La consommation des sources d'énergie - Société Française de ...
L'examen des possibilités et variantes de solutions doivent être réglés lors de la
..... d'énergie nucléaire, à la production, à l'emploi, au traitement et au stockage ...
fil de l'eau ainsi que centrales à pompage-turbinage d'une puissance installée ...
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Nombreux sont pourtant les choix qui interviennent au-delà de cette limite, dans la mesure où les combustibles et les kWh ne sont pas achetés pour eux-mêmes mais pour satisfaire des services énergétiques (confort thermique dun appartement, réduction dune tonne de minerai de fer, mobilité dune personne ou déplacement dune marchandise, éclairage artificiel dun bureau) après de nouvelles conversions des sources finales en sources utiles sous des formes appropriées (thermique, mécanique, chimique). Le consommateur final choisit donc non seulement entre des procédés plus ou moins efficaces de conversion des énergies finales en énergies utiles, mais aussi entre des façons différentes de satisfaire ses besoins. Désireux dobtenir un confort thermique donné, le propriétaire dun logement arbitre entre lachat de combustibles ou délectricité, des systèmes de chauffage plus ou moins performants et des types dhabitat diversement orientés et isolés. Traiter sa demande de combustible ou délectricité comme une donnée, sans prendre en compte les choix sous-jacents dont elle résulte, constitue une mutilation lourde de conséquences.
On le découvre aisément lorsque les choix énergétiques sont traités à léchelle de toute la collectivité (producteurs et consommateurs) et évalués à laune de la rationalité macroéconomique, c.à.d. celle du meilleur usage possible de toutes les ressources (travail, capital, matières premières) disponibles. La recherche de lapprovisionnement optimal en énergie ne peut pas être guidée par les seuls coûts des sources dénergie finale, externalités incluses, mais elle doit aussi considérer ceux des services énergétiques à satisfaire. Est-il rationnel de dépenser 1 euro pour fournir un kWh additionnel, fût-il le meilleur marché, si un dispositif de conversion finale permettant de sen passer ne coûte que 0,5 euro ? Même si le marché de lélectricité nexplicite pas ce choix, la collectivité doit évidemment le prendre en considération : cest ce que fait lEtat, en son nom, lorsquil impose des normes defficacité minimales aux appareils électriques, aux automobiles ou aux logements.
Le champ des choix énergétiques déborde donc largement celui sur lequel ont prise les producteurs dénergie. Il sétend à toutes les techniques dexploration, production puis conversion des sources dénergie jusquau service énergétique. Il concerne aussi bien les utilisateurs dénergie dans tous les secteurs dactivité (agriculture, industrie, transport, résidentiel-tertiaire) que les concepteurs de procédés de conversion des sources finales (thermiciens, ingénieurs des bureaux détude), les équipementiers impliqués dans ces procédés (motoristes, chauffagistes), les professionnels façonnant les usages de lénergie (architectes, constructeurs de véhicules), les responsables des grandes infrastructures (urbanistes, aménageurs).
Ce qui suit a pour objet de faire comprendre lincidence des choix de tous ces acteurs sur lévolution des consommations dénergie. Demain comme hier, quelques points defficacité additionnels des chaudières domestiques, des fours industriels, des moteurs thermiques et électriques ou des lampes déclairage peuvent équivaloir à la production de plusieurs gisements de pétrole ou de centrales électriques. Des utilisations plus efficaces ne sauraient remplacer des productions additionnelles, mais il serait peu rationnel de ne pas les traiter ensemble pour les comparer, puisquelles sont le plus souvent substituables. Quatre étapes permettent davancer dans cette voie.
On commence par retracer dans leur totalité les filières énergétiques de façon à convaincre le lecteur que les chaînes de conversion ne sarrêtent pas à la livraison de combustibles, carburants, électricité haute ou basse tension, à un consommateur. Au delà des bornes fixées par les statistiques, apparaît ainsi le champ caché des choix énergétiques qui prolonge vers laval celui mieux connu de la production, en amont (première partie).
Dans ce cadre, les utilisateurs, concepteurs ou équipementiers sont confrontés à des choix très différents entre eux parce que les services quils doivent satisfaire nimpliquent pas les mêmes conversions de sources dénergie et que les gains potentiels defficacité de chacune varient pour des raisons scientifiques (lois de la thermodynamique, par exemple), techniques (diversité des procédés de conversion), économiques (prix des énergies et des équipements) et sociales (information et habitudes de consommation). La découverte, ou redécouverte, des principaux usages de lénergie, de leurs techniques de conversion et des déterminants de leur évolution est indispensable à la compréhension de cette variété de situations (deuxième partie).
Quelle est lincidence des différences defficacité dutilisation, dans le temps et dans lespace, sur la croissance de la consommation dénergie ? Pour apporter une réponse à la question, un détour simpose. Le passage dune efficacité ponctuelle (mesurée dans le chauffage dune maison ou la traction dun véhicule routier) à une efficacité globale (celle du chauffage domestique ou du transport routier en France) ne seffectue pas par simple addition. On doit prendre en considération les facteurs économiques et sociaux qui influent sur la façon collective de consommer lénergie. De la notion technique defficacité, on passe à celle, économique, de productivité, le plus souvent exprimée par son inverse, lintensité énergétique de lactivité économique (troisième partie). On peut ensuite sinterroger sur linfluence que pourra avoir cette dernière sur les trajectoires de consommation mondiale dénergie à lhorizon 2050 (quatrième partie).
Les chaînes de conversion : des sources dénergie primaires à la satisfaction des services énergétiques.
Ce que lon a pris lhabitude de qualifier « consommation dénergie », et parfois même « besoins dénergie » correspond à ce que les statistiques mesurent le plus facilement, à savoir les volumes de ressources naturelles qui entrent dans des chaînes de transformations et conversions successives, indispensables à la satisfaction des besoins en services énergétiques. Les chaînes peuvent être très courtes (paysanne africaine qui assure la cuisson de ses aliments à laide du bois de feu quelle a collecté autour de son village) ou très longues (européen séclairant avec une électricité issue de centrales nucléaires ou de turbines à gaz alimentées par des ressources sahariennes ou sibériennes). La Figure 1 décrit les principales étapes dune chaîne énergétique type dans les économies industrialisées.
1.1. De la consommation primaire à la consommation finale.
La consommation primaire correspond à la somme des sources dénergie à létat brut (bois, charbon, pétrole ou gaz à la tête du puit), avant transformation physique (raffinage pétrolier ou liquéfaction du gaz) et éventuelle conversion en électricité dans une centrale thermique conventionnelle. Une totale cohérence voudrait que lon inscrive ici luranium des centrales nucléaires, la chaleur géothermique captée, la force des cours deau ou du vent convertie en électricité : les limites des méthodes de comptabilité énergétique ont conduit à
Tableau 1 Chaîne des conversions énergétiques
Efficacité
globalemines,
exploit. forestière
aménage. hydraulique
capteurs solaires
100charbon
pétrole, gaz naturel bois,
électricité hydro, nucl. et solaire
raffinage pétrole
gazéification biomasse
centrales thermiques
75carburants pétroliers
gaz de synthèse
thermo-électricité
gazoducs
transmission électrique
stockage prod. pétroliers
70toutes sources dénergie
rendues chez le consommateur final
chaudière, four
moteur thermique
lampe électrique
37chaleur BT ou HT
force motrice
rayonnement lumineux
accélération
thermique de lhabitat
réseau de transport
taux dutilisation du parc de machines
?confort thermique
luminosité de lhabitat
mobilité des personnes
remplacer ces sources dénergie par les kWh quelles fournissent , mesurés aux bornes des centrales. On parle à leur propos d électricité primaire, par opposition à celle, secondaire, issue de la combustion des énergies fossiles ou de la biomasse. Toutes ces sources dénergie primaire sont comptabilisées en unités spécifiques (tonnes, m3, stères, kWh et ses multiples), avant dêtre additionnées sur la base de leur pouvoir calorifique. Les conventions auxquelles lon recourt pour la biomasse et les sources fossiles sont discutables, mais relativement simples : lénergie de chaque source est mesurée par la chaleur de combustion quelle dégage à une température de flamme conventionnelle de 2200° K : sur cette base, « une calorie vaut toujours une calorie, quelle que soit sa température »1. Cette convention sapplique aussi à lélectricité dite primaire lorsquon ladditionne aux autres sources sur la base de la chaleur que dégage un kWh dans une résistance, soit 860 kcal. La recherche dune équivalence thermique de lélectricité se complique lorsquon préfère létablir sur la base de la chaleur nécessaire à produire ce même kWh dans une installation thermique de référence (2150 kcal pci), peu utilisable dans la reconstitution de séries statistiques longues, car les rendements chaleur-électricité ont considérablement augmenté au cours du temps, cette seconde équivalence exprime cependant mieux que la première le poids effectif de lélectricité dans les bilans énergétiques actuels et lintérêt de la substituer aux sources fossiles dans un certain nombre dusages.
Les ressources utilisées à létat brut sont de plus en plus rares. La plupart sont au minimum lavées et calibrées (charbons), désulfurées voire liquéfiées (gaz naturel), carbonisées (bois), gazéifiées (biomasse humide), raffinées (pétrole brut). Une partie des volumes issus de ces transformations physiques, chimiques ou biochimiques, est en outre convertie en électricité dans des centrales thermiques conventionnelles. Les sources dénergie qui en sortent sont dites secondaires. Leur pouvoir calorifique ne représente plus, en moyenne, que 75% de celui des sources primaires, car transformations et conversions occasionnent des pertes. En contrepartie, les sources secondaires sont mieux adaptées aux demandes des utilisateurs finals. La diversité des produits pétroliers à la sortie du raffinage (essence, gas-oil, fuel-oil) lillustre.
