposés pour empêcher l'acquisition de journaux par une société, cette commission fixait à 5% de tous les quotidiens du Canada (calculé sur une base hebdomadaire) le maximum qu'une seule société pouvait détenir. Elle proposait aussi qu'une société ne pourrait détenir deux journaux dont l'endroit de publication était à moins de 500 kilomètres l'un de l'autre. Appliqués au Québec, ces critères pourraient mettre rapidement fin à la concentration de la presse écrite. Une distance de 260 kilomètres sépare Montréal de Québec. Si vous possédez un journal à Montréal, vous ne pourrez pas en détenir un autre à Québec, ni à Trois-Rivières, ni à Sherbrooke, et ainsi de suite. En 1995, le premier ministre Jacques Parizeau a abondé dans ce sens, d'ailleurs, quand il a proposé tout simplement que les trois grands propriétaires de journaux, Paul Desmarais, Pierre Péladeau et Conrad Black, ne gardent qu'un seul journal chacun et se départissent des autres. On sait, toutefois, que c'est le contraire qui s'est produit. Le professeur Robert Hackett de l'Université Simon Fraser à Vancouver a noté qu' »au milieu des années 1990, le Canada possédait la distinction peu reluisante d'avoir le plus haut degré de concentration de la presse dans le monde industriel. » […] Déjà en 1970, par ailleurs, le Comité Davey sur la concentration des médias avait constaté que « c'est au Québec que la concentration des médias avait constaté que « c'est au Québec que la concentration est la plus avancée » au Canada. Ce constat s'est amplifié sans cesse depuis 1970. La concentration des années 1930 avait cependant fait mouche, car elle a réussi à faire retarder de 30 ans la nationalisation de l'électricité. De l'institution « irrévocablement dévouée aux intérêts canadiens-français » qu'elle était jusqu'à la prise de contrôle de Desmarais, La Presse est devenue sous lui d'abord une « entreprise canadienne avant d'être d'expression française ». Devant le comité sénatorial, le 24 février 1970, Paul Desmarais et son associé Jean Parisien ont précisé deux fois plutôt qu'une qu'ils ne permettraient jamais à leurs journaux d'appuyer de quelque manière que ce soit le parti dirigé par René Lévesque ou la souveraineté, entre autres parce que « nous représentons des entreprises canadiennes et ce serait sûrement aller à l'encontre de nos lignes de conduite et de celles de nos directeurs et de nos présidents que d'encourager le séparatisme. » Paul Desmarais : « […] si l'un de nos journaux devenait séparatiste, il nous faudrait intervenir. […] nous parlerions au président de la société en cause, lui demandant de nous expliquer pourquoi il s'est écarté des normes. » De cette entrevue de 2008, comme celles du début des années 1970, il ressort clairement, pour Paul Desmarais, que son empire médiatique doit servir à faire accepter sa vision unitaire et anti-souverainiste du Canada ainsi que sa vision anti-syndicale et anti-changement social. C'est exactement ce que son adjoint Claude Frenette a déclaré à un agent de l'ambassade des États-Unis six mois après que Paul Desmarais ait acheté La Presse : « Power Corporation a l'intention d'utiliser le réseau de télévision et de presse qu'elle contrôle au Québec pour aider à battre le séparatisme à l'aide d'opérations de propagande subtile. » Celui qui contrôle le journal fait passer son opinion non seulement à la page éditoriale, mais aussi dans l'information qui y paraît « à l'aide d'opérations de propagande subtile ». […] cette fameuse étanchéité qui séparerait la page éditoriale d'un journal de ses pages d'informations n'existe que dans l'esprit du naïf ou dans celui que Neruda appelle le « froussard embauché pour faire l'éloge des mains sales et qui mâchonne avec enthousiasme les déjections du souverain ». […] les états financiers sont jalousement gardés secrets des yeux mêmes des actionnaires de Power Corporation. Pourquoi tant de secret, même si cela coûte des millions de dollars en frais juridiques engagés pour s'opposer à la demande du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, le MEDAC, présidé par Yves Michaud ? Et si Power cachait les états financiers de Gesca parce que ces journaux sont déficitaires, on devrait conclure que les journaux servent à autre chose qu'à fournir un rendement sur l'investissement. Bref, si les journaux de Gesca sont déficitaires, leur rôle dans le grand empire de Power Corporation est devenu celui d'une division qui pourrait s'appeler : Gesca, une division de Power Corporation, Communications, Relations publiques et Lobbying. 13. Ce qui est bon pour Power Corporation… « Cette énorme opération de manipulation des masses par l'argent qui est aux mains du pouvoir parce que le pouvoir est aux mains de l'argent... Mais qui manipule ? Sinon ceux qui n'ont d'autre intérêt que l'argent pour le pouvoir et que le pouvoir pour l'argent. » - Pierre Perreault, De la parole aux actes […] Lucien Bouchard quelques mois après avoir quitté son poste de premier ministre : « Je trouve même qu'ils ne sont pas assez gros ! » « Le pire, disait Béland, c'est que ceux qui conseillent [Robert Bourassa] sont ceux qui n'ont rien à perdre sur le plan économique, ceux qui n'ont pas besoin de changement constitutionnel pour continuer à faire de bonnes affaires. Desmarais, lui, quand il s'aperçoit que c'est plus rentable en Europe qu'au Québec, il va mettre son argent en Europe. Il se fout bien du Québec. » Les vaches à lait de Power Corporation, celles qu'il faut préserver, protéger et cajoler par tous les moyens disponibles, sont donc, dans l'ordre, la Great-West Life et la Financière IGM (Investors) et Parjointco. La Great-West et le Groupe Investors sont d'abord et avant tout des entreprises canadiennes-anglaises ayant leur siège social à Winnipeg. Dans de telles entreprises canadiennes-anglaises, inscrites à la Bourse de Toronto, ayant leur siège à Winnipeg, quel dirigeant permettrait que la politique québécoise vienne troubler le ronron des affaires ? […] Pas étonnant alors de constater que Power Corporation a approuvé, par un silence officiel assourdissant jumelé à un appui éditorial, l'acquisition de la Bourse de Montréal par la Bourse de Toronto. Des modifications récentes à la Loi sur les banques font en sorte que la Banque Nationale est maintenant achetable ! En effet, comme l'a démontré Jacques Parizeau lors d'une conférence en février 2008, Ottawa a modifié la Loi sur les banques pour qu'un seul actionnaire puisse détenir jusqu'à 65% de la Banque Nationale. […] La porte est donc ouverte pour Power Corporation. […] Peter C. Newman a écrit sur le rôle des banques : « [L]es hommes qui dirigent les banques du Canada règlent l'économie de la nation. Ils choisissent celui qui réussira et celui qui échouera, agissant comme des arbitres du système ». Voilà un rôle que Power Corporation possède déjà dans certains domaines, mais qu'il voudrait bien étendre à d'autres […] Power dans ce domaine, la façon la plus facile d'atteindre des sommets encore plus hauts sera de faire des pressions sur le domaine de la santé. D'où l'assaut idéologique et médiatique de Power Corporation, qui accompagne les assauts juridiques dont celui de l'arrêt Chaouilli de la Cour suprême, contre le réseau et les services de santé publics et pour la mainmise du privé sur ce service essentiel. À titre d'exemple, l'Institut économique de Montréal, présidé par Hélène Desmarais, a été et demeure le fer de lance idéologique du mouvement pour la mainmise du privé sur une partie importante de notre réseau de santé. Et les éditorialistes de La Presse, Alain Dubuc et André Pratte en tête, dirigent l'assaut médiatique, notamment en applaudissant l'arrêt Chaouilli en 2005 qui a ouvert la porte aux entreprises d'assurances. […] le Québec a sans doute fait plaisir à Power Corporation en décidant de faire deux hôpitaux universitaires à Montréal au lieu d'un seul comme c'est le cas dans d'autres grandes villes comme Toronto ou Chicago. Cette décision insensée aboutira à un gaspillage de fonds publics sans précédent et, vu la saignée de ces fonds, une entrée massive du privé dans la santé au Québec à tous les niveaux. Mais les riches n’aiment pas côtoyer les pauvres ni les paumés et les pouilleux de la société. D’où l’acharnement de l’empire Desmarais pour faire bâtir le Centre hospitalier de l’Université de Montréal, le CHUM, sur le site de la gare d’Outremont plutôt que sur celui de l’Hôpital Saint-Luc dans le bas de la ville de Montréal. Paul Desmarais négociait, pour l’Université de Montréal, l’acquisition du site de la gare d’Outremont, et Hélène Desmarais s’est activée sur toutes les tribunes. En même temps que les assureurs toucheront le gros lot grâce à la privatisation de la santé, les fonds communs de placement compteront sur les centres médicaux privés pour obtenir de gros rendements sûrs. En somme, la sécurité financière de Power Corporation dépend de l’insécurité croissante de la population : insécurité financière et insécurité médicale. Quand le propriétaire de 70% de la presse écrite tire une partie importante de ses revenus des industries pétrolières et gazières et, de toute évidence, planche sur ces industries pour l’avenir, on ne peut s’attendre à des enquêtes environnementales sérieuses dans ses médias. L’influence des intérêts de Power Corporation s’exerce également sur l’exploration pétrolière et gazière au Québec. En 2002, Hydro-Québec a annoncé qu’elle allait investir 330 millions de dollars jusqu’en 2010 dans l’exploration pétrolière et gazière au Québec, ce qui représentait, selon André Caillé, alors PDG d’Hydro-Québec, « un potentiel intéressant pour l’enrichissement collectif des Québécois ». Sous le gouvernement Charest, toutefois, la responsabilité de cette activité a été retirée à Hydro-Québec et confiée au secteur privé. Avec Total et GDF Suez sous son contrôle, Power Corporation est bien perchée pour en tirer tous les bénéfices. Le pétrole et le gaz, mais aussi l’eau. L’or bleu est une matière de l’avenir sur laquelle GDF Suez, par l’entremise de Suez Environnement et sa filiale La Lyonnaise des eaux, voudrait étendre ses tentacules. On peut donc s’attendre à une surenchère sur l’incapacité du secteur public de gérer les infrastructures municipales d’alimentation en eau. Power et compagnie seront là pour en ramasser les morceaux et nous les payerons. En somme, la Révolution tranquille a permis au Québec de se doter d’un réseau de services de santé public de qualité , de sociétés d’État capables d’assurer un développement économique équitable et relativement constant, d’infrastructures municipales d’envergure et d’un réseau scolaire et universitaire public remarquable, alors que la règle absolue de l’entreprise privée jusqu’en 1960 avait tenu le Québec dans la pauvreté et l’ignorance. Ce qui est bon pour le Québec, c’est de garder le cap de la Révolution tranquille, de poursuivre dans l’esprit audacieux qui a animé les artisans de cette Révolution, d’améliorer ces réseaux, ces sociétés d’État et ces infrastructures, et d’être à l’affût de toutes les nouvelles occasions qui s’offrent. En revanche, ce qui est bon pour Power Corporation et ses aliiés, c’est de mettre la main sur des pans entiers de l’héritage de la Révolution tranquille. De les gérer dans le seul but de faire croître l’empire Desmarais et de faire porter « les bénéfices d’exploitation de la Finacière Power et de Power Corporation à de nouveaux sommets ». Les intérêts de Power Corporation et ceux du Québec sont contradictoires. Il est temps de le reconnaître et d’agir en conséquence. Et Paul Desmarais y aurait été vraisemblablement pour quelque chose dans la transmutation en 1998 de Jean Charest d’un chef du Parti conservateur du Canada en un chef du Parti libéral du Québec. Et dans l’éjection cavalière de l’ancien chef du Parti libéral, Daniel Johnson. Donnons la parole à André Pratte, qui a écrit la biographie de l’énigmatique Jean Charest, L’énigme Charest : « Certains croient que le père du géant financier Power Corporation, Paul Desmarais, ami de la famille Johnson, aurait suivi tout cela de près. Le milieu des affaires aurait même offert à Charest un « pont d’or », lui garantissant par exemple de payer l’éducation de ses enfants. […] » Conclusion […] la famille Desmarais préside le conseil d’administration, par exemple, de chacune des organisations suivantes : la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (Hélène Desmarais), l’Institut économique de Montréal (Hélène Desmarais), le Forum économique international des Amériques/Conférence de Montréal (Paul Desmarais fils) et HEC Montréal (Hélène Desmarais, présidente du conseil d’administration, et Paul Desmarais fils, président du conseil consultatif international). S’il est vrai qu’une participation, même à titre de président du conseil d’administration, n’équivaut pas au contrôle de l’organisation, il est aussi vrai que la participation au niveau décisionnel de membres de l’État Desmarais a pour effet de neutraliser, de paralyser ou de compromettre l’organisation lors de controverses politiques importantes qui touchent aux intérêts du Québec et à ceux de Power Corporation. Le cas de l’achat de la Bourse de Montréal par celle de Toronto en 2008 en est un exemple. La privatisation de la santé au Québec en est un autre. Et quelle sera la réaction de chacune de ces organisations, qui ont toutes une mission économique, lorsque Power Corporation mettra la main sur la Banque Nationale ? On peut gager déjà que leur silence sera assourdissant. Il y a, bien sûr, le domaine de Sagard, sorti tout droit de l’aristocratie française d’avant la Révolution, d’une superficie de 75 kilomètres carrés et dont le château aurait coûté entre 40 et 70 millions de dollars. Mais il y a aussi le domaine de Paul Desmarais fils au bord du lac Memphrémagog, en Estrie, et le club de golf ultra-luxueux et privé qu’il a fait construire près de Georgeville. Paul Desmarais est profondément antidémocratique. Il veut du pouvoir, mais il a refusé de faire de la politique parce que, dit-il : « Je ne veux pas dépendre d’un gars dans un coin qui va voter contre moi ». Il est un homme d’affaires qui s’est enrichi énormément, mais, comme nous l’avons vu, son histoire n’est pas celle d’un entrepreneur audacieux et innovateur comme J.-A. Bombardier, Guy Laliberté ou même Pierre Péladeau. Et c’est Paul Desmarais lui-même qui le dit : « Même en y rfléchissant bien, je ne trouve rien que j’ai commencé… Commencer à zéro, c’est trop lent pour moi. » En effet, la description la plus juste de Paul Desmarais est, selon nous, celle qu’un haut fonctionnaire de la Commission européenne a donnée d’Albert Frère, principal associé des Desmarais en Europe : « Pour moi, c’est un prédateur ; il a joué au Monopoly, mais n’a jamais créé richesse ni emploi » Même le mécénat des Desmarais, qui les distingue d’Albert Frère, doit être mis en perspective. Quand un homme qui vaut 5 milliards de dollars donne un million à une œuvre, c’est, proportionnellement, comme un homme qui vaut 100 000 dollars qui donne une billet de 20 dollars. Le don de 20 dollars mérite même plus de respect que celui du multimilliardaire, car il n’y a aucun retour sur ce don, aucune reconnaissance, aucun doctorat honorifique, aucun pavillon qui portera son nom. Le don de 20 dollars relève de l’altruisme alors que celui du multimilliardaire relève d’une stratégie de communication et de relations publiques ayant comme objectif de faire grossir le butin de l’État Desmarais.  SHAPE 
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Livres préférés :
Une histoire de tout… ou presque de Bill Bryson
Vivre – la psychologie du bonheur de Mihaly Csikszentmihalyi
Dieu n’est pas grand de Christopher Hitchens