Techniquement adaptées, les sources secondaires ne sont pas forcément disponibles chez le consommateur final (industriel, agriculteur, transporteur, commerçant ou particulier) pour des raisons de localisation spatiale des installations ou de modulation temporelle des productions. Elles nont plus besoin dêtre transformées physiquement, mais elles doivent être transportées et stockées. Principalement imputables au réseau électrique, les pertes réduisent le contenu énergétique des sources finales à environ 70% de celui des sources primaires. En revanche, ces sources ont une valeur économique beaucoup plus élevées car elles sont rendues à la porte de lutilisateur final au moment choisi pour satisfaire ses besoins. La différence de prix entre un kWh de base et un kWh de pointe mesure cette valorisation. Ventilée entre groupes dutilisateurs, cette consommation dite finale est la dernière connue statistiquement, alors quelle ne correspond pas encore aux diverses formes dénergie (thermique, mécanique, spécifique) qui vont en être tirées, après un éventuel stockage plus ou moins long.
1.2. De la consommation finale aux services énergétiques.
Cette partie aval des chaînes énergétiques est difficile à explorer parce quon ne sait pas mesurer la consommation dénergie utile (usefull energy) et moins encore les services énergétique, dès que lon traite un grand nombre dutilisateurs.
La première correspond à la sortie (output) des dispositifs assurant la transformation de nimporte quelle source en formes dénergie (chaleur basse ou haute température, énergie mécanique, lumière, froid) répondant à la satisfaction dun besoin en service énergétique. Devrait donc être mesurés la chaleur cédée par le combustible au circuit deau chaude, le travail mécanique fourni réellement par larbre du moteur ou la lumière émise par une ampoule électrique. Dans les conditions précises de fonctionnement dune installation donnée et moyennant certaines conventions, cette mesure ne soulève pas de difficultés particulières. En revanche, sa généralisation à une habitation, un atelier ou un véhicule sur une période de temps significative, et plus encore son extension à toute la société, relèvent de la gageure. A ce niveau, on doit donc se contenter dune mesure très approximative obtenue en multipliant la consommation finale par une estimation de lefficacité moyenne des chaudières, moteurs et autres appareils de conversion en usage dans une économie donnée.
Les chaînes énergétiques ne sachèvent pas avec la consommation dénergie utile. Une même quantité de chaleur cédée au circuit deau chaude peut en effet procurer un confort thermique très différent selon que le système de chauffage a été installé dans une maison bien ou mal conçue pour conserver la chaleur et la répartir harmonieusement entre toutes les pièces. Des relations comparables peuvent être établies entre le travail dun moteur et le service de transport dun véhicule, entre la lumière dune ampoule et léclairage dune pièce, entre la chaleur dune résistance électrique et la cuisson dun aliment, entre le froid dun compresseur et la réfrigération d'une boisson. Constitué de toutes les techniques mobilisées pour rendre un service énergétique, ce dernier maillon est difficile à caractériser et plus encore à exprimer par une mesure defficacité. On ne saurait cependant le négliger car il est le lieu de nombreux choix à forte incidence sur la consommation dénergie finale.
1.3. Efficacité énergétique et exergétique, constatée et potentielle.
Quelle est la part de la consommation finale dénergie qui est finalement incorporée dans les services énergétiques demandés par une économie nationale ? Jusquà quel point et à quelles conditions cette part pourrait-elle être accrue ?
A léchelle dun dispositif particulier de conversion (chaudière, automobile, ampoule, frigidaire), le rapport consommation utile/consommation finale résulte du rendement théorique de lappareil et de ses conditions dutilisation (durée, fréquences, entretien
). Il est dune extrême diversité dans une économie industrielle qui convertit de nombreuses sources finales en de nombreuses formes dénergie dans des usages très différenciés. La moyenne nationale que lon peut tirer dune observation de ces derniers ne peut donc quêtre une approximation. Létude la plus récente et la plus complète du sujet2 avance une efficacité moyenne de conversion utile/finale à léchelle mondiale de 53% (soit 37% pour la conversion utile/primaire). Ladjonction des conditions souvent médiocres dincorporation de lénergie utile aux services énergétiques (habitat mal isolé, par exemple) abaisse vraisemblablement cette efficacité autour de 40%. Des économies nationales très soucieuses de conservation de lénergie font certainement mieux, mais bien dautres (anciennes économies socialistes dEurope ou pays producteurs de pétrole) ne dépassent certainement pas 20 à 30%.
Encore ne sagit-il là que dune notion defficacité énergétique qui sappuie sur lénergie utile et non sur lénergie utilisable ou exergie. Toutes les estimations ci-dessus reposent en effet sur la convention comptable selon laquelle une calorie contient toujours la même énergie, quelle que soit sa température. Mais, depuis lavènement de la thermodynamique comme science, on sait quune calorie à 2000° C vaut plus quune autre à 80° C puisquelle permettra dactionner un moteur thermique et den tirer une énergie mécanique « noble ». Pour quantifier cette propriété, on a introduit lexergie, grandeur apparentée à « lénergie libre » des physiciens, qui ne diffère de lénergie que pour les sources thermiques et ce dautant plus que la température de la source est plus faible. Sous la forme dun coefficient dutilité énergétique (e), lénergie utile consommée par un pays est transformée en exergie utile, comme lillustre le cas de la Suisse en 19753.
Tableau 2. Energie et exergie utiles. Suisse 1975.
Energie utileCoef. eExergie utilePJ%PJ%Chaleur273,677,948,138,3- dont 353 K(80°C)191,50,11522,0- dont 573 K(300°C) 82,10,31826,1Travail 64,118,3164,151,1Chimie 12,6 3,6112,610,0Lumière 0,7 0,21 0,7 0,6Total351,0100,0125,5100,0
Compte tenu de la part considérable quoccupe la chaleur dans la consommation dénergie utile de ce pays (notamment à moins de 80° C), lefficacité utile/finale qui atteignait 68%, soit un niveau remarquable par comparaison à la moyenne mondiale de 53% un quart de siècle plus tard, tombe à 25% sur une base exergétique qui « fait ressortir les mauvaises conditions dutilisation de la chaleur ». Lécart serait encore plus prononcé si lon considérait que la chaleur de chauffage peut, dans une forte proportion, nêtre délivrée quà 50° C environ (grands convecteurs) ou même au dessous (parois chauffantes). Au total en adaptant mieux la structure de la consommation finale à celle de la consommation utile (notamment par récupération de la chaleur perdue ou captation des sources diffuses), on pourrait accroître considérablement lefficacité des utilisations de lénergie.
Dans quelles proportions ? Nombre de débats sur la question souffrent dune insuffisante définition du potentiel defficacité énergétique, c.à.d. de lécart entre la consommation finale actuelle et celle qui permettrait de rendre le même service par la mise en uvre de techniques dutilisation différentes. Cet écart est en effet très variable selon lhorizon temporel et les conditions économiques de changement des techniques que lon adopte. En allant des moins aux plus contraignantes, on distinguera4 :
le potentiel théorique qui inclut tous les progrès defficacité de conversion en énergie utile autorisés par les lois de la thermodynamique, la récupération de toutes les pertes et la réutilisation de tous les déchets, la mise en uvre des conditions dutilisation les plus performantes sous langle de la consommation dénergie ;
le potentiel technique qui ne retient dans le potentiel théorique que les solutions relevant de technologies dores et déjà capables de remplacer celles qui sont en place, sans limitation tenant à des coûts éventuellement plus élevés ;
le potentiel économique qui sélectionne parmi ces dernières celles jugées compétitives sur la base des coûts sociaux des sources dénergie finales c.à.d après internalisation des coûts externes qui peuvent leur être imputés (dommages provoqués par les pollutions, effets climatiques possibles) ;
le potentiel commercial, enfin, qui est inférieur au potentiel économique, non seulement parce que les prix du marché ne reflètent pas les coûts sociaux mais aussi parce que des imperfections (information imparfaite, aversion au risque, dissociation propriétaire/utilisateur) font que nombre dutilisateurs ne choisissent pas les techniques dutilisation économiquement les plus efficaces.
Dans ce qui suit, les évaluations se réfèreront toujours au potentiel commercial sur la base des prix de lénergie prévalant au milieu de la décennie quatre-vingt-dix. Elles représentent donc des minima que pourraient relever des politiques de vérité des prix de lénergie (surtout dans les pays qui en sont les plus éloignés) et daide à lutilisation rationnelle de lénergie.
Les usages de lénergie et la diversité de leur efficacité.
Jusquà linvention, et surtout la diffusion, de la machine à vapeur convertissant lénergie thermique en énergie mécanique, sources et usages de lénergie étaient partagés en deux champs bien distincts :
dun côté, le travail des hommes et des animaux, complété dans quelques régions par la force des cours deau et du vent, fournissait toute lénergie mécanique utilisée à des fins fixes ou mobiles ;
de lautre, la biomasse à laquelle sajoutaient dinfimes quantités de charbon minéral, alimentait tous les besoins en énergie thermique.
Sur la base des équivalences mentionnées plus haut, le premier sous-ensemble ne devait pas dépasser 5% de la consommation mondiale dénergie en 1800. Dédiés à la cuisson des aliments, au chauffage des locaux dans les régions froides ou tempérées et à la fonte des métaux, les usages thermiques dominaient la scène énergétique.
Au cours des deux siècles écoulés depuis cette date, la part de ces derniers na cessé de reculer pour se fixer autour de 50% , dont 10% de chaleur haute température utilisée dans les process industriels. Les autres 50% regroupent toutes les formes dusages mécaniques (moteurs) et dusages spécifiques de lélectricité (éclairage, réfrigération, électrolyse). Ils ont bouleversé la vie des hommes en substituant des chevaux-vapeur et des kWh à la force musculaire, en abolissant les distances par un essor sans précédent des
Tableau 3 Conversion des sources finales en énergie utile (France 1998)
chaleur BTChaleur HT Force motrice Force motriceEclairage etmobilefixeautresTotalusages(Mtep)spécifiques.1
électricitéRésidentiel-chauffage descuisson desappareilslampes, TVtertiairelocaux, eaualimentsménagers,ordinateurschaudeascenceurs95,970%4%10%16%(46,0%)Industrie-chauffagefours, HF,moteurslampes,agriculturelocaux, séchagechaudières,thermiques etautomatismes
échang. chal.électriquesélectrolyse61,530%40%20%10%(29,2%)Transportvéhiculesroutiers,chemin fer,tram52,1avion(24,8%)100%Total41%13,5%25%10,5%10%209,5transports et en allongeant le temps dactivité par la généralisation de léclairage artificiel.
Pour détailler la liste de ces usages de façon plus précise, on peut se reporter à la consommation finale dénergie de la France, telle que reconstituée sur le tableau 3. Les statistiques disponibles font état dune consommation de 210 Mtep répartie entre 3 secteurs : le résidentiel-tertiaire (46,0%), lagriculture et lindustrie (29,2%) et les transports (24,8%). Dans quels usages est-elle employée et sous quelles formes ? A la satisfaction de quels services est-elle destinée ? Son étude conduit aux estimations suivantes :
70% de la consommation du résidentiel-tertiaire et 30% de celle de lagriculture-industrie sont transformés en chaleur basse température, principalement pour apporter un confort thermique aux logements, bureaux, commerces et locaux industriels, soit 41% de la consommation finale totale ;
100% de la consommation du transport sont destinés à la traction de véhicules routiers, navires ou aéronefs qui assurent la mobilité des personnes et des marchandises, soit 25% du total ;
26% de la consommation du résidentiel-tertiaire et 30% de celle de lagriculture-industrie servent à fournir de lénergie mécanique fixe, principalement par le biais de moteurs électriques, de léclairage et dautres usages spécifiques de lélectricité (électrolyse, réfrigération) en vue de rendre une multitude de services industriels et ménagers, soit 22% du total ;
restent 40% de la consommation de lindustrie absorbée par les process sous forme de chaleur moyenne et haute température (300 à 1500° C et plus), indispensable à la production des matériaux tels quacier, ciment, verre, métaux non ferreux, soit 12% du total.
Cette structure des usages varie bien évidemment dun pays à lautre, en fonction de la rigueur du climat (plus dusages thermiques basse température), de létendue géographique et du relief (plus de force motrice mobile), du degré dindustrialisation (plus dusages mécaniques fixes et de chaleur de process). Partout, cependant, les quatre familles dusages énergétiques se caractérisent par des potentiels inégaux délévation de leur efficacité.
Le confort thermique.
Bien quelle comporte une part de subjectivité, la notion de confort thermique renvoie à quelques indicateurs tels que la température et le degré dhumidification de lair qui caractérisent le service à satisfaire soit par chauffage soit par réfrigération dun local. Dans le premier cas, le plus fréquent pour les pays industrialisés de lhémisphère nord, une température intérieure, supérieure à celle de lextérieur, ne peut être atteinte que par la fourniture dune certaine quantité dénergie thermique qui élèvera la température de lair et des parois à travers lesquelles sécoule la chaleur. De très nombreux paramètres interviennent dans le calcul des besoins de chaleur à fournir au cours dune année pour atteindre un confort thermique donné5.
Les moyens de chauffage sont les premiers auxquels lon pense. Depuis le premier feu de bois de lhomme des cavernes, ils ont beaucoup évolué : cheminée ouverte (open fire) dont le rendement ne dépasse pas 5 ou 6% en moyenne ; cuisinières, poêles à bois ou à charbon dont les modèles les plus performants ont atteint 30 à 40% ; chauffage central alimenté par des chaudières perfectionnées (à condensation, en particulier), qui, régulés électroniquement et bien entretenues, approchent les 95%. En France, lévolution des rendements moyens de ce dernier type dinstallation est passé de 65% (avant 1975) à 70% (1975-84), 80% (1984-88) et 90% (après 1988). A ce seul niveau, les gains defficacité considérables sont dus au progrès des techniques (matériaux et surtout électronique), à la disponibilité de nouveaux combustibles (gaz naturel, notamment), à la forte hausse des prix de lénergie après les chocs pétroliers et à la vive concurrence entre constructeurs dinstallations de chauffage.
Beaucoup plus efficaces, ces dernières ont en outre été de plus en plus souvent installées dans des bâtiments modernes ou réhabilités, doù une réduction des besoins en énergie utile obtenue de deux façons. Lune a consisté à diminuer les déperditions à travers les parois et la circulation de lair. Le retour de la thermique de lhabitat au premier rang des préoccupations des architectes et des constructeurs dimmeubles sest traduit par un véritable saut dans les techniques disolation et de contrôle des circuits dair. Les progrès des matériaux (béton cellulaire, laine de verre, mousse isolante) y ont joué un grand rôle, mais la sévérisation des normes de construction a été déterminante.
En France, le coefficient G (mesure de la quantité de chaleur moyenne qui séchappe du logement et qui sexprime en unité de puissance par unité de volume et par degré décart entre lextérieur et lintérieur, soit en W/m3°C) a été réduit de 25% par trois fois (1974, 1982, 1988) ; ont suivi en 2000 la généralisation à tous les bâtiments neufs des normes « chauffage électrique » et la programmation dune réduction de 10% tous les cinq ans à partir de 2005. Les résultats obtenus et attendus sont réunis sur le tableau suivant.
Tableau 4. Evolution des consommations unitaires des logements en France (kWh/m2).
Consommations observées parc ancienConsommations attendues parc neuf1968 3381988 95,01973 3302000 81,81978 260 à 2802010 66,31983 2302020 53,71993 1902030 43,51998 1802050 31,7Source : CLIP n°13
La deuxième façon de réduire les besoins en énergie utile pour un même service énergétique a consisté à récupérer de façon plus efficace le rayonnement solaire et parfois même la chaleur du sous-sol. Exploité depuis toujours comme source de chaleur domestique, le premier a bénéficié des progrès des techniques solaires
actives, via des capteurs solaires-plan absorbant le rayonnement pour le convertir en chaleur évacuée par un fluide caloporteur à destination dune habitation, dun chauffe-eau ou dune piscine ; après une période dimprovisation, de rapides progrès ont été réalisés en matière détanchéité, de liaison thermique entre la tôle noire de labsorbeur et les tubes deau, de qualité optique des matériaux transparents ou absorbants6 ;
passives, sous forme darchitecture bioclimatique consistant par appel à lorientation des façades, lutilisation de vérandas, lemploi de matériaux massifs, la ventilation naturelle, à protéger le bâtiment du froid, à récupérer le maximum dapports solaires en saison froide et à se protéger des surchauffes en saison chaude.
La récupération de la chaleur du sous-sol est elle aussi réalisée par des moyens passifs (préchauffage de lair extérieur par circulation dans des conduites enterrées à 3-4 mètres de profondeur) ou actifs (pompes à chaleur - PAC). Ces dernières sont des machines thermodynamiques capables de déplacer des calories dun bas niveau de température où elles sont inutilisables, voire gênantes, à un niveau plus élevé où elles sont utiles. Lénergie électrique dépensée au compresseur est dautant plus grande quest grand lécart de température entre sources froide et chaude. Le coefficient de performance (COP) mesure le rapport entre lénergie thermique fournie à la source chaude et celle dépensée au compresseur. Dans des gammes de quelques kW, les PAC contribuent au chauffage et à la climatisation des locaux. Au dessus (jusquà plusieurs dizaines de MW), elles apportent chaleur et froid (thermofrigopompes) à tous types dindustries, agroalimentaires notamment.
La combinaison de systèmes de chauffage plus efficaces, de moindres déperditions de chaleur et dapports supplémentaires prélevés sur lenvironnement naturel de lhabitat a stabilisé en France, depuis 1973, la consommation dénergie destinée au chauffage des locaux. Est-ce à dire que le confort thermique est aujourdhui un service satisfait de façon très efficace et que toute nouvelle amélioration sera limitée et coûteuse ? Certainement pas, pour deux raisons, dont la première est que les logements performants ne représentent quune fraction du parc actuel (18% en France) et que de nouveaux gains suivront la démolition, ou mieux la réhabilitation, des 80% restant. Cet effet sapplique aussi aux régions à climat chaud qui adoptent de plus en plus de sévères normes thermiques pour climatiser leurs immeubles autrement que par la production souvent peu efficace de froid à laide de climatiseurs dans les différentes pièces.
Lautre raison est la poursuite des progrès visant à satisfaire le besoin de confort thermique, poursuite quexprime le renouvellement désormais plus fréquent des normes dans tous les pays industrialisés. De nouvelles avancées sont en cours en matière disolation, notamment par la pause de superfenêtres dotées de films transparents qui laissent passer les ¾ de la lumière visible et la moitié de lénergie solaire sans laisser repartir la chaleur, grâce au réfléchissement des infrarouges vers lintérieur (ou inversement dans les pays chauds). Alors quune maison moyenne en Allemagne perd 200 kWh/m2/an, une maison comparable en Suède ne dépasse pas 50 à 60 aujourdhui et ne devrait pas dépasser 30-40 à lavenir. Dautres avancées, surtout intéressantes pour lindustrie et le tertiaire, sont attendues de nouvelles techniques de récupération de la chaleur émise par les machines, les canalisations de fluides, les ascenseurs ou les ordinateurs. Estimée à 32 W/m2 dans un bureau, 84 dans un immeuble ou 100 dans latelier dune école dingénieur, cette chaleur peut être récupérée par recyclage de lair vicié. Appliquée sans augmentation de coût au nouveau siège de la banque Ing (Pays Bas), cette technique limite les déperditions de chaleur interne à 0,4 GJ/m2/an, contre 4,8 dans lancien siège7.
La fabrication des matériaux.
Particularité de lindustrie par rapport aux autres secteurs de consommation : elle doit satisfaire des services énergétiques par de la chaleur à moyenne et surtout haute température pour,
la cuisson de la pâte à papier produite par voie chimique, mécanique ou mi-chimique,
la réduction du minerai de fer par procédés endothermiques dans les hauts fourneaux,
la transformation de la fonte en acier par procédés exothermiques dans des fours ouverts (Thomas ou Martin), des convertisseurs à oxygène ou des fours électriques,
la fusion déléments vitrifiants dans des fours à bassin destinés à produire le verre,
la cuisson en fours rotatifs du calcaire et de largile à partir desquels sont fabriqués le clinker puis le ciment,
le traitement de la bauxite en autoclaves chauffés à la vapeur afin de produire une alumine calcinée en fours tournants puis de laluminium par électrolyse,
lalimentation de tous les process de lindustrie chimique, du vapocraquage des oléfines au reformage des aromatiques et aux multiples réactions endo ou exothermiques mises en uvre plus en aval.