Lectures essentielles pour comprendre le Québec contemporain :
Le livre noir du Canada anglais, en trois tomes, de Normand Lester
Le référendum volé de Robin Philpot
L'État Desmarais : POWER de Robin Philpot

Films préférés :
Gandhi (avec Ben Kinsley)
Le dictateur de Chaplin
Films tournés au Danemark par Susanne Bier

Films québécois préférés :
Godin de Simon Beaulieu
Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau
Incendies de Denis Villeneuve

Héros du Québec :
Camille Laurin (père de la loi 101)
René Lévesque (sens aigu de la démocratie)
Jacques Parizeau
Yves Michaud
Amir Khadir
Michel Chartrand
Les journalistes courageux et pertinents : Louis-Gilles Francoeur, Antoine Robitaille.
Les chansonniers et poètes : Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Pauline Julien, Fred Pellerin
Les humoristes engagés : Yvon Deschamps, François Parenteau, Christian Vanasse, Léo-Paul Lauzon
Louis-Joseph Papineau
Samuel Champlain (nombreux voyages réussis, cartes et écrits admirables, humaniste avant l'heure, ami des Amérindiens, pacificateur)
Honoré Mercier
Pierre Bédard (politicien influent du début du 19e siècle, avocat, démocrate, spécialiste de l'Acte constitutionnel de 1791, fondateur des premiers journaux canadiens français (Le Canadien et Le Courrier)
Normand Lester (pour son travail d'enquête éclairant sur les camouflages historiques canadiens)
Robin Philpot (pour ses enquêtes courageuses sur des sujets tabous)
Jacques Languirand (pour son ouverture et sa vulgarisation intarissable)

Héros universels
Gândhî
Luther King
Mandela
Marie Curie
Einstein
Clair Patterson (pour sa lutte kamikaze contre le plomb)

Héros universels en probation (leur œuvre est en cours)
Julian Assange
Rudolf Elmer (ex-banquier qui met à jour les informations secrètes)
Bradley Manning

Pires ennemis du Québec:
Paul Desmarais (roi nègre possédant 70% de la presse écrite du Québec)
Pierre Elliott Trudeau (pour la loi des mesures de guerre et la constitution anti-démocratique de 1982, pour le torpillage de Meech)
Stephen Harper (pour son dogmatisme aveugle coupant les miettes de la culture et de la science pour donner des milliards aux pétrolières et à l’armement)
Jean Charest (dilapidateur de nos ressources et de notre patrimoine culturel)
Les journalistes propagandistes de Power-Desmarais : André Pratte, Alain Dubuc, Lysiane Gagnon ( HYPERLINK "http://fr.canoe.ca/infos/environnement/archives/2009/12/20091219-074701.html"preuve ici).
André Caillé (parce qu’en 1995 il rejette le plan d’avenir de nos ressources énergétiques concocté conjointement par Parizeau, les experts de tous horizons et les écolos)
Pierre-Karl Péladeau (anti-syndicaliste, capitaliste sauvage, possède 27% de la presse écrite québécoise et de nombreux journaux canadiens anti-québécois)
Brian Tobin (« capitaine Canada »)
Sheila Copps (toutes les dépenses sont bonnes pour écraser les séparatistes)
Paul Martin (champion de l'évasion fiscale : « il faut jouer le jeu de la concurrence » (2004))
Mordecaï Richler (diffamateur ingrat du Québec)
Conrad Black (propriétaire du cartel de médias canadiens-anglais anti-québécois)
Jean Chrétien
Laurent Beaudoin (président de Bombardier lors du référendum de 1995)
Stéphane Dion (loi sur la « clarté »)

Bons films engagés :
Finance et capitalisme
Inside job
Papa à la chasse aux lagopèdes (Robert Morin)
The Corporation
Alimentation
Les alimenteurs
Homo toxicus
Le monde selon Monsanto
L’effet bœuf
Bacon
Société et éducation
Chercher le courant
République : un abécédaire populaire
The manufacturing consent
Technologie
Who killed the electric car ?
Militantisme et humour engagé
Les Zapartistes
The Yes Men (le premier et « … fix the world »)
Yvon Deschamps
Boucar Diouf

Acteurs judicieux (dans le choix de leurs scénarios) : Sean Penn, George Clooney

Romanciers préférés :
R. J. Ellory (policier et politico-socio-historique)
Stieg Larsson
Policiers : Michael Connelly
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Transparence et démocratie
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« Le parti le plus médiatisé a toujours été, est et sera toujours le parti qui est élu. […] On a fait cet exercice là dans deux campagnes provinciales en Ontario, fédérales au Canada, aux États-Unis, provinciales au Québec, et ça se confirme à chaque fois. […] Au Canada, les conservateurs ont généré environ 37% de toute la couverture [médiatique], les libéraux 26%... Ça ressemble pas mal aux sondages. » - Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, le 19 avril 2011, à l'émission Christiane Charette

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Extrait d’entrevue de Julian Assange en Angleterre avec David Le Bailly - Paris Match, 26 déc. 2010
« La transparence doit être proportionnelle au pouvoir que l’on a. Plus on a de pouvoir, plus les dangers générés par ce pouvoir sont importants, et plus il y a besoin de transparence. Inversement, plus on est faible et plus il y a de dangers à être transparent.
Vous appelez à la transparence mais nous savons très peu de chose sur WikiLeaks. Et que sait-on de News Corporation, la société de Rupert Murdoch ? Des actifs qu’il a cachés dans les paradis fiscaux ? Que sait-on sur la plupart des multinationales ? Absolument rien. Je n’ai pas à m’excuser. Oui, les noms et les adresses de nos collaborateurs ne sont pas communiqués. Deux de nos collaborateurs ont été assassinés au Kenya, nous avons aussi été attaqués au Luxembourg. Nous sommes confrontés à des enjeux de sécurité. Nos financements étaient publics et, à cause de cela, ils ont été gelés, saisis. Pour nous protéger, protéger nos sources, nous avons besoin du secret. Nous ne faisons pas la promotion de la transparence. Seulement de la transparence des organisations les plus puissantes.
WikiLeaks est devenu une organisation puissante. C’est absurde ! Nous sommes une toute petite entité, en perte de ressources financières. Et nous sommes attaqués par les États-Unis et leurs alliés. Nous ne sommes pas une superpuissance !
Pourtant, vous avez acquis un véritable pouvoir. Tout le monde aujourd’hui connaît WikiLeaks. Tout le monde connaît WikiLeaks. Mais la réalité, c’est que j’étais à l’isolement et qu’aujourd’hui je suis assigné à résidence. Alors que les personnes dans l’administration américaine qui ont organisé des meurtres par milliers, des crimes de guerre, la torture, sont en liberté. Nous sommes une organisation certes courageuse, mais pas puissante. »  SHAPE 
« L'acteur, c'est d'abord Jean Jaurès, par exemple, persuadé que pour faire la guerre, il faut le vouloir, et que la gâchette du fusil ne se déclenche pas toute seule. La guerre n'est pas un tremblement de terre subi en raison des lois de la nature. Les lois des hommes, les lois des sociétés laissent la place à l'initiative. Jusqu'au premier affrontement, la paix reste toujours possible, sauf à confondre ce qui est très probable et ce qui serait nécessaire. » - Grandes légendes de la pensée de Henri Pena-Ruiz

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Télévision et développement des enfants
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 HYPERLINK "http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20100503-lexposition-precoce-a-la-television-a-des-effets-negatifs-et-durables-sur-les-jeunes-enfants.html"L'exposition précoce à la télévision a des effets négatifs et durables sur les jeunes enfants 
Pour des enfants plus intelligents et plus minces, éloignez-les des écrans de télévision lorsqu'ils sont petits. En effet, une étude aux résultats consternants, menée par des spécialistes de la petite enfance de l'Université de Montréal, du CHU Sainte-Justine et de l'Université du Michigan, parue dans Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, révèle que l'exposition à la télévision dès l'âge de deux ans est lourde de conséquences pour les enfants et peut se solder par des difficultés de scolarisation et de mauvaises habitudes pour la santé.
« Chez les enfants d'âge préscolaire, nous avons découvert que chaque heure passée devant un écran de télévision correspond à une diminution future de l'intérêt en classe et de la réussite en maths, augmente le risque de victimisation par les camarades de classe, favorise la sédentarité et la consommation d'aliments mauvais pour la santé et, enfin, augmente l'indice de masse corporelle », déclare Linda S. Pagani, auteure principale de cette étude, professeure à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal et chercheuse au CHU-Sainte-Justine.
L'objectif de l'étude était de déterminer l'impact futur de l'exposition à la télévision dès l'âge de deux ans sur la réussite scolaire, les choix en matière d'habitudes de vie et le bien-être général des enfants. « Entre l'âge de deux et quatre ans, même une exposition marginale à la télé retarde le développement », indique Linda Pagani.
Au total, 1 314 enfants ont pris part à cette recherche qui faisait partie de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ). Les parents devaient indiquer le nombre d'heures que les enfants passaient devant la télévision à 29 mois et à 53 mois. Les enseignants devaient pour leur part évaluer les habitudes scolaires, psychosociales et en matière de santé des enfants; l'indice de masse corporelle (IMC) a été mesuré à 10 ans.
« La petite enfance est une période essentielle pour le développement du cerveau et la formation du comportement, rappelle la professeure Pagani. Une forte consommation de télévision pendant cette période peut déboucher sur de mauvaises habitudes pour la santé. Malgré les recommandations très précises de l'American Academy of Pediatrics en la matière, qui suggèrent de limiter la consommation d'images télévisuelles avant l'âge de deux ans, la majorité des parents ne connaissent ni cette recommandation, ni les effets que la télévision peut avoir sur leurs enfants. »
Survol des résultats : Selon l'étude, une consommation excessive de télévision chez les enfants entre l'âge de deux et quatre ans permet de prédire :
une diminution de sept pour cent de l'intérêt en classe;
une diminution de six pour cent de la réussite en maths (sans effets négatifs sur l'apprentissage de la lecture);
une augmentation de 10 pour cent du risque de victimisation par les camarades de classe (rejet des pairs, taquineries, agressions et insultes par d'autres étudiants);
une diminution de 13 pour cent de l'activité physique pendant les fins de semaine;
une diminution de neuf pour cent de l'activité physique générale;
une augmentation de neuf pour cent de la consommation de boissons gazeuses sucrées;
une augmentation de 10 pour cent du grignotage;
une augmentation de cinq pour cent de l'IMC.
« Alors que l'on s'attendait à ce que l'impact de l'exposition précoce à la télévision disparaisse après l'âge de sept ans et demi, nous avons été consternés par la persistance des résultats négatifs, déclare la professeure Pagani. En termes de santé publique, ces résultats constituent un argument solide contre l'exposition excessive à la télévision pendant la petite enfance et devraient inciter les parents à tenir compte des recommandations de l'American Academy of Pediatrics à ce sujet. »
Puisque l'exposition à la télévision encourage un mode de vie sédentaire, précise la professeure Pagani, il importe de réduire le nombre d'heures que les jeunes enfants passent devant la télé pour éviter qu'ils ne prennent plus tard des habitudes physiques et mentales passives : « Il est clair que l'exposition à la télévision se substitue au temps qu'il est possible de consacrer à d'autres activités plus enrichissantes et plus propices au développement cognitif, comportemental et moteur. »
« L'intérêt de cette étude tient à ce qu'elle confirme les soupçons que l'on avait au sujet de la télévision et que des projets de plus petite envergure avaient déjà mis en évidence. L'étude a opté pour une approche plus complète et a pris en compte plusieurs facteurs parentaux, pédiatriques et sociétaux simultanément », ajoute-t-elle. -  HYPERLINK "http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20100503-lexposition-precoce-a-la-television-a-des-effets-negatifs-et-durables-sur-les-jeunes-enfants.html"www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20100503-lexposition-precoce-a-la-television-a-des-effets-negatifs-et-durables-sur-les-jeunes-enfants.html, communiqué du 3 mai 2010, aussi paru dans la revue Les diplômés, no 419, automne 2010
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« Bébé Einstein » et « Bébé surdoué » peuvent faire plus de mal que de bien. Des chercheurs de l’Université de Washington ont constaté chez des enfants que durant chaque heure de la journée passée à regarder ces types de vidéos populaires, ces enfants apprenaient 6 à 8 nouveaux mots de moins que des enfants qui n’en regardaient aucun. L’effet était pire chez les enfants âgés de 6 à 18 mois, moment où l’apprentissage du langage commence à se développer.
« Il existe une croyance qui veut que la stimulation soit une bonne chose ; donc, plus de stimulation est encore mieux, » indique le Dr. Dmitri Christakis. « Mais il existe une autre réalité : la stimulation à outrance. » Cette recherche universitaire a également révélé que plus un enfant regarde la télévision, plus il aura de la difficulté à se concentrer pour de longues périodes de temps, plus tard dans la vie. D’autres recherches indiquent que le fait de regarder la télévision – même des émissions éducatives pour enfants – retarde le développement du langage. « Les bébés ont besoin d’interactions directes et personnelles pour apprendre, » soutient le Dr.Vic Strasburger, un porte-parole de l’Académie américaine de pédiatrie, qui recommande de bannir la télévision pour tous les enfants qui n’ont pas atteint l’âge de 2 ans. Les recherches indiquent que les bébés apprennent plus vite et mieux dans les interactions avec une personne qui leur parle, qu’en regardant la même personne leur parler sur un écran. Les enfants à qui on fait la lecture quotidiennement ou à qui ont lit des contes, apprennent le langage un peu plus rapidement que les autres. « Toute interaction avec votre enfant est marquante, » ajoute le Dr.Christakis. « Le nouveau-né apprend et retient tout ce que vous faites. »
- bulletin Possibilités - printemps 2010 du régime d’épagne-études USC
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« La Stupidité visuelle est contagieuse »
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/blogues/la-chronique-de-normand-lester/la-stupidit-t-l-visuelle-est-contagieuse-son-123640806.html
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« Les enfants qui jouissent d’une plus grande autonomie sont plus enclins à s’impliquer dans leur activité à long terme. »
- Geneviève Mageau, professeure de psychologie à l’Université de Montréal
« Le groupe d’âge des 2 à 5 ans passe 25 heures par semaine devant la télévision traditionnelle. Si on ajoute les DVD et les jeux vidéo, cela totalise 32 heures par semaine. Ce groupe d’âge est celui qui regarde le plus les publicités. »
- Résultats d’une enquête de la Société Nielsen (fournisseur de stratégies publicitaires)
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« Le terme [grec] scholé a donné le mot « école » ; il signifie d'abord le loisir, c'est-à-dire non pas la paresse, mais la libre activité à laquelle s'adonne l'homme. » - Grandes légendes de la pensée de Henri Pena-Ruiz Le loisir doit être source d'instruction et non d'entropie téléphagiste. Aujourd'hui, la télévision est l'opium du peuple. - MG mars 2011  SHAPE 
L’apprentissage de la musique (et de tous les arts et sports) se fait surtout par imitation et répétition.