La consommation dénergie finale qui satisfait tous ces usages, à lexclusion de celle qui sert de matière première à la chimie organique, croît peu ou même décroît dans les pays industrialisés depuis le milieu des années soixante-dix. En France, par exemple, elle est passée de 58,27 Mtep en 1973 à 57,61 en 1998, les hausses de la chimie de base (9%), de lindustrie agro-alimentaire (54%), du papier-carton (54%) et des industries diverses (51%) étant plus que compensées par les baisses de la sidérurgie (-43%), de la métallurgie et des métaux non ferreux (-36%), des matériaux de construction (-49%) et de la construction mécanique et électrique (-21%)8. Strictement économiques, certains facteurs expliquant ces baisses de consommation (délocalisations industrielles et dématérialisation de lactivité économique) seront examinées plus loin. Dautres tiennent à lefficacité énergétique croissante des procédés de fabrication des matériaux. A preuve, lévolution entre 1950 et 1995 des consommations moyennes dénergie incorporées en Europe occidentale, dans une tonne dacier (de 0,8 à 0,5 tep), daluminium (de 4,9 à 3,4), de plastiques (de 2,6 à 1,8).
La tendance à la baisse est presque aussi ancienne que le sont les industries pour la simple raison que la réduction du coût des achats dénergie a toujours été un impératif pour des entreprises en concurrence, dont les achats de combustibles et délectricité dépassent souvent 10% de leurs coûts totaux, contre 2 à 5% dans le reste de lindustrie. Cette tendance a été accentuée au cours du dernier quart de siècle par la hausse des prix de lénergie, après les chocs pétroliers, et les politiques publiques de maîtrise de la demande, désormais inspirées par les préoccupations environnementales des gouvernements. Elle a été facilitée par la substitution du gaz naturel et de lélectricité au charbon et aux produits pétroliers.
Comment les diverses industries ont-elles accrû lefficacité énergétique de leurs process ? Changements technologiques et changements organisationnels y ont concouru de plusieurs façons :
lélévation de lefficacité des divers types dautoclaves, dispositifs de distillation ou délectrolyse, chaudières et fours a été recherchée et rendue possible par les progrès de la thermique industrielle, le super-calorifugeage et surtout une régulation électronique de plus en plus fine des opérations de fusion ou de combustion ;
fréquemment, les procédés les moins performants en termes de consommation dénergie ont été remplacés par dautres : voie humide par la semi-humide, la semi-sèche ou la sèche dans les cimenteries ; diffusion des fours dopés à lélectricité ou entièrement électriques dans les verreries ; substitution des fours ouverts (open hearth furnaces) par des convertisseurs à loxygène ou des fours électriques dans les aciéries ; coulée continue supprimant le refroidissement et le réchauffage des lingots dans le laminage ; intégration du processus de production pâte à papier-papier éliminant le séchage de la pâte ;
le long de tous ces procédés, les calories ont, de plus en plus, été récupérées et valorisées en haute, moyenne ou basse température (recyclage des gaz de haut fourneau, récupération de chaleur des aciéries, verrerie, papeteries, industries chimiques), tandis que la conjonction de besoins délectricité et de chaleur a favorisé le développement de la cogénération dont lefficacité globale (chaleur-force) est particulièrement élevée et dont les combustibles peuvent être des déchets de lentreprise (bois, papier, pneus
) ;
très souvent le recyclage de matériaux récupérés a abaissé les consommations unitaires dénergie de lindustrie : ferraille dans les fours électriques, aluminium dont le recyclage nexige que 5% de lénergie absorbée par la production primaire, verre dont la réintroduction sous forme de calcin économise 15 à 25% de lénergie de fusion, vieux papier économisant de lénergie sous certaines conditions (de désencrage, notamment).
Tous les progrès énumérés ci-dessus ne signifient cependant pas que la fabrication de matériaux a atteint un degré defficacité énergétique tel quaucun gain supplémentaire soit attendu au cours des prochaines décennies. Dabord parce les changements technologiques énumérés ci-dessus ne se sont pas encore diffusés dans toutes les entreprises des pays industrialisés et, plus encore, des économies en transition (ex pays socialistes dEurope) qui nattachaient aucun intérêt à lefficacité énergétique, et des économies en développement dont les installations industrielles sont souvent obsolètes.
Ensuite parce que des procédés plus performants continuent dêtre mis sur le marché ou sont lobjet de nouveaux développements. La pétrochimie et la chimie adoptent de nouveaux catalyseurs et des procédés de séparation par membrane remplaçant les distillations grosses consommatrices dénergie. Lutilisation des micro-ondes dans la cimenterie permettrait dabaisser à 1000° C la température de clinkerisation. En sidérurgie, la pré-réduction du minerai au gaz rend possible la suppression du haut fourneau et la conversion directe à lhydrogène. Parallèlement, les entreprises modifient en profondeur leurs modes de gestion en traitant leurs déchets comme des ressources, doù le progrès des techniques de tri des ferrailles et des plastiques, le démontage automatique des machines usées et la récupération de leurs pièces, la réalisation de parcs éco-industriels dans lesquels les déchets des uns deviennent des ressources des autres, à l'image de ce qui se passe dans un écosystème biologique9.
Pour toutes ces raisons, la synthèse que vient de terminer le World Energy Assessment sur le sujet conclut à des potentiels économiques defficacité énergétique, sur lhorizon 2010, de lordre de 4 à 8% aux Etats-Unis, 10 à 20% en Europe occidentale, 20 à 40% dans le reste du monde.
Le transport des hommes et des marchandises.
Contrairement à celle de lindustrie, la consommation dénergie du secteur des transports ne diminue pas, mais croît fortement dans tous les pays du monde. En France, par exemple, elle a augmenté de 46% entre 1980 et 2000, passant de 22% à 25% de la consommation finale totale. Urbanisation et élévation des revenus nourrissent un besoin de mobilité locale, régionale et mondiale des hommes, tandis que les spécialisations de lactivité économique supposent des déplacements de marchandises de plus en plus longs et fréquents. Ces services sont rendus par le secteur des transports (terrestres, maritimes et aériens) où se concentre la quasi-totalité de la consommation dénergie sous la forme de force motrice mobile. A quelques exceptions près (oléoducs, gazoducs, aqueducs), cette dernière sert à la traction de moyens de locomotions mus soit par des moteurs électriques (véhicules sur rail), soit, le plus souvent, par des moteurs thermiques qui convertissent lénergie chimique des carburants.
Quel que soit leur moyen de traction, les véhicules ont besoin dénergie utile pour vaincre deux types de force qui sopposent au déplacement10:
les forces dinertie quil faut vaincre pour imprimer une accélération à la masse par de lénergie qui sera restituée sous forme de chaleur (air, route, frein) encore difficilement récupérable ;
les forces de frottement (aérodynamiques) et les forces de roulement, les premières croissant beaucoup plus vite que les secondes avec la vitesse du véhicule.
Les paramètres accessibles pour réduire la consommation dénergie finale sont dune part la masse et laccélération, dautre part la vitesse et les qualités techniques des véhicules. Les possibilités dagir sur chacun deux varient avec chaque moyen de transport (routier ou ferroviaire, maritime, fluvial ou aérien), doù limportance de la structure modale des transports pour expliquer lefficacité des usages énergétiques du secteur dans un pays donné, et son évolution dans le temps. Au sein de chaque mode, interviennent ensuite les qualités techniques des véhicules et la façon de les utiliser (entretien, conduite
).
Toutes choses égales par ailleurs, il faut une plus grande quantité dénergie finale (en grammes déquivalent pétrole - gep) pour assurer le transport dune tonne de marchandise sur un kilomètre (t/km) ou dun voyageur sur la même distance (v/km) par camion, voiture individuelle ou avion que par oléoduc, train ou tramways.
Initialement variable dun pays à lautre, la structure modale a généralement évolué au cours des dernières décennies dans un sens peu favorable à lefficacité énergétique du transport. A peu près partout, lavion et le véhicule routier ont accru leur part de marché au détriment du chemin de fer, du transport fluvial et parfois maritime (cabotage, notamment). Les gagnants ont mieux répondu que les autres au besoin de rapidité, de souplesse et de confort recherchés par les voyageurs et les donneurs dordre, mais ils ont aussi bénéficié, dans certains pays, dune concurrence biaisée par des tarifications reflétant mal les coûts sociaux engendrés par chacun deux. En France, par exemple, les péages et taxes diverses payées par les poids lourds représentent moins de 60% de ce que coûte ce transport à la collectivité A lavenir, linternalisation de tous les coûts dans les prix du transport routier et aérien pourrait stopper lévolution, à défaut de la renverser. Le développement du transport combiné va dans cette direction.
La croissance de la consommation finale dénergie aurait été beaucoup plus élevée si les consommations unitaires dénergie des divers moyens de transport navaient pas diminué. Dans le transport aérien, elles ont été réduites de 40% en moyenne entre 1970 et 1995. Lamélioration des performances des réacteurs (passage au double flux à taux de dilution élevé), lallègement des structures grâce aux fibres de carbone et aux nouveaux alliages daluminium, loptimisation des vols permise par les ordinateurs embarqués y ont contribué.
Dans le transport routier, la réduction des consommations unitaires a été spectaculaire aux Etats-Unis jusquen 1986 (de 17,8 à 8,7 litres aux 100 km, en moyenne) sous leffet des nouvelles normes de 1979, mais elle a aussi été significative en Europe occidentale et au Japon (de lordre de 2 à 4 litres). Ont joué dans ce sens,
lamélioration des coefficients daérodynamisme,
lallègement des véhicules (chaque gain de 100 kg économise 0,5 litre de carburant) facilitée par lintroduction des matières plastiques dans la carrosserie,
lélévation du rendement des moteurs, grâce au contrôle électronique de la carburation.
En combinant de nouveaux allègements des véhicules et la poursuite du perfectionnement des moteurs (en attendant les motorisations, hybride et par pile à combustible), la réduction des consommations unitaires pourrait repartir. Le poids de modèles expérimentaux a été divisé par trois (de 1500 à 500 kg) en remplaçant lacier par des fibres de carbone et en supprimant nombre de pièces inutiles. La diffusion de linjection directe et les recherches en cours sur les frottements ou la chimie de la combustion permettent denvisager des rendements de 40% et plus alors que le rendement moyen des moteurs thermiques ne dépasse toujours pas 25%. Des consommations unitaires inférieures à 3 litres/100 km sont à la portée de la plupart des constructeurs.
Trains à grande vitesse exceptés, lefficacité énergétique de la plupart des moyens de transport terrestres et surtout aériens, en conditions réelles dutilisation (moyennant donc des hypothèses de taux doccupation), devrait continuer à croître au cours des prochaines décennies11.
Tableau 5. Comparaison des efficacités énergétiques entre modes de transport 1994-2030 (en grammes déquivalent pétrole).
Automobile interurbaineGep/voy.km 30 22Bus et cars id 13 11Trains grande vitesse id 10 12Trains express régionaux id 21 18Aérien id 86 25Véhicules utilitaires légers Gep/véh.km 63 48Poids lourds Gep/t.km 30 22Trains entiers id 6 5Transport combiné id 9 8
Ces gains defficacité seront-ils contrebalancés ou amplifiés par lévolution de la structure modale du transport et celle des conditions dutilisation des moyens de transport (les petits déplacements urbains et le non respect des limitations de vitesse) ? Des forces jouent dans les deux sens.
Dun côté, la volonté daméliorer la qualité de lair en zone urbaine sest déjà traduite par une sévérisation des normes démission (NOx, COV, particules) conduisant par étapes dici 2015 à la mise sur le marché de véhicules de plus en plus propres. En outre, la congestion urbaine, linsécurité routière et les émissions de CO2 poussent au développement des transports sur rail, urbains (tramways) et interurbains (trains à grande vitesse pour les voyageurs, transport combiné accompagné et non accompagné pour les marchandises) que les Etats peuvent soutenir par une large panoplie de moyens fiscaux et réglementaires. Dun autre côté, la poursuite de la périurbanisation et des pratiques de « juste à temps » favorisent le recours aux véhicules routiers, tandis que laspiration à une plus grande mobilité internationale assure la forte croissance du trafic aérien. La structure modale névoluera vraisemblablement pas de façon identique dans tous les pays.
Force motrice fixe, éclairage, réfrigération et traitement de linformation.
Répartis dans tous les secteurs dactivité, ces usages énergétiques ont en commun dêtre captifs pour lélectricité dont ils représentent 60 à 70% des ventes dans les pays industrialisés.
Viennent en tête les moteurs employés dans lindustrie qui transforment de lénergie électrique en énergie mécanique de rotation pour lentraînement de divers organes. En France, ils absorbent environ 70% de la consommation délectricité de lindustrie et se répartissent entre la compression (30%), le pompage (20%), la ventilation (13%), la mise en mouvement dappareillages divers (27%). Selon les puissances, les vitesses et autres services demandés, les caractéristiques des moteurs varient considérablement (universel ; asynchrone monophasé, triphasé, à rotor bobiné ; pas à pas ; à courant continu). Déjà élevés au début du siècle (85% en moyenne), leurs rendements moyens ont crû lentement puis ont décrû à partir de 1955 jusquà ce que soient lancés les moteurs à haute efficacité au début des années 90 dont les plus puissants ( ( 125 kW) atteignent 95,1% en moyenne et que soient développés les moteurs à aimants permanents qui dépassent 97% dans les mêmes gammes de puissance. Les gains defficacité à attendre découlent désormais de la diffusion de ce type de moteurs et de leur couplage avec des variateurs électroniques de vitesse qui permettent de maximiser leurs performances par rapport au service qui leur est demandé12
Les consommations dénergie destinées à léclairage représentent entre 10 et 20% du volume des ventes délectricité, réparties de façon moyenne entre le tertiaire et léclairage public (58%), le résidentiel (25%) et lindustrie (17%). Le convertisseur le plus répandue de lénergie électrique en lumière est la lampe à incandescence dont lefficacité lumineuse (rapport entre le flux lumineux produit et la puissance électrique absorbée) na que peu augmenté depuis sa mise au point par Thomas Edison, soit 10 lm/W (1910), 12,5 (1917), 15 (1936) et à peine plus aujourdhui13. Dautres types de lampes beaucoup plus efficaces existent pourtant14 :
les tungstène-halogènes qui sont des lampes à incandescence dont le filament fonctionne à plus haute température sans accélération de lévaporation et dont le rendement lumineux se situe entre 20 et 25 lm/W ;
les tubes fluorescents dont le rayonnement provient de la décharge dans une vapeur de mercure traversée par un courant électrique et dont le rendement atteint de 50 à 90 lm/W, suivis par les fluorescentes compactes (LFC) ou basses consommations qui fonctionnent selon les mêmes principes mais avec starter et ballast incorporés dans le culot de la lampe ;
la famille des décharge à haute pression (HID) à laquelle appartiennent les lampes à vapeur de mercure, les lampes aux hallogènes métalliques, les lampes au sodium haute-pression, toutes dans la gamme des rendements de 50 à 200 lm/W.
Ces lampes sont fréquemment utilisées dans lindustrie et le tertiaire, mais encore peu dans le résidentiel (moins de 20% en France) parce que le consommateur individuel est à la fois mal informé et peu attiré par un produit qui sapparente à un investissement, compte tenu de son prix et de sa durée de vie. Le potentiel defficacité économique à exploiter reste donc considérable.
Depuis leur diffusion dans la quasi-totalité des ménages (les taux déquipement sapprochent de 100% dans les pays industrialisés), les appareils ménagers constituent le troisième poste de consommation délectricité hors usages thermiques. A leur tête, les appareils frigorifiques (que lon trouve aussi dans lindustrie) : ils conservent la nourriture à basse température par absorption de la chaleur du compartiment intérieur quun compresseur évacue à laide dun fluide frigorigène vers un condensateur extérieur. Toutes choses égales par ailleurs (importance de la charge thermique à absorber, température extérieure ambiante, fréquence des ouvertures), lefficacité des machines frigorifiques dépend de leur plus ou moins bonne isolation et de la performance du compresseur. Lune et lautre avaient été sacrifiées sur lautel de la fabrication de masse à bas prix des années 50 et 60 : isolation minimum pour gagner de la place et réduire les coûts ; compresseur médiocre placé sous le réfrigérateur dans lequel il renvoyait de la chaleur ; condensateur de si petite taille quil devait être ventilé pour éviter une surchauffe ; portes peu étanches ; adjonction de résistances électriques pour éliminer la buée extérieure et le givre intérieur15. Depuis, sous la pression des politiques de maîtrise de lénergie, lefficacité des réfrigérateurs a considérablement augmenté. Aux Etats-Unis, la consommation moyenne de 3,36 kWh par litre (y compris le compartiment de réfrigération) en 1972 est tombée à 1,87 en 1987, soit un niveau encore élevé au regard des normes de consommation maximale de 1,52 en 1990 puis 1,16 en 1993 et 0,86 en 1998 par accord entre les fabricants. De nouveaux progrès dans ce sens sont attendus dune isolation plus poussée (panneaux isolants sous vide), compresseurs linéaires ou à vitesse variable, échangeurs accumulateurs, régulation électronique se substituant à la thermomécanique16. Outre celles des réfrigérateurs et congélateurs, les efficacités de tous les autres appareils ménagers pourraient aussi être accrues comme on peut le lire sur le tableau suivant.
Tableau 6. Consommations électriques des appareils ménagers (kWh/an).
Moyenne 1988Meilleur disponible.Objectif possibleRéfrigérateur Danemark 200 litres sans congélateur 350 90Congélateur Danemark 250 litres 500 180 100Lave-linge Danemark, 4kg, 200 heures/an 400 240 115Lave-vaisselle 500 310 165Sèche-linge, 130 séchages/an de 3,5 kg 440 350 180Cuisinière électrique 700 400 280Source : Facteur 4, p. 57 et suivantes.
Restent les appareils de réception (télévision) et traitement (ordinateurs) de linformation dont le nombre ne cesse de grandir aussi bien dans lindustrie que dans le résidentiel-tertiaire. Leur efficacité sest aussi accrue et continuera de saccroître.
De lefficacité à la productivité de lénergie.
La croissance de lefficacité globale des chaînes énergétiques nest pas une nouveauté. A des rythmes variables selon les pays et les époques, sans exclure des phases de régression, le rapport énergie utile/énergie primaire sest élevé depuis le 19ème siècle : en moyenne de 10,5% à 22% entre 1860 et 1950, selon Palmer Putnam, beaucoup plus aux Etats-Unis (de 8 à 30%) mais beaucoup moins en Inde (de 5 à 6%)17. Cette évolution a donc freiné la croissance de la consommation dénergie que tiraient celles de la population et de lactivité économique. Dans quelle proportion ? On ne peut pas répondre en systématisant les mesures defficacité telles que mentionnées ci-dessus tant sont grandes les difficultés de quantification de la consommation dénergie utile et plus encore du contenu des services énergétiques à léchelle dune économie nationale (cf. première partie). On se réfère donc à un indicateur de productivité, au sens traditionnel que lui donnent les économistes lorsquils mesurent la productivité du travail ou du capital. Il sagit ici du volume de biens et de services (mesuré en valeur) quune économie nationale peut produire à laide dune quantité donnée de sources dénergie (PIB/ENE) que lon a pris lhabitude de lire en linversant (ENE/PIB) sous la dénomination dintensité énergétique de lactivité économique.
3.1. La signification de lintensité énergétique.
En rapportant la consommation dénergie primaire ou finale de la France ou des Etats-Unis, en tep ou TJ, au volume de la production de ces pays la même année, exprimé par le Produit Intérieur Brut (PIB) en milliards de dollars ou deuros, on obtient lintensité énergétique de lactivité économique. En 2000, par exemple, cette intensité en tep par 1000 euros, est estimée à 0,273 (Union Européenne), 0,288 (Etats-Unis), 0,172 (Japon), 1,238 (Ex-URSS), 0,899 (Chine) ou 0,375 (monde).