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Éducation
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Extrait d' HYPERLINK "http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/12/08/non-aux-hausses-des-frais-de-scolarite-et-oui-a-la-gratuite-scolaire-5604.qc"article d'un Sylvain québéco-suédois :
« Sur le site Internet du Parti libéral du Québec, dans la section « La justice sociale », on peut lire que toute personne a droit « à l’enseignement primaire, secondaire et collégial gratuit, à l’aide financière de l’État en cas de dénuement et pour la poursuite d’études postsecondaire » HYPERLINK "http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/12/08/non-aux-hausses-des-frais-de-scolarite-et-oui-a-la-gratuite-scolaire-5604.qc" \l "footnote_0_5604"1 . On comprend donc que la justice sociale s’arrête à la fin des études collégiales, à moins d’être vraiment tout nu. On le sait bien, les études universitaires, c’est pour les « pelleteux » de nuages ou les riches. Pourquoi ne pas cesser aussi de financer les études au Cégep? De toute façon, l’avenir est dans la construction au Québec. Il suffit d’un secondaire 4 et d’un diplôme d’études professionnelles pour que le Québec se construise. Les autres, s’ils en veulent des diplômes de « pelleteux » de nuage, qu’ils payent. C’est ça, chers amis du PLQ?
Spaghetti, les cerveaux ne quittent pas le Québec à cause des impôts supposément trop élevés, mais à cause de la médiocrité, à cause de la corruption, à cause des inégalités sociales et du marasme politique et social engendré en très grande partie par les sept années, bientôt huit, de régime libéral. À cause de ce régime pseudo-droitiste, corrompu et insignifiant par le fait que le socialisme est bon juste pour les amis du parti libéral du Québec. Oui aux garderies à sept dollars, mais en autant que les garderies appartiennent aux donateurs du PLQ.
Revenons à l’éducation: dramatisation
L’expérience de mon éducation au Québec fut désastreuse une fois rendu au niveau universitaire (C’est sans parler du fait que l’on explique pas ce qu’est une démocratie et pourquoi l’on doit voter avant d’arriver à l’université). Premièrement, parce que pour avoir droit aux prêts et aux bourses, il faut des parents pauvres, très pauvres. Des tout nus quoi. S’ils sont très pauvres, t’as de la chance, parce que tu pourrais avoir droit au prêt et à la bourse, puis même aider tes parents avec cet argent. Si tes parents sont juste pauvre, là ça va mal, tu peux oublier la bourse. Si tes parents sont presque plus pauvres, c’est foutu, ni prêt ni bourse. Tes parents paient des impôts, mais c’est pour l’envoyer aux amis dans la construction du Parti libéral du Québec, pas pour l’éducation.
Pour avoir droit à de l’aide financière aux études, si tes parents sont presque pas pauvre, il faut cesser d’étudier pendant 24 mois afin d’être indépendant de tes parents. Quand tu veux retourner aux études, tu te rends compte que si tu n’as pas mis d’argent de côté pendant ces 24 mois parce que tu travaillais au salaire minimum au Mc Donald’s, le gouvernement ne te donne pas de bourse et coupe ton prêt.
Tu recommences, tu travailles au Mc Donald’s, à faire cuire des frites, au lieu de passer ton temps dans tes livres. Cercle vicieux. Tu lâches l’école parce que t’es en dépression et que tu n’arrives pas à avoir de bons résultats académiques. Tu viens de faire perdre à l’État une année de scolarité. En plus, on va te blâmer pour ça. Si jamais tu te retrouves sur le B.S., on va t’ostraciser jusqu’au suicide. En revenant chez toi, à pied (parce que t’as pas les moyens d’avoir une voiture et que les transports en commun c’est pour les « pelleteux » de nuage, tu te foules la cheville dans un nid de poule. Tu comprends à ce moment que l’avenir, c’est dans la construction.
L’État libéral est assez futé. Il n’offre pas l’éducation gratuite universelle pour le niveau universitaire, mais offre des prêts, et quelques bourses, comme je le disais, pour les enfants des parents pauvres, vraiment pauvres. Le libéral juge que c’est le parent qui doit payer pour les études de leurs enfants, même si ces derniers sont pour la plupart majeurs et vaccinés lorsqu’ils débutent l’université. Les libéraux sont pour l’indépendance des individus, mais pour les étudiants, ils ne deviennent adultes que lorsqu’ils ont terminé leurs études.
De toute façon, à 16 ans, tous les Québécois devraient avoir leurs cartes de la construction et travailler. C’est comme ça que le Québec va se construire. Les ingénieurs, les architectes et les médecins, on les prendra à l’université McGill. Si ton nom est Tremblay, et que tu veux que tes enfants deviennent ingénieurs, lèche le cul des riches et de l’establishment en donnant de l’argent au Parti libéral du Québec et pars en guerre contre les « séparatisses ». C’est comme ça que tu vas monter dans l’échelle sociale et fabriquer un beau Québec soumis dans un Canada uni.
Ailleurs
L’éducation devrait être gratuite jusqu’à la fin du doctorat. C’est le cas, entre autres, en Suède. Non seulement l’éducation est gratuite jusqu’à la fin de l’université, mais les étudiants, dès l’âge de 18 ans, ont droit aux prêts et bourses, indépendamment de la situation financière des parents. Les parents peuvent posséder 10 maisons, un yacht et une Lamborghini en or, ce n’est pas grave, l’étudiant a droit à environ 1200$ par mois durant l’année scolaire, soit à environ 750$ en prêts et à 450$ en bourses. De plus, l’étudiant peut gagner environ 12 000$, en plus, par année sans que ni la portion du prêt ni la portion de la bourse ne soient coupées.
Attendez, ce n’est pas tout! L’étudiant peut choisir de seulement se prévaloir de la portion bourse, donc de 450$ par mois durant grosso modo 10 mois, pour un total de 4500$ par année, et ajouter à cette somme 12 000$ en revenus (Il n’y a pas de salaire minimum officiel, mais disons que le salaire pour travailler au Mc Donald’s est d’environ 14$ l’heure). Pour gagner le 12 000$, on peut le gagner en travaillant moins d’une journée par semaine pendant l’année scolaire et travailler à temps plein durant l’été, ce qui fait que le travail ne nuit pas aux études.
Donc, un étudiant en Suède n’a pas de frais de scolarité à payer. Il peut vivre facilement avec 16 500$ par année, (1375$ par mois sur 12 mois) et ce, sans même devoir s’endetter d’un sous noir. Mes chiffres ne sont pas à jour, car vu la crise économique, le gouvernement va augmenter les montants en 2011. Oui, augmenter, pas diminuer.
Ça, c’est de la justice sociale! En plus, les Suédois ont le droit de dire « nous, les Svensson », sans se faire traiter de racistes et de nazistes. Mais ça, c’est une autre histoire!
Au Québec, les pauvres doivent s’endetter pour étudier et travailler à 10$ de l’heure. S’ils gagnent juste un petit peu trop, le gouvernement coupe la portion bourse. Les grands gagnants sont les banques qui feront des profits avec les intérêts sur les prêts. Et ces banques, ce n’est pas à l’UQAM, l’Université de Montréal ou l’Université Laval qu’elles feront de gros dons par la suite. Oh que non! Ce sera, avec vos intérêts payés sur vos prêts étudiants, qu’ils feront de gros dons à McGill, Concordia et Bishop. Voilà la justice sociale au Québec.
Chut, ne le dites pas à trop de monde…
Ne le dites pas à trop de monde comment ça se passe ailleurs, car ça pourrait déstabiliser la paix sociale et on pourrait me voir comme un incitateur à la révolte. Contentez-vous de comparer le Québec avec l’Alberta comme la pseudo droite vous le répète à foison. Ça vous va comme ça les libéraux?
Dans cet article, je n’ai parlé que de la Suède, mais on pourrait regarder aussi du côté de la Norvège, de la Finlande et du Danemark, qui ont aussi une meilleure vision de ce qu’est la justice sociale en éducation, comparée à celle qu’a le gouvernement Charest. La Suède, présentement, est le pays qui s’en sort le mieux économiquement, bien devant le Canada, et elle se situe à la tête des pays de l’Union européenne:
« La croissance économique en Suède a encore accéléré au troisième trimestre avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,1% par rapport au trimestre précédent et de 6,9% sur un an, un niveau jamais atteint, a annoncé lundi le Bureau central de la statistique (SCB). Le chiffre de croissance annuelle de la Suède, qui devrait selon les prévisions afficher cette année la plus forte croissance de l’Union européenne, est le plus élevé jamais enregistré depuis que le SCB a commencé à mesurer la croissance trimestrielle en 1970. » HYPERLINK "http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/12/08/non-aux-hausses-des-frais-de-scolarite-et-oui-a-la-gratuite-scolaire-5604.qc" \l "footnote_1_5604"2
Pourquoi la Suède va si bien? Pas à cause de revenus du pétrole ou du gaz de schiste, elle en n’a pas. Il semble que ce soit grâce à l’innovation, l’avant-garde et, bien sûr, le savoir de sa population éduquée qui ne quitte pas le pays. Au contraire, la Suède a attiré depuis des années des étudiants de l’étranger qui aident à construire le pays. Pas avec un marteau, on s’entend!
Bon, je ne vais pas extrapoler trop longtemps, car mon ami indien, étudiant universitaire en Suède, m’attend pour aller manger de la pizza. Ça me fait penser, il n’y a pas de frais de scolarité pour les étudiants étrangers en Suède. Zéro. C’est pour cette raison qu’il a choisi la Suède plutôt que le Canada pour faire sa maîtrise en ingénierie.
Pendant ce temps, le gouvernement au Québec veut augmenter les frais de scolarité pour les Québécois. J’encourage les étudiants au Québec à ne pas lâcher le morceaux : non aux hausses des frais de scolarité, mais en plus, demandez la gratuité scolaire jusqu’à la fin du doctorat, ainsi qu’une réforme en profondeur dans le système de l’aide financière aux études. C’est ça qui serait une justice sociale, tout en enrichissant le Québec. »  SHAPE 
« We look at the young Bill Gates and marvel that our world allowed that thirteen-year-old to become a fabulously successful entrepreneur. But that’s the wrong lesson. Our world only allowed one thirteen-year-old unlimited access to a time-sharing terminal in 1968. If a million teenagers had been given the same opportunity, how many more Microsofts would we have today ? To build a better world we need to replace the patchwork of lucky breaks and arbitrary advantages that today determine success – the fortunate birth dates and the happy accidents of history – with a society that provides opportunities for all. […] The world could be so much richer than the world we have settled for. » - Extraits de Outliers – the story of success de Malcolm Gladwell  SHAPE 

« L'illettré est l'aveugle des temps modernes. » - père de Bouccar Diouf


« L’éducation est comme la pêche : il faut être patient et espérer que ça morde. » - MG
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Santé
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voir aussi le document concernant l'Alimentation
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« Donnez-moi d'autres exemples de partenariats public-privé qui nous ont permis de sauver quelque chose. Donnez-moi un exemple, je n'attends pas mieux que ça. […] Dans le cas du réseau de la santé britannique, par exemple, 14 ans d'expérience de PPP, ça a été une perte de qualité et 11 % de coûts supplémentaires. » - Amir Khadir,  HYPERLINK "http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-36287.html"point de presse à l’assemblée nationale, 18 mai 2011 (vers 20m10s)
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Ce que je retiens de l’assemblée publique sur l'avenir des services de santé du 9 mai 2011, librairie Paulines, Montréal.
Informations tirées de la présentation d’Amir Khadir, médecin et député de Mercier
Entre 1975 et 2006, les coûts des soins desservis par le privé (dents, vue) ont augmenté plus rapidement que ceux du système public. Les prix des médicaments ont augmenté 2,3 fois plus rapidement que ceux du secteur public.
Depuis 1970, par rapport au PIB, les dépenses de la santé sont stables (entre 7 et 8 % du PIB). Aux États-Unis : ce pourcentage est doublé !
La part du budget allouée à la santé augmente constamment car le budget global est régulièrement réduit.
Depuis 1998, de plus en plus de gens aisés profitent d’assurances privées tandis que l’assurance publique conserve les plus nécessiteux.
Depuis 1980, le coût des médicaments a augmenté de 400% (dollars constants) tandis que le PIB augmentait de 80%. Nous sommes parmi ceux dans le monde qui payons le plus cher nos médicaments. En Nouvelle-Zélande, les médicaments génériques coûtent entre 10 et 50 fois moins cher. La solution : création de Pharma-Québec pour produire des médicaments génériques lorsque l’industrie abuse.
L’industrie pharmaceutique dépense 20 000$ par médecin en marketing.


Informations tirées de la présentation de Marie-Claude Goulet, présidente de Médecins québécois pour le régime public :
En 1970, avant l’instauration du régime universel de santé, les coûts de santé étaient la 1ère cause de faillite personnelle.
Dans les années 1980, ont été désassurés les soins dentaires, de la vue et certaines radiologies.
Dans les années 1990 : poursuite du déficit zéro, diminution des transferts fédéraux, mises à la retraite anticipée.
Années 2000, nombreuses brèches : arrêt Chaoulli, ouverture au privé, but lucratif, frais accessoires, privatisation de la construction et de la gestion, sous-traitance…
L’accessibilité diminue avec le privé car le secteur privé n’a pas intérêt à ce que le public ne se désengorge.
La qualité est plus grande dans le public.
Le coût est plus élevé au privé afin de se dégager une marge de profit.
Le vieillissement de la population n’est responsable que de 1% des frais du système de santé.
Solutions :
Améliorer les déterminants de la santé (pauvreté, logement, éducation, emploi).
Augmenter le financement public, couvrir les soins dentaires, de la vue, psycho, physio. Depuis que l’Ontario a racheté les cliniques privées en radiologie, il n’y plus d’attente.
Ramener la première ligne : CLSC, CHSLD, médecine familiale, à domicile. Favoriser l’action élargie des sages femmes, pharmaciens et infirmières.
Étanchéifier public vs privé.
Informatiser, gérer efficacement.


Informations tirées de la présentation de François Saillant, coordonnateur du FRAPRU (FRont d'Action Populaire en Réaménagement Urbain) et porte-parole de Québec solidaire-Rosemont :
20% des frais de santé sont liés à la pauvreté
L’espérance de vie peut varier d’environ 10 ans lorsqu’on compare un quartier pauvre avec un quartier riche (comme c’est le cas entre Hochelaga et Pointe-Claire).
Entre 1996 et 2005, la pauvreté a diminué mais l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres a augmenté.
La situation des familles s’est améliorée mais les personnes seules se sont appauvries. Les personnes seules aptes au travail reçoivent 599,08$ par mois en aide sociale.
Solutions proposées :
Augmenter l’aide minimale.
Offrir plus de logements sociaux. Dans Rosemont, seuls 9% des habitations sont des logements sociaux (vs 60% aux Pays-Bas).
Améliorer l’accès à de la nourriture fraîche. 40% des habitants de Rosemont n’ont pas accès à des fruits et légumes à pied.