Indicateur apparemment très simple, lintensité énergétique dun pays doit être interprétée avec une grande prudence, surtout si on lutilise pour retracer des évolutions temporelles ou effectuer des comparaisons internationales. Si les numérateurs (aux différences près de coefficients déquivalence entre sources dénergie) ne posent pas trop de problèmes, les dénominateurs ne sont comparables quà certaines conditions :
dune année à lautre, il faut sassurer quil sagit bien de valeurs constantes c.à.d. de PIB déflattés à laide dun indice des prix qui efface les effets déventuelles inflations ;
dun pays à lautre, il faut recourir à une même unité monétaire obtenue à laide soit de taux de change, soit dun indice de parité de pouvoir dachat (ppa).
Qui plus est, ENE/PIB, nest pas un indicateur defficacité mais de productivité. Son niveau exprime donc une double réalité, énergétique (lefficacité de conversion des sources primaires en énergie utile, comme exposé ci-dessus (Cf. 1), mais aussi économique (la composition du PIB). Un ENE/PIB élevé peut signifier soit un système énergétique peu efficace pour des raisons technologiques ou organisationnelles, soit un PIB reposant majoritairement sur des activités économiques fortes consommatrices dénergie (sidérurgie, métallurgie, chimie lourde), soit les deux à la fois. Une diminution de lintensité peut indiquer soit une élévation de lefficacité de la chaîne des conversions énergétiques, soit une dématérialisation du PIB (croissance plus rapide de linformatique que de la production dacier), soit les deux à la fois. Cette ambivalence peut être en partie levée en décomposant une variation de ENE/PIB entre composantes, structurelle et technologique, cette dernière étant alors assimilable à une variation defficacité du système énergétique (volume dénergie utile/volume dénergie primaire).
Pour un pays donné, la consommation totale dénergie ENE peut ainsi être décomposée en une somme de produits de facteurs18
ENE = ( ENEi, lindice i étant relatif aux divers secteurs de léconomie
i=1
ENEi = ( (ENEi/VAi) x (VAi/PIB) x PIB
i=1
où ENE représente la consommation totale dénergie
Ei et VAi la consommation dénergie et la valeur ajoutée du secteur i
PIB lactivité économique densemble
ENEi/VAi un indicateur dintensité énergétique du secteur
VAi/PIB un indicateur de structure économique.
Lexpression signifie donc que ENE dépend de la valeur globale du PIB (toutes choses égales par ailleurs, ENE sera plus élevé en France quau Portugal) ; de la structure du PIB (% des diverses productions allant de laluminium gros consommateur dénergie aux logiciels informatiques qui le sont beaucoup moins) ; de lintensité énergétique de chaque production entrant dans le PIB (un même Euro daluminium exigera la consommation de plus ou moins délectricité selon lefficacité des procédés industriels). En faisant apparaître explicitement les variations ( ( ) de chacun des termes de la relation précédente, on obtient :
( ENE = ( ( (ENEi/VAi) x VAi/PIB x PIB effet de contenu
+ ( ENEi/VAi x ( (VAi/PIB) x PIB effet de structure
+ ( ENEi/VAi x VAi/PIB x ( (PIB) effet dactivité
+ termes de second et troisième ordre, en général négligeables sur une courte période.
Lorsque lon dispose de toutes les données statistiques pour lappliquer à une économie nationale, la méthode permet de dissocier les variations dactivité, de structure ou de contenu qui sont à lorigine dune variation de ENE/PIB. En figeant leffet de structure, on peut évaluer leffet technologique ou de contenu qui correspond à une variation defficacité du système dapprovisionnement. La principale difficulté méthodologique vient de lincidence du degré de désagrégation du PIB sur le partage entre effets de structure et de contenu : plus ce degré est grand, plus leffet de structure devient prépondérant et inversement.
3.2. Lévolution passée de lintensité énergétique.
Pour comprendre lincidence de lévolution de ENE/PIB sur la croissance de la consommation mondiale dénergie, il faut essayer de reconstituer cette évolution sur une période de temps aussi longue que le permettent les statistiques disponibles19.
Tableau 7. Taux de croissance ou décroissance de ENE/PIB (%).
Amérique latineAmérique du nordAsieEurope de louest Europe de lest Monde1820-1870 -0,3 0,3 0,21870-1913 -1,2 -0,8 -0,3 0,3 -0,2 0,01913-1950 -0,9 -1,0 -0,3 -1,3 -1,6 -0,91950-1973 -1,3 -0,6 -0,8 -0,3 1,3 -0,41973-1990 0,2 -2,5 -0,8 -1,9 0,7 -1,31990-2000 0,6 -1,7 -1,5 -1,3 0,8 -1,2Source : évaluations de lauteur à partir des PIB dAngus Maddison.
Quelques grandes tendances se dégagent des évaluations ci-dessus :
à léchelle mondiale, lintensité énergétique na crû quau 19ème siècle, lorsque lEurope sest industrialisée en recourrant massivement à un charbon minéral utilisé de façon très peu efficace (le rendement initial de la machine à vapeur était inférieur à 1%) ; au cours du 20ème siècle, lintensité na crû que dans quelques régions, dont lEurope de lEst qui a donné priorité au développement des industries lourdes sans aucun souci de productivité, et plus récemment lAmérique latine pour des raisons tenant surtout à ses crises économiques ;
en général, la baisse sest accentuée dune période à lautre, sauf lorsque la diminution du prix relatif de lénergie a découragé la recherche dune plus grande efficacité énergétique, ce qui a été le cas entre 1950 et 1973, avec la construction dimmeubles qualifiés de « véritables passoires thermiques » ou celle dautomobiles consommant de 20 à 30 litres dessence au km, notamment aux Etats-Unis ;
la nouvelle baisse des prix de lénergie à partir de 1986 a de nouveau ralenti les efforts vers plus defficacité énergétique (construction automobile, notamment), mais elle na pas empêché des diminutions significative de lintensité : ces dernières, avec des taux de croissance démographique et économique moins vigoureux, sont à lorigine d une croissance mondiale de la consommation dénergie qui ne dépasse pas 0,9% par an sur la décennie 1990-2000.
Pour bien comprendre ces évolutions récentes et linfluence quelles pourraient avoir sur celles des prochaines décennies, un examen plus attentif des grandes régions du monde simpose.
Les économies en transition.
Pour des raisons structurelles (priorité aux industries lourdes) et technologiques (système économique incitant peu à la croissance de lefficacité), lintensité énergétique de lactivité économique des pays socialistes dEurope dépassait de 2 à 3 fois celle des pays capitalistes à la fin des années 70. En éliminant les gaspillages les plus criants, les premières réformes des années 80 ont réduit sensiblement sa croissance (ou même amorcé sa décroissance, selon les sources dinformation), mais tout a changé avec le passage à léconomie de marché au début des années 90. Globalement, lévolution de ENE/PIB depuis cette date résulte de deux évolutions contradictoires : la baisse rapide de lintensité énergétique dans les pays dEurope centrale qui modernisent leur appareil de production ; sa hausse en Russie et dans les autres anciennes républiques de lURSS où le passage à léconomie de marché a provoqué une chute du PIB plus forte que celle de la consommation dénergie. Cette évolution semble cependant sinverser depuis 1997.
Les pays de lOCDE.
Dans lensemble, les pays industrialisés ont infléchi leur trajectoire en abandonnant la forte baisse des années 80 (entre 2 et 2,5%) pour une baisse beaucoup plus modérée (autour de 1,5%) au cours des années 90. La diminution des prix de lénergie et le relâchement des politiques de maîtrise de la demande y sont certainement pour quelque chose, mais ces facteurs ne suffisent pas à expliquer les différences entre pays de la région :
au Japon, lintensité énergétique qui est déjà la plus basse du monde (0,16 kep/$95 ppa), ne progresse plus depuis que la crise économique a ralenti les investissements de productivité dans lindustrie ;
à lopposé, les Etats-Unis, qui se situent sur une trajectoire plus élevée (0,36 kep au début des années 80, soit en moyenne 50% de plus que lEurope occidentale et 80% de plus que le Japon), ont continué à réduire leur intensité énergétique mais à un rythme moins rapide quau cours des années 80 (de 2,5% à 1,6% par an) ;
les évolutions européennes occupent une place intermédiaire : globalement, la baisse dintensité a aussi perdu de sa vigueur entre les années 80 (-1,9%) et 90 (-1,3%) dans la mesure où des évolutions structurelles adverses dans lindustrie de quelques pays et dans les transports de tous ont atténué la croissance soutenue de lefficacité énergétique de lindustrie et du résidentiel-tertiaire.
Les pays en développement.
Cest de leur côté quest venue la principale surprise des années 90 : la baisse de ENE/PIB de 1,2% par an à léchelle mondiale est en effet imputable pour partie à celle de certains pays en développement.
Bien que la mesure de lintensité énergétique soit plus difficile dans les pays où léconomie informelle occupe encore une place importante20 et où les sources dénergie dites non commerciales entrent pour une large part dans les bilans énergétiques, il est vraisemblable quENE/PIB a peu diminué dans la plupart. En Inde (autour de 0,12 kep/$95 ppa) comme au Brésil (0,10), lefficacité accrue des procédés industriels, des moyens de transport ou des appareils ménagers a été largement contrebalancée par les évolutions structurelles inhérentes à lindustrialisation et à lurbanisation.
Reste le cas dun pays, et non des moindres, puisquil sagit de la Chine. Si lon en croit les données disponibles, lintensité énergétique de son activité économique serait tombée de 0,57 kep/$95 ppa en 1980 à 0,37 en 1990 et 0,17 en 2000, soit une baisse de 4,3% par an au cours de la première décennie et de 7,5% au cours de la seconde. Cette évolution de fond serait à lorigine des résultats extraordinaires des dernières années du siècle (1996-99) au cours desquelles la consommation dénergie primaire est tombée de 12% pendant que le PIB croissait de 25%. Après étude attentive du cas, Jeffrey Logan21 nuance ces résultats, mais confirme la forte baisse de lintensité, provoquée par une rapide modernisation industrielle : fermeture de nombreuses petites entreprises au profit de grandes qui ont adopté des technologies modernes et amélioration de la qualité des charbons (lavage, pouvoir calorifique plus élevé) qui a fortement accru les rendements de conversion.