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Santé Canada n'est pas fiable. Quelques preuves :  HYPERLINK "http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/Par4Chemins201104092006_1.asx"émission de Languirand sur le livre Mourir sous ordonnance de Terence Young, Écosociété, 2011

« Chaque année, environ 10 000 décès survenus dans les hôpitaux du Canada […] sont attribuables à la réaction négative à un médicament. Cela représente la 4e plus importante cause de décès. » - Mourir sous ordonnance, Terence Young, 2011

« Depuis sa création, l'Institut [Ramazzini] a testé quelque deux cents polluants chimiques comme le benzène, le chlorure de vinyle, le formaldéhyde et de nombreux pesticides. Ses études ont souvent contribué à une baisse des normes d'exposition en vigueur, car leurs résultats sont inattaquables. D'abord, contrairement à la grande majorité des études industrielles, celles de l'Institut sont conduites sur des méga-cohortes, comprenant plusieurs milliers de cobayes, ce qui bien sûr renforce leur pouvoir statistique. […] « La deuxième caractéristique de notre Institut, m'avait-il expliqué, c'est que, contrairement aux recommandations du guide des « bonnes pratiques de laboratoire », nos études expérimentales ne durent pas deux ans, mais nous laissons vivre nos animaux jusqu'à leur mort naturelle. En effet, 80% des tumeurs malignes détectées chez les humains le sont après l'âge de 60-65 ans. Il est donc aberrant de sacrifier les animaux expérimentaux à la cent quatrième semaine, ce qui, rapporté à l'espèce humaine, correspond à l'âge de la retraite où la fréquence d'apparition des cancers ou des maladies neurodégénératives est la plus élevée. »
[James Huff dit: ] « Quand on interrompt arbitrairement une étude au bout de deux ans, on risque de passer à côté des effets cancérigènes d'une substance. Et plusieurs exemples le prouvent. Le cadmium est un métal largement utilisé, notamment pour la fabrication de PVC ou d'engrais chimiques, qui a été classé dans le groupe 1 (« cancérigène pour les humains ») par le CIRC. Pourtant, les études expérimentales de deux ans ne montraient aucun effet. Jusqu'au jour où un chercheur a décidé de laisser mourir les rats naturellement : il a constaté que 75% développaient un cancer du poumon dans le dernier quart de leur vie. De même, le NTP a étudié le toluène et n'a trouvé aucun effet au bout de vingt-quatre mois. En revanche, l'Institut Ramazzini a vu plusieurs cancers apparaître à partir du vingt-huitième mois. Le protocole des études de l'Institut Ramazzini devrait être repris par tous les chercheurs, car l'enjeu est important : on se glorifie toujours de l'allongement de l'espérance de vie, mais à quoi bon vivre dix ou quinze ans plus vieux, si c'est pour vivre sa retraite, accablé par toutes sortes de maladies qui seraient évitables si on contrôlait mieux l'exposition aux produits chimiques ? C'est pourquoi les deux études de l'Institut Ramazzini sur l'aspartame sont très inquiétantes... » « L'aspartame est un agent cancérigène multisite puissant. » - Notre poison quotidien (2011) de Marie-Monique Robin

Sur le soccer :
« On considère habituellement que 2% du match dépend de l’endurance anaérobie et que le reste, soit 98%, est à composante endurance aérobie. Pendant un match, chaque joueur à l’attaque peut couvrir en moyenne 9 km en jogging ou à la marche, et environ 800 mètres en sprint. […] Courir avec un ballon augmente de 8 à 10% le coût en oxygène de la course, et donc tout autant la demande énergétique. Pour un homme adulte, les besoins énergétiques peuvent représenter jusqu’à 1500 calories par match. »
- Nutrition, sport et performance (2009) de Ledoux, Lacombe et St-Martin
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Bonheur
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Extraits de Vivre – la psychologie du bonheur de Mihaly Csikszentmihalyi

« Les humains ont développé des mythes et des croyances en vue de transformer les forces écrasantes de l’univers en réalités maniables ou tout au moins compréhensibles. Voilà une des fonctions majeures de la culture : protéger ses membres du chaos, les convaincre de leur importance et de leur succès ultime. »

« Au cours des millénaires, le cerveau humain est devenu si complexe qu’il est maintenant capable de jouer sur son propre état, ce qui lui permet jusqu’à un certain point d’être fonctionnellement indépendant de son bagage génétique et de son environnement : une personne peut se rendre heureuse ou malheureuse, sans égard à ce qui se passe «  à l’extérieur », seulement en changeant le contenu de sa conscience. »

« Les connaissances scientifiques permettent d’estimer assez précisément la quantité d’informations que le système nerveux central peut traiter. Il peut gérer sept fragments d’information – des sons, des stimuli visuels, des nuances d’émotions, des pensées – en même temps. Il a besoin de 1/18 de seconde pour distinguer un fragment d’information d’un autre. Sur cette base, il ressort qu’il pourrait traiter 126 unités d’information à la secondae, presque 500 000 à l’heure et 185 milliards au cours d’une vie. C’est de cet ensemble de pensées, de sentiments, de souvenirs, d’intentions, de sensations qu’est faite notre vie ; cela semble énorme, mais, en réalité, c’est plus modeste ; les limites de la conscience sont là. Par exemple, pour comprendre le discours d’une autre personne, il faut traiter 40 unités d’information à la seconde. Si l’on se réfère à la capacité de traiter 126 unités d’information à la seconde, il s’ensuit qu’un individu pourrait, théoriquement, écouter trois personnes en même temps s’il était capable de tenir toute autre sensation ou pensée hors de la conscience, ce qui est impossible. Il n’est même pas possible d’être conscient, en même temps que parle un orateur, de ses expresssions faciales et corporelles, de son habillement et des motifs qui l’animent. »

« Les enquêtes révèlent que presque la moitié des Américains passent la plus grande partie de leurs loisirs devant la télé, ce qui exige assez peu de processus mentaux. Il en est de même pour les autres activités de loisirs – lire le journal, bavarder, flâner ; elles n’exigent pas une grande concentration et apportent peu d’informations à traiter. »

« Une des principales causes qui nuit au bon fonctionnement de la conscience est le désordre psychique, c’est-à-dire une information qui entre en conflit avec les intentions existantes ou qui en empêche la réalisation. Cette condition prend différentes appellations selon le ressenti impliqué : peur, rage, anxiété ou jalousie. »

« Le désordre interne provoqué par une information qui survient dans la conscience et menace la poursuite d’un but s’appelle l’entropie psychique, une désorganisation du soi qui réduit son efficacité. Une expérience prolongée de cette sorte peut affaiblir le soi au point de ne laisser aucune attention (énergie) disponible et de contrecarrer complètement la démarche vers un but. »

L’expérience optimale est l’ « opposé de l’entropie psychique (aussi l’appelle-t-on négenthropie). Ceux qui atteignent fréquemment cet état développent un soi plus fort, plein de confiance et efficace parce que leur énergie psychique a été investie avec succès dans la réalisation des objectifs qu’ils avaient l’intention de poursuivre. »

« L’expérience optimale rend le soi plus complexe, et c’est alors qu’il se développe. La complexité résulte de deux processus psychiques : la différenciation, qui implique un mouvement vers l’unicité en se distinguant d’autrui, et l’intégration, son opposé, qui implique l’union à d’autres gens, à d’autres idées et à d’autres entités au-delà du soi. Un soi complexe réussit à combiner ces deux tendances opposées. »

« Paradoxalement, c’est lorsque l’individu agit librement pour le plaisir de l’action elle-même et non pour un autre motif qu’il apprend à devenir plus qu’il n’était auparavant. »

« L’individu qui devient riche ou célèbre peut se considérer plus satisfait pour un temps, mais il s’habitue à son style de vie puis ses attentes ou ses exigences augmentent, de sorte qu’il lui en faudra toujours plus. Ces symboles sont d’autant plus décevants qu’ils distraient les gens de ce qu’ils sont censés représenter. Ce n’est donc pas ce que nous possédons qui améliore la qualité de la vie, mais ce que nous éprouvons vis-à-vis de nous-mêmes. »

« Le plaisir peut être une composante de la qualité de la vie, mais il n’apporte pas en lui-même le bonheur ; il correspond à une expérience homéostatique (restauration de l’équilibre physiologique), mais ne produit pas d’accroissement psychique et ne contribue pas à la complexité du soi. Le plaisir peut aider à maintenir l’ordre dans la conscience, mais, par lui-même, il ne peut créer un nouvel ordre.
Lorsque les expériences contribuent à une vie meilleure, on parlera de joie ou d’enchantement. La joie survient lorsqu’une personne dépasse les attentes ou les besoins programmés et réalise quelque chose de plus, de mieux, d’inattendu. La joie se caractérise par un mouvement en avant, par un sentiment d’accomplissement, de nouveauté : jouer une partie de tennis qui exige toute son habileté, lire un livre qui apporte une nouvelle compréhension d’une question, avoir une conversation qui fait avancer les idées, […] Après de telles expériences, nous sommes contents, satisfaits ou enchantés et avons conscience d’avoir changé ; notre soi est devenu plus complexe. »

« On comprend, alors, la joie d’apprendre des enfants lorsqu’ils se concentrent sur une tâche qui leur permettra d’acquérir de nouvelles aptitudes. Malheureusement, lorsque l’« apprentissage » devient imposé, et réalisé en vue de récompenses extrinsèques, la joie d’apprendre disparaît. Dans ces conditions, le plaisir devient l’unique source d’expérience positive, de sorte que la joie de vivre et la qualité de la vie diminuent. »

« La phénoménologie de l’expérience optimale […] comporte huit caractéristiques majeures :
la tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ;
l’individu se concentre sur ce qu’il fait ;
la cible visée est claire ;
l’activité en cours fournit une rétroaction immédiate ;
l’engagement de l’individu est profond et fait disparaître toute distraction ;
la personne exerce le contrôle sur ses actions ;
la préoccupation de soi disparaît, mais, paradoxalement, le sens du soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale ;
la perception de la durée est altérée.

« […] une activité très fréquemment mentionnée est la lecture. Cette dernière requiert de l’attention, elle a un but et exige la connaissance du langage écrit. Elle n’exige pas seulement de savoir lire, mais aussi de traduire les mots en image, d’avoir de l’empathie à l’endroit des personnages fictifs, de reconnaître le contexte historique et culturel, d’anticiper les tournants de l’intrigue, d’évaluer le style de l’auteur, etc. La capacité de manipuler l’information symbolique est une « aptitude » comme l’est celle du mathématicien qui façonne des relations quantitattives ou logiques et celle du musicien qui combine les sons. »

« Toute activité comporte un ensemble de possibilités d’action ou un « défi » qui requièrent des aptitudes appropriées. Pour ceux qui n’ont pas les aptitudes requises, l’activité ne représente pas un défi, elle n’est pas intéressante ou n’a tout simplement pas de sens. » [D’où l’importance de la culture.]

« Cependant, lorsque le désir de bien jouer est remplacé par celui de gagner (et parfois à tout prix), l’agrément tend à disparaître. La compétition est agréable lorsqu’elle sert à perfectionner ses aptitudes ; elle ne procure plus grand plaisir lorsque la victoire devient une fin en elle-même. »

« Les activités qui procurent plaisir et enchantement ont souvent été inventées à cet effet. Les jeux, les sports, les arts, la lecture n’existent-ils pas depuis des siècles en vue de favoriser justement les expériences plaisantes et enrichissantes ? […]
C’est justement un des principaux objectifs de ce livre que d’explorer les façons de transformer les activités de la vie quotidienne en des « jeux » pleins de sens qui donnent lieu à des expériences optimales. Tondre le gazon, attendre chez le dentiste, faire un gâteau peuvent devenir des activités agréables si elles sont restructurées de façon à fournir un but, des règles ainsi que les autres éléments déjà signalés. »

« Les témoignages indiquent que l’expérience optimale survient lorsqu’il y a une correspondance adéquate entre les exigences de la tâche e tles capacités de l’individu. […]
C’est la même chose pour l’audition d’une pièce de musique : si elle est trop complexe pour les capacités de l’individu, il est frustré, si elle est trop simple, il s’ennuie. »

« Fréquemment, nous nous interrogeons sur la pertinence de nos actions et évaluons les raisons de faire telle chose. Dans l’expérience optimale, il n’y a pas de place pour ces questions ; l’action nous emporte comme par magie. »

« Même si certaines activités prennent du temps à se réaliser, les deux composantes – but clair [comme un spectacle à venir à moyen terme] et rétroaction immédiate [augmentation infime du tempo] – demeurent extrêmement importantes. »

« Il arrive que les objectifs et les règles gouvernant une activité soient inventés ou négociés sur-le-champ. […] Dans ces cas, les objectifs et les règles émergent sur le tas, sont implicites ou demeurent sous le niveau de la conscience, mais ceux qui y prennent part savent très bien ce qui constitue un bon point ou un échec. D’une certaine façon, c’est le même phénomène qui se produit dans un bon groupe de jazz. »

« Le contenu de la rétroaction est en lui-même peu important […]. L’information pertinente réside dans le message symbolique : j’ai atteint mon but ! »

« Une autre dimension de l’expérience optimale fréquemment rapportée est celle qui rend l’individu capable d’oublier les aspects déplaisants de la vie, les frustrations ou les préoccupations. La nature de l’expérience optimale exige une concentration totale de l’attention sur la tâche en cours, de sorte qu’il n’y a plus de place pour l’information non pertinente, plus de place pour la distraction. »

« Toute activité qui exige concentration produit un rétrécissement de la fenêtre du temps. »

« La concentration (l’absence de distraction) avec le but clair et la rétroaction immédiate créent l’ordre dans la conscience, condition indispensable à l’enchantement de la négentropie psychique. »

« Il s’agit plus précisément d’une absence de préoccupation à propos de la perte de contrôle, préoccupation qui est présente dans plusieurs situations de la vie courante. […] Les témoignages de personnes interviewées parlent plus de possibilités de contrôle que de contrôle effectif. Le danseur de ballet peut rater un pas ou tomber ; le joueur d’échecs peut perdre ; mais dans le monde de l’expérience optimale, la perfection est accessible au moins en principe. »

« La plupart des activités qui procurent un plaisir intense peuvent créer de la dépendance [la compulsion]. Au lieu d’être le fruit d’un choix conscient, elles deviennent une nécessité qui contrecarre d’autres activités. […] Lorsqu’une personne devient si dépendante de l’aptitude à contrôler une expérience gratifiante qu’elle ne peut plus accorder d’attention au reste, elle a perdu le contrôle ultime : la liberté de déterminer le contenu de sa conscience. Les activités qui produisent l’expérience optimale peuvent donc avoir un effet secondaire négatif. Même si elles améliorent la qualité de la vie en créant de l’ordre dans la conscience, elles peuvent entraîner une dépendance qui rend le soi captif d’un certain ordre et indifférent aux autres réalités de la vie. »

« L’absence de préoccupation à propos du soi permet d’élargir le concept de qui nous sommes, d’atteindre une certaine transcendance de soi, bref, de repousser les frontières de notre être. »

« Dans l’expérience optimale, la personne est amenée à faire de son mieux et à améliorer constamment ses aptitudes. Cependant, au cours de l’activité, elle n’a pas la possibilité de considérer ce qui se passe au niveau du soi, absorbée qu’elle est par l’intensité de l’expérience. C’est après coup que le soi peut revenir sur ce qui s’est passé et constater qu’il n’est plus le même, qu’il s’est enrichi de nouvelles aptitudes et de nouvelles réalisations. »

« Sommaire
L’engagement dans un tâche précise (un défi) qui fournit une rétroaction immédiate, qui exige des aptitudes appropriées, un contrôle sur ses actions et une concentration intense ne laissant aucune place aux distractions ni aux préoccupations à propos de soi et qui s’accompagne (généralement) d’une perception altérée du temps constitue une expérience optimale (une expérience flot). Cette dernière entraîne des conséquences très importantes : meilleure performance, créativité, développement des capacités, estime de soi et réduction du stress. Bref, elle contribue à la croissance personnelle, apporte un grand enchantement et améliore la qualité de la vie. »

« L’expérience optimale est une fin en soi : elle est recherchée pour elle-même et non pour d’autres raisons que l’intense satisfaction qu’elle procure. » [Jeux captivants, musique, démarches de recherche fondamentale, etc.]