Les évolutions de lintensité énergétique observées dans les diverses régions du monde au cours de la décennie 90 sont-elles appelées à durer ? Des changements technologiques, économiques ou sociaux sont-ils susceptibles de les stopper ou daccentuer leur tendance à la baisse ?
Linfluence de lintensité énergétique sur lévolution de la consommation mondiale dénergie au cours des prochaines décennies.
Depuis la première révolution industrielle, la consommation mondiale dénergie a été multipliée par 30, soit 1,8% de croissance annuelle moyenne, mais par grandes périodes aux rythmes très inégaux, comme on peut le lire sur le tableau suivant.
Tableau 8. Consommation, population et PIB mondiaux 1800-2000.
De nombreux facteurs entrent dans lexplication de cette évolution, mais par simplification, on peut nen retenir que trois : la croissance de la population, celle de léconomie et lintensité énergétique de lactivité économique, soit ENE = POP x (PIB/POP) x (E/PIB), dont les valeurs pour chaque sous-périodes (plus celle dun facteur résiduel) mettent en lumière lincidence de la faible baisse de lintensité sur la très forte croissance de la consommation d'énergie après 1950 et inversement celle de sa forte baisse sur la croissance plus modérée après 1973, comme on peut le lire dans la cinquième colonne du tableau suivant.
PériodesPopulation
MhPIB G$90ENE MtepRelation entre taux de croissance annuels moyens1820 1041 694 3501870 1270 1101 6031,10=0,40+0,53+0,20+(-0,03)1913 1791 2705 14952,13=0,80+1,30+0,00+0,031950 2525 5336 21601,00=0,93+0,91+(-0,90)+0,061973 391316059 59454,50=1,92+2,93+(-0,40)+0,051998 590833726 90071,67=1,66+1,33+(-1,30)+(-0,02)Source : les consommations dénergie ENE sont tirées du tableau fourni en annexe ; les populations et les produits intérieurs bruts sont tirés de Maddison (Angus), Léconomie mondiale, Paris : OCDE, 2001, 400 p.
Ces relations entre taux de croissance présentent-elles un intérêt pour construire des scénarios à 2050 ?
Trois scénarios de consommation à lhorizon 2050.
Parmi tous les exercices de prospective énergétique à long terme, ceux du Conseil Mondial de lEnergie (CME) servent fréquemment de référence. Rappelons en brièvement les principales caractéristiques22. Calés sur lannée 1990 [population mondiale de 5,26 milliards dhabitants ; PIB mondial de 25,7 mille milliards (1012) de dollars 1990, base pouvoir dachat de chaque pays (ppa) ; consommation dénergie primaire de 8,98 milliards de tonnes déquivalent pétrole (Gtep)], trois scénarios alternatifs décrivent trois futurs concevables :
autour dune voie moyenne (B) qui exprime une croissance mondiale « au fil de leau », sans inflexion notable des évolutions économiques et technologiques observables,
une branche (A) de lalternative représente une accélération de la croissance sous la poussée dun puissant changement technologique favorisé par la mondialisation et la libéralisation,
tandis quune branche (C) incarne un monde « ecologically driven » parce que la technologie et léconomie y sont orientées par la volonté de protéger lenvironnement et délever le degré déquité entre les régions.
Les trois scénarios ont en commun une même croissance de la population mondiale (10,1 milliards dhabitants en 2050, soit un taux annuel moyen de 1,1%), mais diffèrent par un taux de croissance du PIB mondial sensiblement plus fort dans A (2,7%) que dans B et C (2,2%) ainsi que par une décroissance annuelle de ENE/PIB plus prononcée dans C (-1,3%) que dans A et B (-0,8%). Leurs résultats sont synthétisés sur le tableau 1.
Tableau 9. Résultats 2050 des trois scénarios.
A B CPIB (1012 $90 ppa) 100 75 75 Taux annuel moyen (%) 2,7 2,2 2,2ENE/PIB (kep/$90) 0,22 0,22 0,16 Taux annuel moyen (%) -0,8 -0,8 -1,3Consommation primaire (Gtep) 25 20 14 Taux annuel moyen (%) 1,7 1,3 0,7
Premier constat : les trois scénarios sont cohérents dans la mesure où leurs résultats satisfont bien la relation simplifiée
ENE = POP x PIB/POP x ENE/PIB
qui met en lumière lincidence sur le taux de croissance de la demande dénergie de celui du PIB (écart entre A et B) et de celui de lintensité énergétique de lactivité économique (écart entre B et C).
Second constat : léventail des futurs possibles en 2050 est extrêmement ouvert. Les 11 Gtep qui séparent A de C dépassent de 20% la consommation mondiale de lannée de départ. Lécart est si grand que la plupart des questions critiques dans le scénario A (épuisement des ressources pétrolières conventionnelles, émissions de gaz à effet de serre, taux élevés de pénétration du nucléaire ou des renouvelables
) le sont peu dans le scénario C. Ce dernier, en revanche, est le seul à satisfaire les conditions posées par lInternational Panel on Climate Change (IPCC) pour qui la stabilisation de lémission annuelle de carbone anthropogénique à 6 Gt implique non seulement une politique très volontariste de décarbonisation de lapprovisionnement (part des non fossiles portée de 12 à 46%), mais une consommation mondiale ne dépassant pas 13,6 Gtep (572 EJ) en 2050. Quelles sont les évolutions qui poussent plutôt vers A ou vers C ?
Croissances démographique et économique.
Depuis la construction des scénarios du CME, les démographes nont cessé de revoir à la baisse leurs projections de population mondiale. Alors que les trajectoires énergétiques sappuient toutes sur une hypothèse haute à 10,1 milliards dhabitants en 2050, lhypothèse basse à 7,7 est envisagée avec une attention croissante, au vu des données les plus récentes sur lévolution de la fécondité. Elle est en effet à lorigine de la baisse du taux de croissance de la population mondiale : 2% (et même 2,5% dans les régions les moins développées) à la fin des années soixante, 1,5 à la fin des années quatre-vingt-dix, peut-être 0,50 en 2050. La rapidité de la baisse du taux de fécondité est en proportion directe avec léducation et le niveau de formation, des filles notamment. Il est vraisemblablement aussi influencé par un large accès aux médias occidentaux. Ce qui fait dire à lUnesco, quau delà de linévitable croissance démographique des prochaines décennies, la population mondiale, loin dêtre menacée « dexplosion », pourrait bien « imploser », le phénomène samorçant déjà dans les pays touchés par la dépopulation23. Dans cette perspective, le taux moyen de croissance démographique sur toute la période serait plus proche de 0,6% que du 1,1% retenu.
Sur une période de temps aussi longue et un ensemble de régions aussi hétérogène, aucun scénario de croissance économique cohérent ne peut être construit. Il est donc raisonnable de conserver les deux taux (2,2 et 2,7%) adoptés par le CME, sachant que le premier, considéré comme le plus réaliste, correspond au taux de progression de la productivité des pays industrialisés et au taux minimum nécessaire au développement économique des autres.
4.3. Lélévation de lefficacité énergétique.
Composante principale de la baisse de lintensité énergétique jusquà présent, lefficacité énergétique dispose dun potentiel considérable de croissance dans tous les secteurs dutilisation (Cf. 2ème partie). Lexpérience historique prouve cependant que ce potentiel nest exploité complètement que lorsque sont réunies un certain nombre de conditions.
Dans les pays industrialisés, y compris les anciens pays socialistes dès quils seront passés à une véritable économie de marché, les choix de technologies efficaces dépendent dun signal prix sans équivoque et de normes techniques faisant office de cliquet. Attendre le premier dune manifestation de rareté des sources fossiles serait très aléatoire car le progrès technologique compense les rendements décroissants dans lactivité minière. En revanche, tout porte à croire que la prise de conscience environnementale continuera à pousser les pouvoirs publics sur la voie dune internalisation des coûts externes des consommations dénergie. Même si elle tarde à être mise en place à léchelle internationale, la « taxe CO2 » fait tâche dhuile en Europe et, mondialisation oblige, en franchira un jour les frontières.
Les pays en voie dindustrialisation ont, le plus souvent, dautres priorités que lélévation de lefficacité. A partir du moment, cependant, où elle devient indissociable de la modernisation des appareils de production et de la compétitivité internationale, lefficacité énergétique progresse. Lexpérience récente de la Chine en apporte une remarquable illustration. Ailleurs, les transferts de technologies par des firmes multinationales permettent des leap frogging dont bénéficient tous les utilisateurs dénergie24. Un tel résultat suppose évidemment des régulations nationales soucieuses dutilisation rationnelle de lénergie et des Etats capables de les faire respecter.
Vers une dématérialisation du PIB ?
Au cours des prochaines décennies, la composante structurelle de la baisse de lintensité pourrait prendre le pas sur la composante efficacité. La révolution scientifique et technologique en cours permet en effet dobtenir toujours plus de biens et de services à partir dune même quantité de matière première. Les implications sur les besoins en services énergétiques en sont considérables. Dans les télécommunications, par exemple, 25 kg de fibres de verre rendent un service équivalent à 1000 kg de cuivre, alors qu1 kg de fibre de verre nexige que 5% de lénergie incorporée dans 1 kg de cuivre !
Certains facteurs expliquant la dématérialisation du PIB à léchelle dune économie nationale, sont propres aux pays très industrialisés (moindre rythme de construction des infrastructures grosses consommatrices de matières premières, importation accrue de produits semi finis, préférences des consommateurs pour des services à moindre contenu en matériaux), mais dautres ont une portée plus universelle :
substitution dans lindustrie de matériaux traditionnels par des matériaux plus léger, le béton par de lacier et lacier par des plastiques ;
dans tous les cas, utilisation de matériaux plus résistants donc en moindre épaisseur et poids ;
recyclage de plus en plus fréquent des matériaux usagés (acier, aluminium, verre, papier, plastiques) qui exige moins dénergie que la première fabrication ;
moindre besoin de matériaux par unité de produits finis grâce à une plus grande longévité (appareils domestiques), à des réutilisations (bouteilles) ou à des rénovations remplaçant les démolitions (bâtiments).
Résultat, la baisse de lintensité des PIB en acier ou en aluminium ou sa stagnation en polymères, dans tous les pays industrialisés, y compris lex-URSS pour lacier25. Evolution qui, à plus long terme, pourraient être infléchie de façon plus radicale par des nanotechnologies capables de fournir, sans déchets, des matériaux dune résistance et dune légèreté inimaginables aujourdhui.
La substitution de linformation à lénergie est un autre effet de la révolution scientifique et technique qui peut contribuer à la dématérialisation du PIB. Des percées nouvelles pourraient même avoir lieu dans plusieurs directions :
outre la périodisation désormais quinquennale de la sévérisation des normes de construction des immeubles et limposition de performances minimales pour les appareils ménagers, la diffusion de la domotique (smart building) devrait réduire encore les pertes dénergie ;
lorganisation de la production et des échanges fondée sur lutilisation systématique des possibilités offertes par Internet est porteuse de changements susceptibles daffecter les consommations dénergie de diverses façons : déplacements des personnes (travail ou achats) ; stockage, transport et commercialisation des marchandises ; aux Etats-Unis, selon Joseph Romm, tous ces changements vont réduire lintensité énergétique de 1,5 voire 2% par an sur la période 1997-200526 ; en France, Jean-Marc Jancovici estime que la conversion au télétravail de 50% des actifs du tertiaire pourrait équivaloir à 5% de la consommation nationale dénergie27.
Les techniques agricoles, enfin, pourraient entrer dans une période de mutation tournée plus vers les biotechnologies que vers la chimisation intensive dont les limites sont aujourdhui évidentes28.
Conclusion.
Aucune des évolutions mentionnées ci-dessus nest certaine, mais aucune nest improbable. Lémergence des nanotechnologies dans la production des matériaux nest pas moins futuriste que celle de la fusion dans la production délectricité. Dès lors, la conjonction dune croissance démographique vraisemblablement moins forte que prévue (8 milliards dhabitants au lieu de 10 en 2050) et de la poursuite de la décroissance de ENE/PIB sur une trajectoire peut-être pas très éloignée de celle du scénario C du CME pourrait modifier sensiblement la problématique énergétique 2050. Les choix effectués entre les modes dutilisation des sources dénergie, on le constate, sont aussi déterminants que ceux relatifs à leur production.
Annexe 1. Evolution de la consommation mondiale 1800-2000 des sources dénergie.
CharbonPétroleGaz naturelElectricitéBiomasseTotal1800 7,1 297,7 304,81810 9,1 314,8 325,91820 12,0 337,7 349,71830 16,5 364,9 381,41840 28,0 396,0 424,01850 44,7 434,7 479,41860 81,6 0,08 456,3 538,01870 131,0 0,51 471,3 602,81880 207,1 3,5 515,4 726,01990 308,8 10,2 5,2 0,02 552,8 877,11900 479,6 25,0 5,2 0,3 578,8 1088,91910 730,9 53,0 11,0 0,9 595,0 1390,81920 711,9 91,1 19,0 3,5 584,6 1410,11930 816,2 206,7 45,6 9,8 571,1 1649,41940 898,3 292,0 66,5 17,3 555,8 1830,91950 925,3 505,3 153,3 29,4 546,6 2160,019601252,0 1029,9 374,0 59,1 608,1 3323,119701387,1 2236,7 814,5 107,2 643,0 5188,519801748,0 3009,81158,5 210,8 789,0 6916,119902145,8 3134,91617,8 363,5 937,6 8199,620002043,7 3414,51993,4 461,41092,0 9006,0
Notes. Les données sur les sources dénergie commerciales proviennent de compilations diverses dont les Nations Unies pour la période postérieure à 1950 ; Annuaires historiques de B.R. Mitchell et autres pour la période antérieure. Les données sur la biomasse (bois de feu) sont des estimations basées sur la consommation par tête dans les diverses régions du monde et lévolution démographique. Les écarts entre ces séries et celles dautres auteurs ont pour origine, outre lintégration de la consommation de biomasse, le choix de coefficients déquivalence légèrement différents, notamment pour les charbons dont les consommations ont été converties en tonnes équivalent pétrole (tep) sur la base de leur qualité dans chaque pays. Toutes les données sont donc homogénéisées en :
tep = 107 kcal pci ou 42 GJ (pci = pouvoir calorifique inférieur ; G = 109 ;J = Joule)
Mtep = 106 tep
1 tonne de pétrole ou produits pétroliers = 1 tep par convention
1 tonne de charbon = en moyenne 0,66 tep (et non à 0,7 comme dans dautres sources)
1 tonne de lignite = en moyenne 0,23 tep
106 m3 de gaz naturel = 0,855 tep
1 m3 de bois = 0,245 tep
11 MWh = 0,086 tep et non 0,215 tep ce qui minimise la part de lélectricité primaire (hydraulique, nucléaire, géothermie) dans la consommation primaire mais assure la constance du coefficient dans le temps ce que ne permet pas léquivalence à la production. Ce choix explique la plus grande partie des différences avec dautres sources dinformation surtout sur la période récente.
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1. Rousseaux (Patrick) et Apostol (Tiberiu). Valeur environnementale de lénergie. Lausanne : Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 1999, 186 p (p. 2).
2 United Nations Development Programme, World Energy Council. World energy assessment, New York : UNDP, 2000, 508 p (p. 175).
3 Gardel (André). Energie : économie et prospective. Pergamon Press, 1979, 506 p (p. 171). Un grand merci à Bernard Dreyfus pour ses fructueux commentaires sur ce sujet.
4 United Nations, op.cit. p. 183.
5 CFDT. Le dossier de lénergie. Collection Sciences. Paris : Editions du Seuil, 1984, 412 p (p. 96).
6 Dessus (Benjamin) et Pharabod (François). Lénergie solaire. Que sais-je ? Paris : PUF, 1996, 128 p (p. 31).
7 Weizäcker (Ernst von), Lovins (B.Amory), Lovins (L. Hunter).Facteur 4. Deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins. Rapport au Club de Rome. Mens : Edition Terre Vivante, 1997, 320 p. (p. 55).
8 Commissariat à lEnergie Atomique. Memento sur lénergie. Edition 2001. 78 p (p. 18).
9 Erkman (Suren). Vers une écologie industrielle. Editions Charles Léopold Mayer, 1998, 147 p (p. 25 et 83).
10 CFDT, op.cit. p. 193.
11 Cahiers du Club dIngénierie Prospective Energie et Environnement (CLIP). Transports à lhorizon 2030, octobre 2001, n° 14, 107 p (p. 57).
12 Almeida (Edmar Luiz ). La motorisation électrique : la rénovation de la dynamique dinnovation (p. 249-272), in Bourgeois (Bernard), Finon (Dominique), Martin (Jean-Marie). Energie et changement technologique, une approche évolutioniste. Paris : Economica, 2000, 490 p.
13 Menanteau (Philippe) et Lefebvre (Hervé). Les modalités de contournement dun monopole technologique : le cas de léclairage résidentiel (p. 161-183), in Bourgeois (Bernard), op.cit.
14 Cahiers du CLIP. MDE. Léclairage en France, janvier 1997, n° 7, 80 p.
15 Weisäcker (Ersnt von), op.cit. p. 60.
16 Cahiers du CLIP. Le froid domestique, décembre 1999, n° 11, 92 p. (p. 25).
17 Putnam (Palmer). Energy in the future. Princeton : D. Van Nostrand, 1953, 556 p. On doit à André Gardel (op.cit, p. 167-68) des estimations plus récentes mais plus ponctuelles : Etats-Unis 1970 (44%), Europe de lOuest 1972 (33%), Europe de lEst (32%), Suisse 1910 1970 (38%-52%).
18 Criqui (Patrick) et Kousnetzoff (Nina). Energie : après les chocs. Paris : Economica, 1987, 253 p (p. 29).
19 Martin (Jean-Marie). Lintensité énergétique de lactivité économique dans les pays industrialisés : les évolutions de très longue période livrent-elles des enseignements utiles ? Economies et Sociétés, série EN, n°4, 1988, p. 9-27 ; Martin (Jean-Marie). Prospective énergétique mondiale 2050 : les enjeux de la demande. Medenergie, n°2, 2002 (à paraître).
20 Et ce, même si le recours aux parités de pouvoir dachat (ppa) corrige une partie du biais. Voir Mielnik (Otavio) and Goldemberg (José). Converging to a common pattern of energy use in developing and industrialized countries. Energy Policy 28, 2000, p. 503-508.
21 Logan (Jeffrey)..Diverging energy and economic growth in China : where has all the coal gone ? Pacific and Asian Journal of Energy 11 (1), p. 1-13.
22 Nakicenovic (Nebojsa), Grübler (Arnulf) and McDonald (Alan). Global energy perspectives. Cambridge University Press, 1998, 299 p.
23 Mayor (Federico). Un monde nouveau. Paris : Odile Jacob, 1999, 526 p (p. 42).
24 Goldemberg (José). Leapfrog energy technologies. Energy Policy, vol. 26, n° 10, 1998, p. 729-741.
25 WEA, op.cit, p. 178.
26 Romm (Joseph) with Rosenfeld (Arthur) and Hermann (Susan). The internet economy and global warming. The global environment and technology foundation, dec 1999, 79 p.
27 Jancovici (Jean-Marc). Télétravail et développement durable. Document du Secrétariat dEtat à lIndustrie, 2001, 32 p.
28 De nombreux exemples de toutes ces évolutions en gestation sont donnés dans Weizäcker (Ernst U) op.cit.
Services
énergétiques
Infrastructures et
conditions dutilisation
Conversion finale
Energie utile
Energie
finale
Transport
distribution
Energie
secondaire
Transformation
physico-chimique
Energie
primaire
Extraction
ressources
naturelles