« Plusieurs expériences fort agréables ne sont pas aimées tout de suite – naturellement – et exigent un entraînement. Mais lorsque l’activité commence à fournir une rétroaction relative à l’aptitude, généralement elle devient gratifiante en elle-même. » [Le goût vient avec l’usage. Le jeu vient avec la pratique.]

« Les effets psychiques de nos activités ne sont pas linéaires : ils dépendent de leurs relations avec l’ensemble des autres activités de l’individu. »

« Une vie s’organise autour de rythmes journaliers, hebdomadaires et saisonniers avec des périodes de travail et de loisirs, de solitude et de rencontre avec autrui (parents et amis) de façon à minimiser les occasions d’affects négatifs et maximiser les expériences positives, bref, à trouver le style de vie qui convient. »

« Lorsque le participant vise des buts extrinsèques – l’emporter sur l’autre, impressionner la foule ou obtenir un contrat lucratif – au lieu de se centrer sur ce qui se passe, la compétition devient une distraction, un spectacle qui nuit à l’expérience optimale. »

« Personne n’aime faire la même chose très longtemps ; l’individu s’ennuie vite et est frustré. Le désir de vivre de nouveau une expérience de qualité supérieure l’incite à chercher de nouveaux défis qui exigent des aptitudes supérieures. » [Un bon professeur doit constamment fournir des défis réalisables aux élèves.]

« Les adolescents qui avaient connu certains types de relations avec leurs parents étaient (de façon statistiquement significative) plus heureux, plus satisfaits et plus forts (dans la plupart des situations de la vie) que leurs pairs qui n’avaient pas bénéficié de pareilles relations. Un contexte familial favorisant l’expérience optimale pourrait être décrit par cinq caractéristiques.
La clarté : l’enfant sait ce que ses parents attendent de lui; dans la famille, les buts et la rétroaction ne sont pas ambigus.
L’intérêt : l’enfant perçoit que ses parents se préoccupent de ce qu’il fait et de ce qu’il ressent.
Le choix : l’enfant sent qu’il a une gamme de possibilités parmi lesquelles il peut choisir, y compris celui de transgresser les règles (dans la mesure où il est prêt à en subir les conséquences).
La confiance permettant à l’enfant de mettre de côté le bouclier de ses défenses, d’être moins préoccupé de lui-même, bref, d’être authentique et de s’impliquer dans ce qui l’intéresse.
Le défi : les parents s’efforcent constamment de fournir des possibilités d’action de difficulté croissante à mesure que l’enfant grandit. Ce « contexte familial autotélique » fournit la base idéale pour vivre en bonne santé psychique, profiter de la vie et être heureux. Ces conditions correspondent aux composantes de l’expérience optimale : buts et règles clairs, rétroaction, sentiment de contrôle, concentration sur la tâche en cours, motivation et défi. »

« […] les enfants victimes de mauvais traitements ou constamment menacés de perdre l’amour parental (et il y en a un grand nombre dans nos sociétés) seront si préoccupés par la sauvegarde de leur propre soi qu’ils disposeront de bien peu d’énergie pour poursuivre des activités autogratifiantes. Au lieu de chercher la complexité de l’expérience optimale, l’enfant maltraité devenu adulte pourra fort bien se lancer à la poursuite de plaisirs immédiats. »

« L’expérience optimale n’assure pas la vertu ; elle a besoin d’être encadrée par des principes ou gérée selon des valeurs, bref, soumise à une éthique comme toute activité humaine. »

« Linus Pauling ainsi que bien d’autres scientifiques et détenteurs de prix Nobel aiment à peu près n’importe qui, que ce soit complexe ou trivial ; même les choses qu’il faut faire. La seule chose qu’ils détestent, c’est de ne rien faire. »

« Il y a une autre catégorie de personnes autotéliques dignes d’intérêt : ce sont celles qui consacrent leur vie au service des autres. Leur engagmenet social, politique ou religieux en fait des exemples de générosité et de don de soi. »

« En utilisant l’ESM, nous avons découvert que lorsque les gens pratiquent des activités de loisirs dispendieuses – voitures luxueuses, puissants hors-bord, par exemple – ils sont moins heureux que lorsqu’ils s’impliquent dans des loisirs peu coûteux (bavarder, jardiner, cuisiner, tricoter, etc.). Bref, les activités qui requièrent peu de ressources matérielles mais un investissement important d’énergie psychique sont plus « rentables » que les loisirs qui exigent peu d’énergie psychique et beaucoup de ressources matérielles. »

« Les gens se reproduisent à travers le monde mais consacrent assez peu d’énergie aux pratiques sexuelles complexes et à l’amour romantique ; comme pour le sport, ils préfèrent regarder les professionnels à la télé. […]
Le plaisir seul ne suffit pas à maintenir l’expérience optimale à moins que ne s’ajoutent un sentiment (romantisme) et une préoccupation authentique à l’endroit de l’autre. »

[…] délaisser ses instincts, ses habitudes, ses désirs et son soi est si peu naturel que cela exige un parfait contrôle du soi (ce qui est l’effet principal de l’expérience optimale).

Dans toutes les cultures, l'ordonnance des sons a beaucoup servi à l'amélioration de la qualité de la vie. La fonction la plus ancienne et la plus répandue de la musique est d'orienter l'attention des auditeurs vers des formes ou des modèles musicaux susceptibles de provoquer une humeur, un sentiment désirés. Il existe de la musique pour la danse, les funérailles, les noces, les cérémonies religieuses ou patriotiques; la musique intensifie l'amour romantique comme elle rythme la marche des soldats. Quand les choses ne vont pas bien chez les Pygmées des forêts de l'Afrique centrale, ceux de cette tribu considèrent que si la forêt bienveillante n'assure plus leurs besoins, c'est qu'elle s'est endormie. Alors les chefs déterrent les cors sacrés et soufflent dans leurs instruments jour et nuit en vue de réveiller la forêt et de faire revenir de meilleures conditions.
L'usage de la musique chez les Pygmées nous renseigne sur une fonction universelle, qui est de rassurer. Les baladeurs et les chaînes stéréophoniques répondent à un besoin semblbable. Les adolescents, dont la personnalité est en pleine évolution et qui connaissent de grandes variations de l'humeur au cours d'une même journée, ont particulièrement besoin de l'effet apaisant ou stimulant des rythmes et des sons en vue de maintenir ou de restaures l'ordre dans leur conscience. Il en est de même pour bien des adultes [...]
La musique est une information auditive structurée qui aide à organiser l'esprit, qui réduit l'entropie [le chaos] psychique ou le désordre qui assaille la conscience lorsque n'importe quelle information non pertinente s'introduit. L'écoute de la musique chasse l'ennui et l'anxiété et induit souvent l'expérience optimale [qui est l'état qui s'apparente le mieux à la sensation de bonheur]. D'aucuns pensent que les progrès technologiques qui rendent la musique disponible et d'excellente qualité améliorent la qualité de la vie. Ils oublient que les avantages techniques ne font pas l'expérience. Ils commettent l'erreur habituelle de confondre comportement et expérience vécue. […] Ce n'est pas d'entendre qui améliore la qualité de la vie mais d'écouter.
La trop grande accessibilité à la musique de qualité fait diminuer l'attention qu'on lui porte et, par conséquent, réduit le plaisir qu'on peut en tirer. Avant l'avènement de l'enregistrement, les performances musicales provoquaient des réactions semblables à celles observées au temps où la musique faisait partie des rituels religieux. Même la fanfare du village – sans parler de l'orchestre symphonique – était un vivant rappel des aptitudes mystérieuses nécessaires à la production de sons harmonieux. Chacun attendait fiévreusement l'événement et y portait une grande attention parce que la performance en question n'allait pas se reproduire.

Platon recommandait d'enseigner la musique aux enfants avant toute chose; la découverte d'harmonies et de rythmes gracieux, pensait-il, devait favoriser l'ordre de la conscience. Pourtant, notre culture insiste peu sur l'importance des aptitudes musicales chez les enfants. Lorsqu'il y a des coupures à faire de le budget des écoles, ce sont les cours de musique (ainsi que les cours d'art et d'éducation physique) qui sont éliminés. […] Privés de toute éducation musicale, les enfants devenus adolescents investissent une énergie psychique considérable dans leur propre musique et se trouvent captifs d'une sous-culture qui leur fournit peu de possibilités de développer la complexité de la conscience.

Lorsque les enfants apprennent la musique surgit généralement le problème suivant : trop d'accent mis sur la performance et pas assez sur leur expérience vécue. Souvent les parents poussent leurs enfants à exceller au violon sans vérifier si ceux-ci aiment jouer; ils visent plutôt une carrière, des prix et finalement une grande salle de concert. Dans ces conditions, la musique est pervertie et devient source de désordre psychique. Les attentes parentales exagérées relatives à la performance créent un trop grand stress et peuvent même provoquer des problèmes graves de santé mentale.

L'activité mentale procurera l'expérience optimale si les conditions requises sont présentes : des aptitudes dans le domaine et des défis qui y correspondent, un but et des règles, rétroaction et concentration.

Lorsque nous nous trouvons seuls et que l'attention n'est pas sollicitée, le chaos revient; l'esprit vagabonde, suit des pensées aléatoires et s'arrête immanquablement sur des choses désagréables ou troublantes. L'entropie est l'état normal de la conscience et cette condition n'est ni utile ni agréable.
Dans le but de l'éviter, nous sommes naturellement enclins à remplir notre esprit de n'importe quelle information disponible. Cela explique en grande partie pourquoi nous consacrons autant de temps à la télé en dépit du fait que nous en tirons peu d'agrément. […] Le recours incessant à cette stratégie en vue de contrer l'entropie psychique crée un dépendance dont il est difficile de se libérer.
Pour éviter et prévenir le chaos, l'individu doit acquérir des habitudes lui permettant de reprendre ou de garder le contrôle des processus mentaux au lieu de les laisser gouverner par des stimulations externes (comme la télé).

Les grandes découvertes dépendent moins d'équipements sophistiqués et de grandes équipes que des ressources d'un seul esprit qui prend plaisir à ce qu'il fait. […] Pendant des siècles, ceux que nous considérons maintenant comme de grands scientifiques ont pratiqué la science comme un passe-temps qui les fascinait : Copernic (1473-1543) a élaboré sa description du mouvement planétaire pendant qu'il était chanoine à la cathédrale de Frauenburg; Galilée (1564-1642) s'est amusé, entre autres, à réaliser des expérimentations parfois dangereuses en vue de situer le centre de gravité d'objets solides alors qu'il avait une formation en médecine; Newton (1642-1727) effectua ses découvertes majeures après avoir reçu son baccalauréat à Cambridge, en 1665, au moment où l'université était fermée à cause de la peste. Il remplit ces deux années en jouant avec ses idées sur la gravitation universelle; Lavoisier (1743-1794), le fondateur de la chimie moderne, était fonctionnaire à la Ferme générale de France et effectuait ses expériences fascinantes en dehors de son travail; Galvani (1737-1798), connu pour ses découvertes sur la conductivité électrique des muscles et des nerfs, a pratiqué la médecine toute sa vie; Mendel (1822-1884) était un moine qui a réalisé ses expérimentations sur la génétique en s'occupant de son passe-temps favori, le jardinage. Michelson, le premier Américain à gagner n prix Nobel en science (1907) pour ses travaux sur la mesure de la vitesse de la lumière, n'avait pas d'autres raisons à donner que celle-ci : « C'était tellement intéressant. » Enfin, Einstein écrivit ses articles les plus importants sur la relativité pendant qu'il était ingénieur à l'Office des brevets de la Suisse (entre 1902 et 1905). Tous ces grands scientifiques et bien d'autres n'étaient pas des « professionnels » dans leur domaine; ils nous ont fait profiter des fruits de leur génie parce qu'ils étaient passionnés par le travail de l'esprit.

Plus les gens valorisent les biens matériels et plus leurs ambitions s'élèvent, plus il devient difficile de les réaliser; il faut alors beaucoup de travail physique et mental de même qu'une grande quantité de ressources naturelles en vue de satisfaire des attentes de plus en plus élevées (la spirale hédonique infernale).

Lorsqu'on considère que l'expérience optimale et l'accroissement du soi dépendent d'une complexité croissante, le discours du relativisme culturel ne tient pas.

Dans la culture asiatique, l'expérience optimale a été identifiée par des penseurs anciens (comme le philosophe taoïste Chuang Tzu il y a deux mille trois cents ans) au moyen des concepts yu (la bonne façon de suivre le chemin) et tao (vagabonder, marcher sans toucher le sol, voler ou « suivre le flot », qui correspond à notre concept d'expérience optimale). Chuang Tzu considère que la bonne façon de vivre consiste en un engagement total, sans considération pour les récompenses externes, bref, que la vie peut être une expérience autotélique totale.

[…] expérience optimale : présence d'un défi, utilisation de ses aptitudes et concentration intense. […] les exigences de la tâche doivent se situer tout juste au-dessus des aptitudes actuelles de l'individu, sinon, il n'y aurait pas de défi.

Un des graves problèmes que rencontre la société aujourd'hui provient du fait que nous n'avons pas appris à utiliser notre temps libre à bon escient. Le grand sociologue américain Robert Park faisait remarquer il y a déjà soixante ans : «  C'est dans l'usage inapproprié de nos loisirs que survient le plus grand gaspillage de la vie aux États-Unis. » Un groupe de psychiatres y faisait écho en 1958 : «  Pour un grand nombre d'Américains, les loisirs sont dangereux. […] les loisirs n'améliorent pas la qualité de la vie s'ils ne sont pas utilisés d'une manière adéquate, ce qui ne s'apprend pas automatiquement.

[…] même si [les adolescents] admettent que le cyclisme, le basket, le piano, etc., sont des activités beaucoup plus stimulantes et plaisantes que de flâner dans les centres commerciaux ou regarder la télé, ils trouvent que les préparatifs (changer de vêtements, s'entendre avec les copains, etc.) sont contraignants et requièrent un investissement initial d'énergie avant que l'activité ne devienne agréable. […] le repos n'est pas mauvais ni répréhensible; […] tout est une question de dosage.

Devant la montée de l'industrie des loisirs et la place que prend le divertissement passif, surtout auprès des jeunes, il faut signaler le danger de dépendance que cela comporte. Cette participation vicariante, consistant à célébrer des athlètes, des musiciens et des vedettes multimillionnaires, absorbe une grande quantité d'énergie psychique sans rien fournir en retour.

[…] selon C. K. Brightbill, « l'avenir appartient... à celui qui sait utiliser ses loisirs sagement. »

Le véritable test concernant la capacité de contrôler la qualité de son expérience vécue réside dans ce que fait un individu durant ses moments de solitude.

Une bonne école est celle qui transmet l'enchantement d'apprendre sans cesse; une bone usine (ou une entreprise quelconque) est celle qui améliore la qualité de vie de ses employés et de ses clients […]

« Réforme-toi toi-même. Il y aura une canaille de moins dans le monde », répondait Carlyle à un jeune homme qui lui demandait comment réformer le monde.

Curieusement, cette humilité consistant à reconnaître que ses buts doivent parfois se subordonner à une entité plus grande et qu'il faut parfois jouer selon des règles qui ne sont pas celles qu'on préfère est la marque d'une personnalité forte.

La poursuite d'ambitions trop élevées engendre de l'anxiété, provoque l'échec et vide le soi de son énergie; en revanche, le choix de buts faciles entraîne la stagnation et laisse le développement et la complexité à leur plus bas niveau.

L'engagement dans l'action est primordial. Comme l'observait Hamlet : « Quand la couleur originale d'une résolution s'affadit dans les flots pâles de la pensée..., les plus grandes entreprises... perdent le nom d'action. »

Les cultures dites idéalistes réussissent à intégrer les principes des deux autres [sensorielles et idéologiques] en sauvegardant les avantages et en neutralisant les inconvénients de chacune. Elles combinent harmonieusement l'acceptation de l'expérience sensorielle et la révérence à l'endroit des fins idéologiques et spirituelles. Sorokin estime qu'en Europe de l'Ouest cette culture a prédominé à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance avec, comme point culminant, les deux premières décennies du XIVe siècle. Inutile de dire que cette approche représente la civilisation idéale puisqu'elle évite les excès du matérialisme et le fanatisme souvent associé aux systèmes idéologiques.

Les psychologues qui se sont penchés sur le sujet estiment que le développement du concept de soi et d'un projet de vie se fait par étapes. […]
Dans ce scénario, le sens se construit grâce à un mouvement dialectique entre le soi et l'Autre. D'abord, l'énergie psychique est dirigée vers la satisfaction des besoins de l'organisme, ce qui procure le plaisir. Ensuite, l'individu dirige son attention vers les buts et les valeurs de la communauté, l'ordre intérieur étant alors procuré par la religion, le patriotisme et le respect porté à autrui. Troisièmement, l'attention revient sur le soi, l'individu s'efforçant d'identifier puis de dépasser ses limites personnelles; c'est l'autoactualisation. À cette étape, l'enchantement plus que le plaisir devient la source principale de récompense. C'est également à ce point que peuvent survenir un changement de carrière et l'inconfort face à ses propres limites; c'est la crise du mitan de la vie. L'individu devient alors prêt pour la dernière transformation : l'inclusion de son projet de vit dans un système plus large pouvant être une cause, une idée, une entité transcendantale. […]
Le nombre de stades importe peu; la plupart des théories reconnaissent plutôt l'importance de la tension dialectique entre différenciation et intégration. [S'applique aussi à la création musicale.]
La création d'une œuvre est une « tâche ouverte » (selon l'expression de Nuttin), et c'est au cours du travail que l'artiste entrevoit son œuvre et non au début.
[L'expérience optimale] implique une relation mutuelle entre but et effort : le but justifie l'effort au début; mais, ensuite, c'est l'effort qui justifie le but.

Une grande quantité de connaissances et d'informations ordonnées sont accumulées dans la culture (musique, architecture, art, poésie, théâtre, danse philosophie et religion) et est disponible à qui veut l'utiliser pour y trouver des exemples d'harmonie.

Les personnes qui ont élaboré un projet de vie cohérent et sensé se souviennent que leurs parents leur lisaient des histoires lorsqu'elles étaient jeunes. Racontés par des personnes aimantes et dignes de confiance, les contes, les récits bibliques, les actions héroïques et les événements importants de la famille fournissent les premiers ingrédients d'un ordonnancement porteur de sens que l'on peut tirer du passé. Par contre, les personnes qui ne se sont jamais donné de projets ou qui ont accepté aveuglément les idées ambiantes n'ont pas de tels souvenirs. Il est peu probable que les émissions télévisuelles courantes pour les jeunes – comme celles du samedi matin – fournissent les prémices d'un éventuel projet de vie.

[…] pour tirer un sens d'un système de croyances, on doit comparer l'information contenue dans ce système avec notre expérience concrète et retenir seulement ce qui a une signification pour nous. [Il en est de même lors d'une composition ou du choix d'un répertoire.]

[…] la joie ou le bonheur semblent être le mécanisme que la sélection naturelle a choisi pour assurer notre évolution, notre progrès, notre démarche vers une complexité croissante.
[…] le bonheur, la joie ou l'expérience optimale nous motivent à exercer des activités qui nous font dépasser le présent et nous dirigent vers le futur.

« La meilleure façon de tuer un homme, c'est de le payer à ne rien faire. » - Félix Leclerc
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« Si la moitié de nos souhaits étaient réalisés, nos soucis seraient doublés. »
- Benjamin Franklin
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« Les vrais réalistes ne sont pas ceux qui se couchent dans la réalité mais ceux qui la façonne. »
- Jean-François Kahn, à propos de la pensée de de Gaulle

« C’est véritablement utile puisque c’est joli. » - Le petit prince
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« Si l’on imagine les 4,5 milliards d’années de l’histoire de la Terre comprimés en une journée, la vie commence très tôt, vers 4 heures du matin, avec l’apparition des premiers organismes unicellulaires, mais elle ne bouge plus pendant les seize heures suivantes. Ce n’est pas avant 20h30, quand les 5/6 de la journée sont déjà consumés, que la Terre a quelque chose à montrer à l’Univers : un simple revêtement grouillant de microbes. Puis apparaissent les premières plantes aquatiques, suivies vingt minutes plus tard par la première méduse et l’énigmatique faune australe de l’Ediacara. À 21h04, les trilobites font leur entrée en scène, suivis de près par les créatures des schistes de Burgess. Juste avant 22 heures, les plantes commencent à s’épanouir à terre – suivies peu après, deux heures avant minuit, des premières créatures terrestres.
Grâce à une dizaine de minutes de douce température, à 22h24 la Terre est recouverte des grandes forêts carbonifères dont les résidus nous donnent notre charbon, et l’on distingue les premiers insectes ailés. Les dinosaures s’avancent lourdement sur la scène juste avant 23 heures, et ils la tiennent pendant environ trois quarts d’heure. Ils la quittent à minuit moins vingt et une et le règne des mammifères commence. L’homme émerge une minute et dix-sept secondes avant minuit. »

« Au moins 99% des plantes à fleurs n’ont jamais été testées pour leurs propriétés médicinales. Étant dans l’incapacité de fuir leurs prédateurs, elles ont développé des défenses chimiques et sont donc particulièrement riches en substances. Aujourd’hui encore, un quart environ de tous les médicaments connus sont issus d’une quarantaine de plantes, à quoi s’ajoutent 16% de produits issus des animaux et des microbes ; il y a donc de grandes chances que chaque hectare de forêt soit rempli de possibilités médicales vitales. À l’aide d’une méthode appelée chimie combinatoire, les chimistes peuvent générer 40 000 composés à la fois dans les labos, mais ces manipulations s’effectuent au hasard et sont souvent sans usage, alors que toute molécule naturelle aura déjà passé ce que l’Economist appelle « la meilleure batterie de tests imaginable : plus de 3,5 milliards d’années d’évolution ».

« L’une des idées les plus difficiles à accepter pour l’homme, dit Ian Tattersall, c’est qu’il n’est pas le point culminant de quoi que ce soit. Notre présence ici n’a rien d’inévitable. C’est notre fierté d’humains de croire que le processus évolutionnaire était programmé pour aboutir à nous, et les anthropologues eux-mêmes tendaient à penser en ces termes jusque dans les années 1970. »

« […] au cours de ces 5 millions d’années, tous ces bouleversements, du lointain australopithèque à l’homme moderne, ont abouti à une créature qui reste à 98,4% impossible à distinguer génétiquement du chimpanzé moderne. Il existe plus de différences entre un zèbre et un cheval, ou un dauphin et un marsouin, qu’entre nous et ces créatures poilues que nos ancêtres éloignés ont laissées derrière eux quand ils se sont lancés à la conquête du monde. »

« La théorie classique pour expliquer les déplacements humains – encore acceptée par la majorité des spécialistes -, c’est que les hommes se sont dispersés à travers l’Eurasie en deux vagues. La première était constituée d’Homo erectus qui ont quitté l’Afrique assez vite – quasiment dès leur apparition en tant qu’espèce – voici près de 2 millions d’années. À mesure qu’ils s’installaient dans différentes régions, ces premiers hommes debout évoluèrent en deux types distincts – en homme de Java et en homme de Pékin en Asie, en Homo heidelbergensis et enfin en Homo neanderthalensis en Europe.
Puis, voici environ 100 000 ans, une créature plus gracile et plus vive – notre ancêtre – est apparue dans les plaines africaines et a commencé à se disperser au cours d’une seconde vague. Selon cette théorie, ces nouveaux Homo sapiens supplantèrent leurs prédécesseurs, plus lents et moins adaptés, partout où ils passèrent. »

Bill Bryson, Histoire de tout, ou presque…, 2003

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Écologie
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« Une planète, une expérience. »
- Edward O. Wilson, La Diversité de la vie, 1992

« Ce que nous jetons à la poubelle, nous avons dû le payer. »
- Lee Scott, ex-président de Walmart

« Dans toute entreprise, vous devriez vous consumer entièrement, comme un bon feu de camp, et ne laisser aucune trace derrière vous. »
- Shunryu Suzuki, moine zen du début du XXème siècle

Une voiture nous coûte entre 25$ et 125$ par heure d’utilisation. (En moyenne 25$ l’heure d’utilisation pour ceux qui font 20 000 km par année et 125$ pour ceux qui font 4000 km.)
- Claude Villeneuve, directeur de la chaire en éco-conseil de l’UQAC

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Géopolitique
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Pourquoi les États-Unis se mettent-ils à genoux devant Israël ? Dans les années ’70, des études démontraient que 75% du financement du parti démocrate étatsunien provenait de la communauté juive. Le parti républicain en reçoit autant aujourd’hui.
-  HYPERLINK "http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=101499"Normand Lester, 20 mai 2011
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« Il existe vraiment une motivation en trois étapes quand j’observe un grand nombre de développement de ces coups. La première chose qui arrive c’est que le pays en question commence à importuner une entreprise américaine. Il commence à demander que celle-ci paie des taxes ou qu’elle observe les lois du travail ou celles sur le respect de l’environnement. Parfois une entreprise est nationalisée ou est obligée d’une façon ou d’une autre de vendre des terres ou des biens. Ainsi, la première chose qui arrive c’est qu’une multinationale américaine ou étrangère active dans un autre pays voit ses capacités à y opérer restreintes par le gouvernement en place qui lui impose des limites ou lui crée des problèmes. Puis, les dirigeants de la société viennent voir les dirigeants politiques des États-Unis pour se plaindre du régime de ce pays. A la Maison Blanche, au cours du processus politique, le motif se métamorphose un peu. Le gouvernement étasunien n’intervient pas directement pour défendre les droits de l’entreprise mais il transforme le motif économique en un motif politique ou géostratégique. Il fait l’hypothèse que tout régime qui crée des problèmes ou harasse une compagnie américaine doit être anti-américain, répressif, dictatorial, et probablement manipulé par une puissance étrangère qui veut saper la puissance des États-Unis. Ainsi donc la motivation économique au départ devient politique bien qu’à la base rien ne change. Puis elle se métamorphose une fois de plus quand les dirigeants américains doivent expliquer la raison d’une opération au peuple américain. Alors, habituellement, ils n’utilisent ni la version économique ni celle politique mais ils qualifient ces interventions d’opérations de libération, un simple moyen de libérer une nation pauvre et opprimée de la brutalité d’un régime que nous supposons être une dictature. »

- Stephen Kinzer, ancien correspondant étranger du New York Times, auteur du livre «Overthrow : America’s Century of Regime Change from Hawaii to Irak ».
http://www.planetenonviolence.org/Changements-de-Regime-Coups-d-Etat-Une-Politique-Etrangere-Americaine-Interventionniste-Vieille-De-Plus-D-Un-Siecle-de_a968.html

Coups d’états perpétrés par les États-Unis :
1893 (17 janvier) : Hawaï (objectif : accaparer la culture de canne à sucre)
1898-1902 : Cuba (objectif : accaparer la culture de la canne à sucre et conserver le monopole d’exportation)
? : Les Philippines
? : Porto Rico (objectif : tant qu’à être dans le coin, posséder des terres supplémentaires pour la culture de la canne à sucre)
? : Honduras
1953 : Iran (objectif : empêcher la nationalisation du pétrole)
1954 : Guatemala (objectif : empêcher l’expulsion de la Fruit United Company (ex-Chiquita))
Indonésie (objectif : renverser le démocrate Sukarno qui souhaitait conserver l’indépendance économique de son pays et redistribuer la richesse)
1961-1968 : Guyana (objectif : éviter la création d’un état « communiste », empêcher la formation de syndicats choisis par les ouvriers)
1961 : Angola
? : Sud Vietnam
1968 : Panama
1973 (11 septembre) : Chili (objectif : accaparer le cuivre)
1976 (24 mars) : Argentine
2001 : Afghanistan (objectif : construire un gazoduc que les Taliban refusent)
2002 : Venezuela – tentative manquée (objectif : conserver les droits pétroliers)
2003 : Irak (objectif : obtention du pétrole)

http://www.repere.tv/?s=Denis+Langevin&cat=-69%2C-1&x=0&y=0


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Divers
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« Pour changer l’avenir, il faut savoir quel genre de chant le peuple est prêt à chanter. Le problème, c’est qu’on ne sait pas quel chant il voudra chanter l’année suivante. » - Vaclav Havel


Les philosophes d'avant le 20e siècle ignoraient un aspect fondamental de l'existence : la paternité. Le sens de toute vie est intrinsèquement lié à l'avenir de notre progéniture et, plus largement, de notre société, des écosystèmes, de notre espèce et, finalement, de la survivance de la vie. [MG 27 avril 2011]

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Au 16e siècle, on ne prononçait pas les « l » en français. Les Québécois ont conservé « que(l)que », « i(l) », « p(l)us ».

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• J’aime mieux importer des dollars américains qu’exporter des Canadiens aux États-Unis. — Alexandre Taschereau
• On tourne en rond, mais on tourne tellement vite qu’on a l’impression d’avancer. — Michel Chartrand
• Au sujet de «ce pays qui ne finit pas de ne pas naître», Gaston Miron disait : «Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver.»
• C’est pas la grosseur de la hache qui compte, c’est le swing du manche. — Maurice Bellemare, de l’Union nationale
• Si on s’est peinturé dans le coin, on marchera sur la peinture. — Jean Chrétien
• Il ne faut pas s’autopeluredebananiser. — Jacques Parizeau
• Quand le seul outil que vous avez c’est un marteau pour tous les problèmes qui se posent, évidemment, tout finit par ressembler à un clou. — Jean Charest (qui a repris une citation anglophone d'Abraham Maslow de 1966)
• Il y a des moments où le cynisme passe pour de l’intelligence, où l’indifférence passe pour de la sagesse. — Luc Picard
• C’est le rêve qui nous fait avancer, mais on n’avance pas en rêvant. — René Lévesque
- blog de Jean-François Lisée, 2011
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« Un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. » - Grand-père de Boucar Diouf
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« La satistique est à la politique ce que le lampadaire est au soûlard : plus utile comme soutien que comme éclairage. » - Jacques Parizeau, La souveraineté du Québec, éditions Michel Brûlé, 2009
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Extraits de Outliers – the story of success de Malcolm Gladwell :

L’entraînement de 10 000 heures
« In the first group were the stars, the students with the potential to become world-class soloists. In the second were those judged to be merely « good ». In the third were students who were unlikely to ever play professionally and who intended to be music teachers in the public school system. All of the violinists were then asked the same question : over the course of your entire career, ever since you first picked up the violin, how many hours have you practiced ? »
« […] by the age of twenty, the elite performers had each totaled ten thousand hours of practice. By contrast, the merely good students had totaled eight thousand hours, and the future music teachers had totaled just over four thousand hours.
Ericsson and his colleagues then compared amateur pianists with professional pianists. The same pattern emerged. […]
The striking thing about Ericsson’s study is that he and his colleagues couldn’t find any « naturals », muscicians who floated effortlessly to the top while practicing a fraction of the time their peers did. Nor could they find any « grinds », people who worked harder than everyone else, yet just didn’t have what it takes to break the top ranks. Their research suggestes that once a musician has enough ability to get into a top music school, the thing that distinguishes one performer from another is how hard he or she works. That’s it.
[…] researchers have settled on what they believe is the magic number for true expertise : ten thousand hours. « The emerging picture from such studies is that ten thousand hours of practice is required to achieve the level of mastery associated with being a world-class expert – in anything », writes the neurologist Daniel Levitin. « In study after study, of composers, basketball players, fiction writers, ice skaters, concert pianists, chess players, master criminals, and what have you, this number comes up again and again. Of course, this doesn’t address why some people get more out of their practice sessions than others do. But no one has yet found a case in which true worldclass expertise was accomplished in less time. It seems that it takes the brain this long to assimilate all that it needs to know to achieve true mastery. »
Michael Howe : « by the standards of mature composers, Mozart’s early works are not outstanding. The earliest pieces were all probably written down by his father, and perhaps improved in the process. Many of Wolfgang’s childhood compositions, such as the first seven of his concertos for piano and orchestra, are largely arrangements of works by other composers. Of those concertos that only contain music original to Mozart, the earliest that is now regarded as a masterwork (No. 9, K. 271) was not composed until he was twenty-one : by that time Mozart had already been composing concertos for ten years. »
The music critic Harold Schonberg goes further : Mozart, he argues, actually « developed late », since he didn’t produce his greatest work until he had been composing for more than twenty years.
The other interesting thing about that ten thousand hours, of course, is that ten thousand hours is an enormous amount of time. It’s all but impossible to reach that number all by yourself by the time you’re a young adult. You have to have parents who encourage and support you. You can’t be poor, because if you have to hold down a part-time job on the side to help make ends meet, there won’t be time left in the day to practice enough. In fact, most people can reach that number only if they get into some kind of special program – like a hockey all-star squad – or if they get some kind of extraordinary opportunity that gives them a chance to put in those hours.

We pretend that success is exclusively a matter of individual merit. But there’s nothing in any of the histories we’ve looked at so far to suggest things are that simple. These are stories, instead, about people who were given a special opportunity to work really hard and seize dit, and who happened to come of age at atime when that extraordinary effort was rewarded by the rest of society. Their success was not just of their own making. It was a product of the world in which they grew up. »

L’intelligence : une question de seuil
« A mature scientist with an adult IQ of 130 is as likely to win a Nobel Prize as is one whose IQ is 180.
A basketball player only has to be tall enough – and the same is true of intelligence. Intelligence has a threshold. »

Il n’y a pas que le « quotient intellectuel » (ou intelligence convergente) qui a son importance. Gladwell parle aussi de l’ « intelligence pratique » (ou intelligence sociale) : « knowing what to say to whom, knowing when to say it, and knowing how to say it for maximum effect. »

[Howard Gardner, en 1983, identifie huit intelligences : interpersonnelle, intrapersonnelle-introspective, corporelle-kinesthésique, logico-mathématique, musicale-rythmique, naturaliste, spatiale-visuelle, verbo-linguistique (et une 8½e : existentielle-spirituelle-morale). Le « QI » fait référence à la « logico-mathématique ».]

« Most estimates put the heritability of IQ a roughly 50 percent. »

L’éducation comme levier pour vaincre la pauvreté et enrichir l’humanité
« Poor kids may out-learn rich kids during the school year. But during the summer, they fall far behind.
When it comes to reading skills, poor kids learn nothing when school is not in session. The reading scores of the rich kids, by contrast, go up. Virtually all of the advantage that wealthy students have over poor students is the result of differences in the way privileged kids learn while they are not in school.
An enormous amount of time is spent talking about reducing class size, rewriting curricula, buying every student a shiny new laptop, and increasing school funding – all of which assumes that there is something fundamentally wrong with the job schools are doing. But look back at the second table, which shows what happens between September and June. Schools work. The only problem with school, for the kids who aren’t achieving, is that there isn’t enough of it.
The school year in the United States is, on average, 180 days long. The South Korean school year is 220 days long. The Japanese school year is 243 days long.

They start school at seven twenty-five », says David Levin of the students at the Bronx KIPP [Knowledge Is Power Program] Academy. « They all do a course called thinking skills until seven fifty-five. They do ninety minutes of English, ninety minutes of math every day, except in fifth grade, where they do two hours of math a day. An hour of science, an hour of social science, an hour of music at least twice a week, and then you have an hour and fifteen minutes of orchestra on top of that. Everyone does orchestra. The day goes from seven twenty-five until five p.m. After five, there are homework clubs, detention, sports teams. There are kids here from seven twenty-five until seven p.m. If you take an average day, and ou take out lunch and recess, our kids are spending fifty to sixty percent more time learning than the traditional public school student.
Saturdays they come in nine to one. In the summer, it’s eight to two. » By summer, Levin was referring to the fact that KIPP students do three extra weeks of school, in July.
« The beginning is hard », he went on. « By the end of the day they’re restless. Part of it is endurance, part of it is motivation. Part of it is incentives and rewards and fun stuff. Part of it is good old-fashioned discipline. You throw all of that into the stew. We talk a lot here about grit and self-control. The kids know what those words mean. »

It is not the brightest who succeed. If it were, Chris Langan [qui ne contribue pas activement à la société, malgré son QI qui est le plus élevé des États-Unis (soit entre 195 et 210)] would be up there with Einstein. Nor is success simply the sum of the decisions and efforts we make on our own behalf. It is, rather, a gift. Outliers are those who have been given opportunities – and who have had the strength and presence of mind to seize them.
We look at the young Bill Gates and marvel that our world allowed that thirteen-year-old to become a fabulously successful entrepreneur. But that’s the wrong lesson. Our world only allowed one thirteen-year-old unlimited access to a time-sharing terminal in 1968. If a million teenagers had been given the same opportunity, how many more Microsofts would we have today ? To build a better world we need to replace the patchwork of lucky breaks and arbitrary advantages that today determine success – the fortunate birth dates and the happy accidents of history – with a society that provides opportunities for all. […] The world could be so much richer than the world we have settled for. »
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Trois pré-requis pour l'atteinte de l'expérience optimale : défi, aptitudes, concentration.
(d'après Mihaly Csikszentmihaliyi, Vivre – la psychologie du bonheur)

Trois pré-requis pour qu'un emploi soit satisfaisant : autonomie, complexité, effort récompensé (pas nécessairement de façon financière).
(d'après Malcolm Gladwell dans Outliers – the story of success)
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Pré-requis pour devenir quelqu’un qui aura un impact sur la société :
soutien parental et éducation (pour le développement d'une personnalité sociable et respectable)
10 000 heures d’étude et d’expérience sur 10 ans (soit environ 3h par jour)
environnement et circonstances favorables (chance)
créativité (intelligence divergente)
quotient intellectuel (intelligence convergente) satisfaisant pour obtenir un diplôme universitaire (un peu au-dessus de la moyenne)
Inspiré de la lecture de Outliers de Malcolm Gladwell.
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« En 10 ans, à travers le monde, la consommation des biens et services a augmenté de 28%, ce qui anéantit tous les efforts environnementaux accomplis. »
- World Watch Institute, 2010
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« Les voies qui conduisent l’homme au savoir sont aussi merveilleuses que le savoir lui-même. »
- Kepler, L’Astronomie nouvelle, 1609
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« Vous devez être concis – dire les choses entre deux publicités ou en 600 mots. Et c’est rès important, puisque la beauté de la concision est de ne rien permettre d’autre que la répétition d’idées conventionnelles.
Un expert, c’est quelqu’un qui articule le consensus de ceux qui ont du pouvoir. […]
La supposée complexité de ces questions [concernant le politique], leur prétendue profondeur et obscurité, tout cela fait partie de l’illusion véhiculée par le système de contrôle idéologique, qui vise à les donner pour très éloignées de la masse de la population et à persuader les gens de leur incapacité à organiser leurs propres affaires et à comprendre le monde social dans lequel ils vivent sans le secours d’un intermédiaire. »
- Noam Chomsky, Manufacturing Consent, le film et le livre
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« Faire de la publicité, c’est agiter un bâton dans l’auge à cochons. »
- George Orwell
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« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre un produit.
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »
- Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans Les dirigeants face au changement, 2004
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« En résumé, ce modèle propagandiste pose donc un certain nombre de filtres comme autant d’éléments surdéterminant la production médiatique. […] Les filtres retenus sont au nombre de cinq.
Les médias appartiennent à des corporations et à des personnes très fortunées, qui les contrôlent. On doit présumer que cela constituera un biais. […] 5 corporations contrôlent la majorité des médias aux États-Unis – le terme médias incluant ici la télé, les journaux, les revues, les films d’Hollywood, les magazines, les livres.
Le deuxième est celui de la dépendance des médias envers la publicité. Les médias vendent moins des informations à un public que du public à des annonceurs. […] On estime à environ 70% la part de revenus publicitaires pour un journal, et à plus de 90% pour une station de télévision. Ceux qui paient veulent que les émissions ou les pages où paraissent leurs publicités soient un environnement favorable à la vente. […]
Le troisième filtre est constitué par la dépendance des médias à l’égard de certaines sources d’information : le gouvernement, les entreprises elles-mêmes – notamment par l’intermédiaire de firmes de relations publiques – les groupes de pression, les agences de presse. […]
Le quatrième filtre est celui des flaks, c’est-à-dire les critiques que les puissants adressent aux médias et qui servent à les discipliner. Au bout du compte, on tend à reconnaître qu’il existe des sources fiables, communément admises, et on s’épargne du travail en d’éventuelles critiques en référant presque exclusivement à celles-là et en accréditant leur image d’expertise. Ce que disent ces sources et ces experts est de l’ordre des faits ; le reste est de l’ordre e l’opinion, du commentaire subjectif et, par définition, de moindre valeur. […]
Le cinquième et dernier filtre est baptisé par Herman et Chomsky l’anticommunisme ; cette dénomination est à l’évidence marquée par la conjoncture américaine. Elle renvoie plus largement, en fait, à l’hostilité des médias envers toute perspective de gauche, socialiste, progressiste, etc.
Un des intérêts non négligeables d’un tel modèle est qu’on peut le soumettre à l’épreuve des faits. Chaque fois, et avec une remarquable constance, les observations sont largement conformes aux prédictions. Si l’on se place du point de vue de la démocratie participative, cela signifie notamment, d’une part, que des faits qui devraient absolument être connus de tous ne le sont pas ou le sont trop peu et, d’autre part, que des interprétations des événements, qui devraient être entendues et discutées, ne le sont pas ou le sont trop peu. »

- Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle, selon le modèle élaboré par Herman et Chomsky
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« Mais il y a une autre raison, peut-être plus fondamentale encore, de s’inquiéter de la performance des médias et de leur contribution à la vie démocratique. Il s’agit de la conception très particulière de la démocratie sur laquelle tendent à s’appuyer certaines institutions contemporaines fort influentes. Selon celles-ci, il convient non pas tant d’informer que de marginaliser le public, qui devrait devenir spectateur plutôt qu’acteur de la vie politique. Tout cela rend impératif l’exercice de la pensée critique devant les médias […] »

« Qu’il s’agisse de commerce, de libre-échange, d’accords internationaux, de mondialisation de l’économie, de la décision d’entrer ou non en guerre, de politique internationale et nationale, de questions relevant du bien commun, de la santé, de l’écologie ou de l’éducation, au fil des ans, avec une constance aussi prévisible que remarquable, les grands médias corporatistes ont, sur chacun de ces sujets et sur mille autres aussi cruciaux, tendu à exposer, défendre et propager le point de vue des élites qui possèdent ces mêmes médias et des élites politiques, qui est bien souvent exactement le même. »

« Transcrivez, si vous en avez la patience, tout ce qui se dit durant un téléjournal. Analysez ensuite votre texte quantitativement : combien de mots ont été prononcés sur tel ou tel sujet ? Par qui ? À combien de pages de votre quotidien préféré cela correspond-il ? Comparez vos résultats avec différents textes écrits. Ne m’en veuillez pas si vous concluez, avec raison, que vous n’écouterez plus jamais les informations à la télé. »

« Le spectacle et le vécu. Ce qui est rapporté l’est-il avec le souci manifeste et presque exclusif de susciter l’intérêt, en particulier en s’en tenant au sensationnalisme, au divertissement, au spectacle et à l’intérêt humain ? En ce cas, méfiez-vous. Mieux encore : fermez la télé ou le journal – vous ne perdrez rien. »

« Les experts. Il faut apprendre à reconnaître non seulement qui parle et d’où il parle, mais aussi quel point de vue n’est pas représenté, n’est pas invité ou n’a pas droit de parole. Portez donc une grande attention à l’appartenance institutionnelle des experts, en particulier de ceux qui reviennent sans cesse dans les médias pour s’exprimer sur certains sujets donnés, ou en temps de crise. »

- Normand Baillargeon, Petit cours d’autodéfense intellectuelle
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« Qu’il ait ou non droit de parole, le peuple peut toujours être amené à penser comme ses dirigeants. C’est facile. Il suffit de lui dire qu’il est attaqué, de dénoncer le manque de patriotisme des pacifistes et d’assurer qu’ils mettent le pays en danger. Les techniques restent les mêmes, quel que soit le pays. »
- Hermann Goering, durant son procès à Nuremberg
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« On ne peut pas dire la vérité à la télévision, il y a trop de gens qui regardent. »
- Coluche
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« Un peuple qui veut se gouverner lui-même doit s’armer du pouvoir que procure l’information. »
- James Madison
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« L’apprentissage est une familiarisation avec une nouvelle manière d’être. […] La neuroplasticité, la faculté que le cerveau a de changer, montre que toute forme d’entraînement se traduit par une nouvelle manière d’être. Donc, l’entraînement de l’esprit finalement n’a de mystère que quand on n’a pas essayé, tout comme vous ne comprenez le processus de progresser dans la maîtrise d’un instrument de musique tant que vous ne vous êtes pas essayé. »
- Matthieu Ricard
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« On aurait dû déclarer que la Terre était une banque et là, on l’aurait sauvée. »
- Hugo Chavez, suite à la réunion de Copenhague, en décembre 2009
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« Le point de vue financier, devenu véritable culture et langage internationalisés, c’est celui qui vise, de manière la plus prompte et infinie, le maximum de rémunération pour le capital. Or, ni la vie, ni la nature, ni l’univers, ni les cultures ne fonctionnent selon les lois du maximum et de l’infini ! C’est plutôt l’optimum, l’équilibre et le limité qui caractérisent le bon fonctionnement des sociétés, de la nature et de l’univers. Ce qui veut dire se contenter de réaliser des gains qui s’arrêtent là où le nécessitent respect de la dignité des autres et intégrité de la nature, rien de plus ! »

« Mais lorsque ce sont les milieux d’affaires de type financier qui mènent ou inspirent les actions et les relations, alors le glissement de l’économie vers le seul point de vue maximaliste financier et comptable mène là où nous en sommes rendus, hélas ! dans la majeure partie de notre planète : ne plus pouvoir faire de l’argent que sur la spéculation, le chômage, la pollution, l’exclusion, voire la tricherie comptable pure et simple. »

« Aristote faisait en effet, par ailleurs, une radicale et définitive différence entre économique et chrématistique. Si le premier terme vient des deux termes grecs oïkos et nomia (la norme, la règle qui donne et garantit le fonctionnement du bien-être de la communauté), le second, lui, vient de khréma et atos (l’argent et sa « recherche », autrement dit la poursuite de l’accumulation de la monnaie, de l’argent pour l’argent, en vue de l’enrichissement individuel personnel, l’accumulation de cet argent se faisant de surcroît en utilisant de l’argent) et n’a donné aucun équivalent en langage moderne. Sauf, peut-être, et là encore le trait est loin d’être indifférent, en langue arabe où le concept de riba’a (souvent traduit par « taux usuraire » ou « taux d’intérêt exagéré ») renvoie aussi à une idée d’accumulation indue, illicite, condamnable et condamnée, de monnaie par l’usage de la monnaie. »

« Aristote invoque très directement l’argument selon lequel l’argent ne peut servir à produire de l’argent par soi-même. Dans le monde musulman, la question est fort claire et bien tranchée : l’usure, l’intérêt (hors certaines formes d’arragnements basés sur des « paniers de ibens » qui peuvent servir d’étalon au remboursement), l’argent qui fait de l’argent en tant qu’argent, c’est un péché capital, un interdit divin formel et définitif, un haram (péché condamné par Dieu), aussi proscrit que le meurtre, l’adultère, l’inceste, l’alcool… »

« De toujours, peut-être, l’Occident chrétien, retenu par l’influence d’Aristote et la présence de ses principes dans la doctrine sociale de l’Église « postaquinienne », a-t-il cherché les moyens de faire comme les juifs qui, eux, grâce à ce passage célèbre du Deutéronome : « Tu peux prêter de l’argent avec intérêt à ton ennemi mais pas à ton frère », pouvaient aisément faire de l’argent avec de l’argent en prêtant à intérêt à des non-juifs.
Ce sera, on le sait, Jean Calvin qui, par le truchement d’une fameuse lettre autorisant un gentilhomme Bressan à exiger intérêt pour un prêt comportant risque ou manque-à-gagner, va donner une belle brèche à tout chrétien désireux de faire fructifier la monnaie à l’aide de la monnaie. Le monde musulman, lui, ne connaîtra jamais telle « ouverture » (et les mondes luthériens et confucéens fort peu) et restera dans son éthique, au moins sur ce point, toujours profondément attaché à cette position d’aversion (on l’a vu initialement fort aristotélicienne), par rapport à toute idée de faire de l’argent par l’argent. »

« Le mouvement des non-alignés, rappelons-le, est une sorte d’accord, lancé à Bandung en Indonésie au milieu des années 1950 (puis consacré à Belgrade en 1961) entre les pays du tiers monde nouvellement indépendants et ceux en voie de l’être, afin de ne « s’aligner » sur les visions et intérêts d’aucune des deux superpuissances de l’époque (États-Unis et URSS), et de protéger avant tout ceux de leurs propres peuples, avec des régimes politiques très nationalistes. Il s’agissait, au cours des années 1960, de plus de cent pays de tous continents (mais surtout Afrique et Asie). Leur mode d’échanges commerciaux entre eux et avec les ex-pays (dits) de l’Est se faisait essentiellement sur la base de formes de troc direct. Ainsi, par exemple, l’URSS livrait des tracteurs et des machines de forage à Cuba ou à l’Algérie, qui renvoyaient en échange du sucre ou du vin… Tout ce commerce passait hors du contrôle des systèmes de la livre sterling, du franc et du dollar… On a alors assisté, entre 1962 et 1974 environ, à la disparition d’à peu près tous les régimes, figures de proue ou proches de ce mouvement : de Lumumba au Congo jusqu’à Allende au Chili, en passant par No de Birmanie, Nehru de l’Inde, Ngô Dinh Diem du Viêtnam du Sud, N’krumah du Ghana, Sukarno d’Indonésie, Sadogh Mossagegh d’Iran, Sihanouk du Cambodge, etc., à peu près tous éliminés par des actes de violence et remplacés ou suivis par des régimes qui ont tourné le dos à l’esprit de Bandung et de Belgrade.
Et voilà donc le premier aspect de la mondialisation : l’ensemble des marchés et du commerce planétaires vont devoir passer, sans exception – et sans dialogue -, sous la houlette des devises fortes de l’Occident, dollar et multinationales en tête. Le capitalisme financier commençait à concrétiser sa mainmise planétaire, appuyé, encore une fois, par les institutions de Bretton Woods (particulièrement le FMI), le département du Trésor des États-Unis, Wall Street, la Banque fédérale américaine, comme en témoigne sans équivoque Joseph Stiglitz dans La grande désillusion.
Le second processus, à partir du milieu des années 1970, c’est la riposte du capitalisme financier aux succès du capitalisme industriel, qui commençait à dominer les marchés des biens et des services, depuis l’automobile jusqu’à la téléphonie, les machines-outils et l’électronique. L’arme choisie fut de baisser par tous les moyens les prix de revient pour battre l’ennemi sur le terrain de la consommation. Cela nécessitait privatisations, éliminations des programmes sociaux, délocalisations… et aussi « ouverture » des frontières et libéralisation des échanges commerciaux (simple suppression de toute entrave non désirée par la philosophie du « libre marché »). Et tout cela trouvait chantres et théoriciens zélés dans les facultés d’économie et dans les écoles de gestion. Par la combinaison de ces mesures, le capitalisme financier, toujours soutenu par le consensus de Washington et le FMI, entendait faire plier son rival, plus social-démocrate, plus industriel-productif, et moins inféodé à la classe des affaires.
Voilà, en fait, ce qu’on a mis sous le vocable fourre-tout de « mondialisation », qui n’était que mesures visant à mieux servir les milieux du business financier à l’échelle nationale et internationale. »

- Omar Aktouf, Halte au gâchis, 2008
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« Deviens ce que tu es, l’ayant appris. »
- Pindare, Ve siècle av. J.-C.
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« L’état de passivité réceptive face à un écran inhibe en effet (contrairement au livre) l’effort de construction par l’imaginaire auquel oblige la lecture et, par là même, provoque un handicap aussi grave que presque irrattrapable dans le développement des capacités de conduire une vie intérieure spirituellement et psychologiquement équilibrante. »
- Omar Aktouf, Halte au gâchis, 2008
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« Il est extrêmement rare que la montagne soit abrupte de tous côtés. »
- André Gide, 1869-1951
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« La Guerre, le Pouvoir, les Arts [qui incluent les sports et tout autre divertissement] sont des corruptions mises aussi loin de la portée humaine, aussi profondes que l’est la Débauche, et toutes sont de difficile accès. Les généraux, les ministres, les artistes sont tous plus ou moins portés vers la dissolution par le besoin d’opposer de violentes distractions à leur existence si fort en dehors de la vie commune. Après tout, la guerre est débauche du sang, comme la politique est celle des intérêts. Tous les excès sont frères. »
- Balzac dans La Peau de chagrin
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« Mieux vaut être pauvre et en santé que riche et immoral. »
- Mathieu Gaulin
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« Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue. »
- Simone de Beauvoir, 1908-1986
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Commandements pour la vie de couple :
Tes fantasmes tu cultiveras.
Ta mère et non ta belle-mère tu regarderas.
Au conte de fée tu croiras.
(à suivre… source : Languirand)
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« Apprends comme si tu devais vivre pour toujours et vis comme si tu devais mourir ce soir ! »
- Pensée tibétaine anonyme
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« [Les] différences entre hommes et femmes s’intègrent dans l’ensemble des différences que l’on observe entre les sexes dans le monde vivant. Les garçons sont attirés par les sports qui préfigurent les activités violentes des adultes ; les filles s’intéressent à un substitut de nourrisson comme entraînement aux maternités futures. On peut voir là une marque culturelle de despotisme masculin imposant les rôles. Plus justement, on y verra une spécialisation biologique entretenue culturellement. »
- Michel Raymond, Cro Magnon toi-même !
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« En 1928, l’inégalité des revenus avait atteint un sommet. En 2006, l’inégalité a enregistré un record. Dans les deux cas, c’est à méditer et à retenir, 5% des plus riches faisaient main basse sur le tiers de l’ensemble des revenus. C’est à noter, cette culture de l’injustice la plus pernicieuse qui soit fut amorcée aux États-Unis et en Grande-Bretagne dans les années 80 avant que l’Allemagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le… Canada ne les imitent… »
- Serge Truffaut, Le Devoir du 17 novembre 2008
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"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé. Alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas." - Prophétie amérindienne Cree
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« Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. »
- Jules Renard, 1864-1910
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« Les œuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles. »
- Rainer Maria Rilke, 1875-1926
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« Tout effort qui sort de l’ordinaire a pour effet de réveiller l’esprit. »
- Georges Gurdjiev
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« La vraie force, ce n’est pas celle qui éteint les feux mais celle qui sait tourner le vent. »
- Fred Pellerin, Comme une odeur de muscles
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« C’est du fond de l’abîme que retentit la voix du salut. Le moment le plus sombre est celui qui précède la véritable transformation. C’est des ténèbres que jaillit la lumière. »
- Joseph Campbell
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« Le plus grand crime est d’exciter l’envie. Le plus grand malheur est d’être insatiable. Le pire fléau est l’esprit d’appétit. »
« De tous les instruments de mort, l’ambition est la plus meurtrière. »
« Sois avare de tes paroles et les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. »
- Lao Tseu, philosophe, père fondateur du taoïsme
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« Les petits voleurs sont en prison, les grands voleurs sont tous princes. »
- Chuang Tseu, philosophe taoïste
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« Un progrès cancérogène n’est pas un progrès, c’est un cancer. Une économie non durable ne crée pas la richesse, elle crée la ruine. »
- Marc Geet Éthier, Zéro toxique
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« Qu’on le veuille ou non, notre liberté collective naîtra d’un très haut niveau de conscience personnelle. La liberté collective surgira de consciences qui ont atteint la hauteur nécessaire pour reconnaître que ma dignité est réciproquement rattachée à celle du plus pauvre. L’individu responsable doit s’élever à mille lieux de la dépendance sociale avant que la responsabilité collective voie le jour. »
- Jean Bédard, Le pouvoir ou la vie: repenser les enjeux de notre temps SHAPE 
« L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. »
- Dostoïevski
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« En nous l’invention et la création ont partie liée avec le sens du merveilleux. C’est un sens qui vient d’au-delà de la machine humaine. Peut-être notre rôle essentiel dans l’univers est-il de nous émerveiller de l’univers. Qui a été capable de s’émerveiller même s’il doit un jour être écrasé par le monde a su qu’il était utile et bon d’être homme. »
- Louis Pauwels, Les dernières chaînes
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Au Canada, depuis 1980, les riches ont vu leurs revenus augmenter de 16% tandis que ceux des pauvres ont diminué de 20%.
- Radio-Canada, 1er mai 2008
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« Quel avenir autre que la barbarie intellectuelle se dessine lorsque le principe d’animation remplace le principe d’excellence, lorsque la vie intellectuelle est assimilée à une prise de tête, lorsque la télé-poubelle enthousiasme les masses ?
La société d’hyper-consommation a gagné. Elle ne cessera plus d’étendre son empire dévastateur, répandant conformisme généralisé, la paresse de l’esprit, l’inculture, la superficialité, l’incohérence des êtres, etc. Finis les significations et les idéaux élevés ; les seuls buts dans lesquels se reconnaissent les individus étant la dépense futile, le bien-être et la santé.
Face à cette mutation, les uns parlent d’un état d’après-culture, d’autres évoquent une immense crise des significations, une phase de désagrégation et de décomposition accélérée qui prive les individus des normes, des valeurs, des motivations nécessaires au fonctionnement de la société. D’autres encore soulignent l’entrée dans la post-histoire coïncidant avec une humanité ré-animalisée et infantilisée. »
- Gilles Lipovetsky, Le bonheur paradoxal (essai sur la société d’hyper-consommation)
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« La nature est un temple où de vivants piliers laisse parfois sortir de confuses paroles. L’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers comme de longs échos qui de loin se confondent dans une ténébreuse et profonde unité. »
- Baudelaire, Les fleurs du mal
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« L’idée avancée par Adam Smith sur la métaphore de la main invisible n’est pas celle d’une providence bienveillante : les comportements individuels ont des conséquences inattendues qui peuvent aussi bien être bénéfiques que nuisibles à la société. L’opinion en réalité négative de Smith à l’égard des marchands s’explique précisément par le fait que leurs comportements, s’ils ne sont pas encadrés par l’état, sont globalement nuisibles. »
- Sciences humaines (magasine français), Michaël Biziou, philosophe et spécialiste d’Adam Smith
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« J’ai appris…
… qu’il n’y a rien de plus satisfaisant au monde que de porter des chaussures à sa pointure. […]
… que le véritable bonheur, c’est sans doute de ne rien désirer d’autre que ce que je possède.
… que l’humour est le meilleur remède à tous mes maux et même à la connerie du monde. »
- Alain Stanké, Y a-t-il une vie après la guerre
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« Le vrai bonheur ne réside pas dans la consommation hâtive de biens payés par la souffrance, la famine et la mort d’autrui, mais dans une vie illuminée par le sentiment de responsabilité constante à l’égard de son prochain. » - Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste
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Les quatre accords toltèques :
Que votre parole soit impeccable.
Quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle.
Ne faites pas de suppositions.
Faites toujours de votre mieux. (« Votre mieux » varie selon le contexte et nos états d’esprit et de corps du moment.)
 SHAPE L'importation massive de mots anglais se nomme « syndrome de Harvard ».
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« 1% des interprètes formés longtemps gagneront leur vie en musique. » - Denyse Blondin, UQAM